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  • Bonne Année mon Cul (ter)

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    Je sais, c'est mâââl, c'est pas positif, c'est grossier voire mais ça m'amuse...

     

    2014 sur le plan politique et économique ne peut pas être pire que 2013. Il peut être par contre encore pire...

     

    A la télévision, ce sera toujours aussi médiocre : des ragots de caniveau, des décérébrés téléréels et de l'infotainement spécialisé dans le "storytelling"....

     

    Le chômage va continuer à monter, les riches à s'enrichir, les pauvres à s'appauvrir, et la classe moyenne à finir d'agoniser...

     

    "Dieu merci, cet hiver, afin de m'épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j'ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de "Bonjour à tous", j'ai mis "Bonne année mon cul". C'est net, c'est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire."

     

    C'est dans la Première chronique de la haine ordinaire de Pierre Desproges du 3 février 1986.

    Pour ceux qui veulent absolument positiver j'ai cette chanson...

  • Voeux pieux

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    Un morceau -normalement- apaisant à destination des malfaisants, des malveillants, des envieux, des jaloux, des cyber-flics, des concierges, des commères, des boutures de commissaires politiques et autres cloportes dans une vaine tentative, j'en ai bien conscience, de les inciter à cesser d'emmerder le monde et en particulier ton serviteur, ami lecteur., de se nettoyer la tête de  tout ce qui l'encombre..

     

    Qui sait ? Cela fonctionnera peut-être...


    En attendant, je vais lire un bouquin sur le "transat" qui m'attend sur la plage et bientôt j'irai plonger dans les vagues au loin et nager vers le Sud...

     

    "Europa" de Santana par Gato Barbieri...

  • Le « 1984 » de Phil Dick

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    à propos de « Le profanateur » de Philip K. Dick chez « J'ai Lu »

    littérature, SF, société, politique, K. DickDans ce livre, Philip K. Dick décrit une des dystopies dont il a le secret, les sots n'y verront qu'une anticipation qui serait maintenant une uchronie, les lecteurs avisés comprendront que comme d'habitude, l'auteur d'« Ubik » parle en fait de notre société et de ce qu'il avait entrevu de notre présent. Comme d'habitude chez Dick, on ne sait pas comment fonctionnent ses « mobilos » qui transportent les personnages, on ne sait pas à quoi cela ressemble, on ne sait pas ce qu'est exactement un « conapt » et les robots nécessitent encore des bandes magnétiques comme les ordinateurs de « Vermilion Sands » chez Ballard, mais ce n'est pas le plus important.

     

    En 1987 a eu lieu sur terre une guerre nucléaire atroce qui a détruit quasiment toute l'humanité, celle-ci s'est reconstruite grâce à un certain Major Streiter et son idée d'un « Réarmement Moral » ou « Rémor » devenu le nombril, l '« omphalos » de la nouvelle société, représenté par un monument, une « spire », au milieu de Newer York, la capitale de ce monde, spire qui s'agrémente d'une statue du fameux « major ». Le rêve de chaque personne dans cette société est d'obtenir par leur comportement « exemplaire » un bail, un logement, le plus proche possible de ces deux édifices quitte pour cela à dénoncer leur voisin « pour son bien » encore.

     

    Cette nouvelle humanité a colonisé l'espace, répandant partout cette société virtuellement idéale, mais morne, grise et qui renie l'humanité dans ce qu'elle a de plus précieux.

     

    Le « Rémor » se caractérise par une transparence délirante, les individus sont tenus de livrer tout de leur vie personnelle aux autorités et à la communauté, sous le prétexte habituel qu'ils ne doivent pas avoir peur d'être surveillés s'ils n'ont rien à se reprocher, n'est-ce pas ? Les personnes dans ce roman de Dick le font d'ailleurs sans aucune question ni états d'âme, pour eux cela va de soi.

     

    C'est une société hyper-politiquemment correcte où le moindre propos qui risquerait de blesser quelqu'un, fût-ce de manière anodine est immédiatement sanctionné. Les réfractaires, ou « neupses », sont envoyés dans des prisons mentales sur Sirius, planète lointaine, où ils sont soignés, « pour leur bien » toujours, par des psychanalystes assermentés.

     

    Des petits robots, des « juvéniles » épient chaque personne avec son consentement. L'individu n'est considéré que s'il a une utilité pour la société, la littérature comme dans tout régime totalitaire est perçue comme inutile voire comme de la pornographie, une occupation de dangereux oisifs hédonistes. Rappelons que dans notre société nul besoin de « juvéniles », Internet et l'usage intensif des « smartfônes » font aussi bien l'affaire.

     

    Faire usage de son libre arbitre et d'un esprit critique, d'indépendance d'esprit, sont des fautes morales graves contre la communauté, contre le groupe, toutes choses qui entrainent la suspicion d'associabilé, de réaction et j'en passe.

     

    L'histoire commence en 2114 et suit Allen Purcell, jeune cadre ayant réussi dans cette société du « Rémor », auteur de nombreuses émissions de télévision, de divertissement et d'informations le propageant, mentant en toute quiétude aux masses, spécialiste du « storytelling » sur commande (comme nombre de journalistes et « pubards » de notre monde). Alors qu'il est tout proche de voir sa carrière consacrée par un bail accordé tout près de la Spire et un travail dans une agence de propagande officielle, il commet un acte libre, et amusant, qui fait vaciller la société du « Rémor » sur ses bases. Lui-même ne sait pas pourquoi il a fait cela, ne le comprend pas, ne sachant pas ce qu'est la liberté.

     

     

    Grâce à la « fille aux cheveux noirs » que l'on trouve dans tous les romans de Philip K. Dick, il finira par comprendre, tournant une dernière fois en ridicule le Rémor, et alors qu'il a la possibilité de s'enfuir, restera sur terre pour affronter le pouvoir, et – peut-être- en finir avec lui...

     

    Couverture prise sur le site de decitre.fr

  • Les nouveaux rustres

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    politique, société, maupassant, littérature, péquenots, rustresIl existe à gauche comme à droite des nostalgiques de « lothentique » (TM° Marcel Pagnol dans « Manon des sources »), d'une ruralité rêvée et idéalisée d'un monde qui aurait été plus vrai, plus écologique, plus sain et plus moral, cela va des « rurbains » pendulaires en pavillon « Monopoly » (TM°) à certains réacs en pantalons de flanelle et veste en « touide », tous évoquent une paysannerie fantasmée dont ils n'ont jamais fait partie comme idéal social comme si « la Terre qui meurt », le pensum sentencieux et didactique de René Bazin (on peut lui préférer dans les écrivains réputés « infréquentables » Drieu ou Chardonne qui sont moins désuets), ou « la Terre qui ne ment pas » d'Emmanuel Berl étaient de leurs livres de chevet.

     

    Je m'étonne souvent d'entendre des bonnes gens s'affirmant progressistes de progrès ayant finalement le même point de vue sur le monde actuel que les soutiens du Maréchal Pétain pendant Vichy.

     

    Ces pleureuses et pleureurs ridicules représentent un marché juteux pour les marchands de souvenirs en vacances car il suffit de coller l'étiquette « vrai » ou « fabriqué à la maison », ou « bio » sur n'importe quelle merd...camelote pour la leur faire acheter trois fois plus cher qu'en ville. Le touriste « bio », le « rurbain » con-cerné par le développement durable, le bobo rural somme toute, est une mine d'or pour les ambitieux à la campagne, une manière de faire son beurre plus efficace que rester agriculteur ou éleveur.

     

    Qu'ils relisent donc Maupassant ces pleureuses et pleureurs qui montre dans ses contes que la vie rurale était loin d'être idyllique, qu'elle était même marquée au coin par la sottise et l'avidité autant que dans la ville « corruptrice », la ville la plus « corruptrice » étant encore Paris qui révulse et fascine à la fois les nouveaux rustres. Ami lecteur, j'ai parlé de Maupassant, mais si enlève les « smartfônes » des mains des nouveaux rustres, qu'on les habille en vareuses, blouses, ou tabliers, l'esprit est le même et rien n'a beaucoup changé malgré tous les gadgets électroniques censés ouvrir au monde.

     

    Une chose assez curieuse que j'ai souvent remarqué : des gosses des campagnes qui vont sur Internet où ils ont accès à des paysages du monde entier regardent toujours, ou presque toujours, des photos ou diaporamas de leur bled, de leur village, ne voient pas pourquoi ils iraient regarder ailleurs, comme si il n'y avait plus d'ailleurs puisqu'ils vivent dans un présent perpétuel tout en restant aussi étroits d'esprit, aussi bornés que les caricatures que l'on faisait des paysans auparavant.

     

    Ce sont encore des personnages des « contes de la Bécasse » à qui l'on a à faire, des rustres donc aussi grossiers que dans « Noce normande », voire beaucoup plus, car ils ont certes perdu entre-temps quelque chose que leurs ancêtres possédaient réellement quant à eux et qui était le sens de la communauté, de la nation et quelques valeurs communes un peu plus élevées que la recherche narcissique, la plus égoïste de la satisfaction immédiate de ses désirs les plus vils, les plus abjects. Ils ont gardé le pire de la ruralité :

     

    Le népotisme, le copinage, les ragots putrides, les commérages les plus bas, le respect exclusif de l'argent et du statut social, l'ostracisation des personnes hors-norme, les rancunes tenaces. On parle beaucoup de « téléphone arabe » pour évoquer ces rumeurs galopantes qui tiennent du « bouche à oreilles » foudroyant, l'on devrait plutôt dire « téléphone rural ».

     

     

    La cerise sur le gâteau dont je couronnerai bien ces nouveaux rustres est qu'en plus ceux-ci méprisent cordialement la ruralité, la paysannerie et tous les métiers liés à la terre, et qu'ils sont tous plus complexés les uns que les autres quant à leurs origines rurales qui pour eux sont innommables. Ils se rêvent en « meussieurs », en « dames », en « stars » même pour des prunes comme celles de la « téléréalité », et ce sont eux qui alors fantasment sur une urbanité qui n'a jamais existée, sur l'Amérique aussi, une Amérique qui n'a jamais été réelle ailleurs que dans les feuilletons à l'eau de rose, en bons larbins qu'ils sont.

    image prise ici

    Ci-dessous le début de "l'enfant" de Claude Santelli d'après Maupassant, une des meilleures adaptations de l'écrivain

  • Savoir-vivre : que faire des célibataires au Réveillon du Jour de l'An ?

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    Aujourd'hui ami lecteur, je te propose de t'entretenir de savoir-vivre, de faire ma Nadine de Rothschild et de poser les questions qui comptent. Doit-on inviter le célibataire au Réveillon du 31 décembre ?

     

    default-anti-cupidon-big.jpgGrave question, si le célibataire est une « célibattante » teeeellement dynamique dans sa vie professionnelle, on la suspectera d'être aussi une prédatrice sexuelle « mangeuse d'hommes », ce qui n'est pas forcément pour déplaire aux invités mâles présents qui raconteront tous combien ils sont originaux, pleins d'entrain, et teeeellement dynamiques eux aussi malgré les mensualités de leur prêt immobilier, leur bedaine naissante, leurs gosses réclamant qui le dernier « smarfône », cadeau « phare » de l'année, qui la tablette électronique à la mode...

     

    La « célibattante » ou le « célibattant » de ce genre aura toujours du succès, ce qui peut même engendrer un adultère ou deux en milieu bourgeois et quelques coïts furtifs en « 4X4 », par exemple, en milieu résidentiel, à la manière d'un Sautet réactualisé à la sauce « bobo ». Ils possèderont alors une réputation flatteuse de liberté morale z-et sexuelle et aussi des heures de vol. Mais tenir ce rang nouvellement acquis nécessitera de leur part un entretien continuel voire les miracles de la chirurgie ou de la pharmacopée modernes ( Ô collagène ! Ô pillules bleues « magiques » !) .

     

    Le célibataire ressort de divers typologies en soirées (voir fig 1 par là et fig 2 par là aussi) ; il y a le célibataire joyeux drille teeeellement drôle et pétulant, parfois il existe dans une variante maniérée tellement sympathique, il y a la célibataire également drôle et pétulante ; généralement une fille un peu trop ronde ou moche mais teeeellement dynamique. Qu'ils soient tellement drôles et pétulants ne changeront rien, ils seront toujours seuls en fin de soirée ce dont la plupart des autres invités se ficheront complètement.

     

    Il ne faut pas que ces célibataires soient trop en demande affective, c'est un fardeau difficile à porter pour leurs amis en couple, il faut bien qu'ils le comprennent, ils ont des soucis autrement plus importants et plus lourds que le célibat. On attend du célibataire qu'il se plaigne de sa solitude avec un professionnel de santé, éventuellement une professionnelle du trottoir dans les cas extrêmes de misère sexuelle ou dans sa chambre qu'il aura au prélable insonorisée bien sûr, à moins bien sûr de devoir faire appel à la fameuse veuve poignet, chef de famille monoparentale de cinq filles.

     

    Le célibataire intervient aussi parfois dans sa variante « alibi déculpabilisateur » un peu comme les SDF dont on se souvient en début d'hiver, on l'écoute raconter ses malheurs et déboires sentimentaux ou autres, on pleurniche un peu avec lui, comme alors on se sent mieux et moins coupable, on appréciera mieux la fête. Pour ce genre de célibataire la soirée ne sera pas des plus drôles et il finira par lasser dans ses lamentations continuelles sans même avoir besoin de mur pour les y déverser, étonnant, non ?

     

    N'oublions pas la catégorie qui a du succès en soirée, le ou la célibataire qui a du pognon et donc beaucoup de paras...d'amis autour d'elle, de de lui. Le domicile de ce genre de célibataire a l'avantage d'être souvent grand, de ne pas nécessiter de ranger les jouets des gosses, et le ou la célibataire friqué/e a une femme de ménage qui vient au moins une fois par semaine, il a les moyens. En flattant son ego, on peut lui faire organiser les soirées que l'on ne peut organiser chez soi, à notre place, ce qui coûtera beaucoup moins cher qu'un traiteur ou un décorateur on en convient.

     

    On conseille ici de flatter l'ego d'un célibataire friqué dans sa version hormosesuelle car il est plus réputé pour son fameux goût culinaire ou son sens réputé de la déco comme tous les péd...les garçons teeeellement sensibles, délicats, pétulants et dynamiques. Bien entendu, si il se retrouve à un moment au chômage et avec beaucoup moins de pognon, il n'aura plus aucun intérêt pour ses amis en couple.

     

     

    Curieusement, et alors qu'il y en a de plus en plus dans notre société, le statut de célibataire est de plus en plus honteux pour ceux qui le subissent et les autres. Il convient donc que le célibataire ait conscience de la honte qu'il inspire et qu'il en garde une attitude modeste, comme il convient, proposant en échange d'une invitation au Réveillon de garder les gosses ou du moins de servir à table, c'est bien le moins qu'il, elle puisse faire ! Il a de la chance le célibataire, il peut vivre à poil chez lui s'il veut, manger des chips comme un porc devant la télé s'il veut, et ne jamais faire attention à la lunette des vécés, le célibataire ne connait pas son bonheur !

     

    image prise ici

     

    une petite musique d'accompagnement de la note ci-dessous

  • Bethléem de Judée et de Palestine – Fragments d'un journal en Palestine 20

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    Alors que nous étions devant la Basilique de la Nativité à Bethléem avec un ami qui se prétend agnostique voire athée mais que je « soupçonne » de croire dans l'intimité de son cœur, celui-ci saisi par la douceur du climat, la puissance de la mémoire du lieu, la sensualité de l'atmosphère, presque charnelle, son humanité, m'a dit la voix vibrante d'émotion « qu'il s'était certainement passé quelque chose d'important pour le monde ici », dans ce tout petit village alors que résonnait juste après les cloches de la paroisse grecque catholique la plainte nostalgique du « muezzin »...

     

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    J'ai laissé une partie de mon cœur, de mon âme, de ma chair à Jérusalem, où j'ai vécu deux ans, en Terre dite Sainte où l'attitude des croyants des trois grandes religions monothéistes est quotidiennement un scandale, à moins que ce ne soit justement dans cette humanité, j'insiste, certes turbulente exprimée souvent par les peuples vivant là-bas par un accueil que je n'ai jamais retrouvé en France ; on est beaucoup plus suspicieux et méfiant en France, on a perdu l'habitude de l'empathie ou de l'altérité toute simple, on ne sait plus trop comment faire perdant le plus clair du temps à consommer.

     

    Ces peuples de Terre dite Sainte incarnent au sens propre, de manière tangible un des aspects les plus importants de la foi chrétienne, l'Incarnation justement, ce que les chrétiens ont tendance à ne pas voir, les chrétiens d'Occident en particulier qui voient plus leur foi comme une hygiène mentale qui s'arrête au parvis des églises, un « coaching » sympathique qui permet parfois de se défouler dans de grands rassemblements sur-affectifs, mais ils croient à peine en 2013, vivant pour beaucoup dans la terreur de sortir du lot commun, d'avoir une image négative auprès des arbitres des élégances politiques et amorales.

     

    Comme je conchie (c'est pour toi Anne D.) tous ces chrétiens se proclamant spirituels, mystiques « laveurs de vitres », en communication directe avec Dieu à les entendre, qui affirment sans rire qu'à Noël il ne faut pas trop faire la fête, pas forcément manger mieux que d'habitude, encore moins boire, qu'il ne faudrait pas s'offrir de cadeaux car cela est à leurs yeux matérialiste et, je cite, « pervers » ! Ils oublient que les personnes seules, les pauvres, les malheureux c'est justerment ce genre de moment de partage et d'échange matérialistes qu'ils attendent d'eux, et non de belles paroles qui permettent de rentrer ensuite vers son confort l'esprit déculpabilisé afin d'en profiter au mieux.

     

    Si tu réfléchis bien ami lecteur, un être humain sans passions, sans idéaux, sans foi pour le guider, donc prenant le risque de la violence et de l'affrontement, serait paradoxalement un crétin parfait, docile et corvéable à merci. Cela ne signifie pas pour autant que je ne souhaite pas plus de paix, de justice et d'équité, mais dans le respect de cette humanité et non en la niant ou en la rejetant ou nom d'une technocratie ou d'une théocratie qui sont les deux faces de la même médaille.

     

    Et les deux Noëls que j'ai passé sur cette terre du Proche Orient, je les ai vécus à Bethléem qui est encore maintenant un bled méprisé, un patelin de banlieue à huit kilomètres de Jérusalem (j'y allais parfois à pieds). Je n'étais pas très chaud au départ pour la messe de Minuit à la Basilique de la Nativité, vois-tu ami lecteur on ne le dirait pas mais je suis un bien piètre paroissien, les célébrations qui s'éternisent, qui durent des plombes pour qu'à la sortie on quitte son voisin de chaise sans même qu'il pense à vous serrer la main, cela m'a toujours profondément agacé.

     

    De plus, j'appris avec horreur que pour y assister, il faut attendre trois ou quatre heures enfermés dans l'enclos de l'église de la Nativité pour espérer avoir une place à l'intérieur ; inutile d'espérer être assis, les places assises étant pour les « huiles » (d'olive en Palestine bien entendu), dont le Consul de France toujours au premier rang à côté du représentant des palestiniens, en 98 et 99, Yasser Arafat. Comme nous étions juste derrière lui la deuxième année, cela nous a valu de passer en direct sur CNN pendant la retransmission de la messe durant quatre heures et donc a certainement augmenté la durée de notre interrogatoire à l'aéroport « Ben Gurion » à notre départ d'Israël.

     

    Les deux fois, j'ai passé l'après-midi avec Marc, aimable géant débonnaire de deux ou trois têtes de plus que moi, un ogre aimable qui se donnait des airs féroces pour tromper l'ennemi sans tromper jamais personne. Avec lui, le petit Poucet ne craignait rien, Marc aurait eu toutes les attentions délicates dont il est capable pour lui faire plaisir, et je ne suis même pas certain que le sale gosse lui en aurait été reconnaissant. Nous déambulions parmi les échoppes provisoires sur la place de la Crèche, « Manger Square », en nous moquant des touristes-pèlerins se faisant arnaquer par les marchands locaux, avec toute la politesse sucrée dont les orientaux sont capables, pour des babioles soit-disant « artisanales » fabriquées à la chaîne à Beit Jalla, juste derrière la place « de la Crèche ».

     

    Le pape actuel et les prêtres au moment de Noël, les fidèles préparant les textes en France, évoquent beaucoup la joie de cette fête chrétienne, celle du moins que devrait partager les croyants avec leurs semblables, leurs frères. Mais que cela semble difficile à mettre en œuvre, que cela semble titanesque, un travail de Sisyphe. Pendant la célébration que nous suivions debout, dans la cohue des photographes et des caméras de télévision, nous la ressentions, nous la vivions réellement, nul besoin de grand discours, là-bas elle allait de soi pour des chrétiens pourtant entre le marteau de l'armée israélienne et l'enclume du « Hamas ».

     

    Faudra-t-il que les chrétiens occidentaux vivent la même situation pour enfin comprendre ?

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    La première fois, la toute petite femme de Marc, à la voix toute douce, toute gentille, mais beaucoup plus autoritaire que lui, nous entraîna à une deuxième célébration au « Champ des bergers », nous nous perdîmes en route, ce fut une « Jeep » bleue de la police palestinienne qui nous y emmena, puis à une troisième à la crypte de Saint Jérôme, à l'emplacement historiquement exact de la crèche. Je rentrai au petit matin à pied à Jérusalem, ce qui me permis ainsi qu'à Eric, mon complice parti plus tôt en catimini de la troisième célébration, de voir avec bonheur le soleil se lever tout doucement au dessus du « Haram es sherif » et du « Kotel », juste à la lisière du « Mont des Oliviers ».

     

     

    C'est aussi pour cela que chaque fois que je regarde une image de cette terre, un film, que j'entend parler arabe ou hébreu, j'ai le cœur qui bat un peu plus vite, c'est alors qu'au moins en esprit, j'y suis de retour. J'ai trouvé en cette région du monde pourtant toute petite ma terre sainte, sainte parce que l'on y voit plus qu'ailleurs la beauté de l'être humain et que l'on y goûte un peu plus qu'ailleurs, car face à la haine imbécile, d'où qu'elle vienne, c'est indispensable, la beauté de la Nature.

     

    A celles et ceux qui ont vécu également tout cela, je promets qu'un soir ou l'autre, nous trouverons bien du temps pour nous retrouver à Saint Louis, Sainte Anne ou à l'orée de Ramallah...

     

    image du haut, "Manger Square" le soir du 24 prise ici , sur le site de radio canada

    image du bas, le même endroit un peu plus tard, ou plus tôt, empruntée au site de RFI

  • Y-a-t-il des handicapés du cœur sur Facebook (TM°) ?

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     Tous les vendredis, en descendant de la gare de ma bonne ville d'Évreux, je passe devant un foyer de personnes handicapées, et à chaque fois, je dis bonjour à E. un jeune homme 2012112350aed4f398906-0-478959.jpgmince et un peu dégingandé souriant de toutes ses dents, des lunettes épaisses sur le nez, vraisemblablement débile léger, qui se mettant à sa fenêtre dit bonjour à tous les passants qui passent devant lui en faisant de grands signes des bras, des moulinets très larges pour attirer l'attention.

     

    Je lui demande des nouvelles, ce qu'il a fait la semaine. Je suis un de ses « habitués ». Il m'a dit qu'il n'avait pas le droit de sortir, car il se ferait du mal et qu'il est un peu triste et que c'est pour ça qu'il a envie de parler avec les gens dans la rue.

     

    Il fait comme sur Facebook (TM°) pour se faire des amis, mais dans la « vie réelle », je ne suis pas certain d'ailleurs qu'il connaisse le réseau social, il « poke » et dit bonjour à tout le monde mais se heurte quand même souvent à des murs réels ceux-là et non virtuels. Il faut dire aussi à la décharge des passants qu'il n'a pas le physique ou l'attitude modeste d'un handicapé « comme il faut », tels qu'on en voit dans les médias au moment du « Télécon » (TM°) ou autres manifestations lacrymales de festivisme pseudo-caritatif à alibi que l'on nous ressert avec des gros sabots, voire des semelles orthopédiques.

     

    D'aucuns parmi les passants sont des personnes importantes, merde quoi !, des gens affairés, qui sont dans des conversations de haute volée sur leur « smartfône » ou bien plongés dans de profondes méditations spirituelles de retour d'un grand magasin ou d'une officine spécialisée en téléphones dits portables « dernier cri ». Ils ont déjà des centaines d'amis sur « Facebook » et tous les jours ils ont des dizaines de SMS à envoyer à leur réseau via leurs substituts masturbatoires que sont leurs téléphones...

     

    Ceux-là qui ne sont rien d'autres que des croquants et des croquantes se sentent toujours agressés par les tonitruants « salut » de E., ils réagissent souvent avec l'absence de finesse et d'élégance caractérisant ce genre d'individus dont le vernis craque vite. Sous le personnage mis en valeur virtuellement et dans la vie, sous le « louque » ostentatoire apparaît bien vite apparaît bien vite le connard bien ordinaire :

     

    « Qu'est-ce qu'il veut ce débile ? » ou « Je le connais même pas ce taré ! ».

     

    Un soir, l'un d'eux, un "jeune" "issu de la diversité" se croyant encore plus malin et voulant récupérer devant ses copains son prestige terni par les interpellations de E. lui lança :

     

    "Qu'est-ce que tu veux taré ? Descend me voir si t'es un homme ?!"

     

    E. a alors fermé sa fenêtre et son sourire,  a éteint la lumière de sa chambre ce qui a paru satisfaire la bouture de milicien qui s'est retourné triomphalement vers ses copains, les "checkant" (c'est du langage "djeuns" ami lecteur, une sorte d'accolade). Les mêmes dans d'autres circonstances seront les premiers à dénoncer l'ostracisation qu'ils subiraient, mais il n'y a bien que celle-là, au moins pour ces "jeunes", qui les intéressent...

     

    Certains parmi les plus abjects le prennent en photo sur leur « ailfône » afin de le mettre sur leur « statut » Facebook (TM°) ensuite. A coup sûr, cela fera rire -grassement- leurs « friends » qui « likeront » l'image auant qu'ils peuvent. E. s'en fout d'être pris en photo, ils ne voient pas le mal, ne distinguent pas les attentions malveillantes des croquants et des croquantes qui se moquent de lui. Les mêmes au moment du « Télécon » (TM°) pleurnichent et participent aux « actions », également parfois par envie de passer à la téloche car ces « bonnes actions » sont bien entendu filmées afin de laisser croire aux croquants et croquantes qu'ils sont des personnes intéressantes.

     

    photo, résidents du foyer François Morel (photo du 23/11/2012 sur Paris Normandie)

  • Les chansons de cinéma dont je ne dirai pas pourquoi je les aime

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    Il y a des chansons dont moi seul sait pourquoi je les aime, et une ou deux personnes de plus.

    La première c'est "la Seine" de "M" et Vanessa Paradis.

    Pourquoi en parler sur un blog devant tous les passants alors me dira-t-on ?

    Parce que. Voilà.

    Le cinéma c'est comme les livres, un truc existentiel que l'on ne peut quantifier, cela notre société ne peut pas comprendre...

  • Libération des femmes et mini-jupes

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    Ami lecteur, je précise que je n'ai rien contre les mini-jupes, au contraire, c'est une initiative civique de développement durable puisque incitant à consommer moins de tissu., l'article  parle d'autre chose tu l'auras compris.. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce vêtement...


    Dans le bus en face de moi, une jeune fille debout fait tomber son billet par terre par inadvertance. Elle ne sait pas trop comment faire pour le ramasser, c'est délicat, elle regarde autour d'elle en rougissant, elle est vêtue d'une mini-jupe très mini et de bas résille « fantaisie » émoustillant, elle vient de réaliser et se demande visiblement intérieurement ce qu'il lui a pris de s'habiller comme ça ce matin, et il faut qu'elle s'agenouille pour opérer.

     

    Elle s'accroupit progressivement et le plus lentement possible en tirant inutilement sur sa jupe devant ce qui a pour effet de la raccourcir un peu plus derrière. Ce n'est pas sa faute pense-t-elle, elle est obligée de s'habiller comme ça, pour "être comme les autres", ressembler à une "star" du porno montée en graine, "comme les autres", et les "vedettes" du genre ayant réussi leur reconversion en animation d'"entertainement" décérébrée. Je ramasse alors le billet rapidement à sa place et le lui donne, ce qui la fait rougir jusqu'aux oreilles. Elle bredouille un remerciement, piquant de nouveau un fard, et rajuste nerveusement sa tenue, le regard un peu perdu, qui est celui de la plupart des jeunes filles aujourd'hui, notons le, et qui comme la société libérale-libertaire actuelle, sont perdues dans le spectacle permanent et navrant destiné à consoler le citoyen consommateur de la vacuité des valeurs.

     

    Pour se donner une contenance, elle sort son « smartefône », bien sûr de la marque qu'il convient, et le tripote jusqu'à la station comme toutes les filles de la génération qui est la sienne. Elle regarde ailleurs, évitant soigneusement de croiser les yeux des personnes qui l'entourent, en particulier les miens. Elle regarde à plusieurs reprises son écran, sourit, lève les yeux au ciel ou soupire montrant ses réactions de manière un rien exagérée pour bien souligner, espère-t-elle, son appartenance à un réseau d'amis qui comme elle sont systématiquement reliés par la technique moderne (c'est bô) et qui possèdent tous le même genre de simulacre de tétine électronique permettant d'éviter de rencontrer véritablement l'autre et donc par là même de mûrir un peu...

     

    A la station où elle descend, elle retrouve un garçon qui porte l'« uniforme » qui convient : mèche « choucroutée », « djinn » très moulant, « Tennis » avec la bonne signature. Il étreint la jeune fille de manière très marquée ainsi qu'il l'a vu faire dans les émissions dites de « téléréalité » ou de divertissement qu'il regarde, spectacles donnant le « la » de la sensiblerie sur-affective dont il faut absolument faire preuve afin transformer la moindre « anodinerie » que l'on fait ou que l'on prononce une « aventure ».

     

    L'« anodinerie » grâce aux mânes du progrès progressiste peut être très vite mondialisée, monter à 36000 kilomètres d'altitude, jaillir jusque la stratosphère, et redescendre sans effort à destination du monde entier laissant croire au pékin lambda que la possibilité d'universaliser sa sottise le rend plus intelligent et surtout plus remarquable au sein du troupeau, et le consoler de son isolement du fait de la destruction méthodique et systématique de ce qui le reliait encore un peu aux autres il y a quelques années : la famille, le quartier, l'idée de morale commune etc...

     

    Toutes choses conchiées et rejetées par les élites « kipensent », souvent autant « d'idiots utiles » du « tout économique » qui exerce le vrai pouvoir, dans les « poubelles de l'histoire » pour « réaction » et nostalgie inavouée des fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

     

    Toutes choses qui sont à l'origine du regard perdu, paumé, de ces jeunes filles.

     

    Il la tripote un peu partout avec la douceur et la grâce d'un pithécanthrope sou acides en la regardant avec ce qu'il pense être un air de tension sexuelle tellement séduisant, comme dans une pub pour déodorants bon marché « pour hommes », et elle prend une pose extatique rejetant la tête en arrière (pour dix secondes après « l'extase » rajuster de nouveau inutilement sa mini-jupe alors que son copain cherche un truc dans son sac et qu'il a la tête ailleurs).

     

    Et moi je détourne le regard presque malgré moi et c'est mon tour de me sentir un peu perdu dans ce monde aussi faux, aussi dur, aussi triste...


    Je ne suis pas vraiment toujours fan de Groland mais la vidéo à ce lien dit beaucoup de choses...


    image prise ici

  • L'euthanazie (y'a pas de fautes) vite fait bien fait

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    euthanasie-2.jpgAmi lecteur, si tu t'en souviens, cette proposition de loi sur l'euthanasie, terme plus clair et moins hypocrite que les termes de novlangue « suicide assisté » et « aide à la fin de vie » et autres stupidités, sur ce blog, au moment des « manifs pour tous » j'avais écrit comme d'autres, trop rares à mon goût, que cela faisait partie d'une remise en question fondamentale globale de tout ce qui fondait notre société, pour promouvoir un darwinisme social généralisé et un eugénisme très clair, le même que celui rêvé, plutôt cauchemardé, et parfois mis en place partiellement ou totalement par la plupart des régimes totalitaire du XXème siècle.

     

    L'être humain y est chosifié, d'ailleurs il peut vendre, donner ou louer tout ou partie de son corps et il est fortement suggéré qu'il soit même carrément détruit quand il ne présente plus d'« utilité » sociale au regard du système économique ou qu'il soit une charge trop importante empêchant sa progéniture de continuer à consommer sans se poser de questions existentielles, surtout pas sur l'atrocité qu'il y a à décréter qu'une personne âgée devenant un poids mort pour sa famille il convient de la supprimer. On se demande d'ailleurs toujours pourquoi l'eugénisme et le darwinisme social sont conspués quand il s'agit des nazis et donc acceptables quand il émane de nos sociétés libérales-libertaires ; à l'imbécile m'attribuant éventuellement un point godwin là dessus je réponds d'ores et déjà que je m'en tape.

     

    Et nous y sommes donc...

     

    A partir de quelques cas pas forcément exemplaires, médiatisés et montés en sauce, depuis quelques jours les médias et les politiques promeuvent à la suite des résultats de la conférence des citoyens. Comme à chaque « discussion » sur ce genre de loi sociétale, on ne reste que dans l'affectif et le pleurnichard, pensent forcer le citoyen consommateur à ne surtout pas réfléchir à ce qui arrive, ainsi cette députée écologiste évoquant le « suicide assisté » de sa mère. Ce n'est pas du tout par hasard si elle se confie maintenant, on le sait bien, tout cela comme d'habitude fait partie d'une politique concertée de communication afin d'empêcher tout débat raisonné.

     

    Notre société aime bien pleurnicher, elle pleurniche sur beaucoup de choses selon les codes d'une sensiblerie complètement frelatée que l'on observe à l'oeuvre dans les médias mais pas seulement depuis quelques dizaines d'années, elle a pleurniché sur Chantal Sébire et Vincent Humbert. Elle pleurniche rarement sur ces personnes handicapées comme ce jeune homme dans un foyer d'handicapés d'Evreux qui dit "bonjour" aux passants à cause de sa solitude, qui a soif de contacts et d'empathie dans une société d'égoïstes...


    La moindre « anodinerie » devient le prétexte à des larmes versées par seaux, à des épanchements exagérés et sur-affectifs, à des cris et hurlements de joie ou de tristesse témoignant surtout du décervelage intensif de ce monde. Il est logique que la mort fasse peur, qu'elle gêne le spectacle continuel de l'hyper-consumérisme car elle force à prendre conscience des fins dernières, du sens de l'existence toutes choses que l'individu moderne refuse de voir et d'appréhender. 


    Notre société au fond a le "cœur sec et les tripes molles" ainsi que l'écrivait Bernanos. Elle se fiche bien des souffrances des personnes âgées, des vieux, des malades, des faibles qui seront les premiers à être euthanasiés s'ils n'ont pas les moyens de se payer des soins qui sont de plus en plus chers et de moins en moins remboursés. C'est un peu comme les "mères porteuses" en prévision de la PMA, ce ne seront pas des femmes riches qui y seront contraintes...


    Notons enfin qu'au seuil de la mort, tous les personnels de Santé le disent, ce sont les partisans les plus acharnés de l'euthanasie qui sont les plus attachés à continuer de vivre...


    Image empruntée au dessinateur EG sur ce site

  • les lettres de Menahem le "songe creux"

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    515JMQRwWpL._.jpgLes éditions Liana Levi ont l'excellente idée de rééditer dans la collection « Piccolo » le recueil des chroniques de Menahem Mendl, habitant d'un « shtel » d'Europe de l'Est proche de Kiev qu'il appelle « Yeoupetz » ayant eu l'idée bizarre aux yeux de ces semblables d'émigrer en Amérique pour devenir grand spécialiste de la bourse considérant que comme il est déjà doué pour négocier sur le marché, il y arrivera tout aussi bien à Wall Street. Mais au moins évitera-t-il de prendre le risque de se faire massacrer dans un pogrom ou un autre...

    Il évoque la difficulté de célébrer les fêtes traditionnelles dans un peuple pour lui « impie », dont « Pessah » ou « Sukkot », et les divertissements des peuples étranges qu'il découvre autour de lui dont le théâtre de Broadway, et ses « girls » tentatrices, ou les cabarets sur la « grande voie blanche ». La préface parle de Mark Twain mais l'auteur de ce recueil épistolaire rejoint également Groucho Marx et Woody Allen dans la grande tradition de l'humour juif new yorkais, un humour de sales gosses qui aiment tourner en dérision les ridicules et les vanités.

    C'est toujours un peu le principe de l'indien ou du huron découvrant le monde occidental et ses coutumes si étranges, ici un juif « hassidim », qu'il décrit à sa femme et ses amis en leur écrivant chaque semaine une lettre en « yiddish », ici il faut signaler le talent de la traductrice qui fait un travail d'adaptation remarquable, Nadia Déhan-Rothschild même s'il reste des termes intraduisibles, le yiddish étant comme tous les « pidjins » de minorités d'abord conçu pour embrouiller les représentants de l'autorité qui auraient la mauvaise idée de contrôler les papiers de l'émigré clandestin qu'est Menahem qui ressemble par bien des traits au personnage du vagabond de Chaplin. 

    Menahem se fait enguirlander par sa femme du fait des « mauvaises » rencontres qu'il pourrait faire et qui pourrait le détourner de la « vraie » foi juive, dont les nombreux rites « koscher » dont certains n'existent, il le reconnaît lui-même que pour enrichir les rabbins. Lui-même s'extasie devant les « merveilles » qu'il découvre, dont les sandwiches vendus dans la rue, et peste contre tous les problèmes liés au fait d'être d'une communauté méprisée par les « W.A.S.P ». Il rencontre d'autres émigrés pauvres, d'autres origines que la sienne, parfois de ces anciens « ennemis héréditaires » comme des turcs qui subissent les mêmes souffrances que lui à New York et avec lesquels il est bien obligé de rechercher une fraternité, celle des miséreux.

  • La photo d'une célibattante et ce qui s'ensuit

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    ou "Le fantôme des amours passées"

     

    p101-%282012-03-16%29.jpgLe petit jeu continue donc, ma princesse au petit pois me laisse une photo en pâture et moi l'amoureux supposé passionnément romantique (ne ris pas ami lecteur), j'écris aussitôt une prose enfiévrée et admirative qu'elle commente ensuite comme négligemment avec sa cour d'admirateurs dont elle est en somme la propriété, la « célibattante » remarquable et exemplaire modèle de femme active et indépendante qui tourne progressivement vieille fille, ou « demoiselle » pour être moins cinglant, sans s'en rendre compte, la « femme seule » qui vit parfois « en camarade » avec une autre, une autre « célibattante » qui est très souvent son reflet exact, ou un genre de faire-valoir.

     

    Il y a certainement un petit côté sadien à ce petit jeu ambigu, et dire les choses clairement ainsi que le fait Solal dans « Belle du Seigneur » au début du roman participe de ce petit jeu qui est un jeu de séduction encore, qui ne s'arrête jamais vraiment et se mue, s'est mué, en tragédie à un moment ou un autre.

     

    Ma princesse au petit pois préfère jouer ce cliché de la « célibattante » tellement merveilleuse, tellement séduisante encore, c'est plus simple et plus confortable que d'aimer vraiment, d'élever des enfants ensemble entre autres choses. Au fond, les prétentions à la modernité de nombreuses filles seules naissent de leur lâcheté face au bonheur d'être en couple, de leur peur d'être heureuses, ce qui les priverait d'une image sociale flatteuse à leurs yeux, une image qu'elles n'admettent pas éphémères...

     

    C'est un peu comme les filles « rondes » et célibattantes que l'on trouve tellement pétulantes et dynamiques, et que l'on n'invite plus beaucoup quand elle passe le cap de la quarantaine car l'on sent bien leur solitude et leurs frustrations derrière la façade tellement sympatoche de bonne petite. Quand une fille de ce genre se plaint de son physique, les hypocrites y vont de leurs commentaires sur le charme et la beauté intérieure, alors que l'on sait bien ce qu'il en est de l'appréciation réelle de l'apparence dans notre monde.

     

    Sur cette photo donc, ma princesse au petit pois a mis un petit pull bleu qu'elle avait acheté avec moi il y a déjà bien longtemps, sur mes conseils, un pull d'une vraie couleur et non de ces tons atténués et grisâtres, se fondant dans le décor du grand tout spectaculaire sans que la personne qui le porte ne se fasse remarquer. Elle sourit au photographe, enfin ses lèvres esquissent un sourire un peu contraint mais son regard est triste, d'une tristesse qui m'a un peu effrayé.On le voit bien qu'elle n'est pas heureuse.

     

    La lumière est crue et aussi la photo qui la montre telle qu'elle est dans sa maturité conquérant chaque jour un petit peu plus de place sur son visage, comme tout un chacun.

     

    Elle lui donne le teint de ces femmes que l'on peut croiser parfois sur le quai des métros parisiens et autres « èreuère », si pâle, comme si elles vivaient jour et nuit dans les couloirs des transports en commun, toujours pressées, ne voyant plus leur voisin dans les wagons, ou à côté d'elles lorsqu'elles attendent leur correspondance, dont on devine parfois qu'elles ont été jolies, mais elles n'ont plus tout à fait le temps de l'être et de songer à leur féminité.

     

    Elle est devant un « smoothie » au premier étage d'un de ces cafés à la mode où l'on ne sert que des trucs prétendument naturels, « bio » ou « billot » car pour m'en faire absorber il faudrait presque me faire poser la tête dessus. Dans l'infantilisation générale de la société, il est logique d'apprécier ce genre de purée liquide de fruits que l'on servait auparavant exclusivement aux bébés et aux pensionnaires des maisons de retraite. C'est normal, les « célibattantes » dynamiques etc... préservent leur capital-santé, et il faut correspondre au cliché, d'ailleurs ma princesse au petit pois ne fume plus visiblement ses cigarettes « légères » car le tabac c'est mal, c'est tabou dans les milieux qui apprécient ces femmes tellement dynamiques, pétulantes, libérées etc... ad lib

     

    ...Et si tristes. Tellement tristes.

     

    Un écrivain l'a très bien écrit avant moi, elle est comme toutes ces filles de « soissantuitards » non repentis, en thérapie depuis son adolescence, compensant la vacuité ou l'absence des valeurs que ses parents ont oublié de lui transmettre de toutes façons par un amour immodéré des fringues et de la mode, et encline au narcissisme.

     

    Elle me trouvera certainement cruel, voire injuste, et dur, et ironisera mais pourquoi se cacher la vérité, surtout « celle qui fait mal » (dixit Billy Wilder) ? C'est aussi cela aimer, dire la vérité.

    image prise ici

  • Les cons peuvent-ils comprendre Georges Orwell ?

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    Petit texte écrit après avoir lu des commentaires d'une bêtise crasse et d'une insignifiance rare concernant Orwell sous un article de Causeur

    orwell.jpgNous vivons dans une société qui est clairement celle de « 1984 ». En 2013, la vérité c'est le mensonge et la guerre dans les pays pauvres c'est la paix, quant à la liberté n'en parlons même pas. Le moindre individu qui a des velléités d'indépendance et vis à vis du groupe est considéré comme un infâme individualiste, un affreux profiteur hédoniste petit bourgeois. On remarque d'ailleurs que les contempteurs de ce comportement inacceptable dans notre société reprennent sans broncher des slogans qui faisaient florès dans les dictatures de la première partie du XXème siècle qu'elles aient pour inspiration des idéologies de gauche ou de droite qui naissent toutes d'ailleurs des dérives de notre monde déjà à l’œuvre à l'époque.

     

    Notre quotidien est envahi par les « télécrans » qui permettent de nous pister et de nous surveiller, chacun devient le flic de l'autre sur Internet, dénonçant ce qu'il estime être des atteintes aux valeurs de progrès progressiste. Le pire de ces « télécrans » est qu'ils sont considérés par les jeunes et les moins jeunes comme des objets obligatoires à posséder, et indispensables pour montrer son statut social et son intégration au grand tout du Barnum consumériste actuel.

     

    D'ailleurs, à ce propos, je n'ai jamais compris pourquoi d'aucuns reprochaient à d'autres de se conduire en collabos tout en se comportant en délateurs ordinaires ressemblant aux épistoliers anonymes et nombreux de l'Occupation qui se découvrirent tous gaullistes de la première heure en 1944 sans y voir de contradiction.

     

    Il y a chaque jour des « quart d'heure de la haine » offerts aux citoyens consommateurs qui ont pour se défouler divers « Goldstein » sous la main, du « Petit journal » à d'autres officines de diverses étiquettes dont « les Grandes Gueules » de RMC. Le peuple d'ailleurs des citoyens consommateurs globalisés ne contrôle plus rien, n'a plus accès même à l'envie de se révolter contre une société fondée pourtant sur une iniquité manifeste ; il ne va plus voter, s'en fout complètement alors que pourtant les motifs de rébellion ne manquent pas. Il existe différents « Big Brother » au nom de la sécurité de tous et de la protection de la société, sans que le pouvoir n'ait à exercer la moindre espèce de coercition, non le citoyen consommateur se soumet de lui-même.

     

    Il suffit de le flatter dans sa médiocrité et ses goûts de fond de bidet en lui laissant croire qu'il est au fond un esthète. Il suffit de lui laisser croire que l'on écoute les slogans et préjugés, et autres lieux communs, qu'il prend pour des opinions, lui laisser de temps le micro.

     

    Non, à cette comparaison avec le « 1984 » le con répond différentes choses, avec beaucoup de patience car dans son esprit, aller contre la modernitude et le progrès progressiste et libéral libertaire sous sa forme la plus abjecte, c'est être retardé ou débile, et réactionnaire si on assume pleinement ce que l'on écrit ce qui pour lui est incompréhensible, à ses yeux la modernitude n'est pas une question à débattre mais un bienfait incontestable.

     

    Comme il a parfois un vernis de culture, il affirme que Orwell ne faisait que décrire 1948 en exagérant certains détails et que 1984 n'avait pas de signification comme date. Parfois il prétend que l'écrivain ne faisait que s'attaquer au communisme stalinien tout comme le même prétendrait que « Rhinocéros » ne faisait qu'évoquer les méfaits du nazisme et non pas tous les méfaits de l'esprit grégaire qui poussent parfois l'être humain, ce primate pitoyable à se conduire en lemming ayant une envie irrépressible à se jeter dans l'abîme.

     

    Le con si tu persistes dans ton refus de regarder le monde actuel à travers des lunettes roses ami lecteur, ô inconscient, te dira que quand même « on est libres de nos jours » gràce à Internet, certes la laisse est longue, mais elle est solidement attachée tant que l'on admet d'être surveillé ou fliqué sans se poser de questions, surtout pas de questions qui amènerait le con à remettre en question son esclavage qu'il n'assume pas. Alors certes un blogueur comme moi, un crypto-réac qui a c'est certain la nostalgie des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°) peut exprimer ses opinions sur le Réseau mais son discours est aussitôt conchié, renié, foulé aux pieds, suggérant qui son racisme, qui de mettre à coup sûr un bulletin FN dans les urnes républicaines pour se montrer aussi réactionnaire sans éprouver le moindre scrupule, c'est pour le con la cerise sur le gâteau.

     

     

    Pourtant, pour savoir ce qui l'attend d'ici quelques temps, il ferait bien de lire « Hommage à la Catalogne » ou « Dans la dèche à Paris et à Londres...


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  • A contre-courant

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    saumons2011-6%20copie.jpg

    J'ai un gros défaut, un parmi tant d'autres me diras-tu ami lecteur, mais tu ne serais pas très charitable, j'ai un sens très aigu de la contradiction, la majorité dit à droite moi je vais à gauche, la majorité porte des pantalons, je me balade en chorte, je déteste penser dans le même sens que les autres, ça m'ennuie, j'ai l'impression de ne plus vraiment penser quand je pense comme un groupe. J'ai l'impression d'être dépossédé de mes opinions. Je sais,c 'est sans doute profondément orgueilleux ou vaniteux aux yeux d'une époque qui impose que l'on pense uniquement au sein d'une communauté, d'un parti, d'un groupuscule pour être écouté et crédible aux yeux du grand nombre.

    Il paraît qu'Antoine Blondin, qu'il soit parti dans un voyage éthylique ou non, avait le même particularisme. Un soir, le voilà parti pendant vingt minutes dans un éloge poignant et grandiose des auvergnats en alexandrins s'il vous plaît. Le patron, charmé par tant de lyrisme envers sa région d'origine, lui clame son affection et lui dit qu'il sera toujours le bienvenue chez lui. Et voilà mon Antoine qui rétorque froidement après un court moment de silence qu'il « emmerde les auvergnats ».

     

    C'est aussi le cas de beaucoup de gens qui pensent en collectif me dira-t-on, qui acceptent de se soumettre aux autres juste par confort ou parce que c'est seulement plus simple et moins fatiguant que de ramer à contre-courant.

     

    Cumulant à cela les défauts, j'ai aussi le goût de la dérision, surtout dans les moments où le « vulgum pékin » se donne une contenance en feignant la gravité, et en adoptant un air de circonstance alors qu'il a envie de se gratter le nez, ou de flatuler pendant une minute de silence ou l'autre, alors que c'est justement le moment ou jamais de constater à ces moments là que la plupart des choses auxquelles nous autres, pitoyables primates accordons une importance sont parfaitement superflues et grotesques.

     

    Certains vont même jusqu'à sombrer dans l'humanisme de confiseur de notre époque, cet unanimisme autour de quelques icônes phares, consensuelles et sans suite dans la vie réelle, dont l'éloge ne mange pas de pain. Ils célèbrent Mandela et la diversité des joueurs de foûtebôle de l'équipe de France mais oublient de s'intéresser à ce qu'ils pourraient vraiment soutenir comme initiative tangible pour par exemple, amener beaucoup plus de gosses « issus de la diversité » (TM°) à l'excellence culturelle, qui n'est pas forcément l'excellence scolaire et non se contenter de ne leur offrir que la perspective de taper dans la baballe comme seule perspective de réussite et de considération sociale.


    Nager à contre courant dans un monde où l'idéal est de se fondre dans un "grand tout", une sorte de mélasse collective pour oublier son identité, sa personnalité et ne plus avoir à réfléchir par soi-même, se donner l'impression de se heurter à la réalité du monde lors de "minutes de la haine" imposées contre des Goldstein divers et variés. Et le pire est que dans un tel monde nous nous croyons encore libres alors que le monde se décide sans nous, que nous ne voulons pas le voir, c'est plus simple, par peur de perdre ce qui reste encore de notre pseudo prospérité après la fin des "Trente Glorieuses".


    Et pourtant, si l'on est réellement libre, on ne peut que remonter le courant, sans peur des coups de patte des ours qui attendent le saumon en haut des chutes d'eau...


    image prise ici

  • Les films de mes amoureuses

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    "Jules et Jim" je l'ai vu avec C. qui croyait que j'étais Jules et qu'elle était Catherine, elle marchait sur le rebord des parapets au dessus de la Seine, en équilibre entre deux hommes comme dans le film.

     

    Nous étions allés à l'Action Christine, et ensuite elle m'avait quitté après une virée chez Berthillon derrière Notre Dame, un truc de petit bourgeois hédoniste et réactionnaire, tu ne pourras pas pas comprendre ami lecteur issu d'une société spectaculaire et un rien grotesque.

     

    "Pas de printemps pour Marnie" je l'ai vu avec E. qui était censée travailler pour le lendemain un exposé sur l'Espagne du XVIème siècle, que nous terminâmes dans le train de banlieue nous emmenant vers Nanterre. C'était une soirée de printemps, une nuit claire, tu voulais absolument que je regarde cet Hitchcock jusqu'au bout. Peut-être parce qu'il constituait une réponse à ton énigme, à ton sourire et ton regard gris-bleu tellement triste.

    J'aurais tellement voulu te consoler mais je n'y suis jamais arrivé...


    Jules et Jim (François Truffaut) - Bande annonce par lostinthiswhirlpool


    Pas de printemps pour Marnie - Trailer par enricogay

  • La solitude et l'indépendance d'esprit

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    Je ne pensais pas avoir à le préciser mais la dédicace est là surtout pour se payer la tête de Verdez qui déteste Satie, le trouvant "élitiste"., idem pour Bedos qui n'a jamais été subversif mais qui était le "poil à gratter" de l'être Giscard...


    Dédié à Gillez Verdez, vu sa mèche « historien car il le vaut bien », qui est de ces boute-feux que j'évoque ci-dessus et qui a avoué dans l'émission d'Hanouna dont je ne voudrais pas pour emballer mes poissons qu'il détestait Erik Satie lui préférant du reggae (?), ce manque flagrant de goût étalé ainsi montrant bien son niveau de réflexion...

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    Ami lecteur, de par mes opinions, que je ne cache pas, et d'autres petits défauts (comme aux yeux modernes et de progrès celui d'être catholique), je subis depuis quelques temps déjà quelques petites vexations et ostracisations, quelques allégations, voire boycott de mon blog et mon aimable personne, qui ne me blessent pas en elles-mêmes profondément mais qui à force marquent malgré tout un peu plus que je ne le croyais. La sottise et la malveillance font toujours plus de dégâts qu'on ne le croit.

     

    Ces tribulations m'ont rappelé un épisode célèbre du « Prisonnier », le machiavélique « numéro 2 » de l'épisode ne choisit pas comme à l'accoutumée un stratagème scientifique et très complexe pour obtenir des renseignements du « numéro 6 », il l'isole en le déclarant « associal » devant tout le « Village » car ayant des vélléités d'indépendance d'esprit individualistes « préjudiciables au bon fonctionnement de la collectivité », ainsi qu'il le justifie comme tous les séides des totalitarismes.

     

    Et il est bien près cette foi de réussir là où tous les autres ont échoué.

     

    Le « numéro 6 » comme le personnage d'Ibsen qu'il est au fond, et dont MazcGoohan s'est inspiré, au départ s'en amuse, il s'imagine bien assez fort pour résister et tenir le coup mais s'aperçoit en cours de route qu'il a besoin de contact humain, celui-ci fût-il superficiel, qu'il n'est pas aussi libéré qu'il le croit de son désir d'appartenir à un groupe et qu'il en souffre.

     

    C'est un feuilleton dystopique diront les esprits forts, une fiction paranoïde pour inadaptés chroniques incapables de faire un effort de socialisation mais c'est malheureusement ainsi que notre société de progrès progressiste réagit lorsqu'un individu conteste un dogme de la « modernitude » ou remet en question les vérités intangibles et roses bonbon de l'humanitarisme « light » qui tient lieu d'opinions au commun à notre époque : du « Téléthon », qui sert surtout à financer des études sur les possibilités futures d'une véritable ingénierie humaine, au pseudo anti-racisme sévissant ces derniers jours un peu plus dans les divers hommages à Mandela que l'on a pu entendre à la télévision ou ailleurs.

     

    Les naïfs croiraient alors que ces beaux esprits sont au moins et en conséquence imperméables à l'intolérance et aux envies irrépressibles de lynchage du contradicteur, du hors norme, du « pas comme nous » ; et que lorsque quelqu'un ne pense pas comme eux ils privilégient en toute logique le dialogue et l'écoute. C'est malheureusement, cela se vérifie à chaque fois, le contraire qui se produit, sous la conduite d'esprits « éclairés », c'est eux qui le prétendent du moins, qui encouragent à lyncher au moins moralement les empêcheurs de penser grégairement en rond :

     

    Frigide Barjot, au ban du « spectacle », « rappelée à l'ordre » par les avanies judiciaires qu'on lui a fait subir, Éric Zemmour, Éric Naulleau, car ami du précédent, Lorànt Deutsch, Alain Finkielkraut, Frédéric Taddéï en « dommage collatéral » car invitant « trop » le précédent, etc...

     

    Certaines officines, comme « le Petit Journal » deviennent des spécialistes de ce genre d'anathèmisation sans nuances, se faisant parfois prendre à leurs propres pièges ; nous n'évoquerons pas ici les photos de l'animateur de ladite émission effectuant une « quenelle » qui n'est pas du tout un geste antisémite, non, non, non, cela dépend de qui le fait et puis « il ne savait pas ce que ça voulait dire n'est-ce pas ! », ou Nicolas Bedos, fils de l'excellent humoriste subversif de l'ère Giscard hélas trop tôt décédé (nous ne parlerons pas de son imitateur très mauvais qui a comparé sans rire la campagne de Marine le Pen à celle d'Hitler).

     

    Ces lynchages d'une abjection sans pareil sont justifiés par ceux qui les pratiquent par leurs bonnes intentions et le fait qu'ils se situent eux du côté du Bien, ce magma informe plutôt qu'ils appellent ainsi. Et le net amplifie cette tendance de ces boutures de miliciens à être chaque jour plus violents !

    image empruntée ici


    spécialement pour Gilles Verdez...


  • Mes films d'enfance

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    Quand j'ai vu "Vingt-mille lieux sous les mers" de Richard Fleischer dans une salle de banlieue qui s'appelait "Cosmos" à Chelles, je me suis de suite identifié non pas au fade professeur Aronnax du film ou à Ned Land, le "héros" du film concrètement un salaud, mais au capitaine Némo. 

     

    C'était comme une sorte d'intuition je suppose...

     

    Je me souviens aussi de "l'île sur le toit du monde" vu au grand "Rex", une émotion de cinéma dont je me souviens encore, dans une salle magique après une petite heure dans un train aux banquettes en bois. Certes son décor était de stuc et de papier mâché mais il créait des rêves...


    Dans ce film on apprenait que ceux qui cherchent à se dépasser et aller un peu plus avant que le quotidien et la banalité, que se contenter du confort du troupeau en paient le prix fort.

  • Mes films musicaux excentriques

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    Il y a deux films, qui sont musicaux, deux films excentriques qui sont presque des comédies musicales, qui sont parmi mes films préférés : "All That Jazz" de Bob Fosse et "Phantom of the paradise" de Brian de Palma (le fantôme du paradis au sens littéral, au sens figuré et même par dérision, et le fantôme du paradis qu'est notre société libérale libertaire spectaculaire).

    Deux films qui sont dans un rapport émotif au monde, sensible et lucide.


    Phantom of Paradise - Somebody Super Like You par Tushratta

  • Deux considérations taquines sur la mort de Mandela et les « mutins de Panurge » hagiographes

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    573932_french-opposition-parties-unions-and-civil-rights-groups-protest-against-president-sarkozy-s-tough-anti-crime-proposals-in-paris.jpgEn notre époque, l'anti-racisme très mièvre, très général, très vague est devenu la norme d'un Bien réputé consensuel, la justification facile de la société libérale-libertaire et de son égoïsme intrinsèque, les nécrologies hagiographiques autour de la mort de Mandela en sont un témoignage. Celui qui n'est pas dans le moule, qui ne suis pas le mouvement est forcément un raciste de fait et logiquement aux yeux de ces beaux esprits. Mandela était et reste une sorte de figure tutélaire de cette pensée, ou absence de pensée.

     

    Car rappelons le si cette société était vraiment cohérente sur ce sujet, elle favoriserait l'éducation et aussi l'excellence chez les catégories de la population issues de la diversité, serait soucieuse de résoudre ces problèmes sans distinction d'origine ni de cultures ou d'opinions. Ce qu'elle ne fait pas, pourquoi ? Pour une raison simple, les bourgeois « kipensent » s'en foutent et sont convaincus que se réclamer de cet anti-racisme très limité suffit largement à camoufler leur légèreté concernant la pauvreté, rajoutant aux prétentions sociales des prétentions politiques, un peu plus depuis qu'ils ont abandonné leur hypocrisie morale depuis « Soissantuite ».

     

    Le bourgeois, même « libéré » même de gôche -sociétale attention- ne change pas, n'évolue pas, il est le même que celui que conchiait Léon Bloy, Bernanos ou Marcel Aymé qui fait gagner son paradis à un de ses personnages car celui-ci, huissier, meurt en criant « à bas les propriétaires ! ». Cela ne suffit pas au bougeois de dire qu'en somme être bourgeois c'est juste un « sentiment » et non une situation matérielle privilégiée objective, il sait très bien que ce n'est pas qu'un « sentiment » et il a cru trouver enfin la solution.

     

    Il a toujours « ses pauvres » et a cru trouver la parade absolue à toute critique ou remise en cause de son ambivalence morale en décrétant que seuls les personnes « issues de la diversité » (TM°) sont des pauvres acceptables que l'on garde sous la main, poussant progressivement à la périphérie des villes ceux qui ne répondaient plus à ces critères, ce n'est pas moi qui le dit d'ailleurs mais différents atlas des inégalités. Un pauvre qui n'est pas issu de la diversité qui serait revendicatif devient forcément un jaloux, un poujadiste, un électeur potentiel de le Pen donc un raciste comme toute personne critiquant cette fausse mixité sociale dont il est question également à ce lien (comme le bourgeois "kipense" se justifie de ces opinions et de sa belle conscience en prétendant à l'objectivité je lui en donne).

     

    L'avantage de ces pauvres « issus de la diversité » (TM°), c'est que les bourgeois progressistes de progrès achètent leur gratitude facilement et se sont même dit dernièrement, à « Terra Nova » entre autres, que finalement cela en fait une clientèle électorale des plus acceptables car « captive », ce qu'ils ne disent pas, abandonnant l'électorat populaire dit « de souche », que des ingrats ! , aux autres partis, les rejetant dans les limbes des partis « anti-républicains ». Bien entendu, l'auteur de ces lignes ne reproche absolument à ces pauvres de service de profiter de cette manne non pas céleste mais bourgeoise.

     

    Cette idée aurait braqué le PS mais c'est ce qu'ils font malgré tout. De temps en temps, parmi ces pauvres méritants, et ceux qui demeurent obséquieux et pas trop revendicatifs, et qui votent docilement là où on leur dit de voter, qui militent sans se poser de questions, on en choisit quelques uns pour en mettre à la télévision ou en faire des ministres qui font bien sur la photo et suivront sans même qu'on leur demande la ligne idéologique actuelle essentiellement sociétale.


     

    Sur l'hypocrisie de cette attitude de bons apôtres qui évacuent très vite la précarité, la pauvreté (on ne parle déjà plus des sans abris) la mort de Mandela et le concert immédiat et quasi général sans nuances de louanges m'ont rappelé cette anecdote lue dans « Actuel », journal de droite bien connu (sic), sur Johnny Clegg, chantre à une époque de l'anti-racisme et de ce Bien moderne vaguement humanitariste, dont on a entendu la chanson hagiographique sur Mandela jusqu'à plus soif, jusqu'à la nausée ces derniers jours.

     

    Juste avant, il n'était qu'un des musiciens du groupe de Sawuka, artiste ayant la peau noire, mais sous le seul nom de Sawuka, les disques ne se vendaient pas en Europe ou aux États Unis. Les producteurs ont donc mis en avant Clegg, qui est blanc, misant aussi sur un angle de chansons « militantes », et ô miracle les disques se sont alors beaucoup mieux vendus sur les marchés qui comptent, ces cyniques lucides sur la nature humaine sachant très bien que le message anti-raciste se vend mieux finalement quand c'est un blanc qui le propage ou feint de le propager.

     

    Curieux, non ?

     

    On va encore dire que je suis réactionnaire et raciste et fââchiiste pour éviter de lire mes articles, ce n'est pas grave car c'est ainsi qu'Allah est grand...

     

    image prise ici

     

    S'il y a une chanson que je retiens sur Mandela c'est plutôt celle-ci des "Simple Minds"...

     

  • Philippe Muray sur la mort de Mandela

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    Extrait d'un entretien avec Muray dans la revue « Médias » sur les « mutins de Panurge » de l'anti-racisme :

     

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    « La montée en extase, collective et sociale, de l’antiracisme est probablement, en France, le premier phénomène de cette longue série d’événements modernes, donc sans alternative, sans opposition avouable et même viable, sans contraire, et pour ainsi dire sans ombre, dont il convient de prendre la mesure non pas pour en faire l’histoire mais pour les pousser plus loin, les démesurer afin, encore une fois, de les faire voir. C’est quand s’élabore une « lutte » où le combattant héroïque de la Juste Cause représente 90 % de la population, et où l’adversaire abject se tait et se terre, qu’apparaît dans sa gloire comique et épique cette figure essentielle et totalement inédite de la modernité qu’est le mutin de Panurge. »


    image empruntée ici

     

  • La plus belle chanson du cinéma

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    "Moon River"

     

    Parce que voilà...

     

    Lire le livre et voir le film permet de comprendre pourquoi (le livre j'ai dû le lire douze fois et le film je l'ai vu un nombre de fois que je ne compte plus).

     

    Sauf que mon Holly Golightly ne ressemblait pas à Audrey Hepburn, bien qu'elle fût elle aussi très jolie...


    Les malveillants, les jaloux, les envieux ne peuvent pas comprendre, ils sont trop occupés à compter les brin d'herbe plus verts chez le voisin, cet enfoiré...

  • La mauvaise éducation

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     Ami lecteur, tu vas encore me trouver bien naïf mais il y a quelques années j'étais persuadé que tous les parents donnaient à leur progéniture la même éducation, transmettant des valeurs leur correspondant, des idéaux qui permettaient au moins de vivre en bonne entente en communauté avec les autres, quelles que soient l'origine au départ de ces valeurs données aux enfants car ce à quoi l'on remarque une bonne éducation est dans le souci et l'attention portés aux autres.

     

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    Là encore je cumulais les « tares » aux yeux de la société moderne, car catholique, éduqué et en plus ayant un prénom original qui a mis en rage nombre de personnes ayant certainement un complexe social ou familial à compenser. Étant de plus de nature vulnérable car doté d'une certaine sensibilité ou d'une sensibilité certaine, j'étais une proie facile.

     

    Et puis j'ai appris à me défendre et , hélas, trancher dans le vif.

     

    J'ai longtemps pensé, ayant le souci de m'adapter aux milieux dans lesquels je vivais, que c'était de ma faute si parfois mon attitude provoquait des réactions de rejet, que j'avais forcément mal fait quelque chose, alors que c'était simplement une question de jalousie et de complexes d'infériorité de ceux qui n'avaient pas eu les mêmes chances que moi dans leur famille. Au bout d'un moment, ces réactions de rejet avaient fini par créer chez moi un mal-être profond alors que je n'étais coupable en somme que d'avoir reçu une éducation morale que dans mon manque de confiance en moi j'assimilais à de la naïveté.

     

    Finalement, de nos jours, il n'y a rien de pire, rien de plus difficile à vivre, de plus discriminant que de donner une bonne éducation et des repères solides à ses gosses, ce qui est de plus en plus rare. Je sais c'est un peu provocateur, et je rassure tout de suite, je préfère de loin des enfants bien éduqués, même pas des enfants de belles images, même pas des enfants d'histoires exemplaires, cependant, à des gamins pourris par le fric et le consumérisme effrené des parents ce qui certes n'est pas entièrement de la faute de ces enfants je le souligne, mais c'est ainsi, des enfants correctement éduqués sont plus fragiles comparés à d'autres qui ne connaitront que la seule loi qui demeure dans notre société, celle du plus fort, la loi de la jungle.

     

    Cependant, un enfant à peu près éduqué est certain de subir les lazzis, méchancetés, petitesses, jalousies diverses et harcèlement des autres, de ceux qui n'ont rien reçu qui auront pour la plupart comme excuses, qu'ils invoqueront également devenus adultes, de la pauvreté supposée des parents, et de la richesse matérielle supposée des parents de l'enfant ayant reçu des repères moraux et sociaux, qui est forcément considéré et anathèmisé comme un « bourgeois » alors qu'une bonne éducation n'a jamais été l'apanage de la bourgeoisie tant s'en faut.

     

    Croire que dans le peuple on serait donc grossier et mal éduqué, donc « plus simple », me paraît un rien excessif. Cette pseudo « simplicité » est l'excuse de la plupart des personnes se justifiant de leur mauvaise éducation, s'ils sont mal éduqués, s'ils se comportent mal avec leurs semblables ce serait parce qu'ils sont plus « simples », moins prétentieux, moins vaniteux que ceux à les parents ont donné des repères, fixé des limites. Quand un enfant l'invoque, on lui pardonne presque, quand un adulte le fait, moquant celui qui a plus reçu que lui comme bien entendu "BCBG" ou "coincé" cela devient grotesque.

     

    Si l'enfant bien éduqué ne fera pas de différences avec ses camarades, et plus tard avec ses collègues, eux la font tout de suite plus ou moins instinctivement, plus ou moins consciemment, sentant confusément à quel point un abîme les sépare, ne cherchant pas à le combler, ou le franchir, mais plutôt à précipiter dedans celui dont ils envient les valeurs qu'il peut exprimer ou montrer par son comportement.

     

    L'autre lieu commun mis en avant pour justifier de sa mauvaise éducation est de prétendre que de toutes façons la bonne éducation ne rend pas parfait, que les valeurs reçues ne mènent pas forcément à la perfection. Il est évident que toute personne est perfectible et qu'au moins, avoir reçu des valeurs morales donne envie au moins un petit peu de progresser, de mûrir dans son rapport aux autres, encourage à faire preuve d'empathie et d'altérité.


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  • Je me suis fait traiter de raciste...

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    Dédié à ceux qui n'ont que l'insulte comme mode de raisonnement politique


    Pour moi l'origine, la culture, les penchants d'une personne, que ce soit quelqu'un que je croise, avec qui je lie amitié, ou que je lis, ou dont je regarde les films, ou écoute la musique ne sont même pas des questions qui se posent ni même des problèmes, tant que la personne a à mon encontre le même esprit d'ouverture.

     

    Et j'ai des amis qui fort heureusement l'ont.

     

    Comme je suis de droite et catholique, et plutôt souverainiste, aimant la bonne chère, le bon vin, la littérature, y compris celle des "infréquentables", j'ai été traité de "raciste" par une personne pleine de bonnes intentions je suppose, bien évidemment dans mon dos, c'est plus courageux. Je cumule car non seulement j'assume mais paraît-il j'ai "un prénom qui fait bourgeois" ce qui expliquerait tout ?


    Ce serait de ma faute car j'assume mes convictions sans cachotterie ce qui provoquerait bien sûr la colère des belles âmes à coup sûr...


    Passons là aussi...

     

    Ce n'est pas bien grave; cela tient du niveau zéro de la réflexion politique où il n'y a plus que les "bons", "ceux qui pensent comme moi" et les "méchants", "ceux qui contredisent mes certitudes", c'est tellement bête. Et puis si cela devait recommencer, je n'en resterai pas là. Mais cela témoigne de l'état de politique en France, où d'aucuns se soucient surtout du sensitif, du commérage, des ragots les plus abjects et qui sont les premiers à ne pas appliquer les valeurs qu'ils prétendent défendre dont la tolérance.

     

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