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  • « Reste à ta place petit blogueur... »

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    genie.jpgJ'ai un mauvais génie, de temps en temps il se manifeste, dernièrement il m'a écrit. Ce mauvais génie fait partie de moi, il se manifeste de temps en temps, il est tenté par l'acédie et « l'aquoibonisme », le manque de confiance dans des convictions fortes, dans la sensibilité au monde, il ne me veut pas de bien, cela le fait errer de long en large dans la petite pièce de mon esprit où je l'enferme, mais il lui arrive de tambouriner à la porte...

     

    Voilà ce qu'il m'a envoyé :

     

    « Mais pour qui te prends-tu avec ton blog ? Quel orgueil ! Quelle vanité !

    Tu écris des articles qui sont une longue logorrhée consistant à vomir essentiellement ce que tu dis êtres les hypocrisies de ce monde, mais qui ne sont que des compromis indispensables pour vivre en société. Ceux qui réussissent ne veulent pas trop montrer que pour cela, ils ont dû renoncer à tout ou partie de leur intégrité morale, ceux qui ont un peu réussi aussi, et même ceux qui ne font que se contenter des miettes, c'est normal ils sont humains. Ne serais-tu pas au fond un peu jaloux d'eux ?

     

    Car tous les autres sont toujours jaloux de la réussite qui suppose quelques petites renonciations. Il faut bien vivre. Il faut bien vendre du spectacle, de la polémique absconse et abjecte, c'est toujours du pognon en plus, et dans ce monde, ainsi que tu le sais on ne respecte que l'argent, et rien d'autre.

     

    Certains, sur internet, essaient désespérément d'y arriver en faisant tout leur possible pour que le spectacle absurde continue, à leur niveau. On les laisse faire pour faire croire que c'est encore possible, qu'ils peuvent un jour être connus eux aussi, et riches, de temps en temps même on en pêche un, un qui laisse un témoignage déchirant, telle autre qui parle de sa vie de caissière, telle autre encore qui se met en scène et se photographie chaque jour, à poil si possible, et photogénique c'est mieux.

     

    Sur Internet, ceux que l'on écoute vraiment ce sont les mêmes que dans la "vraie" vie ou ce qu'il en reste, c'est ceux qui ont de l'argent et le pouvoir, les relations, les copinages et les amis bien placés...

     

    Il n'y a plus vraiment de droite, il n'y a pluss vraiment de gauche tu sais en 2013, il n'y a même plus d'idées politiques saines, il n'y a même plus tellement de vrais catholiques, ni même de vrais musulmans ou de vrais juifs, il n'y a guère que des opportunistes un peu plus malins que les autres qui essaient tant bien que mal de tirer les marrons du feu, pour faire parler d'eux, les quelques marrons encore savoureux qui restent dans un système en crise qui va bientôt exploser sous la pression des violences sociales, des conflits ethniques et religieux à court ou moyen terme, il ne faut pas se leurrer, et tu le sais très bien.

     

    Qui survivra à ce moment là ?

    Les « Don Quichotte » qui auront gardé intact leur sacro-sainte morale ? Ou ceux qui auront su préserver leur confort, les utopistes audio-visuels, les poètes de salon, les « rebellocrates », les réactionnaires « de service » faisant partie du système, tout genre d'individus méprisables j'en conviens que tu ne peux t'empêcher de railler?

     

    Et toi, toi, tu restes dans ton délire d'intégrité, ton petit sillon que tu traces depuis des années, ton salmigondis de considérations qui en plus ne te rapportent rien, qui te coûtent même des liens avec telle ou telle réseau, car tu ne peux pas t'en empêcher, tu diras ce que tu penses à un militant de droite ou de gauche, tu lui diras ce que tu penses de son assujettissement, de son allégeance à des absurdités. Mais pour qui te prends tu ? Et si cela leur plaît d'être soumis à la discipline d'un groupe, celle-ci fût-elle complètement absurde à tes yeux.

     

    Je te l'ai déjà dit, l'esclave aime son esclavage, et l'être humain croit qu'il est plus fort en troupeau. C'est ainsi. Ils savent très bien qu'ils sont soumis et grégaires, ils t'en veulent de le dire, car paradoxalement ils ne supportent pas complètement de manquer autant d'intégrité. Là aussi, c'est humain de se cacher de la vérité, surtout celle qui fait mal.

     

     

    Tu n'est qu'un blog perdu parmi des millions, reste donc à ta place petit blogueur, un sale empêcheur de penser dans la foule, rien qu'un emmerdeur... »


    image prise ici

  • Écorché vif disent-ils

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    Dédié à tous les "écorchés vifs" et "écorchées vives"

    Dédié plus spécialement à mes amis qui sont tous des "écorchés vifs", avec qui je partage au fond les mêmes souffrances, et toi, qui est aussi une "écorchée vive"


    ecorche1.jpg

    Quand une personne, homme ou femme, adulte ou enfant, est dotée d'un peu plus de sensibilité au monde et donc à ses travers, on emploie l'expression un peu dégoûtante d'« écorché vif » ou « écorchée vive » qui rappelle les œuvres étranges de Fragonard frère, celui qui faisait des cauchemars annonçant Francis Bacon et non celui qui rêvait d'escarpolette, comme si avoir ce minimum de sensibilité était une torture, une inutilité, un handicap, avec un « H » aspiré très profond. Et il y a aussi ce que l'on ne dit pas le prétendu "écorché vif" est vu surtout comme un prétentieux...

     

    Un « écorché vif » est aussi de ces personnes à qui l'hypocrisie sociale et les conventions lâches et veules répugnent, le qualifier ainsi permet de montrer combien il est déséquilibré dans un monde qui favorise les faux semblants. Les formidables progrès de la technique permettent à n'importe quel scribouillard, n'importe quel « rond de cuir » qui s'emmerde dans son « open space » de se prendre pour le Rimbaud 2.0 ou le justicier de la « Ouifi » juste en énonçant quelques lieux communs et platitudes vagument humanitaristes et « lamanièredeux » et en scribouillant dans divers "fora" et autres blogues. Il en voudra à "l'écorché vif" d'aller beaucoup plus loin dans l'expression de son ressenti et des dysfonctionnements du monde.

     

    L'être humain ayant ces capacités de ressentir un peu plus développées pour diverses raisons, souffrances vécues un peu vives, la crainte du désamour de ceux qu'il, elle aime, blessures profondes dont on lui dénie le droit comme une torture à petit feu , cet être humain qui parfois écrit, peint ou dessine est désigné comme un malade, un esprit tordu qui travaille contre l'harmonie tellement douce de l'humanité moderne promise depuis déjà quelques décennies, un empêcheur de grégariser en rond.

     

    C'est surtout un biais pour ne pas avoir à considérer ce que ce minimum de sensibilité, et d'empathie, pourrait révéler de vrai et d'authentique. La personne sensible est perçue comme une sorte de Cassandre, une engeance de prophète de malheur, l'on pensera bien souvent dans les sociétés humaines, y compris chez les modernes et progressistes de progrès, qu'il vaut mieux continuer à jouer la farce habituelle des fausses indignations vertueuses et de la charité de carnaval.

     

    A l'impudent (en l’occurrence ton auteur préféré, ami lecteur, amie lectrice) qui insisterait, on opposerait " Et bien quoi tu ne veux tout de même pas que l'on vive dans des grottes éclairés à la bougie, on a besoin de notre confort, et toi aussi, on a besoin de réseaux dits sociaux nous donnant l'illusion de la rencontre et surtout surtout d'être des esprits tellement ouverts à la différence et à l'étranger pour ensuite retrouver la routine éreintante du morne quotidien du XXIème siècle et de la standardisation des esprits et des corps qu'il implique ".

     

    C'est un chrétien, intronisé « chevalier de la Foi » sur Tak.fr par Pierre Jolibert, éminent commentateur émérite, qui le dit pourtant, c'est chose bien peu ragoutante que tous ces chrétiens et ecclésiastiques extatiques affirmant que le discours du pape François sur la plage de Copacabana a changé leur vie pour toujours, oubliant que la douceur du climat du Brésil est pour quelque chose dans leur euphorie, et dont on sait très bien que rentrés en France, ou ailleurs, ils retourneront bien vite à leurs petites habitudes égoïstes et leur routine narcissique où le « moi je » devient la règle ultime.

     

    On m'objectera : « Ce sont des jeunes enthousiastes pris dans l'euphorie du moment, il faut leur pardonner ». Mais cela ne répondra pas à la question essentielle qui est que tous ces esprits « enthousiastes » se comportent comme le jeune homme riche de l'Evangile, à de rares exceptions, et oublient et leurs devoirs d'état avec leurs proches, et de faire simplement preuve d'empathie avec le pauvre qui est juste en bas de chez eux, voire chez eux. Évidemment, c'est plus exigeant spirituellement que de balancer quelques bonnes paroles qui permettent à l'ego une enflure rapide et sans douleurs.

     

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    Car l'allégeance à la société libérale libertaire, au matérialisme le plus abject, restera la plus forte, ainsi qu'à l'esclavage le plus vil, celui de la foule et des dikats qu'elle impose. Voilà le genre de phrases qui me fera encore qualifier moi aussi d'« écorché vif » beaucoup trop sensible, mais j'en ai l'habitude. Il est à noter qu'un « écorché vif » mettant en lumière quelques vérités est vite qualifié de cynique ou de caustique, voire de méchant avec qui personne ne saurait s'entendre, l'individu médiocre ordinaire étant généralement très vite malveillant envers celui qui prétend s'éloigner des compromis moraux confortables qu'ils s'imposent pour s'assurer une survie pas trop désagréable.


    en illustrations deux écorchés d'Honoré Fragonard pris ici

    Ci-dessous une chanson "tube" pour un chouïa de dérision en plus

  • Debord sur Internet

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    Cette citation résume la plupart des rapports sociaux actuels, "onirisés", déréalisés, l'omniprésence des télécrans d'Orwell et ce avec notre assentiment enthousiaste, et j'en passe encore et des pires......

     

    « la vie quotidienne soumise au spectacle il faut la « comprendre comme une organisation systématique de la ‘défaillance de la faculté de rencontre’, et comme son remplacement par un fait hallucinatoire social : la fausse conscience de la rencontre, l’illusion de la rencontre’ »

    Dans "la Société du Spectacle"

    Et retrouvée grâce à cette chronique posthume de Philippe Muray

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    Excellente photo empruntée à cet excellent blog 

  • Les pauvres sont-ils cons ?

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    G_170_6.JPGJ'écris cet article de ma somptueuse propriété d'Evreux à côté de laquelle les richesses de Tyr et Ninive, tout leur or, sont de la blague. La question du titre mérite d'être posée clairement, mais même en notre époque de darwinisme social avancé et de progrès progressiste en marche, certains ont encore d'étranges pudeurs hypocrites à le faire. J'attends avec une impatience non dissimulée les réactions les plus réjouissantes qui ne manqueront pas de tomber j'en suis certain quant à cet article sur ce blog, sur mon mail ou les réseaux dits sociaux...

     

    Pour se débarrasser des pauvres une bonne fois pour toutes, au moins des plus pauvres, nous avons une solution, nous pouvons les envoyer dans l'espace, nous en avons les moyens techniques. Le pauvre, du moins celui des pays en développement, ne pèse pas lourd, à compter une centaine par navette et une fréquence de tirs régulière, ce serait vite réglé. Hélas, du fait d'un pseudo humanisme dégoulinant persistant encore au cœur de certains êtres humains, y compris dans celui d'un « bankster » cynique, cette solution radicale est malheureusement encore inenvisageable.

     

    C'est dommage car le pauvre est désespérément d'une connerie affligeante, en effet, en été au lieu de passer ses vacances à la Costa del Sol, aux Barbades ou dans l'archipel hellène, voire de faire du tourisme « citoyen » ou « équitable », il préfère aller s'entasser avec ses enfants et sa femme, et parfois ses beaux-parents dans des campings ou dans des locations minuscules de la côte atlantique ou d'ailleurs. C'est alors une foule sordide de misérables qui envahit les plages, attifée de maillots de bain qui se sortent même pas des grandes maisons de couture française.

    N'ont-ils pas honte ? Ils ne sont même pas patriotes....

     

    Le pauvre a des ambitions navrantes, il voudrait avoir plus d'argent et ne plus avoir peur des fins de mois, il voudrait consommer exactement comme les riches. On me dira, en utilisant ce travers, des riches ont pu continuer à s'enrichir en faisant acheter aux pauvres des ersatz des voitures, des cuisines, des maison des populations aisées. Et même, des producteurs télévisuels, en faisant miroiter aux pauvres qu'ils pourraient devenir célèbres malgré leur affligeante banalité en leur montrant des crétins se faisant connaître pour aucun autre motif que l'on a vu leur bobine à la télévision.

     

    De grandes institutions se soucient du pauvre, ainsi l'Eglise et les représentants des autres grandes religions. A la messe catholique, le paroissien ayant les moyens entend parfois qu'il est plus facile à un riche de passer par le chas d'une aiguille que d'entrer dans le Royaume des Cieux, il écoute cela de l'oreille distraite qu'il convient car il sait très bien que c'est une sorte de consolation pour les pauvres.

     

    Le paroissien aisé prie souvent pour les pauvres, il lui est d'ailleurs facile de prier pour les pauvres qui sont loin, dans des pays exotiques, de souhaiter également beaucoup de bien pour ceux qui lui sont proches, ce qui ne signifie pas une seconde bien entendu qu'il est obligé de les aider. Le temps du riche est précieux, il n'a pas que ça à faire, et que connait de la vie moderne ce semi-clochard palestinien qui faisait souvent la fête avec ses amis ainsi qu'en témoignent les livres qui parlent de lui...

     

    Tout le monde sait bien que le pauvre est d'une exigence très souvent excentrique, on leur donne la main, et voilà qu'ils dévoreraient tout le bras, et il faut dire quand même qu'en France, les riches paient déjà bien assez d'impôts pour les pauvres, il ne faudrait quand même pas exagérer. La foi chrétienne, le paroissien catholique le sait bien, est en France une affaire privée, sorti de l'église, le bâtiment, il n'a aucune obligation « de facto » envers son prochain. Il a d'ailleurs été très content de l'élection du pape François qui fera le boulot à sa place car lui n'a pas que ça à faire.

     

    r-THE-CRITIC-PREDICTED-THE-FUTURE-large570.jpg?6Même à gauche, les politiques et les militants se sont lassés de se consacrer aux pauvres. On comprend cette lassitude, les pauvres n'écoutent pas les leçons de sagesse et d'équité sociale que les riches, de gauche, ce qui change tout, leur dispensent non sans générosité, et ne votent même pas comme il conviendrait. Quand on leur rappelle, ces ingrats, qu'il y a plus pauvre qu'eux, à savoir les pauvres « issus de la diversité » (TM°), ils s'en fichent, et quand des progrès sociétaux fondamentaux, comme le mariage homosexuel sont enfin proposés aux masses laborieuses, elles défilent dans le rue, soyons sérieux !

    Le pauvre est réellement pétri d'ingratitude....

     

    Il est donc normal que pour se protéger de cette ingratitude qui pousse le pauvre ou l'ancien pauvre à l'aigreur voire à un désir de revanche qu'il confond avec celui de justice, le riche se protège en confiant les postes importantes à ses enfants ou ses proches, d'aventure à ses conquêtes sexuelles s'il est bon prince, et ne mette pas ses enfants dans n'importe quelle école, ou ne leur fasse faire n'importe quelles études. Le riche oublie alors ses convictions car il sait très bien qu'il n'y a qu'une seule chose respectable en ces bas-monde moderne, avoir de l'argent et savoir le dépenser. Dieu du ciel, la plupart des gens, y compris les pauvres par extraordinaire, sont d'accord sur ce point...


    illustration du haut prise dans "les Poissart" de Tronchet sur ce site

    illustrations du bas prise sur ce site, et extraite de "profession critique", excellent sitcom animé des années 90


    Ce texte n'aurait pas été complet sans la réplique ci-dessous


    LA TRAVERSEE..."SALAUDS DE PAUVRES" par richardanthony

  • La fiancée du pirate a repris le large

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    cinéma, nostalgie, littérature, nostalgieBernadette Lafont vient de mourir d'un malaise cardiaque, personne ne devrait avoir de problèmes cardiaques, ils devraient être hors la loi...

    Moi-même j'en aurai jamais, je suis contre pour paraphraser non pas Pierre Desproges mais sa femme Hélène qui parlait du cancer.

    Desproges disait d'elle (Bernadette Lafont, pas sa femme, mais enfin sois un peu à ce qu'on te dit ami lecteur !) que son "buste était une insulte à l'usage du lait en poudre", Brassens aurait pu dire que son dos "perdait son nom avec si bonne grâce".

    Contrairement à la grande majorité des actrices et comédiennes contemporaines, Bernadette Lafont avait une présence et une sensualité animale et solaire transparaissant à l'écran. Je retiens d'elle deux rôles, celui qu'elle joue dans "la Fiancée du pirate", et elle est impériale aussi dans "Inspecteur Lavardin" de Chabrol où elle est l'amour perdu du cynique flic joué par Jean Poiret (Chabrol pour qui elle avait joué dans "le Beau Serge", et dans "les Bonnes Femmes" scénarisé par Geggauff autre "infréquentable", comme Blain).

    Elle est aussi dans "les Mistons", un des premiers films de Truffaut, avec Gérard Blain, acteur

    cinéma, nostalgie, littérature, nostalgie

     talentueux qui a perdu la "carte" qu'il avait gagné gràce à sa participation à un film de la "Nouvelle Vague" du fait de son mépris des tenants du "progrès progressiste".

    Elle vécut le drame atroce de perdre son enfant, sa fille Pauline, excellente actrice elle aussi, en 1990, inoubliable dans "l'été en pente douce"...

    L'amour du cinéma l'avait sauvé du désespoir disait-elle...

  • L'amour horticole

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    LE-PETIT-PRINCE-ET-SA-ROSE.jpg

    "A Paris, lorsque Dieu y plante une jolie femme, le diable, en réplique, y plante immédiatement un sot pour l'entretenir." Barbey d'Aurevilly


    Ami lecteur, amie lectrice, il paraît que je suis trop négatif, que je ne vois pas assez le côté positif de la vie, la vie qui est un cadeau « 'tu 'ois », avec les petits z-oiseaux, les nuages roses dans le ciel bleu « tu 'ois », ces cieux pénibles et insupportables toujours bleus des pubs du monde moderne où le progrès progressiste a fait faire un bond gigantesque aux consciences qui sont maintenant libérés de toute haine, de toute discorde, on le voit bien sur Internet, divers forums et réseaux dits sociaux.

     

    L'esprit critique, la causticité, l'individu moderne la tolère chez des personnages de fiction, comme le Docteur House, qui le libèrent de toutes ses frustrations, le consolent de toutes les lâchetés qu'il a commises, mais il ne le supporte pas dans la vie de tous les jours où il estime que tout le monde devrait se conduire comme lui, ou elle, en esclave soumis du progrès progressiste et de l'humanisme « lamanièredeux », aucun ne comprenant que la dérision n'est qu'une autre manière de manifester sa pudeur, une façon de faire diversion. Je ne suis pas le premier caustique à parler d'amour horticole, ainsi Ronsard qui pour dire à sa belle Hélène qu'elle étai somme toute une belle chieuse la compare plus élégamment certes à une rose qui va bien se fâner un jour.

     

    Je vais donc ce soir parler de mon rapport aux femmes, qui est, je l'ai compris comme une illumination hier, en arrosant des géraniums ("les tâches ménagères ne sont pas sans noblesse" ainsi que l'a dit un philosophe d'une grande sagesse), un rapport essentiellement horticole, je vais expliquer ce que j’entends par là, tu vas voir, ami lecteur, ami lectrice tu ne vas pas être déçu-e même si je suis à peu près certain que tu vas trouver le rapprochement de l'amour avec le jardinage assez osé, voire encore un peu cynique...

     

    A l'instar d'un aviateur écrivain, canonisé depuis pour son beau livre sur un petit garçon tombé d'une planète lointaine, et amoureux d'une rose (j'ironise mais j'aime beaucoup Saint Ex'), j'ai longtemps vu les femmes comme des roses, à la fois fragiles et se protégeant de leurs épines, s'épanouissant dans un jardin, grand ou petit, entourées ou non d'autres fleurs, parfois croyant leurs épines inefficaces et laissant les mauvaises herbes les envahir croyant être plus fortes de cette manière, c'est que les mauvaises herbes leur laissent entendre, tout comme les pucerons, parasites du jardin qui font la cour aux roses pour en faire leur « quatre heures ».

     

    Cela a toujours été le même processus avec mes différentes égéries et autres dulcinées. Je les arrosais avec régularité (n'y voyez aucune allusion graveleuse bien entendu, seulement une allégorie des attentions que j'avais avec elles), je les écoutais, et j'essayais de comprendre le mystère humain caché derrière le personnage, énigme qui est celle de tout être humain, énigme qui les empêchaient de « fleurir » et de s'épanouir, d'où mes soins horticoles et patients, ma recherche du meilleur terreau, la quête de l'engrais le plus efficace. Certaines parmi les fleurs ayant des goûts bien arrêtés en la matière, c'était un travail de tous les instants pour qu'à la fin d'aucunes parmi ses fleurs résistent, les ingrates !, à la cueillette.

     

    Je tombais donc toujours amoureux de jolies femmes qui recherchaient un amant qui soit aussi un psy à ses heures mais aussi un grand frère « un peu incestueux » et paternel et leur « meilleure copine » capable de faire du shopping avec elles sans râler : ce n'était pas très difficile pour moi d'accéder à cette demande car je trouve qu'il y a un côté très sensuel dans les parfums, les tissus frôlés, leur glissement, leur douceur au toucher (mais j'arrête là car je m'égare).

     

     

    Une fois l’énigme démêlée, le mystère dissipé, certaines perdaient tout intérêt pour moi ainsi que me le fit remarquer l'une d'elles un jour, avec qui je suis resté ami, qui nota également qu'une ou deux fois je m'étais laissé prendre dans les mauvaises herbes et que je tombai profondément amoureux bien malgré moi, ne supportant pas que ce soit d'autres qui profitent du joli bouquet ou parfois de la plante verte exotique. Il y a une de ces « petites fleurs fragiles », coincidence c'est la signification de son prénom en grec, dont j'ai été et suis toujours inconsolable que cela amuserait. A l'époque où je l'ai connue, elle se faisait passer pour un genre de coquelicot qui pousse au bord des routes, attirant le regard et les fantasmes, mais elle était bel et bien cette petit fleur sans défense perdue dans un jardin public au milieu des hortensias et des buissons de buis épais et touffus...


    image empruntée à ce blog horticole et spirituel

  • "Je te tiens, tu me tiens par la barbichette" sur Internet

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    société, politique, coïtus interruptus, net, forumSur Internet, en cas de polémique, c'est un peu « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » en plus globalisé cependant, ou de « qui pisse le plus loin ? » ou « qui a la plus grosse ? » (je veux parler de la verge, ami lecteur toi qui est si prude). Vouloir jouer à ce genre de petit jeu juste après la puberté quand on a besoin de se prouver qu'on est devenu un grand garçon ou une grande fille, c'est normal, passé trente ans, soyons généreux, c'est inquiétant. Avoir besoin de prouver sa virilité ou sa puissance de séduction en jouant les coqs de basse-cour sur le « Web » (TM°) suppose d'ailleurs parfois alors que l'on a des doutes ou des craintes de ce point de vue...

     

    On commente les écrits de l'un ou de l'autre par des petites phrases sibyllines qui se veulent d'une grande finesse, voulant dire tout et son contraire. Ces petites phrases cachent souvent un désir de revanche sur ceux dont on pense qu'ils ont mieux réussi scolairement, qu'ils sont cultivés mais pas par curiosité intellectuelle, mais car « bourgeois », j'en passe et d'autres énormités. C'est la perpétuelle comédie de la justification, auto-justification, le jeu des injures et des noms d'oiseaux bien cachés derrière le pseudo-anonymat du réseau, un opéra-bouffe que l'on joue pour tromper son ennui.

     

    Ces injures très rapides sur les fora naissent surtout de l'absence d'opinions réflechies et réelles chez la plupart des interlocuteurs internautesques qui se contentent la plupart du temps d'aligner sans scrupules les lieux communs que l'on trouve dans leurs milieux (fora, pluriel de « forum » ami lecteur, toi qui l'ignore peut-être étant peut-être une des victimes d'une des mirifiques réformes pédagogistes de l'enseignement des Lettres depuis la réforme Haby et en plus ça fait plus chic de le placer dans un texte).

     

    Curieusement, ce sont bien souvent ceux qui prétendent défendre les droits de l'homme et la démocratie qui sont les plus rapides à s'affranchir, car ils estiment en avoir le droit de par leur rôle de « phare du progrès progressiste », de toutes les règles régissant a priori un débat démocratique sain. Derrière cette farce, il y a surtout les complexes divers et variés des arbitres des élégances, des frustrations diverses et nombreuses, un besoin de se défouler d'une société dont on estime qu'elle a été tellement injuste avec son génie (sans bouillir ; NB : cette blague fonctionnera avec les plus de vingt ans, d'un temps que les « moins de vingt ans etc... »)...

     

    La plupart des internautes tombent dans le panneau de justifier leurs convictions après des échanges qui se veulent un peu musclés, pleins de dérision et d'humour glacé et sophistiqué mais qui tiennent le plus souvent de la cour de récré, à savoir une bande, une tribu, un groupe qui s'acharne sur le bizut, le « pas comme nous », le contradicteur. L'homme et la femme sont un animal grégaire, être en troupeau, penser en troupeau, le rassure, ils se sentent plus fort, et ils commencent par défier les nouveaux arrivants avant de pousser le brame incitant les autres membres de la horde au coït. On en déduit que le coït n'arrive jamais car ces polémiques sont sans fin.

     

    C'est un bonus (un bonus des « boni »), parfois pour eux de jouer les chefs de meute, ceux qui indiquent à la horde qui mordre ou sur qui hurler l'hallali. C'est l'occasion pour l'individu lambda de devenir un mâle ou une femelle « lambda ».

     

    Soulignons que les femmes en ce domaine, la polémique sur Internet, sont bien souvent tout aussi violentes que les hommes, voire parfois plus. Finalement, c'est un autre genre de parade nuptiale répétons-le.

     

     

    Que le forum soit de droite, de gauche, catholique, ultra-mon tin, bouffeur de curés, juif, athée, sioniste, pas sioniste, c'est toujours la même attitude qui domine et qui va de pair avec une vision en noir et blanc de la réflexion politique, alors que la réalité, on le sait, ne comporte que des nuances de gris (je ne parle du récent « best-selleure » porno ménager qui vient de remporter un certain succès). Quand on a des convictions réelles, profondes, et raisonnées, et une certaine expérience de la vie, on ne peut que connaître ces nuances et éviter de ranger les uns ou les autres dans des cases bien pratiques.


    image extraite du film du même titre de Jean Yanne et prise sur le site toutlecine.com

  • Leçons de concret de Philippe Muray sur l'affaire de Brétigny

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    boipbxnkc3cv9vpl828g.jpgMuray écrivait cela après un certain 21 Avril 2002, c'est toujours d'actualité après Brétigny concernant les réactions des z-élites de progrès progressiste, des "lamanièredeux" libertaires et z'éclairés. qui afin de continuer à ignorer le réel en appelleront à leur crainte de retour des z-heures les plus ...vous savez quoi. 

    "Que de gouffres. Et que de contradictions...Car d'une part, on déplore que les discours se soient à ce point déconnectés de la réalité concrète, et, d'autre part, on accuse ce même concret d'être intervenu intempestivement dans le "débat public", sous la forme de multiples faits divers sanglants, comme un hôte de dernière minute, indésirable et revêche, que l'on aimerait bien chasser mais qui se cramponne, s'impose en bout de table, dont la présence gâche l'atmosphère, et que l'on "instrumente" aussi à des "fins partisanes"...

    [...]

    "les élites (...) sont également très en colère parce que ce concret brutal et difforme ne se volatilise pas au doigt et à l'oeil comme un mauvais rêve."

    Dans "Causes toujours" de Philippe Muray p 43

  • "Brétigny mon amour"

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    politique,société,réel,hypocrisie

    Après le rapport confidentiel des CRS, un autre lien confirmant les faits, car ce sont des faits, des faits qui font mal, mais des faits.

    Dans « Hiroshima mon amour », Marguerite Duras fait dire à un de ses personnages « Tu n'as rien vu à Hiroshima, rien », considérant que seul son ressenti face à la tragédie compte finalement et que toute autre interprétation ne peut être sérieuse même si partant du réel, réel qui ne doit surtout pas contredire les bonnes intentions et les grandes déclarations larmoyantes sur l'avènement proche et utopique société « multicul » enfin équilibrée. Duras est devenu coutumière de la reconstruction du réel, profitant plus tard d'un fait divers abject pour faire l'apologie des infanticides sous des prétextes intello-fumeux. En passant, ami lecteur, à l'instar de Yourcenar et de Desproges on peut se demander si ce n'est pas un cri étrange que cet « Hiroshima mon amour », pourquoi pas « Auschwitz mon loulou » ou « Sobibor mon trésor » ?

     

    Cette remise en cause du réel, cette reconstruction des faits, on l'observe également quant à l'interprétation des pillages et caillassages que des CRS ont signalé avoir effectivement rencontrés et constatés lors de leur intervention après le déraillement d'un train à Brétigny sur Orge, deux éléments que le ministère de l'Intérieur leur avait demandé de garder confidentiels.

     

    Déraillement dont on ne saura jamais s'il a été la conséquence d'un acte malveillant ou pas, à signaler que lorsque les gouvernants parlent de « transparence » quant à une enquête, il convient de se méfier de celle-ci car on peut être certain qu'elle sera tout sauf transparente.

     

    Lorsque quelques voix, des fâââchiiistes c'est sûr, ont émis des doutes sur la « version officielle », qui évoque des actes isolés et « une pierre » lancée, et rien qu'une, la plupart des belles voix et des grandes âmes, toutes des « lamanièredeux » humanistes, voire humanitaristes, ont toutes hurlés à la stigmatisation des populations étrangères, voire des jeunes musulmans de banlieue. Ce sont d'ailleurs eux qui ont été les premiers à suggérer que ces pillages et violences diverses étaient le fait de populations exogènes, ce qui en dit long sur l'inconscient profondément et réellement xénophobe de ces belles âmes.

     

    N'ayant pas beaucoup d'arguments, les mêmes soupçonnent très vite, le disent carrément voire injurient en les traitant de « fachos » et autres épithèes faiblardes et simplistes ceux qui ne vont pas dans le sens de la version « rose bonbon » des faits, celle qui correspond à la vérité, « celle qui fait mal », leur insupportant au plus haut point car contredisant les préjugés et lieux communs mièvres qui leurs tiennent lieu d'opinion.

     

    La vérité hélas ne va jamais, tout comme la nature, dans le sens du progrès progressiste, elle va même jusqu'à le ridiculiser ce concept de progrès inéluctable, ce « ouiouisme » à tout ce qui se prétend nouveau et moderne. La vérité toute nue, toute crue, empêche de communier dans la ferveur autout du « père de la nation sud-africaine », « héros de l'Apartheid » (je cite le titre de la « fête » qui suggère donc que Mandela était « afrikaner ») selon les promoteurs d'un concert organisé hier à Paris à « République » en son honneur, Nelson Mandela.

     

    Tu auras constaté ami lecteur que lorsque l'on parle de Mandela le vocabulaire nationaliste le plus marqué, le plus appuyé, le plus révérencieux jusqu'à la nausée, tout comme le plus dogmatique, est parfaitement toléré...

     

    Malheureusement, à droite, sur de nombreux fora Internet, et dans la vie, on tombe dans la panneau et on se justifie de ne pas être fââchiiste. A droite on devrait se rappeler le conseil suivant que Staline donnait à ses ouailles : « Lorsque un homme de droite vous contredit, traitez le de fasciste (maintenant d'homophobe, de réac etc...), il se justifiera et n'argumentera pas ».

     

    A gauche, tout comme parmi les bons apôtres du « multicul » on veut cacher les faits qui peuvent entraver la bonne marche du progrès progressiste, mais finalement cela aboutit au résultat inverse, à savoir la montée inexorable du FN. Ami lecteur, je peux te le dire, ils ont de la chance d'avoir une Marine le Pen qui tout comme son père n'est pas exactement une fine politique. Et tu auras remarqué aussi, car je te sais perspicace, que plutôt que de développer l'Education et la Sécurité des populations, de se confronter aux problèmes réels et urgentissimes qu'il y a dans la société, en premier lieu la précarisation de tous les salariés sans aucune considération d'origine, les belles âmes et les gouvernements socio-libéraux ou libéraux-libertaires préfèrent en appeler au risque de retour des fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

     

    Cela témoigne surtout de leur paresse intellectuelle, et alors que la haine et la violence grondent, ils regardent ailleurs...

     

    Et c'est ainsi qu'Allah est grand.

  • Muray cause toujours mais l'écoute-t-on ?

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    A propos de « Causes toujours » - recueil de chroniques parues dans « la Montagne » de Philippe Muray

     

    Littérature, société, philosophie, Muray, politique, spectacle, hypocrisieCurieusement, ami lecteur, je sais ça va te paraître bizarre mais si « la Montagne » décide d'éditer en recueil les chroniques qu'Alexandre Jardin a écrites pour ce journal, je serai beaucoup moins enthousiaste pour les acheter que celles de Philippe Muray déjà parues aux Belles Lettres en 2010, du même niveau de lucidité, d'intelligence, d'humour et de finesse que celles de Vialatte. Muray est de la même trempe, ainsi que de celle de Marcel Aymé qu'il connaissait par cœur. Céline devient trop souvent la « tarte à la crème » des pseudo politiquement incorrects, qui ne l'ont pas lu, ne l'apprécient pas pour son style, mais pour son antisémitisme obsessionnel et compulsif.

     

    Je ne suis pas tout à fait certain que Philippe Muray eût goûté ce genre prétendûment politiquement incorrect qui maitrise parfaitement les codes du Barnum spectaculaire (TM°) dans lequel nous vivons, son refus du réel, et ne fait que jouer en somme un contre-emploi dans le système dans lequel il est parfaitement intégré et dont il ne remettra jamais en question les bases libérales libertaires ou sociales libérales (c'est pareil quant aux résultats) par peur de perdre un peu du confort intellectuel diffus qui embaume toute notre société. Je ne suis pas convaincu que l'on puisse être de la « gauche morale » et apprécier Muray, tout comme je sais que l'on ne peut être libéral et le lire sans frémir.

     

    La plupart des individus « politiquement incorrects » que l'on croise sur le Net ou dans la vie ne le sont d'ailleurs pas réellement au fond, ils font comme tous les autres, ainsi que le souligne Muray ils font « comme » si ils l'étaient. Et continuent à se soumettre au reste ensuite, achetant le dernier gadget déréalisant un peu plus leur vie, les faisant remonter un peu plus ainsi qu'ils le souhaitent aussi vers le jardin d'enfants globalisé qui est également leur idéal...

     

    A gauche, la gauche qui pense, la gauche morale, Muray est vu comme un « réac » car apprécié des « réacs », ce qui permet de ne pas dire pourquoi il serait « réac », et surtout pourquoi il ne faudrait pas le lire. Quand un auteur écrit ou prononce des paroles gênantes, il est soit « fââchiissss » soit « réac », d'autant plus si comme Muray il s'attache corp et âme au réel, et à dénoncer tous les ridicules d'une époque s'imaginant au nadir du progrès progressiste.

     

    D'aucuns penseront un peu vite qu'il n'aimait pas son époque, ce qui le range parmi les réactionnaires, et ce qui est un crime impardonnable en nos temps d'autosatisfaction généralisée, mais ainsi que François Tailliandier le rappelle, Muray se tenait au courant de tout, lisait tout, s'intéressait à tout ce qui la concernait. La lucidité n'a jamais été du dédain, de la condescendance ou du cynisme envers l'humanité, c'est justement parce qu'on l'aime profondément, et qu'on veut l'aider à se sauver de l'abîme vers laquelle sa part occidentale se précipite avec enthousiasme.

     

    A droite, Muray est également perçu comme un réactionnaire, qui regretterait ce temps béni de la bourgeoisie triomphante quand le peuple savait se tenir, et que l'hypocrisie morale inhérente à cette classe sociale suffisait pour maintenir les apparences. A l'époque où celle-ci se voulait un exemple de moralité, au moins en apparence, on chassait ceux et celles qui gênaient dans le tableau vers les marges.

     

    Depuis 68, et que la bourgeoisie a envoyé au diable les apparences après une révolution de pacotiflle, celle-ci se veut toujours un exemple de moralité sans reproches, mais à un niveau de prétentions supérieures, prétendant moraliser non seulement la société occidentale mais aussi le monde entier, en étiquetant les problèmes et en les résolvant à coup de lois de plus en plus infantilisantes.

     

    Muray c'est un peu le vieil oncle « intello » qui dit des horreurs qui font rougir les dames entre « la poire et le fromage », des horreurs qu'à droite on n'ose pas trop répéter quand même par peur de se faire mal voir de « l'Empire du Bien ».

    C'est une chose de citer Muray sur son mur « fèce-bouc », c'est une chose de « liker » ce qu'on lit et qui venge des humiliations réelles ou non que l'on subit dans la vraie vie. C'est autre chose d'affirmer des convictions fortes, et sans faiblir, de lutter contre « l'onirisme » de cette société qui nie la nature car celle-ci contredit les alibis et prétextes qu'elle se donne afin de ne surtout pas sortir de la « fin de l'histoire », et donc de mûrir, d'entre dans l'âge adulte.

     

    Le plus effrayant dans notre monde, ainsi que le souligne l'auteur de « Causes toujours » c'est le refus en particulier de toute pensée contradictoire face à l'unanimisme, face aux évidences étiquetées, face à l'hyper-festivisme, et le refus en général de toute pensée. On ne peut être que sidéré par l'anti-intellectualisme qui sévit de la gauche à la droite en France, et le rejet de toute culture dont celui de la littérature considérée comme le reflet d'un hédonisme immoral et égoïste, ni

    «  citoyen », ni « durable », ni « équitable ».

     

    Lire Muray finalement c'est se libérer complètement...

     

    Et c'est ainsi qu'Allah est grand.

  • La morale et l'amoral

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    politique,société,morale,christianisme,nostalgieAmi lecteur, amie lectrice (soyons modernes, respectons la parité), je ne te ferai pas l'injure de te rappeler la différence essentielle qu'il y a entre morale, et moralisation, qui n'est que son versant hypocrite, le paravent qui camoufle des petits compromis. La bourgeoisie positiviste depuis le XIXème siècle la pratique avec brio, y compris depuis mai 68, qui n'a finalement pas changé grand-chose à la fausseté de cette moralisation.

     

    Les grands discours et les belles intentions sur le développement durable et le commerce équitable, gadgets déculpabilisants, ont simplement remplacé les discours des ligues de vertus et les dames patronesses actuellement préfèrent parler des chtits n'enfants africains que des filles perdues, mais au fond rien n'a vraiment changé.

     

    Tu l'auras remarqué, on parle beaucoup de morale en ce moment, et on moralise beaucoup, mais finalement, plus personne ne sait vraiment ce que c'est ou n'en veut réellement. Paralèllement, la transparence et l'indignation vertueuse sont également à la mode, mais la tartufferie reste la même. Et les uns ou les autres, de droite ou de gauche, ne se soucient pas des énormes contradictions qu'il y a dans leurs discours respectifs, d'apparence à l'inverse l'un de l'autre, mais qui se rejoignent dans les faits. Ami lecteur, pour te donner mon opinion, le délire de transparence actuelle a quand même des relents de totalitarisme, qui semble déjà dans les têtes, ce qui est bien le pire.

     

    A droite, les politiques et les militants, leurs sympathisants réclament une morale individuelle plus stricte, moins libertaire que ce qu'elle est actuellement, un sens du devoir accru pour les citoyens, mais dans le même temps ne voit pas le problème qu'il y a à ce que les grandes entreprises et les financiers se comportent avec beaucoup de cynisme et la dernière immoralité traitant les êtres humains salariés, employés et ouvriers comme autant de pions au service de leur intérêt, virant des milliers de travailleurs d'un click de souris afin de gagner un peu plus d'argent. L'a-moralité totale, dont la répartition extrêmement inégale des ressources planétaires et les dérives morales individuelles déplorées à droite, que cela entraine dans tout le reste de la société ne naissent pas d'autre chose.

    L'a-moralité économique ne sera pas contesté car l'individu sait très bien que c'est de là que vient le confort matériel dont il dispose encore un peu en Europe en particulier, pas fou cet individu occidental...

     

    A gauche, l'ennemi ce sont la morale dite traditionnelle, le modèle familial ancien, les tabous et interdits qu'auraient imposé avec une coercition brutale l'Eglise Catholique depuis des siècles : notons à ce propos que la coercition violente et parfois sanglante que les autres religions pratiquent sur ces sujets quotidiennement semble étrangement beaucoup moins scandaleuse aux yeux des défenseurs d'une morale libérée de tout joug. Paradoxalement, on ne craint pas par ailleurs à gauche de réclamer une moralisation de la vie politique et économique. Mais si un politique, un gouvernant, doit donc promouvoir une libération des mœurs sur le plan privé, pourquoi devrait-il être moral sur le plan public ?

    Et cette « révolution » des mœurs ne vient pas d'autre chose que de l'a-moralité libérale évoquée ci-dessus ….

     

    Tu noteras, ami lecteur, que cette « libération », elle concerne sutout les hommes libéraux libertaires qui justifient leur envie d'aller voir ailleurs par des prétextes grandiloquents mais ne verront aucune contradiction à traiter de « salope » -je cite- une femme qui se comporterait comme eux. Une jeune fille, alors que je leur passais à elle et quelques uns de ses camarades, « Grands soirs et petits matins » de William Klein qui montrent de nombreux discours enflammés prononcés à l'Odéon sur la libération sexuelle en « Maissoissantuite », le fit remarquer : « Y'a que des hommes qui parlent ».

     

    Et cette « libération » en 2013, cela consiste surtout à la multiplication non pas des pains et des poissons mais des « ménages monoparentaux », terme pudique désignant ces jeunes filles obligées d'élever seules leurs enfants car leur copain ayant cru bon d'aller voir ailleurs pendant la grossesse de leurs dulcinées. Les géniteurs n'hésitent pas à demander à leurs Yseult d'avorter ne voyant pas le problème qu'il y a avec cet acte médical extrêmement grave pour une femme, d'autres vont chercher la « pilule du lendemain » à la place de leurs copines.

     

     

    Par contre, il y a une chose que partage largement la droite comme la gauche actuelle, c'est le sens du spectaculaire, de la publicité médiatique, ainsi que le montre très bien Don DeLillo dans « Cosmopolis » car cela reste surtout un spectacle, car aucun des fondamentaux qui engendrent l'iniquité foncière de notre société n'est jamais réellement remis en cause. Et la crise morale extrêmement grave et préoccupante que nous subissons n'est jamais vraiment affrontée...


    illustration : l'auteur en moralisateur

  • Pourquoi écrit-on -vraiment- sur le Net...

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    Il y a quelques jours, ami lecteur, je participai à un échange qui t'aurait certainement passionné, toi qui aime les questions existentielles tant qu'elles sont posées par de jolies filles pas trop farouches ou du moins s'en donnant le genre. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais ce que dit une jolie femme semble toujours largement plus intéressant que ce qu'exprime une moche, tout en sachant qu'une jolie femme qui a des prétentions intellectuelles est souvent une emmerdeuse qui trimbale avec elle des névroses chics de pauvre petite fille riche. 


    société,net,blog,écriture,politiqueNe me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, ami lecteur, je n'ai pas dit que les filles intellectuelles étaient toutes des chieuses, simplement celles qui ont une certaine tendance à la vanité et à se surestimer culturellement car elles ont fait deux ans de « psycho » ou de « Lettres modernes ». Et pour t'avouer une chose, je crois que j'aime bien les chieuses, elles ont quelque chose de plus.

    Ce soir-là, une brune séduisante inspira une bouffée de sa cigarette d'un air réfléchi, prit une pose et demanda à l'assistance presque exclusivement masculine présente :
    « Pourquoi écrit-on sur Internet ? Et pourquoi s'engage-t-on parfois en écrivant, sur les réseaux sociaux et sur le Web ? »

    Les mâles présents, tous blogueurs émérites, metteurs compulsifs de liens d'actualité brûlante sur leur profil « facebook » (à défaut d'autre chose si tu me permets cette allégorie hardie ami lecteur), prirent les attitudes qu'ils estimaient convenir pour signifier que cela les interpellait profondément, comiquement torturées et concernées par ce que disait la jeune femme, ( concernés où ça ? Quelque part, au niveau du vécu bien entendu selon les termes consacrés ).
    Le premier dit avec conviction :

    « Pour remplir un vide existentiel », le deuxième affirma : « C'est comme une catharsis, c'est une thérapie en fait pour affronter le monde ». Votre serviteur passa encore pour un méchant cynique lorsqu'il suggéra benoîtement :

    «  Pour plaire aux filles ? ».

    Cela fit rire la jeune femme qui posait la question, qui se fichait au fond complètement de la réponse, voulant simplement voir qui serait le plus empressé autour de la table à concocter une réplique qui le ferait passer pour un prince charmant. Mes congénères masculins me fusillèrent du regard, faussement outrés par cette sortie triviale qui réduisait les grands discours qu'ils balançaient au tout venant ou livraient à leur blog à de banales parades nuptiales en somme.

    Le discoureur, le militant, quel que soit son camp, reste au fond un mâle alpha comme les autres qui a besoin de se démarquer et d'affirmer sa virilité ou ce qu'il imagine être sa virilité, de montrer qu'il domine le reste du troupeau. Il finit toujours par se vanter d’entraîner une petite partie du troupeau avec lui. Le militant, personnellement, d'où qu'il parle, finit toujours par me casser les pieds, car à un moment ou l'autre il faudra bien qu'il fasse des compromis avec ses idéaux supposés, qui pour un chef, qui pour une idéologie.

    Les jeunes et jolies femmes ayant quelques prétentions intellectuelles aiment ce genre de discoureurs, elles savent très bien quel au final leur véritable motivation mais elles apprécient que ceux-ci l'enrobent sous des dehors chevaleresques et idéalistes car la plupart ne rêvent encore que du prince charmant, sont encore des petites filles, ont des désirs d'intérieur bien « popotes » qu'elles ne veulent pas s'avouer, supportant des sales types et des salauds longtemps car elles continuent à croire que le salopard se transformera en amant de conte de fées, en Tristan dont elles seraient les tremblantes et rosissantes Iseult.

    Écrire pour combler un vide, c'est au fond essayer d'écrire sur du vide, donc sur du rien, du pas grand chose, cela ne présente pas grand intérêt. Écrire et s'en servir comme catharsis, cela n'aura d'intérêt que si l'auteur a du style, et si son propos tend à l'universel, qu'il concerne le lecteur. On me dira, ce genre de catharsis permet de rédiger les nombreuses autofictions qui plaisent beaucoup au public mécheux et en scooter germanopratin pour qui dépasser le « périph » c'est déjà une aventure...

    Ce texte t'est dédié à toi qui me lis encore après toutes ces années, qui aimait bien réunir autour de toi des poètes « maudits » rejetant la pensée « bourgeoise » tout en bénéficiant du sens du confort de cette classe sociale, des révolutionnaires en goguette qui rentrèrent bien sagement dans les clous une fois leurs diplômes acquis, des jeunes femmes libérées qui ont pour la plupart toutes finies en « ménages monoparentaux », progressistes au fond par jalousie des familles nombreuses, tous là autour de toi surtout car tout comme moi ils auraient aimé se perdre dans tes yeux gris, certains tout comme moi s'y étant perdus.


    photo, l'auteur en vacances

  • La jeune fille qui aimait les livres

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    document?id=16005&id_attribute=43Elle portait un prénom de fée des romans des chevaliers de la Table Ronde bien que n'étant pas née à une époque romanesque et enchantée qui célébrerait l'amour courtois et les exploits héroïques et gratuits. Elle portait beaucoup de rêves cependant dans son cœur ne se passionnant guère pour les vedettes « kleenex » de la télé-réalité ou les chanteurs d'une saison ou deux qui ne créent rien, ne font que reprendre d'anciennes chansons.

     

    Elle s'évadait et voyageait, comme tous les gosses inadaptés à leur époque, à la société hyper-matérialiste et égoïste, par la lecture, ce genre de gosses qui se réfugient dans les livres parce qu'ils ne sont pas très doués pour affronter la bêtise du monde qui n'est pas du tout fait pour les personnes intelligentes ou capables d'un peu plus de compréhension de ce qui les entoure.

     

    Elle avait essayé de rire aux blagues sur le physique ou les habits des « réprouvés » de son lycée, les élèves marginalisés car trop différents des autres, trop sensibles, et « hors normes ». Pour ne pas être exclue des groupes de jeunes gens et de jeunes filles, elle enlevait ses lunettes qui l'aurait fait entrer dans le cercle « honteux » pour sa génération des « intellos » et mettait ses lentilles qui lui faisaient mal aux yeux. Elle n'avait rien pu faire pour la taille de son nez qu'elle trouvait trop grand. Elle avait voulu faire comme les autres mais cela lui avait profondément déplu, car ce n'était pas du tout dans sa nature gentille.

     

    Et on ne peut pas forcer sa nature éternellement....

     

    Elle avait un frère jumeau qui quant à lui se fichait éperdument d'être bien vu du sportif de sa classe ou des filles maladroitement maquillées vedettes de la cour, il savait très bien que les unes et les autres finiraient qui employé de banque derrière un morne guichet, qui coiffeuse ou démonstratrice de parfums, et que lui seul conserverait l'intégrité de ses rêves et des aspirations alors que ses anciens condisciples ne songeraient qu'à leur Plan Épargne Logement ou leurs prochaines RTT au camping de Palavas les Flots.

     

    Parfois elle enviait son frère...

     

    Elle allait souvent à la bibliothèque toute proche, on ne disait plus comme ça, aimer les livres passionnément n'était pas dans l'air du temps, mais pour elle c'était surtout les livres qu'elle y trouvait qui importaient et non les ordinateurs comme la plupart de ses camarades pour qui c'était des objets presque tabous.Elle aimait bien le bibliothécaire, elle voyait bien que lorsqu'il prenait son ton sévère pour imposer le silence, ou bien qu'il sortait une plaisanterie un peu caustique voire ironique, ce que ses camarades n'aimaient pas beaucoup, il avait envie de rire sous cape. En fait, elle reconnaissait un « frère d'armes » en quelque sorte, un de ces êtres blessés qui se cache en faisant le malin.

     

    Il avait d'ailleurs compris que la fine mouche l'avait percé à jour et quand il faisait son numéro de méchant, il avait pour elle un petit regard entendu.

     

    Elle empruntait souvent des livres. Elle aimait bien les histoires épiques et les romans sombres, qui ne se finissent pas toujours bien, parce que pour elle cela ressemblait plus à la vie, dans laquelle il y a rarement des fins heureuses. Elle lui avait demandé un jour ce qu'il lui conseillerait de lire. Il avait hésité un peu, et ensuite cela avait été comme s'il ouvrait les vannes de son envie de discuter, il était exalté par son sujet. Il l'avait presque noyée sous un flots de paroles, ce qui est un stratagème de timide, s'en apercevant et s'arrêtant soudain, un peu gêné, comme toutes les personnes qui répriment leur envie de partager leurs passions trop longtemps.

     

    Il avait un peu rougi et avait prétexté de la présence derrière elle d'une autre personne venant emprunter un livre pour couper court à la conversation qui pourtant n'avait rien d'équivoque. Avant de partir, elle lui confia qu'elle écrivait aussi, il se ravisa et se retournant vers elle le visage illuminé lui dit que c'était normal pour un grand lecteur d'avoir un jour envie d'écrire et de coucher sur le papier ses propres mots.

     

    Lorsqu'il fit venir un écrivain (un lien vers cette rencontre), elle était heureuse de rencontrer un adulte comme elle, ainsi que quelques autres élèves, les autres affectant de considérer en s'asseyant dans la salle autour de l'auteur présent que c'était surtout le moyen d'échapper à un cours bien ennuyeux. Celui-ci leur montra que la télévision et le cinéma racontaient maintenant des histoires qui étaient les mêmes depuis que l'homme s'était mis debout sur ses pattes arrière, que c'était surtout les manières de raconter qui changeaient tout, et que les feuilletons qu'ils regardaient empruntaient aux œuvres qu'on leur faisait étudier en cours.

     

    Quant l'auteur avait demandé si des jeunes dans son public écrivaient, elle n'avait pas osé le dire, par peur des rires moqueurs des autres, qui pourtant étaient pris presque malgré eux par ce qu'ils entendaient, à tel point que lorsque le bibliothécaire rompit le silence après une dernière question, ils perçurent tous la qualité de ce silence dans lequel il y avait des rêves tout droit sortis des pages des livres qu'ils venaient tous d'évoquer...

     

    Elle comprit que ce n'était pas facile d'être comme elle, d'aimer la littérature aussi profondément, mais que cela n'appartenait qu'à elle seule, et que les perspectives bien mornes qui animaient les aspirations de ses camarades ne seraient jamais les siennes. Pas parce qu'elle était meilleure, ou pire que les autres. Mais parce que c'était son trésor, un bien infiniment précieux.

     

    Je pense souvent à elle, et je me dis qu'il n'est pas normal que des jeunes filles comme elle doivent cacher le fait qu'elles ont du cœur, et des rêves plus grands que la moyenne, que ce n'est pas juste...

     

    Mais ainsi va hélas notre société moderne...

    image empruntée au site de la mairie de Paris I

  • Merci Salima

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    breves51d6959ec798b_1-578759.jpgLa petite Salima qui a eu 21,21 au bac par le jeu des options, elle venait tous les jours au CDI du lycée pour bosser, toujours sympa, souriante et modeste, une jeune fille moderne et sage en même temps Salima, et travailleuse, un modèle

    Elle est curieuse de tout, lisant de tout, intelligente, pas un mouton docile qui gobe tout sans rien essayer de comprendre, pas un esprit obtus qui fait tout ce qu'on lui dit sans réfléchir...

    Elle n'avait pas besoin de pédagogisme, d'angélisme, de traitement de faveur, ou de défaveur...

    Elle ne voit rien d'extraordinaire dans ses résultats, elle m'a dit : "j'ai travaillé c'est tout et parce que j'ai vraiment envie de faire de l'astronomie". Ce n'est pour elle que la première marche.

    (et elle m'a dit merci de maintenir une ambiance de boulot au CDI ce dont je lui suis reconnaissant ...)
    Son exemple me réconforte et me rassure...

    l'article de Paris Normandie sur Salima ici

    photo prise sur le site de Paris Normandie, article du 5/07/2013

  • Lectures de vacances et Ego trip

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    Les trois photos avec les lunettes noires c'est juste parce que l'on sait bien que les types qui lisent, voire qui écrivent, sont des prétentieux égotistes et narcissiques, et puis c'est tellement bon d'emmerder les cons que cela va bien faire suer...

    Bref.

    Pendant ces vacances, pour éloigner le souvenir des malfaisants, des fâcheux, des cons, je retourne à Vemilion Sands avec Ballard, je me plonge avec délices dans les vapeurs du cinéma Bis, et dans la vie de Jack London....

    La lecture est déjà un voyage en soi, qui emmène loin, loin des imbéciles, qui rapproche de ceux qui ont encore une 

    senbilité..london.jpg

    . Et j'écoute la musique que j'aime...

    Thelonious Monk, Marvin Gaye et Solomon Burke...

    Et bien sûr, je continue mon journal de Palestine...

    En attendant une citation pour ton édification aimable lecteur, mon sensable mon frère (ou ma soeur)

    "A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle à tendance à s'accroître 

    ballard.jpg

    en compensation. Et le dictateur (à moins qu'il n'ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d'encourager cette liberté-là. 

    Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l'influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort." 

    Le Meilleur des mondes - Aldous Huxley.

  • Fragments d'un journal en Palestine 18 – Le complexe d'invulnérabilité

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    colonie-israelienne-cisjordanie.jpgAu bout d'un an à Jérusalem pour quelques uns, Ramallah et Zabadeh près de Naplouse pour d'autres, tous en Terre dite Sainte, les uns au cœur de la Palestine, les autres à la lisière avec Israël, nous avons fini par développer ce que beaucoup de correspondants de guerre décrivent dans le cadre de leur profession, à savoir une grande inconscience face au danger et un certain complexe de toute-puissance et d'invulnérabilité. Nous prenions parfois des risques insensés, et continuions de le faire même si parfois le réel se rappelait durement à notre souvenir.

     

    Ainsi, l'un de nous, Éric, professeur de français à Ramallah, instituteur en France, traversait les territoires sans aucuns papiers officiels, passeport ou quoi que ce soit, la plupart du temps, ne s'arrêtant à peine aux « check points » qui, certes, le voyaient passer quotidiennement. Et bien entendu, ce qui devait arriver, et un jour il fût interrogé quelques heures et son identité dûment vérifiée. Il dût son salut à beaucoup de chance, à sa personnalité sympathique, selon lui, à son culot monstrueux selon nous, un culot parfaitement calme et tranquille. Je ne le blâmerai pas là-dessus puisqu'au final nous avions tous fini par adopter ce genre de comportement dangereux. En clair, nous faisions ce que nous voulions sans nous soucier des conséquences.

     

    Cette liberté de comportement dans notre travail et notre vie de tous les jours, cette ouverture que nous développâmes, nous allions la payer en rentrant plus tard en France, par bien des manières, et ce pour plusieurs raisons l'une d'entre elles étant d'abord et avant tout une jalousie profonde l'expérience incomparable que nous avions vécus en Terre dite Sainte de la part de toutes les personnes se soumettant pourtant à une routine aliénante sans se poser de questions.

     

    Éric avait parfaitement adopté la phrase « fétiche » des palestiniens : « Inch'Allah Bukra Maalesh », qui signifie à peu près qu'il faut prendre chaque moment l'un après l'autre sans trop s'angoisser et laisser faire les choses sans les forcer. Malgré la violence sans cesse présente, malgré la haine, Éric se baladait et rencontrait, et liait amitié sans se soucier des étiquettes, des préjugés ou des lieux communs sur les uns et les autres, toujours curieux de chacun, ce qui ne l'empêchait pas comme nous tous à certains moment de se mettre en colère face à des injustices flagrantes.

     

    Ce fut d'ailleurs lui qui nous proposa d'aller replanter des oliviers en Galilée dans des villages palestiniens à côté desquels des colonies israéliennes s'étaient implantées, arrachant les cultures sous prétexte d'instaurer un « périmètre de sécurité ». Ce n'est pas que nous étions très doué pour cela, nous étions aidés par les habitants des villages concernés, mais notre présence, par peur de nos futurs témoignages éventuels auprès de nos ambassades respectives, et de nos organes de presse, interdisait un nouvel arrachage par la suite.

     

    Éric, avec un ami palestinien, et l'un d'entre nous, Benoît, alla jusqu'à la porte des colonies demander à dialoguer avec au moins l'un des colons pour qu'il nous explique la raison d'une attitude aussi agressive, mais dut y renoncer la rage au cœur sous la menace du « M16 » d'un des gardes armés dans un des miradors entourant « l'implantation ».

     

    Marc et son épouse, Anne-Marie, qui travaillaient avec des malades en soins palliatifs à l'hôpital Saint Louis, que j'ai déjà évoqué pour le « trafic » de cigarettes auquel je me livrais avec Marc, voyageaient généralement, eux aussi, sans aucun passeport, comptant sur leur « bonne étoile ». Anne-Marie présentait un grand contraste apparent avec son mari, géant costaud, gargantuesque et un peu ogre, elle avait une toute petite voix, un physique menu et un ton toujours d'une grande douceur. C'est évidemment elle qui incarnait l'autorité dans ce couple malgré les apparences.

     

    Et quand d'aventure, ils se faisaient contrôler par un militaire un peu plus tatillon ou un policier un peu plus zélé, elle comptait à chaque fois sur un gentil babil qu'elle avait rôdé les trois premiers mois, et qui donnait des résultats satisfaisants puisque jamais ils ne furent retenus plus de cinq minutes, jusqu'à l'abus de trop où ils durent téléphoner au consulat pour se tirer d'affaire.

    Et comme la plupart d'entre nous, ils furent retenus plusieurs heures en douane...

    1083941_3_fce1_vue-generale-de-la-colonie-israelienne-de.jpg

    Avec Alain, coopérant au collège des Frères de la « Vieille Ville », séminariste français d'une grande pondération, professeur de Lettres, nous fîmes une excursion à Hébron afin de visiter le « souk » traditionnel et la « Tombe des Patriarches », juste après plusieurs émeutes graves réprimées dans le sang dues aux quelques dizaines de colons, protégés par l'armée israélienne, installés en plein milieu de la ville sur la base de titres de propriétés datant pour certains de l'Empire ottoman. Nous avions cru prendre des précautions suffisantes en portant nos « keffiehs » palestiniens, et comptions sur les quelques rudiments d'arabe que nous possédions, et sur ceux d'Alain en hébreu moderne, pour nous aider en cas de problèmes.

     

    Nous déambulâmes toute la matinée dans la vieille ville d'Hébron, suivis par des palestiniens, au départ discrets, et de plus en plus nombreux, nous interpellant au début apparemment en plaisantant, puis de plus en plus sèchement, nous montrant des lapins ou des crustacés vendus sur les échoppes du « souk », denrées non « kascher », pour se moquer de nous, étant convaincus que nous étions des colons juifs en goguette nous camouflant peu discrètement. Alain se rappela soudain qu'Hébron comptait plusieurs milliers d'habitants, tous échauffés par la répression militaire des derniers jours, et nous décidâmes d'opérer une retraite prudente vers la gare routière, ou ce qui en tenait lieu, à savoir un gigantesque embouteillage paraissant inextricable au cœur de la cité, bruyant et puant le gasoil.

     

    Par chance, je rencontrais un des élèves de mes cours de français qui se proposa de nous guider dans sa ville, et aussi de nous protéger. Il fut notre garantie. Nous n'en menions pas large....

     

    Benoît et Florence, également enseignants de français langue étrangère, à Zababdeh, petit village chrétien palestinien avaient pris l'habitude de traverser les territoires également quant à eux sans passeports et un temps ne s'arrêtaient même plus aux « check-points » de par leur plaque consulaire qui les en dispensait selon Benoît. Là encore, il arriva un épisode qui aurait dû leur servir de leçon et qui ne fit que renforcer leur culot. Passant rapidement un barrage dans leur « Renault Express » clopinante mais vaillante qui nous avait emmenés au Sinaï avec le père Alexis, un jeune prêtre expatrié hors des normes, ils entendirent derrière eux deux détonations sourdes, deux coups de semonce des soldats du « check-point ».

     

    835052erez.jpgBenoît, lui aussi de tempérament calme et paisible, ne put s'empêcher, alors que nous attendions le bon vouloir des douaniers israéliens au passage d'Erez à Gaza de montrer sa colère face au « tunnel » en tôle réservé aux palestiniens, semé de tourniquets et de barrières espacées de loin en loin de celles que l'on emploie pour les troupeaux et le bétail, ou face à l'unique cabinet de toilettes à destination des ouvriers gazaouis allant travailler en Israël, un « chiotte » chimique de chantier puant à force, jamais nettoyé bien entendu, ou sinon succinctement. Ces toilettes chimiques devinrent pour nous le symbole des conséquences néfastes et bien réelles de l'aveuglement de certains israéliens, et de leurs partisans, dont les gentils chrétiens « laveurs de vitres » des « Béatitudes », sur les souffrances des palestiniens, la réalité et la cruauté de leur sort étant résumés par cette cabane pourtant triviale par sa destination.

     

    Et je me souviens également de notre excursion avec Jean-Charles, sage coopérant de l'École Biblique, avec qui j'allais constater, avec le père Stéphane, un prêtre engagé à la commission « Justice et Paix » de Jérusalem œuvrant pour le respect des droits des palestiniens, les ravages sur les cultures nourrissant jusque là trois familles dus à la construction d'une route, spécialement réservée aux colons, reliant la colonie de « Newe Daniel », proche de Bethléem, à Jérusalem. Nous ne voulions pas céder à la colère, qui mène ensuite trop facilement à la haine, mais le pourtant doux Jean-Charles et moi ne pûmes nous en échapper, nous allâmes devant l'entrée de la « colonie » « en dur » pour réclamer des explications, et subîmes le même sort que les autres pour les mêmes raisons ; la menace des armes et le refus absolu de tout dialogue de la part des « colons », cela contrairement à beaucoup d'autres israéliens, je le souligne malgré tout au passage.

     

    Comme nous étions suivis par la télévision palestinienne, et filmés, il n'y eut pas de coups de feu, mais je pense que nous aussi l'avons échappé belle.

     

     

    Revenus en France, on nous a souvent rétorqués que la connaissance virtuelle de la situation en Israël et Palestine par les livres, les informations, les journaux et Internet valait finalement autant que d'y avoir vécu même longtemps. Cette confusion qui se fait de plus en plus entre virtualité et réalité, que je trouve terrifiante, méconnait simplement le fait qu'avoir ressenti, parfois durement, les évènements, qu'avoir constaté concrètement le vécu des populations, l'absurde du sort qu'elles ont à subir, est incomparable. Certes, tous ceux qui partent là-bas ne le vivent pas aussi intensément, encore faut-il le vouloir et ne pas se fermer à ce vécu, et accepter de remettre en cause ses idées reçues, ses certitudes et opinions bien arrêtées que l'on a sur la question.


    photo de la première "colonie", "Ma'ale Adumin", prise sur ce site

    photo de la "colonie" de "Migron", prise là

    photo de nuit du passage d'Erez prise ici

  • Le livre comme nouvelle indécence

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    littérature, livres, politique, sociétéOn entend, on lit souvent dans les médias, journaux, forums et blogues qu'il ne faut pas être pessimiste ni réactionnaire, et encore moins rétrograde, toute personne lucide ou juste un peu critique étant soupçonnée de l'être, si les gosses, et les adultes, ne lisent plus beaucoup de livres, sur support-papier selon le terme consacré, ils liraient beaucoup plus qu'auparavant sur écran grâce à Internet auquel tout le monde a accès via les « smartphones », les ordinateurs et même la télévision. Internet serait un formidable vecteur de savoir alors qu'on sait bien toi et moi ami lecteur que le réseau s'est surtout développé par le porno et les jeux. De plus les livres électroniques sont un outil supplémentaire, confondu avec une fin en soi, et réservés encore à des individus qui sont déjà des lecteurs.

     

    Ce ne sont pas les protestations des internautes qui à les lire sur leurs profils et autres statuts Facebook (TM°) et Twitter (TM°) ne regardent qu'« Arte », ne voient que des films d'art et essai, ne lisent que des livres d'une grande sagesse, qui me convaincront du contraire.

    Cela n'empêche pas les chantres du progrès technique bienfaiteur et porteur de bonheur universel de continuer à chanter sur tous les toits leur refrain pénible, et dans le même temps de veiller à ce que leur progéniture soit protégée de ces dérives regrettables.

     

    A se demander aussi qui achète les livres de Guillaume Lévy et Marc Musso ? A se demander aussi qui regarde encore TF1 (TM°) ou NRJ12 (TM°) ?

     

    Le livre, et ce pas seulement à cause d'Internet, mais aussi du fait de réformes pédagogiques de l'enseignement des Lettres, de l'apprentissage de la Lecture et de l'Écriture toutes plus remarquables les unes que les autres, fait maintenant peur. Il incommode, crée un inconfort chez ceux qui n'en ont plus l'habitude. Lire est au mieux une corvée indispensable imposée par les profs qui eux-mêmes ne lisent plus pour réussir scolairement, dans une optique utilitariste du savoir qui n'est perçu que comme une préparation à la vie active et à devenir un consommateur docile et polyvalent comme les autres.

     

    J'en veux pour preuve cette petite anecdote dans une bibliothèque publique : deux ados demandent à un bibliothécaire s'il a des livres sur l'impressionnisme. Celui-ci les guide jusqu'au rayon, leur montrant les ouvrages concernés sur les rayons, en leur indiquant qu'ils avaient le choix entre des ouvrages de vulgarisation et d'autres plus pointus. Les deux gosses alors que leur « cicerone » en livres les laissait se débrouiller restèrent plantés au moins cinq bonnes minutes devant le rayon, à tripoter pour l'un son téléphone dans sa poche, qu'il cachait maladroitement, pour l'autre à se ronger les ongles. S'étonnant de leur apathie apparente, et de leur stress, le bibliothécaire revient en demandant gentiment ce qui ne va pas, qu'il avait peut-être mal compris quel était le sujet de la recherche ?

     

    « C'est pas ça » répondit un des deux adolescents en se tortillant sur place, qui avoua entrer à l'université en septembre, « c'est juste qu'il est gros, que c'est écrit petit et qu'il n'y a pas d'images ».

     

    Un peu effaré et les prenant plus ou moins en pitié cependant, l'adulte leur montra comment utiliser l'index et la table des matières et leur indiqua les numéros des pages à consulter. Ce qui fut inutile car l'autre ado suggéra que ce serait mieux d'aller sur Wikipédia, et que « faire du copier-coller serait quand même plus rapide ». Un petit peu plus effaré, leur « ange gardien » improvisé leur rappela qu'il ne retiendrait rien de ce qu'il copierait-collerait, ce qui leur ne paraissait pas bien grave, ils le rassurèrent en lui affirmant que de toutes façons selon eux « l'histoire de l'art ça sert à rien plus tard dans la vie active, c'est juste pour un dossier de culture générale... ».

     

    Pour ces jeunes « presque-adultes » contemporains, prendre un livre sur les rayons d'une bibliothèque pour travailler est un geste strictement anti-naturel, et le prendre pour se détendre, à de rares exceptions notables, est encore plus « contre nature », la culture devenant à leurs yeux une indécence honteuse, quelque chose que l'on doit cacher sous peine d'être en plus soupçonné de prétentions. Nous sommes bel et bien entrés dans une nouvelle culture, mais il n'est pas certain que celle-ci suscite un progrès des consciences.


    image, la toile célèbre de Fernand Léger, empruntée ici

    ci-dessous la bande-annonce de "La lectrice" de Michel Deville, qui est aussi un excellent livre de Raymonde Jean

  • Nous vivons dans une série « B » de Science Fiction

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    age_de_cristal.jpgPhilip K. Dick eût sans doute vu dans plusieurs faits épars ressortant dernièrement une confirmation de ses théories sur l'absence de réalité du monde moderne et que nous vivons ainsi qu'il l'exposait souvent à la fin de sa vie dans une simulation créée par un dieu, ou une entité étrangère, qui chez lui sont souvent débiles ou infantiles, un dieu amateur de sucreries et de séries « B » ou « Z » dont il s'inspirerait pour recréer l'univers à son idée et selon son bon plaisir.

     

    On vient d'apprendre par exemple il y a quelques temps qu'un médecin italien, persuadé comme tous les savants fous des films dits « de genre » du bien-fondé de son idée bien entendu géniale, veut tenter la première greffe d'une tête sur le corps d'une personne morte d'un AVC, ceci afin d'offrir l'immortalité à des clients fortunés. Comme dans une série « B » voire « Z » de 1962, un «drive in movie » d'horreur, « The Brain that wouldn't die » destiné à permettre le rapprochement des couples face aux scènes terrrrifiantes que promettaient la bande-annonce. En écrivant cette bouffonnerie psychotronique, je ne suis pas certain que ses auteurs aient songé qu'un jour cela deviendrait réalité.

     

    Ainsi que dans une dystopie, ou anti-utopie, des années 70, qui ne sont d'ailleurs pas toutes des séries « B » tant s'en faut, lucide sur ce qui pourrait amener des fins du monde diverses et variées, toujours d'un pessimisme radical que les cinéastes n'osent plus maintenant, le gouvernement français proposera en automne une loi sur l'Euthanasie, pudiquement appelée « l'aide à la fin de vie » comme dans l'excellent « Soleil Vert » en 1973, où elle est paisible et horrible en même temps, se faisant sur une musique douce et des images mièvres, ou même plus récemment, en 1997, « Bienvenue à Gattaca », qui parle aussi des dérives de l'eugénisme social, le tout au nom d'une pseudo-compassion visant à éliminer les plus « faibles » selon les thèses d'un darwinisme sociétal très mal digéré, et de toutes façons indigeste.

     

    Dans ces films, comme dans la vie, les partisans du darwinisme social jouent d'ailleurs surtout sur la corde sensible pour interdire toute réflexion aux personnes raisonnables qui songent aux conséquences de telles lois, sur lesquelles il y a en France une unanimité quasi totale au Parlement, sur la base de cette prétendue compassion.

     

    La société des loisirs et le décervelage intensif qu'elle entraine ont très souvent inspiré les réalisateurs, car c'est aussi un prétexte pour filmer des scènes d'orgie et,ou de violence qui sont diablement plus photogéniques, ou ciné-géniques, qu'une discussion entre philosophes à l'Agora d'Athènes.

     

    Dans le premier, mais aussi dans le deuxième « Mondwest » , ou « Westworld », en 1973 encore, décidément une année faste pour les dystopies, et dans « les Rescapés du futur », en 1976, qui souffre de ne pas avoir de personnage aussi charismatique que Yul Brinner en robot tueur, les ravages du spectaculaire et du cirque grotesque qu'est notre monde sont largement exposés, le deuxième allant même jusqu'à suggérer que nous sommes en fait dirigés par des monstres qui ont oublié toute humanité. "L'Age de Cristal" ou "Logan's run" a le même propos, qu;'il prend le temps de développer contrairement aux "blockbusters" actuels qui font dans la narration "stroboscopique" et va beaucoup plus loin, présentant une société post-apocalyptique utopique, imposant un bonheur factice à l'humanité sur la base d'une rationnalité devenue folle : les individus meurent à trente ans, et leurs corps sont recyclés, l'eugénisme est très stricte, en échange, les êtres humains ne font que se détendre, ceux qui tentent de fuir ce bonheur illusoire, vers un improbable "Sanctuaire" sont impitoyablement exterminés.

     

    cinéma,politique,science fiction,psychotroniqueLes « Décimales du futur », excellent film méconnu de Robert Fuest, cinéaste britannique, ayant également tourné les deux films poétiques, excentriques et aussi kitsch sur "l'abominable docteur Phibes", qui a fait ses premières armes comme décorateur et directeur photo puis réalisateur sur « Chapeau melon et bottes de cuir », montre ce qui se passe après la fin de la société des loisirs qui est une course à l'abîme. A noter que cette série est un bon vivier de metteurs en scène de films de genre puisque l'on y trouve aussi Roy Ward Baker, auteur de l'excellent « Docteur Jekyll et Syster Hyde » ou Don Taylor qui a mis en images une ou deux « Planète des singes ». Bien sûr les cinéphiles pervers peuvent aussi visionner sur le même thème de la société des loisirs, ce qui est une sorte de plaisir honteux pour les cinéphiles de salon, « la course à la mort de l'an 2000 » avec David Carradine en slip de cuir de Paul Bartel et un Stallone débutant.

     

    Et bien sûr, à tout seigneur tout honneur, on ne peut évoquer les séries « B » anticipant sur les dérives des sociétés consuméristes actuelles sans parler des films de Georges Romero, et pas seulement sa trilogie des « Morts vivants », « The Crazies » étant également prémonitoire. Dans ses films, l'hyper-consommation et la tyrannie des maîtres économiques transforment littéralement les personnes en zombies ou en morts-vivants ou les rend fous. Ce n'est pas pour rien que le deuxième volet de la trilogie des « morts-vivants » se déroule presque entièrement dans un centre commercial, dans lequel les survivants se réfugient cernés de toute par leurs anciens semblables qui ont gardé les automatismes grégaires que le cirque publicitaire et médiatique leur imposait auparavant.  

    image du haut extraite de "l'Age de Cristal" de Michael Anderson

    image du bas empruntée là

    Ci-dessous le début de "les Décimales du Futur" et un extrait de "The Crazies"


    Les décimales du futur 1 par JimJamBriskin

  • Histoire d'un zèbre - conte pour toute la jungle et pas seulement pour les zèbres

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    geo_zebre3.jpgLe zèbre avait découvert il y a peu seulement qu'il n'était pas un singe comme il le croyait jusque là, encore moins un animal de trait, ou d'abattoir, ni même une bête à cornes ou un genre d'invertébré. Il n'était pas sûr de son appartenance à l'espèce des primates, car il était inadapté et souffrait de diverses blessures de par l'ignorance de sa vraie nature. Comme tout zèbre il était doué pour le camouflage, il s'était tellement bien fondu dans le reste du règne animal qu'il en avait oublié lui-même juqu'à son identité propre et les causes de son mal être car ne pas savoir ce qu'il était le faisait souffrir durement.

     

    Il était un zèbre et il était heureux de maintenant le savoir. Il en était maintenant sûr et certain. Il n'osait pas encore trop le dire car les zèbres sont très mal considérés dans la jungle. Étant plus intelligents, plus sensibles, plus lucides, les autres espèces ont tendance à en avoir peur, car pour elles l'intelligence, la sensibilité et la lucidité ne sont que des moyens détournés de dominer les autres. Et quand un zèbre avoue qu'il en est et montre ses rayures, tous les autres habitants de la jungle, par jalousie, par envie, par complexe d'infériorité, prétendent alors immédiatement en être également, ou l'avoir été.

     

    Ou bien pire encore, le zèbre est raillé, rejeté, comme prétentieux et vaniteux, pour qui se prend-il ? Il est d'autant plus réjouissant pour les autres espèces de le railler et de s'amuser avec lui que c'est une proie facile et vulnérable dés qu'il est un tout petit peu à découvert. Le zèbre, pourtant, le sachant très bien malgré tout, avait voulu passionément depuis son enfance faire partie des mêmes cours, bandes et tribus que les autres animaux de la jungle ou de la savane, il avait très peur du rejet, et de la solitude, solitude qu'il avait pourtant toujours vécu au plus profondément. Il pensait, il faut le comprendre, qu'avec d'autres zèbres, il s'ennuierait forcément.

     

    Mais ces autres animaux ont toujours eu peur que leurs personnalités soient éclipsés par celle du zèbre réputé hyper-performant en tout du fait des lieux communs qui circulent à son sujet, alors que celui-ci peut être complètement à la ramasse sur des questions qu'il ne maitrisera absolument pas.

     

    Le zèbre par exemple est ambivalent en amitié, par peur de trop s'engager et d'être encore blessé, par peur qu'on le reconnaisse comme zèbre et qu'on le laisse tomber. S'il est très fin et intelligent dans un ou deux domaines précis, il alterne également des phases d'hyper-activité et de grande paresse quasiment dépressive, ayant un esprit un peu trop perméable, un peu trop plastique, à tout ce qui l'entoure.

     

    Il a beaucoup de mal à maitriser le flux continu de pensées et d'émotions qui risque de le submerger chaque instant. Il tente de le canaliser par la procrastination ou bien en se cachant derrière un personnage derrière des pétarades caustiques. Il se caractèrise beaucoup par une estime déplorable de sa propre personne due à sa sensibilité un peu trop forte au monde, il n'a que modérément confiance en lui. Il attend parfois de ses amis et proches qu'ils prennent des décisions à sa place. Il n'est pas l'adulte qu'il pensait devenir, et son enfance continue sans cesse à se rappeler à lui. A considérer sa vie toujours comme un ensemble, ainsi que les personnes qui l'entourent, il a du mal à prendre parfois du recul même égoïstement et prendre soin au moins de temps en temps de lui.

     

    Les autres animaux comprenaient toujours au bout d'un moment qu'il était un zèbre, mais prétendaient que ses blessures, son comportement souvent maladroit en société, conflictuel, ou marqué par son rejet des compromis sociaux qu'il trouvait hypocrite, était dûs à des raisons par lui inavoués. Dans certaines basse-cours par exemple on suggérait qu'il aimait bien les autres zèbres mâles comme lui, qu'il avait des secrets honteux et bien cachés. Ce n'était cependant pas eux qui avait le plus de mal à l'accepter comme zèbre, mais lui-même, et d'y avoir enfin réussi le rendait plus fort, ce qui se voyait enfin. Il osait montrer ses rayures sans se soucier des cancans des oies ou des radotages des vieilles biques ou des vieux boucs.

     

     

    Quant à être heureux, c'était une autre histoire, comme l'a dit un autre zèbre, bien caché aussi derrière ses pétarades, « C'est important l'intelligence. L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur. L'intelligence c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase. ». Ayant lu il y a longtemps l'histoire d'un autre zèbre, préférant d'ailleurs largement le film qui en avait été tiré, l'auteur du livre en question étant plus un poney qui prétendait avoir des rayures lui aussi, zèbre du film qui réagissait comme lui face aux sentiments amoureux, il savait que le bonheur était pour lui un idéal hélas encore lointain...


    Excellent graphisme pris sur le site des coccinelles

  • Fragments d'un journal en Palestine 17 – Quand les bonnes intentions mènent à des tragédies...

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    0624075157.jpgChaque occidental qui arrivait à Jérusalem avait dés son arrivée, ou après deux jours de présence sur le sol de la terre dite sainte, « La » solution pour que palestiniens et israéliens fassent la paix, de la plus fantaisiste à la presque sérieuse. Toutes ces solutions avaient en commun de relever plus ou moins, à des degrés divers, de la condescendance inavouée on l'espère involontaire avec laquelle les européens et américains considèrent tous les autres peuples.

     

    De par leur attachement à leurs traditions, à leur société « organique », israéliens comme palestiniens étaient également considérés comme des peuples encore un peu arriérés à qui il convient de faire la leçon de morale, de donner la becquée de la sagesse moderne et progressiste dont nos peuples font preuve chaque jour c'est bien connu. Je me rappelle quant à moi qu'il y avait Internet dans le moindre petit village palestinien, bien avant que cela n'arrive dans la plupart des grandes villes françaises.

     

    Chaque occidental, qu'il soit un pèlerin ou pas, avait également son idée bien ancrée sur la légitimité ou non de chacun des peuples et des confessions religieuses présents sur cette terre et rien ne pouvait leur faire changer d'avis, entretenant d'un côté le pan-sionisme, pourtant ultra-minoritaire, excepté certains quartiers, et de l'autre la dynamique des fanatiques du Hamas, également minoritaire, sauf dans certains endroits de Gaza.

     

    Pour les uns comme pour les autres, il s'agissait surtout de se donner des sueurs froides en jouant la révolte, la guérilla, voire la « gué-guerre » civile par personnes interposées, tout en rentrant ensuite chez soi bien tranquillement, montrant aux amis restés en France combien on était un individu courageux et exemplaire, un militant du progrès, invitant si besoin s'en ressentait un palestinien, « bon sauvage » de service pour se donner bonne conscience.

     

    Nous avions guidé de ces occidentaux dans la Vieille Ville de Jérusalem, ainsi que je l'ai déjà évoqué, habillés de pied en cap en « fiers nomades du désert » pour les uns, en juifs plus orthodoxes que des « barbus » de Meah Shearim pour les autres, tous à quelques exceptions notables, se plaignant au bout de quelques minutes dans les rues du « souk », qu'il soit juif, arménien, musulman ou chrétien du « bruit et de l'odeur », le réel de cette ville devenant pour eux insupportable car en contradiction flagrante avec leurs préjugés et infiniment plus complexe « de visu » que ceux-ci, qu'il n'y avait une Palestine mais des palestines, toutes différentes, et parfois antagonistes, pas un Israël mais des Israël, et parfois là encore antagonistes.

     

    Par peur de perdre leur confort intellectuel, la plupart préférait dans la majorité des cas s'en tenir à leurs préjugés de départ, qu'ils avaient dés l'origine. Et toujours l'angélisme et les bonnes intentions aboutissaient à des tragédies. Les deux histoires ci-dessous le montrent.

     

    Une petite fille de Ramallah avait une maladie cardiaque sérieuse, les parents, pauvres, en appelèrent à une ONG occidentale, notoirement pro-palestinienne, afin de trouver une solution et de la guérir. Celle-ci suggéra de l'envoyer en Jordanie à Amman afin de recevoir des soins adaptés, sachant pourtant, comme toute personne habitant Jérusalem que les médecins de l'hôpital de Jérusalem, Hadassah, avaient mis en place un système d'ambulances entre leur établissement et les « Territoires » afin de venir en aide gratuitement aux palestiniens en ayant besoin. Il y eut par exemple cette greffe de cœur sur un nourrisson palestinien, beau symbole de paix.

     

    Ces médecins généreux de « Hadassah » étaient d'ailleurs parmi les « bêtes noires » maudites par les intégristes juifs et ultra-sionistes, mais la plupart des israéliens et des palestiniens n'y trouvaient rien à redire, car cela était synonyme de belles promesses pour l'avenir, autres que la guerre civile. La famille et des proches de la petite fille leur ayant fait cette suggestion raisonnable, l'ONG susdite ne voulut rien entendre par peur que les sionistes ne tirent avantage de la guérison de la fillette, préférant faire appel à un pays arabe, « ami » des palestiniens selon eux.

     

    L'administration jordanienne mit beaucoup plus de temps que prévu à traiter le dossier de la petite fille, multipliant les tracasseries diverses, de par l'absence des « pots de vin » nécessaires pour faire accélérer leur travail selon eux comme il est d'usage dans cette monarchie aux allures de dictature personnelle soft. La santé de la petite malade s'aggrava et l'opération devint indispensable le plus rapidement possible. Les parents affolés emmenèrent leur enfant se faire soigner dans l'hôpital de Ramallah, dans une salle d'opérations non stérile, avec l'aide de l'organisation qui devait aider à l'envoyer en Jordanie.

     

    La petite fille mourut trois jours après à cause d'une infection nosocomiale ayant entrainée une septicémie foudroyante. Voilà où mènent les bonnes intentions et un engagement basé sur des postulats caricaturaux et erronés naissant de l'ignorance de l'histoire de cette région du monde et de sa complexité intrinsèque.

     

    L'autre histoire concerne des pélerins, charimastiques, des « Béatitudes », pour qui la légitimité d'Israël ne pose aucune question, ne fait aucun doute partout en Palestine, de par également la conception messianique des israéliens dans leur ensemble dont les actions sont guidées en somme par le dessein de Dieu. Ces pélerins, prenant comme parole d'Évangile, c'est le cas de le dire, les recommandations éminement politiques du ministère du tourisme israélien qui affirment que voyager dans les « Territoires » est dangereux, désiraient se rendre à Jéricho devant le sycomore de Zachée, pour cela ils demandèrent la protection des militaires car ils étaient un groupe assez nombreux.

     

    C'était juste avant les accords d'Oslo, mais le souvenir de cette excursion et de ces conséquences étaient encore vivaces en 1999.

     

    Leur car entouré de véhicules remplis de soldats, ils se rendirent donc à Jéricho. Ils chantèrent les yeux illuminés, le regard vers le ciel des psaumes en hébreu en se tenant par la main devant le sycomore, affirmant « Dieu t'aime à chaque palestinien goguenard qu'ils croisaient, et regagnant leur car un peu plus exaltés, un peu plus convaincus de l'importance du rôle d'Israël, bénissant le Ciel qu'aucun terroriste ne les ait massacré, tout palestinien étant un terroriste en puissance, voire un blasphémateur car refusant au peuple hébreu son rôle de Messie collectif. Cependant, les habitants d'un camp de réfugiés tout proche, qui avaient entendu les psaumes, qui sont autant de chants nationalistes et sionistes également, ont montré leur colère, colère réprimée dans le sang, et ayant coûté trois morts et plusieurs blessés graves.

     

    jericho.jpgLe tout pour que quelques pélerins occidentaux, pour qui la Terre Sainte était juste un immense parc d'attractions religieux à leur disposition, se fassent en somme plaisir. Ces mêmes « pélerins » se sont installés à côté de la pseudo-Tombe de Rachel juste à l'orée de Bethléem, justifiant involontairement et par sottise la politique agressive des pan-sionistes.

     

    L' « engagement » peut-être sincère de ces personnes évoquées ci-dessus nait de plusieurs causes qui n'ont rien à voir de près ou de loin avec les causes qu'ils prétendent défendre. Pour les uns, il s'agira de combler une insatisfaction, une frustration, pour les autres de se mettre en avant, d'obtenir enfin un rôle central dont on estime qu'il est injustement refusé en Occident, ambition affirmée de nombreux génies « méconnus », la plupart à juste titre, croisés à Jérusalem. Je leur préfère encore les malades atteints du « syndrôme de Jérusalem », plus logiques finalement et moins hypocrites.

     

    Il ne s'agit pas de se dédouaner, mais de ne pas donner de leçons de morale à l'un et l'autre. Ce qui n'est pas facile.

     

    Les solutions politiques n'en seront jamais si elles paraissent imposés. Le noeud du problème c'est Jérusalem et les trois religions, et surtout le Judaïsme et l'Islam, un autre problème c'est aussi l'ignorance crasse de la plupart des pays occidentaux de l'histoire de cette région du monde qui favorisent le dialogue avec les islamistes, au départ minoritaires, du Hamas, au détriment des laïcs du Fatah.

     

    C'est aussi que les occidentaux promettent beaucoup disent beaucoup de choses mais ne font rien concrètement ce qui fait que le Hamas s'engouffre dans la brèche en distribuant de la nourriture gratuite dans les territoires en échange de l'allégeance bien sûr, ou le Hezbollah, au Liban, en proposant une école également gratuite mais là aussi en échange de la soumission des populations.

     

     

    Il aurait fallu aider aussi les chrétiens arabes, une minorité qui pouvait faire le lien entre Islam et Occident, qui souffre de l'indifférence quasi totale des européens, et qui est partie, qui émigre ailleurs n'étant pas aidée sur place du tout, y compris par les chrétiens européens d'ailleurs qui s'en fichent. Il est maintenant très tard, presque trop tard.


    image du haut, hopital Hadassah, image prise ici

    image du bas, Jéricho, image prise là

  • Délation et moralisation, nouveaux devoirs citoyens ?

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    conversation-secrete1.jpgFacebook, ce réseau dit social, permet grâce aux moyens techniques actuels, performants, d'accroître considérablement tout comme partout ailleurs sur Internet les travers regrettables de l'être humain, de dire une chose et son contraire, d'encourager à la bassesse et de faire d'une dégueulasserie objective un « devoir citoyen » sur la base de « bonnes » intentions dont, rappelons le l'enfer est pavé. A les entendre, c'est différent de dénoncer, même anonymement, même violemmenbt, quand c'est pour de bonnes intentions, de bonnes causes. Il n'y a d'ailleurs pas que sur le Web, puisque ces "citoyens" sont des habitués de ce genre de courrier "modeste" (non signé).

     

    Elle justifie les injures, les « murs des cons », les atteintes diffamatoires, de trainer dans la boue ceux qui ne pensent pas comme nous en utilisant les mêmes procédés que la presse de caniveau des années 30 dont on prétend sans cesse dénoncer le retour imminent. Elle est dans l'air du temps cette surveillance "citoyenne", on s'étonne d'ailleurs que d'aucuns se scandalisent de l'écoute de la CIA en France, puisque eux-mêmes sont adeptes de ce genre de "vigilance" pour "protéger les innocents". Rappelons aussi qu'il n'y a même pas besoin de celle-ci, l'individu moderne renonçant à tout ou partie de son intimité en la déballant à tout crin sur le Réseau, se soumettant avec enthousiasme...

     

    Il est des mauvaises habitudes qui se reprennent vite dans notre République, celle des « fiches » et des « dossiers » sur celui ou celle qui ne pense pas comme il le devrait, le tout parfois avec la collaboration abjecte et enthousiaste de citoyens persuadés de faire le bien et d'œuvre pour le progrès de l'humanité, et de fermer leur bouche aux « fachos » et autres « réacs » parfois même « nationalistes », partisans du retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°). Faire des « fiches » est dans l'ADN plus généralement, et ce malgré leurs véhémentes protestations, du camp des « progressistes » ou qui se voient comme tels.

     

    Et en ce moment le phénomène des « dossiers » ahurissants sortant chaque semaine sur l'UMP ou le PS, sur les libéraux libertaires ou les socio libéraux, ne tient pas du hasard mais d'un petit jeu pervers qui fait monter le ressentiment et montent les populations les unes contre les autres : « Tu sors un dossier sur moi, j'en sors un sur toi etc... ». C'est juste parce qu'au fond Marine le Pen n'est pas si fine politique que ses partisans le disent, et qu'elle participe de la même farce politique que les autres, qu'elle n'est pas à 70%.

     

    Alors, certes, des groupes comme celui-là, voir à ce lien, qui veut dénoncer des racistes, des homophobes, sont surtout le fait de gamins inconscients qui ne voient pas le problème et qui sont un peu exaltés, mais depuis quand transmettre ses idéaux passe par l'adoption d'un comportement de « balance » ou « d'indic » de basse police ? (voir aussi pour faire bonne mesure cet autre groupe « facebook » désirant amener plus de morale en politique en exprimant son indignation, indignation qui ne favorise pas toujours la réflexion ni la prise de décision d'actions concrètes).

     

    Cette délation « citoyenne » permet d'effacer le fait que bien souvent le racisme et la xénophobie naissent de l'abandon quasiment partout en France des populations « précaires » n'appartenant à aucune minorité ou groupe ethnique, ces « invisibles » traités de « franchouillards », ou de « beaufs » s'ils osent mettre un bulletin FN dans l'urne ou protester de la démission de l'état les concernant vont à l'extrème-droite ou la droite radicale pour des raisons bien précises.

    Ne serait-il pas plus intelligent d'agir à la racine ?

    En les aidant et non en les méprisant ou les conchiant par la « dénonce » ou l'indignation se voulant vertueuse ?

     

     

    Je m'étonne par contre que ces délateurs « vertueux » ne dénoncent jamais le fait que des manifestations comme la « Gay Pride, par exemple, ou tous les évènements festivistes, comme « le Rock dans tous ses états » à Évreux,, qui coûtent cher à l'argent public et ne concernent qu'une infime minorité de la population, soient toujours subventionnées par les conseils régionaux et mairies locales. Une « Gay Pride » ça fait combien d'enfants défavorisés à la mer pour au moins quelques jours ? Un « Rock dans tous ses états », ça fait combien de postes de profs en plus dans les quartiers précaires ? Je sais, ce sont certainement des questions populistes, poujadistes, que ces questions : quand une question posée à la gauche sociétale est gênante, et appuie là où ça fait mal, elle est « populiste »...

     

    Affiche prise sur le site "DVDclassik"

     

    Ci-dessous la bande-annonce de "Conversation secrète" pour ceux qui s'étonnent encore du programme "Prism" autre moyen de délation et de surveillance...