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  • Manuel Valls le méchant de service à gauche

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    Aussi sur Agoravox  

    Le nouveau ministre de l'intérieur depuis quelques mois ne fait pas l'unanimité au sein de son camp théorique qui trouve que parce que ferme, ou dans une apparence de fermeté avec les « sans papiers » par exemple, ou les « squatters » de Notre Dame des Landes, ou d'autres dossiers, il est supposé être de droite voire même d'extrême-droite comme si être un politique de gauche supposait d'être forcément laxiste ou de refuser toute coercition, celle-ci étant pourtant parfois nécessaire du fait de la nature humaine même.

    politique, PS, présidence Hollande, Valls, hypocrisie, foutue gauche "morale" (TM°)A gauche de la gauche on n'en démord pas, Valls est un nouveau Sarkozy, ce qui est pour eux l'abomination de la désolation, l'ancien président, et ancien "méchant de service" préféré à gauche dans une obsession à le critiquer ou le moquer qui tourne souvent au quasi-pathologique.

    En ce sens, Valls a le courage d'énoncer des faits tangibles sur tous ces sujets, sans passion, mais simplement de dire les problèmes posés au quotidien par le choc des cultures qui, quelles que soient les bonnes intentions dont on veut faire preuve au départ, est bel et bien une réalité, par toutes les questions liées à l'insécurité bien réelle dans des « quartiers difficiles », est-il normal que, entre autres, les bus de ville, service public pour tous, ne puissent circuler correctement dans certains endroits sans craindre une agression, un caillassage voire pire ?

    Ce n'est pas que cette insécurité ne soit due qu'aux populations précaires d'origine étrangère, il y a parmi les « lascars » et les voyous des « petits blancs », tout aussi précaires d'ailleurs, leurs conditions de vie expliquant en partie leurs comportements mais pas seulement.

    Il s'agit par exemple, parmi les adversaires de Valls, de nier les conséquences néfastes de l'afflux constant depuis plusieurs années, y compris pendant l'ère Sarkozy, d'immigrés dits « sans papiers », ce qui profite au marché clandestin du travail, ce qui fait le bonheur des patrons à qui cela évite de payer des charges ou de respecter des contraintes horaires quant à leurs employés, ce qui entretient l'économie souterraine et les marchés parallèles, suppléant au « détricotage » des services publics par les institutions européennes, « détricotage » mené par la droite et la gauche.

    Juste énoncer ces quelques faits n'implique pas l'absence de compassion bien au contraire envers ces personnes, mais à ceux qui pensent que la France peut toutes les accueillir je suggère d'être cohérents jusqu'au bout et de les loger par exemple chez eux ou de leur offrir la moitié de leur salaire par exemple ?

    Ou alors, est-ce que les détracteurs de Manuel Valls ont intériorisé au fond toutes les critiques faites habituellement à la gauche et les ont faites apparemment les leurs :

    Son angélisme, concernant le modèle d'intégration à la française, un « ascenseur social » qui est en dérangement depuis des lustres, son laxisme là encore, sur l'insécurité, réduite à des vociférations de fââchiistes (TM°) ou de « skins » bas du front, croyant bon de se conformer à ces clichés pour s'affirmer de gauche, accordant donc du crédit à ces clichés pour se donner une image de gauche alors qu'ils ne sont donc que très superficiellement de gauche comme à droite, ceux qui se conforment seulement aux clichés du militant de droite ne sont également que très superficiellement de droite.

    On a l'impression que cela fait partie du débat politique actuel ou tout le monde peu ou prou semble oublier toutes nuances, radicaliser son discours jusqu'à la caricature, limitant celui-ci à des slogans grandiloquents mais creux, qui sonnent bien mais qui ne signifient rien.

    Vociférer contre ceux qui ne font que parler de tous ces sujets afin d'en débattre en les traitant de racistes ou de fachos (TM°) c'est facile, cela évite entre autres choses de faire des propositions réelles concernant une politique éducative forte et la réaffirmation absolument indispensables de valeurs communes et non de quelques vagues dénominateurs communs qui font certes plaisir entre la poire et le fromage mais qui n'apportent rien, le tout saupoudré de quelques fêtes caritatives collectives marquées par une sur-affectivité superficiellement sympathique et finalement hypocrite, un chouïa de condescendance, et sans retombées ou évolutions quelconques ensuite pour les personnes en souffrance, dont le « Téléthon » (TM°) bientôt de retour pour faire pleurer Margot dans les chaumières.

    A ce propos, d'aucuns dénoncent, c'est leur droit, le coût des illuminations de Noël mais tout cet argent dépensé pour des évènements qui prennent pour prétexte les chtits n'enfants n'handicapés ne serait-il pas mieux employé pour aider la recherche contre ces maladies ?

    Ne pas chercher à développer l'éducation dans les « quartiers », à favoriser l'intégration des populations d'origine étrangère, ce n'est pas de la grandeur d'âme, c'est à la fois de la lâcheté et de l'inconscience, car il y aura forcément un jour un « retour de bâton ».

    Les critiques contre Manuel Valls feignent d'oublier une chose. S'il est sincère, et que ses intentions le sont aussi, ce que je ne saurais juger, ne sachant pas jauger les reins et les cœurs, il n'a de toutes façons pas les moyens de sa politique, que le président ou le premier ministre ne lui laisseront pas mener car elle serait contraire aux intérêts du système tel qu'il est en ce moment.

    Et Valls est bel et bien de gauche, mais de cette gauche républicaine et jacobine qui n'est ni dans l'angélisme ni dans le masochisme mémoriel ou le déni constant des valeurs communes...

    image prise sur ce site

  • Y a-t-il une véritable opposition en France ?

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    En débat sur Agoravox

    Depuis que la comédie-ballet, ou opéra-bouffe, qui sévit à l'UMP se déroule sous nos yeux éberlués par tant d'ambitions étriquées et médiocres affichés, par une telle déconnexion d'avec le « pays réel », par un tel cynisme et une absence totale d'intérêt pour le bien commun au fond.

    politique,opposition,ump,ps,udi,fn,effarement,faux-culs,hypocrisieAu début, tout cela faisait rire, maintenant, cela devient sinistre, pour la Droite, mais aussi pour ce qu'il reste de pratiques démocratiques en France. Il est inquiétant à ce propos, et suite à ce cafouillage, de lire, d'entendre ou de voir un peu partout mettre en doute la démocratie elle-même qui si elle est « le pire des systèmes est aussi le moins pire » pour reprendre l'expression de Churchill, démocratie se réduisant pour la plupart des citoyens hélas à des échanges de slogans manichéens et brutaux.

    Après tout ces épisodes tragi-comico-grotesques on peut se demander ce qu'il reste d'opposition réelle en France.

    On me rétorquera que cet imbroglio fait au moins quelques heureux, à savoir les opposants « anti-Sarko » compulsifs, parfois à la limite de l'obsession pathologique, qui s'en donnent à cœur joie pour se repaître de leur cible préférée depuis que celui-ci pose à l'arbitre, ne songeant même pas, on peut en être sûr, à la présidentielle de 2017 où il pourrait poser en sauveur de la Droite.

    Des petits indices montrent que l'UMP, en temps normal, quand les ambitieux feignent de ne vouloir se consacrer qu'au bien du pays, ils sont de toutes façons sur le fond de la politique à appliquer en parfait accord avec le PS sur les bases économiques et sociales, à savoir une politique libérale mâtinée d'un zeste de poudre aux yeux vaguement sociale, un européisme qui n'admet pas la contradiction.

    Cet accord de vues se constate également sur des points sociétaux comme le « mariage pour tous », contre lesquels il n'y a guère qu'une minorité au sein de ce parti qui s'élèvent contre.

    Des parlementaires PS, sénateurs et députés ont été jusqu'à regretter cet imbroglio qui empêche le petit jeu habituel de se dérouler, chacun jouant sa partition sans grande sincérité, à commencer par les anciens diplômés des « grandes » écoles qui choisissent leur « poulain » une fois leur précieux diplôme en poche pour s'assurer le succès de leurs ambitions personnelles et non par réelle conviction.

    Ce n'est pas qu'il soit anormal ou négatif que des politiques nourrissent celles-ci en soi, tant qu'ils pensent quand même un petit peu à l'intérêt collectif. Ce qui est si peu le cas depuis longtemps.

    L'opposition en France, et ce objectivement parlant, se situe chez les opposants à l'aéroport prévu sur le site de « Notre Dame des Landes » qui ont ridiculisé la « tentative » de dialogue du gouvernement Ayrault en répliquant par des exigences irréalisables mais rigolotes, comme demander que les ministres pédalent pour avoir leur propre électricité.

    J'aurais conseillé encore plus « durable », une turbine fonctionnant à l'autosatisfaction des politiques, ce qui aurait assuré une source d'énergie quasiment inépuisable. Ces opposants sont constitués de groupes hétérogènes, « autonomes » et radicaux divers, qui prennent le prétexte de l'« Ayraultport » pour mener une lutte plus idéologique que réellement écologiste, certains parmi eux étant « paysans » dans le coin de « Notre Dame des Landes » depuis quelques semaines tout au plus.

    Tout comme d'ailleurs les opposants « verts », issus d'EELV qui sont une opposition au gouvernement, ce qui est paradoxal, à l'exploitation du gaz de schiste en France qui ne veulent pas en entendre parler, y compris d'effectuer des recherches sérieuses pour en diminuer le coût écologique, non pas parce qu'ils sont amoureux de la nature, des fleurs et des petits oiseaux mais parce qu'ils sont depuis toujours non pas intégralement « verts » mais « vert pastèque », verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur, plutôt rouges trotskistes voire libertaires.

    Rappelons que cette exploitation pourrait contribuer au sauvetage de l'économie bien mieux qu'un plan d'austérité fût-il assorti de quelques lignes concernant la croissance.

    A gauche, l'opposition réelle est essentiellement au Front de Gauche, parmi les partisans de Mélenchon et au PCF, dont on peut reconnaître le mérite de présenter un projet concret d'alternative à la politique sociale-libérale actuelle.

    Je ne peux que reconnaître le bien-fondé de certaines mesures économiques suggérées par ce projet entrainé en granpolitique,opposition,ump,ps,udi,fn,effarement,faux-culs,hypocrisiede partie par Jacques Généreux, qui tiennent du simple bon sens, et qui au fond ne relèvent ni de la droite ni de la gauche. Si ce projet a été critiqué à droite, ce qui fait partie du jeu, il l'a été aussi à gauche, enfin la gauche théorique, sociétale.

    A droite, on ne peut pas vraiment dire que l'UDI constitue une réelle force d'opposition puisque les bases idéologiques ou théoriques sont rigoureusement les mêmes. En se basant sur une clientèle de centre-droit, Jean-Louis Borloo et Rama Yade, et d'autres, Hervé Morin ou Pierre Méhaignerie, s'assurent une possibilité de poursuivre leur « carrière » dans un créneau jusque là -mal- occupé par François Bayrou, et ont vu, je pense, la farce jouée entre Copé et Fillon, comme une « divine surprise » précipitant l'afflux chez eux de déçus de l'UMP, de cette « droite honteuse » qui a peur d'assumer son identité.

    La seule opposition de droite radicale, c'est le FN, un peu plus encore depuis qu'il a été rejoint par d'anciens supporters de Chevènement dont Paul-Marie Couteaux ou Florian Philippot, qui voient là l'aboutissement d'une démarche logique, considérant que la vraie fracture politique actuelle est entre européistes libéraux et nationalistes, ou souverainistes.

    Là aussi, ils ont vu arriver des militants du parti « gaulliste » (ou supposé gaulliste) logiques avec leur volonté de « droitisation » du discours.

    Concernant le FN, il est notable de constater qu'il est heureux pour leurs adversaires que ce soit la famille Le Pen, qui considère le FN comme sa propriété, qui soit aux commandes, car dans le cas contraire, ce parti serait à 30%.

    Pour un passionné de politique, comme je le suis, qui adore la polémique et ce depuis longtemps, cette perte de nuances dans le discours politique et démocratique est effarant et me semble très dangereux, c'est un décervelage qui ne dit pas son nom et mène tout droit à l'arbitraire, et le pire est que nous nous y précipitons en courant...

    illustration du haut empruntée à ce blog

    illustratiotion du bas prise à cet autre blog

  • Un monde sans téléphone "portable" ?

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    A propos de l'interdiction possible du « téléphone portable » dans les voitures voire à l'école.

    cigarette_box_mobile_phone.jpgL'idée d'interdire le téléphone dit portable dans les voitures soulève de vives réactions (je dis bien « dit » portable car c'est un pléonasme, tous les téléphones l'étant en eux-mêmes).

    Pour la plupart des personnes, le mauvais conducteur, celui qui se sert de son téléphone inconsciemment, c'est toujours l'autre, ce qui est le plus souvent la réponse en France concernant toutes les questions liées à la voiture, l'alcoolique au volant c'est toujours l'autre, le chauffard c'est toujours le voisin...

    La plupart des personnes entendues à la radio, réagissant sur Internet, ou vues à la télévision en « micro-trottoir » justifient leur addiction à un appareil qui est au fond un jouet pour grandes personnes, leur esclavage par leurs obligations patronales, personnelles ou familiales.

    Il y a vingt ans déjà, vingt ans qui paraissent un siècle, en une époque terriblement démodée déjà, quand un amoureux attendant l'objet de sa flamme, il souffrait de la douce torture, alors qu'elle était en retard comme à chaque fois, de se demander si elle viendrait ou non à son premier rendez-vous. C'était des tourments romantiques délicieux et cela faisait partie du jeu amoureux, de la carte du tendre.

    Maintenant, elle envoie un SMS pour prévenir qu'elle ne sera pas à l'heure :

    « metro bloque, dsl, GTM, LOL (ou) « xoxo » (je traduis à l'usage des vieux croûtons qui ne pratiqueraient pas le langage « djeunz » actuel :

    « les transports collectifs tellement anonymes, car ils ignorent notre amour, sont bloqués, je suis infiniment désolée de ce contretemps atroce pour nos sentiments si forts, je t'aime avec passion, nous en rirons de cet incident à gorge déployée, je t'embrasse ardemment »).

    Il y a vingt ans déjà, le VRP, ou le responsable des ventes d'une entreprise, le salarié, l'employé en déplacement, était libre de rêver dans les embouteillages, de flâner un peu, d'avoir encore un espace de liberté intérieure sans continuer à être aliéné par un travail parfois pénible. Maintenant, le patron, le chef de service mettra à profit ce temps passé dans le véhicule à profit pour continuer à travailler et faire des bénéfices sans perdre ne fût-ce qu'une seule seconde.

    Et le pire est que le salarié, l'employé, le VRP ou autres considèrera cela comme normal voire comme une mise en valeur de sa personne alors qu'au fond ce n'est rien d'autres qu'un boulet électronique excessivement lourd qui lui enlève une part non négligeable de son humanité sans qu'il n'en ait conscience, le transformant en simple outil, en chose, en machine

    Il y a vingt ans déjà, ami jeune, pour discuter, pour échanger, les adolescents allaient dans un lieu appelé « café ». Ils échangeaient et dialoguaient face à face, il n'était pas rare même qu'ils aillent au domicile de leur interlocuteur, interlocutrice, ce qui semble maintenant, j'en conviens hautement improbable et pourtant cela se faisait bel et bien quotidiennement. Ils dialoguaient aussi avec leurs voisins dans le bus, échangeaient avec les autres jeunes, s'amusaient ensemble, sans avoir le nez sans cesse rivé à un écran.

    Ils disposaient de moments de solitude, qui étaient aussi des moments d'introspection parfois nécessaires.

    Ils étaient parfois coupés de leurs réseaux d'amis, ou de relations, pour se retrouver seuls avec eux-mêmes, ce qui leur permettait pourquoi pas de rêvasser, de s'attarder sur leur journée, de différer le plaisir ressenti à rencontrer un ami ou un proche, au lieu de ne recherche que le plaisir immédiat et instantané comme le drogué son « fix ».

    Je sais, ami jeune, voire ami adulte, cela te paraît scandaleux d'être coupé maintenant ne serait-ce qu'une seule seconde de toutes ces personnes qui sont là pour te mettre en valeur, qui te rassurent constamment sur l'image publique que tu te dois de donner dans cette société spectaculaire, image que tu confonds comme beaucoup de grandes personnes avec ta personnalité réelle.

    De plus, leurs parents ne pouvaient les suivre à la trace via le GPS de leur téléphone cellulaire, et ce avec le consentement de leur progéniture, ou les surveiller via l'envoi de textos ou leur répondeur, savoir si leur petit dernier ou petite dernière avait tout ce qu'il lui fallait, tout ce donc elle avait besoin. Les enfants étaient-ils donc pour autant livrés à eux-mêmes ?

    Ils apprenaient simplement à être autonomes...

    Comme dans « Farenheit 451 », le monde est sans cesse bruyant, sans cesse environné de musiques, d'informations, d'images, ce qui engendre un isolement et une solitude beaucoup plus grandes qu'auparavant alors que les personnes disposent de divers moyens tous plus sophistiqués les uns que les autres pour théoriquement communiquer.

    illustration empruntée ici

  • Ce qu'il peut y avoir derrière des propos "hétérophobes"

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    En débat sur Agoravox

    « Avec le Pacs, j'ai milité avec des gays, et il m'arrive de me dire : Tiens, il est mignon. Un hétéro, ce n'est pas possible, à cause de ce qu'il a dans la tête. »

    Caroline Fourest, citée in "Libération", 24 juin 2000.

    homophobie, hétérophobie, politique, société, mariage, christianismeCeci est une déclaration faite par une personne luttant ardemment pour la reconnaissance des droits de minorités selon leurs préférences sexuelles et la fin de la ségrégation qui, selon elles, existe envers ces communautés. Il est donc assez étrange et paradoxal de noter qu'elle fasse elle-même une distinction entre les personnes selon leur orientation morale individuelle.

    On se demande d'ailleurs ce que les hétéros ont dans la tête :

    Sont-ils à ses yeux moins sains que les homosexuels ?

    Suggère-t-elle que tous les hétérosexuels ont une sexualité déviante et une appétence au viol ou aux perversions ?

    Mystère.

    Moi qui ne suis pas du genre à faire preuve de mauvais esprit, je ne me risquerai certainement pas à en tirer des conclusions hâtives.

    Ce n'est pas la seule femme homosexuelle semblant avoir cette bizarre conception des hétérosexuels.

    Dans les conférences sur la « théorie du Gender », il n'est pas rare d'entendre des propos tout aussi problématiques réduisant les hommes à des simili-primates à peine capables de maîtriser leur libido et leurs pulsions violentes, et exaltant la douceur et l'absence de passions extrêmes ou passions tristes féminines.

    Les mâles « de service » généralement présents dans ces moments là sont alors foudroyés du regard par ces dames et se doivent de baisser les yeux avec remords.

    Curieusement, ces propos n'ont soulevé aucune indignation de la part des « rebellocrates » et « indignophiles » habituels alors qu'ils posent problème en soi.

    Imaginons qu'un hétérosexuel ait eu les mêmes propos à l'inverse dans le camp en face de celui de Caroline Fourest pendant la manifestation contre le « mariage pour tous » le 17 Novembre, manifestation qui concernait aussi bien des catholiques, que des juifs ou des musulmans, et aussi des homosexuels contre le mariage « gay », ceux-ci suspectés d'être comme les autres des suppôts des « ordres noirs », voire carrément nazifiants, on n'a aucune peine à envisager le tollé que cela aurait soulevé, et les accusations d'homophobie, de régression et de retour aux bonnes vieilles « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) invoquées par les belles consciences dés qu'il s'agit d'interdire tout débat.

    Ce qu'elles ont fait d'ailleurs, ne serait-ce qu'au sujet des catholiques défilant en ordre dispersé, ceux-ci n'ayant pas compris que « tradis », « progressistes », « sociaux », « réacs », « pas réacs », ils sont de toutes manières mis dans le même sac par les partisans du « mariage pour tous » qui ne feront pas dans la nuance quant à leur refus de toute contradiction, même raisonnable, de toute réflexion sur un sujet qui concerne l'ensemble de la communauté nationale et non pas seulement les 2 ou 3 % d'homosexuels susceptibles de se marier.

    Ce refus du débat, ces propos étranges sur la sexualité hétérosexuel, ne signifient qu'une chose.

    Il ne s'agit pas vraiment de faciliter le droit à l'union de deux personnes homosexuelles pour les aider dans leurs démarches administratives, ou des démarches d'adoption qui sont toutes aussi dures pour des couples hétérosexuels, toutes choses qui ne sont que des prétextes en fin de compte pour des personnes qui militent en fait pour une transformation radicale du modèle traditionnel de la société.

    Il s'agit réellement et concrètement d'une remise en cause fondamentale de la famille comme noyau originel de nos civilisations. Ce n'est pas pour rien que les militants pour le « mariage pour tous » insistent bien lourdement sur les cas de maltraitance dans les couples hétérosexuels et les cas d'homosexuels « obligés » de se marier il y a une cinquantaine d'années pour complaire au modèle traditionnel.

    Serait-ce qu'il n'y a pas de maltraitance dans les couples homosexuels ?

    Serait-ce que les homosexuels seraient extérieurs à l'espèce humaine ?

    Un groupe différent exempt des travers communs au reste de leurs congénères « homo sapiens » ?

    Ce qui relève au fond et paradoxalement d'une conception homophobe de leur orientation sexuelle. Certains défenseurs du « mariage pour tous », comme j'ai pu le voir sur certains forums font preuve de la même homophobie inconsciente en demandant les « mêmes droits que les couples normaux » pour les couples « gays ».

    Je précise bien que je ne nie pas une seconde les violences subies par les femmes et les jeunes filles, bien au contraire, celles-ci devant « vivre avec » des années durant bien souvent sans que les salopards leur ayant fait subir des souffrances insignes soient inquiétés.

    Les militantes du « Gender », les militants pour le « mariage pour tous » prétendant les défendre, mais ne font que procéder comme d'autres à l'instrumentalisation de ces victimes pour lesquelles ils n'ont pas toujours de compassion véritable et sincère, et leurs motivations desservent plus qu'autre chose la cause de ces femmes en souffrance.

    Photo empruntée ici

  • Un emmerdeur de talent – les morceaux de bravoure de Norman Mailer

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    Sur Agoravox

     à propos de « Morceaux de bravoure » de Norman Mailer en « pavillons poche » chez Robert Laffont

    Littérature, Amérique, société, télévisionJ'aime tous ces auteurs américains, de Truman Capote à Hunter Thompson, en passant par Jim Harrison, un ogre, comme Norman Mailer l'est aussi, ou dans un autre genre Lester Bangs, excentriques, hors-normes, qui ne sont jamais dans la demie-mesure ou la tiédeur, qui ont su parler de l'époque sans pour autant tomber dans le risque de pontifier ou de théoriser avec prétention, posant au guide spirituel des peuples, qui n'en demandent pas tant et qui aimeraient bien parfois que tous ces guides auto-déclarés finissent un jour par leur ficher la paix.

    Ce ne sont que des hommes libres qui tentent d'amener leurs semblables à la même liberté, pas des militants d'une cause, d'une foi ou d'une idéologie..

    Norman Mailer, né en 1923, mort en 2007, parle de tout, se mêle de tout, dans ce livre qui compile des textes, articles et chroniques écrits tout au long de sa vie des considérations sur les médias, les femmes, l'écriture, son amour de la littérature (deux textes exceptionnels sur Hemingway, qui l'inspire pour son style journalistique, proche aussi de la « non fiction » de « De Sang Froid » de Capote, et Henry Miller, avec qui il partage l'expérience de l'exil parisien), le microcosme littéraire et l'agacement qu'il suscite en lui, la politique, la CIA, le Watergate, la fascination qu'il a pour Nixon et ses mensonges, les lubies de J.Edgar Hoover, le travesti le plus célèbre de l'histoire des États Unis, et divers autres sujets dont son expérience au cinéma et l'argent qu'il a perdu en cette occasion, dont un film crépusculaire avec Ryan O'Neal (« Les Vrais durs ne dansent pas » avec aussi Isabella Rosselini) et même son amour des chiens.

    A la fin de l'ouvrage sont rassemblées une bonne partie des interviews de l'écrivain de 1960 à 1982.

    C'est un emmerdeur aux yeux des imbéciles car il ne respecte pas les compromis et autres petites lâchetés supposées normales afin de continuer à être tenu en considération par le système spectaculaire, les conventions minables qui poussent à jouer l'affrontement face caméras pour mieux fraterniser ensuite une fois celles-ci éteintes.

    Ce qu'il écrit entre autres sur la télévision est d'une acuité, d'une ironie et d'une intelligence qui valent toujours à notre époque car rien ne s'arrange vraiment depuis les années 60 et 70, les spectacles hypocrites, les shows d' « infotainement » déjà en place à cette époque, dont il est d'ailleurs un des « bons clients » lucide sur le rôle que l'on tente de lui faire jouer, celui du trublion que le public aime détester pour son irrespect total des convenances surtout car de fait, Norman ne fait que tendre aux spectateurs le reflet de leur propre soumissions, de leur allégeance, à un système dont ils sont les proies consentantes encore maintenant.

    C'est un emmerdeur aux yeux des thuriféraires de l'élite car il assume complètement sa virilité et son goût pour des comportements masculins qui ne correspondent pas à ce que l'on attend d'un gentil garçon cultivé et bien élevé dans les milieux qui pensent et qui s'engagent, tout en étant d'une sensibilité à fleur de peau que d'aucuns perçoivent comme exclusivement féminines.

    Ces milieux ne le considèrent pas vraiment comme un des leurs bien qu'ils partagent superficiellement les mêmes engagements libertaires ou l'opposition à la Guerre du Vietnam, mais qu'il écrit aussi sur des sujets apparemment beaucoup plus futiles avec par exemple son livre sur les « mémoires imaginaires » de Marylin Monroe qui est sans doute un des meilleurs livres sur l'actrice, le mythe qui l'entoure, et une réflexion sur le vedettariat et aussi et encore sur le spectaculaire omniprésent dans notre société.

    Au fond, Norman Mailer est un réactionnaire au sens strict du terme, à savoir un auteur qui n'aime pas son époque et ce qu'elle a comme conséquences néfastes sur ses frères humains. Souvent ce qu'il écrit enthousiasme, parfois ses partis pris peuvent agacer car il ne prend jamais de gants pour en parler, et les assène sans se soucier des conséquences.

    Il a beaucoup d'autres défauts et non des moindres pour les arbitres des élégances morales et politiques.

    Et il combattif dans le Pacifique contre les japonais, restant fier jusqu'au bout de ses hauts faits militaires, ce qui rajoute aux suspicions que les beaux esprits de son temps ont envers ses engagements pour qui cela ne se fait pas d'apprécier la « chose miliaire », les petits soldats, les armes et le courage que cela implique

    Il aime boire sec et souvent, il s'enthousiasme pour la boxe, participe à un ou deux matchs d'ailleurs, il n'hésite pas à jouer des poings en dehors des rings, ou du « coup de boule », à l'encontre de Gore Vidal par exemple, juste avant une émission de télévision, et se comporte parfois avec les femmes sans respecter les règles de bienséance, celles-ci lui pardonnant ses écarts qui sont ceux d'un enfant, car comme tout écrivain doté de cette sensibilité qui les pousse à plus de lucidité, comme beaucoup de créateurs, Norman Mailer garde une part d'enfance en lui, une enfance dont il est au fond inconsolable.

    Portrait de l'auteur pris sur le site du dailymail

    Ci-dessous Norman Mailer sur sa conception d'une vie réussie (en anglais)

  • Loin des belles promesses, loin des paniers de crabes

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    Conférence autour du livre édité aux éditions "Cogito".

    Par amitié pour l'éditeur, Frédéric, bien que je ne partage pas ses engagements au PCF, et aussi pour montrer qu'il y a une abîme entre les belles promesses, de "moi président normal" par exemple et leur réalisation concrète, et qu'en soi l'imbroglio à l'UMP est obscène, quand des luttes plus graves se préparent.

    Cela que l'on soit de gauche ou de droite, on ne peut qu'en être conscient.

    Le site des éditions "Cogito"

    politique, normandie, social

  • Une politique fiscale pour payer les clientélismes...

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    Déjà sur Agoravox

    Je tiens avant toute chose à préciser clairement les choses, je ne suis pas du tout opposé aux impôts, à leur paiement, qui assure l'entretien de l'environnement commun, des services publics (détricotés un peu plus chaque jour pour satisfaire les critères de convergence européens), des infrastructures.

    politique, impôts, société, délire, hypocrisieLes impôts, dont plus d'un français sur dix est concerné par la hausse cette année, raisonnables, utiles, employés avec discernement , sont un des garants de la solidarité et la communauté nationales.

    Cela est énoncé dans l'absolu, car il faut bien avouer que les impôts, en particulier les impôts locaux, servent surtout à payer et nourrir les clientélismes des politiques qui ont tous plus ou moins le complexe du micro-potentat, s'imaginant de plus tous être parfaitement légitimes car appartenant à telle ou telle lignée locale.

    On ne croirait jamais à les voir se comporter en aristocrates de la méritocratie, persuadés de la légitimité de leurs passe-droits, de leur cooptation, de leur népotisme et ce à chaque maillon de la chaîne du pouvoir, les maires de petites villes se conduisant rigoureusement de la même manière que les candidats à la présidentielle qui ne voient pas le mal à se faire financer par des familles richissimes, et ce que l'on soit au PS ou à l'UMP.

    Si la France était très centralisée, elle est devenue depuis les lois de décentralisation un agrégat hétérogène, un panier de crabes; où à tous les niveaux de décision s'affrontent les ambitions personnelles, les strates du pouvoir. L'imbroglio à l'UMP entre un candidat surtout cynique plus que sincère et un représentant des notables républicains traditionnels le montre parfaitement, tout comme les affrontements personnels au PS.

    Il y eut des abus pointés chaque année, dont certains spectaculaire, des impôts locaux servant à construire des salles de spectacle inadaptées en plein milieu de nulle part, des théâtres contemporains à Clochemerle, sans parler de la folie des rond-points décorés le plus souvent selon un goût très discutable.

    Dans les petites villes, les sous-préfectures, les bourgs qui perdent progressivement leur identité par la succession de décisions lamentables, l'on en voit les résultats :

    Des expositions artistiques contentant le responsable culturel local qui fait ainsi plaisir à ses copains, le poète local en auto-édition qui écoule ainsi sa camelote et profite de la « clientèle captive » des scolaires, l'édile qui impose des activités parfois farfelues (j'ai en mémoire cette action ayant consisté à faire écrire aux enfants des écoles primaires leurs indignations sur de tout petits bouts de papier ce qui a conduit bien sûr à un enfilage de lieux communs certes sympathiques mais totalement creux), les dépenses somptuaires sous prétexte de célébrations caritatives, tel le « Téléthon », les quartiers qui ont "bien" voté favorisés (ce qui va jusqu'au grotesque), les dépenses des représentants du peuple eux-mêmes dont généralement les premières décisions, est-ce curieux, consistent à s'augmenter généreusement car on n'est jamais si bien servi que par soi-même au fond etc...

    Le tout sur les deniers publics, le contribuable devenant une source de revenus, celui-ci payant deux fois les services publics très souvent, pour des spectacles qu'il a lui-même contribué à financer.

    Il existe aussi un jeu assez amusant, sur le mode ironique s'entend, qui est de compter le nombre de personnes dans les bureaux de la plupart des conseils généraux ou régionaux, ou dans les municipalités, celles qui travaillent et ont l'air d'avoir une utilité quelconque, celles qui s'ennuient ferme, celles qui assument de ne rien faire du tout, celles qui remuent beaucoup de vent, celles enfin que l'usager dérange.

    Il est la plupart du temps inutiles de chercher à postuler dans ces institutions pour des places ou des postes qui sont la plupart du temps réservés aux enfants du personnel et des représentants du peuple qui semblent souvent oublier que les privilèges ont été théoriquement abolis lors de la nuit du 4 août 1789.

    Je dis bien théoriquement car il en reste beaucoup au final.

    La centralisation est devenue le mal, est présentée comme malfaisante, évoquant l'arbitraire et la tyrannie, ceci également afin de garantir une assise aux institutions européennes censées apporter plus de prospérité aux nations, dont les décisions sont censées être prises démocratiquement (on sait bien ce qu'il en est de démocratie comme par exemple lors du passage en force sans consulter le peuple du TSCG et de la « règle d'or » en France), alors que l'on voit bien que centraliser les décisions quant à la politique nationale permet de trancher et d'assurer une cohérence.

    Ce n'est pas que toute décentralisation ne soit pas souhaitable, que les politiques locaux n'ont aucun droit à décider de l'avenir de leur territoire, mais un retour de la nation forte comme ciment social serait souhaitable.

    illustration excellente empruntée au blog "monquartier", blog niçois

    ci-dessous une chanson qui valut à chacun des "inconnus" un controle fiscal

  • Entre Israël et la Palestine je ne choisis pas

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    Également sur Agoravox israèl, palestine, société, politique, sionisme, intégrisme, Hamas, christianisme

    Je me souviens d'une soirée douce, dans un café de la rue Ben Yehuda à Jérusalem. Nous étions quelques expatriés, tellement heureux de vivre l'expérience extraordinaire de côtoyer presque tous les peuples quotidiennement, que ce soit par les origines très diverses des israéliens, des voyageurs, de ressentir profondément cet accueil des palestiniens, d'apprécier la sensualité des paysages tout autour de nous, féminins, ronds, chaleureux.

    Boire de l'excellent vin local, ou une bière palestinienne, ou israélienne, constituait déjà en soi un geste subversif aux yeux des « fous de Dieu », ou idéologiques, d'un bord ou de l'autre, qui ne comprendront jamais que la convivialité ou ce qu'ils qualifient de moments « simplement humains » peuvent être aussi pour un croyant et,ou toute personne soucieuse de paix et de justice un outil permettant d'aplanir les détestations réciproques.

    A leurs yeux, certes, ne comptent que leurs haines, et leurs frustrations, leur désir de prendre leur revanche sur leurs complexes personnels par le biais d'autres personnes, se défoulant de leurs violences qui n'ont rien à voir finalement par l'entremise d'un affrontement dont au fond ils se fichent complètement.

    Certains parmi nous vivaient du côté occidental, d'autres, comme moi, dans la Vieille ville, côté oriental.

    Nous constations déjà la sottise de tous ceux qui passant quelques jours en ces lieux prenaient violemment parti pour les uns ou les autres, sans trop réfléchir, entretenant les tensions, la violence, juste pour satisfaire leur narcissisme, ou leur mysticisme de pacotille, ou simplement pour jouer à « Robin des bois ».

    Nous avions décidé, tous, de ne pas choisir entre les deux peuples, de nous en tenir aux faits aussi, d'éviter tout fantasme ou déformation de ceux-ci due à la propagande de l'un ou l'autre, et aussi à ne chercher à entretenir ce qui pouvait rapprocher les deux peuples, là où nous étions, à notre niveau, plutôt que ce qui les éloignait, sans pour autant nous ériger en donneurs de leçons de morale tels ces redresseurs de torts spécialistes de l'enfoncement de portes ouvertes, toujours courageux derrière leurs écrans, qui clament que :

    « Faudrait qu'ils fassent la paix, les palestiniens et les israéliens ».

    Comme si personne ne l'avait compris jusque là.

    Entre Israël et Palestine, moi non plus je ne veux toujours pas choisir.

    J'ai vécu deux ans en Terre dite Sainte, dans cette ville déchirée entre les trois « grandes » religions monothéistes, capitale revendiquée par les palestiniens et les israéliens, la plupart de leurs représentants là-bas à de très rares exceptions faisant preuve de la même bêtise et du même aveuglement quant à leurs haines, et particulièrement ceux qui ne sont que de passage là-bas.

    La plupart de ces personnes qui ont toute leur panacée, leur solution-miracle pour résoudre le conflit israélo-palestinien, est qu'elles ignorent généralement toute la complexité de la question, que par exemple Gaza ne réagit pas comme la Cisjordanie, ainsi en ce moment.

    Et qu'ainsi que le dit fort bien Frédéric Encel, le Hamas vote Likoud, a tout intérêt à la guerre et l'affrontement, ceci afin de maintenir les populations gazaouies sous le joug intégriste, dont les minorités chrétiennes de Khan Younis, et de se présenter comme seule alternative possible et seuls résistants à Israël.

    A l'inverse, le Likoud, et les partis religieux peuvent justifier leur politique d'implantations et de colonisation « de facto » des territoires derrière la « frontière de 67 » par les actes terroristes et les tirs de roquettes, et continuer à se faire élire et gouverner. Et bien souvent, les partisans des uns ou des autres ignorent clairement que Jérusalem n'est pas Tel Aviv, ou que les populations réagissent encore très différemment à Haïfa ou Eilat, qu'elles sont côté israélien d'une grande diversité, que l'on ne peut résumer à un ou deux slogans.

    Il n'est pas anodin que les évènements dramatiques se déroulant en ce moment, meurtriers pour les deux camps, j'insiste sur ce point, aient lieu en période électorale. Les fondamentalistes musulmans, les « jusqu'au-boutistes » palestiniens font le jeu des sionistes radicaux et inversement, ce que l'épisode de la mosquée de Nazareth avait déjà montré il y a quelques années, les intégristes musulmans demandant la construction de celle-ci se présentaient comme israéliens, se revendiquant comme tels dans la presse israélienne, et étaient utilisés pour contrer les modérés palestiniens ou arabes israéliens en recherche de solutions concrètes et tangibles de développement économique et d'aide aux habitants les plus défavorisés de Cisjordanie ou de possibilités de collaboration positive entre les deux peuples, possibilités qui existent.

    Pendant la période plus apaisée, entre 1998 et 2000, il n'était pas rare que les habitants d'Ashquelon ou Tel Aviv aillent faire leur marché à Gaza faisant vivre l'économie locale, ou que les habitants des territoires aillent se détendre ou flâner sur le front de mer non loin de Jaffa. Il était également fréquent que des jeunes de Jérusalem sortent « en boîte » à Ramallah et inversement.

    Car ainsi que tous le disait lorsqu'on leur en parlait, il ne s'agissait que d'apprendre à vivre ensemble à peu près en bonne intelligence, paisiblement, à travailler, faire du commerce, se déplacer librement, profiter de la vie, notion que fanatiques ou idéologues radicaux ne peuvent pas saisir, car ils ont la vie et l'humanité en horreur.

    Illustration : une rue de Jérusalem Est (la rue que j'habitais), prise sur ce site en lien

  • Cris d'orfraie

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    Déjà sur Agoravox

    à propos de l'élection de Copé à la présidence de l'UMP

    politique, copé, UMP, élections, hypocrisieA gauche, depuis déjà plusieurs décennies, il est d'usage de distribuer les « bons » et les « mauvais » points en politique et en culture, y compris de désigner ce qui ressort d'une « bonne » droite et de la « mauvaise » droite, voire même les « bons » et les « mauvais » réactionnaires.

    Sur les plateaux télé, et de plus en plus depuis quelques temps, chaque show d'« infotainement » a même son « réac de service », qui joue le rôle de Gnafron dans « Guignol », celui qui finit toujours par se faire huer par le public, qui adore ça. Il finit toujours par se faire tancer gentiment et avec condescendance par les belles âmes présentes autour de lui qui lui expliquent avec pédagogie combien il se trompe et combien il est arriéré, ce qui leur offre l'opportunité au passage de se mettre en valeur dans leur rôle de « phares de sagesse » d' « anti-brouillards » du progrès social et de tous les mythes en corollaires.

    Depuis que Copé a parlé du fameux « pain au chocolat » ce qu'il a fait certes certainement cyniquement et pour se faire élire mais ce qui se rapporte à des réalités bien concrètes de choc des cultures et des origines, il est classé comme étant de la droite « mauvaise » voire l'extrème-droite, ce qui permet d'exclure tout débat raisonnable sur le vécu quotidien de l'insécurité par exemple, les personnes souhaitant en parler étant aussitôt et systématiquement suspectées de racisme ou de faire le lit du Front National.

    Évoquer ces questions liées aux cultures, aux religions, aux origines ce n'est que du simple bon sens au fond, bon sens populaire ou paysan méprisé largement par la plupart des belles consciences qui l'assimilent au poujadisme ou au populisme.

    Devenir français, devenir citoyen, ne se fait pas en ayant simplement les papiers dans la poche, c'est un apprentissage qui suppose aussi une politique éducative forte, des compromis acceptables pour chacun afin de tous vivre en bonne entente, ou du moins d'être prêts à le faire sans heurts et favoriser justement le fameux "vivrensemble" mieux que la politique du "plus petit commun dénominateur" ne le fait.

    Par contre, l'on aime bien les « réacs » pittoresques qui sentent bon la « vieille France », que l'on sait morte depuis longtemps, une France qui n'a jamais réellement existée, qui rappellent qui un grand-père bourru mais sympathique, qui un oncle amusant qui sort des horreurs salées z-et épicées entre la poire et le fromage, du genre à faire rougir les dames et rire grassement les messieurs.

    Ces « réacs » pittoresques servent d'exutoire aux belles âmes qui sont généralement des petits garçons très sages et très dociles et des petites filles tout à fait raisonnables, sérieuses et travailleuses, et dociles également, et puis cela permet de se croire ainsi proche du peuple, du « prolo », un « prolo » fantasmé comme dans les films réalistes poétiques et sociaux des années 30, la casquette de travers, la « gitane maïs » au coin du bec, dont la gauche est coupée dans sa grande majorité depuis fort longtemps, coupure dont elle est très loin d'avoir réalisée l'ampleur, voire acceptée.

    Ainsi Michel Audiard mais pas seulement ont actuellement la « carte », dans l'évocation nostalgique finalement de l'enfance des « quinquas » et « quadras » qui sont dans le « c'était mieux avant » et la larme de crocodile facile.

    Dans le cas d'Audiard, je me demande d'ailleurs si les belles consciences qui le portent aux nues ont lu ses souvenirs de la Collaboration qui contredisent un par un tous leurs préjugés sur cette période, entre autres, la Résistance et la Collaboration.

    Les belles âmes et les belles consciences distribuent les « bons » points aux « bons » élèves, se faisant arbitre des élégances morales, le tout d'ailleurs en prônant paradoxalement par ailleurs une morale individuelle plutôt libertaire.

    La plupart des commentateurs appartenant à ce camp de la gauche dite morale arguent de la supériorité supposée de leurs convictions en la matière, la justifiant qui par le souvenirs des fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°) pendant lesquelles la droite est soupçonnée d'avoir eu à chaque fois un comportement dangereux pour la liberté et la démocratie, ce qui, concernant le régime de Vichy par exemple, est un non-sens historique.

    Ainsi, toute tentative de réforme, tout essai de réflexion, ou d'« aggiornamento » se heurtent à un immobilisme constant, le reste de la population ayant également très peur d'être largué par le train du progrès, ou de passer pour un méchant réactionnaire opposé au progrès, ce qui est une sorte de crime moral de nos jours, d'avoir une mauvaise image.

    illustration prise sur ce blog

  • Les catholiques méritent-ils la raillerie qu'ils subissent ?

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    En débat sur Agoravox

    Petite réflexion personnelle après les manifestations organisées hier samedi contre "le mariage pour tous".

    Du fait que l'on ne risque pas grand-chose à railler les catholiques, la majorité des personnes en France ont l'air de le penser, car finalement ce n'est qu'une question de rapports de force :

    politique, christianisme, foi, nostalgie, tièdes, catholicismeQuelques chapelets de « Pater » et d'« Ave Maria » récités devant une scène de théâtre, quelques œufs balancés, au pire, ceux-ci sont devenus un sujet de raillerie facile.

    En effet, avec eux, aucun risque d'émeutes de fanatiques, d'attentats ou de violences, ils sont donc un défouloir tout trouvé, que l'on justifie le plus souvent par une histoire du catholicisme plus ou moins fantasmée, qui serait suffisante pour appuyer la loi du talion actuelle contre toute personne se référant à la spiritualité de l'Église.

    Ce n'est pas qu'être catholique soit interdit, non, mais à condition que l'on ne s'exprime pas sur sa foi, ou sur la conception de la morale qui en découle, ce qui serait perçu comme imposer un mode de pensée aux autres, comme totalement arbitraire.

    On se demande bien pourquoi : une personne non catholique, qui n'en a rien à faire, qu'est-ce que cela peut bien lui importer quant à sa vie sexuelle les recommandations du Pape ou des prêtres sur le préservatif ou l'avortement ? Rationnellement, rien.

    Car au fond, le discours catholique touche encore, ne laisse pas indifférent.

    Dans l'Évangile, il est pourtant exprimé tout à fait clairement que ce n'est pas une expression mièvre, mais qu'elle porte « le glaive » au cœur même parfois des familles, et ainsi que le dit Fabrice Hadjaj, philosophe catholique, dans de nombreux livres c'est de la TNT et non du sucre liquide ou une doctrine facile à appréhender, sur la base du plus petit commun dénominateur pour faire plaisir à tout le monde et ne créer aucun conflit...

    Un bon catho est un catho « qui ferme sa gueule » et rit quand on se moque de lui, qui fait « ses dévotions » comme il l'entend quand il est à la messe mais qui une fois sorti doit se comporter comme tout le monde, et penser dans le même sens.

    Ce n'est pas qu'il y ait une persécution sévère ou physiquement violente, mais ainsi que Thierry Bizot le raconte da ns « Catholique Anonyme », excellent ouvrage sur la question, c'est plus subtil, c'est un ostracisme très progressif, silencieux, un rejet feutré, poli, mais ferme, un dédain à peine masqué de celle ou celui qui témoigne de ses croyances pris pour un arriéré coincé, frustré, incapable de jouir des plaisirs de la vie.

    Rappelons simplement à ce sujet que la jouissance de faire l'amour, de boire un bon vin avec ceux que l'on aime, de partager un excellent repas, est une autre forme de prière et de louange à Dieu, qui effraie il est vrai certains catholiques qui s'imaginent en purs esprits, ayant peur au fond et de leur humanité et de leur corps ou simplement de la Création somme toute.

    Rappelons aussi que l'Evangile est une longue suite de repas, où l'on mange et où l'on boit sans que ne se pose la question de se sentir coupable de le faire. Et que la vie publique du Christ commence lors d'un problème dramatique durant une noce, quand sa mère lui enjoint de faire quelque chose car les mariés n'ont plus de vin à offrir.

    Comme les « post » ou les « trans-humains », ces catholiques sont dans la haine de l'humanité fantasmée comme forcément mauvaise.

    Cependant, il n'est pas tout à fait faux que les catholiques méritent parfois bel et bien la raillerie qu'ils subissent.

    Il suffit d'aller dans de nombreuses paroisses. Il est alors assez simple d'y constater de nombreux travers, toujours les mêmes dont le plus grave est que celles-ci ne sont plus des communautés réelles, à l'exception de quelques uns qui considèrent la paroisse comme un conservatoire sociale, en quelque sorte, où ils ne se retrouvent qu'entre eux, à savoir entre professions, entre milieux sociaux, y compris dans celles qui jouent sur des cérémonies sur-affectives mais creuses qui ne débouchent sur rien de tangible dans la vie de tous les jours.

    On attendrait vainement le moment où ces croyants feraient preuve enfin d'altérité réelle.

    L'affectivité de ces rassemblements est très sympathique sur le moment, mais ce ne sont que des agitations sans intérêt si c'est juste pour partager un moment de défoulement avec d'autres, un moment pas si éloigné des « quarts d'heure de la haine » décrits dans « 1984 » de Georges Orwell, pendant lesquels les citoyens soumis au joug se laissent aller ce qui permet de mieux les asservir encore ensuite.

    Ces cérémonies sur-affectives, que l'on trouve surtout dans les communautés « dites nouvelles » qui ne sont jamais très loin de dérives sectaires dangereuses ont leurs avantages pour les parents, c'est plus sain et moins dangereux qu'une « rave » pour se défouler, et on sait bien qu'une fois passée la crise mystique de sa progéniture elle reviendra sur les rails accomplir une « bonne » carrière, faire un « bon » mariage et s'assurer un statut social envié et enviable.

    Beaucoup de ces communautés sont d'ailleurs devenues d'excellentes agences matrimoniales pour les familles dites « bourgeoises ».

    Il n'y a cependant plus cette ferveur, ni cet élan spirituel, que l'on trouve dans des pays ou des régions du monde où les catholiques sont pourtant violemment persécutés et risquent parfois leur vie à assister simplement à la messe du Dimanche, que ce soit au Proche Orient, en Afrique ou en Asie, ainsi au Vietnam.

    Dans la plupart de ces paroisses, on ne veut surtout pas se faire remarquer, on ne veut surtout pas dire ce que l'on croit vraiment, ce que l'on pense, en tant que catholique. Une fois le seuil de l'église franchie, la foi est effacée, niée, y compris dans l'accueil des plus pauvres ou la solidarité effective qui commence dans sa propre famille ou avec le voisin de palier.

    La plupart des catholiques, à quelques exceptions, ne veulent pas choquer, ne veulent pas selon le terme hypocrite actuel « stigmatiser » d'autres populations, ne veulent pas dire ce qui ne va pas dans le monde, ce qui pourrait aider leurs prochains, par peur, dont celle de perdre des amis (ce qui peut les conduire à une véritable schizophrénie de convictions), par lâcheté, par conformisme et confort intellectuel.

    Pourtant, que ce soit sur le plan individuel ou collectif, sur les questions de solidarité, de société, l'époque attend des catholiques beaucoup moins tièdes que ce qu'ils sont en ce moment, non des fanatiques ou des intégristes mais qui comprennent que la demie-mesure n'est pas compatible avec la Foi.

    Peinture empruntée ici

  • Le « Petit Journal » et la pratique du tir sur les ambulances

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    Déjà sur Agoravox

     Je regarde depuis le début cette émission et le regarde encore, sans être dupe de son contenu, car l'ironie envers les puissants et la dérision envers ceux qui estiment « avoir un destin » au-dessus de ceux des autres primates humains est au fond toujours bonne à prendre.

    petit-journal-petits-journalistes,M69107.jpg Il y avait un côté sympathique à ce trublion qui déconstruisait habilement les discours, les bonnes intentions, et l'hypocrisie de ceux qui nous dirigent ou des célébrités ou pseudo-célébrités, à mettre en lumière leurs ridicules, même en usant de procédés faciles.

     Cette facilité n'est pas la faute du « Petit Journal » d'ailleurs, ce sont les « pipeaules » qui se ridiculisent après tout très bien tout seul. Parfois, le rire est un peu trop grinçant, et l'humour plus cruel que drôle.

     Cependant, depuis quelques temps déjà, et lentement, Yann Barthès et les membres de son équipe acquérant une visibilité médiatique plus importante, devenant célèbres, se posent de plus en plus en censeurs des mœurs politiques, en moralisateurs de la vie publique, plus précisément depuis les présidentielles de 2012.

     Il y a eu aussi l'acharnement sur des naïfs comme Cindy Sander, qui bien qu'elle obtienne au fond ce qu'elle voulait, la célébrité, est plus une victime pathétique du « miroir aux alouettes » qu'autre chose, au même titre que tous les candidats de la télé-réalité à la poursuite d'une mise en lumière illusoire qui ne se rendent pas compte une seconde de leurs maladresses et de leurs carences, intellectuelles ou non.

     Depuis la campagne présidentielle, une connivence de fait a fini par s'installer avec les politiques des « grands » partis, que ce soit l'UMP ou le PS. Les ténors de ces deux formations « jouent le jeu » avec Yann Barthès, miment la fausse indignation face aux réparties du journaliste, singent l'amusement, parfois très mal, lorsque l'on se moque -gentiment- d'eux.

     Il est logique que cette connivence et cette condescendance s'installent de fait, par la fréquentation des attachés des presses, des principaux intéressés qui sont pour la plupart de grands/es séducteurs/rices et doués pour plaire quel que soit les divergences de prime abord. Barthès et ses complices ne sont que des êtres humains comme les autres, sensibles à l'empathie, ce qui finit par leur faire oublier la distance qui devrait s'instaurer a priori avec leurs sujets de reportages.

     Pour le reste, ce sont toujours les mêmes cibles, traitées avec un mépris à peine camouflé :

     Marine le Pen et les personnes inscrites au FN, tous traités en racistes « bas du front » sans que le présentateur et ses affidés essaient de donner des éléments de compréhension de la colère de ces gens, Jean-Luc Mélenchon et ses partisans, montrés en staliniens ayant le culte du chef, et leur chef étant désigné comme mégalomane et injurieux envers les journalistes, Nicolas Dupondt-Aignan, ridiculisé à chaque fois qu'il est question de lui, les reportages insistant bien sur les moments gênants mais superficiellement gênants (ex : un haut-parleur qui fait un « larsen »...), sans parler d'autres candidats disposant de moins de réseaux dans les médias, Olivier Besancenot, parmi ces « petites » formations est quant à lui épargné car il est bien introduit à « Boboland ».

     Il y a aussi les cibles où ce ne sont plus seulement les idées en elles-mêmes qui sont attaquées, ce qui serait après tout légitime, mais la personne jusqu'à son physique, en usant de procédés qui s'ils arrachent des rires nerveux à la rigueur sont très ennuyeux du point de vue du simple respect humain voire de la déontologie diraient les esprits chagrins.

     Tâchons d'être objectifs :

     Nadine Morano est décrite comme populacière et vulgaire, de basse extraction. Son absence d'études est toujours mise en avant, ainsi que ses origines « prolétaires ». Ce ne sont plus les idées ou les projets qu'elle défend, ou ses ambitions, qui sont critiquées, mais l'individu qu'elle est.

     Christine Boutin est désignée comme une catholique coincée, quoi qu'elle dise, ou qu'elle fasse, c'est sa personne qui est le plus souvent attaquée, car son point de vue contre le PACS ou le « mariage homosexuel » est à « Boboland » comme une tâche indélébile.

     Et puis il est plus facile de s'attaquer à une personnalité catholique, le risque est moindre. Rappelons aussi que tous les catholiques, qu'ils soient tradis, chachas, en « lodens » (TM°) ou en « casual » sont tournés systématiquement en dérision.

     Il faut noter que si les discours et interventions de Marine le Pen sont attaqués par une argumentation et des faits, il n'y a qu'elle qui a le droit à ce « traitement de faveur », avec Jean-Luc Mélenchon, durant la campagne électorale, ces attaques étant surtout provoquées par l'incompréhension à « Boboland » du vote populaire dont les « bobos » ne comprennent plus qu'il ne se dirige plus sur le PS.

     On aimerait que ces « faveurs » soient étendues à tous les politiques mais je crois que cela restera malheureusement un vœu pieux.

    photo empruntée sur ce site

    Deux vidéos sur les rapports du "Petit Journal" avec Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon

  • Un parfait véhicule pour partir en voyage...

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    187135.jpgJe viens de recevoir une excellente bouteille de vin d'Israèl par l'entremise de Thérèse Zrihen (qu'elle en soit remerciée), auteure de "Marrakech la juive", d'un vignoble du Golan qui travaille à partir du Syrah un nectar qui ressemble à de l'or liquide (en soi un vin du Golan est un cadeau extrêmement politiquement incorrect ce qui me réjouit au plus haut point, emmerder les cons étant un plaisir de gourmet).

    Ses parfums fruités, d'agrumes, de plantes aromatiques, me rappellent instantanément un paysage baigné de soleil, tout en sensualité, en douceur paradoxale, que la haine et la sottise polluent parfois, mais sans en altérer la féminité et la plénitude d'un Sud de rêve, un Sud où la sottise est moins prégnante et où la convivialité n'est pas un vain mot.

    L'ivresse est un voyage, le bon vin un véhicule parfait.

    Après avoir dit cela, me voilà définitivement compromis pour entrer au paradis des calotins et des bigots en tout genre, dont les adeptes de la société libérale-libertaire qui rajoutent l'hygiénisme le plus bête au reste des absurdités qu'ils prônent, pour les autres, mais peu importe.

    A votre santé !

  • Une conférence de presse normale ?

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    Déjà en discussion sur Agoravox

     Hier soir, le président normal s'est livré à l'exercice de la conférence de presse. Comme tous les autres présidents avant lui, et les autres politiques, on a pu voir qu'au fond il aime ça les ors et les fastes de la République, tout ce cérémonial encore monarchique de représentation du Pouvoir. C'est plus fort qu'eux, ils sont « addicts » à tout cela, et ça se voit, puisque même Cécile Dufflot a rangé son « smartphone » pendant la péroraison du chef de l'état.

    hollande.jpgCertainement par manque de temps, je suppose, il a oublié d'évoquer deux ou trois points ce que je me propose de faire ici dans le prolongement de la « journée de la gentillesse » d'hier, car au fond, je suis quelqu'un de très gentil.

    Avant les élections présidentielles, le « think tank », ou groupe de réflexion, c'est eux qui le disent, « Terra Nova », composé d'esprits forts et fins, de belles consciences adeptes du progrès, avaient livré quelques constatations :

    La gauche, enfin le PS, avait perdu depuis longtemps sa base électorale traditionnelle populaire, partie en grande partie au FN et dans une moindre mesure au « Front de Gauche », objectivement les deux seuls partis à proposer des alternatives quelle que soit l'opinion que l'on en a, il lui fallait donc retrouver un électorat pérenne, en l'occurrence les étrangers ou populations d'origine étrangère résidant en France, et la classe moyenne supérieure ou carrément aisée urbaine de gauche préoccupée d'avancées sociétales selon elles fondamentales, mais concrètement libérale quant à son porte-monnaie, convaincue du bien-fondé de la construction européenne telle qu'elle se fait depuis 1958, soucieux de développement durable à un niveau qui demeure certes superficiel, et persuadée de l'obsolescence des nations.

    François Hollande a donc répondu aux attentes de ces deux catégories de population, qui sont celles qui l'on porté au pouvoir, ce qui se justifie statistiquement parlant. La plupart des décisions concrètes prises depuis son élection concernent ces attentes principalement sociétales :

    La mise en place du « Mariage pour tous », ce qui évite de dire « mariage homosexuel », en est une des manifestations les plus flagrantes, ça ne mange pas de pain, ça réveillera l'ire de quelques catholiques qu'il sera commode de faire passer ensuite dans les médias pour des réactionnaires, ce qui permet de se poser ensuite en hérauts du progrès malgré la marge de manœuvre très étroite que laissent les institutions européennes, qui je le rappelle, ne sont pas démocratiquement élues, pour celles qui ont un rôle de décision, le Parlement ayant surtout un rôle consultatif ou d'enregistrement, la Commission de Bruxelles ou la Banque Centrale Européenne.

    La « théorie du genre » est également mise à l'honneur dans des mesures plus symboliques qu'autre chose quant à leurs bonnes intentions, dogmatiques surtout, et finalement très moralisatrices, sur le féminisme, l'éducation des enfants et des adolescents à la sexualité, la prostitution par des figures qui sont la vitrine du gouvernement et ceci afin de complaire au nouvel électorat, en particulier Najat Vallaud-Belkacem, qui lutte contre le sexisme en minijupe (ce qui lui va bien reconnaissons le), et Cécile Dufflot qui en rajoute dans les médias sur le côté tellement normal et de son époque.

    Et de jouer ensuite sur la peur panique du citoyen « lambda » d'être largué par le train à grande vitesse, ou réputé tel, du progrès afin de laisser entendre qu'il n'y a pas d'autres politiques possibles que celle actuellement pratiquée, qui est rigoureusement la même que celle pratiquée par le gouvernement Fillon et qui est rigoureusement celle qu'aurait appliqué un gouvernement UMP si Sarkozy avait été réélu contre Hollande (en particulier concernant la TVA ou le TSCG).

    Le TSCG, traité sur les critère de convergence budgétaire européens, qui entérine le « détricotage » des services publics par essence, qui instaure la fameuse « Règle d'or » sur les déficits dans la Constitution, est un butoir indépassable aux yeux du président et de ses ministres. Il est justifié par Hollande, comme auparavant par Sarkozy, par la Crise des économies européennes.

    Et les décisions restent au fond des décisions prises à Berlin.

    Quant aux inquiétudes écologiques, ou de « développement durable », qui ont conduit de nombreuses belles consciences à redécouvrir l'eau chaude, à savoir des considérations de bon sens que nos grands parents appliquaient à leur époque, avant la société de consommation et son gaspillage organisé. C'est donc surtout un cache-sexe hypocrite ainsi que le montre un excellent sketch des « grolandais » qui met en parallèle la dépense énergétique d'un « bobo » et d'un chômeur (à ce lien).

    De plus, les inquiétudes écologiques naissent aussi pour une part de peurs totalement irrationnelles, plus ou moins teintées de millénarisme, quitte pour cela à renoncer à des créations d'emploi.

    Restons pour conclure dans l'esprit de la « journée de la gentillesse », certains me rétorqueraient qu'avec tout ce que je viens de décrire, François Hollande est finalement aussi électoraliste et clientéliste que les autres, et qu'il a le même appétit de pouvoir que ses adversaires prêts à tout pour y accéder et persuadés du bien-fondé de ces appétits, car convaincus d'avoir « un destin » personnel les appelant à gouverner.

    Grandgil (TM°)

    photo de la conférence de presse empruntée ici sur le site de RTL

  • Simple Rappel

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    Ce n'est pas si vieux, c'était en avril-mai 2012...

    Par contre la TVA Hollande, aucun problème.

    Merci donc à tous les naïfs qui ont voté pour lui.

    Et merci au site "Causeur.fr" et à l'article d'Elisabeth Lévy d'évoquer ce reniement évident.

    hollande-tva-mariage-gay.jpg

  • Hunter Thompson sur le domaine du dieu Lono

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    Aussi sur Agoravox

     Hunter Thompson - « Le Marathon d'Honolulu »

    aux éditions Tristram collection « souple 

    image empruntée ici

    marathon-honolulu-hunter-thompson.gifLa grâce du Très Haut, du Tout-Puissant, du Miséricordieux descende sur les éditions Tristram qui rééditent dans leur collection « souple » des inédits d'auteurs marquants par l'originalité de leur style et de leur mode de vie (« Et c'est ainsi qu'Allah est grand » eût rajouté Alexandre Vialatte) :

    Hunter Thompson donc, mais aussi Lester Bangs et son « Psychotic Reactions » sur le milieu du Rock et de la Pop dans les années 70, Lawrence Sterne racontant la vie de Tristram Shady, mais aussi Céline Minard, un des rares auteurs français créant quelque chose sortant du lot de la grisaille auto-fictionnelle et nombriliste actuelle, ou Joyce Carol Oates avec un texte surprenant a priori de sa part sur la boxe.

    Hunter Thompson intitule son manuscrit « Le Marathon d'Honolulu », événement qui l'intéressait très médiocrement, qu'il était censé couvrir à la demande d'une revue médicale, mais il n'y est guère question de marathon et très peu d'Honolulu, excepté quelques remarques caustiques et un rien ironique envers les « joggers » en début d'ouvrage, dont il rappelle que la plupart étaient révoltés, idéalistes et rebelles dans les années 60, ou du moins prétendaient l'être, et que la seule chose qu'ils paraissent avoir en avoir compris est qu'ils se mettent à courir pour tenter d'échapper à l'emprise d'une société à laquelle ils ont fini par se soumettre dans les années 80, de guerre lasse à moins que ce ne soit simplement par confort intellectuel.

    Il y voit surtout l'occasion d'aller pêcher, voyager et découvrir l'archipel d'Hawaï, ce qu'il y a derrière les paysages de cartes postales, aux frais non pas de la princesse mais des Diafoirus inconscients qui lui avaient confié ce qu'ils s'imaginaient être un reportage tout simple dont il aurait tiré des images divertissantes pour les médecins de famille lisant leur journal entre deux rendez-vous avec des vieilles dames hypocondriaques.

    Comme dans « Las Vegas Parano », descente aux enfers burlesque dans un des paradis de la société libérale-libertaire, il en profiter pour raconter le récit drolatique du fiasco absolu que devient ce reportage qui devait être illustré par des dessins de Ralph Steadman, célèbre artiste britannique excentrique, qui finit malgré tout par le laisser tomber en cours de route n'arrivant pas suivre la cadence des folies de son ami.

    Le lecteur pourra le comprendre, car bien qu'assagi, ce qui est pour Hunter Thompson tout relatif, le docteur « Gonzo », bien qu'accompagné de sa compagne et de son fils qui observe, amusé, son géniteur sombrer dans les pires tribulations, reste un trublion incontrôlable et indocile qui ne fait que ce qui lui chante, n'écrivant que sur les sujets qu'il choisit, sans se soucier de ce que lui demande son rédacteur en chef.

    Non pas parce qu'il est cinglé mais parce qu'il a la passion des mots, de la littérature en général et de l'écriture en particulier.

    Parenthèse à ouvrir ici :

    Les auteurs américains sont souvent montrés comme de braves types besogneux, sympathiques, mais qui ont besoin de prendre exemple sur les z-élites européennes, les écrivains français, les auteurs ou plutôt les Z-Auteurs phare intellectuel des peuples, qu'ils le veuillent ou non, lumière progressiste etc...

    Avec l'auteur du « marathon d'Honolulu » comme avec d'autres, on comprend que ce sont ces « braves types » un peu maladroits qui auraient des leçons à donner en matière d'écriture à leurs confrères et consœurs du vieux continent.

    Il rencontre sur place un pécheur faussement authentique mais réellement roublard, un vrai docteur, celui-là, en rupture de ban, qu'il croise dans l'avion , l'hurluberlu étant surpris le bras dans les toilettes chimiques de l'engin à essayer de repêcher une fiole d'amphétamines tombée dans le trou. Ils vivront tous les trois une équipée en mer, sur l'Océan dit Pacifique, qui ne sera pas une « pêche miraculeuse », mais une épopée au cœur des ténèbres en raccourci, leur « Apocalypse Now ».

    Hunter décrit ce qu'il y a derrière le folklore, tout en racontant l'histoire de ces rochers perdus au milieu du Pacifique d'une manière bien particulière. Il évoque le racisme des différentes ethnies les peuplant vis-à-vis l'une de l'autre, la violence des échanges, les américains du continent blottis au chaud dans leurs hôtels de luxe; « bunkers » dorés où ils trouvent tout ce qu'il leur faut, comme à New York ou Los Angeles.

    Et comme à l'accoutumée, même si l'on s'est promis, juré, craché de ne pas se laisser de nouveau avoir par Hunter Thompson et ce que les imbéciles appellent ses divagations alors qu'il est des plus lucides, on ne s'arrête de livre ce livre qu'une fois la dernière page tournée.

  • Les « Guignols » anti-catholiques

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    En débat sur Agoravox

    Je regarde les « Guignols » depuis leur création en 1988, inspirée des marionnettes de « Spitting images » britanniques, à l'humour plus fin. Cependant, j'ai toujours apprécié les caricatures des politiques et des célébrités, souvent bien vues, ainsi celle d'Alain Delon, bien sûr jamais aussi corrosives qu'elles auraient pues l'être, la dérision restant gentille au fond.

    politique,christianisme,humour,télévision,canal plusOn a beaucoup parlé au moment de l'élection de Chirac de l'influence des pantins en latex sur les électeurs, le nouveau président en 1995 ayant été montré pendant deux ans comme un français moyen sympathique et accessible même si un rien fainéant et râleur.

    Un sketch jeudi soir a agi un peu comme la cerise sur le gâteau, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, l'étincelle qui cause l'incendie.

    Depuis quelques mois, un peu plus depuis la polémique sur « le mariage pour tous », l'acharnement des « Guignols », ces marionnettes télévisuelles et politiques qui il y fort longtemps étaient capables de véritable dérision, est dirigé systématiquement et sans le moindre humour, lorsqu'il est question de religion et de débat moral, contre l’Église catholique, ses prêtres, ses croyants, les célébrités qui s'en réclament.

    Les ecclésiastiques sont à voir « les Guignols » tous pédophiles et vaguement affairistes, les croyants sont tous des « coincés du cul » (TM°) pincés et frustrés, et les politiques ou acteurs s'affirmant cathos automatiquement ridiculisés, telle madame Boutin dont on ne dit jamais qu'elle était visiteuse de prisons, hélas elle a montré depuis qu'elle était également toute aussi opportuniste que les autres politiques.

    Si encore l'acharnement était tous azimuts, mais les personnages musulmans intégristes, par exemple, des « Guignols » sont montrés comme des rigolos, des types joviaux à l'humour un peu salé, des machos amusants, qui tiennent en respect les occidentaux et se moquent d'eux.

    Les « Guignols » étant tournés à la Plaine Saint Denis, en plein « 9-3 », région à forte concentration de croyants musulmans il est des dérisions moins dangereuses que d'autres...

    Et on chercherait vainement la même dérision concernant des représentants du judaïsme pourtant capables de la comprendre, la dérision et en particulier l'auto-dérision étant une spécificité de l'humour juif.

    Cela ne date pas d'hier, je me souviens de la caricature de Jean-Paul II montré comme un vieillard sénile et gâteux les dernières années de sa vie, de Benoît XVI raillé en pape en somme « nazi », ne parlant que latin avec un accent allemand grotesque rappelant les nazis des films comiques français.

    Un seul prêtre trouvait grâce aux yeux des marionnettes de Canal plus, l'abbé Pierre.

    Alors certes, le personnage de monseigneur Sylvestre, le représentant de la « World Company » dans l’Église n'est pas si mal imaginé, représentant les pesanteurs qui peuvent exister dans l'institution, qui est, je le rappelle, une institution humaine donc imparfaite.

    Certes, les chrétiens en vu d'autres, ce ne sont pas les premières railleries qu'ils subissent, ni les premiers crachats qu'ils reçoivent, mais le fait que cela ait déjà eu lieu dans le passe justifie-il l'outrage présent ? Outrage qui n'en est plus un, qui aurait pu s'apparenter en somme à de la correction fraternelle, et qui devient de la haine, haine que d'ailleurs l'on reproche aux chrétiens envers les homosexuels, entre autres, ainsi Ruth Elkrief sur BFMTV dans un débat avec Olivier Mazerolles.

    Rationnellement, rien ne justifie l'outrage ou la haine.

    La plupart des catholiques semblent se résigner à les subir sans broncher à cause de la peur panique de la majorité d'entre eux de paraître décalé vis à vis de l'époque, par peur aussi de sortir du lot ou de se faire remarquer par leurs différences de convictions, à rebours du discours actuel par définition, sur la morale individuelle ou collective.

    La plupart des spectateurs des « Guignols » qui ne sont pas croyants s'empressent de rire pour les mêmes raisons, qui s'apparentent plus ou moins à de la lâcheté et l'instinct grégaire. Il s'agit de suivre le mouvement, dans la crainte de se sentir dépassés ou d'être rejetés par le troupeau.

    Et de plus, le blasphème n'est même pas drôle, si encore il était prononcé avec le même goût de vivre que les « goliards » médiévaux qui le faisaient pour rappeler les croyants à l’Évangile et à leurs manquements nombreux à celui-ci. Enfin, les auteurs des « Guignols » oublient qu'un blasphème est encore un acte de foi.

    L'acharnement des « Guignols » est au fond très conventionnel, très cadré, reprenant la plupart des clichés qui ont court depuis des décennies contre l’Église parmi les « belles consciences » de progrès qui sont surtout agacés par le discours moral du Pape et des chrétiens à l'opposé des comportements libéraux-libertaires considérés comme parfaitement normaux dans ces milieux choisis -c'est eux qui l'affirment- où l'on veut surtout pouvoir coucher à droite à gauche sans trop de conséquences ni de remords et dépenser le plus d'argent possible.

    photo empruntée sur Youtube

  • Morale mais pas coupable - au sujet de la mise en examen de Martine Aubry

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    En débat sur Agoravox

    On se souviendra avec tristesse en ce moment en écoutant les différents commentaires relatifs à la mise en examen de Martine Aubry quant à son rôle dans la prévention des risques liés à l'amiante, de l'affaire déplorable du "sang contaminé", de tous ces politiques "responsables mais pas coupables", selon la formule malheureuse de l'une d'entre elles qui y fut fortement impliquée.

    politique, société, ps, aubry, ump, politique, moralePortrait de Martine Aubry emprunté sur le site de Politis

    Bien sûr, l'auteur du texte ne va pas ergoter sur la culpabilité ou non de madame Aubry, et commenter une procédure judiciaire en cours. Et ce qui arrivera n'enlèvera rien à ce que madame Aubry a réalisé à Lille et qui est remarquable en soi.

    Retenons cependant un point, une procédure de ce type repose forcément sur des éléments, et si ceux-ci peuvent prouver la responsabilité d'une personne, ils peuvent être là aussi pour aider cette personne à se décharger d'un rôle qu'elle pense ne pas avoir eu.

    Et indépendamment de toute autre considération, quelques réflexions de simple bon sens interviennent alors.

    Voilà des personnes, toutes persuadées de par leur filiation, leurs prétentions, leur orgueil, d'avoir un « destin » pour guider le peuple de « l'ombre à la lumière », toutes se battant, faisant des pieds et des mains pour accéder aux plus hautes responsabilités, prêtes aux pires compromis et qui, une fois mises au pied du mur de leurs responsabilités qu'elles ont elles-mêmes appelées de leurs vœux, ne les reconnaissent plus, n'en veulent plus.

    A moins que la responsabilité républicaine soit donc à géométrie variable selon le statut social ?

    On m'aurait trompé ?

    Tous les privilèges, le copinage, le népotisme, le clientélisme n'auraient pas été abolis le 4 Août 1789 ?

    Il faudrait savoir ce qu'elles veulent ? Faire de la politique, normalement pour le bien commun, c'est aussi prendre sur soi la gravité ou non des fautes commises alors que

    Il est curieux de constater que ces procédures touchent depuis quelques temps des figures de la « gauche morale » ou qui la représentent ainsi cette élue écologiste ou très naïve, mais alors très très naïve, prise dans une affaire de blanchiment, ce qui est pour le moins contradictoire à évoquer leur souci apparent d'une morale sociale sans failles qui semble interdire tout cela.

    En effet, voilà des personnes qui n'ont de cesse depuis des décennies de parler constamment du respect des règles du « vivrensemble », de citoyenneté, de développement durable, z-et responsable, de la perte du lien social, qui sermonnent sur l'individualisme, l'hédonisme de la droite, qui pontifient sur le civisme, ironisent sur la partialité économique et sociale supposée de la droite, et qui montrent par les affaires les éclaboussant que les grands principes qu'ils clament partout, c'est, dans leur esprit, surtout pour les autres, et que cette moralisation tous azimuts ne les concerne pas en somme.

    Et comme lors de « l'Affaire DSK », on constate des réflexes de caste de ces amis politiques ou « supporters », tous là encore pourtant issus d'une gauche qui prétend moraliser la vie publique.

    Reste à savoir dans quel pays bien entendu, car à dire vrai, à considérer par exemple les distributions de médailles faites par madame Dufflot à quelques uns de ses camarades certainement méritants d'EELV, ce n'est sans doute pas en France.

    C'est assez étrange car de leur côté ces responsables de la « gauche morale » ont une vision très différente de la responsabilité et de la culpabilité pour celles ou ceux qui ne sont pas dans leurs petits papiers ou ne pensent pas comme eux. C'est alors que le simple fait de faire partie d'un groupe ou d'une communauté dont l'un des membres a dit quelque chose ne plaisant pas suffit pour être immédiatement stigmatisé. Par exemple, le simple fait de se dire catholique suffit pour être soupçonné d'être de ces infâmes réactionnaires que les changements sociétaux réputés dans le vent du progrès insupportent.

    On me rétorquera, celui qui voulait la France au « karchër » (TM°) se retrouve lui aussi entendu par les juges, mais les actes des uns n'excusent pas ceux des autres qui au fond naviguent dans le même marigot d'ambitions personnelles égoïstes.

  • La France, Obama, et les mythologies américaines

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    Sur Agoravox aussi

    La réélection d'Obama et les réactions dans notre pays le montrent :

    L’Amérique fascine encore les français, ce qui est le cas depuis longtemps, dans une relation d'haine/amour passionnée et curieuse, et alors que ce pays qui est à l'échelle d'un continent est en train de perdre doucement son « leadership » au profit des « pays émergents », car je rappelle que nous ne vivons pas réellement une crise, c'est le pouvoir mondial qui change simplement de mains.

    Peinture de Norman Rockwell prise ici (artiste qui a moins la "carte" que Hopper en ce moment, car plus populaire)

    rockwell-norman-the-runaway-2105387.jpgDe plus, si les français se sentent concernés par ce qui se passe là-bas, les américains le sont de moins en moins par ce qui se passe en Europe en général, en France en particulier, en sachant également qu'en plus d'ici quelques décennies, de par les gisements de pétrole de l'Alaska, les « yankees » n'auront plus besoin de leurs anciens alliés pour mener des guerres immorales au Moyen Orient. 99% des citoyens américains ignorent le nom du président français, la plupart ne savent même pas situer notre pays et sa capitale « sooo romantic » dans les séries et films américains sur une carte.

    Tout au plus pensent-ils savoir que les présidents français sont souvent des petits gros débonnaires mariées à de très jolies femmes qui les dominent comme dans les films des années 60, et qui ont un accent déplorable en anglais et aiment manger de la baguette à n'importe quel moment de la journée.

    Paris et les parisiens se voient et deviennent de plus en plus chaque jour comme une banlieue et des banlieusards de New York, en province aussi, jeunes et adultes singent ce qu'ils pensent être les comportements américains, clament « I love LA » ou « NY » sur leurs « ticheurtes », plébiscitent les « Food Trucks », les « sandouiches » américains et les boissons qui vont avec, dont une chaîne d'échoppes où l'on vend du café insipide tout en écoutant du Jazz « easy listening », où les gamines peuvent se prendre pour des « Desperate Housewifes » ou les personnages de « Sex and the city ». On fête "Holloween" en en faisant une tradition celte alors qu'il ne s'agissait au départ pour les commerçants que de mettre un évènement pour vendre leur camelote entre les grandes vacances et Noèl, symbolisé par ce qui est un personnage publicitaire américain à l'origine, le "Père Noèl".

    Quand des policiers débarquent dans les « cités », les gosses leur demandent souvent « s'ils ont un mandat », comme dans « Starsky et Hutch », et se perçoivent en « posse » ou en « gangsta », rêvant de Miami Beach, qui dans la réalité est surtout un repaire de retraités, ou d'habiter Manhattan, qui abrite plutôt des banques et des quartiers de privilégiés.

    Ou alors, et ce sont parfois les mêmes, les américains sont montrés comme un pays de racistes, obtus et religieux intégristes, leurs écrivains et musiciens de talent fuyant les Amériques pour se réfugier en France qui seraient le seul pays capable de reconnaître les vrais talents américains, forcément et systématiquement sur les marges.

    Roger Nimier le rappelait déjà dans « les écrivains sont-ils bêtes ? », cette idée se heurte aux faits, et à l'étude des écrivains et artistes portées aux nues en France qui loin d'être modernes sont souvent des plus classiques et des plus classiques à la manière européenne, classicisme ne minimisant pas leur talent bien au contraire.

    Ce que les z-élites aimaient déjà voir dans les rebelles de l'« Americana » il y a cinquante ans, c'est en fait elles-mêmes en plus « glamour ». C'est toujours le cas en 2012. D'ailleurs du simple point de vue littéraire, toutes traces ou presque d'originalité a disparu des berges françaises, qu'elle soit moderne ou classique, on ne la retrouve que de l'autre côté de l'Atlantique.

    rockwell02.jpg

    peinture de Norman Rockwell empruntée ici

    De plus, la plupart de ceux qui veulent vivre en France selon les règles de leur communauté et seulement elles-seules, fussent-elles absconses, aiment beaucoup l'Amérique qui leur apparaît comme l'Eldorado du communautarisme, où grâce au premier amendement de la Constitution Américaine on peut adorer le Dieu Soleil sans que cela ne pose problème ou attendre les extra-terrestres pour sauver le monde sans que quiconque n'y trouve à redire, ou croire que la terre est plate ...etc...

    Il n'est pas rare dans les médias, sur Internet, et dans la vie que la confusion soit faite entre les pentecôtistes et les catholiques, ou les mormons.

    La droite et la gauche américaine n'ont de plus strictement rien à voir avec la droite et la gauche françaises, et au fond, même François Hollande peut passer pour un dangereux révolutionnaire à côté de Barack Obama qui n'a jamais remis en cause, et ne le fera jamais, l'hyper-libéralisme. Et le système électoral est extrêmement différent, basé d'abord et avant tout sur l'argent, et l'allégeance aux différents « lobbying », et la prise en compte délicate des spécificités de tous les états américains dont l'un d'eux, la Californie, est plus riche, économiquement, que la France.

    Enfin, pourquoi Barack Obama est-il plébiscité en France ? Avec une « obamania » complètement délirante, comme en 2008.

    Parce qu'il est compétent ?

    Parce qu'il ne fera pas la guerre à l'Iran (là-dessus on peut avoir des doutes) ?

    Rien de tout cela.

    Parce qu'il est « glamour », et que son « glamour » met en valeur les français énamourés qui comme leurs z-élites y voient un reflet flatteur, un cliché à mi-chemin entre Denzel Washington et Will Smith, qui a des goûts de « djeuns » en musique et qui joue encore au basket avec ses enfants et sa femme, et parce qu'il est noir. Cette insistance sur sa couleur de peau devient même parfois gênante. C'est un pur produit du « spectacle » et de l'« entertainement ».

    Ce qui n'en fait pas forcément un bon président, ou un mauvais bien évidemment.

  • La France malade des doctrinaires

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    En débat sur Agoravox

    Hier soir, Nicolas Bedos a remis en place de belle manière, dans l'émission de Bruce Toussaint sur France 2, Clémentine Autain en rappelant combien elle était doctrinaire, réagissant de manière automatique aux discussions, invoquant par exemple la misogynie systématiquement dés que ses certitudes étaient remises en cause, ce qui lui évite tout dialogue. Clémentine Autain à l'instar de Nadine Morano qui était d'ailleurs présente sur le plateau est « un sapin de Noël » (TM°) (Desproges suggérait qu'au lieu d'affirmer gratuitement que quelqu'un est sot, ce qui serait très vilain, que l'on parle de « sapin de Noël »).

    image ci-dessous extraite de "Calvin et Hobbes" prise ici

    politique, société, nostalgie, télévision, polémique, ps, ump, fnCe n'est pas que je sois un amateur des saillies habituelles de Bedos père et fils, mais il faut bien reconnaître que le fils avait hier soir tout à fait raison. La France est malade des doctrinaires, qui oublient le Bien commun, qui est le but normal de leur doctrine, ce qui est paradoxal mais seules compte les théories qu'ils défendent, et ce à tous les niveaux, des doctrinaires qui basent leurs convictions sur des mythes éculés dont ils ont une vision à la fois servile et tronquée, refusant de remettre en cause ces mythes historiques ou idéologiques tellement confortables.

    Les doctrinaires le sont au nom de la liberté, c'est bien cela le comble. Et pour eux seule leur doctrine fonctionne pour aider les peuples, ce qui est contradictoire avec l'idée même de liberté qui suppose un débat, et un pluralisme, des arguments, et non des condamnations, des allégations, des anathèmes.

    Persuadé intimement pourtant que la France est définitivement passée de l'ombre à la lumière en 1789, 1968, 1981, le doctrinaire est spécialiste en excommunications laïques.

    Bien souvent, sa doctrine en elle-même se réduit à une ou deux idées-slogans faciles à retenir :

    Droite = méchants, ou gentils, Gauche = méchants, ou gentils, Gauche = Robin des Bois qui prend aux riches pour donner aux pauvre.

    A droite, ne seront jamais remis en cause le libéralisme économique, la morale individuelle libertaire, à gauche le marxisme même de loin voire très loin est toujours une référence. Et sur les deux rives, le masochisme mémoriel de tous les instants concernant l'histoire nationale, la mondialisation, tout comme l'européisme, sont des dogmes inamovibles même si considérés différemment.

    Les pseudo anti-doctrinaires ne sont pas forcément dans un meilleur état d'esprit puisque tous partagent le même « complexe du gourou » et leurs anti-doctrines n'en sont que d'autres, toutes autant arbitraires.

    Ce n'est pas d'ailleurs que les doctrinaires soient réellement sincères, en fait pour la plupart c'est un moyen facile de se mettre en avant en se faisant passer pour une belle âme pleine de bons sentiments, ce que les techniques modernes (« Grâces leurs soient rendues ! » loueront tous les complexés et frustrés de France et d'ailleurs) mettent à la portée de n'importe qui, que ce soit le VRP de province frustré, le bureaucrate qui se sent humilié dans son « open space », le littérateur plutôt quelconque souffrant d'un complexe de supériorité, le petit employé qui rêve de se venger de son chef de service, j'en passe et des meilleures.

    Tous ont en commun la manie de se raconter, d'écrire ce qui leur semble le roman ultime, le manuscrit de référence, l'article qui fera date, et qui les consolera du vide de leur existence. Curieusement, et sans percevoir le ridicule de l'accusation, ils accuseront quiconque a exactement les mêmes ambitions d'être prétentieux et de ne pas être assez modeste.

    D'aucuns travaillent et retravaillent des années fiévreusement des romans, nouvelles, autofiction, qui ne sont que des catharsis inavouées, dont le personnage principal la plupart du temps idéalisé est toujours eux et ce malgré leurs dénégations alors que tout auteur sérieux reconnaîtra sans problèmes son égotisme.

    Tous ont également en commun un narcissisme fébrile qu'ils expriment constamment tout en étant bizarrement au fond lucides sur eux-mêmes, car toujours sur le qui-vive quand ils croient sentir que leur personnalité est remise en question, ce qui est le cas selon eux lorsque l'on critique leur « grand homme » qui joue les messies de pacotille, « grande femme » qui joue les vierges guerrières et/ou saintes, les personnages auxquels ils s'identifient, et leur doctrine.

    Tous rêvent leur vie, mais ce sont des rêves bien étriqués :

    Gagner leur quart d'heure de célébrité, même pour rien,, même en sachant qu'ils n'ont aucun talent particulier et/ou gagner beaucoup d'argent.

    Ce n'est pas que je méprise le désir de reconnaissance de chacun, ou de transparence, mais force est de constater qu'à notre époque, cela tourne au délire et à la farce qui amusent les princes de ce monde qui ne s'en sentent pas même incommodés.