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  • Pilule amère

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     Un professionnel de santé m'a confié un jour ceci concernant la réalité des conséquences de la contraception et de l'avortement pour les jeunes femmes y ayant eu recours, une réalité crue, triviale, brutale parfois, très éloignée des bonnes intentions et des grands discours :

     bayer.jpgLe plus souvent, c'est le petit ami, le « copain » qui vient acheter pour sa copine la pilule « classique » voire la « pilule dite du lendemain ». C'est lui qui décide abruptement de ce que son amie doit faire et non elle.

     Plus le quartier est défavorisé, plus les décisions seront d'ailleurs prises abruptement et moins les filles seront libre, soumises aux « grands frères », au machisme ordinaire le plus bas qui est loin d'être seulement dû à une compréhension radicale de l'Islam, mais aussi et surtout des « modèles » (sic) sexuels que sont trop souvent pour les adolescents les acteurs et actrices de films pornos auxquels ils ont accès de plus en plus tôt, et qui véhiculent une image des plus déplorables de la sexualité.

     Et le plus souvent la plupart des jeunes sont totalement ignorants de l'usage concret des moyens contraceptifs, y compris du petit capuchon en latex généralement perçu quotidiennement comme un « tue-l'amour » redoutable.

     Mais cela, il ne faut pas le dire, il faut garder le silence sur la réalité des faits qui contredit les dogmes portés pour le bien du peuple par les belles consciences « kipensent » (TM°).

     Le simple fait d'émettre un doute raisonnable, même anodin, sur les risques objectifs induits par la contraception chimique suffit pour se faire taxer de « réac » ce qui sera à n'en pas douter également le cas pour l'auteur de ce texte qui en a l'habitude.

     Je suis persuadé qu'en fait la « gauche morale » ou « gauche olfactive », ces belles consciences, n'en ont strictement rien à faire des jeunes filles et jeunes femmes, ou du sort des homosexuels, des quartiers moins aisés que les autres.

     La liberté sexuelles, les droits des femmes, la libération des moeurs, ils les conçoivent pour leur milieu bourgeois, libéral-libertaire, en premier.

     Bien sûr, la gauche morale a un peu évolué depuis 68 comme on peut le constater depuis le début de la bagarre autour du mariage gay. A cette époque, elle proclamait aux femmes que leur corps leur appartenait, en 2013, elle dit aux femmes – aux plus précaires d'entre elles- que leur corps appartient aux couples modernes qui voudront en disposer.

     Depuis quelques temps déjà il y a de graves problèmes de santé induits par les pilules de « troisième » et « quatrième génération », des problèmes ayant des conséquences dramatiques dont cet AVC entre autres, subi par une femme, à cause du produit « Diane 35 » qui a entrainé également la mort de quatre personnes, la ministre de la Santé appelant cependant à ne pas s'inquiéter pour les autres pilules, ce qui serait passible d'excommunication politique en 2013, on la comprend...

     Cela fait très longtemps que les médecins connaissent les risques importants liés à ces produits du laboratoire « Bayer » mais il ne faut rien à dire et continuer à prescrire ce médicament à risques car beaucoup ont semblé penser qu'avouer ces risques conduirait à revenir en arrière, avant la pilule et les produits contraceptifs chimiques, ce qui présentait le danger de voir le retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) quand les femmes n'étaient pas libres de disposer de leur corps et que l'Ordre Moral étendait sa main de fer partout.

     Une chose a par contre été totalement assimilée par les populations jeunes, la grossesse est toujours vécue comme un « risque », quasiment une maladie, et non une voie possible d'épanouissement personnel, exepté bien sûr en cas de couple « gay » où cela devient un droit imprescriptible car il est bien connu que les gays élèvent mieux leurs enfants ainsi que semble le suggérer Jean-Michel Ribes quand il rappelle que Hitler est né d'un père et d'une mère, ce qui sans aucun doute fait peser un lourd soupçon sur tous les couples hétérosexuels, ce charmant personnage assumant complètement cette sortie et se permettant ensuite d'ironiser sur les enfants de Philippe de Villiers.

     On notera d'ailleurs l'élégance du geste consistant à redonner quelques coups de pieds dans le ventre à un homme à terre comme Philippe de Villiers. Mais cela, sans doute est-ce du « rire de résistance » tellement subtil qu'il ne peut être perçu par un mauvais esprit qui voit le mal partout tel que moi ? A l'entendre, c'est d'ailleurs de la faute de Frigide Barjot, qui était son interlocutrice, qui est donc ventriloque ?

     Ribes est typique des ces augures contemporains, ces nouveaux inquisiteurs, plus dogmatiques qu'un dominicain en chasse d'hérétiques au XIIIème siècle et beaucoup plus arbitraire quant au traitement subi par le contradicteur qu'un exégète tatillon. Il est représentatif de la bourgeoisie à prétentions sociales et sociétales actuelles, qui n'a rien à voir avec les « bobos », je précise, qui sont une catégorie anodine de privilégiés urbains se donnant des airs libérés.

     Ces beaux esprits, Trissotin en plus trivial, ne s'intéressent pas à la précarisation des salariés, à la crise de l'économie, aux licenciements dans l'automobile et l'industrie françaises. Cela les concernera beaucoup moins.

    illustration empruntée ici au site "independant.fr"

  • Les vidéos de Niki Vered-Bar

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    vidéo, arts, littérature, peintureNiki Vered-Bar, artiste et écrivain israélienne, et amie du blog de Grandgil, propose maintenant des vidéos sur son site

    Sur Séraphine de Senlis

    Une autre intitulée...

    Mon monde étanche

    La création du monde, le soupir de l'univers, le silence prisonnier et voilé, le regard hermétique et les larmes de Dieu.
    (Dessins à l'encre de Chine de Niki Vered-Bar)
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  • Un mariage gay en 1986

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    Pourraient-ils, Coluche et Le Luron, refaire cette blague aujourd'hui sans être taxés de ci ou de là, d'homophobie entre autres, j'ai quelques doutes ?

    PS : 1968 : les féministes défilent en scandant « notre corps nous appartient ! »
    2013 : les entreprises de locations d’utérus aux précaires : votre corps NOUS appartient !

    (ce n’est même pas de la fiction)


    Mariage Coluche - Le Luron par ina

  • Lettre ouverte aux aspirants gourous et aux directeurs de conscience improvisés

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    Je suis toujours effaré par le conformisme sévissant à notre époque, un conformisme lié paradoxalement à l'affirmation constante qu'en matière de liberté nous vivrions une apogée, un nadir, et à un individualisme forcené parfaitement assumé, un individualisme bien étriqué consistant surtout à ne songer qu'à sa propre survie et la garantie de sa capacité à consommer.

    société,littérature,conformisme,christiannisme,hypocrisieCet individualisme profondément matérialiste n'a rien à voir avec l'égotisme de Stendhal ou la liberté intellectuelle de grands personnages tels Molière ou Baudelaire en leurs temps que les promoteurs de cette société libérale libertaire ne cessent d'invoquer.

    La Famille, l'Éducation, la Morale, la Nation sont toutes perçues comme des contraintes insupportables freinant la satisfaction de ces toutes petites aspirations matérialistes, de l'avidité reine et de l'égoïsme tout-puissant. L'individu se perçoit comme un adolescent omnipotent et éternel qui ne veut surtout pas mûrir.

    Les parents ne pensent donc plus seulement à éduquer leurs enfants et leur transmettre des valeurs (quel vilain mot je sais à notre époque qui les rejette), mais ils sont également sommés de continuer à satisfaire les désirs minuscules, à les entretenir même, sous peine de ne pouvoir s'épanouir vraiment.

    L'enfant lui-même n'est plus perçu comme une personne mais comme une chose que l'on se paye quand on en a les moyens, une sorte de joue interactif sophistiqué qui est le plus souvent le réceptacle des diverses frustrations des parents.

    Et apparemment paradoxalement, précisément dans le même temps, parallèlement, on voir fleurir une multitude d'officines de « directeurs de conscience » et « coachs de vie », toute personne ayant une autorité morale quelconque ou quelques notions, pouvant prétendre s'improviser confesseur des souffrances de ses congénères, se croit alors autorisée à donner des conseils ou des directions à suivre à son entourage, en en faisant parfois un métier et une source de revenus.

     Ce qui me surprend toujours quant à ces confesseurs d'un genre nouveau, c'est qu'ils sont tous a priori sensés aider les personnes à s'émanciper, à se libérer de quelque tutelle que ce soit, ce qu'ils s'empressent de ne pas faire bien entendu instaurant une relation de dépendance et d'autorité avec celui ou celle qui prend le risque, selon moi inconsidéré, de les écouter avec attention.

    Les « anciens » directeurs de conscience, ecclésiastiques ou religieux, suivent le mouvement, croyant y trouver un renouveau pour l'Église Catholique, persuadés qu'ils y retrouveront l'assise perdue dans notre société, oubliant que ce serait encore mieux d'essayer de la retrouver par des actes concrets.

    Ces « anciens » directeurs apprécient tout comme les nouveaux que leurs confessés soient fortement dépendants de leurs maximes et pensées qui sont le plus souvent au mieux du bon sens tout simplement, au pire, des poncifs éculés.

    Il faut bien combler le vide de ce qui n'est plus transmis par notre société ou la famille, de ce qui devrait être la base des véritables règles pour vivre ensemble, bien différentes des poncifs vaguement humanitaristes à l'honneur de nos jours. Et il faut bien remettre dans le droit chemin les brebis égarées en quête d'élévation spirituelle ou de sortie du troupeau.

    Car qu'est-ce qui domine dans tous les discours de « coaching » de vie, de direction intellectuelle et,ou spirituelle ?

    Qu'est-ce qui est reproché ou demandé aux personnes en souffrance ?

    Ou ayant des velléités d'indépendance quant à leur milieu naturel, ce qui peut amener à souffrir ?

    Bien souvent, elles sont considérées comme orgueilleuses, l'orgueil de demander un peu d'attention pour une souffrance le plus souvent méprisée ou niée par notre monde et surtout l'orgueil de pouvoir se croire indépendant. Je trouve cela ironique de la part des directeurs de conscience de l'ancien et du nouveau genre de les trouver orgueilleux, car se croire dans la capacité de donner une direction de vie l'est plus encore.

    Par contre, bien sûr, je fais la différence avec l'ami qui sait parler un langage vrai à un ami, quitte à prendre le risque de le blesser même légèrement...

    « Tu n'es pas le seul/la seule à souffrir, pense un peu aux handicapés qui souffrent plus que toi », est une réponse le plus souvent entendue par la personne souhaitant juste un peu d'empathie qu'on lui refuse car la souffrance fait peur dans notre société.

    Ou bien on lui conseille de se rappeler des petits n'enfants n'africains « qui n'ont rien à manger et qui sont bien malheureux, eux, allez... ».

    Une personne ayant des aspirations ne correspondant pas du tout à son milieu d'origine est également désignée comme forcément prétentieuse, vaniteuse, orgueilleuse elle aussi, l'idée que des aspirations élevées et l'ouverture d'esprit sont obligatoirement reliées à un niveau de vie aisé voire très aisé étant fortement implantée encore maintenant.

    Ce préjugé que je trouve d'une bêtise sans pareil est tenace et a la vie dure.

    C'est plus ou moins toléré si l'individu a les diplômes « ad hoc », qui vont avec celle-ci. Mais il se doit de rester bien sagement dans les cadres et de n'en pas bouger.

    Cerise sur le gâteau, gare aux parents qui, contre vents et marées, transmettent à leurs enfants cette indépendance d'esprit ! Parfois, ce sont leurs enfants eux-mêmes qui leur reprocheront d'avoir « brouillé les cartes » et de ne pas savoir à quel cadre social ils appartiennent exactement, à quel schéma de comportement ils doivent obéir, la pression du conformisme social étant le plus souvent la plus forte. Alors que c'est une liberté rare qui leur est transmise, même si elle est dure à vivre dans le monde tel qu'il est, même si elle se paye parfois très chèrement...

    La toile de Caspar Friedrich est empruntée à ce site

  • Au lendemain de la "Manif pour l'égalité"

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    politique, société, mariage pour tous, hypocrisie

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    Hier dimanche c'était la « manifestation pour l'égalité » des partisans du « Mariage pour tous », soutenus en cela par de nombreux « pipeaules », tous dans le sens du vent, du progrès. Ceux-ci se sont retrouvés entre eux, entre personnes « kipensent » (TM°) au théâtre du Rond-Point, haut lieu de la contestation de salon. Parmi eux, la « première Dame » de France, Valérie Trierweiler. Cet épisode montre la coupure entre « pays légal » et « pays réel », entre la gauche sociétale et le peuple.

    On aimerait qu'ils montrent autant d'empressement pour défendre les salariés de l'automobile ou lutter contre le chômage.

    Ils n'hésitent pas à se livre à des comparaisons parfois hasardeuses, comme Pierre Bergé qui évoque l'« humus antisémite » des opposants au projet de loi, ce qui est un dérapage pour le coup tout aussi marqué que la comparaison que Xavier Bongibault faisait entre Hollande et Hitler.

    Curieusement, il ne s'est trouvé personne, ou presque, pour relever cette assertion de Bergé et pousser les cris d'orfraie qui vont avec. Monsieur Bergé n'en est pas à son coup d'essai car pour lui « louer son ventre pour faire un enfant, ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? », ce qui montre que pour lui mais il n'est pas le seul, le corps des femmes est d'ores et déjà « marchandisée », marchandisation qui est une des raisons de s'opposer au « Mariage pour tous ».

    Car le problème ce n'est pas tant le mariage civil de deux homosexuels/les que les conséquences logiques de cette loi qui seront la mise en place de la PMA (procréation médicalement assistée) et de la GPA (Gestation pour Autrui), qui sont les deux piliers du « Mariage pour tous » aux yeux pour commencer des principaux intéressés et de leurs représentants des associations « LGBT ».

    Il suffisait pour cela de regarder « Zone Interdite » dimanche soir, qui consacrait tout un numéro très bien fait sur des couples homosexuels avec enfants ou en désir d'enfant. Bien sûr, ce magazine présentait surtout des points de vue favorables au « mariage gay », tout en interviewant des personnes qui au fond par leurs actes, loin des bonnes intentions, donnent des arguments contre.

    Souvent, ce qui ressort de cette émission donnait une impression de profond malaise.

    Par exemple, on pouvait suivre le parcours d'un couple de lesbiennes en recherche d'un « donneur » de sperme sur Internet.

    Ce qui avait un grand intérêt est que celles-ci expliquaient clairement leurs motivations et ce qu'elles attendaient ensuite. :

    Primo. Que le « donneur » leur plaise à toutes les deux, surtout physiquement. Comme sur un catalogue en quelque sorte.

    politique,société,mariage pour tous,hypocrisieCela vaut bien les « quadras » ou « quinquas » aisés qui « achètent » leur femme sur « catalogue » dans certaines officines matrimoniales qui « vendent » des épouses d'Europe de l'Est. Et ces réflexes montrent que l'enfant est conçu comme un produit, une chose et non comme une personne.

    Deuxio. Qu'il n'ait aucune exigence pour demander à voir plus tard son enfant, ce qui revient en passant à lui dénier le droit qu'elles réclament par ailleurs pour elles.

    Car on apprend que si le donneur donne son sperme c'est aussi par désir de filiation frustré...

    Il était également très intéressant d'entendre parler les enfants de parents homosexuels, et particulièrement ceux en bas âge, qui n'ont pas encore le filtre social de ce qu'il convient de dire ou pas en société, à qui les adultes n'ont pas encore transmis leurs préjugés, qui sont encore « natures », tels ce petit garçon qui exprime que pour lui une famille c'est « un papa, une maman ».

    Ses mères d'expliquer ensuite que bien sûr c'est la faute à la pression sociale, niant l'expression spontanée de leur fils, selon cette idée issue du « Gender » qui veut que le genre et l'identité sexuelle ne soient dus qu'au déterminisme et au conformisme social, ceci contredisant les homosexuels et associations LGBT pour qui être homosexuel n'est pas un choix mais une inclination naturelle, mais les promoteurs de la loi, du « Gender » ou les associations susdites n'en sont pas à une contradiction près.

    Je songe également à cette mère expliquant à son enfant que elle et sa compagne voulaient un enfant et qu'il est arrivé comme ça, mais qu'il a fallu une « graine de papa » je cite. Je pense aussi à cet enfant qui se retrouve avec trois mamans, la première compagne de sa mère ayant désiré continuer à pouvoir voir les enfants, qui ne s'entendent pas avec la deuxième.

    C'était ces moments qui engendraient le plus de malaise.

    Nous avions enfin des arguments autres que « le mariage pour tous c'est bien parce que c'est bien », ce qui était déjà mieux que les injures adressées aux opposants du "mariage pour tous" largement trainés dans la boue depuis plusieurs semaines.

    Et ce qui en ressort est que pour les couples homosexuels demandant ce « droit » au mariage, les motivations principales sont d'abord et avant tout l'adoption et la filiation,e t non simplement le bout de papier administratif donné à la suite d'une cérémonie civile qui bien souvent est expédiée en cinq sets par un adjoint en mairie. Ce qu'implique le « mariage pour tous » est donc bien un changement profond de la conception de la cellule familiale, c'est donc bien un changement de société dans la ligne de la réification des corps et des personnes et dans une optique profondément libérale/libertaire.

    illustration empruntée ici sur le site de "le parisien"

    illustration du bas prise

  • "Kiss in"

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    Hier ils étaient nombreux dans les rues, des "kiss in" étaient organisés, dont celui-ci

    brejnev.jpg

  • Florence Cassez, le « storytelling » et la comédie médiatique

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    Je ne souhaiterai jamais à mon pire ennemi ce qui est arrivé à Florence Cassez, son emprisonnement dans une prison mexicaine pendant sept longues années en particulier, tout comme je ne souhaiterai à aucun parent de devoir vivre l'emprisonnement de leur enfant, fût-ce dans une « prison dorée ».

    politique, société, Cassez, UMP, PSCependant, tout le tapage médiatique fait autour d'elle, qui n'est pas la seule personne retenue abusivement, ou non, derrière les barreaux, ou otage (ceux d'AQMI par exemple dont les noms ne sont que trop rarement prononcés), agace considérablement ainsi que le battage effectué par tous les « pipeaules » et politiques ayant appelé à sa libération, du fait de liens étroits de Florence et ses parents avec tout ce milieu.

    Ne parlons de la polémique que l'on peut juger abjecte sans trop se forcer entre les partisans de Sarkozy et ceux du nouveau président sur le fait de savoir qui a fait le plus pour la libération de Florence Cassez.

    N'évoquons pas non plus le sens du « storytelling » des communicants autour de Sarkozy et de Hollande, le cynisme en découlant :

    Une bonne petite histoire en forme de mélodrame avec des morceaux d'émotion et de roman policier dedans qui finit bien c'est toujours bon à prendre pour faire oublier la montée inexorable du chômage, les licenciements dans l'industrie automobile, ou la politique d'allégeance à l'austérité européenne imposée par l'Allemagne.

    Florence Cassez est-elle innocente des actes dont elle a été accusée ?

    Je ne saurais me prononcer, ne pouvant prétendre à sonder les reins et les cœurs, et peut-on se fier aux accusations d'un truand, le frère du principal inculpéé, le chef de bande Israel Vallarta Cisneros, qui avait certainement vu en la jeune femme un bouc émissaire valable en somme, une brebis sacrificielle qu'il avait sous la main, ce qui lui permettait de dénoncer également ses comparses criminels largement moins naïffs.

    Je ne crois pas malgré tout qu'elle ait été une complice active des manigances de son petit ami de l'époque qui était Vallarta Cisneros.

    Est-elle une « oie blanche » pour autant ?

    Son petit ami était quand même un malfaiteur notoire, malgré quelques doutes au départ, organisant des enlèvements atroces et auteur de diverses rapines. Comme la plupart des chefs de bande au Mexique, il menait grand train. Les réunions de la « bande du Zodiaque » avaient lieu à son domicile, elle ne pouvait pas ne pas le savoir.

    Je me suis demandé si elle s'est jamais posé la question ne fût-ce qu'une seconde sur l'origine des flots d'argent dont Vallarta Cisneros inondait ses amis et relations, témoignant elle-même qu'elle était courant que ce monsieur ait 70 000 Euros dans ses poches en « liquide » comme tout un chacun c'est bien connu.

    Je me suis demandé également aussi si elle s'est jamais posé la question une fois, une seule, des crimes commis par son « fiancé », crimes dont elle ne peut qu'avoir eu connaissance.

    Et selon moi, en fait, elle ne s'est jamais posés ces deux question, profitant du confort matériel permis par les « affaires » de son petit ami en bonne petite « oie blanche » justement. Le confort extrême endort généralement les questionnements moraux chez bien des personnes, y compris celles se parant de bonnes intentions. Et ce devait être tellement excitant d'être la compagne d'un « mauvais garçon » comme dans les films, un genre de « femme fatale » en quelque sorte éblouie par toutes les richesses qui brillaient sous ses yeux, se fichant de connaître leur origine.

    Ce dont je suis à peu près certain c'est qu'elle s'est pour toutes ces raisons laissée prendre au piège, et que si elle a été un bouc émissaire commode pour les truands, elle l'a été aussi pour la police qui avait sous la main une criminelle à montrer aux médias pour montrer son travail ce qui permettait d'éviter que soit perçue l'incurie quasiment totale des policiers mexicains jusque là, qui ont été jusqu'à organiser une reconstitution plus spectaculaire de l'arrestation de la jeune femme.

    Une autre manière de « storytelling » en quelque sorte...

    Florence Cassez en a livré sa propre version dans un livre qui a été une excellente affaire pour son éditeur jusqu'à maintenant (60000 exemplaires en trois ans, réimpression suite à sa libération), et qui va continuer à l'être. Après tout, tant mieux pour elle, cela lui permettra de vivre sans trop se soucier du lendemain pendant quelques temps encore.

    Elle a été libérée hier dans un grand fracas émotionnel organisé par le « grand cirque spectaculaire » (TM°), affirmant qu'elle était « blanchie », ce qui n'est pas tout à fait exact. On peut comprendre son empressement à se dire innocente, à vouloir oublier ce cauchemar.

    Ce n'est pas de sa responsabilité mais on aimerait le même empressement médiatique pour toutes les victimes d'emprisonnement abusif...

    Image empruntée ici sur le site du PS

  • Cette illusion du Peuple Souverain...

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    En débat sur Agoravox

    L'Histoire est écrite par les vainqueurs, l'histoire de France en particulier, qui a été réécrite par la bourgeoisie qui a été la première instigatrice des évènements menant à la Révolution, et ce en 1789 et 1793.

    politique, histoire, société, hypocrisie, révolutionPlus de deux cent après ils sont toujours au pouvoir, et malgré leur apparente mue libertaire sur le plan des mœurs seulement depuis Mai 68 on ne peut que constater qu'ils n'ont pas changé d'un iota sur le plan économique et social si l'on excepte bien sûr les quelques arguments cosmétiques que sont le « commerce dit équitable » ou leur tout nouveau souci du « développement durable » qui consiste surtout en incitation à la décroissance, pour le reste de la société....

    La société n'est perçue que comme devant conforter leurs intérêts financiers, et leurs prétentions sociales, ce qui est une spécificité bien française. Il n'y a effectivement que dans notre beau pays qu'ils ont ce petit supplément non pas d'âme mais de vanités légèrement déplacées car pour eux il ne s'agit que de préserver les apparences. Ils savent bien qu'ils sont encore en fait d'un égoïsme déplorable, d'un individualisme forcené, et généralement sans appétence particulière à se cultiver, mais le tout est de correctement faire mine d'être altruiste, généreux et d'une ouverture intellectuelle sans pareil (quelques déclarations d'intentions fracassantes sur la diversité, quelques poncifs sur l'homosexualité de tel auteur suffisent alors à leurs yeux).

    Afin d'asseoir son pouvoir, la bourgeoisie triomphante a laissé entendre que dorénavant les privilèges étaient abolis à compter de la fameuse « Nuit du 4 août 1789 ».

    Tous.

    D'ailleurs il n'en reste aucun, c'est bien connu.

    Et qu'à dater de ce jour, le peuple, prononcer le « pôôple » avec des trémolos dans la voix, devenait le seul souverain, le peuple dans son ensemble bien entendu, alors que déjà, ceux censés le représenter étaient déjà en grande majorité des bourgeois avec pour quasiment tous les réflexes de classe habituels quant à la préservation de leur statut privilégié.

    Si d'aventure, un représentant issu de milieux moins favorisés arrive au Parlement ou ailleurs les ors de la République, les moquettes profondes, les voitures de fonction, les « indemnités » font le reste et personne n'aura besoin de lui demander de défendre son nouveau statut, il s'y accrochera becs et ongles sans aucun souci, l'avidité étant toujours, ou quasiment, la plus forte.

    Rappelons qu'à la suite de cette fameuse nuitée, les nouveaux dirigeants se sont hâtés d'instaurer un suffrage censitaire bien restrictif, et non universel, ce qui suggère que déjà dans leur esprit la qualité d'un homme à représenter ses semblables était liée au montant de ses revenus, suffrage qui signifiait une expression populaire moindre qu'avec les parlements des provinces qui existaient sous la Monarchie, et dont le rôle, bien que théoriquement consultatifs exclusivement, grandissait ce qui aurait entrainé une évolution démocratique de fait.

    Ce mythe idéologique lié au 4 août, que l'on retrouve de la droite à la gauche en France depuis, a la vie dure. C'est l'excuse parfaite pour la classe sociale ayant pris le pouvoir à la faveur de ces bouleversements pour s'y maintenir et insister sur sa légitimité à guider le peuple vers le Bonheur universel et l'Utopie enfin réalisée, utopie à laquelle les bourgeois n'ont jamais réellement cru.

    Je précise bien qu'il ne s'agit pas pour moi de douter ici de la sincérité quant à ces idéaux élevés des hérauts de la République que furent par exemple les instituteurs, les « Hussards noirs », qui ne se berçaient pas de beaux discours et amenaient l'instruction, et la culture, partout en France car c'était là leur devoir. Ces hérauts y croyaient fermement quant à eux. Il a suffi d'une cinquantaine d'années pour réduire une bonne partie de leur oeuvre à néant ou quasiment...

     

    La constitution de 1793, de la Convention, prévoyait bien la mise en place du suffrage universel, enfin presque, les femmes n'étant pas comprises dans cette universalité, mais ne l'appliqua jamais sous prétexte de « Patrie en danger », l'ennemi et les tyrans étant à nos portes du fait de guerres il est vrai déclenchées par les nouveaux dirigeants contre à peu près toute l'Europe, une manière je suppose de célébrer les idéaux de paix, de justice et de tolérance qu'ils étaient censés défendre.

     

    A noter que depuis c'est devenu une habitude, lorsque les dirigeants des républiques successives sont dans une position inconfortable à l'intérieur du pays, rien de tel qu'une bonne guerre pour détourner l'attention du peuple des problèmes les plus douloureux le concernant au premier chef comme la précarité, la pauvreté, le chômage.

    Les uns vont en Libye, les autres au Mali, faisant d'une pierre deux coups en plus :

    les prétextes humanitaires permettent de défendre les intérêts pétroliers de la France dans le premier cas, et ceux d'AREVA dans le second.

    Précisons que je ne remets pas ici une seconde en question les idéaux sincères qui sous-tendent les déclarations des droits ou même plus tard le Code Civil, bien au contraire, ou encore moins que je doute l'accomplissement de la France comme nation à Valmy, dans la continuité de ce qu'avait déjà entrepris la Monarchie tout au long du XVIIIème siècle.

    Le plus désolant dans tout cela est que le peuple se laisse prendre ou feint de se laisser prendre maintenant encore à toutes ces belles paroles tout en rêvant, à quelques exceptions près, de bénéficier des mêmes avantages matériels car les aspirations bourgeoises à la réussite exclusivement matérielle pour obtenir un statut social honorable, et se livrer aux prétentions qui vont avec, aspiration étriquées qui ont envahi toute la société française.

    Pour le rassurer, on lui laisse bien quelques os à ronger, on lui balance un méchant riche, bouc émissaire de tous les autres, Depardieu, on le laisse s'étriper autour de débats sociétaux qui n'en sont plus depuis longtemps pour les dirigeants, on lui parle de la neige vingt minutes aux journaux du soir à la télévision, et on le laisse se déchirer parfois avec acharnement sur Internet, ce qui lui donne l'illusion d'une liberté d'expression plus grande quitte à sonner la fin de la récréation par des lois beaucoup plus restrictives (à ce lien, paragraphe VI particulièrement) quant à cette expression, sous prétexte bien entendu de lutter contre les « dérapages » et les nostalgiques des « z-heures les plus sombres de notre histoire ».

    Ci-dessous un extrait de "la Gueule de l'Autre", film de Pierre Tchernia, et de l'excellente caricature de débat télévisé

    illustration tirée de la "Gueule de l'autre" prise sur "Tout le Ciné"


    La gueule de l'autre - le débat par daniel-c

  • Hommage à deux camarades des "tranchées"

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    politique, société, nostalgie, histoire

    On se souvient aussi sur Agoravox

    Ces derniers jours, j'ai pensé à Charles, Charles est un de mes ascendants, il paraît que je lui ressemble beaucoup, le goût pour l'humour « à froid » compris. Je me suis demandé ce qu'il aurait pensé de la France de 2013, si elle lui aurait plu...

    Sa famille venait d'Alsace après la guerre de 1870, plutôt que de devenir allemands, ils avaient préféré partir les uns jusqu'en Picardie, les autres à Montmartre, dans une toute petite rue près de la rue Caulaincourt, une des rues qui n'est pas encore envahie par la « bobolitude » contrairement au reste de Montmartre.

    A ce que j'en sais, cela lui avait paru tout à fait normal de partir, malgré tout le déchirement que cela impliquait, et les privations, il ne s'était posé aucune question. Maintenant, on lui rirait au nez, il passerait pour un naïf, un pauvre diable manipulé à ne pas penser une seule seconde à se garantir une survie confortable.

    Tout comme il ne s'en posa aucune pendant la Première Guerre Mondiale où il reçut une décoration pour avoir pris un nid de mitrailleuses à l'ennemi pendant une des interminables offensives des « tranchées ».

    Il n'en tirait aucune gloire, il avait fait son devoir c'est tout, la médaille avait été accaparée par les enfants qui jouaient avec comme avec un hochet. Et personne n'en parlait plus que ça.

    Il n'avait aucune haine pour les allemands, mais le pays étant en danger il ne s'épolitique, société, nostalgie, histoiretait pas posé plus que de questions que cela.

    Après la « Grande Guerre », qu'il n'aurait pas songé une seconde à qualifier de « boucherie », on lui avait proposé un poste de « rond-de-cuir » confortable en Espagne, mais quitter son cher Montmartre, où ses filles croisaient régulièrement Kandinsky, un jeune peintre espagnol prometteur, et Fréhel, ses deux cabots minuscules dans les bras, et qui offraient des « grenadines » aux gosses du quartier, lui avait semblé un sacrifice beaucoup trop difficile.

    Dans leur petit appartement de la « Butte » on lisait le journal avec les voisins, les uns « l'Action Française », les autres « l'Humanité ». La politique était une chose importante ainsi que l'engagement pour la collectivité, considéré comme allant de soi.

    Un temps il fût tenté par « le Sillon » de Marc Sangnier, et son utopie rurale, son beau-fils, mon grand-père, s'en souviendra quand il proposera de mettre en place, pour voir, pour essayer, un système collectiviste agraire pour résoudre le problème de la pauvreté en milieu rural dans son département, et lutter contre la désertification des campagnes.

     

    Charles était curieux de tout, par exemple bien qu'ayant des convictions très différentes des deux personnages, il avait lu Louis Blanc, son « Histoire de la Révolution », et Ernest Renan., principalement sa « Vie de Jésus », et ses conférences sur la nation. Il n'avait pas fait d'études pourtant, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir une bibliothèque immense témoignant de son goût éclectique

     

    politique, société, nostalgie, histoireQuand il rentrait dans son petit village de la Somme, où il avait une petite maison carrée typique de la région, il faisait du théâtre avec « monsieur Éric ». a Paris il avait joué avec la troupe de Charles Dullin. Monsieur Éric, ainsi qu'on l'appelait, était l'instituteur, qui était une personne que l'on respectait infiniment car tout le monde lui était gré de son dévouement pour les enfants et de ce qu'il transmettait. A l'époque, nul besoin de grandes déclarations fracassantes sur la culture, l'accession à la culture pour les défavorisés, cela allait de soi pour la République de l'époque, y compris dans les tout petits villages.

    C'est grâce à lui qu'une des filles de Charles fut une des premières femmes à faire des études longues en France, sans pour autant qu'il ne se glorifie de quelques bonnes intentions idéologiques.

    Elle travaillait bien et était consciencieuse, quels inconvénients pouvait-il y voir ? Elle le méritait.

    « Monsieur Éric » également avait fait la « Grande Guerre », dans les tranchées, avec Charles ; c'était un « hussard noir » pur qui croyait qu'un jour grâce aux progrès de l'instruction l'humanité deviendrait enfin plus fraternelle et plus libre. « Monsieur Éric » écrivait de la poésie classique, sur les paysages de Picardie, sur la tragédie des « tranchées », il avait noirci de son écriture sûre et bien dessinée quelques cahiers d'écolier qu'il avait confié à son ami.

    Ce qui caractérise encore maintenant Charles et « monsieur Éric », ainsi que beaucoup de personnes de leur temps, c'est leur hauteur de vue morale. Là encore, quel vilain mot ais-je employé là ?

    Aujourd'hui la morale est niée, reniée, déniée, rejetée, car elle apparaît comme une contrainte insupportable aux désirs des « citoyens-consommateurs » de notre époque qui ne veulent aucun frein entre eux et la satisfaction de leurs pulsions de consommation des choses et des personnes, l'amour se consommant comme tout le reste.

    Ce n'est pas que Charles et « monsieur Éric » fussent des purotins, bien au contraire mais il ne faisait qu'obéir au précepte suivant :

    « Tout m'est permis mais tout ne m'est pas profitable ».

    politique, société, nostalgie, histoireCharles détestait pour cela, tout comme son ami, l'hypocrisie morale profonde de la bourgeoisie positiviste, se voulant de progrès, au pouvoir depuis 1871. Il avait vu aux premières loges pendant « la Commune » quelles conséquences cela avait pour les « petites gens » et les classes réputées « dangereuses », en particulier au « Mur des Fédérés ».

    Il en avait également conçu une méfiance très forte, transmise à tous ses descendants, envers toutes les idéologies, y compris les plus généreuses, leurs théoriciens n'hésitant pas à envoyer se faire tuer le peuple à leur place, ou à profiter de la situation opportunément pour prendre le pouvoir et le conserver à leur bénéfice exclusif sous prétexte d'utopie à venir.

    Charles et son camarade des tranchées auraient détesté voir foulés aux pieds en 2013 leur hauteur de vues, leurs idéaux généreux à tous les deux, et la culture, en particulier les Lettres aussi méprisées, le tout au nom du progrès. Quant aux bourgeois positivistes hypocrites qu'ils détestaient, ils les auraient reconnu, ils sont toujours au pouvoir même s'ils prétendent avoir changé...

    illustration de la rue des Cloÿs, prise sur le site "Paris XVIIIème"

    illustration sur Fréhel prise sur le blog "radio herbe tendre"

    illustration sur Ercheu, le petit village de la Somme en question prise sur le site "Ercheu info"

    illustration sur "le Mur des Fédérés", prise sur le site de Larousse

  • Du Traité de l'Elysée à la "Françallemagne" (TM°)...

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    La France et l'Allemagne, déjà plus ou moins la « Françallemagne » (TM°) ou plutôt l'« Allemafrance », célèbrent ces jours-ci l'anniversaire du « Traité de l'Élysée », signé entre Adenauer et De Gaulle, censé instaurer la paix définitivement entre nos deux pays.

    politique, histoire, allemagne, france, sociétéL'on ne peut que constater l'existence de la « Françallemagne » lorsque l'on voit l'empressement avec lequel François Hollande ou son prédécesseur se sont hâtés de donner des gages de bonne conduite à Angela Merkel.

    Cette paix réputée éternelle a été le prétexte depuis le début de la construction européenne du dé-tricotage méthodique et systématique de la plupart des systèmes de protection sociale des pays concernés, de leur cohésion nationale voire même de leur existence en tant que peuples ou nations.

    Cette paix réputée éternelle méconnait la nature humaine et l'histoire car qui peut dire que la guerre est évitée à jamais en Europe ?

    Ce que comme tout le monde je souhaiterais certes mais il conviendrait d'être juste un peu plus lucide car la paix entre les peuples ne se décide pas d'un trait de plume ou par la destruction des identités de chacun.

    Le symbole de ce couple franco-allemand que la plupart des observateurs trouvent « magnifique », « splendide », encore ce matin Alain Duhamel dans sa chronique sur « RTL », c'est bien entendu la photo du président François Mitterrand tenant la main du chancelier Helmut Kohl à Douaumont.

    Pour ma part, mais je suis un mauvais esprit, je trouve cette image parfaitement risible, un petit garçon tenant la main de son Papa sévère mais juste, le réprimandant à juste titre sur ses « groβes » bêtises passées, et surtout des plus hypocrites. La réconciliation entre les deux peuples s'est faite sans les élites qui eux la mette en avant pour protéger les intérêts des sacro-saints « marchés » et du pouvoir tout-économique.

    Et France et Allemagne font encore chambre à part.

    Car le couple n'existe ni sur la politique énergétique, ni diplomatiquement, et encore moins au plan de la coopération militaire, à l'exception d'une brigade-alibi ainsi qu'on nous l'avait annoncé à grands renforts de flonflons humanitaristes dégorgeant de bons sentiments il y a encore quelques années...

    Ceux qui ont détricoté la nation ont eu gain de cause, la plupart des français ne se sentent plus vraiment français, le patriotisme est devenu une notion très floue, voire carrément haïssable, le tout lié à un mépris certain vis à vis de nos ancêtres qui sont allés à la guerre en 1870, 1914 et 1939 non pas parce que c'était de pauvres bougres manipulés, et non par haine des allemands, mais par amour de leur pays et parce que c'était leur devoir, mot actuellement apparemment incompréhensible, les citoyens ne se reconnaissant que des droits.

    Nous parlons bien des français, car les allemands, eux, le sont restés, pratiquant par exemple un patriotisme économique de fait, « Mutti » Merkel a annoncé clairement la couleur à ce sujet, encourageant à privilégier les produits allemands. Ce dont je ne saurais la blâmer d'ailleurs, qu'un pays veuille se protéger n'est en rien une tare. On connait peu de pays qui mènent des politiques contraires à leurs intérêts, à l'exception il est vrai du nôtre.

    Il arrive même parfois que l'européiste le plus convaincu, le libéral le plus orthodoxe, la carapace craque et que l'amour de son pays soit quand même le plus fort, ainsi lors de cette épisode télévisuelle quand Giscard d'Estaing éclate presque en sanglots en voyant un défilé allemand dans les rues de Paris au moment du 14 Juillet, défilé lui rappelant de bien tristes souvenirs...

    Dans un couple disait Desproges, il y en a le plus souvent « un qui s'emmerde, un qui est malheureux ».

    Dans le couple franco-allemand, dont on nous vante les mérites du fait de leur cinquantième anniversaire de mariage, on ne sait pas trop lequel s'emmerde le plus, c'est à tour de rôle, les allemands qui ne veulent pas prêter aux européens paresseux du Sud, et que cela chagrine, les français qui voudraient bien que les allemands leur sauvent la mise sur le plan budgétaire, pour le plus malheureux ce n'est pas très difficile, ce sont le plus souvent les français qui souffrent de diverses inerties, paralysies, querelles picrocholines grotesques etc...

    politique,histoire,allemagne,france,sociétéQuoi que en ce moment, l'austérité budgétaire allemande, même si celle-ci a permis de diminuer considérablement les déficits publics, provoque un net ralentissement de la croissance économique ce que tous les économistes sérieux avaient prévu, et qui entraine une baisse conséquente du moral allemand.

    Ils sont les « bons élèves » de l'Union Européenne appliquant à la lettre les délirants critères budgétaires de convergence induits par le traité de Lisbonne mais finalement n'y gagnent pas grand-chose de plus à long terme, excepté conserver leur suprématie en Europe encore quelques temps. Ce n'est pas un idéologue marxiste, voire « bolchevik » qui le dit mais le bréviaire des fidèles libéraux, « la Tribune ».

    En France, nous qui sommes les « cancres », pleins de bonne volonté, de l'Union, on préfère continuer à s'étriper autour de querelles idéologiques d'un autre âge, des privilèges grands et minuscules des un et des autres, ou des fâcheries entre personnes.

    Ce qui nous mène lentement mais sûrement à notre marginalisation de l'Europe...

    La France et l'Allemagne par Tomi Ungerer, illustration prise ici

    photo de la poignée de mains Kohl-Mitterrand prise ici

  • Petit lexique français – bien-pensant : « Identitaire »

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    définition d'identité selon le dictionnaire

    Les mots ont un sens, souvent différent selon les opinions professées. Un mot peut blesser plus surement qu'une épée.

    bienvenue-boboland-t2-global-boboland-philipp-L-zr9LhK.jpeg L'époque étant à la simplification extrême, au manichéisme radical, les mots au fond ne signifient plus grand-chose pour ceux qui les lancent ou les écrivent, ou seulement lorsqu'ils sont employés dans des slogans creux.

    Ce qui intéresse surtout l'individu moderne est surtout et d'abord la mise en avant de son nombril, ce qui le pousse à jouer un rôle la majeure partie du temps ce qui lui évitera de se retrouver en tête-à tête avec lui-même, chose qui l'effraie considérablement, l'heure n'est pas le moins du monde à l'introspection.

     Il y a des mots « totems » qui se doivent d'entrainer chez l'interlocuteur qui pense comme il faut des réactions adaptées sous peine d'être frappé d'anathème ou d'excommunication « festiviste ».

     Le mot « identité » est un de ceux-là, un de ces mots très fort qui se doit de susciter immédiatement l'effroi chez les personnes qui veulent suivre consciencieusement les belles consciences « qui pensent ».

     Les réactions à ce mot sont à géométrie variable selon la personne qui l'emploie et le groupe de personnes qu'il est censé désigner.

     Et découlant de « identité », désigner quelqu'un comme « identitaire » est une marque d'infamie, et puis ça évite de dire que c'est un fââchiiste et de risquer ainsi de se retrouver en correctionnelle. « Identitaire » sonne mieux, fait plus pédagogique, on n'insulte pas l'autre, on lui fait la leçon de morale, ce n'est pas tout à fait pareil. Il convient de désigner de cette manière quelqu'un qui se réclame de l'identité française, ce qui est mal, très mal.

     Curieusement, les nationalistes radicaux ou non se réclament de ce vocable, se pliant finalement aux clichés que la "gauche morale", à savoir la gauche manquant de sincérité sur la pauvreté, se fait d'eux...

    Selon le dogme du « bien-penser », l'identité française est bonne à jeter, que ce soit aussi bien l'histoire que la culture ou les traditions populaires, paternalisme et nostalgie mal placée que tout cela !

     Du passé faisons table rase et détruisons tout ce qui reliait encore un peu les individus ensemble, c'est plus sûr, cela nous mènera selon ce dogme à l'Utopie elle-même, au Bonheur universel et non à la barbarie, à l'ignorance généralisée, et à la soumission totalement serviles du « citoyen-consommateur » aux diktats imposés par les marchés et le pouvoir « tout-économique ».

     L'identité française selon les belles consciences ne contient rien de bon de toutes façons. L'« art de vivre » à la française ne se conçoit que sous la forme de « happenings » d'art contemporain à la limite, ou assimilé, de « Fooding », ou quand il est revisité et mélangé à d'autres, qu'il devient un « mix » (une sorte de bouillie pour chats vaguement humanitariste), un salmigondis « mondialisé » d'ailleurs réservé aux populations les plus riches.

    Il se doit de libérer, d'être "citoyen", "équitable", "écologiquement responsable"..

     Il ne faut pas exagérer. Le bourgeois, même « citoyen du monde », aime bien être le seul à pouvoir jouir de certains privilèges et être le seul à faire preuve de certaines prétentions, dont celle de jouer les bonnes consciences qui ont un train d'avance sur les autres...

     Ne parlons pas de la politesse ou de la courtoisie à la française considérées comme des hypocrisies bourgeoises indignes, sauf si celles-ci sont issues « de la diversité » (TM°) auquel cas on devra parler de traditions remarquables d'accueil des communautés qui les pratiquent encore.

     Ces belles consciences qui se soucient tellement de « vivrensemble » (TM°) ne voient pas qu'un zeste de politesse et de courtoisie en plus dans la vie de tous les jours, qu'éduquer les enfants -et les adultes !- à des gestes ou des choses tout simples, dire « bonjour », « au revoir » faciliterait largement l'existence en communauté, et cela bien plus efficacement que toutes les belles formules et bons sentiments.

     La « revisitation » quasiment obligatoire de la culture française, de son art de vivre, doit être camouflée par plusieurs artifices et gadgets techniques, se piquer de science, par exemple le « pot-au-feu » se doit d'être moléculaire ou « déconstruit » sous peine d'être ringardisé.

     Les « belles consciences » ne sont plus citoyens français depuis belle lurette, elles nous précèdent sur la voie du progrès les bougresses, les personnes composant cette élite progressiste z-et moderne sont «citoyen-n-e-s du monde » (TM°) comme il convient de dire ou sa variante locale « citoyen-n-e européen » (TM°).

    Ces braves gens sont de partout, et donc de nulle part, surtout de nulle part en fait.

    Pourtant tout le monde a une identité, est le fruit d'une histoire familiale, collective, nationale, régionale.

    Ce rejet de l'identité, donc de cette histoire, c'est croire que l'on vient au monde « ex nihilo », ce qui témoigne d'un profond orgueil et de prétentions sans bornes, et aussi d'un certain mépris ou d'un mépris certain des petites gens qui osent encore se réclamer d'une longue lignée française.

    Ce mépris est également engendré par l'ignorance de sa propre culture, la même inculture crasse que les bourgeois ayant ces prétentions reproche aux autres, aux « identitaires » justement...

     Illustration prise ici, tome 2 de "Bienvenue à Boboland", "Global Boboland"

  • L'Amour de la France

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    LouisXVI-4.jpgTous les 21 Janvier, un vieux monsieur, ancien enseignant de Lettres Classiques, "levait les couleurs" du drapeau français dans son jardin pour la mort de Louis XVI, son exécution inique, ainsi que celle de sa femme, Marie-Antoinette, qui loin d'avoir jamais été des tyrans ont eu le "tort" d'être un peu trop humains...

    politique,nostalgie,romantisme mon vieux robertEn face, un autre vieux monsieur, retraité de la SNCF des temps héroïques levait "les couleurs" lui aussi, mais pour saluer la mort de Lénine. Il saluait aussi les anciens idéaux d'équité, de justice sociale que ses convictions communistes signifiaient pour lui. C'était un "pur" également.

    Lequel des deux aimait le plus la France ?

    Je serais bien en peine de le dire...

    image prise ici

  • La "Gauche morale" inspire-t-elle encore de l'effroi ?

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    Dans les médias « officiels » et officieux, commentateurs politiques du Net ou de comptoir, ce qui souvent revient au même qui jouent la posture de l'indépendance et parfois même du « politiquement incorrect », il paraît que la droite « républicaine » est de plus en plus « décomplexée » sur sa frange la plus droitière et que la droite réputée « non républicaine » encore plus radicale n'aurait plus peur de l'être.

    C'est encore complètement faux.

    boboland.jpgQue ce soit du côté de la droite « républicaine » ou droite UMP, et de la droite radicale, je ne parle pas de la base électorale, mais de ses représentants, les politiques sont terrorisés par le jugement moral tombant de l'auguste bouche des belles consciences de la « gauche morale » voire moralisatrice, y compris les organisateurs de la « Manif pour tous » de dimanche dernier qui se sentent obligés de donner des gages de « bonne vie et mœurs » aux arbitres des élégances politiques pour ne pas subir d'anathème, croyant que cela les protègera des insultes des bien-pensants, que personne ne fera l'amalgame, y compris Frigide Barjot elle-même ou Laurence Tcheng qui croit bon de se justifier en évoquant son métier de prof en « ZEP », et qui ne serait que la caution « de gauche » du mouvement.

    Laurence, que tu sois de gauche à l'origine n'importe plus du tout pour les beaux esprits, tu es maintenant quoi que tu dises, quoi tu fasses, dans le camp des « réacs », des nostalgiques de l'Ordre Moral, à moins que tu ne fasses bien sûr amende honorable...

    Laurence Tcheng est représentative de ces personnes de gauche sincères, préoccupées de la précarisation du salariat, de la pauvreté endémique, et qui a compris que la loi sur « le mariage pour tous » n'est pas une mesure dans le sens de ces convictions, prise pour plus d'égalité, mais une escroquerie libérale-libertaire ainsi que le souligne un des soutiens de droite du « mariage gay », madame Jouanno et des commentateurs libéraux parfaitement assumés.

    Je suis toujours surpris du soutien de la majorité de ces militants de gauche tout à fait sincères à cette loi qui va contre leurs convictions.

    Et, ô surprise, même Marine le Pen, le diable, ou plutôt la diablesse incarnée en personne, elle-même, a refusé de défiler par peur de l'amalgame, pour continuer la « dé-diabolisation » de son parti et accéder au pouvoir à la manière d'un Pim Fortuyn en Hollande.

    Bien entendu, cela ne change strictement rien aux injures, allégations, diffamations, foudres balancées depuis le défilé « bleu, blanc, rose » sur tous ceux qui y ont participé de près ou de loin ou qui ont participé à celui de « Civitas », tous mis dans le même sac catholique traditionaliste, homophobe et réactionnaire.

    Les réactions dans la vie de tous les jours vont de la condescendance un rien dédaigneuse, allant de pair avec la leçon de morale politique avertissant sur les slogans homophobes que les bonnes consciences sont sûrs et certains d'avoir entendus dimanche sans en avoir la moindre preuve, sans avoir été présents sur place.

    Les humoristes « citoyen-ne-s » (rires), les observateurs avertis de la vie politique n'ont pas de mots assez durs, pas d'épithètes assez tranchants, dont des attaques au physique d'une grande bassesse, d'une servilité abjecte, des suppositions non signées sur Frigide et son mari Basile de Koch (les arbitres des élégances politiques sont souvent courageux mais pas téméraires), pour qualifier instantanément toute personne qui ose ne serait-ce que demander un embryon de débat sur le sujet du « mariage pour tous » ce qui semble parfaitement légitime en démocratie, mais qui en France ne l'est pas du fait de cette chape de plomb de plus en plus insupportable de la « gauche moraline ».

    La plupart des observateurs feignent de croire que le vote pour élire Hollande en mai 2012 était un vote d'acquiescement total à toutes ses propositions, dont les fameux « 60 engagements » alors que c'était d'abord et avant tout un vote anti-Sarkozy. Cette mesure « marginale », sans importance, que le gouvernement fera passer malgré tout, sans tenir compte de l'expression populaire, est une mesure électoraliste qui entérine la perte par le PS de son ancien électorat populaire, et la consécration de bourgeois urbains, aisés et libéraux dans les mœurs et économiquement.

    Ainsi que le rappelle pertinemment Éric Zemmour dimanche soir dernier sur « I-télé » (voir vidéo ci-dessous), « « Il y a toute une population de plus en plus lassée par l’évolution de la société depuis quarante ans, analyse-t-il, et sa contestation n’est pas seulement politique, mais culturelle. ».

    Cette population oubliée des élites, qui la méprise en les désignant comme « franchouillards », « beaufs », ces « vraigens » de la « France d'en bas » comme disait l'autre, commence à ne plus supporter les donneurs de leçons de morale, qui sont coupés totalement de leurs préoccupations depuis déjà quelques décennies.

    Ais-je parlé de « pays légal » et « pays réel », cette vieille notion maurrassienne qui semble au final toujours d'actualité ?

    illustration tirée de "Bienvenue à Boboland" de Dupuy et Berbérian prise sur ce site

  • Lester Bangs aurait-il aimé les années 2000 ?

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    Article paru aussi sur Agoravox

    Comment ? Quoi ? Comment ? Est-ce possible ?

    musique, littérature, amérique, rock, "sex, drugs and rock and roll"Un catho, « anar de droite », qui écrit sur un auteur qui a noirci des centaines de pages sur des groupes de « glam rock » décadents, jouisseurs et hédonistes frénétiques se maquillant pour certains comme des camions volés ?

    Dans quel monde vivons-nous ma bonne dame ?

    Dans quel monde vivons-nous si même les méchants se mettent à apprécier ce genre de littérature dans la lignée de Nik Cohn, Hunter Thompson, Nick Tosches ou Greil Marcus ?

    Beaucoup comparent le style de Lester Bangs aux « écrivains-poncifs » habituels des écrivains révoltés américains :

    Burroughs, Bukovski, et Kerouac.

    Avec Bukovski, la comparaison a un intérêt réel, pour les deux autres c'est moins certain. Lester Bangs n'a jamais prétendu être un théoricien de la rébellion adolescente, ou post-pubère, comme Kerouac et n'a jamais joué à « Guillaume Tell » avec son épouse.

    Personne n'a jamais songé qu'il y avait surtout en lui de l'Ignatius J. Reilly, le personnage principal de « la Conjuration des imbéciles », en version post-moderne et « punk », terme que le critique rock invente en 1973 pour désigner une esthétique du négatif, du laid, un amour joyeux du pas esthétiquement correct, le tout exprimé en un joyeux bordel de mots.

    Lester Bangs qui plus est qui a participé activement à la plupart de ces bacchanales ce qui aggrave son cas aux yeux des « bigots » de tout ordre, y compris ceux de l'« hygiéniquement correct ».

    Je suis à peu près sûr qu'il ne mangeait pas cinq fruits et légumes par jour, qu'il buvait sans trop de modération et fumait des substances prohibées.

    Ces tenants de l'écriture « Rock » se signalent tous par leur style toujours vif, puissant et sans concessions. Ce n'est pas tant le fait qu'ils soient encore à la mode dans les milieux culturels qui pensent, qui les révèrent également comme des modèles de rébellion (les « z-inrocks » adore), en bons « enfants sages » qu'ils sont, qui rend ces écrivains intéressants, mais leur travail littéraire souvent remarquable.

    Lester Bangs est né en 1948, mort en 1982, une vie très courte marquée le « Sexe, beaucoup, Drogues, beaucoup aussi et Rock and Roll, énormément », et aussi et surtout par l'écriture qui est pour lui sa respiration et une raison de vivre. Quand il meurt, peu après la fin des lascives années 70, il avait de nombreux projets d'écriture, dont on retrouve quelques ébauches dans « Psychotic Reactions et autres carburateurs flingués », recueil de textes choisis et ordonnés par Greil Marcus, et que les éditions Tristram ressortent en collection « souple » (Que le Tout Puissant, le Très Haut, le Miséricordieux les protège dans sa bienveillance infinie !).

    Il publia cent-cinquante critiques dans « Rolling Stone », la bible du « hype » dans les années pré et post « Summer of love », entre 1969 et 1973. Il fut viré pour « irrespect des musiciens », qu'il n'hésitait pas à critiquer alors que la plupart à l'époque avait un statut de quasi-dieu vivant, d'idoles largement au-dessus du commun des mortels, dont « Led Zeppelin », qu'il déteste cordialement, contrairement à Lou Reed qu'il admire.

    Il raille les icônes en plastique, formica et chromes, colorées agressivement, prétendant remodeler le monde selon leurs chansons alors qu'il ne s'agissait toujours que de commerce et de vendre un maximum de « vynils », « vynils » qui reviennent à la mode selon la mode « vintage » consistant à acheter beaucoup plus cher des objets populaires dans notre enfance et maintenant introuvables, et pour cause .

    Il se permet d'être caustique, sarcastique et le plus souvent pertinent sans se soucier des conséquences. « Rolling Stone » l'a viré car à force de dézinguer les groupes qui faisaient fonctionner le tiroir-caisse, la revue aurait pu finir sur la paille, les maison de disques « pour jeunes » ne tolérant que très modérément l'insolence et l'indocilité. Il égratigne même les icônes absolues, comme Janis Joplin, écrivant sur sa mort par overdose :

    musique, littérature, amérique, rock, "sex, drugs and rock and roll"« Ce qui est dérangeant n'est pas seulement le fait que ce genre de mort prématurée soit devenu un fait de la vie, mais qu'on l'a accepté en tant que donnée tellement rapidement ».

    il pourrait exactement tenir les mêmes propos pour Amy Winehouse ou Kurt Cobain, ou lui, mort jeune comme un autre auteur indomptable des années 70, Alain Pacadis...

    « Rolling Stone » existe toujours, elle est toujours lue par les participants de l'été de l'amour, les vieux combattants du Larzac, les anciens « hippies » qui sont tous devenus pour la plupart des libéraux-libertaires communs. Maintenant dans « Rolling Stone », on parle de Rock et de cinéma comme mon grand-père.

    A partir de 1973, « Creem », revue musicale de Détroit publiée jusqu'en 1988, l'accueille dans ses pages et lui laisse une liberté quasiment absolue, parfois même Bangs publie des articles d'une trentaine de pages. Il s'inscrit dans le « gonzo-journalisme » car il mêle à ses critiques des considérations et récits d'épisodes qu'il prétend auto-biographiques tout comme le faisait Hunter Thompson.

    La lecture des textes de Lester Bangs montre également de manière éclatante que la société a changé, et pas dans le bon sens, vers plus de liberté, plus d'indépendance. Les temps sont à la simplification, aux esprits positifs coûte que coûte, qui ne veulent simplement pas voir le monde tel qu'il est, à l'humanitarisme bien léger, bien mollasson mais suffisant pour se donner bonne conscience, à la dérision cadrée, à l'insolence minimale.

    Lester Bangs aurait détesté les années 2000.

    Illustration du haut prise sur le site "jungle key"

    Illustration du bas prise sur le site de la librairie "Mollat"

  • K.O. À Bamako

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    Pastiche tout plein de dérision aussi sur Agoravox

     Un petit pastiche de « S.A.S » avec tous les clichés afférents pour parler du Mali, je précise le pastiche par prudence. Ne serait-ce que les couvertures de « SAS » des années 70 sont une sorte de « madeleine » pour ceux qui ont grandi durant cette décennie. Avec les « belles consciences » qui pensent et aiment la « bonne » presse on ne sait jamais, donc il vaut mieux préciser...

    littérature, société, politique, Afrique, Hollande, hypocrisieMalko était à Bamako, au Mali, depuis quelques mois déjà en mission spéciale pour ses employeurs habituels, les « Yankees », qui étaient à pied d'œuvre en Afrique depuis que les anciens colons leur avaient laissé le champ libre, il y avait également les Chinois, très actifs partout en Afrique, les Cubains et la plupart des « grands » pays « démocratiques » d'Europe de l'Ouest, et de l'Est.
    Il était arrivé dans un discret avion de tourisme depuis la Mauritanie, accompagné d'Elko.

    Ses gardes du corps l'avaient précédé dans la capitale malienne, et balisé la mission.

     Il était sur le balcon de la suite du « Hilton Head » à observer les combats tout en maintenant fermement de la main gauche la tête de la beauté locale agenouillée à ses pieds.

     Elle avait été un peu réticente au départ, elle avait peur de perdre son travail, puis les yeux d'or liquide de Malko avaient fait leur effet habituel.

     Le Mali était dans les faits un régime militaire au service des plus riches et des pays du Nord de la planète qui se partageaient le pillage de l'Afrique depuis l'indépendance et la décolonisation, selon des intérêts parfois divergents mais ils s'entendaient pour gagner beaucoup d'argent sur le dos des populations déjà largement éprouvées voire sacrifiées.

     Pas toutes bien sûr, des cyniques, des canailles en profitaient. Les concessions de voitures de luxe, les palaces ultra-modernes, qui proposaient hypocritement des excursions au cœur des villages miséreux pour des touristes en mal de dé-culpabilisation, fleurissaient au milieu des « bidonvilles » comme les acacias autour de son château de Liezen au printemps dans tous les pays d'Afrique sans que personne ne s'en émeuve vraiment en Europe.

    Le désordre organisé avait permis également aux luttes ethniques, un temps en sommeil de reprendre de plus belle, et aux charlatans de toute obédience de faire énormément de bénéfices en se réclamant d'un dieu d'amour à chaque fois.
    Il réfléchissait dans l'air chaud et excessivement sec du pays, les immeubles tout hérissés de paraboles-satellites et d'antennes hertziennes étincelaient de blancheur sous le soleil implacable, comme lui.
    Il avait préparé le terrain de longue date et enfin les Français intervenaient, ses employeurs leur avaient facilité les choses encore une fois car il y avait longtemps que les Français n'avaient plus les moyens d'un tel engagement.
    Il faut dire que dès qu'un de leurs présidents se trouvait en difficulté dans les sondages, il lançait une intervention lointaine et exotique, afin d'obtenir une victoire facile qui ferait de lui un descendant honorable d'un certain général, que Malko estimait beaucoup plus, qui avait refondé leur République.

     Tout en besognant à présent sa compagne d'une journée à demie allongée sur la table du salon, ses jambes de chaque côté de son visage, Malko songeait au président français actuel, son regard d'or liquide fixé sur les explosions sporadiques au loin.

     Le bonhomme, un certain François Hollande, avait le physique et le charisme d'un notaire de province, ce n'est pas que le prince lui préfère son prédécesseur qui avait le même comportement que les petites frappes hyper-nerveuses des cités sensibles de l'« Occident malade ».

     Il s'était plus ou moins ridiculisé dés sa prise de pouvoir sous une pluie battante qui n'annonçait rien de bon pour son pays autrefois grand.

     Le prince était une fois écœuré par ces massacres inutiles commis d'un côté au nom de la France, ou plutôt la « Françafrique » dont les nouveaux dirigeants français avaient promis comme les autres la disparition, éternelle et de l'autre au nom d'un dieu, Allah, qui sans doute n'en demandait pas tant.

    littérature, société, politique, Afrique, Hollande, hypocrisie Et déjà l'armée dite « régulière » malienne en avait profité pour commettre plusieurs exactions quasiment en toute impunité, du mois c'est ce que ses « employeurs » leur avaient laissé croire, le temps que les français jouent les sauveurs des pauvres africains encore une fois, à la fois pour se donner bonne conscience et aussi pour remonter dans les sondages.

     Et on lui demanderait un jour de les punir sévèrement ou d'organiser leur chute.

     Ainsi allait sa destinée...

     Finalement, se dit-il, Hollande n'était pas si mou que ça, il cachait bien un certain cynisme derrière une apparente bonhomie, comme tous les hommes de pouvoir qu'il avait pu croiser..

     Malko rejeta la tête en arrière un court instant d'extase et repoussa la fille qui rassembla rapidement ses affaires, son uniforme de femme de chambre, son petit calot blanc, et sortit discrètement...

    image du haut empruntée à "Paperblog"

    couverture empruntée à ce site

  • Pialat, Bernanos et la communion des saints

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    Le Père Noël me connait bien, enfin plutôt en l'occurrence la Mère Noël, qui a déposé dans mes souliers le dévédé de « Sous le Soleil de Satan » de Maurice Pialat (pour cela que le Très Haut le Tout Puissant le miséricordieux la couvre de sa grâce), recelant le film et des suppléments passionnants, dont une interview croisée de Pialat et André Frossard par Pierre Boutang, programmée à l'origine dans l'émission « Océaniques » en 1987 (ami jeune, ami inculte, toi qui a connu de nombreuses réformes de l'enseignement des Lettres, à l'époque, on pouvait voir de ces entretiens à 20h30 sans que cela ennuie qui que ce soit).

    cinéma, livre, nostalgieOn chercherait en vain des éditorialistes catholiques de la trempe d'un Frossard aujourd'hui, , sans injure aucune, c'est tout simplement qu'ils ne sont pas encore totalement à sa hauteur.

    Ce film est une adaptation magistrale de Bernanos par un autre « angoissé joyeux », car le réalisateur et l'écrivain, apparemment aux antipodes, sont de la même famille, de ceux pour qui leur art, pour l'un la littérature, pour l'autre le cinéma, sont des enjeux existentiels, des questions centrales, dans le but de trouver ou de donner un sens à leur existence, le deux hommes étant de ces personnes qui perçoivent en toute lucidité l'absurde absolu de la plupart des sociétés humaines, et en particulier de la nôtre qui se targue d'être au sommet du progrès.

    Avec Pierre Boutang, Pialat est au fond dans la pudeur, il parle de son travail comme de celui d'un petit artisan où n'interviendrait aucune considération élevée, aucune appétence spirituelle, ou intellectuelle, particulière pour Bernanos, aucune appétence pour parler d'art en racontant la fin de la vie de Van Gogh plus tard (Pialat peignait également), aucune envie de parler d'amour de manière directe, comme dans « Loulou », ou de l'époque et du dégoût qu'elle lui inspire, comme dans « Passe ton bac d'abord », « A nos amours », avec une Sandrine Bonnaire débutante, ou « Nous ne vieillirons pas ensemble » qui parle aussi des leurres et de la violence d'être en couple et de l'impossibilité de l'amour absolu, qui ne conduit qu'au gouffre.

    Non, sans prétentions aucunes Maurice Pialat n'évoque que son minuscule « artisanat ».

    On rêverait d'entendre les réalisateurs français, mais pas seulement, actuels, faire preuve de la même humilité actuellement devant leur art, reconnaître que dans d'autres films, « Police » selon Pialat, ils n'ont pas fait preuve d'assez d'exigence, y compris ceux qui sont doués, la plupart d'entre eux à les entendre prétendant révolutionner l'art cinématographique à chacune de leurs œuvres.

    Du cinéaste, on retient surtout le personnage caricatural de râleur qui serait un rien réactionnaire sur les bords, le « sale type » qui sort des horreurs en public, du genre à faire rougir les dames, et susciter l'envie des petits garçons sages qui aimerait se comporter aussi mal mais qui n'osent pas, ou qui fait un bras d'honneur au public mondain de Cannes après avoir reçu la palme d'Or pour « Sous le soleil de Satan ».

    En passant, c'était tout de même un moment délicieux pour l'homme, ou la femme, de goût, que ce moment où il envoie balader d'un seul geste tous ces nouveaux bigots festivistes et libéraux-libertaires, tous prétendument de gauche mais soucieux quand même du fric que leur rapporte les films, parfaitement incapables de comprendre les enjeux existentiels que j'évoque plus haut.

    Dans « Nous ne vieillirons pas ensemble », il tourne avec un autre de ces « sales types », « anar de droite », provocateur, qui est Jean Yanne réduit à son personnage de trublion mettant les pieds dans le plat de la pensée correcte alors que le comédien, et réalisateur, était aussi de l'espèce des « angoissés joyeux », des ogres fragiles qui voudrait que rien de ce qui est humain ne leur étranger, ce qui est un souhait dangereux.

    Yanne cachait lui aussi sa sensibilité et sa fragilité sons des pétarades sarcastiques et une verve caustique sans égal auxquelles il rajoutait grosses caisses et cymbales dés qu'on lui en faisait le reproche, ou que cela choquait les arbitres des élégances culturelles z-et politiques qui étaient les mêmes qu'en 2013.

    Bernanos appelait ça la « communion des saints », cette « étonnante communauté » qui le reliait à Simone Weil, la philosophe, qui lui écrit une lettre magnifique, par exemple, la communion de ceux qui sont dotés d'encore un peu de sensibilité aux autres, au monde qui les entoure, et ce malgré toutes les divergences apparentes, l'orgueil et les colères ou fâcheries homériques qui peuvent les diviser, cette « étonnante communauté » de tous ceux qui ont encore peu le sens de leur humanité et qui ne sont pas dupes des soleils trompeurs de l'apparente victoire du mal dans le monde...

    illustration prise ici sur un site consacré à Maurice Pialat

    A ce lien l'interview dans "Océaniques"


    Sous le soleil de Satan - Bande annonce FR par _Caprice_

  • Jeu de dupes et mariage gay

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    politique, hypocrisie, aveuglement, moutons, "pôple"

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    La grosse artillerie des belles consciences est lancée cette semaine, le « Nouvel Obs », spécialiste des pétitions sociétales depuis le « manifeste des 343 salopes » ou les « z-Inrocks » font leur « Une » la mobilisation selon eux absolument nécessaire contre les opposants au « Mariage pour tous », tous assimilé aux catholiques sur leurs marges les plus réactionnaires, alors qu'il y a dans ces opposants des athées, des personnes de gauche, et non des moindres, et même des homosexuels.

    Ce n'est pas grave, tous dans le même sac !

    Tous réacs ! 

    Tous assimilés à l'« épouvantail utile » qu'est madame Boutin...

    Entre deux débats et échauffourée radiophoniques et télévisuelles parfois odieuses, les opposants au « mariage pour tous » quand ils sont invités sont trainés dans la boue, et le « débat » ressemble alors à un « dîner de cons », ainsi le père Lambret, se défendant maladroitement et faiblement face aux « belles consciences » toutes de tolérance (quand on est d'accord avec eux) en face de lui au « Grand Journal », sans parler de l'émission d'Elisabeth Quin sur Arte, uniquement à charge contre les « anti-mariage gay », entre deux pugilats verbaux parfois anodins donc, ceux qui sont attentifs à l'actualité ont pu entendre que passait une proposition du Medef proposant sans que le gouvernement actuel ne se soit senti obligé de pousser les hauts cris d'assouplir les conditions d'embauche, de les précariser donc, et d'encourager à la disparition pure et simple du contrat à durée indéterminée, ce qui précariserait tout les salariés présents et à venir au motif de rendre l'économie plus performante.

    Cette proposition a été faite pendant les négociations sur l'emploi ayant lieu en ce moment sans soulever la tempête qu'elle méritait.

    Celles-ci ont été commentées ainsi par François Hollande, il a évoqué « la coopération de toutes les forces productives » et un « compromis historique », je cite.

    On ne peut pas parler de colère face aux syndicats ou de discours grandiose et courageux face aux patrons. Cela sent l'acceptation tacite des provocations du syndicat patronal.

    Car comme dit l'adage : 

    « Qui ne dit mot consent ».

    On aimerait que ces négociations, comme tout ce qui concerne la précarisation, la pauvreté, la destruction progressive de tout ce qui maintenait encore un semblant de cohésion sociale, (dont la famille, avec le « mariage pour tous »), le nombre croissant de « sans abris », engendre la même combattivité chez les promoteurs du « mariage gay » comme chez ceux qui le combattent, comme d'ailleurs j'aurais parfois aimé que les catholiques fassent preuve de la même force de convictions pour défendre aussi les chrétiens d'Orient persécutés, mais hélas pour l'instant ce n'est que le grand silence qui domine excepté de très rares prises de consciences de la situation des chrétiens arabophones qu'ils soient catholiques ou orthodoxes.

    Je n'ai pas dit qu'il s'agissait d'ailleurs qu'exprimer ces opinions sur le sujet du « mariage pour tous » était inutile, je n'ai pas dit qu'il fallait en parler « à la place de... », bien au contraire, mais d'aller finalement encore plus loin, jusqu'au bout du raisonnement, et pour une cause qui là encore concerne tout le monde.

    Les luttes autour du « mariage pour tous », toutes légitimes soient-elles ne peuvent être un écran de fumée pour le reste, tout le reste, sans oublier également la destruction progressives des nations, dont la France, au nom de l'Europe et d'idéaux qui ne signifient plus grand chose pour ceux qui les agitent dans le vide comme autant de bannières et drapeaux idéologiques dont ils oublié le sens depuis longtemps, le réduisant à des slogans confortables et faisant plaisir entre la poire « bio » (TM°) et le fromage « équitable » (TM°), la seule chose menant vraiment l'Europe telle qu'elle s'est construite étant depuis longtemps la loi des « marchés » et rien d'autres, et ce que ce soit des socio-libéraux tendance monétariste « light » ou des libéraux tendance « libertariens sans complexe ».

    Tout cela est un jeu de dupes au fond, les uns se battent contre le « mariage pour tous » mais ne voient pas, ou feignent de ne pas voir, le problème dans sa globalité, les autres vilipendent les adversaires de cette avancée « pour la liberté » (je cite madame Vallaud-Belkacem) mais restent totalement indifférents aux progrès de la pauvreté dans notre pays, largement plus préoccupants, tout comme l'est l'hypocrisie concernant ce qui est concrètement accompli pour aider les « mal-logés », défendus surtout par des « bobos » certes pleins de bonne volonté mais qui ne s'intéressent pas aux causes structurelles des situations qu'ils dénoncent, ou les chômeurs.

    début de l'ydille illustration empruntée ici

  • Faut-il se soucier de la sexualité des écrivains ?

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    En débat sur Agoravox

     A propos de cette proposition absurde de Najat Vallaud-Belkacem sur Rimaud et l'enseignement de l'histoire littéraire...

    littérature,politique,société,homosexualité,sexualité,christianisme Il y a quelques années, je suis allé avec un proche au Père Lachaise sur la tombe d'Oscar Wilde dont la lecture a bercé mon enfance avec « le fantôme de Canterville » ou « le Géant égoïste », et mon adolescence, avec « le portrait de Dorian Gray », et plus tard « la Ballade la geôle de Reading », et surtout « De profundis ». J'aime encore maintenant cet esthète du verbe, ce dandy parfait provocateur et fin qui a toujours gardé un certain esprit d'enfance, victime expiatoire parfaite de l'hypocrisie victorienne qui n'avait pas saisi, ou trop bien, que la seule chose qui comptait déjà à son époque, positiviste et libérale, était l'apparence sociale.

     Sur la tombe voilà que nous déchiffrons, un peu effarés, un graffiti proclamant « Merci pour ton message Oscar ! » entouré d'un gros cœur.

     Nous nous sommes dits sur le moment que cela aurait certainement bien fait rire Oscar de savoir qu'il était en fait le porteur d'un message politique et sociétal, ce qui réduit considérablement la portée de son œuvre.

     Selon la conception petite-bourgeoise de la littérature, celle-ci doit automatiquement recéler une « utilité » sociale ou pas, sous peine d'être classé sous l'étiquette infamante encore en 2013 d'hédoniste. Les promoteurs du progrès, les belles consciences sont tout aussi dogmatiques sur ce plan que les thuriféraires des ordres noirs ou que les nostalgiques des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), tout aussi ignorants aussi.

     Ils ne répugneraient pas non plus à quelques autodafés au nom de le modernité et de leurs idéaux si cela s'avérait nécessaire à leurs yeux...

     Oscar Wilde était homosexuel, la modernité « festiviste » ne retient à peu près que ça de lui comme elle ne retient d'autres auteurs que leurs opinions politiques dont il convient bien entendu qu'elles soient dans le sens qu'il convient ou considérées comme « politiquement incorrectes », par exemple, beaucoup prétendent lire Céline surtout de par son antisémitisme obsessionnel, ce qui l'exclut des panthéons culturels officiels.

     Mais ceux qui ne retiennent que cela ne l'ont pas lu et se fichent de savoir s'il a du talent ou pas. Si on ne peut pas entièrement séparer un écrivain de son œuvre, le fait qu'il fut considéré comme un salaud ne doit pas en exclure la lecture. C'est prendre le lecteur adulte, majeur et vacciné pour un irresponsable incapable de faire la part des choses.

     C'est asséner que la littérature n'est qu'un divertissement « dangereux » selon la même conception qu'en avait les inquisiteurs médiévaux.

     Ce n'est donc pas tant la production de l'auteur qui importe au fond mais l'image qu'il donne de celui ou celle qui prétend le lire, certains auteurs ayant plus « la carte » que d'autres. Pour être tout à fait honnête, les lecteurs se disant catholiques affirmant lire des auteurs exclusivement catholiques m'agacent tout autant.

     A chaque fois cela me rappelle la lecture des « Paradis Artificiels » de Baudelaire qui rappelle qu'aucun poète ou écrivain n'a jamais mieux écrit sous l'influence de substances opiacées diverses ou sous alcool, l'alcool ou les drogues étant réputées menant nécessairement au talent, alors que si celui-ci n'est pas présent au départ.

     En prendre ne changera donc rien à la teneur d'une œuvre si celle-ci n'a pas de chair dés le départ...

     Ce n'était pas le seul écrivain à l'être, ce n'est pas le seul écrivain à avoir été retenu par la postérité pour cette raison somme toute futile car littérairement on peut se demander si cela a une quelconque importance :

     Ainsi Proust, William Burroughs, Jean Genet, Aragon, Arthur Rimbaud (dont certains n'hésitent pas à affirmer que l'on ne parle pas assez de sa sexualité), Paul Verlaine, André Gide, tous également spécialiste du « travail du négatif » (TM°), Yourcenar, Pasolini et d'autres encore, même des écrivains catholiques comme Julien Green ou Jacques Maritain, spécialiste avec sa femme des conversions « express » des célébrités de son époque, sur leur lit de mort, qui évoquent avec pudeur leurs penchants homosexuels dans leur correspondance, même des écrivains maintenant classés à droite comme d'Annunzio qui eut des aventures homosexuelles...

     Précisions qu'il ne s'agit pas de salir la mémoire de Julien Green et Maritain mais simplement de rappeler des faits ainsi que le fait Yves Floucat.

    Depuis bien longtemps déjà, il est de coutume de lier automatiquement le talent d'un auteur et sa sexualité en général, son homosexualité en particulier. C'est une sorte d'homophobie à l'envers, qui idéalise l'homosexualité en littérature, un homosexuel étant réputé obligatoirement fin et artiste, selon le préjugé en vogue qui revient à de l'homophobie à l'endroit :

    Un homosexuel ne peut être con ou insensible, ne fait pas partie de la même espèce humaine et ne se caractérise pour ceux qui font cet amalgame hâtif que par son identité sexuelle.

    Un écrivain devient forcément intéressant s'il a avoué à un moment ou un autre qu'il l'était, comme si littérairement cela avait une importance. Certains vont même jusqu'à faire des listes, ce que je trouve pour ma part déplaisant. a ce sujet d'ailleurs, l'homosexualité féminine parmi les écrivains n'est jamais évoquée comme si cela était moins important pour ces dames et ce malgré de beaux livres écrits sur cette question.

    Il n'y a guère que l'évocation du « travail du négatif » (TM°) qu'auraient mené ces auteurs contre les préjugés de leur temps en adoptant tel comportement, en prenant telle drogue, en buvant trop d'alcool, qui ait une pertinence lorsqu'il est question de l'identité sexuelle d'un auteur, ou de ses choix moraux.

    illustration, le tombe d'Oscar Wilde au Père Lachaise prise ici

  • Tardi en compagnie de Marcel Aymé

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    Tardi refuse la Légion d'Honneur, il est en bonne compagnie, en meilleure qu'avec ceux qui l'accepte, cela m'a rappelé ce que répondait Marcel Aymé à ce sujet en 1950 alors qu'on lui proposait le petit bout de tissu rouge.

    picture?pic=958000107&table=pictures&width=253&height=340"Je regrette à présent de n'avoir pas motivé mon refus et dénoncé publiquement, à grands cris de putois, l'inconséquence de ces très hauts personnages dont la main gauche ignore les coups portés par la main droite. Si c'était à refaire, je les mettrais en garde contre l'extrême légèreté avec laquelle ils se jettent à la tête d'un mauvais Français comme moi. Et pendant que j'y serais, pour n'avoir plus à y revenir, pour ne plus me trouver dans le cas d'avoir à refuser d'aussi adorables faveurs, ce qui me cause nécessairement une grande peine, je les prierais qu'ils voulussent bien, leur Légion d'honneur, se la carrer dans le train comme aussi leurs plaisirs élyséens."

    Tardi fit l'affiche de l'adaptation de "Uranus" il y a quelques années, la "communion des saints" par delà les étiquettes môme, c'est comme ça que ça s'appelle...

    image empruntée ici

  • La souffrance, pornographie moderne

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    en débat sur Agoravox

    Dans notre société, la souffrance devient plus obscène que n'importe quel spectacle pornographique auquel les enfants peuvent de toutes façons accéder comme ils veulent sur Internet, en un « clic ».

    Souffrance-a21792065.jpgPersonne ne veut plus voir la souffrance, car c'est surtout cela qui choque, la voir, la recevoir en pleine figure sans précautions. Les voisins ferment les volets, et leur double vitrage, dans le train, ou dans le métro, quand une jeune fille se fait violer ou qu'un jeune type se fait agresser, on préfère regarder ailleurs, en se disant que les « flics n'ont qu'à faire leur travail »...

    Un handicapé dans la rue marche simplement, la plupart des personnes détournent le regard ou alors le scrutent intensément, cherchant sur son visage des stigmates causés par l'affection dont il souffre, mais pas pour les plaindre, on le fait surtout à la manière des spectateurs de « foire aux monstres », par une avidité malsaine.

    Un handicapé, ça ne doit pas sourire, çà ne doit pas mal se conduire avec les dames, ça doit pleurer et être une sorte d'alibi vivant pour ceux qui sont en bonne santé physique ou morale.

    Ce qu'il vit met mal à l'aise, la plupart ne voudrait simplement pas le voir. Tous oublient qu'un handicapé physique n'est pas forcément handicapé mental et incapable de compréhension. Il y en a qui manifesteront leur malaise par le rire gras et la moquerie, pour se donner une contenance gênée qu'ils regrettent un peu juste après pour ensuite se justifier, allons c'est de l'humour...

    Et « Intouchables » (TM°) n'a strictement rien changé à ces comportements indignes, excepté les tonneaux de larmes de crocodiles versés bien entendu.

    Une vieille dame est tombée par terre à côté du banc, à l'arrêt de bus, ceux qui l'entourent l'observent avec pitié, certains ont un petit sourire aux lèvres, cette vieille à terre elle est vraiment tordante perdue dans ses vieux dessous froufroutants !

    Il n'y en aura qu'un pour la relever, après quelques minutes de flottement. Cette vieille, elle gêne, avec ses plaintes, prises pour des jérémiades inutiles car en plus elle n'est même plus utile à la société, elle vit de sa retraite après tout, elle ne travaille pas, ne produit plus de richesses, de quoi se plaindrait-elle ?

    Il y a le « gros », ou la « grosse », que l'on croise sur le trottoir, qui a le souffle court, qui a du mal à marcher. Pourquoi les plaindre ?

    C'est bien de leur faute s'ils sont trop gros et qu'ils mangent trop ! Personne ne veut comprendre ou percevoir le désamour qui mène quelqu'un à infliger à son corps autant de nourriture...

    Il n'a qu'à moins bouffer, il ira mieux.

    Une famille souffre juste dans la maison d'à côté, de la maladie, de la pauvreté, de l'isolement, de divers maux.

    Les voisins se justifient de leur indifférence en colportant diverses rumeurs, qui aboutissent toutes à une conclusion, si ces gens-là sont malheureux, c'est de leur faute, car ils ne sont pas assez « comme ci », pas assez « comme ça ». Comme si il fallait réunir certaines conditions pour aider les autres.

    Et petit à petit leurs proches, leurs relations ne supportent plus de les entendre en parler, rappeler leurs souffrances, demander un tout petit peu de réconfort, de soutien moral. Il faut qu'ils souffrent jusqu'à la lie, jusqu'à l'extrême, là peut-être, on consentira à les aider enfin, pas avant.

    Parfois il est trop tard.

    C'est quand même l'occasion pour les voisins de passer aux « infos » en prétendant que « ils n'ont rien vu » et que « ces gens étaient bien sympathiques mais un peu discrets (comprendre : on ne leur parlait pas dans le quartier) »

    Quand même, se dit en plus l'entourage, il n'y a pas que ces pauvres gens sur terre, chacun a ses problèmes et eux ont les leurs, et l'on conclut sur la formule rituelle, satisfaction du cloporte qui se réjouit de mieux survivre que d'autres :

    « Il n'y a pas de petites souffrances, allez ».

    job.jpgOn rappelle leur mauvais caractère parfois, leur tempérament que l'on juge bourru, pour des gens qui demandent de l'aide on les trouve bien arrogants.

    D'ailleurs madame X... l'a dit à madame Y... qui le tient de monsieur Z..., ce ne sont même pas des gens du coin, même pas des gens « comme les autres ».

    Et comme Job sur son tas de fumier, la famille souffrante se retrouve un peu plus seule dans la nuit des maux qu'elle subit, à moins qu'elle n'appartienne à l'une ou l'autre minorité, quelle qu'elle soit, qu'il est acceptable de plaindre...

    Par contre, les mêmes pleureront toutes les larmes de leur corps sur des familles lointaines, exotiques, dans d'autres pays, pour des petits « gnenfants » « gnhandicapés » que l'on voit à la télévision, ce qui gêne tout de même beaucoup moins, pose moins de question, et demande infiniment moins d'efforts humains à fournir. C'est plus simple de pleurer sur des personnes pour lesquelles l'implication sera somme toute minimale.

    Bien entendu, il n'est pas question de se laisser au dolorisme et à l'auto-flagellation, ce dont on ne manquera pas de m'accuser, alors que c'est tout aussi insupportable que la conception actuelle de la souffrance.

    Et tout aussi hypocrite...

    Bernanos le disait il y a longtemps déjà, « l'homme moderne a le cœur sec et les tripes molles ».

    De plus en plus en 2013 également...

    illustration du haut empruntée ici

    illustration du bas prise ici

  • « The Dark Knight returns » returns

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    The Dark Knight est aussi sur Agoravox

     « Urban Comics » réédite le « graphic novel » de Franck Miller, qui est à ce jour, la meilleure relecture de « Batman » et des « super-héros », avec « Watchmen » scénarisé par Alan Moore et dessinés par Dave Gibbons, traduits par Jean-Patrick Manchette.

    bande dessinée,politique,société,cinémaCette réédition de « TDK » est agrémenté du DVD et du Blue Ray de la première partie de son adaptation animée qui n'est pas honteuse mais considérablement affadie, excepté le traitement du « Joker » qui doit beaucoup à Michael Emerson, son interprète.

     Curieusement l'adaptation dite « animée » l'est beaucoup moins que les albums de Franck Miller qui sont littéralement à couper le souffle.

     Rappelons que « graphic novel » est un terme de marketing inventé il y a une trentaine d'années pour rassurer les adultes et autres grandes personnes théoriques qui ont honte de dire qu'ils lisent des BD, ce qui n'est pas le cas de votre serviteur qui au cinéma adore les chefs d'œuvres mais aussi les petites pépites « Z » bien cachées et qui parfois annoncent de grands auteurs, ainsi pour Peter Jackson..

     Ces deux œuvres écrites et dessinées par deux auteurs aux antipodes politiques, Moore est à l'extrême-gauche et Franck Miller à droite, sont la principale source d'inspiration des adaptations de « comics » actuelles, y compris la trilogie de Christopher Nolan encensée par la critique (qui n'a pas lu les BD de Franck Miller reprises parfois à la copie-carbone dans les films avec Christian Bale ainsi que « Enfer blanc » de Jim Starlin et Berni Wrightson, ou « Knightfall »).

     La mise en scène du « Joker », la perception du personnage dans le deuxième film, son appétence pour le chaos total, tout le sous-texte politique dans le troisième, sont très largement empruntées à Franck Miller.

     Coïncidence, ces deux « comics » sont parmi les meilleurs car il mêle la tradition du polar « hard boiled » et des « pulps » noirs des années 30 à la bande dessinée super-héroïque, « pulps » dans lesquels ont écrit la plupart des auteurs dits « de genre » maintenant devenus classiques. Bruce Wayne dans le récit de Franck Miller a la même carrure tragique que les héros de Chandler ou Dashiell Hammet, les mêmes préoccupations et la même absence d'illusions sur l'espèce humaine. Il ira jusqu'au bout de sa logique dans « Sin City » où curieusement il donnera à ses personnages de « durs » des allures de super-héros. Le manteau de Marv dans les histoires de « Sin City » prend alors des allures de cape.

     Miller a eu bien avant des auteurs sages, « sérieux » et doctes l'intuition de tous les travers de la société actuelle :

     La télévision et les écrans omniprésents, la société du spectacle poussée à son paroxysme et même une certaine destruction de deux tours dans une mégalopole américaine, dans le premier tome vingt-cinq ans avant que cela n'arrive pour de bon dans la réalité.

     Curieusement, Franck Miller donnera le même titre que son premier jet de « The dark Knignt » à ses impressions sur le « Onze Septembre », « Holy Terror », mais là, pas de Batman ou de Superman pour sauver la mise aux bipèdes impuissants qui n'ont pas de super-pouvoirs pour sauver le monde après le petit-déjeuner

     On peut regretter le format somptueux des albums de la première adaptation française de « Dark Knight », sortie aux éditions Zenda en 1986.

     Dans « The Dark Knight returns », Bruce Wayne n'est plus Batman depuis déjà dix ans, suite à la mort de Jason Todd, le deuxième « Robin ».

     Il n'a plus beaucoup d'espoir dans l'espèce humaine et semble persuadé de l'inutilité de sa lutte contre l'injustice et les criminels auparavant. Il préfère aider du mieux qu'il peut à soulager ses congénères qu'à combattre le crime, et se console dans l'alcool.

    bande dessinée,politique,société,cinéma Il subventionne les thérapies de ses anciens ennemis dont « Two Face » qui subit une opération de chirurgie plastique lui redonnant un visage normal, ou celle du « Joker », en catatonie depuis que le Batman n'intervient plus la nuit. Chaque nuit, ses anciens démons tourmentent Bruce Wayne qui revit encore et toujours le meurtre de ses parents par un voleur à « Crime Alley ».

     La plupart des super-héros sont emprisonnés ou dans la clandestinité, comme Green Arrow qui lutte contre le gouvernement américain. Superman s'est mis au service des intérêts exclusifs des politiques de Washington.

     Un soir d'orage dantesque sur Gotham, alors que « Two Face » est de nouveau en cavale, que les criminels n'ont jamais été aussi puissant, Bruce Wayne revêt de nouveau le costume de Batman et comprend que cette fois, il devra aller jusqu'à la mort car les dirigeants ne le laisseront pas faire...

    illustration du haut prise ici

    illustration du bas prise ici

  • Délivrez nous des « bonnes résolutions » de début d'année

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    Depuis deux jours, il est souvent question à la radio comme à la télévision des bonnes résolutions que l'on se devrait de prendre au début de chaque année (résolutions que personne ne tient bien entendu, mais c'est devenu un passage obligatoire semble-t-il). L'auditeur, le téléspectateur, l'internaute est infantilisé et réduit au niveau d'un gosse irresponsable.

    politique, spiritualité, 2013, bonnes résolutions de mes deux, blog, santéC'est un véritable défilé de pénibles « coachs » de vie, de bien-être, de pensée positive fumeuse, d'alimentation, de micro-gourous qui s'improvisent donneurs de leçons et moralisateurs laïcs, et directeurs de conscience bien plus autoritaires, réclamant bien plus d'allégeance de la part de leurs ouailles largement consentantes que les anciens confesseurs.

    Ces « coachs » m'évoquent toujours le souvenir d'un jeune ecclésiastique à la table duquel je me trouvais il y a fort longtemps attablé qui me voyant me servir un verre d'excellent rosé à la manière directe d'un supplétif viril et énergique de l'armée mexicaine arrêta mon bras dans son geste auguste consistant à se verser un petit verre m'avertissant solennellement des risques d'alcoolisme que selon lui j'encourais, à l'entendre, à goûter si imprudemment le plaisir d'un petit rosé bien frais sous un soleil de plomb, car nous étions en été.

    Et en été, ce genre de breuvage s'accorde très bien avec un ciel bleu, ou les jupes des jolies filles qui raccourcissent en cette saison bénie (pas seulement celle-ci semble-t-il actuellement, c'est un des rares bienfaits de notre époque).

    C'est assez curieux d'ailleurs voire complètement paradoxal dans une société qui affirme avoir rejeter bien loin d'elle tout ce qui pouvait nuire à la satisfaction du désir, à la consommation du plaisir.

    Le plaisir de bien manger avec des amis, de boire du bon vin, même un peu trop, de déguster ensuite des alcools forts qui sont « plutôt des boissons d'hommes faut avouer » est beaucoup plus teinté de culpabilité qu'auparavant, culpabilité que l'on feint d'appeler responsabilité pour se donner bonne conscience.

    C'est mal de se réjouir de bien manger, c'est mal de se réjouir de bien boire « entre amis ».

    L'époque est à une modération qui pousse à une conception des plus étriquée de la convivialité. Il faut « faire attention », « gérer » son « capital santé » (TM°), son « capital vie » (TM°) en gestionnaire avisé et frileux.

    Le plaisir doit être frustré en somme et se teinter à chaque fois de remords que l'on se doit d'avouer publiquement sous peine d'être taxé d'hédonisme, ce qui en 2013, tout comme le dilettantisme est un genre de crime pire que la mort.

    L'auteur de ce texte a parfois envie, alors qu'il ne fume pas, de s'en griller une (de cigarette) juste pour le plaisir de provoquer les moralisateurs à outrance qui promettent les pires supplices infernaux à qui ne suit pas leurs diktats et il adore porter des toasts aux purotins qui ne savent pas ce qu'ils ratent.

    Ainsi, hélas, le fumeur se croit-il forcé de prétendre qu'il va arrêter de fumer, le buveur de boire et qu'il ne va plus consommer que des eaux de régime, le bon mangeur qu'il va se mettre à la diète et devenir d'un coup d'un seul raisonnable.

    Et de se frapper la poitrine en signe de repentance après les fêtes de fin d'année...

    Ce n'est pas que l'auteur de ce texte prône la goinfrerie ou l'ivrognerie, quoique certains ivrognes sont largement plus fréquentables que bien des personnes sobres, loin de lui cette idée.

    Mais qu'y a-t-il de si mal à simplement apprécier un moment de bonheur à partager des bonnes choses avec ceux que l'on aime, que l'on apprécie ?

    Fût-ce dans un grill japonais désert au milieu d'une ville de province quasiment morte ou en passe de l'être un soir de réveillon...

    Cette douceur de vivre, cette faculté de vivre profondément l'instant, et de profiter de bons moments à table, est toujours assimilée à ces deux excès.

    Serait-ce que notre époque serait si puritaine et pire encore que les individus pourtant majeurs et vaccinés abandonnent toute dignité aux mains de charlatans qui leur dispensent en se faisant payer très cher quelques lieux communs qui ne mangent pas de pain ?

    Afin de conclure ce petit coup de gueule contre les donneurs de leçons, et les bigots de l'hygiènisme, je rajouterai que j'ai perdu quelques dizaines de kilos depuis deux ans sans me frustrer de quoi que ce soit, sans avoir recours d'ailleurs aux miracles de la chirurgie ou de la pharmacopée modernes, simplement en faisant mienne cette petite philosophie consistant à prendre chaque instant de la vie comme il vient et à en presser le suc au maximum...

    illustration prise ici (Bacchus et une nymphe par Caesar Van Everdingen)

  • Les catholiques ont-ils déjà perdu leur combat ?

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    En débat sur Agoravox

    Il va certainement être question un peu partout de la manifestation du 13 Janvier, organisée d'abord par des catholiques. D'aucuns vont y voir un retour de la Réaction et de l'ordre moral, d'autres celui du catholicisme, d'un catholicisme qui n'a pas peur de s'affirmer.

    P1020346.JPGCe n'est pas que ceux que cela scandalisera détestent les catholiques, non, mais pour eux un bon catho est un catho qui ferme sa gueule ou qui pense exactement comme eux. Enfin, on est surpris par leur raisonnement paradoxal : tous affirment que somme toute la foi est un conte pour bonnes femmes, un ramassis de superstitions absurdes, qui ne concerne plus qu'une minorité infime de français, donc logiquement elle devrait s'éteindre d'elle-même.

    Pourquoi alors l'attaquer si violemment ?

    Et pourquoi tolérer des discours largement plus réactionnaires de la part du Judaïsme et de l'Islam ?

    Alors que ce qui se passera le 13 Janvier ressemble surtout à un baroud d'honneur, un beau baroud d'honneur, un beau geste désespéré, mais rien que cela.

    Car dans les faits, le combat des catholiques, en particulier sur les questions sociétales, est d'ores et déjà perdu.

    Beaucoup se regardent déjà le nombril avec nostalgie, évoquant le passé glorieux de l’Église en France, les ors et l'encens, la liturgie et ses pompes, la beauté des textes classiques de Bossuet ou Boileau ou des ornements, et n'allant surtout pas plus loin.

    En effet, les catholiques désignés sous le sobriquet, « les cathos », se désignant eux-mêmes comme tels, ne sont plus et depuis quelques temps déjà des repères moraux bien identifiés dans cette société, ne sont même plus vraiment visibles, ayant très peur de ne pas s'intégrer à ce monde tel qu'il est, se justifiant d'ailleurs pour le 13 Janvier des possibles accusations d'homophobie de manière parfois très maladroite.

    « Les cathos » le sont pour les cérémonies sur-affectives où ils se retrouvent entre eux à communier comme d'autres dans une ferveur grégaire qui bien souvent ne passe pas le seuil de l'église, parlent encore beaucoup d'accueil et de charité, même ont encore des associations qui font du bien aux pauvres, mais, à de rares exceptions les liens ne serait-ce que paroissiaux sont largement distendus, on se rencontre entre fils de médecins, entre médecins, entre dentistes, avec qui on a fait du scoutisme.

    Et la pratique religieuse devient surtout un conservatoire social ou des personnes issues de même milieu peuvent ainsi préserver leur endogamie sociale.

    Dans les « communautés dites nouvelles », comme les Béatitudes, ou l'Emmanuel, ou le Chemin Neuf, beaucoup pense qu'il faut se replier sur soi au maximum et des pratiques qui sont parfois à la limite du sectarisme, tout en étant persuadés que l'on a tout inventé, ou réinventé, et qu'avant leurs innovations, avant eux, la liturgie catholique était en somme nulle et non avenue, faisant le même raisonnement que certains traditionalistes ou progressistes auparavant.

    Tous oublient également que pour les adversaires du catholicisme, il n'y a pas autant de nuances, un « catho » est un « catho » d'où qu'il parle, un représentant d'un ordre voué à être irrémédiablement détruit.

    Cette apparente défaite vient d'une erreur majeure commise par la majorité des catholiques et aussi par ceux qui s'opposent à eu, et qui confondent la foi avec une idéologie, ce qu'elle n'a jamais été, n'est pas, et ne sera jamais.

    La foi n'est pas une simple conviction chez soi ou d'autres qui nous est sympathique ou pas, une opinion comme une autre que l'on défend si besoin est en manifestant, ou en se laissant aller à des discours ronflants dessus, des discours qui plaisent, et qui font plaisir, mais qui ne vont pas très loin, mettant en avant le cas de personnalités « pipeaules » qui n'ont pas de honte à se dire catholiques et qui sont autant d'alibis pour dire, « eux peuvent mais moi je ne peux pas ».

    Loin de moi l'intention de mettre en doute la sincérité et l'engagement de ces « pipeaules » qui bien souvent se « grillent » définitivement auprès de leur milieu en s'affirmant catholiques, mais ils ne doivent pas être les arbres qui cachent la forêt pour les autres croyants.

    Les catholiques ont trop souvent trop de bonnes raisons pour justifier ce qui n'est rien d'autre que de la lâcheté.

    La foi est bien plus que ça, bien plus que des souvenirs idéalisés que l'on se raconte au coin du feu, bien plus que des bonnes intentions toutes gentilles, ou gentillettes.

    P1020353.JPGLa foi est, pour un catholique, ou du moins devrait l'être un minimum, un chemin de vie qui implique des exigences morales et spirituelles a minima que les croyants ne veulent plus suivre vraiment, et qui ont tout comme le reste de la société « les tripes molles et le cœur sec », selon la formule de Bernanos.

    Ces exigences n'entraînent pas obligatoirement une voie vers le martyre, et l'héroïsme, voire la sainteté, cela commence pour un croyant, ou devrait commencer, par serrer la main de son voisin de chaise à la sortie de la messe ou s'intéresser réellement aux pauvres, aux faibles, aux petits autour de soi, bien avant de s'intéresser une fois ou deux dans l'année à ceux qui sont lointains, mais certes exotiques.

    Bien entendu, il suffit de rappeler ces quelques évidences a priori pour des croyants pour être aussitôt taxé ou soupçonné de fanatisme, peu importe. Qu'est-ce qu'un croyant devrait préférer ? Survivre en se terrant, ou vivre sa foi au grand jour dans la radicalité de l’Évangile sans craindre le « qu'en dira-t-on » ?

    Illustrations (photos de Chartres) de l'auteur