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Le mépris pour « ceux de 14 »

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politique, histoire, société, armistice, amaury watremezimage ci-contre prise sur le site de Radio Notre Dame, image ci-dessous, mémorial de Vimy, image personnelle

 

Bien trop souvent, sur Internet ou dans les journaux lors des commémorations du 11 novembre, je lis qu'en somme les populations ouvrières et paysannes s'étaient faites manipuler pendant la Première Guerre Mondiale, suivant aveuglément les ordres des puissants, de pauvres hères sans cervelles bien moins intelligents que nous qui vivons dans une société, qui c'est bien connu, est l'apogée du progrès et des libertés, et puis ces idiots en pantalon « garance » qui sont allé se faire tuer comme à la fête foraine par les soldats allemands en « vert de gris » et les « poilus » n'avaient même pas de « smartphones » si ça se trouve, les cons ! Et je dois avouer que ce mépris involontaire parfois pour les soldats de la « Grande Guerre » me met en colère.

 

Il y a aussi celles et ceux, ce sont souvent les mêmes esprits « forts » qui lancent ces formules d'un courage sans bornes, il faut reconnaître, sur la guerre qui n'est pas belle et la haine entre les hommes qui s'ils voulaient tous se tenir par la main seraient plus heureux. Et que la paix universelle quand même ce serait mieux. C'est aussi une manière de se mettre en valeur, passer pour un bon apôtre sur les réseaux sociaux où ce n'est pas la profondeur ou la sincérité des opinions qui comptent mais l'image que cela donne de nous.

 

La fausse paix de nos « sociétés de porcs » (cf Gilles Châtelet pour le terme), la concorde du troupeau consumériste ce n'est pas la paix, ce n'est que la soumission au pouvoir du « tout économique » pour consommer allègrement ne fût-ce encore qu'un moment les babioles que les vrais maîtres leur intiment d'acheter tous les deux mois.

 

Énoncer ces clichés comme beaucoup le font aussi finalement par candeur, c'est oublier pourquoi ces hommes sont allés se battre sans se poser vraiment de questions, risquant le sacrifice ultime, que ce soit à Verdun ou au « chemin des Dames » car ils avaient un sentiment commun au cœur, qu'ils soient instituteurs, ouvriers, employés de bureau, agriculteurs, qu'ils croient en Dieu ou pas, qu'ils soient monarchistes ou républicains, d'Action Française ou communistes, un sentiment maintenant disparu dans nos sociétés d'individualistes égoïstes, posés les uns à côté des autres, ne songeant qu'à la satisfaction de leurs instincts les plus vils, les plus abjects persuadés que parce qu'ils en ont envie cela les rend légitimes, ne se souciant plus une seconde de ce que des nostalgiques, des « réacs » c'est certain, appelaient la « décence commune ».

 

Voire même, même si ce fût un peu plus tristement, il y en eut pour « remettre le couvert » se préparant encore au même sacrifice quelques vingt années plus tard, et résister encore après la défaite, combattre jusqu'au bout parce que c'était comme ça, pour les autres, pour la nation...

 

politique, histoire, société, armistice, amaury watremezAlors, oui, bien sûr, ainsi que le dit Céline, qui n'a pas combattu, lorsqu'il décrit les combats et leur absurdité parfois, la guerre est une « duperie » pour les pauvres hommes, et oui, comme dans le poème d'Aragon chanté par Léo Ferré ci-dessous, les noms de ceux qui sont morts ne sont plus en définitive pour nous que des noms de « pauvres diables » qui ont péri par sottise et aveuglement sur les champs de bataille sans savoir, sans comprendre ce que nous, bien sûr, nous comprendrions bien mieux qu'eux, nous qui avons accès à tant de savoir par « Gougueule » ou « Ouiquipédia », Internet ne nous servant qu'à cela et non à flatter simplement nos narcissismes, on le sait bien.

 

Il en est même, progressistes de progrès, esprits encore plus « forts » que les autres qui se demandent s'il est toujours bien nécessaire de célébrer l'Armistice alors que les allemands à l'ère de madame Merkel, « Mutti BCE », sont devenus nos meilleurs amis et que France et Allemagne sont peut-être en passe de devenir une seule et même patrie d'ici quelques années ce qui serait la cerise sur le gâteau de la déconstruction de notre pays...

 

Je me souviens de cet arrière grand-père maternel mort à Verdun, personne chez lui n'ayant jamais reproché cette mort au pays, de cet autre du côté de mon père, héros anonyme de guerre, et de son ami « Hussard noir » radical et « bouffeur de curés » qui avaient été au « Chemin des Dames ». Je ne sais pas ce qu'ils en penseraient de ces considérations vaseuses sur la guerre, la paix et la Nation, de l'incompréhension de leurs descendants face au donc qu'ils firent d'eux mêmes car ils se faisaient de la France une grande idée, trop grande pour notre époque visiblement.

 


Léo Ferré - Tu n'en reviendras pas par RIMBOWARRIOR

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