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Ode à Sophie de Menthon

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 Sophie de Menthon est bronzée et chic comme Alexandra Stewart dans « Madame Claude 2 » qui restait élégante même dans un porno « soft ». Madame de Menthon est également une sorte de missionnaire d'un nouveau genre.

6471359370791.jpg Il lui arrive d'être beaucoup moins chic que l'actrice sus-citée cependant, par exemple dans son expression, comme on a pu l'entendre dans l'émission « les Grandes Gueules » de RMC dont elle était une des intervenantes et une « bonne cliente » pour faire le « buzz ».

 Sophie de Menthon défend inlassablement la libre entreprise, la liberté des patrons de licencier sans se soucier de choses aussi ridicules que l'éthique, la dignité, la morale, ou le respect humain, toutes choses ridicules et poussiéreuses pour les esprits de progrès comme elle, et surtout quand il est question d'argent et de prise de bénéfices pour les actionnaires, toutes choses qui comptent par contre dans le beau monde mais entre individus du même milieu, tant que l'on est entre soi.

 Il n'y a pas de règles morales assez dures par contre pour ceux que ces apôtres du libéralisme perçoivent encore comme des « classes dangereuses », pas d'éducation envisageable, pas de culture à partager.

 Bien sûr, chez ces « gens-là » ce que je viens d'évoquer n'a d'importance que quant à l'apparence, pour assumer son rang légitiment acquis en jouant à la bourse ou pariant sur la vie et la mort de quelques centaines d'ouvriers pour conserver ce rang.

 Chez ces « gens là » on est tout aussi libertaires sur le plan des mœurs que chez les « belles consciences ». et les épouses ne sont pas toujours jalouses, tant que le petit jeu reste endogame.

 Et quand la bedaine devient trop apparente chez les hommes ou que les liftings et autres injections de Botox ne cachent plus la décrépitude physique de ces dames, on se range définitivement en compensant par l'achat d'un gros 4x4 ou autre objet phalliquement compensatoire à l'âge où la prostate devient un problème préoccupant.

 On peut passer du camp des disciples du libéralisme à celui des belles consciences sans aucun souci, ainsi monsieur Bergé, qui maîtrise les codes de l'un et l'autre ou Roselyne Bachelot que l'on a vue chez Jean-Michel Ribes à la soirée au théâtre du Rond-Point pour soutenir le « mariage pour tous ».

 Sophie de Menthon avait tout lieux de se réjouir, les dirigeants de RMC ont appliqué rigoureusement à la lettre ce qu'elle prône par mont et par vaux depuis des années, y compris auprès des « chtits n'enfants » de pauvres à qui il convient de porter la bonne nouvelle de la consommation-reine à travers des manuels adaptés et conseillés aux écoles.

 Ils l'ont viré sans ménagements après des propos pourtant anodins et seulement juste un peu taquins sur Nafissatou Diallo. Ils ont pourtant célébré la liberté d'entreprise sans se poser de questions.

 De quoi en effet se plaignait cette femme de ménage ?

 Elle n'a fait qu'exprimer une vérité toute simple, innocente, car en effet matériellement, et pour un libéral, seul le matériel compte, les indemnités qu'elle a perçues suite aux avances certes un peu pressantes de DSK sont bel et bien la meilleure chose qui lui soit arrivée du point de vue des disciples de Milton Friedmann ou son fils David.

 Madame de Menthon a malgré tout trouvé son licenciement, qu'elle a appris par la presse, d'une « violence incroyâââble » comme elle l'a dit chez Alessandra Sublet hier.

 Car la liberté de virer des employés comme on veut, de la manière que l'on veut, quand on pensent qu'ils vont faire perdre des sous à l'entreprise, c'est bel et bien violent.

Et pour elle, dans son cas, en plus c'est forcément du sexisme, un truc réactionnaire...

 Mais pour Sophie cette violence est sans importance pour les autres.

 Elle n'envisageait certes pas une seconde que ses belles théories devaient s'appliquer une seconde à son cas.

 Et quand elle a eu ses propos d'une élégance folle envers Nafissatou Diallo, elle ne voyait pas le problème, cette femme de ménage n'est pas de la même espèce à ses yeux qu'un entrepreneur dynamique ou un « délocalisateur » fébrile et avide. Pourquoi respecter cette dame alors qu'elle n'a aucun pouvoir de décision sur le processus macro et micro économique.

 J'ai presque pitié de Sophie de Menthon qui semble ne pas comprendre ce qui lui arrive, et qu'elle préconise pourtant depuis des années pour les travailleurs. Elle n'a pas eu cet éclair de lucidité que Jean-Marc Sylvestre, un autre apôtre du libéralisme sans b arrières, avait su faire montrer il y a quelques années après une crise cardiaque et un service public de santé pour lequel il n'avait pas de mots assez durs auparavant.

 Je ne m'inquiète pas trop pour elle malgré tout sachant très bien qu'elle saura très bien « retomber sur ses pattes »...

image empruntée au site du Nouvel Obs

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