Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

"Sensible, gentil, iléomo c'est sûr"

Imprimer Pin it!

cage-aux-folles.jpgAmi lecteur, c'est à peine croyable, j'en conviens, mais du fait de ma participation à toutes les manifestations de la « Manif pour tous » j'ai vite été qualifié d'homophobe par les partisans de la loi Taubira ( de « réac » aussi et autres joyeusetés mais peu importe), le tout au nom de la tolérance (sic)...

 

Cela me fait sourire d'être soupçonné d'homophobie, car depuis ma plus tendre enfance, ma sensibilité, ma personnalité permettaient à de nombreux crétins croisés ci ou là, de tous les bords politiques, de toutes les confessions religieuses de me cataloguer comme « pédé » ou « omo » (« iléomo c'est sûr, sensible comme il est »). Le pire, et le plus ironique, est que encore maintenant, je suis « suspect » de l'être pour des personnes qui se basent sur les pires préjugés et qui le plus souvent par ailleurs protesteraient à grands cris de leur non homophobie.

 

Petit, j'aimais les jeux calmes, j'avais horreur du foutebôle, j'appréciais déjà les livres et le cinéma, sans pour autant jouer à la poupée ou m'initier à la couture, mais cela cachait donc forcément « quelque chose » (mais quoi ?). Adolescent, m'exprimant sans trop de mots grossiers, et gardant les mêmes intérêts, j'étais « pédé » c'est sûr, ce côté « écorché vif » cela venait certainement d'une homosexualité inavouée, comme un si homme se devait d'être une brute. Adulte, je me souviens de cette dame persuadé que j'en étais car célibataire, et persuadé que j'étais rejeté pour cette raison dénonçant l'homophobie que je subissais selon elle. Plus j'essayais de la détromper, plus elle insistait.

 

J'ai remarqué chemin faisant que à droite comme à gauche, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, on voit des z-homos partout, les uns pour en dénoncer le lobby qui œuvrerait dans l'ombre (alors que les droits des gays sont surtout un prétexte pour imposer des changements de société décidés par une idéologie grisâtre, très dogmatique, et hyper-libérale, visant à la réification ultime de l'être humain, portée par des « Think Tank » comme « Terra Nova »), les autres pour leur tresser des lauriers et en avoir une vision angéliste qui finalement revient strictement au même que la précédente et qui est de fait tout aussi homophobe puisqu'elle dénie aux homosexuels le droit d'être cons, triviaux et d'une grande banalité, et donc comme tous les autres parfois, et donc d'appartenir à la même espèce humaine.

 

Tu te souviendras également ami lecteur de l'admiration unanime qu'il y avait des films de Cyril Collard, « adulescent » starisée, en 92 qui pourtant portait aux nues une vision totalement irresponsable de la sexualité d'un malade du SIDA.

 

(Bien que celle-ci fût un chouïa égocentrée, je lui préférais celle de Hervé Guibert...)

 

Je croyais qu'un personnage médiatique comme par exemple Steevy allait bousculer ce préjugé de l'homo forcément sensible, cultivé et intelligent, mais il a la vie dure.

 

Les uns, qui dénoncent le lobby « gay », montrent par ailleurs une appétence marquée pour les fraternités exclusivement masculines et les amitiés « saines et viriles », du genre de celles qui sont exaltées dans les illustrations de Pierre Joubert (qui mit en image Pierre Louys après avoir illustré les aventures en chorte du prince Eric, héros scout), ce qui dénote souvent une homosexualité latente et in-assumée. Le fait que des personnes homosexuelles, militantes certes, parfois au discours pénible et violent, particulièrement envers les catholiques, soient mis au pilori en retour par d'aucuns parmi les catholiques me semblent de temps à autres tout aussi pénible et violent et contre-productif.

 

Les autres font le compte des artistes homosexuels ce qui déterminera qui sera considéré comme le plus audacieux, un artistes homosexuel étant à leurs yeux forcément plus intéressant, l’œuvre au fond ne les passionnant guère en elle-même. Ils lisent Proust, Gide, ou Wilde car ceux-ci étaient effectivement homosexuels, mais on eût dit à l'émotif Marcel, à l'esthète André, ou au délicat Oscar qu'on les lisait surtout pour leurs penchants que cela leur aurait fortement déplu.

 

 

Et je suis d'ailleurs toujours effaré de cette obligation qu'il y aurait pour les homosexuels et les homosexuelles à l'aveu voire à la confession publique qui font d'eux le « pédé » ou « la gouine » « de service » tellement sympâââ, tellement doué d'un bon sens de l'écoute « tu 'ois », et qui en province, loin des grandes villes où cela est entré dans les mœurs, finissent qui antiquaires précieux, qui garçons coiffeurs, ou du genre à se défouler en mettant les robes de leur mère le soir devant leur glace.


image prise ici

Commentaires