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  • Ode à une « fille de roi »

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    princesseaupetitpois.jpgIl y a quelques temps j'évoquais ces amours de jeunesse qui ne devraient pas vieillir sans nous, j'oubliais juste de préciser que parmi ces amours de jeunesse, je me rappelais surtout de l'une d'elles qui était une « fille de roi », une princesse « au petit pois ». Ces « filles de rois » apprécient particulièrement d'avoir une petite cour autour d'elles, d'adorateurs éperdus, de compagnes moins charmantes et moins intelligentes, ou moins délicates qu'elles, pour les aduler. A ces courtisans et courtisanes les « filles de roi » distribuent des bons points, des encouragements, des compliments, le monde est ainsi fait.

     

    L'une d'elles, de dame de compagnie, fut particulièrement félicité parlant de style « urbain et chic » au sujet de la « fille de roi » dont le style de parisienne ultra-féminine, que l'on imagine à l'aise aussi bien dans des salons cossus qu'à cinq heures du matin dans un caboulot de Bastille (moi-même ami lecteur je fais plus que l'imaginer, je l'ai souvent constaté chez les princesses de sang royal parisiennes).

     

    Lisant les commentaires, je m'aperçus qu'il est vrai que personne ne change vraiment en vingt ans, et qu'une « princesse au petit pois » reste une princesse en toutes circonstances. Ayant eu l'honneur de lui plaire par mon texte précédent, j'eus droit à une photographie de plus, face à la mer en Nouvelle Écosse, des lunettes de « paparazzée » de cinéma sur le nez, portrait traité en sépia, pour la nostalgie. Nous avions déjà, quand nous nous sommes connus ce genre d'échanges marqués des deux côtés par beaucoup de causticité qui nous mettait tous les deux en joie. Nous énervions nos amis communs car lorsque l'un ou l'une ne savait pas où se trouvait l'autre il ne se souciait que de ça délaissant tous les autres.

     

    Que voulez-vous, mesdames et messieurs les jurés ?

     

    Et il faut bien te l'avouer ami lecteur c'était une manière de préliminaires pour nous, ce « ping pong » verbal qui faisait que je lui tirais les couettes et qu'elle me donnait des coups de pieds dans les tibias en somme. Et il est vrai de dire que nous étions des gosses, et que nous le sommes encore, des enfants qui veulent reculer le plus possible le moment de devenir une grande personne.

     

    Le problème des « filles de rois » est qu'elles ne veulent pas choisir entre leurs idées souvent généreuses, leur cour, une vie de couple, des enfants, un métier intéressant. Elles veulent continuer à jouer de leur séduction, à s'amuser des admirateurs tombant sous leurs pieds, des amoureux éperdus, et même des traits d'esprit des chevaliers errants, certes un peu dépenaillés j'en conviens, qui leur parle d'égal à égal et se soucient fort peu de respecter leur classe aristocratique. Elles savent très bien hélas que derrière ses traits d'esprit parfois sarcastiques le chevalier errant est aussi un amoureux éperdu.

     

    Les « filles de rois » comme j'ai pu le constater chez d'autres de cette espèce qui me fascine pourtant ont aussi comme particularités d'idolâtrer leur père, qui est l'homme de leur vie. Avec lui, elles sont comme des petites filles enamourées de leur papa si fort. Pour elles, un autre homme fût-il du même rang qu'elles ne saurait atteindre la force et les qualités de leur géniteur. D'autres seraient plus simples et moins magnanimes que moi et dirait que tout simplement elles ne savent pas ce qu'elles veulent...

     

    C'est finalement cela le fond du problème mais hélas, tel « Peau d’Âne », elles savent pourtant bien que l'on n'épouse pas son papa (phrase chantée à la manière des films de Jacques Demy) même par esprit de sacrifice comme Catherine Deneuve songeant à épouser Jean Marais dans le film éponyme (notons qu'elle aurait été déçue au moment de la consommation dudit mariage dans la vie de tous les jours). Et ce qu'elles attendent également du « prince charmant » qu'elles choisiraient sur catalogue si elles le pouvaient (ce serait tellement plus simple), c'est d'être une sorte de grand frère également, un amant passionné et tendre, et aussi une « copine » sachant les écouter.

     

    Vient un moment où le chevalier errant en a assez d'attendre les caprices de sa dame, ou de vivre dans les bois de Camelot dans une masure dont même les Sept Nains ne voudraient pas, il sait qu'un jour ou l'autre ses pérégrinations finiront, ce n'est pas qu'il veuille finir comme les bourgeois avec leurs bourgeoises mais trouver un point fixe sur l'horizon. Et il en a plus que marre que la Dame du Lac replonge à chaque fois et avec délices dans les profondeurs humides le forçant presque à rester sur la berge et attendre.


    Ci-dessous une chanson écrite par Gainsbourg que la fille du roi que j'évoque aime beaucoup, tout comme moi, lui aussi de l'espèce des chevaliers errants dépenaillés, chanson chanté par sa "princesse au petit pois"


    image empruntée à ce blog


  • Un miracle de civilisation - Pivot et Yourcenar en 1979

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    yourcenar5.jpg

    Note en préambule : ce genre de télévision publique a disparu dans quel abîme ?

    On peut ne pas aimer la figure de Marguerite Yourcenar qui a ses zones d'ombres et qui dans sa trilogie du « Labyrinthe du monde » idéalise beaucoup son père et sa propre personne, et qui, lorsqu'on lit sa biographie par Josyane Savigneau, s'avère plutôt égocentrique au fil des pages racontant sa relation avec Grace Frick. Le lecteur un tant soit peu attentif y décèlera également de toutes façons une blessure affective évidente chez Yourcenar. Mais en 2013, en ces temps de sottise télévisuelle triomphante, de bêtise satisfaite et soumise mise en lumière dans les « zoo humains » téléréels, de banalité affichée partout sans complexes, des « vraigens » portées aux nues, de l'excellence honnie, revoir cette interview est aussi cruel, car mettant en relief tout ce qui a été perdu en route.

     

    On note que comme dans la plupart des époques où les totalitarismes sévissaient, celui que nous vivons bien que « light » et « soft » n'en étant pas moins tout aussi arbitraire, les livres, les écrivains, les lecteurs sont haïs, méprisés, rejetés, ostracisés. Les citoyens-consommateurs, les censeurs pleins de bonnes intentions, qui se considèrent au nadir du progrès n'ont rien à envier aux séides de Savonarole ou aux SA, ils ne craignent aucun autodafé, selon eux nécessaire.

     

    Par contre, on ne peut qu'apprécier le miracle de civilisation qu'est l'interview de l'écrivain par Bernard Pivot en 1979 à « Mount Desert » si l'on possède ne serait-ce qu'un embryon de conscience de ce que notre société hyper-consumériste engendre comme méfaits sur nos valeurs et notre humanité, d'aucuns appelant même de leurs vœux une post ou une trans-humanité qui serait libéré à les entendre des problèmes que sont selon eux les sentiments, la pensée individuelle, la liberté, le genre : la virilité et la féminité complètement niés, des faiblesses insupportables pour tous ces idéologues qui voudraient que l'homme ne soit plus que l'instrument docile et soumis de leur pensée.

     

    Dans cet entretien, contrairement aux animateurs actuels, Pivot s'efface, en restant attentif, admiratif, fasciné par cette femme dont l'allure, le maintien et les passions, et même ses égarements, sont en ligne directe de ce que notre civilisation française, de ce que la civilisation classique, de ce que les Lettres ont de plus beau à offrir. En cette période d'auto-flagellation continuelle sur notre passé, de pleurnicheries et de repentances quasiment obligatoires, y compris pour des méfaits imaginaires, il est bon de revoir des moments comme celui-là ou de relire Yourcenar qui fut en dehors des normes de la « sottise démocratique » jusque dans son agonie : perdant la tête, elle revivait des soirées à l'opéra avec son père, ou dialoguait dans avec Hadrien et Antinous.

     

    L'intérieur de « Mount Desert », avec sa cuisine sortie d'une toile des peintres « de genre » flamands, avec ses milliers de livres sur les murs, ses couleurs chaudes, son atmosphère bien particulière, était en soi une parcelle remarquable de ce « monde d'avant » irrémédiablement perdu, ou quasiment, une parcelle de civilisation étonnante, qui a la saveur et le parfum d'un bon vin que l'on appréce avec ceuc que l'on aime autour d'une tablée joyeuse. Car ce que dit Yourcenar, ce qu'elle exprime dans cet échange n'est jamais désincarné, jamais intellectualisé à outrance, le spectateur en sent la chair, la substantifique moelle. Comme le spectateur, Pivot prend tout cela avec gourmandise, sachant que ces instants sont trop rares.

     

    Ce que montre cette discussion c'est aussi que la littérature et l'écriture ne sont pas seulement de l'ordre du divertissement, des sujets d'étude pour quelque élite auto-proclamée et cooptée, inaccessible à tous les autres. La littérature comme l'écriture ont des enjeux existentiels. Elles ressortent d'un tout qui est la culture et aussi la civilisation, qu'être civilisé ce n'est pas seulement balancer de grands et beaux principes très vagues, avertir avec gravité sur le danger de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°), cela va de l'appréciation de la beauté des femmes à la lecture d'une homélie de Bossuet, et que l'appréciation de l'une ne va pas sans l'autre. Et que c'est ce qui nous permet, malgré toutes nos faiblesses, toutes nos petitesses, nos leurres, nos appétits stupides, nos « passions tristes », de goûter à toute la paradoxale beauté de notre humanité.

     

    A ce lien l'entretien en entier


    portrait de Yourcenar pris ici

    Ci-dessous une "mise en bouche"...

  • Inattaquable car "hormosessuel" ? De Bergé à Facebook (TM°)

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    yves-saint-laurent-pierre-berge.jpgChristophe M. est homosexuel, et il est de gauche, mais il se définit d'abord et avant tout par sa sexualité ainsi que la société moderne l'y oblige, qui encourage à l'obligation de l'aveu, de la transparance délirante et « extime » qui sévit en ce moment. Sur Facebook (TM°) ou Twitter (TM°) il intervient pour donner son avis, et il a également son blogue bien sûr. Christophe M. se considère libre par essence de par ses prises de position et ses penchants. Comme beaucoup d'homosexuels il rappelle souvent que Proust et d'autres, tant d'hommes de talent, étant homos également, cela fait de tous ceux qui ont les mêmes goûts des génies, ce qui est un rien abusif, il oublie Steevy Boulay.

     

    Il a une parade qu'il estime imparable pour répondre aux contradicteurs, aux personnes qui insultent ses idoles, comme Pierre Bergé, et qui ne pensent pas comme lui. Il les traite de « conard » (avec le « n » en moins c'est sans doute plus fort) et si ses interlocuteurs persistent dans leur erreur et leur crime de lèse-majesté, c'est qu'ils sont forcément homophobes, ou que ce sont des nostalgiques des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°) c'est certain. Il a même un groupe dédié à sa personne, victime expiatoire selon lui de la « communauté » gay.

     

    En fait je pense que Christophe M. adore ça, se prendre pour un genre de Saint Sébastien de la cause, de sa cause. Ce genre de militantisme exacerbé est souvent le signe chez beaucoup de « gays » d'une difficulté à s'accepter homosexuel, ceux-ci demandant en somme à la société de le faire à leur place.

     

    Christophe M. ne veut pas réfléchir, quand Pierre Bergé suggère que louer la force de ses bras ou son ventre pour une femme pauvre c'est pareil, ou qu'il faudrait supprimer toutes les fêtes chrétiennes, ce qui est par essence une parole de haine ou tout simplement l'opinion absconse d'un privilégié multi-milliardaire sur un réel dont il est déconnecté depuis longtemps et dont il se fout. Un multimilliardaire de gauche, c'est un peu comme un économiste de gauche, c'est ou un cynique ou un imbécile s'il affiche des convictions qui normalement et théoriquement devraient le pousser à donner la moitié, au moins, de sa fortune.

     

    Comme Bergé est homosexuel, qu'il le revendique, attaquer Bergé c'est être forcément homophobe, raison pour laquelle à gauche personne ne songera à la reprendre sur sa saillie grotesque sur le ventre des femmes précaires. Je n'oserai jamais dire quant à moi que Bergé est gâteux ou qu'il est con (c'est faux Bergé n'est pas du tout la moitié d'un con, ami lecteur) et que cela n'a rien à voir avec son inclination sexuelle ou politique. Même au « Front de Gauche » (TM°) et pour ces raisons, on n'ose pas trop dire du mal de Pierrre Bergé, pourtant largement antisocial dans ses déclarations, pourtant largement odieux sur la précarité.

     

    C'est un peu le cas de nombreux politiques de progrès progressistes, de Christophe Girard à Jean-Luc Romero, également partisan de l'euthanasie, et donc du darwinisme social le plus abject, affichant ouvertement leurs préférences de tous jouer sur ce registre affectif qui interdirait selon eux ensuite toute réflexion réelle. Les attaquer c'est être un suppôt de l'Inquisition, un fan de l'Ordre Moral ; pointer qu'ils sont en fait libéraux-libertaires, et libertaires surtout pour leur petit milieu de privilégiés, c'est être jaloux de leur réussite « exemplaire » la jalousie provenant bien entendu à les entendre du fait « qu'ils sont hormosessuels » comme dit Zazie et qu'ils ont réussi socialement.

     

     

    Enfin, ce n'est pas encore ça leur argument ultime, leur argument ultime c'est qu'ils ont ENVIE de dire ce genre d'horreurs, et que ce dont ils ont ENVIE ne doit pas leur être refusé malgré les conséquences, qu'ils ne VEULENT PAS raisonner sur leurs convictions, et que surtout ils n'ACCEPTENT surtout PAS de les remettre en question une seconde. Car ce sont eux aussi des citoyens consommateurs comme les autres, avec un peu plus de pouvoir que les autres cependant, et plus de moyens pour se faire entendre...


    Image : Pierre Bergé et son pygmalion prise ici

  • La méthode Coué contre la Bête Immonde

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    livre+methode+coue.jpgLa « bête immonde » du totalitarisme, de l'arbitraire et de la haine n'est pas morte, elle ne le sera jamais tout à fait, ne l'est pas en 2013, elle peut même se cacher sous des dehors doucereux, car au fond l'hyper-consumérisme et l'instinct grégaire des masses qu'il implique entraîne un totalitarisme qui si il est « light », « soft », n'en reste pas moins dangereux. L'individualisation de la vie politique que d'aucuns ont cru percevoir sur Internet mène surtout à la simplification extrême du débat politique, réduit à des slogans simplistes, et parfois à sa radicalisation de plus en plus violente, l'ennemi étant celui ou celle qui ose émettre la moindre contradiction de ses propres certitudes.

     

    Contre ce retour possible de la « bête immonde » il est vrai déjà bien implanté dans les têtes, les membres des « communautés » et « tribus » ne supportant déjà que leurs propres références, contre la haine qui a trouvé sur le Net de nouveau terrains de jeux décomplexés et ce dans toutes les directions, les belles consciences opposent surtout la méthode « Coué », on ne sait jamais parfois ça fonctionne me diras-tu ami lecteur. Un cancéreux qui se répète quarante fois par jour que non il n'aura pas de métastases, il est certain que ça donne des résultats, ou un sidéen au stade final.

     

    Elles répètent sur tous les tons les mêmes refrains, ces belles consciences, mettent en balance quant aux attaques contre la laïcité les catholiques, qui représentent 2% (pour les pratiquants réguliers de la population française), et les musulmans, beaucoup plus nombreux, et pour les radicaux parmi eux beaucoup plus conquérants (rappelons quand même que l'interdiction de la viande de porc est un fait acquis dans quasiment toutes les cantines françaises publiques), ou les juifs, dont les prescriptions alimentaires et autres ne sont jamais discutées ou remises en cause, la moindre esquisse d'un début embryonnaire de réflexion sur le sujet amenant l'accusation automatique d'antisémitisme.

     

    roms.jpegTout le monde a pu constater qu'en Grèce, ce genre de méthode Coué ne donne aucun fruit, le parti néo-nazi ne cessant de grimper dans les sondages. Pour une bonne raison, rien n'est fait pour lutter réellement contre la précarisation de la société grecque, tout comme dans les autres pays d'Europe rien n'est fait contre les méfaits de la mondialisation et du darwinisme social abject qu'elle entraîne  Dans leur cynisme de pantins opportunistes et tout à fait conscients des conséquences de leur politique les dirigeants français, et leur opposition interchangeable, donnent aux gens un os à ronger, un bouc-émissaire commode, en l’occurrence les roms. Cela ne veut certainement pas dire qu'ils sont angéliques, cela ne signifie pas non plus qu'ils ne commettent jamais de vols ou d'incivilités.

     

    Le fait qu'ils constituent une cible facile, y compris à gauche, celle qui pense, même madame Cresson s'y met en demandant l'expulsion des roms de son village, est aussi qu'ils ne sont soutenus par aucun lobby communautaire, ne font pas de prosélytisme religieux agressif et ne réclament pas pour eux une partie du pouvoir. Madame Cresson est comme la plupart des belles consciences, la diversité, toussa, c'est bel et beau mais pas en bas de chez elle. Là, il est moins question d'humanisme et de mixité sociale.

     

    Je rappelle en passant qu'une des premières personnes à avoir alerté sur cette population était un affreux gauchiste du nom de Joseph Ratzinger, plus connu sous son nom de guerre de Benoît XVI.

     

     

    C'était il y a tout juste deux ans. Il en avait d'ailleurs profité pour rappeler l'extermination que ce peuple a subi également pendant la Seconde Guerre Mondiale et dont personne ne parle quasiment jamais. Il avait évoqué à ce propos la nécessité de scolarisation des enfants roms et l'aide à leur apporter pour les sortir de la misère. Rappelons ici que la politique éducative réelle de l'actuel gouvernement dans notre beau pays obéit surtout à une logique budgétaire et administrative, et se fiche complètement d'éduquer finalement et ce malgré les discours ronflants qui ne mangent pas de pain.


    image du haut prise ici

    image du bas prise là

  • Le printemps français du village gaulois

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    Les français ne changent pas tellement depuis Vercingétorix et les divisions des gaulois en fait. Et en particulier la droite gauloise, celle qui n'est pas exactement libérale, celle qui rêve encore d'une vieille nation qui s'appelait la France et dont l'histoire n'est pas qu'un long cortège d'horreurs et de tyrannie. Elle se perd généralement dans des combats d’ego et de coqs pour savoir qui c'est qui qu'est le chef en gros, en accusant l'autre d'avoir commencé et d'être le seul responsable de la discorde :

    veilleurs-33.jpg

    « C'est pas moi qu'ait commencé msieur, c'est l'autre ! »

     

    Pour parler clairement, je trouve que toutes les attaques personnelles contre Frigide Barjot ne grandisse pas ceux qui les prononcent, et ne grandit pas le mouvement, quelles que soient le talent avec lesquelles elles sont écrites ou dites. Et Frigide est en ce moment dans le collimateur du système, dont elle faisait partie, parce qu'elle est allée trop loin aux yeux de ceux qui le tiennent, et qu'ils la font payer ainsi que sa famille, car ce n'est que ça. Il n'y a plus de tolérance ou de liberté de pensée quand une partie du peuple finit par réfléchir tout seul, se réveiller et sortir des rails du discours officiel.


    Même si on pouvait être agacé par son "les homosexuels on vous aime !" pendant les "Manifs pour Tous"... 

     

    A la suite de « La Manif Pour Tous » et aussi du « Printemps Français », la droite non libérale avait l'occasion d'aller plus loin, de fédérer et de développer une réflexion profonde sur la société française, et surtout de poser des actes concrets, des propositions qui infléchiraient la pente qu'elle prend vers un communautarisme de bon aloi et un éclatement de toutes les références, de tout ce qui faisait sens auparavant, d'être une alternative crédible, enfin, aux socio-libéraux et aux libéraux-libertaires, ce sont exactement les mêmes au fond, même si les premiers sont plus sociétaux.

     

    La mesure qu'est la « loi sur le mariage » pour tous n'est qu'un épiphénomène, ce n'est que l'écume d'une dynamique morticole plus importante induit par la libéralisation progressive et totale de toute la société, ou tout se chosifie, se réifie, se marchandise, des choses aux personnes, en passant par les enfants à naître et les ventres des femmes précaires, où le droit n'implique plus des devoirs individuels, où le citoyen-consommateur ne souhaite que prendre que ce qui l'arrange, ce qui n'implique aucune obligation morale de sa part, et laisser ce qui le gêne aux entournures de son égoïsme faramineux.

     

    Je rappelle d'ailleurs que critiquer le libéralisme, personnellement, ce n'est même pas une critique, je conchie le libéralisme et ses conséquences, ne fait pas de moi un suppôt de Staline ou Trotsky ainsi que d'aucuns le pensent souvent à droite, s'interdisant de critiquer un système économique et social pernicieux dont il déplore les conséquences quant à la morale personnelle, ce qui est contradictoire et étrange. Ils se soucient de conséquences dont ils révèrent les causes finalement. Bossuet s'en serait amusé, à leurs dépens.

     

     

    Quant aux « Veilleurs », si j'aime bien leurs idéaux sincères et élevés, leurs lectures aussi, les « veilles » ce n'est quand même pas très loin des « cercles de silence » prisés par les activistes « bobos ». C'est beau, c'est même très beau, c'est parfois esthétique au soleil couchant, ça fait de belles photos et plein de « likes » sur « Facebook » ou de « retweets » sur « Twitter » mais après ? Que fait-on ? Peut-on continuer à entraîner cette logique mortifère du profit à tout crin, du culte de la « performance » en société, qui implique un bien sinistre darwinisme social, auquel personne ou presque ne trouve à redire. 

     

    On me dira, les actions des "Veilleurs" à elles seules agacent très fortement les tenants du pouvoir et de la belle pensée, qui les traitent sans trop de scrupules et avec toute la violence possible quand ils en ont la latitude.

  • Sur la "liste noire"

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    censure.pngAmi lecteur, en me lisant, tu commets un acte séditieux, sache le, tu es un provocateur politique, subversif. L'heure est en effet très grave, j'ai appris, de source sûre, que mon blog était sur la « liste noire » des sites réputés nocifs de la Médiathèque et de la municipalité d’Évreux, et de Vernon !, des sites « malsains » voire « nauséabonds » que sais-je encore. ..

     

    Ce n'est pas du tout de la censure, pas du tout de l'intolérance caractérisée, et encore moins de la mesquinerie, ou de l'étroitesse d'esprit, il faut bien protéger les jeunes esprits. J'ai donc décidé de changer mon fusil d'épaule tant qu'il était encore temps, n'étant pas de taille à lutter ! (C'est une bonne leçon j'ai quand même la chance insigne de côtoyer régulièrement la responsable départementale pour « l’Égalité des Genres », j'aurais dû comprendre combien je m'égarais).

     

    Depuis que je l'ai appris, je tremble comme une feuille (interdit par la municipalité d’Évreux ! Quand même c'est pas rien !). Mon blog risquerait de troubler le débat politique à Évreux, le combat de Titans qui s'annonce pour les municipales entre Michel Champredon, le Bertrand Delanoé des bords de l'Iton, Guy Lefrancq, jeune coq, et Bruno Lemaire de l'UMP (qui a tout du joueur de badminton vous ne trouvez pas?), Emmanuel Camoin, du FN, de la trempe d'un Bastien-Thiry au moins, ou d'un Hélie de Saint-Marc, minimum, et Jean-Pierre Nicolas, de l'UMP aussi, le plus charismatique des cinq, un expert-comptable de choc.

     

    Et je n'ose sortir de chez moi sans me camoufler soigneusement depuis deux jours, on ne sait jamais. Je rase les murs, et dans chaque passant, je crois voir un agent de la DCRI (TM°). Hier soir, j'ai entendu « c'est lui ! » derrière moi, je me suis mis à courir, et me suis réfugié derrière une porte cochère la peur au ventre. Je croyais l'arrestation imminente, et déjà j'imaginais Alain Bauer à « C dans l'air », ce Panisse qui serait notable franc-maçon, se féliciter du travail d'enquête de la police sur les actes politiques subversifs dans notre beaux pays. Et moi j'étais derrière les barreaux d'une geôle infâme à regarder passer la parade de la « Fête de la Fraternité » de ma bonne ville d’Évreux !

     

    A tout hasard, je suis allé donner des gages de bonne conduite en participant hier à un « cercle de silence », qui était un triangle, sur la place de l’Hôtel de Ville, contre la guerre civile en Syrie (c'est très très efficace), j'ai repris un abonnement à « Télérama » et chaque matin je ris bruyamment, pour que le voisin entende, à la chronique de Sophia Aram sur « France atterre » qui est vraiment très drôle et « citoyenne » je vous assure. C'est important de rire en étant conscient des problèmes de développement durable et du commerce équitable.

     

    Bon, il me reste quelques scories de mon ancienne vie de séditieux je l'avoue, je n'ai pu m'empêcher de conseiller pour son émission télévisée qui vient de dévisser sous les 4% de dire une petite prière pour remonter, mais personne n'a fort heureusement entendu cette saillie. Comme tout mauvais sujet, la dérision est chez moi une seconde nature ne prenant pas grand-chose au sérieux en politique (enfin ça c'était avant, maintenant j'ai bien changé !)

     

    A la messe paroissiale j'ai applaudi des deux mains et tapé des pieds par terre lorsque comme intentions de prière, il fut question des chtits n'enfants africains et des dirigeants politiques à qui l'on demandait d'être plus soucieux de l'égalité des chances et des genres. J'ai aussi levé les mains en signe de grande joie apercevant le correspondant de « Golias » dans la cathédrale d’Évreux, mais rien n'y a fait, les regards restaient très soupçonneux.

     

    Je ne sais quoi faire...

     

    Ah ! Que n'ais-je été abonné au « Monde » plus tôt ! Que n'ais-je été aux spectacles de l'Odéon avant ! 

  • Combien d'âmes réellement vivantes dans ce grouillement d'êtres humains ?

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    Le titre est une citation de Léon Bloy, l'auteur de la formidable "Exégèse des lieux communs"...

    Léon Bloy (1846-1917)

     

    portrait1.gifAmi lecteur, tu vas me reprocher et sans doute auras-tu raison car tu es un sage :

    « Il parle encore de lui, de son ego grand comme le Ritz et va étaler une fois de plus ses états d'âme de mégalo coincé en province, d'Alceste de sous-préfecture ».

     

    Certes, et en plus je suis très fatigué en ce moment ce qui fait ressortir généralement chez moi mon mépris des conventions sociales hypocrites (comme c'est bien dit tu ne trouve pas ami lecteur) et ma misanthropie totalement avouée. Avant de rédiger ce billet, à l'instar d'un ami qui « aime bien faire l'otarie » (il a un maire qui préconise de tirer à vue sur les roms pour résoudre à peu de frais le problème du nomadisme, il se reconnaîtra) quand il est lui aussi épuisé, je me suis moi-même étalé sur un canapé confortable afin de méditer un tant soit peu à cette petite chronique qui trouvera je pense malgré tout quelque intérêt à tes yeux, ami, et attentif, lecteur.

     

    Il y a trois ans, j'avais soixante kilos de plus. Ainsi que la plupart des gens le font quand ils veulent se trouver une excuse pour ne pas aider une personne mal dans sa tête et dans sa peau, il était acquis que j'étais un type négatif, acerbe, caustique, voire méchant, et asocial, ce qui justifiait de ne pas effectuer d'efforts pour ne pas avoir à faire preuve d'altérité à mon encontre. C'est une grossière erreur, je suis sans doute beaucoup plus lucide, beaucoup plus dur, caustique, acerbe et même cynique parfois maintenant que je ne l'étais à l'époque, sans plus aucune espèce d'illusions sur mes semblables.

     

    Durant cette période, j'étais persuadé que l'apparence finalement ne comptait que très modérément et qu'au bout d'un moment, m'ayant côtoyé, les personnes que je fréquentais entre autres professionnellement finiraient bien par me voir tel que j'étais derrière la couche de graisse et de mal-être, qu'ils oublieraient l'enveloppe, ce qui fut le cas pour de très rares personnes qui sont de fait restés mes amis et mes proches, et qui ont été patients avec moi.

     

    La plupart des autres êtres humains que je rencontrais, contrairement à ce que je m'imaginais, ne se souciaient que de cela et rien d'autres, évitant soigneusement de faire quoi que ce soit qui aurait pu me sortir de mon bourbier moral et mental, mélange de culpabilités profondes, j'en portais plus qu'il n'était raisonnable, de désamour complet de soi.

     

    A vrai dire, à leur décharge, je me complaisais dedans pendant cette période et n'aurait peut-être pas écouté les conseils raisonnables préférant la morbidité des « passions tristes » m'agitant.

     

    Ces derniers jours, d'aucuns parmi eux me voyant revenir métamorphosé ont baissé la tête, se sentaient visiblement mal dans leurs chaussettes car m'ayant ostracisé, rejeté, stigmatisé pour des raisons tout à fait futiles. J'en tirais une petite revanche, un peu amère, à les considérer, ne sachant pas quoi me dire, sachant très bien pourquoi ils m'avaient exclu. J'en conçus quelque amertume car j'ai eu quelques surprises désagréables parmi des membres de mon entourage que j'imaginais moins mesquins.

     

    Cependant, malgré tout, je n'entendais jamais les mauvaises blagues, les railleries, les moqueries, les réflexions désobligeantes, ne le voulais pas de toute façon bien que cela fasse mal à chaque fois, ayant toujours l'espoir qu'un jour je tombe sur quelqu'un pour qui ça ne comptait pas, je pensais que ces petites blessures n'avaient pas d'importance alors qu'elles me tuaient tout autant que l'obésité.

     

     

    Espoir toujours en pure perte bien entendu, espoir toujours déçu, la plupart des êtres humains étant quant à leur souci de leur prochain généralement lamentables, de ceux qui évoquent sans cesse la charité et l'amour de Dieu, sans pour autant essayer de s'y adonner, à l'amour du prochain, à ceux qui ont souvent à la bouche la fraternité et la solidarité mais qui ne la vivent pas. Et tous ceux qui s'en fichent, ayant assimilé la "chosification", la standardisation des corps et des esprits.   


    image, portrait de Bloy, cet imprécateur catholique anti bourgeois, prise ici sur un site consacré à Barbey

  • Vade-mecum de la dégénérescence dans le bus

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    Anges4.jpgAfin de mesurer efficacement la dégénérescence d'une société, la nôtre en l’occurrence, prendre les transports en commun est un bon outil, ce qui ne suscite guère de transports, et reste très commun. A ce qui suit ami lecteur, amie lectrice, tu penseras certainement que je suis anti-jeune et bien méchant envers les ados, car ce que tu lis sur le Net, il est bien rare que tu en comprennes le second degré, à de rares exceptions.

     

    Pour mesurer le degré de déliquescence de notre société spectaculaire, Il suffit donc d'écouter les conversations, d'observer les comportements, bien loin de statistiques ou de pensums sociologique, de déclarations d'intentions -toujours des bonnes- politiques. Nos politiques et nos idéologues, faut-il le dire, sortent rarement dans la rue, se confrontent rarement au monde, cela leur fait très peu et contredit leurs certitudes absconses et belles théories, et de plus, cela risquerait de les culpabiliser quant au confort matériel dont ces beaux esprits profitent sans aucun remords même en temps de crise.

     

    Il y a deux jours, dans le bus, j'ai dû subir de mon point de départ jusqu'à mon point d'arrivée une pauvre gosse, même pas « issue de la diversité » (TM°), même pas issue de milieux réputés précaires socialement, qui croyait bon de rajouter « sa race » ou « ça me pète les couilles » (je cite dans le texte) dans chacune de ses phrases, pensant certainement que cela lui donnait l'air affranchie et moderne, et qu'ainsi elle ressemblait plus aux participants décérébrés des émissions dite de « télé-réalité » dont elle rebattait les oreilles à une de ses camarades bâtie sur le même modèle ( « smartphone » (TM°) vissé à la paume de la main, « djinn » « elastis » (TM°) taille basse, sac « de marque » etc...).

     

    Celle-ci l'écoutait avec une patience et une magnanimité que j'admirais pendant que son interlocutrice racontait avec forces détails sa vie sexuelle et sentimentale dont on pouvait soupçonner que l'une et l'autre était un rien exagérée. Elle poussa la mise en scène jusqu'à passer un coup de téléphone rapide à son « copain » lui signifiant leur rupture immédiate, sous le regard admiratif du « chœur antique » que constituait deux autres gamines muettes tout du long devant tant d'indépendance d'esprit et de cœur (deux « faire-valoirs » des deux premières).

     

    Elle crut bon de conclure sur cette affirmation sur un ton satisfait :

    « Ouais, sa race, j'suis une salope, j'assume à fond ! » telle une Nabila (TM°), ou une Loana (TM°), avant les calmants et la boulimie.

     

     

    politique,société,bus,dégénérenscence,djeunsRésistant à mon envie quasiment irrépressible de me lever et d'aller lui coller une paire de gifles, car en plus elle avait une voix stridente assez insupportable, je me dis qu'elle n'était pas entièrement responsable de son attitude, de sa vulgarité et de ses lubies. Après tout, la pauvre n'était que le résultat d'une société en dégénérescence ne se souciant pas de transmettre quoi que ce soit à ses enfants et de son absence totale d'éducation, ses parents comme beaucoup d'autres ayant eu visiblement mieux à faire : acheter le dernier écran plat, « gérer » leur « capital personnel » et divers autres capitaux humains, tout dans notre société devenant un « capital » à « gérer », à participer à différentes fêtes et festivités certainement « citoyennes » et « concernées ».

     

     

    Ces enfants du spectacle et du festivisme ne sont rien d'autres que les « Elois » du livre de Wells, « La machine à explorer le temps », des « bêtes à cornes » soumises et dociles, des ruminants ne faisant que régurgiter la bouillie infâme que les « grandes personnes » qui ne veulent plus rien offrir ni transmettre leur ont donné en pitance. Ils se laisseront faire sans trop de problèmes par les Morlocks et seront dévorés. Ces pauvres enfants, les adultes leur ont dit que Dieu était mort et aussi les grandes utopies, ils sont logiques, ils respectent ce qui reste, le fric, la célébrité, la consommation des corps et des choses.


    image prise sur le site de "téléstar"


    Julien et kévina vont manger à Mc do par raftennis

  • Une chouette joyeuse bande de copains : "Touche pas à mon poste"

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    Audiences-TV-record-battu-pour-Touche-pas-a-mon-poste_portrait_w532.jpgAutour de la machine à café, dans une institution censée œuvrer à l'éducation des jeunes esprits, j'entendis cette conversation par hasard, mais qui me sembla des plus inquiétante, et affligeante, quant aux motivations, aux aspirations des adultes qui la tinrent, parlante sur leurs « valeurs » réelles. Ils parlaient de « Touche pas à mon poste », l'émission la plus débile du PAF en ce moment, sur « D8 », ce qui était je suppose une sorte de challenge à dépasser. C'était pourtant une ancienne émission du service dit public, ou ce qu'il en reste, sur « France 4 » (TM°), la chaîne publique qui se veut proche des « djeuns ».

     

    Une jeune femme devant la susdite machine à café donc évoquait non sans s'esclaffer bruyamment en avance un épisode « charmant » dans ce spectacle. Un animateur invité de France 2, Frédéric Lopez, qui avait des bretelles (« pense à la proximité avec les blaireaux coco »), le détail a son importance, y était menacé par Cyril Hanouna, le GO hystérique de la chose (« tu rigoles quand il faut que les blaireaux rigolent coco »), je cite, d'un « claquage de bretelles sur le téton » car Lopez est, paraît-il, info fondamentale, « sensible du téton ».

     

    Et toute l'assemblée à l'évocation de ce « claquage » de se rouler quasiment par terre. Sauf votre serviteur ami lecteur, qui est rétif de toutes façons à la comédie sociale habituelle :

    répondre à un « bonjour comment ça va » à quelqu'un qui s'en fout, tutoyer obligatoirement comme cela se fait dans l'institution dont il est question etc...

     

    La jeune femme qui vivait là un moment pour elle privilégié ne comprit pas mon absence de rictus zygomatique, voire le léger agacement que je montrais. Je lui demandais ce qui lui plaisait tant dans cette émission. Et je compris qu'en fait elle aimait regarder ce truc car elle avait le sentiment -fictif- de faire partie de la « bande » d'archétypes réunis autour de la table : le rigolo, Hanouna, la bonne copine grande gueule qui dit des gros mots « comme un mec » : Enora Malagré, le « loser » sympa, le journaliste de « Télé 7 jours », en plus c'est un « intello » (il a un vocabulaire de 251 mots au lieu des 250 habituels des chroniqueurs télé), l'oncle ronchon mais tellement sympa en fait, Gérard Louvin etc...

     

    La chouette joyeuse bande de joyeux drilles est légèrement différente d'une chouette joyeuse bande de copains de la vie de tous les jours, ici ils sont tous beaucoup, beaucoup plus riches et sont payés – très cher- pour passer pour une chouette joyeuse bande de joyeux lurons qui rigolent entre eux, et qui sont tellement gentils et généreux qu'ils nous laissent regarder, voire qu'ils nous autorisent à rire de leurs blagues dans notre salon, ce qui, convenons en, est d'une rare philanthropie. C'est le même principe que la plupart des émission d'« infotainement » en ce moment, y compris comme celle de Hanouna censée décrypter l'actualité de la télévision de manière drôle et subversive (attention on n'est pas là pour rigoler).

     

    C'est pareil, avec un poil plus de prétentions intellectuelles, chez Ardisson, c'était pareil en plus vieux chez Giesbert, idem au « Grand Journal » de De Caunes, tout aussi lisse et consensuel que l'était son prédecesseur avec qui il partage le même cynisme je suppose. Frédéric Lopez et ses émissions montrant les « pipeaules » sous un jour tellement « kouuuule » et sympatoche fonctionne sur le même principe, rigoureusement. Il n'y a guère que Frédéric Taddéï et « Ce soir ou jamais » pour garder, mais cela dépend des thèmes et des invités, pour conserver un réel intérêt à l'écoute.

     

     

    Ami lecteur, les émission affligeantes ont toujours existé, c'est vrai, on ne va pas jouer les vieux cons, mais il y a des degrés dans l'affligeant et avec Hanouna on en descend quelques uns vers l'abîme, tout comme avec les autres spectacles censés distraire le citoyen consommateur et l'encourager à ne surtout pas réfléchir profondément au système auquel il participe et se soumet avec enthousiasme.


    image prise ici

  • Ce que je crois

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    arton298.jpgIl est prétentieux vas-tu encore certainement te dire ami lecteur de commencer ainsi un article. Mais ne t'inquiète pas, tu vas voir que je ne me prend pas pour autant pour un augure plus digne d'intérêt que les autres, et que je vais tâcher d'être un peu plus compréhensible que la Pythie à Delphes.

     

    « Ce qu'il croit » te dis-tu, on s'en soucierait s'il était sage ou mûr ce qui est bien loin d'être le cas, réellement mûr. Justement, je ne crois pas en grand chose, ou plutôt je ne crois plus en grand chose, je crois surtout en l'existence d'une personne, sans en avoir aucune preuve concrète ni rationnelle, qui est Dieu, et que cette personne pousse les êtres humains qui le veuillent bien, quel que soit leur milieu, quelles que soient leurs opinions et idéaux de départ, à tenter au moins de s'élever juste un peu, à essayer d'aimer juste un peu plus, à persévérer dans une recherche incessante de la beauté, là où elle se trouve.

     

    Ces êtres humains, qui parfois ne se réclament même pas du divin, pour qui cela va de soi de se conduire réellement en êtres humains sont bien entendu rarissimes. Mais ils existent. C'était aussi pendant la Seconde Guerre Mondiale ces héros anonymes dont le courage a été souvent redécouvert par hasard bien des années après, sans qu'ils ne demandent quelque reconnaissance que ce soit.

     

    Je crois aussi que dans la plupart des partis politiques, des communautés religieuses, chrétiennes ou pas, diverses et variées, que l'on trouve en France et ailleurs, 99% de ceux qui y adhèrent n'y adhèrent pas parce qu'ils sont réellement sincères, parce qu'ils ont un raisonnement organisé, parce qu'ils croient vraiment dans les idéaux, la doctrine.

     

    A droite, on prétendra se soucier de morale mais finalement que sa progéniture consomme les corps et les biens matériels de la même manière on ne s'en souciera pas vraiment si le petit dernier ou la petite dernière sont socialement « performants ».

    A gauche, beaucoup parleront encore de justice sociale, d'équité, d'égalité des chances et j'en passe, mais confrontés à une situation qui leur permettrait justement de montrer leur cohérence de comportements et d'idées, ils seront aussi égoïstes que les autres.

    Et je ne parle pas de ces chrétiens, catholiques ou non, qui pleurent beaucoup sur l'accueil de l'étranger, les chtits n'enfants africains et qui sont incapables de simplement serrer la main de leur voisin de chaise en sortant de l'église après la messe dominicale.

     

    Ils sont dans un groupe par endogamie sociale, celui qui leur semble logique par rapport à leurs revenus, par instinct grégaire, pour compenser tel ou tel complexe, et suivront ce que les plus radicaux leur diront de faire par confort intellectuel et lâcheté, la plupart du temps, subissant quelques dizaines de « Munich » de la pensée sur la conception de la citoyenneté, sur la culture, sur la plupart des valeurs qui fondaient auparavant le sentiment d'appartenance à une même Nation, celle-ci n'étant maintenant pour la majorité des français, à commencer par les politiques qui y ont renoncé depuis longtemps, qu'un vague souvenir. Cela n'empêche pas la majorité du troupeau de se croire sincèrement animée de sentiments élevés et généreux, alors que ce sont juste des citoyens consommateurs dociles, le fait d'être "rebellocrate" ou "mutin de Panurge" n'y changeant rien. On "s'indigne" parfois, l'indignation ne mange pas de pain, elle n'implique pas d'aider son prochain...

     

    Il y a une chose curieuse, des esprits doctes de progrès progressiste évoque de plus en plus l'individualisation de la vie politique, qui se développerait, les individus seraient plus libres et plus attentifs grâce à Internet, mais finalement c'est l'inverse qui s'amplifie, la massification de plus en plus forte, de plus en plus simplistes des idées, et ce sur une rive politique ou une autre. Le « village global » n'a pas eu pour conséquence des personnes plus libres, mais finalement beaucoup plus moutonnières, obéissant beaucoup plus que leurs ancêtres à des normes très strictes. Et sortir de ces normes est beaucoup plus difficile qu'auparavant.

     

     

    Les 1% d'idéologues qui restent justifient rarement leurs idées par des considérations ayant trait au réel. Ils se perdent dans des étiquettes, des clichés et lieux communs qui n'ont plus guère de signification, et aussi dans leur grandiloquence, par souci de leur image, et qu'elle demeure flatteuse, pendant que le monde croule...


    En illustration un autre sceptique des "passions tristes", Diogène

  • Fragments d'un journal en Palestine 19 – La nuit à Jérusalem

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    Après deux mois d'interruption la suite de mon journal à Jérusalem...


    0211123608.jpgLa nuit à Jérusalem était toute aussi complexe et diverse que la ville. Elle était dangereuse, claire, bruyante, violente, mystique, sacrément profane, délicieuse et dure, douloureuse et joyeuse. Avant l’Intifada les marchés restaient ouverts parfois jusqu'à une heure du matin, la ville continuait à vivre le crépuscule tombé. « Tsahal » et les services spéciaux de l'armée, la police israélienne, avaient imposé un couvre-feu, pas toujours respecté par les petits vendeurs à la sauvette, ou ceux qui marchandaient des paires de lunettes de soleil ou de paquets de cigarettes souvent contrefaits « tombés du camion ». Perdant, je ne sais pourquoi, régulièrement mes lunettes de soleil, je profitais souvent de l'aubaine.

     

    L'avantage d'être du quartier est qu'au bout de quelques temps, j'avais le droit aux prix « locaux » ainsi que je l'ai déjà dit voire que l'on me demandait d'amener des clients supplémentaires à qui l'on me promettait que l'on ferait bien entendu de « bons » prix.

     

    Il ne faisait pas bon pour les « colons » des environs, les ultra-religieux américains ou européens faisant leur « aliyah » et emménageant dans des maison en brandissant parfois des contrats datant de la période ottomane, de se promener tard le soir, l'un d'eux, trois jours après mon arrivée fut retrouvé mort dans une ruelle non loin de « l'Ecce Homo » car il s'était aventuré dans les rues de la Vieille Ville trop tard et sans protection, ce qui m'a dissuadé quelques temps de rentrer à des heures tardives, puis j'ai compris que le « téléphone arabe » n'était pas une légende, et que tout le monde savait qui j'étais, où j'habitais, et ce que je faisais à Jérusalem, et je compris que je ne risquais strictement rien.

     

    Comme tout est là-bas infiniment nuancé, un israélien qui se promène le soir dans la Vieille Ville ne risquait rien non plus, comme nous l'avons prouvé à de nombreuses reprises à des amis venant de « l'autre côté ». Il y avait toujours cette peur, cette terreur des palestiniens dont certains côté occidental ne connaissaient strictement rien. Je me souviens de cette dame en voiture, longeant la porte d'Hérode, nous hélant car elle entendait les pétards de la fin du Ramadan et croyant à la guerre civile nous enjoignait de nous enfuir avec elle tant qu'il était temps. Nous eûmes toutes les peines du monde à la convaincre que c'était anodin.

     

    Je me souviens également de cette soirée où rentrant d'un repas bien arrosé dans un des cafés de la rue Ben Yehuda, zigzaguant un peu dans les rues déjà tortueuses de la Vieille Ville nous rentrions finalement sans encombres chez nous sous le regard réprobateur des deux « hassidim » priant sans relâche pour le salut de notre âme en perdition à la sortie de l'établissement de boissons.

     

    Un des petits voleurs de la « Via dolorosa » constatant notre état éthylique avancé nous offrit obligeamment un café bien serré que nous bûmes à la lueur des étoiles sous la muraille. L'ivresse étant toujours un voyage, nous décidâmes de continuer à en profiter et montant sur le toit des bâtiments de l'ancien séminaire des « Pères Blancs », où j'habitais, et dont je disposais à moi tout seul six mois de l'année, nous attendîmes le lever du soleil et les premiers rougeoiements du soleil sur le Mont des Oliviers et au loin sur le désert de Judée. Nous fîmes de même le premier soir de Noël, nous asseyant face à l'esplanade du Temple et au Dôme du Rocher.

     

    Aller prendre un pot, un verre, ou quoi que ce soit d'autres, à Jérusalem, sans que cela ne soit lié à un militantisme religieux ou politique, sans que cela ne soit lié à un événement communautaire, était de l'ordre de la transgression, voire même de la subversion, même seulement par goût gratuit et désir de convivialité, l'envie de se retrouver ensemble sans raion idéologique ou mystique particulière, ce que nous faisions régulièrement dans des cafés du quartier chrétien, seuls autorisés à vendre de l'alcool dans la Vieille Ville, ou rue Ben Yehuda dans la ville occidentale, dans le quartier dit des « artistes » de Jérusalem, quartier également très marqué par son identité religieuse.

     

    Personne n'a idée de l'importance de ce que certains faits et gestes, dont notre art de vivre, qui nous paraissent quotidiens, anodins, sans gravité peuvent prendre dans des pays marqués par la haine et la violence une signification toute autre. Ceux parmi nous qui sortaient régulièrement en ville étaient considérés par des païens par d'autres pélerins et membres de communautéqs dites « nouvelles » qui perdaient souvent la tête et le sens des réalités à vivre dans un endroit qu'ils fantasmaient, mais dont ils ne voyaient jamais le réel, et qui ne respectaient pas les personnes y habitant sensées se conformer à leur vision de « la Ville ».

     

    Combien de fois avons-nous été sermonnés par ces bons apôtres sur le fait que l'alcool ne fait pas forcément la fête, que l'on peut s'amuser sans, que cela nous mènerait à la corruption de nos âmes mais que « Dieu nous aimait quand même » etc...

     

    Cela ne les empêchait pas ces bons apôtres de venir malgré tout à Sainte Anne ou Saint Louis apprécier les bons produits dont de bons vins que nous partagions à chaque fois que l'un d'entre nous revenait ou arrivait de France, ou bien qu'il recevait en colis souvent « suspect » aux yeux des douaniers étant donné l'odeur s'en échappant de temps à autres lorsque nous recevions des fromages non « kasher ».

     

    Et même, même dans ces quartiers réputés de « perdition », où l'on pouvait aussi fumer à loisir le « nargileh » affalés sur des coussins comme un sultan des « Mille et une Nuits », ainsi à « l'American colony », réputés plus libres, plus ouverts, les jours de fêtes juives, chrétiennes et musulmanes et les interdits rigoureux qui les accompagnent sur le plan alimentaire et celui de la boisson étaient respectés à la lettre.

     

    Les restaurateurs et cafetiers ne le faisaient pas toujours par réelle conviction mais aussi et surtout pour éviter d'être la cible des agressions des milices se réclament de la pureté religieuse et nationale des uns ou des autres. Ces prescriptions allaient souvent jusqu'à l'absurde, y compris dans les officines de restauration rapide où la sauce chocolat des « sundae » était versée à part, en catimini par les employés des « MacDonald's » et pizzerias après que l'on en fait la demande discrète, de même lorsque nous achetions de l'alcool local dans les magasins du quartier musulman.

     

    Il y avait une boîte de nuit à Jérusalem, une et une unique « boîte » dans les anciens sous-sols d'une banque, régulièrement saccagée, régulièrement mise à sac par les « haredim » et ultra-sionistes. Nous nous aperçûmes comme je l'ai déjà dit que ceux-là ne s'interdisaient cependant pas de fréquenter des maisons closes « orthodoxes » où l'apparence des règles était respectée (signature d'un contrat de mariage bidon avec la prostituée, ou le prostitué à l'entrée, signature d'un contrat de divorce tout aussi fictif à la sortie).

     

    shila21.jpgLa nuit était bien sage dans la Ville sainte comparé à Ramallah. Là-bas, tout paraissait calme et silencieux de l'extérieur, mais lorsqu'on empruntait un ascenseur d'immeuble apparemment comme les autres pour le dernier étage de quelques bâtisses du centre-ville, l'on tombait sur des fêtes plus animées, la nuance étant que les palestiniens ont en musique des goûts très « kitsch », très sentimentaux, presque « rose-bonbon ». On n'y buvait pas forcément de l'alcool mais l'ivresse des « nargilehs » le remplaçait aisément. A Ramallah, la fête, la convivialité, étaient plus une urgence, une nécessité pour oublier les « check points », les « barbus », les vexations, la bêtise crasse des uns ou des autres en général.

     

     

    Le ciel au-dessus de la ville la nuit était toujours clair, d'un bleu un peu sombre, les étoiles toujours là au firmament ainsi que du temps des bergers bibliques. Contemplant la voûte céleste, au delà des collines qui entourent la ville dite sainte, on pouvait croire que le monde entier était tout autour, juste derrière la courbure de l'horizon. Aucun endroit sur terre ne paraissait inaccessible. On ne ressent pas cette impression de ville au milieu du monde, au cœur de la planète partout, on ne le ressentait pas pendant la journée, mais le soir, et la nuit claire permettaient de le percevoir un peu mieux.


    image du haut prise ici

    image du bas, café de la rue Ben Yehuda pris ici

  • Feuilleton des contractuels - coup de gueule personnel

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    politique, coup de gueule, ras le bol, société, hypocrisieToutes ces histoires tellement mesquines vécues depuis dix jours me fatiguent vraiment, car au fond le problème se résume au fait qu'un-e collègue titulaire ne veut pas bosser avec moi pour diverses raisons qui le-la regardent mais qui sont tous sauf professionnelles. Et puis la personne étant en charge de la mission locale pour les question du "Genre", elle me fit savoir qu'elle n'avait pas apprécié ma participation à LMPT.


    Car la plupart du temps, je ne suis pas le seul, ce n'est que ce genre de mesquineries qui sous-tend les attitudes et même ensuite les prises de décisions.



    Comment des personnes ayant en charge une partie du moins de l'éducation des jeunes peuvent-ils être pour certains, pas tous, aussi étriqués, aussi étroits d'esprit, aussi commères ?

    Comment des adultes normalement majeurs, et vaccinés, peuvent-ils être aussi commères, aussi enclins au ragot, à la malveillance et j'en passe ?

    Comment peuvent-ils oublier que cela se fait au détriment des gosses ? Pourtant attation, tout ce beau monde est progressiste, sociétalement ouvert (quoi que je me demande souvent ce que seraient leurs réactions si leurs enfants avouaient être homos et vouloir se marier...etc)

    Ce n'est plus de la lassitude que j'éprouve mais un ras le bol général et l'envie de jeter le bébé avec "l'eau du bain", tentation qui m'effleure de plus en plus souvent mais à laquelle pour l'instant je refuse de céder, pour ne pas leur offrir moi-même ma tête sur un plateau...

    Ce qui m'est reproché également est de ne pas me soucier du tout des théories pédagogistes toutes plus foireuses les unes que les autres, et surtout de lire autre chose, de voir des films en dehors, d'essayer d'avoir une vie intérieure en dehors de l'école. Pour cela, on me considère plus ou moins comme un dilletante, une sorte de "j'en foutiste".

  • « Question de méthode » de Philip K. Dick

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     9782070449217FS.gifFolio SF continue (la grâce du Très Haut du Miséricordieux soit sur eux !) à rééditer l'intégrale des nouvelles de Philip K. Dick auparavant parues en « Présences du Futur » chez Denoèl, entretenant ma compulsion « dickienne » (quasiment tout un rayon de ma bibliothèque). Et ce recueil a l'avantage de ne pas être pour une fois un simple « coup » commercial lié à la sortie d'un film inspiré de l'auteur de « Ubik » ((TM°) en vente partout en aérosol, en sachets, en poudre et en solution liquide je le rappelle), et de proposer des nouvelles inédites et des traductions moins bâclées que les précédentes pour les deux nouvelles déjà sorties dont « un monde de talents ».

     

    Ce livre regroupe des histoires parues bien avant la crise mystique de l'écrivain en 74 et « la Trilogie divine », il échappe à l'influence de Van Vogt et vit à l'époque, les années 50, de manière à peu près stable avec sa deuxième femme (je dis bien « à peu près » car il fera de ce mariage une description très drôle et chaotique dans « Confessions d'un barjo » fielleusement dédié à cette seconde épouse). Il produit sans cesse, en s'aidant de tout ce que la pharmacopée de cette époque autorisait en vente libre, ou pas. Contrairement à ce qui est souvent dit ou écrit, Dick consommait peu de drogues illicites, mais beaucoup d'amphétamines, et il n'a pris du LSD qu'une fois, car son imaginaire provenait surtout de son cerveau en ébullition et non de l'influence de « trips » plus ou moins bien vécus.

     

    Un personnage fait pousser des vaisseaux spatiaux dans son jardin, les terriens acquièrent après l'Apocalypse le pouvoir de concrétiser toutes leurs hallucinations, les psys sont des robots qui comme d'habitude chez Dick sont plus « humains » que leurs patients, les bureaux sont insolents avec les cadres en costume et finalement une ménagère finit par penser, à la grande surprise des policiers, que la possession de son mari par un « alien » n'a pas que des inconvénients car la copie se révèle beaucoup plus attentionnée que l'original, dur, sec et sans cœur.

     

    Les dieux y sont de grands gamins immatures qui mangent trop de sucreries mais néanmoins plus sages que les « maîtres du monde » et on les appelle de "grands benêts". Le premier totalitarisme, fondé sur des platitudes et un discours fade qui dit tout et son contraire, et vraiment réussi envahit le monde par l'intermédiaire de réseaux électroniques et de la télévision, le monde entier finissant par se conformer aux lieux communs débités à longueur de temps par un avatar « gestalt » manipulé par les vrais maîtres de la société, ça ne vous rappelle rien ?, dans « à l'image de Yancy » qui est des plus prophétiques. Dans ce récit, le spectacle domine les esprits ; l'instinct grégaire et l'apparence y sont fondamentales.

     

    J'ai beau connaître par cœur les « ficelles » qu'il utilise, je me laisse surprendre à chaque fois par les retournements des histoires et le sens aigu de l'absurdité de Dick qui montre que même dans un lointain futur, même après une guerre atomique, même environné d'extra-terrestres bienfaisants mais mourants, les Biltongs, l'être humain se leurre tout autant que maintenant sur les véritables aspirations qui le motivent, et que celles-ci sont à de maints égards parfaitement grotesques.


    Finalement, dans ses livres, qui sont de la SF dite implicite (contrairement à Asimov et Clarke qui prétendent prédire le futur et expliquer le fonctionnement de tous les engins qu'ils inventent) Dick parle surtout de nous et de notre époque.


    C'est la raison pour laquelle il est beaucoup plus intéressant que les deux auteurs précités. Et tout comme Bradbury, c'est au fond un écrivain au sens propre, peu importe l'appartenance de ses œuvres à un genre ou l'autre. Pourtant, pendant des années, il a cru pouvoir écrire des romans dits « mainstream », souffrant du mépris des critiques, et d'autres écrivains, romans qui justement à l'exception de « Confession d'un barjo » sont beaucoup moins intéressants

    couverture empruntée au site "Decitre"

  • L'exaspération, l'hypocrisie, l'angélisme qui mènent à la mort d'un gosse

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    article_1109_NIC03_BRAQUAGE_MORT.jpg Un bijoutier du Sud de la France, à Nice, braqué très souvent, agressé régulièrement, exaspéré certainement, poussé à bout, a tué un jeune voleur avec un fusil à pompe. Si personne de sensé ne peut se réjouir de la mort d'un gosse perdu, si la réaction du bijoutier est excessive, on peut se demander ce qui pousse un homme certainement équilibré à de telles extrémités, faire preuve d'empathie à son encontre.

     

    Car on peut comprendre son geste, son ras le bol à voir son outil de travail saccagé constamment...

     

    A chaque fois qu'un événement de ce genre se produit, c'est pourtant toujours le même concert de réactions. Les esprits de progrès expliqueront que c'est la faute du racisme et de la précarité, de la montée du Front National, de Sarkozy, que le gamin n'a fait que subir les conséquences d'un risque possible de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°).

     

    Ces esprits fins sont toujours prompts à parler de racisme alors que personne ne précise dés l'abord les origines du cambrioleur. Ce sont eux qui y voient forcément un « français de deuxième ou troisième génération » pour reprendre leur expression.

     

    Quand on parle de précarité à gauche, et dans les cercles « qui pensent », d'ailleurs, elle ne concerne que les milieux issus de l'immigration et de la « diversitude » (TM°). Les français « de souche » sont forcément riches et favorisés, tous. C'est bien connu.

     

    De quoi se plaignent-ils ?

     

    Et puis s'ils le font quand même, on leur répliquera qu'ils payent une juste rétribution des abus commis par les peuples européens lors de la colonisation. La petite vieille qui se fait piquer pour la énième fois son sac est forcément une raciste voire une « poujadiste » qui s'ignore ! L'adolescent qui se fait racketter depuis le primaire est forcément un « petit blanc » élevé par des populistes s'il se plaint ! Le commerçant de quartier sensible qui a dû remplacer sa grille par un volet métallique puis par un volet blindé est un « maniaque de l'autodéfense » ! Etc...etc...

     

    Il est souvent question des droits des minorités, la plupart du temps agissantes, mais ces droits impliquent des devoirs. Et la citoyenneté française ne se réduit pas à un bout de plastique dans la poche, elle implique l'adhésion à des valeurs communes, à la langue, au respect du territoire et de son intégrité, au sens de la collectivité...etc

     

    Quand des gamines se voilent les cheveux, puis progressivement une partie du visage, puis le corps et les mains, et parfois complètement, les mêmes belles consciences estiment que ce n'est qu'un désir de se singulariser. Si ce n'est pas complètement inexact, c'est d'abord et avant tout l'Islam, qui est par nature une religion très prosélyte, surtout dans sa conception contemporaine, qui les poussent à faire cela, et rien d'autres, ainsi que tentait vainement de l'expliquer une sociologue allemande de confession musulmane sur le plateau d'une émission « con-cernée » d'« Arte ».

     

    Les gamins qui tiennent parfois en coupe réglée des quartiers entiers, pour des truands plus puissants qu'eux souvent, ne le font pas parce qu'ils sont pauvres et qu'il faut bien que ces petits bouchons sensibles et blessés survivent comme ils peuvent. Ils le font généralement car ils ont parfaitement intégré les codes de l'hyper-libéralisme le plus sauvage et qu'ils veulent gagner un maximum de fric en le prenant là où il est par tous les moyens sans se poser de questions de conscience ou de justice sociale. Ils ne sont d'ailleurs pas du tout partisans de celle-ci, n'en ont rien à foutre de l'équité ou de solidarité...

     

    Ceux qui pourraient éventuellement réagir, à droite comme à gauche, préfèrent passer leur temps à se demander « qui c'est qu'est le chef », du PS aux « Veilleurs » en passant par « la Manif pour tous », où la question de la vigilance envers les questions familiales a surtout laissé la place à des conflits d'egos tous plus sur-dimensionnés les uns que les autres, chacun ayant ses partisans « jusqu'à la mort », oubliant en passant que ce mouvement aurait pu s'étendre à l'ensemble des questions qui fâchent. Ailleurs, quand on parle d'immigration, y compris au FN, on passe surtout son temps à se justifier de ne pas être raciste ou « fââchiiste », mais on n'argumente surtout pas.


    image prise sur le site de "20minutes"

  • Escale "buissonnière" en banlieue 1

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    H1118-L24566492.jpgCe matin, pour me rendre à Vernon, distant d'Evreux d'une trentaine de kilomètres, et n'ayant qu'une confiance très limitée dans le car censé m'amener à bon port (ami parisien, en province on se déplace en car depuis que l'Etat dans sa grande sagesse a supprimé les « petites » lignes pas assez rentables), j'ai décidé de prendre le train, ce qui coûte excessivement cher mais cela me permettait d'être à l'heure (train jusqu'à Mantes le Jolie puis jusqu'à Vernon dans l'autre sens, la ligne devant relier Rouen, Vernon et Evreux étant en projet depuis quelques décennies déjà). J'aime beaucoup le train, il permet de rêver, de méditer et de s'échapper au moins quelques temps de ce fait d'un quotidien qui n'incite ni à la poésie ni à la contemplation.

     

    Arrivé à Mantes, je me suis demandé, juste quelques secondes, deux secondes seulement même car je suis un garçon sérieux, un adulte très sérieux et responsable, ce qui me retenait de continuer jusqu'à Paris, d'aller dans un café ou un petit bistro du Quartier Latin et/ou de Bastille où j'ai mes habitudes, et puis on aurait bien vu la suite. « Carpe Diem ! » me lança le petit diable sur mon épaule gauche, « pourquoi te soucier des conséquences ? ».

     

    Alors qu'hélas, hélas, je sais bien, je l'écoute souvent quand il a un bon mot ou une répartie caustique à me faire lancer, car ma causticité est de sa faute que crois tu ami lecteur ?, je l'ai malheureusement fait taire mais je lui ai quand même accordé une petite pause, toute petite, hors de la gare, pour goûter un peu l'atmosphère.

     

    Du moins c'est l'excuse que je donnais à l'ange qui est sur mon épaule droite. Lui qui d'habitude me tance bien souvent, affirmant que « je suis trop négatif », il se montra magnanime me disant bien qu'il savait que cette histoire d'atmosphère était une excuse plus ou moins bidon pour me donner un argument pour quelques minutes d'« école buissonière » et d'irresponsabilité, aux yeux des grandes personnes et des purotins. « Au moins, me dit-il avec un sourire contrit, peut-être qu'après tu feras ton devoir d'état avec un peu plus d'entrain ». Puis il soupira et se rassit sans hâte. Je sentais bien qu'il avait très envie de continuer à me sermonner mais qu'il n'osait pas le faire, pour ne pas m'exaspérer...

     

    P1020201.JPGC'est finalement surtout la peur d'offrir ainsi facilement ma tête sur un plateau aux commères désobligeantes, aux compères veules et dociles, aux autistes administratifs qui m'a fait renoncer à ce projet qui au fond n'avait rien de si particulièrement funeste que cela me chuchote le petit diable à mon oreille.

     

    Ces commères, compères et autistes administrafifs se consolent, si l'on peut dire, de leur soumission volontaire et et de leur docilité sans faille à des idéologies mortifères et des dirigeants morticoles, de leur servilité, de leur égoïsme fondamental principalement par la malveillance, le commérage et le confort d'être en troupeau. Mais j'étais quand même énormément tenté de le faire, tenté par mon environnement, ayant profité du changement de train, de quarante-cinq minutes, donc pour m'arrêter quelques instants en banlieue où je suis chez moi.

     

    Oui, ami provincial, la banlieue, c'est du béton, elle est laide, c'est sale, c'est bruyant, comme Paris que « l'on aimerait bien visiter » mais « que l'on ne pourrait pas habiter » « passke les parisiens y sont trop stressés », mais déjà avant moi et avec autrement plus de talent que moi Céline, Marcel Aymé et aussi Jacques Tardi dans ses dessins en ont perçu la poésie réelle. Il suffit de voir plus loin que l'horreur de la pauvreté, pas seulement matérielle, de la grisaille, des vieilles derrière leurs rideaux dans les pavillons en « meulière », des types en veste orange sur le quai des gares, des gamins et des gamines maussades le nez sur l'écran de leur dernier gadget électronique qu'il convient de posséder.


    J'aime la banlieue aussi car c'est une bonne partie de mon enfance, je l'aime aussi pour toutes les dionysiaques qui y vivent...

     

    Pire encore en banlieue on y croise parfois des « classes dangereuses ». Mais l'air est certes moins pur qu'ailleurs, si le ciel y est parfois moins clair le soir, il arrive que les personnes y soient un peu plus ouvertes d'esprit, un peu moins enclines aux colportages de ragots putrides et hors d'âge, de rumeurs malsaines, envers leurs semblables, et les milieux se croisent un tout petit peu plus qu'ailleurs. S'il est vrai qu'il en est qui sont comme des planètes sur des orbites parallèles, parfois des mondes se croisent, se parlent et échangent sans préjugés. D'autres fois encore ils s'entrechoquent et certes c'est dangereux....

     

     

    texte à suivre


    image prise sur le site "artfact"

  • "Veilleurs" et "Indignés" réveillez-vous

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    malnutrition1.jpg

    Note : Quelques lecteurs m'ont reproché la photo qu'ils trouvent "déplacée"...

    Alors certes j'aurais pu mettre une photo de sans abri en France, car des pauvres il n'y en a pas qu'au bout du monde, il y en a parfois dans notre propre famille, mais cette image illustre pour moi l'absurdité de ce monde, l'absurdité criminelle, que j'ai perçu la première fois voyant une maman aux seins desséchés tenir dans ses bras un bébé au trop gros ventre, presque mort il y a vingt cinq ans...


    J'aime bien les « Veilleurs », je parle des « Veilleurs », je pourrais aussi citer les mouvements des « Indignés » ou autre mouvement regroupant des personnes souvent jeunes voulant autre chose pour cette société, rêvant que celle-ci ait un sens. Tous ces mouvements ont au moins comme premier avantage de montrer des jeunes en quête d'absolu même si beaucoup au fond se trompent de voies et se donnent des « maîtres » à penser qui sont le plus souvent autant de participants du système, du spectacle et du cirque médiatique. Mais au moins ont-il cette soif d'élévation...

     

    Bien sûr, ces mouvements ont d'autres gros désavantages. Comme les autres ils comptent bien « faire le buzz » sur Internet, engranger le maximum de « like » de leur pseudo-copains virtuels, comme les autres, une fois les grandes déclarations balancées et les bonnes intentions dispensées ils reviennent aux fondamentaux de cette société qui sont l'égoïsme tout puissant, la mesquinerie érigée en principe, l'avidité, la jalousie sociale, le consumérisme des idées, des choses et des biens, et surtout l'entretien de la dynamique spectaculaire.

     

    Le « show » ne s'arrête jamais, il a besoin de beaucoup de temps et d'energie. Et l'ensemble de la société ou presque l'accepte...

     

    Dans ces mouvements, y compris chez les « Veilleurs », on parle beaucoup, on brasse beaucoup de beaux principes, et même on cite de la littérature, de le belle littérature, et puis on s'arrête là, ce qui est dommage, et hélas on s'arrête le plus souvent « là ». à de rares exceptions, car on a trop peur de ne plus être dans le mouvement du troupeau, que l'on a peur de sa propre liberté, que l'on a peur de faire preuve d'un peu d'audace.

     

    Celui qui en fera preuve sera accusé de prétention, d'insigne vanité, on le sermonnera avec condescendance comme un gosse, ainsi votre serviteur pour son feuilleton sur les « précaires enseignants » dans l'Education Nationale dont tout le monde se fout dans la presse sauf « l'Huma », reconnaissons leur ce mérite ami lecteur.

    Et votre serviteur, pour qu'il fasse preuve de cette audace a été poussé à bout, au point de rupture, cela dit il n'y aura pas de retour en arrière. A gauche comme à droite, il a pu constater que la plupart s'en foutent, du député au président de conseil régional, en passant par son maire.

    Et je ne parle pas de l'indifférence quasi générale des syndicats de l'Education Nationale pour qui la précarité des « intermittents du tableau noir » ainsi que la gestion de cette grande maison comme une entreprise sont deux choses tout à fait normales.

     

    Pour être écouté, il faut avoir son « emploi » dans la farce jouée chaque jour ou alors finir comme Pierre Jacques dont le sort fut funeste.

     

    Hélas, hélas, donc, parmi les « Veilleurs », parmi les « Indignés »Celui qui se tenait débout immobile soir et matin retourne sa banque, celui qui a marché sur les plages en été pour dispenser de bonnes paroles se soumet de nouveaux à ses chefs de service, celui qui est professeur enseignera parce qu'il croit qu'il y est obligé, de se dédire, des choses qui contredisent sa foi et son sens de la morale et de la « common decency » ou ses idées, et tout le reste fera de beaux souvenirs, un lot de consolation quant aux compromis que l'on estime absolument indispensables et inévitables.

    Son activité dans son mouvement de pensée consiste surtout en fait à tirer sur la laisse qui reste bien entendu attachée au mur du chenil, elle est juste un peu plus longue c'est tout.

     

    Les plus jeunes dans cette société, y compris dans les « quartiers », l'ont déjà parfaitement assimilé, ce qui compte dans ce monde absurde et réellement cynique ce n'est pas la culture, ce n'est pas la gentillesse, l'amour et la sympathie, et ce malgré l'étalage de sentiments frelatés partout et cette sensiblerie pleurnicharde montrée en première page des magazines « pipeaules » entre autres mais le statut social et l'argent, que l'on obtient par un diplôme qui demande surtout de prouver sa docilité au système, de par les revenus et le réseau des parents, ou bien en vendant son intimité à la télévision ou sur le Réseau.

     

     

    La politique, hors quelques esprits réellement libres, est en 2013 une vaste blague, une fumisterie de bas étage qui permet d'entretenir l'illusion de liberté d'expression et de démocratie. Ce monde a besoin de grands actes, de héros, de valeurs.


    image prise ici

  • On parle de moi dans le journal, et surtout on parle des précaires enseignants...

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    vincent-peillon-education-2_1016246.jpgEt oui je sais quant au journal, un "réac" de "la Manif pour tous", un "anar de droite" dans un journal communiste ??? A cela je réponds que l'AF a milité pour la création des syndicats contre la loi le Chapelier de la Révolution et défilé avec les anarchistes en 1923, cela n'empêchait pas d' s'opposer sur d'autres choses.


    Et à "l'Huma" ce sont les seuls qui le font dans le cas précis...


    Mais l'essentiel est surtout de d'abord et avant tout faire passer l'info sur les contractuels enseignants, les précaires du tableau noir car personne n'en parle, ils sont méprisés d'un peu partout, on va même jusqu'à leur demander "s'ils ont le bac" (hein on ne sait jamais). Ils doivent gérer des situations parfois catastrophiques plus vite que les autres, personne ne leur en sera gré. Ils doivent être plus réactifs et reprendre en main des classes souvent découragés, sans en tirer aucune reconnaissance...

     

    Car les précaires enseignants sont les grands oubliés des lois sur l'éducation à droite comme à gauche.

    Cela ne fait pas de moi un communiste, cela ne fera pas d'eux des réacs tant s'en faut. Il n'y a pas à avoir peur quand il s'agit de dire simplement la vérité des faits, celle qui fait mal...

     

    Après tout il y a bien des communistes qui écrivent dans "Valeurs Actuelles" ou "le Figaro Littéraire"...


    Et puis "Dieu écrit droit avec des lignes courbes"...


    Monsieur Peillon parle de "crise des vocations" mais ce n'est pas tout à fait exact, les enseignants précaires ont quand même la passion de l'éducation malgré un salaire parfois moins important que les dames de ménage des établissements où ils travaillent (ceci écrit sans aucun mépris). Les enseignants précaires ont la vocation mais tout est fait pour les dégoûter. Dans leur cas ce n'est plus une vocation mais un sacerdoce.


    Ils continuent à l'exercer, et s'entêtent, à tort visiblement, dans un métier dont les parents considèrent que c'est surtout un métier de gardiennage, dont l'administration attend une docilité aveugle, dédaigné par des jeunes pour qui la culture est quelque chose de très accessoire hélas, soumis à différentes pressions, différents lobbies et s'évertuant malgré tout à tenter de faire oeuvre d'éducation, pour un petit peu plus du SMIC, sans aucun espoir d'être augmentés.


    Un ami me fait remarquer qu'à coup sûr je vais avoir ma fiche à la DCRI, ex-RG, ce qui est déjà certainement le cas je suppose...

    Pour ma participation à Agoravox, pour mes engagements en Israèl-Palestine, pour mon article sur les guerres de Vendée dans une revue royaliste...


    Et après tout ? C'est une sorte de médaille, n'est-ce pas ?

     

    L'article de Laurent Mouloud dans "l'Huma" est ici.


    Ci-dessous un sketch presque trop réaliste des "Inconnus"

  • Pourquoi mon blog n'est plus anonyme

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    internet, cyber-flics, société, politique, blogueCe blog est régulièrement lu par des lecteurs attentifs et sympathiques et aussi par des cyber-indics, ou cyber-corbeaux qui savent très bien que Grandgil est Amaury Watremez.

    La plupart se hâtent de faire leur compte-rendu sur tout ce que j'écris, mes articles étant régulièrement imprimés par les "autorités supérieures". Il paraît cependant que nous vivons dans un pays de liberté d'expression, donc pourquoi avoir peur ?...

    A ces cyber indics, je leur précise qu'Amaury s'écrit bien A.M.A.U.R.Y et mon nom W.A.T.R.E.M.E.Z ( se prononce vatremé ou ouatremé).

  • Philippe Muray n'était pas libéral, amis de droite

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    755796.jpgQuand je lis différents sites concernant Muray, je trouve divers contresens qui font de lui un libéral, et en somme un "petit blanc" qui pense que les pédés dirigent le monde en cheville avec les musulmans, les sionistes et les chinois, je cite en vrac en oubliant sûrement.


    Il est amusant de constater que ceux ou celles qui voient des z-hormosessuels partout sont généralement fascinés par les "amitiés saines et viriles" et les fraternités exclusivement masculines, ou féminines, passons. S'il dénonçait et se moquait de nos socio-libéraux, il faisait de même des libéraux-libertaires et conchiait la bêtise satisfaite des libéraux autistes que l'on peut encore lire de ci de là...

     

    Se réclamer de Muray est l'argument ultime en somme pour se défouler de leurs haines primaires pour beaucoup, qui rejettent le festivisme mais qui rêvent au fond "d'en être", et plus grave qui n'ont que rarement lu Philippe Muray...


    Je le cite :


    "La droite n’est même plus capable, comme autrefois les conservateurs, de défendre ce qui reste des anciennes valeurs patriarcales ou de la notion de dignité personnelle, noyées comme le reste, et par elle aussi bien que par les autres, dans les « eaux glacées du calcul égoïste » – pour parler comme Marx."


    "Calcul égoïste", ça me parait clair, non ?


    Excellent dessin emprunté au site du "Salon littéraire"

  • « Dépasser l'acide » dit le gourou du printemps de l'Amour

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    magic-bus.jpgJe n'avais jamais lu de livre de Tom Wolfe qui dans ses amis de gentleman sudiste a toujours fait la nique aux adeptes de la pensée globalement humaniste et d'une gentillesse à manger du foin. Si on veut vraiment le qualifier, on peut dire que c'est un genre d'« anar de droite » fasciné par les marges de la société, et qui se plaît à les explorer dans ses livres. Pour être honnête, j'avais un préjugé un peu défavorable contre lui du fait des adaptations de « l’Étoffe des héros », ou du « Bûcher des Vanités », que je trouvais sympathiques mais somme toute un peu lisses. Alors qu'il est tout sauf lisse dans ses ouvrages. Et je trouvais son personnage en costume immaculé un rien surjoué.

     

    « Acid Test » m'a fait changer d'avis.

     

    En 1964, Tom Wolfe, inventeur avec Norman Mailer, sacré boxeur politique, et Hunter Thompson, du vrai « nouveau » journalisme a suivi Ken Kesey et sa bande de « Merry Pranksters » dans une « équipée » baroque à travers l'Amérique à bord d'un car scolaire recouvert de peintures « fluo » censées éveiller les consciences des « rednekcs » et équipé de hauts parleurs géants afin d'inonder la moindre parcelle du territoire de musique « pop ». Diverses « inventions » devant ouvrir les consciences sacrément parsèment ce « magic bus » : un sac de couchage pour que chacun puisse onaniser à son aise devant tout le monde, un réfrigérateur rempli de jus d'orange mélangé à de l'acide, et du LSD.

     

    Ken Kesey est l'auteur du roman « Vol au-dessus d'un nid de coucous », très différent du film, qui beaucoup plus réaliste et moins allégorique, le livre étant une dystopie. J'ai tendance à penser d'ailleurs que le long métrage de Milos Forman, moins démonstratif, moins pesamment didactique, est bien meilleur et plus fin. Kesey tire cette histoire de son expérience dans un hopital psychiatrique où il travailla quelques temps dessinant les malades, interrogeant les infirmiers, et se fascinant pour un chef indien mutique enfermé dans cet endroit depuis son adolescence, « Chief Broom ! »,  symbole pour lui de l'aliénation de nos sociétés...

     

    Passant quelques temps en prison pour des expérimentations de drogues diverses et variées, et psychédéliques, il devient le gourou d'un petit groupe de frappadingues, de rêveurs, d'illuminés, voire d'anciens soldats, de dragueurs compulsifs, de cinéastes géniaux et méconnus, bien entendu ; et ses paroles sont paroles d'Evangile, pas moins, à Haight Ashburys à San Francisco, le quartier général des « hippies », des déclassés, des marginaux, et des gosses en recherche de bonne fortune sexuelle facile à obtenir.

     

    Il est caustique avec eux, se demandant par exemple pourquoi des êtres tellement libres et épris d'ouvertures de leur esprit ont tant besoin d'un gourou qui s'il n'est pas Charles Manson, la face sombre du « Summer of love », la « face B » des années 60, ainsi qu'Altamont qui crèvera le rêve, n'en est pas moins jaloux de son pouvoir et de son ascendant sur tous les « enfants perdus » qui se mettent spontanément sous sa coupe qu'ils pensent « éclairée ».

     

    Il est souvent ironique en les décrivant, mais on sent derrière ce ton souvent acerbe, et réjouissant, une véritable affection pour toutes ces personnes qui même si elles se fourvoient complètement dans leur recherche auront toujours des idéaux de vie plus élevés que les citoyens consommateurs cyber-autistes adeptes du moindre gadget informatique que l'on croise dans les rues de nos jours. C'est d'ailleurs surtout Ken Kesey qui a le droit aux « traits » les plus piquants de Tom Wolfe qui montre bien que Ken est un imbécile pontifiant qui profite de son auditoire pour faire passer la moindre sottise qu'il prononce, le moindre lieu commun qu'il balance, pour une vérité d'une spiritualité très élevée.

     

    Dans leur périple, Ken et les « Pranksters » croisent Tim Leary, les Beatles et quelques allumés, des « rednecks » qui ne sont jamais hostiles ou rarement, malgré le mépris que Kesey leur montre, toujours simplement curieux de savoir pourquoi dans ce car tout en couleurs fluorescentes on s'agite autant. Ken fait de la télé-réalité avant la lettre demandant à ce que tous leurs arrêts soient filmés et enregistrés intégralement certainement pour l'exégèse futur de ses propos par des admirateurs enthousiastes aujourd'hui, maintenant et à jamais et pour les siècles des siècles.

     

    Amen, et Loués soient les laboratoires Sandoz (où fut testé sous contrôle médical au départ le LSD)...

     

    Tom-Wolfe-006.jpegSi tout cela était sympathique et certes brouillon, désordonné et certes parfois pénible, il faut quand même se dire que dans les années 80 plutôt que de chercher à changer le monde on « joggera » en écoutant les cours de la Bourse à la radio ainsi que l'écrivait Hunter Thompson, plus tard on gardera le nez rivé à son « smartphone », souvent plus « smart » que son ou sa propriétaire d'ailleurs, téléphone comme un substitut masturbatoire, comme un ersatz de tétine afin de ne jamais surtout perdre le lien d'avec son « cocon », son « réseau » d'amis plus ou moins réels...

     

     

    Le "Magic Bus" des "Pranksters" vient d'ici

    Tom Wolfe jeune, image prise ici


    Ci-dessous un zeste de psychédélisme en musique

  • Qu'irions nous faire en Syrie ?

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    6904aa06-7fe8-11e1-80f1-2fdde9220501-493x328.jpgLa Syrie est une dictature, c'est même une dictature sanguinaire personne le conteste, tout comme l'Irak l'était, qui n'est pas dirigée par des enfants de chœur  certes, tout comme en Irak, mais c'est un régime laïc, tout comme en Irak, d'inspiration baasiste (donc intégrant des chrétiens au départ). 90 % de la population soutient pourtant Bachir El Assad, 10% seulement soutenant les « rebelles » qui sont armés par le Quatar ou l'Arabie Saoudite, deux théocraties radicales, et les Etats-Unis, la France et l'Angleterre, trois pays largement débiteurs des deux premiers (bizarre qu'autant qu'étrange, non?)

     

    Que veulent-ils ?

     

    Le Liberté ? Comme tu y vas ami lecteur, ils veulent le fric, le pouvoir et étendre leur haine partout dans la région, en particulier leur haine des chrétiens.

    Ce sont d'ailleurs eux qui ont utilisé des armes chimiques et non Bachar, on nous refait le coup à son sujet des « armes de destruction massive ».

     

    Les populations occidentales ne sont pas encore tout à fait dupes me dira-t-on, fort heureusement. Malheureusement pour les z-élites qui nous gouvernent (rires en écrivant élites pour parler de nos gouvernements successifs) il y a maintenant Internet et ses vidéos virales qui prouvent le contraire de ce qu'avancent les adeptes du conflit de civilisation, fût-il par procuration, ce qui permet de le mater bien au chaud derrière la téloche. S'ils aiment tellement ce choc, pourquoi ne prennent-ils pas les armes eux-mêmes ? Si l'antisémitisme se cachant derrière le pseudo anti-sionisme m'énerve, la musulmanophobie autiste m'agace tout autant.

     

    Socio-libéraux et libéraux-libertaires, monétaristes sans complexes et sociétaux de bas étage s'unissent pour réclamer de lutter contre la Syrie de Bachar, évoquant à propos de ceux qui ont des doutes un esprit « munichois » (je cite Harlem Désir dans le texte). Pour un peu on nous ressortirait facilement le refrain des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), on ne sait jamais, ça peut toujours servir. Si Bachar n'est pas Mère Thérésa, ce n'est pas non plus Hitler.

     

    Une chose m'étonne encore plus, enfin, m'étonne, c'est une anti-phrase, c'est l'insistance de certains catholiques à réclamer une intervention contre la Syrie sans se soucier une seconde visiblement des conséquences que cela aurait, que cela aura, sur les chrétiens d'Orient déjà largement éprouvés. Je l'ai constaté à maintes reprises de par mes activités pour « l'Oeuvre d'Orient », les chrétiens français en particulier, européens en général, n'en ont rien à carrer si tu peux me passer l'expression ami lecteur de leurs frères arabophones. Voir des z-homos partout, jusque sous leur lit, c'est parfois plus confortable...

     

    L'attaque contre Bachar aura pour conséquence des massacres de ces croyants souffrants depuis longtemps déjà sans que l'Occident, y compris catholique, ne daigne bouger le petit doigt, et ce des « Veilleurs » aux charismatiques « laveurs de carreaux » (TM°) enthousiastes au sourire de figue éclatée (visualiser le geste du « lavage de carreaux » pour comprendre ce que j'allégorise). Leur sourire n'est qu'une façade, il cache, avec difficultés, leur dureté intrinsèque, et leur insensibilité au sort des personnes réellement souffrantes, il faut dire que pour eux bien souvent la Croix n'est plus qu'un concept qu'il faut absolument adoucir, affadir, édulcorer.

     

     

    D'autres chrétiens jeûnent et prient, c'est très bien, mais les chrétiens d'Orient, tout comme nous ne vivons pas d'amour et d'eau fraîche ne vivent pas seulement de nos bonnes intentions. Bien souvent en Palestine, beaucoup d'entre eux le répétaient, c'est très bien ces belles intentions mais après qu'est-ce vous faites ? De concret ?

     

    Cette violence, ce déferlement de haine ne sont que des enfantillages d'une société d'adultes définitivement immatures, Et c'est ainsi qu'Allah est grand !

     

    image prise sur le site du Figaro.fr