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La neige révélatrice des médiocrités de l'époque

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politique, société, neige, hypocrisie

"By jove" dit Mortimer à Blake, ce mauvais temps c'est encore un sale coup d'Olrik comme dans l'affaire "Sos Météores"...


La neige tombe en mars, ce n'était pas arrivé depuis les années 80. c'est exceptionnel certes mais ce que cela provoque chez nos contemporains montre s'il n'en était besoin la médiocrité de notre société à la fois matérialiste et vide de sens, les individus la composant étant surtout préoccupés de la possession ou non de certains objets.


La neige révèle les contours des villes, leur donne une poésie que parfois elles n'ont pas, même dans leur laideur, la neige est pour les romantiques, les rêveurs, elle atténue les bruits des machines, elle incline au silence réparateur, à la rêverie, à la méditation.


Et la neige révèle aussi toutes les faiblesses d'une époque, et des pitoyables primates que nous sommes.


Il suffit d'une journée de neige pour montrer la désorganisation de l'état et des communautés locales, de l'absence de lien réel entre les citoyens, de leur infantilisation bien nette, de leur incapacité à prévoir, ou à accepter simplement des faits naturels, à tenter de trouver vaille que vaille un bouc-émissaire à une situation tenant de l'impondérable contre lequel on peut peu de choses.


Ici, c'est la faute au gouvernement, là c'est la faute aux élus locaux etc...


On ne peut qu'être écœuré un peu plus, c'est mon cas, par le fait qu'il faille ces circonstances exceptionnelles, ces « épisodes neigeux », (car oui on fait aussi du « storytelling » avec la météo), pour que les personnes réalisent enfin que le monde n'est pas une superposition d'individus et d’ego, une addition d'égoïsmes, mais que nous vivons ensemble, que ce que nous faisons compte pour les autres, que sans ce sens de l'autre, nous ne valons pas grand chose.


Je ne me fais guère d'illusions, une fois la situation revenue à la normale, tout le monde reviendra, hélas, à ses petites habitudes et son confort intellectuel. Dés le « redoux » simplement embryonnaire, l'imbécile consumériste ressortira aussitôt sa voiture pour aller errer entre les rayons d'un supermarché ou un autre, et rêver aux achats qu'il peut encore faire à crédit.


D'aucuns s'extasient avec forces démonstrations de sur-affectivité pénible sur les actes de solidarité effectuées qui par des automobilistes, qui par des habitants de petites villes, afin d'accueillir des sans-abris d'un jour ou d'une nuit, des automobilistes bloqués toute une nuit, des voyageurs dans un train etc...


D'autres encore s'étonnent et se passionnent pour ces personnes qui se mettent à parler au voisin, qui communiquent. Et enfin, dans le même temps, tous feignent de s'apercevoir qu'il y a des mal logés, et des SDF dans les rues, au printemps, en été, en automne, et pas seulement au cœur de l'hiver avant et après les fêtes.


Ces chutes de neige étaient-elles si peu prévisibles ?


Je me souviens avoir lu il y a quelques années déjà « Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique », sorti chez « Allia » qui annonçait cette continentalisation du climat, pour le moins. Des hivers de plus en plus froids entre autres, et des « épisodes neigeux » exceptionnels le devenant de moins en moins.


politique, société, neige, hypocrisie

Lorsque d'autres lecteurs de ce livre ou moi-même évoquions ce livre, nous étions pris pour de doux rêveurs, des littéraires un poil trop imaginatifs, ayant vu trop de films dystopiques des années 70, des vieux gosses immatures.


Les événements que cet ouvrage prévoyaient sont tous en train d'arriver un par un, dont la fonte des glaciers d'Alaska que les américains laissent faire pour exploiter les ressources pétrolifères présentes dans le sous-sol d'iceux, mais on peut être sûr que les imbéciles ne voudront toujours pas les prendre au sérieux.


Cela les pousserait à s'interroger sur leur propre responsabilité face au chaos social engendré par la neige tombée il y a deux jours, à remettre en question un mode de vie nous menant à mettre en place déjà ce qui est bel et bien pour reprendre le terme de Gilles Châtelet une « société de porcs ».


photo du haut empruntée au site du Figaro, photo du bas de l'auteur

extrait du livre cité :

“Il semble donc que les questions à poser sont : Quand cela va-t-il se produire ? Quels en seront les impacts ? Et comment pouvons-nous nous y préparer du mieux possible ? Plutôt que : Cela va-t-il réellement arriver ?”

un petit clin d'oeil ci-dessous à Jacobs...

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