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  • "Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre"

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    Science-Fiction, politique, société, spectacle« Sommes-nous tous des numéros ? » - Pierre Sérisier, paru aux PUF en avril 2013

     

    Ce livre n'est pas le premier sur la série créée presque de « A à Z » par Patrick McGoohan, re-découverte en France grâce à « Temps X » des frères Bogdanov dans les années 80, mais il a l'avantage pour moi énorme de ne pas être le fait d'un « fan boy » aveugle qui ne serait que dans l'hagiographie et la louange hors de propos qui est très vite grotesque. L'auteur montre que cette série « culte », au vrai sens du terme, nous questionne encore maintenant sur notre société, nos us et coutumes, le spectacle continuel qui nous est offert pour endormir nos consciences, les écrans omniprésents, et notre allégeance parfois enthousiaste à des règles totalement absurdes et arbitraires.

     

    Il évoque aussi non sans un certain amusement le fait que cette œuvre peut donner lieu aux interprétations strictement inverses sans qu'elle n'en souffre. Ainsi, certains y ont vu un éloge des théories « libertariennnes ». Selon Pierre Sérisier, et selon moi, ils font un contresens énorme car ce que montre « le Village » c'est notre société spectaculaire en miniature où chaque habitant devient une variable d'ajustement comme une autre, y compris les « numéros 2 » qui sont interchangeables, sauf un, joué par Léo MCKern, qui revient deux fois dans l'histoire du « numéro 6 ».

     

    Celle-ci commence par la démission d'un homme, incarné par Patrick MCGoohan, personnage dont on ne saura jamais le nom, certainement un agent secret, ou du moins une personne ayant un rôle souterrain dans les arcanes du pouvoir. On le voit ensuite faire sa valise chez lui, ayant prévu de partir en voyage lointain, quand un corbillard se gare devant sa maison, du gaz soporifique l'endort.

     

    Lorsqu'il se réveille, sa chambre est exactement la même, mais lorsqu'il regarde par la fenêtre, il se retrouve dans un étrange « Village », amalgame de diverses architectures, lieu à la fois plaisant et un rien inquiétant. Il y est prisonnier et est dorénavant le « numéro 6 ». Il comprend vite qu'il n'est pas le seul prisonnier et que derrière les façades riantes se cachent des tortures et des interrogatoires continuels. On lui demande des renseignements et de se soumettre par des stratagèmes machiavéliques, mais jusqu'au bout il résiste et s'évade enfin, quoi que cela ne soit pas entièrement certain...

     

    « Le Prisonnier » montre que la télévision peut être le vecteur de réalisations remarquables, qui remettent en question fortement et de manière transgressive d'ailleurs son rôle dans le décervelage des cerveaux modernes.

     

    On pourrait croire qu'un livre paru aux PUF, donc sans illustrations soit un « pensum » indigeste, intellectualisant à outrance et mal écrit, ce qui est souvent le cas pour ce genre de travail se voulant sérieux ou universitaire, comme si un style imbuvable était une caution de travail sérieux.

     

    La plupart des séries américaines et britanniques actuelles ont quasiment toutes la prétention d'être des séries « culte » (« Lost », « Homeland » etc...) sur le modèle du « Prisonnier », œuvre « télé-visionnaire » (Alain Carrazé TM°), courte série géniale de dix-sept épisodes seulement, imaginée, pensée, écrite en grande partie et même réalisée par un seul homme, également interprète du personnage principal Patrick McGoohan. Selon Georges Markstein, producteur du « Prisonnier » et à l'origine de nombreuses trouvailles, McGoohan, ce catholique admirateur d'Ibsen, est bel et bien le prisonnier, ayant été emprisonné depuis et à jamais par sa propre création.

     

    Selon l'ironie du sort...

    Le générique de Ron Grainer siffloté au compositeur par MCGoohan, présent donc même pour la musique !

  • Telle est la vie des hommes

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    "Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants."

    Marcel Pagnol à la fin du "Chateau de ma mère"

    Une de mes phrases préférées de la littérature, pour sa justesse, hélas.

    C'est aussi un des premiers livres qui m'ait marqué, avec "Vingt-Mille lieues sous les mers"


    Le chateau de ma mère - trailer par enricogay

  • Les querelles picrocholines des groupuscules monarchistes

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     450px-Nar79.jpgAujourd'hui j'ai envie d'être futile, je parlerais donc des courtelinesques groupuscules monarchistes qui dénaturent leurs idées par leurs querelles intestines, surtout des querelles d'egos et de petits coqs, qui sont toujours en 2013 parfaitement ridicules et bien loin du fourmillement intellectuel que ces idées avaient provoquées avec des personnalités comme Bernanos au début, Jacques Bainville, historien toujours pertinent des relations internationales, Léon Daudet, à l'acuité littéraire sidérante, et quelques autres, presque tous perdus hélas dans un antisémitisme obsessionnel, tel Brasillach et Bardèche.

     

    Quant à Charles Maurras, je n'ai que modérément de sympathie pour ses écrits qui sont au fond ceux d'un bourgeois positiviste. Il n'en reste pas moins que sa vision empirique de la politique présente encore un certain intérêt, voire un intérêt certain.

     

    Sur Internet, j'ai été sollicité à quelques reprises par des représentants de groupuscules monarchistes, les uns du genre intello, les autres de gauche et d'autres encore confondant l'« idée monarchiste » avec leur adulation de la famille le Pen, prenant ça comme un prétexte pour se déguiser en « nervis » (« Rangers » aux pieds, imperméable noir en cuir etc...). Ces derniers sont d'ailleurs des épouvantails ultra-minoritaires bien utiles pour les « belles âmes » pour déconsidérer le discours nationaliste ou souverainiste.

     

    On s'y déguise en ce qui choque le plus les adultes « kipensent » de nos jours, pour retourner ensuite bien sagement et bien docilement dans les rails de la société libérale libertaire. Combien d'employés de banque efficaces et consciencieux parmi eux ? Combien de bureaucrates transparents se défoulant de leurs frustrations ? Combien de jeunes gens timides et effacés se métamorphosant en matamores ?

     

    Comme dans tous les autres groupuscules....

     

    Parmi les monarchistes tendance « intello » on se dit parfois de gauche, à commencer par les monarchistes tendance N.A.R qui avaient vainement essayé de faire la jonction idéologique avec « Soissantuite », ce qui a surtout abouti à ridiculiser leurs idées, le problème étant leur ultra-intellectualisme et leur coupure quasiment parfaite d'avec le réel de la société d'hyper-consommation.

     

    Comme d'autres utopistes et idéologues au fond ils cherchaient surtout à faire entrer des coins carrés dans des trous ronds, s'acharnant à grands coups de formules satisfaisantes pour l'ego et de grandes déclarations tonitruantes finissant pour la majorité par faire voter Mitterrand en 81, celui-ci étant considéré comme étant des leurs, ces naïfs ayant oublié que Mitterrand était surtout pour Mitterrand.

     

    300px-Nar1.jpgLa plupart sont maintenant rentrés dans les plates bandes bien ordonnées de la vie politique nationale, rejoignant les socio-libéraux ou les libéraux libertaires, devenant des éditorialistes catholiques « traditionnels » ou « progressistes », rentrant somme toute dans leur créneau, dans « l'emploi » que le système spectaculaire leur avait assigné au départ, s'en contentant.

     

    Et pourtant nous vivons somme toute en monarchie, la Vème République étant une monarchie républicaine. Les français ont conservé des réflexes monarchiques forts, imputant au président-monarque élu les problèmes du temps, alors que la plupart des gouvernements français sont des gouvernements « techniques » depuis quelques années déjà ne faisant qu'appliquer les décisions de l'Union Européenne, marquant leur passage surtout sur le plan sociétal par des mesures-chocs destinées à faire illusion, les uns sur le plan de la sécurité, Sarkozy, les autres sur celui des mœurs, Hollande, surtout par clientélisme.

     

    Quant à cette idée d'empirisme organisateur, en cette période de crise, elle permettrait ne serait-ce qu'au plan local des applications concrètes aux bienfaits immédiatement perceptibles. Je songe au collectivisme agraire proposé par un ancien « d'AF », monarchiste, qui aimait bien le Phamilistère de Guise, assurément de droite pourtant, dans les années 50 dans l'Aisne, à cette idée de coopérative urbaine appliquée à Paris énoncé par un autre homme partageant les mêmes idées au début des années 60.

     

    Je les connais bien c'était mes deux grands pères, raison pour laquelle je connais bien le milieu monarchiste perdu de vue depuis quelques années déjà de par ces querelles ridicules qui le plombent depuis longtemps et la caricature de l'idée monarchiste qui en ressort. Leur souvenir me prouve également que l'on peut être de droite et anti-libéral, cela n'ayant rien de contradictoire.

    image du haut création de la NAR

    la distribution de journaux à la criée empruntée ici

    les deux images sont prise sur
    SYLMpedia, encyclopédie monarchiste

    Ci-dessous une des conférences de presse de Bertrand Renouvin, candidat à la présidentielle fugace


    Conférence de presse Renouvin par ina

  • "Pourquoi t'es caustique ?"

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    diogene.jpgLes autres s'étonnent souvent encore maintenant, ceux qui me connaissent depuis longtemps, ceux qui me connaissent moins :

     

    « Qu'est-ce que tu est caustique ! »

    « Tous ces sarcasmes ! On dirait vraiment que tu n'aimes pas les gens! » ou bien les variantes

    « Tu es vraiment méchant, cynique »,

    « On croirait que tu détestes le monde entier ! ».

     

    Comme s'il fallait absolument voir la vie à travers des lunettes roses, comme si être un tantinet lucide était de l'ordre du dernier cynisme. Mais l'on se trompe quand on pense que je n'aime pas les gens, le cynique est plutôt un genre d'amoureux transi du genre humain dont l'amour a été déçu, celui qui n'attendait rien s'en fout, ne songeant de toutes manières qu'à lui.

     

    Et si j'ai du mal à éprouver des sentiments positifs pour l'humaine espèce, j'ai de même du mal à m'aimer moi-même, sachant très bien que je peux souffrir des mêmes travers que les autres. La différence est que moi comme d'autres, dotés d'une sensibilité un peu plus appuyée, j'en ai conscience.

     

    Cela fait des années que j'entends sur mon physique des railleries et moqueries diverses souvent marquées par la simple malveillance (trop ci, trop ça, pas assez ceci, pas assez cela), encore ce matin j'ai entendu une injure que je n'avais pas entendue depuis mon enfance, sur mes idées, sur le fait que je choisis de ne pas rentrer dans la norme, crime abominable en ces temps de « normalitude »

     

    On me dira que c'est de ma faute, mais je plaide non-coupable, face à la bêtise de groupe qui lorsqu'elle s'exprime ne manque jamais d'inspiration, il est un peu logique qu'au bout d'un temps ça use, et que l'on ait en conçoive quelque misanthropie vis à vis de ses semblables qui se montrent la plupart du temps déplorables.

     

    Les autres êtres humains ce sont ces imbéciles qui ne peuvent s'empêcher de me questionner sur telle ou telle partie de mon physique par curiosité malsaine, par avidité nauséabonde (« et pourquoi que tu as un œil qui ne voit pas ? « Et pourquoi que tu as des tâches blanches sur les mains ? » « C'est que tu dois être sidéen »...etc ad lib), qui s'imaginaient quand j'étais plus jeune que forcément je devais être un peu homosexuel sur les bords m'exprimant de manière un peu trop châtiée pour un gosse de mon âge, peut-être pire étant d'un tempérament secret et plutôt solitaire.

     

    Notons que je pourrais parler d'homophobie, sans que je ne sois homosexuel, ayant subi à plusieurs reprises ce genre de « suspicions » à cause de plusieurs abrutis tous homosexuels latents quant à eux, incapables de l'assumer pleinement, dans une affirmation grotesque de ce qu'ils estiment être leur masculinité dont ils doutent fortement eux-mêmes. Ils aiment les « amitiés saines et viriles », les groupes de « mecs » prêts à en découdre, les douches collectives, j'en passe et des meilleures.

    Subir ces réflexions m'a fait comprendre assez tôt que la sottise est bien une sorte d'infini, celle-ci m'a rendu un temps plus que vulnérable. On aimerait que parfois elle s'arrête, elle souffle, elle prenne une pause afin de garder encore une ou deux illusions sur les pitoyables « homo sapiens », mais ça ne cesse jamais, la bêtise est un mouvement perpétuel.

     

    Il arrive que je n'arrive plus à prendre du champ, du recul, que la sottise ambiante me fasse perdre le sens de l'humour et douter de l'intérêt d'être sensible et un peu plus lucide que les autres au monde, aux êtres, aux choses. Car cela occasionne trop de souffrances....

    Et là je rêve de désert, d'océan infini, de ciel immense, vers le Sud, qui n'est pas exactement le sud, ni le nord, ni l'est, ni l'ouest, mais mes terres saintes... 


    image prise ici

  • De quoi se plaignent les utopistes ?

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    Je n'ai a priori rien contre les utopies, rien non plus contre les utopistes qui ont au moins le mérite de rêver d'un autre monde, et non de se contenter de l'iniquité actuelle.

     

    medium_paludetti_utopie.jpgMais je suis persuadé que lorsqu'un utopie se réalise, elle finit par tourner par sa nature même au cauchemar à plus ou moins long terme, faisant de l'être humain une variable d'ajustement forcé de s'adapter, pour son bien, et au nom de bonnes intentions, ou d'être puni pour sa résistance, voire annihilé sans remords, ou emprisonné.

     

    Toutes les utopies se rejoignent dans ce bonheur insoutenable car imposé, et niant tout libre-arbitre aux personnes, le plus souvent même avec leur participation enthousiaste par peur de sortir du troupeau des bêtes à cornes dociles ou de perdre leur confort matériel, même le peu qu'il en reste, et intellectuel, pour le peu d'intellect restant aux citoyens consommateurs actuels.

     

    Le libéralisme comme le socialisme, l'écologie politique, tout comme les convictions des croyants qui font de leur foi une idéologie, naissent d'utopies qui se ressemblent toutes sur ce point, elles sont censées permettre un bien universel de manière globale, et ce parfois contre la nature humaine qui est un élément de réflexion qu'elles ne prennent jamais en compte, ne voulant pas accepter non plus que celle-ci est ontologiquement imparfaite, ce qui est très bien comme ça et qui donne son sel à la vie, permet l'Art et la Littérature, la Musique, le Cinéma, la Photographie...

     

    L'humain est d'ailleurs toujours considéré comme nocif, malsain dans l'application des mesures réalisant l'utopie. Certains adeptes de la Décroissance vont même jusqu'à rêver d'un monde enfin débarrassé de l'être humain, d'autres fantasment sur l'homme « augmenté », enfin libéré de ses sentiments, un monstre quoi, d'autres encore rêvent d'une humanité qui ne soit que purs intellects ou purs esprits.

     

    Nous vivons dans une société qui commence à réaliser pleinement l'utopie libérale, encore au nom du progrès et de la modernité, utopie que je trouve pour ma part bien sinistre :

     

    Tout y est une marchandise, de l'enfant aux rêves en passant même par l'amour entre deux personnes ou l'intimité des célébrités et le ventre des femmes bientôt. Les plus jeunes, les adultes les suivant, ont intégré la surveillance généralisée de leur vie privée ainsi que le fait que la dignité ne tiennent qu'à des objets qu'il convient de posséder....

     

    L'être humain n'y est devenu qu'une variable d'ajustement, avec sa participation et sa soumission par peur panique de sortir de la grégarité et surtout de ne plus pouvoir consommer. Bientôt, trop vieux, handicapé ou en dehors des normes, on le supprimera au nom de la compassion universelle. Toujours avec l'assentiment enthousiaste de la plupart des individus composant cette société.

     

    Et le « Meilleur des Mondes » de se réaliser lentement mais sûrement....

    image excellente empruntée à ce non moins excellent blog

  • « La religion, la nation, le mariage pour tous, tout ça... » par Jean-Kevin, jeune homme conscient, citoyen et engagé de son époque

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     3414981_3_cd70_le-concert-pour-tous-a-ete-organise-a-la_b2d993b7dee4c522792fecdb48d586a1.jpgLe monologue ci-dessous je l'ai déjà entendu, et pas seulement dans la bouche d'un Jean-Kevin que j'ai rencontré, il existe, et il est loin d'être le seul dans son genre, il n'y a pas que des ados post-pubères chez les « Jean-Kevin », il y a aussi des Jeanne-Kevina, voir fig1 ci-contre.

     

    « T'vois, j'veux dire, toutes les religions elles se valent t'vois, bon les musulmans t'vois, y'a quand même des terroristes, c'est vrai, t'vois, mais enfin bon, chez les cathos t'as quand même eu l'Inquisition, les Croisades, tout ça quoi, et pis les guerres de Religion, là y brûlaient les z-hérétiques les cathos quand même, et aussi si tu croyais pas en dieu avec le roi t'vois j'veux dire, et ben, t'étais mort, t'avais pas le droit (geste).

     

    Ouais, c'était comme dans « le Nom de la Rose », c'est un super film qui parle du Moyen Age j'trouve t'vois, genre, les pauvres et ben y devaient tourner les roues des curés qu'étaient dedans, c'était pas cool quand même, genre grave. Moi la foi c'est un truc privé, t'as pas besoin de savoir, ouais, genre ils te le disent les cathos mais c'est pour te convertir en fait, ils veulent t'obliger à ce que tu croyes, z-ont pas le droit..

     

    Pour qui y s'prennent ? (rires)

     

    C'est comme les sorcières t'vois, les sorcières c'était des femmes libres t'vois, elles guérissaient les gens avec des plantes genre, t'vois, c'était bien, elles faisaient du bien tout ça, et ben on les brûlait. Pas cool (mine contrite, apitoiement sur les sorcières). Sur Internet, j'ai regardé, sur Ouikipédia, et ben, maintenant, y'a la Wicca, la Wicca c'est une religion qu'aime bien les arbres et les fleurs, et pis si t'aime pas quelqu'un tu lui jettes un sort, ça marche hein, mais moi j'aimerais pas passe que y faut se mettre à loilpé pendant les cérémonies, si t'es pudique quand même, et ben c'est pas cool toussa...

     

    Et pis les juifs, c'est vrai, bon y'a quand même eu la Shoah, mais enfin bon en Israël c'est quand même comme des colonies hein, pas vrai ? Les sionistes c'est parce qu'ils ont du fric qu'ils font ce qu'ils veulent (geste), genre, ils donnent du fric et pis ils financent les esstrèmistes qui veulent pas faire la paix t' vois, genre y'a qu'eux sur terre, y sont le peuple élu, nan mais sérieux, sans déconner, c'est pas terrible t'vois (geste).

     

    Moi, si je suis allé en Palestine ?

     

    Ben non, tu déconnes ou quoi, c'est quand même dangereux, avec les palestiniens, y'a beaucoup de terroristes quand même, ça craint.

     

    Chez nous les cathos y sont dangereux quand même, déjà qu'y veulent nous imposer de croire en dieu quand y z'en parlent, t'vois, maintenant, y veulent pas que les homosexuels y s'marient, c'est pas sympa ! Si les z-homos, y sont envie de se marier quand même, c'est normal qu'y z-ayent le droit, genre, t'aimes quelqu'un mais t'as pas le droit de te marier, nan mais sérieux (rire de dérision)...

     

    Et pis s'y veulent des z-enfants les péd....z-homosexuels, z-ont le droit aussi quoi, moi j'connais un couple de gars, des supers z-amis très sensibles, et intelligents t'sais, et ben, euh, et ben y sont mieux que des couples normaux, enfin j'veux dire, y sont bien quoi. Moi, et ben j'me confie à eux souvent passque les z-homos tu peux te confier à eux, y savent super bien écouter, ouais, genre, y z-ont super le sens de l'écoute.

     

    Les cathos y les aiment pas, mais en fait, c'est passqu'y sont tous homos et lesbiennes alors y sont jaloux, passqu'ils osent pas le dire mais les homos et les lesbiennes qui vont s'marier si, comme dans « Plus Belle la vie », ouais c'est nul j'regarde pas, c'est ma sœur mais des fois, c'est genre sympa ».

     

    Et les cathos c'est des nationalistes; des fâchos qui sont contre l'Europe, alors qu'avec l'Europe, quand même et ben on n'a plus de guerre, hein, on est tous frères, et pis de toutes façons, moi j'suis citoyen du monde, comme y nous a dit meussieur Meunier en Histoire, nous on est tout citoyens du monde, ouais après il a chanté un truc avec la guitare, c'était pas top mais c'était sympa, t'vois ». Ouais, moi j'aimerais bien voyager, j'aimerais bien aller à Niouyorque passque là-bas ça bouge plusse qu'en France, c'est plus cool, t'vois j'veux dire ».

    image empruntée au site news yahoo.fr

  • Lettre à une célébrité à qui l'on a fait peur....

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    Un fâchiiste et quelques autres esstrêmistes au départ d'Evreux à ce lien (un certain Grandgil en rouge).

    Il y a quelques années, tu as vécu, et témoigné, d'une très belle conversion au catholicisme, toi l'humoriste décalée, fêtarde et caustique que l'on n'attendait pas du tout là. Il n'y a que quelques imbéciles dénués de tout esprit de finesse pour en avoir été surpris, contrairement à ceux qui savent que « Dieu écrit droit avec des lignes courbes », et que « l'Esprit souffle où il veut » et jamais là où on l'attend. Tu n'as eu de cesse de témoigner de ta foi nouvelle depuis, avec une bonne humeur et un enthousiasme communicatif.

     

    Déjà, en face, ceux qui haïssent le catholicisme et tout ce qui semble contredire leurs certitudes sectaires, persuadés qu'ils sont de détenir la vérité et d'être les seuls garants du progrès t'ont raillée, moquée, méprisée et ainsi que tu en témoignais chez Ruquier à la radio, avec qui tu avais travaillé, on ne t'invitait plus nulle part ou presque. Ils t'ont moqué comme l'on fait avec une enfant turbulente, qui faisait sa « crise mystique » après s'être beaucoup amusé, comme si d'ailleurs l'humour, la joie et la foi étaient inconciliables.

     

    « En face » on n'est pas de gauche, « en face » on n'est pas de droite, « en face » on est un tout petit milieu aisé, voire très aisé, où l'on ne croit ni à dieu ni à diable, où on aime l'argent et la facilité avec lequel il permet l'accès à différents plaisirs. « En face » on ne pense qu'à préserver les intérêts d'une toute petite classe de privilégiés qui assure son pouvoir en jouant sur la peur panique des « bêtes à cornes » de ne pas être dans le vend du progrès pour faire passer les idées ou lois qu'ils souhaitent pour leur milieu et rien que pour leur milieu.

     

    Il y a quelques mois, tu as lancé un mouvement spontanément contre une loi, la loi Taubira, loi d'essence sociétale libérale et non progressiste, loi assurant surtout au nouveau président une nouvelle base électorale plus stable, l'électorat populaire ayant fichu le camp sous d'autres cieux politique. Là, en face, ils ont commencé à fulminer, à enrager, à se mettre en fureur contre toi, à laisser sortir quelques calomnies, à te trainer plus bas que terre, à t'injurier à jet continu de la manière la plus basse, la plus abjecte, la plus méprisable.

     

    Pas directement pas d'eux mêmes d'ailleurs car à l'abjection ils rajoutent souvent la lâcheté...

     

    Qu'à cela ne tienne, tu t'es entêtée et tu as continué. Tu as rassemblée des catholiques de droite, de gauche, des « réacs », des « pas réacs », des homosexuels, des familles, des célibataires, il y avait même des électeurs de Mélenchon hier, portant fièrement une bannière du Parti de gauche, et tu as donné un élan formidable à des jeunes qui n'osaient pas jusque là contredire les dogmes de la pensée dominante et libérale libertaire. Il n'y a pas que toi qui ai été méprisée, mais tout ce mouvement de « la Manif pour tous » avec toi, jusqu'à l'humiliation par le président qui ne veut surtout pas t'écouter, toi et ceux qui t'ont suivie.

     

    Beaucoup n'ont d'ailleurs pas encore compris dans ceux qui te suivent que le fait de se dire ci ou ça, de se justifier ne change strictement rien, pour ceux « d'en face », c'est tout ce mouvement qui est composé de « fachos » et de « réacs » nostalgiques de Vichy ou des Ordres Noirs. Quoi que les participants à la « Manif pour tous » fassent ou disent, ce sont des réactionnaires, ce sont des bourgeois, ce sont des privilégiés, ce sont des catholiques vétilleux, traditionalistes et dogmatiques. Il ne faut pas s'étonner que certains se radicalisent et en viennent à d'autres extrémités.

     

    3417741_3_58a0_la-manif-pour-tous-le-26-mai-place-des_13938df3885bcc1fe9b7958fd2d26927.jpgTu n'a pas participé à la manifestation d'hier, qui a été traitée dans les médias évidemment, en insistant bien lourdement sur les débordements qui ont eu lieu après, sur l'influence du clergé catholique qui pousserait comme un vulgaire lobby les paroissiens à défiler sans se poser de questions et en toute docilité – encore du mépris, sans parler des gros yeux que monsieur Valls roulait en affirmant qu'il allait interdire le "printemps français" mouvement qui n'est même pas formalisé. Notons aussi que parmi les jeunes interpellés hier soir beaucoup l'ont été surtout pour cause de « non dispersion » immédiate et non pour violences.

     

    Tu as dit que tu n'es pas venue du fait de menaces que tu as reçues, ce que je ne mets pas en doute une seconde. Mais ces menaces je pense ne venaient pas seulement d'excités extrémistes et « jusqu'au boutistes » mais de ceux « d'en face » qui, poussés à la colère que tu as déclenché chez eux, sont dangereux, savent très bien quoi dire pour inquiéter, minoritaires mais disposant de réseaux dont ils savent très bien user ils peuvent très bien t'empêcher de travailler, entre autres....

     

    Ils ont dû croire que si tu te retirais, le mouvement s'essoufflerait, mais contrairement à ce que tu as dit hier, « la Manif pour tous », ce n'est pas fini. Avec la GPA et la PMA qui se profilent, en attendant l'euthanasie pour tous, le corps humain, l'être humain ne sont plus que des variables ajustables soumises au pouvoir du tout économique. Cette colère ne va pas s'éteindre, ce n'est que le début...

    photo du haut prise sur le site du Figaro

    photo du bas prise ici

  • Bonne Fête à tous les parents 1 (ou 2 je ne sais plus)

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    On dit plus "Bonne Fête des Mères" c'est stigmatisant, je rappelle que l'on a changé de civilisation...

    Et quant à parler de stigmatisation, quid de cette atroce discrimination encore existante qui fait que seules les pratiques sexuelles hétérosexuelles sont décrites dans l'éducation sexuelle ?

    carte_heureuse_du_jour_de_mere_de_robots_mignons_d-rb3c182bc828e4826b8681e5bd4fbcee3_xvuat_8byvr_216.jpg

  • Valls et l'interdiction du "printemps français" mais pas que - Les masques tombent...

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    520571-le-ministre-de-l-interieur-manuel-valls-quitte-l-elysee-le-22-mai-2013-a-paris.jpg?modified_at=1369380028&ratio_x=03&ratio_y=02&width=476Quand des manifestants ne sont pas dans la logique de la société libérale libertaire, on songe à les interdire.

    Voir ici et


    Les masques tombent, ce n'est pas du mépris, ce n'est pas du dédain, la contradiction portée par la rue les fait enrager, ils fulminent, ils la rejettent violemment, n'en veulent pas.

    Ils n'y répondent que par des injures, des calomnies, ne veulent surtout pas débattre.

    Cela ne me suprend pas et vous ?

    Nous voilà de retour aux "fiches"...

    Voir ici ce que le ministre a demandé à la DCRI concernant l'armée et les militaires favorables à LMPT

    Cela montre aussi que le clivage le plus marqué n'est pas d'être de gauche ou de droite, il est dans la conception de la morale individuelle et de la famille.


    Rappelons aussi que le gouvernement profite de la polémique pour faire passer cette proposition de Moscovici sur "l'autorégulation" du salaire des grands patrons, proposition que je ne peux lire ou entendre sans rire, amèrement, devant tant de cynisme tranquille.

    Encore sur le clivage politique, entre ce gouvernement social libéral et le gouvernement libéral libertaire de Sarkozy il n'y a guère qu'un papier à cigarettes de différence...

  • Comment se fâcher -peut-être- avec deux camps en même temps - au sujet du suicide de Dominique Venner

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    x240-1vj.jpg Ce petit texte ne veut pas ménager la chèvre et le chou, il attaque les deux, ne tente pas un grand écart risqué, exprimant simplement mon opinion. Il fâchera, ou pas, les tenant de ceux qui font, quoi qu'ils en disent, l'éloge de ce geste, et ceux pour qui c'est un « fââchiiste » en moins, se réjouissant de cette mort, ce suicide qui rappelle un peu celui de Montherlant dans ce qu'il exprime ou veut exprimer, les incultes ne se référant pour leur part qu'à Mishima (ils ont au moins entendu parler du film de Paul Schrader).

     

    Dans la « bonne » presse, et chez ses lecteurs et commentateurs, c'est un déluge d'injures et de calomnies toutes plus basses les unes que les autres, et se complaisant dans l'abjection la plus crasse, donnant à cet événement une large publicité tout en prétendant combattre le risque de retour des fameuses « z-heures les plus sombres... » (TM°), dont la  grotesque "Femen" hier, et en employant rigoureusement les mêmes procédés que les torchons éditées par les ligues fascistes justement des années 30, tout en reprochant à ceux que l'on prétend combattre d'être haineux, sans voir le paradoxe criant qu'il y a à cette prétention tout en agonisant d'injures un mort, sans souci ni respect humain du chagrin que vivent déjà ses proches.

     

    L'abjection et la haine, la psychiatrisation de l'adversaire (cf la déclaration de Bergé, ce phare de la pensée sur les maires « bons à soigner » s'ils ne célèbrent pas les « mariages gays »), dans la « bonne » presse c'est moins grave quand c'est contre une personne « d'esstrème-droite », un « facho », un méchant, un malveillant accusé par certains qui ne l'ont pas lu d'être un « n'intégriss catholique », un « tradi » alors que Venner, anti-chrétien militant (avec une nuance de taille, cela ne l'empêchant pas de participer à diverses publications catholiques, certes surtout car de son bord idéologique), faisait plutôt montre d'un paganisme bon teint dans son milieu politique, persuadé qu'être logique dans son nationalisme impose de croire ainsi que nos ancêtres gaulois ou celtes aux divinités cachées dans les arbres ou les sources, ou à la « Déesse Mère ».

     

    Sa mort devant un autel dédié à la Vierge pourrait sembler paradoxale, et témoigner d'une méconnaissance de la miséricorde qu'elle peut demander par son intercession pour n'importe quel croyant, même pêcheur, envers son fils, même désespéré...

     

    A l'inverse, j'ai pu lire sous la plume de nombreux commentateurs sur le Réseau, tout comme sous celle de monsieur l'Abbé Guillaume de Tanoüarn, des textes, qui si ils ne sont pas clairement une glorification de ce geste d'une gravité extrême pour un chrétien, sont malgré tout des éloges de ce « sacrifice » qui serait en somme expiatoire de la dégénérescence actuelle de la société libérale-libertaire. Ainsi que je l'évoquais au début de ces lignes, ce suicide ressemble plus à celui de Montherlant, voire de Mario Moniccelli, de Roland Barthes ou Drieu, provenant de leur morale personnelle aristocratique et de leur dégoût face à la médiocrité du monde moderne plus que véritablement le sacrifice de combattants pour des idées.

     

    Les cadets de Saumur se sont sacrifiés en combattant jusqu'au bout en 1940, les « Vendéens » aussi, les soldats de « l'Armée des ombres » évoqués par Malraux dans son discours au Panthéon dont le seul souvenir me fait vibrer, ils sont restés debout, ils n'ont pas renoncé. Je pense aussi à cet ancêtre , dans la Chouannerie du Berri, à Palluau, à cet arrière grand-père, héros de la Première Guerre

     

    Personnellement, j'ai en horreur les suicides glorieux, ou présentés tels, comme à Massada par exemple, je n'y vois rien de grandiose, simplement un geste qu'un chrétien ne peut décemment cautionner. Il ne s'agit pas de juger Dominique Venner, de le condamner, mais de rappeler cette évidence. Il y a des signes d'espérance, ce suicide étant un péché contre elle, j'en vois par exemple chez des enfants qui me sont proches, j'en vois chez ces jeunes méprisés qui un tout petit peu encouragés sont capables d'être exigeants avec eux, j'en vois parmi tous ceux qui n'ont pas peur d'exprimer leur colère face à l'idéologie mortifère qui empoisonne ce pays depuis quelques décennies déjà.

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  • Devient-on un « vieux con » l'âge venant ?

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     société, politique, littérature, personnel, vieux con ?Hier j'ai eu quarante-quatre ans. « On vieillit, mine de rien », m'a dit fort justement un ami, il faut commencer en effet à songer à poser peut-être enfin ses bagages et à trouver un havre de paix doux et tranquille, un foyer. Ce foyer je l'ai trouvé et perdu, car je n'ai pas su l'apprécier avec la sagesse qu'il aurait fallu sur le moment. Comme tout un chacun, comme la plupart des gens qui se mentent sur ce qui serait vraiment bon pour eux, recherchant toujours un bonheur illusoire et rêvé alors que celui-ci est à portée de main.

     

    Je ne suis pas certain que cela soit pour moi, ni pour cet ami d'ailleurs. Nous ne sommes pas de l'espèce de ceux qui ont le droit à une sérénité domestique douce et tranquille, ainsi que beaucoup de personnes que j'aime tendrement, et je crois bien que nous ne le serons jamais vous mes amis, vous mes vieux camarades malgré tout de par notre sensibilité aux autres et au monde qui est à la fois une bénédiction remarquable et une malédiction insigne.

     

    Je ne sais pas si je suis un « vieux con », je ne sais pas tellement d'ailleurs ce que l'on entend par là, à part une épithète pour désigner tous les emmerdeurs de penser confortablement en rond dans une société qui privilégie au delà de toute mesure l'instinct grégaire, un instinct grégaire de plus en plus effarant :

     

    Évoque-t-on à ce sujet la lucidité, le léger cynisme quant aux illusions, la causticité quant au monde qui viendraient avec la maturité ?

     

    Auquel cas, j'ai toujours été un « vieux con », moins sûr de lui avant, insatisfait de la perte de ses illusions, et de ses utopies, de ce que la vie est généralement la plus injuste avec celles et eux qui le méritent le moins.

     

    La réalité de cette absurdité du monde ce sont les souffrances de tous ces innocents qui ne les ont pas mérité, qui n'ont rien fait pour devoir les subir, et qui n'ont pas de sens, les pires souffrances étant celles de l'âme, les tortures spirituelles et psychologiques que cela implique étant les pires, de celles dont il est souvent question dans les « newsmagazine » sous la plume d'auteurs qui ne savent pas trop en fait de quoi ils parlent.

     

    Le pire étant que ceux qui les vivent préfèrent parfois rester perdus dans ces abîmes que de se risquer à vivre enfin, tout simplement. Ils se perdent aussi de plus en plus dans le gouffre sans fond qu'est Internet, qui rend fou, confondant les amitiés réelles et virtuelles. Une amitié sur le réseau et seulement sur le réseau n'est pas encore tout à fait une véritable amitié, elle n'est pas fondée sur des bases solides.

     

    Quand nous sommes enfin prêts à prendre ce risque, de vivre, il est souvent presque trop tard, ou cela arrive souvent « in extremis », ainsi l'auteur de ces lignes qui s'est décidé à vivre au bord du gouffre, du néant.

     

    Pour le croyant que je suis, elles en ont sans doute un aux yeux de Dieu ces souffrances, un sens que pour l'instant, je ne suis pas capable de comprendre ni d'accepter, qui ne suis, simple croyant, qu'un être humain faible et tellement limité. Je ne supporte pas ces croyants qui répondent à ceux qui subissent ces souffrances « Dieu t'aime » avec un sourire de « figue éclatée » (Desproges TM°) absolument insupportable, non la seule réponse face à ceux qui souffrent ce sont des actes d'amour, et rien d'autres.


    image issue d'une mise en scène de "Rhinocéros" de Ionesco prise ici

  • Fragments d'un journal en Palestine 14 – Conversations avec Zidane

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    pic02a.jpg Pour apprendre quelques rudiments d'arabe, au moins quelques expressions idiomatiques pour me débrouiller dans la rue, dire quelques mots de la vie de tous les jours, avoir au moins une conversation simple, ce qui était pour moi un minimum par rapport à mes voisins de la Via Dolorosa, voire connaître deux ou trois gros mots et insultes (je sais dire « nique ta mère » ou « ferme ta gueule » en arabe par exemple ce qui a pu s'avérer très utile même quand je suis parti de Palestine), j'ai suivi le conseil avisé d'un autre coopérant, Alain, présent depuis un an à Jérusalem.

     

    Et j'ai proposé à Zidane, qui vendait les billets de visite à Sainte Anne et surveillait la porte, ainsi qu'Alain l'avait déjà fait, d'échanger des cours de français avec des cours d'arabe dialectal dispensés donc par Abu Ali Zidane, gardien de la Basilique pendant les visites des touristes et pèlerins.

     

    Bien entendu, cet échange de leçons prit très vite un tour très palestinien, très méditerranéen, détendu, sans que nous ne cessions pour autant de travailler. Par exemple, il n'était pas question de commencer les leçons sans un café à la cardamone, ou un thé à la menthe, ainsi qu'une conversation ou futile ou plus profond, entre autres sur nos modes de vie et manières de penser respectifs, ce qui était tout aussi intéressant que l'apprentissage de la langue française ou arabe. Bien sûr, je n'avais pas d'illusions sur mon apprentissage de cette langue, car pour l'étudier réellement il m'aurait fallu de quatre à cinq d'études de plus....

     

    Zidane, dans son apparence, était l'archétype du terroriste du « Hamas » selon la caricature dispensée par le ministère israélien du tourisme, et certains guides un rien subjectifs, de ceux qui ne voyaient pas d'inconvénients majeurs à traverser la Vieille Ville arabe, chrétienne ou musulmane, escortés de policiers et, ou militaires en armes :

     

    Zidane avait sur le nez été comme hiver, si tant est que l'on puisse réellement parler d'hiver à Jérusalem même s'il neigeait tous les deux as, des lunettes à verres « miroir » ou « mercure », pull en « V » et veste bleue, courte barbe qu'il entretenait soigneusement.

     

    Son épouse habillée de bleu, était complètement voilée, et quant à lui il était « Cheikh » de son quartier et donc hautement respecté pour cela, un musulman honoré ayant fait le pèlerinage à la Mecque et satisfaisant les autres piliers de l'Islam avec constance. Il était de cette courtoisie un peu désuète, que d'autres trouvent un rien sucrée, un peu trop enrobée, à l'orientale, dont on se demande si elle est sincère ou si cette courtoisie affectée ne cache pas le dédain que l'on a en fait de l'interlocuteur. Toujours d'un grand calme, je le sentais pourtant à fleur de peau, comme tous les palestiniens et israéliens rencontrés à Jérusalem.

     

    Il affectait un mépris certain et sans équivoque pour les bédouins et les paysans en dehors de Jérusalem, où il était fier d'être né. Quand je lui demandais si telle expression entendue dans le « souk » dans la bouche d'un marchant ou d'une vieille dame vendant la production de ses maigres récoltes était correcte Zidane me répondait parfois avec une moue de dédain :

     

    «  Countryside, Amaury, countryside »,des expressions de « péquenots » en somme à ne pas répéter en concluais-je.

     

    Seulement voilà, il était, et est toujours à ma connaissance soufi, à savoir une communauté musulmane pacifiste par essence, très proche du christianisme à son origine, puisqu'il y eut un monachisme soufi, ainsi que des mystiques qui se rapprochèrent dangereusement, ainsi sur le site d'Abu mussa, des chrétiens avec qui ils fraternisèrent de nombreuses fois, ce qui fut réprimé dans le sang à chaque tentative de fraternisation par les nouveaux maîtres de la Terre dite Sainte après les byzantins.

     

    Bien sûr, à discuter avec lui longuement et souvent, il s'est très souvent avéré que les choses étaient bien plus compliquées, bien plus complexes que les étiquettes, mêmes valorisantes, même sympathiques, que l'on peut coller dans le dos d'un individu sans trop réfléchir. Il n'y a pas seulement du noir, il n'y a pas seulement du blanc dans l'âme des êtres humains, il n'y a que des nuances de gris, une infinité de nuances de gris.

     

    Un jour, un des visiteurs de la Basilique était un français converti à l'Islam, devenu imam, un imam fanatisé à outrance comme le sont beaucoup de convertis, en tenue « afghane », le parfait taliban, se vantant devant moi et Zidane, en arabe, d'avoir cinq épouses soumises et dociles dont une française blonde et pulpeuse, le genre de femmes à faire tourner la tête des palestiniens pour qui c'est le fantasme ultime, les femmes européennes, des « chrétiennes » étant de plus réputées « faciles » et « légères », douées pour le sexe.

     

    Je vis briller les yeux de Zidane, je vis aussi son sourire un rien sarcastique devant mon visage un rien décomposé par la colère froide qui me saisit à ce moment là devant la sottise absolument crasse de la conception des femmes qu'avait l'imbécile pérorant devant nous.

     

    A la suite de cette conversation, alors que l'imam « talibanesque » était parti, je parlais avec lui de son engagement politique et religieux, ce qui pour un palestinien va de pair, et je lui demandais ce qu'il ferait si, un jour, il me tenait au bout d'un fusil après l'affrontement possible entre Islam et Occident, le fameux « choc de civilisations » que d'aucuns appellent de leurs vœux d'un côté et de l'auteur, fort imprudemment, rêvant sur des flots de sang pour satisfaire leurs pulsions de haine et consoler leurs frustrations diverses.

     

    877611_a-palestinian-activist-argues-with-israeli-border-police-officer-during-a-protest-near-ramallah.jpgJe n'ai que du mépris pour ceux-là, quelques soient les justifications qu'ils trouvent.

     

    Sans hésitations, et très calmement, Zidane répondit à ma question me regardant droit dans les yeux qu'il n'hésiterait pas une seconde à tirer si son devoir de bon musulman et de patriote le lui enjoignait de le faire.

     

    Et pourtant quand je lui annonçais mon départ de Jérusalem, Zidane pleurait.

     

    Et pourtant j'avais déjà gagné son amitié.

     

    Pour justifier l'accomplissement d'un tel « devoir », il me décrivit les couvents immenses et vides dans la « Vieille Ville », habités d'un ou deux religieux ou de petits occidentaux venus pour essayer de guérir de leur culpabilité à être autant matériellement favorisés, pleurant des « larmes de crocodiles », les familles habitant à côté se serrant sur deux ou trois générations dans des pièces de dix mètres carrés parfois, leur misère criante et l'indifférence de la majorité de ces occidentaux et touristes religieux.

     

    Tous ces points bien sûr ne peuvent justifier aucune haine, aucune violence, qui n'y trouvent aucune légitimité, mais ils sont parfaitement exacts. Les chrétiens, les européens qui vont à Jérusalem juste pour se faire plaisir, pour retrouver une terre qu'ils ne perçoivent qu'en rêve, ces religieux, ces communautés dites nouvelles qui ne font même pas l'effort minimum d'apprendre au moins quelques mots d'arabe, ne savent pas, n'imaginent pas le mal qu'ils font à la voie qui pourrait mener à la paix entre les peuples israéliens et palestiniens; paix qu'ils mettent à toutes les sauces, qu'ils invoquent bien souvent pourtant.

     

    Toutes ces personnes qui au fond ne pensent qu'à la contemplation de leur nombril ne comprendront jamais que les paroles lénifiantes, les bonnes intentions, les délires mystiques pleins de belles images, de fausse ferveur, et d'exaltation suspecte, ne sont rien s'il n'y a pas d'actes ensuite, et des actes, il en existait fort peu, des actes concrets. Par actes, je n'entends pas ces rassemblements de militants occidentaux « anti-sionistes » qui venaient se donner des sensations fortes en Cisjordanie, excitant les haines pour repartir tranquillement chez eux ensuite, ne se souciant pas vraiment des conséquences.

     

    Zidane pourtant, quand je quittais Jérusalem, comme cadeau de départ, m'offrit une carte de Terre Sainte sans frontières dessus, me disant : « One day maybe... ». Je ne sus jamais ce qu'il entendit pas là, une Terre Sainte enfin unie sous la férule d'un Islam pacificateur, ou bien une Terre Sainte enfin dans la paix, la haine entre les croyants enfin annihilée ? Je suppose hélas que c'est plutôt la première hypothèse qui prévaut pour lui. Mais ce tout petit désir de paix est un tout petit signe d'espoir quant à la fin de la guerre interminable sévissant là-bas....


    image du haut empruntée ici


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  • Les haines anti-catholiques

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    Cet article naît d'un constat personnel et d'un ras le bol face à cette haine...


    Je n'aime pas le terme de cathophobie, qui fait des catholiques une race à part, en dehors du monde, et participe au fond du même discours à la mode parmi les belles âmes dans la société. Je trouve par contre que l'on peut évoquer plus précisément, et plus pertinemment la haine tenace, à divers degrés, plus ou moins bien camouflée, pour différents motifs qui sévit contre les catholiques en particulier et toute personne en général croyant dans la nécessité de valeurs élevées collectives et individuelles, et dans les vertus de l'éducation.

     

    Personnellement, j'ai longtemps cru que faire le « grand écart » avec des personnes ayant des opinions à l'inverse de ma foi était possible, que l'on pouvait malgré tout se côtoyer sans trop de heurts. Je sais que d'aucuns sur Internet et ailleurs y croient encore plus ou moins, tels Jacques de Guillebon, ou Bernard Rackam, qui sont peut-être plus confiants que moi en l'être humain.

     

    Mais il y aura toujours un « butoir », et ce « butoir » ce n'est pas les catholiques qui l'installent. Ou bien ils sont forcés de faire des compromis sur leur foi et les valeurs qu'elle implique, et d'y perdre tout ou partie de leur identité.

     

    Il y a la haine toute bête, la haine imbécile, issue d'un complexe social, "les cathos c'est rien que des bourgeois", face auquel on se sent impuissant, même si on se dit que « ce n'est que ça », une forme de jalousie et d'envie d'esclaves bien nourris du consumérisme qui ne supportent pas les personnes qui ont encore quelque idéal, autre que la satisfaction de leurs pulsions immédiates, et le désir de s'élever, non par prétention mais parce qu'ils croient que l'être humain vaut mieux que cela, mieux que ce comportement de porc cherchant inlassablement les baies dans sa bauge pour calmer son appétit.

     

    Il y a la haine condescendante, la haine à la « bouche en cul de poule », la haine bien élevée, fielleuse, toutes en suppositions et allégations, qui se veut progressiste et éduquée, cultivée, alors que bien souvent, elle ne procède que de lieux communs et préjugés sans aucun rapport avec la réalité. Cette haine là prétend argumenter, prétend justifier son existence. Si elle existe, c'est de la faute de l'objet de sa haine qui la mérite bien, appliquant également une loi du talion non dite et non inscrite qui veut que les descendants des catholiques qui ont certes commis des erreurs parfois tragiques au cours des âges continuent à payer « ad vitam eternam »...

     

    Cette haine prétend que les catholiques croient en des « contes d'enfants », des superstitions, mais n'a de cesse de les poursuivre de sa vindicte, contrairement à des extrémismes largement plus dangereux pour lequel il y a une tolérance presque complice. Cela provient aussi de la terreur absolue de stigmatiser ou risquer de stigmatiser des populations « issues de la diversité » (TM°). On la retrouve parfois hélas également parmi des "cathos de progrès" qui ne veulent surtout pas que l'Évangile puisse contredire le monde....

     

    C'est cette haine qui motive la présence de monsieur Schmidt, le père d'Anne-Lorainne, sur l'abject "Mur des cons", doublé ces derniers jours d'un "Mur des homophobes" tout aussi méprisable, et rien d'autres...


    Et enfin il y a la haine idéologique, la haine due à l'embrigadement, à l'obéissance totale et aveugle à une doctrine qui prône l'anéantissement des croyances et des idéaux des catholiques pour mettre les siens à la place, pour bien entendu le plus grand bonheur de l'être humain, selon ce que cette haine prétend du moins. Cette haine idéologique ne comprend pas l'entêtement des catholiques quant à leur foi, leurs croyances et leur morale, car cette haine a la vérité, elle sait ce qui est bon pour l'être humain.

     

    Catholiques dits « tradis » et catholiques dits « progressistes » n'ont pas encore tous compris que de toutes façons d'où qu'ils viennent, ils subiront le même rejet, la même violence verbale, voire parfois physique, sans omettre d'évoquer les profanations de cimetières chrétiens de plus en plus nombreuses. Et ils sont tous mis dans le même sac par les tenants de la société libérale libertaire, communautaristes et penseurs « sociétaux », qui fulmine de les entendre encore, qui fulmine devant le flot de la colère qui monte face à sa haine et qui ne s'arrêtera pas de monter...

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  • Les imbéciles de droite - article dédié à Tibor Skardanelli

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     politique, société, droite, gauche, libéral libertaireAprès quelques échanges avec de ces contributeurs de droite, libéraux convaincus, je me suis dit encore hier soir qu'au fond à un imbécile de droite, droit dans ses bottes et son monétarisme, je préférerai toujours un type ou une femme de gauche même du genre bloqué sur ses certitudes absurdes concernant le catholicisme, même imbécile, du moins s'il est ou si elle est sincère, conservant encore quelques idéaux qui, même brouillons, procèdent au moins de son désir de générosité.


    Notez que mener un imbécile de droite par le bout du nez n'est pas bien compliqué, car pour lui critiquer l'ultra-libéralisme, ou remettre en question la société d'hyper-consumérisme c'est être un suppôt du marxisme, un séide du stalinisme et un nostalgique de la Révolution prolétarienne.

     

    Bien sûr, ainsi que le rappelait fort à propos Zemmour dans sa chronique de mardi dernier, évoquant les « larmes de crocodiles » sur les morts dans l'incendie d'un atelier textile au Bangladesh, critiquer le système implique aussi être lucide sur soi-même et sa propre consommation de produits à bas prix, fabriqués dans des usines lointaines dont les ouvriers sont des esclaves : ainsi l'ordinateur sur lequel j'écris, le polo que je porte...

     

    Nonobstant cela, cet article est dédié chaleureusement à Tibor Skardanelli, commentateur émérite sur Tak.fr et contributeur brillant sur antidoxe.eu. Il vient d'écrire dernièrement une contribution étonnante, fruit on n'en doute pas de plusieurs années d'études de climatologie et de météorologie, afin de démontrer que le réchauffement climatique ne peut être le fruit de l'activité humaine, il le sait, il l'a vu, peut-être dans le marc de café, l'activité humaine n'a aucune incidence sur le climat.

     

    Par la magie des nouvelles technologies les « spécialistes en tout » que l'on ne croisait auparavant qu'au zinc du « Café du commerce » peuvent maintenant essaimer leur expertise partout dans le monde. Et être applaudis voire félicités par d'autres « spécialistes en tout » qui semble-t-il ont toujours quelque chose à compenser : frustrations diverses, complexe culturel, jalousie quant à l'éducation etc...

     

    Je m'étonne d'ailleurs toujours que l'imbécile de droite, si prompt à s'attaquer aux bobos prétentieux, épris de pseudo culture, soit si chatouilleux sur ce plan-là.

     

    Comprendre que prétendre cela interdirait aux bêtes à cornes dociles de s'acheter qui un ou un simili « 4X4 » polluant, qui de s'installer l'air con-ditionné chez lui ou se payer un de ces objets que la pression de la société impose d'avoir chez soi, n'entretenant ainsi plus la dynamique des marchés, ce qui est une sorte de crime pire que n'importe quel blasphème aux yeux des thuriféraires enthousiastes des bienfaits selon eux de la manne libérale.

     

    De plus cela reviendrait à contester les bienfaits du tout-économique chacun sachant très bien que si les pauvres sont pauvres et les plus faibles, faibles, c'est surtout de leur faute, qu'ils manquent d'esprit d'entreprise et d'initiative, que le darwinisme social à l'œuvre dans notre monde sert surtout à les motiver, qu'il n'y a pas à les aider, ou les protéger, ce serait les encourager à la paresse tout le monde sachant que le pauvre, le faible, est un gros fainéant.

     

    Enfin, l'imbécile de droite ne veut pas voir que la déliquescence sociale et nationale actuelle, bien loin d'être seulement le fruit du matraquage idéologique de professeurs, tous gauchistes; et de « soissantuitards » attardés, est aussi et d'abord la conséquence de l'idéologie libérale libertaire qui imprègne toute la société actuelle, de la gauche à la droite, la version actuelle, sociale libérale, revenant exactement au même. La société libérale libertaire (note personnelle pour Bertrand Redonnet, ou qui se prétend libertaire) a tout intérêt à ce que le consommateur pour plus de docilité soit coupé de tous les liens traditionnels le protégeant encore un petit peu dont la famille et la nation, ou sa foi religieuse. Elle a tout intérêt à une illusoire « libération » des mœurs, ou des pulsions, ce qui libérera de nouveaux marchés, entretenant donc le système avide.


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  • L'Art contemporain en folie en province

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    art,ââârt,hypocrisie,politique,société,bourgeois

    Folies bourgeoiseses et art con-temporain.

    Ami lecteur, je te rassure tout de suite, j'aime bien les paysages de province, la campagne, les panoramas somptueux, mais ce que je ne supporte pas c'est l'ennui tout puissant que j'y ressens, et je suis loin d'être le seul, dans une province vidée de son âme, de sa substance, de son identité, le tout au nom de la diversité (TM°) du progrès (TM°) du développement durable et autres gadgets cosmétiques cachant bien mal les vanités culturelles toutes petites de la petite et grosse bourgeoisie.

     

    Par petite et grosse bourgeoisie, j'entends bien la réalité concrète de tous ces privilégiés petits, moyens et grands qui bénéficient de réseaux, copinages et clientélismes divers selon eux bien légitimes, des acquis que l'on ne peut remettre en question sous peine de passer pour un nostalgique des « z-heures les plus sombres de notre histoire », un fâchiiste, un poujadiste !

    Et ce n'est pas l'art contemporain en lui-même que je raille mais les pseudo-artistes et escrocs plus ou moins conscients qui affirment en relever.

     

    En 2013, la province reste donc confite dans la contemplation de son nombril, se repliant sur elle-même, se rassurant, et toutes les villes ont des airs des sous-préfecture anonyme, de non-lieux sans âme, le tout agrémenté de politiques urbaines ineptes.

     

    Les créateurs d'art contemporain de province, d'"installations" (on ne doit plus parler d'oeuv res)  jouent là-dessus pour écouler leur production, et ainsi vivre de subventions diverses et variées, de mécénats souvent publics, au nom de l'art, pardon, de l'Aââârt, faire marcher l'épate-bourgeois, les « bovarysateurs » et « bovarysatrices » ruraux se sentant alors aussi audacieux (et aussi conformistes) que leurs équivalents parisiens dont ils partagent les mêmes prétentions et la même vacuité intellectuelle, car tout ce motive leur prétendue passion de l'Art moderne c'est le désir de se mettre en valeur, eux, et leur peur panique de passer pour des béotiens.

     

    Les créateurs de « happening » provinciaux (comme cette jeune femme qui tout en dansant sur du Strindberg colle des lanières de scotch par terre traçant ainsi des « chemins spirituels »), les « plasticiens » (tel celui-ci qui « crée » des ronds-points tellement audââcieux pour un conseil général qui a de l'argent à jeter par les fenêtres), les « théâtreux » (ainsi ce metteur en scène, pardon, en espace, qui fait jouer Molière comme Ibsen, « parce que Molière en fait c'est tragique, t'vois », retardant en cela d'une trentaine d'années sur les modes prétentieuses), bénéficient donc de la manne institutionnelle et sont assurés d'un public quasiment captif, dont les jeunes, qu'il convient d'ouvrir à cette pseudo-modernité d'un grotesque « prudhommesque » car depuis monsieur Prudhomme, Bouvard et Pécuchet, les bourgeois n'ont pas changé, ils aiment toujours passionnément les lieux communs qui les font rougir d'orgueil.

     

    Les exemples que je viens de donner sont tous réels.


    J'allais omettre dedans le plus beau, si j'ose dire, la « mise en espace » de la pièce en deux actes d'un poète grec, pour le « jeune public » c'était agrémenté d'un échange-discussion avec les acteurs et le « metteur en espace ». Un bateau à voiles par exemple était symbolisé par une figurante en grande robe blanche qui tenait les deux pans de son habit pendant qu'un autre comparse soufflait derrière pour figurer le vent, le voyage étant symbolisé derrière les acteurs par la projection de rails de chemins de fer en mouvement pris du dernier wagon d'un train.

     

    Bien sûr, pour figurer la solitude du voyageur, et aussi pour respecter les traditions non écrites du théâtre moderne, un des acteurs se déshabillait en scène jusqu'à la nudité frontale ce qui va de soi pour bien montrer qu'on lutte contre les tabous sexuels de notre société « d'inspiration judéo-chrétienne totalitaire » (TM°), « t'vois », déshabillage qui avait mis en joie des gosses de "cités" "bons sauvages" et alibis "socio-cul" présents ce soir-là.

     

    Cette imposture continuera malheureusement encore longtemps, car les prétentions et les folies des vanités bourgeoises sont sans fond, car aux prétentions sociales les privilégiés finissent toujours par ajouter des prétentions culturelles, voire un rôle de fanaux progressistes du peuple. C'est dans la nature des choses mais il est parfois bon d'évoquer leurs ridicules...


    Rond-point des Godelles pris sur le site du syndicat d'initiative de Commercy à ce lien

  • Fragments d'un journal en Palestine 13 – L'envers du décor à Tel Aviv et ailleurs

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     journal terre sainte, palestine, Israèl, société, littérature, voyagesAu début de mon séjour à Jérusalem, quand les taxis collectifs (« Sheirout » en hébreu, ce qui veut dire « chiottes », ou « Servis » en arabe)) arrivaient à Tel Aviv, ils se garaient encore parfois dans l'ancienne gare routière qui montrait l'envers du décor d'Israël et de cette ville cosmopolite et des plus vivante qui avait des côtés des plus séduisants par ailleurs, comme un décor attirant pour l'œil, un paravent coloré et charmant cachant des réalités plus sombres et plus dramatiques, loin du sable blanc et du ciel si bleu au dessus de la Méditerranée, loin de la sensualité des crépuscules face à la mer.

     

    De nombreux immigrants ayant fait leur « Aliyah » ayant perdus leurs illusions de richesse et de réussite sociale se retrouvaient échoués là, les uns vendant de tout et de rien aux touristes et aux militaires en goguette, d'une paire de lunettes de soleil à de « l'herbe », les autres, moins chanceux, ou moins chanceuses n'avaient plus à vendre qu'eux-mêmes, à savoir leur corps aux michetons émoustillés en mal d'exotisme ou leur force de travail aux patrons peu scrupuleux, quand la manne officielle se tarit, les migrants percevant un temps de confortables revenus, les colons, en particulier les colons intégristes étant favorisés quant à l'octroi de ces pensions, ce qui est un scandale national israélien dont il est peu question en Occident.

     

    L'ancienne gare routière était un rectangle d'une centaine de mètres et tout autour l'on trouvait des petites maisons frustres disposées en « U » qui abritaient au mieux les marchands de babioles pour touristes, au pire les maisons de passe et d'abattage miteuses où se retrouvent des jeunes immigrées éthiopiennes ou russes. Le soir à ces filles se joignaient des prostitués masculins, racolant plus discrètement, derrière les grands immeubles autour de l'ancienne gare, bien souvent entre les poubelles et les excréments animaux et humains.

     

    Allant reprendre à la tombée de la nuit notre « sheirout » pour Jérusalem, nous eûmes la surprise de voir sortir d'un de ces lieux quatre juifs ultra-orthodoxes en grande tenue dont l'un avec un « shtreimel », mais peut-être étaient-ils là pour des controverses théologiques majeures ?

     

    Qui sait ?

     

    Cherchant un loueur de vélos à Tibériade, le tenancier de la maison close louant aussi des vélos (sic), nous assistâmes au même genre de scène cocasse. Celui-ci nous précisa qu'il faisait signer un certificat de mariage express à l'entrée, et un autre de divorce à la sortie aux clients, tous ultra-religieux, pour sauver les apparence, Dieu étant alors fantasmé comme une sorte de super-bureaucrate en quelque sorte.

     

    La prostitution masculine se pratiquait également côté palestinien malgré les dénégations des dignitaires religieux ou politiques quant à l'existence de l'homosexualité en Palestine. Elle était considérée comme une sorte de travail d'intérêt général, une œuvre d'hygiène publique afin de satisfaire au moins un temps les besoins sexuels des jeunes hommes qui souffraient de l'interdiction de fréquenter les femmes alors que non marié.


    Les jeunes hommes les plus défavorisés, s'ils n'étaient pas d'un physique trop viril, sombraient dans ce commerce pour eux seule planche de survie, les enfants de « fille mère » en particulier, les bâtards, les gosses rejetés par les préjugés et la sottise communes.

     

    Entre les cahutes circulait constamment une foule hétéroclite et bruyante, des jeunes appelés de « Tsahal » en tenus de « surfers », avec la chemise hawaïenne « ad hoc » et quand même le « M16 » dans le dos, des filles à leur bras, toujours un peu arrogantes et se donnant le genre inaccessible, des palestiniens en recherche de travail, des vieilles dames bédouines vendant leur ballot d'herbes aromatiques, des millénaristes vantant les mérites de leur messie personnel etc....

     

    Parfois l'un ou l'autre religieux juif croyait bon d'aller sermonner, en plein jour, les prostituées, ne récoltant d'elles que leurs ricanements, certaines leur rappelant qu'ils étaient de leurs clients réguliers. Les moralistes en herbe tentaient alors leur chance devant les débits de boissons ne suscitant guère que l'indifférence des clients ou leur mépris.

     

    En Israël, les nouveaux arrivants originaires de Russie ou d'Éthiopie sont automatiquement soupçonnés d'être des demi-juifs ou des faux représentants de la diaspora, qui viennent surtout en Israël pour échapper à la pauvreté dans leur ancien pays.

     

    Et ils sont également de la « chair à canon » non négligeable pour tous ceux qui en Occident considère le « Choc des Civilisations » avec l'Islam comme inévitable, voire souhaitable, et Israël comme une sorte de super-porte-avions au milieu des pays musulmans.

     

    On ne les considère pas vraiment comme des véritables israéliens mais c'est en l'occurrence un échange de bons procédés aux yeux des théoriciens du pan-sionisme moderne....

     

    Il faut avouer que ce n'est pas entièrement faux et que c'est compréhensible. Les futurs immigrés signaient en URSS ou en Éthiopie un pseudo certificat d'appartenance au judaïsme et le tour était joué ainsi que le rappelle Emmanuel Carrère dans son livre sur Édouard Limonov qui fût tenté un temps par le voyage. Les candidats de l'ex-URSS au voyage désignés comme juifs par l'administration soviétique étaient bien souvent des individus considérés comme « asociaux » ou « bourgeois ».

     

    Dans le Nord de la Terre dite Sainte où la communauté russophone est la plus nombreuse, le visiteur, hormis le climat, peut s'imaginer être à Novossibirsk ou dans une banlieue de Moscou. Il peut trouver des produits qui ne sont pas du tout « casher » dont de l'alcool, et de la charcuterie, la seule contrainte étant demandée aux éleveurs de porcs étant que le sang de l'animal « impur » ne touche pas le sol de « Eretz Israël », le rabbin ayant décidé cela ayant certainement touché en espèces sonnantes et trébuchantes de quoi donner à ses « œuvres », les expatriés comme nous l'étions ne pouvions lui il est vrai lui en tenir rigueur. Nous nous fournissions parfois chez eux.

     

    Cette communauté travaille entre elle, fait affaire entre elle, participant à l'effort démographique du pays, la grande peur des dirigeants étant que les populations arabophones les dépassent un jour sur ce plan, certains colonies « en dur » comme Afula étant conçues comme des places-fortes futures, prévues pour résister à de longs sièges. Les immeubles modernes disposaient tous d'une pièce spéciale réservée aux soldats et volontaires chargés de les défendre plus tard, et chaque locataire ou propriétaire disposaient de volets métalliques blindés en cas d'attaque surprise.

     

    Les migrants éthiopiens avaient pour créneau de réussite autorisé le basket ou le football, les autres possibilités d'intégration leur étant plus ou moins fermées.

    Pas au grand jour, pas officiellement, le tout étant de l'ordre du « non-dit » ou du silence éloquent.

     

    Ce qui n'empêchait pas des incidents à caractère raciste à avoir lieu quasiment chaque mois à l'encontre des joueurs de ces origines africaines, y compris quand ils remportaient les matchs.

     

    journal terre sainte, palestine, Israèl, société, littérature, voyagesParfois l'occidental tenté s'approchait quand même « pour voir » du bordel minable, la gorge sèche, un désir trouble au ventre, puis parfois malgré tout renonçait à franchir les rideaux de perles de couleur signalant l'entrée de ces lieux de plaisir supposés. Le regard infiniment triste des filles vendant leurs charmes, leur épuisement visible d'être sur terre, leur désespoir tangible suffisaient à tuer instantanément en lui toute envie de profiter d'une étreinte rapide même crapuleuse à peu de frais.

     

    Le côté pittoresque de l'ancienne gare routière perdait assez vite de attrait pittoresque pour touriste en mal de sensations fortes, la misère, la pauvreté y étant les mêmes qu'ailleurs. Si le voyageur croyait y voir au départ les couleurs et les parfums de l'Orient millénaire, il se trompait, il n'y avait là que des naufragés....

    image du haut prise ici, immigrants à la gare routière de Tel Aviv

    image du bas, entrée d'une maison de passe de Tel Aviv, prise ici sur le site d'une ONG israélienne aidant les prostituées

  • L'avènement de la civilisation numérique en question - réponse à un article de Serge Tisseron

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     fahrenheit_451-copie-11.jpgSerge Tisseron, dans un entretien sur culturemobile, voit dans l'avènement de la culture numérique, la multiplication des écrans dans notre vie quotidienne, un changement de civilisation, qui s'oppose d'abord à la culture du livre, désignée par le psychologue comme arbitraire, et dogmatique, pyramidale, croyant bon d'égratigner au passage la foi catholique forcément répressive à ses yeux quant à la culture, percevant les rapports de celle-ci avec les arts et la littérature comme dans « le Nom de la Rose », le film d'Annaud, le livre d'Umberto Eco étant plus subtil sur la question..

     

    La plupart du temps, les personnes se référant au « Nom de la Rose » comme la référence ultime sur le rôle délicat et criminel selon eux de la religion au Moyen Age n'ont évidemment jamais lu le livre.

     

    Quant à Serge Tisseron, peut-être ne connaît-il pas les œuvres de Raphaël, Michel-Ange, le Caravage, Georges Rouault, Léonard de Vinci, Giotto et bien d'autres créations majeures d'une liberté artistique et d'une audace que beaucoup ont essayé d'imiter sans y arriver jamais inspirées par cette religion ?

     

    Peut-être n'a-t-il pas lu les livres de saint Thomas d'Aquin inspirés par Aristote et quantité de philosophes antiques, de saint Augustin, de Barbey d'Aurevilly, Bernanos, Bloy, Huysmans, Edith Stein, Simone Weil (la philosophe pas la sainte patronne de l'UMP) ? Peut-être ignore-t-il que les lettres de saint Paul sont inspirées par le stoïcisme et donc par Épicure ?

     

    Des mauvais esprits lui répondraient qu'il redécouvre somme toute l'eau chaude car c'est en soi évident, tellement évident hélas, et extrêmement préoccupant car ce qui domine chez les plus jeunes en particulier, c'est la crédulité, le premier degré de la réflexion et de l'analyse, le rejet de toute hiérarchisation des savoirs alors que tous les goûts ne se valent pas, même si on retrouve tous les goûts sur les rayons des grands supermarchés de la culture qu'ils soient virtuels ou pas..

     

    Bien entendu, comme toute « belle conscience » lisant la « bonne presse » et croyant dans les bienfaits des progrès offerts par la société libérale libertaire, il affirme que c'est d'abord un progrès de la diversité, et que cette multiplication des références est éminemment positive, spécifiant quand même en fin d'entretien que certes cela nécessite quand même une éducation à l'image et à la compréhension des écrans, et qu'il s'agit aussi de préserver les livres et la culture livresque.

     

    Ce qui est contradictoire.

     

    Car Serge Tisseron paraît oublier que lorsqu'une nouvelle forme de culture humaine apparaît elle commence d'abord par rejeter et détruire la précédente, comportement déplorable dans la nature même du pitoyable primate humain. Et il semble être aveugle à ces nouveaux autodafés au nom du développement durable (TM°) parfois que les promoteurs de cette nouvelle culture réclament au nom de la liberté, ce qui est le plus ironique.

     

    Autre contradiction flagrante, Serge Tisseron ne veut surtout pas juger ce changement de civilisation mais moralise et condamne dans le même mouvement l'ancienne culture du livre sans trop de questionnement, mais il faut dire que les théoriciens enthousiastes du nouveau monde inquiétant issu de la société de consommation effrénée en train de naître en 2013 n'en sont pas à une contradiction près.

     

    Il ne veut pas voir le « zapping mental » que la culture numérique provoque que ce soit à cause des pratiques informatiques que de la télévision, la progression constante de la difficulté pour les plus jeunes, et les adultes, à se concentrer durablement sur un travail ou une tâche, dont la lecture d'un livre qui en plus oblige à se couper du collectif, à sortir du confort du groupe vu comme un cocon protecteur.

     

    Il ne veut pas voir également la paresse de raisonnement induite par la culture numérique, qui par l'accessibilité même de certains outils, comme les traducteurs automatiques, les correcteurs d'orthographe en ligne, entraine un refus de tout effort mental personnel, ou de recherche de renseignements.


    Pourquoi se fatiguer puisque tout est en ligne sur le Réseau ? Le décervelage à l'oeuvre en notre temps se fait avec l'assentiment encore une fois enthousiaste de ceux-là même qui en sont victimes.

     

    Il refuse de voir enfin que ce qui s'impose sur le net en particulier et dans la culture numérique, ce n'est pas du tout l'acceptation de la diversité des opinions mais l'arbitraire du plus grand nombre, et de la norme, une norme et des standards physiques, comportementaux et sociaux de plus en plus contraignants.

     

    Gare à celui ou celle qui ne veut pas s'y conformer !

     

    En fait c'est à se demander si Serge Tisseron n'aime pas « Big Brother » à l'instar du pauvre Winston Smith à la fin de « 1984 » ?


    image issue de "Farenheit 451", l'adaptation du roman de Bradbury par Truffaut, prise ici


    Un extrait du film qui est, à peine, de la Science-Fiction

  • Les grands hommes sont des pauvres types comme les autres

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    politique,télévision,société,littératureJ'ai toujours eu en horreur cette lubie qu'ont les militants, les midinettes, les fanatiques -le militant est une midinette romanesque au fond et a souvent une intelligence qui normalement devrait le pousser à manger du foin- de vouer un culte grotesquement grandiloquent à un grand homme ou une grande femme qui, à les entendre, serait supérieur au reste de l'espèce humaine, ne dirait jamais de conneries, n'en ferait jamais, le tout parce que c'est : Un homme ou une femme politique charismatique, un rebelle vrai ou faux dont l'image met en valeur, un joueur de « foutebôle » doué qui met souvent la « baballe » dans les cages, un chanteur qui fait pleurer Margot dans les chaumières ou encore qui a le coup de rein évocateur, une participante de télé-réalité narcissique et décérébrée, etc....


    Le militant-midinette-fanatique s'identifie rarement, est-ce étrange, à un scientifique génial, à un écrivain de talent ; à deux exceptions près, l'auteur à mèche « parce qu'il le vaut bien » que l'on voit dans les magazines « pipeaules », et le « bon client » qui dit des « gros mots » dans le poste. Le « bon client » qui se comporte comme un gougnafier console son admirateur qui aimerait bien se conduire aussi mal au travail mais qui se contient, parce que soumis aux conventions sociales même si c'est seulement en façade


    Se moquer, railler, ne serait-ce qu'un petit peu le grand homme, la grande femme qu'ils ont en poster chez eux comme des adolescents pré-pubères, et dont ils ont les œuvres complètes : pensées profondes, journal intime lénifiant, témoignage « tire-larmes », névroses distinguées de pauvre petite fille riche, c'est mal, c'est affreux, c'est pire qu'un blasphème.


    C'est s'exposer à la vindicte immédiate de ses admirateurs. Notons que quand un grand homme dit une banalité, cela lui donne tout de suite un autre cachet aux yeux de ses suiveurs, même si cela reste une banalité à pleurer.


    C'est un peu comme si le dogme religieux en notre époque qui prétend ne plus croire ni à dieu ni à diable avait été transféré en ces domaines, car le militant-midinette n'est rien d'autres qu'un croyant, un zélote de son église. Les réseaux dits sociaux donnent à cette étalage de banalités prononcées par des célébrités un relief hors-norme, car maintenant, en plus de lire ou d'entendre la platitude ou le lieu commun, il est souvent illustré d'une photo qui appuie un peu plus sur son absence d'intelligence, d'originalité ou de pertinence.


    C'est toujours le même genre d'évidence qui reviennent à affirmer que « la mort c'est triste », « la guerre c'est pas beau », « la violence c'est laid » etc...


    Remettre en cause leur grand personnage c'est les remettre en cause eux, car le militant-midinette s'identifie à celui-ci, de temps à autre jusqu'à la démence, pour se consoler de sa propre vie et de sa propre personnalité qu'il estime sans intérêt. Il oublie, le militant-midinette que son grand personnage a été, est ou sera à un moment de sa vie un pauvre type, une pauvre femme. Le militant-midinette ne recherche pas un modèle, ce qui serait légitime, il a peur de vivre sa propre vie.


    plaque prise sur le blog "Rhizomes"

    Ci-dessous un exemple de chanteur "engagé"


    Les Inconnus : Florent Brunel, chanteur engagé ! par Bonzou

  • "Le bordel au Trocadéro, c'est toujours du spectacle, Coco"

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    politique,foutebôle,société,littératureOn ne peut pas dire que je sois vraiment un amateur de foot. Que la baballe soit dans les cages, peu me chaut, je n'en ai pas grand chose à fiche. 


    Soyons honnête cependant, quand mon pays gagne, je suis content, quand même c'est déjà ça. J'ai la fibre chauvine, ce doit être ça. J'ai d'ailleurs enragé cette fois où un crétin a cru bon de donner un coup de boule à un autre joueur tout ça car il croyait qu'il avait mal parlé de sa soeur, alors qu'il y avait des choses plus grandes en jeu, plus grandes que lui en tout cas...


    Et puis une victoire de la France c'est toujours une occasion de plus d'une bonne tablée avec des amis, tout en sachant très bien que la plupart des joueurs de l'équipe nationale s'en foutent un peu de la Nation, autant que leur premier chèque de pub au fond...


    Cependant, les rares fois où j'ai tenté de regarder un match quand j'étais plus jeune, cela m'a convaincu de ne pas recommencer la tentative, après avoir entendu un commentateur se demander avec anxiété si les joueurs allaient pouvoir s'en donner à coeur joie pour déraciner la pelsouse au Heysel, alors qu'il y avait déjà 36 morts, se posant la même question après l'effondrement d'une tribune à Furiani.


    Ce n'est pas que je n'aime pas le foûte, j'ai même joué en UNSS (et non en URSS on appréciera le mot d'esprit), l'exaltation du sport, la montée d'adrénaline que certaines petites équipes donnent encore, rarement, ce n'était pas si mal cet esprit du "beau jeu", ce bon esprit dont la plupart des gosses qui jouent au foûte n'ont rien à faire en 2013, ils rêvent de gagner le fric que gagnent leurs idoles...


    Ce soir, quelques multimilliardaires pour la plupart décérébrés, esclaves dociles du spectacle, ont défilé eà Paris, et se sont arrêtés au Trocadéro pour avoir la Tour Eiffel en fond derrière, "pour faire une belle image, coco, la France, coco, les baguettes, les franchouillards derrière en béret, et la ville "so romannntic" à vendre au américains coco !"...


    "Tu vois ce que je veux dire, coco !"

    Des petits mâles "alphas", qui ont un besoin constant d'être rassuré dans leur masculinité, des brutes sans cervelle et des gamins perdus y ont vu une bonne occasion de se défouler de leur colère, et de leurs frustrations, de leur haine, et puis surtout parce qu'on ne leur a laissé que leur violence. S'ils sont la lie, ce n'est pas seulement de leur faute...


    "Et pas de stigmatisation coco, qui te dit que c'est pas les CRS qui ont commencé ?"


    On pourrait lancer un sujet d'étude sur l'homosexualité latente chez les groupes de supporters, leur passion pour les étreintes brutales, leur appétence pour les cris et chants de guerre entre hommes. Les néà-barbares vus à la télévision ne sont pas loin des chars de la "Gay Pride" et c'est presque le même genre de festivisme.


    Au lieu de leur belle image, les propriétaires du club et les multimilliardaires de la baballe ont eu une belle émeute urbaine, c'est pas grave ça coco, ça fait quand même le spectacle. Et puis leur donner de temps en temps un ou deux gendarmes pour se bagarrer, ça coûte toujours moins cher que d'essayer de les éduquer, Coco, ou de leur donner de la culture.

    Ci-dessous la tirade de Desproges contre le foot, que je partage

  • Fragments d'un journal en Palestine 12 – « c'était dur à Jérusalem ? »

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    Quand j'évoque ma vie à Jérusalem, entre Israël et la Palestine, la première réaction quasiment systématique qui vient est de me demander si « c'était dur là-bas », hochant la tête avec commisération songeant souvent qu'il fallait bien que je sois d'une inconscience totale pour partir ainsi à Jérusalem.

     

    Bien entendu, ils n'attendent pas vraiment de réponse....

     

    14-jerusalem-vieille-ville-2-be4e1.jpg

    Bien sûr, il conviendrait que je réponde comme la plupart des anciens volontaires et coopérants que c'était vraiment très très dur, tellement inconfortable, mais que j'ai tenu bon deux ans sans faiblir parce que je suis tellement courageux et fort, réponse suscitant immédiatement l'admiration et l'approbation des interlocuteurs toute expérience sortant des normes en France se devant d'être forcément difficile, une expérience quasiment insurmontable, ce qui conforte les « braves gens » dans leur conformisme moral et social, réponse me permettant de rester cadré sagement dans le rôle du trublion inadapté qui n'a été capable de supporter l'expérience que par son inadaptation au monde moderne.

     

    C'est un peu comme pour l'artiste et l'écrivain, ou le cinéaste, ils se doivent de forcément souffrir, de ne pas aimer ce qu'ils font, de vivre cela comme un calvaire, cette souffrance étant considérée en somme comme une consolation de la part des médiocres qui ne veulent surtout pas se distinguer du reste du troupeau, et qui ne supporte pas ceux qui y arrivent, qui contredisent leur confort intellectuel, leurs certitudes faciles.

     

    Au début, juste après mon retour en septembre 2000, je répondais en disant à chaque fois la vérité, à savoir que c'était une expérience extrêmement facile pour moi et des plus agréables, malgré la haine, la violence et la bêtise pourtant largement présentes en Terre dite Sainte, malgré les coupures de courant ou d'eau, les petites mesquineries quotidiennes à Sainte Anne qui ne revêtaient déjà quand je m'y trouvais qu'une importance très modérée, ou les jugements à l'emporte-pièce me concernant dans cette maison, d'aucuns parmi les Pères Blancs ayant décidé que j'étais un électron libre absolument insupportable, incontrôlable et parfaitement irresponsable.

     

    J'y appris au moins que personne n'est réellement irremplaçable la vanité dût-elle en souffrir.

     

    Maintenant, je m'empresse bien sûr de souligner combien de difficultés il y avait sur mon chemin, combien de pierres d'achoppement j'ai eu à contourner, combien on vit mieux en France, mais que cela reste néanmoins une « expérience inoubliable », ce qui est certes le cas.

     

    Je raconte les alertes à la bombe dans les cars « Egged Bus » rouge et blanc, dans la gare routière de Haïfa, les cendres vives et rougeoyantes des violences qui ne demandaient qu'à se rallumer, ce moment au début de mon séjour où j'ai été entouré dans la rue par une douzaine de jeunes palestiniens persuadés que j'étais un colon installé dans une maison de leur quartier, ne devant mon salut qu'à mon accent anglais déplorable et à ma proposition de leur prouver que je n'étais pas juif de manière franche et directe.

     

    Je pourrais décrire le bruit que firent les deux coups de feu tirés au-dessus de notre voiture par un soldat avec son « M16 » un jour où nous décidâmes de passer un « check point » israélien sans nous arrêter, croyant bénéficier en être exemptés de par notre plaque consulaire, juste après avoir décrété solennellement que les chargeurs des militaires israéliens étaient toujours vides. Le moment où j'ai eu le plus peur n'était pas dû à la guerre, à la religion, au fanatisme, à une quelconque injustice. Je le vécus en nageant devant la plage de Tel Aviv, pris dans des courants marins très difficiles à remonter alors que je m'étais éloigné imprudemment vers le large.

     

    Je préfère rassurer.

     

    C'est aussi une manière d'éviter de blesser, car mes proches, mes amis ont pu se sentir offensés de m'entendre dire que pendant deux ans je m'étais passé de leur compagnie somme toute avec une grande facilité, et que j'en avais nul besoin.

     

    Je le répète ici, mes amis, mes proches, mes relations étaient toujours avec moi à Jérusalem, ils ne m'ont jamais vraiment quitté, j'ai toujours été avec eux, je n'ai jamais rompu les liens d'affection que j'avais pour eux.

     

    Cette expérience inoubliable je l'ai vécu avec eux chaque instant, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde, avec le profond désir de la partager, ce qui est un des motifs de l'écriture de ce journal. Écrire ce petit journal n'est pas un acte égoïste, même si d'aucuns prétendront que c'est totalement égocentrique. Ce sont souvent les mêmes qui ne voient pas la contradiction qu'il y a à se dire modeste, à affirmer qu'eux au moins sont d'une grande humilité et ont beaucoup moins de prétentions.

     

    C'est une manière de communiquer les joies, les peines, les colères, les douleurs vécues là-bas et non de thésauriser ces sentiments pour moi tout seul, dans une démarche que j'assume comme pleinement orgueilleuse.

     

    Et alors ?

     

    D'autres se sont enhardis à me dire qu'il ne voyait pas l'utilité de partir ainsi en coopération à l'étranger, tant de choses étant à faire en France, que c'était un luxe de petit bourgeois en somme, sortant des rails parce qu'il en avait les moyens, et non par désir de s'éloigner du commun, ou d'une vie banale. Ruminant leurs frustrations, ils interdisent aux autres de les vaincre, refusant de s'y atteler eux-mêmes, refusant de remettre en question leurs carences, et leurs manques.

     

    Cette vie facile n'avait qu'un seul inconvénient et de taille, décrit par la plupart des correspondants de guerre et des grands reporters. A force d'avoir eu toujours beaucoup de chance dans nos déplacements constants en Israël et Palestine, ayant souvent tenté le diable sans en subir aucunes conséquences, nous avions fini par nous croire invulnérables.

     

    Jerusalem-vieille-ville--220-.JPGLa plupart d'entre nous au bout des deux ans ne voyaient plus l'utilité d'avoir toujours son passeport en poche, y compris lors des jours plus tendu, nous moquant des plantons chargés des contrôlés d'identité. L'un de nous passait les « check points » de Ramallah chaque jour à vélo sans même prendre la peine de freiner, insouciants des avertissements lancés par les militaires. Un autre encore ne respectait plus le code de la route et se garait n'importe où.


    C'était une sensation des plus grisantes.

     

    Nous sachant écoutés et nos mails lus, un jour nous en eûmes la confirmation absolue, nous trouvions formidablement amusants de « charger la mule » en rajoutant à chaque fois les « mots-clés » qui feraient que notre conversation serait analysée, espérant ainsi faire perdre du temps à ces cyber-balances et se moquer d'eux par la même occasion.

     

    L'une d'entre nous entendit un jour, attendant que son correspondant décroche enfin, l'attente durant un peu, un des types chargés de nous écouter râler contre le fait que l'autre ne décroche pas, anecdote qui nous mit en joie. Ces petites taquineries nous ont valu quelques heures de fouille et d'interrogatoire soutenu au retour, voire pour l'un de nous d'être enfermé en celulle deux jours. Tout cela n'était rien, car ce que nous avons vécu méritait bien de faire preuve d'un peu de patience.


    Mais cette liberté, c'est surtout en France qu'on nous l'a fait payée cher....

    image du haut prise ici sur le site "créations mosaiques"*

    image du bas empruntée là

  • Chrétiens enterrés vivants

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    chrétiens d'orient,christianisme,société,indifférence,terre sainteMarie de Varney a écrit « Chrétiens d'Orient – Voyage au bout de l'oubli », paru chez François Bourin en mars 2013. Il n'a pas été du tout question de ce livre dans les médias officiels, bien que ce qu'il décrit ne peut que susciter l'indignation légitime de toute personne juste un peu honnête. Cela n'est guère surprenant, ces minorités ne font pas des victimes acceptables selon les critères habituels de la bien-pensance.

     

    Cet ouvrage décrit pourtant la situation tragique de ces chrétiens en terre d'Islam actuellement et l'indifférence abjecte quasiment totale des occidentaux face aux persécutions qu'ils subissent et ce particulièrement depuis ce que certains ont perçu comme un peu trop rapidement comme un « printemps arabe » des pays du Maghreb et du Machrek dont l’Égypte.

     

    Ainsi que le montre Marie de Varney, ce « printemps » a pour l'instant surtout permis la mise en place de régimes théocratiques et islamiques durs qui voient dans les chrétiens des boucs émissaires bien utiles pour affirmer leur pouvoir et garder sous le coude un dérivatif des éventuelles déceptions des peuples arabes. Les anciens maîtres de ces pays les ayant protégés, aussi pour s'offrir une vitrine présentable, ces chrétiens orientaux sont doublement suspects : suspects d'être des suppôts de l'Occident, de par leur foi, et donc des anciens colonisateurs, suspects d'être des valets des dictateurs.

     

    Ils oublient ou feignent d'oublier que ces minorités sont des parties intégrantes de leur peuple loin d'être négligeables, et qu'elles ont protégé pendant des siècles des traditions, des langages parfois, des œuvres d'art exceptionnelles qui remontent à l'origine de l'histoire des nations qu'ils conduisent maintenant.

     

    Ces chrétiens le sont pourtant depuis plus longtemps que ceux d'Occident, car le christianisme n'est pas né à Rome, mais au Proche Orient. Et ceci les catholiques « romains » l'ignorent complètement, méconnaissant totalement leur propre histoire et les origines de leur foi. L'auteur de ce texte a pu le constater à de nombreuses reprises alors qu'il animait des stands de « l'Oeuvre d'Orient » en différents lieux de rassemblement de croyants ou à Jérusalem même où les diverses confessions chrétiennes arabes sont tout au plus considérées comme des survivances folkloriques sans importance par les pèlerins européens.

     

    Les chrétiens d'Orient sont par la force des choses obligés de fuir leurs pays alors que leur médiation avec l'Europe pourrait s'avérer indispensable afin de jeter des ponts avec l'Islam et d'éviter avant qu'il ne soit trop tard le fameux « choc des civilisations » qui menace pourtant un peu plus chaque jour. Ils fuient car les occidentaux ne les aident pas, en restant uniquement au stade des bonnes intentions et rien d'autres, soutenant jusqu'à l'absurde des militants islamistes jusque dans leurs propres pays, se conciliant leurs bonnes grâces par de multiples reculs et compromis envers une « saine laïcité ».


    image de la couverture prise ici

  • Fragments d'un journal en Palestine 11 – le monde au bout de la rue

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    Ais-je souffert du « syndrome de Jérusalem » ?

    jerusalem-syndrome-2.jpgDans Jérusalem, que ce soit près du Saint Sépulcre ou dans toute la Vieille Ville, il n'était pas rare de croiser des fous mystiques atteints du « syndrome de Jérusalem », une folie douce qui est une affection psychologique réelle, diagnostiquée et étudiée dans les hôpitaux israéliens consistant à sombrer dans un millénarisme délirant, voire un messianisme farfelu, et à se conduire en illuminé extrêmement extraverti :

     

    Ainsi cet ancien pasteur américain qui passait ses journées à lire la Bible à haute voix sur le mont des Oliviers, ainsi ses vieilles femmes en extase embrassant, étreignant farouchement et passionnément les piliers et colonnes des monuments religieux de la ville, ainsi ces étudiants étrangers se mettant à voir dieu en rêve, leur intimant l'ordre de prier pour telle ou telle cause (les ordres reçus semblant tous être dirigés dans un seul but, mettre en valeur celui qui était censé les appliquer en le consolant de ses frustrations) etc...

     

    Précisons que le « syndrome de Jérusalem » ne concerne pas le mysticisme réel ni la foi assimilée parfois par la psychanalyse à une hystérie, ce qui serait réducteur, l'art devenant par conséquent une simple sublimation et rien d'autres. Certains pèlerins et touristes étaient atteints selon moi d'une version plus calme de cette affection, moins démonstrative, mais aux conséquences humaines beaucoup plus dangereuses. A la rigueur, je préférais les vieilles dames folles d'amour pour Jésus Christ au Saint Sépulcre que ces malades atteints d'une version beaucoup plus ennuyeuse du « syndrome de Jérusalem » et visiblement contagieuse.

     

    Ces vieilles folles ainsi que les autres fous rencontrés là-bas font partie de la même « Cour des Miracles » des croyants que moi, pauvres hères, êtres humains certes pitoyables mais capables d'aimer encore, quand même, un tout petit peu....

     

    Généralement totalement ignorants de l'histoire de la Terre dite Sainte, y compris de celle de leur propre foi, mais remplis de certitudes absolues sur le sujet, ils blessaient plus ou moins inconsciemment mais toujours gravement les palestiniens chrétiens ou musulmans, les israéliens par des considérations surtout marquées au coin par leur bêtise affichée sans complexes, légitimée par un pseudo-mysticisme ou la présence de ceux les prononçant sur la terre même des Écritures.

     

    A chaque fois ou presque, cela provoquait des violences, psychologiques et physiques, qui pouvaient être des plus graves. J'ai même en mémoire l'une d'elles qui a conduit à la mort d'une enfant du fait de l'entêtement sans fondement d'un de ces idiots criminels sans même s'en rendre compte alors que la guérison de cette petite aurait pu être un signe d'espoir éclatant.

     

    Des membres du « Chemin néo catéchunénal », « nouvelle communauté » chrétienne vivant selon des règles de vie à la limite du sectarisme comme la plupart des « nouvelles communautés », avaient par exemple décidé de traverser toute la Vieille Ville musulmane et chrétienne en chantant des psaumes hébreux à pleins poumons dont certains sont devenus des chants nationalistes israéliens chantés par les soldats de Tsahal quand ceux-ci sont entrés dans Jérusalem Est en 1967, ou quand ils ont envahi la Cisjordanie.

     

    C'est un peu comme si l'on demandait en quelque sorte à un alsacien d'écouter sans émotions quelqu'un chanter « Deutschland überlalles » à côté de lui sans réagir....

     

    Des touristes religieux du même acabit, ce sont souvent des charismatiques, avaient fait un grand cercle à Jéricho, se donnant la main, se laissant aller à une sur-affectivité mièvre que j'ai personnellement en horreur quand il s'agit de foi, et ceci juste devant une « colonie » israélienne, ce qui avait été pris comme une provocation par les palestiniens, ce qui avait provoqué des émeutes en ville après le départ protégé par l'armée des imbéciles à l'origine de cette poussée de haine qui ne comprirent s ans doute jamais les conséquences de leurs bons sentiments complaisamment étalés.

     

    Je me souviens aussi de la présence de la « Communauté des Béatitudes » à Bethléem non loin de la fausse « Tombe de Rachel », tenant la véracité de ce lieu comme absolue, ne comprenant pas le mal que cela causait à suivre aveuglément les promoteurs de ce lieu historiquement totalement faux.

     

    La sottise de ces gens les poussaient généralement à soutenir une politique israélienne très agressive et à considérer les palestiniens comme des intrus en Terre Sainte, des « immigrés » tout juste bon à servir de manœuvres ou de maçons, à avoir une peur bleue et injustifiée de s'aventurer dans les « Territoires », tout surpris quand ils y parvenaient enfin, surmontant leur préjugés, que personne ne leur tranche la gorge.

     

     A leur décharge, la sottise de certains européens côté palestinien, refusant absolument tout échange, toute possibilité de dialogues avec les israéliens était tout autant problématique. Beaucoup d'occidentaux considéraient la Palestine comme un terrain de jeux politique et spirituel, une sorte d'immense possibilité de jouer aux « gendarmes et aux voleurs » sans remettre en question son propre confort matériel ni intellectuel, et une occasion de se mettre en avant, et de trouver une forme de reconnaissance longtemps recherchée en France, mais jamais atteinte, en jouant les sauveurs des palestiniens.

     

    Je me souviens de deux d'entre eux, tous deux comme d'autres, en tenue fantaisiste, et à leur idée, selon leurs fantasmes, de « fiers nomades du désert », que j'accompagnai avec un autre coopérant dans la « Vieille Ville », nous étions devenus en somme des « fixers » pour les occidentaux désirant un « cicerone », nous sortant au bout de quelques instants, et ce malgré leurs discours grandiloquents sur la fraternité et leur « citoyenneté du monde » le refrain sur « le bruit et l'odeur » des quartiers arabes, et leur inconfort de petits occidentaux sur-nourris et confits dans leurs certitudes arrogantes à supporter cela.

     

    A Jérusalem, point de songe mystique pour moi, point d'apparition divine pendant mes nuits, je faisais par contre souvent le même rêve, la « Via Dolorosa », qui était ma rue remontait jusqu'à celle que j'habitais en France, qui était alors toute proche de celles où habitaient mes amis les plus chers.

     

    Dans mon sommeil, j'étais un peu surpris mais trouvait cela très pratique au fond. Je l'interprète du fait que mes proches, ma famille, mes amis, mes amours aussi, ont toujours été avec moi en cœur ou en esprit, je partais avec tous ces sentiments d'affection filiale, fraternelle, et aussi amicale, qui ne m'ont jamais quittés une seconde. Mes amis, mes parents, mon frère, mes sœurs, mes amours ne m'ont jamais quitté une seconde

     

    jérusalem, palestine, israèl, société, journal en terre sainteD'où la joie que j'ai pu ressentir quand j'ai pu partager mon bonheur d'avoir enfin trouvé ma « terre sainte » sur place, partageant tout cela, malgré la violence et la haine toujours fortement prégnantes. La légèreté et la futilité superficielles aux yeux des cuistres et des personnes atteintes du « syndrome de Jérusalem » deviennent alors une obligation pour montrer que force reste à la vie, à l'humanité, qui se traduisait là-bas par un sens de l'accueil toujours remarquable et des attentions aux autres toujours d'une grande délicatesse pour peu que l'on sache les accueillir.

     

    A « Sainte Anne - Salahyeh » où j'habitais, il m'arrivait souvent de sortir le soir dans les ruines de la piscine antique de Bethesda et de contempler, appuyé sur un reste de mur byzantin, les étoiles innombrables au dessus de la ville, dans le ciel clair. De par la topographie des lieux, l'esprit s'en exhalant aussi, derrière la ligne d'horizon, derrière la courbure de la terre, j'avais vraiment le sentiment profond que le monde entier était juste là derrière et orgueilleusement, ou romantiquement, je ne sais pas, je voyais vraiment Jérusalem au centre non pas de tout l'univers mais de mon monde intérieur.

     

    Je n'entendais plus alors les bruits incessants de la ville : les plaintes douloureuses et nostalgiques des « muezzins », les sirènes de police des policiers israéliens, les chants des croyants au loin, les cloches de la paroisse franciscaine. L'air était empli des parfums des épices, des herbes aromatiques, du café à la cardamone, des agrumes, des oliviers millénaires, selon la légende, du jardin de Gethsémani, lieu qui n'était qu'à cinquante mètres de chez moi. Lors des tentations de me laisser aller au cafard, aux lamentations, il me suffisait pour me ressaisir de faire quelques pas dehors et goûter la douceur paradoxale de l'air,  douceur qui était une idée du bonheur.

     

    Car cette Terre dite Sainte contre toute attente est aussi et surtout une terre très charnelle, les collines de Judée ayant des formes de corps féminins languissamment étendus, en sensualité, sensualité niée par tout les fanatiques, sensualité nous rapprochant de notre humanité car elle incitait à aimer la beauté des choses et des êtres. C'était, il faut dire, une sensualité d'avant le péché originel, sans aucune perversité, une idée de la Vie en somme....


    image du haut, personnes atteintes du syndrome de Jérusalem prise ici

    image du bas, paysage de Judée, image prise ici

  • Le monde appartient aux brutes et aux imbéciles

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    Une des nouvelles que je préfère de Marcel Aymé est « les bottes de Sept lieues », dans le recueil "le Passe Murailles", adaptée en 1990 par Hervé Baslé dans un téléfilm très réussi.


    littérature,société,politique,hypocrites,spectaculaire,lucidité,caustiqueJe préférerai toujours, même si c'est moins chic, Marcel Aymé pour ses récits et « contes » à Céline. Marcel Aymé n'a jamais de haine pour ses personnages et autres frères et sœurs en humanité, ce qui ne l'empêche pas d'être lucides, et de pointer les travers de ses congénères avec finesse et pertinence sans pour autant les envoyer en enfer ou au paradis, les condamner, les rédimer selon son bon vouloir. Ainsi de nombreux auteurs, tout comme des commentateurs politiques, des journalistes, des pékins moyens, apprécient-ils de se prendre pour le diable ou le bon dieu, ce qui est paradoxal dans une époque où les métastases libérales libertaires ont gangrené quasiment toute la société.

     

    Dans ses contes, les assassins peuvent redevenir des enfants (ce qui n'empêchera pas les juges de les condamner à mort), les saints peuvent pêcher, par devoir, sans risques, les fonctionnaires qui s'ennuient au bureau traversent les murs, les huissiers protègent les veuves des propriétaires, les gosses sont plus humains que les grandes personnes, les donneurs de leçons sont ridiculisés et les petits bourgeois moqués dans tout le grotesque de leurs certitudes absconses.

     

    C'est aussi un timide, un émotif qui écrit pour se protéger, ne pas être blessé.

     

    Dans cette histoire, des gamins de Montmartre se retrouvent tous à l’hôpital après une bagarre homérique entre eux pour savoir qui aurait le droit d'aller acheter des bottes réputées être celle du conte de Perrault qu'ils ont entre-aperçues dans la vitrine d'un antiquaire excentrique de « la Butte », rue Drevet. Ils finissent par se réconcilier, rêvant du moment où ils pourront chausser les bottes légendaires, s'étant accordés pour en partager l'usager avec équité et justice.

     

    Ils en parlent tous à leurs parents qui, tenant à faire plaisir à leur progéniture, et avoir la paix ensuite à la maison, essaient de les acheter, mais qui échouent lamentablement à le faire l'antiquaire demandant à chaque fois un prix ridiculement exorbitant pour les bottes, ou alors le surprenant apparemment dans des situations abracadabrantes qui les scandalisent : jouant aux échecs avec un oiseau empaillé, se battant en duel avec un mannequin de couture etc....

     

    Seule la mère célibataire d'un garçon sage parmi eux y arrivera, pour quelques pièces.

     

    Je me reconnais, moi enfant, dans ce garçon sage, qui reste à l'écart mais refuse d'être le « premier de la classe », qui préfère les chahuteurs et les mauvais élèves aux enfants dociles et obéissants. Comme lui, j'avais très peu de confiance en moi tout en étant révoltés par le pouvoir que les imbéciles et les brutes ont et conservent sur ce monde dés l'enfance ; car le monde leur appartient et continuera à leur appartenir encore quelques temps malgré les bonnes intentions des uns ou des autres, qui ne se traduisent jamais.

     

    C'est à cela que celles-ci sont destinées il est vrai, rester des bonnes intentions.

     

    C'est le propre des enfants un peu trop sensibles au monde. Percevant avec acuité les sentiments de ceux qui les entourent, ils sont bien souvent beaucoup plus blessés que les autres. Ils en retirent une confiance très modérée dans l'espèce humaine, mais aussi en eux-mêmes. Je suis convaincu par contre que les imbéciles ont toujours une absolue confiance dans leur jugement, ne le remettant jamais en question, n'étant pas blessés ou alors dans leur orgueil, ce qui les amène à emmagasiner divers complexes et frustrations qui seront compensées, ils le pensent, par la possession d'objets réputés indispensables dans la société spectaculaire.

     

    Les brutes et les imbéciles estiment que la violence dont ils sont capables de faire preuve, collectivement ou individuellement, justifie à elle seule leur ascendant sur le monde. « Bienheureux les doux » disait un homme il y a près de 2000 ans sur une colline de Galilée, et d'autres béatitudes que les chrétiens tout comme les incroyants apprécient de prononcer, mais ne se sentant pas vraiment concernés, à de rares exceptions....

  • Happy Birthday François !

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    'Happy Beursday touyou " Moi-Président et Lui-Premier Ministre ! 

    Post Scriptum : Une chose m'effare, ce qui domine chez les électeurs qui avouent encore avoir voté Hollande, c'est surtout pour une question d'image, et contre une autre image en somme, et non pour ou contre des idées, tout en sachant très bien les conséquences possibles pour le pays.

  • Fragments d'un journal en Palestine 10 – La rue appartient aux gosses

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    palestine.jpgCe qui frappe le plus en Terre dite Sainte, que ce soit côté palestinien ou israélien, ce sont les gosses, à qui la rue appartient. Certains quartiers de Jérusalem ont quand l'école est finie des allures de jardin du géant égoïste, rempli d'enfants courant dans tous les sens.

     

    La jeunesse de ces peuples turbulents saute aux yeux, jeunesse que les fanatiques et autres imbéciles sinistres veulent embrigader dans leurs délires mortifères, pousser à la violence, ou dont ils essaient de museler les élans au bonheur le plus possible, du jardin d'enfants à l'université, dont celle de Bir-Zeit où hélas de nombreux étudiants se laissaient séduire par les thèses assassines du Hamas et autres imbéciles pontifiants et meurtriers en puissance.

     

    Parmi ces gosses, il y avait les petits garçons et les petites filles en uniforme, en blouses bleues et blouses vertes, car il est obligatoire à l'école, ne rentrant chez eux le soir que pour aller ensuite aider leurs parents, travaillant parfois jusqu'à des heures indues.

     

    La plupart, contrairement aux petits français, qui ont du mal à parler et écrire leur propre langue à cause des effets conjugués de multiples réformes pédagogiques et de vision de spectacles de télé-réalité, parle quatre ou cinq langues de manière -presque- parfaite : l'arabe, l'hébreu, l'anglais, l'italien, la fréquentation de cette langue s'expliquant par la présence des franciscains et de la Custodie dite romaine depuis le XIVème siècle, et le français.

     

    Quant au français, il n'était pas rare d'entendre soudain, côté israélien, un juif à l'apparence traditionnelle se mettre subitement à jurer avec l'accent parisien voire bien parigot du fait d'une contrariété ou d'une autre.

     

    Ces gosses sont cosmopolites de naissance. Jérusalem semble alors réellement au carrefour de tous les peuples, mais pas du tout au sens millénariste du terme, pour cautionner les appétits de pouvoir de tel ou tel dignitaire. C'est bien toute l'humanité qui se retrouve alors dans cette ville, de ces aspects les plus nobles aux plus pitoyables.

     

    Ils n'ont pas peur des prétentieux, des vaniteux, des grands esprits, et se moquent des hypocrites qui confondent leur terre avec un parc d'attractions biblique, pseudo-humanitaire ou politique. Comme leurs parents, et grands parents, ils ont vu défiler nombre de ces bons apôtres qui une fois repartis chez eux, douillettement confits dans leur confort intellectuel et matériel, oublient complètement toutes leurs belles promesses balancées surtout pour se donner bonne conscience, bonne image ou se faire plaisir.

     

    Ces gosses des rues méprisent cordialement les grandes personnes qui ne les voient pas, qui ne voient pas qu'ils manquent de tout, à commencer par un logement décent et de la simple liberté d'être des enfants comme les autres n'ayant que des soucis d'enfants, et non à devoir vendre des cigarettes de contrebande libanaise, contrefaçons de diverses marques, ou des paquets de « Viceroy », la marque locale, toutes ces cigarettes ayant le même parfum marqué que les « gitanes  maïs » ou que le « troupe » gris que l'on donnait autrefois aux soldats en France, ou des lunettes de soleil tombées des camions de livraison.

     

    Les petits voleurs battaient le pavé le soir (battre le pavé peut se dire littéralement à Jérusalem dans la Vieille Ville) et le petit matin, utilisant toujours plus ou moins les mêmes techniques, exerçaient leurs coupables activités : l'un d'eux présente au touriste en « tongs » et « sac banane » qu'il croit prudent, et seyant, de porter autour de la taille, un chapelet de cartes postales, pendant que l'autre détache précautionneusement le dit sac pendant que son propriétaire regarde ailleurs.

     

    Je les ai souvent vus opérer. Au début, silencieusement, ils me demandaient de ne pas alerter leurs victimes, puis voyant que je ne les dénonçais pas ne s'en sont plus donnés la peine par la suite.

     

    Parfois une des victimes se réveillait et avertissait les policiers israéliens qui réagissaient très mollement la plupart du temps, ayant parfaitement constaté que les voleurs étaient en train de dépouiller un hollandais ou un allemand virant à l'écarlate façon homard à la nage, mais laissant faire car le pourrissement du quartier musulman arrangeait les affaires d'Israël qui pouvait ensuite se poser en sauveur de la sécurité des braves gens dans cet endroit de la Vieille Ville, et légitimer ainsi la colonisation progressive des quartiers progressivement désertés.

     

    Je buvais même le thé à la menthe avec eux le soir quand il faisait un tout petit peu plus frais, ce qui je sais suscitera la réprobation par l'immoralité de la situation, il aurait certainement mieux valu que je moralise leur comportement amoral tellement intolérable, à ces pauvres gosses vivant généralement avec leurs parents, grands parents et arrière grands parents dans des cahutes même pas salubres, dans la peur constante d'être expulsés le lendemain par un colon américain ou européen brandissant comme justificatif un titre de propriété datant parfois du XVème siècle.

     

    Il est d'ailleurs étrange et paradoxal, très ironique, de constater que les colons justifient l'expulsion des familles arabes par des papiers portant le sceau de l'empereur ottoman, musulman, pourtant largement raillé, moqué, détesté par toute la tradition talmudique..

     

    Il arrivait de temps à autres que la police veuille faire un exemple et qu'elle en poursuive un pris sur le fait, avec forces bruits de sirènes, comme dans les films américains, et interjections diverses dans les hauts parleurs. Il arrivait que le gosse poursuivi qui croyait jusque là pouvoir poursuivre ses larcins en toute impunité se réfugiait à Sainte Anne, terre française, à statut d'ambassade et donc interdite à la police israélienne que cela faisait enrager, intimant aux "Pères Blancs" de leur livrer les gosses chapardeurs en avançant diverses menaces, ce que les "Pères Blancs" ne firent jamais.

     

    Ce sont ces petits voleurs qui m'appelaient « Bumba », surnom s'appuyant sur les rondeurs confortables de ma silhouette, je n'ai donc pas besoin de le traduire. Bien entendu, d'un accord tacite, mes amis ou relations qui venaient me voir à Sainte Anne, rue du Mouhadjedin, n'étaient jamais dépouillés de leurs biens.

     

    Quand j'étais là-bas, les jeunes palestiniens voulaient simplement pouvoir circuler librement, aller draguer rue Ben Yehouda, avoir un travail, pouvoir fonder une famille sans avoir à amasser une dot énorme, selon la coutume, ainsi que doit faire le marié, ce qui encourage les mariages forcés de jeunes filles, voire très jeunes filles, avec de gros porcs largement plus âgés qui monnaient le silence des parents en les couvrant de cadeaux, coutume et dérive existant aussi du côté israélien dans les quartiers ultra-orthodoxes, des séides du parti "Shas", où l'hypocrisie morale ou sexuelle est rigoureusement la même qu'au "Hamas".

     

    Je songe aussi à ces jeunes qui étaient mes élèves et étudiants en Français Langue Étrangère au CCF de Jérusalem, qui avaient soif de savoir, de culture, de lectures, de tout ce qui nous semble acquis et donc tellement futile. Ils n'avaient jamais assez de travail à faire, jamais assez de devoirs et tous parlaient déjà français couramment mais désiraient toujours et encore se perfectionner. A cause de la première « Intifadah » et du blocus des territoires, ils n'avaient pu avoir une scolarité normale.

     

    221257_des-lyceens-palestiniens-passent-a-cote-d-un-panneau-recemment-pose-indiquant-le-nom-de-la-rue-le-3-novembre-2011-a-jerusalem-est.jpgParmi eux, je me souviens de cette jeune fille voilée, de par la volonté de ses frères, contrairement aux jeunes filles voilées que l'on croise en France qui s'infligent cela pour se démarquer, qui « séchait » une fois ou l'autre mes cours pour retrouver un garçon qu'elle aimait mais que sa famille lui avait interdit de fréquenter. Je me souviens de ces espoirs, de son désir de partir étudier en France, ou au Québec.

     

    Je me souviens de son nom entendu à la radio et à la télévision lors d'un attentat suicide dont elle fut l'auteure après le début de la deuxième Intifadah, quand monsieur Sharon a cru bon d'aller se promener sur l'esplanade des mosquées en septembre 2000 attisant de nouveau la haine, provoquant un nouveau blocus, éteignant tout espoir chez ces jeunes qui avaient cru qu'enfin la paix s'installait, haine attisée également par tous ces pseudo « anti-sionistes » qui ne font que jouer le jeu de ceux qu'ils entendent combattre, par bêtise.

     

    Je ne sais quels abîmes de désespoir ont pu pousser cette jeune femme à se laisser embrigader par des terroristes et à commettre cet acte irréparable, terrible et définitif. La seule chose que je trouve à dire à ceux qui défendent le geste de Sharon ou qui se posant en antisionistes purs et durs ne comprennent en rien le désespoir de ces jeunes est de les traiter de « bande de cons ». Je ne vois pas beaucoup d'autre discours à leur opposer.


    photo du haut prise ici

    photo du bas prise là

  • Une femme solaire comme Marilyn

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    cinéma,femmes,politique,société,littératureSur un des murs de ma chambre, j'ai un calendrier avec chaque mois une photo de Marilyn Monroe, c'est somme toute logique pour une femme solaire de permettre à un de ses admirateurs de mesurer le temps.

     

    En parcourant le livre remarquable de Simon Libérati sur Jayne Mansfield j'y ai retrouvé les mêmes sentiments que je ressens pour Marilyn, la même compulsion dévorante à essayer de saisir le mystère, l'énigme cachée derrière la vie flamboyante, la « légende dorée » comme « la légende noire ».

     

    A propos de celle-ci, J'ai toujours eu du mal à comprendre l'insistance des médiocres à chercher avec acharnement la noirceur et les fautes chez les personnes hors du commun, ne comprenant visiblement pas que ces personnes comme tous êtres humains n'ont l'âme ni toute noire ou toute blanche, mais que l'on y trouve que du gris. Il y a certainement une part de jalousie de la part de ces imbéciles pour qui l'intelligence ou la beauté, la séduction ou la culture, sont autant d'injures personnelles, surtout quand ils en sont dépourvus.

     

    Il n'y a pas de légendes noires, il n'y a que des êtres humains complexes.

     

    Les anciens petits garçons timides, qui se laissaient mener par le bout du nez par les filles, pensant que celles-ci n'utilisent jamais les lieux d'aisance, parce qu'ils les prenaient pour des princesses de contes de fées gardent le même genre de fascination plus tard même si moins timide c'est volontairement qu'ils se laissent mener.

     

    La personnalité tourmentée de l'interprète de films de Billy Wilder, Howard Haks, ciseleur de dialogues, ou Otto Preminger ne peut se résumer en quelques lignes, quelques clichés ou lieux communs parfaitement inintéressants.

     

    Elle est à la fois la petite fille qui met les habits et les chaussures à talons hauts de sa grande sœur, en espérant plaire aux garçons, qui éveille ainsi chez les hommes le besoin de la protéger, de la prendre dans ses bras pour la consoler, cette femme perpétuellement insatisfaite, qui ne sait plus trop où se situe sa vraie personnalité, qui n'a aucune confiance en elle et qui est quand même une « enfant radieuse » telle que la décrit Truman Capote, qu'elle entraîne fumer dans les toilettes après un enterrement comme une collégienne qui voudrait échapper aux « pions ». Elle est exhibitionniste et pudique, extravertie à l'outrance et timide, intelligente et se comportant sottement.

     

    Elle est aussi parfois une femme d'esprit, sûre d'elle et de son jugement, capable de dire les pires vacheries sur ses consœurs et confrères d'une formule tranchante, caustique et toujours juste qui ridiculise instantanément ceux qui ne la prenaient que pour une blonde idiote ou une potiche des studios, dont elle même qui s'est soumise aux diktats plus ou moins grotesques d'intellectuels théâtreux la forçant à des disciplines de jeu de scène complètement absconses, intellectuels faisant payer en espèces sonnantes et trébuchantes leurs conseils sans intérêt, car Marilyn était une comédienne instinctive qui n'avais pas besoin d'intellectualiser les rôles pour les jouer admirablement, étant talentueuse naturellement.

     

    Les deux films avec elle d'ailleurs révérés par la critique qui se veut intelligente, « Bus Stop » et « The Mistfits », sont des pensums où elle est mauvaise à se forcer à adopter les « tics » insupportables de « l'Actor's studio » de Lee Strasberg, qui comme sa femme Paula, avait le complexe du gourou. Je me réjouis assez de savoir que Joe Di Maggio, un des maris de l'actrice, a viré « manu militari » tous ces hypocrites prétentieux, sentencieux et beaucoup moins talentueux que Marilyn lors de son enterrement après son suicide, ou crime politique, en 1962.

     

    Et dans « The mistfits », qui est un meilleur film que le précédent, les ratages de John Huston étant toujours plus intéressants que n'importe quel long métrage réalisé par un tâcheron actuel fût-il honnête.

     

    cinéma,femmes,politique,société,littératureArthur Miller réécrit chaque jour ses dialogues pour en faire une emmerdeuse de concours que l'on a surtout envie de gifler quand elle joue la célèbre scène de sa crise de nerfs. Miller se venge de son mariage raté sur écran géant et se console du dépit qu'il a dû ressentir à ne pas avoir un peu plus sur lui et son œuvre les fanaux de la gloire .

     

    La critique qui pense n'allait tout de même pas reconnaître que son meilleur film est une comédie « Some like it hot », joyeusement caustique et encore aimablement transgressive quant à l'histoire qu'elle raconte et la manière dont celle-ci est racontée.

     

    La critique qui pense est persuadée qu'admettre qu'elle a ne serait-ce que que souri à une œuvre drôle ou comique est une forme de dégénérescence car au fond ceux qui en font partie restent des petits bourgeois moralisateurs apeurés, terrorisés par le plaisir qu'ils pourraient prendre à rire sachant très bien de plus que Billy Wilder les amènerait tranquillement à rire d'eux mêmes ce qui les effraient encore plus.

     

    J'ai toujours la même fascination quand je tombe amoureux d'une femme, le même désir de me laisser aller au vertige, même si celui-ci est dangereux, et je suis d'une certaine manière amoureux de Marilyn, comme je le suis de toutes les femmes solaires, qui irradient quelque chose qui n'appartient qu'à elles, qui ne fonctionne par l'application d'onguents et de crèmes de beauté, qui ne tient pas aux miracles de la chirurgie esthétique, ni de l'artifice des correcteurs électroniques d'images.

     

    Marilyn ne correspond absolument pas au type de beauté féminine actuellement porté aux nues, à savoir une éternelle ado anorexique qui fait constamment la moue, elle a des rondeurs, se fiche de paraître tellement naturelle ou simple, ou faussement lassée des projecteurs que Marilyn aimait passionnément....


    photos prises ici

  • Le pouvoir corromprait ?...

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    « La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. »

     

    Édouard Herriot

    politique,société,fabius,moraliser,morale,hollandeLa petite phrase d'Herriot, ce bon père laïcard de la IIIème République, notable positiviste roublard et aussi humain, qui ne croyait ni à Dieu, ni à Diable, mais qui aimait son pays passionnément devrait être remise en mémoire de tous ceux qui prétendent assainir la vie politique une bonne fois pour toutes. A leur décharge, reconnaissons qu'actuellement la politique fait plus que sentir un peu la merde, elle embaume carrément la fosse d'aisance, ce qui est dû également à l'atmosphère délétère de simplification à l'extrême du débat politique réduit à un manichéisme simplet.

     

    Avec l'histoire du fils Fabius, chômeur, non imposable, et propriétaire d'un appartement à 7 millions d'Euros dans Paris (ce qui lui assure des revenus fonciers conséquents), les médias redécouvrent en somme la poudre, et avec eux le public. Le pouvoir, ou la proximité du pouvoir, corromprait les cœurs et les âmes en encourageant l'avidité et l'appât du gain, favorisant une amoralité généralisée quant à l'argent, la seule chose qu'au fond notre société respecte.

     

    Je suis également stupéfait de voir que des gens sont encore étonnés par des histoires dans ce genre là.

     

    Voilà qui n'est pas neuf dans notre système libéral libertaire, et auparavant il est vrai, cela a certes toujours existé, depuis que l'être humain foule cette terre en fait.

     

    Vouloir moraliser la politique, sur la base d'une bien vague « Vertu », romantique mais illusoire, ou de la « déesse Raison » est donc parfaitement illogique, puisque la politique ne sera jamais morale, ne peut l'être, de par la nature humaine, que trop de moralisation conduit surtout au totalitarisme par excès de bonnes intentions, et les bonnes intentions ne font pas de la bonne politique.

     

    C'est l'ambition de quelques cœurs purs utopiques et aussi l'alibi d'autres personnes, parfois des dirigeants, plus hypocrites certainement car pour eux la morale c'est pour les autres surtout, cela ne les concerne pas.

     

    A la différence peut-être que sous l'Ancien Régime ou dans les temps héroïques des débuts du régime actuel, les politiques, même s'ils s'enrichissaient pour eux, gardaient constamment en tête l'intérêt supérieur du pays, et non simplement le leur propre ou celui de leur milieu social, qu'ils hésitaient jamais à sacrifier. Le chancelier Séguier, Richelieu ou Colbert avaient profité des mânes du pouvoir pour eux-mêmes mais ils avaient aussi largement travaillé pour la nation française, le fait qu'ils ne soient pas complètement des anges étant largement compensé par leur génie politique hors du commun.

     

    Je ne suis pas certain de toutes façons que le public veuille vraiment la moralisation de la politique ou connaître la vérité des affaires louches liées à la politique, dont on n'aperçoit à mon sens que la pointe émergée de l'iceberg, toute petite...

    Une "perle" de Najat Vallaud-Belkacem sur cette affaire à ce lien

    image de Thomas Fabius prise ici