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  • Fragments d'un journal en Palestine 16 – Rencontre avec une israélienne patriote ardente, poète sensible, peintre de l'absurde et naturellement complexe, Niki Vered Bar

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    Le site de Niki

     

    politique, Israël, société, religions, christianisme, mon journal en terre sainteJ'ai rencontré Niki à l'accueil de l'Hôpital Saint Louis à Jérusalem où j'allais souvent pour ramener en catimini des cigarettes et autres cigarillos libanais à Marc, coopérant en ce lieu à qui sa femme interdisait théoriquement de fumer. Comme beaucoup d'israéliens, Niki devait avoir un deuxième travail pour vivre et se loger. Comme la plupart de ces compatriotes, et comme les palestiniens, elle était d'une sensibilité à fleur de peau, qu'elle canalisait avec talent par l'écriture et la peinture. Depuis quelques années, elle propose la création de sites et leur mise en images en Israël et en France et continue à montrer beaucoup de créativité.

     

    Celle-ci se traduisait aussi par un humour caustique réjouissant et assez tranchant, et plusieurs de nos conversations et des conversations qu'elle avait avec Marc et son épouse étaient un « ping pong » verbal à fleurets pas toujours mouchetés, surtout quand il était question de la politique israélienne, sujet sur lequel elle était intraitable, et patriote, une patriote ardente qui répondit une fois à une remarque sur les chars de « Tsahal » passant devant l'hôpital, ce qui avait le mérite de la clarté :

     

    « Les chiens aboient la caravane passe ».

     

    Un soir je vis une grosse bosse à la ceinture sous un des amples pull-over qu'elle aimait revêtir les soirs d'hiver, où il ne fait pas si chaud dans la « ville des villes ». Je ne lui demandais pas ce que c'était mais Marc me le dit, Niki, qui était aussi auxiliaire civique de police, portait quasiment en permanence sur elle un « automatique » chargé, au cas où....

    Après avoir lu un exemplaire de ma gazette « le Clairon de Sainte Anne », où je faisais quelques remarques ironiques sur le quotidien des policiers israéliens, elle me fit un avertissement sibyllin sur le fait que cela pouvait me valoir d'être interrogé par la police, et expulsé.

     

    Ce fut elle aussi qui me trouva mon surnom parmi les coopérants et volontaires français qui me resta jusqu'au bout des deux ans : « Boule de suif ».

     

    Elle fit son « Aliyah » en 1971, arrivant de Strasbourg où elle s'appelait Nicole, étudiant à l'Académie des Beaux Arts de la Ville Sainte des juifs, des chrétiens et des musulmans et s'y installant. Elle peint des toiles qui sont souvent des portraits de personnages qui évoquent Tomi Ungerer, en plus doux, et écrit des livres, comme le roman paru en 1999 « les escargots sauvages » (aux éditions Libraires-Racine) qui rappellent des chroniques de Vialatte qui aurait subi l'influence de Kafka, adorant jouer avec les mots, ayant la passion de la littérature et de l'écriture.

     

    Je lui dois d'avoir pu continuer à lire et découvrir aussi de nouveaux auteurs, de nouveaux horizons pendant ces deux ans. Je lui dois aussi la découverte du quartier des artistes à Jérusalem, dont un luthier extraordinaire prèsla rue Ben Yehuda, et aussi à Ein Karem. Elle était également très amie avec Amos Gitaï et des comédiens israéliens de milieux donc très libéraux sur le plan politique et religieux. Rien n'étant simple, rappelons que Ein Karem n'était pas une terre vide, que pour bâtir ce charmant petit quartier excentré d'artistes avec ses cafés tellement pittoresques, il fallut détruire quelques petits villages palestiniens.

     

    Habiter à Jérusalem pour un israélien n'est pas une décision prise au hasard, c'est un choix de vie profond qui engage l'âme et le cœur, l'esprit et les entrailles, car la ville n'est pas des plus agréables ni des plus accueillantes. La tension, même lors de la période où j'y ai vécu, qui était particulièrement apaisée comparée aux deux « Intifadahs », y était palpable, et parfois insupportable pour des personnes se rendant dans cette ville chargée de symboles, d'histoires et de querelles.

     

    Habiter Jérusalem pour un israélien c'est être convaincu que cette ville appartient d'abord et avant tout au peuple juif, même si cette conviction n'exclut pas le partage éventuel de son patrimoine perçu d'un point de vue qui tenait parfois d'un certain messianisme de ce peuple, « lumière des nations », peuple élu guidant les autres peuples vers la compréhension et la paix, l'équité et la justice.

     

    Cependant Niki était également très consciente des questions liées aux droits de l'homme et à la préservation des cultures ou des peuples traditionnels étant également membre de l'UNESCO depuis 1981 et d'« Amnesty International ». A nos yeux, aux miens, cela peut sembler incompatible avec son patriotisme très accentué, et légitime, aux siens cela ne l'était pas.

     

    En bons occidentaux, nous eûmes parfois des discours un rien lénifiants à lui répondre, de ces discours plus ou moins néo-colonialistes où les européens se mêlent de faire la morale aux autres, méconnaissant le plus souvent totalement les sujets qu'ils abordent, comme ce que l'on peut entendre actuellement sur la Syrie, où ce ne sont que 10% des syriens qui soutiennent réellement les « rebelles » qui sont d'abord et avant tout un agrégat de groupes fondamentalistes.

     

    Je crois que cela s'expliquait par cette idée un rien messianique de l'ensemble de son peuple, le tout étant que les autres peuples comprennent, même par la force, ce rôle central et bénéfique, légitimé selon elle, comme beaucoup d'israéliens, par les souffrances effectivement incontestables et dramatiques vécues par les juifs de par la Shoah, dont Niki défendait farouchement la mémoire nous encourageant vivement, ce que nous fîmes, à aller à « Yad Vashem ».

     

    Selon elle, et là encore partageant le point de vue de nombreux de ses compatriotes, des américains pentecôtistes et des catholiques des communautés charismatiques, la construction d'un pays moderne comme Israël était un exemple de redressement extraordinaire de tout un peuple, qui n'avait plus besoin des autres pour se protéger, les autres nations ayant été jugées plus ou moins indifférentes au sort des juifs pendant l'Holocauste, voire hostiles, comme en Pologne, ce qui hélas exact, ou s'étant dans leur ensemble gravement compromis avec les nazis. C'était oublier qu'il y eut aussi des « Justes » et que même lors de la rafle « du Vel d'Hiv », il y eut des policiers pour prévenir de nombreuses familles la veille de fuir, ce que certaines d'ailleurs ne firent pas étant convaincues que la police française n'arriverait jamais à de telles extrémités.

     

    politique, Israël, société, religions, christianisme, mon journal en terre sainteNiki, pour ces raison, ne comprenait pas que l'ambassade de France soit à Tel Aviv et non à Jérusalem, ne comprenait pas qu'il y ait deux célébrations du 14 Juillet pour les francophones : une à Sainte Anne, pour les palestiniens et les expatriés plutôt favorables à la cause de la Palestine, et une au Consulat de France pour les israéliens et les expatriés ayant des sympathies plus du côté hébreu. Nous assistions quant à nous aux deux journées, certes avouons le pas vraiment par volonté de rester neutres mais pour avoir deux occasions de boire du champagne autrement meilleur que le champagne israélien, plus proche du « prosciutto » italien, vin de dessert certes de temps à autre sympathique.

     

    Elle avait également une pratique religieuse plus laïque et apparemment moins intransigeante que les « ultras » du quartier ultra-orthodoxe. Ainsi, elle allait aux offices non pas du « Kotel », le « Mur des Lamentations », qui est un lieu de culte des « ultras », mais à la Grande Synagogue de Jérusalem où l'on peu trouver des femmes rabbins. Elle nous invita même à célébrer « Hanukah » avec elle et quelques amis. Cependant, cela ne signifiait absolument pas qu'elle était plus laxiste sur la question des prescriptions « kascher », comme des amis qui gardaient son appartement purent s'en apercevoir, ceux-ci commettant une négligence à ses yeux en mélangeant des couverts, donc non « purifiés » leur appartenant aux siens.

     

    Pour ses conceptions très pures, idéales et droites, de son peuple, de sa foi, de son art, elle était infiniment respectée par Zidane, que j'ai évoqué plus avant, qui trouvait qu'elle avait de l'honneur à défendre avec une telle constance ses convictions bien différemment des occidentaux qui endormis dans leur confort matériel et intellectuel sont dans leur grande majorité à la fois cyniques, désabusés et surtout soucieux de préserver ce confort tout en jouissant au maximum des quelques privilèges dont ils disposent encore un peu.

     

    Niki portait ses convictions avec la même flamme que la plupart des israéliens, raison pour laquelle on ne peut pas affirmer que Israël est tout à fait un morceau d'Occident implanté en plein milieu du Proche Orient. Même aux yeux d'un militant palestinien comme Zidane, la présence du peuple juif en Palestine avait du sens sauf que lui inversait le point de vue accordant aux musulmans ce rôle de Messie collectif.

     

     

    Cette complexité des motivations des individus israéliens ou palestiniens les pro-sionistes autistes et les anti-sionistes délirants ne la comprennent pas, ne veulent pas la comprendre, préférant jeter de l'huile sur le feu ou jouer à la guerre civile par personnes interposées, le pire étant qu'à Jérusalem parmi les plus acharnés de ces militants d'un bord ou de l'autre on trouvait aussi parfois des religieux, certains allant jusqu'à justifier la haine.


    image de Yad Vashem prise sur "le web pédagogique"


    image du quartier "Ouest" de Jérusalem pris sur le blog de "visceraoul"

  • être adapté à une société malade

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    société, inadapté, politiquePour une fois je vais citer un genre de gourou, mais il est tout à fait pertinent...

    "Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade"

    Jiddu Krishnamurti

    Nous sommes une société d'individus malades qui se jettent volontairement dans l'abîme pour conserver ne fût-ce qu'un petit peu de confort matériel, nous soumettant pour cela avec enthousiasme aux pires diktats, certains devenant littéralement fous de ne pas être comme tout le monde. Nous sommes comme le type de l'histoire, qui tombe d'un immeuble et qui devant chaque étage dit que "jusqu'ici tout va bien".

    Nous sommes terrifiés par notre libre arbitre et notre humanité.

    Nous sommes terrifiés par son imperfection, nous voulons que d'autres décident pour nous, nous sommes constamment infantilisés.

    Un gourou pour les puissants, Jacques Attali, nous affirme que nous devons perdre notre humanité, que nous devons perdre nos sentiments, et nous l'écoutons encore.

    Il serait temps que ça change...

  • Des faux-semblants et des leurres dans les chœurs de vierges

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    société, cynisme, méchant, leurres, christianismeIl y a deux jours, j'étais à une soirée avec des proches. C'était une mini-kermesse ma foi très sympathique animée par un jeune homme bien fait de sa personne, prêtre de surcroît, ayant derrière lui une cour de jeunes et moins jeunes femmes plus ou moins féminines, un chœur de vierges riant ou plutôt hennissant à la moindre de ses blagues, même les moins drôles, applaudissant la moindre de ses constatations comme géniales, forcément, et feignant même d'écraser une larme quand il cherchait à susciter l'émotion.

     

    Il les a ensuite fait danser, ainsi que les enfants présents, qui ont adoré ça, autour d'un feu de camp il est vrai magnifique.

     

    Ce jeune homme, ancien artiste, qui en a gardé un goût certain pour la scène, et qui a donc maintenant charge d'âmes, est réputé tellement dynamique, tellement sympathique par ce chœur en particulier qui l'entoure de petits soins, d'attentions parfois un peu lourdes, mais toujours selon des bonnes intentions un peu candides. Ces « fans » rient parfois un peu plus fortement, de manière un peu plus aiguë à ses plaisanteries, signalant que leur enthousiasme mystique ou pour l'art de leur objet de vénération est aussi et surtout une forme de sublimation de leurs frustrations et de leurs désirs.

     

    On me rétorquera, pourquoi les blâmer forcément de vouloir embellir leur existence ? Pourquoi les blâmer de ne pas vouloir être malheureuses en ressassant leurs manques ?

    Mais plutôt que ce genre de sublimation, elles ont aussi la capacité de s'accepter telles qu'elles sont et d'essayer d'accepter leur vie telle qu'elle est avec ses joies et ses peines.

     

    Je précise que ce n'est d'ailleurs pas lui que j'attaque, car il fait somme toute du bien mais les leurres et les faux-semblants qu'il me semble voir dans le comportement de ses admiratrices qui se fichent bien au fond de ce que dit leur objet de fascination, ce qui est dommage car ce qu'il dit et conseille est fort juste.

     

    J'ai songé alors à ce que dit Solal à Ariane dans « Belle du Seigneur » sur l'idée que s'il avait en travers du visage une cicatrice de 30 centimètres elle l'aimerait sans doute beaucoup moins voire pas du tout et ce malgré ses dénégations véhémentes. Cela m'a rappelé également une nouvelle de genre fantastique de Roal Dahl, dans « Bizarre, bizarre » dans laquelle un jeune homme, pasteur, réputé aussi sympathique pour les mêmes particularités, et également d'un physique agréable, et ayant lui aussi charge d'âmes, finit dévoré par son « chœur des vierges » qui l'a ainsi tout à lui (Roal Dahl, comme Solal, passera pour cette histoire, tout comme moi je suppose, pour un cynique, un affreux personnage certainement jaloux).

     

    Je me suis donc demandé ce que serait l'enthousiasme de ce « chœur des vierges » si ce jeune homme eût été moins beau, moins à l'aise devant un public ? Je me demande ce qu'il serait s'il était moins éloquent mais aussi profond ?


    Il est à peu près certains qu'il aurait beaucoup moins de monde à rire, applaudir et s'extasier complaisamment à chacune de ses interventions. La seule chose que je constate d'emblée aux « fruits » de cette enthousiasme, de cette joie qui devrait pourtant être contagieuse, est que la seule personne qui m'ait parlé gentiment et naturellement à cette soirée, qui m'ait vraiment accueilli sans avoir besoin pour cela de grands et beaux discours forçant les larmes, est un petit garçon sans complexes, pas un petit garçon de « livres d'images », sans défauts ni bêtises amusantes à faire, non un vrai gosse de la vraie vie.

     

     

    Par contre il n'y eut personne parmi les « aficionados » de ce jeune homme à accueillir aussi bien. Est-ce étrange ? Je me suis rappelé aussi de ce pauvre curé d'Ambricourt, qui n'est pas une figure triomphante, qui ne plaît pas car il va contre les hypocrisies du monde, qui finit par mourir presque tout seul, et qui pourtant est beaucoup plus proche du Christ par sa pauvreté, spirituelle et matérielle, que bien des jeunes hommes qui ont parfois la tentation du "gourou".  

     

    illustration prise sur cet excellent blog très intéressant

  • Fragments d'un journal en Palestine 15 – Histoire du vieux filou

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    mon journal en terre sainte, palestine, israèl, société, guerre, violence, religionsDans mon quartier à Jérusalem, non loin de Sainte Anne, habitait un vieux filou sympathique, qui travaillait aussi pour les « Pères Blancs », Abu Lutfi. C'était une figure de la « Vieille Ville », c'était aussi un vieux filou qui devait savoir parfaitement comment embobiner les uns et les autres avec cet humour et cette conception un peu sucrée de la politesse orientale qui fait qu'on peut se faire plumer très rapidement et y prendre plaisir, que l'on prend vingt minutes pour se dire « bonjour » ce qui n'empêche pas de traiter l'autre de divers noms d'oiseaux une fois qu'il a le dos tourné ou qu'ils ne peut plus entendre.

     

    On ne pouvait lui donner d'âge. A partir d'un certain moment, les vieux en Palestine sont tous des vieillards immémoriaux, des gardiens de mémoire, ils ont tous ce visage tanné par le soleil, ridé comme une vieille pomme. Néanmoins il devait avoir une petite « soixantaine », alerte.

     

    Il connaissait tout le monde, des gosses aux occidentaux, en passant par les policiers israéliens. Il avait la voix rocailleuse du type qui fume trop depuis toujours et qui s'en fiche car cela ne l'empêchait pas de vieillir en forme.

     

    Les jours de Ramadan, il tenait le jeûne deux heures et ouvrait vite une bière après s'être allumé un clope en rigolant, et en prétendant que devant un chrétien comme moi il avait le droit, le tout malgré la désapprobation sévère de ses filles et de sa femme, sur lesquelles il avait peu d'autorité, et de un ou deux employés de Sainte Anne meilleurs musulmans que lui à les entendre, voire des religieuses autrichiennes qui assuraient le service de la maison, linge et repas, pour qui j'étais un de ces jeunes français dévoyés et indisciplinés, une sorte de « libre penseur » qui allait corrompre l'ensemble de la mais, ce qu'elles n'appréciaient guère à une ou deux exceptions, dont une des plus jeunes, qui était à la cuisine qui soignait mes moments de déprime avec un gentil sourire par de la pâtisserie de sa confection qu'elle me faisait passer en douce.

     

    Elle était toute ronde, et rose, des lunettes également rondes posées sur un petit nez en trompette et les joues constellées de tâches de rousseur.

    Elle aurait été à sa place dans une bonbonnière. C'était la petite sœur de Gourmandinet le page gourmand d'un conte de la comtesse de Ségur qui le fait ensuite mourir d'une mort horrible pour le punir de sa gourmandise, la vieille bique.

     

    L'une d'elles, systématiquement, lorsqu'elle et ses consœurs faisait le ménage dans le bâtiment où je logeais, où j'étais seul la moitié de l'année, coupait la petite chaudière à eau chaude alimentant ma douche, prétendant bien sûr à chaque fois l'avoir fait inopinément, sans y penser, ne pas l'avoir fait exprès, sans aucune mesquinerie.

     

    Elles faisaient leurs courses par principe du côté israélien, alors qu'habitant le côté palestinien de la ville, pour la plupart d'entre elles les arabes étaient soit des voleurs, soit des escrocs en puissance, on ne pouvait leur faire confiance. Lors des révélations sur le chancelier Haider, elles invoquèrent un complot, de quelle nature, elles ne le dirent pas, mais n'en pensaient pas moins. Lorsque quelqu'un leur demandait de préciser, elles rappelèrent que nous étions en Israël, et certainement écoutés, et que ce qu'elles pourraient dire pourrait être mal pris.

     

    Le jour de Pâques 2000, alors qu'avec un ami, nous étions censés cuire un agneau entier, acheté dans le souk « sur pattes », ayant tous les deux protestés tous les deux de nos fabuleuses compétences supposées en cuisson artisanale de la viande, Abu Lutfi nous voyant de sa fenêtre dans la cour de Sainte Anne essayant désespérément d'entretenir des braises depuis 7 heures du matin, nous prit en pitié après s'être gentiment payés nos têtes et nous aida à mettre le « méchoui » en route. Depuis, d'ailleurs, nos prétentions sont devenus réellement légitimes. Malgré les réticences des jeunes personnes de la Communauté de l'Emmanuel qui organisaient ce repas de Pâques, nous l'invitâmes bien sûr au repas s'il le souhaitait, voire au moins à partager le dessert ou un café.

     

    Abu Lutfi ne se souciait pas vraiment de politique. Tout ce qu'il voulait, c'était vivre en paix, et pouvoir faire vivre sa famille le plus longtemps possible. Il ne nourrissait pas une grande affection pour les israéliens mais de là à s'engager au Hamas ou dans un autre parti, il y avait loin. Pour lui c'était des politiciens qui voulaient absolument le pouvoir et seulement le pouvoir. Il s'en méfiait comme de la peste, et souriait, goguenard, quand il entendait Zidane, le gardien de l'entrée évoqué juste avant dans ce journal, se lancer dans des discours enflammés, mais le pardonnait de sa naïveté et mettait cela sur le compte de sa jeunesse et de son inexpérience.

     

    Et puis un jour, un de ses fils grilla un feu rouge, ce qui est monnaie courante en Palestine où la seule règle importante dans le code de la route, la seule à vraiment retenir, est qu'il y a ceux qui vont dans un sens et ceux qui vont dans l'autre, et que ceux qui vont dans l'autre sens sont des ennemis qu'il faut contraindre à reculer ou à se pousser quand ils gênent avec forces coups de klaxon et injures diverses et variées. Pour cette infraction, le jeune homme fût jeté en prison après avoir été trainé par deux militaires des services « spéciaux » à béret rouge.

     


    mon journal en terre sainte, palestine, israèl, société, guerre, violence, religionsCandidement, Abu Lutfi crut qu'il pouvait aller voir les policiers et ces militaires avec qui il rigolait souvent dans la rue, qui semblaient l'apprécier, pour plaider la cause de son rejeton dont il blâma le comportement imprudent en voiture, se demandant si au fond ce n'était pas la faute de son garçon qui aurait peut-être mal répondu à un des soldats, ce qui ne se faisait pas pour Abu Lutfi car c'était dangereux ceux-ci ayant la gâchette facile. Il se disait que ce serait l'affaire d'une minute.

     

    Notons que lorsque je m'inquiétais de la disproportion de la peine quant au « délit » commis, un jeune israélien de ma connaissance, s'affirmant pourtant conscient et ouvert aux problèmes des palestiniens, me dit sans rire que « oui mais c'est grave de griller un feu rouge, comme en France ».

    Les deux gosses à peine âgés d'une vingtaine d'années lui répondirent avec mépris, sans aucun égard pour son âge ainsi qu'il est d'usage dans ces régions du monde, lui indiquant de dégager plus loin, qu'ils aimaient bien blaguer avec lui mais qu'il ne fallait tout de même pas se prendre pour quelqu'un d'important. Le vieil homme ne se démonta pas, il savait que ce n'était que des gamins, ce n'était pas si grave et revint à la charge, l'un des militaires le repoussa alors de la main après lui avoir donné une petite tape condescendante sur l'épaule accompagné d'un conseil dédaigneux : « Rentre chez toi Papy ».

     

    Abu Lutfi, à qui cela n'arrivait jamais, se mit en colère, et dit tout ce qu'il avait sur le cœur aux deux jeunes crétins, il leur dit leur arrogance, leur incapacité à faire l'effort d'apprendre ne serait-ce que quelques mots d'arabe, à se comporter d'abord et avant tout en colons, à ne même pas essayer de vivre en paix, en bonne entente. Il leur dit combien ils étaient incorrects avec lui. Il leur rappela qu'à un vieil homme comme lui il devait au moins le respect, qu'il était seulement un père qui venait défendre son fils pour qui il s'inquiétait.

     

    Pour lui répondre, un des « béret rouge » a pointé son « M16 » sur la tête d'Abu Lutfi et l'a obligé à se mettre à genoux le canon de son arme sur sa nuque, ordonnant au vieux filou de croiser les mains au-dessus de la tête, « on ne sait jamais, il pouvait être dangereux ». Pour faire bonne mesure, le deuxième donna un coup de pied dans les côtes au vieil homme qui eut du mal à retrouver son souffle. Il ne fallait pas pousser trop la plaisanterie cependant, ne pas trop exagérer se dirent-ils. Ils se contentèrent de vérifier ses papiers, s'ils étaient en règle dont l'autorisation de sortir de la « Vieille Ville ». Ils s'arrêtèrent là sachant qu'Abu Lutfi travaillait sur un territoire avec statut d'ambassade et qu'ils ne pouvaient pas se permettre de le mettre lui aussi en prison.

     

    Abu Lutfi est resté cloitré chez lui quelques jours, attendant son fils, qui finit par sortir. Il continuait à rire, à blaguer avec tout le monde, mais son regard était beaucoup plus triste et le cœur n'y était plus. Et progressivement, lentement mais sûrement il montra plus de sympathie pour les groupes radicaux. Les guerres ne naissent pas autrement que cela, les pires. Et la haine.


    illustrations, deux photos du quartier autour de Sainte Anne et autour de la piscine de Béthesda

    image du haut prise ici

    image du bas prise là

  • "Respect des différences mon cul" dit Zazie

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    handicap.pngOn n'a jamais autant parlé actuellement du respect des différences, il n'a jamais autant été question des personnes hors-normes, et après « Intouchables », c'est avec des sanglots hypocrites dans la voix (des larmes de crocodiles) que tous ont évoqué le sort douloureux des handicapés, mais dans les faits ce qui domine c'est l'apparence, d'abord l'apparence et encore l'apparence, l'ostentation sociale avec ses signes matériels quasiment obligatoires, et rien d'autres, et ce dans tous les milieux, malgré toutes les déclarations lénifiantes diverses et variées, dont celles fleurissant en statuts larmoyants sur les réseaux dits sociaux.

     

    J'en veux pour preuve ce que je vis quotidiennement depuis des années, car concernant les handicaps liés à l'apparence et aux standards physiques je cumule, sans parler de ma manière de percevoir l'existence, ce qui m'a blessé pendant des années car je croyais que c'était de ma faute et qui maintenant ne me touche plus vraiment.

     

    J'ai un « vitiligo » : un champignon parasite, une bactérie, ou une réaction violente à un traumatisme, on ne sait pas trop, mais progressivement ma mélanine disparaît et ainsi ma pigmentation de peau, ce qui se voit un peu plus l'été quand je bronze. J'ai l'œil gauche qui ne voit pas ce qui fait que quand je regarde quelqu'un en face, cela se perçoit autrement que pour les autres personnes. J'ai pesé, il y a trois ans, jusqu'à 155 kilos, et même si j'en ai perdu soixante, mon corps inspire plus envie que pitié, conservant des rondeurs voluptueuses ainsi que l'avait affirmé une amie. En plus je suis plutôt petit. J'ai également une légère difficulté pour marcher et un périmètre crânien important.

     

    Mais je te rassure ami lecteur, ce n'est pas encore suffisant pour que l'on puisse me montrer dans les foires...

     

    Le regard de la société et les blessures subies de par ce regard généralement sans bienveillance n'ont fait qu'exacerber ma sensibilité déjà grande aux sottises environnantes. Pour me protéger certainement, j'ai développé une tendance à la causticité, et à la misanthropie, devenant acerbe jusqu'à l'arrogance parfois. Et paradoxalement, tout ce temps, je m'en voulais d'être à la fois caustique et de paraître misanthrope étant persuadé que ce regard manquant de bienveillance me concernant était de ma faute, n'était dû qu'à ma trop grande sensibilité.

     

    J'ai compris somme toute depuis peu que ce qui gêne les autres chez moi, ce n'est pas tant ma personnalité que mon apparence et les quelques handicaps, légers mais suffisants pour me rejeter, dont je souffre. Combien de fois ais-je entendu alors que j'entre quelque part la conversation dévier sur les régimes, sur le sport ? Combien de fois m'a-t-on demandé si mon vitiligo était contagieux, si ce n'était pas le SIDA ? Combien de fois certains se sont émus de ma « grosse » tête ?

    Ayant compris cela, je me suis dit : « ce n'était que ça donc ? ».

     

    Et ce n'était que ça dans tous les milieux encore une fois, y compris ceux où l'on ne s'attendrait pas à rencontrer ce genre de réflexes de rejet...

     

     

    Voilà qui ne va pas améliorer ma tendance à l'ironie et à un léger cynisme, ou me convaincre de renoncer à ma totale absence d'illusions sur la somptueuse dégueulasserie, quand on le laisse se défouler, quand on le laisse sans obligations envers son prochain, quand on lui retirer ses idéaux, de l'esprit du pitoyable primate dit « homo sapiens ».


    Et au fond les plus handicapés ne sont pas  ceux que l'on croit...


    image excellente de Margerin prise ici

  • Hommage à Richard Matheson

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    littérature, SF, cinémaR.I.P Richard Matheson auteur de nouvelles et romans de genre parmi les meilleurs...

    Un recueil que je relirai, "la touche finale" chez "J'ai lu"

    "Une petite boîte munie d'un bouton a été déposée sur votre seuil, une poupée indienne dénichée chez un brocanteur vous paraît le cadeau d'anniversaire idéal pour un ami passionné d'anthropologie, une mouche vous importune, un poids lourd se traîne devant votre voiture... Rien de plus banal, et pourtant... vous voilà au seuil du cauchemar ! "

    Des monstres inommables sont cachés derrière l'écran de télé, une mouche révèle un complot, le comportement bizarre de votre femme enceinte est peut-être dû à un martien, un camion essaie de vous précipiter dans un ravin, une maison veut vous tuer. Un gamin trimballe quelque chose qui fait un bruit étrange dans une boîte. Les idées de Matheson sont toujours très simples et très bien ficelées. La forme en est souvent originale comme dans la nouvelle "Derrière l'Écran", se présentant comme un rapport de police.

    Rappelons que "Duel" est une de ces histoires tout comme de nombreux épisodes de "Twillight Zone"

  • Deux « Goupi Main-rouge » issus de la diversité (TM°)

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    paris.jpgLe 19 Juin est sorti « Né quelque part » de Mohamed Hamidi et le 17 Juillet sortira « Paris à tout prix » de Reem Kherici, deux réalisateurs « issus de la diversité » (TM°) et encensés par la « bonne » presse. Ces deux films ont en commun d'être tous deux exactement dans le même esprit, avec quelques variantes communautaristes, du cinéma exaltant les vertus de la terre qui ne ment pas, les valeurs rurales solides éloignées de celles des villes qui corrompent, la pseudo simplicité des gens simples tous angéliques donc. Le discours qui tient lieu de fond et de « message » à ces deux lons métrages serait considéré comme parfaitement insupportable et inaudible s'il racontait l'histoire de jeunes français redécouvrant leurs racines chez leurs aînés dans une province fantasmée.

     

    Dans « Né quelque part » et dans « Paris à tout prix », ce n'est pas la province ou la campagne, ou des paysans imaginaires, qui sont idéalisés, mais l'Algérie et le Maroc, pays d'origine des deux personnages principaux qui s'y retrouvent par un concours de circonstances qui pour eux s'avéreront heureux avec l'aide des « deus ex machina » des scénaristes qui ont un message drôlement humaniste à faire passer. Dans le premier, un jeune homme qui n'y a jamais mis les pieds va s'occuper de la maison de son père, dans le deuxième une jeune femme qui vient de décrocher un CDI dans la mode est obligée de repartir au Maroc car elle était en fait « sans-papiers », ce que ses parents ne lui avaient pas dit.

     

    ne-quelque-part-affiche-516d3fd8aa00f.jpgBien entendu dans la vie, je doute qu'une jeune femme bien intégrée comme le personnage, s'apprêtant à décrocher un gros contrat, pas une « précaire » donc subisse ce sort mais passons.

     

    Dans les deux histoires, les deux héros redécouvrent la simplicité tellement plus vraie et plus authentique de leur terre « qui ne ment pas », tellement plus solide que celles des français qui sont tous d'horribles salauds superficiels ou des racistes à la petite semaine, tous corrompus par de fausses valeurs, et tellement plus compliqués. En gros, les « vraies » valeurs sont dans le film d'Hamidi et dans celui de Kherici dans leurs pays et leur culture d'origine respectifs, et non en France où toute intégration, toute assimilation, partage de valeurs communes, n'est pas possible puisque de toute façons elles sont en bloc rances et pourries en somme.

     

    Ce que disent ces deux films, c'est que c'est bien de vivre en France pour des immigrés de deuxième, troisième ou quatrième génération, mais à condition de pouvoir respecter les traditions du pays d'origine comme on le souhaite, des traditions forcément meilleures car tellement plus « simples » et plus « authentiques », que se mettre en ménage avec une française ou un français c'est bien, mais que c'est plus « authentique », plus « vrai » avec quelqu'un de même culture, et qu'être français ce n'est pas partager une culture ou des idéaux communs, ou alors simplement un minimum utile qui tient plus des valeurs bêbêtes d'une pub pour jambon sous vide ou « protège slips ».

     

    Dans « Né quelque part », le jeune homme sera plus fort après avoir retrouvé ses « vraies » racines, et donc plus à même de les imposer, dans « Paris à tout prix », la jeune femme abandonnera son maquillage et sa superficialité, la corruption induite par la France et l'Occident, et elle aussi redécouvrira les « vraies » valeurs des « vraigens » selon sa culture et les traditions de sa communauté.

     

    Alors bien sûr, ni Mohamed Hamidi ni Reem Kherici ne sont des fanatiques ou des soutiens des « barbus », leurs films procèdent de « bonnes » intentions un rien larmoyantes et bêtasses que l'on trouve également chez d'autres. Mais les deux histoires et ce qu'elles disent du ressenti des « rebeus » de troisième ou quatrième génération en dit long sur l'échec total de l'angélisme quant à la diversité. Ils ne se sentent français qu'à condition de pouvoir respecter leurs traditions et cultures propres, ils ne se sentent français qu'à condition de ne partager en somme qu'un minimum de choses pour devenir citoyen, ce qui tient aussi du comportement habituel de « citoyen consommateur » qu'ont les français « souchiens », ne choisir que ce qui arrange, ne pas prendre ce qui implique des devoirs envers les autres.


    Affiche de "Paris à tout prix" prise ici

    Affiche de "Né quelque part" pris ici

    les deux bande annonces ci-dessous

  • Ode à Eduardo Rihan-Cypel (ou "Quel "Stéphane Guillon" cet Eduardo !")

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    x240-ay0.jpgHier soir sur « BFMtv » (TM°) et ensuite sur « I-Télé » (TM°) j'ai regardé un petit roquet PS, un certain Éduardo Rihan dans un échange de haute volée avec Gilber Collard et Geoffroy Didier, ce garçon tellement bien élevé et si sensible, mon Eduardo que des mauvais esprits auraient qualifié d'arrogant, et d'agressif bien à tort et ne sachant que répéter en boucle sa vulgate idéologique montrant qu'il n'a rien compris à la montée du Front National qui a largement crevé hier le « plafond de verre » malgré la défaite de son candidat de Villeneuve sur Lot, plafond qu'il ne réussissait pas à dépasser depuis des années.

     

    Beaucoup comme mon Éduardo, mais ce doit être par grandeur d'âme et non par aveuglement idéologique. s'en réfèrent encore au refrain célèbre et éculé des « z-heures les plus sombres de notre histoire », de l'anti-républicanisme supposé du FN, en appellent à la lutte anti-fââchiiste comme la bonne dame qui scandait « Nopassarane » (à 0.24 de cette vidéo) à la mairie de Villeneuve sur Lot dimanche soir dernier, bonne dame ne comprenant pas qu'elle ne changera strictement rien au phénomène ainsi mais elle aussi c'est sûrement par grandeur d'âme.

     

    Des mauvais esprits ont dit que cet Édouard était quand même un sacré « Stéphane Guillon » (TM°), que ce n'était pas possible, à être aussi méprisant et dédaigneux, selon eux, mais ils voient le mal partout, il devait forcément être un « sous-marin » de Marine Le Pen. Alors qu'il refusait d'échanger avec Florian Philippot, ce que Bernard Debré fut capable de faire dimanche dernier lors du premier tour, en exposant calmement des arguments, les mêmes méchantes âmes auraient pu prétendre qu'Eduardo montra avec Geoffroy Didier toute l'étendue de la connivence, de la collusion et du copinage par contre bien réels qu'il y a entre les deux « grands » partis jouant une comédie d'affrontement qui n'avait même pas l'avantage d'être drôle : sur l'Europe, sur les solutions économiques, sur la mondialisation ils sont au fond d'accord...

     

    Il faut quand même vraiment être un fichu « Stéphane Guillon » (TM°) pour ne pas essayer au moins de comprendre pourquoi les électeurs votent Front National, que ce n'est pas seulement dû aux « affaires », nombreuses à droite et à gauche, une par semaine depuis déjà quelques temps, que ce n'est pas seulement dû à la « peur de l'étranger et de la diversité » pour employer la formule consacrée, mais aussi aux « deux poids deux mesures » dans le traitement des incivilités, que l'absence de volonté réelle d'intégration de nombreux responsables musulmans est -hélas, trois fois hélas- marquée.

     

    C'est dû également à l'absence de travail sur le terrain, à l'ignorance de la proximité des électeurs, à la déconnexion totale d'avec le pays réel, à un déni de réalité de ce que l'Union Européenne hyper-libérale a eu pour conséquences pour ceux qui étaient déjà en voie de précarisation. Au contraire, on nous dit qu'il nous fait encore plus d'Europe, que c'est parce qu'il n'y en a pas assez qu'il y a ce vote FN. On me dira il y a des vrais « Stéphane Guillon » (TM°) qui n'ont pas inventé le fil à couper le beurre qui se débarrassentt de toute réflexion sur ce sujet en cataloguant ces électeurs et ceux qu'ils élisent comme forcément « fââchiiistes » ce qui évite de réfléchir sur les solutions qui pacifieraient la situation plus intelligemment, et de s'en frotter les mains...

     

    Sauf que maintenant, il est bien trop tard, tellement tard.

     

    société, télévision, politique UMP, PS, FN, Villeneuve sur lot, espèce de Stéphane GuillonCertains de ses fichus « Stéphane Guillon » (TM°) de mes deux sont parfois amusants malgré tout par leur sottise crasse et leur dogmatisme qui les pousse à des absurdités, ainsi celui qui a apostrophé Hervé Mariton sur son supposé catholicisme conservateur, ainsi cette philosophe « citoyenne », Mariton s'opposant au « Mariage pour tous », et celui-ci leur rappelant qu'il est de confession juive.

     

     

    Ce mépris pour les électeurs qui ne lisent pas la « bonne presse » et ne votent pas dans les clous, qui osent contester l'Union Européenne ultra-libérale, qui ne voient pas un progrès notable dans une loi sociétale édictée pour satisfaire quelques bourgeois libéraux libertaires, je l'ai perçu hier soir en allant jeter un coup d'oeil à un « concert » de « reggae citoyen » (Ne me demandez pas en quoi ça consiste) donné dans le centre-ville d'Évreux, rassemblant deux bobos ruraux trois notables, sonorisant bruyamment tout le quartier, sans que personne ait jugé bon de prévenir les habitants, forcément tous « d'affreux bourgeois réactionnaires pleins de fric » ainsi que les désigna un des responsables de la « sono » (quadra à calvitie et queue de cheval) qui traita de « fââchiiste » pour faire bonne mesure une de ces personnes qui était allé demander de juste baisser un peu les hauts-parleurs et de songer à tous ceux qui n'étaient pas encore en vacances quant à eux... 


    image du haut prise ici

    image d'Eduardo prise là

  • Positivons pour la Fête de la Musique !

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    musique,bruit,boucan,tapage,politique,sociétéA Évreux, je suis verni comme tous les habitants du centre-ville imposables. La frénésie des fêtes organisées gràce à nos contributions montrent clairement et concrètement que celles-ci sont donc bien employées. A-t-on réellement besoin de refaire les chaussées ou les trottoirs, ce qui encourage certes les gens à marcher, à faire du "trek" en pleine ville on me dira....

     

    Dans ma bonne ville j'ai donc vraiment bien de la chance, la semaine dernière, en centre-ville, il y avait l'anniversaire des trente ans du « Rock dans tous ses états » (chouette c'est dans dix jours que ça commence), le festival du drogué bourgeois et du rebelle mondain le plus important de France, et quelques dizaines de groupes amateurs ont défilé sur la scène mise en place à leur intention sur un parking derrière l'hotel de ville :

    du Rap rebelle (t'ââs vu?) (les chanteurs, si j'ose dire, avaient des cââpuches et tenaient les micros comme des « joints »), du Rock « garage » voire « grundge » (du son sursaturé, paroles super transgressives « tu voâs ») et de la « world miousique » fusionnelle (en gros du zouk avec des paroles à connotations super importantes sur le racisme qu'est pas beau, la violence qu'est pas bien etc...), le tout dans des vapeurs de foin exotique de Colombie, des indes, du Liban ou du Maroc et les effluves délicates des merguez grillées.

     

    Grâce à dieu, les réjouissances ne se sont pas arrêtées avant une heure du matin, les stands ayant été démontés fort heureusement juste après, et ce jusqu'à trois heures du matin. Après, les esprits chagrins, les critiques aigris et méchants ont pu dormir tout leur saoûl.

     

    Deux semaines auparavant, nous avions eu le bonheur de célébrer dans le centre-ville, encore une fois, la fête de la Fraternitude, pardon de la Fraternité, d'Évreux. Les baraques représentant différents pays, et leur culture, habits traditionnels et musique, voisinaient avec les scènes musicales de musiques folkilorique aussi variées que celles d'Écosse (une dizaine de joueurs de cornemuses, que des joeueurs de « tam-tam » traditionnels d'Angola, tous en tenue traditionnelle sous le ciel magnifique de Normandie, qui est célébrée dans le monde entier pour sa météo ensoleillée). Considérant l'odeur de friture qui recouvrait cette fête merveilleuse, on pouvait alors prendre conscience de l'universalité de l'homme, de son unicité, tout le monde ayant sur ses habits les mêmes parfums délicats des huiles de cuisson et du gazoil faisant tourner les groupes électrogénènes destinés à fournir de l'électricité aux différents participants à ses stands.

     

    Bien entendu les quelques pays représentés étaient quasiment tous des dictatures sanguinaires, mais il n'a jamais été question des manquements aux droits de l'homme dans ces contrées afin de ne stigmatiser personne. Et il était question de Fraternité et non de Lucidité, enfin quoi.

    Un temps pour tout...

     

    Aujourd'hui, ô joie, ô félicité, ô bonheur, c'est la « Fête de la Musique » à Évreux, populaire tout comme la « Fête des voisins » qui permet à des personnes qui ne s'adressent jamais la parole pendant l'année de vérifier les ragots et bruits de couloir qui circulent sur les uns et les autres tout en leur souriant hypocritement en partageant avec eux une part de quiche surgelée à deux euros quatre vingt dix de chez Super U (TM°), « pour le prix vous verrez c'est très bon » et de l'apéritif pétillant à la pèche à deux euros cinquante, mais « délicieux je vous assure », du même fournisseur en attendant en dessert une part de flan :

    le joyeux célibataire qui travaille dans la culture et le divertissement, forcément homo, la vieille fille du troisième, qui cache bien son jeu, c'est sûr, le jeune couple du deuxième, qui a trois enfants en bas âge qui font quand même du bruit allez, le chômeur du Rez de chaussée qui trafique c'est sûr...

     

    La « Fête de la Musique » permet au béotien moyen, au sans grade de l'esthétisme et de la culture, d 'imposer ses goûts déplorables à tout le monde pendant au moins une journée par an tout en se poussant du col et en se mettant en avant, invoquant l'authenticité de sa musique pour se faire pardonner sa nullité crasse au niveau du solfège et de l'harmonie.

     

    Alors certes le méchant misanthrope, le vilain réactionnaire qui dit du mal de ses réjouissances, de la performance d'un prof à barbe "CAMIF" et sous-pull, chantant ses textes en s'accompagnant à la guitare sèche au "métalleux" de fond de cour, doit prendre son mal en patience, à moins de péter un fusible et de monter sur une tour avec un fusil à lunettes. Le pauvre ne connait pas son malheur, il ne sera jamais festiviste, ne baignera jamais dans le confort de la foule, de l'instinct grégaire béat...


    Ah, quelle tristesse ce serait s'il pleuvait ce soir !


    image prise ici

  • Pitié pour les enfants timides...

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    société, politique, enfance, nostalgieSûr de lui, arrogant souvent, l'imbécile n'hésite pas à écraser son prochain. Il trouve cela normal de s'imposer par la coercition, en étant resté au stade du mâle alpha bagarreur, ainsi qu'il est d'usage chez les autres primates dits « supérieurs » ; à signaler que parler d'« homo sapiens » m'incite toujours à l'hilarité.

     

    L'enfant timide, parce qu'il est plus sensible sait bien qu'en agissant ainsi il peut blesser quelqu'un de plus faible, faiblesse qu'il respecte chez ceux qui ne savent pas se défendre, pour lui la violence, l'agressivité, la méchanceté sont des demies-folies qui lui répugnent depuis qu'il est est en âge de raisonner de manière un peu construite. Tout petit il se sent protégé, il n'a qu'une peur, que ceux qui l'aiment l'abandonnent, le laissent tomber, et souffrent d'une irrémédiable blessure, inguérissable, quand il pense que cela arrive.

     

    La violence de l'imbécile, du pauvre hère incapable de sentiments élevés, est par contre son atout, il n'en a pas d'autres, cela commence lui aussi dés l'enfance, qui n'est pas du tout cet âge rosâtre et facile que l'on nous vante aussi bien dans la publicité que dans les films commerciaux qui flattent les brouteurs de pop-corn, consommateurs dociles, dans leur bassesse et inappétence totale à l'esprit de finesse, qui savent très bien qu'ils n'ont jamais été ce genre d'enfants idéaux qui sont des adultes en miniature.

     

    Ils ignorent totalement l'esprit de finesse, perçu comme de la faiblesse de caractère, le signe d'un tempérament trop sensible, instable, psychiatrisé, voué aux gémonies...

    Ils ne respectent que la force brute, l'autorité du plus violent qu'eux, plus brutal, physiquement ou moralement. Ils demandent « qu'on leur en impose », admirant la force.

     

    Il n'est pas illogique d'ailleurs qu'ils ne respectent que l'esprit de géométrie, ne comprenant que le quantitatif, convaincus que seuls qui « font nombre » ont raison, que la majorité, même abrutie, l'emporte toujours sur une minorité plus fine. C'est pour eux se protéger de l'ascendant que ces groupes plus intelligents seraient susceptibles, à les en croire, de prendre sur eux. Ils se complaisent dans leur étroit confort intellectuel qu'ils appellent un peu rapidement leurs convictions.

     

    Pendant ce temps, l'enfant timide encaisse les coups qu'il rend parfois, rarement, maladroitement, de manière disproportionnée. On l'écoute enfin, mais on le regarde aussi avec horreur, comment quelqu'un d'aussi gentil peut-il être poussé à une telle colère, une telle rancœur s'étonnent son entourage qui profitent de son affectivité , de son émotivité amicale, jusqu'à l'exagération ? Il n'a pas le droit de souffrir, il n'a même pas le droit d'évoquer ce qu'il vit.

     

    Il se doit de demeurer encore et toujours docile, gentil et patient, il ne peut pas être en somme vraiment humain, un humain faillible qu'il est comme tous les autres. On lui demande d'être un ange désincarné.

    En grandissant, l'enfant timide apprend à se protéger. Il apprend à utiliser la violence, dont celle des mots, qui peut être plus assassine que celle du glaive. Il advient même qu'il connaisse le même sort que le soldat fragile du conte d'Henri Gougaud : « le cochon de lait », dans lequel le personnage doit déguster des cochons « enchantés » de lait censés lui donner du courage, de la force et confiance en lui, mais qui finit par se transformer en bête éructante et atroce car il en mange de trop, n'ayant pas compris que ce qui faisait sa force était sa faiblesse apparente du début, perdue corps et biens après un festin dantesque au crépuscule.

     

    Son cynisme apparent, son air soigneusement étudié de se fiche de tout, sa causticité, ses sarcasmes sont sa protection car il voudrait ne plus souffrir de sa sensibilité, ne plus souffrir après s'être donné, car lorsqu'il se donne, il le fait sans mesurer les risques qu'ils encourent. Il continue bien entendu à souffrir quand même, et jamais ses blessures ne se ferment totalement, à moins de vivre dans un caisson sensoriel complétement isolé du reste du monde.

     

     

    Il a tout simplement besoin qu'on l'aime tel qu'il est, ce qui dans notre monde moderne, si soucieux de l'image et seulement de l'image, si soucieux de la renommée superficielle sur Internet et dans la vie, est un souhait tout bonnement impossible à réaliser. Car au fond, il reste un incurable rêveur, un naïf, au regard de cette société dure, un enfant...


    image tirée du film "l'incompris" de Luigi Comencini

  • Trop brefs moments de grâce

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    société,politique,grâce,foi,humanité,homo dits sapiensIl m'arrive de me prétendre misanthrope, c'est comme une cuirasse, une posture pour me protéger de la sottise parfois prenante, de la malveillance dont sont trop souvent coupables mes congénères homo dit sapiens dont je ne m'exclus pas, j'ai les mêmes travers, de leurs certitudes absurdes, de leurs lâchetés et compromis divers, de son apathie face à la misère, de son inappétence à la lucidité, et j'en passe, mais aussi de moi-même et de mon affectivité.

     

    En tant que croyant, et apprenti-misanthrope, j'ai souvent du mal à comprendre les raison qui justifient que Dieu m'aime et qu'il aime sa créature qui ne le mérite que rarement, à quelques exceptions dont les autres se servent comme alibis : « Lui, ou elle, est formidable, mais moi j'en n'en ai pas la force, je n'en suis pas capable », ce qui est une autre manière de dire, « je n'ai pas envie de m'élever juste un peu au-dessus du lot, de sortir du rang, de perdre mon confort intellectuel ».

     

    C'est d'ailleurs un handicap dans cette société d'être doté d'un peu plus de sensibilité, d'un petit peu d'intelligence, deux outils permettant de mesurer surtout l'étendue des dégâts causés par les nombreuses médiocrités sévissant dans le monde, d'être un écorché vif qui ressent chaque chose plus fortement, plus durement aussi, ce qui occasionne un peu plus de blessures que chez d'autres, des blessures ne guérissant jamais vraiment à moins de vivre dans une grotte.

     

    Et puis parfois, me laissant surprendre, j'entrevois un petit peu ce que Dieu doit aimer chez sa créature, ce qui le rend tellement miséricordieux contre l'évidence apparente de la bassesse de celle-ci. Évidemment, certains gentils petits charismatiques me rétorqueront avec un grand sourire jusqu'aux oreilles que « Dieu m'aime » et que cela ne sert à rien de se torturer avec d'autres questions, et il est vrai que la réflexion fatigue...

     

    D'aucuns parmi les porteurs d'idéologie m'affirmeront que tout cela disparaîtra avec la victoire de leurs théories, pour le plus grand bonheur de l'humanité, fût-elle rétive à ce bouleversement. Ces moments, où l'on comprend ce qui fait malgré tout la grandeur et la beauté de l'humanité, ce sont comme ces instants où l'on surprend chez un type vulgaire, lourdingue un geste de tendresse complice avec sa femme ou son amante, comme ce couple de petits vieux braillards, types mêmes des français moyens croisés dans le bus hier, auxquels je rêvais de lancer une provocation bien caustique qui les fassent taire définitivement, n'étant pas « du matin », selon la formule, ce qui n'est pas une excuse je l'avoue et ce qui me rend donc d'humeur sauvage.

     

    Et puis, il faut avouer que j'adore être caustique voire acerbe, c'est un excellent moyen d'éloigner les imbéciles, de faire de la place rapidement chez les cons. Je n'ai donc pas envie dans ces instants là d'être compréhensif...

     

    Sur le point de faire ce « bon » mot, je vis l'homme relever sur le front de sa femme une petite mèche de cheveux follets avec une douceur dont je ne l'aurais pas cru capable. Et elle, vieille poivrote misérable et gueularde l'instant d'avant, rivée à son « portable », d'être aussitôt transfigurée par un sourire de petite fille timide, presque rosissante, émouvante dans les sentiments qu'elle montra alors.

     

    Je m'en voulais presque de me laisser attendrir comme une midinette romantique, mais je saisis que c'est là, dans ces moments volés aux hommes et aux femmes, ces moments authentiques où nous nous risquons à être humains pour une fois que Dieu nous aime. Je ressens cette émotion quand, alors qu'elles pensent que personne ne les regarde, je vois ces femmes, jolies, moches, grandes, petites, brunes, rousses, blondes, jeunes ou vieilles avoir enfin une attitude qui n'appartient qu'à elle et sortir de leurs personnages, l'une une lippe de gosse, l'autre qui se prend à rêver en regardant le ciel...

     

    Toutes choses qui me font enrager de constater que cela n'empêche pas les êtres humains de continuer à se comporter lamentablement.

  • Un pape "simple" et radical

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    pape.jpgPour ses cent jours au Vatican, le pape François a prononcé encore une homélie très forte, incitant à la radicalité évangélique, encourageant les chrétiens à être révolutionnaires, je cite dans le texte. Alors certes, je ne pense pas qu'il entende par là une révolution au sens marxiste ou socialiste du terme, mais le terme est suffisamment clair me semble-t-il.

     

    Il entend par là que la foi n'est pas seulement une affaire privée, une sorte de gymnastique mentale et spirituelle pour « se sentir bien dans sa peau », mais qu'elle implique des exigences morales, sociales et personnelles bien loin du consumérisme idéologique actuel dominant aussi parmi les chrétiens :

    Une goutte d'humanitarisme « light » qui n'implique pas trop d'obligations, un zeste de syncrétisme, deux doigts de développement durable, un rien de commerce équitable, et quelques litres d'hypocrisie mièvre sur les chtits n'enfants n'africains....

     

    Il s'agit pour les catholiques d'être en cohérence, au moins un minimum, avec leur foi et la doctrine sociale de l'Église, qui n'a jamais été favorable à notre société libérale libertaire, et encore moins au monétarisme qui domine le niveau macro-économique. Alors bien entendu, il ne s'agit pas pour moi de juger qui est en cohérence, qui ne l'est pas ne l'étant pas moi-même et ne disposant pas de l'autorité morale ou de la sagesse nécessaire, ou d'indiquer des panacées pour y arriver, cela étant une affaire intime entre la personne et Dieu.

     

    Mais les fruits de comportements privés plus cohérents s'additionnant se feraient immédiatement sentir. Évidemment, dans une société où tout ce qui ressemble de près ou de loin à une obligation morale et personnelle envers les autres est considéré comme insupportable et arbitraire, hélas également chez les catholiques où personne ne veut se sentir forcé à aller jusqu'au bout, à être radical quant à l'Évangile, ce n'est pas une voie semée de pétales de roses.

     

    Le pape a également fustigé les communautés fermées dans lesquelles s'enferment volontiers les catholiques, qui choisissent une case confortable selon leur milieu et leurs appétences spirituelles :

    plutôt traditionnelle, plutôt progressiste et libertaire quant aux mœurs, charismatique et sur-affectif pour le défoulement-catharsis, où l'on trouve des réflexes sectaires qui transforment le christianisme en religions d'« initiés », les « appelés » étant toujours, est-ce étrange, les cadres des « sectes », pardon, des « communautés nouvelles ».

     

    Ces cases sont aussi des agences matrimoniales plus ou moins officieuses permettant de perpétuer l'endogamie de certains milieux privilégiés et d'éviter ce qu'ils considèrent comme des mésalliances. Dans les milieux du spectacle, des arts et de la culture, l'on apprécie particulièrement ce « vivier » d'épouses et époux sérieux et sérieuses, et bien dotés.

     

    Je peux presque comprendre cette endogamie qui nait de la crainte des catholiques de perdre leur identité celle-ci pouvant se dissoudre dans la société telle qu'elle est. C'est d'ailleurs ce qui arrive dans les familles « progressistes » où l'on a dit et répété aux enfants que la foi n'induit aucune obligation, ni prières, ni sacrements, l'intercession des prêtres y étant considérée comme accessoire.

     

     

    De cette homélie, les journalistes, mais aussi les ecclésiastiques médiatiques, dont le représentant des évêques de France ce matin, monseigneur Bernard Podvin, feignent de ne retenir seulement que la fameuse « simplicité » de ce pape qui va certes à l'essentiel sans fioritures, qui s'exprime comme un curé de campagne, alors que ce n'est pas l'essentiel. Louer la simplicité du pape, c'est très beau, mais c'est parfois plus intéressant d'écouter son discours, qui est d'ailleurs le même que celui de Benoît XVI dans « le Sel de la Terre » qui était certes plus intellectuel.


    illustration prise sur le site "la Croix"

  • Politiquement incorrects disent-ils, du virtuel au réel

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    blog -politiquement correct-konk.jpegLe fait que la même pensée idéologique, fondée sur le mythe d'un progrès technique qui entrainerait automatiquement le progrès des consciences, domine sur la toile n'est pas forcément une raison pour inciter à l'indulgence envers les internautes se réclamant d'une opposition, souvent très brouillonne, à la « bonne pensée », même si l'auteur de ces lignes inclinera à plus de sympathie à leur encontre qu'envers les amateurs de grand écart qui ne veulent surtout pas choquer, surtout pas scandaliser, surtout pas trop remettre en question les certitudes .

     

    Sur Internet, il est très souvent de bon ton de se dire bien entendu « politiquement incorrect », et ce à droite comme à gauche, de jouer les rebelles de comptoir, les inadaptés de salon, les poètes en vers de mirlitons, les génies méconnus (souvent à juste titre), de porter aux nues par exemple Philippe Muray sans l'avoir lu.

     

    Je ne suis pas certain à ce sujet que celui-ci ait trouvé pertinent de lui consacrer un groupe « facebook » (TM°) réseau dit social qui est le parangon ultime de ce qu'il n'avait de cesse de railler dans ses écrits, à savoir le festivisme et la société libérale libertaire. Céline est également à la mode chez les « anti-sionistes » (TM°) qui ne retiennent de lui que son antisémitisme obsessionnel et compulsif et non son talent littéraire dont ils se fichent, tout comme pour les autres écrivains mis à l'index par les « belles âmes », Brasillach, dont les « poèmes de prison » sont magnifiques ou Rebatet qui sent le souffre et écrit très bien tout comme Chardonne.

     

    Parfois même il en est pour comprendre un humoriste caustique comme Desproges au premier degré. Cette ignorance totale de la dérision, de l'ironie, de la causticité, du second degré en général est d'ailleurs effarante particulièrement sur Internet où il est d'usage de réagir selon des normes et des standards de pensée très stricts, très cadrés, ultra-codifiés.

     

    Les internautes « politiquement incorrects » écoutent et regardent volontiers Zemmour qu'ils célèbrent, le croyant des leurs, et oublient qu'il est aussi anti-libéral ce qui est d'ailleurs logique lorsque l'on est vraiment de droite. La plupart des rebelles anti bien-pensance virtuels tout comme leurs adversaires se satisfont très bien de la société spectaculaire marchande, en maitrisent les codes, et ne singent finalement la révolte que par leur frustration de ne pas en bénéficier suffisamment à leur goût.

     

    Beaucoup d'internautes considèrent qu'être politiquement incorrects c'est dire des gros mots sur « Twitter » (TM°), balancer des blagues lourdes et se défouler de ses haines sans trop de risques en vertu du pseudo-anonymat du web que la plupart s'imaginent être inviolable, injurier et calomnier. On me rétorquera qu'en cette période des plus frileuses, des plus timorées, d'assujettissement consenti, ce n'est déjà pas si mal, c'est une forme embryonnaire, très embryonnaire, primaire, d'insoumission au système.

     

    Mais dans la vie, que devient cette révolte contre la bien-pensance ?

    Que devient cette rebellion ?

    Les mots d'ordres vengeurs et grandiloquents ?

     

    Force est de constater qu'il n'en reste pas grand-chose. La remise en cause de nos petites habitudes, de nos travers collectifs et personnels, de nos compromis avec la morale tourne court. Les internautes « politiquement incorrects » sont et restent dans le réel des employés dociles, des bureaucrates obséquieux, des citoyens qui votent pour la plupart « dans les clous » sans trop se poser de questions, je songe par exemple à ces soutiens de LMPT qui ont dû voter NKM en masse alors qu'elle représente l'inverse des valeurs qu'ils ont prétendu défendre pendant des mois...

     

     

    Soyons clairs, même s'il est conchié, raillé, ostracisé, le vote Le Pen fait aussi partie du système, permettant de canaliser la colère des électeurs, et de ne surtout ne rien changer à quoi que ce soit en assimilant ce vote à une nostalgie pour les « z-heures les plus sombres etc... » (TM°). Le mépris, loa condescendance que les « z-élites » montrent pour les personnes qui votent FN, démarche qu'ils ne comprennent pas encore en 2013, il suffisait de regarder les réactions à Villeneuve sur Lot, ne0 change rien à cette réalité.


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  • Toujours les mêmes rengaines sur Internet

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    Net, politique, société, grégaires, troupeau, bêtes à cornesLe Net, ce superbe outil, tourne en rond, amplifiant l'antique ragotage au niveau planétaire, entrainant la la simplification à outrance des discussions, et ce sont toujours les mêmes rengaines, les mêmes refrains, les mêmes slogans qui dominent en fond sonore.

     

    Tu parles de littérature, tu veux en parler de manière un peu plus exigeante que de se contenter à l'image des critiques télés de répéter la quatrième de couverture, tu n'es rien qu'un prétentieux imbuvable.

     

    Tu parles de bonne chère, de gourmandise, de convivialité, tu n'as même pas honte de ne pas avaler cinq fruits et légumes, tu es au choix un réac ou un goinfre, qui se fichant de son taux de gamma GT et de son choléstérol n'est même pas hygiéniquement correct.

     

    Tu évoques les bons vins, leur parfum, leur robe, ce qu'ils t'inspirent, car ce n'est pas le tout de boire du vin, encore faut-il savoir en parler, tu es un alcoolique en puissance, irresponsable en plus car incitant à boire.

     

    Ce qui amène à penser que sur le net, on est resté au fond extrêmement puritain, de ce puritanisme moderne qui se marre des meilleures intentions humanitaires mais puritanisme quand même.

     

    Et ces néo-puritains doivent quand même sacrément s'ennuyer...

     

    En politique, c'est pareil, personne ne semblant voir que la vie politique française est une blague, que les gouvernants soient libéraux libertaires ou socio-libertaires, ce qui revient au même. A droite, l'on voit toujours le PS comme un parti marxiste par exemple, un ramassis de brutes révolutionnaires le couteau entre les dents. A gauche, c'est à peine si l'on ne parle pas des capitalistes qui boivent littéralement la sueur des travailleurs sur leur dos. Tu es soit libéral jusqu'au boutiste, plus intransigeant que Milton Friedmann sur le monétarisme, ou révolutionnaire radical, réclamant des lendemains qui chantent, la table rase sans comprendre que cela passerait par un changement radical du mode de vie.

     

    Ce sont toujours les mêmes réponses automatiques, standardisées, c'est comme appuyer sur un bouton.

     

    Tu évoques les juifs sans agressivité ni acrimonie, tu es sioniste, voire un agent de la Hasbara. Tu parles des musulmans sans haine, tu est déjà un « dhimmi » vendu au califat, un pro-palestinien se sentant encore coupable des crimes de la colonisation et devant payer. A l'inverse, tu décris les incivilités multiples commises par des gamins « issus de la diversité » (TM°) tu es ou raciste, ou un nazillon qui s'ignore. Il n'y a jamais de demie-mesure, jamais de nuances.

     

    Et bien entendu je ne parle même pas des catholiques sans cesse renvoyés à l'Inquisition, les Croisades, Galilée et Giordano Bruno et leur moralisme qui serait celui d'une vieille fille chaisière à saint Honoré d'Eylau, tout en les moralisant. Ce n'est pas qu'il n'existe pas de côté « réserve sociale » chez les catholiques mais ce n'est pas une raison pour les conchier et les traîner dans la boue ainsi qu'il est coutume de le faire dés qu'ils osent ouvrir un peu la bouche. On me dira, chez les cathos eux-mêmes on aime bien les chapelles bien cadrées, en « istes » ou en « iques », selon que l'on soit nostalgique de l'ancienne liturgie, sur-affectif ou soucieux de progrès.

     

     

    Là encore on ne connait pas de juste milieu alors que l'on sait très bien que les adversaires des catholiques les mettent tous dans le même sac de toutes façons. Alors oui, le Net rend fou et fait rigoler les puissants ainsi que les polémiques stériles et infécondes entre prétendus ennemis idéologiques irréductibles.


    L'affiche du film de Ferreri vient de là

  • « Star Trek into Darkness » bonne attraction de fête foraine

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    cinéma, SF, télévision, sociétéCertes les films dits « de genre » peuvent en dire parfois plus long sur une époque que bien des pensums imbuvables racontant les déboires narcissiques de trentenaires adulescents de la classe moyenne supérieure. Mais on oublie souvent que le cinéma c'est depuis le départ surtout une attraction foraine, et que ce que l'on demande quand on se fait une toile c'est aussi que ce soit d'abord et avant tout du bon « cinoche », peu importe les bons gros clichés, peu importe les manques de cohérence des scripts.

     

    Le premier film du « reboot »-relecture de la franchise « Star Trek » n'était pas mal. Celle-ci trouvait dedans un dynamisme et une énergie qui étaient souvent absentes des anciens films. « Star Trek », pacifique saga souvent métaphysique et politique, entrait dans l'ère post-11 septembre. Les « gentils » étaient sans pitié avec le « méchant » tout plein de circonstances atténuantes mais terroriste cosmique aussi, un genre de Ben Laden quantique avec des piercings pour faire plus sauvage.

     

    Kirk, Spock et MacCoy étaient un peu raides dans leurs uniformes dans les derniers films, « Generations » qui faisait le lien entre le premier équipage et celui de « The Next Generation » étant le pire et le plus mou du genou, le meilleur et le plus adulte, le plus structuré au point de vue cinématographie étant le suivant « First Contact » qui mettait en scène les « Borgs », archétypes de la massification ultime, fantasmes humides de libéral libertaire. « First Contact » reste de loin le plus réussi après avoir vu « Star Trek Into Darkness » qui reprend une bonne partie de l'intrigue de « Star Trek II la colère de Khan » avec des ingrédients que JJ Abrams instille dans tous ses films : un méchant ambigu, du saupoudrage de « sitcomisation », des scènes « pathos » et sentimentales (on pleurniche beaucoup dans ses films et séries) et un abus d'effets « Lens Flare ».

     

    L'équipage de l'« Enterprise » a donc affaire cette fois ci à John Harrison qui fait sauter quasiment toute la flotte de la « Fédération » sauf le vaisseau des héros (pratique) après avoir sauvé la fille d'un capitaine de « StarFleet » qui était aussi un des anciens « companions » du « Doctor Who ». Harrison tue presque tous les commandants de la flotte à leur QG, à commencer par le mentor de Kirk, son père de substitution, ce qui permet à celui-ci de récupérer son commandement perdu suite aux évènements du pré-générique, et Spock en second.

     

    L'on s'aperçoit ensuite que Harrison n'est pas le seul méchant ambigu avec des motivations super psychologiques, puisque l'amiral Marcus, a.k.a « Robocop » ancien modèle, Peter Weller, commandant Kirk et les autres commandants de vaisseaux veut prendre le pouvoir en construisant des navires spatiaux de guerre afin de « préserver leur mode de vie », un genre de « Bush » de l'avenir.

     

    Afin d'assurer la réussite de ses plans, et d'avoir un prétexte, l'amiral félon tente de provoquer une guerre totale avec Kronos, la planète des klingons, sur laquelle Kirk, Spock et Uhura vont dénicher Harrison qui leur sauve la vie en massacrant un grand nombre d'indigènes. On s'étonne d'ailleurs, alors que clairement les héros viennent de déclarer la guerre aux klingons, il n'est plus question d'eux ensuite, ils disparaissent de l'histoire qui devenait peut-être trop complexe pour les brouteurs de « pop-corn » décérébrés.

     

    Notons au passage que les klingons, tout comme les romuliens du précédent épisode, et comme les perses de « 300 », portent communément des « piercings » et tatouages qui montrent combien ils ne sont pas gentils du tout.

     

    La suite est une inversion en décalque de « la colère de Khan », Kirk montre qu'il mérite son grade en se sacrifiant comme Spock dans le film sus-cité, un coup de pied dans le moteur de l'« Enterprise » et tout repart, ainsi qu'une tondeuse. Spock crie « Khaaaan » comme Kirk dans « la colère de Khan », et il rattrape le méchant dont le sang permet de soigner Kirk, le docteur MacCoy étant justement au même moment en train de constater que cela avait déjà permis de guérir un « tribble » presque mort. Je ne sais pas s'il y a un dieu des scénaristes mais il y a au moins un « deus ex machina » bien utile.

     

     

    J'ai l'air de railler comme ça, mais on s'en fiche en fait des clichés, et des incohérences de scénario, le bon cinoche n'a pas à imiter la trivialité de la vie, auquel cas il y a longtemps que Kirk aurait été viré de « StarFleet » et aurait un emploi de bureaucrate au ministère de la Défense, qu'il jouerait très bien à la belote et serait au « Ricard » dés 10h du matin.

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  • Deux Dexter pour le prix d'un seul

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    "Double Dexter" en "Points Thriller" au Seuil


    Livre, polar, roman noir, société, politiqueJ'aime bien la série des romans de Jeff Lindsay sur Dexter, policier scientifique, spécialiste des tâches de sang le jour et serial-killer impitoyable tueur de criminels la nuit. Dexter croit ne rien ressentir, et joue la comédie du brave type lisse et sans aspérités le jour. Dans le troisième roman, Deborah sa sœur découvrait qui il était réellement mais ne révélait rien, préférant utiliser les talents de son frère non sans réticences, après que celui-ci lui ait sauvé la vie.

     

    Ce n'est pas que les histoires soient formidables.

    C'est toujours un peu les mêmes procédés, comme dans les séries télévisées, avec les mêmes « gimmicks » :

     

    Dexter a un ennui sérieux qui l'empêche de continuer ses activités de justicier sombre, il se lance sur une fausse piste qui s'avère un piège et tout finit sur un « climax » grandiose qui met en jeu la vie de ses proches ; son frère, sa sœur, et dans les deux derniers opus, ses enfants adoptifs, Cody et Astor. Et à la fin tout redevient « normal », et Dexter peut enfin assouvir de nouveau ses pulsions.

     

    Fort heureusement, ce n'est pas ça le plus important, mais l'atmosphère et le ton très caustique, voire cynique, de l'auteur qui à travers la voix de Dexter, qui est le narrateur, se moque de tous les travers de la médiocrité quotidienne, des conventions sociales hypocrites et du « politiquement correct » qui ne l'est pas moins, de ce qu'il faut faire pour plaire et s'intégrer, sans pour autant être sincère.

     

    Le personnage essaie de comprendre l'espèce humaine à laquelle il estime ne pas appartenir mais n'y arrive pas, tente de résoudre ses crises de couples et amicales sur les clichés qu'il a vu à la télévision dans les « soaps » sentimentaux interminables pour ménagères et y réussit car au fond, les sentiments ne sont basés que sur des leurres comprend-t-il, ou presque tous.

     

    Dexter est donc un « serial-killer », psychopathe car traumatisé à trois ans par le meurtre sanglant de ses parents, qui a été recueilli par Harry, son père adoptif, qui s'apercevant des pulsions homicides du garçon les a canalisées afin que celles-ci ne s'exercent que sur des meurtriers que la police a laissé libres car n'ayant pas assez de preuves

     

    Donc certaines nuits, quand son « passager noir » s'éveille, Dexter tue des criminels, et y prend plaisir, toujours après avoir soigneusement réuni tout ce qu'il fallait pour se prouver à lui-même la culpabilité de ses proies.

     

     

    Dans « Double Dexter », il est confronté à un assassin qui prétend non seulement le copier mais aussi le surpasser, après l'avoir surpris dans ses activités coupables. Dexter joue avec lui au jeu du chat et de la souris mais il semblerait qu'il soit cette fois-ci tombé sur plus fort que lui et plus doué pour la comédie des hypocrisies sociales. L'on comprend à la fin du roman qu'il faut vraiment se méfier des braves types et qu'il n'est pas forcément conseillé de faire faire du scoutisme à ses enfants.


    Couverture prise ici

  • Catho et réac mais pas dans un conservatoire social

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    _MG_6091.JPGJe suis catho tendance « anar de droite », plutôt réac donc. C'est un fait entendu depuis qu'en plus on m'a vu en photo dans un car au départ de « La Manif Pour Tous ». Et j'assume à plein, c'est le pire et c'est dire.

     

    Cependant, s'il y a bien une chose que je ne supporte pas une seconde dans les différents milieux qui composent mon « camp » supposé c'est cet aspect « réserve » que l'on y retrouve très souvent, ce côté « ghetto doré » qui agace particulièrement, cet « entre soi » qui fait que les adversaires de LMPT ou des catholiques traités de « cathofascistes » n'ont au fond pas trop à s'en faire de la réaction tout à fait inattendue qui est née depuis quelques mois à l'occasion du très long débat sur « le mariage pour tous » et les peurs exprimées par des commentateurs politiques du retour éventuel d'un « Ordre Moral » me semblent là-dessus ridicules et infondées.

     

    La plupart de ces catholiques et adversaires du « Mariage pour tous » n'ont aucune envie de changer fondamentalement les bases morales viciées de cette société libérale-libertaire, n'ont pas envie de remettre en question le fait que c'est justement les partis qu'ils soutiennent et les hommes politiques pour qui ils votent qui sont par leur action à la base des dérives sociétales et de la destruction des liens sociaux qu'ils déplorent par ailleurs.

     

    Ils voient de plus en plus la Foi et leur présence à l'église le dimanche comme un moyen de préserver au fond un conservatoire social qui leur permettent d'éviter à leurs enfants en particulier des mésalliances ou de se perdre dans des milieux certes moins solides sur le plan des valeurs.

     

    Je peux comprendre que des parents veuillent protéger leurs enfants, mais à ce niveau d'endogamie, cela me semble extrême. Il existe de nombreuses paroisses où l'on ne se parle, où l'on n'échange que par professions et niveau de revenus, sans que personne n'y voit malice, sans que personne n'y trouve à redire, se fermant sans y prendre garde à d'autres qui pourraient vouloir rejoindre le « petit troupeau » qu'est devenu l'Église catholique, et cela que ce soit chez les « progressistes », les supposés « tradis » et même les gentils petits charismatiques qui n'ont de cesse d'annoncer que « Dieu t'aime » à tous ceux qu'ils rencontrent. On me rétorquera que ce comportement s'est répandu partout mais ce n'est pas une excuse quand on est censé faire preuve de charité et construire un apostolat.

     

    La plupart des rassemblements sur-affectifs un peu pénibles de jeunes que l'on trouve dans les communautés dites nouvelles sont des agences matrimoniales officieueses où les jeunes catholiques sont asssurés de rencontrer qui un jeune homme qui une jeune fille qui correspondent à ses idées et, plus important pour beaucoup, à son milieu. Eux aussi, je ne les condamne pas, mais cela ne peut que fermer les portes à d'autres qui sont présents également car ils cherchent vaiment Dieu, le plus dur mais aussi le plus enrichissant n'étant pas d'aller vers ceux qui nous ressemblent.

     

    Ces mêmes catholiques de milieux, quoi qu'ils en disent, favorisés, perçoivent également la morale et la religion comme des instruments de régulation sociale, un moyen d'assurer la paix et une certaine étanchéité entre les classes, souci qui est celui de tous les privilégiés quelles que soient les idées qu'ils affichent en public, la plupart mettant leurs enfants dans les mêmes boîtes privées, parfois hors contrat que ces « réacs » qu'ils affirment conchier par ailleurs, ce qui me rappelle une anecdote concernant Pierre Mauroy qui vient de décéder :

     

     

    Un de mes grands-pères fût invité deux ou trois fois chez ce politique du fait de ces activités professionnelles. S'étonnant lors du dernier de ces repas que les autres convives tous de gauche, tous soucieux publiquement de justice sociale, ne faisaient qu'évoquer leurs revenus conséquents avec ostentation, énumérant tous la quantité de biens dont ils disposaient ainsi que différents « hochets sociaux » (TM°) reçus. A son étonnement, et approuvée avec enthousiasme par le reste de l'assistance, l'épouse de Mauroy lui répondit : « Mais monsieur, la politique tout comme la vie est une comédie, le tout étant de bien la jouer »...

    image prise ici

  • Ce qui nous meut vraiment

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    politique,société,pussycat,mariage pour tousQuand je lis différents articles, statuts de réseaux dits sociaux, réactions et commentaires divers et variés, je suis frappé par l'emphase souvent grotesque de leurs auteurs, quel que soit leur bord politique ou religieux, qui se jouent la comédie du combat noble, de la juste cause, se donnant des prétextes grandioses voire grandiloquents pour justifier leurs engagements alors que parfois c'est plus simple que ce qu'ils veulent bien prétendre.

     

    Personnellement, ça me pompe l'air, pour parler crûment ces emballements souvent excessifs et donc au final bien insignifiants, amusant certainement les puissants car ces emportements virtuels ou pas servent encore leurs intérêts, divisent encore.

    Je m'étonne également que personne n'ait la simplicité de dire les raisons plus humaines, plus intéressantes donc qui les poussent à s'engager :

    La perte d'un proche, le désamour de ses parents, une enfance douloureuse, des frustrations et humiliations imaginaires ou réelles etc...

     

    Tout ça pour encore nous parler de lui vont dire les esprits chagrins après avoir tourné autour du pot pendant une douzaine de lignes...

     

    Ce qui me meut quant à moi, c'est principalement le souvenir, la nostalgie, la colère concernant un amour perdu. Dés que je l'avais rencontrée dans un couloir de Nanterre, j'avais su que je l'aimerais, et qu'elle compterait longtemps. Ainsi que dans le cliché cinématographique romantique habituel, il me sembla que le temps s'arrêtait quelques secondes alors que je l'aperçus, et que nous étions alors seuls au monde, ce qui me convenait fort bien sur le moment et encore après.

     

    Elle ne savait pas trop ce qu'elle voulait, un prince charmant, romantique, amant fougueux, avec qui elle vivrait un amour fusionnel ou quasiment tout en rêvant d'utopies, un amoureux qui soit aussi comme un grand frère devrait l'être, protecteur et rassurant, et aussi aller voir de temps en temps ailleurs, tomber amoureuse de femmes, vivre de grandes passions avec comme Colette. Elle jouait un personnage selon les personnes avec qui elle se trouvait, elle se cherchait en somme : la militante féministe radicale et libertaire, la femme libre et émancipée etc....

     

    Elle me trouvait cynique de le lui signifier parfois...

     

    Elle n'était pas elle-même avec beaucoup de personnes. Elle l'était avec un ancien amoureux qui avait fini par renoncer à ce qu'elle l'aime mais qui avait accepté ce rôle de grand-frère un peu ambigu, s'en contentant, Elle l'était avec moi qui me fichait complètement de refaire le monde avec elle, préférant parler de nous deux. Elle avait des parents aux convictions de gauche qui les lui avait transmises, elle adulait son père et était en conflit avec sa mère comme beaucoup de jeunes femmes, sa mère qui savait très bien qu'elle se leurrait sur ses différents rôles et personnages qu'elle croyait bon d'adopter.

     

    Quand je la voyais avec des enfants, quand nous discutions, je savais bien qu'elle n'était pas faite pour tenir ces emplois qui n'étaient jamais elle...

     

    Goûter à divers plaisirs à droite ou à gauche, se croire d'une liberté morale sans pareille alors que d'autres se sont conduits aussi librement auparavant, faire la fête autant que l'on peut, s'étourdir le plus possible satisfait l'esprit tant que l'on est encore jeune, mais l'est de moins en moins en mûrissant et en ayant conscience que cela ne mène qu'au néant, « travail du négatif » ou pas. Et l'on arrive à un âge où l'on se retrouve seul, plus près de la fin que de sa jeunesse, où le miroir renvoie un portrait qui à l'instar de celui de Dorian Gray n'est pas exactement marqué par le bonheur et une vie paisible.

     

    Sans aucun doute possible, je suis à peu près certain qu'elle a milité pour le « Mariage pour tous » et la PMA, et la GPA, tout en songeant, je ne sais pas, je l'espère, de temps, à ce qu'aurait été sa vie si elle avait construit une famille avec moi. Une de nos amies avait imaginé un jour qu'elle nous voyait très bien dans une grande maison avec plein d'enfants partout, de petits garçons poétiques et de petites filles les menant en bateau.

     

    Et je suis sûr que cela lui manque, et je suis sûr aussi qu'elle continuera de se l'interdire contre vents et marées...

     

     

    C'est cela mon secret, et rien d'autres, je ne suis pas de mots d'ordre, je n'ai pas d'idéologies particulières au fond, même pas de bonnes intentions morales, pour combattre le darwinisme social, l'eugénisme et la destruction de tout les liens qui unissaient auparavant les individus, je me rappelle de ta petite main dans ma patte d'ours, de ton sourire, de ta patience quand je t'étourdissais de paroles à cause de ma timidité, et cela me suffit ...


    image prise sur le site de "la Mairie de Paris"

    Ci-dessous un zeste de nostalgie


    Valse de Melody par cvera

  • Indignations saines et vertueuses vraiment ?

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    « Le net rend fou » m'a écrit dernièrement un ami, je suis tout à fait d'accord avec cette affirmation, le net rend fou, pousse à la grandiloquence, à l'affrontement verbal violent, voire très violent, à l'agressivité, à la colère, la cruauté. Cette violence n'est pas due seulement à des groupes extrémistes, quels qu'ils soient, elle est plus inquiétante que ça, beaucoup plus généralisée, ayant métastasée dans toute la société, sa cause est simple, c'est la destruction complète ou presque de ce qui aidait l'individu à ne pas être totalement seul et démuni face aux puissants : la famille, la foi, les idéologies (en 2013, les échanges idéologiques se réduisent à des échanges de slogans simplistes), le quartier, le village etc...

     

    42067445.jpg

    La mort du jeune Clément n'est pas surprenante quand on constate par exemple la violence fétide, insupportable et odieuse qui sévit partout sur le Réseau. Tu parles d'un « village global » ami lecteur, mais tout comme les singes quand ils sont en colère, l'homme balance des excréments à la tête de son ennemi réel ou supposé, le faisant avec des moyens techniques sophistiqués mais cela revient au même.

     

    Il est là le risque réel de totalitarisme.

     

    L'individu consommateur, par confort, par veulerie, par lâcheté, choisit de se fondre dans un groupe ou un ensemble sur la base de ces slogans, surtout s'il juge que ceux-ci mettront en lumière sur «fècebouque » ou d'autres réseaux dits sociaux une personnalité qu'il estime brillante et passionnante, injustement méconnue bien entendu. Le « citoyen-consommateur » aime particulièrement sur Internet de pouvoir lyncher anonymement et sans prendre aucun risque qui ne pense pas comme lui.

     

    Il est là aussi le risque réel de totalitarisme, pas ailleurs.

     

    Se mettre en valeur c'est surtout à ça que servent les indignations « saines et vertueuses » balancées à grands fracas. On aimerait des indignations réellement saines et réellement vertueuses concernant la société libérale libertaire actuelle, rêve atroce et grisâtre pourtant réalisé des dictateurs du XXème siècle, sombrant dans le darwinisme social brutal et l'eugénisme pleinement assumé. Relisez Hannah Arendt, elle l'annonce à de nombreuses reprises.

     

    Et ce petit jeu sur les flatteries d'ego de l'internaute qui croit se rebeller ou être drôlement politiquement incorrect parce qu'il parle de « pédés » ou de « bougnoules » c'est une des ruses de ce totalitarisme d'un nouveau genre, un totalitarisme « doux », accepté avec enthousiasme par la plupart des citoyens

     

    Même au sein de « La Manif Pour Tous » et des « Veilleurs », je suis à peur près certain qu'il s'en trouverait beaucoup pour ne voir aucun inconvénient à l'Euthanasie, la plupart ne voyant pas le lien ou ne voulant pas voir le lien entre le darwinisme social et les programmes des politiques qu'ils contribuent encore à faire élire : Copé, NKM, et Marine le Pen qui fait partie du même système politique vicié que les autres, ayant retrouvé depuis hier le rôle bien utile d'« épouvantail utile » que la gauche faisait déjà endosser à son père ce qui évite de poser les vraies questions sur l'éducation, l'enseignement, la désagrégation des solidarités collectives, l'intégration des populations « issues de la diversité » (TM°), ce qui reste des lambeaux de la culture française (question soulevée entre autres par Domecq et Naulleau).

     

     

    Mais aborder tangiblement ces questions, ce serait aussi franchir un degré supérieur de lucidité, le plus difficile et le plus important, ce qu'ils ne font pas par peur de perdre le peu de confort que la société libérale libertaire leur dispense encore en Occident, tout comme la gauche ne le fait pas non plus entérinant comme tous les autres dirigeants la destruction de ce qui restait encore en place de la « common decency »...


    image extraite de "les Femmes de Stepford" adapté du roman d'Ira Levin prise ici

    Ci-dessous un petit rappel de Brassens, idéal cette semaine

  • Un taré commet un meurtre...Est-ce le retour des z-heures les plus sombres de notre histoire ? - la mort du jeune Clément

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    SKIN HEADS.jpgUn taré, skin-head, militant d'extrême droite voire d'extrême extrême droite, a tué ou quasiment un jeune homme hier soir, militant du Parti de Gauche. Cet acte est inqualifiable par sa violence, il ne mérite aucune légitimation, aucune minimisation. Pour autant, il ne justifie pas le discours sur le vote de droite ou d'extrème-droite que l'on nous ressort depuis ce matin, nous resservant encore une fois le coup des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) qui seraient à nos portes, « fââchiistes » qui infesteraient nos villes et nos campagnes, mugissant comme des féroces soldats attendant qu'un « sanguimpur » abreuve nos sillons, sans que la police ne bouge.

     

    Notons que ces groupuscules de tarés sont tous noyautés au dernier degré par la DCRI, comme les autres groupuscules, qui les sait violents dans leurs attitudes et leur vocabulaire, plus rarement physiquement, à de rares et dramatiques exceptions, et au fond globalement inoffensifs. Ils permettent à des types ayant le goût des amitiés saines et viriles, des déguisements collectifs, et des douches entre hommes, souvent issus du « Lumpen-prolétariat », abandonnés, méprisés par ceux qui auraient pu les éduquer, les former, laissés à la merci du premier gourou extrême qui passe de se défouler.

     

    Cela permet comme d'habitude à la droite et la gauche « kipensent » de feindre de ne pas voir que le problème n'est pas là et qu'il y a beaucoup plus dangereux quant au retour éventuel d'heures sombres.

     

    Les personnes qui habitent dans les « quartiers », que l'on n'écoute jamais quand elles parlent de l'insécurité qu'elles vivent, ces populations précaires, européennes de souche, vivant le chômage, ayant peur de la pauvreté, et avec raison d'ailleurs, qui se sentent toutes « invisibles », se sentent rejetées, car comme elles n'appartiennent à aucune communauté, aucun groupe de pression, aucun lobby, on a tendance la plupart du temps à les oublier, à les moquer, les dédaigner quand elles osent confier juste un peu leurs inquiétudes, leurs colères aussi, comme ces familles nombreuses maintenant imposées par exemple, comme ces personnes qui s'angoissent de la multiplication des voiles islamiques ou des incivilités...

     

    Non, ce sont des populistes ou des poujadistes (rayez la mention inutile)...

     

    skin.jpgLes petits et grands bourgeois « de progrès » aiment se faire peur avec les skins, avec ces types dont la violence exprimée de manière primaire les fascine finalement, et ces petits et grands bourgeois n'attendent que la confrontation eux aussi. Les mêmes, tout comme le chœur habituel des « pleureurs » et des « pleureuses », n'a rien exprimé quant au fait que ce soit par exemple surtout des populations « issues de la diversité » (TM°) qui ont insulté les mariés de Montpellier, et non des réacs de « La Manif pour tous », ou des fâââchiistes. On pourrait évoquer également le sort des jeunes filles en banlieue, ou des homosexuels des « cités ».

     

    Est-ce étrange ? Là ce sont des violences moins graves, moins dérangeantes ?

    C'est un peu comme si les belles âmes songeaient que tomber à bras raccourcis sur les tarés skins-heads permettaient de ne surtout pas parler de toutes ces questions qui sont autrement préoccupantes et à la racine du vote FN qui est un vote populaire et un note qui dure, car contrairement à ce qui est dit partout dans « la bonne presse », ce n'est plus un vote protestataire. Pour les mêmes, cette violence des groupuscules serait de la faute de LMPT ou de Patrick Buisson, et pas du tout due à tous les motifs exposés ci-dessus. Il n'est de pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre, et cela nécessiterait de leur part une telle remise en question qu'ils refusent d'écouter...


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  • La nocivité réelle des théories « du Genre »

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    politique, Genre, najat vallaud belkacem, sexe, genreSuperficiellement, les théories dites « du Genre », issues des « Gender Studies » pourraient sembler n'être que les délires de militantes LGBT et féministes radicales californiennes sur la tête desquelles le soleil au dessus de Berkeley et de « la Baie » aurait un peu trop tapé, et curieusement manquant toutes peu ou prou de la féminité et du charme, de la séduction que l'on attribue généralement aux femmes, mais cela n'a sans doute pas de rapport, ainsi Judith Butler, et aussi cette « missionnaire » de la « bonne » parole aperçue un soir dans une émission de F.OG en chemise « bûcheron », lunettes à quadruple foyer et dents proéminentes évoquant un problème de « bec de lièvre » infantile mal résolu.

     

    Curieusement, est-ce étrange, les premières choses qu'elles nient comme existantes sont le charme féminin, la capacité de séduction des femmes et la féminité qui, certes, leur fait cruellement défaut.

     

    Je rappelle brièvement, ce n'est pas que ces dames nient la nature et la toute bête physiologie qui fait que l'on nait sexué ou pas, mais simplement pour elle, l'identité masculine ou féminine d'un individu se choisit dés qu'il dispose d'un semblant de conscience, et ce même contre sa physiologie donc. Toujours selon ces dames, ce serait l'atroce pression sociale qui forcerait les petites filles à jouer à la poupée, et les garçons à s'amuser aux petits soldats ou aux « petites autos » comme « le Petit Nicolas », le fait que les parents habillent les fillettes en filles, et les garçons en garçons, ne laissant pas le choix de sa véritable identité sexuelle aux pauvres gosses.

     

    En passant, on pense à ces pauvres enfants sous l'autorité de couples lesbiens ayant soit-disant émis le souhait de s'habiller en fille, étant poussé à le faire, alors que ce « souhait » vient certainement de l'absence de repères auxquels s'identifier de ces petits garçons qui sont des « cobayes » involontaires des théories prônées par leurs « mères ».

     

    Paradoxalement, cela n'empêche pas les théoriciennes du « Genre » d'avoir sur ce qui fait l'identité masculine et sur ce qui fait l'identité féminine des préjugés extrêmement forts : les femmes ne seraient que douceur, écoute, tendresse et gentillesse tandis que les hommes ne seraient que violence, autoritarisme, haine et cruauté. La maternité est une malédiction et la grossesse un risque, comme une maladie.

     

    Quelqu'un qui a ces lieux communs en tête, il suffit de l'emmener voir un match de foutebôle féminin ou d'observer avec lui des « supportrices » féminines, il sera alors vite détrompé, les femmes peuvent être toutes aussi violentes, brutales dans leur propos et finalement aussi « beaufs » que bien des hommes.

     

    Les propos de ces dames et demoiselles ne seraient rien donc s'ils n'étaient pas pris au sérieux un peu partout dans les sociétés occidentales dans le but, qui est le même de toutes les idéologies globalisantes, de créer un nouvel être humain neutre, totalement coupé des anciens schémas de socialisation, ce qui dans la foulée réglerait la question de leurs frustrations diverses et variées. Cette nouvelle humanité indifférenciée qui n'aurait plus aucun socle auquel se raccrocher que la nouvelle société puisqu'il n'y aurait plus de lien familial traditionnel, plus de lien communautaire, plus de foi, plus d'opinions diverses aussi, plus de littérature, toutes choses qui créent une différenciation à leurs yeux insupportable.

     

     

    Et cerise sur le gâteau, que les dictateurs du XXème siècle n'ont même pas osé rêver, ce serait une humanité parfaitement docile et soumise à l'autorité des « guides » intellectuels et politiques sans se poser aucune question, du fait de cette indifférenciation imposée (c'est d'actualité, voir ce projet de Najat Vallaud Belkacem, un rêve grisâtre)....

  • Anthologie de SF -trop- explicite

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    « Retour sur l'horizon » - anthologie rassemblée, préfacée et commentée par Serge Lehman

    littérature, Science Fiction, histoire, politique, sociétéGallimard, dans la collection « Folio SF », vient de rééditer cette anthologie de SF francophone précédemment parue chez « Lunes D'Encre ». Refermant ce pavé pourtant agréable à lire, ce qui est déjà quelque chose d'extrêmement positif pour de la littérature française, j'ai comme la sensation d'être resté un peu sur ma faim, je suis un peu dubitatif.

     

    Les nouvelles et « novellas » présentées dans ce recueil égrènent des thèmes classiques de la SF, et se situent presque toutes dans le registre de l'anticipation pure qui est un genre un peu agaçant par sa manie de vouloir décrire avec tous les détails techniques afférents un futur dont rien n'est moins sûr qu'il advienne.

     

    C'est de la SF « explicite » à la manière d'Asimov, qui voulait même raconter quant à lui l'histoire du futur, selon ses conjectures, et le lecteur se perd quand même un peu en route.

     

    Les autres auteurs anglo-saxons ont pour eux de savoir donner de l'humanité à leurs personnages, de la chair. Ils décrivent des machines sans en expliquer le fonctionnement car cela n'a aucune importance quant à l'histoire qu'ils veulent raconter et la réflexion qu'ils veulent éventuellement provoquer chez le lecteur. Parfois même les écrivains dits « du genre » se débarrassent de tout l'attirail et du décorum rutilant autour, ainsi « Crash » ou « le massacre de Pangbourne » et certaines des « dangereuses visions » d'Harlan Ellison.

     

    Chez Philip K Dick, ou chez Ballard, les ordinateurs et les androïdes fonctionnent avec des cartes perforées, dans les « Chroniques Martiennes », les fusées de Ray Bradbury sont encore des fusées « hergéennes » phalliques qui décollent de travers des planètes, mais cela ne change rien à leur talent, car ils se souviennent d'un élément pourtant évident du genre :

     

    la SF ne parle pas du futur, elle ne parle pas de nos descendants, mais de nous et de notre présent, du moins la SF qui présente un intérêt littéraire. « 1984 » ne raconte pas la vision d'Orwell décrivant précisément l'année 1984 telle qu'il l'imaginait, ainsi que j'ai pu le lire, « Le Meilleur des mondes » d'Aldous Huxley n'est pas une sorte de prédiction, « Farenheit 451 », encore de Bradbury, ne se veut pas un traité de prévisions ou « Tous à Zanzibar » de John Brunner. Tous ces livres évoquent les dangers que notre société court, dangers largement négligés par la plupart des individus peuplant cette petite planète dans un coin paumé de la galaxie où il n'est plus de bon ton de lire des livres qui incitent à la réflexion sur nous-mêmes.

     

    C'est aussi de la SF dite « implicite », quand un personnage utilise un tournevis atomique, l'auteur ne dit pas à quoi ça sert, ou ne cherche pas à décrire comment ça fonctionne, ce qui le ridiculise à plus ou moins terme et donne plus de force à son propos. On va sur la Lune ou Mars sans dire à quelle époque et de quelle manière la conquête spatiale s'y est prise.

     

     

    Les français en bons cartésiens qu'ils sont, à moins que ce ne soit de l'étroitesse d'esprit pour certains d'entre eux, appréciant de ranger dans des petites cases la production littéraire, ne comprennent la SF qu'ainsi, faisant de la vulgarisation de futurologie, et très explicite et, à de rares exceptions dans ce livre dont André Ruellan, alias aussi Kurt Steiner, ou Philippe Curval, qui raconte une dystopie uchronique (ou une utopie enfin réalisée !), « Dragonmarx ». L'écriture, le style, la construction des personnages, le travail littéraire en quelque sorte, ne sont plus que des prétextes pour les auteurs à exposer leur vision de l'avenir, leurs craintes, leurs espérances ou faire passer leur message politique ou idéologique. On me rétorquera que même dans ce genre d'écrits, il est vrai qu'il y a aussi des auteurs de renom. Plus rares.