Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Je ne suis pas n'importe qui...

Imprimer Pin it!

Ami lecteur, tu ne te rends pas compte mais quand tu viens sur ce blog, tu es sur un blog d'élite, loin des goûts du populaire et du vulgaire. Il m'a été reproché d'être une « Rolls Royce » du littéraire, pas assez à l'écoute des désidarata des « vraigens » qui c'est bien connu ne lisent que des conneries pour se vider la tête. Quand on me dit ce genre d'absurdités je songe à une dame que je connais bien qui a arrêté ses études à seize ans contrainte et forcée et qui s'est toujours cultivée autant qu'elle a pu.

littérature, société, politique, bêtise,

Car la culture n'est pas une affaire d'instruction et d'apprentissage à l'école, même si celle-ci peut savoir servir en quelque sorte de fusée d'appoint au décollage ou alors inciter à lire « a contrario » tous les livres interdits et mal vus par l'institution, ceux qui font hurler les professeurs, ce qui est toujours très jouissif je l'avoue.

 

S'il y a des agrégés de Lettres brillants et curieux de littérature, de toute littérature, du « Genre » à celle qui intéresse les « bobos » considérant que faire le tour du « périph » de Paris en scouteure c'est une aventure humaine difficile, des agrégés ou des diplômés pour qui c'est même un enjeu existentiel, j'en connais, il en est d'autres qui ne connaissent pas grand-chose aux Lettres sortis de Claude Simon, Robbe-Grillet ou Nathalie Sarraute qu'ils ont survolé en khâgne sans avoir réellement le goût ni l'appétence de sentir véritablement le style de ces auteurs qu'ils révèrent, tout comme Proust qui bien souvent les a emmerdé ce qu'ils ne diront pas, car ils font ce qu'on leur dit de faire et révèrent ce qu'on leur dit de révérer.

 

Tu as donc affaire à un blogueur qui n'est pas n'importe qui, merde quoi, qui a des goûts pointus en littérature voire de trop (nota bene : ce qui m'amuse d'avance est qu'il y aura des lecteurs de ce blog qui tombant dessus par sérendipité prendront ce que je viens d'écrire au sérieux). Je me suis posé la question, actuellement les lettres sont bien considérées seulement comme divertissement sympacool, comme truc qui ne mange pas de pain entre deux tests de compatibilité amoureuse dans les magazines féminins car à notre époque bouquiner il paraît que c'est surtout une occupation de fille, je revendique là encore ma part de féminité si c'est féminin, mais pas des livres trop profonds non plus, il faut qu'ils soient écrit dans un style pas trop fort pour le lecteur un peu feignasse :

 

Sujet, verbe (au présent), complément, et « roulez jeunesse ».

 

L'employé, le gosse, le salarié doit ensuite pouvoir retourner qui à son poste de travail, sa case en « open space », qui à son pupitre, qui derrière son bureau sans avoir trop de rêves d'évasion, y compris intellectuelle, dans sa tête. Il est pourtant d'excellents contre-exemples qui montrent que l'on peut avoir des ambitions élevées dans la médiation littéraire (selon le terme en vogue) et réussir, ainsi Cécile Ladjali qui en plein « 9-3 » fait étudier Louis-René des Forêts à des gosses de cité, leur a fait aimer, et même, cerise sur le gâteau, adapter en pièce de théâtre.

 

Il faut s'adapter aux goûts des gens, leur dire ce qu'ils veulent entendre, mettre tout au même niveau comme le font ces participants de sites de critiques en ligne qui ne font pas de différences quant à la hiérarchie artistique entre « les aventures de chichigneux dans la forêt de Troulala » (Chichigneux étant, pour éduquer assez vite les gosses aux comportements « citoyens », évidemment un petit elfe androgyne enfant de deux papas, ou deux mamans) et « la Chartreuse de Parme », un de mes livres préférés ami lecteur, considérant que les classiques doivent être nécessairement dépoussiérés, que le français classique c'est chiant (car cela demande un effort de concentration), alors que Marc Musso ou Guillaume Lévy, ces deux auteurs spécialistes du placement de produits dans leur écriture, et des tribulations sentimentales des représentants des classes CSP ++ vivant en lofts, sont finalement des successeurs évidents de Delly, Barbara Cartland et des « romans de gare », employant les mêmes ficelles grossières, les mêmes procédés finalement désuets.

 

On me dira, lire ce genre de livre au moins c'est déjà ça vu l'état catastrophique de la lecture en France en 2014 après quelques dizaines de réformes toutes plus mirifiques les unes que les autres de l'enseignement des Lettres. C'est en effet déjà lire quelque chose, tout comme l'engouement pour Harry Potteur c'était aussi une simili consolation.

 

 

Sur ce, ne me remercie pas ami lecteur de t'apprendre que si tu viens sur un blog d'élite, tu es donc aussi un lecteur de blog d'élite, par ricochets, je sais que j'ai illuminé ta journée et ce malgré toute ma modestie, et puis tu le sais bien je suis un chieur mais un chieur au grand coeur...

Commentaires