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Panégyrique des emmerdeuses

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« Les femmes et le bordeaux, je crois que ce sont les deux seules raisons de survivre. »

e912_480x270_-awi6d.jpgLa seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute – Pierre Desproges, Éditions du Seuil

image prise ici

« Misogynie à part, le sage avait raison :

Il y a les emmerdantes, on en trouve à foison,

En foule elles se pressent,

Il y a les emmerdeuses, un peu plus raffinées,

Et puis, très nettement au-dessus du panier,

Y a les emmerderesses... » - Georges Brassens, « Misogynie à part »

Sur un site participatif, un intervenant prétend que les hommes préfèrent les femmes idiotes, les imbéciles peut-être, qui ont peur de se sentir mis en danger par les filles intelligentes, mais je reste persuadé que ce qui fait tout le charme d'une dame ou d'une demoiselle tient justement autant à son joli minois qu'au contenu de sa cervelle.

J'ai décidé de faire mon « coming out » et de le dire tout de go sans me cacher, j'aime les emmerdeuses, pas n'importe lesquelles me dira-t-on, mais je trouve que les emmerdeuses, à ne pas confondre avec les emmerderesses, ont plus de charme, plus de séduction et de conversation.

Les modèles d'emmerdeuses charmantes et séduisantes sont légions dans le cinéma et la littérature, elles inspirent les auteurs :

Calypso, qui ne sait pas ce qu'elle veut, Circé, une emmerdeuse dangereuse, Emma Bovary (à lire un excellent texte de Woody Allen où il rend hommage au personnage qu'il fait venir au XXIème siècle gràce à une armoire normande magique), la Sanseverina dans « la Chartreuse de Parme », Lolita, Audrey Hepburn dans « Breakfast at Tiffany's », Katherine Hepburn dans « African Queen », Ava Gardner dans en particulier « Mogambo », Marylin Monroe dans la plupart de ses films, excepté « The Mistfits » où John Huston et Arthur Miller font d'elle une emmerderesse, Annie Hall bien sûr, et presque toutes les héroïnes de Woody, sans oublier les emmerdeuses télévisuelles inoubliables (d'autres emmerdeuses étant nettement oubliables, comme Clara Sheller).

Certainement, vais-je être taxé de misogynie par une emmerderesse ou l'autre mais qu'importe.

Il y a deux sortes d'emmerderesse, la jolie, et la moche :

La jolie pense que les hommes qui ne songent pas immédiatement à se jeter sur elles pour les violenter sont forcément homosexuels, l'emmerderesse jolie devient pénible à force, la moche pense que tous les hommes sont des salauds et d'affreux phallocrates, et non simplement, qu'elle dispose de peu d'atouts et d'atours.

Il faut dire que la frontière est très mince entre l'emmerdeuse et l'emmerderesse, l'emmerderesse en est généralement, comme beaucoup de pauvres petites filles riches, à sa quinzième année de thérapie, pour tenter une typologie, elle a un problème avec son complexe d'Électre et quelques névroses sous-jacentes et distinguées. Bien que sa mère se soit toujours conduite avec elle en copine, elle est en conflit ouvert avec et porte son père aux nues, ou bien l'inverse, toujours dans un drôle de rapport amour/haine à ses géniteurs.

L'emmerderesse a l'univers qui tourne autour de son nombril, et de son égo, qui malgré tout ce qu'elle prétend, est considérable.

La pauvre n'est pas aidée la plupart du temps par des parents qui après avoir « fait 68 » ont pensé pouvoir continuer à révolutionner les mœurs en couchant à droite à gauche sans culpabilité (surtout pas de culpabilité) et en remplaçant l'éducation et l'affection données auparavant à leur progéniture par un hyper-laxisme de bon aloi.

Bien souvent, elle finit hyper-liftée et bronzée été comme hiver, au bras d'un type plus vieux qu'elle qui a du pognon en masse qui sait très bien à quoi s'en tenir sur les sentiments de sa femme, ou d'une autre femme (soyons moderne) autoritaire et paternelle avec elle, ce qui lui permet alors de se mettre en valeur de se réclamer du nadir du progrès des consciences.

L'emmerdeuse n'a pas autant de problèmes psychologiques, au fond elle profite souvent abusivement de sa position de jolie femme, et, ou, de son charme.

Ainsi, comme elle sait qu'on lui pardonne aisément, elle arrive systématiquement en retard aux rendez-vous, quand elle propose à l'homme de l'accompagner, ce n'est pas seulement pour demander son avis au mâle, c'est surtout pour qu'il se laisse convaincre de porter les paquets sans râler, car tout un après-midi dans les magasins finit par faire lourd dans les bras. Elle est tout le temps en plein régime, ou du moins elle « fait attention », et pourtant quand elle a des envies gourmandes, elle cède immédiatement.

Tout ce qui fait pourquoi l'homme l'aime en définitive, cette addition de petits -tout petits- défauts.

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