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  • "Il est aisé de se dire citoyen du monde"

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    article_1711-CUL-BOBOLAND.jpg« J’ignore ce que pourrait être l’amour de la France, si l’on n’aimait pas les Français. C’est à la vie de ce peuple, à ce qu’il fut, à ce qu’il peut être encore, à son génie, que je tiens. On le presse de toutes parts ; on l’attaque, on le nie. Français d’hier ou de la veille, soudain transplantés du Nord et de l’Orient dans les faubourgs de Paris, ils n’ont pas conscience du mal qu’ils font au pays qui les accueille. Ils y campent encore et se donnent le droit de juger impudemment ce qu’il faut garder ou non de l’œuvre de vingt siècles : ils n’y sont pour rien, que pour l’avantage qu’ils en retirent ; et ils se permettent pourtant d’en avoir un avis. Qu’ils en aient un, soit ; mais qu’ils l’expriment, non ; et s’ils veulent le faire prévaloir par la violence, ils passent la mesure. Ils ne sont pas du peuple, et ils parlent pour lui. A peine sont-ils de la plèbe, cette lie confuse que tous les flots du hasard, des migrations, de la misère poussent dans les immenses capitales. Il faut du temps à la plèbe, pour devenir peuple : il faut bien des ans, sinon des siècles, pour faire un citoyen. Il est aisé de se dire citoyen du monde, quand on n’est citoyen de nulle part. Un peuple n’est pas une racaille qui ne vit, misérable, que pour ne pas mourir de faim, et dont toute l’âme est dans le ventre. Une nation est un esprit. On le reçoit de la terre et du ciel, en naissant ; on ne l’échange pas contre un autre, comme un billet de banque. »

    André Suarès, Plèbe et peuple, 1936

     

    image extraite de "Bienvenus à Boboland"

  • Les causes de la nouvelle judéophobie

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     Suite à l'« affaire Dieudonné » et dans les commentaires après les quelques slogans haineux de dimanche, dans « l'Express », un article du 10 janvier, on se demandait gravement comment enseigner la Shoah à l'école ? Cet article bien entendu faisait plus ou moins mine de croire que si l'on ne peut pas bien enseigner la Shoah à notre époque c'est principalement la faute au reliquat des idées catholiques et nationalistes, forcément antisémites, demeurant en France voire à des rigolos comme Soral.

    pic3.jpg

     

    Il y a incontestablement en France montée d'une nouvelle judéophobie. Celle-ci, contrairement à l'ancienne, ne prend pas ses racines habituelles dans l’extrême-droite groupusculaire mais naît dans les banlieues et les « quartiers » pudiquement dits sensibles du fait de haines ancestrales et « traditionnelles » envers les croyants d'une autre foi et d'un antisionisme radical où la haine envers Israël en particulier se double de la haine des juifs en général. On ne fait pas la différence entre la figure du juif et de l'israélien dans ces « quartiers » contrairement à ce que feignent de croire certains antisionistes de gauche qui assimile le « pansionisme » à une survivance de l'ancien colonialisme.

     

    Et bien entendu cela se double souvent d'une concurrence mémorielle où chacun se dispute un morceau du masochisme de mémoire sévissant dans notre société et ce sous différentes formes de la droite à la gauche. Ce discours masochiste consiste donc à énoncer que la France est en somme un pays qui ne mérite que la haine et le mépris, à le faire apprendre aux enfants quelles que soient leurs origines. Tout au long du parcours scolaire, il est seriné aux élèves sur tous les tons et tous les sujets que la nation française a beaucoup à se faire pardonner, que le récit de sa construction n'est qu'une longue suite de violences, de guerres, de haines cuites et recuites, que c'est une terre de racistes, sans parler du catholicisme à l'origine de tous les maux

     

    A entendre le plus souvent un français évoquer l'histoire de son pays, il n'est donc rien à sauver dedans. Il ne saura faire que dans l'autoflagellation. Dans le même temps pourtant, on enjoint les élèves habitant ces « quartiers », pour la plupart « issues de la diversité » (TM°) à respecter des valeurs d'écoute, de tolérance, de laïcité, de liberté, d'égalité et de fraternité.

     

    Et dans l'enseignement de l'Histoire, la « Shoah » tient une place très importante, les élèves en entendent largement parler du primaire à la Terminale, que ce soit en Histoire, en Lettres, en éducation civique. L'antisémitisme tient le rôle du racisme ultime, indépassable, aux yeux de beaucoup de gamins et adultes de ces quartiers on ne parle pas assez de celui qu'ils ont subi et subissent encore, racisme que les éducateurs eux-mêmes ressassent sans cesse

     

    Mais que l'on m'explique comment un gosse à qui l'on a appris à haïr systématiquement la France peut-il apprendre à respecter son instruction ? Comment peut-il se sentir responsable d'une judéophobie exercée par des « souchiens » (TM°) et des « babtous » (TM°), judéophobie se justifiant par les croyances traditionnelles dans sa culture originelle ? Cet appel à la haine de la France constamment répété ne peut qu'engendrer la violence envers tout représentant et toute représentation de son autorité...

     

    Comment peut-on concevoir que ces gosses des « quartiers » respectent les idéaux d'une nation dont on l'encourage continuellement à rejeter les fondements et à demeurer ancré dans sa culture d'origine ou celle de ses parents et grands-parents qu'on lui montre comme beaucoup plus positive que la culture française ?

     

    Comment peut-on croire qu'il aura le désir de lui-même de respecter les valeurs de la République et/ou du pays nonobstant le fait que vivre au sein d'une minorité entraine souvent le désir de se singulariser par réaction, ainsi que j'ai pu le vivre moi-même, comme d'autres expatriés, quand je vivais à Jérusalem où des éléments anodins de notre vite quotidienne en France qui nous manquaient revêtaient soudaine une importance au delà de toute proportions ? Bien sûr, de là à haïr Israël ou la Palestine, il y a un pas que nous n'avons jamais franchi, car nous aimions et aimons encore passionnément ces terres que nous avions appris à découvrir et apprécier.

     

    Bien entendu, comprendre que cette haine des juifs provient de milieux « issus de la diversité » est strictement impossible pour la majorité des bonnes consciences et aussi une bonne partie des représentants de la communauté juive de France souvent figés dans une posture doloriste et accusatrice envers ce pays et ce depuis des décennies. Ce serait aller contre leurs schémas de pensée habituels, ce à quoi ils se refusent préférant la « certitude, celle qui rend fou » à un questionnement et une remise en cause de celle-ci qui serait pourtant salutaire.

     

    image empruntée au site du  "café pédagogique"

  • « Carpe Diem »

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    thoreau.gifJ'ai toujours eu horreur les manifs en soi, le piétinement, l'instinct grégaire, la foule qui scande des slogans. Même d'accord avec ceux-ci j'ai plutôt envie de les contredire rien que pour le plaisir de la contradiction face à un groupe. Bien sûr, celui qui va défiler envers et contre tout pour défendre les plus pauvres, qui se caille les miches et piétine mais qui est en cohérence avec ses idées, celui ou celle là a malgré tout mon respect car il ne se contentera pas soit de moraliser, soit de se lamenter ou fantasmer sur les fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire...

     

    J'ai participé à quelques unes d'entre elles, de celles contre la première Guerre du Golfe jusqu'à LMPT l'année dernière ce qui m'a valu une célébrité quasiment immédiate dans la fonction publique de mon département, où l'information de la circulation va comme une traînée de poudre, la rumeur et le ragot restant rois sous nos cieux de province.

     

    En un sens, rien que pour en voir fulminer certains derrière leur sourire condescendant de façade, et si « tolérant », pour mettre parfois « bas les masques », ça valait le coup.

     

    J'ai certainement eu ma première fiche aux ex-RG, DCRI, du fait d'un article sur les « guerres de Vendée » dans une revue catholique sans parler d'une petite gazette que j'éditais en toute inconscience à Jérusalem qui a fait grincer quelques dents sages et avisés. Et ce blog que tu as l'indulgence de lire, ami lecteur, est interdit dans différentes médiathèques et administrations, sur la « liste noire » ce qui me réjouit...

     

    Je ne suis pas dupe non plus de la manif de dimanche, les manifestants, quand bien même les antisémites y étaient une minorité, défilent car ils commencent à comprendre que la société de sur-consommation pour tous, c'est fini à cause non pas de la fameuse crise dont nous rebat les oreilles mais du passage du pouvoir économique de l'Occident vers l'Asie et les pays émergents. Ils défilent par dépit, parce qu'ils savent bien qu'il y a un peu de 3,3 millions de chômeurs réels en France, mais plutôt 6, selon les chiffres du Bureau International du Travail.

     

    Moraliser sur cette colère, rappeler l'histoire ne sert strictement à rien si le système ne change pas, si les pesanteurs ne sont pas supprimées tout comme un clientélisme endémique, ce ne sont pas quelques « quenelles » et slogans haineux que l'on entendra. La colère se muera en rancoeur, la rancoeur en haine et la haine en violence bien plus impressionnante que des gestes malheureux éxécutés par des gamins qui cherchent surtout à se singulariser...

     

    L'époque à l'hystérie, à l'incapacité de comprendre autre chose que le premier degré, à refuser la nuance et l'échange. « Si tu n'es pas avec moi tu es contre moi » pense l'individu moderne dont le vocabulaire se raréfie de plus en plus de par les conséquences des réformes scolaires successives, du spectacle continu et de plus en plus écoeurant d'une humanité qui court à sa perte le cœur et l'esprit léger. Sans les mots pour le faire, le citoyen-consommateur moderne n'a pas beaucoup le choix entre la haine et la haine car la raréfaction de son expression implique beaucoup moins d'oxygène pour sa réflexion.

     

    Certains soirs quand la folie du monde, la bêtise et l'avidité deviennent trop pesantes, j'ai envie de laisser tomber, d'abandonner, de me retourner vers les livres, vers la littérature qui n'est décevante que lorsqu'elle se perd dans les ambitions grisâtres du « Nouveau Roman » ou les délires auto-fictionnels de l'un ou l'autre bourgeois bohème pour qui dépasser le « périph » c'est l'aventure. Certains soirs je me dis que le jeu n'en vaut pas la chandelle, et puis le parfum d'un bon vin, le sourire d'une jolie fille croisée dans la rue un instant toujours trop fugace, l'affection de ceux que j'aime, même quand ils sont loins et d'enfants qui me sont proches, me ramènent à cette constatation toute simple, la Vie, malgré tout, est un cadeau.

     

     

    Et j'applique la leçon apprise à Jérusalem , « Carpe Diem » car « Inch Allah Bukra Maalesh », et ce moment de tendresse, de convivialité et de rencontre que l'on croit pouvoir négliger car l'on pense que d'autres suivront, l'on est sûr que c'est acquis, c'est parfois le dernier et le jour qui vient sera peut-être l'ultime journée sur terre de l'humanité souvent tellement déplorable...

     

    en illustration une citation de Thoreau en situation prise ici

  • Colère du pays réel, mépris total du pays légal

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    Be6KMWqIUAAjZUQ.jpgUne bonne dame croisée par moi il y a quelques années, syndicaliste militante, fonctionnaire avec un poste agréable et plusieurs « heures sup' » grassement rémunérée m'avait sermonné car selon elle quand étaient abordées les questions de précarité salariale, je « parlais trop de fric », voulant toujours ramener les question vers le réel, le tangible, le concret, à savoir diminuer la précarité, c'est surtout augmenter les salaires des moins favorisés. Elle ne voyait pas ce qui gênait quoi que ce soit à avoir quant à elle autant d'« heures sup », qui représentaient quand même l'équivalent d'un poste à mi-temps. Elle en avait besoin, elle et son mari, pardon « son compagnon » voire « son partenaire », ils étaient modernes, car souhaitant ajouter une véranda à leur maison ce qui était fondamental.

     

    Elle ne voyait pas le problème, elle était de gôche, elle « se battait », j'étais vraiment un ingrat à ses yeux...

     

    Dimanche, la manif disparate et hétéroclite du « Jour de colère » exprimaient des rancoeurs de manière parfois terribles et certainement maladroites mais des colères qui naissent directement de l'exaspération des manifestants d'être traités avec condescendance et mépris, sans qu'aucune des belles idées des bourgeois et privilégiés qui ne sont par ailleurs jamais suivies d'effet qui s'octroient les bonnes places, et les gardent au chaud pour leurs gosses . En ces temps difficiles, les bonnes intentions et les débats d'idées généreuses ne suffisent plus.

     

    Les français ont envie de cohérence, de partage des richesses, d'égalité réelle des chances et non seulement pour les éléments les plus dociles parmi eux, les plus soumis aux bourgeois raisonnables, des « bons sauvages » alibis venant du prolétariat voire du « Lumpenprolétariat » pour laisser croire que l'ascenseur social fonctionne encore et que la méritocratie n'est pas un vain mot en 2014.

     

    Et puis cela fait toujours quelques larbins dociles et reconnaissants bien utiles en cas de coup dur...

     

    Les français sont cependant encore des naïfs car ils n'ont pas compris que les politiques ont déjà, et depuis longtemps déjà, entériné la mort de la France se repaissant des miettes de pouvoir qui leur restent, il ne leur reste que le sociétal, et se servant abondamment sur le cadavre encore chaud, agonisant, pour leurs seuls intérêts.

     

    Et jamais, jamais depuis fort longtemps le « pays légal » n'a été à ce point coupé du « pays réel ». Je sais, ami lecteur, la notion de « pays légal, pays réel » est une idée forgée par Maurras, un théoricien qui rappelle les « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) pas vrai ?, il n'en reste pas moins que ce concept est totalement pertinente et toujours d'actualité. La gaffe de NKM avec les éboueurs parisiens en est un autre exemple très parlant.

     

    Bien entendu, on va focaliser sur les excités antisémites du cortège, les plus débiles, ce qui évitera de se poser quelque question que ce soit sur le fond du problème. Quiconque critique la fiscalité ubuesque est forcément un poujadiste, un populiste, quiconque évoque les questions d'insécurité pregnantes un raciste, et les cathos qui ouvrent leur gueule sont des intégristes, tous. On se demande d'ailleurs pourquoi « la Manif pour tous » fronce le nez de dégoût comme madame Bastié sur "Causeur" devant le « jour de colère », car ils y sont assimilés. Tous dans le même sac !

     

    La bourgeoisie qui gouverne depuis un certain 14 juillet 1789 jetant de temps à autre au peuple un os à ronger, (une élection ou deux), le « pays légal » donc, même celle issue ou se réclamant de « Soissantuite », ne peut pas s'en empêcher, elle aime les rites sociaux, à commencer par un respect minimum de ce qu'elle estime être la bienséance : on dit bonjour à la dame, on ne met pas les doigts dans son nez, et surtout on écoute avec politesse et componction que le bourgeois pourrait avoir à dire aux petites gens, au peuple, où ce qu'il en reste car il a toujours raison le bourgeois, il sait ce qui est bon...

     

    ...Pour les autres.

     

    Depuis dimanche, on note dans les médias, que ce soit sur le Net ou ailleurs, une curieuse connivence dans le dédain et la morgue sociale, enfin curieuse ami lecteur, à première vue, car il fallait s'y attendre, entre les commentateurs politiques de la « gôche kipense » et ceux de la droite « kipense » aussi, tellement rebelle que si elle ne se retenait pas elle dirait « crotte » à Hollande. On est entre gens convenables, on s'envoie à la figure des références lettrées, on s'engueule entre soi comme d'habitude et voilà que le peuple vient mettre son grain de sel et le faire d'une manière tellement inconvenante ma chère !

     

    Pourtant, le bourgeois a besoin de temps en temps qu'un « titi », un « poulbot » se foute de lui crûment et lui rappelle qu'il n'est surtout un profiteur, un opportuniste un rien narcissique. Le bourgeois est toujours un peu ce personnage enflé et ridicule qu'il était du temps de monsieur Guizot, y compris depuis qu'il a balancé aux orties son hypocrisie morale et qu'il ne songe qu'à jouir à tout prix ainsi qu'un porc dans sa bauge...

     

    image du "hérisson dissident" pris sur le site du magazine "Brain" dans son article sur la manif du "jour de colère"

     

     

    Bourgeois, tu ne voulais pas de Le Pen en 2017 ? Ton mépris, ta morgue et la coupure d'avec le pays réel nous y mène directement...

  • Le bourgeois de gôche est un inquisiteur comme les autres

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    lalter-bourgeois-1-L-1.jpegLa gauche sociétale, ses larbins et, ou bouffons, ainsi les « journalistes » du « Petit Journal » (note personnelle : excusez moi je prends une pause avant de continuer d'écrire ce petit billet taquin car accoler « journalistes » et « Petit Journal » dans la même phrase me fait sombrer dans une hilarité irrépressible qui m'empêche de continuer à raisonner et faire quoi que ce soit), accuse ses contradicteurs d'être coincés au Moyen Age, mais ce sont ses adeptes qui sont pourtant spécialistes des procès en sorcellerie.

     

    Je suis depuis longtemps un hérétique aux yeux de ces nouveaux inquisiteurs qui regrettent je pense quotidiennement que brûler les contradicteurs ou tout simplement ceux qui ne pensent pas comme lui soit une coutume depuis longtemps tombée en désuétude.

     

    Ils essaient par les tombereaux d'injures, les moqueries sinistres de militants dociles, rien n'y fait, le peuple veut toujours continuer à penser par lui-même et vote en dehors des rails. C'est alors qu'il décide que le peuple est composé de ploucs infâmes car il faut vraiment être un gros plouc pour ne pas le suivre dans ses réflexions politiques d'une hauteur sans nom.

     

    Ou sans fond...

     

    Eux qui se targuent d'avoir été libérés de toutes contraintes, d'être des sacrés libertaires, (même les lois de la gravitation terrestre?), se piquent maintenant d'imposer leurs vues (a)morales et (a)intellectuelles au reste du peuple, à ces pauvres et précaires qui n'ont rien compris tandis que eux oui. Le bourgeois de gôche a le sentiment d'avoir fait la Révolution en « Soissantuite » (TM°), il en est convaincu, pour lui le peuple n'est qu'un ingrat qui ne pense qu'au pognon que lui sait dépenser. Bon, ce n'est pas encore tout à fait au point la Révolution sexuelle du bourgeois, on baise entre soi, ce sont des coucheries qui sont essentiellement endogènes.

     

    Notez, cette endogamie sexuelle facilite la collaboration de nombreux journalistes politiques et les entretiens d'embauches de divers acteurs et actrices, sans parler du personnel politique. Rien de tel qu'un petit furtif vite fait bien fait sur un coin de table ou entre deux portes pour être candidat,e dans une grande ville aux municipales ou à la députation. Et cela semble faire partie du cursus obligatoire de nombreuses diplômées en sciences politiques qui sinon demeurent « porte cafés » de luxe jusqu'à la retraite...

     

    Le bourgeois de gauche, ou plutôt de gôche donc, confond la taille de son cerveau avec celle de son porte-monnaie, bien gonflé et rembourré comme il convient, bien dodu. Bien entendu, la seule chose qui motive réellement le bourgeois de gôche c'est surtout de jouir de son fric et de ce qu'il peut payer au maximum et le plus longtemps possible sans se soucier des conséquences. Ce qui vient avant « Soissantuite », ce qui existait avant le bourgeois de gôche qui est également narcissique au dernier degré c'était le Moyen Age.

     

    Ce qui le fait rigoler et le conforte dans ses prétentions sociales insensées est entretenu par les larbins et bouffons qui le divertissent, et les « journalistes » du « Petit Journal » (excuse moi ami lecteur mais je dois encore m'arrêter...) qui visiblement n'ont jamais étudié l'histoire médiévale autrement qu'en prenant des notes fébriles pendant « les Visiteurs », film qu'ils méprisent pourtant car film populaire chez les « ploucs ».

     

    De toutes façons, pour le bourgeois de gôche, être un bourgeois, bénéficier de privilèges matériels, de réseaux de cooptation ce n'est pas une situation objective, c'est un « sentiment », or le bourgeois de gôche n'a pas le « sentiment » d'en profiter donc pour lui il n'est pas un bourgeois, il est une sorte d'émanation rimbaldienne de la modernité, un type progressiste, la preuve il connaît très bien un couple de péd...d'homosexuels qu'il trouve très sympâââ et telleeement sensibles (« ces « gens là sont tellement sensibles tu trouves pas ? » demande-t-il souvent dans un sanglot devant tant d'ouverture de sa part à côtoyer des tafio...des gays).

     

    A propos de bourgeois de gôche, je me souviens bien d'une petite bourgeoise de ce genre, charmante au demeurant, qui tout en étant une militante PS endurcie (elle tractait, elle organisait des réunions d'appartement) ne supportait pas quand elle allait à la FNAC (TM°) ou dans « les Grands Magasins » de dépenser moins de trente euros  (200 francs de l'époque).

     

    Elle ne voyait pas la contradiction entre ses convictions affichées et son envie de profiter au maximum de l'argent dont elle disposait...

     

    Ce qui me rappelle que le bourgeois de gôche et sa variante féminine ont cru trouver la parade absolue pour répondre à ce que je viens d'exposer, au fond les réacs, les caustiques, sont des jaloux, de lui.

     

    Et c'est ainsi qu'Allah est grand !

     

    De Luchini sur la gôche, je trouve ça extrêmement juste dans une interview à « l'Express » en 2010

     

    « Comment s'arrange-t-on quand on est de gauche, qu'on vit rue Guynemer avec vue sur le jardin du Luxembourg, qu'on a un chauffeur, un maître d'hôtel à gants blancs alors que le pays est en crise ? L'intellectuel de gauche répond : « Je lutte... » J'ai vu la gauche caviar, je l'ai haïe, elle frimait, parlait de culture tout en réglant ses problèmes de salle de bains, comme les gens de droite. Pareil. Kif-kif. Un type de gauche m'a dit : "Je ne comprends pas pourquoi la classe moyenne ne pense qu'à consommer. »

    Ou encore : « Pourquoi ta femme de ménage a-t-elle un 4 x 4 ? »

    Pauvre couillon ! De quel droit juges-tu ? « Comment peux-tu dormir alors que l'Afrique crève ? », dit-il. Et toi, tu te réveilles souvent la nuit pour les Africains, espèce de fiente ? Je suis comme Cioran : « Je ne peux pas avoir de pitié, mon moi a tout absorbé. »

     

    J'exècre la pensée correcte de gauche. »

     

    Excellent portrait de "l'alter-bourgeois" de gôche pris sur ce blog excellent

  • Lettre ouverte à Patrick Cohen et quelques autres censeurs de joie

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    cohen-2370253-jpg_2038505.JPGTu me diras, ami lecteur, il n'est pas certain que Patrick Cohen lise ce petit texte d'esprit taquin. Ce en quoi je te dirai que tu te trompes, les « consciences », et particulièrement celles dorées aux UV comme Patrick, les types concernés, parfois à la limite de la condescendance, mais toujours très compatissants comme l'éditorialiste parfois conflictuel de France Inter aiment bien savoir ce que l'on pense d'eux sur le Net, qu'ils rêvent de recadrer selon leurs vœux, et leurs opinions...

     

    Patrick Cohen est un joyeux drille, je t'assure ami lecteur, mais un joyeux drille « citoyen », soucieux des moqueries qui pourraient particulièrement toucher une ou deux « communautés », au sens erroné actuel du mot, minorités en somme selon l'acception anglo-saxonne : la « communauté » juive et l'homosexuelle. Patrick est intervenu pour dénoncer une blague certes lourde et un peu salée d'Olivier de Benoist dans la nouvelle émission de Ruquier sur France2, sur Mohammed Merah et les scooters, sans parler du fils Bedos condamné pour injures racistes pour une blague teintée de -lourde certes- ironie.

     

    Finalement, Patrick Cohen est aussi un petit, tout petit « censeur de joie »...

     

    Ce en quoi il n'est pas le seul...

     

    Que n'aurais-tu dit Patrick quand le professeur Choron venait mettre le souk sur les plateaux télés dans les années 80/90 ? Je me souviens par exemple d'une émission de Dechavanne sur la fin du service militaire dans laquelle Choron s'était amené en uniforme de parachutiste afin d'emmerder et la droite, deux types en veste de « touide » à épaules rembourrées, et la gauche, des grandes consciences habituelles, présentes sur le plateau. Ce n'est pas pour rien que Bernier/Choron étaient poursuivis par les créanciers, les tenants des institutions ou ceux qui s'imaginent l'être de par les privilèges matériels ou les réseaux de « bonnes familles » dont ils disposent et, ou bénéficient. Les nantis détestent qu'on se paie leur fiole, ils le font payer cher, ils ont la rancune tenace les bougres.

     

    Je suis à peu près certain, Patoche, tu permets que je t'appele Patoche bien sûr, que dans le cas d'un humoriste balançant des blagues sinistres sur les catholiques ainsi que le fait Dieudonné sur les juifs, tu n'aurais pas fait autant de bruit médiatique, je suis même sûr que tu aurais invoqué la liberté d'expression, le droit à la subversion et toussa, tout comme Bruno-Roger Petit autre bouture « censeur de joie ».

     

    Il ne rigole pas de n'importe quoi on me dira le Patrick, mais on se perd un peu en essayant de comprendre ce pour quoi on a le droit de se laisser aller à un peu de gymnastique zygomatique pour lui. Étant un spectateur « citoyen » et responsables je me pose beaucoup de questions car selon Patrick, si je suis bien son raisonnement, trop de liberté d'expresssion tue la liberté, et le rire se doit d'être absolument cadré ; il convient d'expliquer pourquoi on rit. Il est dans lla même optique qu'une ministre, madame Filipetti, et qu'un de ses confrères vigilant sur la prévention du retour des fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), Bruno-Roger Petit, un esprit tout en hauteur, qui sont à n'en pas douter ces augures à nos portes. Pour ces grandes consciences, 1m75/80 chacun à vue de nez, il faudrait aussi un rire féministe, un rie « équitable » promouvant le développement durable, un rire faisant prendre conscience, merde, quoi, des enjeux de la modernité.

     

    Donc Patrick, si je dis que la période « scandinave » de Woody Allen est la plus mauvaise de son œuvre je suis anti-sémite à tes yeux ?

    Si je prétends apprécier la vision de « la Cage aux folles » je suis homophobe ? Si je lis Céline je suis dans la haine des juifs ?

    Si je souris à une blague de Desproges sur les femmes, je suis « matcho » ?

     

    Un article un peu faux-derche sur les bords, mais juste un peu, de « le Monde », sous la plume d'Arnaud Mercier, « espert » en sciences de la communication nous l'explique d'ailleurs doctement, Desproges, bon, c'est bien mais quand même c'est limite, limite, « il disait des choses terribles » je cite...

     

    Il faut faire attention à être humoriste de nos jours, c'est une profession dangereuse.

     

    Telle blague risquant de choquer telle communauté, ou telle « communauté », on en trouve d'un peu tout et n'importe quoi, bientôt on ne pourra plus rire de grand-chose.

     

    Pour les « censeurs de joie » rire c'est suspect, c'est mâââl, ça cache forcément quelque chose, tout comme la dérision, qu'ils ne comprennent pas, elle nécessite de posséder le sens du deuxième degré. La dérision, de plus, remet en question leurs certitudes confortables, dont celle d'être des genres de guides du peuple, qui s'égarerait dans des chemins de traverse dangereux qui ramèneraient vite vers les fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°). Leurs diatribes sur l'humour qui se devrait d'être citoyen cachent bien mal leur profonde intolérance et leur incapacité à comprendre que l'on pense autrement qu'eux.

     

    portrait de Patrick pris sur le site de "le point.fr"

     

    Ci-dessous un sketch qui provoquerait également l'ire de Patrick ou Bruno-Roger Petit...

  • L'essence de Paris

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    « Le goût du Paris insolite » – collection du petit « mercure », au Mercure de France

    anthologie de textes par Jean-Claude Perrier

    littérature, Paris, société, politique

    Qu'est-ce que le Paris insolite ? Comment le définir ? Un Paris méconnu, bizarre, bizarre défini selon quels normes ? Marqué par un certain pittoresque qui sera forcément réducteur à moins d'avoir le talent d'Alexandre Trauner, décorateur de cinéma de génie reconstruisant « les Halles » dans « Irma la douce » pour Billy Wilder ? Ce Paris insolite n'est-il pas plutôt au fond le Paris réel, le Paris profond à l'identité bien marqué ? Je l'avoue, j'aime ce Paris réputé insolite, bigarré, cosmopolite, où l'on peut croiser des échantillons des « classes dangereuses » qui faisaient tellement peur aux bourgeois des « beaux » quartiers, des immeubles « haussmaniens » mais avec lesquelles ils ne craignaient pas parfois de s'encanailler oubliant pour un temps leur hypocrisie morale ; et aussi d'anciens jockeys devenus bistrotiers, des cadres qui desserrent enfin leur cravate, des petits voyous et des jeunes femmes intelligentes qui lorsqu'elles sont parisiennes ont le chic pour être à l'aise partout.

     

    L'auteur de l'anthologie a choisi ici des textes qui pour certains rappellent les anciennes tournées pour touristes que les provinciaux ou les étrangers pouvaient faire jusqu'à une période récente en cars ou en bus spécialement affrétés à cet effet, la découverte d'un « Paris by night » frelaté et archétypal, ses mauvais garçons folkloriques, ses putes, ses types androgynes dans les coins pour les amateurs, selon le cliché habituel de la grande ville corruptrice pour les braves gens de la campagne ou venant de pays oû l'on s'imagine « plus simples » que ces prétentieux de parisiens qui font toute une histoire pour séduire les femmes ou parler de nourriture ou d'alcools et tout autre sujet futile aux yeux des « vraigens », par exemple la littérature.

     

    Cette anthologie a au moins le mérite de ne pas sombrer dans le cliché pénible du « Paris à la Doisneau », sous-tendu par un regard condescendant et vaguement paternaliste sur un Paris anciennement populaire, qui n'existait plus déjà à l'époque du photographe pour adulescents nostalgiques d'une « ville lumière » « amélipoulinesque » tenant plus du « chromo » ripoliné que de l'authenticité. C'est le jeu lorsqu'on parcourt ce genre d'ouvrages, on y cherche les textes et les auteurs qui n'y sont pas et que l'on aurait aimé y figurer, ainsi ami lecteur, j'ai été un peu déçu de ne pas y trouver des textes de Marcel Aymé ou des descriptions des rues parisiennes par Céline, ou sur un ton plus léger par Jacques Laurent dans ses « Mémoires égoïstes », sans oublier les déambulations du promeneur Bernard Frank.

     

    Il y manque aussi celles de Jean-Paul Clébert ou Claude Dubois qui ont pu faire découvrir aux lecteurs curieux un Paris réellement populaire de l'intérieur, sans le mépriser ni l'idéaliser ce qui au fond revient plus ou moins au même. Et l'on peut trouver les choix de Jean-Claude Perrier bien timides, et scolaires. On y trouve des auteurs classiques comme modernes qui sont autant de passages obligés en somme et qui ont tous peu ou prou des idées comme il faut, Antoine Blondin échappant au tamis.

     

    Nonobstant ces petites nuances, l'on se régale toujours néanmoins à la lecture de Restif ou de Jacques Roubaud.

     

    Sur d'autres textes, l'anthologie est beaucoup plus pertinente, accompagnant « monsieur Jadis », Antoine Blondin, au « trou » avec des « hippies » pour lesquels il avait pris fait et cause un soir de voyage alcoolisé, car l'alcool est un voyage, ce qu'oublie généralement les hygiénistes et moralistes de notre époque tellement étroite d'esprit finalement ; suivant Jacques Réda dans le XVème, cet arrondissement souvent méprisé par ceux qui pensent connaître Paris et qui pourtant recèle des quartiers qui gardent encore une empreinte encore réellement parisienne, exempte de toute trace de « bobolisation » et de provincialisation, car curieusement les mœurs parisiennes ont tendance à se provincialiser, ainsi que le signale un autre auteur présent dans le recueil qui est Olivier Bailly, évoquant ces parisiens qui ne supportent plus d'avoir dans leur quartier une vie nocturne, qui préféreraient que passé dix-huit heures chacun rentre chez soi et s'y calfeutre, refusant égoïstement de partager avec d'autres le plaisir d'un bon vin ou d'une bonne chère, il reste quelques adresses qui n'ont pas encore été colonisées par les amateurs de cuisine « équitable » ou de vin « citoyen », ce sont les mêmes qui par instinct grégaire je suppose préfèrent communier aux moments festivistes qui leur sont dictés par d'autres.

     

    Bien sûr, je ne résiste pas au plaisir de te citer, ce que j'ai déjà abondament fait mais peu importe, ami lecteur, ces phrases extraites de « Cécile est morte » de Simenon, et qui résument l'essence de Paris :

     

     

    « Il passait devant un petit bistro. La porte s'ouvrit, car c'était la première fois de la saison que la fraîcheur de l'air obligeait à fermer la porte des cafés. Au passage, Maigret reçut une bouffée odorante qui demeura pour lui la quintessence même de l'aube parisienne : l'odeur du café-crème, des croissants chauds, avec une très légère point de rhum ; il devina, derrière les vitres embuées, dix, quinze, vingt personnes autour du comptoir d'étain, faisant leur premier repas avant de courir à leur travail. »

     

    image empruntée à cet excellent blog

  • Une Arche de Noé dans Jérusalem – Fragments d'un journal en Palestine 22

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    dscn1800.jpgNul besoin d'aller chercher l'Arche de Noé aussi loin qu'en Arménie sur le mont Ararat, elle est aussi en Palestine, ou Israël, mais pas dans les jardins zoologiques pseudo-bibliques, ou Terre dite Sainte, les animaux revendiquent aussi des droits sur cette région si turbulente du monde vu leur nombre et leur importance dans cette endroit de la planète pourtant tout petit, à peine grand comme deux départements français.

     

    Le rapport aux animaux n'y est pas du tout le même que le nôtre, il est beaucoup plus charnel, beaucoup plus sensuel, terrien au sens le plus profond du terme. Ce n'est pas une société qui préfère les chats en vidéos mièvres et amusantes sur Internet plutôt qu'ailleurs, où les bêtes sont déréalisées, « anthropomorphisées ». Ce sont des compagnons de labeur des professions les plus dures, de malheur des réfugiés et de joies aussi, qu'on laisse à leur juste place, que l'on n'idéalise pas en faisant des versions plus pures de l'être humain qui, certes, y compris en usant des nouvelles technologies en particulier, ou pas, sait très bien faire preuve des pires aspects liés à son animalité.

     

    Quand j'évoque cela, la première chose qui me vient à l'esprit est l'apparition miraculeuse de ces « centaures en plein midi » un jour de janvier 1999 sur l'autoroute israélienne. Attendant le bus rouge et blanc « Egged » non loin du « Mont des français », j'entends soudain un bruit de sabots qui claquent sur la route. Je pense rêver car il n'y a autour de moi que des autoroutes goudronnées ultra-modernes, des panneaux de publicité géants. Trois enfants sont montés sur des chevaux à l'apparence fougueuse, des bêtes magnifiques sur lesquelles ils sont « à cru ».

     

    Ils ne s'arrêtent même pas pour un regard ou un échange de mots, ils sourient sous le soleil de plomb de midi à Jérusalem, largement à notre verticale. Ils ne s'arrêtent qu'un instant avant de traverser la « voie rapide », le temps de caresser doucement l'encolure de leurs montures. Les gosses étaient un peu sales, vêtus de haillons mais ils paraissaient n'en avoir aucune amertume.

     

    dscn1986.jpgLes chevaux traversent un échangeur autoroutier et disparaissent au loin ne laissant derrière eux qu'un léger nuage de poussière sur la route, ils étaient une image de liberté, ne se souciant ni de politique, ni de religion, encore moins de résolutions diverses ou variées, de grandes déclarations d'intentions plus hypocrites les unes que les autres, traversant la ville ultra-moderne et froide, où comme partout ailleurs l'avidité règne en maîtresse exigeante, en l'ignorant ainsi qu'elle le mérite au fond, se moquant d'elle de la meilleure manière.

     

    Ce sont à ces enfants là que les « sionistes » et « antisionistes », qui ne trouvent dans ces cause qu'un dérivatif à leur haine devraient songer quand ils sont prêts à mettre des populations à feu et à sang pour le simple plaisir de flatter le personnage qu'ils se sont construits, la plupart se hâtant de ficher le camp une fois qu'ils avaient mis le « feu aux poudres », s'étant fait plaisir à jouer à « Robin des bois » en grandeur nature.

     

    Des instants magiques comme celui-là j'en ai vécu des dizaines à Jérusalem, qui ont fait que je ne me suis jamais posé la question de la légitimaté de ma présence dans cette ville, que je me suis senti tellement heureux là-bas, malgré les moments parfois difficiles ou plus tristes, la culpabilité de laisser en France ceux que j'aimais parfois souffrir sans que je ne puisse leur venir en aide. Il m'arrive de me dire qu'il aurait peut-être mieux valu que je vive beaucoup moins de ces instants de beauté et de joie, car ils ont un prix, rendant plus libres, plus indépendants, moins soucieux des conventions sociales imbéciles.

     

    Et ce prix, je le paye encore, et cher. Les esclaves de la société d'hyper-spectacle marchande détestent ceux qui ne se soumettent pas leur allégeance matérialiste, à l'avidité générale où l'envie frustre et basse remplace le désir.

     

    Comme dans toutes les villes de Méditerranée l'on trouve également à Jérusalem des dizaines de chats parias, clochards glorieux, sans aucune honte ni scrupules, baguenaudant dans les rues, se nourrissant au bon gré des touristes, des pèlerins, ou des habitants. Ils sont généralement en bande, menés par un vieux mâle ou une vieille femelle plus agressifs que tous les autres. Le vieux mâle, ou la vieille femelle, est généralement borgne ou porte les stigmates de combats violents avec d'autres fauves des rues. Ce sont aussi des tendres, car les chats parias ne dédaignent pas de se laisser caresser par la main de temps à autre maladroite d'un voyageur de passage, lui offrant en cadeau quelques puces et microbes car les chats sont taquins.

     

    Bien sûr, il est d'usage de proposer à l'aimable bête sauvage des rues se laissant approcher avec tant de bonne volonté de donner une ou deux friandises en échange, et de ne pas trop insister quant aux caresses, ce que l'animal de toutes façons indiquera en donnant qui un petit coup de griffe, qui un petit coup de dent, au début amicalement puis ensuite plus sérieusement si l'importun ne comprend pas tout de suite. Les petits voyous abordaient le naïf en ronronnant pour mieux le tromper, et l'égarer dans une sensiblerie de mauvais aloi dans laquelle, remarquaient les chats, les touristes écrevisses avaient la désagréable habitude de tomber ; de ceux qui s'exclamaient « Amazing ! » toutes les deux minutes dans les rues de la ville à ceux qui constataient que « Jérusalem ça leur rappelait leur voyage dans le midi de 82 ».

     

    Les chats ne se souciant absolument pas de la morale des pitoyables primates qui parfois se prétendent leur maître dînaient abondamment le soir de la nourriture chapardée pour eux au marché couvert de la Porte du Damas, ou plus drôle encore à « Mahane Yehuda », le pseudo marché pittoresque côté israélien, par les petits voleurs de la « via Dolorosa ». Les félins de poche étaient en bonne compagnie avec eux, se sentant « entre soi », trouvant dans les enfants perdus qui faisaient les poches des touristes écrevisses sans état d'âme.

     

    Etait-ce donc leur faute si ces idiots se baladaient en ville avec des sacs « banane » et des portefeuilles remplis à ras bord de billets ? Les chats approuvaient ce raisonnement, eux-aussi trouvaient cela parfaitement normal de dérober dans les poubelles d'arrière cour dans les minuscules cuisines des « mixed grill » du quartier musulman un peu de pitance. Je me suis toujours demandé si les petits félins n'étaient pas salariés du syndicat d'initiative local. Étrangement, le touriste humain préfère toujours se donner bonne conscience en aidant des animaux à quatre pattes plutôt qu'en faisant preuve de fraternité avec ses pareils, ses frères en humanité.

     

    Cela n'était rien d'autres à leurs yeux qu'une juste redistribution des richesses de ce monde, de l'abondance de Tyr et de Ninive. Des chats rôdant un peu partout, il y en avait beaucoup en ville mais aussi dans les campagnes, où le gibier ne manquait pas, et l'on pouvait prendre de l'ombre et se détendre affalé au pied d'un olivier, ce qui pour un chat est une chose à prendre en considération.

     

    Il n'était pas si rare de voir des chevaux tirer les charrues et les chariots pour amener les paysans au champ, des équidés qui n'étaient pas des mondains. Comme leurs maîtres, ils avaient un visage buriné et marqué par l'exposition constante au soleil, ils buvaient peu d'eau et ne se plaignaient que si l'on se conduisait brutalement à leur encontre. Ces chevaux de labour, un peu plus trapus, un peu plus courts de pattes étaient bien souvent les compagnons de petits ânes ou de mulets curieusement utilisés aussi comme chiens de berger au milieu des troupeaux de chèvres ou de moutons à la laine poussiéreuse.

     

    L'on peut croiser également un genre de bouquetins dans le Sud du pays, un animal plutôt discret habituellement, aux alentours du cratère de Mitzpeh Rahmon et dans le Wadi rum en Jordanie, deux d'entre eux alors que nous bivouaquions à grand peine juste à côté, nous avions tenté durant plusieurs heures d'allumer un feu, reniflèrent nos orteils et goûtèrent un peu de nos sacs de couchage pour en tester la comestibilité.

     

    Le zoologue amateur (je n'ai pas dit le zoophile amateur) sera surpris que l'on mette ensemble chèvres et moutons, car finalement ce sont des animaux très différents, presque antinomiques. Le mouton suivra n'importe quel imbécile qui montre de l'autorité en avançant droit devant, fût-ce vers l'abîme, dans lequel il se jettera avec le mouton en tête de troupeau en toute connaissance de cause, tandis que les chèvres font ce qu'elles veulent et selon leur bon vouloir, surtout si elles trouvent un coin d'herbe un peu verte, ce qui dans les « territoires » n'était pas choses aisée. Si personne dans le troupeau de chèvres ne trouvait ce coin très recherché, mieux valait encore se contenter pour elles des détritus abandonnés par les hommes, que ce soit les reliefs d'un pique-nique de voyageurs ou de ceux d'un pseudo campement bédouin « very mutch authentic my frriend » (« only Twenty dollars ze place ! Djuste Fore You bicoze you're my frriend ! »). Autour de ces pseudo-campements folkloriques, pour les amateurs de gros clichés bien gras sur l'Orient mystérieux et ses délices, l'on trouvait des chameaux paresseux et languides, économisant non seulement l'eau, en la stockant dans leur bosse, mais leur énergie, tournant leur long cou avec une lenteur tellement exagérée qu'on pouvait être sûr qu'elle était feinte.

     

    En plus d'être vaniteux, ce sont de sales bêtes qui mordent immanquablement la main qui s'approche d'eux pour tenter une caresse, de manière sournoise et imprévisible. Leur maître, arrivé le matin à l'aube en « 4X4 » gueulant certainement toutes fenêtres ouvertes de la variété arabe et pop un rien dégoulinante de kitsch, de la « sheirout music » en somme, bien loin de Fairouz ou Oum Khalsoum, et vêtu non pas d'une djellabah et parfois d'un sabre de fantaisie, mais d'un « djinn » bien occidental et d'un blouson de cuir, le nez chaussé de lunettes fumées pour mieux draguer les jeunes touristes.

     

    Il y a même des cochons en Palestine comme en Israël, malgré les interdictions théoriques des prescriptions alimentaires musulmanes ou juives, et je ne parle pas seulement de ces cochons ultra-orthodoxes sortant d'un bordel qui leur était réservé à Tibériade, à l'endroit même où le « guide du routard » nous recommandait de louer à bas prix des vélos pour des enfants. Les bêtes sont tuées sur une dalle en ciment, ce qui semble convenir aux rabbins et aux imans. On trouvait même rue de Jaffa à Jérusalem, côté israélien, du saucisson « kasher » en sus de l'infâme saucisse de dinde colorée à la carotène vendue dans les supermarchés de la ville. La charcuterie est également monnaie courante au Nord d'Israël dans des villes où le russe est la première langue parlée.

     

    Cela ne date pas d'hier de toutes façons, les cochons en Terre Sainte, on se souvient que ce débauché de fils prodigue en gardait quelques uns et n'avait même pas le droit de manger les baies et racines que l'on donnait aux porcs. Un endroit, non loin du Mont des Béatitudes, face aux rives du lac de Tibériade, ou « Kinneret » en hébreu, porte le souvenir de ce troupeau de suidés dans lesquels Jésus avait envoyé des esprits mauvais et qui se sont jeté dans les flots de rage, noyant les pauvres bêtes.

     

     

    800px-White_horse-Jerusalem.jpgSi manger du cochon est un « péché », un péché certes délicieux convenons en, c'est surtout parce que l'animal lorsqu'il mangeait n'importe quoi autour des campements, manière dont on nourrissait les bêtes, voyait sa viande empoisonnée en conséquence, et impropre à la consommation. Contrairement aux idées reçues, le cochon est un animal délicat, un gourmet raffiné qui n'apprécie que certaines choses, les autres étant mauvaises pour sa santé. Les rabbins en premier n'ont fait finalement que trouver un prétexte quelconque dans leurs écritures afin d'inciter à ce qui n'était rien d'autre qu'une mesure hygiénique.

     

    images du haut, chats parias, empruntées à cet excellent blog de voyage : "Un monde à gagner

    oiseau du zoo de Jérusalem même source

    cheval israélien, wikipédia

  • François Hollande et la « Lush Life »

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     Depuis quelques jours on parle beaucoup de l'aventure de François Hollande avec Julie Gayet, qui aurait commencé il y a deux ans, actrice qui serait enceinte depuis quatre mois. François Hollande de petit gros mou du genou avec bedaine de notable provincial « ad hoc » devient l'exemple type du séducteur cachant bien son jeu (le pouvoir ça aide), créant de fait une solidarité curieuse entre petits mâles blancs de gôche comme de droite sur Internet comme au comptoir du « café du commerce ». Notons que l'on remarquait le même genre de solidarité curieuse et d'expression bruyante et sa finesse de sa masculinité autour des mâles alphas qui donnent le « la » au groupe dans les groupes de chimpanzés au rocher des singes au zoo de Vincennes, s'acharnant parfois sur une femelle qui n'a plus la côte auprès du chef en la rouant de coup alors même qu'elle est à terre.

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    Ceux-là, à l'image de ces chimpanzés, n'ont guère d'indulgence pour Valérie Trierweiler décrite un peu partout comme un parangon de harpie, suggérant que c'est certainement sa faute si elle a été trompée. Les dames n'ont d'ailleurs guère plus d'indulgence :

     

    « Si le président est allé voir ailleurs, c'est bien de sa faute allez »

     

    Je rejoins là-dessus l'opinion des journalistes anglais pour qui leurs confrères français ont fait preuve comme à chaque fois avec un représentant du pouvoir en place d'une révérence impardonnable incompatible en théorie avec cette profession. Aucun parmi eux, y compris ceux réputés plus incisifs ou insolents (la bonne blague) n'ont posé de questions réellement gênantes, y compris sur son « coming out » social-libéral qui semble étonner de nombreux électeurs de gauche qui visiblement n'ont pas lu son programme.

     

    Et voilà que ce non-évènement fait remonter la côté de popularité du président, c'est toujours bon aux yeux du troupeau d'électeurs un type qui couche à droite à gauche. On préfère les chefs qui ont une sexualité exigeante et multiple, on sourit avec indulgence, on lui pardonne, « on sait ce que c'est ». On oublie même qu'en plus de Gayet et Trierweiler il y eut aussi Anne Hidalgo...

     

    A la rigueur, on s'en fout complètement qu'il ait des maîtresses et des enfants cachés, les dirigeants ont toujours eu ce genre de comportements inévitables pour quelqu'un disposant encore une fois du pouvoir, ce n'est pas ça le problème, le problème est que le président se conduit avec le même sens des responsabilités qu'un gosse de douze ans dans ses affaires. Un de ses biographes, pourtant énamouré de son sujet de rédaction, a souligné que si à la place d'un paparazzi il y avait eu un « sniper », Hollande serait mort...

     

    Ne se mariant pas, ou ne se pacsant pas après tout, avec Valérie Trierweiler il ne lui a donné aucune légitimité. Elle devrait pourtant en avoir une pour justifier les dépenses de sécurité pour elle et ses enfants occasionnées par sa présence, et par ses activités de « première dame ».

     

    Or, ces dépenses de l'argent public n'ont aucune légitimité légalement puisque selon la loi Valérie Trierweiler n'est rien. Concrètement. Idem quant à Julie Gayet qui a bénéficiée des services de l'État et du « privilège du prince », enfin pas après que la chose ait été ébruitée. C'est d'ailleurs curieux que dans un gouvernement où l'on se prétend aussi soucieux de l'égalité des genres, des sexes et des chances la « promotion canapé » d'une des camarades de jeux du président ne choque pas et et que la ministre de la Culture soit en somme « aux ordres » le petit doigt sur la couture de son tailleur-pantalon.

     

    On me dira, Hollande est logique, et opportuniste, il sait très bien que la France est morte et enterrée depuis longtemps aux yeux des dirigeants européens, tout comme la démocratie réelle (au moment du référendum sur le traité constitutionnel européen on a eu un exemple flagrant du mépris de l'expression démocratique des peuples), il sait très bien que son rôle est d'entériner et de faire appliquer en France les « desiderata » de la Banque Centrale Européenne, de la Commission de Bruxelles et des dirigeants du tout-économique. Au pire, on lui laisse la possibilité de marquer son mandat par quelques mesures sociétales « gadgets » qui feront plaisir à quelques « bobos », un tout petit milieu spécifique, et autres privilégiés, qui aiment bien se dire libertaires, quant aux mœurs.

     

    Et c'est aussi que la plupart de ces femmes libres que l'on entend vanter les mérites de leur existence tellement ouverte au monde, à la modernité et au progrès progressiste restent finalement des midinettes comme les autres, qui attendent toutes le prince charmant, fût-il un petit gros...

     

    image empruntée au site de RTL

     

    Ci-dessous "Lush Life" la vraie

     

  • A force de crier au loup

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     Depuis des années, voire des décennies, les voix des « grandes consciences » c'est elles qui se qualifient ainsi, nous alertent sur le risque de réveil de la bête immonde de l'antisémitisme dés qu'un taré trace une croix gammée à la bombe de peinture sur une porte cochère ou prononce des paroles antisémites. On donne aussi aux profanations de cimetière par des tarés qui vont de la bouture de nazillon bas du front au cyberautiste qui s'imagine être au dernier niveau d'un jeu « gore » en passant par des gosses de banlieue « anti-sionistes » ou qui veulent simplement se singulariser en choquant les adultes et les éducateurs.

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    Il y a même des sites qui se spécialisent dans la tâche douteuse de dénoncer ceux qu'ils supposent être antisémites, ne se basant que sur leurs présupposés et a-priori comme on le voit souvent (de quelques dénonciations arbitraires)...

     

    Il est bien clair pour ces « grandes consciences » l'antisémite est forcément un français, un « petit blanc », d'extrême-droite ou de droite radicale, un « crâne rasé », un catholique vaguement traditionnel nostalgique du pétainisme, forcément, de la messe dos au peuple et de l'admonestation sur les « juifs déicides » considérant les catholiques comme ils étaient en 1900. Un catholique même « laveur de carreaux » (TM°) et gentil tout plein, qui chante des psaumes en hébreu, a beaucoup à se faire pardonner pour ces « grandes consciences », il est suspect malgré tout.

     

    C'est un cliché bien implanté encore maintenant, certain, même, au moment de « l'affaire Dieudonné », de « Politis » à « Golias », ont cru pouvoir opérer un tour de force et l'appliquer quand même aux fans de Dieudonné assimilés aux soutiens de la « Manif pour tous » par un tour de passe-passe rhétorique un peu douteux. Et de faire taper dans les mains, avec un air concerné, le public des citoyens consommateurs en leur faisant écouter « Anne ma soeur Anne » de Louis Chédid qui évoquait surtout le Front National...

     

    Par contre, des populations « issues de la diversité » (TM°) ne peuvent pas être racistes, ne peuvent pas se conduire lamentablement. Surtout quand elles agissent violemment au nom de « l'antisionisme ». A gauche, et parfois à droite, on a été longtemps aveugle sur la responsabilité que l'on porte dans la montée d'une haine des juifs forte et beaucoup plus agressivement exprimée que chez les « petits blancs » cités en début de texte, ce qui ne signifie pas que je l'excuse chez eux bien entendu.

     

    A gauche car l'on pense que le sionisme est un des derniers colonialismes occidentaux, à droite, parce que pour certains la construction de l'état d'Israël était une absurdité aux dépens des palestiniens et aussi car une minorité garde la bonne vieille tradition de l'antisémitisme.

     

    Comment peut-on croire sérieusement que les gosses des banlieues difficiles, fans de Dieudonné pour certains, souvent plus ou moins déscolarisés, font la différence entre juif et sioniste ? Comment peut-on croire qu'ils puissent accéder à la compréhension de la complexité de la guerre israélo-palestinienne qui ne peut se réduire à des schémas, des slogans ? Il n'empêche, un gamin d'origine arabe ou africaine ne peut pas être raciste, une victime du racisme supposé général des « souchiens » (TM° avec des pincettes) oui, mais un raciste, non ! Ce qui est raciste à son encontre d'ailleurs, puisque l'on suppose qu'il n'appartient pas à la même espèce humaine en somme, ne pouvant faire preuve des mêmes travers que tous les autres primates lamentables qui se meuvent à la surface de notre boule de glaise commune.

     

    Rappelons aussi ces cris d'orfraie dés que quelqu'un ose émettre le moindre début de critique, même embryonnaire, sur la politique israélienne. Et puis il y a ce réflexe que personne n'ose évoquer vraiment, mais qui est bien tangible, bien réel, qui est un réflexe communautaire des personnalités de confession judaïque qui réagissent, à coup sûr légitimement le croient-elles, dés qu'elles imaginent leur communauté originelle attaquée.

     

    A force de crier au loup, ceux qui sont injustement accusés finiront par se mettre en colère et se radicaliser pour de bon contre la communauté juive, à force de crier au loup, plus personne n'écoutera quand les loups seront vraiment entrés dans la bergerie...

     

    image prise sur l'excellent blog "rockandrouge"

  • Le dernier admirateur de François Hollande a été hospitalisé

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     Jean-Luc A. habite dans un petit pavillon des bords de Seine à Vernon dans l'Eure non loin de l'usine d'engrais qui donne au paysage un aspect champêtre. Et ainsi qu'il le dit lui-même avec fierté, il est le dernier admirateur de François Hollande et le seul électeur qui a voté pour lui en 2012 se souvenir de l'avoir fait.

    politique, société, dérision toussa, humour

     

    Ainsi que nous l'avons appris avec tristesse, Jean-Luc A. a été hospitalisé hier soir dans le même service que Valérie Trierweiler pour une cure de sommeil suite à une crise de nerfs qui a nécessité hier l'intervention des pompiers. En effet, il frappait à toutes les portes de son quartier résidentiel en hurlant :

     

    « Laissez le président tranquille ! »

     

    Jean-Luc sentait sa santé décliner depuis quelques temps, l'affaire Gayet a été le déclencheur de grandes douleurs dans son côté gauche. Nous l'avions rencontré peu avant la conférence de presse du président de la République du mardi 14 Janvier dans le riant bourg de Vernon :

     

    - J'ai deux passions dans la vie, avoue-t-il, je collectionne les bouchons de bouteilles de lait de tout style et de toute époque, et j'ai tout sur François Hollande ; affiches, photos, carnets, cheveux égarés, anciennes lunettes...

     

    Jean-Luc nous montre obligeamment ses deux collections avec fierté, il possède en effet 67201 bouchons de bouteilles de lait (j'ai acquis le dernier sur « E-bay » hier nous dit-il). Il nous montre ensuite les quatre pièces à peine assez grandes pour contenir toutes les pièces uniques d'objets en lien avec François Hollande. Il nous désigne fièrement un paquet de biscuits au chocolat à peine entamé sous une cloche de verre, nous expliquant combien il avait été difficile de négocier son prix avec Robert G., jovial sans-abri habitant sous une porte cochère non loin du palais présidentiel :

     

    - C'est maintenant un ami, nous explique Robert, il ramasse les épluchures de patates des purées que la compagne de François Hollande lui cuisine amoureusement depuis maintenant près de deux ans.

     

    Il sourit en évoquant Robert, et nous montre une photo. Il nous avoue qu'un tendre sentiment est né entre eux, de par leur passion commune. C'est alors que nous l'avions quitté. Nous sommes très tristes pour lui, selon les médecins, il ne passera pas la nuit, son pronostic vital étant fortement mis en question.

     

    de notre correspondant Christian Voila-Magloire

     

    image empruntée au site de le point.fr

  • Amnésie collective : une spécialité bien de chez nous

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    politique, santé, amnésie, société, hypocrisieDepuis déjà quelques temps, on remarque, on signale des cas d'amnésie collective étrange un peu partout en France. Les électeurs de François Hollande en mai 2012 ne se souviennent pas avoir voté pour lui ! Quand on leur demande ce pour quoi ils ont voté alors à cette époque, beaucoup prétendent ne plus se rappeler, ils ont un « blanc »...

     

    C'est un peu comme ceux de François Miterrand en 83 au moment du tournant de la rigueur, personne ne se rappelait avoir glissé dans l'urne un bulletin pour lui. Pour remonter plus loin, on se rappelle qu'en 1945, et depuis lors, aucun français n'avait été pétainiste, tous gaullistes ! Tous résistants ! Tous gaullistes en 2014 d'ailleurs, et ce de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, tout le monde se réclame d'un général ancien d'Action Française qui a mis en place en 1958 rien moins qu'une monarchie élective qui il est vrai fonctionnait bien surtout avec lui. Quand il était lycéen, il distribuait pour la ligue maurrassienne un tract parlant où la Vème République était en germe.

     

    Ce genre d'amnésie collective ne date donc pas d'hier. C'est même une constante de l'appréciation par les français de la politique de leurs dirigeants. Enthousiasme, déception, déni de l'enthousiasme premier, enthousiasme pour une autre figure, parfois on l'a vu dans l'histoire un futur tyran ou tout au moins un démagogue quand la conjoncture était dramatique et le pouvoir à ramasser : de Bonaparte à Boulanger qui s'est heureusement dégonflé au dernier moment, c'est dommage il aurait été le premier dictateur en somme radical-valoisien.

     

    A gauche, certains, alors qu'ils ont voté pour lui, ont joué les étonnés et les scandalisés en entendant François Hollande affirmer qu'il est social-démocrate ou social-libéral européiste, ayant déjà entériné la mort des nations dont la nation France, affirmant maintenant combien ils regrettent leur vote alors qu'il suffisait de lire son programme les amis, bref de se conduire en citoyen adulte :

     

    En effet, quelle surprise ! Quel choc ! Personne ne s'en doutait ! (sic) Que Hollande est libéral orthodoxe sur l'économie, pas encore assez aux yeux des monétaristes et des libertariens, m'objecteront-ils, et sociétalement de gauche par des mesures qui ne sont pas que de la poudre aux yeux sur le « Gender », le féminisme, et l'égalité des sexes dans les écoles, ce pour quoi il a pris des mesures (Note personnelle : oui je sais ami lecteur, je n'ai pas pu m'empêcher de la faire celle-là).

     

    A gauche tout comme au centre, l'on prétendait aussi que voter Sarkozy c'était aussi prendre le risque d'une montée du FN, de l'antisémitisme et du racisme et des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) j'en passe et des meilleurs. Il fallait faire barrage au « fââchiisme » qui était à nos portes, bruit de bottes à clous compris...

     

    On le voit bien chaque jour :

     

    Avec Hollande, le FN est au plus bas (re-sic), « l'affaire Dieudonné » ne témoigne absolument pas d'une montée de la judéophobie dans les « quartiers » en particulier et il n'y a aucun problème de racismes divers et variés (re-re-sic). Tu me pardonneras cet aparté ami lecteur mais de toutes façons le seul racisme qui existe pour la gauche sociétale, c'est celui des blancs visiblement, les autres n'ont pas de substance.

     

     

    Et puis, plus prosaïquement, la principale raison est que les électeurs n'aimaient tout simplement plus la personne de Sarkozy, se fichant au fond de ses idées, n'en ayant cure, et qu'ils ont voté Hollande par défaut. Voter à cause de la personne sans se soucier de ses idées, voilà qui témoigne de la maturité démocratique d'un peuple et du fait que les français restent les mêmes braillards turbulents que devaient l'être les guerriers gaulois autour de Vercingétorix, ce pour quoi on aime malgré tout ce pays malgré tous ses défauts (car on aime quelqu'un effectivement surtout pour ses défauts, et oui -note personnelle- Guilaine D. !).  

     

    photo, source Libération.fr

  • La politique du pire

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    Il y a ceux qui moralisent et hystérisent à outrance sur le sujet, il y a ceux qui soutiennent à fond sans réfléchir, mais finalement personne ne se demande pourquoi des jeunes, en grande majorité, et des jeunes des « quartiers » en particulier, soutiennent autant Dieudonné 

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    On remarque d'ailleurs sur la moralisation et l'hystérisation que celles-ci sont clairement à géométrie variable car au moment de « Piss Christ » ou « Golgotha Picnic », au moment des caricatures de Mahomet, les mêmes « grandes consciences » qui demandent l'interdiction de Dieudonné hurlaient au risque de retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » et parlaient de « censure indigne » du fait de l'indignation de certains croyants chrétiens et musulmans tous assimilés à des fanatiques de la pire espèce. Ces « grandes consciences » oublient d'ailleurs que l'humour juif est le premier à pratiquer l'auto dérision et avec talent. Il ne faut pas confondre non plus le pseudo humour de Dieudonné avec des textes comme ceux de Desproges, voir ci-dessous, qui seraient à n'en pas douter mis dans le même sac de nos jours...

     

    On notera d'ailleurs qu'un article grotesque de « Politis », le journal des chrétiens de la « gôche kipense », soutient la thèse capillotractée du rapport étroit qu'il y aurait entre les dieudonnistes et les cathos qui ouvrent leur gueule, forcément réacs. C'est le me même refrain anoné depuis des années, et le même aveuglement assumé.

     

    Donc de deux choses l'une, ou bien l'on applique la loi quant aux incitations à la haine d'un groupe ou d'une communauté de croyants pour tous les groupes et tous les communautés, ou bien non. Hors, cette application est des plus sélectives. Et moraliser les fans de Dieudonné ne les amènera pas à plus de modération et de rationalité mais à se radicaliser quant à leur haine judéophobe souvent bien réelle et qui s'exprime déjà et depuis de nombreuses années, en particulier dans les « quartiers » et bien souvent sous couvert du fameux « antisionisme ». Il a bon dos l'antisionisme...

     

    Je me demande d'ailleurs si les militants de gauche qui ont soutenu depuis des décennies ce pseudo anti-sionisme se rendent bien compte de leur responsabilité dans la montée d'un judéophobie qui n'a plus rien à voir avec la droite extrème ?

     

    Bien entendu, l'autisme hystérique qui a cours en face est tout aussi détestable, celui-ci consistant à clamer au retour des nazis dés que quelqu'un ose exprimer la moindre critique envers la politique israélienne, et fût-ce un débile qui trace une croix gammée sur une porte cochère à qui on donne une importance démesurée.

     

    Le public de Dieudonné et ses fans sur le Net est également composé de précaires, de « laissés pour compte » du système, de victimes de l'abandon progressif de l'état face à toutes ses responsabilités d'éducation et de protection de l'individu, de ces anciens électeurs que le PS a décidé de laisser tomber sous la pression de « Think Tanks » exclusivement sociétaux comme « Terra Nova ». Ce public « se trompe de colère »...

     

    Ces laissés pour compte du « pays réel » savent pertinnement que les bonnes paroles des politiques, qu'ils fussent de droite ou de gauche, ne sont pas suivis d'actes concrets depuis fort longtemps, et que même ils n'en ont concrètement rien à foutre de la montée de la précarité et ce des syndicats traditionnels aux partis dits « républicains », c'est eux qui le disent. Notons d'ailleurs que les partis recrutant dans le peuple, FDG et FN, sont pointés comme forcément extrêmes et composés de nostalgiques des dictatures disparues depuis longtemps ceci afin de les discréditer.

     

    Plutôt donc que de répondre à l'angoisse de ces précaires face à l'avenir économique qui s'annonce sombre pour eux, plutôt que de chercher à les aider, plutôt que d'essayer de lutter contre le monde de la finance et un système européen notoirement libéral-libertaire, il est tellement plus simple, tellement plus commode de les désigner à la vindicte comme fachos, antisémites et racistes au lieu d'aider à l'éducation, à la formation, au lieu de lutter contre la paupérisation galopante...

     

    Dessin de Tomi Ungerer emprunté ici sur ce blog

  • La droite toujours complexée

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     A gauche, on a la vérité, on sait ce qui est bon pour le peuple : une Europe libérale-libertaire, des lois sociétales pour quelques « bobos » et milieux favorisés pour permettre à « Totor » de se marier politique, société, droite, gauche, hypocrisie, anar de droiteavec « Tatave », et surtout des sermons et de la moralisation à haute dose. A gauche on est sûr de soi, on ne se pose pas de questions. Être de gauche c'est finalement croire en une nouvelle religion, en des dogmes que l'on ne remettra jamais en question car l'on est convaincu de leur intangibilité. Personne, à gauche, enfin surtout à gôche, la gauche sociétale, ne se pose vraiment de questions, les convictions qu'impliquent l'appartenance à ce camp sont les seules possibles pour entrainer le progrès constant de l'humanité.

     

    L'on n'y verra pas de contradiction à se dire tolérants bizarrement, enfin tolérants avec ceux qui pensent la même chose, les autres étant des « fachos », des partis nauséabonds, des salauds malveillants et populistes qui rappellent les fameuses z-heures les plus de notre histoire (TM°), même et parfois des icônes issues de la diversité (TM°) comme Dieudonné, qui, s'ils vont trop loin dans l'expression de leurs opinions politiques, sont à n'en pas croire, des émules du petit caporal autrichien qui avait la même moustache que « Charlot ».

     

    Ils ne sombrent pas du tout dans l'hystérie ceux qui comparent les partisans de Dieudonné aux SS, non, non, non, à moins que ce ne soit tout simplement un « storytelling » pour dériver la colère des français vers des sujets anecdotiques...

     

    Enfin anecdotiques,..

     

    Les soutiens à Dieudonné montrent que dans les « quartiers » et dans les communautés « issues de la diversité » il y a un antisémitisme qui monte dangereusement et qu'il est bien plus puissant, bien plus implanté là qu'à droite...

     

    A droite, on a toujours peur de s'affirmer de droite. Je l'ai vécu moi-même. Ainsi, un condisciple, dans la salle commune à tous les collègues, jugea-t-il bon de m'entraîner dans le couloir alors que nous avions une discussion politique. Je lui communiquai mon étonnement, il me dit qu'il « voulait être discret » car dans un milieu très à gauche. Mais nous n'allions pas faire la promotion des chambres à gaz et nous mettre à marcher au pas de l'oie le menton arrogant et pointant vers le haut. De quoi avait-il peur au fond ?

     

    D'autres collègues n'hésitaient pas quant à eux à exprimer des opinions certes de gauche très radicales, consistant à affirmer qu'il fallait interdire en gros tous les partis politiques et journaux ne pensant pas comme eux, à faire la promotion de groupuscules ultra-minoritaires, et qui n'étaient donc pas exactement neutres, les mêmes exaltant par ailleurs les qualités d'écoute (oh, oh) et de tolérance (ah, ah). Il me semble que dans l'expression d'une opinion en politique, il ne devrait pas y avoir de barrières ou de passe-droits tant que cette expression respecte son interlocuteur et ne sombre pas dans l'injurieux et le diffamatoire de caniveau qui sont la règle de nombreux organes de presse de gôche sociétale étrangement ?

     

    Voir à ce propos la couverture de cette semaine du « Nouvel Obs » qui assimile Zemmour à Dieudonné et Soral, je pense aussi à Naulleau accusé d'être un « sous-marin » des fachos.par les éditorialistes « kicomptent » et « kipensent » comme Jean-Michel Aphatie par exemple au « Grand Journal »...

     

    A droite, on a toujours besoin de se justifier, de rappeler que l'on est de droite mais pas sur tout, pas pour tout, ainsi Éric Brunet chez Ardisson vantant les mérites de la dépénalisation de la fumette et du « mariage gay ». Comme on a peur d'être mal vu, on n'hésite pas à donner des garanties de républicanisme et de loyauté aux préceptes démocratiques. On est de droite mais « républicain », on est de droite mais « démocrate » comme si se prétendre de « droite droite » sans réticences ni restrictions c'était honteux ou amoral. A droite, on a peur de se dire de droite, on parle de son grand-père qui était drôlement à gauche, de son oncle syndicaliste, de sa tante au service d'ordre du MLF et que l'on a des très très bons amis qui sont de gauche, hein. Comme si c'était incompatible avec le fait d'avoir des convictions solides.

     

    On insiste bien également sur le fait que l'on respecte la laïcité et que l'on n'est pas vraiment catholique parfois...

     

    Quant à moi je suis de droite, ami lecteur, de droite droite même, si tu veux, un genre d'« anar de droite » et que c'est ainsi qu'Allah est grand

    image empruntée ici

  • Amaury est un « cas soc' »

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    Dédié à ceux qui me voient tel que je suis...

    Dédié aussi aux imbéciles pour qui je suis un "cas soc'"...

     

    Il paraît que « au village (dans le grand « bain des névrosés ») sans prétentions », « j'ai mauvaise réputation alors que je ne fais pourtant de tort à personne », je suis un « cas soc' », les progressistes de progrès aiment bien employer le langage des « djeuns » pour qualifier ce qu'ils estiment être une tare. Inutile de préciser qu'avoir « mauvaise réputation » a pour conséquence que l'on est immédiatement condamné sans autre forme de procès, que personne ne cherchera à comprendre pourquoi la personne est blessée ou solitaire, c'est moins inconfortable...

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    J'ai appris cela de la bouche d'une personne, à qui j'ai demandé avec je l'avoue un brin de mauvaise foi, car je sais très bien pourquoi, quelles étaient les raisons de cette mauvaise réputation. Il paraît que je suis un « cas soc' », un inadapté social. Là encore, de mauvaise foi, je lui ai demandé d'expliciter alors que je savais pertinemment ce que l'on entend « par là » (voir fig 1) et « par là aussi » (voir fig 2).

     

    L'inadapté aime des plaisirs d'un autre temps, la littérature, il aime les mots et le style, il aime la bonne chère, et la convivialité d'une tablée d'amis, il aime que les femmes soient féminines et élégantes, que les hommes fassent preuve de virilité sans pour autant avoir besoin de prouver leur masculinité par des activités pleines de testostérone ostentatoires qui sont aussi d'ailleurs des témoignages d'une certaine homosexualité latente.

     

    Dans la société antique, à Athènes, les fous, les « asociaux », les excentriques étaient considérés comme des oracles que l'on écoutait, dont on recueillait les paroles, pour ceux qui avaient un discours cohérent ainsi Diogène, qu'Alexandre le Grand vint consulter, ou Socrate. Diogène aurait été mis sous « prozac » (TM°) en 2014 et l'on aurait conseillé à Socrate de faire enfin son « coming out » et de participer à la « Gay pride »...

     

    Le « mouton noir », le trublion est forcément un inadapté, s'il ne veut pas se fondre dans le « grand tout » béat du grand cirque spectaculaire et consumériste c'est qu'il est dingue ! La preuve, pour réussir socialement, pour suivre le vent des tendances et et la société (une « ambition de feuille morte »), il ne veut pas se renier ou vendre son âme l'imbécile !

     

    Notre société, avec le darwinisme social et l'eugénisme, partage cela avec la plupart des régimes totalitaires de la première moitié du XXème siècle, en particulier les nazis qui les envoyaient dans les camps, l'inadaptation sociale est considérée comme une déviation, une perversion de l'esprit. Bien sûr, de nos jours, l'on n'envoie pas les inadaptés sociaux ou réputés tels dans des camps, c'est plus subtil, c'est toute une ostracisation systématique et qui ne dit pas son nom car on prétend que c'est pour le bien de l'inadapté qu'on l'ostracise, pour lui faire comprendre que tant qu'il n'obéit pas aux règles ayant cours dans la société actuelle, il en sera exclu.

     

    Mais est-ce forcément un signe de bonne santé mentale d'être adapté à une société malade, foncièrement inéquitable et totalement a-morale ? Dont la seule valeur est l'argent et comment le consommer (pour une fois je vais citer un bouddhiste mais pas un du genre « coach de vie » comme Mathieu Ricard :

     

    « Ce n'est pas un gage de bonne santé que d'être bien intégré dans une société profondément malade. » - Jiddu Krishnamurti).

     

    Je sais parfaitement qu'étant un genre de réac à leurs yeux, il faut bien qu'ils trouvent un moyen de se justifier de leur intolérance profonde, de leur incapacité à prendre du recul sur les opinions qu'ils professent. Forcément, quelqu'un qui contredit la « bonne parole » ambiante de la gauche sociétale, son humanitarisme très vague, très mièvre et lénifiant, de la gôche « kipense », relève obligatoirement de la psychanalisation. Ou alors on le traite de facho, c'est plus simple...

     

    Je me permets donc de ne pas obéir aux règles officieuses et non exprimées dictées par les compromis sociaux, en particulier dans mon milieu où bien qu'on ne l'avouera jamais, la hiérarchie des statuts est tout, et fait la personne. Je ne respecte pas les hypocrisies et les faux-semblants qui font que l'on devrait faire semblant de croire que quelqu'un qui se prétend ouvert, tolérant et progressiste l'est vraiment. Je suis au pire un type acerbe, caustique et provocateur, qui sort des phrases que l'imbécile grégaire trouve sibyllines et insultantes car elle lui rappelle son assujettissement au troupeau, au mieux un « écorché vif », un type blessé un peu trop sensible qui devrait se calmer car « n'est-ce pas on ne fait pas ce qu'on veut allez », et on se devrait en somme de faire semblant de supporter des compromis de groupe qui sont par ailleurs en eux-mêmes insupportables..

    image d' "art brut" prise ici

  • Puisqu'on vous le dit qu'il n'y a pas de dérèglement climatique !

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    Puisqu'on vous le dit...

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  • Moraliser contre la bête immonde donne-t-il des résultats ?

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    Depuis quelques jours déjà, le facho des fachos en France est un noir, un type d'origine africaine, je trouve ça déjà assez ironique que Dieudonné soit montré comme la réincarnation en somme de certain petit caporal autrichien. Il est aussi un dérivatif parfait de la colère qui monte, plutôt que de se révolter contre tous les sujets qui le méritent beaucoup plus : la précarisation du salariat, les riches de plus en plus riches, l'Europe libérale libertaire imposant un monétarisme de plus en plus arbitraire, les politiques français se contentant de s'étriper sur des sottises sociétales et festivistes qui font illusion dans leur esprit et suggèrent aux français de s'énerver plutôt sur des histoires de « quenelles » et de provocations à la petite semaine qui ne méritent pas autant de bruit médiatique, à commencer par les z-écrits d'Alain Soral pour qui c'est une manière de prouver sa masculinité.

    politique, société, Dieudonné, quenelles, christianisme, sottise, hypocrisie

    On ne sait jamais, peut-être que cela cachera leur rupture d'avec les citoyens qu'ils sont censés soutenir et diriger, leur incompétence et leur inconséquence, se disent-ils tout mousse et pampre...

     

    Dieudonné est accusé d'être antisémite et d'inciter à la haine raciale. A sa décharge, rappelons que dés qu'en France l'on ose élever un embryon de toute petite critique de la politique israélienne, que se passe-t-il ? Aussitôt le « salaud » qui ose cela est soupçonné des pires vélléités de haine raciale, des pires avanies, et trainé dans la boue. Pour critiquer Israël il faut être absolument israélien ou juif, et encore. Ne parlons pas de ceux pour qui Israèl est seulement le poste avancé de l'Occident contre l'Islam qu'ils haïssent, en méconnaissant la complexité et surtout favorisant par leur sottise la montée des fanatiques.

     

    Arrivés au bout de leur discours, si l'on garde le calme en face d'eux, d'elles, ils invoquent aussitôt la « Shoah » et l'antisémitisme subi depuis des siècles en Europe qui interdiraient toute discussion des décisions de colonisation des territoires palestiniens, en toute illégalité selon le droit international rappelons, ou des répliques souvent brutales de « Tsahal » contre le « Hamas » ou le « Hezbollah ». Si Dieudonné n'est plus vraiment drôle dans ses provocations, on trouve en face un autisme politique qui vaudra à n'en pas douter à l'auteur de ce blog d'être un de ses soutiens.

     

    Si Dieudonné trouve des centaines de « disciples » sur Internet, souvent des gamins, parfois des gosses des « quartiers », commettant des « quenelles «  pour ce qu'ils imaginent être la postérité sur leur profil « facebook » ou Touitteure, reprenant ses arguments, y compris les plus rances, c'est aussi parce que les politiques ont perdu tout lien avec le peuple, en sont coupés depuis longtemps, et que c'est un moyen pour les plus précaires de faire entendre leur voir fût-ce par les pires des provocations, c'est aussi parce que ces gamins veulent se singulariser et donner de l'ampleur à leur « singularisation » par le Net.

     

    politique, société, Dieudonné, quenelles, christianisme, sottise, hypocrisieIl est presque trop tard pour rattraper cette rupture. Les précaires connaissent l'hypocrisie sans nom des nantis et des donneurs de leçons trop nourris, qui en plus de ne jamais se poser de questions sur leur avidité ont maintenant des prétentions moralisatrices et sociétales, des envies de poser aux penseurs, aux guides idéologiques et moraux beaucoup plus dogmatiques que les autres. Ils organisent régulièrement les lazzii et harcèlements divers contre tous ceux qui osent critiquer leur « bonne parole » qui consistent surtout en lieux communs vaguement humanitaristes qui ne mangent pas de pain.

     

    Le petit doigt en l'air, ils interdisent aux précaires de manifester leur colère, les sermonnant sur le besoin selon eux de plus d'Union Européenne du fric, et les injurient, les traitant de franchouillards ou de beaufs pour couper court à tout débat, ou parlant de « petits blancs », de « fachos ».

     

    Ils parlent aussi de « populisme » et de « poujadisme » ne voulant rien écouter. Selon eux, cela coupe court à toute critique tous comme le refrain de retour éventuel des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) entonné dés que l'évangile des bourgeois « kipensent » est contredit. Leur moralisation contre les nazis en 1933 aurait donné on le pense d'étonnants résultats, les SA de Rhöm auraient certainement eu une peur bleue et n'aurait pas commis de « nuit de Cristal », les SS de Himmler auraient remisé au grenier leurs casquettes à tête de mort et leur imper en cuir noir. Et il n'y aurait jamais eu de « camps de la mort » !

     

    Et il y a quand même cette chose très intéressante, il y a eu toutes ces icônes de la diversité pour exécuter des "quenelles" devant les caméras ou les appareils photo. Bien sûr, non, non, non ils ne savaient pas ce que ça voulait dire (on nous prend pour des cons, non ?). Les réactions de la gôche kipense à leur encontre est intéressante, tant que ces icônes se conduisent en "bons" sauvages, tout va bien, mais qu'ils montrent des envie d'indépendance et d'autonomie, et qu'ils se conduisent en être humains pitoyables comme les autres, ça ne va plus du tout.

     

    Vous avez peur de l'antisémitisme ? Vous craignez son retour ? Sa montée en force ? C'est votre bêtise, votre aveuglement et vos prétentions de bourgeois positivistes qui n'ont guère changé depuis Guizot qui vont lui donner un succès fou.

     

    Image du haut sur le site d'Europe 1.fr

    Image du bas, blog de Maester, le papa de Soeur Marie-Thérèse des Batignolles

     

    Ci-dessous deux documents incitant à une réflexion nécessaire

  • « Si je t'oublie Jérusalem... » - Fragments d'un journal en Palestine 21

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    jerusalem20.jpg« Si je t'oublie Jérusalem... », ainsi commence le fameux psaume dans lequel les juifs du monde entier exprimaient leur nostalgie de leur Terre Sainte, et leur espoir d'un jour y retourner, et aussi qu'ils n'oublieront jamais cette ville qui a été au fond de leur cœur et de leur âmes pendant les centaines d'années qu'a duré la diaspora. Je partage cette nostalgie de cette terre, non pas pour les monuments, y compris l'amas hétéroclite qu'est le Saint Sépulcre, les souterrains d'Har Meggido, ni même pour le « Kotel », le mur des Lamentations, le temple d'Hébron, ou le « Dôme du rocher », non pas pour les paysages, du désert du Jourdain aux collines de Galilée, le mont des Béatitudes, les rives du lac de Tibériade ou l'eau claire de la Méditerranée, le sommet du Sinaï le soir du 31 décembre 1998, ni même pour le climat incitant à prendre conscience que la création est magnifique, que la beauté est tout autour de nous mais que bien souvent nous ne savons pas la voir.

     

    Les monuments sont tous construits sur les emplacements des lieux réputés saints des trois grandes religions monothéistes. Ces emplacements sont presque tous faux, ils n'ont donc guère de sens, guère de réalité, hormis la prière des croyants au long des siècles, mais ils ne sont que des vestiges d'utopie, de rêve de conquête et de bonheur universel, des lambeaux d'idéaux auquels les croyants confits dans la graisse du sur-consumérisme croient, dans leur grande majorité, encore à peine.

     

    Ce que je retiens de Jérusalem et de ces terres dites saintes, c'est la profonde humanité des personnes que j'y ai rencontrées, une humanité turbulente, à fleur de peau, parfois se manifestant par des accès des violences mais une humanité tangible, de tous les instants, une humanité qui est pourtant méprisée et rejetée en Occident progressiste de progrès et technocratique, festiviste et spectaculaire, libéral et libertaire, certains appelant même de leurs vœux une post-humanité, voire même une trans-humanité enfin libérée des contingences tellement insupportables à leurs yeux des émotions, de l'individualité aussi, ils rêvent de voir leurs semblables fondus dans un « grand tout » aux contours flous leur semblant toujours plus préférable pour eux qu'exercer leur liberté.

     

    Ils sont tout aussi détestables que les fous rêvant de théocratie dominatrice et violente, ces fous qui font mourir à force d'embrigadement et de matraquage le sourire sur les lèvres des enfants qu'ils entrainent dans leur sillage de mort. Je pense particulièrement à toi, Wafa, étudiante qui n'avait jamais assez de travail, qui avait soif de connaissances, qui voulait t'ouvrir à la culture française dont tu aimais passionnément la langue, les livres, les films. Je veux croire que c'est le désespoir qui t'a poussé au début de la deuxième Intifadah à te rendre la taille ceinte d'explosifs à un « check point » pour mourir et tuer un maximum de personnes et obéir à ceux qui détestaient ta soif de connaissance, ton amour de la littérature, les fanatiques ont ceci en commun avec les idéologues de tout poil, les petits bourgeois festivistes et les esclaves volontaires du tout-économique.

     

    Il y avait beaucoup de ces aveugles à Jérusalem, traversant la ville au pas de course les yeux comme chaussés d'oeillères, ne voyant que ce qu'ils voulaient voir, refusant le réel, des touristes-pélerins aux pélerins-touristes. La plupart ne supportait que l'endroit ne soit pas une sorte de crèche vivante figée dans leurs propres fantasmes, dans leur vision erronée du réel, une vision satisfaisant leur haine de l'autre, leur haine de tout ce qui aurait pu les en détacher, à commencer par la douceur de vivre.

     

    Les imbéciles ne percevaient jamais la sensualité étonnante des paysages de Judée, une sensualité lumineuse, ouverte au partage, les myriades d'enfants de Palestine courant dans les rues, riant, s'amusant de tout malgré leur misère pour la plupart. Ces gosses n'ont guère changé depuis la naissance du fils unique d'un homme âgé et de sa toute jeune femme dans la mangeoire d'un caravansérail surpeuplé de Bethléem. On imagine les vieilles dames discutant sans fin du bébé, de sa naissance, de la mère, du père, les bergers riant et partageant du vin de leurs outres, appuyés sur leurs bâtons et les vieux au regard de sagesse millénaire hochant la tête...

     

    Parmi les chrétiens, il en est qui oublient même que si le sauveur auquel il croit s'est incarné, ce n'est pas sans signification. Non, ils se rêvent en purs esprits, et oublient de se rappeler que leur foi devrait les pousser à l'altérité, à l'empathie de tous les instants envers celles et ceux qui en ont le plus besoin. Je me souviens de cet ecclésiastique parisien, grand, mince, très chic, intellectuel distingué, m'affirmant qu'il fallait absolument vivre ce que l'on vivait à Jérusalem d'un point de vue « spirituel » et non de ses sentiments, si l'on suit sa révolte jusqu'au bout, y compris en définitive la compassion et la révolte face aux situations constatées.

     

    Selon lui, on ne pouvait être « simplement humain »...

     

    Sous nos cieux progressistes et modernes, quand un individu voit un pauvre dormant dans la rue, souffrant de la faim, la plupart du temps il passe son chemin en feignant ne rien avoir vu, il n'y peut rien si ce pauvre est à la rue, il n'est pas responsable se justifiera-t-il. Au mieux, il appellera la police ou le « Samu social » et passera son chemin. Dans tous les quartiers de Jérusalem Est, où le salaire moyen est de 200 dollars, il y avait une maison d'accueil des miséreux, leur proposant un toit pour chaque nuit et à manger.

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    Le Christ, c'est l'Evangile qui en témoigne, s'est ému de la mort de son ami Lazare, du manque de vin et de la tristesse pouvant saisir les invités d'une noce, de la sottise des marchands du temple, leur avidité aussi. Il n'a pas considéré tout cela d'un œil seulement spirituel et dégagé de tout humanité, il a été « simplement humain ». De plus, il ne considérait pas les repas de fête, ou les festivités auxquels il participe souvent, comme des divertissements insupportablement hédonistes et matérialistes, mais comme des moments de convivialité et de partage d'une profonde humanité que ce soit à l'ombre du sycomore de Zachée à Jéricho, que l'on peut prétendument encore voir à la sortie de la ville en direction de la Jordanie, ou dans le Cénacle sur le mont Sion.

     

    Même si bien souvent, à défaut d'être réellement humain, l'homme est surtout un primate lamentable, rien ne vaut son humanité. Et même « si la vie ne vaut rien, rien ne vaut un être humain » ainsi que le disait Hélie de Saint-Marc dans ses « Mémoires de braise ».

     

    image du haut prise ici (photo de Muslim Harij)

     

     

    image du bas empruntée là (photo de Yael Hermann)

  • Indocile mais pas imbécile : mes bonnes résolutions

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    politique, société, hypocrisie, haine, christianisme, sottise

    Merci à Murielle-Lucie Clément pour le titre...

    Une chose qui me désarme toujours ami lecteur, c'est la haine à laquelle il m'arrive d'être personnellement confronté. Il en est qui arrive à ne pas s'en étonner, à ne pas s'en angoisser, à se dégager de tout cela, qui savent rester froids et calmes face à elle. Je ne comprends pas la haine, c'est une des rares choses impardonnables à mes yeux. La haine ne sait même pas le plus souvent pourquoi elle hait hormis la différence qu'elle croit percevoir chez l'autre, parfois une toute petite différence qui n'engage à rien, qu'il ne coûte rien de dépasser, mais ce tout petit caillou dans la chaussure est insupportable pour la personne qui hait.

     

    Moi j'espère toujours que la personne qui ne m'aime pas changera d'avis, jusqu'au moment où elle va trop loin et où alors pour moi, cela signifie qu'il n'y a plus de quartier possibles, plus d'indulgence :

     

    Qu'elle me reproche alors d'être réac ou râleur, caustique et un rien sarcastique, et je rajouterai quelques cymbales et grosses caisses avec une fanfare de cuivres pour paraître encore plus réac, encore plus râleur, encore plus caustique, encore plus sarcastique. Et je le ferai sans ostentation, le plus courtoisement possible, le plus élégamment, ce qui les mettra encore plus en fureur. 

     

    Il y a aussi celles et ceux qui haïssent sans reprocher d'autres à l'objet de leur haine que d'exister, d'incarner tout ce qu'ils détestent, et qu'il est moderne de détester : la littérature, la nation France, sa culture, le catholicisme, une certaine manière de voir le monde etc...

     

    Quand j'étais plus jeune, je pensais que la haine était de ma faute, que je l'avais provoqué, car ressentant de l'antipathie pour ma personne, je comprenais et acceptais que d'autres en fassent de même. Et puis j'ai acquis un peu de lucidité, la haine n'a pas besoin de raison, elle est c'est tout, elle devient irrépressible, elle rend « accro ».

     

    Il y a la haine directe, qui ne se cache pas, qui s'assume, à la rigueur je préfère car elle est guérissable parfois avec un peu de finesse et d'intelligence de part et d'autres, mais elle est bien rare.

     

    Et puis il y a celle qui est beaucoup répandue, cachée, fielleuse, mauvaise, malveillante, dénuée de toute compassion ou d'empathie. Curieusement, la haine que je rencontre le plus en ce moment provient de personnes qui se prétendent pourtant ouvertes aux autres, aux opinions différentes des leurs, qui se disent tolérants et libres d'esprit. Car ils ne supportent pas que l'on soit différents d'eux, que l'on ressente autrement qu'eux, que l'on vive en dehors des normes qui sont pour eux les seuls acceptables.

    politique, société, hypocrisie, haine, christianisme, sottise

    Bien entendu, c'est surtout qu'ils sont intolérants et fermés aux autres, des vrais petits commissaires politiques z-et culturels en herbe qui ne peuvent pas admettre que l'on s'exprime en dehors de leurs rails, que l'on sorte du rang, ce qui les emmerde prodigieusement. Ils expriment leur pseudo libéralisme d'idées juste pour donner d'eux une image flatteuse, l'image et leur apparence est d'ailleurs tout ce qui importe pour eux et leur adaptation au collectif, au groupe, au troupeau quoi, car bien que festivistes, infantilisés au dernier degré, dociles et soumis, ils restent des primates agressifs et violents qui rejettent de la tribu l'individu qui refusent la loi du nombre.

     

    Ils n'ont pas vraiment d'opinions de toutes façons, ne sont que dans les lieux communs les plus répandus, les plus mièvres...

     

    Donc...

     

     

    Ma seule et unique résolution de l'année, comme chaque année, c'est de ne jamais être docile à leurs diktats grégaires politiques z-et culturels, ne jamais être docile à l'instinct grégaire.

     

    Le très vilain geste de Platon vient d'ici

    à un doigt près ami lecteur c'est l'auteur de ce blog qui allait faire un très vilain geste