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  • "Gonzo Papers"

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    Gonzo aussi sur Agoravox

    Gonzo-critique sur "Gonzo Papers" sorti chez Tristram, de Hunter Thompson

    une bio d'Hunter Thompson

    portrait, sans lunettes noires, de Hunter Thompson, pris ici

    tumblr_l4bn1m5E671qaejbao1_400.jpegLes « gonzo papers » d'Hunter Thompson viennent de sortir enfin traduits en français par le bon soin des éditions Tristram qui doivent se composer d'individus vraiment philanthropes en somme pour ceux qui aiment les écrivains fous, hors norme, et indociles comme l'était le « docteur Thompson ».

     

    Il a goûté à toutes les drogues, à peu près tous les alcools, non pas par compulsion ou pour compenser un Oedipe mal assumé, mais juste par désir d'expérimenter tous les niveaux de sensations humains, comme Lester Bangs à la même période se donnait les mêmes buts dans la vie, mais lui en parlant de musique en général et de Rock en particulier, ou Philip K. Dick que d'aucuns classent un peu vite dans les écrivains d'anticipation, ce qui est commode, alors qu'il ne faisait que parler de nous finalement.

    Il se fichait la plupart du temps des sujets qu'un rédacteur en chef lui imposait, en parlant à son idée ou multipliant les digressions apparentes autour, ce qui fait qu'il se fit souvent virer des journaux où il travaillait, dés ses débuts à Porto Rico dans une feuille de chou américaine, patriocharde et claironnante, où il mit un rien le bazar comme il le raconte plus ou moins dans « Rhum Express ».

    De ne pas être linéaire, de ne pas exposer des opinions, des faits bien rangés, bien cadrés, faciles à comprendre, avec des bons et des méchants, trois parties bien distinctes, trois sous-parties à chaque fois avec une problématique bien proprette dedans, et qui flattent le confort intellectuel font que de nombreux imbéciles le trouvent alors à la fois foutraque et bordélique, peu sérieux.

    Foutraque, il l'était, dans sa vie personnelle, et complètement frappé aussi, certes, mais il n'y a rien de plus sérieux que la plupart de ses « papiers » qui décrivent minutieusement et en montrant l'envers de la trame tout ce qui fait les hypocrisies, les postures d'une époque.

    Et les sots, qui rêvent d'une petite vie bien tranquille, sous le joug, mais tranquille, hurlant avec les loups, mais une vie sans heurts, ne comprendront jamais qu'il n'y a rien de plus existentiel pour un écrivain que l'écriture, qu'il n'y a rien de plus précieux.

    Et que c'est justement parfois parce que c'est dur à vivre ou à surmonter, cette souffrance de la création, qu'ils se livrent à divers excès que la morale réprouve avec dégoût, excès dus aussi au fait que les écrivains sont des ogres qui ne veulent pas deux ou trois sentiments mais tout un amour fou, qui ne veulent pas une ou deux coupes de mousseux mais plusieurs bouteilles de champagne (TM°), qui ne veulent pas une ou deux tartines d'œufs de lump mais tout un pot de Caviar (TM°).

    C'est malgré tout paradoxal de voir ce livre sur l'étal d'une librairie de province, comme celle qui est la mienne, perdu aux milieux des « best-sellers » écrits par les meilleurs employés du mois de la littérature ou des pensums auto-fictionnels dans lesquels un trentenaire adulescent, esclave des réseaux sociaux, raconte sa vie de gamin immature en 2012, ou une pauvre petite fille riche ses misères anodines, ses vagabondages sexuels, sa vacuité qu'elle balance à tous les passants avec une impudeur qui n'a même pas la classe et le style des grands égotistes de l'histoire des Lettres.

    C'est ironique aussi de le voir rangé à côté des encycliques de Saint Stéphane Hessel ou d'autres consciences politiques bien pensantes, parfois parmi les écrivains « transgressifs » ou « subversifs » reconnus par la critique de l'église culturelle officielle qui le range dans le casier pratique de la « contre-culture » et des cinglés sympathiques pour mieux s'en débarrasser car il prendrait trop de place.

     

    Pour donner un exemple, j'ai lu dernièrement un article désarmant de candeur qui classait bien sagement un autre rêveur un peu fou de l'écriture parmi les auteurs d'anticipation, de futurologie romancée, Ray Bradbury, qui lui aussi ne faisait que raconter, avec poésie, les êtres humains, leurs travers et parfois leurs qualités, dans ses histoires rangées bien comme il faut dans la littérature « de genre ».

    Ce qui sous-entend que la littérature, l'écriture ne sont que des « divertissements », des amusements d'enfants gâtés jamais contents. Ce n'est pas totalement faux, finalement la plupart des écrivains qui ont besoin sur le tard, ou très tôt, comme Hunter Thompson, de coucher leurs sentiments, leurs joies, leurs peines sur le papier, sont souvent d'anciens gosses plus ou moins malheureux et surtout inadaptés à la vie en société et ses compromis.

    Il racontait son époque, des années 60 à la fois naïves et cyniques, aux années 80, où comme il le dit les utopistes, les rêveurs, les idiots sur leur colline ont troqué leurs idéaux pour quoi ? Pour le jogging.

    Que dirait-il des années 2000 où les mêmes font pire encore, échangeant leurs rêves de justice pour des indignations de pacotille ou des questions sociétales qui leur évite de réfléchir à l'iniquité fondamentale de la société contemporaine.

    Il se mettait en scène dans ses textes ce qu'on a lui reproché, se situant dans la droite ligne littéraire des « non-fiction stories » comme « De Sang Froid », ou plus tard « Acid Test ». Au fond, c'est un père possible pour la plupart des blogueurs, enfin ceux qui ne limitent pas à causer de leur nombril.

    Un autre texte de votre serviteur sur cet auteur.

    Ci-dessous Hunter Thompson chez David Letterman, moment épique

  • De la mystique des parisiennes et de son interprétation théologale

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    Parler des "parisien/nes" fait parfois grincer des dents, ou pas, et sur Agoravox ?

    Il y a quelques temps, j'ai relu l'autobiographie de Jacques Laurent, un des « Hussards » moins connu que les autres, il était celui aux yeux déjà un peu tristes.

    parisiennes-01-g.jpgLes « Hussards » est un terme inventé pour désigner cette école qui n'en était pas une, par un écrivain qui leur ressemblait beaucoup, Bernard Frank, ami de Sagan qui aurait pu en être aussi, tout comme Roger Vailland qui était communiste, ont encore maintenant le tort infini dans notre monde qui adore se prendre au sérieux de se ficher absolument des engagements pompeux claironnés dans les journaux, carnets et livres, de leurs collègues littérateurs, et de se soucier surtout de ce qui passe pour de la légèreté et de ce qui semble aux yeux des dogmatiques et du troupeau endormi complètement futile, alors que c'est fondamental.

    Les sots, se sachant très bien sots, adorent se prendre au sérieux, ou que les autres les vénèrent comme oracles. Il suffit pour le comprendre de lire ou d'entendre les reproches qu'ils adressent aux autres.

    Les uns se sont par la suite engagés radicalement à droite, les autres à gauche, sans pour autant se mettre à faire la leçon aux autres personnes ou moraliser. A noter qu'ils subirent pour cela les foudres de nombreux imprécateurs moralisateurs justement qui y virent comme un affront personnel et aussi la révélation de leurs lourdeurs à la fois de style et d'idées car il est à noter que les « Hussards » n'écrivaient pas chaussés de semelles de plomb comme tant d'auteurs « bons clients » à la télévision en ce moment, que l'on n'invite que pour cela justement, car ce sont des bons employés du spectacle incessant que nous subissons chaque jour.

    Loin de moi l'idée de me comparer aux « Hussards » mais il m'est venu l'idée que l'on peut parler de sujets aux ramifications diverses et sérieuses tout en gardant à l'esprit la légèreté qui convient, que toute la mystique des parisiennes devrait être aussi importante dans notre société, à notre époque de crise où beaucoup croit indispensable de s'imposer un sérieux pontifiant de tous les instants car les « temps sont graves », alors que lorsque les temps sont graves, il convient justement de ne pas se laisser faire et de favoriser tous les instincts de vie dont les légèretés dont je vais parler sont les émanations.

    Jacques Laurent écrivait dans un journal qui s'appelait « la Parisienne » car il aimait les parisiennes en général dont quelques unes en particulier.

    Il y a une mythologie des « parisiennes » qui excitent encore maintenant la jalousie de certaines provinciales malheureusement pour beaucoup toujours en retard d'une mode. C'est d'ailleurs dommage car c'est mal comprendre la mode, la parisienne, je veux parler des vraies parisiennes sait instinctivement que ce n'est pas le fait de s'habiller comme les autres qui la rendra séduisante mais de justement se montrer comme unique, ce qui lui permettra de mettre quelques hommes à ses pieds, et de jouer parfois la comédie de l'écervelée.

    C'est somme toute normal, on ne peut aimer Paris sans aimer ces jolies femmes pressées que l'on peut croiser dans les rues, le métro, ou les cafés des boulevards : la plupart du temps élégantes, sauf quand elles décrètent comme indispensable une mode idiote, le regard déjà ironique lorsqu'elle s'aperçoit que vous la regardez, comme ces fauves de salon qui viennent à vos pieds s'étirer lascivement pour ensuite se détourner aussitôt dés que vous tentez une approche, et comme pour vous dire : « Regarde comme je suis belle, je mérite bien un peu d'efforts pour me séduire ».

    J'aime Paris, j'aime d'ailleurs un Paris qui est sans doute en train de disparaître la ville tout doucement se provincialisant, j'assume complètement le côté péjoratif du terme soit dit en passant.

    L'excellente image ci-dessous vient de l'excellent blog de Miss Tic

    parisiennes02.jpgLes nouveaux habitants, « bobos » qui aiment bien les quartiers cosmopolites et vivants, mais pas en bas de chez eux, ou les étrangers qui s'y installent croyant trouver les mêmes clichés que dans les films américains « so romantiiic », font de Paris un Luna-Park pittoresque de luxe pour riches.

    Avec la première parisienne que j'ai rencontré, j'ai découvert le Quartier Latin et les rues alentours.

    Il existait encore de ces cafés où ainsi que l'écrit Simenon dans « Cécile est morte », flotte un doux parfum à la fois de café, de rhum et de tabac brun, un endroit chaleureux où tout les milieux se mélangeaient. Elle se trouvait toujours trop grosse, comme la plupart des parisiennes qui sont toujours au régime, ou qui du moins « font attention ».

    Je lui dois certainement de connaître par cœur les emplacements de tous les rayons « femmes » du « Printemps » qui n'était pas encore une succursale de l'office du tourisme qatari ou japonais, ou chinois. Amis lecteurs masculins, ce n'est absolument pas une corvée d'accompagner une parisienne faire du shopping, bien au contraire, même il est parfois nécessaire de parler de « doux supplice ».

    C'était sans doute une manière détournée de me demander de la rassurer l'attirance suscitée par ses courbes qui étaient rondes sans aucun excès, un genre de femme plus tellement à la mode en une époque qui porte aux nues les physiques d'anorexiques post-pubères qui font la tête.

    Nous y passions des heures à refaire le monde ou la littérature et profiter du moment en sachant très bien que des endroits étaient à plus ou moins terme voués à disparaître pour être remplacé par un bar « lounge » « techno friendly ». avec l'eau, le gaz et la « ouifi » à tous les étages, surtout la « ouifi » qui permet à l'imbécile pénétré certainement du rôle social qu'il est persuadé de jouer d'imposer aux autres le fait que bien qu'il soit incapable d'aller vers les autres dans la vie réelle, il a 2436 « friends » qui suivent sa « timeline » sur facebook tous les jours.

    La deuxième parisienne que je rencontrai, qui me séduit, et que je séduis, avait un teint d'albâtre, comme on disait dans les temps anciens, que j'attribuai assez vite à sa fréquentation assidue des salles dites obscures.

    Nous allions dans des petites salles aujourd'hui toutes disparues, où il y avait encore des ouvreuses, au profit de gigantesques multiplexes où l'on peut s'acheter deux ou trois kilos de « pop-corn » à brouter, et continuer à consulter sur son « smartphone » si « Didilove » est toujours en couple avec « Franck supercool » ou s'ils ont « cassé », ce qui ne serait pas du tout « LOL » j'en conviens.

    Elle était comme dans une chanson de Gainsbourg, « Manon », il me fallait l'aimer avec un autre.

    Elle avait un sourire indéfinissable comme Catherine dans « Jules et Jim » (j'étais plutôt Jim), comme elle, elle était une funambule amoureuse, toujours marchant sur un fil tendu entre le retour du refoulé de la société matérialiste que nous nous apprêtions à vivre au milieu des années 90, et la liberté des sentiments.

    Je me souviens particulièrement de ces deux jours où nous étions allés, à trois, en « virée tzigane », comme dans « Mes chers amis », de Mario Moniccelli qui a préféré se jeter par la fenêtre plutôt que de continuer à subir la médiocrité du monde actuel. Je me souviens ensuite de la vue que nous avions sur le Quai des Orfèvres dans ce petit bistrot à vin où finalement nous n'avons pas osé justement une des suites envisageables, car cela aurait finalement peut-être tout gâché.

    En 2012, la plupart des amoureux n'auraient pas de ces pudeurs, ils posteraient une vidéo sur Internet, sur un « tube » ou un autre, et feraient tout pour être interviewés à la télévision par une « coach de vie » médiatique.

    Mais comme la précédente, elle fut impitoyable à cause d'une bagatelle.

    Peu de temps après je rencontrai la suivante, qui elle non seulement, « faisait attention », était cinéphile et cultivée, passait des heures à faire du « shopping » dans les grands magasins, mais aussi arrivait systématiquement en retard donnant à l'expression « se faire désirer » un sens tout à fait concret.

    Ce fut ma rencontre alors avec la quintessence des parisiennes, se sentant à l'aise aussi bien à discuter avec un cloche sous une porte cochère que dans un raout mondain, dont elle percevait immédiatement tous les ridicules, classifiant très vite, et très sûrement, son interlocuteur dans la catégorie des imbéciles ou de ceux dont la conversation valait qu'on s'y attarde quelques instants.

    Elle était de ce peuple de Pantruche où l'on ne se découvre pas devant les bourgeois, mais à qui l'on dit insolemment leur fatuité, leurs prétentions, leur sottise, ainsi que le définissait Forain, peintre montmartrois très éloigné quant à son style des barbouilleurs touristiques que l'on trouve maintenant Place du Tertre en plus des cafés ripolinés manière « Amélie Poulain ».

    Parfois la légèreté conduit à la passion, et celle-ci mène à un peu plus de misanthropie, et quelques blessures qui mettent beaucoup de temps à se refermer, blessures n'ôtant jamais la perle noire de l'espérance de se revoir peut-être un jour sur une plage comme dans un roman d'Armand Lanoux nostalgique et élégant, le problème étant aussi que la parisienne désire souvent à la fois une chose et son contraire, vivre une grande passion amoureuse, et continuer à fleurter avec de multiples soupirants et même soupirantes (soyons modernes).

    Il s'est passé de nombreuses années pendant lesquelles j'étais comme un fantôme dans Paris, c'est à peu près à cette période que j'ai rencontré une autre de ces âmes en peine. Je me suis enivré souvent avec elle dans un petit bistrot parisien en passe de devenir un lieu de rendez-vous « bobo », perdu au milieu d'un quartier de Bastille où foisonnent maintenant les ateliers d'artisans refaçonnés en lofts géants pour trentenaires ou quadras adulescents à la fois incultes, dociles, sans passé ni avenir, vivant dans un présent perpétuel confortable pour leurs cervelles de pigeons, parisiens bien entendu.

    Je me suis leurré sur mes propres désirs, les confondant avec de l'amour désintéressé, j'étais au bord du gouffre tout comme elle. L'abîme menaçait de m'engloutir. Pourtant grâce à elle, j'ai vécu quelques secondes de bonheur au milieu du maelström de pensées et sentiments contradictoires qui m'agitaient à ce moment. Au milieu des passants sortant d'un supermarché de la culture ou d'une échoppe américaine vendant de la lavasse essayant de passer pour du café, nous nous sommes juste étreints et nous avons esquissé une valse triste.

    Et ce fut tout.

    Paris continue à vivre, mais perd ce qui faisait son charme réel et son identité, noyé ou presque sous des tombereaux de bonnes intentions ou de clichés sirupeux que Woody Allen n'évite pas lui non plus quand il y tourne un film qui a l'avantage cependant de rappeler que Paris a été une fête, ainsi que l'affirmait Ernest Hemingway.

    Ci-dessous une invitation à la paresse par "les Parisiennes"

  • L'âme des poètes - Gréco

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    Une chanson écrite par Trénet, mais que je préfère chantée par Juliette Gréco, qui fait penser à notre époque avec ces vers :

    "Longtemps, longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu"...

    Notre monde a besoin de poésie, et de beauté.

  • Fahrenheit 451 2.0

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     Petit hommage à Ray Bradbury qui est mort mardi soir.

    Hommage aussi sur Agoravox

    photo extraite de l'adaptation de "Fahrenheit 451" prise ici

    Dans le bus Montag regardait les gosses entre eux, les écoutait, et soupira encore une fois :

    fahrenheit451-3.jpgIls ne parlaient que du dernier modèle de téléphone portable, de leurs habits, de la dernière émission soit-disant téléréelle, soumis qu'ils étaient à la publicité, à la télévision et aux écrans omniprésents. Les écrans singeaient la vie, n'en montraient qu'un reflet flatteur, confortant les spectateurs dans leurs désirs étriqués et narcissiques, les incitant à ne pas rechercher autre chose, et à ne pas s'élever un tout petit peu plus.

    Ceux-ci étaient de plus en plus grands, envahissaient les murs, ce qui faisait la fierté des ménagères, de leurs maris, et de leur progéniture. Tous n'avaient de cesse d'acheter ou de faire tout pour pouvoir acheter la dernière babiole électronique à la mode, ou imposée comme telle.

    Plus jamais on ne voyait de bibliothèques dans les intérieurs montrés comme exemplaires. Les personnes en auraient conçu comme de la honte immédiate, celui qui sortait un livre gênait comme si la lecture, la rêverie aussi, étaient devenus des pratiques inavouables.

    Il n'y avait plus beaucoup de petits garçons pour rêver sur ce que cachait derrière ses décors une fête foraine, comme dans « l'Homme illustré » de Ray Bradbury, un des derniers grands rêveurs mélancoliques qui venaient de mourir, et quels secrets il pouvait bien y avoir derrière les tatouages de l'étrange « monsieur Loyal » juste à l'entrée.

    Il n'y avait plus tellement de rêveurs, comme dans les « Chroniques martiennes » pour imaginer les paysages poétiques et grandioses de Mars, ses habitants étranges, et les sentiments qu'y vivraient les explorateurs. Les gens ne sortaient pas du présent, et de ce qu'il considérait comme le réel, qui n'était au fond que la trivialité la plus basse, parfois le rêve, l'utopie, et aussi les cauchemars, sont bien plus tangibles.

     

    Il remarqua que leur vocabulaire se simplifiait de plus en plus en plus, vieux comme jeunes, ils parlaient comme les enfants sauvages qu'ils redevenaient un peu plus chaque seconde dans cette société bruyante mais creuse, toute en vacuité.

    Montag avait dans sa poche un vieux livre tout froissé, un exemplaire de poche de « Farenheit 451 » du même auteur que « l'Homme illustré », avec une illustration très colorée et un peu extravagante des années 70 dessus. Il songea aux partisans des livres électroniques, ils amassaient des dizaines de romans dans leurs appareils, mais ne se donnaient plus la peine de les lire.

    Certains avançaient même, peut-être pour justifier de futurs autodafés bien intentionnés, l'argument écologique.

    Ils oubliaient la plupart du temps qu'au développement des appareils électroniques correspondait un accroissement exponentiel de la paperasserie sous laquelle on se noierait bientôt.

    portrait de Bradbury Ray-Bradbury-8.jpgpris ici

    Et ils oubliaient qu'un livre a une histoire, qu'il correspond à un moment précis de la vie du lecteur, et que le livre vit avec son lecteur, que la littérature, comme tout art, comme toute création est par nature un enjeu existentiel.

    Dans ce roman, l'auteur décrivait exactement le même genre de comportement que les jeunes mais aussi les adultes adoptaient de plus en plus, les écouteurs perpétuellement vissés aux oreilles, incapables de se dégager de leur égocentrisme, replié dessus, dans l'impossibilité d'aller vers les autres.

    Des pompiers pyromanes y étaient chargés de brûler les livres, jugés responsables de tous les maux, et surtout dangereux pour la cohésion sociale, et l'allégeance réputée indispensable au système, cette allégeance que personne ne remettait finalement en cause, la plupart avait peur d'y perdre leur confort, et matériel, et intellectuel, même le premier diminuait progressivement depuis quelques années.

    Actuellement, se dit Montag, il n'y avait même pas besoin de pompiers, bientôt ce sont les gens eux-mêmes, dociles et soumis aux pires bêtises, qui les brûleraient eux-mêmes si on leur demandait de le faire, et ce sans sourciller.

    Le système se fabriquait lui-même des alibis depuis quelques temps déjà, il y avait deux ou trois chaînes de télévision prétendument culturelles que tout le monde prétendait regarder, mais qui restaient confidentielles, n'y étaient abordés que des thèmes qui n'intéressaient qu'une petite coterie de privilégiés, qui eux-mêmes croyaient bon de montrer du mépris pour ce qui restait de la culture en général.

    Et même parfois, la télévision montrait des épisodes d'une vieille série, « la Quatrième Dimension », dont certaines histoires avaient été écrites par Ray Bradbury lui-même, mais personne ne regardait, car c'était en « noir et blanc », voire sous-titré, toutes choses qui demandaient un effort, ce dont le spectateur habituel de la télévision et des écrans omniprésents était devenu quasiment incapable.

    Montag se demandait ce que ferait ce spectateur si un jour les écrans s'éteignaient, ce qui pouvait tout à fait arriver. Montag enseignait les Lettres, il était heureux quand un élève se passionnait, en secret, sans le montrer devant les autres, pour un livre ou un auteur, il espérait toujours qu'il y en ait plus, mais son espérance s'amoindrissait avec le temps.

    Restait les rêves...

     Ci-dessous la bande-annonce de "la Foire des Ténèbres", adaptation de "l'Homme illustré" et de l'adaptation de "Chroniques martiennes" par Michael Anderson

  • Crobards sur Crumb

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    Crumb est aussi sur Agoravox

    Robert Crumb est à l'honneur au musée d'Art Moderne de la ville de Paris jusqu'au 19 Août.

    Cela m'a donné envie de revoir le documentaire remarquable que lui consacre Terry Zwigoff et de commettre deux-trois lignes sur lui.

    image prise ici autoportrait de 1992

    crumb_aventures002.jpgCrumb se verrait bien au départ comme un brave petit « all-american kid ». Comme eux il habite avec ses parents dans un de ces lotissements qui s'étend sur des kilomètres autour des mégalopoles américaines, on y lève « les couleurs » le matin. Il n'est pas le gosse bien sage élevé aux Corn Flakes et aux sages préceptes des Pères Fondateurs, contrairement aux vœux de ses parents, il n'est pas « quaterback », ni même « premier de classe », il rêvasse et dessine dans son coin, et commence à sortir avec des filles qui ont toutes la même particularité physique, elles sont callipyges de manière impressionnante.

    Il est un peu perdu entre un frère brillant mais de plus en plus enfermé dans ses fantasmes, une mère monstrueuse et la société des êtres humains dont il perçoit déjà toute l'absurdité et le grotesque.

    Déjà il se fait remarquer en portant des petits chapeaux ridicules qui lui donnent l'allure d'un petit vieux.

    L'arrivée des années 60 donne un rythme un peu plus trépidant à ses conquêtes et son absorption de substances illicites.

    Il est partagé entre le dégoût de lui-même, la volupté et l'envie brûlante de continuer à se vautrer dans ses délires fantasmatiques qui vont très loin, suscitant le malaise parfois :

    image prise ci-contre prise ici, tel qu'il se voit avec Aline, son épouse

    15-large.jpgMasturbation monstrueuse, réduction des femmes à de monstrueuses créatures dévorantes des pauvres hommes, quelques courbes et sphères, c'est tout, Crumb n'est pas aussi zen que un de ses héros, « Mister Natural », qui se balade tout nu sans que cela ne lui pose problème, et Crumb est tenté par l'enfer, tout comme « Fritz the Cat », le tout dans le même style saccadé qui apparaît comme « pacifié » depuis quelques temps.

    Il se voit comme le petit homme tremblant de peur, reclus dans un coin de son cerveau, mourant de peur et d'anxiété, de révolte, de colère, de solitude.

    Il voudrait bien être comme les types des pub, ou ceux des peintures de Norman Rockwell, avoir des bonnes joues rouges, ne pas être obligé de porter des "culs de bouteille" pour lire ou dessiner, ne pas avoir la hantise de la folie dans laquelle tombe son frère, qui partageait les mêmes angoisses, et qui se suicide quelques mois après le tournage du film de Terry Zwigoff.

    Et dont il reste persuadé qu'il était plus doué que lui. Charles Crumb dessinait des « comics » lui aussi depuis sa plus tendre enfance, ayant comme son frère la rage de s'exprimer par cet art. Encore maintenant, Robert Crumb ne sort jamais sans son calepin, « croquant » le monde qui l'entoure avec frénésie.

    Ce n'est pas exactement le dessinateur préféré des féministes car il semble penser comme Saint Jérôme que ce que d'autres appellent « l'Origine du Monde » n'est rien d'autres que la « Porte de l'Enfer », tout en aimant bien emprunter souvent cette porte d'ailleurs.

    Puis Crumb s'est marié, une deuxième fois, avec une dessinatrice qui avait « vécu » elle aussi, Aline Kominsky. Ils créent tous les deux « Dirty Laundry », comic où ils racontent tout de leur vie de couple.

    Trouvant un semblant de paix, il a pu commencer à ranger sa collection de vinyles de blues, jouer un peu de musique et rire avec sa fille. Arrivé à un certain âge, il est plus sage de se ranger ou du moins de trouver un équilibre et parler de ses angoisses avec plus de sérénité.

    Du moins, c'est ce qu'il voudrait que l'on croit, car il n'est pas si assagi...

    J'ai toujours lu les comics de Crumb avec beaucoup de passion. Pourtant c'est un grand malade, comme on l'a vu, qui n'a jamais épargné au lecteur la moindre de ses névroses, obsessions ou compulsions.

    Il aide Harvey Pekar à raconter son auto-biographie, à travers ses bandes dessinées et à mon sens il n'y a pas de meilleur guide des années 70.

    Depuis quelques années, il travaillait sur la Genèse, après avoir lancé la réédition de ses premiers albums chez Cornelius. Il a prétendu que c'était un travail rapide pour l'argent, mais y passe six ans.

    Les cul-bénits s'attendent à ce qu'il soit blasphématoire, il est au contraire extrêmement respectueux de la foi, les critiques de bon ton par contre l'auraient souhaité provocateur, ils font la fine bouche (« oui c'est pas mal mais bon, il est trop sage »).

    Crumb redonne en outre aux personnages de la Genèse ce qui leur manque le plus dans l'esprit des lecteurs modernes de la Bible, croyants ou pas :

    Une incarnation, l'Incarnation du Christ est déjà présente en Adam comme le montre Crumb, et une force alors que la Bible semblait de plus en plus intellectualisée, éthérée, dématérialisée.

    Quand Jacob lutte avec l'Ange, ce n'est pas un échange poli de banalités débitées sur un ton monocorde ou d'une voix blanche.

    Il y va de la chair, de l'âme, des tripes de Jacob.

    Les prophètes sont entre Prospéro et le roi Lear, On ressent des évènements le tragique et le dérisoire, ou la grandeur, la beauté, la proximité de Dieu dans l'écriture.

    C'est tout l'esprit des peintures religieuses flamandes que l'on y retrouve, ce mélange de trivial et de mysticisme qui élève tant l'esprit sans le couper du corps. Il y a quelques années déjà, Simon Bisley, dessinateur moins connu, mais tout aussi turbulent, a peint une « Passion » étonnante.

    Quand on vous dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes...

    Crumb a un site officiel

    Quelques articles de presse sur l'exposition en cours

    Ci-dessous, un extrait de "Crumb" de Terry Zwigoff où le dessinateur raconte l'histoire de l'Amérique à sa manière, et un extrait de "Fritz the Cat", adaptation d'une de ses BD les plus populaires

  • Ces haines qui me répugnent

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    dédié si l'on peut dire à Eden, Averell, Hérissons, et d'autres sionistes anonymes (courageux mais pas téméraires) de mes deux juste islamophobes de bas étage et d'autres anti-sionistes en peau de lapin cachant bien mal leur judéophobie ...

    politique,israèl,palestine,société,hypiocrisie,sottiseSur le fil de cet article écrit par Grandgil (à savoir moi-même) des commentateurs qui n'ont peur de rien, ou qui osent tout, c'est selon (cf la définition d'Audiard), comparent l'Islam au nazisme (de la même manière de pseudo partisans des palestiniens comparent la politique israélienne aux menées hitlériennes, ce qui est aussi abscons -abscons comme un balai s'entend).

    Ils s'affirment clairement islamophobes et ne s'assument même pas d'ailleurs. Ce qui est ironique est qu'ils rejoignent dans la même haine répugnante les pseudo anti-sionistes qui sont surtout des judéophobes qui eux non plus n'assument pas, ce qu'on comprend, car la sottise est toujours difficile à assumer il faut dire.

    Quant à moi, si ma réaction de révolte devant les persécutions des chrétiens d'Orient devait me conduire à haïr tous les musulmans, ce serait que les persécuteurs ont gagné et réussi leur coup

    Les uns comme les autres rèvent d'un pays à feu et à sang afin de satisfaire leurs sottises, leur détestation de l'autre contre qui on a toujours une bonne raison pour justifier sa haine abjecte en elle-même. Certains pseudo sionistes osent évoquer la persécution des chrétiens d'Orient dont ils se fichent complètement d'ailleurs, allant jusqu'à prétexter que c'est la faute de ces chrétiens, un peu trop proches des palestiniens, s'ils sont persécutés.

    On leur rappellera aux pseudo sionistes l'épisode de la mosquée de Nazareth où les israéliens étaient d dôté des persécuteurs, ou toutes les vexations que doivent subir les chrétiens de Terre Sainte depuis la première "Intifadah".

    Et il est malheureusement exact que les chrétiens occidentaux eux-mêmes n'en ont rien à foutre pour la plupart de ces chrétiens de langue et de culture arabe pour la plupart, y compris les "laveurs de carreaux" charismatiques tout gentils et pleins de componction, le sourire un peu figé sur leurs visages.

    D'un autre côté, les pseudo sionistes sont prêts à que l'on mette en place des lois d'exception, sans que cela ne leur rappelle des mauvais souvenirs, des mesures coercitives graves, et ne semblent pas comprendre que le fait de montrer clairement son rejet des musulmans ne peut conduire qu'à un peu plus de violence encore.

    Ce qui est ironique est que ces islamophobes se conduisent tout à fait sur le net comme les "racailles" de banlieue qu'ils prétendent dénoncer par ailleurs, voyant déjà la guerre civile à nos portes, tels les bourgeois de monsieur Guizot fantasmaient pareillement sur les "classes dangereuses".

    Tous ces imbéciles sont prêts à souffler sur les braises pour aller jusqu'au conflit, s'en lavant les mains par avance. J'avais déjà vu ça à Jérusalem, les paysages de Judée et du Jourdain, tout en sensualité, en douceur, la douceur de l'air, l'art de vivre et d'accueillir palestinien, sensualité et accueil rencontrés aussi côté israélien vers Tel Aviv et Haïfa, les imbéciles n'en avaient cure, seule comptait leur haine de l'autre, qu'ils comptaient bien assouvir. 

    Tous la portent en sautoir ici ou là-bas, ils n'ont que ça comme arguments de discussion. Car très vite, le malheureux contradicteur se heurte à un repli autiste des uns ou des autres, des injures et autres quolibets voire une psychologisation sauvage du sujet.

    Ci-dessous une réponse que je leur fais en musique gràce à Iggy Pop, soyons pédagogique jusqu'au bout.

  • Panégyrique des emmerdeuses

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    « Les femmes et le bordeaux, je crois que ce sont les deux seules raisons de survivre. »

    e912_480x270_-awi6d.jpgLa seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute – Pierre Desproges, Éditions du Seuil

    image prise ici

    « Misogynie à part, le sage avait raison :

    Il y a les emmerdantes, on en trouve à foison,

    En foule elles se pressent,

    Il y a les emmerdeuses, un peu plus raffinées,

    Et puis, très nettement au-dessus du panier,

    Y a les emmerderesses... » - Georges Brassens, « Misogynie à part »

    Sur un site participatif, un intervenant prétend que les hommes préfèrent les femmes idiotes, les imbéciles peut-être, qui ont peur de se sentir mis en danger par les filles intelligentes, mais je reste persuadé que ce qui fait tout le charme d'une dame ou d'une demoiselle tient justement autant à son joli minois qu'au contenu de sa cervelle.

    J'ai décidé de faire mon « coming out » et de le dire tout de go sans me cacher, j'aime les emmerdeuses, pas n'importe lesquelles me dira-t-on, mais je trouve que les emmerdeuses, à ne pas confondre avec les emmerderesses, ont plus de charme, plus de séduction et de conversation.

    Les modèles d'emmerdeuses charmantes et séduisantes sont légions dans le cinéma et la littérature, elles inspirent les auteurs :

    Calypso, qui ne sait pas ce qu'elle veut, Circé, une emmerdeuse dangereuse, Emma Bovary (à lire un excellent texte de Woody Allen où il rend hommage au personnage qu'il fait venir au XXIème siècle gràce à une armoire normande magique), la Sanseverina dans « la Chartreuse de Parme », Lolita, Audrey Hepburn dans « Breakfast at Tiffany's », Katherine Hepburn dans « African Queen », Ava Gardner dans en particulier « Mogambo », Marylin Monroe dans la plupart de ses films, excepté « The Mistfits » où John Huston et Arthur Miller font d'elle une emmerderesse, Annie Hall bien sûr, et presque toutes les héroïnes de Woody, sans oublier les emmerdeuses télévisuelles inoubliables (d'autres emmerdeuses étant nettement oubliables, comme Clara Sheller).

    Certainement, vais-je être taxé de misogynie par une emmerderesse ou l'autre mais qu'importe.

    Il y a deux sortes d'emmerderesse, la jolie, et la moche :

    La jolie pense que les hommes qui ne songent pas immédiatement à se jeter sur elles pour les violenter sont forcément homosexuels, l'emmerderesse jolie devient pénible à force, la moche pense que tous les hommes sont des salauds et d'affreux phallocrates, et non simplement, qu'elle dispose de peu d'atouts et d'atours.

    Il faut dire que la frontière est très mince entre l'emmerdeuse et l'emmerderesse, l'emmerderesse en est généralement, comme beaucoup de pauvres petites filles riches, à sa quinzième année de thérapie, pour tenter une typologie, elle a un problème avec son complexe d'Électre et quelques névroses sous-jacentes et distinguées. Bien que sa mère se soit toujours conduite avec elle en copine, elle est en conflit ouvert avec et porte son père aux nues, ou bien l'inverse, toujours dans un drôle de rapport amour/haine à ses géniteurs.

    L'emmerderesse a l'univers qui tourne autour de son nombril, et de son égo, qui malgré tout ce qu'elle prétend, est considérable.

    La pauvre n'est pas aidée la plupart du temps par des parents qui après avoir « fait 68 » ont pensé pouvoir continuer à révolutionner les mœurs en couchant à droite à gauche sans culpabilité (surtout pas de culpabilité) et en remplaçant l'éducation et l'affection données auparavant à leur progéniture par un hyper-laxisme de bon aloi.

    Bien souvent, elle finit hyper-liftée et bronzée été comme hiver, au bras d'un type plus vieux qu'elle qui a du pognon en masse qui sait très bien à quoi s'en tenir sur les sentiments de sa femme, ou d'une autre femme (soyons moderne) autoritaire et paternelle avec elle, ce qui lui permet alors de se mettre en valeur de se réclamer du nadir du progrès des consciences.

    L'emmerdeuse n'a pas autant de problèmes psychologiques, au fond elle profite souvent abusivement de sa position de jolie femme, et, ou, de son charme.

    Ainsi, comme elle sait qu'on lui pardonne aisément, elle arrive systématiquement en retard aux rendez-vous, quand elle propose à l'homme de l'accompagner, ce n'est pas seulement pour demander son avis au mâle, c'est surtout pour qu'il se laisse convaincre de porter les paquets sans râler, car tout un après-midi dans les magasins finit par faire lourd dans les bras. Elle est tout le temps en plein régime, ou du moins elle « fait attention », et pourtant quand elle a des envies gourmandes, elle cède immédiatement.

    Tout ce qui fait pourquoi l'homme l'aime en définitive, cette addition de petits -tout petits- défauts.