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Une femme solaire comme Marilyn

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cinéma,femmes,politique,société,littératureSur un des murs de ma chambre, j'ai un calendrier avec chaque mois une photo de Marilyn Monroe, c'est somme toute logique pour une femme solaire de permettre à un de ses admirateurs de mesurer le temps.

 

En parcourant le livre remarquable de Simon Libérati sur Jayne Mansfield j'y ai retrouvé les mêmes sentiments que je ressens pour Marilyn, la même compulsion dévorante à essayer de saisir le mystère, l'énigme cachée derrière la vie flamboyante, la « légende dorée » comme « la légende noire ».

 

A propos de celle-ci, J'ai toujours eu du mal à comprendre l'insistance des médiocres à chercher avec acharnement la noirceur et les fautes chez les personnes hors du commun, ne comprenant visiblement pas que ces personnes comme tous êtres humains n'ont l'âme ni toute noire ou toute blanche, mais que l'on y trouve que du gris. Il y a certainement une part de jalousie de la part de ces imbéciles pour qui l'intelligence ou la beauté, la séduction ou la culture, sont autant d'injures personnelles, surtout quand ils en sont dépourvus.

 

Il n'y a pas de légendes noires, il n'y a que des êtres humains complexes.

 

Les anciens petits garçons timides, qui se laissaient mener par le bout du nez par les filles, pensant que celles-ci n'utilisent jamais les lieux d'aisance, parce qu'ils les prenaient pour des princesses de contes de fées gardent le même genre de fascination plus tard même si moins timide c'est volontairement qu'ils se laissent mener.

 

La personnalité tourmentée de l'interprète de films de Billy Wilder, Howard Haks, ciseleur de dialogues, ou Otto Preminger ne peut se résumer en quelques lignes, quelques clichés ou lieux communs parfaitement inintéressants.

 

Elle est à la fois la petite fille qui met les habits et les chaussures à talons hauts de sa grande sœur, en espérant plaire aux garçons, qui éveille ainsi chez les hommes le besoin de la protéger, de la prendre dans ses bras pour la consoler, cette femme perpétuellement insatisfaite, qui ne sait plus trop où se situe sa vraie personnalité, qui n'a aucune confiance en elle et qui est quand même une « enfant radieuse » telle que la décrit Truman Capote, qu'elle entraîne fumer dans les toilettes après un enterrement comme une collégienne qui voudrait échapper aux « pions ». Elle est exhibitionniste et pudique, extravertie à l'outrance et timide, intelligente et se comportant sottement.

 

Elle est aussi parfois une femme d'esprit, sûre d'elle et de son jugement, capable de dire les pires vacheries sur ses consœurs et confrères d'une formule tranchante, caustique et toujours juste qui ridiculise instantanément ceux qui ne la prenaient que pour une blonde idiote ou une potiche des studios, dont elle même qui s'est soumise aux diktats plus ou moins grotesques d'intellectuels théâtreux la forçant à des disciplines de jeu de scène complètement absconses, intellectuels faisant payer en espèces sonnantes et trébuchantes leurs conseils sans intérêt, car Marilyn était une comédienne instinctive qui n'avais pas besoin d'intellectualiser les rôles pour les jouer admirablement, étant talentueuse naturellement.

 

Les deux films avec elle d'ailleurs révérés par la critique qui se veut intelligente, « Bus Stop » et « The Mistfits », sont des pensums où elle est mauvaise à se forcer à adopter les « tics » insupportables de « l'Actor's studio » de Lee Strasberg, qui comme sa femme Paula, avait le complexe du gourou. Je me réjouis assez de savoir que Joe Di Maggio, un des maris de l'actrice, a viré « manu militari » tous ces hypocrites prétentieux, sentencieux et beaucoup moins talentueux que Marilyn lors de son enterrement après son suicide, ou crime politique, en 1962.

 

Et dans « The mistfits », qui est un meilleur film que le précédent, les ratages de John Huston étant toujours plus intéressants que n'importe quel long métrage réalisé par un tâcheron actuel fût-il honnête.

 

cinéma,femmes,politique,société,littératureArthur Miller réécrit chaque jour ses dialogues pour en faire une emmerdeuse de concours que l'on a surtout envie de gifler quand elle joue la célèbre scène de sa crise de nerfs. Miller se venge de son mariage raté sur écran géant et se console du dépit qu'il a dû ressentir à ne pas avoir un peu plus sur lui et son œuvre les fanaux de la gloire .

 

La critique qui pense n'allait tout de même pas reconnaître que son meilleur film est une comédie « Some like it hot », joyeusement caustique et encore aimablement transgressive quant à l'histoire qu'elle raconte et la manière dont celle-ci est racontée.

 

La critique qui pense est persuadée qu'admettre qu'elle a ne serait-ce que que souri à une œuvre drôle ou comique est une forme de dégénérescence car au fond ceux qui en font partie restent des petits bourgeois moralisateurs apeurés, terrorisés par le plaisir qu'ils pourraient prendre à rire sachant très bien de plus que Billy Wilder les amènerait tranquillement à rire d'eux mêmes ce qui les effraient encore plus.

 

J'ai toujours la même fascination quand je tombe amoureux d'une femme, le même désir de me laisser aller au vertige, même si celui-ci est dangereux, et je suis d'une certaine manière amoureux de Marilyn, comme je le suis de toutes les femmes solaires, qui irradient quelque chose qui n'appartient qu'à elles, qui ne fonctionne par l'application d'onguents et de crèmes de beauté, qui ne tient pas aux miracles de la chirurgie esthétique, ni de l'artifice des correcteurs électroniques d'images.

 

Marilyn ne correspond absolument pas au type de beauté féminine actuellement porté aux nues, à savoir une éternelle ado anorexique qui fait constamment la moue, elle a des rondeurs, se fiche de paraître tellement naturelle ou simple, ou faussement lassée des projecteurs que Marilyn aimait passionnément....


photos prises ici

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