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  • Les écrivains antisémites à l'index ?

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    littérature,société,politique,net,morale,religions,hypocrisieAussi sur Agoravox

    Ci-contre photo au sujet du malheureux (c'est le moins que l'on puisse dire) voyage en Allemagne nazie de Montherlant, Drieu et Fraigneau pendant la Seconde Guerre Mondiale...

    En visitant divers fils de commentaires sur divers forum internet ces derniers jours, je suis tombé sur des diatribes incendiaires mettant en doute la possibilité de lire des écrivains qui auraient émis à un moment ou un autre de leur vie des opinions maintenant « contre-natures », à savoir antisémites, et bien sûr suggérant que toute personne aimant lire ces écrivains partageait leurs antisémitisme :

    Céline en premier lieu, comme le dit très bien Roger Nimier, son antisémitisme était surtout le reflet d'un dégoût de la déplorable humanité dans son ensemble ;

    Drieu la Rochelle, parfois devant la vacuité des aspirations de l'époque on se prend à avoir envie d'écrire une date, de suicide, sur un miroir, comme son « Feu Follet » ;

    André Fraigneau, poète ami de Yourcenar qui en était passionnément amoureuse, un genre de faune « années folles » qui tourne mal lui aussi, comme d'autres pendant l'Occupation ;

    Georges Bernanos dans ce cas serait considéré comme antisémite, ce qui serait un non-sens toutes les cellules de l'âme du « Grand d'Espagne » rejetant la haine, lui qui dédie « la Grande peur des bien-pensants » à Édouard Drumont, antisémite célèbre de la fin du XIXème siècle ;

    Jacques Chardonne, qui écrivit des pages remarquables de sensibilité sur le couple, et qui collabora avec entrain ;

    Robert Brasillach, auteur d'une « Histoire du cinéma » avec Maurice Bardèche qui a fait date, (on peut s'abstenir de lire « les 7 Couleurs »), et de « poèmes de prison » plus inspirés que ces précédentes productions ;

    ou Lucien Rebatet, qui sent encore plus le soufre que le précédent qui était au fond un innocent aux mains sales etc...

    Bien sûr, la plupart des commentateurs mettant en doute la lecture de ces auteurs sentant le soufre ne les avaient pas lu, et ne se plaçaient que sur le plan moral, d'aucuns même se ridiculisaient en montrant leur ignorance en pleine lumière en confondant Alphonse Daudet et Léon son fils d'Action Française.

    Doit-on alors vraiment s'interdire de lire des auteurs du XXème siècle parce qu'ils ont été antisémites ou parce qu'ils ont proféré des horreurs, ou leur adoration de différents régimes totalitaires ? Il ne resterait plus grand-monde dans les précis de littérature à usage des potaches ou des étudiants, les littérateurs qui resteraient éventuellement seraient on s'en doute des plus fades de toutes façons bien que moralement irréprochables.

    Cette tentation de ne lire que des auteurs « exemplaires » on la retrouve à gauche comme à droite, où la sottise devant la littérature est souvent la même. La littérature « exemplaire », porteuses d'histoires « exemplaristes » n'est plus qu'un alibi, une paire de gros sabots que chausse l'auteur pour vendre sa « vulgate » idéologique personnelle.

    Il serait également intéressant de poser les questions qui viennent ensuite à l'esprit :

    Lit-on un auteur pour ses opinions ou pour son style ?

    La réponse est assez rapide, ses opinions de départ si le style est intéressant ou talentueux, si son écriture est fluide, n'ont strictement aucune importance. Il en est même qui brouillent les pistes comme Maurice Sachs, juif, d'abord à gauche, puis très à droite finissant plus ou moins en cheville avec les nazis avant de finir déporté. Maurice Sachs est l'exemple parfait de la complexité des êtres humains et de leurs actes, et qu'ils ne sont pas réductibles à des « pro ci » ou « pro ça », « anti ci » ou « anti ça » faciles à identifier.

    Où les moralisateurs de la littérature classent-ils donc Marcel Aymé par exemple ?

    Il est maintenant classé à droite, voire très à droite, voire bien sûr dans les écrivains suspects d'amitiés coupables avec l'occupant pendant la Seconde Guerre.

    Il suffit de rappeler que pendant celle-ci il écrivit un article incendiaire contre « l'étoile jaune » imposée aux juifs, et que s'il signa pour une pétition pour la grâce de Brasillach, il en signa aussi une autre pour celle de trois militants FLN pendant la Guerre d'Algérie.

    Certes, ll y a aussi ceux qui prétendent tout apprécier de Céline justement parce qu'il était antisémite obsessionnel, alors qu'ils n'auront lu de lui que les pamphlets et ignoré les romans du bon docteur Destouches. N'oublions pas tous ceux qui prétextent le rejet des haines de Céline mais qui sont fascinés au fond par celles-ci comme Michel Bounan qui écrivit il y a quelques années un pamphlet contre l'auteur du « Voyage au bout de la nuit ».

    Les choix moraux de l'auteur en particulier concernant la politique doivent-ils influer sur notre appréciation de son œuvre ?

    Encore une fois, si le talent littéraire de l'auteur est remarquable, cela n'a aucune importance, en notant qu'un lecteur est généralement un adulte capable de faire la part des choses ce que les moralisateurs littéraires sont bien incapables de faire.

    Au fond, il me semble que les « moralisateurs » littéraires qui rêvent d'envoyer aux enfers les auteurs que j'ai énuméré et d'autres ont en commun avec les fanatiques, les idéologues et les petits bourgeois de rêver d'autodafés géants car ils ont peur de la littérature qui encouragent celui qui s'y laisse aller à réfléchir par lui-même et de là parfois à remettre en question les dogmes, les préjugés et l'autorité illégitime de certains.

    Qu'ils continuent donc à avoir peur, cela prouve que les livres sont encore bien vivants.

  • La Province selon les écrivains

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    Céline, Louis-Ferdinand, l'a souvent dit « la province l'emmerde », ses petites histoires de rivalités, ses jalousies, ses ragots imputrescibles, et ce malgré la beauté de ces paysages, ou sans doute du fait du contraste entre leur magnificence et l'étroitesse des esprits parfois bornés que l'on peut y trouver, et leur caquetage sans bienveillance qui peut amuser mais qui finit toujours par lasser.

    image tirée de "Goupi mains rouges" prise ici

    6792-goupi_mains_rouges.jpgBien sûr, l'on pourra m'objecter qu'à Paris aussi il y a des imbéciles et des commérages mais l'imbécillité des uns n'excuse pas, ne compense pas celle des autres. Son inverse littéraire aussi, Proust, n'aimait pas beaucoup non plus, préférant la vie citadine.

    L'on pourrait parler de tout les romans de François Mauriac qui prennent pour sujet la petite bourgeoisie provinciale, ses hypocrisies, ses haines cuites et recuites qui durent sur plusieurs générations, sans motif réelles au bout d'un moment ; il n'y a pas qu'en Corse qu'existent des « vendettas » centenaires.

    Pour rester dans les écrivains catholiques, Bernanos n'est pas non plus très tendre avec la province, décrivant des paysans durs, sans beaucoup de sensibilité, jugeant et condamnant uniquement sur leurs préjugés, comme dans « le Journal d'un curé de campagne », les paroissiens du pauvre curé d'Ambricourt sont des salauds ni plus ni moins, qui le laissent mourir car ce n'est pas un curé mondain selon leur cœur, ou dans « Sous le soleil de Satan » où le diable prend l'aspect d'un maquignon madré et mielleux.

    Et Antoine Blondin évoquait cette « province plate à laquelle sont voués les cœurs disgraciés » (dans « Quatre Saisons »), où l'on confond simplicité d'âme et étroitesse d'esprit. Car avoir un cœur simple ne signifie pas que l'on soit respecté pour autant, il suffit de se rappeler du conte de ce titre de Flaubert (dans les « Trois contes).

    En 2012, pour rester dans les références littéraires la province est plutôt perçue comme dans « Goupi mains-rouges », d'après le livre de Pierre Véry, ce film emblématique du pétainisme où la ville est corruptrice et la campagne rédemptrice, et ce de la droite à la gauche. La province est montrée comme une sorte de paradis perdu, idyllique, champêtre, bucolique, qui n'a jamais vraiment existé.

    En dehors de toutes considérations politiques, ce long-métrage reste de bonne tenue sur la question du jeu des acteurs, en particulier Fernand Ledoux, et de la mise en scène. Dans le documentaire par ailleurs bien fait « les Terriens » d'Ariane Doublet, la réalisatrice tient à nous montrer la rentrée des foins effectuée à la fourche comme dans l'ancien temps, alors que comme le dit l'agriculteur filmé, cela ne se fait plus comme ça depuis belle lurette, mais cela fait une belle image, de rêve.

    Actuellement, c'est mal vu de dire du mal de cette France là car on est alors accusé de généraliser car untel connaît quelqu'un de province qui est très gentil et très ouvert ou tel autre rappellera que lui est ouvert et moderne et accueillant, et provincial.

    Alors, certes, on ne devrait pas parler de la province comme étant d'un bloc, car il existe des provinces qui sont multiples, mais l'esprit provincial, dans tout ce qu'il a de péjoratif, et ce même en considérant l'afflux des « rurbains » demeure bien ancré.

    Curieusement d'ailleurs, les habitants des lotissements « rurbains » se hâtent de reprendre assez vite l'esprit local dans ce qu'il a de pire : on ne se mélange pas entre personnes de différentes origines, de différentes provenances, et je ne parle même pas de pays différents, mais « ceux du village voisin y sont pas comme nous », être du bourg juste à côté suffit pour être ostracisé.

    Il est aussi un phénomène dont on ne parle jamais qui est le « téléphone rural », si le fameux « téléphone arabe » est bel et bien une réalité quant à la propagation des rumeurs, le « téléphone rural » en est une autre.

    Car une rumeur en province, y compris les plus viles calomnies, les pires ragots, s'y propage à la vitesse d'une traînée de poudre. « Il faut bien s'occuper » comme l'a dit un jour fort piteusement mais sans aucun remords une spécialiste rurale du commérage.

    Affiche de " lesTerriens" prise ici

    8679e9ca19ce4b0722be66314e68af44.jpgC'est plus rassurant et sans doute confortable de se sentir appartenir à une communauté bien définie, sur des critères simples à comprendre, dans une société où la crise de sens grave que nous traversons inquiète plus ou moins consciemment et ce à juste titre, et de pouvoir justifier sa peur de l'autre.

    Peur de l'autre qui n'empêche pas en province de s'afficher comme « moderne » et « progressiste », tant que cela n'implique pas des actes, la posture est sans danger.

    Cela n'empêche pas de placer ses proches et amis aux « bons » postes tout en affectant une attitude de petits Homais post-modernes (ami jeune ou inculte qui me lit, Homais est le personnage du pharmacien sceptique et cynique dans « Madame Bovary », qui est certainement un des meilleurs romans ayant pour thème le profond ennui que l'on peut ressentir en province). Cette attitude-alibi permet aussi de feindre de s'intéresser à un Autre majuscule, étranger, lointain, ce qui est beaucoup plus facile que lier connaissance avec celui qui est au seuil de la maison, juste à côté...

    Ci-dessous bande-annonce du film sus-cité d'Ariane Doublet et un extrait de "Goupi mains-rouges"


    L' artiste de la famille par lluis-llell

  • « Cosmopolis » de Don DeLillo

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    aux éditions « Actes Sud » et chez « J'ai Lu » aux éditions Flammarion

    image prise sur le site de "premiere.fr", affiche de l'adaptation

    PHOTO-L-affiche-francaise-de-Cosmopolis-avec-Robert-Pattinson_portrait_w532.gifLes écrivains français actuels parlent beaucoup d'eux, de leur nombril et de ses tribulations, de leurs problèmes de coucheries en milieu bourgeois et libertaire sexuellement et moralement parlant, et finalement ne s'intéressent que médiocrement au monde qui les entoure excepté pour des participations à des causes qui ne font pas trop de mal au cervelet et qui font plaisir à annoner entre la poire et le fromage pour se donner une contenance.

    Don DeLillo, quant à lui parle toujours de lui également en un sens, tous les écrivains partent de ce matériau qui est eux-mêmes, mais son propos devient universel, et d'une lucidité que l'on aimerait retrouver chez d'autres littérateurs qui en reste à un niveau beaucoup plus plat comme s'ils avaient peur en perdant leurs illusions de perdre en somme leur innocence.

    Dans « Outremonde », il parvient à raconter des décennies d'histoire américaine dans un roman choral extrêmement densifié, sans asséner de jugements péremptoires, désigner des « bons » et des « méchants », ne voir que du noir et du blanc chez le pitoyable primate humain alors qu'il n'y a que du gris.

    Et ce universellement...

    Dans « Mao II », il montrait la vacuité des aspirations à l'heure d'un présent permanent imposé par tous les médias, dans lequel il y a peu de places pour les idéaux individuels, dans lequel l'individu de toutes façons n'existe plus perdu dans la masse informe des communautés diverses et variées auxquelles on le somme de s'attacher.

    Il écrit des livres denses qui ne moralisent pas, ne jugent mais qui décrivent simplement dans un style sans fioritures que d'aucuns appelleraient sec la société qui est malheureusement la nôtre, marquée par le spectacle et le commerce, ou la virtualisation de tout échange humain réel, et dans laquelle même la contestation fait partie du système spectaculaire, des « flash mobs » civiques aux rassemblements d'« indignés » déguisés qui utilisent les mêmes codes que ceux qu'ils prétendent combattre sans les remettre en question une seule seconde.

    Il utilise les codes de la littérature dite « de genre » (polars ou SF) pour cela, car ainsi que le rappelait Jean-Patrick Manchette dans ses fameuses « chroniques » sur le polar pour « Charlie Hebdo » (je parle de l'ancien pas du « Canard enchaîné » bobo actuel) c'est le meilleur moyen de détricoter les hypocrisies sévissant dans notre monde. Et de continuer aussi à écrire de la littérature qui ne soit pas qu'un alibi pour présenter une cause ou la mettre en scène.

    « Cosmopolis » suit donc l'errance sans but, dans sa « stretch limo » (sa limousine allongée) d'un « golden boy » de Wall Street, Eric Packer, qui a fait fortune grâce à une « start-up », son avidité, son absence totale de scrupules. Il paye sa réussite par sa déshumanisation, ne sachant plus ressentir quoi que ce soit, sachant très bien que sa vie n'a aucun sens. Il ne sait plus ce qu'il veut, possédant tout ce que la société hyper-matérialiste recommande d'avoir pour montrer sa réussite. Il vit dans l'immédiateté absolue, dans le délire de transparence totale de l'époque, subissant un toucher rectal dans sa voiture sous l’œil de ses

    Les « Gymnopédies » d'Erik Satie ne sont pour lui qu'une musique d'ascenseur, l'art ne lui sert que pour l'entretien de son hygiène mentale, du « coaching » intellectuel en quelque sorte qui le conforte dans sa situation.

    Il rencontre sa femme, une poétesse sans talent, qu'il n'aime pas, s'étant marié avec elle pour un nom et s'intégrer ainsi à la « bonne » société.

    Des manifestants déguisés en rats manquent de détruire sa voiture. Et vers le crépuscule, il se mêle à des participants à une « performance artistique » censée démontrer la perversité du capitalisme en montrant en les filmant en vidéo des centaines de corps nus étendus dans la rue, toutes choses qui participent du système dont il est un des profiteurs opportunistes.

    Il s'enrichit un peu plus encore et perd tout pendant la même journée.

    Bientôt, averti par son garde du corps, Torval, il apprend que quelqu'un rôde en ville pour le tuer. Il ressent enfin quelque chose face au danger, a envie de vivre ce moment seul, raison pour laquelle il tue Torval, se préparant à affronter son assassin face à face, après s'être enfin fait couper les cheveux dans un quartier déshérité et après avoir retrouvé un peu de lien avec le reste de l'humanité en ayant mangé un dernier repas avec le coiffeur et son chauffeur.

    Il rencontré enfin son éventuel meurtrier, Benno Levin, un déséquilibré pour qui les banques sont des édifices religieux, qui a parfaitement intégré tous les codes de la société spectaculaire lui, et qui explique ses actes de violence et ses meurtres sur des milliers de feuillets sans queue ni tête comme un certain Anders Breivik, ou un Mohammed Merah.

    Ci-dessous, la bande-annonce de l'adaptation par David Cronenberg et les trois premières « Gymnopédies »

  • « Rivegauchez vous » - Soutien inconditionnel à Natacha Braque

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    Rivegauchez vous aussi sur Agoravox !

    A ce lien une interview exclusive de Natacha Braque, "l'indignée de Saint Germain des Prés", Bravo Natacha !

    Le portrait de Natacha est du site du nouvelobs sur l'article indiqué en lien

    politique,livres,littérature,société,pamphletsIl m'a été assez reproché depuis que je commets des articles sur le Réseau d'être un type un peu trop sceptique quant aux belles causes humanitaires, qui ne se soucie pas suffisamment du développement durable, du commerce équitable et de la biodiversité en centre-ville, et qui parfois ose ironiser sur tout cela, et qui, c'est encore pire, ô sacrilège se fiche complètement que la littérature soit engagée ou « politichiante ».

    image empruntée ici

    78336453_o.jpgEt même, malheureux que je suis il m'est arrivé de louer abondamment les mérites des livres de Jourde et Naulleau, et aussi celui que ce dernier a écrit avec monsieur Domecq pour railler la conception tournée vers le progrès et la lumière de la raison.

    Pour ça, je me repens humblement, oui je me repens (geste suit, voir fig 1)

    C'est aujourd'hui terminé, je me joins ici à tous ceux qui veulent défendre ce qui peut encore l'être de la culture telle qu'elle est pratiquée « rive gauche » car sinon, il y a un risque vraiment trop flagrant pour que reviennent les « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM)°.

    Bien sûr, si je parle de la Rive gauche et du livre de Natacha Braque, il est indispensable que je parle de moi et de ma vie évidemment trépidante et passionnante un minimum.

    C'est par l'entremise de Pascal Fioretto, auteur de parodies que j'ai beaucoup apprécié, (Ici je lâche un nom connu car de nos jours, si l'on est concerné par la littérature, cela n'exclut pas de montrer que l'on connaît des personnalités) que j'ai eu connaissance lors de sa demande de contact sur « Facebook » (TM°) (car oui il m'a demandé en contact sur « Facebook » (TM°) dit-il modestement). Mark Zuckerberg, ce roi des geeks, soit béni, lui qui inventa ce réseau un soir de solitude un peu plus dur que les autres !

    Note personnelle : Rive gauche on trouve que « Facebook » (TM°) c'est bien dans le cas des « printemps arabes », mais que sinon en Europe c'est un truc de plouc ou de beauf décérébré qui ne fréquente pas les mêmes sphères intellectuelles qu'à Saint Germain des Prés.

    C'est bien légitime !

    J'ai donc été ému aux larmes par le livre courageux et indispensable de Natacha Braque (la gloire du Très Haut du Tout Puissant, du Miséricordieux soit sur elle !) qui a pris comme exemple la prose déjà remarquable de Saint Stéphane Hessel.

    Je ne la connais pas, c'est même je crois son premier ouvrage, mais je la soutiendrai jusqu'au bout, quitte à ce que l'on me passe sur le corps, et même que l'on me passe sur le corps plusieurs fois tant qu'à faire.

    La « rive gauche » de Paris, en particulier le quartier de Saint Germain des Près, est encore en 2012 un endroit extraordinaire, et pas seulement pour les films et séries américaines dans lesquels Paris se réduit à ce quartier, avec des types habillés en « apaches » 1900 et des filles outrageusement maquillées, des garçons de café qui sont tous des petits gros moustachus qui disent très bien « Sanque Iou, Miss ».

    En effet, on peut aller boire à la terrasse des « Deux Magots » un expresso beaucoup plus cher que partout ailleurs dans la capitale, et à la Closerie des Lilas, il est tout à fait possible de partager un pastis ou un demi, ou deux, avec un chanteur « énervant » (note prudente : c'est lui-même qui le dit).

    Ce sont déjà deux éléments tout à fait merveilleux et en faveur de cet endroit, et de qu'il produit en matière de littérature ou de réflexion intellectuelle fondamentale, ne serait-ce que culturellement.

    C'est devenu un lieu mythique dans l'esprit de ceux qui font la vraie culture de maintenant depuis que madame Gréco (comme elle l'a elle-même souvent raconté) a perdu son manteau dans l'escalier d'un café miteux, le « Tabou », qui faisait aussi boîte échangiste pendant la Seconde Guerre Mondiale, et qu'elle en fait avec d'autres amis, dont Boris Vian, la première des « caves » de Saint Germain des Prés, avec d'autres fêtards existentialistes (ou existentialistes fêtards je ne sais plus trop), pour la plupart disciples, pour les garçons, de Jean-Paul Sartre, le plus grand philosophe de gauche progressiste du XXème siècle (en effet c'était le seul à pouvoir faire rouler ses yeux en sens inverse l'un de l'autre, Woody Allen prétend que Nietzsche pouvait se lécher les sourcils cela dit, mais Nietzsche est hors concours, même si à Saint Germain des près, on le soupçonne d'avoir influencé un peu les nazis), et pour les filles de Simone de Beauvoir, la première féministe bourgeoise à turban, des beaux quartiers qui n'ait jamais existé.

    Quand on pose la question à des « germanopratins » (habitants de Saint Germain des Près, je précise pour nos lecteurs ruraux), il semble qu'il n'y ait nul besoin de les avoir lu pour en dire du bien, connaître deux ou trois anecdotes cocasses, deux ou trois concepts ou clichés sur ces deux auteurs suffit, dont retenir qu'en gros l'existentialisme c'est faire la fête, boire, coucher à droite à gauche. Enfin, il est indispensable que le jeune habitant de ce quartier dispose d'une mèche de cheveux de bonne longueur, tandis que sa compagne devra quant à elle montrer quelques névroses distinguées de pauvre petite fille riche et malheureuse.

    Bien sûr en parlant de Saint Germain des Prés, on pourrait évoquer aussi Antoine Blondin, dont il convient surtout de rappeler qu'il buvait beaucoup, Roger Nimier, dont il importe surtout à Saint Germain d'évoquer sa mort en voiture de sport, ou Jacques Laurent, mais ces auteurs ont pour désavantage de préférer à Sartre et Beauvoir des écrivains infiniment moins fréquentables comme Chardonne ou Céline, ou encore Marcel Aymé, et de ne parler dans leurs romans que de sujets futiles comme l'amour, le désenchantement, la sottise des grandes personnes en général et de faire montre d'un hédonisme à la fois littéraire et personnel tout à fait mal placé pour n'être pas suspect.

    En effet, ces auteurs n'écrivaient pas pour faire connaître au public des grandes causes fondamentales, mais par plaisir de la littérature avant tout tout comme une certaine Françoise Sagan qui bien de gauche avait un mode de vie et une idée de l'écriture trop proche des auteurs sus-cités pour être totalement honnête dans sa « gauchitude ».

    « Rivegauchez vous » à ce lien

  • "None of us are free"

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    En complément de mon article ci-dessous sur le conformisme,

    Aussi parce que cela correspond à mon état d'esprit...

    Et parce que Solomon Burke. Pour la subtile dérision des paroles.

    Comme un alcool un peu âcre mais tellement voluptueux en bouche ensuite...

  • (Re)Lectures de vacances 4 – Les esprits forts, Sade et la petite musique d'Antoine Blondin

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    Dédié à deux lectrices de Sade (E. et J.), qui je suis sûr, ne m'en voudront pas...

    Je m'étonne encore : que font les naïfs ou les crédules encore maintenant pour passer pour des esprits forts quand ils parlent de littérature ? Ils évoquent Sade, qu'ils ont lu en diagonale. Rappelons que quelques uns de ses écrits sont dans le « Lagarde et Michard » depuis une demie-douzaine de décennies déjà, à destination des collégiens, et que les lycéens peuvent le présenter au bac français,ceci à l'inverse d'Antoine Blondin qui est au fond beaucoup plus sulfureux aux yeux des tenants du bien-penser littéraire actuel et beaucoup moins fréquentables.

    image de Sade ci-dessous prise ici

    200px-Marquis_de_Sade_prisoner.jpgCar si on cite en exemple l'emprisonnement du « divin marquis » du fait de sa trop grande liberté supposée, beaucoup feront la moue sur les multiples nuitées que Blondin passera en cellule de dégrisement avec des cloches ou d'autres âmes en peine comme lui, angoissés joyeux, paumés célestes.

    Bien sûr, un grand nombre de potaches a découvert la littérature, ou le cinéma, parce que cherchant des femmes nues ou des scènes sensuelles dans les livres ou les films, contrairement à ce que ces mêmes potaches prétendront devenus adultes, ce n'était pas toujours par appétence pour la culture qu'ils se sont plongés dans les livres. C'est somme toute logique, la littérature ne vient pas que du cerveau, mais aussi des tripes, de la chair.

    Que l'on excuse ici ma subjectivité mais Sade ne m'a jamais vraiment enthousiasmé. Dans le style transgressif littéraire, et/ou érotique, je lui préfère largement Henry Miller, Georges Bataille, Huysmans ou Jean Genet, voire les écrits de femmes beaucoup plus audacieuses et libres, à mon sens, comme Anaïs Nin ou Alina Réyès, Sade raconte des histoires qui n'effaroucheraient même plus une chaisière de Saint Honoré d'Eylau et ne ferait même pas rougir un enfant de chœur qui voit maintenant bien pire grâce aux progrès de la technique moderne, des mélodrames avec jeunes filles ingénues toujours sur le point de subir un « sort pire que la mort » et des émules du Don Juan de Molière, figure de libertin se prenant pour le Surhomme de Nietzsche, justifiant ses désirs en l'enjolivant par de la littérature et des formules ronflantes.

    Ils retiennent surtout de Sade, devenu un classique sentant le souffre, qu'il serait un précurseur de la pan-sexualité moderne qui serait l'apogée du progrès des consciences, au delà des interdits imposés par une Église forcément perçue comme arbitraire et maintenant une chape de plomb sur les populations avant la fameuse Nuit du 4 Août 1789 qui on le sait a aboli tous les privilèges, il est bien connu il n'en reste d'ailleurs plus un seul (sic).

    Sade, comme le dit Kléber Haedens dans « une Histoire de la littérature française », a une « imagination courte et monotone » et ses écrits ne témoignent pas d'une nouvelle philosophie qu'impliquerait leur obscénité tortueuse mais de son profond désespoir constatant de par sa sensibilité jusqu'où l'être humain, donc lui même, est capable de descendre, se complaisant dans l'abjection. Il est de ses lecteurs qui d'ailleurs l'aiment car ils partagent son désespoir face à l'être humain ou trouvent une consolation, une justification, à leurs propres errements, consolation dont ils n'ont aucun besoin au fond car ce qui ne les a pas tué, la nuit, l'école du soir comme l'appelle Blondin, les a rendu plus fort.

    Je tiens à le préciser ici, il n'est pas responsable de la vanité creuse de la plupart de certains de ses disciples actuels qui sont autant de « Bouvard et Pécuchet » progressistes. Et il ne s'agit pas dans cet article de le jeter aux orties mais simplement de le remettre à sa place.

    Un écrivain doit avoir une utilité sociale bien précise, être engagé dans le sens du progrès, qui est aussi actuellement celui du sens du vent, les écrivains étant plutôt proches des girouettes quant à leurs engagements.

    Et quand j'évoque ces auteurs vendant leur cause, j'évoque ceux de droite comme de gauche.

    Que l'on ne se méprenne pas, ce n'est pas l'engagement en soi que je critique ici mais la posture, l'attitude d'auteurs qui écrivent en s'imaginant déjà en photo dans les précis de littérature futurs, ou en statues dans les squares.

    Quand Bernanos défend les causes qui lui tiennent à cœur, c'est pour lui une question de vie ou de mort, tout comme Orwell, Simone Weil et d'autres pour qui la littérature était aussi une question de vie ou de mort.

    Roger Nimier a bien défini le problème des écrivains qui prennent la pose engagée :

    « La littérature engagée, avec son air martial et ses bonnes résolutions, est sympathique dans la mesure où les fayots sont sympathiques dans un régiment de cavalerie. » dans "Les écrivains sont-il bêtes" chez "Rivages", sorti en 1990.

    portrait d'Antoine Blondin, alias "Monsieur Jadis", pris ici

    le-roman-un-singe-en-hiver-recoit-le-prix-interallieantoine-blondin-.jpgIls auraient du mal à comprendre la « petite musique » des mots d'Antoine Blondin, qui parle formidablement de son amitié avec Nimier dans « Monsieur Jadis », relu après avoir été retrouvé dans un bac de bouquiniste pas loin du quai Voltaire, par exemple, qui n'est pas là pour évoquer une cause ou une autre, sinon pour en moquer la vacuité et la prétention, mais qui écrit pour conjurer la détresse qui est la sienne, une détresse qu'il ne craint pas de montrer, une détresse enfantine mais non infantile face à la cruauté et la sottise des êtres humains qui assurent être normaux et équilibrés.

    Finalement, un homme comme lui qui n'a pas peur de se décrire comme faible et tellement faillible, tellement blessé dans ses romans, est plus respectable à mon sens qu'un esprit fort plus « sadien ». Il me semble aussi que les véritables écrivains se retrouvent tous dans ces excès de sentiments, d'alcools aussi, d'amour et d'écriture.

    Blondin ne contrôle pas grand-chose, ne se soucie même pas de laisser à la postérité une œuvre qui finira à l'Académie, il boit trop avec des drôles d'oiseaux de nui, comme « Popo », une de ces femmes sans âge avec qui il partait souvent en voyage par l'alcool et les tribulations presque picaresques si elles n'étaient teintées d'une extrême mélancolie, comme Albert Vidalie, qui refait toute la bataille d'Austerlitz un soir au « Bar-Bac » ou Dieulefils, pendant masculin de Popo, et un avocat plus ou moins menant une vie non de bâton mais de barreau de chaise bien sûr.

    Il était peu doué dans ses amours chaotiques sans jamais sombrer dans le grotesque du vaudeville bourgeois.

    Dans une époque où la « normalitude » et une décroissance de l'intellect sont de rigueur, que toute cette littérature passe pour inutilement égotiste dans l'attente du Grand soir et des petits matins blêmes, il est logique que les esprits forts préfèrent s'imposer la lecture de Sade, dont ils se proclament un peu rapidement les héritiers, que de Antoine Blondin, ce qui est dommage.

    C'est dans les époques troublées que l'on a le plus besoin de cette apparente futilité et de ces oiseaux du soir, ces enfants trop vite grandis peu adaptés à la vie que sont les auteurs comme celui de « Monsieur Jadis ».

    Deux critiques pourtant aux antipodes politiques qui disent encore plus sur « Monsieur Jadis »

    « Ses personnages sont de vieux frères en qui l'on entend chanter la nuit »

    Kléber Haedens

    « Et que de détresse pour un tel bonheur d'écrire »

    Yvan Audouard

  • Les indispensables poncifs au cinéma

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    Au sujet du livre « Tous les clichés du cinéma » de Philippe Mignaval paru chez Fetjaine...

    couverture empruntée sur ce site

    20160821.jpgEst-ce que l'on va voir un film « de genre » pour avoir des péripéties comme « dans la vie » ? Est-ce que l'on doit détester les clichés et les poncifs de ce style d’œuvres ? alors que c'est justement ce qui fait leur charme particulier, leur manière de jouer avec.

    Pour les critiques de cinéma distingués qui s'emmerdent avec élégance quand ils vont au cinéma, et ne voient que des chefs d’œuvres, c'est bien sûr de la « cinéphilie honteuse ». Pour les idéologues, les indignés, les combattants de grandes causes, les révolutionnaires de salon et les réactionnaires en charentaises, les concernés, les engagés graves et sérieux, c'est beaucoup trop futile pour être important. Toute activité culturelle considérée comme un divertissement est vouée aux gémonies, que ce soit la lecture de romans, ou le visionnage de films de fiction.

    Ou alors sont autorisés les livres et les films qui soutiennent la cause défendue, qui éduquent le peuple qui n'a surtout pas le droit de s'ouvrir à d'autres univers par le biais du cinéma, qui reste plus ou moins une attraction foraine.

    Ils ne comprendront jamais que c'est justement par cette cinéphilie dite honteuse que commence la vraie culture cinématographique car parfois au détour d'une série « B », d'un film noir ou fantastique à petit budget se cache une pépite, une merveille créative.

    Par exemple, juste après « Bad Taste », film « gore » débile à souhait, Peter Jackson a réalisé « Heavenly Creatures », merveille de sensibilité, et son « documenteur » sur un cinéaste néo-zélandais imaginaire, tout en finesse et humour délicat.

    Et il y a les authentiques « nanars », ces « mauvais films sympathiques » qui sont drôles à à peu près tous les degrés pour un authentique cinéphile. C'est souvent sur des « nanars », des « séries Z » ou réputées telles que de grands réalisateurs ont tout simplement appris leur art, ce qui leur a permis plus tard de réaliser des monuments du cinéma ; Scorcese, Brian de Palma par exemple, ou James Cameron qui ont commencé chez Roger Corman.

    Le nanar se déguste comme ces eskimos achetés à l'entracte dans les anciens cinémas et dont on savait très bien qu'ils étaient trop sucrés, et peu délicats comme plaisirs, il y a différentes catégories de « nanars » : le film de monstres en latex, les films de Stiveune Cigale, les films de kâraté, les films de gros n'avions, et d'autres plus ciblés, comme les films de vampires homosexuels étudiants de David De Coteau...

    Le petit livre « Tous les clichés du cinéma » recensent une bonne part de ceux-ci non pour s'en moquer mais avec tendresse et malice, son auteur ne les raille pas, il s'en amuse. Il y en a que tous les spectateurs connaissent :

    Ainsi le fait que les pistolets des cow-boys, et des policiers, dans les films américains, mais aussi français, tirent sans que l'on ait besoin de recharger de quarante à soixante balles, sauf au moment critique où il restera UNE balle au héros qui l'enverra quand même entre les deux yeux du méchant.

    Dans les films d'horreur, les personnages se séparent TOUJOURS pour rechercher un ami disparu mystérieusement, la sexualité y est punie atrocement par le « serial-killer/monstre/croquemitaine » du film, et il y a obligatoirement DEUX fins, à la première on croit le méchant mort, mais il n'en est rien, ce n'est qu'une ruse, il se relève, et là miracle, un comparse que l'on croyait lui aussi ayant passé l'arme à gauche le tue finalement.

    Un film de genre sans ces figures imposées n'est pas tout à fait aussi intéressant, même s'il s'agit de pervertir celles-ci pour en faire autre chose, ou les parodier comme dans les films des Z.A.Z (« Airplane », la série des « Naked Gun » etc...)

    Au cinéma, depuis quelques années, les polars, les films de Science-Fiction, voire même les films de super-héros se veulent plus réalistes, plus crédibles, moins fantaisistes, plus vraisemblables.

    Le cinéma ce n'est plus du « cinoche », on n'est pas là pour rigoler ou se détendre, ous s'évader, le héros a toujours de sacrés traumatismes psychologiques, il a une copine/amante aussi forte que lui, mais à la fin c'est toujours lui qui sauve le monde etc...

    Le nouveau « James Bond », comme dans la série des Jason Bourne, Daniel Craig, n'a quasiment plus de gadgets farfelus, quand il se blesse, il saigne, il a des sentiments, ce n'est pas qu'un porte-flingues, il est montré comme n'étant pas forcément invincible, ce qui n'empêche pas les invraisemblances comme dans les anciens films de la série :

    Quand Bond court sous le déluge des balles tirés par les méchants, il se protège en mettant une main au-dessus de sa tête, c'est toujours un conducteur de bolides hors-pair, et un athlète qui battrait facilement Usain Bolt au « 100 mètres » etc...

    Donc il est toujours aussi peu vraisemblable qu'avant, et alors ? Ce n'est pas ce qu'on lui demande, même si les histoires d'espions à rebours des « Bonderies » peuvent être aussi passionnantes, ainsi les films inspirés des histoires de Harry Palmer, l'anti James Bond.

    Les trois films de Christopher Nolan se veulent aussi vraisemblables, le plus proche possible de la réalité, tout en prenant la pose « auteurisante » alors que les péripéties du dernier opus par exemple ne le sont pas une seule seconde (à commencer par le fait que Bruce Wayne échappe à l'onde de choc d'une bombe nucléaire, ce qui n'a pas d'importance.

    Le spectateur sait très bien que ce qui se passe sur l'écran n'est pas vraiment réel, (dans le cas contraire c'est inquiétant, on me signale que des adolescents sont persuadés de l'existence du Marsupilami depuis le film de Chabat).

    Il manque des clichés dans le livre de Philippe Mignaval qui sont ceux que l'on croise constamment dans les films français dits d'auteur, réalisés par des personnes issues de l'élite (c'est elles qui le prétendent du moins), ceux qui mettent en scène des trentenaires adulescents de CSP ++ drôlement concernés par le monde qui les entoure, leurs histoires de coucherie, leur renouvellement du vaudeville bourgeois (la seule différence notable étant que l'amant dans le placard peut être du même sexe), des films souvent largement et lourdement politiquement didactiques, alors que parfois un petit film de zombies ou de morts vivants en dit beaucoup plus (cf : les films de Georges Romero.

  • Pourquoi relire Antoine Blondin ?

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    monsieur-jadis-ou-l-ecole-du-soir-antoine-blondin-9782070360291.gifcouverture prise ici

    (Re)trouvé chez un bouquiniste "Quat'Saison" et "Monsieur Jadis" d'Antoine Blondin

    Pourquoi relire Antoine Blondin ?

    C'est simple...

    Il suffit de lire ces deux appréciations de deux critiques pourtant aux antipodes politiques.

    "Ses personnages sont de vieux frères en qui l'on entend chanter la nuit"

    Kléber Haedens

    "Et que de détresse pour un tel bonheur d'écrire"

    Yvan Audouard

    Détresse devant la médiocrité du pi:toyable primate humain dans laquelle les lecteurs de Blondin se retrouvent tous.