Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Copinage et clientélisme sont les deux mamelles de l'emploi en France

    Imprimer Pin it!

    clientelisme.jpgAprès le « mariage pour tous », première « grande cause nationale » du quinquennat, le président Hollande vient de décréter le chômage endémique qui sévit dans notre pays deuxième problème d'importance donc, ce qui en dit long sur ses priorités, le « mariage pour tous » étant un souci beacoup plus fondamental pour son électorat bourgeois bohème il faut dire.

     

    Il promet, fort imprudemment, sa résorption progressive, certainement en créant plus d'emplois publics ainsi que l'ont fait la plupart des dirigeants réputés de gauche auparavant, un saupoudrage d'emplois « gadgets » qui dureront le temps d'endormir le peuple, comme ces « ouvreurs de portes » que l'on pouvait trouver dans certaines postes du Nord de la France dans les années 2000, ainsi à Roubaix.

     

    Il oublie la question cruciale quant au recrutement du copinage, ou du clientélisme, de la cooptation, devenus souverains dans ce pays bien loin devant le mérite et le travail dont tout le monde sait qu'ils ne servent plus à grand chose, et ce malgré les tirades amphigouriques sur la méritocratie républicaine morte de sa belle mort il y a déjà quelques temps.

     

    Pour le prouver, rien de plus simple, nul besoin d'aller bien loin, il suffit de se promener dans les couloirs de quelques institutions publiques locales françaises, en particulier celles de certaines villes de province dont la ville de X... coincée en Normandie entre deux métropoles régionales plus importantes, une petit ville souffrant de multiples complexes d'infériorité.

     

    Suivez le guide ….

     

    A la Médiathèque locale, la personne chargée des bandes dessinées est le fils d'une des adjointes au maire, placé là non pas car plus compétent qu'une autre mais « parce qu'il aimait bien lire les BD petit ». Au rayon CD on trouve un fils de directrice de collège qui a fait jouer ses relations car sa progéniture ne savait pas trop quoi faire avec une licence de sociologie. A l'accueil, une petite amie d'un des adjoints du maire, une nièce de l'ancien édile municipal, et une de ses cousines reçoivent les doléances des usagers.

     

    Coïncidences, me direz-vous, mais là cela en fait beaucoup.

     

    Au conseil général, car la ville de X... est une préfecture, on trouve de deux à trois personnes par bureau, et qui ont, lorsqu'on leur rend visite du temps à consacrer aux citoyens venant leur demander quelque renseignement comme on peut le constater à chaque fois. Au recrutement on trouve surtout des « jeunes » issus de la diversité, selon le terme consacré, venant des « cités » sensibles des alentours et servant d'alibis aux responsables de l'endroit. De plus cela permet de créer un électorat « captif » et redevable ce qui est toujours bon à prendre.

     

    Il est question de construire bientôt, pour y délocaliser les activités du théâtre municipal, pourtant sous-employé, une SMAC (ou Scène de Musiques Actuelles), celle-ci sera dirigée par un des copains du maire féru de musique et d'art moderne.

     

    Ainsi vont réellement la France et son emploi en 2013....


    image prise ici

  • HG Wells, barbe bleue aimable de la Science Fiction

    Imprimer Pin it!

     « Un homme de tempérament » de David Lodge

    220px-H_G_Wells_-_Sandgate_-_Project_Gutenberg_eText_13715.pngDavid Lodge évoque dans ce livre l'écrivain et ses créations, son processus de travail, ses sources d'inspiration, et il parle aussi de l'homme privé, de sa vie sensuelle. Dans les premières pages, le lecteur a d'ailleurs un peu peur, car les attributs naturels de Wells qui était un séducteur compulsif semble une obsession pour le biographe, puis ensuite, pris par la vie chaotique, tourmentée, pleine de paradoxes de « HG », comme l'appelait familièrement ses proches, on tourne les pages presque sans pouvoir s'arrêter.

     

    Wells est né dans une famille pauvre des environs de Londres, à la fin de l'ère victorienne. C'est à la faveur d'une fracture du genou alors qu'adolescent qu'il commença à s'intéresser à la littérature, son père lui amenant pour le distraire des romans d'aventures, des illustrés humoristiques et progressivement des livres plus sérieux. Le jeune homme de frêle constitution, persuadé qu'il n'en pas pour longtemps, sent alors grandir en lui sa soif d'instruction, obtenant de ses parents de commencer des études, financé en partie par un travail d'aide aux plus jeunes élèves.

     

    Dans le même temps, grandit en lui une autre soif, car Wells a des appétits sexuels tout aussi importants que ceux concernant le savoir. Il théorisera sur ceux-ci plus tard en théorisant sur l'Amour Libre dont il devient un des promoteurs au sein de la société dite « fabienne », ce qui n'évitera pas chez lui les contradictions, car il est aussi un amant jaloux et possessif, et un mari somme toute autoritaire imposant à sa première femme des arrangements dont elle ne veut pas, et qui lui conviennent surtout à lui pour se donner bonne conscience. Enfin, il ne conçoit l'Amour libre que réservé bien entendu aux hommes.

     

    Les « fabiens » sont des socialistes à la mode victorienne, à savoir, dans les déclarations d'intentions de leur société, le socialisme n'est qu'une idée vague, éloigné de la théorie marxiste, et ils évitent soigneusement de spécifier les modalités par lesquelles ils souhaitent y parvenir, les « fabiens » étant aussi des propriétaires aisés qui ne souhaitent pas renoncer aussi rapidement que cela à leurs biens et à leur personnel de maison.

     

    Wells est un ogre, qui a de multiples compulsions, qui étouffe vite pris dans le carcan des habitudes ménagères, qui pour satisfaire ses élans a toujours besoin de beaucoup plus qu'un petit peu de satisfactions, raisonnables pour le commun des mortels, largement insuffisantes pour lui. Comme beaucoup d'autres, cela se comprend par le fait qu'il voudrait en somme faire tenir le monde entier dans ses rêves et sur les pages qu'il noircit chaque jour car le besoin d'écrire est chez lui existentiel.

     

    C'est un « Barbe bleue » aimable qui consomme quelques épouses et maîtresses dont les deux filles d'une de ses amies proches, écrivain elle aussi, Edith Nesbith, célèbre auteur pour enfants. Il n'en conçoit guère de scrupules et prétend faire leur éducation littéraire et social, ce qui compenserait à ses yeux de donner libre cours à ses désirs d'amoureux non pas romantique mais un peu brutal, Wells n'est pas exactement un cérébral. « Il a des besoins » ainsi qu'il l'avoue évasivement à sa première femme le soir de leur nuit de noces catastrophique.

     

    On peut préférer quant au titre de cette biographie romancée de Herbert Georges Wells le titre anglais « A man of parts », à la fois très fin et trivial en même temps. Je te laisse, ami lecteur, le soin de traduire, « parts » ayant une autre signification que celle indiquée dans ton dictionnaire.

     

    Comme tout gosse peu doué pour la vie sociale, j'ai grandi en lisant beaucoup, et évidemment, j'ai lu les classiques de Wells que sont « la Guerre des Mondes », « la Machine à voyager dans le temps », et « l'Homme invisible », après avoir dévoré une bonne partie des romans de Jules Verne. Dans ces livres, Wells offre un point de vue sur le progrès et l'être humain beaucoup moins optimiste que celui de l'auteur du « Tour du monde en 80 jours », moins marqué par le positivisme de la bourgeoisie industrielle, Verne qui cependant en dira toute la désillusion qu'il en concevra à la fin de sa vie dans « le Nouvel Adam ».

     

    Et Wells évite les descriptions instructives qui sont parfois chez son confrère français un peu longues. Il a un sens littéraire parfois plus aigu.

     

    Si les trois romans classiques que j'ai cité conservent encore un aspect passionnant de par les fables qu'ils sont aussi, plus que des récits d'anticipation purs, ou de science-fiction explicite, il est permis d'apprécier également les nouvelles fantastiques de Wells dont la plus intéressante est sans doute « la porte dans le mur ». Dans cette histoire, un homme maintenant d'âge mûr se souvient d'une porte cochère qu'il a ouverte étant enfant un jour qu'il s'était perdu, donnant sur un jardin extraordinaire, où il se retrouve entouré de bêtes sauvages d'une douceur singulière et de jeunes filles diaphanes.

     

    A chaque fois que sa vie prend un tournant d'importance, il retrouvera la porte, mais à chaque fois il choisira le confort de la vie quotidienne. Il regrettera toute sa vie ce jardin étrange et n'aura de cesse de le retrouver.

     

    Une autre des nouvelles intéressantes de Wells raconte le don par un aventurier de la pomme de l'arbre de la connaissance à un jeune étudiant plein d'avenir et de promesses qui l'abandonnera sur un siège de train par peur du « qu'en dira-t-on » et aussi car il n'y croit guère. Après un cauchemar qu'il fera la nuit suivante, il comprendra ce qu'il avait laissé derrière lui et en perd le sommeil à jamais.

    2012+01+18+T%25C3%25A9l%25C3%25A9rama+HG+Wells+p68.jpg

     

    Wells n'est par contre pas très intéressant quand ses livres ne servent qu'à vendre un discours lénifiant un rien « prêchi-prêcha », se traduisant par exemple par son roman « Au temps de la Comète » qui inspirera cependant le très beau classique de cinéma britannique, « Things to come », décrivant une utopie concrète, poétique et grandiose tout à la fois. Il s'oppose plusieurs fois à Orwell dont on est en droit de penser que la vision politique a plus d'acuité.


    Quand il meurt, il ne croit pas que l'être humain atteindra jamais l'âge des Elois et des Morlocks de l'an 800 002 que son explorateur du temps découvre, étant persuadé que les pitoyables primates que nous sommes se seront détruits d'une manière ou d'une autre bien avant. Il est dans l'état d'esprit d'un de ses personnages qui rêve la nuit d'un autre temps, une guerre future encore plus meurtrière que celle que l'Angleterre vivait en 1944, dans la terreur des « V2 », tout en subissant le « Blitz » le jour.

     

    Il meurt insatisfait également de sa vie amoureuse car la dernière femme qu'il aima refusa toujours de se marier avec lui, suprême ironie pour un chantre de l'amour libéré des contingences.

    image du haut emprunté ici

    image du bas, de Loustal, empruntée là


    ci-dessous l'intégralité de "Things to come" et la bande annonce de "The Time Machine" de Georges Pal beaucoup plus intéressant que le "remake" pâlot de 2005

  • L'enfance et la nostalgie ont un parfum de vanille

    Imprimer Pin it!

    société, littérature, politique, nostalgie, vanille, enfanceL'enfance, mon enfance, a pour moi le parfum de la vanille. Celle-ci a la goût de ce paradis à jamais disparu de l'enfance dans les années 70, avant le téléphone cellulaire, quand les programmes de la télévision ne commençaient que le soir, que l'on pouvait voir des films maintenant relégués en deuxième ou troisième partie de soirée, réservés aux intellectuels, ou aux abonnés au câble ou au satellite, passaient à 20h30.

     

    Les enfants lisaient des « illustrés » quand ils avaient bien travaillé à l'école et que leurs mères leur achetaient après la classe. Il y avait les familles où l'on achetait « Pif » aux enfants, et celles où c'était « le Journal de Mickey », selon la couleur politique des parents, et, ou leur milieu d'origine. Aux plus grands on achetait « Spirou », plus humoristique, ou « le Journal de Tintin », spécialisé dans la grande aventure.

     

    Rentrés à la maison il arrivait souvent que ma mère prépare un dessert, et particulièrement à la vanille. Je me souviens de la gousse de vanille trempée dans le lait bouillant après que ma mère l'ai fendue en deux avec un couteau effilé, sur le feu bleuté de la cuisinière, les petits grains se mélangeant peu à peu au liquide, lui donnant une belle couleur petit à petit, et le parfum un peu douceâtre, mais tellement agréable, montant dans toute la cuisine.

     

    Ma mère rajoutait le sucre, puis les œufs au mélange, et le tout cuisait lentement dans le four au bain-marie. En attendant que la crème soit prête, elle mettait une dizaine de carreaux de sucre blanc avec un verre d'eau et un petit zeste de citron dans un moule pour préparer le caramel qui surplomberait le tout.

     

    A travers la vitre, je regardais l'eau autour du récipient frémir doucement, et le dessus de la crème renversée foncer progressivement. J'approchais ma main pour en éprouver la chaleur, mais pas trop, juste ce qu'il fallait, en attendant de pouvoir la déguster avec mon petit frère tout neuf.

     

    Dehors, la nuit commençait à tomber, c'était en hiver, tout le monde allumait déjà ses lumières chez soi, et le ciel avait une belle teinte orangée de crépuscule douillet et tranquille, maternel. Les nuages étaient de la ouate tendre et duveteuse.

     

    D'aucuns auraient trouvé affreux les immeubles où nous habitions, un quartier neuf ainsi que l'on disait, mais pour nous ils abritaient une certaine forme de bonheur, et encore maintenant, je me sens instantanément chez moi dans ces quartiers, malgré leur laideur, laideur que je trouve relative car il y a aussi une poésie du béton et de la ville.

     

    C'était en banlieue, les cinémas s'appelaient « Cosmos » ou « CinéPalace », ils avaient encore des ouvreuses, qui guidaient les spectateurs à bon port, vers les places désirées, à « l'orchestre » ou au « balcon », et à l'entracte on servait des « eskimos » « Gervais » sur l'emballage rose ou bleu desquels souriait un inuit de fantaisie devant son igloo tout blanc sur un ciel azuréen. Devant l'écran, il y avait un rideau rouge, cramoisie, comme au théâtre, et des images fixes de publicité, en couleurs vives, qui présentaient des boutiques et commerçants du quartier.

     

    Ma mère nous emmenait parfois au « Rex » à Paris, où le cinéma devint pour moi un voyage vers d'autres mondes, plus grands, plus beaux que celui où je vivrai plus tard. Mon père m'emmena voir un jour « Vingt-Mille lieues sous les mers » et je m'identifiais au capitaine Nemo, auquel j'aurais voulu cependant dire du haut de mes huit ans d'être moins amer, moins pessimiste envers ses semblables, la fin du film m'apprenant que la sottise l'emporte le plus souvent sur l'intelligence et la générosité de cœur, même si il reste au capitaine du « Nautilus » un minuscule espoir de refaire littéralement surface...

     

    Ce paradis perdu, c'est aussi celui de l'innocence, quand l'enfant croit que la justice, la vérité, la paix veulent réellement dire quelque chose pour les grandes personnes qui l'entourent, qu'elles y croient réellement, tout comme en Dieu ou en l'amour en général. Ce n'est plus tard que l'enfant comprend que la plupart des adultes si raisonnables ne s'intéressent qu'à leurs propres petites personnes et rien d'autres.

     

    J'ai sans doute commencé à perdre cette innocence le jour de ma première communion, quand j'ai vu des adultes ricaner du sérieux du petit garçon qu'ils avaient devant eux ce jour là, cet enfant si solennel alors qu'ils ne songeaient quant à eux qu'au gueuleton qu'ils feraient après, eux qui ne croyaient plus guère à ce sacrement. Je compris plus tard que ce n'était au fond que leur sottise qui les poussait à se moquer, le rappel vivant que j'étais de leur inappétence pour s'élever spirituellement, ou intellectuellement, leur jalousie, leur culpabilité inavouée d'avoir renoncé à sortir de leur confort intellectuel et moral.

     

    Et cette bêtise tellement envahissante, le goût de la vanille ne le console malheureusement pas, n'apaise pas la colère ressentie et le dégoût que procurent la bassesse des sentiments...

     

    Image de Chelles prise ici

  • Faire Nabila dans la vie

    Imprimer Pin it!

    télévision, société, politiqueDepuis quelques semaines déjà, sur Internet, réseaux sociaux, forums et blogs, dans les émissions de télévision censées êtres drôles et ironiques, Nabila, candidate dans une « télé-réalité » scénarisée de NRJ12 est devenue la conne ultime offerte en pâture à ceux qui s'estimant sans doute plus intelligents passent leurs journées à la moquer. Elle est devenue célèbre pour sa réplique concernant l'obligation selon elle pour les filles d'avoir toujours du shampoing dans leurs sacs.

     

    Pas si bête Nabila a fait de cette sortie une marque déposée, ce qui lui rapporte des sous à chaque fois qu'on la prononce, que ce soit pour se ficher d'elle ou pas, car elle a parfaitement saisi ce qui meut cette société, à savoir l'argent et rien que ça, la préservation des intérêts financiers. Elle a très bien saisi que tout peut se marchandiser, y compris son corps, dont sa plastique refaite (« le plastique c'est fantastique » comme le prouve sa poitrine d'ailleurs), quitte à y perdre ce que l'on appelait dans l'ancien monde sa dignité, et son intimité, deux trucs largement monnayables, et à prix d'or faut-il le dire, donc pourquoi se serait-elle gêné ?

     

    La dynamique de ces émissions se base bien entendu sur le spectateur-voyeur qui attend que les bêtes à cornes siliconées et bodybuildées qu'on lui met devant les mirettes se tapent dessus ou qu'elles fassent des choses dans la piscine et aussi sur les spectateurs affirmant regarder tout cela au second degré pour s'en moquer, mais qui ne ratent pas une seule émission, fascinés par le spectacle non seulement de la sottise des participants de ces « zoos humains » mais aussi de leur propre bêtise et inappétence à tout effort de réflexion individuelle.

     

    Ces émissions fonctionnent sur l'identification, d'où leur énorme et effarant succès, mettant en lumière des médiocres sans talent particulier dans lesquels le pékin moyen, jeune ou moins jeune, peut se reconnaître, espérant comme eux être un jour entrer de même manière dans la lumière sans montrer quoi que ce soit d'intellectuellement satisfaisant ou intéressant.

     

    La célébrité de Nabila, tout comme le succès de la télé-réalité, ne sont que des symptômes de la démission malheureusement enthousiaste de la société libérale libertaire pour l'éducation, l'encouragement à la culture, à la transmission de valeurs morales et sociales collectives et individuelles élevées, toutes choses bloquant la consommation, donc nuisibles quant à la dynamique du système.

     

    Je suis d'ailleurs surpris que les belles âmes s'en désolent, en effet, ces pompiers pyromanes ont tenu toutes ces années à détruire et conchier méthodiquement, continuant à s'y employer, tout ce qui maintenant la cohérence sociale, un semblant de cohésion entre les personnes. Nabila est de leurs enfants.

     

    Qu'est-ce qui reste donc comme but possible dans la vie aux gosses de ce monde ? Comme idéal indépassable ?

    La célébrité « kleenex », et le fric que l'on peut en retirer.

    Faire Nabila ou Kevin, maître-nageur « chti » émigré à Las Vegas, dans la vie...


    portrait pris ici

  • Théâtre et littérature d'idées selon Jules Renard

    Imprimer Pin it!

    220px-Jules_Renard.jpgUn extrait du "Journal" d'actualité concernant les littérateurs dits "engagés",

    Avant ces propos, Renard constate que s'il avait serré la main des domestiques présents à ce dîner qui lui inspire ces phrases, les esprits de progrès présents lui auraient ri au nez.

    26 Janvier 1897

    "Sommes nous des artistes ou des professeurs d'économie politique ? [...] Mais celui qui a faim il souffre, vole et tue, mais ne fait pas de phrases.[...| Vous vous foutez bien des ouvriers ! Les députés ne nous donnent que des paroles et nous, si vous demandez du pain et l'argent, nous vous donnons des articles, mais c'est vous qui en touchez le prix".

  • Le journal de Jules Renard en notre époque effarée et effarante

    Imprimer Pin it!

    littérature,jules renard,société,politiqueJules Renard est surtout connu actuellement pour « Poil de Carotte », classique scolaire de la littérature enfantine et adolescente, un peu comme l'est « l’Écume des jours » de Vian, livre largement sous estimé au fond, là encore tout comme le livre sus-cité, qui montre encore une fois que les grands écrivains sont ceux qui cultivent leur part d'enfance, qui ne s'en remettent pas, fût-elle sombre car « Poil de Carotte » n'est pas exactement un livre lumineux, par instants il cultive une noirceur que l'on n'associe pas habituellement à l'enfance.

    Boris Vian mérite mieux que cette réputation d'auteur « amélipoulinesque », Jules Renard que son aura d'auteur pour gosses mal dans leurs peaux....

     

    A peine parfois certains, de plus en plus rares, qui veulent se donner un genre à la fois anti-conformiste et cultivé citent-ils son journal, qu'ils n'ont pas lu, comme source d'inspiration de leurs saillies qu'ils espèrent drolatiques et ironiques, et qui ne sont qu'amertume ou railleries au ras du sol, ou dérision calculée, ceux l'ayant réellement lu, et compris, étant rarissimes bien entendu.

    Il faut dire que la dérision et l'ironie sont largement incompréhensibles pour notre époque intellectuellement saumâtre, empêtrée dans ses désirs d'image bien nette et bien définie.

    De 1887 à 1910, Jules Renard a donc écrit son journal, il l'a fait non pour montrer de lui au public une image flatteuse et complaisante, livrer de grandes pensées pompeuses et pontifiantes qui caressent le lecteur complice qui se sent alors élevé à la cime des grands penseurs, des belles âmes, non plus pour se statufier lui-même de son vivant ou se livre à une « extimité » indécente et narcissique, inspirant surtout dégoûtation et envie de rire.


    Il l'a écrit chaque jour pour simplement décrire dans toute sa nudité ses faiblesses de pauvre être humain doté cependant d'un don pour l'observation et d'un autre pour l'écriture largement supérieurs à ceux de bien des tâcherons actuels, et celles de ses contemporains.

     

    Dans son journal l'écrivain évoque la vie littéraire, culturelle et politique de son temps, qui par ses médiocrités ressemble beaucoup au nôtre, son travail d'écriture, son rôle de père, où il constate bien souvent qu'il ne fait pas mieux que « monsieur Lepic », de maître de maison dans un petit domaine rural, sa charge de maire de Chitry, son village natal, ses considérations sur les hypocrites de tout genre, constatant entre autres que ce qui domine chez les donneurs de leçons de tout camp idéologique ou religieux « c'est la quête » ainsi qu'il l'écrit, point d'orgue de leurs péroraisons selon lui et l'auteur de ces lignes, et leur goût du pouvoir, fut-ce sur un petit village.

    A ses auteurs comme Jules Renard moralistes, mais pas moralisateurs, caustiques mais jamais cruels, l'époque actuelle a cru pouvoir opposer la réponse selon elle ultime qui est de refuser toute hiérarchie des goûts et des couleurs, des arts et des passe-temps futiles, des romans d'écrivaillons et des œuvres impérissables, des versificateurs de mirliton et des poètes qui élèvent le lecteur. Bref, le moraliste, le caustique, le cynique n'est rien qu'un prétentieux, pour lequel on ressent de la pitié car on suppose qu'il n'aime personne à être aussi peu positif sur les êtres humains forcément remarquables qui l'entourent.

    Et puis de quoi se mêlent-ils à la fin ses écrivains ?

    Si leurs congénères ont envie de se vautrer dans leur sottise, qui sont-ils pour les empêcher toute « envie » étant considérée en nos temps de progrès effarés et effarants comme légitime ?

    portrait pris ici

  • A bas la clique des moralisateurs politiques !

    Imprimer Pin it!

    politique,ump,ps,hypocrisie,manif pour tous,frigidebarjot


    Les promoteurs du « mariage pour tous » feignent de croire que ce qui pose problème à leurs contradicteurs est l'homosexualité, contradicteurs soupçonnés des pires avanies, des pires haines dont l'homophobie, injuriés de manière abjecte pour cela, traînés dans la boue par entre autres des attaques au physique d'un niveau ras du sol et digne pour le coup des torchons comme « Gringoire » dans les années 30.

    J'avoue que j'ai d'ailleurs beaucoup de mal à comprendre le fait que beaucoup se sentent obligés de donner des gages de bonne pensée à ces moralisateurs qui s'en foutent, de toutes ces justifications, puisque pour eux les contredire équivaut à mourir socialement définitivement. Dans leur chapelle, l'anathème, l'excommunication ne connaît aucune miséricorde. Ils n'hésitent pas ensuite à employer tous les moyens contre les pêcheurs contre la pensée correcte, ceux-là mêmes qu'ils reprochent non sans culot à leurs contradicteurs.

    Ces beaux esprits issus de la « gauche morale », ou « gauche olfactive » selon la définition d'Elisabeth Lévy n'y voient là aucune contradiction. Elle n'a rien à voir avec les personnes de gauche sincères dont les aspirations sont réellement sociales et non seulement sociétales, pour complaire à un petit milieu favorisé qui aime bien se passer lui-même la brosse à reluire politique.

    Ou comme à leur habitude, pour faire taire le contradicteur, on invoque quelque événement « tire-larmes », ou le risque de retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) quand on ne traite pas carrément celui qui va contre la bonne parole de « fââchiiiste »....

    Ce n'est pas du tout l'homosexualité qui est le fond du mouvement, mais le fait qu'une petite clique de bourgeois se percevant et se définissant eux-mêmes (on n'est jamais si bien servis que par soi-même) comme progressistes et libertaires impose ses vues à la France depuis déjà quelques décennies, se basant pour se faire sur la peur panique des masses d'être éjecté du troupeau docile des citoyens consommateurs, suivre le mouvement étant confortable, et donnant de soi une image flatteuse sur les réseaux sociaux, autour de la machine à café ou chez le coiffeur.

    Ces bourgeois sont restés rigoureusement les mêmes depuis la Révolution Industrielle, même si ayant perdu en route un peu de leur hypocrisie concernant la morale individuelle, il ne s'agit pour eux que de préserver à tout prix les intérêts de leur milieu et rien d'autres, et valider toutes leurs prétentions à se prendre pour des guides vers plus de progrès du peuple qui rechigne encore, l'ingrat, à se laisser faire. Un de ces « phares de la pensée » monsieur Barbier a cru bon de dire que selon lui il aurait fallu faire voter cette loi en été, en catimini, quand le peuple regardait ailleurs, histoire qu'il ne donne pas son avis.

    Ce qui entretient ce mouvement hétéroclite, c'est principalement la colère qui monte face à l'hypocrisie évidente de ce microcosme qui fait passer la loi sur le « Mariage pour tous » au premier plan au nom de l’Égalité, tout en signant et laissant signer l'accord de « sécurisation de l'emploi » que même les plus libéraux caciques de l'UMP n'ont pas validé, en ne montrant que leur indifférence face à la fermeture définitive des hauts fourneaux de Florange, en sombrant dans une politique d'austérité touchant les plus précaires afin de répondre aux fameux critères de convergence européens, suivant en cela les diktats monétaristes de la BCE et le catéchisme ultra-libéral de Friedman père et fils qui suggère encore plus de dérégulation.

    Que la loi de madame Taubira, qui aura son nom dans les manuels d'histoire, ce qui satisfera on l'espère un temps son orgueil, passe à l'Assemblée, qu'elle soit retoquée ou pas par le conseil constitutionnel n'y changera rien, cette colère continuera de monter...

    image prise ici

  • Le Paradis déjà ici

    Imprimer Pin it!

    308085_10150297251388396_1880766_n.jpgCes photos, prises non loin de chez Barbey à Carteret, m'ont rappelé quelque chose de tellement évident.

    312576_10150297251573396_6652028_n.jpgLe Paradis est déjà là, il est dans la beauté tout autour de nous, celle de la Nature, la beauté des femmes, la douceur des paysages qui incitent simplement à vivre et jouir de la vie, ce qui n'exclut pas de partager les joies les peines.

    Le reste est de la littérature...

  • L'Ennui en province à l'heure de la mondialisation

    Imprimer Pin it!

    Dédié à ma bonne ville d’Évreux où bien sûr c'est tout à fait différent !

    Dédié aussi à l'auteur-e du blog "journal d'une parisienne expatriée en province"

    province, société, politique, nostalgieAmi lecteur, je sais bien que tu n'aimes pas que l'on critique la province, tu sais aussi que moi qui suis un mauvais esprit, je ne l'aime pas du tout car comme Céline, le bon docteur Destouches, elle m'emmerde souverainement par ses commérages, ses étroitesses, ses endogamies grotesques aussi, je dis bien « ses » car il n'y en a pas qu'une, hélas.


    C'est pour moi un avant-goût du Purgatoire...


    Ami lecteur je te rassure cependant, il y a quand même un brin d'exagération et de dérision dans mon propos, je ne suis pas si caustique.


    Quoi que ?...


    Au moins si j'y vais un jour, je serai préparé.


    Il doit avoir des airs de ces petites villes maintenant toutes pareilles, sans âme, avec leur centre déserté où l'on se pique de multiculturalisme voire de diversité, leurs banlieues dortoirs, leurs jeunes esseulés, leurs ivrognes et poètes locaux, ses notables clientélistes, leur haine du « parisien », tout citadin d'une grande ville au nord de la France étant par essence une sorte de « parisien ». C'est à peine d'ailleurs si on ne chasse pas le « parisien » en automne, celui-ci ayant un avantage, il achète trois fois plus cher ses courses que les indigènes quand il est en villégiature dans le coin.


    Et pourtant, j'aime bien ses paysages, sa beauté et celle de la nature que l'on peut y admirer mieux qu'en d'autres lieux, sa joliesse, son pittoresque même, mais c'est le déplorable primate humaine qui y gâche tout par son appétence aux pires sottises, aux pires lieux communs qui font florès en milieu campagnard également. Ce n'est pas par mauvaise volonté, on veut faire « moderne » raison pour laquelle entre autres choses l'on pensera qu'un type qui ne dit pas trois vulgarités par phrase est forcément « hormosessuel ».


    On sait ce que c'est, on a entendu souvent le mot à la télé, et donc on croit pouvoir les reconnaître quand on en voit un. Bien sûr, on affiche sa tolérance pour la galerie, car il suffit de se promener cinq minutes dans certaines villes de province pour se faire injurier copieusement une bonne dizaine de fois si l'on présente quelque différence avec les individus mâles, ou femelles, locaux.

     

    A l'heure de la mondialisation, le cliché considérant qu'en province on est plus authentique, plus vrai, plus simple, court encore alors que là comme ailleurs il n'y a plus vraiment d'identité, donc d'authenticité, le pékin moyen y songeant surtout comme ses congénères de la capitale à consommer, et à rêver de ce qu'il pourra consommer s'il se tient bien sage et docile, et qu'il fait ce qu'on lui demande de faire.

    En semaine, le provincial suit la même routine que les autres. Il se plaint de son chef de service autour de la machine à café, tout en lui faisant des ronds de jambes par ailleurs, ronge son frein derrière son guichet ou dans son atelier. S'il est commerçant, il se plaint des clients, et du manque de rentrées depuis quelques temps, ne remettant jamais son incapacité à être aimable avec des clients qui ne sont pas des « habitués » depuis trois générations.


    Le samedi il déambule en ville, s'il est jeune il a le portable vissé à la main, car il est « moderne », il va au cinoche puis ensuite au « MacDo », comme les « parisiens ». S'il est plus âgé, il discute des derniers ragots à la terrasse des cafés. S'il est de genre féminin, il va se faire couper les cheveux : toujours plus ou moins la même coupe « pratique » en « bol » plus ou moins long avec l'épi du milieu qui rebique juste comme il convient.


    Ou il zone sur Internet (en province comme à Paris, on a Internet, faut pas croire).


    De fait, comme ainsi que dans le reste du pays, les racines des personnes, ce qui les rattachait à la terre qu'ils habitent, leur culture, ont été méthodiquement et systématiquement raillées, conchiées, traînées dans le ruisseau, il ne peut plus y avoir de véritable communauté de village, ou de ville, en province comme ailleurs, les gosses y rêvant surtout d'Amérique, d'argent et de télé réalité. Ils n'ont gardé de leurs ancêtres que les plus mauvais côtés, s'exprimant parfois d'une manière que des commères n'auraient pas renié, ou René Bazin dans « la Terre qui meurt » et les protagonistes de « Goupi main rouge », égrenant les lieux communs en toute inconscience, persuadés de préserver leur âme provinciale et rurale morte depuis belle lurette.


    image extraite de "Dupondt-Lajoie" prise ici

  • Aux "Pédés de service" et autres "folles du régiment"

    Imprimer Pin it!

    politique, société, homosexualité, politiquement correctLes délires actuels sur l'homophobie m'ont rappelé dernièrement le cas de L... un responsable culturel français à Jérusalem que j'avais rencontré là-bas. L... . Comme ce n'était pas le seul « garçon sensible », pour faire un bon mot pour faire rire mon entourage, j'avais appelé son lieu de travail la « Cage aux folles ». Ce n'est pas que j'avais quoi que ce soit contre lui, ou les autres personnes homosexuelles autour de lui mais je n'ai jamais su résisté bien longtemps à un « bon » mot, une répartie, un sarcasme, fût-ce de mauvais goût.


    Et puis j'ai été amené à travailler avec lui. Il ne me tint pas rigueur de mes plaisanteries, dont je ne me sentais pas coupable, sans en être très fier, me confiant simplement quelques petites réflexions intéressantes ayant compris aussi ma compulsion à la dérision. Grand, très mince, toujours habillé de couleurs très vives, une fine moustache d'expert-comptable sur la lèvre supérieure, il avait des faux airs de John Waters, le réalisateur de cinéma « trash » des années 70.


    Pour les petits français, il avait toujours été, était encore et serait encore le « pédé de service », que ceux-ci se disent tolérants et progressistes, ou qu'ils soient réellement homophobes. Ce qui déterminait l'appréciation de sa personne, ce n'était pas ses qualités ou ses défauts mais son orientation sexuelle.


    Pour les premiers, il était la « folle » tellement sympââthoche à qui les filles confiaient leurs petits soucis, tellement sensible, tellement fin. Pour les autres, c'était une « tarlouze » invétéré, la « tafiole du régiment » qui fait bien rire, et que l'on aime bien tant qu'elle consent à se faire foutre d'« elle » sans moufter, les moqueurs ne faisant qu'exprimer au fond leur peur intime de leur propre homosexualité latente se devinant à travers leur goût pour des amitiés « saines et viriles ».


    Parmi eux, on trouve d'ailleurs des lecteurs ou pseudo lecteurs de d'Annunzio, qui eut des « amitiés particulières », d'Henri Massis, idem, ou de Brasillach, qui ne s'en est jamais caché.


    En Palestine, du fait de ce qu'il faisait pour les autres, il pouvait être simplement lui-même pour les palestiniens qui l'appréciaient pour ce qu'il était au fond de lui, sans que son inclination ne soit même une question politique, religieuse ou autre, que ce soit dans le sens d'un angélisme effarant que celui d'une diabolisation toute aussi stupide, d'un désir de reconnaissance, qui ne passera jamais par une loi, celle-ci ne pouvant se décréter d'un trait de plume, fût-elle administrative.


    Wilfred, et son ami, qui ont subi une agression que je suis le premier à reconnaître comme ignoble, sont cependant, tout comme de nombreux militants LGBT, et je suppose bien malgré eux de ces « pédés de service », qui se définissant seulement par leur orientation sexuelle ne font finalement que montrer leur profond mal-être à se voir comme ils sont, les personnes ayant le plus de mal à les accepter étant au fond eux-mêmes et non des membres de la « Manif pour tous » comme ils le laissent entendre, tout comme des homosexuelles médiatiques ne cherchent en fait qu'à faire payer à tous les hommes le divorce de leurs parents. 

    image prise ici

  • Louons un comique mort avec dérision et vanité

    Imprimer Pin it!

    desproges.JPG

    Mon article sur le suejet sur Boulevard Voltaire


    Je ne vais pas jouer les modestes, je ne vais prétendre non plus avoir son talent, mais si j'aime bien Desproges, c'est parce que je reconnais en lui un compagnon de blessures, le genre de types qui aurait « contre-pété à la porte des chambres à gaz » pour éloigner un temps la bêtise crasse ou la haine en s'en moquant, pas très doués non plus pour l'esprit de sérieux et les compromis sociaux, dégainant le sarcasme plus rapide que son ombre.

     

    Et comme lui je suis convaincu que ce qui est vraiment sérieux c'est surtout la dégustation d'un bon vin, d'un bon livre de Marcel Aymé ou Vialatte, les bonnes tables avec ceux que l'on aime d'amour ou d'amitié, et les jambes des jolies femmes, toutes choses réellement capables d'éloigner le spectre des z-heures les plus sombres de notre histoire.

     

    J'écoutais au début des années 80, à la fin de l'ère giscardienne, comme mes camarades à l'époque, le procureur sévère démonter en deux temps trois mouvements des « pipeaules » et autres célébrités masochistes au « Tribunal des Flagrants Délires » et plus tard, je me fadais la fin d'une émission « kulturelle » de « France Inter » pour pouvoir entendre les « Chroniques de la haine ordinaire ».

     

    Autant dire que j'étais déjà perdu pour le bon esprit, qu'il soit chrétien de gauche ou humaniste de droite.

     

    Hier, en guise de commémoration, je suis allé faire un petit tour sur le site « officiel » de Pierre Desproges. J'ai jeté un coup d'œil aux commentaires des articles, et compilations de textes ou d'informations sur Desproges, mort il y a vingt-cinq ans le 18 Avril 1988.

     

    Tous les commentaires ou presque, très premier degré, sont dans le « Ahlala, il nous faudrait un Desproges », le laudatif exaspérant et la nécrologie complaisante et exagérée qui eut sans doute énervé cet « écriveur » hors pair qu'il était, quand ils n'essaient pas de singer un réquisitoire ou une chronique de la haine ordinaire.

     

    C'est toujours le même refrain avec les comiques morts (Raymond Devos, Guy Bedos, Le Luron etc...), les imbéciles en chantent les louanges alors que de leur vivant, les mêmes ne comprenaient strictement rien à l'esprit ou au sens de la dérision dudit mort et n'y comprennent rien maintenant.

     

    Et puis encenser un mort permet de se protéger du bousculement des certitudes qu'il pourrait encore provoquer par ses textes toujours des plus incisifs.

     

    Ce que l'on appelle dérision à notre époque, à leur décharge, ce sont des « comiques citoyens » qui la pratique, dont Stéphane Guillon qui n'a pas peur de se réclamer de Desproges. Ils font dans le tir sur « ambulances », les sketchs à « message » pesants sur la « diversité » (TM°) ou les homosexuels, entre autres. Ils ne chaussent plus des gros sabots mais plutôt des semelles orthopédiques, vu la lourdeur de leurs textes, croyant bon parfois de monter leur Q entre deux, pour appuyer sur leur côté transgressif je suppose.

     

    D'ailleurs je ne sais pas pourquoi j'écris ce texte car Desproges est vivant...

    photo prise ici

    "Commémorons n'importe quoi" avec monsieur Cyclopède

  • Appel à « l’Égalité pour tous »

    Imprimer Pin it!

    marianne-meeting-melenchon-bastille-18-mars.jpgLa plupart des promoteurs du « Mariage pour tous » défendent contre vents et marées cette revendication, ce changement de civilisation selon eux nécessaire au nom de l'égalité, qu'ils soient célèbres comme les bonnes dames de « D8 », Audrey Pulsar, Roselyune Bachelot, Enora Malagré, Laurence Ferrari, et aussi la journaliste Caroline Fourest, mesdames les ministres Taubira, Bertinnoti, monsieur Pierre Bergé, les chanteurs « à messages », les humoristes « citoyens », Wilfred et son compagnon ayant subi cette agression ignoble, Yann Barthès et son équipe du « Petit Journal », Michel Denisot et Daphné Bürki du « Grand Journal » et leurs acolytes, comme Bruno Donnet, Jean-Michel Ribes et tous les spécialistes du « rire de résistance » etc....

     

    Voilà un but élevé, un idéal d'équité et de justice fort honorable, que tout le monde partagera en France dont la devise est encore « Liberté, Égalité, Fraternité ». Oui, il faudrait effectivement plus de justice sociale en France en 2013, et d'égalité.

     

    Je leur propose donc d'aller plus loin encore et de faire de la bataille idéologique autour de la loi sociétale de Hollande un grand moment d'union nationale dans la lutte contre la précarisation du travail induite par la loi sur la flexibilité signée avec madame Parisot, contre le mal logement, qui touche un million de personnes, et le chômage, qui touche cinq millions d'individus.

     

    Car l’Égalité ce n'est pas seulement que deux personnes du même sexe puissent se marier, c'est d'abord et avant tout une question de ressources de moins en moins équitablement réparties. C'est surtout pour cela que la colère gronde contre le gouvernement Ayrault d'ailleurs.

     

    Un geste fort concernant leur désir d'égalité réelle, une action concrète, serait de partager leur cachets, revenus ne serait-ce que d'une journée, en deux et d'en donner une moitié à l’œuvre sociale, ONG de leur choix, afin de faire reculer au moins symboliquement un temps la pauvreté et la précarisation générale qui menacent notre pays, ce qu'ont pu constaté les salariés de « Pétropuls » entre autres.

     

    Ce serait un geste qui montrerait la cohérence des opinions affichées par cette gauche avec ses actes de belle manière et ferait taire à n'en pas douter les mauvais esprits qui douteront que ces beaux esprits aillent jusque là, qu'ils relèvent ce défi.

    image prise sur le site de madame figaro

  • L'histoire revue et corrigée de modernes Siddhartha

    Imprimer Pin it!

    On se souvient de l'histoire du prince Siddhartha qui sortant de son palais pour découvrir le monde comprit dans 

    politique,société,hypocrisie,bourgeoisquelle misère vivait l'humanité, la pauvreté qu'elle subissait pour son plus grand nombre, ses souffrances, la colère, la guerre, la haine. Ensuite, comme c'était une pointure, il se mit à méditer pour ne plus voir le malheur, la sottise et la violence décidant que tout cela n'existait pas.


    En gros, il a fait un beau déni de réel, Siddhartha était européiste et social libéral il faut dire.

     

    Il est d'autres Siddhartha, modernes, nés dans des familles catholiques traditionalistes, aisées financièrement. L'on y déteste « la gueuse », la République, mais on aime bien quand même que sa progéniture fasse partie de ses élites, à la place des représentants du peuple dévoyés par des décennies de propagande judéo-socialisto-météco-maçonnique (au choix le complot, selon l'humeur).


    A ces jeunes Siddhartha, l'on a bien fait comprendre que le monde était mauvais, à la solde des méchants, que les femmes modernes étaient diaboliques, et les catholiques actuels des mécréants à peine chrétiens, des païens décadents.


    Et puis, ces jeunes hommes, et jeunes femmes, ont grandi, ils ont découvert le monde, sont sortis de leur milieu protégé comme le prince de son palais, et se sont aperçus, ô miracle, que le monde n'était pas si diabolique que ça, qu'on leur avait raconté beaucoup d'histoires sur ce point. Ils s'aperçoivent qu'ils peuvent être amis avec des personnes de gauche sans que cela ne les entraîne vers la damnation, ils voient très vite que les femmes qu'ils croisent qui n'ont jamais fait de « rallyes »1 de leur vie ne sont pas toutes des traînées.


    C'est un fait acquis dés le départ auraient-ils dû comprendre, le monde, tout comme les êtres humains, n'est ni tout blanc ni tout noir, il n'y a guère que des nuances de gris, et quant aux idéaux de gauche comme de droite ils sont bien souvent solubles dans l'avidité personnelle des uns ou des autres.


    Ces jeunes Siddharta font alors une sorte de crise post-pubertaire à retardement, contre le père et toutes les valeurs qu'on leur avait inculqué jusque là, parfois à trente ans passés.


    Ceux qui n'ont aucun talent particulier se contentent d'aller dans des bars à hôtesses en prétextant des voyages d'affaires, ceux qui ont une « plume » chercheront désespérément à se justifier leur révolte bien anodine au fond en se cherchant parfois des grands ancêtres, une étiquette qui soit à la fois flatteuse et sympathique aux yeux du monde et à leurs yeux.


    Il en est qui invoqueront un « anarchisme chrétien », d'autres « l'écologie humaine » ne comprenant pas que les idéaux qu'on leur avait transmis étaient parfois largement tout aussi émancipateurs dés l'origine, allant jusqu'à se tirer une balle dans le pied en se coupant à la fois de leur famille d'idées et de celle du "camp d'en face".


    Ils préfèrent souvent jeter le « bébé avec l'eau du bain » mettant dans le même sac l'hypocrisie sociale intrinsèque de leurs milieux sociaux et les idées qui y sont affirmées comme autant de prétextes, ce qui n'est pas l'apanage de ces milieux de droite, on trouve beaucoup d'hypocrites dans la bonne bourgeoisie de gauche, hypocrisie qui au final revient au même dans les deux cas et semble finalement ontologique à cette classe sociale au pouvoir en France depuis deux siècles et quelques poussières.

     

    1Un « rallye » permet aux jeunes éléments des « bons » milieux de se choisir entre personnes du même monde afin d'éviter les « mésalliances »

     

    illustration : oeuvre d'Alain Jacquet prise ici

  • Survivre à un milieu dit de gauche

    Imprimer Pin it!

     J'ai trouvé ce témoignage dans une bouteille non pas à la mer, mais dans une rivière. Je transmets ce texte tel que, sans rajouts personnels bien sûr, le laissant à l'appréciation des lecteurs :

     

    bobo-parisien.jpeg« Tout ce que je peux dire en commençant ce petit texte, c'est que j'écris d'expérience. Ce n'est pas que les personnes décrites soient réellement et profondément de gauche, ce ne sont pas exactement des « purs », chez eux, cela tient de la posture, et puis j'avais envie de pousser un petit coup de colère car on le sait j'adore râler.

     

    Dans ce milieu de gauche le bourgeois, le privilégié, c'est toujours l'autre, et généralement celui qui a plus ou dont on considère les mérites moindres que les siens propres pour être aisé, les privilèges dont on dispose sont des « acquis sociaux » incontestables et inaltérables que l'on ne saurait discuter même si complètement indus.

     

    Dans ce genre de milieu, les discours contre la discrimination et l'inégalité sociale sont légions, on en parle tout le temps, mais ce n'est pas que l'on y croit vraiment, il ne faut pas se méprendre, c'est juste pour mettre sa petite personne en avant et donner de soi une image flatteuse car la hiérarchie sociale et professionnelle c'est important voire fondamentale, surtout qu'à gauche on travaille souvent dans des environnements censés encore être méritocratiques, je dis bien censés, tout le monde sachant bien que ce n'est plus réellement le cas depuis belle lurette et que ce sont surtout les « lèche-bottes » et leur obséquiosité qui ont une chance un jour d'accéder à des fonctions de responsabilité.

     

    Pour se faire, il s'agit surtout d'être docile, de se couler dans le moule, d'être un larbin se comportant selon les règles, mais d'une façon qui ne soit pas trop voyante car ce milieu de gauche a des pudeurs de vieille paroissienne de saint Honoré d'Eylau.

     

    Les opinions ne sont même plus si importantes que ça à un certain degré de la hiérarchie, on tolèrera même des opinions de droite ou d'extrème droite, considérées alors comme une excentricité excusable.

     

    Si une personne à un statut inférieur exprime les mêmes choses, bien entendu, elle est automatiquement ostracisée, psychiatrisée, rejetée, devant subir sans broncher les pires ragots imputrescibles sur sa personne. Gare à celui ou celle qui, relevant de ce statut, attend de la reconnaissance de son travail ou se mêle de vouloir bien faire les choses. L'inconscient-e a déjà bien de la chance de travailler dans un milieu « éclairé », c'est en soi un privilège immense lui fera-t-on comprendre.

     

    Pour donner le change, surtout quand ce milieu a un rapport étroit avec l'éducation ou la culture, on rabâchera toujours les mêmes thèmes quitte à les banaliser, et sans jamais avoir peur de prendre le risque de pleurnicher dessus. Deux expositions d'histoire et,ou de littérature sur trois proposées à des jeunes par exemple seront sur la « Shoah » ou la « Seconde Guerre mondiale », les auteurs en ayant traités, dont on parlera jusqu'à la nausée quitte à chausser de très gros sabots pour relier le tout aux politiques que l'on aime détester en 2013, qu'il est convenable de détester, et sans pour autant transmettre quoi que ce soit d'important quant aux valeurs de tolérance, ou d'altérité.

     

    Curieusement, si on parle de la « Shoah » avec des larmes dans la voix, on est aussi antisioniste dans ce milieu, et évoquant les « sionistes » on retrouvera bien vite le vocabulaire de la propagande nazie les concernant en parlant de « l'arrogance » sioniste, de leur « expansionnisme ». Ce sera moins grave puisqu'ils vous disent que ce sont des « sionistes » dont ils parlent et non des juifs !

     

    Dans ce milieu de gauche antisioniste, on ignore souvent que le sionisme est au départ un mouvement laïc et socialisant.

     

    Finalement, la plus grande hostilité des idées dans ce milieu est réservée aux catholiques, considérés comme des empêcheurs de vivre tranquillement en bons libéraux libertaires vaguement préoccupés de « développement durable » (TM°) et de « commerce équitable » (TM°) pour se donner bonne conscience. Ces infâmes catholiques sont considérés comme des empêcheurs de profiter de son fric, et pire encore de pratiquer le vagabondage sexuel de bon aloi de nos jours quand on a moins de cinquante ans. »

     

    Le manuscrit s'arrête là, bien évidemment on relèvera que son auteur fait preuve d'un mauvais esprit déplorable envers ses bienfaiteurs, ce qui en gâchera le bénéfice de la lecture aux esprits éclairés qui feront preuve de magnanimité.

    La photo d'homme de gauche modèle a été empruntée ici

     Ci-dessous un sketch d'Alex Métayer pour définir plus sérieusement ce qu'est un homme, ou une femme, de gauche

  • Fragments d'un journal en Palestine – 9

    Imprimer Pin it!

     Septembre 2000 – Avril 2013 : être lucide sur son départ

    111802ramallah.jpgLes raisons invoquées publiquement pour partir en volontariat par les volontaires et coopérants sur le départ sont toujours nobles et sur la base d'idéaux grandioses. Ils sont nombreux à se rêver en émules de « Lawrence d'Arabie », en aventuriers de l'Arche perdue. Pendant tout un week-end le responsable de notre formation à Paris ne nous laissa pas une minute de répit sur les vraies raisons de notre départ, essayant de cerner un maximum ce que nous essayions de cacher à grand peine à savoir nos petits défauts.

     

    Ces raisons invoquées, digressons un peu, c'est un peu comme lorsqu'on lit les statuts de nombreuses personnes sur les réseaux dits « sociaux » :

     

    A les parcourir, leurs auteurs ne parleraient que philosophie et haute littérature, ne s'intéresseraient qu'à des sujets élevés, ne verraient que des chefs d'œuvre au cinéma, bref on se demande comment ils trouvent encore le temps d'aller sur « Facebook » ou « Twitter ».

     

    Ressentir le besoin de s'expatrier, même si la sublimation n'est pas forcément négative, se base toujours sur un manque ou mal-être que l'on vit chez soi tout seul ou en couple.

     

    Ou alors c'est juste pour plaire aux filles et se mettre en valeur, ou faire du tourisme avec un alibi vaguement humanitaire. Le don de un ou deux ans de sa vie est la sublimation des frustrations, des carences, des pertes, ce qui ne diminue en rien ce donc que peu de personnes sont capables d'accomplir, don gratuit qui ne rapporte rien une fois revenu à moins de disposer déjà d'un réseau en France.

     

    Chez beaucoup de personnes rencontrées à mon retour, ces deux ans accomplis dans des circonstances parfois difficiles ont surtout suscité la méfiance de mes interlocuteurs qui ne croyaient pas à mon témoignage de vie, et la jalousie, la jalousie de celui qui se soumet à la routine, à une survie qui est abjecte en soi mais confortable, dans le troupeau.

     

    Certes, il ne faut pas que ce manque ou ce mal-être soit trop fort, auquel cas l'expatriation sera très mal vécue, et le retour encore pire. Et il faut aussi se méfier des apparences, nous nous en sommes souvent aperçus. Ce n'est pas le « louque » qui fait l'aventurier par exemple.

     

    Je l'ai constaté un jour avec un autre volontaire dans la bibliothèque du Centre Culturel Français de Jérusalem :

     

    Un doctorant français, un sur-diplômé égaré là, habillé avec toute la panoplie qu'il estimait nécessaire sous ce climat (chéchia, lunettes, chapeau militaire en camouflage « sable » etc...) tentait vainement de séduire une jeune femme en se vantant d'exploits que nous savions tous imaginaires, car il ne quittait pas la bibliothèque, et qui finit de guerre lasse pour séduire, croyait-il, la donzelle, par se moquer de nous qui n'avions pas le physique de baroudeurs, mais plutôt celui de bons vivants.

     

    L'un de nous, enseignant en français langue étrangère, était partie le croyons-nous, pour retarder le moment où il allait devoir faire un choix qui engageait toute sa vie car il resta à Jérusalem un an de plus. Il nous semblait dans un premier temps très sécularisé.

     

    Et puis lors d'un chemin de Croix, l'observant en prière à la dérobée, je compris combien sa foi était intense et fervente, ainsi que son amour de la ville dans laquelle nous vivions, sentiments que nous ne tarderions pas à tous partager, et que de rester participait pour lui de cette foi et non d'un doute quelconque.

     

    J'ai toujours cette photo de lui, elle soutient ma propre foi à chaque fois que j'ai envie de flancher.

     

    Et maintenant je partage avec lui cette nostalgie inconsolable de cette terre violente, contradictoire et sensuelle malgré tout.

     

    Deux d'entre nous, un jeune couple, était parti surtout à l'initiative de la jeune épouse. Elle était petite, douce et menue, mais son autorité était inflexible sur son mari, un colosse de près de deux mètres à qui je passais en douce, maintenant je peux le dire il y a prescription, des cigares palestiniens achetés porte « d'Hérode ». Il avait fait contre mauvaise fortune bon cœur, surtout bon cœur d'ailleurs, car ce fut cela qui en fit une figure aimée de tous dans l'hôpital où il s'occupait des malades en fin de vie.

     

    Alors même si le désir de partir naissait aussi d'un manque à combler dans leur couple, le donc en résultant était exceptionnel.

     

    Il ne parlait pas un mot d'anglais, n'en parlait pas beaucoup plus en partant, tout comme l'arabe ou l'hébreu, exceptés quelques rudiments, mais le langage du cœur lui suffisait pour se faire comprendre.

     

    b-437411-Coffee_Shop_in_Ramallah_.jpgUn autre couple habitait en pleine Cisjordanie, dans un tout petit village chrétien, Zababdeh, où ils enseignaient tous deux le français tandis que lui faisaient également quelques « piges » pour son journal en France. Le jour où je vins les voir, il me proposa « d'aller faire les courses à la mode Zababdeh », ce qu'en bon occidental je compris par faire rapidement les magasins :

     

    « Bonjour, bonsoir, et 10 qui nous font tant et bonne journée messieurs dames ».

     

    A chaque commerce, je fus présenté, accueilli comme un proche, eut le droit même au thé avec mon hôte à Zababdeh. « Les courses » durèrent deux bonnes heures joyeuses.

     

    Plus tard, nous prîmes l'ombre avec un paysan palestinien tout en mangeant avec lui de la « pitâ » avec un peu de « zaatar », des herbes aromatiques, et de l'huile d'olive.

     

    Ce fut avec ces deux couples et un autre professeur de français, travaillant à Ramallah que je partis au Sinaï. L'équipée, que j'ai déjà évoquée, fût rude, et picaresque en même temps, nous dormîmes trois heures en quatre jours, deux attrapèrent une grippe intestinale, mais nous allâmes jusqu'au bout de nos résistances, les masques tombant assez vite sur nos réels tempéraments et surtout sur les défauts que nous aurions voulu cacher.

     

    Nous ne pouvons pas nous mentir quand nous nous voyons, nous connaissant profondément.

     

    Le professeur de français langue étrangère de Ramallah, qui est à une dizaine de kilomètres de Jérusalem, logeait quant à lui juste à côté de deux « check points », israélien, sévère, souvent arbitraire, et palestinien, plus laxiste. Passer le premier avec l'affiche en français et en arabe d'un festival de film au Consulat me valut d'être contrôlé une demie heure, suspecté d'être un séide du Hamas.

     

    La première fois qu'il se fit arrêter au second, il nous avoua avoir été déçu dans un premier temps, puis ravi quand il comprit que si les militaires palestiniens l'avaient arrêté c'était pour partager avec lui le repas de rupture de jeûne de Ramadan.

     

    Ce professeur, instituteur en France, non loin de Grenoble, était un sportif émérite, qui traversa la Palestine et Israël de part en en part à vélo très souvent.

     

    Ses chères montagnes lui manquaient souvent, le mont des Béatitudes, qui est somme toute une colline, même pour des non-montagnards.

     

    Souvent sur son toit, nous organisâmes des soirées qui se terminaient alors que la nuit était tombée depuis longtemps sur la région, n'entendant que le doux murmure des insanités que les militaires israéliens s'échangeaient par hauts parleurs interposés.

     

    Rentrant un soir de chez lui, nous empruntâmes un taxi collectif qui eut la surprise de sa vie. Croyant tomber sur des touristes esseulés, rentrant des boîtes de nuit de Ramallah, entendant notre accent français certes lamentable en anglais, il entreprit de nous faire payer 25 shequels la « course » alors que celle-ci en valait tout au plus 2,5, nous serions montés à 3,5 à cause de l'heure tardive, et car cela restait au fond très peu, mais négociant tant et si bien avec lui, nous ne payâmes l'arrivée que 1,5 chacun.

     

    Quant à moi, si j'ai toujours rêvé de vivre au Proche-Orient, en particulier en Terre dite Sainte, je suis parti d'abord et avant tout car je ne trouvais pas ma place en France, dans mon travail aussi bien que dans mes études, étant toujours dans l'insatisfaction, et aussi pour plaire aux filles, enfin surtout à une, espérant plus ou moins l'impressionner, la faire changer d'avis, ce qui était parfaitement illusoire bien entendu vu ses inclinations personnelles qui ne la portaient pas vraiment vers les hommes.

     

    Et puis, elle était de ces personnes qui n'aiment pas qu'on les perçoive telles qu'elles sont et non le personnage qu'elles jouent.

     

    Elle n'aimait pas que l'on voit ce qu'elle estimait être sa faiblesse, à savoir son empathie et sa sensibilité, sa lippe parfois de petite fille quand elle était contrariée, sa féminité émouvante.

     

    C'est pour elle au départ, on écrit toujours pour deux ou trois personnes tout au plus, avec l'aide d'un ou deux complices, que je rédigeai un petit journal de Jérusalem pour les coopérants et pour les proches en France. Se faisant passer pour un ami proche, à tous deux, elle s'est trahie par son style à l'écrit ce qui fait que je la reconnus assez, car elle en a, du style elle me demanda par mail de raconter ma vie à Jérusalem, ce que je préférai faire de manière un peu plus ambitieuse et plus ludique, avec deux doigts de dérision en créant une petite gazette :

     

    « Le Clairon de Sainte Anne ».

     

    Cette toute petite gazette montrée à une dame qui était aussi auxiliaire de police en civil, il y en avait beaucoup dans Jérusalem, fut jugée par elle digne des services intérieurs par l'impertinence qu'elle crut y déceler. Elle ne la signala pas, car nous étions amis, mais il s'en fut de peu. Elle avait un peu de mépris pour les palestiniens, mépris qu'elle ne montrait pas, elle se comportait correctement avec eux, mais au fond cela transparaissait toujours.

     

    Et un jour que nous critiquions devant elle la colonisation effective de la Cisjordanie elle affirma sans ambages en hébreu que « les chiens aboient mais que la caravane passe » ce qui est sans équivoque pour le moins.

     

    Tous, si nous sommes partis pour des raisons qui n'étaient pas toujours si belles que cela, nous voulions la même chose, avoir une vie un peu moins routinière, un peu moins ronronnante que la vie quotidienne moyenne de citoyen consommateur, qui s'apparente à de la survie sans beaucoup de grandeur.

    Première image prise ici (check point de Ramallah)

    Deuxième image de Ramallah empruntée ici

  • Mon journal de Jérusalem "work in progress" mis à jour

    Imprimer Pin it!

    Mon journal de Jérusalem, de 1998 à 2000

    mis à jour...

    à ce lien également

  • Le "Mariage pour tous" et après ?....

    Imprimer Pin it!

    droits.JPGLe "Mariage pour tous" vient d'être voté au Sénat après une mobilisation de la gauche, des esprits de progrès, c'est eux qui le disent, et de quelques parlementaires de droite...


    On attendra vainement la même mobilisation contre la précarisation du salariat induit par l'accord avec le MEDEF,


    on attendra vainement la même mobilisation contre le chomage, soient 5 millions de personnes en France,


    on attendra vainement la même mobilisation contre le mal logement soient 1 millions de personnes en France.


    On attendra vainement la même mobilisation contre la GPA qui sera une des conséquences de cette loi, déjà des labos américains prospectent en France car le marché du bébé, et du ventre à louer, c'est encore un peu plus de pognon à se faire sur le dos de femmes précaires qui n'auront que cela pour survivre dans un monde où le darwinisme social croit de plus en plus...


    Un point positif, Hollande a scrupuleusement suivi les instructions de "Terra Nova" pour fidéliser un nouvel électorat bourgeois et urbain.

    illustration prise ici

  • On est très sérieux quand on a quinze ans

    Imprimer Pin it!

    littérature, personnel, solitude, société, hypocrisie, egoEn particulier grâce aux sites permettant de retrouver des copains d'avant sur une photo de classe, à la mode « adulescente » dont celle des soirées régressives spéciales « Capitaine Flam » ou « Gloubi-boulga Nights », la nostalgie idéalisée et exaspérante de l'enfance et de l'adolescence n'ont jamais été autant à la mode. Les mères veulent être les « meilleures copines » de leurs filles, les pères « les meilleurs potes » de leurs garçons, et surtout ne pas se comporter en adultes responsables.

     

    Il y a aussi le vieux cliché pseudo-rimbaldien qui veut que « l'on ne soit pas sérieux quand on a dix-sept ans », et ce que serait mal d'être sérieux ou de mûrir, alors que si, justement, on est très sérieux quand a dix-sept ans, que l'on va jusqu'au bout quand on a dix-sept ans, ce sont les grandes personnes qui ne le sont pas, et que l'écriture, pour Rimbaud comme pour d'autres n'a rien d'un enjeu futile.

     

    Précisons bien mais on l'aura compris que j'aime bien Rimbaud, ce n'est pas le poète que je raille mais l'incompréhension de ses vers.

     

    Et il arrive que l'on soit une meilleure personne à quarante ans qu'à vingt....

     

    Je me souviens par exemple de ce garçon qui, lorsqu'il entendit pour la première fois à quinze ans « la Solitude » de Barbara, se mit à fondre en larmes, bien malgré lui, parce qu'il avait compris immédiatement ce qu'elle voulait exprimer et qu'il en souffrirait longtemps, de solitude, et que rien n'y pourrait vraiment quelque chose. Il aurait voulu le cacher, il avait enragé de s'être laissé aller à un tel chagrin devant les autres car il leur avait montré que la sottise portait sur lui, qu'elle l'atteignait qu'il était vulnérable.

     

    Personne, impressionné par ce chagrin subit, n'avait osé le consoler, personne ne lui avait rien dit. Il avait pris cela pour de l'indifférence alors que c'était surtout de la pudeur de la part de ceux qui l'entouraient.

     

    Pour se protéger de cette vulnérabilité, il se construisit une épaisse et dure cuirasse de sarcasmes et de causticité qu'il ne retire encore maintenant que pour ceux qui l'aiment vraiment, mais gare à ceux qui lui font du mal ou qui le blessent. Parfois malheureusement, par ce réflexe conditionné de protection qu'il a acquis, il se trompe de cible ou va trop loin et c'est lui qui peut devenir blessant, beaucoup plus que les autres, car il sait ce qui fait vraiment mal. Hélas, sa solitude effraya aussi celles qui auraient pu l'aimer toute la vie, et il ne pouvait pas s'en rendre compte.

     

    Mais ce n'est pas entièrement sa faute, non ?

     

    Sur le Net, l'enfance et l'adolescence sont « fictionnalisées », on se souvient de ce que l'on veut bien se souvenir, et rien d'autre, ce qui troublerait cette vision idyllique est occulté avec soin. Ainsi ce garçon ou cette fille solitaire, ostracisée, parfois sans le dire ouvertement, car trop différent, ou un peu plus mature, on préfère s'en souvenir comme de quelqu'un de tellement gentil, un-e confident-e remarquable, et tellement doux-ce.

     

    A se demander pourquoi on ne l'invitait jamais aux « boums » ou aux « soirées » quand il-elle était plus jeune ? Et pourquoi personne ne s'est demandé pourquoi il-elle elle était tellement solitaire ? A cause de quels manques d'amour, de quelles carences de sentiments ? Et parfois à cause de quels drames ? C'est plus simple, et confortable de ne pas se questionner, on risque moins de culpabilité éventuelle, et d'attribuer son goût pour la solitude à de la timidité voire de la sauvagerie, sa solitude est de sa faute. Ou alors, pire encore, c'est encore pire, on sort une ou deux banalités vaguement poétiques, des vers de mirlitons, qui font plaisir entre la poire et le fromage, sur la solitude, qui ne veulent rien dire et ne résolvent rien rappelant surtout ces posters pastels d'adolescentes dans les années 80.

     

    Certains se demanderont si l'auteur parle de lui entre les lignes ?

     

    A ton avis ami lecteur ?

    illustration dénichée ici

     Ci-dessous "la solitude" de Barbara


    La solitude -Barbara par evasion_31

  • L'homophobie parlons en...

    Imprimer Pin it!

     Un acte d'homophobie a été commis sur un jeune homme frappé sauvagement par des voyous d'ailleurs « issus de la diversité » selon le terme « ad hoc », et non par des participants de la « Manif pour tous » ou de méchants catholiques de droite et « de souche ». Gravement blessé, il a décidé de mettre en ligne sa photo sur « Facebook » et de passer à la télévision dans plusieurs émissions complaisantes pour montrer ce qu'il appelle le « visage de l'homophobie ».

    politique, Wilfred, "le visage de l'homophobie", UMP, PS, Frigide Barjot


    Sans remettre en cause la violence de ce qu'il a subi, et que cet acte de haine est en soi inadmissible, on peut légitimement trouver cela un rien exagéré, un poil narcissique de sa part, et très habile au fond car il a su, avec son compagnon, se servir parfaitement des réseaux sociaux pour provoquer l'émotion à son sujet.

     

    Selon lui cet acte est dû au climat de haine des homosexuels qui serait entretenu par les tenants de la « Manif pour tous », les catholiques dans leur ensemble et tous ceux qui s'opposent au « mariage pour tous » et à ses conséquences à savoir la GPA et la PMA généralisé, et donc la marchandisation inévitable et inéluctable du corps des femmes. En 68 les âmes de progrès faisaient dire aux femmes :

     

    « Mon corps m'appartient », en 2013, ce sont les homosexuels qui leur disent :

     

    « Votre corps nous appartient ».

     

    Et ce sont toujours au fond les mêmes procédés pourtant éculés.

     

    On isole un acte extrême, qui marque les esprits, qui fasse le « buzz », qui fait pleurer Margot dans les chaumières, qui provoque de la sur-affectivité censée bloquer toute réflexion sur ce qui arrive. Car c'est le but, bloquer toute réflexion sur un sujet de société souvent polémique, refuser tout débat, toute discussion en jouant sur les pleurnicheries de crocodiles.

     

    Pour paraphraser Gide, on ne fait cependant pas de bonne politique avec de bons sentiments

     

    Ainsi, pour vanter les mérites de l'euthanasie met-on en avant le cas que l'on montre comme exemplaire de Vincent Humbert, ainsi ne montre-t-on à la télévision que des couples homosexuels parfaits, quasiment idéaux, pour mettre en lumière les mérites de l'adoption pour les personnes ayant cette orientation sexuelle.

     

    Parallèlement, l'évolution de société suggérée pour consoler ceux qui ont bien voulu pleurnicher du chagrin causé est assénée comme inéluctable, et forcément positive, car consolatrice de la sur-affectivité provoquée. Bien entendu, personne ne dit pourquoi c'est forcément mieux, ou pourquoi c'est inéluctable. C'est bien parce que c'est bien ou alors parce que les personnes issues de la communauté ayant souffert estiment que c'est bien.

     

    Aucun autre argument supplémentaire n'est jugé nécessaire.

     

    Enfin, beaucoup devraient voir là les limites de vouloir donner absolument au camp d'en face des gages de bonne conduite sur l'homophobie ou la diversité. Il est clair avec le cas du jeune Wilfred monté en épingle comme il convient que pour les promoteurs du « mariage pour tous », que l'on donne ces gages ou pas, l'on sera forcément un réactionnaire infâme.

    "La visage de l'homophobie" pris ici

  • Le retour du « pays réel »

    Imprimer Pin it!

    politique,pays réel,pays légal,société A la lecture de cet article certains m'accuseront d'être un vieux « maurrassien » qui essaie de remettre au goût du jour des vieilles lunes qui rappellent les z-heures les plus sombres de notre histoire, mais cette distinction que Maurras faisait entre « pays légal » et « pays réel » est plus que jamais pertinente.

     

    Je l'assume à plein....

     

    Le « pays légal » ce sont les parlementaires, les gouvernements de la République, les journalistes de la « bonne presse », les éditorialistes assermentés en connivence avec le pouvoir sur la base, croient-ils, de bonnes intentions et du Bien Commun, mais aussi les soutiens de Cahuzac, de DSK, de Sarkozy pris dans « l'Affaire Bettencourt », de Roland Dumas.

     

    Le « pays légal » a depuis longtemps coupé tout lien avec le réel de notre société, qu'il ne veut pas voir, et les français dits « d'en bas ».

     

    Le réel c'est par exemple le fait que de plus en plus de personnes, françaises de première ou énième génération, ne veulent plus vivre selon la loi commune mais selon leurs lois et coutumes p fussent-elles complètement grotesques.

     

    Tous ces représentants du « pays légal » qui n'a plus guère de représentativité réagissent quand l'un d'eux est attaqué avec un esprit de caste systématique, leur caste étant depuis un peu plus de deux-cent ans la bourgeoisie, celle-ci ayant accédé au pouvoir en 1789 et l'ayant conservé depuis au nom du Peuple.

     

    Il est possible que ce Bien Commun, l'un ou l'autre en ait sincèrement quelque chose à faire, mais ils ne voient pas la contradiction qu'il y aurait à s'enrichir parallèlement, frauduleusement ou légalement, pour eux-mêmes, comme le trésorier de campagne de Hollande qui ne voit pas le problème à avoir des comptes « offshore », et lancer avec forces « effets de manche » un discours virulent pour défendre l'austérité afin de maintenir coûte que coûte en place une Union Européenne qui est surtout celle, ultra-libérale, de l'argent et des grandes entreprises, justifiant une pression fiscale de plus en plus appuyée sur ce qu'il reste de la classe moyenne.

     

    Le « pays réel » est plus hétérogène, moins structuré, mais c'est aussi bien l'ensemble des manifestants du 24 Mars trainés dans la boue, les syndicalistes de « Petroplus », les ouvriers qui n'avaient plus rien à perdre de « Continental », ceux qui en ont marre du communautarisme et de l'angélisme à tout propos, les déçus de l'Europe, les électeurs qui en ont marre qu'on les prenne collectivement pour des cons.

     

    Leur colère commence à monter tout doucement face à « une république de copains et de coquins », elle est encore bien balbutiante et trop marqué par l'esprit partisan car si beaucoup osent se mettre en colère anonymement, ils sont encore malheureusement minoritaires à l'exprimer publiquement et remettre en cause clairement ne serait-ce que timidement les fondements libéraux libertaires de la Crise morale grave que notre pays connaît ces dernières années...

    dessin d'Adrien Fournier, d'autres à ce lien

  • Les « serreurs de fesses effarés » et la mort de Thatcher

    Imprimer Pin it!

     Desproges, dans un de ses réquisitoires des « Flagrants Délires », évoquait les « serreurs de fesses effarés » dont les perles refleurissent dés que les problèmes se font plus présents, et la crise plus insistante, ces braves gens qui réagissent avec toute la frilosité et l'étroitesse d'esprit qui caractérisaient avant les « petits bourgeois » plutôt que de chercher des solutions communes, revenant aux « valeurs sûres », ou qu'ils estiment être sûres sur la terre « qui ne ment pas », la sagesse qui serait l'apanage de l'âge, alors que l'on peut être vieux et con, comme l'on peut être jeune et con, que « chacun doit être à sa place ainsi les vaches seront bien gardées », que la sagesse « populaire » des français « d'en bas » a toujours raison alors que bien souvent celle-ci se contente des pires clichés grégaires etc ....

     

    politique, société, thatcher, libéralisme, socialisme, ps, ump, nostalgieLes « serreurs de fesses effarés » reviennent à leurs « classiques » en somme lorsque tout va mal, qu'ils soient de droite ou de gauche, aux bons vieux clivages tellement confortables. On croit se protéger en revenant aux basiques, à des schémas politiques plus simples à comprendre, voire simplistes..

     

    La mort de « miss Maggie » renvoie à un temps où la politique était apparement plus simple, où l'on pouvait croire que Mitterrand était réellement de gauche et socialistes, et où Thatcher était l'ennemi politique bien identifiable que l'on aimait détester, cumulant à la fois le conservatisme rigide des moeurs et l'hyper-libéralisme dur, toutes choses que quelques uns parmi les soutiens de la « Manif pour tous » apprécient considérablement hélas, considérant en économie comme Salluste dans « la Folie des Grandeurs » que les « pauvres c'est fait pour être très pauvres et les riches très riches ».

     

    Selon cette catégorie particulière des « serreurs de fesses » de droite, la morale et la foi religieuse, les valeurs ne servent pas à élever le peuple mais à contenir ses aspirations et ainsi maintenir l'ordre social à leur bénéfice.

     

    A gauche, il y a bien longtemps que le PS et les « Verts » ne rejettent plus du tout l'économie de marché, mais sur le plan sociétal, on reste dans la moralisation à outrance sur des valeurs « de gauche » et une dichotomie confortable qui fait que l'on se situe dans le « camp du Bien » quoi qu'il arrive, en ayant à l'égard de madame Thatcher une réaction digne d'un prédicateur admonestant les foules, monsieur Mélenchon en l'occurernce, lui supposant un sort infernal dans l'autre monde.

     

    Ce qui est vraiment reproché à madame Thatcher, dans le « camp du Bien », et ce à droite comme à gauche, c'est surtout d'avoir été « eurosceptique », premier crime, et, ô crime insigne, de ne penser qu'aux intérêts de son pays et non aux intérêts de l'Europe dans son ensemble ainsi que le fait en ce moment François Hollande qui impose l'austérité dans l'intérêt de l'Union et de la BCE de monsieur Trichet, et non de son pays.

     

    Sans doute parce que c'est une âme généreuse...

    image prise ici

  • « Hollywood Babylone »

    Imprimer Pin it!

    « Hollywood Babylone » - de Kenneth Anger chez Tristram en collection « souple »

    cinéma, littérature, société, hollywood, miroir aux alouettes, anger, undergroundMe basant sur la bonne réputation de son auteur en matière de style et d'écriture, réalisateur de « Scorpio Rising », entre autres joyeusetés « underground », audacieuses à son époque, un rien ringardes maintenant et des plus ennuyeuses par leur esthétisme à la fois pastel et se voulant transgressive. Je viens donc d'acquérir son livre le plus connu paru dans une nouvelle traduction chez Tristram qui exhume les manuscrits de ce genre, ayant parfois la « main heureuse », mais tout ce qui « underground » n'est pas obligatoirement de talent.

     

    « Hollywood Babylone » a une odeur de soufre depuis sa sortie aux éditions Jean-Jacques Pauvert dans les années 60, traduit alors par l'auteur lui-même qui vivait à Paris, y fréquentant Cocteau, livre qui raconterait la « légende noire » de la « colline aux alouettes » de Burbank, révélant ce qu'il y a caché derrière les mythes, une sorte de « Sunset Boulevard », le film de Billy Wilder, sur papier, film qui lui est indiscutablement supérieur par le ton, la sensibilité et l'intelligence. Si Billy Wilder est caustique et sévère, il n'a jamais de haine envers ses personnages ou d'aigreur...

     

    La lecture de cette œuvre n'engendre pas un profond enthousiasme, une fois refermé. On se dit que "ce n'est que ça" la "la légende noire" de Hollywood.

     

    Je trouve même son auteur bien naïf, il découvre que les acteurs, les réalisateurs de Hollywood, en particulier les plus célèbres, seraient des hommes comme les autres, avec leurs faiblesses, leurs défauts, leurs appétences parfois dégoûtantes, ce qui contredirait leur génie en somme, dans une conception finalement très primaire de l'humain.

     

    Mais on peut être un génie artistique, et un parfait salaud, ou hélas aussi un pervers narcissique, ce qui ne retire rien à une œuvre.

     

    Pourtant, le livre commençait bien, plantant le décor intelligemment , « Hollywoodland », les lettres géantes plantés sur les collines de Burbank, non loin du "ranch" de la "Fox", moderne Babylone de stuc et de plâtre, rutilante, et cachant des avanies inavouables dés le début que Kenneth Anger date de « Intolerance » de D.W. Griffith, dieu vivant de Hollywood et les décors pharaoniques qu'il fit construire en « dur » au pied de Burbank.

     

    L'on s'aperçoit en lisant cette introduction que les films grandiloquents et pompeux, coûtant très cher, ne datent pas d'hier, si on ne le savait pas déjà. Plus tard, les quatre dernières lettres disparaîtront et "Hollywoodland" ne sera plus que "Hollywood".

     

    Et aussi que le cinéma est aussi et d'abord une industrie foraine vendant du rêve, des films mais aussi des vedettes, et des archétypes masculins ou féminins, une industrie qui est devenue par défaut, par accident, peut-on dire, un art, grâce à des réalisateurs qui ont dévié dés qu'ils le pouvaient des rails confortables que les producteurs leur demandaient d'emprunter.

     

    De plus, Kenneth Anger, notoirement ami d'Aleister Crowley, gourou diabolique pré-Charles Manson, d'Anton LaVey, sataniste à la fois grotesque et malin d'Hollywood, ami de quelques vedettes à qui il soutirait beaucoup d'argent, adepte de la religion « thélèmiste », un salmigondis ridicule, vaguement ésotérique, entre Rabelais, la religion d'Aton et l'occultisme, aligne les ragots imputrescibles, dont certains sont inventés, et commérages ignobles avec la même application que le ferait une vieille bigote moralisatrice à dénoncer les turpitudes de ses voisins tout en se délectant de ses médisances.

     

    Il écrit la même chose que de nombreux torchons à « scandales » écrivait à l'époque, toutes ces publications rédigées par des journalistes plus ou moins ratés qui faisaient aussi dans « l'indic de police » de temps à autres, ainsi que Ellroy les décrit dans ses livres sur Los Angeles, autrement plus forts en gueule.

     

    Voilà un « sataniste » bien moral au fond, ce que l'on peut trouver curieux !

     

    Le lecteur se demande parfois si cela ne naît pas d'un désir de justification de Kenneth Anger de son homosexualité et de son papillonnage de garçons en garçons, qu'ils voient de manière malsaine comme autant d'incarnations à ses yeux de Lucifer,; nous chuchotant en somme au creux de l'oreille :

     

    « Moi, je couche peut-être avec plein d'hommes mais voyez comme tous les autres étaient débauchés et beaucoup plus dégoûtants que moi ».

     

    C'est surtout ce qui a plu à de nombreux critiques qui n'ont pas lu le livre et font d'Anger un militant de la cause homosexuelle avant l'heure, quand cette orientation sexuelle était punie par la loi, du moins en théorie, ou quand les amours homosexuels des uns ou des autres devenaient trop voyants.

     

    J'y ai senti également comme une envie de revanche de l'auteur, qui fut un de ces enfants acteurs tyrannisés par des parents avides, sur un système qui a broyé son enfance, un système qu'il pense donc pervertir en épousant une religion « maléfique », ce qui est un rien infantile et dénote un certain égocentrisme assez lamentable.

     

    La fin du livre, tout comme son début, présente un peu plus d'intérêt que le reste, fermant un cycle peu avant le renouveau des studios pendant les années 70, renouveau né dans le sang de l'assassinat de Sharon Tate qui ressemble fort à un sacrifice expiatoire pour la liberté dont certains créateurs, dont les plus talentueux étaient de « MittelEuropa », ont su faire preuve et pour les films à grand spectacle rapportant des bénéfices énormes que le « Nouvel Hollywood » s'apprêtait à produire, ainsi qu'un système plus monstrueux que jamais où l'oeuvre en elle-même n'est plus qu'un rouage parmi d'autres du processus économique où ce sont surtout les « produits dérivés » qui prendront de l'importance....

    couverture prise ici

    Ci-dessous la bande annonce de "Sunset Boulevard"

  • Après la fin du monde...

    Imprimer Pin it!

     littérature, SF, politique, ironieLe petit homme redressa les lunettes sur son nez, rajusta comme il le pouvait ses habits élimés et ferma la porte d'entrée de son appartement. Il se demandait bien pourquoi il faisait ça étant donné qu'il n'y avait quasiment plus rien dehors, seulement des ruines à perte de vue, et que son appartement se constituait maintenant de quatre murs lézardés tout au plus, quatre murs cependant encore solides ce dont il se réjouissait.

     

    La force de l'habitude sans aucun doute.

     

    C'était certainement car il faisait maintenant extrêmement froid dehors, -35° C en avril ce n'était pas raisonnable se dit le petit homme. Il sourit en se rappelant les commentaires météorologiques sans fin sur le réchauffement ou non de la planète, et ce qu'il pouvait en advenir, dorénavant ils étaient complètement fixés.

     

    Le soleil ne perçait jamais la haute couverture des nuages de cendres qui recouvraient dorénavant le monde entier.

     

    La fin du monde était venue de manière parfaitement inopinée, elle était un peu ringarde, car elle avait constituée comme dans une vieille série B de Science Fiction en une guerre nucléaire de trois jours causée par la folie d'un dictateur asiatique qui ne cherchait qu'à montrer ses muscles en somme à son peuple.

     

    Le petit homme se souvint que dans les journaux on avait dit que l'armée de ce cinglé était inoffensive et ses fusées nucléaires des pétards mouillés, que ce n'était que des gesticulations.

     

    Il soupira et entreprit de s'allumer une cigarette avec les restes de tabac qu'il avait pu collecter dans les maisons vides aux alentours.

     

    Il bénit mentalement et remercia leurs anciens propriétaires d'avoir tous été des fumeurs invétérés.

     

    C'était au moins une consolation.

     

    Maigre consolation.

     

    Il se fichait complètement d'avoir un cancer du poumon ou de manger docilement cinq fruits et légumes par jour.

     

    Le premier de ces pétards réputés de carnaval avait détruit Hawaï en une fraction de seconde, tandis que le deuxième avait rayé Miami peu après.

     

    Les américains avaient répondu en bombardant le pays du dictateur, et une chose en entraînant une autres les chinois, alliés du dictateur dérangé, un pléonasme, avaient vitrifié une bonne partie de l'Europe tandis qu'au Moyen Orient, un autre autocrate déséquilibré décidait au nom d'Allah et de sa toute puissante miséricorde de détruire Israèl et la Palestine par le même coup, faisant des palestiniens des martyrs et se libérant d'un poids pesant pour les pays arabes alentours, les israéliens répliquant par le feu nucléaire au nom de leur peuple et de Yahweh.

     

    Après tout, pour lui qui était misanthrope et cynique, qui supportait difficilement ses congénères, il aurait presque considéré cela comme une libération de se retrouver tout seul, libéré de toute la sottise des autres êtres humains. Il ne s'était jamais senti aussi seul, il n'avait jamais autant ressenti le besoin d'avoir de la compagnie, une autre personne à ses côtés. Il avait eu deux compagnons au début, deux compagnons qui avaient mis fin à leurs jours.

     

    Seul bien sûr, il ne l'était pas vraiment, songea-t-il, la pollution et les retombées ayant eu de curieuses conséquences sur l'humanité.

     

    Car les morts avaient refusé, semble-t-il, de se laisser enterrer six pieds sous terre ou d'y rester, ne sortant que la nuit, bloqués grotesquement sur leurs anciennes habitudes et s'en prenant aux survivants.

     

    Fort heureusement pour lui, son père lui avait légué un « 6.35 » en état de marche, ainsi qu'une carabine qui pouvait encore faire quelques dégâts à condition de viser comme il fallait.

     

    L'unique balle qui restait dans le chargeur du « 6.35 » était pour lui quand il n'aurait plus de cartouches pour la carabine et quand l'inéluctable serait arrivé, à savoir quand il serait dépassé par le nombre de ses assaillants.

     

    Pris à ses pensées, il s'était à peine aperçu que la nuit venait de tomber, beaucoup plus sombre qu'avant la fin du monde bien entendu. Il alluma la lampe de poche qui était fixé au canon de son arme, et attendit les assaillants.

     

    Le premier qu'il vit était la femme qui habitait avant les bombes dans la maison qu'il avait investi pour y survivre, elle tenait par la main son téléphone cellulaire qui émettait un signal faible indiquant que sa batterie était déchargée, elle avait dans l'autre la main d'un adolescent aux chairs pourries. Celui-ci avait sur les oreilles des écouteurs phosphorescents et bleuâtres.

     

    Il ajusta tranquillement son tir à travers l'ouverture qu'il avait pratiqué dans les volets métalliques de la fenêtre de ce qu'il restait de la salle à manger, trois autres morts surgissant instantanément dans le faisceau de sa lampe derrière la femme. Il n'entendit pas que la porte à l'arrière de la maison avait cédé sous le poids d'une dizaine d'assaillants, il eut juste le temps d'appliquer le canon du « 6.35 » sur sa tempe et d'avoir une pensée pour celles et ceux qu'il avait perdu.

    image empruntée ici

  • « Non aux jeunes ! » 2.0

    Imprimer Pin it!

    Petit hommage à Desproges auteur d'un « Non aux jeunes » dans ses « Chroniques de la Haine ordinaire »

    politique, société, la vie des djeunsIl m'a souvent été reproché d'être anti-jeune car critiquant telle ou telle sottise à la mode, ou tel comportement parfaitement immature, considéré pourtant comme moderne et donc acceptable. Je vais donc aggraver mon cas aux yeux d'un ou deux dogmatiques incapables d'ironie ou de dérision....

     

    Les imbéciles prendront cette petite tribune au premier degré, peu importe au fond mais un petit coup de gueule sur la jeunesse s'imposait. Ce n'est pas de leur faute tout ce que je m'apprête à dénoncer, ils n'y peuvent rien ne faisant que reproduire l'absence de valeurs qu'on a oublié de leur transmettre.

     

    Et il y a fort heureusement des exceptions notables.

     

    La conception moderne de la jeunesse, laxiste, démagogiques, mièvre, est née du fait que les jeunes sont devenus une cible non négligeable de consommateurs dociles et complaisants pour les marchés qui ont tout de suite vu combien cela pouvait leur rapporter de les encourager à se comporter en groupe social à part entière, quasiment indépendant des adultes dans une société libérale libertaire sans complexes ni remords.

     

    Ainsi que celle-ci le lui a inculqué, toute contrainte morale, toute contrainte vis-à-vis du voisin est immédiatement comprise comme insupportable, atrocement pénible. Les jeunes ont parfaitement intégré les règles demandées aux citoyens consommateurs qu'ils sont appelés à devenir plus tard, ce qu'ils ont déjà complètement accepté.

     

    Le jeune sait bien qu'il n'a plus vraiment de loi commune à respecter dans une telle société, et il saisit bien l'hypocrisie des adultes qui ont des paroles lénifiantes pour maintenir les apparences de liens sociaux. Il comprend parfaitement que les adultes se fichent complètement des « chtits n'enfants n'africains » ou des « chtits myopathes ».

     

    Parfois cependant, il se laisse aller à ce discours vaguement humanitariste qui multiplie les lieux communs « contre le racisme », « la mort », « la violence », toutes choses qui ne sont certes pas bien du tout et comme des adultes il a le courage insigne (sic) de dénoncer le nazisme ou le fascisme en 2013 ! (là ami jeune il y a de l'ironie dans le texte).

     

    Les jeunes achètent tout ce qu'on leur enjoint d'acheter afin de rester intégrés à la société ultra-libérale, selon les diktats qu'elle impose. C'est devenu un signe de honte sociale de ne pas posséder un gadget parfaitement inutile ou un autre, de lire encore des livres, ce qui est perçu par les jeunes comme un désir de se distinguer des autres et donc une vanité insupportable tout comme le fait de croire en des idéaux ou des fins collectives autres que la satisfaction immédiate des désirs. Si le conformisme existait évidemment déjà auparavant, il a prix une ampleur jusque là inconnue.

     

    Sans doute que c'est là une des manifestations du progrès de société dont on nous parle tant....

    image de jefaerosol

  • Ode à Enora Malagré, la « Candy wesh wesh » du PAF sur Boulevard Voltaire

    Imprimer Pin it!

    télévision,société,politique,grandes gueules en charentaises Je dis tout le bien, si l'on peut dire, que je pense d'Enora Malagré sur Boulevard Voltaire, à ce lien.

    J'aime beaucoup cette fille, sa finesse, sa délicatesse, sa joie de vivre, etc...

    Elle ne m'en voudra pas j'en suis certain.

  • Anti-conformisme et "beuzz"

    Imprimer Pin it!

    politique, blog, société, règles, buzzAprès avoir soumis deux articles à Boulevard Voltaire respectant les règles conseillées par un ami breton d'une grande sagesse, Rackam, c'est le troisième qui a été pris, celui qui n'en respecte aucune, mais je suis certain qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

    A ce lien

  • Fragments d'un journal en Palestine – 8

    Imprimer Pin it!

    Novembre 1998 – Août 2000 : Mes montées au Saint Sépulcre

    jérusalem, politique, société, palestine, IsraèlPendant les deux ans où j'ai vécu à Jérusalem, je suis très souvent passé devant le Saint Sépulcre, pour aller côté Ouest, ou simplement pour faire des courses ou rendre visite à des amis, mais je ne l'ai réellement visité que quelques semaines après mon arrivée.

     

    Et pour visiter cette église la première fois, il convient de le faire à son ouverture vers 6h du matin quand l'homme responsable des clés du saint lieu, de la même famille depuis le XIIème siècle, prenne une petite échelle pour escalader le mur de la basilique.

     

    Cette famille est musulmane, cette tâche lui a été confiée par le sultan face à la discorde des chrétiens ne sachant pas décider qui parmi eux aurait le droit d'ouvrir l'église. Pour se réveiller tôt, le premier appel à la prière du muezzin de la journée suffit amplement, celui-ci étant largement amplifié pour être entendu des « infidèles » en perdition, malgré l'interdiction du Coran.

     

    A l'entrée, on est frappé par les croix mises de côté au début de la journée, toutes à louer pour les pèlerins et touristes, par les vendeurs de colifichets religieux ou réputés tels : chapelets en plastique, images pieuses souvent marquées par beaucoup de « kitsch ».

     

    C'est un festival de Christs aux joues roses, de vierges à la bouche mutine, d'enfants Jésus rondelets et potelés, de dorures surchargées, d'images pieuses dégoulinantes de tons sucrés et pastel.

     

    C'est là que débute le scandale apparent du Saint Sépulcre, qui est marqué par la division, les affrontements picrocholins et l'incapacité des chrétiens à s'entendre sur l'emplacement exact du tombeau vide qui archéologiquement serait plutôt situé dans la crypte de Sainte Hélène.

     

    Il y autant de tombeaux vides certifiés exacts et réels qu'il y a d'églises chrétiennes, du catholique à l'orthodoxe en passant par l'arménien ou l'éthiopien. L'entrée est toujours gratuite mais il n'est pas rare qu'un ecclésiastique ou un religieux demande une obole, parfois conséquente, pour un cierge ou deux à la sortie. L'on croise des vieilles femmes affolées, qui embrassent tous les piliers du lieu saint, des essaims d'illuminés qui ont des visions mystiques derrière chacun de ces piliers, toute une « Cour des Miracles », l'humanité dans toute sa pauvreté.

     

    Et l'on comprend d'ailleurs que l'on fait soi-même partie de cette humanité là, que l'on n'est pas au-dessus, ni d'ailleurs en-dessous mais aussi pauvre.

     

    jérusalem, politique, société, palestine, IsraèlToute cette discorde, toute cette médiocrité étalée choque, mais elle est à relier à l'Incarnation du Christ, qui ne l'a jamais méprisée en ayant adopté la condition hormis le péché. J'avais été prévenu par ce que j'avais appris au catéchisme, fait par ma mère, qui connaissait par l'entremise de ses parents cette désunion scandaleuse, scandale qui en rappelait un autre, celui de la Croix, symbole totalement absurde si l'on y réfléchit bien, car c'est un symbole de cuisante défaite.

     

    Toutes les confessions chrétiennes essaient de gagner de l'espace sur le voisin de manière très souvent des plus mesquines :

     

    Par exemple, cela commence en plantant un clou. Si le clou n'est pas arraché après quelques semaines, on laisse dessus une peinture ou une tenture. Si la tenture et la peinture ne sont pas enlevées on rajoute un tapis au sol, choisi le plus long et le plus large possible.

     

    Et progressivement, on fait comme si le tout avait toujours été là.

     

    Les israéliens jouaient sur ces disputes âpres pour asseoir leur influence sur ce côté de la ville et que la manne touristique leur profite un petit peu plus, ou pour prendre un peu plus d'autorité sur les chrétiens palestiniens sous prétexte d'arbitrage. Il s'agissait aussi de mettre des bâtons dans les roues au patriarche catholique, palestinien à l'époque, Michel Sabbah ou au Vatican pour qui Jérusalem est une ville de statut international et non la capitale israélienne ou palestinienne.

     

    Lors de nos visites du côté occidental, nous avons souvent remarqué que les deux emplacements touristiques mis en valeur par les agences de tourismes israéliennes sont le « Mur » et le « Dôme du Rocher ».

     

    Les touristes y défilent par grappes, s'extasiant en chœur derrière leurs appareils photos, poussant des « oh » et des « ah » au moment où leur guide le leur intime.

     

    J'ai toujours été surpris de constater à quel point ceux-ci aiment regarder leurs découvertes à travers un écran et non directement.

     

    La plupart sont surpris de trouver autour du monument des magasins chrétiens, et une ville arabe, comme ils sont étonnés d'apprendre l'existence d'autres églises chrétiennes, parfois toutes aussi catholiques que l'Église romain, voire depuis plus longtemps qu'elle.

     

    La présence de ces magasins rassure car cela suppose aux yeux des naïfs qu'ils seront moins roublards que les autres marchands, moins enclins à la négociation plus ou moins farcesque, mais autant le dire, ils le sont tout autant que les autres négociants, en majorité musulmans, de la « Via Dolorosa ».

     

    L'auteur de ces lignes s'est fait prendre au piège quand il a voulu acheter un narghileh, cela ne s'est pas reproduit ensuite, mais la première fois resta mémorable.

     

    Le marchand a commencé sa mise à prix à 2000 shequels, soient 450 euros, ayant bien vu qu'il était tombé sur une « bonne poire » à savoir moi-même.

     

    La « bonne poire » a négocié et fait descendre le prix jusqu'à 250 shequels, 35 Euros, le marchand jouant sur la corde sensible, prétendant lui faire un prix à cause de sa nationalité amenant le « pigeon » que j'étais à croire qu'il s'était conduit en redoutable négociateur alors que le prix réel de l'objet acheté était de 25 shequels tout au plus, raison pour laquelle lorsque j'ai appris quelques rudiments d'arabe dialectal j'ai commencé par les chiffres et les expressions à connaître pour discuter les prix avec un peu plus d'habileté.

     

    Au début nous pensions qu'il n'y avait guère que dans un magasin ou deux du quartier moderne, ou dans le quartier chrétien, que nous pouvions faire l'emplette d'alcools divers et variés, pour nous apercevoir assez rapidement un peu plus tard que tous les marchands en vendaient à condition de savoir comment le demander, tout comme il suffisait dans certains restaurants de demander un « Coca supérieur » ou « royal » pour obtenir une bière ou un whisky, dans un gobelet en carton pour rester discret.

     

    La première fois que j'essayai d'acheter de « l'Arak », l'anisette locale, dans un de ces commerces, le propriétaire des lieux qui avait d'autres clients jura ses grands dieux qu'il était un bon musulman, que jamais il ne vendrait d'alcool à un chrétien encore en plus.

     

    Dépité face à ses dénégations bruyantes et surjouées pourtant, j'esquissai une sortie quand celui-ci me rattrapa, me soufflant à l'oreille qu'il fallait entendre que les deux autres clients très religieux sortent, me demandant ensuite combien de litres je désirai.

     

    Je mesurais d'ailleurs plus tard mon intégration au quartier aux prix que l'on me demandait dans les magasins.

     

    Au bout d'un an j'ai eu le droit aux « vrais » prix à charge pour moi d'amener les amis de passage chez les marchands. Selon l'attitude de ces amis, selon leur vœu de se débrouiller ou non, vœu parfois bien dangereux, je laissais le commerçant faire ce qu'il voulait ou appliquer les tarifs « locaux » pour « local people » selon la spécification de la police israélienne concernant les palestiniens.

     

    jérusalem, politique, société, palestine, IsraèlL'une de mes visiteuses décida que j'étais un affreux macho souhaitant prendre l'ascendant sur elle devant les marchands et prit sur elle d'entrer sans moi, l'un d'eux qui prenait le frais me consultant du regard, je levais les bras au ciel, il comprit qu'il avait le champ libre et les suivants.

     

    Elle sortit de la première échoppe avec un keffieh acheté 85 dollars, en valant un, de la deuxième avec un tapis de prières à 250 shequels, en coûtant au bas mot 25 et de la troisième avec un châle à deux dollars lui en ayant coûté 150.

     

    Je ne lui objectai rien lorsque très fière, elle affirma qu'elle savait donc très bien se débrouiller sans l'aide d'un chaperon un rien phallocrate.

     

    Notons que dans le quartier juif de la Vieille Ville, si les prix étaient toujours inscrits sur les objets, les prix pratiqués étaient ceux donnés au départ d'une négociation et dans ces magasins inutile de chercher à les discuter.

     

    Ce qui les frappe le plus au Saint Sépulcre, ce n'est pas le Tombeau vide ou les styles d'architecture qui se superposent de façon des plus hétéroclites, c'est la « pierre dite de la Déposition » à l'entrée qui exsuderait selon les évènements de l'huile sacrée, pierre déjà remplacée plusieurs fois depuis la construction du Saint Sépulcre et du royaume latin d'Orient.

     

    Le « spectaculaire » a envahi également l'endroit.

     

    Ce que je préférais au Saint Sépulcre était le petit « village » éthiopien sur le toit de la basilique, reconstitué là car les éthiopiens, une des plus vieilles chrétientés avec les coptes, étaient trop pauvres pour avoir le droit d'être à l'intérieur du bâtiment comme d'autres.

     

    Ces chrétiens étaient au plus proche des pauvres, sans ressentir la nécessité pour cela d'en parler sans cesse, pour eux cela coulait de source.

     

    Quand j'avais la tentation de céder à la mélancolie, j'allais faire un tour dans cette « cour des miracles » que j'avais appris à aimer malgré le spectacle lamentable qu'elle pouvait offrir.

    image du haut prise ici sur le site du Figaro

    image du centre prise sur ce site

    image des croix empruntée là

  • Cahuzac et Corée du Nord

    Imprimer Pin it!

    Le monde en crise est encore assez insouciant pour s'inquiéter si peu de ce que les fous qui dirigent la Corée du Nord s'apprêtent à faire, ou pas espérons le.

    Beaucoup sont surpris, étonnés, dévastés par l'affaire Cahuzac qu'ils commentent "ad nauseam"...

    Rappelons quand même que c'est loin d'être le seul à gauche, et à droite en plus...

    Inquiétons nous plutôt pour la Corée du Nord...

    Et le fait qu'il neige en région parisienne un 4 avril.....

    korean-hawk-surface-to-air-missiles-are-seen-at-the-korean-war-memorial-museum-in-seoul_350.jpg

  • Une époque intellectuellement épaisse peut-elle comprendre Barbey d'Aurevilly ? - réponse à Charles Dantzig

    Imprimer Pin it!

    Une réponse à Charles Dantzig et son journal du mois du "Magazine Littéraire"

    littérature, Barbey, société, christianismeBien sûr, j'aurais pu évoquer l'affaire Cahuzac, dire combien j'étais dégoûté, surpris, dévasté et j'en passe mais cela ne serait pas très sincère car finalement je ne vois pas trop en quoi c'est si suprenant que cela dans une société libérale libertaire corrompue par l'argent à un point qu'aucune société humaine auparavant n'avait atteint.

     

    Je préfère parler de Barhey, c'est au fond largement plus important. Barbey qui détestait la « sottise démocratique », qui était un Don Quichotte de la Manche française, les illusions sur la nature humaine en moins, n'aurait pas été étonné non plus.

     

    Il aurait trouvé de quoi tonner, se mettre en colère et se scandaliser en 2013, et se serait aperçu qu'au fond rien n'a changé depuis le stupide XIXème siècle excepté le fait que les valeurs étroites des bourgeois positivistes, frileux et hypocrites, ont essaimé partout, se répandant dans les esprits comme une épidémie dévastatrice.

     

    L'époque est à la simplification extrême, à l'épaisseur de pensée, à l'esclavage de la norme qui envahit tout y compris la perception de la littérature. Pour se justifier de lire des romans, considérés comme des livres peu « sérieux » car fictions, elle analyse l'écriture en la psychanalisant voire en la psychiatrisant.

     

    Ainsi, dans « le Magazine littéraire » de ce mois, Charles Dantzig, que l'on a connu plus inspiré, tout fin et cultivé qu'il est, ou que je suppose il est, ne comprend pas Barbey et le réduit ainsi qu'il est coutume à notre époque qui ne connait que le trivial et aussi la bassesse des sentiments à des refoulements, des névroses, de la psy de comptoir, ne saisissant pas non plus la spécificité du catholicisme de l'auteur de « l'Ensorcelée », catholicisme qu'il semble percevoir de toute façon seulement comme un moralisme, un hygiénsme moral personnel et rien de plus.

     

    Pour Dantzig, le dandysme de Barbey, son goût pour les beaux vêtements, n'est rien d'autres que le symptôme du déni de son homosexualité, d'un défaut de virilité qui serait à le lire l'apanage des homosexuels actuels. Il le dit finement et avec nuances, mais c'est malheureusement à cette conclusion qu'il arrive. D'Aurevilly serait au fond une « folle tordue » qui regrette de n'avoir pu porter les robes de sa mère. C'est méconnaître que l'origine du dandysme de cet auteur est dans sa morale aristocratique au sens premier du terme, qu'il s'agit de se distinguer du troupeau au risque de passer pour vaniteux.

     

    Et ses personnages vivent tous selon les termes de cette morale bien différente de la morale commune, et moins hypocrite.

     

    Il est normal dans ses livres que la fille d'un prêtre marié ait une croix de chair inscrite sur son front, que les roues d'une voiture de deux amants passionnés prennent feu tellement elles tournent vite dans « Une vieille maîtresse », que les chouans normands du « Chevalier Destouches » punisse un traitre en l'attachant aux ailes d'un moulin, qu'une grande dame déchue à cause d'un amour perdu devienne prostituée derrière un rideau cramoisi y trouvant une vengeance envers tous les hommes, que l'on puisse jouer ce que l'on veut pendant une partie de cartes, y compris son âme.

     

    littérature, Barbey, société, christianismeUne époque épaisse, confite dans sa suffisance, un vague humanitarisme et sa sottise matérialiste, ne peut voir ce que l'écrivain exprime par ses exagérations, et que la création littéraire n'a pas à être aussi grisâtre que la vie peut l'être.

     

    Dans ses « Souvenirs Littéraires », quand il décrit les tenues de « ce diable de Barbey » Léon Daudet insiste bien sur le fait que tout extravagant que soit parfois son accoutrement il n'était jamais ridicule car le « verbe haut et sifflant du vieux viking » l'emportait largement sur les moqueries ou les envies de raillerie, provoquant souvent l'émoi des femmes présentes et auteur d'exploits galants divers et variés.

     

    Selon Charles encore, il y aurait un paradoxe frappant entre les thèmes et le style des livres de Barbey, son goùt pour décrire des passions charnelles et parfois sanglantes, des assassins qui restent impunis, des prêtres apostats, et sa foi.

     

    Comme si au fond un auteur catholique ne devrait produire que de gentils livres exemplaires sur des personnages qui ne le sont pas moins, tout en moralisant les dérives morales.

     

    Les écrivains catholiques selon Dantzig devraient donc tous écrire comme Guy de Larigaudie, cet auteur pour jeunes filles de bonne famille, parfaitement illisible, ou Serge Dalens, le créateur du « Prince Éric » dont la lecture peut cepenant mener à devenir adulte un « anar de droite » indécrottable et sans remords.

     

    Les bons sentiments n'ont certes jamais fait de la bonne littérature ainsi que l'affirmait pertinnement Gide, tout comme la moralisation à outrance, quelle que soit son origine, les grands sentiments non plus. Et chez l'auteur des « Diaboliques » il ne s'agit pas non plus de grands sentiments, mais d'un « travail du négatif » (TM°).

     

    Charles ne semble pas comprendre qu'il y a du Huysmans en Barbey, et oublie que l'on retrouve cette noirceur chez les grands écrivains catholiques, ainsi chez Bernanos, qui ne font que décrire crûment la réalité des sentiments exprimés par le « pitoyable primate humain » bien souvent lamentable, car refusant avec force le plus souvent la rédemption, en particulier celle qui lui est donnée par le divin, pour des raisons futiles, dont la peur de perdre le respect des voisins ou d'abandonner son confort intellectuel.

     

    Si le catholicisme de Barbey est effectivement « tranquille » c'est parce que celui-ci n'a strictement aucune espèce d'illusions sur la nature humaine mais qu'il sait qu'au-dessus de cela, de toute cette médiocrité, il y a malgré tout l'amour divin, totalement gratuit et incompréhensible dans le sens que le comportement de l'être humain ne justifie que très rarement cet amour de Dieu.

     

    Cela dit, je n'en veux pas à Charles Dantzig de s'être trompé sur toute la ligne sur d'Aurevilly, car cela m'a permis de lui répondre et évoquer la morale aristocratique de cet auteur, son rejet de la bassesse de sentiments, ce qui revient à réagir de la meilleure manière qui soit à la bêtise actuelle.

    portrait du haut pris ici

    image du bas, maison de Barbey à Saint Sauveur le Vicomte empruntée là

  • Des monstres d'une grande banalité

    Imprimer Pin it!

    société,politique,monstre,blues Selon le cliché habituel, l'intelligence du coeur serait quelque chose de différent de l'intelligence au sens strict. L'intelligence du coeur serait le fait de personnes plus « simples », plus simples et donc simplettes si l'on suit bien, incultes et brutes de décoffrage mais sympathiques. L'intelligence tout court et l'intelligence du coeur se confondent.

     

    Cette pseudo-simplicité va de pair avec une affectivité dégoulinante de bons sentiments que l'on montre avec forces embrassades bien démonstratives.

     

    C'est un lieu commun que l'on retrouve également dans la fiction, que ce soit dans les « blockbusters » américains ou les films français, les méchants, les monstres sont toujours de sales types qui ont une bibliothèque bien fournie, qui apprécie le bon vin et la bonne chère, qui sont très intelligents mais par conséquent forcément malveillants.

     

    Le héros, ou l'héroïne, ont donc obligatoirement en contrepartie des goûts et des manières de ploucs.

     

    On comprend, il faut bien parler au plus grand nombre de spectateurs afin qu'un maximum se reconnaisse et s'identifie, et achète le plus possible de pop-corn et de friandises avant la séance et les encourager dans leurs comportement souvent déplorables.

     

    La réussite intellectuelle ou culturelle se conçoit uniquement dans le cas d'un rebelle de pacotille mauvais élève et révolté, avec des professeurs jaloux, qui se révèle à l'âge adulte contre toute attente, forcément hors des sentiers battus, forcément un génie des Carpates méconnu comme il en pullule sur le Net qui a favorisé leur expression maintenant sans complexes.

     

    Le génie méconnu est toujours un type qui se prétend autodidacte, c'est parfois vrai, le plus souvent cela signifie surtout qu'il mélange tout et refuse toute hiérarchie dans ses goûts. La mode du « geek » mis à toutes les sauces participe de ce lieu commun.

     

    Il y a donc cette certitude qu'une personne banale et d'intelligence moyenne ne saurait être un monstre, qu'un monstre comprend toujours le mal qu'il commet, qu'il le planifie, le raisonne, l'exécute en toute connaissance de cause.

     

    Ainsi les criminels de guerre, les violeurs d'enfants, les psychopathes sont ils classés dans une humanité à part, qui serait différente.

     

    C'est une erreur grossière, les monstres, les vrais sont souvent de parfaits imbéciles qui ne sauraient comprendre le mal qu'ils ont commis, leur raison, ou leur absence de raison, étant uniquement préoccupée par leur petite personne et la satisfaction de ses désirs.

     

    Un monstre par contre sait très bien employer toutes les apparences de la norme à son profit.

     

    Un monstre se coule dans le moule naturellement. Et il rêve d'être pris pour une personne comme les autres....

     

    Et les monstres sont donc le plus souvent atrocement banals. Il suffit d'entendre les témoignages de proches ou de voisins lorsque des atrocités sont découvertes s'étonner du comportement pourtant tellement calme et pacifique du personnage horrible que leur voisin s'est révélé être au bout du compte.

     

    Pour en être un, nul besoin de commettre des atrocités, des crimes, des massacres, ces voisins qui ne veulent pas entendre les enfants d'à côté se faire battre, ces passants qui ne veulent pas regarder le pauvre à terre dans la rue, qui lui marcheraient dessus si les conventions sociales ne l'interdisaient pas encore un peu, celui-ci de pauvre est parfois juste en face d'eux, sur le pas de leur porte.

     

    L'indifférence aux autres dans notre société est un autre genre de monstruosité collective.

     

    Elle se traduit par ces personnes qui toutes maintenant, ou presque, ne regardent plus le voisin, ne discutent plus en attendant le bus, ou en prenant le bus, n'ont d'yeux que pour les écrans qu'ils ont à portée de main. Et elle progresse, c'est un comble, au nom d'une altérité réputée plus grande, accrue par des moyens techniques de plus en plus performants.

     

    Donc, pour trouver des monstres, il suffirait parfois que la société se contemple un peu plus dans le miroir....

    illustration empruntée au site dextertv.com

     Ci-dessous le générique de "Dexter" qui exprime très bien cette banalité de la monstruosité


    Dexter - Generique par Suchablog