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La littérature -sur les réseaux sociaux- peut-elle sauver le monde ?

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Réponse à Marie David et d'autres

littérature, société, politique, marie david, amaury watremez

image prise ici

 

Dans son histoire de la littérature française (chez Grasset aux « Cahiers rouges »), lecture conseillée à tout amoureux de la littérature, Kléber Haedens évoquant la littérature dite engagée, et ces livres pleins de bonnes intentions pour sauver l'humanité, parle de l’extrême vulgarité de ce genre d'ouvrages et celle de leurs auteurs qui jouent du cor sur les toits et ont besoin de chausser de gros sabots lorsqu'ils narrent par leur menu leurs « bonnes » actions et leurs « belles » pensées qui sont la plupart du temps autant de lieux communs mièvres et d'une banalité sans nom, d'aucuns osant appeler leurs vers de mirlitons de la "littérââture".

 

Quand on leur rappelle ils partent de toute façon du principe qu'il n'y a plus de hiérarchie des goûts et des couleurs et que donc même si peu pertinente ils se sentent en droit de balancer leur opinion malgré tout. Elle en vaut bien une autre après tout se disent-ils. Le contradicteur taquin est un donneur de leçons insupportable, un prétentieux si ça se trouve...

 

NB :Il est d'ailleurs étrange que les promoteurs de la paix et l'amour universels répondent violemment, toujours, aux objections que j'exprime ici...

 

Alors que faire du bien à son prochain, penser à l'autre, va a priori de soi lorsque l'on est « simplement » humain et doté d'une intelligence même pas moyenne, nul besoin de phrases grandiloquentes ni même d'exégèse théologique pour le rappeler. Bien entendu, dans une société hyper-égoïste comme la nôtre, cela prend des allures extraordinaires de ressasser ces clichés, ceux qui le font ne le faisant pas d'ailleurs par altruisme mais de par la haute idée qu'ils se font de leur personne et de la conception utilitariste qu'ils ont de la littérature. A la décharge de ces utopistes 2.0 qui se contentent du virtuel il faut dire que notre monde revenant lentement mais sûrement à une techno-barbarie où ne comptent que l'argent et la célébrité pour rien, cela ne fait certes pas forcément de mal de le rappeler de temps en temps.

 

Les Lettres doivent forcément avoir selon eux une utilité car ils sont finalement parfaitement intégrés dans une société où n'est perçu que le quantifiable, et donc elle aurait une valeur d'exemplarité, d'édification des masses et des z-élites. Alors que la littérature ne sert strictement à rien, à rien du tout, dans cette perspective de quantification. Et que c'est encore mieux, les livres ne se traduisent pas en statistiques, en dividendes, en chiffres de vente et en bénéfices, en productivité (nombre de pages par jour de l'auteur ?... etc).

 

Ou si, elle ouvre sur l'humain, sur toutes les manières de voir le monde, de manière à ce que rien de ce qui ressort de l'humanité ne soit étranger. Elle ouvre à la beauté aussi, la beauté derrière la laideur insigne des non-lieux toujours plus nombreux, de l'avidité des citoyens-consommateurs surtout préoccupés d'avoir en main le dernier modèle de « smartfône » dans l'angoisse permanente de ne pas être comme les autres car ne possédant pas tel ou tel objet obligatoire.

 

Si l'on veut faire du bien aux autres, améliorer au moins un petit peu ce monde, un texte si beau soit-il publié sur « Facebook » (TM°) ou son blogue est un genre « d'acte manqué » adolescent tout comme annoncer son désir de bouleverser la planète d'un coup en quelques mots et un trait de plume, ou un pianotage de touches sur le clavier de notre ordinateur. Le monde ne changera pas au nombre de « likes » sur Facebook. Cela se construit chaque jour par des toutes petites choses, des tout petits gestes de convivialité ou d'empathie, de sympathie, d'affection ou d'amour pour nos proches, des petits actes dont la force ne dépend pas de leur médiatisation sur le Net.

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