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"homophiles", "homophobes" et hypocrites

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Dans la rue, un sondeur, se posant lui-même visiblement des questions sur lui, armé d'un papier et d'un stylo me demande hier « ce que je pense de l'homosexualité », je suis un instant interloqué car je n'ai pas à penser quoi que ce soit, cela regarde la conscience de la personne, ce n'est même pas une question. Et j'ai songé également que l'on ne parle que rarement de la réalité de l'homosexualité en France en 2014, de l'envers du décor loin des hypocrisies et des déclarations d'intention grandiloquentes...

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On n'évoque que rarement ce qu'il y a caché derrière la trame de l'image flatteuse que l'individu moderne se fait de l'homosexualité en France à notre époque. Un de mes proches m'évoqua ce qu'il vivait quand il travaillait au pied de la « Butte » Montmartre près du quartier des cabarets et des rues dédiées le soir venu aux activités péripatéticiennes pour tous les goûts. Il accueillait le matin des travestis qui venaient chercher leur piqûre d'hormones afin de rester le plus féminins-es possible pendant leurs activités, vivant le plus souvent de la prostitution car ne pouvant vivre que de cela le plus souvent. La plupart, selon ses dires, était d'une tristesse à fendre les pierres, déprimés, las, sans espoir, isolés, coupés de tout et de tous.

 

Dans les seringues qui leurs étaient destinées on lui demandait de mettre une dose d'hormones moindre afin de les obliger à revenir, car c'était aussi une clientèle « captive » consommant également beaucoup d'anxyolithiques, bref une bonne affaire, y compris pour les assurances sociales. Certain-es choisissaient avant l'heure de rejoindre un monde qu'ils espéraient meilleurs.

 

Déjà à cette époque, les rares personnes que l'on trouvait sur le terrain chaque soir, chaque nuit avec ces « damné-es » de la terre ce n'était pas du tout les beaux esprits, les « grandes » consciences ou les belles âmes mais des catholiques, ces affreux catholiques bien évidemment déjà qualifiés d'homophobes, et/ou réactionnaires, avec des associations aidant concrètement ces précaires parmi les précaires dont « Aux Captifs la libération ».

 

Les « manifs pour tous », où l'on trouve une majorité de catholiques, dont celle d'aujourd'hui, sont la plupart du temps réduites à des manifestations anti-homos, même clairement homophobes, mais finalement, lorsque les « grandes » consciences évoquent l'homosexualité, elles l'évoquent surtout dans un certain milieu privilégié, endogame, limité à quelques quartiers où l'on trouve des CSP ++ en nombre des grandes villes de France, voire quelques pâtés de maisons, mais ne se soucient pas vraiment des homosexuels vivant en milieu matériellement précaires ou moins progressistes de progrès, « issus de la diversité » (TM°), tout comme des « transgenres » sans le sou ou des « bis » fauchés.

 

La plupart du temps on peut même dire qu'ils n'en ont rien à foutre.

 

Les homos qui s'habillent en femmes, voire en « drag queens », qui animent des soirées à Paris ou ailleurs, c'est teeellement sympa (« ces « gesns-là » ont tellement le sens de la fête tu trouves pas ? »), les homos sont réputés être teeellement sensibles et fins, et doués d'un donc pour écouter les autres (« Jean-Luc, il est homo mais il est drôlement sympââ, je peux tout lui dire ! Il a un sens de l'écoute formidable ! »), mais au fond ils ne sont définis que par cela, leur orientation sexuelle, et non comme personnes à part entière, droit qu'on leur dénie au fond.

 

On ne leur reconnaît que le droit d'être des archétypes utiles et de jouer ce rôle. Et bien entendu on ne voit pas le problème qu'il y a à les ostraciser quand ils vieillissent et qu'ils sont d'un physique moins attrayants et moins dynamiques pour animer les fêtes...

 

Ce sont finalement des « homos de service » alibis d'une société qui se donnent l'apparence de la tolérance et du progrès , tout comme la compulsion à citer des écrivains notoirement homosexuels pour se donner le genre ouvert d'esprit, écrivains qu'ils ne lisent pas, Oscar Wilde, Marcel Proust, Jean Genet, alors qu'elle est juste un petit peu plus hypocrite qu'avant sur le sujet. Étrangement, il n'est jamais question d'André Gide, les beaux esprits ayant peut-être peur de « l'acte gratuit » je ne sais pas ? Et je doute que Wilde et Proust aient compris que leurs créations littéraires soient réduits à du militantisme homosexuel.

 

Et bien sûr, il est parfaitement stupide de définir la valeur littéraire d'un auteur par ses penchants et goûts sexuels.

 

Quand les « grandes consciences » défendent les droits des homosexuels à se marier, ou avoir des enfants, elles les défendent finalement pour un tout petit milieu proche d'elles et non pour tous les homosexuels. Elles défendent les droits de leurs copains tellement sympââs, mais pas du tout des homos de « cités », maltraités dans leur milieu, de province, subissant toute leur vie la rumeur publique la plus putride (certains homosexuels se spécialisant d'ailleurs, pour se faire une place ?, dans le ragot ou le colportage de ragots), ou tout simplement socialement moins favorisés. Et soignent leur image, ce qui dans notre société d'apparences est fondamental il est vrai...

 

 image prise sur "slate.fr"

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