Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Samedi Saint

    Imprimer Pin it!

    feu-sacre-au-saint-sepulcre-de-jerusalem.jpgD'aucuns parmi les chrétiens évoquent beaucoup de théories, de concepts, s'agitent tant et bien et oublient que l'essentiel est dans la radicalité évangélique, illustrée par le "chemin de Lumière" de la "Via Dolorosa" ci-contre, le samedi de Pâques que les chrétiens palestiniens appellent "Samedi de la Lumière". 

    Les chrétiens d'Orient vivent cette radicalité, ceux d'Occident les ignorent pourtant la majeure partie du temps, par ignorance et par arrogance. Alors qu'ils montrent encore la voie à suivre, à vivre, loin des discours sur "l'écologie humaine", par exemple, (je trouve la vocable en soi assez malheureux c'est le moins que l'on puisse dire).

    Et pourtant, coincés qu'ils sont entre la marteau et l'enclume ils auraient des excuses pour sombrer dans le misérabilisme et les déclamations alarmistes. Je n'ai jamais retrouvé la ferveur sans affectation de ces chrétiens de Jérusalem et de Palestine en France. 

    Les chrétiens de France préfèrent passer leur temps à excuser leur indifférence, leur incapacité à réfléchir aux causes profondes de la crise  de Sens que nous vivons, à savoir la société libérale libertaire et l'hyper-libéralisme en intellectualisant, en oubliant de vivre la foi un petit peu au moins...

  • Le clivage droite-gauche est-il mort ?

    Imprimer Pin it!

    On a souvent rencontré parmi de nombreux idéalistes cette idée de l'obsolescence de la dichotomie droite – gauche en politique. Certes, cette séparation provient de la Révolution et du fait que les moins révolutionnaires étaient assis à droite à l'Assemblée et les plus radicaux à gauche, mais que tous au fond partageaient les mêmes aspirations idéologiques, différant dans les moyens employés.

     

    as.jpgAu départ, cela ne voulait donc effectivement pas dire grand-chose.

     

    Plus tard à la fin du XIXème siècle, l'Action Française première mouture, avant la Première Guerre Mondiale, prônait « l'empirisme organisateur », à savoir que ce qui est bon pour le Bien Commun doit être appliqué, quelle que soit l'origine de l'idée, et même plus tard il n'était pas rare que les maurrassiens défilent avec les anarchistes quand ils partageaient les mêmes colères ou soutiennent le syndicalisme naissant après l'abrogation de la loi Le Chapelier.

     

    Il y a quelques années, quelques auteurs s'étaient réunis au sein d'une revue éminemment sympathique à mes yeux qui était « Immédiatement », dans laquelle on trouvait un auteur marqué par le marxisme, un monarchiste, des souverainistes, tous réunis par leur goût pour la liberté de pensée hors des rails, hors des sentiers battus de la « pensée unique ».

     

    Au vu de ces quelques initiatives et réflexions posées, on pourrait penser qu'effectivement le clivage droite-gauche n'existe pas, qu'il est sans objet. Mais malheureusement, il est bel et bien présent. Ceux qui à droite ont tenté le grand écart ont toujours été mis à un moment ou un autre face à un dilemme cornélien : faire des compromis sur leurs idées ou renoncer simplement.

     

    Le fossé se situe principalement sur la manière de concevoir la morale individuelle et sexuelle, et aussi bien sûr trouve son origine dans le socle moralisateur que la gauche s'est érigé elle-même pour ses idées depuis l'Affaire Dreyfus, et un peu plus depuis Vichy, où l'on retrouvait pourtant plusieurs politiques de gauche, la gauche devenant morale et s'attribuant tous les bienfaits de la Résistance à elle toute seule oubliant des résistants comme Honoré d'Estienne d'Orves, Hélie de Saint-Marc ou encore des écrivains comme Bernanos.

     

    Rappelons que la gauche devient très vite « olfactive », selon le terme d'Élisabeth Lévy, sentant rapidement comme un parfum des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) dès lors que l'on essaie de débattre sur les dogmes ayant servi à bâtir sa posture morale.

     

    On me dira, entre un libéral-libertaire et un social-libéral il y a finalement peu de réelles différences sur ce plan-là et un clivage bien mince.

     

    Et des valeurs de gauche il reste surtout aux socio-libéraux des aspirations sociétales issues des classes sociales favorisées urbaines...

    image prise ici

  • L'Empire du Bien

    Imprimer Pin it!

    Merci à Gerald TDM
    1984-ingsoc-HD-Wallpapers.jpg"L’Empire du Bien reprend sans trop les changer pas mal de traits de l’ancienne utopie, la bureaucratie, la délation, l’adoration de la jeunesse à en avoir la chair de poule, l’immatérialisation de toute pensée, l’effacement de l’esprit critique, le dressage obscène des masses, l’anéantissement de l’Histoire sous ses réactualisations forcées, l’appel kitsch au sentiment contre la raison, la haine du passé, l’uniformisation des modes de vie."

    Philippe Muray

  • Fragments d'un journal en Palestine – 7

    Imprimer Pin it!

    Retours à l'Ouest

    palestine, israël, société, religionsA Jérusalem, il était facile de revenir régulièrement en Occident, pour cela il suffisait, sortant de la Vieille Ville, de traverser la place de l'hotel de ville, Safra Square, juste en face de la « Porte Neuve » pour y être, quand nous en avions assez des pèlerins autistes, des fous atteints par le syndrôme de Jérusalem, des militants de ci, de ça, des idiots violents, nous franchissions cette frontière aussi bien physique que mentale pour prendre une sorte de cure de modernité.

     

    Ce n'était pas tout à fait l'Ouest, pas tout à fait l'Europe, mais une sorte de reconstitution presque exacte dans quelques rues où l'on pouvait cependant parfois croiser des intégristes juifs en noir et des femmes en costume traditionnel accompagnées d'une ribambelle d'enfances piaillant.

     

    Cette reconstitution était une sorte de parc d'attractions plus ou moins de perdition pour les plus religieux habitants de Jérusalem, pensez donc, on pouvait y consommer de l'alcool voire en acheter pour plus tard, y trouver de la charcuterie, dont de la charcuterie « kasher », cela existe, fabriquée par des israéliens d'origine russe dans le nord du pays, certifiée « kasher » pour peu que le sang du cochon ne touche pas le sol de « Eretz Israel ».

     

    Pour cela, rien de plus simple, il suffisait de faire couler une dalle de béton sur le sol de l'abattoir.

     

    Ces quartiers « à l'occidentale » ne l'étaient pas tant que ça, si progressistes, puisque les jours de fêtes religieuses, les interdits alimentaires par exemple, que l'on soit juif ou pas, devaient être scrupuleusement appliquées. Et nous avons souvent remarqué que même dans des familles que nous croyions bien au-dessus de tout cela, libérales, même libertaires, ces prescriptions étaient suivies à la lettre.

     

    Celles-ci ne seraient jamais allé prier au « Kotel », préférant les offices de la Grande Synagogue de Jérusalem, réputés plus modernes, en apparence, en apparence seulement car les officiants y étaient tout aussi rigoureux quant à leur identité religieuse, et israélienne.

     

    Ces israéliens de Jérusalem nous l'ont souvent expliqué, vivre dans cette ville est toujours un choix pour eux comme ça l'est pour les palestiniens. Ce n'est pas gratuit de vivre dans la « Ville Sainte », d'y travailler. C'était de temps couplé, nous l'avons maintes fois constaté, avec une vision messianique d'Israël et du sionisme, vision appuyé par les pentecôtistes américains ou les communautés charismatiques catholiques.

     

    palestine,israël,société,religionsIl nous est arrivé, c'était une provocation innocente, de demander dans les restaurants des steacks bien saignants avec une sauce au roquefort, ou un peu de beurre persillé, ce qui est rigoureusement interdit par la « kashrout ». L'art de vivre tellement méprisé en France, cette culture de la table, de la convivialité, est une des composantes importantes de la liberté, qui ne se décide pas par des grandes envolées mais qui se vit.

     

    Un soir où un ami et votre serviteur ressentaient fortement le besoin de se réjouir le ventre autrement qu'avec du « houmous » et des « pitâ », ou des « mixed grill » caoutchouteux servis avec des frites élastiques allègrement trempées dans une dizaine de litres d'huile, nous avons réussi de haute lutte à convaincre un patron de restaurant de la rue de Jaffa de nous servir une entrecôte qui ne réponde pas du tout aux normes religieuses, et qui soit donc bien meilleure à déguster.

     

    Les conducteurs de « l'Express » hors d'âge qui nous servit souvent de voiture ces deux ans; profitant de la plaque consulaire, se garaient n'importe où histoire de taquiner les militaires patrouillant régulièrement dans ce coin de la ville somme toute.

     

    La ville occidentale avait l'avantage énorme pour moi d'abriter quelques librairies en son sein, dont une librairie française, et des livres qui sont autant de produits de première nécessité pour moi, et pas seulement des livres de spiritualité, de mystiques racontant leurs illuminations diverses et variées et plus ou moins fantasmées, les uns se prenant pour des pionniers en droite ligne descendants des hébreux, les autres jouant à Lawrence d'Arabie, ce qui dans les deux cas est une forme de pathologie politique, religieuse et touristique.

     

    J'ai pu me passer de beaucoup de choses pendant mon séjour à Jérusalem, mais il m'aurait été impossible de me passer complètement de livres. Lire « le caporal épinglé » de Jacques Perret ou « la grande peur des bien-pensants » de Bernanos avait une toute autre signification dans cette ville que cela en a sous nos cieux, c'est un geste d'insoumission à la sottise, à la haine, aux manques d'altérité qui nous entouraient.

     

    C'était malgré tout un espace de liberté, où des gestes et attitudes que nous considérons comme tout simples ou allant de soi en Europe étaient, par des tenants des grandes religions, perçus comme autant de transgressions, en particulier par tous ceux que la sainteté de la « Ville Sainte » rendaient fous.

     

    Je m'étonne encore du fait que parmi ces illuminés tous persuadés de vivre pour la première fois des émotions extraordinaire l'on trouve surtout des personnes ayant des problèmes personnels à surmonter, ou compenser quelque frustration ou complexe enfoui bien soigneusement derrière une affectation mystique parfois pénible. A nous rendre régulièrement dans un café de la rue Ben Yehuda, nous provoquions l'horreur de ces fous, leur colère parfois, car nous cédions à des plaisirs matériels tellement vulgaires à leurs yeux.

     

    Combien de fois ais-je été choqué d'entendre ces purs esprits déclarer que selon eux ces moments de joie « simplement » matériels étaient des barrières à la foi, étaient inutiles, n'ayant pas compris que c'est justement dans ces moments qu'ils dédaignent que celle-ci s'incarne au mieux, car ce n'est pas ce que l'on mange ou ce que l'on boit qui est le plus important mais ce que l'on partage autour de soi.

     

    Combien de fois les ais-je entendu suggérer avec mépris, de la même manière que des hygiénistes « bio », végétariens, ou végétaliens, les esprits étroits se ressemblent, qu'apprécier la bonne chère du bon vin entre amis était une espèce de beuverie immorale ?

     

    palestine,israël,société,religionsLa plupart était incapable de ressentir la beauté de l'accueil qui nous était la plupart du temps réservé, également du côté occidental, les plus doués pour cela étant paradoxalement les ultra-religieux de Mea Shearim, le quartier ultra-orthodoxe.


    J'ai vécu dans ces quartiers des moments parfois surréalistes, petits et plus importants, de cette caissière de restaurant nous proposant de nous servir la sauce chocolat demandée sur nos glaces par la porte arrière de l'endroit, pour que personne ne puisse le voir, à ces instants où tout s'arrête, les êtres humains, leur activité, leurs véhicules se figeant complètement lors des minutes du souvenir de la « Shoah » cimentant les communautés nombreuses, souvent antagonistes, et hétérogènes composant Israèl.


    On pouvait observer alors des touristes complètement perdus dans une ville devenue pour eux un musée de cire grandeur nature, se postant parfois sous le nez des personnes immobiles, résistant pour certains à l'envie de les toucher du doigt pour éprouver leur réalité sujette dans ces moments là à un questionnement.


    Il était fréquent que je rencontre dans cette partie de la ville un ou plusieurs taxis-man palestiniens me saluant d'un sonore "Hello Abunah" me rendant immédiatement suspect aux yeux des israéliens à kippa noire du quartier de complicité avec des terroristes. Ils ignoraient que bien loin de songer au terrorisme, les jeunes palestiniens ne rêvaient que d'une chose, pouvoir travailler, circuler librement et aller draguer les jolies filles rue Ben Yehuda ou sur le front de mer à Tel-Aviv, Jaffa....

    image du haut prise ici

    Safra square image prise ici

    passants dans le quartier de Mea Shearim, image prise ici

  • "Citoyen consommateur" et "sottise démocratique"

    Imprimer Pin it!


    "Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli."

    Gustave Flaubert.

    Depuis déjà quelques années, le mouvement s'accélérant avec l'expansion d'Internet et du virtuel dans les foyers, et ce quel que soit le camp politique, la foi religieuse, la couleur des yeux, la plupart des français, de souche, de première, deuxième ou troisième génération, ne veulent plus vivre que d'après leurs règles ou celles propres à la communauté ou au groupe social dont ils se réclament, et rejettent catégoriquement la loi commune considérée comme une oppression insupportable, un diktat atrocement arbitraire de la même manière que le ferait des enfants gâtés qui n'ont jamais été contredits par les parents.

     

    politique, société, hypocrisie, PS, UMP, FN, Islam, christianisme, Judaïsme, religions, sottise démocratiqueIls veulent exprimer leurs haines, toujours abjectes, en toute impunité et sans que cela ne porte à conséquence, des haines à les entendre légitimes, naissant de leur souci de la justice, des haines dont ils ne prennent pas complètement la responsabilité les justifiant toujours assez grotesquement, les moyens de communication modernes leur donnant toute latitude pour le faire et le faire anonymement.

     

    Enfin, un anonymat tout relatif, car on sait très bien ce qu'il en est réellement.

     

    Ces haines, même exprimées sur Internet, ne sont que lss mêmes vieilles dégoûtations traditionnelles dans l'un ou l'autre camp, l'une ou l'autre foi, la nature humaine ne changeant guère malgré les énormes progrès techniques.

     

    Ils veulent vivre selon leurs propres coutumes et mode de vie, se vêtir et manger comme ils l'entendent fût-ce au mépris des personnes avec qui ils vivent, des coutumes qu'ils ne cherchent même plus à justifier selon une tradition ou un passé idéalisé, les connaissant de toutes façons très mal ou les ignorant, mais selon leurs caprices du moment, le seul argumentaire étant généralement de leur part « ce comportement est le meilleur car j'en ai envie » ou encore « c'est bien parce que je trouve que c'est bien », l'heure étant à la simplification extrême.

     

    La plupart des français ne veulent plus respecter des règles qu'ils n'ont pas choisies au départ, des règles communes pourtant indispensables pour maintenir le compromis social qui permet de vivre en collectivité sans avoir besoin de coercition ou d'user de violences et dont le respect ne se choisit pas et n'a pas à être choisi à part l'assentiment que tout citoyen consent théoriquement à donner pour souscrire à des valeurs communes, ce qu'évoquait Renan quand il parlait de la Nation française, il y a une éternité semble-t-il lorsque l'on considére les bouleversements que celle-ci a subie depuis sa conférence sur ce sujet.

     

    La règle générale est la consommation de la citoyenneté ou ce qu'il en reste, le citoyen-consommateur se promenant dans les rayons de la société libérale libertaire actuelle ainsi que dans un immense supermarché où il ne choisit que les valeurs et les idées qui l'arrangent se contentant généralement des produits « discount » que sont l'humanitarisme très vague et d'une mièvrerie sans pareil qui sévit à la télévision, la radio, dans les journaux, dans la rue, un peu partout, toute réflexion quant aux questions de société étant bannie au profit d'une sur-affectivité bien dégoûtante et délirante.

     

    L'auteur de ces lignes est quant à lui révulsé par l'inconscience totale de ces « citoyens-consommateurs » car elle risque fort de déboucher sur des violences sociales et communautaires de pire en pire et l'arrivée au pouvoir de démagogues d'un bord ou de l'autre, ce qui revient au même. Ou peut-être est-ce simplement qu'en bon anarchiste de droite que je suis, je ne fasse qu'exprimer mon dégoût de la « sottise démocratique » telle qu'elle s'exprime aujourd'hui...

    Couverture prise ici

  • Les "voyous vrais de vrais hors-la-loi" de la "Manif pour tous"

    Imprimer Pin it!

    politique, manif pour tous, société, PS, UMPLes discussions à n'en plus finir sur le Net, forums, réseaux dits sociaux, sites "politiques", sur les réactions policières disproportionnées lors de "la Manif pour tous", me rappellent lorsque je les lis ces enfants sages et bons élèves qui parfois décidaient de se laisser aller à chahuter "en ayant marre mon frère de subir le système" mais pas trop, rentrant ensuite sagement dans leurs pénates , se remettant sur les rails d'une expression politique bien sage (voir le Rap "Auteil-Neuilly-Passy" des "Inconnus" ci-dessous)...


    Ce n'est pas très sérieux, je trouve, et fortement immature, et à long ou moyen terme très moyennement productif. Ce n'est pas très sérieux de fantasmer sur un jeu grandeur nature de "Robin des bois" en somme et d'en rester là.


    Et ces propos anodins entretiennent les clichés sur cette manifestation de "bourgeois", forcément, car en majorité catholiques qui le sont tous c'est bien connu, selon le cliché commun.


    Derrière ces échanges parfois réjouissants et où l'on sent bien la satisfaction de ces jeunes gens et jeunes filles un rien proprets à s'être conduits en "voyous vrais de vrais hors-la-loi" qui, hélas, n'évoquent jamais la cause sous-jacente profonde de tous ces changement sociétaux, effectués à destination des classes bourgeoises urbaines et aisées des grandes villes, à savoir le fondement libéral libertaire de nos sociétés, le matérialisme délirant induit par l'hyper-libéralisme, matérialisme qu'ils ne remettent pas une seconde en question ainsi que le "darwinisme social".


    La loi de madame Taubira induit par essence la GPA qui aura pour conséquence la marchandisation des corps des femmes obligées de "vendre" leur ventre car cela adviendra. Cette loi vient en droite ligne des positions libérales défendues par les politiques pour lesquels votent ces nouveaux "voyous". Et madame Boutin a fait partie d'un gouvenrment libéral libertaire sans y voir la contradiction flagrante avec ses idéaux chrétiens, ce que l'on peut trouver encore maintenant plus qu'étonnant.


    Et le fait que ce soit un gouvernement social libéral qui la promulgue ne change rien. C'est une loi qui, par essence, procède du libéralisme.


    Est-ce que ces réactions policières étaient réellement dûes à des instructions politiciennes, un vague complot ?


    On peut en douter. Les policiers n'ont fait qu'appliquer des directives absurdes. Et ayant en face d'eux des citoyens "d'en bas", ils ont moins craint d'appliquer des mesures "extrêmes" qu'en face de dockers entrainés à l'affrontement ou de syndicalistes aguerris.


    Plutôt que d'ergoter à n'en plus finir sur les chiffres de la manifestation, sur ces violences, il serait bon de se pencher sur l'origine du mal en somme, et non sur les symptômes.


    Et se réveiller enfin.


    Pour l'instant, il n'y a guère que Sylviane Agacinski à relever le niveau de réflexion, ne lui restant plus qu'à franchir le cap afin de dépasser les clivages partisans, au moins sur ces questions de la place de la Famille dans notre monde.

  • Journal de ma vie à Jérusalem

    Imprimer Pin it!

    sainteanne.jpgA ce lien, ou ci-dessous, vous trouverez mon journal à Jérusalem de octobre 1998 à Août 2000, journal écrit avec un désir de lucidité et de clarté.

    Il était difficile de prendre du recul auparavant pour le rédiger, treize ans après, j'ai trouvé le courage de m'y mettre

    Il est loin d'être fini, c'est un "work in progress" constant...

    image empruntée sur ce site

  • Fragments d'un journal en Palestine – 6

    Imprimer Pin it!

    Juillet 2000 : l'angoisse de la routine

    jérusalem, politique, israèl, palestine, nostalgieEn Juillet 2000, nous étions partis depuis bientôt deux ans, nos deux ans de contrat, et l'angoisse du retour, du retour de nos routines se fit plus pesante. D'aucuns parmi nous pour se rassurer savaient qu'en rentrant ils termineraient qui un cursus universitaire, qui un parcours professionnel, et retrouverait un cocon plus ou moins douillet. Afin de retarder au maximum ces retrouvailles, la plupart choisissait le « chemin des écoliers » pour rentrer, préférant le bateau et de multiples escales.

     

    Quand je suis rentré, j'ai choisi quant à moi l'avion pour rentrer d'un coup, avaler le calice rapidement.

     

    Pour moi il était très difficile de songer ne serait-ce qu'un peu à cette routine sans angoisse en ayant devant moi chaque jour la munificence du « Dôme du Rocher », la sensualité des paysages du Jourdain par la fenêtre et en ressentant à chaque instant la douceur du climat et l'accueil généreux des habitants.

     

    Pour les gens du quartier, j'étais devenu un des leurs, y compris pour les petits voleurs de touristes hollandais, que la police israélienne laissait faire afin d'entretenir l'impression d'insécurité perpétuelle dans la « Vieille Ville » et affirmer de temps à autres leur présence en procédant à des arrestations spectaculaires et violentes de délinquants qu'ils laissaient courir le reste du temps.

     

    Un soir où des pèlerins français assistaient à la messe à la basilique Sainte Anne, messe présidée par un jeune évêque parisien, un de ces ecclésiastiques se situant pudiquement et exclusivement comme il le dit lui-même sur le plan spirituel, laissant de côté la réalité de ce qu'il voyait autour de lui, préférant rêver d'un Jérusalem idéalisé, peuplé seulement de purs esprits, et non cette ville où la plus grande pauvreté côtoyait la richesse la plus insolente, richesse justifiée le plus souvent hypocritement par des traditions qui ne justifient absolument rien, je compris à quel point je m'étais intégré au quartier.

     

    Un des pèlerins m'apostropha dans un anglais très hésitant :

     

    jérusalem, politique, israèl, palestine, nostalgie« You ! Canne You openeune Ze doure plize » dit-il non sans une certaine fébrilité, et quelques gouttes de sueur perlant sur son front, car il avait certainement lu et entendu les recommandations concernant la dangerosité supposée de la Vieille Ville.

     

    Quand je m'exécutai, lui et son épouse n'osèrent cependant pas sortir, il y avait l'agitation habituelle de la rue palestinienne dehors, des terroristes le couteau entre les dents à tous les coins de rue c'est certain. Il suggéra à sa femme d'attendre leur taxi à l'intérieur, ce qu'il me signala :

     

    « Oui ouile ouaitine ze taxi ine zi housse ».

     

    Je leur répondis en anglais, en rajoutant dans l'accent marqué que cela ne posait pas de problèmes.

     

    Ils me remercièrent en chœur, rassurés :

     

    « Sanque iou sœur ».

     

    Leur taxi, israélien, nous le comprîmes après le coup de fil qu'ils passèrent à la loge de Sainte Anne, ne voulait pas venir dans la Vieille Ville, ne voulait pas s'aventurer dans un quartier si mal famé à ses yeux.

     

    Le pauvre homme et son épouse étaient désespérés, se voyant déjà vendus au marché aux esclaves sur la Côte Barbaresque quand je répondis à leur anglais chaotique en français, un des Pères Blancs présent appelant rapidement un taxi arabe qui vint les cueillir juste à la sortie et qui les ramena à bon port..

     

    Ce n'était pas les seuls à être aussi terrifiés dans la Vieille Ville. Nous avions croisé des israéliennes un soir de rupture de jeûne de Ramadan qui passant tout près des murailles et entendant des bruits de pétards éclatant crurent la guerre faire rage. Nous eûmes toutes les peines du monde à les convaincre de ne pas appeler la police et l'armée, que c'était juste des gosses musulmans fêtant la rupture du jeûne.

     

    L'une d'elles nous dit, elle ne portait aucun signe distinctif, qu'ils allaient les reconnaître comme juives et les tuer. Nous essayâmes de leur faire comprendre que cela n'était pas inscrit sur leurs fronts, et que rien n'arriverait, ce fût peine perdue.

     

    Ces personnes subissant la plus grande pauvreté matérielle dans Jérusalem étaient capable par contre d'une générosité d'accueil plus extraordinaire que celui de bien des communautés religieuse confites dans leurs habitudes mortifères.

     

    Ainsi, je me souviens de ce petit boulanger qui tint à m'offrir le café, me fit visiter son logis ou ce qu'il appelait logis. Je profitais de la seule chaise valable de l'endroit, pendant que lui s'asseyait sur une caisse ayant contenu des sacs de farine. Comme je buvais son café en grignotant un des « knaffeh » qu'il m'offrit, je pus constater qu'il dormait sur un galetas immonde, poussiéreux et mangé aux animaux parasites. Il n'avait aucune amertume, il aurait bien voulu vivre confortablement mais « Inch Allah, Bukra, Maalesh ».

     

    En deux ans, je n'ai jamais eu de moment réellement de cafard. Il me suffisait de sortir la nuit au cœur des ruines de la piscine de Bethesda près desquelles j'habitais, et de rêver en regardant la voûte céleste, le ciel clair et les milliers d'étoiles, j'avais comme le sentiment que le monde entier était tout proche dans toutes les directions, que mes amis, que la France n'étaient pas si éloignés.

     

    Je faisais régulièrement le rêve suivant : au bout de la Via Dolorosa juste en bas de chez moi, juste après un petit minaret commençait la rue que j'habitais en France, qui aboutissait étrangement sur toutes les rues de ma vie

     

    Bien souvent, les personnes n'ayant pas vécu cette expérience de l'expatriation se demandent bien comment l'on peut tenir le coup du fait de l'absence de repères stables, d'une situation locale explosive, sans routines en somme. On peut d'ailleurs retrouver une routine très pesante à l'autre bout du monde. L'habitude ce n'est pas seulement dans nos pays.

     

    L'habitude peut être exotique.

     

    La réponse est assez simple, la plupart des personnes qui partent sont bien souvent inadaptés à la vie moderne, au désir de performance roi, à la loi de l'argent le plus fort, se lassent vite d'une vie apparemment bien équilibrée, voire un peu trop. Il est évident qu'ils fuient toujours quelque chose par peur de s'y confronter, cherchant dans l'extraordinaire une réponse à des questions tout ce qu'il y a de plus ordinaire.

     

    Ces questions, on pense d'ailleurs les avoir laissées en route, mais on les retrouvera au retour, aussi pesantes, voire plus, aussi douloureuses, provoquant les mêmes blessures.

     

    Les personnes qui partent, ou qui ont ce désir, ne sont pas pour autant des paumés, ou des dépressifs, mais la banalité qui a aussi ses charmes, n'est pas pour eux. Ils ont d'autres désirs, des désirs souvent d'absolu, un absolu qui au Proche Orient s'incarne dans les paysages désertiques, que ce soit celui du Negev ou du Jourdain, ou celui liquide de la Mer Rouge.

     

    Il ne s'agit pas de mépriser pour autant le quotidien, le banal, l'habituel pour autant, ce n'est simplement que ce n'est pas pour eux aussi. C'est aussi s'habituer à tout qui rend la vie insupportable, qui aliène, lorsque l'on a abdiqué face à de multiples petits compromis, tout petits mais suffisants pour se laisser vaincre et renoncer à vivre vraiment.

     

    Un ami qui était parti depuis un an de la « Ville Sainte », mais qui revenait nous voir de temps à autre, un jeune prêtre d'origine colombienne me proposa pour calmer l'angoisse un week-end à la plage à Tel Aviv, avec une visite souvenir des cafés en front de mer pour tenter de comparer une dernière fois les vertus des bières israéliennes comparées aux palestiniennes.

     

    Cet ami, ancien étudiant à l'École Biblique, se promenait là-bas sans aucune vergogne nanti d'un « keffieh » autour du coup, mais son aplomb hors-normes aplatissait curieusement toutes les velléités de violence des personnes croisées, qui lui pardonnaient ce détail vestimentaire.

     

    jérusalem, politique, israèl, palestine, nostalgieA l'aéroport, il paya son insolence (là-bas constater simplement des faits était considéré comme insolent ou transgressif) et son irrespect total des règles absurdes par huit heures de fouille, un ordinateur mis en pièces, avec une thèse, fruit d'un travail de longue haleine irrémédiablement perdue, et deux heures dans une cellule, qui furent pour lui les deux heures les plus lentes de son existence, et surtout son refus des compromis grotesques, en vigueur à Jérusalem parmi nombre de chrétiens expatriés qui ne voulaient surtout pas voir le réel, que cela avait également choqué, à commencer par les membres de la plupart des communautés charismatiques qui allaient jusqu'à emboîter le pas à des fous en pleine sublimation de leurs frustrations, ayant des visions compensant la grisaille de leurs existences mornes.

     

    Je le remercie encore de m'avoir donné quelques bonnes adresses à Jaffa, Jérusalem, Haïfa, non loin du temple des pacifiques « Bahai », tenants d'une secte farfelue mais sans haine dans ses comportements, ou Tel Aviv sur le front de mer, où les jolies filles ne manquaient pas (dans son cas, il m'affirmait que l'on peut admirer la création divine, dont font partie les jolies filles, qui sont comme des fleurs que l'on n'a pas forcément besoin de cueillir, mais aussi à Ramallah, où il m'indiqua une fumerie de narghileh en haut d'une tour de béton, Jénine, où nous mangeâmes un vrai « mezze » palestinien, Naplouse, nous dégustâmes des « mixed grill » près d'une fabrique de savon ou Gaza, nous bûmes du café dit « turc » affalé comme des sultans de l'ancienne Bagdad sur des coussins aux couleurs vives.

     

    Il trouvait ça normal, cherchant à ce que « rien de ce qui est humain ne lui demeure étranger », n'y voyant pas de contradiction avec son sacerdoce dont il respectait scrupuleusement toutes les exigences morales. Il n'y a pas besoin « d'avoir l'air » de quelque chose pour l'être vraiment, ou pas.

    Temple des BaHa'is pris ici

    "Star et Bucks café" de Ramallah pris ici

    Marché aux puces de Jaffa emprunté à ce site

  • La colère des "citoyens d'en bas" qui monte...

    Imprimer Pin it!

    politique,société,démocratie,colère Ceux qui ont défilé hier sont loin d'être tous de droite, ils sont même loin d'être tous politisés, et de loin. Et finalement leur colère n'est pas loin d'être la même de celle qui monte dans d'autres partis et syndicats, une colère contre "l'establishment" qui leur dénie le droit à l'expression démocratique dès que sont remis en question leurs point de vue sociétaux, européens ou économiques.


    Et au fond, cette colère est la même chez tous ces "citoyens d'en bas" qui gagneraient à le comprendre et à sortir des schémas partisans.


    Quand 2000 personnes manifestent dans le sens qu'il convient c'est une "déferlante", quand ce sont de 300 000 à 1M4 manifestants qui se rassemblent contre une loi qui aura pour conséquence la marchandisation des corps par la GPA ce sont des réactionnaires odieux...


    En France, pour défiler sans être inquiétés, parfois pour des slogans haineux et des plus injurieux envers la France, la République, la laïcité, pour être considérés et reçus par les médias, avoir le droit un peu douteux des « plateaux télé », il faut absolument être « issu de la diversité », d'une minorité sexuelle et militer à gauche.

    Peu importe si vous ne représentez guère que vous-mêmes et deux ou trois groupuscules, ainsi Caroline Fourest qui sévit partout, des « shows » d'« infotainement » jusqu'à bientôt les émissions de jardinage.

     

    On la verra sans doute un jour chez Stéphane Marie dans « Silence ça pousse » ….

     

    Peu importe si vous conchiez clairement les valeurs communes en direct. On vous trouvera alors tellement audacieux, on vous dénichera bien dans un recoin de la mémoire nationale sur la base du masochisme mémoriel en vigueur actuellement un épisode honteux auquel vous relier .

     

    Par contre, dans le cas de citoyens « d'en bas » manifestant contre « le mariage pour tous » ce 24 mars, des électeurs, qui veulent simplement manifester leur ras-le-bol de lois sociétales absurdes, aux conséquences douloureuses, dont la GPA n'est pas la moindre, quand ceux-ci veulent simplement se faire entendre, on les gaze, comme si ces personnes étaient des délinquants en puissance.

     

    On sait déjà il est vrai ce que la « bonne presse » pense d'eux, ce sont des nostalgiques des ordres noirs, des réactionnaires, des « ploucs », des catholiques aussi pensez donc, et en majorité des bourgeois, des privilégiés, voire des graines de fascistes.

     

    Il suffisait pour cela de regarder entre autres le documentaire à peine orienté, oh si peu, proposé cette semaine sur France 2 au sujet d’Édouard Drumont où l'on insistait bien lourdement tout du long sur le catholicisme radical et moral du personnage, suivez mon regard, ce qui est d'ailleurs historiquement faux, puisque c'était plutôt un positiviste agnostique.

     

    Après ce gazage, qui a provoqué la colère légitime des manifestants présents, qui ont compris le dédain du gouvernement à leur égard cette fois-ci, qui sont constamment raillés, méprisés, traînés dans la boue depuis le 13 janvier, il n'y a qu'une chose à souhaiter : que la colère ne s'arrête pas en si bon chemin, qu'elle mûrisse, qu'elle fasse son œuvre et que les bonnes âmes commencent enfin à s'inquiéter.

  • Article sur les spécialistes en papes

    Imprimer Pin it!

    médias,société,religions,télévisionUn certain Amaiury Watremez, nous le connaissons à peine ici (clin d'oeil), vient de publier un article sur "Boulevard Voltaire"  sur les "spécialistes en papes" qui bien souvent ne représentent qu'eux mêmes, et que l'on voit surgir comme des diables de leurs boîtes à chaque fois que l'on parle des problèmes agitant l'Eglise.

    Amaury (re-clin) en avait marre d'être le "réac de service" sur Agoravox, et surtout de s'y faire copieusement injurier même si ces injures tenaient plus de la cour de récré qu'autre chose...

    Il est donc parti vers d'autres cieux plus cléments et plus exigeants en matière d'écriture.

    Article à ce lien

  • « Batteries de cuisine », Sarkozy et Cahuzac - la suite des fabuleuses aventures de Mélanie Chassepot

    Imprimer Pin it!

    Mélanie Chassepot était une femme de progrès de gauche, elle voyait son engagement à gauche un peu dans le prolongement des "gentillesses" d'Amélie Poulain. Elle, en bonne femme de progrès qu'elle était donc, détestait Nicolas Sarkozy pour diverses raisons :

     

    politique, sarkozy, hollande, militantsD'abord il était de droite, n'hésitant pas à le clamer, et ça c'était presque suffisant pour justifier sa détestation, donc forcément amoral, ensuite c'était un homme qui n'hésitait pas en plus à mettre en avant sa virilité d'une manière parfois peu subtile, enfin, il était marié à une chanteuse qui s'était moqué du président actuel, ce qui était impardonnable, une ancienne mannequin qui plus est, une jolie femme qui avait quelques beaux restes, une « bourgeoise » c'est sûr se disait Mélanie, comme toutes les jolies femmes !....

     

    Pour Mélanie, la dérision « citoyenne » se concevait quant on se payait la tête des cibles autorisées, mais faire preuve de dérision envers le chef, ça c'était mal, comme avant.

     

    En bonne militante de gauche et militante tout court, Mélanie était loyale au chef.

     

    Et, cerise sur le gâteau de l'infâmie, Sarkozy avait de bonnes relations avec l'Église Catholique s'affichant même à côté de ce Benoît XVI, un traditionaliste odieux à ses yeux, si tolérant avec les « intégristes ».

     

    Et cela, c'était vraiment le pire, c'était atroce.

     

    Jérôme Cahuzac avait dû démissionner la veille à peine que dés le lendemain, Nicolas Sarkozy était mis en examen pour « abus de faiblesse » envers Liliane Bettencourt alors qu'il y a quelques mois à peine, la justice avait conclu à l'absence d'élements probants.

     

    Il y avait aussi la « manif pour tous » du 24 Mars, qui bien que venant un peu tard, participait à l'impopularité du gouvernement qui était surtout efficace pour sa clientèle électorale et très peu pour le pays.

     

    Pour Mélanie, c'était la « faute à Sarkozy », y compris l'imprévoyance des pouvoirs publics avant les chutes de neige, toutes ces difficultés provenant de la collusion de Sarkozy avec les capitalistes, les banquiers, la Bourse, et les financiers, ce qui n'était pas du tout le cas de Hollande selon Mélanie, la preuve Hollande était de gauche.

     

    Envoyer dans les pattes des opposants une bonne affaire judiciaire, pour montrer qui avait le pouvoir, c'était quand même bon à prendre.

     

    On pouvait craindre un « retour de bâton » concernant quelques autres affaires que l'UMP et le PS n'allaient pas manquer de s'envoyer à la figure par la suite, faisant le lit d'autres partis qui n'en profiteraient pas manquant de personnalités réellement possédant l'envergure nécessaire pour compenser les défaillances flagrantes de ces deux partis.

     

    Mélanie n'y voyait pas malice, pour elle Cahuzac était un homme intègre car ministre de gauche, et le fait qu'il avait participé de très près pendant de nombreuses années à l'industrie capillicole, où les « dessous de table » sont une habitude décidément, ne la gênait pas outre mesure.

     

    Et puis pour elle les manifestants du 24 Mars n'était qu'un ramassis de bourgeois réactionnaires et stupides dirigés par une clique de femmes, un comble, dont une figure excentrique, cette Frigide Barjot, une fêtarde en plus, ce qui la faisait fulminer au plus haut point sans trop savoir pourquoi au juste.

     

    Ne serait-ce que le pseudonyme évoquait trop de choses désagréables à Mélanie, cela éveillait en elle des échos pénibles.

     

    Mélanie n'était pas frigide ou psychorigide avec les hommes parce qu'elle avait un physique « difficile » et qu'elle avait connu peu d'amours légères ou profondes, ce n'était pas du tout ça, Mélanie ne voulait pas souscrire aux clichés « machos » sur les femmes, car elle était féministe :

     

    La féminité, la séduction relevant à ses yeux de ce genre de clichés selon elle « bourgeois ». Étrangement, la plupart des féministes, des femmes de progrès comme Mélanie ne possédaient généralement ni l'une ni l'autre.

     

    Bizarrement, là, dans ce cas précis Mélanie trouvait que les attaques au physique contre cette Frigide, ou contre Christine Boutin étaient au fond de bonne guerre, tous les moyens étant bons pour « écraser l'infâme ».

     

    Comme militante, Mélanie était un peu trop docile et ne se posait jamais de questions, elle pensait qu'une militante doit obéir aveuglément.

     

    Mélanie n'était pas la seule, elle croisait souvent dans la rue Élise de Cabernet-Montluc, qui bien que militante de droite lui ressemblait sur de nombreux points dont le moindre n'était pas ce côté relationnel difficile avec les hommes. Élise était fascinée par Nicolas Sarkozy et détestait François Hollande sans trop savoir pourquoi, c'était un peu la même histoire mais de l'autre côté...

     

    En bonnes militantes, les casseroles que traînaient leurs grands hommes, qui devenaient des batteries de cuisine, ne les dérangeaient pas, cela en plus leur permettait de les défendre et montrer ainsi leur amour du leader, et sublimer leur vie privée tellement creuse au fond.

    image prise ici

  • Mélanie Chassepot, le Pape et les catholiques

    Imprimer Pin it!

    Mélanie Chassepot ne s'appelle pas vraiment comme ça, c'est moi qui lui donne ce pseudonyme afin d'évoquer son cas, surtout ce qu'elle a à dire concernant l'élection du Pape François en particulier et de l'Église Catholique en général, qui est caractéristique.

     

    Christiannisme, société, politique, religions, laïcité, belles consciences, la nostalgie simone la nostalgieEt puis je connais bien Mélanie : elle lit mes articles taquins en douce, qu'elle désapprouve d'ailleurs silencieusement quand je la croise mais avec force, son regard pourrait tuer s'il était armé, et pourrait mal le prendre si jamais elle voyait son prénom. Pour elle je suis un bourgeois réac, mâtiné d'un râleur insupportable.

     

    Qu'elle se rassure, il n'y a pas qu'elle dans Mélanie Chassepot, mais l'essentiel.

     

    Mélanie a un travail en lien avec la communication, elle reçoit des tracts et prospectus, journaux, revues et magasines pour informer les personnes qu'elle reçoit chaque jour.

     

    C'est une conscience très haute Mélanie, elle est pour le progrès, la justice et la mémoire, elle trouve que les gens de droite ne sont pas tout à fait normaux et équilibrés, comme Patrick Cohen.

     

    Et bien pire sont à ses yeux les catholiques qui ont ces croyances absurdes quant à la morale individuelle, ce qui la choque le plus. Les gens de droite encore, elle les tolère, après tout qui sait si un jour ils ne reviendront pas dans le droit chemin à force de persuasion et de pédagogie.

     

    Mais les catholiques, elle ne supporte pas...

     

    Mais de quoi se mêlent-ils ces catholiques ?

     

    Tous réactionnaires, aux curés tous pédophiles, aux familles nombreuses toutes riches, toutes privilégiés et bénéficiant indûment de l'aide de l'état pour élever leurs gosses que personne ne leur a demandé de faire :

     

    Ils ne peuvent pas mettre un préservatif comme tout le monde et « gérer » leur désir d'enfant comme les autres (à savoir l'envisager comme un luxe qu'on se paye quand on a les moyens, un signe d'ostentation sociale, et non comme une personne) ?

     

    Ils ne peuvent pas être « citoyens », « équitables », comme tout le monde ?

     

    Là-dessus Mélanie pense comme Bruno Donnet face au représentant de « Familles de France » dans « le Grand Journal » de Canal +, cette émission de progrès et de culture dont elle ne rate pas un numéro, riant de bon cœur ensuite aux plaisanteries « citoyennes » et fines de Yann Barthès pendant « le Petit Journal ».

     

    Évidemment, on pourrait trouver paradoxal que Mélanie se soucie de l'opinion quant à ses coucheries de personnes qu'elles méprisent apparemment par ailleurs dans leurs croyances et convictions.

     

    Mélanie n'est pas très logique.

     

    Mélanie, bien qu'éprise de tolérance, et du souci d'écouter toutes les cultures, ce qu'elle revendique chaque jour, dés qu'elle reçoit quelque chose venant d'une institution, d'une ONG catholiques, même portés aux nues par les médias, le déchire rageusement et consciencieusement et le flanque à la poubelle.

     

    Ou bien, de rage, une sainte colère laïque et de progrès, elle décroche son téléphone pour enjoindre fermement les importuns qui l'informent de leurs actions de ne plus le faire.

     

    Mélanie par ailleurs ne voit aucun inconvénient à ce que d'autres croyants revendiquent des droits à pratiquer des interdits alimentaires d'une absurdité sans pareille ou des pratiques vestimentaires absurdes.

     

    Elles voient ces pratiques comme de l'exotisme à peu de frais de « bons sauvages » qu'elle a sous la main en bas de chez elle, ce qui lui fait des économies, elle n'a pas à dépenser pour faire du « tourisme citoyen ». Elle voit ça comme des enfantillages de personnes qu'elle ne considèrent pas tout à fait comme capables de civilisation finalement.

     

    Si une personne s'avise de lui rappeler ces faits de bon sens, Mélanie Chassepot s'emporte, elle « se sent blessée, meurtrie » et pour elle c'est un signe que l'Ordre noir n'est pas loin, c'est une « stigmatisation » absolument odieuse de populations « issues de la diversité » (TM°), voire du racisme, elle n'hésitera pas à le dire.

     

    Ce qu'omet de dire Mélanie, et qui est la cause réelle de sa haine des personnes de droite et des catholiques, c'est qu'elle provient surtout des complexes qu'elle ressent encore, mais qu'elle n'exprime jamais, Mélanie au fond est très jalouse également. Elle vient d'un milieu qu'elle dit « ouvrier » de petits employés, de bureaucrates de la classe moyenne, encore peu touchés par la Crise. Elle aurait bien aimé être cooptée par les « bourgeois » qu'elle croisait de temps, ne comprenant pas qu'ils étaient aussi faillibles qu'elle.

     

    Elle s'imaginait que ces « bourgeois » avaient une meilleure vie qu'elle et qu'eux, si ils s'avéraient plus cultivés, plus fins qu'elle sur certains points c'était surtout parce qu'ils étaient riches, oubliant ou feignant d'oublier que l'on peut être « fils d'ouvrier » et se cultiver...

     

    Un temps, elle a fait partie d'un groupe d'aumônerie où elle a cru sublimer ses frustrations quelques temps, ce en quoi elle n'était pas la seule, mais hélas, les jolies filles, des « bourgeoises » c'est sûr, faisaient chavirer le cœur des garçons qui lui plaisaient. N'ayant pas réussi à surmonter ces faiblesses, elle a donc mise ça sur le dos de toute l'Église Catholique et de tous les croyants, comme beaucoup.

     

    Car au fond, ce n'est que ça son anti-catholicisme...

    illustration prise ici (Mélanie est une vieille fille moins sympathique que le personnage de Girardot dans le film cité)

  • Fragments d'un journal en Palestine – 5

    Imprimer Pin it!

     « Dimanche des Rameaux » 2000 – l'apogée du voyage

    photos-israel-plage-tel-aviv-big.jpgQue l'on me pardonne ce petit retour en arrière, mais le Dimanche des Rameaux du Jubilé fût en quelque sorte l'apogée, l'acmé de mon séjour à Jérusalem, comme pour les autres volontaires, et aussi « le début de la fin », hélas.

     

    Ce séjour ne fût pas toujours idyllique ou « rose-bonbon ». Mes rapports avec les « pères blancs » n'étaient pas franchement au beau fixe, l'un d'eux me faisant remarquer que j'avais un problème avec l'autorité, ne me conformant pas aux mêmes habitudes que les autres personnes de la maisonnée, qui pour les « pères blancs », à l'exception de deux d'entre eux, avaient deux fois mon âge.

     

    Il y en avait parmi ces « pères » qui n'étaient jamais sorti ne serait-ce que faire un tour dans le quartier. J'étais la seule personne de la maison, à l'exception du père économe, de la basilique Sainte Anne, que les gosses, les marchands et même les petits voleurs connaissaient comme étant de « Salahiyeh », le nom ottoman de l'église « Sainte Anne ».

     

    Sans fausse modestie, ni vantardise excessive, concernant l'apostolat d'un chrétien voilà pourtant la chose la plus importante : ne serait-ce que dire simplement bonjour aux personnes à côté de qui l'on habite...

     

    Des « pères blancs », d'autres religieux, intellectuels de haute volée, se demandaient gravement s'il faut ou non aborder la question de la Trinité avec les musulmans, ou de la Transsubstantiation, délicates questions théologiques certes sur lesquelles les exégètes sont d'ailleurs loin d'être tous d'accord et qu'il faut bien se garder d'aborder dans la rue sous peine de passer pour « majnoun » (fou). La réflexion n'est pas inutile tant s'en faut mais ne vient qu'après la prise de contact...

     

    Ce que rappelait pourtant la vie quotidienne à Jérusalem, dans les rues de la « Vieille Ville », et dans la ville moderne, c'est que c'est d'abord l'humain qui compte, malgré la sottise parfois pesante et la violence qui en découle de temps à autre, prendre le temps de s'arrêter pour discuter, pour prendre un café, voire fumer le « nargileh ». Et en Palestine, comme en Israël, prendre son temps est un art de vivre, tout comme profiter de la douceur des paysages de Judée et de la vallée du Jourdain, ou du bruit de la mer à Tel Aviv.

     

    Les esprits ne sachant pas profiter de cette beauté, ne sachant pas la ressentir, ne comprennent pas grand-chose des émotions que l'on peut vivre dans le désert, ou à suivre le trajet d'un « oued » et déboucher sur une « oasis » au milieu de nulle part, une église perdue et son anachorète, parfois bien décevant, comme celui qui sortit son téléphone cellulaire « dernier cri » devant nous alors que nous le regardions passer émerveillés devant tant de sérénité apparente, le bougre se révélant ensuite également marchant de babioles touristiques.

     

    Après ce jour extraordinaire des « Rameaux », il nous a été encore plus difficile à tous d'envisager notre retour, qui s'annonçait maintenant très proche.

     

    Je l'appréhendais d'autant plus que je n'étais pas revenu en France pendant ces deux années qui passèrent extrêmement vite, d'autres qui avaient fait l'aller-retour au bout d'un an étaient moins anxieux, ayant vécu cette pause qui fût pour eux comme un « sas de décompression » avant le retour imminent.

     

    C'était surtout la peur de retrouver plusieurs routines. Routine il est vrai que l'on pouvait aussi subir en Terre Sainte, je songe à cette volontaire qui ne voulant pas rentrer en France avait pris un emploi dans un hôpital et un logement dans une cité HLM de la banlieue de Jérusalem, croyant continuer à pouvoir vivre chaque jour aussi intensément ce en quoi elle se trompait.

     

    Elle s'était fiancé avec un « prince charmant » lui semblant sortir tout droit des « Mille et Une Nuits » (les plaisirs de l'Orient...) et comprit bien vite qu'il serait d'abord un bon mari, pas très différent d'un mari comme les autres.

     

    Contrairement à un « chemin de croix » qui ne se ferait qu'entre occidentaux, en personnes pieuses et bonnes bien sûr, entre gens du même monde et de même obédience, le « Dimanche des Rameaux » est une fête chrétienne à laquelle, à Jérusalem, tout le monde participe dans une joie, une ferveur et une communion que l'on tenterait vainement de retrouver en Occident, y compris dans les rassemblements « pour jeunes » sur-affectifs mais creux.

     

    Quelle déception pour moi de retrouver en France des catholiques tellement froids, ayant tellement peur de manifester leur joie d'accueillir les autres !

     

    Le « dimanche des Rameaux », les chrétiens suivent le même chemin emprunté par le Christ quelques jours avant sa crucifixion, et sortant par la porte « Sainte Étienne » ou « Porte des Lions », marchent tout d'abord jusqu'en haut du Mont des Oliviers d'où ils redescendent lentement, en passant par le jardin de Gethsémani où la tradition locale prétend que les oliviers que l'on peut y voir datent du temps du Christ. Les chants des croyants se mêlent alors au « youyous » des femmes musulmanes qui viennent « en voisines » .

     

    Un temps, les inimitiés s'effacent et les antagonismes sont oubliés entre les communautés, y compris entre les différentes églises catholiques et orthodoxes, dont certaines se « combattent » à coup de clochers que l'on veut toujours plus bruyant que celui du voisin chaque jour, ou en tirant à « petits coups » sur les tapis parsemant le sol du Saint Sépulcre.

     

    Il ne viendrait cependant pas à l'idée, notons le en passant, aux chrétiens palestiniens qui fêtent « les Rameaux » ou au franciscains en tête de cortège de demander la protection de la police israélienne pour prier en toute quiétude.

     

    Juillet 2000 – Face à la Méditerranée

     

    Un ami qui était venu me voir à Noël 1999, me voyant à Césarée, qui était considéré à l'Antiquité comme « la porte de l'Occident », d'où partit Saint Paul, devant la Méditerranée me demanda à quoi je pensais. Maintenant, je peux lui répondre même si je n'en sentais pas la nécessité sur le moment car je pressentais qu'il connaissait la réponse à sa question :

     

    Je pensais aux amours perdues, aux mis laissés en France, à ceux qui avaient partagé, comme lui, cette expérience, à la vie que j'y retrouverai. Nous étions devant un « khan », caravansérail, antique et désert, éclatant de blancheur sous le soleil et rien ne comptait que l'instant, perdu dans un Sud qui n'était alors pas si utopique.

     

    En juillet, étant quelques uns à bientôt reprendre l'avion pour la France, nous allâmes passer quelques jours et aussi quelques soirées à Tel Aviv, il y aurait bien un taxi collectif pour nous ramener au petit matin.

     

    Car Tel Aviv, comme Jaffa, ne vivent pas exactement pendant la journée où il n'y a guère que les touristes pour sortir et aller sur la plage, quand la température est trop élevé pour s'agiter, ou les filles court vêtues ou très peu vêtues qui se font bronzer à côté de familles juives orthodoxes se baignant toutes habillées, deux mondes se croisant sans collision, mais en toute .

     

    C'est en soirée que ces villes deviennent intéressantes, et une bonne partie de la nuit. L'on croise des cracheurs de feu, des jongleurs, des émigrés récents ou anciens, de Russie et de partout, racontant leur « aliyah », dissertant à n'en plus finir et avec animation dans les cafés qui font face à la plage.

     

    Un jour, attendant dans une file devant un distributeur de billets, j'eus la surprise d'entendre le « haredim » en habit traditionnel jurer avec un accent typiquement parigot gouailleur, un conducteur de taxis, un vieux russe me raconta sa vie ans un « shetl » et pourquoi il était parti, bavardant dans un français parfait.

     

    Et pourtant Tel Aviv comme Jaffa laissaient une impression d'irréalité.

     

    Il manquait quelque chose pour que cela soit concret, ce « quelque chose » étant plus de solidarité peut-être avec ceux qui souffrent et qui n'étaient pas très loin. La guerre et la haine n'étaient pas niées mais simplement mises de côté un temps, il n'était pas rare de voir des « surfers » apparemment insouciants le « M16 » sur l'épaule, des soldats en permission de quelques heures mais toujours sur le « qui-vive ».

     

    Il eût fallu que cette douceur, ce front de mer incitant à la rêverie, soient accessibles à tout le monde sans distinction pour que l'euphorie soit vraie, et que l'ivresse soit parfaite.

     

    Curieusement, les français venus de Jérusalem se cantonnaient toujours à la plage de « l'ambassade », face au bâtiment et au drapeau français surmontant le tout, un rien écrasé par le « Hilton » juste derrière, tour de béton gigantesque. Les expatriés, qu'ils soient des volontaires, des coopérants ou du personnel consulaire ou diplomatique, ou travaillant pour des entreprises, restaient entre eux, adoptant une mentalité de « ghetto », encouragés en cela par des « évènements » consulaires organisés lors des fêtes françaises républicaines, à commencer par le 14 Juillet.

     

    Les 14 juillet du Consulat rappelaient l'ambiance décrite par Malcolm Lowry au début de « Au-dessous du volcan », ces occidentaux élégants, chics, perdus au milieu d'un paysage et d'une société qu'ils refusaient de voir, rejouant la même comédie sociale qu'ils eussent joué en métropole, une comédie des plus hypocrites. Il y avait deux « 14 juillet » pour les deux communautés françaises ou francophones irréconciliables ou prétendument, un du côté palestinien, un autre du côté occidental. Nous avions assisté chaque année aux deux, ne voyant pas en quoi nous aurions du nous priver de boire une deuxième fois l'excellent « Champagne » du consul, bien meilleur que l'israélien qui ressemble à du « prosciutto » italien un peu sucré, que nous achetions les jours de cafard avec du saucissons « kascherr », ça existe, fabriqué par les émigrés israéliens russes, et de la « baget »caoutchouteuse., que l'on pouvait acheter chez un marhand honni des intégristes de tout poil rue de Jaffa à Jérusalem...

     

    (bientôt la suite)

     image prise sur ce site

  • Fragments d'un journal en Palestine – 4

    Imprimer Pin it!

    Mars-Avril 2000 : Montée vers Pâques – visite d'un « frère d'armes »

    Israèl, Palestine, ChristiannismeEn Mars 2000, le pape Jean-Paul II est venu en Terre Sainte, ce qui fût un événement majeur pour les chrétiens, les juifs et les musulmans de Palestine et Israël. Il multiplia les gestes de paix et de rapprochement, visita « Yad Vashem », le jardin du mémorial de l'Holocauste, moment où l'on découvrit qu'il était un « juste » lui aussi, déposa une prière au « Mur », où il exprima aussi la repentance de l’Église, un geste extrêmement fort, quant à l'antisémitisme, et pria avec le grand mufti dans la mosquée « El Aqsa ».


    Après qu'il eût déposé une petite prière dans un des interstices du « Mur », des juifs ultra-orthodoxes vinrent pour la déchirer, et laver l'emplacement du « Kotel » où le papier avait été glissé à grandes eaux montrant qu'ils n'avaient rien compris à ce geste de rapprochement.


    Il venait pour le Jubilé de l’Église catholique. Son organisation sur place pour les jeunes fût confié à une jeune femme issue d'une « communauté nouvelle » qui multiplia les bévues.


    Elle commença lors d'une cérémonie à Bethléem par inviter d'abord les responsables de communautés occidentales, négligeant les chrétiens palestiniens qui furent « oubliés » surtout par ignorance de leur existence même, et disons le par bêtise bien que ne cessant de se réclamer de l'Esprit Saint et de son inspiration.


    En effet, bien souvent, quasiment tous les chrétiens, catholiques ou non, européens, méconnaissent gravement l'existence des chrétientés originelles du Proche Orient, qu'ils prennent pour des survivances folkloriques, ou des restes du travail d'éventuels missionnaires qui auraient évangélisé la Terre Sainte au cours des siècles alors que ce sont plutôt ces chrétiens orientaux qui ont de fait évangélisé l'Europe.


    Les pèlerins se méfient des chrétiens arabes qu'ils soupçonnent de pas être tout à fait sincères, ou qu'ils vont jusqu'à traiter de « collabos », avec les israéliens, ou avec les palestiniens du Hamas. Lorsqu'on évoque les souffrances et persécutions bien réelles vécues par ces chrétiens arabes, les uns vous répondent qu'ils ne peuvent entendre ce qu'ils estiment être un discours trop politique, les autres rétorquant que ce sont des « collabos » d'Israël.


    De plus lorsque nous pressions ces chrétiens de rester en Palestine, de ne pas fuir et laisser le champ libre aux intégristes, ceux-ci nous faisaient justement remarquer qu'ils n'était pas vraiment aidés pour rester par les chrétiens occidentaux qui se contentaient de vagues promesses, de gentilles prières, pour repartir ensuite chez eux la conscience tranquille.


    Je me souviens particulièrement de cette personne qui accompagna des gosses du Lycée Français à Jéricho, légèrement illuminée, légèrement mythomane également, entonnant malgré mon avertissement de ne pas le faire un psaume hébreu, là encore très beau pour un petit européen vivant confortablement mais qui avait une toute autre signification pour les adolescents arabes chrétiens présents avec nous, à savoir la guerre, la pauvreté, la faim, l'exil, les privations diverses de libertés...


    M'ayant consulté du regard et avec mon assentiment, les jeunes ne chantèrent pas le chant.


    Elle nous dit ensuite qu'ils auraient dû dépasser leurs souffrances et s'abandonner à l'Esprit du chant ce qui est une réflexion typique de personne qui n'a jamais souffert....


    Ce fût le Pape lui-même qui « rectifia le tir » lors de sa messe au Saint Sépulcre où il fit mettre les croyants arabophones au premier rang de l’assistance, ceux-ci obtenant au fond réparation de l'humiliation subie par ailleurs. Voilà où mène l'ignorance des chrétiens qui ne connaissent pas les bases de leur propre histoire, sinon à des manques de charité graves, envers des chrétiens palestiniens entre « le marteau et l'enclume » depuis des siècles.


    Lors de la messe à Bethléem, par un curieux échange par hauts parleurs interposés, ce fût également le Pape qui obtint que le muezzin pour une fois, dans un minaret juste au dessus de la place de la Nativité, se taise pendant son homélie, entamant avec lui un dialogue fructueux au-dessus des personnes assistant à la messe, ce qui nous permit d'échapper à l'ire des « services spéciaux » palestiniens l'un d'entre nous ayant imprudemment conseillé, en arabe, à l'un des « gros bras » de « fermer sa gueule » pendant la Consécration.


    Au début de la « Semaine Sainte » peu après je reçus la visite d'un ami, connu pendant le mariage d'un camarade d'université, excellent ami également, qui était pour moi, qui est encore, même si la vie nous a séparés, un « frère d'armes », à savoir de ce genre d'amis dont on sait dés qu'on les rencontre que l'on sera forcément ami, avec qui je partageais le goût de la littérature qui est une des passions de ceux qui ont été des enfants pas très doués pour la vie « comme tout le monde », et ce dés qu'ils ont su articuler leurs pensées, et ce certainement du fait d'une sensibilité aux autres et à la beauté des choses un peu plus grande que le commun des mortels.


    Je savais, ce qui fût le cas, qu'il comprendrait tout de suite, ainsi que son épouse, ce que l'on pouvait ressentir au Carmel du Pater, ou n'importe où sur « le Mont des Oliviers », la nostalgie des plaintes lancinantes des muezzins parfois mêlées aux clochers, la sensualité paradoxale des paysages de Terre Sainte, paradoxale du fait de la sottise et la violence partout présentes qui empêchaient beaucoup de personnes de simplement prendre le temps de contempler la beauté du Monde, ce qui aurait peut-être apaisé leur haine mais encore eût-il fallu qu'ils le veuillent.


    Il comprit immédiatement que si le Saint Sépulcre ressemble effectivement à une « Cour des Miracles » de la Foi chrétienne, nous faisons tous partie de celle-ci, tous ayant des faiblesses, des petitesses, de bassesses qu'il est plus facile de voir chez l'autre que chez soi.


    Cet ami, agnostique, aimant jouir des bonnes choses, a fait preuve de cette sensibilité dont n'étaient pas capables des personnes censées en être plus rapidement capables, ce qui montre que l'Esprit souffle où il veut, et quand il veut, et pas forcément là où on l'attend.


    Nous vécûmes ainsi que sa femme le chemin de Croix du Jubilé, organisée par la jeune femme dont il était question ci-dessus, qui ignorant visiblement que ce chemin de Croix était également un moment important pour les musulmans avec qui les chrétiens palestiniens partagent la lumière reçue lors du « Samedi de la Résurrection », allumée au Cierge Pascal du Saint Sépulcre.


    Elle demanda pourtant « l'aide » de la police israélienne afin de « libérer » le passage du « Chemin de Croix », ceux-ci en profitant pour saccager le marché de la porte de Damas qui n'était pas le moins du monde sur le chemin de la montée au Calvaire.


    La Croix que nous portions à tour de rôle avait été façonnée par le Frère Béat, un vieux « père blanc », présent sur place depuis quarante ans, décédé il y a peu, simple et aimant, ouvert au monde qui l'entourait, et non le reniant comme beaucoup de personnalités plus intellectuelles, plus savantes mais incapables d'altérité.


    Pour Béat, cela allait de soi. Depuis que je suis sorti de mon enfer personnel, quand le découragement ou l'acédie me tentent, je pense à Béat et le reste est facile...

    Israèl, Palestine, Christiannisme


    Entendant les intentions de prières durant ce chemin de croix, parlant toutes de charité pourtant, parlant toutes de l'autre, cela me mit en colère et prenant le micro à mon tour je rappelai incidemment que la charité cela aurait été de respecter le marché bédouin, et de ne pas laisser parquer les palestiniens du quartier derrière des barrières de police et les M16 des « services spéciaux » de « Tsahal » à bérets rouges.


    L'organisatrice ne voyait pas le problème, l'une de ses acolytes me souffla même que dans le métro les policiers dégageaient les « SDF qui sentaient tellement mauvais », et qu'ils avaient raison, et que là la police israélienne avait également raison de le faire avec les vieilles bédouines et leurs produits « qui ne sentaient pas très bon il faut avouer ».


    Réflexions qui me laissèrent sans voix mais qui me confirma que beaucoup de chrétiens « laveurs de vitres », sourire jusqu'aux oreilles, ont souvent la joie superficielle et la grâce peu efficace.


    Ce fût lui, ce « frère d'armes » qui me suggéra d'écrire un journal en Palestine, journal que je n'étais pas capable d'écrire alors, et que je n'ai pas pu écrire réellement pendant dix ans, étant pris dans une « descente aux enfers » personnelle et une spirale de « passions tristes » m'ayant amené au bord de l'abîme en toute connaissance de cause et ce malgré ces moments vécus en Terre Sainte, que j'évoque depuis quelques lignes déjà.


    Comme tout le monde, il m'a fallu être sur le point de sombrer complètement pour découvrir combien la vie est un cadeau, malgré tout, malgré les « bagages de souffrance » que l'on traîne derrière soi.


    De vivre ensemble tous ces moments renforça notre amitié qui devint à ce moment précis véritablement profonde. Cela me manqua profondément de ne pouvoir le vivre avec tous ceux que j'aimais qui pour beaucoup ne purent comprendre une fois que je rentrais en France les changements réalisés en moi.


    De France, je recevais régulièrement des colis de charcuterie, de fromages, de bons vins, et d'alcools, instaurant avec d'autres la « coutume » excellente de les partager tous ensemble avec qui voulait bien.


    Les bonnes choses, une bonne table, de bons vins, sont un moyen bien plus sûr pour lutter contre la bêtise et la violence que les meilleures intentions, les prières les plus mystiques surtout si elles ne sont suivies d'aucun acte ou geste minimal.


    Les intégristes, les spiritualistes fous, le savent bien, ils ont horreur de la convivialité, horreur des bonnes tablées, qu'ils assimilent à des « beuveries », ne comprenant pas que parfois l'ivrogne est plus proche de l'amour divin que le « bon croyant »...


    En Terre dite Sainte, ces fous refusaient d'apprécier l'accueil totalement gratuit des palestiniens mais aussi des israéliens, à Tel Aviv en particulier mais aussi de la part d'artistes juifs rencontrés à Jérusalem, tous n'étant pas des nationalistes radicaux, des bellicistes ainsi que les « antisionistes » du net semblent souvent le croire...


    (Bientôt la suite)

    image du haut de la "Via Dolorosa" prise sur le site Viator.com

    image du bas un jour de Chemin de croix prise sur katapi

  • Ce que Baudelaire dirait d'Internet

    Imprimer Pin it!

    Merci  J.M Watremez pour m'avoir rappelé ce texte...

     commencer-lire-charles-baudelaire-L-1.jpeg"Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n’importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au progrès et à la civilisation.


    Tout journal, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un tissu d’horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d’atrocité universelle.


    Et c’est de ce dégoûtant apéritif que l’homme civilisé accompagne son repas de chaque matin.


    Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l’homme. Je ne comprends pas qu’une main puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût."

    Baudelaire dans "Mon coeur mis à nu"

  • Fragments d'un journal en Palestine – 3

    Imprimer Pin it!

    Novembre 1999 : La colère de monsieur Antoine

    Israèl, palestine, société, religions, paix, notalgieMonsieur Antoine était un vieux monsieur qui travaillait à la basilique de Sainte Anne des « Pères blancs » où je logeais et travaillais.


    J'allais souvent le voir et discuter dans son petit bureau à l'ombre, quand le soleil était trop haut parfois l'après-midi. La basilique est un des nombreux domaines français de Jérusalem, une autre des « bizarreries » de la ville. Au XIXème siècle, un proche de Napoléon III, un marquis racheta plusieurs endroits réputés saints de la cité, dont « The Tomb Garden » et « Sainte Anne », qui fût laissée ensuite aux missionnaires d'Afrique, à l'initiative du cardinal Lavigerie.

     

    Monsieur Antoine était un chrétien libanais, plein de cette courtoisie orientale à la fois un peu désuète et aussi sucrée qu'une pâtisserie locale, toujours tiré à quatre épingles, quelle que soit la température. Il parlait un français très châtié, était toujours poli, tout en rondeurs et componction, semblant vivre de manière parfaitement harmonieuse avec les musulmans comme les autres chrétiens palestiniens rencontrés.

     

    Un jour, pris dans des rêves utopiques, tout à mon euphorie de vivre à Jérusalem, je lui fis part de mon sentiment que finalement entre les communautés religieuses, tout n'allait pas si mal et qu'il manquait peu de choses pour que tout soit parfait. Je n'avais jamais vu ce monsieur en colère.

     

    Ma réflexion de petit occidental, de « monsieur le professeur », comme il me surnomma ironiquement, tout à son romantisme hors de propos et « rose bonbon » le mit en fureur littéralement. Et encore maintenant je le comprends...

     

    Même furieux, bien sûr, il ne perdit pas pied, il me demanda comment je pouvais dire ça alors que dans son quartier aux allures de « ghetto » pour les chrétiens palestiniens, il devait subir chaque jour avec les siens les exhortations à la prière et à la conversion de ces quelques infidèles restants de cinq minarets construits spécialement pour eux, les muezzins poussant le vice à hausser le plus fort possible le volume des « amplis » utilisés, et cela contre l'avis du Coran qui interdit toute amplification du son, les appels à la prière devant être faits seulement à la voix.

     

    Il me rappela également qu'il fallait bien vivre avec les autres, ces autres fussent-ils des musulmans qui les haïssaient, ou les méprisaient, et qu'ils ne pouvaient se faire la guerre continuellement, que les chrétiens orientaux avaient des familles, des métiers, des enfants, des parents âgés.

     

    Il me raconta l'accumulation de vexations petites et grandes auxquelles un chrétien devait faire face de l'enfance à la vieillesse, étant certes protégé en Syrie ou au Liban, en Jordanie ou en Égypte, par les anciens régimes, mais toujours citoyen de « seconde zone », statut qui lui était toujours rappelé avec plus ou moins de bienveillance.

     

    Il me parla de ce directeur d'hôpital, chrétien palestinien, molesté durement, ainsi que sa femme, pour avoir refusé un pot de vin d'un notable du Hamas qui voulait pour lui des soins luxueux à bas prix, de ces filles chrétiennes obligées de porter le voile à Gaza ou en Cisjordanie car considérées du fait de leur foi, et parfois de leur ouverture plus grande au monde, comme des « filles faciles », certaines étant violées en toute impunité par des représentants de tel ou tel groupuscule violent.

     

    Il m'expliqua aussi que ce n'était pas forcément l'apanage des musulmans de se conduire en s'imposant par la violence et la force, que c'était dans la nature humaine de mal se conduire avec les plus faibles, ou les minorités, par sottise également.

     

    Il n'en voulait pas aux musulmans de leur foi, mais de se conduire en rupture totale avec les principes de leur livre saint, tout comme il était choqué de ces couvents immenses et vides que l'on trouvait tout au long de la « Via Dolorosa », alors que des familles entières s'entassaient sur trois générations dans des taudis infâmes juste à côté.

     

    Certains des religieux de ces couvents n'étaient jamais sortis du cloître en quarante ans de vie à Jérusalem, certains de par les règles de leur congrégation certes, d'autres par paresse intellectuelle.

     

    J'avais constaté la même chose que lui, à l'exception des « petites sœurs et des petits frères de Charles de Foucauld », à la « station » du « chemin de croix » dite de Sainte Véronique, qui vivaient aussi pauvrement que les palestiniens, qui avaient appris l'arabe, l'un d'eux ayant même écrit un dictionnaire « français-palestinien » que nous utilisions tous abondamment.

     

    Très vite, j'avais préféré largement assister à la messe du dimanche dans la paroisse grecque-catholique palestinienne, et non à celle des « expatriés » français, se retrouvant tous dans un microcosme confortable, célébration souvent d'une tristesse infinie et sans aucun élan.


    Décembre 1999 : les chrétiens aveugles volontaires

    Noël 1999, nous le passons avec des membres d'une communauté catholique dite « nouvelle », sur le toit de leur petite maison proche du Carmel du « Notre Père », alors qu'il vient de neiger à Jérusalem, ce qui arrive paraît-il tous les deux ans.

     

    Parmi ces communautés nouvelles présentes à Jérusalem, il y a des personnes capables d'aller vers l'autre, de faire des efforts pour s'intégrer au quartier où elles vivent, mais hélas trop rarement et une majorité incapables de s'ouvrir à autre chose qu'à leur point de vue fantasmé de la Terre Sainte qui ne correspondait à rien de concret, voire de réel. Cette terre était uniquement perçue comme un terrain de jeux évangélique en somme.

     

    Israèl, palestine, société, religions, paix, notalgieAinsi, les « Béatitudes » qui vivaient à Bethléem non loin de la « Tombe de Rachel ». L'emplacement de cette tombe était largement sujet à caution, et tout le monde, excepté cette communauté, le savait très bien, y compris les israéliens eux-mêmes, que c'était surtout un prétexte afin d'empiéter sur le territoire palestinien.

     

    En prenant ce lieu pour ce qu'il n'était pas, sans questionnement ni recul, les « Béatitudes » cautionnaient donc la politique de colonisation. Selon les opinions maintes fois exprimées par les chrétiens en relevant, les palestiniens étaient en « Terre Sainte » des intrus, certains allant jusqu'à suivre par inconscience la propagande des sionistes les plus radicaux, ceux du « Shas » en particulier, qui prétendaient que les arabes de Cisjordanie avaient émigré en Judée et Galilée après 1948 jaloux et envieux de la réussite économique des israéliens.


    J'aurais pu aussi évoquer ces personnes du chemin néo-cathéchuménal descendant les rues de la ville palestinienne, protégés par les policiers israéliens, chantant en toute inconscience, ignorance et mépris involontaire des palestiniens y demeurant des chants hébreux à la connotation très marquée pour eux, leur rappelant leurs souffrances. Alors que je leur faisais part de la nécessité de faire preuve de prudence, afin de ne pas choquer les palestiniens, de ne pas blesser, tous me répondirent qu'ils se situaient sur un plan spirituel, plus élevé, ce qui leur donnait le droit de chanter ce qu'ils voulaient.


    Beaucoup parmi les communautés charismatiques étaient prêts à suivre et donner du crédit à des discours délirants sur la ville sainte, le moindre prophète de pacotille prétendant avoir des visions entre autres...

     

    Israèl, palestine, société, religions, paix, notalgieD'autres encore dans ces jeunes communautés suivaient le point de vue des « sœursde Sion », du couvent de « l'Ecce Homo », pour qui le seul peuple légitime à Jérusalem était Israël, accordant une importance extrême à l'infime minorité judéo-chrétienne de Terre dite Sainte dont une communauté était encore un peu vivace à Nazareth.

     

    Les religieuses organisaient des visites de la « Vieille Ville » dirigées uniquement selon leurs idées, niant le réel des situations dramatiques qu'elles avaient juste sous les yeux. Elles allaient régulièrement à Hébron avec leurs étudiants, ne voulant pas voir la réalité des quelques dizaines de colons, protégés par des centaines de soldats, opprimant de fait les palestiniens autour, qui ne pouvaient même pas circuler dans leur ville librement, le tout au nom d'un lieu saint dont la véracité historique était largement remise en question.

     

    Je me rappelle par exemple de ce vieux monsieur, Abu Lutfi, habitant du quartier, obligé de se mettre à genoux sous la menace d'un M16, devant « l'Ecce Homo », sous les fenêtres des sœurs de Sion, car ayant répondu un peu trop vivement à leur goût aux deux militaires, deux gosses encore, patrouillant dans les rues.

     

    Abu Lutfi ne faisait pas de politique avant, et même après il pardonna aux deux gamins.


    Par contre, quand il arriva le même genre de mésaventures à Ibrahim, le jardinier de Sainte Anne, l'armée rasant ses oliviers et ses vignes, ce ne put être le cas, le tendre, le doux jardinier, tout à sa colère que l'on peut comprendre devenant un pilier du Hamas, et me répétant souvent "Hitler was right"....

     

    Les membres de la Communauté de l'Emmanuel vivaient en partie au « Carmel du Pater » sur le Mont des Oliviers, d'autres logeant à Tel Aviv. Au début de leur installation, ces personnes faisaient leurs courses au supermarché israélien, au lieu des magasins palestiniens, et n'avaient pas ressenti le besoin au départ d'apprendre ne serait-ce que quelques mots d'arabe, ce qu'elles ont fait par la suite, effectuant ces efforts qui vont de soi en fait. De plus, elles eurent le souci par la suite de vérifier l'historicité des lieux présentés comme « saints », encouragées par les « Pères blancs » en particulier.

     

    Israèl, palestine, société, religions, paix, notalgieLe temps passant, nous envisageons tous avec une extrême apréhension ce qui se profile à l'horizon, à savoir notre retour en France. Nous n'avons pas trouvé de Terre vraiment sainte à Jérusalem, qui est marquée par la violence et la sottise surtout, superficiellement, pour nous Jérusalem, encore maintenant, ce sont des visages, des personnes, des amis, proches de nous, et ce des deux côtés. Nous sentons l'orage gronder de nouveau, la bêtise extrêmiste se faufiler très vite dans tous les instertices laissées par le manque de vigilance, les petits compromis.

     

    Nous sommes allées à « Neve Shalom », expérience à l'origine de laquelle on trouve un dominicain, qui nous paraît comme une expérience intéressante, à étendre à toute cette région, mais encore faut-il que ceux qui dirigent d'un côté ou de l'autre veuillent réellement la paix et l'équité, et que les occidentaux représentants de telle ou telle confession veuillent vraiment y aider, ce qui pour l'instant encore n'est pas le cas. Si tout n'est pas parfait à « Neve Shalom », c'est au moins un début...

    Nous constatons également qu'à Haïfa et Tel Aviv, villes laïques et plus libres dés l'origine, la violence est bien moindre et la bêtise n'y trouve que très peu de prises, les populations les plus diverses s'y côtoyant beaucoup plus librement. Ce n'est pas pour rien que ces villes sont souvent la cibles des attentats islamistes et des foudres des sionistes radicaux...

     

    (bientôt la suite)

    photo de l'église de Ramallah (paroisse grecque catholique) prise ici

    photo du Carmel du Pater prise ici

    photo du couvent de "l'Ecce homo" prise ici

    photo des enfants de "Neve Shalom" prise ici

  • Ode à Patrick Cohen

    Imprimer Pin it!

    télévision, politique, société

    La liste "noire" de Patrick Cohen dont il a lui-même admis l'existence....

    Je regarde de temps en temps « C a Vous » présentée par Alessandra Sublet, quand je suis d'humeur intellectuellement paresseuse, animatrice à laquelle il sera cependant beaucoup pardonné par l'auteur de ces quelques lignes car elle a des jambes superbes, émission dans laquelle intervient Patrick Cohen, qui « éditorialise » aussi à France Inter, et qui tient dans le show d'« infotainement » de France5 l'emploi du personnage censé donner une touche de sérieux au magazine, caricatureraient sans doute aucune les « cerveaux malades » voyant le mal partout comme d'habitude.

     

    Cette émission est une chouette bande de copains, on se taquine, on rigole entre soi, on s'amuse beaucoup entre soir, ça plaît certainement aux téléspectateurs ravis que les chroniqueurs de cette émission l'autorisent à participer à leurs échanges élevés et pleins d'esprit et de finesse, et aussi à leur réflexion toujours « citoyenne ».

     

    J'ai vu la polémique agitée (voir vidéo ci-dessous) au cours de laquelle Patrick a rappelé non sans raison à Frédéric Taddéi, sur la mauvaise pente, à entendre Patrick, que le pluralisme et l'accueil de tout le monde, l'expression de toutes les opinions au cours d'une émission de télévision, c'est bien beau mais que certaines opinions qui contredisent la bonne parole des belles consciences, ne peuvent que sortir de « cerveaux malades », encore eux, je cite « in extenso ».

     

    Enfin, cela c'est ce que j'écrirais éventuellement si j'étais un mauvais esprit victime de son éducation catholique, de ses opinions réactionnaires et de ses mauvaises lectures, des piques qui écorcheraient l'œil des lecteurs de ce blog du moins ceux ayant une « belle conscience » (TM°) et des opinions « de progrès ».

     

    Voix grave, mine attentive et concentrée, main pensivement posée sur le menton (très importante la main sur le menton), Patrick Cohen montre qu'il sait de quoi il parle et il sait de quoi il parle, non ?

     

    Il a donc l'attitude de celui qui sait et qui est objectif, qui peut se permettre de reprendre ces interlocuteurs parfois même vivement, invitant souvent des personnes aussi objectives que Caroline Fourest et d'autres pour traiter des sujets d'actualité brûlants, et jamais, jamais, au grand jamais, des « bons clients » qui permettront à Patrick de se mettre en valeur.

     

    C'est logique.

     

    Ah, l'objectivité ! Il en est que celle-ci est invoquée dés qu'il s'agit de contredire une personne qui pense, contrairement à la plupart de ses contemporains, contre le vent, contre le courant. Pour beaucoup donc l'objectivité c'est l'opinion majoritaire et non un raisonnement sain et mesuré, qui a pesé le pour et le contre de chaque problématique analysée sous le bon angle :

     

    « Thése, antithèse, foutaises », ainsi qu'on conseille de le faire pour monter une argumentation aux étudiants et aux pupilles de la nation méritantes.

     

    Air fermé quand il aborde les questions touchant aux intégrismes, surtout catholiques, mais aussi musulmans, ou aux adversaires du « mariage gay », l'œil rieur et plein de dérision subtile quand il s'agit d'évoquer l'âge canonique de certains cardinaux. Le regard qui « frise » quand il parle à des jolies femmes présentes sur le plateau, Patrick Cohen est un professionnel comme on n'en fait plus, un peu à la manière de Jean-Luc Hess, même voix grave, mêmes attitudes « concernées », qui avait plus ou moins les mêmes particularités avant d'être appelé à un destin radiophonique exceptionnel, que l'on connait.

     

    Certains qui exagèrent toujours verront en lui en arbitre des élégances morales, politiques et médiatiques, distribuant les bons points en ignorant tous ceux qui ne pensent dans le même sens que les autres éditorialistes de France Inter, qui sont tous « citoyens » :

     

    A « France Inter » (TM°), l'humour est « citoyen », la météo est « citoyenne », le tiercé aussi, sans parler même des commodités dans la Maison de la Radion à n'en pas douter sont également « citoyennes ». Fort logiquement, on peut donc en conclure que des opinions exprimées qui ne sont pas dans le même ton, la même logique, ne sont pas « citoyennes ».

     

    Patrick a des « fans », j'en suis sûr, comme toute célébrité médiatique. Les « fans » sont une espèce vigilante et soucieuse de leur grand homme ou grande femme, lui transmettant au besoin l'adresse des mauvais esprits moqueurs qui oseraient s'en moquer, je m'en suis souvent aperçu, voulant partager au plus près l'intelligence et l'objectivité professionnelle de ce grand journaliste. Je m'en suis aperçu avec quelques autres de mes odes...

     

    Je suis sûr que Patrick comprendra que je ne suis pas de ces esprits taquins....

     

    "Pour moi, il n’y a pas de liste noire [...]. Je m’interdis d’être le procureur ou le défenseur des uns et des autres, et surtout de censurer qui que ce soit à partir du moment où il respecte la loi [...]. “Ce soir ou jamais !” est l’émission la plus transgressive du PAF – Frédéric Taddeï

    - On peut penser ce qu’on veut ? (Taddéi) – Non ! (Cohen)"

     

     

     Ci-dessous le "clash" avec Taddéi

    image prise ici

  • Clichés, lieux communs et trucs en "phobes" déjà autour du nouveau Pape

    Imprimer Pin it!

    politique, société, Christianisme, médias, cirque, clichés, lieux communs

    Dédié à mon ami François qui porte le même prénom que le nouveau Pape (qui est cependant moins poilu)

    Avant de lire ce texte, faisons cette précision pour les esprits purs et les cathophobes qui me lisent, ce n'est pas la critique du nouveau Pape, qui a pris le nom de François Ier, que je fais, ou de son élection, mais de tout le cirque médiatique grotesque qu'il y a autour et des clichés pénibles évoqués autour de sa personne.

     

    Premier cliché, ce serait enfin un « pape des pauvres », comme si Benoît XVI, qui a eu l'humilité de céder la place, ce qui est pourtant un symbole très fort de compréhension de ce qu'est la pauvreté au sens chrétien, ou Jean-Paul II étaient les « papes des riches », comme si ces deux papes n'avaient pas vécu chichement également sans pour autant communiquer forcément là-dessus.

     

    Certes, on me fera remarquer qu'il vaut mieux encore ce cliché qu'évoquer les quelques « phobies » dont la « bonne presse » ne manquera pas d'accuser le nouveau Pape, ce qui a de toutes façons déjà commencé.

     

    Bien entendu le nouveau Pape est déjà « phobe » d'un ou deux trucs, il ne faut surtout pas perdre les bonnes habitudes, on y reviendra...

     

    France Inter 7h50, quelques considérations représentatives de ce besoin d'immédiateté de l'actualité et du point de vue très superficiel privilégié dans les médias sur des faits qui ne veulent en soi dire que peu de choses, même si on ne va pas se plaindre que cette superficialité soit plutôt sympathique envers le nouveau souverain pontife.

     

    « François 1er n'a pas de portable (...) n'a pas voulu voyager en classe affaire et a préféré voyager en tourisme, ses amis lui ont acheté une paire de chaussures car les siennes étaient trop usées. »

     

    Voilà en effet des informations indispensables à connaître pour comprendre la pensée de ce Pape et les origines de sa spiritualité. On aurait pu espérer vu le fait qu'il est jésuite, soucieux des pauvres, et sud-américain une évocation des « réductions guaranies », utopies sociales et chrétiennes concrètes qui pourraient servir d'inspiration à notre temps, mais non, cela fait mal à la tête de réfléchir un peu, et surtout de rappeler deux ou trois points d'histoire.

     

    Il y a eu aussi hier sur BFMTV cette interview d'une jeune catho « chacha » « nettoyeuse de vitres » (penser au geste pour comprendre l'image), mitraillant le balcon où est apparu le nouveau Pape de son «ailfône » avant, pendant, et après sa première apparition dans la soutane blanche, à Rome, ne voyant pas le paradoxe qu'il y a à évoquer la pauvreté du nouveau Pape tout en bénéficiant d'un séjour à Rome ce qui coûte à peu près un RMI :

     

    « Ouais t'vois, le nouveau Pape c'est chouette c'est le pape des pauvres, t'vois, c'chouette, et pis il est d'Amérique du Sud t'vois, c'est cool aussi et pis parait qu'il est simple lui et qu'on va comprendre qu'est-ce qui dit. Les gens y vont l'aimer pass que c'est le « pape des pauvres ».

     

    Je retranscris les idiomatiques de la jeune personne littéralement...

     

    Ce qu'elle semble donc apprécier c'est donc surtout que l'image du nouveau Pape est plus flatteuse que celle de l'ancien, Benoît XVI, qui était resté un théologien et un intellectuel, l'image que renvoie un « intello » est hautement mauvaise à notre époque de « conspiration contre toute forme de vie spirituelle » (je cite encore une fois Bernanos), et dont les médias et certains catholiques avec se faisaient une perception austère, moralisatrice, traditionaliste et conservatrice, l'exigence spirituelle qu'il demandait étant considérée comme insupportable.

     

    Et donc par ricochets, ce qui plaisait à cette jeune « catho » est que cela donnerait de sa foi une image plus flatteuse, image visiblement plus importante que le contenu de sa foi elle-même. A son âge, on peut la comprendre, quand plus tard ce sont des adultes qui évoquent également les mêmes clichés et lieux communs cela devient franchement problématique.

     

    Ce pape est sud-américain, ce qui a donc poussé quelques chrétiens « de progrès » à croire aussitôt qu'il serait forcément un pape plus « en phase » ainsi que notre société festiviste et ces catholiques progressistes l'attendent : en gros qu'il s'aligne quant aux questions sociétales sur leurs positions (si j'ose m'exprimer ainsi, uh, uh, uh) levant les interdits de l'Église sur les questions morales.

     

    On s'étonne d'ailleurs que des hommes et des femmes soucieux de modernité, ne croyant pas en Dieu, prétendant s'en foutre complètement par ailleurs, s'intéressent autant au chef d'une institution pour le moins moribonde en Europe, de par les catholiques eux-mêmes qui ne se sont pas assez souciés, ne se soucient pas assez d'altérité et de charité, qui commencent par le voisin de chaise à l'église, et dans sa famille, dans nos pays.

     

    D'autres voient dans l'expression de ces clichés que François Ier va enfin réformer l'Église selon leurs vœux, car sud-américain et « pape des pauvres » selon le cliché misérabiliste qui va lui coller à la peau. Quant à leurs aspirations sociétales, je pense qu'ils en seront encore pour leurs frais, le nouveau Pape ayant été tout aussi clair là-dessus. Il a été présenté par certains commentateurs comme moitié "tradi", moitié "progressiste", le Jean-Louis Borloo des papes en somme, d'autres ont cru bon de suggérer sa complicité avec la dictature argentine...


    Tout change et rien ne change.

    image empruntée ici

  • Compatissants comme la lune

    Imprimer Pin it!

    Amauryd'Anjou.jpgEncore une personne qui m'a fait le coup dernièrement :


    "Oui Amaury, je sens chez toi comme une souffrance, un mal être, tu n'es pas positif, tu n'aimes personne ou quoi ? Tu es trop sévère avec les autres".


    Le tout assorti d'un regard dégoulinant de compassion surjouée...


    Je sais gré de sa compassion à cette personne dont j'ai pu comprendre un peu plus tard la raison, quand elle a enfin avoué ce qui la motivait vraiment quant à celle-ci. A savoir pas du tout une raison liée à un quelconque sentiment d'altérité. Mais c'est une autre histoire.


    Elle ne pouvait savoir, elle ne l'aurait pas voulu, ce qui a amené cette causticité, et ce sens de la dérision marquée chez moin j'en ai bien conscience. Je l'ai compris il y a peu, une raison toute bête liée aux préjugés sociaux, aux complexes transmis par les parents parfois. Mon prénom est "Amaury".


    C'est tout.


    "Amaury ça fait bourge, tes parents ils t'ont appellé comme ça pour faire riche" ais-je souvent entendu de la bouche d'individus qui osaient au moins dire ce qui démangeait quasiment tous les autres.


    D'ailleurs la bonne âme compatissante du début a cru bon de me le rappeler :


    'Tu es comme tout le monde, tu n'es pas mieux que les autres" assimilant mon sens de la dérision à de la vanité alors que celui-ci me donne aussi conscience de ma propre médiocrité.


    Sur Agoravox que je viens de quitter du fait d'un flot d'injures ininterrompu de petits commissaires politiques courageusement anonymes, c'était aussi un des reproches, mon prénom, censé me procurer une prétention aux yeux des imbéciles, car original, appuyant là où  ça fait mal, sur leurs complexes et frustrations, qui sont aussi les moteurs principaux des ambitions souvent déçues des minables.


    J'aime ce prénom, j'apprécie qu'il fasse fulminer les crétins. Je le porte grâce à mes grands parents maternels après qu'ils l'aient vu et apprécié sur une plaque rappelant les noms des rois latins de Jérusalem, Amaury étant l'avant-dernier...


    Ainsi allant moi-même vivre là-bas, j'avais bouclé la boucle...


    Illustration : miniature représentant Amaury d'Anjou roi de Jérusalem prise ici

  • La neige révélatrice des médiocrités de l'époque

    Imprimer Pin it!

    politique, société, neige, hypocrisie

    "By jove" dit Mortimer à Blake, ce mauvais temps c'est encore un sale coup d'Olrik comme dans l'affaire "Sos Météores"...


    La neige tombe en mars, ce n'était pas arrivé depuis les années 80. c'est exceptionnel certes mais ce que cela provoque chez nos contemporains montre s'il n'en était besoin la médiocrité de notre société à la fois matérialiste et vide de sens, les individus la composant étant surtout préoccupés de la possession ou non de certains objets.


    La neige révèle les contours des villes, leur donne une poésie que parfois elles n'ont pas, même dans leur laideur, la neige est pour les romantiques, les rêveurs, elle atténue les bruits des machines, elle incline au silence réparateur, à la rêverie, à la méditation.


    Et la neige révèle aussi toutes les faiblesses d'une époque, et des pitoyables primates que nous sommes.


    Il suffit d'une journée de neige pour montrer la désorganisation de l'état et des communautés locales, de l'absence de lien réel entre les citoyens, de leur infantilisation bien nette, de leur incapacité à prévoir, ou à accepter simplement des faits naturels, à tenter de trouver vaille que vaille un bouc-émissaire à une situation tenant de l'impondérable contre lequel on peut peu de choses.


    Ici, c'est la faute au gouvernement, là c'est la faute aux élus locaux etc...


    On ne peut qu'être écœuré un peu plus, c'est mon cas, par le fait qu'il faille ces circonstances exceptionnelles, ces « épisodes neigeux », (car oui on fait aussi du « storytelling » avec la météo), pour que les personnes réalisent enfin que le monde n'est pas une superposition d'individus et d’ego, une addition d'égoïsmes, mais que nous vivons ensemble, que ce que nous faisons compte pour les autres, que sans ce sens de l'autre, nous ne valons pas grand chose.


    Je ne me fais guère d'illusions, une fois la situation revenue à la normale, tout le monde reviendra, hélas, à ses petites habitudes et son confort intellectuel. Dés le « redoux » simplement embryonnaire, l'imbécile consumériste ressortira aussitôt sa voiture pour aller errer entre les rayons d'un supermarché ou un autre, et rêver aux achats qu'il peut encore faire à crédit.


    D'aucuns s'extasient avec forces démonstrations de sur-affectivité pénible sur les actes de solidarité effectuées qui par des automobilistes, qui par des habitants de petites villes, afin d'accueillir des sans-abris d'un jour ou d'une nuit, des automobilistes bloqués toute une nuit, des voyageurs dans un train etc...


    D'autres encore s'étonnent et se passionnent pour ces personnes qui se mettent à parler au voisin, qui communiquent. Et enfin, dans le même temps, tous feignent de s'apercevoir qu'il y a des mal logés, et des SDF dans les rues, au printemps, en été, en automne, et pas seulement au cœur de l'hiver avant et après les fêtes.


    Ces chutes de neige étaient-elles si peu prévisibles ?


    Je me souviens avoir lu il y a quelques années déjà « Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique », sorti chez « Allia » qui annonçait cette continentalisation du climat, pour le moins. Des hivers de plus en plus froids entre autres, et des « épisodes neigeux » exceptionnels le devenant de moins en moins.


    politique, société, neige, hypocrisie

    Lorsque d'autres lecteurs de ce livre ou moi-même évoquions ce livre, nous étions pris pour de doux rêveurs, des littéraires un poil trop imaginatifs, ayant vu trop de films dystopiques des années 70, des vieux gosses immatures.


    Les événements que cet ouvrage prévoyaient sont tous en train d'arriver un par un, dont la fonte des glaciers d'Alaska que les américains laissent faire pour exploiter les ressources pétrolifères présentes dans le sous-sol d'iceux, mais on peut être sûr que les imbéciles ne voudront toujours pas les prendre au sérieux.


    Cela les pousserait à s'interroger sur leur propre responsabilité face au chaos social engendré par la neige tombée il y a deux jours, à remettre en question un mode de vie nous menant à mettre en place déjà ce qui est bel et bien pour reprendre le terme de Gilles Châtelet une « société de porcs ».


    photo du haut empruntée au site du Figaro, photo du bas de l'auteur

    extrait du livre cité :

    “Il semble donc que les questions à poser sont : Quand cela va-t-il se produire ? Quels en seront les impacts ? Et comment pouvons-nous nous y préparer du mieux possible ? Plutôt que : Cela va-t-il réellement arriver ?”

    un petit clin d'oeil ci-dessous à Jacobs...

  • Fragments d'un journal en Palestine – 2

    Imprimer Pin it!

    Mars – Avril 1999 : Prendre conscience des risques d'engagements trop radicaux

    jerusalem-1_.jpg


    S'engager pour dénoncer une injustice de loin, bien au chaud derrière un écran, un bureau, ou sur une estrade pendant une conférence politique, tout le monde en est capable.


    C'est facile.


    En France, concernant la cause palestinienne, beaucoup sombre dans cette facilité, avec parfois comme alibi un ou deux juifs anti-sionistes, voire un palestinien invité, qui est souvent là dans le rôle du « bon sauvage » protégé par tous ces gentils occidentaux tellement au fait de ses souffrances qui ne devraient justifier aucune haine fût-ce pour jouer au "Robin des bois" politique.


    Là-bas, en Palestine et Israël, c'est beaucoup plus délicat, car sur place manifester un engagement c'est aussi risquer de déchainer la violence dans l'un ou l'autre camp, contre l'un ou l'autre camp, et ce parfois avec les meilleures intentions du monde. Pour nous qui vivons depuis quelques mois déjà à Jérusalem, nous percevons le danger de ces comportements et en observons les conséquences quotidiennement, des conséquences pouvant être dramatiques.


    Ainsi en Mars, j'accompagne dans la Vieille Ville de Jérusalem, leur servant de « fixer » en somme des étudiants de l'université de Tel Aviv, français, qui ne connaissent pas du tout le côté palestinien. Pour eux, la Vieille Ville appartient pleinement à Israël et cela ne saurait être remis en question.


    Deux parmi eux décident de se promener dans les rues du quartier palestinien coiffés d'une « kippa » noire qui est la coiffure signifiant des options religieuses intégristes et nationalistes radicales pour les juifs qui la portent, signification connue des palestiniens qui la voit comme une provocation, et un signe de haine, ce que ce n'est certes pas pour ces étudiants qui n'en ont pas conscience par ignorance...


    Ce signe de haine provoque incidemment des réactions de haine.


    Les regards des habitants du quartier sont durs et tendus, la tension est palpable, et les policiers israéliens finissent par bloquer l'entrée des « portes » de ce quartier de la Vieille Ville, pour que les cinq jeunes étudiants puissent repartir tranquillement, c'est du moins le prétexte.


    Un peu plus tard, nous recevons la visite à Jérusalem de volontaires qui vivent au cœur même des territoires et qui ne connaissent pas grand chose des israéliens. Ces volontaires ont une liberté de circulation plus facile que les palestiniens avec qui ils vivent et travaillent du fait de leur statut et aussi de leur plaque d'immatriculation consulaire qui leur évite de subir trop longtemps les questions des flics tatillons aux « check point ».


    Selon eux, tout Jérusalem appartient aux palestiniens.


    La visite commence par « Meah Shearim », le quartier des juifs religieux, dits « orthodoxes », de Jérusalem, que ces volontaires décident de visiter leur « keffieh » palestinien au coup et bien en évidence, sans volonté de provocation eux non plus. Rappelons que le « keffieh », devenu entre temps un accessoire de mode en France, est un signe fort, très fort, qui signifie clairement que l'on est partisan de l'éradication d'Israël, rappelons également que les juifs religieux que nous croisons sont loin d'être tous hyper-nationalistes, le pan-sionisme étant considéré par eux comme un blasphème.


    Pourtant, que croyez vous que le fait d'arborer ce qui est aux yeux des personnes croisées un signe de haine à leur encontre provoque comme réactions ?


    Dans les deux cas évoqués, le résultat est le même et ne fait pas progresser la paix entre ces deux peuples d'un iota. A moins que l'on ne veuille pas la paix et la concorde entre les peuples, il nous semblait déjà à l'époque qu'il était bon d'y réfléchir.


    Un soir d'avril dans un café de la rue Ben Yehouda, devant lequel un ou deux juifs intégristes prient sans cesse pour le salut des pauvres buveurs forcément pêcheurs, encore une fois nous avons décidé de nous obstiner à ne pas participer de la haine et de ne pas choisir entre les deux peuples, ce qui ne veut pas dire que nous ne prenions pas partie pour les faits ou nous ne pouivons ni ne devions les dénoncer.


    Été - Hiver 1999 : de la manière de replanter les oliviers et voyage à Gaza


    En Juin, à l'initiative d'un volontaire travaillant à Ramallah, nous participons à une action organisée par une ONG palestinienne chrétienne pour aller replanter des oliviers arrachés par des colons d'origine américaine, juifs ultra religieux, autour d'un village en Galilée.


    Arrivés sur place, les villageois qui nous ont rejoint et qui travaillent mieux que nous ne peuvent que constater une chose, nous ne sommes pas très doués !


    Mais nous savons que grâce à notre présence pendant le replantage, les arbres ne seront pas de nouveau arrachés.


    Cependant, cela nous permet de dialoguer abondamment et surtout d'entendre ce qu'ils ont à dire sur les colons directement sans passer par les filtre des militants occidentaux de telle ou telle association.


    Et le fait est que les palestiniens que nous rencontrons n'ont malgré leur colère légitime aucune haine pour les colons, malgré ce qu'ils leur ont fait subir, leur reprochant essentiellement deux choses : ne pas apprendre ne fût-ce que quelques mots d'arabe et ne pas chercher à communiquer avec eux un minimum, contrairement aux personnes des anciens « kibbutz » ainsi que le rappelle un vieux du village au visage parcheminé, mémoire du lieu.


    Deux d'entre nous, ainsi qu'un des palestiniens responsables de l'ONG qui nous emmène, veulent aller entendre les colons israéliens directement. Ils vont se poster juste devant les barbelés entourant la colonie, à cinquante mètres de l'entrée, deux portes en métal.


    Un des gardes dans son mirador, un gamin, les interpelle en hébreu, menaçant de faire feu s'ils continuent plus loin. Les deux volontaires affirment qu'ils veulent discuter avec un responsable.


    Ils attendront une demie-heure sans broncher, réitérant régulièrement leur demande, le fusil du gosse toujours nerveusement braqué sur eux. Deux militaires, qui « protègent » la colonie sortiront pour ne donner en réponse qu'une fin de non-recevoir à cette demande de dialogue. L'un d'eux ne comprend pas que des occidentaux comme nous viennent aider des palestiniens, pour lui « Israël » est le « porte-avion » de l'Occident et des américains au milieu des états arabes, doit être en lutte, ce qui lui semble absolument nécessaire pour garantir notre survie qu'il affirme menacée par les pays musulmans.


    Il est d'autant plus étonné de constater que parmi nous il y a deux israéliens...


    En octobre, notre responsable parisien nous rend visite à Jérusalem. Il souhaite aller à Gaza où nous nous rendons dans notre « Renault Express » brinquebalante et encore une fois retapée mais vaillante malgré des cliquètements parfois inquiétants sur la route. Nous partons à deux coopérants accompagnés de deux militants pro-palestinien français fraîchement arrivé qui se joignent à nous, déguisés en « fiers nomades du désert » ou ce qui s'en rapproche le plus à leurs yeux, le cou ceint d'un keffieh bien entendu.


    Notre plaque consulaire nous permet de ne rester que vingt petites minutes à attendre au passage d'Erez, poste-frontière israélien avant Gaza. Le militaire nous interroge rapidement, nos passeports sont tous scannés et vérifiés. Nous savons déjà que le simple fait d'aller à Gaza nous classe comme activistes pour « Tsahal ».


    Arrivés dans la ville, nous avons la surprise de voir se dégrader assez rapidement le comportement des deux militants partis avec nous, qui, ne respectant pas les lieux, se promènent partout dans l'aéroport flambant neuf et quasiment inutilisé, ouvrant les portes sans demander l'autorisation, allant dans la salle des bagages interdite au public, traitant le personnel présent en « boys », le tout, quand nous leur demandons d'être juste un peu plus décents, au nom de leur engagement antisioniste qui permettait à leurs yeux ce comportement.


    Au retour, les contrôles d'identité et du véhicule sont beaucoup plus longs, trois heures, trois heures pendant lesquels nous aurons beaucoup de mal à convaincre les deux militants sus-cités de ne pas provoquer, de ne pas répondre grossièrement aux questions du policier, ce qui reviendrait à lui donner une occasion de montrer combien ce qu'il fait est au fond indispensable, dont le passage d'un compteur Geiger sous la voiture pour vérifier que nous ne cachons pas d'uranium.


    Nous vivons en Israël-Palestine depuis presque un an, quand nous sommes arrivés, nous croyons tout savoir, dorénavant nous savons que nous ne comprenions rien car la situation est infiniment plus complexe.


    (bientôt la suite)

    image prise ici

  • La rage au coeur je pars d'Agoravox

    Imprimer Pin it!

    net, agoravox, trolls, cyber indicsJ'ai demandé la suppression de mon compte sur Agoravox, par lassitude extrême, à cause principalement des commentateurs (Achéron alias Perseus, Pyrathome, RedJ, Baska, Constant danlayreur, Mortelune, entre autres, tous "antisionistes"... rire jaune) qui ne prennent même pas la peine de lire les articles que je publie, qui sont juste là pour attaquer ma personne, ce qu'ils font en meute, qui ne veulent pas débattre, qui veulent juste se défouler, qui ne sont que dans l'injure et l'allégation, et veulent continuer à l''être en toute impunité, qui ne supportent pas l'expression d'opinions différentes des leurs, considérées aussitôt comme l'expression d'avis de "fachos".


    Une petite bande qui navigue de Causeur.fr à Tak.fr distribuant les bons points à tour de bras, des boutures de miliciens politiques, des commissaires politiques frustrés....
    Ils vivent dans l'illusion de cette impunité, car c'est une illusion, ils s'en rendront compte à leurs dépens à un moment ou un autre et contre leur gré, on ne peut rien faire contre, dommage...
    Bien entendu, ils ne l'emporteront pas au paradis et assumeront leurs responsabilités peut-être plut tôt qu'ils ne se l'imaginent..


    Agoravox ne doit-il accueillir que des diatribes antisionistes, des plaidoyers pro Chavez, pro Mélenchon, sans qu'il n'y ait donc plus de pluralité possible ?
    C'est visiblement leur avis....


    Cela aurait été bien que les "lecteurs invisibles" se manifestent un peu plus...

    Merci à Chalot, au Chat, à Aita, à Rocla, JL, Jean Pelletier, Loatse, Pale Rider, Oncle archibald, Lupipistrelle et d'autres qui sont toujours pertinents mesurés et capables de débattre sans sombrer dans l'injure...

    Sans rancune et amitiés à Sampiero qui lui a été toujours loyal...

    Et bien sûr bises au Collectif "Morice", le pire d'entre eux, à la fois injurieux, calomniateur, parano, etc...


    Un exemple de ce qu'un certain Pyrathome laisse sur Agoravox impunément (jusque là...)

    "Déjà presque 95 % ont voté non à ce torchon mensonger....
    Spartacrasse, ce n’est pas en répétant des mensonges à longueur de journée que ceux-ci deviendront des vérités......
    Ton monde idéal de cupidité n’est qu’une chimère sans lendemain, une métastase purulente dont le monde va se débarrasser promptement et inéluctablement, il n’y a pas de place dans la nature pour les anomalies génétiques....."

    Un exemple de la prose d'une certaine Mortelune ci-dessous

    "« le pape des humbles et des pauvres »

    Pourrait-il en être autrement ?
     
    @ L’auteur, 
     
    je savais les sionistes prêts à tous mais pas à cracher sur la dépouille de H Chavez sans respect pour sa mort, et s’agenouiller devant le pape quelques jours plus tard. Quelle mauvaise fois chrétienne !
     
    En plus sans le savoir vous désavouer tous les papes précédents, toute l’église catholique et Jésus fils de Dieu ; Humble parmi les humbles, pauvre parmi les pauvres. Vous est vos amis vous avez toujours les mêmes comportements hypocrites.
    Ce titrage ’ racoleur’, des médias l’ont fait et c’est la marque des illuminatis."

    Je cite avec des pincettes...
     

  • Fragments d'un journal en Palestine – 1

    Imprimer Pin it!

    Mars 2013 – Treize ans après mon retour de Palestine...


    J'ai vécu deux ans à Jérusalem, dans le quartier palestinien. Nous étions cinq coopérants français à vivre et surtout à habiter avec les palestiniens, et les israéliens, deux d'entre nous étant entre les deux quartiers, entre les deux mondes. J'y étais professeur de Français Langue Étrangère, travaillant également à la revue "Proche Orient Chrétien" traitant spécialement des chrétiens orientaux et du dialogue islamo-chrétien.

    politique,israèl,palestine,terre dite sainte,christianisme


    Certains y passent deux jours, voire n'y mettent jamais les pieds et ont tous la  "solution miracle" pour régler le conflit israélo-palestinien, prenant parti pour les israéliens de manière plus violente qu'un sioniste radical ou pour les palestiniens aussi brutalement qu'un cadre du Hamas.


    Au bout de deux ans, même si les souffrances des palestiniens qui sont des faits sont manifestes, on ne peut cependant évoquer la question de manière binaire, les quelques expériences racontées ci-dessous en sont la preuve. Bien entendu, il est évident qu'elles ne feront pas bouger d'un iota le point de vue des partisans des uns ou des autres qui préfèreront rester enfermés, murés, dans leur haine.


    Treize ans après, je sais toujours une chose, là-bas je n'ai pas trouvé la Terre Sainte, ce n'est ni une terre de paix, ni une terre de justice, mais c'est devenu ma terre sainte, pour les personnes rencontrées et les expériences inoubliables vécues.


    18 Octobre – 1er Novembre 1998 : Découvertes agréables et désagréables

    politique,israèl,palestine,terre dite sainte,christianisme


    J'arrive à Jérusalem. Le « Boeing » sort des nuages, il fait nuit, mais la Palestine et Israël sont illuminées juste sous les ailes de l'appareil qui passe juste au-dessus des lumières de la côte à Tel Aviv.


    Mes premières impressions sont que Jérusalem n'est pas une belle ville aussi bien sur le plan esthétique que sur le plan de ce que l'on y ressent, la violence étant prégnante dans tous les quartiers. Jérusalem est une ville rêvée, idéalisée, imaginée sous des aspects flatteurs.


    La retrouver comme une métropole moderne, entre une vieille ville pauvre et une ville nouvelle à l'occidentale, déséquilibre un tant soit peu. Le Jourdain est finalement un ruisseau assez minable, glauque et sale, le Mont des Oliviers, une colinne pelée, est couvert de constructions hétéroclites qui sont comme des ébauches de HLM de France. La vallée du Cédron est une vallé aride et les enfers de l'Ancien Testament sont tout au plus un terre plein aride...


    Il y a ceux que cela rend fous, qui veulent ensuite absolument faire coïncider leurs rêves avec le réel, qu'ils soient juifs, musulmans ou chrétiens. Pour eux, Jérusalem est leur ville rien qu'à eux, leur terrain de jeux religieux ou politique. Ils ne voient en la Palestine et Israël que la terre promise pour assouvir leurs fantasmes qui sont parfois des fantasmes de haine, ou qui l'entraine, ce qui revient au même.


    Ainsi, je songe à ces pèlerins charismatiques qui certainement pleins de l'Esprit Saint se mettent à chanter « Hevenu shalom alechem » au milieu de Jéricho en plein territoire occupé sans se soucier des conséquences qui n'ont pas tardées : une explosion de violence entre colons intégristes des implantations voisines et palestiniens.


    Les gentils pèlerins ignoraient visiblement que ce psaume certes très beau est aussi un chant nationaliste israélien.


    Je comprendrai bien vite que quel que soit le genre de pèlerinage, ce qui domine chez une grande part des visiteurs c'est surtout l'ignorance de l'histoire des lieux, ainsi à l'inverse quand j'entendrai un militant pro-palestinien occidental traiter de « connard de juif » (je cite avec des pincettes) un soldat israélien qui ne l'était pas...


    Mon responsable de volontariat me fait visiter tout Jérusalem, sauf « le Mur des Lamentations », m'emmenant également en voiture vers Ramallah et Bethléem tous proches. Nous avons de la chance, les « territoires » subissent un blocus moindre, et les palestiniens semblent espérer une amélioration quant à leur liberté de circulation.


    Je finis par me rendre au « Mur » moi-même, au « Kotel » en hébreu, devant moi des vieilles bédouines chargées de sacs d'herbes aromatiques sur la tête attendent patiemment le bon vouloir des militaires israéliens des services « spéciaux » des territoires aux prises pour le moment avec des touristes allemands typiques (sac « banane », coups de soleil etc...).


    Ces soldats sont des gosses, un ami qui m'accompagne m'explique qu'ils ne sont pas juifs mais druzes au vu de leur accent. On confie à une autre minorité le soin du « sale boulot ».


    Un des gamins perce de sa baïonnette un des sacs, se faisant engueuler vertement aussitôt par une des vieilles dames, derechef celle-ci est tancée par l'autre militaire qui la menace de lui enlever ses papiers qu'elle a auparavant donnés.


    Écœuré par la scène, je décide de remettre à plus tard ma visite au « Mur ».


    Énoncer ces faits que d'autres ont vécu et pu constater, y compris d'autres volontaires ne signifie pas pour autant que l'on prenne partie de manière binaire. Il ne s'agit pas de châtier ou d'éradiquer les auteurs ou les commanditaires de ces actes mais simplement de chercher à savoir quelle serait la meilleure solution impliquant le moins de violences possibles


    Décembre 1999 – Janvier 2000 : Deux équipées dans le cœur des questions importantes

    politique,israèl,palestine,terre dite sainte,christianisme


    Le 24 Décembre, nous allons à la messe de Minuit à Bethléem pour le soir de Noël, célébration chrétienne qui est un événement en Palestine non seulement pour les chrétiens, mais aussi pour les musulmans, que ce soit au plan religieux et politique, Yasser Arafat et son épouse y assistant.


    Celui-ci inaugure avant cela un centre d'accueil pour pèlerins financé par les frères franciscains de Terre Sainte, qui sont le plus gros propriétaire terrien de cette région du monde, ce qui peut sembler contradictoire vu leurs vœux de pauvreté théorique, nous y reviendrons.


    C'est la première année après une longue période de blocus des territoires que les chrétiens des « territoires », en particulier ceux de Gaza, sont autorisés à se rendre à la basilique Sainte Catherine de Bethléem assister à cette messe. Aux « check points », cela n'empêche pas certains policiers et militaires israéliens de contrôler de manière pointilleuse.


    Nous découvrons qu'il y a également des « check-points » palestiniens en certains points de la ville, mais beaucoup moins tatillons que les israéliens. Alors que nous nous perdons voulant nous rendre au « Champ -dit- des bergers » un 4X4 bleu de la police palestinienne nous embarque et nous emmène obligeamment à bon port.


    L'attente avant la messe est extrêmement longue, il faut rentrer dans l'église quatre heures avant le début de la cérémonie, qui dure plus de cinq heures, et à laquelle nous assistons debout, entre les dizaines de photographes et de caméras de télévision pointées sur Yasser Arafat et son épouse juste à côté du consul de France. Avec un autre volontaire, nous sommes dans le champ des chaînes qui filment Arafat. Pendant toute la célébration on nous aura vu derrière le président palestinien, ce qui nous vaudra lors de notre départ une fouille en règle et un interrogatoire de cinq heures à l'aéroport Ben Gurion, notre présence derrière Arafat faisant de nous des suspects.


    Juste après le soir de Noël, l'un de nous propose d'aller passer la veille du jour de l'An au sommet du mont Sinaï. Nous partons à six dans une « Renault Express » brinquebalante acheté à un palestinien.


    Sur le chemin, nous commençons par nous perdre dans le désert du Negev, ce qui nous amène sur une route beaucoup mieux goudronnée que la piste que nous suivions, et bientôt notre chemin est barré par une « Jeep » de « Tsahal » qui nous demande poliment mais fermement, avec l'aide non négligeable de « M16 » braqués sur nous de faire demi-tour.


    politique,israèl,palestine,terre dite sainte,christianismeNous nous sommes approchés trop près d'une « colonie » d'implantation particulièrement stratégique, ce genre d'implantation bien éloigné dans ces motivations des idéaux à la base collectivistes des « kibboutzim » qui étaient une réussite probante en ce domaine, et qui vivaient, qui vivent encore en bonne intelligence avec les palestiniens autour. Il faut préciser aussi que la plupart des habitants des « kibboutzim » prenaient la peine d'apprendre l'arabe, ce qui change tout.


    Ayant planifié notre voyage à « la palestinienne », ou plutôt dans notre cas « à la française », à savoir en partant le nez au vent après un rapide survol des guides touristiques, le reste du voyage fût épique et parfois difficile, mais de retour ce sont les bons souvenirs qui domineront et non, par exemple, l'évocation des moustiques innombrables au bord de la Mer Rouge en cette période de l'année, les suppléments innnombrables aussi et hors de prix proposés par notre loueur de tentes au bor de la mer....


    Je crois que pour nous, c'est véritablement à ce moment que nous avons pour de bon laissé de côté notre confort de petits occidentaux, et nos certitudes.politique,israèl,palestine,terre dite sainte,christianisme


    Le soir de notre retour, dans un café non loin de la « Porte Neuve » de la Vieille Ville de Jérusalem, nous décidons de ne pas choisir entre un peuple ou l'autre, de haïr l'un des deux peuples, mais de nous attacher aux faits et d'essayer d'amener les autres vers ces faits afin de tenter à notre niveau de lutter contre la haine, ce qui n'est pas chose aisée.


    (Bientôt la suite)


    image de l'aterissage d'un avion au-dessus de Tel Aviv prise sur ce site

    image des murailles de la Vieille Ville de Jérusalem prise ici

    image de la nuit de Noël prise ici

    image du blindé dans le désert du Negev prise ici

    photo du massif du Sinaï prise ici

  • Pousser les pseudo anti-sionistes à la faute...

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox où il a entrainé les réactions prévisibles, dont une vague de mails haineux...


    Sur le Net fleurissent les sites et forums dits « anti-sionistes », qui ne sont que très modérément sincères, à savoir des sites et forums clairement et nettement judéophobes qui se fichent complètement de la cause qu'ils prétendent défendre au départ, à savoir la cause palestinienne, qu'ils desservent plus qu'autre chose, ignorant tout du sionisme également à la base.

    politique, Israël, Palestine, société, sionisme, antisionisme


    Je me souviens de ce genre de militant antisioniste, j'en croisais régulièrement à Jérusalem déguisés l'un en « fier nomade du désert » l'autre en militant de « l'intifadah » tel qu'il les imaginait.


    La plupart avait très peur de se balader côté palestinien, c'était une constante, invoquant très vite « le bruit et l'odeur », « la violence », craignant de « se faire égorger », et préférait échouer lamentablement, assez vite, la queue entre les jambes, dans le « Mall », centre commercial, à l'anglo-saxonne côté occidental pour se rassurer au bout d'un moment.


    Je me rappelle également de ces militants « antisionistes » se comportant à Gaza en terrain conquis, se conduisant de la manière la plus incorrecte, la plus irrespectueuse et surtout la plus néo-colonialiste, envers les palestiniens sans même en avoir conscience.


    Quand on remplace « juif » par « sioniste » dans la plupart des articles et textes traitant du sujet en ces sites et forums on obtient les mêmes textes antisémites clairement que l'on pouvait trouver dans de nombreux journaux des années 30. La plupart se justifient constamment de leur haine par des exemples de juifs effectivement antisionistes, dont certains intégristes du judaïsme, et intellectuels comme Michel Washavski.


    Et cela ferait presque froid dans le dos si leur sottise crasse ne les poussait à la faute si facilement.


    L'auteur de ces lignes a pris partie pour les palestiniens souffrant de divers maux quand il a vécu dans la grande ville des trois religions monothéistes deux ans, simplement parce que la simple raison l'impose, la simple constatation des faits et de l'imbécilité de nombreux colons qui ne voient pas que le simple fait de refuser de parler arabe, entre autres, entraine la violence en retour. Les colons partagent avec les militants évoqués plus haut le même handicap linguistique car au fond ce sont des boutures du même arbre...

    Et ce qu'attendent les palestiniens, c'est d'abord et avant tout le respect de leurs libertés de circulation et d'expression, et non d'éradiquer Israël.


    Comparer Israël aux nazis de loin, injurier les colons, de loin aussi, se prendre pour Lawrence d'Arabie, de loin encore, n'est souvent qu'une manière comme une autre de se prendre pour « Robin des bois » sans prendre trop de risques.


    Prendre partie clairement pour les palestiniens, cela n'implique aucunement par contre de sombrer dans la haine contre les israéliens, ni même contre le sionisme qui est à l'origine un des rares exemples de collectivisme ayant réellement fonctionné sans que cela ne mène au massacre de milliers de personnes, et ce à travers l'expérience des « kibbutz » dont les restes sont encore remarquables.


    Cela n'implique nullement de sombrer dans un simplisme ou un raisonnement binaire de très mauvais aloi.


    La haine qu'expriment les pro-sionistes envers l'Islam et les arabes est exactement la même...


    Il faut bien le constater, la société israélienne, au moins à Haïfa, et à Tel Aviv, ou Ashquelon, est une société réellement multiculturelle en état de fonctionnement, malheureusement de moins en moins du fait des « faucons » de « Tsahal » qui portent très mal leur nom et des intégristes dirigés par des fous comme Ovadia Youssef et son parti « Shas » (qu'il faudrait tirer ! Oui je sais je sors. Je suis désolé de cette saillie, mais elle était trop tentante).


    Ce n'est pas pour rien que les fanatiques du « Hamas » visent ces trois villes de par les tirs de roquettes et les opérations. Ce n'est pas pour rien que les plus nationalistes des israéliens montent en épingle ces attaques. Car celles-ci servent leur dessein, consistant à maintenir une guerre éternelle, selon eux la seule source de cohésion de leur pays.


    Ceci, toutes les « belles consciences » de gauche comme de droite qui l'appellent de leurs vœux en France l'oublient ou ne veulent pas le voir. Ce n'est pas d'ailleurs que tout soit parfait, loin de là, mais le fait est.


    Les « anti-sionistes » se sont appropriés deux figures notables dernièrement, non pas à cause des idéaux défendus par celles-ci, dont ils se foutent complètement, mais parce que ces deux grands personnages offrent une façade plus respectable pour l'expression de leur haine judéophobe : Stéphane Hessel et Hugo Chavez.


    Au fond, ils adulent Hessel non pour ses idéaux mais parce qu'il se disait lui-même anti-sioniste, et Chavez, non car celui-ci a lutté contre la pauvreté, mais parce qu'il était lui aussi opposé au sionisme, sans que l'un ou l'autre ne soient antisémites. Hessel et Chavez ont l'énorme avantage d'être des figures de proue beaucoup moins équivoques, moins glauques que Soral ou Dieudonné qui adorent tous les deux les polémiques violentes, parfois juste pour le plaisir de polémiquer.


    Ces « anti-sionistes » salissent ces figures de par leur haine...


    Je n'ai pas d'illusions, ce texte sera vilipendé par ces pseudo « antisionistes » qui en bon gros malins sont persuadés que leur posture pro-palestinienne suffit pour enlever toute suspicion sur la vraie nature de leur rejet des juifs. Ils sentiront obligés par ces quelques lignes de se pousser d'eux mêmes à la faute...


    image empruntée à ce site

    A la suite de cet article j'ai reçu cela : je cite le moins pire parmi une avalanche de mails haineux

    Nom : ALINE

     

    Message :

     

    "que des sionistes a l origine des malheurs des goys . que des weinberg strausskhan weinstein etc a l origine de lescroquerie a la soit disant dette et cette crise cree de toutes pieces . y a qu a lire leur talmud pour voir ce que le gentil est pour eux"

     

    Bien cordialement

  • Les féministes sont des midinettes comme les autres

    Imprimer Pin it!

    Hommage aussi sur le front d'Agoravox

    A l'occasion de « la journée de la Femme » que je fête chaque année avec application, étant désireux d'obtenir mon brevet de « bien-pensant », j'avais envie de rendre un hommage appuyé et sincères aux féministe, hommage bien entendu à ma manière. On va encore dire que je suis un réactionnaire phallocrate, un rétrograde, un dinosaure, mais peu importe le dinosaure court encore, et continuera à courir.

    politique, femmes, journée de la femme, sexe, société, hypocrisie, faux culsJe suis comme Sacha Guitry diront peut-être une ou deux harpies, effectivement je suis « contre les femmes, tout contre »...

    Une chose me frappe quand dans les médias ressortent des histoires de coucheries impliquant des féministes et, ou des femmes « modernes »..

    C'est cette propension des féministes que ce soit celles qui écrivent ou celles que l'on rencontre dans la vie, qui travaillent dans le culturel, l'enseignement ou le politique, à tomber amoureuses de types qui sont strictement l'inverse du modèle masculin qu'elles prônent par ailleurs, des hommes virils, souvent machos, bien loin des gentils « partenaires de couple/copain » avec qui parfois elles se mettent parfois en couple, ce genre d'hommes qui est toujours dans le regret coupable de ne pas avoir d'ovaires, confident toujours gentil et attentionné, comme une vieille copine lesbienne de sa femme ou de sa concubine, ou de sa compagne selon le terme à la mode.

    Avec ces amants très masculins, ces femmes réputés féministes se conduisent de manière à première vue surprenante généralement en midinettes rougissantes, en gamines enamourés et dociles qui se plient à la moindre volonté du Cro-magnon avec qui elles couchent, pleurnichant comme des madeleines lorsque celui-ci est mécontent, ne sachant que faire pour le contenter.

    Il faut dire que ces femmes dites modernes et libres, s'en donnant du moins le genre, sont la plupart du temps en analyse depuis leur plus jeune âge pour cause de parents absents, laxistes, « soissantuitards » libertaires, et, ou simplement nuls car occupés à baguenauder à droite à gauche en attendant la ménopause, sous prétexte de libération sexuelle et morale, « libération » qui permit surtout aux bourgeois de se libérer de leurs hypocrites paravents moralisateurs de leurs ancêtres guizotistes, tout en restant fermement cramponnés, arc-boutés à leurs privilèges sociaux et financiers, l'argent restant le nerf de la guerre même dans l'optique libérale-libertaire voire sociale-liérale.

    A la terrasse des cafés parisiens, il n'est pas rare de croiser ces couples où l'homme a souvent juste besoin de claquer des doigts pour se faire obéir de sa maîtresse qui n'a même pas besoin de porter une « burqua » pour montrer sa soumission, sans parler des « couguars » salonnardes et cultureuses qui fréquentent des marlous de banlieue un peu louches pour se donner des sensations fortes, qu'elles n'ont plus avec leur « compagnon » qui en est à sa « crise de la quarantaine » ou de la cinquantaine.

    Seule nuance, si on couche avec un butor ou une brute, on couche avec une brute bourgeoise, et non avec un sale type de milieu populaire, tout cela reste dans l'endogamie la plus stricte, à de rares, très rares, exceptions.

    Ces féministes sont finalement dans des aspirations contradictoires, voulant montrer une indépendance sociale, et s'assurer une réussite personnelle matérielle, ou culturelle et intellectuelle, et aussi épanouir leur féminité qu'au fond elles ne peuvent pas renier, sauf celles qui ont un physique « difficile », exactement comme avant.

    politique, femmes, journée de la femme, sexe, société, hypocrisie, faux culsAinsi cette anecdote concernant Simone de Beauvoir et son boxeur, Nelson Algren, dans les années 50.

     

    Quand on lit ses lettres à Nelson Algren, on lit les lettres en somme d'une adolescente romantique comme les autres, bien loin du « castor » et de ses arrangements moraux avec Sartre qui était esthétiquement, le pauvre, moins agréable que Nelson, on comprendra aisément Simone.

     

    Il y a aussi celle qui implique Marcela Iacub et DSK, Marcela Iacub qui n'a pas de mots assez durs ailleurs contre le sexisme, allant jusqu'à rejeter la maternité pour les femmes, histoire sentimentalo-sexuelle qu'elle étale avec application dans son dernier livre, que tout le monde trouve dégoûtant mais qui se vend très bien, ce qui implique que tout le monde, ou presque, est hypocrite, le net favorisant au fond ce comportement de concierge avide de ragots peu ragoutants. Pour certains, le réseau est un gigantesque trou de serrure rien que pour eux, à travers lequel ils pensent regarder sans risque et jouir de leur joie mauvaise à exprimer leurs haines et frustrations diverses...

    Notons que le livre de Marcela est tout à fait dans l'optique de la littérature germanopratine que Natacha Braque, certainement une de ses amies, a défendu dans son magnifique pamphlet « Rivegauchez vous », livre remarquable que j'ai largement soutenu, J'en conseille la lecture aussi « citoyenne » que celle de « Indignez vous », l'excellent opuscule de Saint Stéphane Hessel en voie de panthéonisation rapide.

    Chaque époque a les Victor Hugo et les grandes courtisanes qu'elle mérite.

    politique, femmes, journée de la femme, sexe, société, hypocrisie, faux culsNatacha Braque doit être jalouse de ne pas avoir été prise « à la hussarde » par DSK sur un coin de table, elle aurait pu sortir un livre elle aussi ou se confier à l'oreille d'un journaliste en mal de potins mondains salaces ainsi qu'ont pu le faire certaines femmes politiques et « littératrices » en attente de notoriété, n'ayant pas peur de l'humiliation qui s'ensuit forcément.

    Cette littérature parle d'un tout petit milieu que les mauvais esprits diront très superficiel, qui aime bien contempler son ego sous toutes les coutures, et raconter ses aventures et mésaventures sexuelles en long, en large et en travers fût-ce en égrenant quelques lieux communs, par humilité je suppose, ainsi Marcela pense que DSK élu il eût « transformé l'Élysée en boîte échangiste » ce qui relève d'un niveau d'analyse politique élevé on le notera...

    Dans le même temps Marcela a envoyé à son ancien amant un courriel que d'aucuns jugeraient capillotracté que l'on peut voir comme une maladroite tentative d'une pauvre petite fille égarée de rapprochement amoureux et d'autoflagellation, du moins si l'on était un mauvais esprit ce que je suis loin d'être.

    Dans ce mail gladiolé elle explique, diraient un mauvais sujet que je ne suis pas, comme une adolescent pré-pubère que si elle a été méchante, ce n'est pas de sa faute mais la faute de son éditeur qui lui a commandé ce livre pour se faire un coup de pub et pour qu'elle en vende beaucoup.

    Là-dessus, c'est gagné sur les deux tableaux.

    politique, femmes, journée de la femme, sexe, société, hypocrisie, faux culsEnfin, les militantes féministes actuelles, comme les « Femen » ou les « Pussy Riots » (cela ne justifiant pas leur emprisonnement évidemment), mais pas seulement, ont pris l'habitude de mettre en avant non pas leurs idées mais leur physique, se conduisant en objets sexuels totalement stéréotypés pour leur combat ou en « Go-go » danseuses banales, tirant « sur les ambulances », provoquant ou voulant provoquer les mêmes, tout en étant curieusement incapables de prendre des risques réels contre des intégristes religieux sexistes beaucoup plus dangereux, de s'engager contre l'excision, la polygamie, ou toute autre coutume barbare envers les femmes et les petites filles par manque de courage, par aveuglement idéologique et par sottise...

    L'auteur de ces lignes trouve cela au final rassurant que les féministes soient des midinettes comme les autres. Des décennies de matraquage idéologique abscons n'ont toujours pas eu raison de ce qui fait la vraie beauté des femmes : leur féminité, leur intelligence, leur douceur...

    Image sur une des premières manifs pour "la journée de la femme" prise ici

    Simone de Beauvoir et Nelson Algren, image prise ici

    morceau de la couverture du "Nouvel Obs" pris ici

    image d'une manifestation de soutien aux "Pussy Riots" prise ici

  • Adresse à quelques admirateurs de Hugo Chavez

    Imprimer Pin it!

    000_Mvd6474677_0.jpgCertains admirateurs de Chavez, (note prudente : j'ai bien dit certains, pas les sincères), éructent si bien sur le Net, se défoulent de leur haine en la justifiant par celles qu'ils croient percevoir chez les autres, par contre dans la vie, on le voit bien eux et leurs semblabless laisseraient crever les SDF dans la rue plutôt que de lever le petit doigt.

    Non ce qu'ils veulent, ce n’est pas éradiquer la pauvreté comme l'ancien président vénézuélien qui lui était sincère, c’est exprimer leur haine des boutures de miliciens qu'ils sont, haine qui leur vient car il voit bien que la société de consommation se plante, ce qu'ils ne veulent pas, ils voudraient continuer à consommer et se foutre totalement du voisin.


    Et cette fin annoncée du consumérisme les désespére...


    C’est ça qui les rend haineux, comme les autres, leur avidité, et qui nous amènera certainement à l’assemblée des démagogues ainsi qu’en Grèce ou en Italie quand la "Crise", l'idéologie et la sottise, auront eu raison de la France.

  • Un documentaire "partial, poisseux, visqueux" sur Outreau ?

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox


    Aujourd'hui 6 mars sort en salles un documentaire intitulé « Outreau l'autre vérité », jugé « partial, poisseux, visqueux » par un des avocats d'une « accusée d'Outreau », Roselyne Godard, maître Eric Dupond-Moretti. Le film est produit par Bernard de la Villardière, producteur et animateur sur M6, spécialisé dans les reportages, que les mauvais esprits dont je ne saurais être reprocheront d'être racoleurs, sur l'insécurité et la prostitution avec images choc à l'appui.

    politique, cinéma, journalisme, histoire, spectacle, beuzze


    Le film remet en question l'acquittement de certains parmi les accusés de cette affaire, suite à un travail d'« experts » et de juristes qui « démytifieraient » cette erreur judiciaire qui a déjà détruit quelques familles et couples sans que le système et ses rouages, dont les journalistes ne se soient pour l'instant remis réellement en question.


    Certes Bernard de la Villardière a raison dans l'absolu de parler d'injustice à l'égard du juge Burgaud qui ne fut pas le seul à prendre des décisions parfois malheureuses et à en porter la responsabilité, mais il oublie également que ce magistrat n'a jamais été réellement inquiété, ni ne s'est vraiment questionné lui-même sur ses actes, ayant même été promu suite à toute une série de bourdes et de maladresses due principalement à une chose qui est sa formation.


    En effet, et on ne le constate pas seulement en droit, les formations des personnes qui travaillent « sur l'humain » sont de plus en plus théoriques, abstraites et déconnectées du réel, sans que ne soit évalué une seule fois la capacité des étudiants à faire preuve d'altérité, de compréhension, de respect.


    Leur formation les pousse à appliquer les lois, les grands principes directeurs, voire idéologiques, qui les sous-tendent stricto sensu sans se soucier des conséquences humaines parfois dramatiques, sans les encourager une seconde à faire preuve de recul sur eux-mêmes.


    Le juge Burgaud n'a commis aucune faute quant à l'application du droit, certes, mais il aurait dû faire preuve d'écoute, a minima.


    Ce film et le pseudo-travail des pseudo « experts » vient aussi et surtout d'un profond mépris de ceux qui font partie du système pour les « accusés d'Outreau », maintenant acquittés, je le rappelle, mépris qui n'est jamais véritablement dit mais qui se sent face aux traitement médiatiques toujours sur le mode du « deux poids deux mesures » selon que les accusés soient puissants ou misérables. Je songe également à maître Lombard évoquant le fait que la mère du petit Lubin soit « centralienne », pour la disculper.


    Ce qui choquait à l'époque, c'est que Magali Guillemot ait pu si facilement sortir de prison du fait de son milieu, de son parcours et de ses relations professionnelles quant à elle contrairement aux accusés d'Outreau.


    Ce mépris est également induit par l'incapacité des acteurs du système français, qu'il soit éducatif, judiciaire ou social, à se remettre en question, remise en question qu'ils considèrent de toutes manières comme une remis en cause personnelle.


    Le film qui sort aujourd'hui fait preuve d'un total irrespect des souffrances endurées par ces accusés d'« Outreau », accusés rappelons le encore sur la base essentiellement de ragots.


    Il faut dire aussi qu'ils ont contre eux de ne pas être « issus de la diversité » (TM°) ou d'une communauté ayant « la carte » dans la « bonne presse ». Bernard de la Villardière ne voit d'ailleurs pas le problème quant aux conséquences possibles sur la vie des acquittés d'Outreau et le fait que leur reconstruction peut voler en éclats du jour au lendemain de par son documentaire.


    Je me souviens bien du tout début de « l'Affaire d'Outreau ». On nous présentait le tout dans les journaux, à la télévision, à la radio, sur le Net, comme du Chabrol en plus glauque encore, les ciels bas du Nord aidant à en rajouter dans l'ambiance « trash » :


    Un ancien prêtre ouvrier prêtre donc forcément pédophile, un clerc de notaire de province forcément malsain, des familles populaires forcément « tuyaux de poèle » habitant en HLM donc forcément mal dégrossies et j'en passe, certains journalistes insistant particulièrement sur le vote le Pen à Outreau, sans que les faits reprochés à ces gens ne soient une seconde remis en cause à l'époque (à ce lien un résumé utile des faits).


    Je me souviens également des réactions courroucées des politiques demandant plus de sévérité et surtout de surveiller beaucoup plus « ces gens là », les mêmes politiques se hâtant de défendre quelques années plus tard DSK au moment de l'affaire du Sofitel ou un cinéaste, certes au talent incontestable, mais défendu car du gotha, les mêmes politiques et commentateurs hurlant alors au retour de « l'Ordre Moral » face aux réactions des petites gens de la « France d'en bas » (TM°).


    Ce documentaire a été réalisé essentiellement pour « faire le buzz », entretenir le système spéctaculaire dans son immédiateté, sans penser une seule seconde cette affaire sur le long terme, et aussi par dégoût de la simple vérité, une des constantes de notre société faut-il dire...

    illustration empruntée à ce site

  • Désir de cinéma

    Imprimer Pin it!

    On parle de désir aussi sur Agoravox

    A propos de « le Cinéma du désir » de Jean-Luc Douin


    cinéma, littérature, société, nostalgie, cinocheCe livre se présente comme un dictionnaire. Comme tout dictionnaire ses choix sont parfois très subjectifs, voire agaçants par leur partialité, surtout quand l'on n'est pas d'accord avec, bien entendu.


    Il y a un parti pris très favorable sur les critiques surréalistes, comme Ado Kyrou, qui si ils sont parfois pertinents, sur les « Marx Brothers » entre autres, sont parfois totalement grotesques comme le même Kyrou qui qualifiait les films d'Htichcock de cinéma « nazi » car celui-ci osait montrer des personnages d'allemands, et nazis, nuancés, comme dans la vie somme toute dans « Correspondant 17 » et que « Hitch » aimait bien les grandes blondes apparemment frigides, dont il suggérait l'abandon et l'extase par des artifices de cinéma :


    L'actrice relevant ses cheveux et mettant sa nuque à nu, un train qui entre dans un tunnel, comme à la fin de « la Mort aux trousses », dans ce dernier Eva Marie-Saint incarnant une Eve moderne qui sait très bien ce qu'elle veut, qui l'exprime, et l'obtient.


    Kim Novak est certainement ainsi que Tippi Heddren l'incarnation ultime de cette femme rêvée et idéalisée par Hitchcock qui lui donne symboliquement la mort dans « Psychose » en tuant Janet Leigh au bout de quelques bobines. Le cinéaste aimait aussi les brunes au tempérament moins langoureux, plus solaires, au début de sa carrière.


    L'âge venant, le désespoir et le travail du négatif aidant, la noirceur des sentiments s'est installée.

    cinéma, littérature, société, nostalgie, cinoche


    Jean-Luc Douin a par contre tout à fait raison de rappeler la définition du cinéma par les surréalistes pour qui c'est l'art de l'exaltation du rêve et de la beauté des corps, en particulier celui des femmes.


    C'est aussi cette subjectivité, qui naît aussi de la passion de l'auteur pour le cinéma, d'où vient tout l'intérêt de ce livre qui aborde l'origine principale de l'amour du cinéma, et comme l'origine du monde, c'est le désir.


    Les censeurs de tous ordres, qui au nom d'une idéologie, qui au nom d'une foi, ne se sont jamais trompés là-dessus, en obtenant le résultat inverse à celui qu'ils espéraient car en forçant les réalisateurs à la suggestion, à l'évocation, plus qu'à montrer crûment « la chose », ils n'ont fait qu'attiser ce désir, désir qui s'il vient de l'éros et du sexe naît également de la tête

    Hollywood entre autres devenant une « usine à fantasmes », une colinne de miroirs aux alouettes camouflant selon certains écrivains, comme James Ellroy, des réalisateurs comme David Lynch, de noirs secrets.


    Les passionnés de cinéma, terme que l'on peut préférer à cinéphile qui sent son érudit un brin poussiéreux amateur d'Abel Gance et de Godard qui s'est arrêté à la « Nouvelle Vague », savent bien qu'à l'origine leur passion naît du désir, de la chair, de leur cœur, des émotions ressenties face aux images projetées sur ce qui est devenu une caverne de Platon moderne.


    cinéma, littérature, société, nostalgie, cinocheD'aucuns parmi ses érudits scopophiles oublient que s'ils sont allé au cinéma parfois, c'était pour apercevoir les bas noirs de Silvana Mangano dans « Riz Amer », guetter les transparences des robes de Marylin, ou des chemisiers de Dominique Sanda dans les films de Bertolucci qui montrait aussi les seins lourds de Maria Schneider dans « le dernier Tango ».


    Et aussi et surtout ils attendaient le moment propice quand la fille assise à côté d'eux se pelotonnerait contre eux, mieux les embrasserait fougueusement comme la vedette féminine sur l'écran, à la manière d'Ingrid Bergman dans « les Enchaînés » ou aurait besoin d'être consolé après un grand film romantique.


    Certains sont parfois maladroits dans le choix des films qu'ils vont voir avec la jeune femme qu'ils désirent, ainsi je me souviens de celui-ci qui est allé voir « La liste de Schindler » avec sa dulcinée, celle-ci était tellement triste qu'elle ne souhaita même pas aller ensuite partager un repas au restaurant au grand désespoir de son amoureux éconduit avec douceur par la fine bouche qui avait senti le cœur tendre, dépité d'avoir fourni lui-même le prétexte de sa mauvaise fortune.


    cinéma, littérature, société, nostalgie, cinocheJe me souviens aussi de celui-là qui durant les deux heures de « Basic Instinct » sur l'écran ne savait trop s'il devait se comporter en soudard ou en gentleman ce jour là avec sa compagne de fauteuil, une camarade intelligente qui portait à merveille des minijupes très seyantes sur elle. En sortant il s'en voulut d'avoir été donc victime de sa trop bonne éducation.


    Je ne dirais pas lequel des deux était moi...


    Enfin, si tout passionné de cinéma égrène ce genre de souvenirs érotiques distingués, il oublie toujours de parler des films moins gratifiants pour son ego, les délires « tétonnesques » de Russ Meyer, les pornos des années 70 qui souvent étaient réalisés par des intellectuels en rupture de ban, d'un bord ou de l'autre, anars de droite et révolutionnaires, les films ayant la redoutable Ilsa pour héroïne, les bandes de « blaxploitation » ou le « Pimp » (souteneur, maquereau) était souvent le personnage central entouré de jolies filles allègrement dénudées, comme dans « Superfly » sans oublier les films d'horreur punissant hypocritement l'acte sexuel par le meurtre des coupables par un « serial killer » qui passe, et le montrant abondamment, sous toutes les coutures, auparavant.


    Le cinéma du désir c'est aussi le cinéma de l'angoisse, angoisse partagé par tous ceux qui ont la passion de la littérature, et de l'écriture, cette angoisse de ne pas ressentir chaque instant de sa vie intensément, de vivre à moitié. Henri Langlois, bon vivant, ogre débonnaire fou de cinéma, racontait souvent ce rêve qu'il faisait : il était dans une rue sur la chaussée de laquelle étaient répandues des pellicules par centaines, et lui n'avait qu'un tout petit landau d'enfant pour les entreposer, et les regarder un instant grâce au soleil qui dans son rêve était immense.

    Photo extraite de "Pushover" où Kim Novak était belle aussi empruntée sur le blog "écran captif"

    Photo de Marylin, de la "Black Session" avec Milton Greene, collection de l'auteur de l'article, tout comme la photo de Lana Turner dans "le facteur sonne toujours deux fois"

    Photo de "Bound", Gina Gershon et Jennifer Tilly prise sur le site "Tout le ciné"

  • "Haro sur le diesel !" - Sept français sur dix méprisés

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

    Depuis quelques temps déjà, c'est « haro sur le diesel », après « haro sur les cigarettes », sous prétexte de santé et d'hygiène publiques. Les radios, les médias, les journaux ne cessent d'interroger des « spécialistes » qui tous abondent dans le même sens...


    pompe1.jpgEt monsieur Montebourg y retrouve sa stature de « chevalier blanc de gauche » de la politique, rôle qu'il avait un peu perdu après s'être ridiculisé face à Mittal ou aux patrons de l'usine « Goodyear » d'Amiens, et devant lesquels il a montré quelques rodomontads sans conséquences positives pour les salariés et donc surtout son impuisance manifeste.


    Les objectifs sont nobles en apparence, mais au fond il s'agit surtout de gratter quelques impôts supplémentaires un peu partout en pénalisant ce qui reste encore des classes moyennes, tous ces ménages qui ne revendiquent pas souvent il faut dire, ne descendent pas dans la rue pour telle ou telle revendication communautariste, ne sont pas organisés en lobbies.


    Les rares fois où quelques uns parmi eux manifestent, contre un projet de loi sociétale par exemple, ils sont de toutes façons largement méprisés et ringardisés, pointés du doigt comme « réacs », rétrogrades et ce malgré une réception élyséenne...


    C'est aussi encore un exemple de l'idéologie sociale-libérale, festiviste, à l'oeuvre, et qui avait déjà conduit à quelques projets idéologiquement grotesques qui auraient pénalisé surtout les plus précaires, comme le péage à l'entrée de Paris pour les voitures les plus polluantes qu'avait préconisé Denis Baupin il y a un temps, ainsi que des autoroutes périphériques plus chères autour de Paris, propositions de nouveau évoquées par Bertrand Delanoé il y a peu...


    Et de continuer à pratiquer la même politique clientéliste en caressant dans le sens du poil les électeurs écologistes à défaut de retrouver la confiance des classes populaires qui sont parties sous d'autres cieux électoraux, en particulier au FN, où elles restent, la plupart des commentateurs de la « bonne presse » n'y voyant pas malice et parlant encore de « vote protestataire ».


    Et puis il faut dire que les commentateurs se foutent du vote FN des classes populaires qu'ils méprisent, n'ayant pas de mots assez durs pour elles : « beaufs », « franchouillards », « ploucs » etc...


    Bien sûr, il s'en trouvera parmi les partisans du gouvernement actuel pour chipoter sur la définition de classes moyennes. Il est certain qu'un ménage de la classe moyenne sera toujours plus riche qu'un allocataire du RSA tout comme un manchot qui a encore ses jambes a plus de chance qu'un « homme tronc ».


    Tout est relatif et réciproquement.


    Mais discuter sur la définition de la classe moyenne ne change rien à ce fait tout simple : la politique fiscale imposée par l'Europe appauvrit chaque jour un peu plus les ménages qui auparavant disposaient d'encore un peu de liquidités.


    Ceux qui ergotent là dessus, faisant la « fine bouche » sont généralement issus de milieux sociaux matériellement confortables et ne craignant pas l'insécurité des revenus et de l'emploi, y compris pendant la retraite où ils bénéficient pour la plupart des « régimes spéciaux » et quelques autres -menus certes mais quand même- privilèges, pardon des « z-acquis sociaux » (TM°) que l'on ne peut remettre en cause sans risquer l'appel au risque de retour des « -z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) ou la remise en cause de la politique du CNR, ce ci montrant d'ailleurs au passage que la gauche vit depuis 45 dans un présent politique perpétuel.


    L'exemple de cet engouement pour la conversion ou le remplacement des voitures « diesel », ce qui concerne sept français sur dix environ, ou 65% du parc automobile national, en est un bon exemple. Si les ménages achetaient une « diesel » c'était surtout pour conserver une indépendance de mouvements, que permet la voiture plus que les transports en commun encore en 2013 :


    Les billets de trains sont de plus en plus chers à moins de répondre à des conditions tellement draconiennes que voyager à prix réduit devient progressivement impossible, y compris grâce aux bétaillères « new look » « Ouigo » (TM°).


    Les cars en province ont le plus souvent des horaires aberrants, et des tarifs qui oscillent entre le prohibitf, aussi chers que le train, et le scandaleux. Du point de vue commercial, on parle alors « pudiquement » de nécessité de rentabilité, qui devient le seul point de vue des collectités locales censées mettre en place des infrastructures adéquates, ce qu'ils ne font plus depuis longtemps sur les « petites » lignes qui auparavant rendaient service.


    Cette fichue nécessité de rentabilité permet des rentrées d'argent plus importantes et la réalisation de projets locaux plus ou moins pharaoniques confortant les édiles dans leurs prétentions à marquer leur législature : la construction d'une SMAC par exemple dans une ville déjà largement endettée.....


    Même si sa conversion à l'économie de marché hyper-libérale, et à la nécessité de rentabilité rapide, est évidente, la gauche curieusement, même devenue sociale libérale, et sans percevoir l'hypocrisie de cette posture, reste empêtré dans ses postures de « gauche morale » voire « gauche olfactive » qu'elle limite maintenant à ses choix sociétaux, en particulier sur les théories du "Genre"...

    illustration empruntée au site "web-automobile"

     

  • Grosses caisses et cuivres contre le désespoir

    Imprimer Pin it!

    La souffrance, ou même l'ébauche du désespoir, se soignent aussi, et plus sûrement en jouant de quelques grosses caisses tonitruantes, et cuivres bien bruyants, qui détournent l'attention à coup sûr, ce qui est un moyen comme un autre d'éviter les refrains lénifiants et les bonnes paroles de ceux qui n'ont au fond rien à dire, ou se foutent de soulager vraiment celui qui souffre, car ils ne feront rien, et dont ils ne veulent rien savoir ce qui témoigne de leur part surtout d'un manque d'intelligence.


    6a00d83454f23469e2014e86675f57970d-500wiJ'ai l'impression que je suis depuis longtemps, de par diverses raisons liés au physique, au moral, aux normes,  une

    contradiction vivante des préjugés et des poncifs que certains confondent avec leurs opinions ou manières de vivre.


    Il faut dire aussi, autre handicap, que j'ai toujours détesté l'absence d'authenticité, la fausseté de sentiments, et les compromis réputés obligatoires auxquels la plupart des individus modernes se laissent asservir sans réfléchir plus avant. Là, on va me parler d'orgueil...


    Il faut avouer aussi que la plupart des personnes ne veulent pas se sortir de la gangue de leur confort intellectuel, de leurs préjugés, de leurs lieux communs, ne veulent surtout pas être libérés de cet asservissement.


    On s'étonne pourtant encore :


    "Il est caustique, il serait misanthrope que ça ne m'étonnerait pas". Ou alors "il est trop sensible", "il a un mal être" et "il veut que tout le monde soit malheureux" ou pire "il n'aime personne".


    En tout cas, une chose exacte, je deviens un spécialiste du "travail du négatif"...


    Je préfère encore "être malheureux" de cette manière mais lucide que faussement heureux et subissant un compromis moral, et continuer à jouer de quelques grosses caisses qui détournent l'attention des beaux esprits qui montrent en tombant dans le panneau qu'au fond leurs belles attitudes sont des plus superficielles...


    En illustration un provocateur qui aurait compris de suite de quoi je parle...