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  • Contractuels de l'Education Nationale – un scandale bien caché à la Rentrée 2013

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    precarite_m1.jpgUn contractuel est un professeur remplaçant, ou professeur documentaliste remplaçant nommé pour quelques semaines, quelques mois, voire pour l'année scolaire. Même s'il reste contractuel d'une année sur l'autre son ancienneté n'est pas prise en compte et son salaire stagne autour du SMIC, et ce, selon son emploi du temps car il ne touchera ce salaire, 1400 Euros nets en moyenne, que s'il est à plein temps. Certains contractuels travaillent pour l'équivalent d'un RSA, et on leur recommande de ne pas se plaindre...

     

    Il peut espérer un Contrat à Durée Indéterminée, mais de par des conditions tellement drastiques que c'est très compliqué. Un contractuel en CDI n'a aucune certitude de garder son emploi, il n'a aucune garantie. Cela ne change que peu de choses finalement à sa précarité, alors qu'il prouve par son expérience sa compétence, expérience évaluée par des « visites conseils » des stages, des inspections.

     

    Il n'a pas le droit d'être handicapé, le handicap n'étant reconnu que s'il est titulaire, ou si il y a des besoins dans sa matière. Il n'a pas le droit d'avoir des difficultés de circulation. Il ne doit pas avoir des problèmes de santé. Il est toujours « suspect » et doit sans cesse prouver ses compétences et ses diplômes (il arrive souvent qo'on demande aux contractuels « s'ils ont le bac », on le soupçonne toujours d'incompétence etc...)

     

    Il peut espérer passer les concours, mais il faut savoir que les formateurs des ex-IUFM, maintenant ESPE, n'aiment pas du tout les contractuels qui ont souvent une expérience contredisant la formation qu'ils donnent, et que les « précaires » du public tentant ces concours sont plus sévèrement jugés.

     

    Quelques chiffres :

    Dans l'Académie de Rouen, sur 800 contractuels employés en 2012/2013, seuls 324 ont retrouvé un emploi.

     

    Pour une raison, beaucoup de collègues titulaires ont souhaité se mettre en « reconversion » et ont été favorisés dans l'attribuation des postes, parfois pour travailler dans le même établissement que le conjoint, qui fait jouer son ancienneté dans l'établissement. Ces collègues en « reconversion » sont par définition novices dans leur nouvelle matière, donc moins compétents que les contractuels qui exerçaient sur le même poste avant.

     

    De nombreux contractuels enseignants sont en grande majorité en surendettement, en grande précarité de logement, ce qui ne leur offrent pas toutes les conditions pour espérer réussir qui une formation, qui un concours.

    Ce scandale qui revient chaque année de ces « intermittents du tableau noir », la précarité enseignante est méprisé par la gauche, enfin, le PS, par la plupart des syndicats et par le gouvernement qui parlait de résorber la précarité comme par l'UMP...

     

    Enfin, une recommandation aux collègues contractuels : Surtout ne pas avoir peur d'évoquer cette précarité et de la faire connaître, la seule conséquence que cela risque d'entraîner c'est que celle-ci soit résorbée. Ecrivez à vos recteurs, à vos élus, à la presse.

     

     

    Grandgil (alias Amaury Watremez) – contractuel depuis 2001, et qui n'a plus peur


    image prise ici

  • L'enfant sur le banc

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    nostalgie, enfance, société, politique, idéaux, fidélitéSur son blog, dans un article, un écrivain dont j'aime en particulier les nouvelles et ses essais personnels sur les lunettes noires ou les « départementales » des temps anciens, maintenant hélas révolus, ces routes que l'on voyait en couleurs « pastel » sur les cartes « Vidal de Lablache » (des cartes sur lesquelles on apprenait à découvrir un pays ami jeune, et son identité, c'était bien plus profond et charnel que d'écouter la voix enregistrée d'un GPS, fût-il perfectionné), se demande s'il est resté fidèle au jeune homme qu'il était à dix-neuf ans alors qu'il arrive à l'orée de la cinquantaine.

     

    J'ai souvent été injuste avec lui, bêtement méchant et facilement caustique, j'en ai conscience. Et la part d'enfance caché derrière ma cuirasse de causticité déteste cela. Je devrais plus l'écouter.

     

    Toi qui me lis encore, amie lectrice pour qui parfois j'écris exclusivement, tu le disais déjà, selon toi je suis comme les ours, par peur d'être dressé contre mon gré, par peur d'être blessé, je donne des coups de patte brutaux parfois là où il ne faut pas et je fais mal beaucoup plus que je ne le devrais alors que je pourrais être simplement amical et fraternel au delà de ce qui nous sépare.

     

    nostalgie, enfance, société, politique, idéaux, fidélitéJe me suis demandé également à quelle part de mon enfance ou de mon adolescence je suis fidèle. Un de mes proches le dit souvent, de toutes façons on reste d'une manière ou d'une autre l'enfant que l'on a été, avec ses peurs, ses angoisses, ses espoirs.

     

    Quelque part, au fond de mon âme, derrière les pétarades caustiques, la rigueur appuyée et les répliques se voulant cinglantes, je suis resté ce petit garçon qui adorait se promener dans les jardins du Luxembourg, qui se croyait dans un parc enchanté quand il découvrait les petits ânes sur lesquels on faisait monter les enfants, qui rêvait de voyages fabuleux en regardant les bateaux sur le bassin en face du Sénat, et qui dans le métro, vers la Tour Eiffel ou devant quelque monument « art déco » en poutrelles métalliques et rivets, pensait que le « Nautilus » du film de Richard Fleischer allait surgir des entrailles des rues déchirant soudain les pavés ou le bitume en vagues majestueuses.

     

    Dans les rues parisiennes, celles du quartier de la place des Victoires où ses parents habitaient, à l'époque ce n'était pas une réserve « bobo » et aisée, ou celles du quartier latin où ses parents l'emmenaient souvent, il croyait croiser les personnages des contes de Pierre Gripari, lui aussi il connaissait un épicier kabyle qui avait un petit garçon comme papa Bachir, mais aussi le « Passe-Murailles » ou le garçon portant les « bottes de Sept Lieues » imaginés par Marcel Aymé, histoires dans lesquelles il a appris à lire avec « les contes du Chat perché ». Il avait une marraine toujours entourée d'animaux qui était comme une "vouivre"  parisienne. Parfois, au « Luco » ou près du Panthéon, lorsque je me promène, je sens le parfum du tabac blond que fumait mon grand-père qui m'emmenait souvent aux chevaux de bois près de « la Mouffe »...

     

    Le quotidien devient merveilleux pour les enfants capables de rêver, même de rêvasser. Ils ont la poésie qui leur vient plus naturellement.

     

    On ne devrait jamais empêcher un potache de soupirer en regardant avec nostalgie derrière la fenêtre de la salle de classe, ce qu'il fait de moins en moins on m'objectera, le potache ayant malheureusement le nez collé à l'écran du gadget électronique superflu qui ne quitte jamais la paume de sa main. Ces gadgets empoisonnent toutes les rêveries, y compris quand l'on suit d'un regard admiratif les jolies jambes d'une jeune femme et que l'on s'aperçoit que cette conne est pendue à son téléphone dit « portable » à débiter les pires « anodineries » à un correspondant parfois imaginaire, le téléphone permettant paraît-il de se donner une contenance.

     

    Ce petit garçon ne supportait pas d'être séparé de ses proches, c'était toujours pour lui un déchirement, et sa plus grande peur. Et  parfois je le vois ouvrir de grands yeux horrifiés quand je lance une méchanceté ou une horreur qui se veut ironique, il n'aime pas ça du tout. Ce sont les imbéciles qui rit méchamment, qui ont la tentation de sombrer dans le mépris, pas les personnes gentilles pour ce petit gosse. Il ne comprenait pas les mauvaises blagues et les ricanements, du moins jusqu'à un certain âge où il a saisi que les grandes personnes se contentaient de très peu de choses comme idéaux de vie, et qu'elles sont rarement dignes de confiance. Et il s'est protégé en ayant de la répartie...

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    Ce petit garçon au fond de moi, il se souvient souvent de ses soirs délicieux sur Paris quand les « tambours » noirs et rouges des bus étaient comme autant de repères magiques pour emprunter la voie de songes éveillés au milieu des briques, des bruits des voitures, des pavés et des parisiens pressés. Je l'avais perdu de vue depuis longtemps cette part d'enfance, d'insouciance et d'ouverture au bonheur, je l'ai retrouvé dans un square de banlieue avec des enfants qui me sont proches il y a quelques jours et hier dans le jardin de la « Chapelle Expiatoire » alors que je regardais poindre le crépuscule au dessus de l'immeuble où vécut ce « feu follet » qui était Proust.

     

    Le petit garçon était revenu à côté de moi sur le banc de bois, il me suggéra que je pouvais rester là toute la vie, même en étant sans le sou, à condition d'avoir des bons livres à livre, et un peu de papier pour écrire ou dessiner...

     

    Mais comme je suis devenu une grande personne et que les grandes personnes ne sont décidément pas raisonnables, je me levais et le laissais là, le regard perdu dans ses pensées...


    photos de l'auteur - Amaury Watremez (TM°)

  • Lettre sur Maurice Barrès à Manuel Valls

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    256_1126_image_ap_barres_na238-21639-2.jpgA vous entendre pendant votre discours enflammé et citoyen (un discours politique se doit d'être « citoyen » de nos jours c'est fondamental, « écoresponsable », dans le « développement durable » et le « commerce équitable » avec un petit zeste de rappel des « z-heures les plus sombres de notre histoire » qui ne peut pas faire de mal etc...) de la Rochelle, monsieur le ministre, j'ai cru comprendre que pour vous Maurice Barrès, apogée de l'esthète, hédoniste raffiné, tout sauf un purotin, était en somme un vulgaire facho qui fréquenterait donc de nos jours les ventes privées « Fred Perry », se raserait le crâne et chercherait à « casser de l'arabe ».


    Si l'on ne perçoit "les Déracinés" que comme un pamphlet d'extrême-droite, de "fââchiiste", c'est ou qu'on ne l'a pas lu ou que l'on n'en pas goûté le verbe, que l'on est perdu pour la réflexion personnelle sur la Nation, les racines, le pays...

     

    Barrès aurait sans doute souri et ne serait pas plus inquiété que ça agissant avec vous comme il le faisait avec ceux qui perdaient de l'intérêt pour lui, il vous aurait sagement écouté en ponctuant votre péroraison de ses « hum, hum » ennuyés, tout en replaçant sa mèche en place, toutes choses que Léon Daudet décrit si bien dans ses « Souvenirs Littéraires » que vous vous interdirez sans doute de lire ; vous me direz il y parle avec talent, affection et passion de Proust que votre collègue madame Fioraso trouve ridicule à étudier dans des filières « d'excellence ».

     

    C'est à peine si elle ne nous parle pas de divagations d'homo « honteuse », c'est à peine si elle ne nous sort pas le lieu commun habituel qui veut que « la culture ça sert à rien » car ce n'est pas quantifiable en espèces sonnantes et trébuchantes...

     

    Si Léon Daudet était sans doute un émule de Porthos, un ogre au rire « hénaurme », à la dérision qui emportait tous les ridicules sur son passage, Barrès aurait pu être un genre d'Aramis, en fausse componction avec les notables et les bourgeois positivistes qui se haussaient du col persuadés qu'ils étaient, qu'ils sont toujours, que leur magot leur donnait, leur donne, une légitimité pour se croire guides spirituels et politiques des peuples. Barrès a écrit et participé aussi activement à la vie politique de son temps, même si au regard de l'histoire telle que la voit les bourgeois positivistes maintenant libérés depuis « Soissantuite ».

     

    Il était pourtant admiré d'un personnage que sans doute vous admirez également monsieur le Ministre (vraisemblablement sans connaître ses goûts littéraires) : Léon Blum, qui le lut même en déportation n'assimilant jamais Barrès, bien que celui-ci fût anti-dreyfusard, au nazisme ou encore moins au fascisme. Et quant à Barrès il admirait Jaurès...

     

    Vous me direz monsieur le Ministre, à vos yeux je suis sans doute irrécupérable, j'ai appris à lire dans Marcel Aymé (mondieu), plus tard j'ai découvert Roger Nimier avec bonheur (re-mondieu) et tous les « Hussards » ; l'un d'eux trouvera peut-être grâce à vos yeux, Jacques Laurent, qui vota Mitterrand en 81. Vous évoquez Aimé Césaire, ce n'est pas un poète désagréable, loin de là, mais il est quand même beaucoup plus anodin que Pessoa, Neruda ou Verlaine.

     

    Césaire est un poète pour cours d'éducation civique, « citoyenne ». Ce n'est pas de sa faute vous me direz mais la littérature « à sermons », même laïcs, m'emmerde souverainement si vous pouvez me permettre cette familiarité monsieur le ministre, surtout celle qui encourage à la guimauve universelle qui paraît avoir cours en ce moment, celle qui pousse à l'expression de tous ses sentiments frelatés et caricaturés qui transforment la moindre banalité, la pire médiocrité en « aventure » voire en « tragédie »....

     

    Et moi les poètes qui donnent des leçons de civisme, qui se muent en flics de la pensée, ça ne me passionne guère, mais comme je l'ai dit, je suis certainement irrécupérable de par mes mauvaises lectures. Et je pense que vous trouveriez la série du « Culte du moi », en particulier « le jardin de Bérénice » particulièrement et regrettablement individualiste je suppose, de la littérature sans utilité sociale, qui ne soit pas un témoignage ou un encouragement à l'écocitoyenneté, ou bien encore un rappel des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

     

     

    J'aimerais vous souhaiter bonne lecture monsieur le ministre, mais je doute que vous vous mettiez à Barrès. Vous êtes comme l'époque, vous ne comprenez rien à la littérature...


    Portrait de Barrès pris ici

  • Hommage à Hélie de St Marc

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    "Pour parler vrai il faut d'abord penser vrai"

    politique, société, christianisme, droite, héros, grandeur, honneur, fidélitéOn évoquait ici même il y a quelques jours la figure de Jacques Vergès, complexe, trouble et souvent troublée, Hélie de Saint Marc, résistant, déporté et militaire, lui, qui vient de s'éteindre à 91 ans n'avait aucune zone d'ombres dans sa vie, et il aimait la Vérité, l'Honneur et la Fidélité, trois idées que notre société rejette violemment chaque jour.

     

    Il a résisté non pas sur ordre, non pas pour obéir à un chef politique ou religieux mais parce que pour lui cela allait de soi (il avait 16 ans).

     

    Il a compris pendant sa déportation que généralement si les aspirations de la plupart des êtres humains sont vaines et absurdes, la vie d'une personne n'en est pas moins des plus précieuses.

     

    Obligé de taper à coups de crosse sur les mains des villageois d'Indochine qui voulaient que les français restent, qui savaient très bien ce qui les attendait, il a désobéi aux ordre en 61 pour ne pas avoir à exécuter de nouveau ce genre d'actes en Algérie.

     

    Et c'était un homme, debout, parmi les "champs de braise" de notre société malade...

     ci-dessous un entretien avec Hélie de Saint Marc

  • "Sensible, gentil, iléomo c'est sûr"

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    cage-aux-folles.jpgAmi lecteur, c'est à peine croyable, j'en conviens, mais du fait de ma participation à toutes les manifestations de la « Manif pour tous » j'ai vite été qualifié d'homophobe par les partisans de la loi Taubira ( de « réac » aussi et autres joyeusetés mais peu importe), le tout au nom de la tolérance (sic)...

     

    Cela me fait sourire d'être soupçonné d'homophobie, car depuis ma plus tendre enfance, ma sensibilité, ma personnalité permettaient à de nombreux crétins croisés ci ou là, de tous les bords politiques, de toutes les confessions religieuses de me cataloguer comme « pédé » ou « omo » (« iléomo c'est sûr, sensible comme il est »). Le pire, et le plus ironique, est que encore maintenant, je suis « suspect » de l'être pour des personnes qui se basent sur les pires préjugés et qui le plus souvent par ailleurs protesteraient à grands cris de leur non homophobie.

     

    Petit, j'aimais les jeux calmes, j'avais horreur du foutebôle, j'appréciais déjà les livres et le cinéma, sans pour autant jouer à la poupée ou m'initier à la couture, mais cela cachait donc forcément « quelque chose » (mais quoi ?). Adolescent, m'exprimant sans trop de mots grossiers, et gardant les mêmes intérêts, j'étais « pédé » c'est sûr, ce côté « écorché vif » cela venait certainement d'une homosexualité inavouée, comme un si homme se devait d'être une brute. Adulte, je me souviens de cette dame persuadé que j'en étais car célibataire, et persuadé que j'étais rejeté pour cette raison dénonçant l'homophobie que je subissais selon elle. Plus j'essayais de la détromper, plus elle insistait.

     

    J'ai remarqué chemin faisant que à droite comme à gauche, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, on voit des z-homos partout, les uns pour en dénoncer le lobby qui œuvrerait dans l'ombre (alors que les droits des gays sont surtout un prétexte pour imposer des changements de société décidés par une idéologie grisâtre, très dogmatique, et hyper-libérale, visant à la réification ultime de l'être humain, portée par des « Think Tank » comme « Terra Nova »), les autres pour leur tresser des lauriers et en avoir une vision angéliste qui finalement revient strictement au même que la précédente et qui est de fait tout aussi homophobe puisqu'elle dénie aux homosexuels le droit d'être cons, triviaux et d'une grande banalité, et donc comme tous les autres parfois, et donc d'appartenir à la même espèce humaine.

     

    Tu te souviendras également ami lecteur de l'admiration unanime qu'il y avait des films de Cyril Collard, « adulescent » starisée, en 92 qui pourtant portait aux nues une vision totalement irresponsable de la sexualité d'un malade du SIDA.

     

    (Bien que celle-ci fût un chouïa égocentrée, je lui préférais celle de Hervé Guibert...)

     

    Je croyais qu'un personnage médiatique comme par exemple Steevy allait bousculer ce préjugé de l'homo forcément sensible, cultivé et intelligent, mais il a la vie dure.

     

    Les uns, qui dénoncent le lobby « gay », montrent par ailleurs une appétence marquée pour les fraternités exclusivement masculines et les amitiés « saines et viriles », du genre de celles qui sont exaltées dans les illustrations de Pierre Joubert (qui mit en image Pierre Louys après avoir illustré les aventures en chorte du prince Eric, héros scout), ce qui dénote souvent une homosexualité latente et in-assumée. Le fait que des personnes homosexuelles, militantes certes, parfois au discours pénible et violent, particulièrement envers les catholiques, soient mis au pilori en retour par d'aucuns parmi les catholiques me semblent de temps à autres tout aussi pénible et violent et contre-productif.

     

    Les autres font le compte des artistes homosexuels ce qui déterminera qui sera considéré comme le plus audacieux, un artistes homosexuel étant à leurs yeux forcément plus intéressant, l’œuvre au fond ne les passionnant guère en elle-même. Ils lisent Proust, Gide, ou Wilde car ceux-ci étaient effectivement homosexuels, mais on eût dit à l'émotif Marcel, à l'esthète André, ou au délicat Oscar qu'on les lisait surtout pour leurs penchants que cela leur aurait fortement déplu.

     

     

    Et je suis d'ailleurs toujours effaré de cette obligation qu'il y aurait pour les homosexuels et les homosexuelles à l'aveu voire à la confession publique qui font d'eux le « pédé » ou « la gouine » « de service » tellement sympâââ, tellement doué d'un bon sens de l'écoute « tu 'ois », et qui en province, loin des grandes villes où cela est entré dans les mœurs, finissent qui antiquaires précieux, qui garçons coiffeurs, ou du genre à se défouler en mettant les robes de leur mère le soir devant leur glace.


    image prise ici

  • La vie à travers un écran

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    000_was2439638.jpgJe n'ai rien contre les écrans en soi, tu le sais bien ami lecteur, après tout, j'aime beaucoup le plaisir collectif procuré par l'écran de cinéma, qui reste et c'est très bien une attraction foraine, même quand il est intello, consistant partager des émotions, des joies, des peines avec d'autres les regards tous dirigés dans la même direction. Pour un cinéphile, voir un film à la télévision, en dévédé ou sur une chaîne spécialisée ou non, n'est qu'un ersatz qui ne remplacera jamais l'émotion beaucoup plus profonde vécue dans une salle obscure.

     

    Par contre, je ne supporte pas ces écrans tous colorés et infantilisant qui ont envahi la vie quotidienne en quinze ans, des écrans qui sont en fait autant de « télécrans » donnant à « Big Brother » un accès quasiment absolu à nos vies, notre intimité, nos libertés, et ce avec notre enthousiaste et totalement inconscient assentiment. Quelle déception quand regardant ces jolies filles aux jolies jambes couleur de pain d'épices que la mode fort heureusement leur fait montrer cet été, je les vois soudain sortir leur « smartphone », qui semble parfois vissé à leurs mains délicates, pour échanger des propos le plus souvent d'une anodinerie sans fond, ou « textotter » fébrilement comme si leurs vies en dépendaient.

     

    Il y a quelques semaines, un site satirique faisait une proposition que je dois t'avouer, je trouvais excellente, ami lecteur : donner une paire de gifles aux personnes prenant des photos sans cesse à bout de bras avec leur « I-phone » (TM°) dans la rue pour un oui ou pour un non, incapables de simplement se contenter de vivre le moment, de l'apprécier tel qu'il est et de contempler la beauté autour d'eux.

     

    Ces derniers jours, j'étais à Versailles, et me promenant dans l'Orangerie et devant le château, j'ai pu observer ce même comportement grotesque. La plupart des personnes présentes, que ce soit des touristes ou des promeneurs, était constamment en train de prendre des photos, qui avec son téléphone, qui avec un appareil perfectionné, qui avec sa tablette numérique, incapables de simplement s'arrêter pour regarder autour d'eux, et partager ce qu'ils voyaient avec les autres.

     

    Ils ne conçoivent la beauté que virtualisée, onirisée, « en boîte », « en conserve » somme toute. Ils ne conçoivent de voir le monde que cadré par ce qui ne devrait être qu'un outil, ne conçoivent d'en admirer, superficiellement, la beauté, que si cela peut les encourager dans l'entretien de leur propre narcissisme étalé au grand jour dans le déballage extime incessant qu'est Internet.

     

    La beauté ainsi réduite n'élève plus, ne grandit plus. Elle permet d'éprouver un certain plaisir, qui m'est étranger, de baigner dans le liquide amniotique de son égocentrisme, sans se poser plus de questions.

     

    Ils ne font que thésauriser les images à leur seul profit à l'aide de tous ces gadgets envahissants censés aider à favoriser la communication entre les hommes alors que ce ne sont que des substituts électroniques de tétine voire des substituts masturbatoires que l'on peut tripoter en public sans risquer d'être embarqués pour exhibitionnisme, c'est l'avantage. Ils me rappelaient le personnage de la luxure tel que Marcel Aymé le voyait dans une de ses nouvelles, un vieux bonhomme tout nu ayant une manivelle de caméra dans la tête qu'il tournait pour emprisonner dans une petit cage à l'arrière de son crâne tout ce qu'il voyait, et qui le faisait fantasmer.

     

    Cela dit, cela ne rend que plus précieux et rares ces instants que l'on peut passer à rêver, ou rêvasser, ou contempler les paysages, en oubliant ce monde hyper-actif qui ne sait plus prendre le temps, qui ne comprend plus la sensualité de la nature qui l'entoure, la poésie des villes, du béton et de l'asphalte, qui pourtant lui feraient oublier son esclavage.

     

    Mais il est possible que les personnes de ce monde ne veulent surtout pas oublier leur allégeance...

    image prise sur le site de direct matin

  • "Vergès pleurant dans son ancienne prison..."

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    3462367_7_b01e_l-avocat-jacques-verges-le-30-janvier-2012_06458e83b9cf1b2e00cc72157f5f8792.jpgou "un réac parle de la mort de Jacques Vergès"...

    Suite à la mort de Jacques Vergès, j'ai revu l'excellent film de Barbet Schroeder le concernant, de 2007, « l'Avocat de la terreur », qui montre tous ses paradoxes, son humanité et qui révèle un peu qui était cet homme complexe. J'ai des idées plutôt à droite, apparemment aux antipodes de Jacques Vergès, mais l'homme me fascinait, et me passionnait, car il avait une vraie stature, une stature que l'on peut qualifier d'historique tant son destin personnel a épousé tout au long de sa vie le destin du monde et celui des peuples, des guerres civiles sanglantes, la dénonciation des hypocrisies de notre société libérale-libertaire, toute aussi insupportables dans sa variante sociale-libérale, ses sottises arrogantes qu'il n'eut de cesse de tourner en dérision en défendant ceux qui dans notre société sont considérés comme indéfendables.

     

    Je ne suis pas certain que maître Vergès ait trouvé des plus pertinents pour la gauche française de ne défendre dans sa presque totalité actuellement des lois ou des décisions surtout sociétales. Il fut d'ailleurs cohérent puisque disparaissant quelques années dont on ne sait quasiment rien, étant peut-être au Cambodge, ou en Amérique du Sud, d'aucuns affirmant à l'inverse qu'il était tout simplement à Paris dans une « planque ». Nul ne sait et il se plut à brouiller les pistes, et les cartes.

     

    Peu importe d'ailleurs la réponse, la vie du personnage est fascinante en soi tout comme la façade qu'il se donnait, celle de cet avocat aux allures de bon vivant raffiné et aux goûts aristocratiques, à l'humour caustique et cinglant, se donnant derrière la fumée de son cigare des airs de Raminagrobis. Et puis il était autrement plus fascinant que mettons, Arno Klarsfeld, avocat "parce qu'il le vaut bien" (TM°).

     

    J'ai toujours éprouvé quand je regardais Vergès en interview, ou que je le lisais, le même frisson que j'ai éprouvé en rencontrant il y a une vingtaine d'années maître Jacques Isorni qui fut l'avocat de Pétain mais pas seulement. C'était des hommes peut-on dire vraiment à leur propos, des hommes un peu plus grands par leurs personnalités, un peu plus grands que les autres et que l'on qualifie rapidement de salauds car ils ne se satisfont pas de la morale commune, et ne la respectent pas, celle qui voudrait qu'ils abdiquent des idées qu'ils estiment justes, et que « l'avocat de la terreur » n'a effectivement jamais cessé de défendre car à travers les personnes qu'il défendait, il défendait ses idéaux de jeunesse auxquels il n'avait jamais renoncé.

     

    On me dira, c'est une sorte de médaille de se faire traiter de « salaud » par un imbécile ou un autre, tel ou tel cloporte qui ne supporte pas qu'une personnalité émerge de temps à autre du troupeau...

     

    Une scène dans « l'Avocat de la terreur » démontre au spectateur qui pouvait en douter que derrière tout cela, il y avait un cœur généreux, que ses idées venaient de ce cœur, même si pour moi elles étaient un fourvoiement : je souhaiterai que l'on m'explique par exemple pourquoi un changement radical de société, menant à l'utopie supposée, doit automatiquement passer par le massacre des personnes qui ne sont pas d'accord avec ce bonheur théorique imposé et donc insoutenable par nature, même si je sais fort bien que tout changement, du fait de la nature humaine, ne peut se faire sans heurts ?

     

    Dans cette scène donc, Vergès visite sa prison algérienne, quand il fut emprisonné au moment de la guerre d'Algérie avec quelques uns de ses camarades avec qui il retrouve quelques décennies plus tard des gestes de fraternité immédiate. Et abandonnant son personnage, sa façade et son ironie habituelle, il pleure. Ce qui montre aussi qu'au fond il était resté aussi ce petit jeune homme révolté que les fils de bourgeois et de « grandes » familles méprisaient pour ces origines considérées comme honteuses...

    Ci-dessous la bande annonce du film de Schroeder

  • Ozon les lieux communs et la moralisation (et osons un petit hommage en passant à Pauline Kael)

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    cinéma, littérature, société, ozon, QAmi lecteur, je ne sais pas si tu t'en es aperçu mais j'adore le cinéma, tout dans le cinéma, de celui de Hollywood jusqu'au cinéma coréen ou japonais, des séries « Z » parfois réjouissantes, qui peuvent cacher des futurs grands, tel Peter Jackson, aux films « indés » plus pointus. En tant que dévoreur de films, je ne pouvais manquer de lire un jour Pauline Kael, lecture indispensable pour tout cinéphile qui se respecte, critique légendaire, une des découvreuses du « Nouvel Hollywood » parfois injuste, des plus subjective mais toujours pertinente et savoureuse.

     

    J'ai pensé à ce qu'elle écrivait en voyant la bande-annonce du dernier film de François Ozon précédant la vision d'un film dit de genre dystopique, « Elysium », dont je reparlerai). Je résume l'histoire, une jeune fille de dix-sept ans se prostitue sans culpabilité, et sans l'excuse possible de la précarité, sans même de goût pour le fric facile qu'elle gagne même si ce n'est pas négligeable (le réalisateur laisse largement entendre qu'elle "aime ça"). On entend d'ici d'ailleurs les beaux esprits s'esbaudir et se rengorger face à autant d'audace, se demandant quelles seraient leurs réactions si c'était leur enfant ?

     

    Dans une de ses chroniques européennes, elle évoque ces cinéastes européens, français, italiens, anglais, qui décrivent par le menu la dégénérescence de l'Occident et de ses classes favorisées en n'omettant aucun détail, qui prétendent qu'il n'y a pas d'interprétation de leurs films, que chacun est libre mais qui sont en fait à la fois des plus dogmatiques, moralisateurs, et moralisateurs hypocrites car profitant de leurs films réputés dénonciateurs pour étaler complaisamment des scènes de Q, du sexe multiple ou déviant, ainsi dans son film sorti aujourd'hui, « Jeune et jolie », Ozon, montrer une gamine nue une bonne partie du film, et ce dans un certain nombre de variantes de positions, toujours en « situation » avec des hommes mûrs.

     

    Pauline Kael note ailleurs qu'il est toujours très surprenant que pour ces réalisateurs la médiocrité de l'humaine engeance quand elle se laisse aller à ses pulsions les moins avouables ne semble concerner que les riches, les oisifs, les mondains, ce qui relève selon elle, et je la rejoins, d'une vision très étriquée de la société, et qui dénote de la part de ces « grands » artistes qui vendent leur film en excitant la vanité de leur « clientèle » paradoxalement bourgeoise et favorisée d'ailleurs en lui laissant entendre que son interprétation tellement « libérée » et « ouverte d'esprit », « progressiste de progrès » sera forcément la meilleure.

     

    Pour ces faiseurs de pellicules « chics » le cinéma reste surtout une attraction foraine pour laquelle il faut bien vendre des billets, et pour se faire appâter le chaland, ou dans le cas d'Ozon le « micheton » qui ne demande que ça. Pour Ozon, au vu de ses multiples déclarations, les femmes ne demandent que ça également, « faire la pute », ce qui dénote chez lui une vision disons particulière des femmes forcément mère désincarnée ou putain à la sexualité agressive.

     

    Ou bien est-ce un problème d'Oedipe mal résolu ?

     

    Ce qui est également curieux dans ces films est que la culture, en particulier la littérature, y est montrée comme certes porteuse d'ouverture d'esprit mais surtout de perversion comme dans les films tournées sous l'Occupation et Vichy.

     

    Selon Kael, et là encore, je l'approuve, prétendre qu'un film ne peut être inteprété c'est finalement reconnaître qu'il est creux et que les audaces formelles, ou qui se veulent ainsi, qu'il peut receler sont autant de lieux communs destinés à fournir un alibi au spectateur voyeur pour regarder au cinéma des scènes qui ne dépareraient pas dans un « Gorge profonde », navet joyeux et « j'm'enfoutiste » symbole d'une époque plus libertaire et plus insouciante que la nôtre, ou « Derrière la porte verte » (excellent film celui-là au demeurant), la différence étant que dans ces deux films les réalisateurs ne se donnent pas « lamanièredeux » intellectuelle et sociale.

     

    La célèbre critique souligne enfin deux choses fondamentales. Dans ces prétentions à l'audace sexuelle, à la liberté de mœurs, il n'y a jamais de vraie légèreté, de véritable jouissance, encore moins d'exaltation des sens. Le plaisir n'y est jamais joyeux. Ces films ne sont jamais que des décalques modernes des sermons que l'on pouvait entendre dans les soirées des ligues de vertu, et leurs spectateurs sont comparables aux sermonneurs, avides finalement de regarder par le petit trou de la serrure les turpitudes supposées des milieux dits favorisés qu'au fond ils envient, désirant secrètement être à leur place.

     

    A propos de « Jeune et jolie » de Françpois Ozon...

    ci-dessous la bande-annonce...

     

    Lire aussi les « chroniques américaines » et « chroniques européennes » de Pauline Kael chez Sonatine


    Jeune et Jolie de Francois Ozon - Bande-Annonce par cinemur

  • L'absurdité avérée de la souffrance

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    georges-roualut_-rastignirea1.jpgS'il y a une chose qui me révolte au plus haut point, c'est celle-ci, ces personnes croyantes ou non qui parlent si légèrement de la souffrance en l'intellectualisant, en livrant leurs conseils le plus souvent lénifiants, en donnant une utilité au fait de souffrir, voire un rôle salvateur aux yeux de Dieu comme le faisait les anciens, ou qui invoquent la notion fort commode de « résilience » alors que la souffrance en elle-même n'a aucun sens, aucun, et n'en aura jamais, ou alors peut-être à la fin des temps, qui sait ? Il y a tous ceux qui disent « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », tous ceux qui prétendent que la souffrance endurcit et que les sensibles, les cœurs fragiles en ont besoin pour se forger etc...etc...etc...

     

    J'ai bien souvent l'impression mais certainement suis-je un mauvais esprits que ces donneurs de leçons et de conseils la minimisent pour ne pas avoir surtout à aider véritablement leurs prochains. Car on chercherait vainement les actes concrets de ces bons apôtres. Ils sont rares ceux qui aident sans poser ni se poser de questions, qu'ils soient catholiques, juifs, musulmans, bouddhistes, athées ou raèliens alors que tous prétendent se soucier des plus faibles, à commencer par les catholiques qui ont fait de la Croix, et du scandale de ce supplice un épisode très affadi, très amoindri, très édulcoré, presque irréel en somme, et auquel d'aucuns parmi eux croient à peine.

     

    Il est certes beaucoup plus confortable d'organiser un « flash-mob » géant, comme aux JMJ, mais aussi comme dans la plupart des grands rassemblements suraffectifs et défoulatoires que les jeunes catholiques des « communautés dites nouvelles » apprécient plus que tout, et qui fera une belle vidéo sur « Youtube » car au fond c'est surtout cela qui compte aux yeux de ces croyants qui onirisent comme les autres leur foi et donc leur âme, et ainsi leur humanité.

     

    Il est beaucoup plus confortable de chanter les louanges du pape François, qui serait à entendre les médias et la plupart des catholiques beaucoup plus soucieux des pauvres que ses prédécesseurs qui avaient sur la question rigoureusement le même discours que lui, tout comme sur l'homosexualité, mais qui avaient pour gros handicap dans notre monde de moins entretenir le spectacle continu, le nouveau Pape ayant le « truc » pour ça. Pour beaucoup, cet enthousiasme supplémentaire qu'il aurait pour les plus pauvres permet en somme un enthousiasme par procuration, pour ne pas avoir à se soucier soi-même des plus démunis. Dans les paroisses où l'on chante et où l'on danse sur des musiques de ces pays pauvres, où l'on ne parle que d'accueil, de partage et que sais-je, on chercherait longtemps les actes concrets posés.

     

    Ils existent certes, mais trop souvent ce sont les arbres des bonnes intentions qui cachent la forèt des démissions, des compromis, des lâchetés...

     

    Il est moins confortable, mais plus enrichissant, de chercher à s'approcher un petit peu de la Croix, qui étend toujours son ombre sur ce monde en 2013 ainsi qu'on peut le constater chaque jour dans l'actualité, ou si l'on n'est pas croyant de se confronter face à la souffrance au lieu de la fuir en la déréalisant, en versant dans le seul pathos et le mièvre le plus abject, des larmes qui ne sont que des « larmes de crocodiles ».

     

    La souffrance de la personne qui vit un long cauchemar de par la maladie, la pauvreté, la violence, la haine, n'a aucun sens, aucune justification.

     

    La seule chose qui en aurait un c'est l'aide qu'on lui apporte, l'affection qu'on lui donne, le soutien qu'on lui témoigne.

     

    La souffrance des enfants qui font la manche dans le métro, de ceux qui sont embrigadés, de ceux qui sont violentés, n'a strictement aucun sens.

     

    Et là encore c'est l'aide qui leur est apportée qui en a un, et seulement cette aide.

     

    Je pense aussi à cette petite fille se noyant lentement sous l'oeil indifférent d'une caméra sacrilège qu'évoquait Desproges, cette petite fille qui a dû rapporter gros à l'auteur du reportage qui n'avait pas jugé bon ni pudique d'éteindre son appareil. Sa souffrance n'a strictement aucun sens, la seule chose qui en aurait eu un, c'est de l'aider elle et sa famille à vivre dans un logement décent qui ne risque pas d'être submergé et non de de pleurnicher hypocritement sur son supplice...

     

    Je n'ai pas beaucoup d'illusions, de tout temps, l'être humain a préféré se lamenter avec hypocrisie sur les conséquences de ses actes souvent lamentables sans jamais se soucier véritablement des causes de l'iniquité et de l’infamie que subissent chaque jour les petits. Et Bernanos, pour les catholiques, le montre dans « Journal d'un curé de campagne », les croyants préféreront le plus souvent le prêtre brillant, mondain et un rien superficiel dont on vante les mérites au pauvre curé d'Ambricourt, maladroit, timide et inadapté, qui quant à lui est plus proche de Dieu que les laudateurs de l'imposteur voisin qui met surtout en valeur les vanités et les prétentions pour se faire apprécier...

     

     

    La souffrance est toujours absurde, le reste est de la littérature.


    image, un "Christ" de Rouault prise ici

  • L'autiste qui voyait des antisémites partout...

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    antism.jpg

    Dédié à Arnaud qui a raté une "bonne fortune" par ma faute, et d'autres croisés côté pseudo-"sioniste" (souvent surtout musulmanophobe) et sur l'autre rive, pseudos-"antisionistes" (souvent surtout judéophobe)...

     

    Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. »


    Ami lecteur, tu le croirais à peine, mais un jour que je parlais de mon expérience en Palestine, je me suis fait sonorement traiter d'antisémite par une jolie brune au décolleté plongeant, ce qui me valut le courroux de l'ami qui m'invitait ce soir-là car il avait des intentions galantes voire plus si affinités envers cette personne charmante au demeurant (qui faisait les mêmes raisonnement sur la questions que les auteurs du dossier du "Nouvel Obs" en illustration, voir ci-contre).


    Tu vas rire, ami lecteur, mais un peu plus tard, alors que je faisais part de mon enthousiasme à découvrir l'ouverture d'esprit et la culture des habitants de Tel Aviv ou Haïfa, je me faisais traiter d'islamophobe et l'on me soupçonna d'être un agent dormant de la « Hasbara »...

     

    Plutôt que de me lancer dans une longue tirade justificative maladroite comme beaucoup d'antisémites, des vrais, dont beaucoup de prétendus « antisionistes » du Net ou d'ailleurs (rires), savent le faire :

    « Je ne suis pas antisémite, je respecte beaucoup le judaïsme, d'ailleurs j'ai de très bons amis juifs etc... » ; j'ai préféré demander à la personne qui me décernait cette épithète ce qui la justifiait selon elle dans mon propos.

     

    C'était simple, j'avais dit que j'étais à Jérusalem en Palestine, dans un des quartiers palestiniens de la Ville. Dire cela à ses yeux c'était être antisémite et coupait court à toute discussion, ce qui revient à dire donc que les israéliens juifs membres de « Gush Shalom », ou « Peace Now », qui militent activement chaque jour pour la paix entre israéliens et palestiniens sont donc dans la haine de leur propre identité.

     

    Et racistes.

     

    C'était oublier aussi quand même que 20% des israéliens, ce qui fait quand même du monde, ne 


     
    relève pas du tout du judaïsme. Mais c'est ainsi, il ne s'agissait 

    même pas d'une critique embryonnaire de la politique d’Israël envers ses voisins ou envers la Palestine, mais de constater que la Palestine existe, ainsi que les palestiniens. Selon les partisans d’Israël pour qui cette critique est forcément antisémite, cela tient du fait qu’Israël est un pays souverain, ce qui est tout à fait exact, et que donc un autre pays souverain ne peut se permettre de le critiquer, ce qui signifierait que celui-ci se donnerait une autorité ou un pouvoir indu sur l'état hébreu. Les mêmes, tu l'as souvent constaté comme moi ami lecteur, parfois dans la même phrase, s'empresseront de critiquer la politique de tous les autres pays.

    Contradiction assez importante qu'ils ne remarquent même pas.

     

    Poussés dans leurs derniers retranchements, et à bout d'arguments, les mêmes invoquent alors la Shoah qui justifieraient selon eux que les soldats de « Tsahal » se comportent avec les palestiniens aussi mal que les soldats du tsar avec les habitants des « shtetls » de l'Europe de l'Est, par exemple. Ces partisans jusqu'à l'autisme d’Israël, qui voit de l'antisémitisme partout, sont au fond leurs pires ennemis. Car l'antisionisme frauduleux qui se développe depuis plusieurs années en France et ailleurs en Europe de l'Ou

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    est, dans une certaine extrême-gauche mais aussi dans les quartiers dits difficiles où la population musulmane est importante, la question palestinienne y est centrale, relève plus ou moins de leur responsabilité et de leur compulsion à considérer que toute ébauche de discussions sur les palestiniens est forcément une manifestation de judéophobie proche du nazisme.

     

    Et il est maintenant bien tard, excepté des initiatives comme par exemple celle du père Shufani qui emmena des jeunes palestiniens à Auschwitz pour leur faire prendre conscience de ce que les grands parents ou parents des juifs ayant fait leur « aliyah » avaient pu vivre comme traumatisme. Et il fit visiter également des camps de réfugiés palestiniens à de jeunes israéliens pour leur montrer ce que vivait des adolescents comme eux juste en face de chez eux.

     

    Ne se baser que sur l'émotionnel et l'affectivité pour interdire toute polémique, qui un énième témoignage prétendant à chaque fois rompre le silence qui l'est, rompu, depuis longtemps, sur la « Shoah », qui un rappel solennel au risque de retour des fameuses z-heures les plus sombres (TM°) pour éviter toute discussion sur Israèl, ne mènera pourtant qu'à exacerber les tensions et les haines un peu plus. Et pas seulement en Israèl ou en Palestine...

     

     

    A l'inverse, et pour être équitable jusqu'au bout, ne se baser que sur le poignant et le sur-affectif, sur l'anathème ronflant et les grandes et belles déclarations pseudo-humanistes pour défendre les palestiniens ne mènera également nullement à la paix...

    Couverture du "Nouvel Obs" prise ici

    La couverture de "Hitler = SS" de Vuillemin et Gourio est prise sur BDZoom

  • Enfin mon "coming out" (de non-pratiquant automobile)

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    politique, société, automobile, voiture, piétonophobie

    Dédié aux parisiennes qui font de si jolies piétonnes...


    Il fallait que je fasse enfin mon « coming out », il était plus que temps à quarante-quatre ans de m'assumer tel que je suis et que mon entourage le sache. Je suis automobiliste non pratiquant, je n'ai effectivement pas le permis : je marche, je prends le bus ou le train, parfois même je roule à vélo, je ne suis pas tout à fait comme tout le monde, je ne suis pas tout à fait comme vous et il fallait le dire et proclamer combien j'en suis fier.

     

    Je ne suis pas le seul dans ce cas, j'ai même des amis qui rajoutent indignité sur indignité puisque parmi eux il en est même qui ne conduisent pas, et qui lisent des livres, des livres peu sérieux, des romans ami lecteur, rends toi compte ! Voire qui les écrivent, (Dieu du ciel où va le monde) ! Et qui même rechignant à manger cinq fruits et légumes par jour boivent de l'alcool sans se soucier des recommandations de santé des pouvoirs publics. La plupart préfère largement les grandes villes, leur diversité, dont Paris, ce qui est un péché difficilement pardonnable de nos jours où il convient de parler de Paris comme un personnage de « Goupi Mains-Rouges », des grandes villes où les classes « dangereuses » pullulent « mon bon monsieur », des grandes villes où savoir conduire est de fait inutile.

     

    On peut donc l'affirmer, le permis de conduire est une préoccupation de provincial, tout comme l'ostentation véhiculaire (le « 4X4 » pour le médecin, du phamarcien, du vétérinaire, du boucher du coin etc... est un devoir de classes en province).

     

    Ce n'est pas facile dans une société où l'idée de non normalité est tellement accrochée à l'idée d'être forcément un automobiliste pratiquant assidu passé 18 ans. C'est un passage obligatoire vers l'intégration à la communauté, un rite que l'on se doit de respecter. Les plus jeunes ne conçoivent pas qu'un adulte ne puisse pas avoir de voiture, ils sont sidérés de voir qu'un de leurs profs peut prendre le bus, stupéfaits même qu'il marche dans la rue pour aller d'un point à un autre alors que les convenances sociales imposent qu'il prenne sa bagnole pour faire ne serait-ce que cinquante mètres, ou pour aller chercher le journal.

     

    Lorsque je l'ai dit à de mes amis automobilistes convaincus et reconnus, il y en a qui m'ont dit :

    « C'est pas grave tu sais, cela ne nous gêne pas, nous-mêmes ne sommes pas piétonophobes, nous avons de très bons amis qui sont automobilistes non pratiquants ! ».

    Une autre rajouta :

    « On dit même que ce sont des gens très sensibles, fins et cultivés, beaucoup plus que les autres ».

    « Enfin, ils sont très corrects en tout cas quand ils sont intégrés » crut-elle bon de rajouter. C'est alors que la conversation s'orienta sur ces piétons, automobilistes non pratiquants, arrogants et tenant le haut du pavé, n' étant même pas conscients de leur handicap, les pauvres, mais on me rassura « Toi c'est pas pareil, hein ! ». Ce soir-là les piétons en prirent pour leur grade et furent rhabillés pour l'hiver.

     

    Ce ne fut pas ma première rencontre avec la piétonophobie ordinaire hélas...

     

    Je fus un peu attristé de constater qu'après mon « outing » beaucoup des personnes présentes me considéraient soudain avec pitié et un peu de gêne aussi, n'osant plus s'asseoir près de moi, excepté un cinquantenaire élégant et discrètement apprêté qui me chuchota qu'il admirait mon courage de dire qui j'étais, que lui faisait bien deux kilomètres à pieds chaque jour, que personne ne le savait car il n'osait pas l'avouer.

     

    politique, société, automobile, voiture, piétonophobieParfois, découragé par les remarques, les petites allusions perfides, des allusions n'osant pas montrer toute leur piétonophobie par peur de passer pour réac, s'accumulant chaque jour, ne supportant plus d'être considéré comme différent, j'affirmais bien haut que j'allais passer mon permis. Aussitôt, les amis qui m'évitaient revenaient vers moi, manifestant leur enthousiasme avec force, enfin la brebis perdue revenait dans le droit chemin. Je leur faisais remarquer que pourtant ils s'affirmaient « non piétonophobes » et qu'au contraire ils feraient tout pour défendre leurs droits ce à quoi ils me répondaient que « c'était pour ne pas me faire de la peine » mais que « les piétons on faisait déjà bien assez de choses pour eux il ne fallait pas exagérer ! ».

     

    Et puis me reprenant, me ressaisissant, je renonçais à ce projet pour moi insensé, ce qui fait que maintenant on me considére comme un trublion irrécupérable pour le volant !  Peut-être finirais-je un jour pendu...

     

     

    illustrations : photos retravaillées – un peu- de vieilles Chevrolet par l'auteur 

  • Les nouvelles folies bourgeoises

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    Dédié à Aurélie Filipetti, Anne Hidalgo, NKM, Bertrand Delanoé, Michel Champredon, Jean-Michel Ribes, BHL, Daniel Buren, Jack Lang, Daniel Cohn-Bendit (pauvre Cohn), DSK et tant d'autres que j'oublie...


    Il y a déjà quelques temps, alors que je participais à une soirée mondaine ou plus ou moins, se voulant « libérée » et culturelle, tout en n'étant finalement rien d'autres qu'un agrégat de snobinards mécheux, de salonnards tous « fissapapamaman » et de pauvres petites filles riches à névroses chics et très chères, j'entendis un des invités confier à un autre sans trop de discrétion qu'il était fort étonné de constater que même « sortant de ce « milieu » je fus si cultivé et tellement ouvert ». Je n'en conçus pas de la colère, après tout c'était flatteur. Je lui demandais de quel « milieu » voulait-il parler en évoquant « ce » milieu ? Il me dit sans beaucoup de gêne qu'il parlait du milieu petit bourgeois catho, un peu versaillais sur les bords, un peu « coincé » sur le plan des mœurs, conservateur aussi sur l'argent et l'éducation et qu'il s'étonnait.

     

    Je lui rétorquais que lui aussi faisait partie d'un milieu bourgeois, plus favorisé d'ailleurs que celui d'où je suis issu, sur le plan matériel et des réseaux. Ce à quoi il me répondit que « bourgeois » c'était surtout un sentiment, un état d'esprit, et que lui ne se sentant pas « bourgeois » ne pouvait pas l'être, oubliant en passant que c'était aussi une situation matérielle confortable objective, et non seulement, donc, un « sentiment ». Lorsque je lui fis part de mon opinion sur le sujet, « je voyais le mal partout, et je ne pensais qu'au fric », lui bien sûr en ayant à foison ne se posait pas la question des ressources. Il m'assèna croyant m'échever qu'en fait j'étais un cynique...

     

    J'étais pour lui un « huron » de Voltaire, un « persan » de Montesquieu, ce n'était pas possible à ses yeux que l'on puisse être ouvert à la culture en dehors de son microcosme.

     

    Dans les pays anglo-saxons, les « bourgeois », les riches, les parvenus n'ont pas honte de l'être, il est normal de montrer son argent et d'être fier de sa réussite sociale et financière, et celle de ses enfants en profitant des réseaux des milieux financièrement confortables. On a bien du mal à comprendre en Floride ou en Californie pourquoi les français ont tellement de préventions avec l'argent, on y est moins hypocrites avec l'argent il faut dire ami lecteur, car on sait très bien que « s'il ne fait pas le bonheur » il achète beaucoup de choses qui permettent au moins une certaine sérénité du côté du portefeuille mais aussi pour se consacrer à autre chose, du moins dans notre société matérialiste où il est quasiment impossible de s'en passer à moins d'un changement radical.

     

    En Allemagne, vieux pays de tradition protestante, à Berlin on n'hésite pas à se rassembler en mouvements pour dire que l'on peut être « pauvre mais sexy ». La personne qui a les moyens ne verra pas l'utilité de montrer ses ressources avec ostentation, elle n'en ressent pas le besoin, elle sait qu'elle a travaillé, le plus souvent, pour les obtenir, et trouve ça normal, elle n'en tirez aucun orgueil.

     

    Elle en profitera, cette personne, pour voyager et parfaire sa culture et ses connaissances de manière studieuse, organisant sa vie active et sa retraite avec le même pragmatisme, voire même elle encouragera ces enfants à parcourir le monde et voir du pays et d'autres cieux.

     

    En France, pays où l'on feint de croire que la méritocratie n'est pas une légende urbaine, ou rurale, ceux qui ont de l'argent, ceux qui profitent du système par tout un ensemble de petits et grands clientélismes, de népotismes et favoritisme plus ou moins avoués, plus ou moins digérés, culpabilisent d'avoir du pognon et de ne jamais craindre pour leurs fins de mois. Pour compenser, pour ne plus se sentir coupables, ces bourgeois en ont conçus des prétentions à la fois culturelles et sociales, leur permettant de croire que s'ils sont favorisés, c'est parce qu'ils le méritent et qu'ils ont un rôle à jouer, un rôle de guides, de phares des peuples.

     

     

    Ceux qui ont ces prétentions, ces folies bourgeoises d'un genre nouveau, ne voient pas le problème. De par leur conditionnement de milieu, ils estiment qu'ils sont parfaitement légitimes pour les exprimer, que c'est même pour eux en quelque sorte une mission quasiment divine. Il faut dire qu'ils ont conservé la même hypocrisie morale, et ce malgré « 68 », concernant les seules motivations qui les meuvent réellement, à savoir boire, baiser et bouffer et jouir -de leurs privilèges- sans entraves.

     

    Ces "guides" de la pensée, Internet, notons le, les emmerde beaucoup, car tout le monde peut s'y exprimer, y compris les  "basses" classes ou les "classes dangereuses" que les bourgeois méprisent encore avec enthousiasme qualifiant toute pensée indépendante des personnes qu'ils dédaignent de "populisme", de "poujadisme" grossier voire pire, d'encouragement à revenir aux "z-heures les plus sombres de notre histoire". Très vite sur le Réseau, le petit bourgeois montrera son mépris de classe, surtout s'il est à court d'arguments.


    Le mépris utilisé en dernier recours, il appellera ça prendre de la hauteur alors qu'en fait il se comportera exactement de la même manière que son ancêtre guizotiste et, ou positiviste...


    Il a voyagé, il trouve ça super la diversité, les autres coutumes, le multicul et le métissage culturel, quand il voit une noce africaine fêtée selon le folklore de l'un ou l'autre pays, cela lui rappelle en plus son denier séjour avec "Nouvelles Frontières" et un spectacle de danses traditionnelles. Et lui au moins n'est pas homophobe comme ces cathos coincés, d'ailleurs, il le prouve, il a plein d'amis "pédés" ainsi qu'il le dit souvent en employant ces termes pour se donner le genre affranchi.

    Ce qu'il ne sera jamais...

    image extraite du film "Folies Bourgeoises" de Claude Chabrol, de 1974 et prise sur ce site

  • Le goût du simple et le goût du vrai

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    littérature, politique, société, simplicité, véritéL'époque a comme sainte patronne, avec Saint Stéphane Hessel, Amélie Poulain, l'héroïne de la décennie, le goût des « choses simples », des plaisirs dits minuscules tellement modestes, l'affectation de la simplicité, il convient d'être « simple jusqu'à l'affectation » ainsi que pouvait dire Saint Simon d'un ecclésiastique de la Cour qui n'eut pas déparé dans « Tartufe », de la pseudo « lothenticité » pénible qui est une lubie de « rurbain », de bobo rural en milieu pavillonnaire. Le gnangnantisme sur-affectif et frelaté continuel à l'eau de rose envahit tout, il est là pour empêcher toute remise en cause du monde tel qu'il est, toute ébauche de réflexion, tellement fatigante pour l'intellect.

     

    Celui qui critique ou qui se pose des questions est considéré soit comme un malade, soit comme un aigri, d'autant plus s'il le fait sans exercer un « emploi » au sein du grand cirque que devient chaque jour un peu plus notre société spectaculaire. L'écrivain, l'artiste, le cinéaste est montré comme dans « Goupi mains rouges » comme un personnage ambigu, suspect de turpitudes morales diverses et variées, ayant un désir de raffinement qui ne peut que témoigner de son ambivalence sexuelle.

     

    Elle est curieuse cette propension de notre époque de progrès progressiste, de notre société libérale libertaire, qui idolâtre le progrès technique à avoir sur les individus hors des rails un point de vue qui ressemble fort à celui que l'on retrouve dans les laudateurs du gouvernement de Vichy et de la Révolution Nationale. N'oublions pas les écologistes actuels qui exaltent la nature, l'agriculture naturelle et la « terre qui meurt » exactement de la même manière que dans le livre qui porte le même titre de René Bazin.

     

    C'est souvent lié à un discours que je trouve d'une sottise sans nom sur la prétention qui serait reine à Paris, et la simplicité et la vérité d'âme et de cœur supposées infiniment supérieure en province alors que Simenon l'a souvent montré dans les « Maigret », la nature humaine est généralement aussi déplorable en province qu'elle peut l'être à Paris. Simenon peint admirablement l'essence même de l’atmosphère parisienne dans les lignes suivantes, au début de « Cécile est morte » que j'ai déjà abondamment citées, ami lecteur mais régale toi encore, c'est du nanan sur Pantruche :

     

    « Il passait devant un petit bistro. La porte s'ouvrit, car c'était la première fois de la saison que la fraîcheur de l'air obligeait à fermer la porte des cafés. Au passage, Maigret reçut une bouffée odorante qui demeura pour lui la quintessence même de l'aube parisienne : l'odeur du café-crème, des croissants chauds, avec une très légère point de rhum ; il devina, derrière les vitres embuées, dix, quinze, vingt personnes autour du comptoir d'étain, faisant leur premier repas avant de courir à leur travail. »


    Sur Paris les amateurs de "choses simples" évoquent toujours le fait qu'ils aimeraient bien visiter mais qu'ils ne pourraient y habiter à causes des "trépidances" de la vie urbaine.


    Ces choses simples qu'ils ont toujours à la bouche, et qui sont aussi une manière de camoufler leur inculture crasse, ce sont des mièvreries hyper-positivistes, infantilisantes, déréalisantes, toutes choses qui me semblent toujours aussi artificielles que dans une pub pour jambon sous vide, moi je leur préfère les plaisirs « compliqués », ceux de la ville toujours perçue dans l'esprit de ces militants du bonheur à tout prix comme « corruptrice » ainsi que la percevait leurs ancêtres ruraux, les livres qui vont plus loin que la simple exemplarité ou le témoignage si bouleversif, des livres sur lesquels je veux pouvoir dire tout et son contraire car penser, polémiquer, discuter jusq'à « potron minet » de sujets prétendument futiles permet aussi de vivre un peu plus intensément. Je veux des bagnoles dans les rues, des cafés qui sentent le tabac, que l'on y fume, qu'on y sente le vieux rhum, le bon vin et le café fraîchement moulu et que l'on y boive de l'alcool, je veux les lumières de la ville jusqu'à pas d'heure:::


    Je veux des vins capiteux aux parfums enivrants, des mets mélangeant les saveurs, et qui aient du goût, des jolies femmes qui savent s'habiller. Je veux des messes sans "flash mob" mais qui incitent à se confronter au monde. Je ne veux plus de la suraffectivité montrée en long, en large et en travers...

     

    Cerise sur le gâteau, ce qui m'irrite le plus, c'est la fausse gentillesse telle qu'elle doit se montrer en 2013, une gentillesse qui n'est pas faite pour aller un peu mieux vers les autres, elle sert surtout à ce que celui ou celle censé en faire preuve « se sente bien », et ne ressente surtout aucune sensation de culpabilité ou de carence de sa part envers les autres. La culpabilisation est une des facettes de ce qui est le mââââl aux yeux des contemporains. Le petit bourgeois ne veut pas se sentir coupable de ne penser qu'à lui, donc, de temps à autre, pour prouver sa gentillesse et qu'ainsi il se sente mieux on lui dit que le chocolat qu'il grignote devant la télé en regardant « le petit Journal » est équitable, par exemple...

     

    Ce n'est pas, ami lecteur, amie lectrice, que je refuse la gentillesse, que je veux la méchanceté reine, mais simplement un tout petit peu plus de vérité dans ce monde, ce qui lui apporterait un tout petit peu plus de beauté... 

     

    D'ailleurs moi-même qui passera encore, peut-être, pour un ours, après ce texte, on m’apprivoise facilement et je suis d'un commerce agréable (une fois apprivoisé bien sûr ou séduit !).

     

    photo du haut prise ici


    ci-dessous une des publicités frelatées évoquées (je n'ai pas d'actions chez l'annonceur évoqué)


  • Les amours de jeunesse ne devraient pas vieillir

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    1517-9-cabourg-plage.jpgAmi lecteur, amie lectrice, ce soir je suis d'humeur sentimentale, car je suis un sentimental pour tout avouer, je le cache autant que possible mais tout le monde sait bien qu'au fond je suis un de ces écorchés vifs qui ont bien du mal à supporter tous les petites compromissions morales que le monde voudrait leur imposer, tous ces petits renoncements à ce qui est beau et élevé, qui ne voit pas pourquoi il devrait renoncer à la beauté de son âme pour se sentir adapté dans un monde particulièrement malade.

     

    Un des avantages, si l'on peut dire, que je reconnais au réseaux dits sociaux, c'est que l'on peut éventuellement y retrouver des photos d'amours de jeunesse, et ensuite même reprendre une conversation interrompue il y a déjà plusieurs années voire plus si affinités. Bien sûr parfois, l'ancien amoureux éconduit ressentira une sorte de joie mauvaise par anticipation à rechercher les rides, les seins qui tombent, les « culottes de cheval », les capitons défigurant l'ancienne séductrice des amphithéâtres, et les varices disgracieuses, comme le poète qui compare son amour perdu à une rose, ce à quoi elle ressemble encore selon lui, pour ensuite affirmer qu'il se paiera bien sa tête quand elle sera moche et vieille et qu'elle n'aura plus personne pour la courtiser.

     

    Le poète comme tous les amoureux éconduits est un gamin qui tire les nattes des filles qui n'ont pas voulu l'embrasser à la « récré »...

     

    L'auteur de ces lignes ami lecteur est ainsi tombé il y a quelques jours sur la photo d'un de ces amours perdus. Elle est sur un immense transat à rayures vertes et blanches, ainsi que l'on en faisait avant, que l'on voyait au temps des premiers bains de mer, pendant la « Belle Époque », que l'on imagine accueillant Albertine, Gilberte ou le narrateur de « la Recherche du temps perdu », ou les personnages du monde ancien, comme dans « Mort à Venise », ou enfin que l'on verrait bien dans un roman nostalgique d'Armand Lanoux, de ceux qui voient les anciens amants se retrouver à l'âge prétendument mûr quand la mer se retire très loin à l'horizon.

     

    Elle n'avait pas beaucoup changé, malgré quelques -toutes petites- rides au coin des yeux, de celles qui sont induites par la capacité à rire. Ses cheveux sont toujours de l'auburn qui me plaisait tant, et ses yeux d'or liquide, le soleil s'y reflétant. Elle est vêtue en couleurs claires, et sourie doucement à la personne qui prend la photo, un drôle de sourire où j'ai cru voir de la tristesse et comme de la solitude. Elle avait ce visage qu'on parfois des enfants tristes, éperdus de ressentir un peu plus que les autres la cruauté du monde, surtout notre monde de progrès progressiste...

     

    Et plutôt que de ressentir ne serait-ce que l'embryon d'un commencement de cette joie mauvaise que je décrivais ci-dessus, j'ai simplement songé que j'aurais aimé être celui, ou celle, qui prend la photo, car les amours de jeunesse ne devraient pas vieillir, certes, mais sans nous. Je me suis surpris à comparer nos regards, qui sont à peu près les mêmes (les amoureux éconduits sont incorrigibles), durement marqués par tout ce qu'elle a vécu, et que je n'ai pas vécu avec elle. Elle avait son sac avec elle, elle n'était que de passage. Ce n'était pas encore ce « Sud » auquel nous rêvions tous les deux, elle le plaçant en Grèce, moi au Proche Orient, la Méditerranée étant notre commune Atlantide, ou Terre Sainte.

     

     

    La connaissant comme je la connais, elle mettrait fin à ce déferlement de bons sentiments, je l'avoue, qui gêneraient sa pudeur en affirmant que je « bovaryse ». Mais ce n'est pas le cas, je sais pertinemment que les « jours perdus ne se rattrapent plus », je sais aussi que si nous n'avons pas vécu ces jours perdus ensemble c'est aussi car nous fuyions « le bonheur de peur qu'il ne se sauve »...

    Ce qui est dangereux car il arrive qu'il soit alors définitivement perdu.


    image empruntée ici à ce site touristique


    Ci-dessous une chanson dans l'ambiance du texte


    C Jerome - Quand La Mer Se Retire par val6210