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  • Les naïfs et les hypocrites

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    Sur un forum des internautes s'étonnaient :

    politique, société, hypocrisie, faux derches, Islam, christianismeles autorités s'inquiétaient des attaques contre la laïcité que représentaient selon elles des réflexions de cathos et étaient des plus laxistes selon eux quant aux « voiles » et autres coups de canif contre le contrat républicain venus des musulmans radicaux. Ces naïfs auraient pourtant du observer la plupart des représentants des autorités travaillant en « cités » (il en est quand même qui sont intègres sur les valeurs communes).

     

    Pour éviter de se faire crever les pneux ou casser la figure incidemment en rentrant du boulot, il vaut mieux acheter la « paix sociale » en laissant faire plutôt qu'en étant ferme sur les principes quitte à surtout ne pas ouvrir les adolescents, et leurs parents, à autre chose que ce qui tourne autour de leur nombril, centre de gravité de leurs univers déjà bien étriqué.

     

    Surtout pas d'exigence, surtout ne pas demander d'efforts, cela risquerait de laisser trop de monde sur le bas côté, alors que c'est à peu près l'inverse qui se passe. Surtout pas de compromis demandés pour favoriser la vie en communauté, surtout pas de « décence commune »...

     

    Ceux qui n'ont pas appris l'effort et le goût pour l'excellence seront de toutes façons rejetés, et ceux qui ont la chance d'avoir des parents qui les y encouragent, déjà protégés, seront encore plus favorisés, les autres laissés dans les limbes.

     

    Le laxisme concernant le « voile », les prescriptions alimentaires religieuses imposées à tous dans les cantines et réfectoires d'état (on ne peut plus manger de porc dans la plupart), l'abandon à eux-mêmes des quartiers dits « difficiles », et à des trafiquants d'un peu de tout, qui se sont parfaitement intégrés au système tout économique qu'ils maîtrisent parfaitement, c'est aussi, à plus grande échelle, pour ces mêmes raisons qui sont autant de lâchetés incompréhensibles finalement.

     

    C'est aussi finalement que l'Islam est perçu par les pseudo-antiracistes et les belles , consciences républicaines comme une religion arriérée de semi-brutes incapables de sortir de traditions barbares, à qui on ne peut donc pas demander de s'intégrer à la société occidentale et ce qui reste des valeurs communes de cette société, à savoir très peu de choses. Donc plutôt que d'encourager, l'éducation, le travail et le sens de la Nation à ces personnes issues le plus souvent de l'immigration, on préfère les laisser patauger dans leurs convictions d'un autre âge.

     

    Ce n'est donc pas de la tolérance ou de l'écoute, ou l'amour de la diversité, mais le mépris qui motive les « belles » consciences, qui ont des musulmans un point de vue beaucoup plus caricatural qu'un responsable du service d'ordre du « Bloc Identitaire ».

     

    Quant aux catholiques, le dédain à leur encontre ne date certes pas d'hier, la différence étant qu'il est devenu partie intégrante de la « doxa » officielle : un catholique est un coincé du cul, un nostalgique de l'ordre moral, voire de Vichy, un fââcho, c'est maintenant un fait acquis ; sauf ceux qui jouent de la guitare en agitant les mains à la manière des laveurs de carreaux, et sauf bien sûr le pape François (on se demande quant ses laudateurs laïcs et incroyants suivront ses conseils de partage des richesses). Les catholiques sont devenus un genre de « Goldstein » collectif pour le reste de la société, une minorité se repliant hélas sur elle-même, ayant encore peur de s'affirmer, un groupe que l'on aime haïr et insulter, avec qui l'on peut être condescendant sans risques.

     

     

    Il y a une réponse toute faite face à ceux qui osent ouvrir leur grande gueule, ce sont eux aussi et forcément -forcément- des fâchiiistes (moi je cumule étant de droite et catholique, voir photo).


    photo : Amaury Watremez (TM°)

  • Les « baby-boomers » ne se remettront jamais en cause

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    GRBJ0590.gifCette société libérale-libertaire devenue folle, courant à l'abîme, où l'on feint de croire que les problèmes se règlent à coup de bonnes intentions et de gadgets vaguement humanitaristes est le fruit des errements des enfants du « Baby Boom » et des « Trente Glorieuses ». Ils ont vécu des décennies de croissance sans précédent et de progrès technique sans commune mesure avec ce qui avait été réalisé avant et ont fait mine de croire que le progrès des consciences suivait, en particulier leurs consciences, car encore maintenant les rejetons du « Baby Boom » se considèrent encore comme des modèles de liberté et d'indépendance d'esprit.

     

    Ils ont cru, ou fait semblant de croire, que la prospérité inouie de leur époque allait durer encore après, pour leurs enfants et petits enfants, maintenant ce qui les intéresse est d'en profiter encore un peu pour leur bénéfice pendant leur retraite et après eux le déluge....

     

    Quant aux retraites de la génération arrivant juste derrière eux, la plupart évoquevagument quelques propositions grandiloquentes dont ils ne souhaitent pas vraiment la concrétisation, comme la  « taxe Tobin » sur la spéculation, une bonne partie des donneurs de conseils ayant leur magot pour leurs vieux jours investis dans des fonds de pensions constitués de placements boursiers tout ce qu'il y a de plus libéraux. La société qu'ils ont contribué à bâtir est d'ailleurs plus libérale et inégalitaire que jamais, et plus riche qu'en 1968, cette richesse étant répartie de manière extrêmement inégalitaire, ce dont les « baby boomers » se fichent, l'important étant qu'ils en jouissent.

     

    Poussés à bout, acculés dans leurs derniers retranchements (d'aucuns sont une belle bande d'acculés profiteurs et narcissiques), quand on leur parle crûment des conséquences de leur irresponsabilité, la plupart invoque surtout le fait que quand leur descendance fera les frais de leur immaturité collective ils seront morts depuis longtemps.

     

    Bref, ils s'en foutent...

     

    D'autres, plus hypocrites, ayant des restes de culpabilité, ou de responsabilité, suggèrent à leurs enfants et petits enfants de faire un nouveau « Maisoissantuite » réputé encore maintenant une lame de fond sans précédent ayant conduit, on le voit tout les jours, à beaucoup plus d'égalité et de partage de richesses, et ayant surtout contribué à libérer la bourgeoisie de sa proverbiale et ancestrale hypocrisie morale, à ce qu'elle assume enfin la jouissance de ses richesses. D'ailleurs, la plupart des étudiants de « Soissantuite » étaient, à quelques exceptions notables, des enfants de ces milieux matériellement très favorisés.

     

    La récréation fût sifflée par le pion américain en 71 quand le dollar fût dévalué, ce que des prophètes de mauvais augure (Keynes en particulier) avaient prévu depuis 1945 pourtant arriva alors, une crise qui dure encore, et qui de crise de structures est devenue une crise de transition du système, de transfert progressif du pouvoir économique vers l'Asie.

     

    Il était plus confortable pour eux de se convaincre de la pérennité de la richesse et de ne surtout jamais au grand jamais se poser la question de leur propre responsabilité, de leur consommation irréfléchie, de tout et de rien, de gadgets tous plus inutiles les uns que les autres devenus indispensables pour s'assurer une dignité sociale, de de leur incapacité à transmettre quelque idéal que ce soit à leurs gosses qui n'ont gardé que le matérialisme avide et l'égoïsme profond de leurs géniteurs, des gosses qui vivent dans un présent perpétuel réglé par le spectaculaire anodin et la banalité de sentiments portée aux nues par les médias.

     

    Ils se remettront jamais en question, se passionnant surtout maintenant pour des réformes sociétales concernant quelques privilégiés de leur connaissance, ce qui leur suffit pour selon eux changer le monde alors que c'est encore un cache-misère de leur indigence sociale et politique.

    Ils n'assumeront jamais leur profond égoïsme, qu'ils pensent camoufler derrière leur certitude d'être des consciences plus libres, ce dont ils sont sincèrement persuadés. Et qui est bien la seule qu'ils ont donné en héritage aux jeunes de 2013 qui n'ont reçu que cela d'eux.

     

    Ils ne remettront jamais en cause leur jouissance effrénée des plaisirs illusoires de la société de consommation qu'ils confondent avec le véritable hédonisme qui n'a rien à voir et qui incite à la générosité.


    Excellent image prise ici sur ce site

  • Un petit hommage à Lou Reed

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    Lou+Reed+loureed.jpg

    portrait pris sur ce site


    Lou Reed, auteur d'un de mes chansons préférées, voir ci-dessous, vient de mourir.


    ("Comment ??? Quoi ??? Un catho réac sur la liste noire de plusieurs médiathèques normandes ; aimer Lou Reed !!???")


    Et pourtant...


    (je suis à peu près certain il est vrai que les responsables départemental-les ou nationales des missions pour l'égalité des genres n'ont jamais entendu parler de lui)

    Sight...Sight...

    "So hey sugars take a walk on the wild side"

  • Ma ballade avec Johnny-Jane

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    littérature, musique, société, Gainsbourg, musiqueJe connaissais Gainsbourg depuis mon enfance. A la télévision dans les émissions des Carpentier des années 70, ces grands shows télévisés pleins de paillettes, qui avaient toujours un côté un peu naïf, bricolé, mais tellement moins cyniques que les émissions d'« entertainement » actuelles qui visent surtout à profiter de notre temps de cerveau disponible, il était l'oncle de la famille mal rasé, mal fagoté qui sort des horreurs, fait rire les gosses et rougir les dames, un gosse finalement.

     

    Cette année là je m'étais acheté un de ses albums dans l'intention de le redécouvrir, et aussi par nostalgie de mon enfance. Dedans il y avait les chansons que j'avais le droit d'écouter quand j'étais petit garçon et celles qui m'étaient interdites. C'était surtout à cause de ma curiosité d'entendre précisément celles-ci que j'avais acheté le disque. « La ballade de Johnny-Jane », tirée du film « Je t'aime moi non plus », avec des paroles rajoutées plus tard par le chanteur, faisait partie de ces morceaux « sulfureux » qu'il contenait. Gainsbourg venait de renaître à la chanson au Casino de Paris, il avait ralenti sa consommation de clopes et d'alcool, prétendait-on.

     

    Le fait est qu'il avait retrouvé un plaisir communicatif à cet "art mineur" de la chanson et que cela se ressentait.

     

    Ce fut ensuite un peu comme dans une nouvelle de Borgès où un alphabet jusque là inconnu finit par se retrouver dans le monde entier, dans les signes sur les murs ou dans le ciel, dans des livres et les conversations, j'entendais cette ballade partout, dans les grands magasins parisiens, ou dans les couloirs du métro à Saint Lazare jouée par la radio d'un mendiant avec son chien qui avaient élu domicile tous les deux à un embranchement de tunnels. Habituellement pourtant il préférait Brassens.

     

    A l'époque, les passants qui passent n'avaient pas constamment le nez collé à leur téléphone dit portable pour se donner une contenance et ne pas voir ceux qu'ils croisaient. Et face à la gare, plutôt qu'une galerie commerciale aseptisée, bien propre et accessible pour toute la famille, les voyageurs traversaient un de ces passages couverts « art déco » qui par leur décor faisaient voyager les rêveurs qui les empruntaient dans un roman de Jules Verne. Il y avait des bouquinistes cachés derrière les volutes des escaliers métalliques, des bistrots minuscules et animés, où tous les milieux se mêlaient derrière des vitrines couvertes d'anciennes affiches pour des bals populaires où bourgeois et « apaches » se disputaient les faveurs des mêmes femmes. On n'y trouvait pas des petits bourgeois en quête de "lothentique".

     

    Il y avait deux tapineuses à l'entrée, deux fausses blondes avec des cheveux en « choucroute » montant très haut plus proches d'une « madame Mado » à l'ancienne que des compagnes d'un soir tarifées d'anciens directeurs du FMI. Elles faisaient partie du paysage, elles étaient rassurantes en quelque sorte. Elles interpellaient les gamins qu'elles connaissaient depuis leur enfance, dont moi, et leurs parlaient comme des tantes un peu excentriques qui donnaient des conseils de bonne vie et mœurs en fausse fourrure léopard et talons aiguilles.

     

    Et puis j'ai rencontré Johnny-Jane à l'université, enfin ma propre Johnny-Jane, une jeune femme aux cheveux auburn, aux yeux gris, ayant un physique de femme-enfant non comme Jane Birkin, mais plutôt comme Anna Karina dansant sur « Ne dis rien » avec Gainsbourg. Je me serais noyé dans ces yeux gris, c'est d'ailleurs ce qui finit par se passer. Elle aimait Paris aussi intensément que moi.

     

    La première fois que nous nous sommes donnés rendez-vous, au « Printemps » non loin de là, la ballade passait dans les hauts-parleurs. Pendant qu'elle cherchait un parfum à sa convenance et des habits à son goût, robe, et parures affriolantes, nous badinions gentiment et je me laissais enivrer par les effluves capiteuses des « eaux » de Guerlain ou de Givenchy qu'elles affectionnaient, et aussi le vertige délicieux d'attendre derrière le rideau très fin d'une cabine d'essayage que je finis par entrouvrir ce qui ne la troubla pas outre mesure. Baguenauder dans un grand magasin parisien, avant qu'ils ne deviennent des « duty free » géants pour touristes fortunés, ce n'était pas du consumérisme, c'était une partie d'un monde maintenant disparu à tout jamais et un art maintenant perdu.

     

    J'étais un peu le Gainsbourg de ma Johnny-Jane, elle me reprochait parfois d'être légèrement cynique et un peu trop acerbe, elle croyait en l'homme, moi toujours pas, et en l'avènement d'une universelle bonté, elle aurait voulu refaire le monde et moi je voulais seulement être avec elle. Elle était de celles qui veulent tout et son contraire, les plaisirs hédonistes qu'elles estimaient petits bourgeois et la justice sociale pour tous. Moi je prenais mon amour pour elle au sérieux.

     

    Étant deux natures compulsives, deux ogres ne pouvant se satisfaire du quotidien et d'une petite vie routinière, nous avions fini par ne plus pouvoir nous passer l'un de l'autre et rêver d'une passion comme dans « Belle du Seigneur » ou « la Recherche » de Proust. Elle m'accompagnait jusqu'à mon train de retour vers la province morne et sans vie, nous discutions des heures durant dans la buvette de Saint Lazare de littérature que nous aimions passionnément tous les deux, un de ces endroits magiques promesses d'évasion déjà. Il y avait bien de la poussière sur les piliers en acier et leurs rivets, mais nous n'en avions cure, cela donnait un cachet de mystère au lieu qui lui rappelait alors des scènes de « la double vie de Véronique ». Nous n'arrivions pas à nous séparer ce qui agaçait notre entourage.

     

    littérature,musique,société,gainsbourgQuand elle était avec moi ma Johnny-Jane était pour moi tout seul vraiment elle-même. Quand elle était avec ses amis, elle devenait alors dure et sans pitié, insensible et superficielle comme une « Roller girl » de bas étage. Et puis, je discernais derrière ce masque, par instants, son désarroi à jouer ainsi un rôle qui n'était pas elle. Je ne voulais pas d'une ingénue évaporée en robe diaphane telle qu'on les voit dans les contes, j'aimais sa lippe de petite fille quand elle n'était pas d'accord, et son regard droit dans les yeux et naturellement insolent quand elle pensait que je disais une sottise.

     

    Elle était chez elle partout, restant élégante et urbaine qu'elle soit dans un caboulot populaire de Ménimontant ou dans une soirée réputée plus élégante. Et malgré toute mon ironie, mes blessures et mon amertume face à mes congénères, et moi-même, je continuais à me perdre dans son regard. Et puis un jour, ma Johnny-Jane à l'Amour a préféré les décharges morales que survolent des mouches cantharides d'un style douteux, se donnant des prétentions libertaires....


    photo prise sur ce blog


    Ci-dessous la chanson de Gainsbourg


    Gainsbourg.hey Johnny jane par zorore0

  • « L'histoire de la page 52 d'un album de Valérian »

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    « L'histoire de la page 52 » bientôt un documentaire de Kanari films

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    Pour participer à une opération de « crowfunding » sur le site « kisskissbankbank » afin d'éditer une version digipack, assortie d'un ex-librisi, de ce film, cliquez à ce lien

     

    Ami lecteur, autant te l'avouer, j'ai toujours été fan des aventures de Valérian et Laureline, agents spatio-temporels du XXXème siècle en vadrouille dans l'univers entier, rencontrant des créatures pittoresques et étranges, que ce soit des Shingouz, sorte de tamanoirs chauve-souris spécialisées dans le commerce et le négoce plus ou moins honnête, ou une méduse terrestre qui apprécie la cuisine bourgeoise terrienne. Les aventures de Valérian renvoient aux temps glorieux de « Pilote » quand les lecteurs de BD n'étaient pas considérés surtout comme des cibles commerciales potentielles.

     

    Au départ, ces aventures sont plutôt classiques. Valérian, agent spatio-temporel, parcourt l'espace et différentes époques, accompagné de Laureline, ancienne licorne, éprise de justice sociale et de liberté. Valérian n'est pas un héros très malin, sa compagne le tire souvent de situations périlleuses et Laureline est bien plus fine et plus maline. Il y a apparement tous les ingrédients du space-opera cependant, dans chaque album, les auteurs instillent au départ un peu timidement puis de moins en moins une dose de préoccupations sociales très actuelles et adultes.

     

    Très vite ensuite, Christin et Mézières leur donnent un ton plus fantaisiste, de SF pataphysicienne, et ose traiter plus abruptement de questions finalement tout à fait de notre temps, car la SF parle toujours de notre temps, questions que Pierre Christin connait bien comme journaliste.

     

    Les scénarii de Pierre Christin sont toujours surprenants et intéressants, et le dessin de Mézières est très loin des albums impersonnels d'autres auteurs moins doués, qui semblent croire que travailler sur ordinateur leur confèrera plus de talent. Le documentaire suit le travail du dessinateur sur la création d'une page, sur son souci du trait et de la mise en scène.

     

    A partir de « Métro Châtelet direction Cassiopée », les albums racontent également une histoire qui n'est plus isolée et qui court autour de la perte par les deux héros de leur futur après avoir sauvé la terre de la guerre atomique qui aurait dû conduire un peu plus tard à l'avènement de Galaxity et de l'empire terrien, et de leur terre. Ils n'ont plus que leur vaisseau et l'ancien quartier terrien de « Point Central » mégalopole cosmopolite au centre de la galaxie. Ils ne peuvent plus alors compter que sur eux-mêmes et monsieur Albert, leur contact contemporain, et Jal, un autre agent ayant échappé à la disparition de la terre du futur. Ils iront jusqu'à rencontrer une « sainte trinité » burlesque sur Hypsis, civilisation qui tiraient les ficelles de toute cette histoire.

     

    Ce cycle se conclut avec « l'Ouvre-temps » qui laissaient Valérien et Laureline amnésiques sur la terre de 2013, retombés en enfance grâce à Xombul le premier « méchant » de leurs aventures rentré en grâce, et qui était alors annoncé comme le dernier titre de la série.

     

     

    Heureusement les auteurs ont visiblement eu du mal à abandonner leurs créatures de papier qu'ils font revivre dans « Souvenirs de futurs », la page 52 du documentaire étant celle de cet opus qui fait dire qu'il est excessivement dur de conclure lorsque l'on prend plaisir à raconter des histoires qui font travailler l'imagination. Le documentaire permet de suivre ce travail passionnant...


    couverture de "Souvenirs de futurs" pris sur le site de Dargaud


    ci-dessous la bande-annonce du documentaire

  • La lecture bientôt considérée comme activité anti-sociale ?

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    littérature,bradbury,sf,société,politique,hypocrisie,lecture,éducationIl y a quelques jours, j'ai croisé dans la rue la « jeune fille qui aimait les livres » que j'ai évoqué il y a quelques mois. Elle n'a rien dit, elle était avec des camarades, elle avait le regard un peu triste en me souriant malgré tout. Elle ne pouvait pas oser parler les autres de son goût pour la lecture ce qui lui aurait valu l'ostracisme immédiat ou presque du groupe car selon les représentations mentales des plus jeunes, et parfois de leurs parents, ce sont les méchants, les malfaisants, les prétentieux, les bourgeois, les salauds qui lisent ou qui ont une bibliothèque chez eux. Dans les « blockbusters » et les séries « mainstream » actuels, le lecteur est soit un « geek » associal et grotesque, soit un vaniteux imbuvable, soit un « fils a papa » insupportable.

     

    Tout cela pour rassurer le brouteur de pop-corn sur ses aspirations médiocres, et le conforter dans son allégeance au consumérisme afin que surtout il continue à acheter ce qu'on lui dit d'acheter : un « smartphone » tous les deux mois, une « tablette » numérique tous les six etc...

     

    Quand j'entend parler de la lecture en 2013, qui serait dans un état encore tout à fait honorable en France, et qu'il n'y aurait pas du tout de baisse de niveau, que simplement les jeunes continuent à lire mais sur écran, cela me met assez vite en colère et je pense à cette jeune fille. Et je suis en colère aussi pour elle et les jeunes dans son cas, qui sont malheureusement des plus rares. La lecture était déjà et est encore l'activité favorite de ces enfants un peu moins doués pour la vie sociale et ses compromis grands et petits réputés obligatoires. 


    La lecture est déjà une activité considérée comme "asociale" voire "anti-sociale"...

     

    On nous dit que lire un livre dit « papier » c'est du fétichisme, c'est de l'archaïsme, du refus du progrès technique, du pratique (lire sur une "liseuse" c'est tellement prâââtique et sympââ en train"), et j'en passe, quand l'on ne se fait pas traiter de réactionnaire. Les mêmes prétendent que c'est de l'élitisme incongru, qu'il faut considérer d'abord ce qu'aime les jeunes, qu'il faut d'abord tenir compte de leurs goûts, qu'il ne faut surtout les obliger ou ne les forcer en rien à se cultiver alors que le simple bon sens sait que se cultiver, lire demande un effort originel et personnel, que si, sur le moment les jeunes ne le comprennent pas, ce que l'on a semé en eux germe parfois chez l'un ou l'autre, tout de suite pour certains, un peu plus tard pour d'autres.

     

    Car raison suprême invoquée, il ne faut surtout pas culpabiliser les jeunes, et par là les générations de leurs parents et grands-parents, de n'avoir de l'appétence que pour des « passions tristes » et aucune pour se cultiver. Encore maintenant, les plus jeunes dans une bibliothèque se sentent vaguement coupables, plus ou moins gênés par les livres qui les environnent qui les mettent grandement mal à l'aise, ce qui les insupporte. Pour tenter de se donner une contenance, ils dégainent alors qui son téléphone portable, substitut électronique de tétine, ou subsistut masturbatoire, qui son ordinateur ou son baladeur « Emmepétrois ».

     

    Il faut dire que l'analyse de la lecture sur livres traditionnels par les suppôts de la lecture numérique n'en montre que les aspects quantifiables, mesurables mathématiquement, et non les aspects qualitatifs, absolument hors de tout point de vue quantitatif. Ils en font une analyse primaire donc en oubliant le côté humain, qu'ils méprisent.

     

    Ils oublient qu'un livre a une histoire bien à lui, même si c'est aussi un bien de consommation, des parfums, un parcours, qu'il est un moyen pour des parents, des enfants, des amis, des amants de transmettre aux personnes qu'ils aiment des passions, des idées, des rêves, une ouverture au monde il est vrai découragé par tous les gadgets informatiques divers et variés actuels qui favorisent au contraire le repli sur son nombril et son nombrilisme.

     

    Les mêmes laudateurs de la lecture numérique chez les jeunes, qui entonnent déjà depuis longtemps le refrain du « Tout va très bien madame la Marquise », curieusement, lorsque l'on va chez eux, ou que l'on observe la chambre de leurs gosses favorisent chez leur progéniture le goût de la lecture et de la littérature par les livres tant qu'ils peuvent, et n'ont rien contre un peu d'élitisme voire d'excellence quand il s'agit de leur petit dernier ou petite dernière, mais là « ce n'est pas pareil », ce sont leurs enfants, c'est donc du sérieux.

     

    Notons aussi que pour eux la lecture d'un roman, d'une pièce de théâtre ou d'un recueil de poèmes, tient pour eux de la détente, du divertissement, d'un hédonisme qu'ils ne comprennent pas ayant des Lettres une idée strictement utilitariste en bons petits bourgeois positivistes qu'ils sont, et qui n'ont guère changé depuis Bouvard et Pécuchet au fond. Il y a quelques décennies « Farenheit 451 » de Bradbury ressemblait à une fable irréaliste, « des pompiers qui brûlent les livres ? Jamais ça n'arrivera ! », encore un rêveur qui faisait des cauchemars ridicules sur l'avenir de la société de consommation.

     

    C'est étrange, mais ce livre ressemble de plus en plus à notre réel vous ne trouvez pas ?....


    Photo : un lecteur bientôt considéré comme "associal" de par ses lectures, et fier de l'être, devant ses livres

  • Les catholiques français ont-ils toujours peur de l’être depuis « la Manif pour Tous » ?

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    politique; LMPT, "Veilleurs", société, christianisme, UMP, PS, Nathalie Cause-toujours MauricetteIl y a quelques mois « la Manif pour tous » pouvait laisser espérer un réveil politique des catholiques, bien tardif, mais un réveil malgré tout après des décennies de somnolence coupable, de repentances diverses et multiples parfois même sans objet, d'aucuns parmi les catholiques les imaginant indispensables pour se faire accepter du reste de la société. Certes, la loi sociétale à l'origine de la colère de ces citoyens comme les autres en principe n'est qu'un détail parmi d'autres de la dégénérescence libérale-libertaire de notre société, mais parfois il suffit d'une étincelle, ou de ce genre de détail pour que les personnes n'en puissent plus et refusent d'encaisser sans broncher les coups portés à leur foi, leurs convictions profondes.

     

    Bien sûr, c'était encore bien timide et voire même bien maladroit ; il y avait Frigide Barjot lançant à la foule des « Manifs pour tous » : « les homos on vous aime », ce qui allait de soi pour la majorité des chrétiens présents dans les cortèges, ce qui n'était même pas une question, il y avait tous ces manifestants bien sages affirmant presque apeurés qu'ils n'étaient pas si catholiques que ça, et que surtout surtout ils n'étaient pas exactement de droite en se définissant, je cite, comme « apolitiques » ou « sans étiquette ».

     

    Des maladresse...


    Il semble que nous soyons encore un tout petit peu dans un pays respectant la liberté d'expression, liberté d'expression qui se conçoit pour les arbitres des libertés et du progrès progressiste quand on va dans le sens qu'ils ont décidé pourtant ils ont mis tous les participants de « LMPT » dans le même sac bien commode des « fachos » bien entendu nostalgiques des « z-Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire » (TM°). On attend, on attendra vainement je pense, les excuses de ce jeune homme homosexuel qui a subi une agression haineuse et inqualifiable dont il avait attribué un peu vite la responsabilité et la violence aux manifestants derrière Frigide...

     

    politique; LMPT, "Veilleurs", société, christianisme, UMP, PS, Nathalie Cause-toujours Mauricette

    Se dire « sans étiquette » ne servait donc à rien puisque de toutes façons, la plupart des z-observateurs et des « belles consciences » conchiait tout les participants au cortège par les mêmes injures et qualificatifs disons rapides.

     

    Le tout laissait espérer un questionnement réel, et salvateur, sur notre société dont les bases sont l'argent-roi, le pouvoir du tout économique et l'égoïsme tout-puissant, avec leurs corollaires que sont le darwinisme social, l'eugénisme en application la chosification du corps humain, celui des femmes précaires qui vendront leur ventre pour la GPA, celui des enfants à naître qui ne seront rien d'autres qu'un objet qu'on s'achète car on en a envie et les moyens. Certains, dans le mouvement initié par Frigide, mais aussi parmi les promoteurs de la loi Taubira ont cru, ou feint de croire, que la GPA n'étant pas dans le texte proposé au vote des deux assemblées, il n'en serait pas question avant des lustres alors que c'est la suite logique, et qui adviendra, de cette mesure encore une fois sociétale et surtout clientéliste.

     

    Ce questionnement aurait pu laisser espérer un mouvement dynamique, une réaction, n'ayons pas peur du mot, un bouillonnement intellectuel et l'union de tous ceux qui refusent les bases iniques de notre société.

     

    politique; LMPT, "Veilleurs", société, christianisme, UMP, PS, Nathalie Cause-toujours Mauricette

    Au lieu de cela, nous avons des anciens manifestants de « LMPT » qui appellent à voter NKM à Paris, une des pires représentantes du système, et qui sont dans ses comités de soutien, candidate qui était pourtant clairement partisane du « mariage pour tous ». Nous avons également le mouvement des « Veilleurs » qui est bien sympathique, qui est paisible, mais qui ressemble fortement à un « happening » festiviste qui participe du « Barnum spectaculaire » (TM°). Muray le dit dans « Festivus », au festivisme il faut un ennemi bien identifié, un repoussoir caricatural. La « veille » devrait être finie depuis longtemps, maintenant il conviendrait de se ré-veiller.

     

    Au lieu de cela, nous avons comme d'habitude en France en politique un combat des chefs et des ego chacun prétendant que « c'est l'autre qu'a commencé », chacun s'attribuant la paternité, ou la maternité, du mouvement de masse qui a agité quelques temps la France sans parler de l'attitude déplorable que l'on a pu constater envers Frigide clairement punie par « l'establishment » (TM°), dont elle fit partie un temps, aussi prudente qu'elle ait pu être. Cela : sortir du rang, de l'« habitus » politique normé, il ne le tolère pas, surtout ceux qu'il fait bénéficier de ses mânes. Et les catholiques sont retournés bien camouflés dans leurs églises, chez eux et entre eux dans les grandes célébrations sur-affectives charismatiques dont ils pensent sincèrement pour beaucoup que cela compense le reste...

     

    politique; lmpt,"veilleurs",société,christianisme,ump,ps,nathalie cause-toujours mauricetteQuelques temps la France fut agitée, et eut une réaction, quelques temps seulement, car depuis, excepté quelques irréductibles et « purs », chacun est rentré docilement dans les rails et l'allégeance habituelle...

     

    Espérons seulement que ce ne soit pas pour trop longtemps.

    photos de l'auteur, Amaury Watremez

     

    Post-Scriptum : L'auteur de ces lignes qui a participé à chacune des manifestations a été pris en photo dans la PQR locale, Paris Normandie du 27 mai 2013, ce qui lui a valu d'être immédiatement rejeté, ostracisé dans son quotidien, et j'en passe, encore maintenant, ce qui en dit long sur la capacité de tolérance de celles et ceux qui en font sans cesse la leçon.

    Jean-Paul II le disait déjà en 1978, beaucoup mieux que moi, "N"ayez pas peur"

  • Arsène Lupin s'est fait avoir par la camarde

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    3499749_3_7c33_georges-descrieres-en-costume-d-arsene-lupin_852cea39400c1318b819315bcf35227e.jpg

    portrait de Georges Descrières devant l'"Aiguille Creuse" prise sur le site du monde


    Arsène Lupin, alias Georges Descrières, est mort hier. Si les flics des bourgeois, et leurs séides, n'ont jamais mis la main sur l'Arsène, la Camarde, cette vieille salope, a eu raison de lui. Avec lui s'en va aussi une certaine idée de la télévision, et de la fiction à la télévision, et une exigence de qualité. Avec Arsène, mais aussi avec d'autres personnages, et d'autres auteurs, c'était l'adaptation littéraire pour tous le samedi après-midi sans que personne ne s'esbaudisse devant tant d'audace (note l’allitération).


    Avec lui c'est aussi une part de mon enfance qui s'en va, saleté de Camarde...


    C'était le premier héros auquel je me sois identifié : un voleur élégant qui aimait les jolies femmes qui ridiculisait les bourgeois positivistes de son époque déjà persuadés d'être des phares de l'humanité alors que déjà ce n'était que des profiteurs sans vergogne et des esprits étriqués. Le fait qu'ils se soient débarrassés de leur hypocrisie morale notoire depuis "Soissantuite" ne change rien. L'Arsène n'aurait pas aimé l'époque actuelle, la mentalité petite bourgeois triomphe partout, même chez les pauvres et les larbins. Il se moquait aussi de toute autorité et traitait d'égal à égal avec le Kaiser qu'il appelait de son petit nom, pour la France (dans "813").


    Cerise sur le gâteau, chaque épisode se terminait par une chanson de Dutronc, autre pseudo dilettante, sale gosse qui a toujours aimé moquer le "bon goût" et les prétentions, vanités et autres folies bourgeoises. Arsène déplaisait aux calotins, aux purotins, aux financiers, aux banquiers, aux moralisateurs, aux imbéciles en général...


    Et Descrières était un de ses meilleurs interprètes. On ne lui en voudra pas de s'être compromis plus tard dans des "nanars" giboyeux (la série des "Mon curé chez..." où il jouait l'évêque dudit curé)...


    Ci-dessous la chanson de Dutronc

  • « Lolita » ou l'obscènité matérialiste de notre société

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    littérature, cinéma, société, Lolita, hypocrisie, nymphettes« Lolita » de Nabokov raconte l'errance à travers les Etats Unis d'Humbert Humbert, le narrateur, professeur de français anglais, pédophile (pédophilie sur laquelle Nabokov est sans équivoque), avec sa fille adoptive, Lolita, dont il a épousé la mère uniquement pour la passion qu'il éprouve pour la fillette. Nabokov ne se place jamais en moralisateur, en donneur de leçons d'exemplarité. Il fait d'Humbert Humbert un personnage complexe, humain, nuancé, et non un monstre d'un bloc. Il faut préciser que l'auteur prend ses lecteurs pour des adultes et non pour des gosses immatures qui n'aurait aucune capacité de réflexion. « Lolita » de par son sujet et le traitement qu'en fait l'auteur ne serait plus édité en 2013, mais pas du tout pour les mêmes raisons invoquées dans les années 60.

     

    Ces raison à l'époque et maintenant, ces bonnes intentions, ne seraient que des prétextes fallacieux car ce que reprochent les censeurs d'alors et ceux de maintenant à Nabokov c'est surtout de tendre à toute notre société libérale libertaire en dégénérescence un miroir qui renvoie un reflet peu flatteur, l'adaptation de Kubrick, teintée de dérision « mitteleuropéenne » et d'un sens du grotesque qui vient des mêmes racines étant encore plus insistant là-dessus :

     

    Humbert Humbert y incarne ce qui reste de la civilisation occidentale, qui se leurre sur son dévoiement par un matérialisme envahissant et tout-puissant. Lolita est une allégorie de la jeunesse occidentale élevée au lait de l'hyper consumérisme, de l'égoïsme roi, du pseudo individualisme du consommateur, de la banalité élevée au rang d'art noble. « Lo » regarderait les « zoos humains » de téléréalité, et se pasionnerait pour les « boys band jetable ». Elle est « chosifiée » par son beau-père incestueux, elle n'est plus vraiment une personne pour lui mais son fantasme réalisé tout comme ces ados à peine pubères, anorexiues et tristes, qui sont données en pâture à notre époque comme parangons de beauté.

     

    Les deux personnages traversent une Amérique apparement de « carte postale », dorment dans des « motels » rutilants, mangent dans des « dinners » de la « junk food » qu'apprécie Lolita et roulent sur des autoroutes poussiéreuses dans un paysage de panneaux publicitaires géants et colorés, comme dans les films hollywoodiens exaltant ce genre de fantasmes idéalisants de l'Amérique et portés aux nues, enviés, rêvés par les occidentaux depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La petite est également un personnage complexe, ce n'est pas qu'un archétype, si elle paraît se satisfaire de cette vie et « prendre l'initiative » un soir, au fond Nabokov souligne qu'elle vit particulièrement mal ces tribulations où elle est le jouet d'un adulte dévoyé.

     

    Clare Quilty, (« clare guilty », clairement coupable), la « némésis » d'Humbert Humbert et son rival quant à Lolita, qui les poursuit tout au long du livre prenant un malin plaisir à persécuter et torturer le beau-père indigne de Lolita ravagé par des scrupules et remords au fond hypocrites car ses pulsions sont toujours les plus fortes, lui enlevant l'objet de sa convoitise, le laissant désespéré. Clare Quilty est un Humbert Humbert qui a perdu toute culpabilité à vivre son dévoiement et ses vices les plus abjects, ses « plaisirs tristes » les plus vils, et qui le sait très bien, et qui s'en fiche complètement, ne songeant qu'à son plaisir, n'ayant strictement aucune altérité, aucune empathie, et ce volontairement.

     

    Clare Quilty se comporte exactement comme les privilégiés de notre société qui ont trouvé dans « Maissoissantuite » (TM°) un alibi afin de se « libérer » une bonne fois pour toutes de leur culpabilité morale, et de vivre leur a-moralité foncière et totale au grand jour sans se cacher derrière un paravent hypocrite de moralisation sociale. Encore pire que Quilty, ils ont développé des prétentions sociales absolument hors de propos, et ont maintenant la vanité de jouer un rôle de guide des autres classes, d'exemples à suivre, donnant des leçons sans vergogne à toutes les autres couches de la société, des leçons qui ne les concernent pas.

     

     

    Ces privilégiés, leurs idéologues et larbins, détestent pour toutes ces raisons « Lolita » de Nabokov, et de Kubrick sur lesquels ils ont jeté un regard distrait et superficiel en attendant du scabreux et du croustillant qui ne sont ni dans le roman, ni dans le film, se parant pour justifier leur censure de la protection des plus jeunes. Mais au fond, ce dévoiement, et en particulier la pédophilie que d'aucuns justifient sans vergogne parmi eux, qu'ils feignent pourtant de dénoncer, ce qu'ils refusent également de constater, provient surtout de leur mode de vie libérale-libertaire et donc d'eux-mêmes. Ils sont comme ces personnes que la vue d'handicapés physiques rend mal à l'aise car ils y voient l'incarnation de leurs tares morales et intellectuelles.

  • Des gosses généreux pour Leonarda, ou l'Enfer pavé de bonnes intentions

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    politique, société, spectacle, barnum consumériste (TM°), hypocrisieLes jeunes qui manifestent et bloquent leurs lycées pour Leonarda, cette Rom en situation irrégulière emmenée devant ses camarades, ne sont pas de mauvais gosses, cela part d'intentions généreuses et certainement pures, d'un désir d'absolu mal compris, mal canalisé, mais ils se font manipuler et se fourvoient complètement. Comme beaucoup d'adolescents qui ne sont jamais partisans des représentants de l'autorité, ils pensent qu'ils sont du côté de « Robin des Bois » contre les oppresseurs. En grandissant, en mûrissant, en théorie, l'adulte comprend que les situations sont plus complexes que ça, qu'il n'y a pas de noir, pas de blanc mais une infinité de nuances de gris.

     

    Bien entendu, ils ne voient pas, du fait d'un « bourrage de crâne » continu depuis des décennies, que cette misère atroce et cette immigration clandestine massive de par celle-ci sont surtout dues à une politique européenne essentiellement monétariste et hyper-libérale par essence, sous la coupe du pouvoir « tout-éconnomique », qui détruit les classes dites moyennes et enrichit un peu plus ceux qui sont déjà riches à milliards, politique européenne que l'on présente comme irréversible et fondée sur des bonnes intentions humanitaires et vaguement, très vaguement, humanistes.

     

    Ils ne voudraient pas voir non plus, car ce serait incofortable pour leurs certitudes, que c'est à cause de ce système consumériste dont ils profitent à plein, qu'ils font vivre en achetant un nouveau « smartphone » ou n'importe quel autre gadget électronique tous les deux mois, que naît en grande partie cette misère. Et que résoudre au moins en partie la douloureuse question de la misère ne se fait pas en partant de bonnes intentions qui ne suffisent pas. Et que si il y a la profonde misère matérielle, il y a aussi la profonde misère morale des peuples européens à qui l'on a fait comprendre que la foi et les grands idéaux d'antant ne servaient à rien, ne menaient qu'à la guerre, et qu'ils convenaient donc d'y renoncer.

     

    Rappelons à ce propos que les plus virulents à dénoncer le scandale de la misère des Roms ont été l'ancien Pape, Benoît XVI, et le nouveau, le Pape François que les chrétiens de progrès progressiste feignent d'aduler, étant visiblement sourds quant aux demandes de manifestations concrètes de charité et de partage...

     

    Il est bien sûr à noter que lorsque certains parmi ces jeunes désirent aider leur prochain par des réalisations tangibles la plupart des adultes, qui sont eux des personnes raisonnables, posent tellement de conditions, de cadres, de normes, de standards, d'idéologie, que ces jeunes généreux sont finalement découragés de faire quoi que ce soit, qu'on ne les laissera pas mener à bien surtout car fond la plupart du temps les adultes n'ont pas envien de faire tous ces effrots auxquels ils ne croient plus.

     

    Ces manifestants sincères et raisonnés sont une infime minorité, car il y a tous les « suivistes » et « opportunistes » du mouvement afin de « sécher » qui une heure de maths avec madame Lagneau qui a une moustache sur la lèvre supérieure, qui une heure d'histoire pour ne pas subir monsieur Meignant et son collier de barbe étrenné en 1973 avec son « baise-en-ville » en cuir. Et puis il y a évidemment tous ceux qui ont envie de traîner en ville à dragouiller et rêvasser à la terrasse des cafés, toutes occupations qui sont loin, j'en conviens, d'être malsaines.

     

    Pour eux, je n'en jugerai pas, mais pour ceux qui les embrigadent et manipulent, pour les tireurs de ficelles, je doute que ceux-là soient prêts à partager leurs richesses, à installer des Roms chez eux, voire à se démettre de l'un ou l'autre privilège ou z-acquis social afin de remédier à la pauvreté endémique de ces populations en France, en Roumanie, ou en Yougoslavie. Ces sacrifices matériels concrets, curieusement, je n'en entends jamais parler à de rarissimes exceptions.

     

     

    Après tout, dans une situation dont on nous dit partout que c'est une situation d'urgence, à peur près depuis Hiver 54 chaque hiver, et même avant, il faut préconiser des solutions d'urgences, des solutions radicales, mais là encore il y a loin de la coupe aux lèvres...


    image prise sur le site de "Le Parisien"

  • Les cons osent-ils tout ?

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    Dédié à Pascal Avot, génie méconnu de la littérature, libéral avoué, qui m'a fait virer d'un groupe consacré à Philippe Muray car trop critique envers le libéralisme. Je trouve ça intéressant d'être viré d'un groupe consacré à Muray, qui n'était pas exactement libéral, car politiquement incorrect en somme...


    La question du titre une excellente question sans me vanter ami lecteur, question à laquelle ce texte apporte un début de réponse...

    Enfin je crois.

    politique, bedos, morano, humour citoyen, Bedos me faisait beaucoup rire de son vivantCe n'est pas que j'aime beaucoup madame Morano qui est une libérale-libertaire de la plus belle eau.

     

    Si je faisais preuve de mauvais esprit, ce qui n'est jamais, au grand jamais, mon cas, il aurait même pu m'arriver de moquer ses sorties toujours flamboyantes, ses petites phrases que l'on peut trouver, d'un point de vue « diplomatique » disons « maladroites », lui rappeler ce que Desproges disait du fait de porter plainte devant monsieur le juge car un méchant a suggéré que vous étiez con (dans le réquisitoire contre Jacques Séguéla). Oui, j'aurais pu, et d'ailleurs, pour tout avouer, monsieur le curé, oui j'ai péché, j'ai vraiment péché, je l'ai fait.

     

    Je n'ai jamais su résister à un « bon » mot ou une répartie qui fait rire, l'envie de mettre les pieds dans le plat pour ridiculiser les beaux esprits, les bons apôtres et les précieux se donnant une autorité morale qu'ils ne mériteront jamais, au risque de me créer de solides, et puissantes (puissantes tout est relatif certes mais quand même) inimitiés.

     

    Par contre, Bedos me faisait beaucoup rire de son vivant, j'aimais beaucoup les sketchs « Nazareth » mais aussi « Paulette », merveille de causticité, et aussi ses duos avec Sophie Daumier, voire plus tard « la drague », « Toutes des salopes » ou le morceau du footballeur homosexuel. Plus tard, quand Bedos est devenu le premier comique « citoyen » à humour « civique » et dérision « contrôlée » et militante, beaucoup moins. Mais je ne vais pas manquer de respect à un défunt, à ce merveilleux ami de Dieudonné, ce comique « antisioniste » tellement fort et tellement audacieux, tellement drôle aussi dans un autre genre de comique « militant », qui a le « courage » insigne de rigoler franchement avec Auschwitz, par exemple, ce qui est d'une grande élégance morale on notera.

     

    Pour faire un aparté ami lecteur, le mot militant est de toutes façons pour moi le symbole même du sinistre, du grisailleux, de l'Ennui, le mortel Ennui, quel que soit le militantisme pris comme prétexte, quelles que soient ses bonnes intentions. Les militants sont toujours, à de rares exceptions, dans l'instinct grégaire, l'obéissance au chef, tout ce qui a une voix puissante et bien modulée.

     

    Un imitateur lui aussi parfaitement sinistre de Bedos, qui touitte parce que s'il est vieux, il n'en est pas moins con-cerné aussi par les nouvelles technologies, a traité madame Morano de « conne » voire de « connasse » ou de « salope » dans un de ses spectacles. Manque de chance pour ce copieur sans talent de l'humoriste maintenant disparu, madame Morano a porté plainte pour « injures publiques ». Pour lui répondre, le pseudo humoriste invoque sans rire son « droit à l'humour ». Loin de moir l'idée de dire que cet imitateur n'est pas la moitié d'un con, je n'oserai jamais, ce n'est pas du tout mon genre.

     

    Certes l'injure peut être drôle quand elle est commise avec esprit, finesse et intelligence, de l'Arétin à Léon Bloy ou Léon Daudet, qui avaient tous deux le sens des formules exactes et drôles, ridiculisant un imbécile en deux mots, sans oublier le fabuleux journal de Jules Renard ou les élégantes et fielleuses mémoires de Saint Simon. Et le vil copieur de Bedos dont nous parlons oublie que loin d'être drôle le fait de traiter quelqu'un de connard peut simplement se concevoir comme une constatation objective. La connerie est toujours objective, même si bien sûr nous sommes tous plus ou moins cons, à différents degrés, à différents moments, le tout étant d'en être conscients, et que l'on est toujours le con d'un autre.

     

     

    Il y autre chose qui me gêne beaucoup dans les blagues sur Nadine Morano dans « les Guignols » ou « le Petit journal », spécialistes du tir sur ambulances, c'est le mépris inavoué de classe que l'on distingue souvent derrière les plaisanteries. Car cette dame est une élue qui est, qu'on le veuille ou non, réellement issue du peuple, contrairement à tous ces édiles et éditorialistes qui se connaissent tous, sont tous du même milieu et ne se fréquentent qu'entre eux, cooptant parfois selon leur bon plaisir l'un ou l'autre de leur larbin (attention je ne prétends rien sur madame Morano qui doit son élévation à de hautes fonctions à ses seules compétences et mérites, attention).


    Et c'est ainsi qu'Allah est grand...


    image empruntée ici

  • Ce léger détail qu'on appelle la démocratie - à propos de Brignoles

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    Un article de Philippe Tesson sur le sujet

    Dédié à Adrien Bisson

    1246660474_brignoles.jpgEn démocratie existe un « truc », un « machin » bien gênant qui s'appelle la liberté d'expression liée à la liberté de vote. Je dis que c'est bien gênant, ami lecteur, car quand le peuple ne vote pas ce que l'on lui dit de voter, ne manifeste pas là où on l'encourage à manifester et, l'ingrat, n'en fait qu'à sa tête, le peuple est tenté soit par le populisme, soit par le poujadisme et tout ça l'un dans l'autre entraîne un risque, mon bon monsieur, de retour aux z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°).

     

    En appeler au risque de retour des HLPSDNH permet surtout d'éviter soigneusement de se poser les questions des raisons du vote FN ou du rejet par les français d'une grande partie du monde politique qui sont toutes les insécurités qu'il subit en ce moment :

     

    Financière, d'emploi, bancaire, surtout du fait des fichus critères de convergence budgétaires européens, sociale, l'insécurité dans la rue, l'insécurité du fait de conflits ethniques maintenant bien implantés en France, l'insécurité due au désengagement de l’État mais aussi des catholiques, des partis, des éducateurs, des parents, de leurs responsabilités propres sans oublier l'insécurité fiscale (non, non, non pas d'augmentation en 2013 avait dit notre président, surtout pas pour les ménages précaires).

     

    Là bien entendu, si le peuple continue à n'en faire qu'à sa tête et ne pas tenir compte des risques de fââchiisme, s'il ne suit pas les fronts (de taureau) républicains, c'est que dans le peuple il n'y a que des beaufs ou des franchouillards, des rââciistes, des petits blancs et des nostalgiques de Pierre Poujade qui, si ça se trouve, ne regarde jamais les feuilletons d'Arte, ne va jamais aux spectacles tellement drôôôles et citoyens de Jean-Michel Ribes et qui n'est même pas allé voir « la Vie d'Adèle », le fameux porno lesbien à alibi « intello ».

     

    C'est un discours finalement assez primaire, violent, des plus simplistes et toujours teinté de mépris petit bourgeois envers les « basses » classes qu'il n'y a pas si longtemps, les privilégiés appelaient les classes « dangereuses ».

     

    Le petit, comme le grand, bourgeois, croyant bêtement que cela camoufle ses privilèges pour lesquels il ressent encore quelque culpabilité, se donne des prétentions sociales, politiques et culturelles (bien entendu, cependant, quand des SDF campent sous ses fenêtres pour dénoncer leur précarité il ne faut pas que ça s'éternise, tout comme la présence de Roms aux endroits où il a ses habitudes pour les vacances, ou ses « ouiquendes »).

     

    A ce moment là, quand le peuple n'obéit plus, quand il contredit la pensée dominante, il est alors de bon ton d'en appeler à la résistance « civique », consistant donc à nier aux autre citoyens le droit de voter autrement que ce que l'on voulait leur imposer, mais attention, pas une résistance qui impliquerait entre autres de renoncer aux quelques avantages dont on dispose, non, non, non, une résistance qui fait que l'on garde son « rond de serviette » dans les émissions politiques qu'elles soient d'« infotainement » ou réputées, je bien réputées, plus sérieuses, que regardent ou écoutant ces salauds de « beaufs » ingrats, ces « cons » séduits par des démagogues et tentés par le populisme.

     

     

    On parle de résistance car on aime bien la démocratie, mais seulement quand elle va dans le « bon » sens dont les bourgeois qui pensent affirment que c'est celui du progrès progressiste, bien évidemment celui qui protège leur acquis. Si d'ailleurs il est tenté de toucher à ces privilèges là encore, air connu, on en appelle aux mêmes dangers signalés plus haut. On pense également dans ce cas que cela empêchera toute réflexion à ce sujet.


    vue de Brignoles prise ici

  • Ecorché, cynique, misanthrope et humain comme le docteur House

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    à propos du livre « Docteur House l'esprit du shaman » éditions du Boréal , Martin Winckler

    télévision, société, politique, House, misanthropie, pitoyables primatesJ'avoue tout ami lecteur, je suis un fan de cette série mais pas tout à fait pour les mêmes raisons que d'autres. La première fois que je l'ai regardé, j'ai été sidéré de retrouver chez un héros de feuilleton les mêmes blessures, la même manière de percevoir le monde et de s'y heurter, la même appétence à mettre les pieds dans le plat par passion de la vérité, ou de ce qu'il estime être la vérité, et le même désir de déchirer le voile des compromis sociaux, ce qui est un comportement dangereux dans notre société où la soumission à l'esprit de troupeau et aux puissants, fussent-ils libertaires, aux autorités, aux lieux communs qui tiennent lieu d'opinions à de nombreuses personnes, est un fait acquis. House n'a aucun respect ni pour l'autorité, ni pour ce que pense la foule.

     

    Toutes raisons pour lesquelles j'ai pensé que « Docteur House », ayant pour héros un écorché vif misanthrope et apparement cynique, descendant d'une longue lignée d'anti-héros, dont Sherlock Holmes, ne durerait pas très longtemps vu sa conception très sombre de l'humaine espèce.

     

    Martin Winckler, médecin et écrivain, a écrit ce petit livre sur ce personnage, le docteur Gregory House, à l'immense popularité à première vue paradoxale, pendant huit saisons, car se permettant constamment tous les outrages contre la bienséance contemporaine, politique, hygiéniste et sociale, toute aussi hypocrite que l'ancienne voire plus car se parant des oripeaux de la liberté. Je dis bien paradoxale, car au fond cette bienséance est très superficielle et sous le vernis d'altérité et de souci vaguement humanitariste de l'autre, de la diversité, des communautés, se cache un égoïsme profond. « Tout le monde ment » dit House, lui compris, ce qu'il admet sans difficultés, la différence étant qu'il ne triche pas avec ses faiblesses, et tout le monde se ment plus ou moins.

     

    L'auteur de cet essai analyse le personnage en utilisant les adjectifs qui lui sont habituellement accolés. Parfois il contredit les préjugés sur le cynisme supposé du personnage, sur son absence supposé de sentiments voire de compassion, et son goût certain pour bousculer les conventions, les certitudes et les préjugés. Il montre aussi que c'est surtout un homme blessé de par son hyper sensitivité au monde. C'est le problème des personnes dotés d'un minimum de cervelle, percevant mieux le monde qui les entoure, elles en ressentent également mieux les manques et les médiocrités, sa bassesse et parfois son abjecion satisfaite, et parfois elles osent se demander ce qui légitime l'autorité de ceux qui s'en réclament.

     

    Cette série est populaire car elle permet à l'employé coincé dans son « open space » aliénant, au salarié subissant sans broncher un chef de service débile, au fonctionnaire ne supportant plus son travail de se défouler par procuration tout en continuant de se comporter en esclave soumis, docile et polyvalent le reste du temps. C'est un peu comme la sainteté, l'héroïsme ou la bonté, c'est toujours mieux de la porter aux nues chez les autres, et non d'essayer de trouver en soi-même des ressources pour épanouir ces qualités chez soi.

     

    Ainsi que le souligne l'auteur de cet ouvrage, ce n'est pas vraiment les intrigues médicales qui font l'intérêt de « Docteur House ». Elles sont généralement parfaitement irréalistes et exagérées, même si toujours inspirées d'anecdotes réelles. Il faut bien pour dramatiser les enjeux accélérer les maladies, et les analyses demandées par les médecins qui reviennent dans l'après-midi ou au pire le lendemain, ce qui dans la réalité est hautement improbable.

     

    Ce qui fait l'intérêt de cette série c'est ce que les énigmes médicales révèlent de notre société, de ses mensonges, de ses multiples hypocrisies, de questions sociétales brûlantes jamais traitées sous un angle manichéen, et des personnages, en particulier House lui-même partagé par des aspirations complexes. Il aimerait bien parfois être comme tous les autres, ce serait plus confortable, mais il renonce quand même à cette pseudo-normalité qui est l'autre nom du conformisme confondu avec de la prétention par le pékin moyen qui ne supporte pas ce qu'il prend pour une envie de se distinguer.

     

     

    J'ai quand même une différence majeure avec House, je crois en Dieu, ce qu'il se refuse à se faire, ce qui ne l'empêche pas de se questionner souvent : ainsi dans l'épisode où il est fasciné par l'expérience de « Near Death » d'un patient qui l'a littéralement fait exprès, et qu'il en discute avec passion avec une religieuse dans un autre. Le fait de savoir que lorsqu'il y a de « l'homme il y a de l'hommerie » (de l'avidité, de la haine, de la sottise, de la violence etc...) et l'absence d'illusions sur ses congénères n'interdit pas la Foi, et la Foi en un Dieu incarné dont le triomphe est finalement complètement absurde aux yeux des autres pitoyables primates humains que nous sommes qui ont la vue courte.


    illustration prise ici

    ci-dessous quelques "housismes"

  • Famille avec un "F" majuscule

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    nouvelles-familles-fonder-le-droit-de-la-famille-sur-une-ethique-de-la-responsabilite-74885.jpgAu moment des grandes polémiques sur le « mariage pour tous », quand d'aucuns évoquaient les risques que cela faisait et fait toujours encourir à la Famille (ami lecteur, tu vas dire que je suis incorrigible mais je mets un « F » majuscule à famille par pure provocation ce qui entraînera le réflexe conditionné des esprits de progrès de me traiter de réactionnaire ce dont je me fous comme de ma première chaussette), les défenseurs de la loi Taubira clamaient que cela ne changerait rien et qu'il n'y aurait pas de changements anthropologiques majeurs ne voulant pas voir la chosification du corps des femmes, et en particulier des femmes précaires, ou la réification des enfants, le tout se marchandisant de par la GPA qu'il serait naïf de croire enterrée pour toujours alors que c'est la suite logique du « mariage pour tous ». Et qu'elle une des revendications essentielles de la "communauté" gay.

     

    Leur défense n'était d'ailleurs pas très argumentée, elle se situait surtout dans l'affectif et aussi dirais-je dans l'affectif ostentatoire (pour donner une bonne image de soi dans les milieux mondains « qui pensent ») quand ce n'était pas seulement dans l'injure de bas niveau (fââchiiste, cathofââchiiste etc...) :

     

    « J'ai des copains « pédés » (ça fait mieux de dire pédé qu'homosexuel, ça fait libéré des contingences bourgeoises) tellement sympâââs (geste), ils ont adopté un petit taïwanais tellement chouuu, je suis bien contente pour eux s'ils peuvent se marier, allons, ça changerait quoââ ? ».

     

    Alors, certes, oui, certes, la Famille traditionnelle n'est pas parfaite, ne l'a jamais été, et ne le sera jamais car « là où il y a de l'homme, ou de la femme, il y a de l'hommerie » mais c'est un des remparts qui subsistent encore un peu, un tout petit peu, contre le pouvoir du système tout économique, et la famille dite « éclatée » ou « monoparentale » ou « reconstruire » est encore pire pour les enfants, et les parents. La Famille a pratiquement disparue dans les faits. L'individu moderne se retrouve démuni, isolé, perdu au centre de « non-lieux » de plus en plus déshumanisés, au cœur d'une mécanique dont il ne devient qu'un rouage. Il lui est conseillé de s'en remettre à l'état, aux entreprises, aux intellectuels de progrès progressistes.

     

    De quoi se plaindrait-il ensuite ?

     

    De manquer d'humanité dans tout ça ? Ce qui pousse à croire que l'on peut retrouver un semblant de convivialité, de sentiments vrais et d'affection véritable en se défoulant par la violence, verbale ou non, de plus en plus abjecte sous couvert du pseudo anonymat du Net, ou en se répandant en « statuts » divers et variés, allant du mièvre au très mièvre, en passant par toutes les nuances de rose bonbon sur les réseaux dits sociaux qui tirent profit de toute cette misère intellectuelle et sociale, la perte des liens familiaux étant un des trois vecteurs, avec l'éducation et un travail salarié dont l'absence de l'un ou de tous peut conduire à cette affreuse pauvreté spirituelle qui devient la norme dans notre pays. Il en est même qui se réclament d'écrivains qu'ils n'ont pas lu pour singer la comédie de la rébellion dans leur « open space » et vomir leur haine de tout ce qui n'est pas eux.

     

    Il est souvent question « de recréer du lien avec Internet », beaucoup feignent de se réjouir de cette « réappropriation » par les usagers du savoir et de l'information que serait « la Toile », feignent dis-je, car un lien virtuel reste par essence virtuel. Mais c'est tellement plus commode de laisser croire en un Réseau des réseaux tellement positif, tellement fort qu'il en récréerait une société plus soucieuse d'altérité et créatrice d'une nouvelle « Common Decency ». C'est commode car cela permet de justifier le désengagement de l’État de l’Éducation ou des services sociaux, entre autres choses pour assurer le respect des règles monétaristes et hyper-libérale absurdes fixées par le marché concernant l'Union Européenne.

     

     

    D'ailleurs, est-ce étrange, mais tous les défenseurs entre autres de la Loi Taubira, tous les esprits de progrès, toutes les belles consciences ont un esprit de « Famille » au sens large encore des plus développé. Hors de leur « Famille » au sens large point de salut. Leur progéniture est protégée dans des établissements scolaires inaccessibles aux « vulgum pecus » à moins de faire acte d'allégeance au système, parlons par exemple de la fameuse école bilingue du XVème arrondissement où se retrouvent les enfants d'acteurs, de politiques de tous bords et de chefs d'entreprise, sans oublier tous les lycées parisiens dans lesquels on n'entre pas sans certaines conditions et Condition sociale. Nous resterons pudiques sur le clientélisme, le népotisme et le favoritisme dont elles sont des spécialistes chevronnés toutes ces belles âmes, se croyant légitimes elles et leurs gosses, leur copains, copines, coquins et coquines à en bénéficier...


    J'ai trouvé amusant de prendre la photo ici

  • Des mendiants ingrats - Fragments d'un journal en Palestine 18

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    couple-de-mendiants-marrakech.jpgAu Proche-Orient, particulièrement dans la « Vieille Ville » de Jérusalem les jours de marché, que ce soit Porte de Damas ou Porte d'Hérode, les mendiants, quand un passant met des pièces dans leur sébile ne répondent pas par un « merci mon bon monsieur » ou « merci mon prince » destiné à flatter l'autre dans sa vanité, et qu'ils redonnent quelques pièces la fois suivante ; ils disent, la main tendue vers le haut, agenouillés, le regard baissé par humilité envers le Créateur mais pas du tout envers ceux moins gâtés qu'eux par Dame Fortune :

     

    « Allah Yâtik ».

     

    Cela signifie littéralement « Dieu donne », ils rappellent en passant à ceux qui leur font l'aumône qu'ils ne font que redonner un peu des richesses qui leur ont été autorisées par Dieu, que leur richesse est permise par Dieu car entrant dans Son dessein, mais qu'en contrepartie ils se doivent de la partager selon un des cinq Piliers de l'Islam, au risque sinon de subir le courroux divin. Ils rappellent aussi à ceux qui leur font l'aumône que leur prospérité matérielle n'est pas grand chose aux yeux de Dieu.

     

    Ces mendiants ne sont jamais considérés comme inférieurs, comme de pauvres choses, ils sont à égalité avec les autres êtres humains qui les respectent et les logent l'hiver dans une maison que chaque quartier finance collectivement, sans que cela ne paraisse extraordinaire, bien que très souvent les personnes de ces quartiers ne sont pas beaucoup plus riches que les mendiants eux-mêmes. J'aime beaucoup cette idée de la pauvreté, beaucoup moins hypocrite que l'occidentale, qui implique de verser quelques larme insincères le plus souvent, avant de rentrer chez soi au chaud dans un confort douillet.

     

    Selon nos critères occidentaux, ces mendiants font preuve d'ingratitude. En effet, dans nos contrées, un mendiant, un pauvre, une victime a surtout un rôle officieux : mettre en valeur celui ou celle qui consent à les aider, aide qui n'est que rarement gratuite. Je ne m'exclus d'ailleurs pas du lot, nous attendons tous plus ou moins que ceux que nous aidons nous rendent quelque chose en échange, nous renvoient une image de nous-même qui soit la moins péjorative possible. L'occidental également aura cet autre travers déplorable consistant à donner son avis et juger de la solidarité et de la fraternité du voisin, ne remettant jamais, au grand jamais, celles dont il fait preuve quant à lui ou elle concrètement.

     

    Bien souvent, ainsi que le Pape François vient de le rappeler à propos du drame de Lampedusa, tout comme ses prédécesseurs l'avaient fait à travers la doctrine sociale de l’Église, les chrétiens occidentaux eux-mêmes, les catholiques en particulier, choisissent ce qui les gênent le moins possible dans leur identité et laissent de côté ce qui impliquerait des efforts réels quant au prochain.

     

    Ce que dit le prêtre dans son homélie sur les pauvres, sur Dieu et l'argent, fût-ce le père Zorkine, ce que l'on entend de l’Évangile, c'est bien joli, mais ça ne s'applique pas une fois sortis de l'église. Et ainsi que me l'expliquait un prélat qui refusait de regarder autour de lui à Jérusalem, l’Évangile se place à un niveau d'abord « spirituel » ce qui selon lui excluait des actes tangibles d'altérité et de partage. Il ne s'agit pas de révolution ni même de politique mais d'être un minimum cohérents aussi sur ce plan.

     

    Enfin, si l'on participe à LMPT aux aux « Veilleurs » c'est surtout parce que l'on considère que la morale chrétienne est surtout un instrument de régulation sociale, qu'il est commode de la réduire à la seule morale individuelle, et de surtout refuser de voir les causes de l'a-moralité actuelle qui sont dans le pouvoir absolu du « tout économique » ainsi que Sylviane Agacinski le rappelait incidemment dans une interview au sujet de son livre « les corps en miettes » justifiant par là son opposition à la GPA.

     

     

    En écrivant ce texte, je songe aux mendiants de la « Via Dolorosa », aux vieilles bédouines qui vendaient leurs herbes aromatiques pour quelques pièces, aux petits voleurs en guenilles, et aux moment d'humanité que je leur dois aussi à Jérusalem. Je me rappelle aussi de Léon Bloy, « mendiant ingrat » et chercheur d'Absolu, très seul dans la société de son temps pour ces deux raison, tout comme Bernanos.

     

    image empruntée ici

  • De quelques réflexes conditionnés en politique

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    pavlov10.jpgAmi lecteur, je m'en vais te raconter une historiette qui aurait pu être charmante démontrant qu'il existe en politique en France, dés que tu affiches telle ou telle conviction, des réflexes conditionnés. Pavlov avait besoin d'un diapason pour faire saliver son célèbre chien, dans le cas des réflexes conditionnés en politique, même pas besoin d'ustensile, le mot seul suffit, ou même un simple « bruit qui court » ou « on-dit », ou impression fugitive, Internet amplifiant cela et agissant comme une sorte de super-loge de concierge.

     

    Ainsi ce matin, m'en allant vaquer gaiement (je t'assure je vaque toujours dans la joie et la bonne humeur), sachant que j'étais de droite, parce que je suis de droite comme elle crut bon de préciser, ce que je ne cache certes pas ou plus, une collègue m'accueillit en allemand, ce qui est subtil et fait preuve d'une « kolossale » finesse, d'une dérision « citoyenne » et salutaire en ces temps ou les HLPSDNH (TM°) menacent :

     

    « Guten Morgen »

     

    Ce à quoi comme je suis poli je répondis obligeamment ce qui est normal ; et je le comprend car bien entendu je viens travailler en culotte « tyrolienne » :

     

    « Danke Schön ».

     

    Pour elle, être de droite, c'était obligatoirement être soupçonné d'être d'extrème-droite, voire un nostalgique des totalitarismes, un « fââchiiste » camouflant son « fââchiisme ». Elle suivait en cela le vieux conseil de Staline suggérant de traiter les hommes, et femmes, de droite, de fascistes, ce qui les force à se justifier et les empêche d'argumenter sur le fond. Comme d'autres, elle avait bien assimilé le dressage idéologique qui fait qu'un mot, une phrase, un comportement entraîne automatiquement une réaction réflexe.

     

    Il y a aussi le mot catholique, ou le carillon d'un « Angélus », qui engendrent d'autres sortes de réflexes conditionnés :

     

    Une moue condescendante, l'évocation de l'Inquisition, la réputation des catholiques tous « culs serrés » et « mal baisés », voire pas baisés du tout, la pédophilie dans l’Église et le mariage des prêtres, un discours bien senti sur la laïcité que les catholiques sont les premiers, c'est connu, à mettre en danger en France. Depuis quelques temps, un nouveau réflexe conditionné impose de trouver le pape François « super » mais que les « réformes elles bloquent passque l’Église il y a trop de conservateurs » (comme dans les surgelés Picard (TM°)).

     

    Je ne vais pas faire la liste de tous les autres réflexes conditionnés politiques, dont ces épithètes hors d'âge dont s'affublent les tenants, ils sont peu nombreux en fait mais on les voit partout, des idéologies libérales ou socialisantes, qui n'ont plus grand chose de révolutionnaires s'en tenant au sociétal. C'est comme appuyer sur un bouton, et l'idéologue croira dans le même temps pouvoir refiler sa « vulgate » en passant. L'on pourrait également parler des idéologues religieux, dans ou hors de l’Église, c'est du même tonneau. Hors de leur courant plus ou moins sectaire, ce qu'ils assument, point de salut.

     

     

    Il y aussi ces réflexes conditionnés sociaux, extrêmement pénibles à notre époque : une personne bien élevée, gentille, serviable, respectueux, et travailleuse sera toujours plus suspecte un peu partout, du « grand bain des névrosés » au privé, qu'une personne acerbe, agressive, paresseuse et incompétente, beaucoup plus respectée. D'ailleurs parler d'éducation engendre un réflexe immédiat : on est traité soit de bourgeois, soit de prétentieux ou de réactionnaire pour ceux qui ont encore des bribes de culture politique. Ou alors une autre variante du réflexe conditionné est de faire la psychanalyse expresse et gratuite de la personne ayant reçue une bonne éducation. Si elle n'oublie pas sa bonne éducation c'est soit par névrose, soit parce qu'elle est au fond timorée.


    Bien sûr, et c'est souvent le cas, le dressage est considéré comme parfaitement réussi si la personne pense que ces réflexes viennent d'elle-même, ce qui est le cas dans 99;9% des cas...

    Hélas.


    image prise ici

  • Une très légère exaspération...

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    Haddock-nyctalope.jpgQue ressentir face à l'inertie des gouvernants français mais aussi des dirigeants de l'opposition, mais aussi celle des citoyens eux-mêmes, tellement passifs, si ce n'est moins qu'une légère, oh très légère, exaspération, et ce sur à peu près tous les sujets de société : l'économie, le social, le sociétal et le moral sans oublier l'éducation.

     

    Les jeunes actuels, ce n'est pas qu'ils soient mal éduqués, ils ne sont pas, dans leur grande majorité, éduqués du tout. Les parents ont renoncée à leur transmettre quelque idéal ou valeur, se sont bornés à les nourrir, les vêtir et leur payer les objets « totems » de notre société qu'un adolescent ou qu'un enfant se doit d'avoir dans sa poche ou de porter. Cette génération non éduquée ne connaît qu'une seule règle, voire deux au plus : la loi du plus fort, du groupe le plus nombreux, ou du plus riche, et celle de l'argent tout puissant.

     

    Ils ne liront jamais Ayn Rand, ne savent pas qui c'est, ne le sauront sans doute jamais, mais appliquent stricto sensu sa « philosophie » et son idéologie. Ce n'est pas des politiques de la ville ou de la sécurité pétries de bonnes intentions mais sans moyens concrets réels qui y changeront quoi que ce soit. A tout cela, ceux qui pourraient apporter une réponse se contentent d'entériner la situation ou de prôner la mise en place en somme de conservatoires sociaux afin de protéger ceux qui croient encore en une ou deux idées élevées.

     

    Ces idées un peu élevées sont de toutes façons systématiquement attaquées par la majorité des gens qui ne supportent plus de hiérarchiser -selon l'alibi qu'ils se donne- les priorités, dira-t-on, et qui prennent comme totalement arbitraires des conseils rationnels aidant à progresser. Ces idées un peu élevées ne favorisent pas la consommation, décourageraient l'hédonisme petit-bourgeois, et comme elles encouragent souvent l'altérité, l'empathie et la solidarité risqueraient de mettre à mal le système du « tout économique ».

     

    Ces enfants nous haïront prévoyait quelqu'un, peut-être mais ils nous haïront de ne pouvoir profiter de la société dite d'abondance comme nous et feront tout pour y arriver sans se soucier aucunement de l'avenir.

     

    La France traverse en ce moment un été indien, en attendant un automne pakistanais et un hiver birman mais cela ne choque pas grand-monde. Si, il y a des réactions, la télévision fait des reportages sur les têtes creuses tellement contentes de pouvoir se baigner en septembre, ou en octobre, sur les marchands de maillots de bains ravis de faire du « business » en plus mais personne ne se pose de questions sur les causes de ce qui est dans les faits un réchauffement général du climat, menant à une continentalisation climatique française : des hivers très froids, des étés très chauds et humides, et la disparition progressive des saison intermédiaires.

     

    Dans les faits, que ce soit l'industriel ou le conducteur lambda, tout le monde s'en fout et même pire encore la bagnole garde dans la « psyché » collective toute sa charge fantasmatique. C'est toujours un objet « indispensable » dont les propriétaires n'imaginent pas pouvoir se passer, un objet que l'on fait vrombir pour montrer combien l'on est « quelqu'un ». Ne parlons mêmes pas des pseudo-écologistes, « verts pastèque », perdus dans leurs luttes intestines et des conflits de personne. Il fera quatre degrés de plus d'ici quelques décennies qu'ils s'étriperont encore autour de leurs ego sur-dimensionnés d'opportunistes cyniques.

     

    Quant au sociétal, les uns demandent, je résume crûment mais c'est ça, à pouvoir baiser le plus possible avec le moins de culpabilité possible refusant que ceux qui parlent encore de morale, et qui la vivent, ils sont plus rares, les gênent en quoi que ce soit. Je me demande d'ailleurs en quoi ceux qui évoquent la morale les dérangent, car leur liberté devrait les laisser indifférents à tout discours semblant coercitif sur le sujet ?

     

    Dans les mouvements, souvent catholiques d'inspiration, comme « LMPT » (TM°) ou « les veilleurs » (TM°) cette a-moralité générale est critiquée, mais ses causes qui sont l'hyper-libéralisation de la société conduisant à la chosification de l'être humain ne le sont jamais. Pire encore, ces mouvements soutiennent des politiques qui sont de cette engeance hyper-libérale.

     

    Dans ces mouvements comme ailleurs dans l'Eglise, on parle aussi beaucoup d'accueil, d'ouverture, sans jamais l'appliquer vraiment, s'en tenant là encore aux grandes et belles intentions.

     

     

    De tout cela naissant, tu l'auras compris, ami lecteur, mon tout petit, minuscule, sentiment d'exaspération qui monte face à une société finalement sclérosée au dernier degré bien que s'imaginant au nadir du progrès.


    illustration prise ici

  • Je hais les dimanches consuméristes

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    sipa_00649565_000010.jpg





    Dédié à Jean Michel Aphatie, qui voudrait que tout le monde travaille le dimanche mais qui ne travaillera jamais quant à lui ce jour là...


    Dédié à ces électeurs de droite se disant aussi catholiques pour qui l'économie et le Chiffre d'Affaires en plus sont plus importants que la messe au fond, car la religion n'est pour eux qu'un alibi. 


    « Je hais les dimanches » chantait Juliette Gréco dans les années existentialistes. Dans les années 2010, elle les haïrait je pense tout autant pour ce que les français en font. Il ne faut pas dire son avis sur les pratiques sociales et culturelles des gens, il ne faut pas juger car « tous les goûts sont dans la nature » ma bonne dame et puis ceux qui jugent souvent c'est rien que des « prétenssieux ».

     

    « Pour qui qu'y s'prennent ? « 

     

    Du côté des z-intellectuels de progrès progressiste qui pensent pour nous, il est également recommandé de ne pas hiérarchiser, surtout pas, c'est mâââl, les pratiques des uns ou des autres. Bien sûr, là me vient tout de suite une question qui fâche : ce rejet de tout hiérarchie des pratiques est-il pratiquée par ces z-intellectuels déjà ?

     

    Tu vas voir ami lecteur, on va encore dire que je me moque, et là, ô suprème outrage, que je me paye la tête des « vraigens » simples et tout. Et on va encore dire que je suis rien qu'un méchant « prétenssieux », un réac, et autres noms d'oiseaux dont je me fiche complètement...

     

    Toute cette discussion sur le travail le dimanche montre encore une fois la vacuité totale des aspirations collectives et grégaires d'une bonne partie de la société gangrenée par le consumérisme à outrance, cette opération de décervelage intensif des masses depuis les années 50. Notons quand même que tous ceux qui sont favorables à l'ouverture des centres commerciaux et des autres magasins le dimanche ne travailleraient jamais quant à eux ce jour là. Le travail le dimanche c'est bon pour les autres, c'est bon pour que les salariés les plus précaires satisfassent l'envie du crétin moyen de rêvasser à ce quil pourrait s'acheter s'il était riche dans les rayons de supermarchés qui sont devenus les nouvelles et bien piètres « Agoras ».

     

    Tu remarqueras, ami lecteur, que le consumériste pour un de ces gortesques citoyens consommateurs, c'est toujours le voisin, mais soi-même...

     

    Le dimanche est devenu le jour où on se lève tard, on sort ensuite promener le chien, plus doucement que d'habitude. Une fois rentré de la ballade du clébard, on prend la voiture en habits décontractés « du dimanche » pour faire les cinquante mètres qui nous sépare de la boulangerie, dans le véhicule « du dimanche », le « 4X4 » rutilant qu'on n'utilise jamais en semaine, par peur de l'abîmer. Juste pour impressionner la boulangère et ses miches, et faire la nique aux voisins qui, ces ringards, vont à la messe et visitent des monuments après.

     

    Au repas du midi, on invite parfois les beaux-parents ou les grands parents pour les remercier d'avoir garder les enfants pendant la semaine, enfants qui pour se consoler ont alors le droit d'emporter chacun sa console de jeux ou sa tablette électronique, car on est à la page, on est « in » et généralement on confond les outils qui peuvent effectivement amener, parfois, à la culture et la culture elle-même. Combien de parents persuadés que leur progéniture se cultive parce qu'elle a « Canal Sat » (TM°) ? La plupart je pense savent très bien que la progéniture en question regardent surtout les chaînes qu'on lui demande de regarder pour être un « djeuns » comme il convient, décérébré et fier de l'être.

     

    Après le repas, généralement, on se repose devant la télé, chacun dans son coin, les parents dans leur chambre ou le salon, les gosses chacun dans sa chambre, en cas de gosses ados, sitôt le dessert avalé, le rejeton mollasson ou la gamine maussade se jettent sur l'écran de leur « smartphone » afin de continuer par textos interposés une conversation virtuelle hélas interrompue. Un peu plus tard, toute la famille se promène et quoi de mieux le dimanche que d'aller déambuler dans les allées d'un grand magasin tout proche en voiture ?

    Dans un « Castorama » (TM°) ou un « Ikéa » (TM°) !

    A la « FNAC » (TM°) !

     

    Et rentrer ensuite chez soi, heureux du "devoir" de citoyens consommateurs accomplis, d'esclaves soumis, docile et polyvalent du "tout économique",  pour ne pas rater Drucker que l'on regarde sur l'écran plat de la salle à manger décorée comme dans une émission de "côtching" de décoration en tons violets et mauves...

     

    image du haut prise ici 

     

    Ci-dessous la chanson de Gréco