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  • Recettes de bonheur égoïste

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    Aussi sur Agoravox

    « Le monde est peuplé d'imbéciles qui se battent contre des demeurés pour sauvegarder une société absurde »

    dialogue de Jean Yanne dans « Moi y'en a vouloir des sous »

    affiche prise ici

    1824385539.jpgNotre époque est très paradoxale, d'un côté elle prône la liberté totale de l'expression des idées, des sentiments, des buts de vie, met en avant un hédonisme de supermarché poussé à son paroxysme, et de l'autre il n'y a jamais eu autant de donneurs de leçons de sens et de bons sentiments, de recettes réputées immanquables, tel Frédéric Lenoir et « l'âme du monde » pour réussir sa vie et lui donner un sens en se basant sur un syncrétisme superficiel qui arrange car il ne fait qu'encourager la tendance actuelle des personnes au narcissisme :

    Deux doigts de sentimentalisme, quelques doses de clichés sur le bouddhisme, le yoga, et la méditation, un peu de larmes de crocodiles sur les pauvres et les étrangers, (qui sont toujours les pauvres et les étrangers lointains, ceux qui sont sur le seuil de l'immeuble ou de la maison, on n'en a que faire), un zeste de développement durable et quelques achats dits « équitables », et beaucoup d'individualisme égoïste et sans culpabilité, surtout pas de culpabilité, ce qui est la plus grande peur du bourgeois et petit bourgeois actuel, qui croient pouvoir s'acheter une conscience en donnant une fois par an pour les « chtits gnenfants » myopathes, les « chtits gnenfants » du Tiers Monde, et en lisant en hiver deux ou trois articles sur les pauvres qui meurent dans la rue (pas en été s'il faut en croire les médias), etc...

    Mélangez bien, même si c'est un peu fade, ça conviendra.

    La spiritualité n'engage à rien, ne force à aucune exigence intellectuelle de réflexion et d'introspection, c'est juste une gymnastique mentale favorisant une hygiène de vie personnelle aux yeux de ceux qui la pratiquent, sans aucun souci de ce que cela devrait impliquer de sens de l'autre.

    Ce qui est pratique pour les personnes médiocres ou n'ayant pas beaucoup de capacités intellectuelles est que le coaching de vie de ce genre est une aubaine, tout le monde peut s'improviser « coach spirituel », il suffit d'énoncer quelques lieux communs psychologisants d'un air convaincu et le tour est joué.

    Cette pseudo recherche de sens se double d'un désir apparent de moralisation de la vie publique et de la société dans son ensemble, procédant d'une morale étroite, vaguement humanitariste, procédant très lointainement des admirateurs révolutionnaires de la Vertu républicaine, ce qui consiste surtout aujourd'hui en quelques clichés et lieux communs tout en évidences commodes :

    La violence c'est mal, le racisme c'est pas bien, les dictateurs, ils sont méchants, les catholiques sont intégristes s'il leur prend de s'exprimer, et être bourgeois et matériellement favorisés, c'est un sentiment et non un état de fait objectif.

    Et Bernanos dans cette phrase, tirée de « la France contre les robots », le résume bien :

    « Il y a du mérite à penser. Un plus grand mérite encore à bien penser. Là où le Bien-Pensant prête à rire, c’est qu’il ne tient que de lui-même ce brevet du Bien-Penser. Comme le Mondain, son frère frivole, déclare avec un irrésistible mouvement du menton que "ça ne se fait pas", lui décide que "ça ne se pense pas" et reste perché sur cette affirmation sans preuves avec la gravité du condor sur la plus haute cime des Andes. »

    Bien sûr, quant à ce désir de morale, ce qui compte surtout, ce ne sont pas vraiment les idées mais la posture et les faux semblants, l'image que l'on donne de soi même si cette image est fausse.

    Sarkozy n'avait pas compris ce désir apparent de moralisation de la vie politique et il a multiplié les symboles mauvais aux yeux du pékin moyen, n'a finalement pas réfléchi aux conséquences en allant au « Fouquet's », qui n'a plus rien d'un lieu honorable ou chic d'ailleurs, on y trouve surtout des retraitées tirées (liftées veux-je dire) et des touristes japonais, sur le yacht de Bolloré.

    Le nouveau président a parfaitement compris que les symboles singeant la moralisation étaient fondamentaux, même si tout le monde sait que cela lui arrive de manger de temps en temps chez « le Laurent », bien plus « sélect », avec BHL le philosophe « low cost ».

    Tous oublient la plupart du temps que la morale en politique n'a aucun sens, et surtout ce qui en tient actuellement, cette bouillie tiède suraffective consistant surtout en divers indignations qui ne mènent à rien de concret. Un politique peut très bien ne pas du tout se conformer à celle-ci et faire beaucoup plus de bien à son pays qu'un bon apôtre aux discours lénifiants.

    L'enfer est pavé de bonnes intentions, actuellement on se contente d'une politique très affective, totalement irrationnelle, une indignation qui ne mène à rien.

    C'est bien gentil de dire, les dictateurs y sont méchants, ça satisfait l'égo, mais après ?

    On fait quoi ?

    Je me souviens de personnes bien intentionnées en Palestine qui venaient jouer aux cow boys et aux indiens, et qui après avoir bien bouté le feu sous la cendre rentraient bien tranquillement dans leurs pénates sans aucune culpabilité et aucun remords de leurs actions entrainant un peu plus de violence et de haine.


    Le bonheur! par LisaGirls

  • Bernanos encore un peu

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    Bernanos encore une fois d'actualité
    une méditation du grand d'Espagne Bernanos écrite au milieu du 20eme siècle et qui n’a pas pris une ride
    bernanos.jpg"Depuis que la Commission des Scandales siège en permanence, le cynisme ne se porte plus, l’honnêteté revient à la mode, et avec elle une espèce d’hommes jadis assez diffamés qu’on voit d’ailleurs pulluler, par un curieux paradoxe, sur toutes les sociétés en décadence... lorsqu’elles ont perdu jusqu’au courage de leurs vices. Louis Veuillot les appelait autrefois "les respectueux". Nous les nommons plus volontiers aujourd’hui "les Bien-Pensants". Il y a du mérite à penser. Un plus grand mérite encore à bien penser. Là où le Bien-Pensant prête à rire, c’est qu’il ne tient que de lui-même ce brevet du Bien-Penser. Comme le Mondain, son frère frivole, déclare avec un irrésistible mouvement du menton que "ça ne se fait pas", lui décide que "ça ne se pense pas" et reste perché sur cette affirmation sans preuves avec la gravité du condor sur la plus haute cime des Andes."
    L'article de Grandgil sur "l'église morale" sur Antidoxe
    photo de Bernanos prise sur le site de Maurice Pialat, autre écorché vif, qui a réalisé une des meilleures adaptations de Bernanos avec "Sous le Soleil de Satan" dont il a eu une compréhension immédiate.

  • Zemmour victime collatérale de la gauche "olfactive"

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    Sur Agoravox aussi

    Zemmour a été licencié de RTL et privé de sa chronique quotidienne après un texte considéré comme raciste et misogyne sur madame Taubira par le MRAP. Plutôt que de demander la censure immédiate du discours qui gêne, ne serait-il pas plus judicieux d'argumenter avec lui ?

    image prise ici sur le blog d'AliciaBX

    zemmour+taubira.jpgEt plus efficace contre le racisme, le vrai.

    Cela inspire quelques réflexions sur la « moraline » (ce terme de Nietzsche définissant la morale mièvre de son époque) « moraline » à haute dose qui risque d'être déversée un peu plus chaque jour sous ce pontificat de saint François Hollande, pardon sous la présidence Hollande, déjà sanctifié un peu partout dans la presse, y compris de droite, montré comme tellement sympathique et simple que c'en est à peine possible.

    Donc quand on dit qu'un blanc est con, Desproges le disait déjà il y a vingt-cinq ans, ce n'est pas raciste.

    Il faut admettre que parfois même c'est vrai.

    Comme pour tout être humain.

    Il faut admettre.

    Quand on dit qu'une personne d'origine africaine est conne, c'est raciste par contre, bien que par ailleurs les personnes d'origine africaine partagent les travers de toute l'humaine espèce.

    Dire qu'un ministre qui est d'origine africaine est incompétent sans pour autant insinuer que cela provient de ses racines, c'est également être raciste. On sait pourtant que les ministres sont souvent incompétents quelles que soient leurs provenances . 

    Quand on dit que quelqu'un de culture et de religion musulmanes est stupide, c'est également raciste, y compris lorsque cela ne vise pas implicitement sa religion ou sa culture de dire qu'elle est stupide, c'est là encore juste constater qu'elle appartient à l'espèce des « homo sapiens » qui sont loin d'être tous dotés des mêmes capacités de réflexion et de compréhension.

    Idem quant aux êtres humains de confession juive, là il s'agit d'évoquer le risque de « retour des fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) Vichy, Pétain et tout le saint frusquin habituel de l'indignation sélective en kit.

    A la rigueur, est-il plus ou moins toléré que l'on évoque le fait que l'on se moque des « sionistes », dans ce cas on parlera de provocation « épicée », à condition bien sûr que le « rigolo » plaisantant sur ce sujet n'aille pas trop loin dans l'expression de ce qui est parfois un antisémitisme mal déguisé, dont les « antisionistes » se défendent généralement avec une telle hâte suspecte qu'on leur conseillerait d'éviter ne serait-ce que par simple bon sens.

    Par contre, exception qui confirme la règle, on a visiblement le droit de sortir des blagues à la limite du racisme, parfois bien dépassée, la limite, sur les gens ayant des racines asiatiques, c'est moins grave.

    On a le droit aussi de dire qu'un asiatique est con sans trop de risques que l'on évoque la stigmatisation immédiate. Si j'osais, je dirais que cela fait « rire jaune » mais ce serait trop malséant de s'y risquer.

    Selon la « doxa » engendrée par la « moraline », seuls les blancs sont racistes, en particulier les catholiques qui affirment un peu trop qu'ils le sont. Les autres, on leur demande surtout d'être dans l’auto-flagellation continuelle et le masochisme mémoriel constant.

    Une personne d'origine africaine ou arabe ou de confession juive ne peut être raciste, ce n'est pas possible, ça ne se peut pas, alors que dans l'une ou l'autre des communautés de la mosaïque qui compose notre belle France moderne et multiculturelle, il y a de solides inimitiés et haines, ne serait-ce qu'entre différentes ethnies de la même communauté.

    Dire que des musulmans se sont également laissés aller à pratiquer la traite des esclaves, j'ai choisi un lien le plus objectif possible, ce qui est avéré par de nombreux travaux universitaires, ce serait risquer de stigmatiser une communauté, donc même si cela a existé il ne faut pas en parler, comme si d'ailleurs l'on considérait que cette communauté susdite ne faisait pas vraiment partie de l'humaine espèce en somme.

    Reconnaissons aux antisionistes, aux vrais, aux sincères, un fait avéré, dés que l'on ose critiquer la politique d'Israël au même titre que n'importe quel autre état, on est aussitôt soupçonné de complaisance pour le nazisme dans un repli autiste de commentateurs qui sont souvent et sionistes affirmés et islamophobes, surtout islamophobes pour certains d'entre eux, ce qui revient à ce que la haine en somme est en circuit fermé.

    Cette gauche « olfactive » évoquée par Elisabeth Lévy dans de nombreux médias, disciple de la gauche « morale », c'est tout le problème que je ne signalais en introduction ne veut pas argumenter, et raisonner, elle fonctionne exactement comme une église avec ses prophètes (saint Stéphane Hessel), ses missionnaires ardents, ses disciples qui se conduisent en convertis enthousiastes, ses inquisiteurs aussi, officiels et reconnus, ou alors improvisés.

    Cette église jette des anathèmes, des malédictions, sur qui ne se conforme pas à ses diktats sans réfléchir, bâtis uniquement sur sa propre conviction qu'elle est infaillible car du côté du Bien et de la Morale.

    Comme Vialatte le faisait dans ses chroniques, et pour lui rendre un petit hommage en passant concluons en affirmant bien haut que et « c'est ainsi qu'Allah est grand ! » (à noter quand même que le recueil des chroniques du grand Alexandre paru sous le titre « Et c'est ainsi qu'Allah est grand » en Pocket est introuvable pour je ne sais quelles obscures raisons ?

    Serait-ce le titre ? Je ne puis le croire...

  • De la nécessité d'éviter malgré tout l'anti-hollandisme

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    Déjà sur Agoravox

    Depuis que Sarkozy n'est plus président, les anti-sarkozistes de profession sont en deuil et ont perdu une partie de leur gagne-pain. Ils se raccrochent encore aux branches, aux miettes éparses, à quelques bribes d'attaques personnelles et abjectes à son encontre, mais on sent bien que le cœur et l'envie n'y sont plus.

    photo prise ici sur le site du "Nouvel Obs"

    0561333535062.jpgPar contre, en réaction, certains pensent qu'il est utile de se lancer dans un même genre d'acharnement contre Hollande, parfois tout aussi débile que contre Sarkozy, j'ai en mémoire cette photo qui a circulé largement sur les réseaux sociaux montrant Hollande regardant sa montre (dont le cadran était à l'envers), et particulièrement cette réflexion d'une internaute trouvant débile qu'il regarde l'heure là-dessus alors qu'il aurait dû le faire selon elle sur son portable.

    C'est du niveau zéro de la politique, non ?

    De même que penser que Hollande c'est Robin des bois et la droite les sbires du Prince Jean, ou que les personnes de droite sont forcément richissimes, qu'il n'y a pas de bourgeois de gauche etc...

    Il faut dire qu'après tout, l'envie n'en manque pas, de se défouler, cette gauche morale qui se pose en gardienne de la République est suffisamment agaçante pour que l'on ait envie de lui rendre un peu de la monnaie de sa pièce.

    Et il serait quand même constructif que Hollande définisse sa politique personnelle sans se référer constamment à des comparaisons avec son prédécesseur.

    Seulement voilà, la maison brûle et nous regardons ailleurs, nous laissant aller à des chamailleries finalement infantiles, et des conflits idéologiques hors d'âge (que ce soit du côté libéral ou marxisant), alors que le contexte actuel est des plus graves et que ce qui arrive en Grèce, ne serait-ce que l'affolement bien compréhensible des clients des banques qui vident leurs comptes, et aussi en Espagne, des dizaines de plans sociaux, ou en Italie, où est appliqué une rigueur qui tira des larmes à l'une de ses instigatrices mêmes, aura forcément des répercussions en France du fait de cette mondialisation que la plupart des idéologues appellent de leurs vœux depuis une soixantaine d'années, encore hier hélas lors du Conseil des 27 où l'on nous assure que finalement le problème est qu'il n'y a pas encore assez d'Europe en définitive, d'Europe libérale et monétariste s'entend.

    L'heure est venue d'un certain empirisme ou d'un empirisme certain plutôt.

    Il n'y a de toutes façons pas trente-six politiques à mener. Je trouve qu'il est appréciable d'entendre le président Hollande demander à ces collègues européens de doser la durée de leurs interventions, ce qui ralentit des débats déjà plombés par le fonctionnement sur-bureaucratique de l'Union Européenne qui est surtout, pour le moment, une construction de technocrates.

    Le « pacte de croissance », s'il est suivi d'applications concrètes, et si on en échange on ne demande pas aux états de perdre un peu plus de leur souveraineté, est au moins une base de discussion contre l'emprise des marchés sur le « vieux continent », raison pour laquelle il serait peut-être malvenu et contradictoire d'imposer un peu plus les petits épargnants de la classe moyenne en France.

    Je cite un blogueur de « Le Monde.fr » :

    « M. Hollande table sur 4,5 milliards de recettes fiscales supplémentaires grâce à une taxation accrue des revenus de l’épargne. Or, fait valoir M. Carrez, l’imposition des dividendes et intérêts ne peut aller au-delà de 2,5 milliards, le reste ne peut-être pris que sur l’épargne des ménages, en particulier l’assurance-vie, ce que le socialiste Michel Sapin, en charge du projet, avait confirmé avant d’être démenti."

    et aussi [...]la suppression annoncée par le candidat socialiste de la détaxation des heures supplémentaires rapporterait 4,2 milliards mais elle priverait les contribuables modestes qui en bénéficient, de 432 euros de plus par an en moyenne. Au total, et compte tenu des marges de manœuvre limitées sur l’imposition des plus aisés qui acquittent déjà 64% de l’IR »

    Et le « pacte de croissance » ne vaudra rien sans la mutualisation de la dette européenne et la mise en place des Euro-Bonds qui donneraient une nouvelle cohérence à la politique de l'Union. C'est là que le nouveau président doit s'affirmer, loin des bonnes intentions utopistes, et des rodomontades des uns ou des autres, et en arrêtant de définir sa politique « a contrario » par rapport à Sarkozy.

  • Héros cynique pour une société masochiste - le dernier épisode de "Docteur Hosue"

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    dr-house-saison-8-photo.jpg

    Sur Agoravox aussi

    photo promo de la saison 8 prise ici

    Le 21 Mai c'était le dernier épisode de la huitième saison de « Docteur House » aux États Unis, un médecin cynique, caustique, misanthrope, arrogant, qui ne croit pas en grand chose à première vue sauf dans la vérité des faits, l'intégrité et la rationalité, et néanmoins capable d'humour, se permettant des blagues très politiquement incorrectes, et d'amour, un homme blessé surtout. Des personnes blessées, il est d'usage de surtout retenir leur mordant, leur ironie, et de feindre de ne pas voir leur blessure, pour se donner une excuse pour ne pas les aider dans notre monde tel qu'il est.

     Et c'est un cynique au sens réel du terme, à savoir quelqu'un qui ne respecte absolument les règles de bienséance sociale en vigueur afin de maintenir un certain « statu quo » qui permet aux uns et aux autres de continuer à ne surtout pas voir en face leurs petitesses ou leur propre médiocrité.

     La plupart des êtres humains aiment bien les cyniques comme House, ou les types caustiques qui mettent à nu les hypocrites ou les Tartuffes au cinéma, ou à la télévision, dans la vie, ils détestent, et ont horreur que qui que ce soit remette en cause leurs certitudes. Mais qu'un autre le fasse à leur place leur sied parfaitement.

     C'est assez paradoxal, car ils apprécient aussi toute sorte de fictions qu'ils prennent pour le réel dans la vie quotidienne, la fiction étant plus confortable que la réalité.

     Cela a toujours existé, mais les choses ont tendance à s'aggraver du fait de la virtualisation des rapports humains, virtualisation auxquelles peu trouve finalement à redire, ne voyant aucune différence entre une conversation par voie informatique et une autre avec la personne en face, ce qui n'a bien sûr rien à voir.

     La tentation assez forte actuellement c'est aussi de nier la nature humaine elle-même, et de croire qu'il y a des recettes miracles pour atteindre au bonheur, ce que certains individus bien intentionnés pour la plupart se croient autorisés à dispenser aux autres, tout en accusant les spiritualités traditionnelles d'ailleurs d'être arbitraires.

     C'est un anti-héros absolu et pourtant c'est devenu en huit ans un des personnages les plus populaires de la télévision.

     Il finit par partir sur les routes droit devant lui avec son seul ami, Wilson, pour profiter des derniers mois qui restent à vivre à celui-ci.

     On pouvait trouver ça curieux et pourtant c'est logique. C'est comme si notre société aimait bien avoir mal, qu'on lui dise la vérité même à travers des personnages de fiction qui souvent en savent plus en somme sur notre manière de vivre que bien des penseurs médiatiques et des scientifiques compassés.

     Dans le feuilleton « House M.D. » ce n'était pas exactement les énigmes médicales qui étaient le plus intéressant pour les scénaristes, les acteurs ou les spectateurs mais finalement le problème humain posé chaque semaine, le puzzle psychologique autour d'un personnage, largement plus intéressant, et ceci à travers différents thèmes :

     L'argent, le culte de l'apparence, la sexualité en général, les rapports dans un couple, l'homosexualité, comment définir la réussite dans notre monde etc..

     Ce que faisait House et son équipe ce n'était pas seulement résoudre des cas médicaux qui finalement tenaient plus de l'anecdote dramatisée à outrance que d'arracher les faux-semblants, de démasquer les mensonges sur eux-mêmes, parfois faits en toute bonne conscience par des malades qui pensaient que cela les protège.

     Pour se faire le « héros » de la série employait des procédés assez rudes dérivés de la méthode socratique qui consiste à montrer brutalement aux personnes leurs contradictions, qui sont souvent malheureusement d'une grande banalité, partant du principe que toutes vérité est bonne à dire, à commencer par celles qui font mal, House s'appliquant cette méthode à lui-même car se connaissant lui-même parfaitement et sachant très bien quels sont ses faiblesses.

     Le fait que tout cela soit aussi populaire montre que finalement notre société sait pertinemment que les rapports humains au sein du grand Barnum consumériste qui est notre monde sont la plupart du temps bâtis sur des leurres et sur diverses postures que nous pensons flatteuses, que nos valeurs modernes réputées moins arbitraires, plus libres et plus faciles à vivre sont finalement juste un peu plus hypocrites.

     Si l'auteur de ces lignes, dont il paraît que la dissemblance la plus importante avec le personnage est qu'il se déplace sans l'aide d'une canne, a écrit cet article c'est qu'il a tout de suite apprécié le postulat de départ de cette série, qui même si elle est assez platement filmée, et qu'il y a peut-être une ou deux saison en trop, explore ou du moins essaie d'explorer tout ce qui est humain dont rien ne devrait être étranger à personne.


    generique DR house par _titounet_

  • De Kerouac et quelques platitudes

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    « Qu'est-ce que ça peut faire, où on vous met quand vous êtes mort? Dans un puisard dégueulasse ou dans un mausolée de marbre au sommet d'une grande colline? Vous êtes mort, vous dormez du grand sommeil... vous vous en foutez, de ces choses-là... le pétrole, l'eau, c'est de l'air et du vent pour vous... »

    (Raymond Chandler - « Le Grand Sommeil », 1939)

    littérature, déboulonnage d'idoles, Amérique, politique, sociétéJ'échange sans problèmes tous les écrits de Kerouac qui font pâle figure en miroir de ces quelques lignes.

    Kerouac, le premier de la « Beat Generation » (voir photo ci-contre) et le créateur du terme, revient à la mode avec le film inspiré de son roman « Sur la Route », réalisé par Walter Salles caution « auteurisante » du projet, présenté à Cannes dans lequel jouent une ou deux vedettes pour jeunes, faisant là leur premier film sérieux pour les critiques, et produit par Coppola.

    C'est logique au fond. Notre société est à la fois fascinée par sa propre destruction et ses rebelles, des rebelles qui permettent de se trouver des alibis d'égrener quelques platitudes certes sympathiques, fraîches, mais des platitudes tout de même.

    A notre époque où le jeunisme est roi, et l'adulescent, et sa crise post-pubertaire qui dure quasiment toute sa vie, le roi du monde, devenir adulte considéré comme une malédiction, bien sûr, je vais passer pour un méchant à dire ça, mais qu'importe, Kerouac est en plein dans les préjugés rythmant les opinions dans le vent encore en 2012.

    Tout adolescent ou adulescent qui ne balance pas une ou deux de ce genre de platitudes est considéré comme grégaire et conformiste alors que c'est plutôt l'inverse.

    Les transgressions décrites dans son livre paraissent maintenant bien fades dans une société où les interdits moraux ont à peu près tous disparu car ils entravent la consommation des choses et des corps.

    Greil Marcus le dit aussi dans « Lipstick Traces », l'anarchie que réclame les punks, la libération des désirs que demande à hauts cris les rebelles « beatniks » ou Rock, le tout sert surtout le pouvoir des marchés et leur mainmise, tout ce qui incite à un individualisme forcené et surtout narcissique étant bon à prendre.

    Ce qui est à noter est que même si elle paraît apparemment plus libre, au fond la société américaine actuelle (tout comme l'occidentale dans son ensemble) est aussi puritaine qu'à l'époque de la rédaction du roman, tout le monde pouvant donner libre cours à l'assouvissement de ses pulsions à condition de laisser le voisin tranquille et de le faire en cercle fermé.

    En 2012, les adolescents américains en passe de devenir adultes sont rares à partir sur les routes « like a hobo » (dont le personnage principal du livre partage l'existence, un « hobo » étant un travailleur manuel nomade, après la Crise de 29, qui vend sa force de travail dans les villes qu'il traverse) mais la plupart s'adonnent aux mêmes plaisirs que les personnages de Kerouac pendant les « Springbreaks » et autres fêtes défouloirs permises par le système pour que les jeunes évacuent tout le poids de l'allégeance que par ailleurs ils accordent sans se poser de questions à la société telle qu'elle est.

    La société libérale-libertaire actuelle est juste un tout petit plus hypocrite en somme.

    J'ai lu Kerouac il y a longtemps, ce n'est pas l'auteur de la « Beat Generation » qui est le plus intéressant littérairement, et au fond le plus transgressif contrairement à William Burroughs, « Old Bull Lee » dans « Sur la route ». Allen Ginsberg, Carlo Marx dans le livre.

    Curieusement, la « transgression » des tabous de Kerouac s'arrête à raconter ce qui l'aurait été vraiment, en son temps, à savoir ses penchants homosexuels, ce qu'ont fait Ginsberg et Burroughs, le second plus finement que le premier pour qui ça a consisté à réciter des vers de mirlitons de sa composition en sautillant tout nu devant un public acquis pour peu que l'on fasse un peu d'épate-bourgeois, et sombrer vers la fin dans un mysticisme syncrétisant.

    (Rien que le fait d'imaginer la scène et le ballotement de certaines parties de son anatomie rend cela d'un coup beaucoup moins romanesque et révolté).

    Il y a toute la mythologie autour de l'écriture du roman, rédigé quasiment au fil de la plume sur un gigantesque rouleau de papier pour ne pas perdre un instant de l'inspiration jaillissante de Kerouac qui aurait écrit comme en transe, ce qui a fait croire à de nombreux jeunes auteurs en herbe qui ont suivi que leurs écrits étaient forcément géniaux ou intéressants car d'un premier jet réputé plus inspiré.

    Je suis toujours un peu gêné devant cette légende qui finalement correspond au cliché petit bourgeois sur la littérature qui ne serait pas vraiment un travail de longue haleine, mais forcément un divertissement d'inadaptés sociaux, et surtout pas un enjeu existentiel qui implique un rien d'exigence voire d'ascèse.

    D'ailleurs, Kerouac fût obligé de retravailler son manuscrit pour qu'il soit édité. Il se remit pas vraiment de l'énorme succès de son livre.

    A partir de là, devenu rebelle officiel -riche- et célèbre, icône du grand Barnum spectaculaire, il finit par se tourner vers le bouddhisme, un bouddhisme de mode, considéré plus sous l'angle de la gymnastique mentale personnelle, du « coaching » en somme que comme une véritable spiritualité.

    N'importe quel trader, n'importe quel jeune diplômé, petit employé, bureaucrate grisaillant, a souvent rêvé de laisser tout tomber, d'aller jouer de la guitare tout nu au bord de la mer, et de partir sur la route comme Sal Paradise et Dean, les héros du livre. Bien sûr, une fois le rêve passé, ils n'y donnent jamais corps, et se donnent des excuses, des alibis.

    Il existe des livres et auteurs américains sur l'inadaptation beaucoup plus intéressants et mieux écrits que celui de Kerouac, plus radicaux, mais qui sont beaucoup moins souvent cités :

    « La Conjuration des imbéciles », roman picaresque, drôle, tragique, grotesque et profond, de John Kennedy Toole, grand écrivain hypersensible et persuadé d'être un raté qui a fini par se suicider, l'histoire d'Ignatius J. Reilly, et aussi « Au-dessous du Volcan » de Malcolm Lowry suivant les tribulations d'un consul alcoolique, mourant et désespérément amoureux, perdu dans les méandres de ses souvenirs et de ce qui le hante, chef-d'œuvre malade et passionnant aux ramifications allant beaucoup plus loin que celles de « Sur la Route ».

    Le consul pieds nus dans ses chaussures essaie de faire bonne mesure du mieux qu'il peut, mais l'amour de sa femme, l'impossibilité de l'amour fou symbolisée par le roc de la "Despedida" se rappellent sans cesse à lui jusqu'à la fin.

    Dans le livre, j’ai goûté au mescal grâce au consul et avec lui on découvre que l’amour passionnel est une illusion impossible, un leurre qui fait que deux personnes croient qu’elles se donnent alors que bien souvent elles essaient de contempler un reflet chez l'autre. L’écriture de Lowry est prenante d'un bout à l'autre. Les imbéciles et les esprits étriqués (pléonasme) n'y verront que l'histoire d'un alcoolique. Le consul, considéré comme un raté, a l'avantage majeur de savoir que tout n'est qu'apparence.

    littérature, déboulonnage d'idoles, Amérique, politique, sociétéEnfin, puisqu'il est question de littérature éthylique, citons Bukovski. (voir photo ci-contre)

    La misère mène toujours à un voyage au bout de la nuit, au bout d'un tunnel, sans fin, parsemé d'archanges grotesques, d'anges du bizarre, d'alcool, de bitures et de destruction, de filles dont ils tombent toujours amoureux aussi vite qu'ils les quittent. Ce livre, composé de fragments de tous ses livres, romans et poèmes, explique pourquoi l'auteur a vécu le tout, l'origine du tout est son enfance comme beaucoup d'autres grands brûlés de l'existence. Loin de la littérature trop polie, trop honnête, Bukowski ne fait que montrer sa misère, mais la vraie misère.

    Il est aussi à mi-chemin entre Céline et Dostoïevski convaincu des faiblesses de l'humaine nature et sachant également que le plus important est ce que l'autre donne, ce qu'il apporte.

    On pourrait s'arrêter à cela et sombrer dans le pathos et le cliché de l'écrivain en dérive, du génie méconnu trop longtemps parce que trop original ; c'est l'argument massue de tous les minables qui cherchent absolument le succès ou la célébrité, rechercher cette célébrité le plus souvent même pour du rien, du néant, de la vacuité intersidérale, parce que comme on ne croit en rien d'autres, ça donne l'impression de survivre après le retour à la glèbe après la mort, ceci que le cercueil soit plaqué or ou pas. Bukovski se fout des idéologies et de l'engagement, il sait très bien que c'est souvent une mascarade, une farce macabre.

  • Adresse à un/e petit/e malin/e

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    41591_401838291538_6604566_n.jpgUn/e petit/e malin/e a perdu un temps fou visiblement hier soir pour m'abonner à une trentaine de niouzeletters de divers sites gays et lesbiens. Je m'étonne toujours qu'il y ait des esprits assez malades pour perdre du temps à ça, ce qui témoigne ici chez le/la petit/e malin/e qui a fait ça d'une homosexualité latente inavouée ou honteuse.

    Ce n'est pas la première fois, que j'y ai droit des pseudo anti-sionistes m'ont abonné à divers publications fondamentalistes musulmanes comme d'autres, sionistes radicaux...

    Comme dirait monsieur Fernand, celui qu'aurait jamais dû quitter Montauban : "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait". 

  • L'éducation commence en famille, se termine à l'école

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    Aussi sur Agoravox
    Et sur Antidoxe

    Ce qui permet de voir les commentaires à cet article sur un site plutôt à gauche, et sur un site plutôt libéral...

    Le nouveau gouvernement a pour priorité l'éducation ce qui est bien légitime, avec comme moyens avoués la création de postes et d'emplois de soutiens pour les élèves et d'une restauration des moyens. C'est tout ce qu'il y a de plus honorable et l'auteur de ce texte le salue en toute sincérité, ce qui est fait pour l'instruction et la formation culturelle et citoyenne des adolescents et des enfants, après tout, c'est toujours bon à prendre.

    image empruntée ici (site de "l'île aux jouets")

    158-566-large.jpgCependant, comme tous les gouvernants avant eux, le nouveau gouvernement oublie une variable importante, fondamentale, du problème :

    La place de la famille et de l'éducation reçue à travers elle. Ce n'est pas simplement une question de postes, de moyens, de nouveau budget, c'est aussi et d'abord une question globale de société.

    Or, depuis une cinquantaine d'années, ce n'est pas que les enfants soient mal éduqués ou mieux éduqués, mais plus éduqués du tout, le plus important pour eux devenant leurs besoins de consommer les biens et services que le système consumériste leur enjoint de consommer pour être insérés dans la chaîne économique dont ils deviennent des rouages dociles .

    Les parents, sous la pression de tel ou tel psychologue médiatique, de tel ou tel groupe de pression, ont fini pour la plupart de démissionner de leur autorité et de leurs charges de parents, se contentant, c'est au moins quelque chose, de nourrir et vêtir leur progéniture.

    Les parents laissent la responsabilité de l'éducation, ou de leur formation comme citoyens, des gosses aux professeurs dés la maternelle, considérée comme une garderie de luxe, le primaire, idem, le collège, perçu de même manière, et le lycée.

    On reproche aux enseignants d'être soit trop sévères, soit trop laxistes. Et bien sûr paresseux, car la tâche qu'on leur demande est titanesque et quasiment impossible : réussir à rattraper plusieurs années d'absence totale de repères, y compris les plus basiques, chez des élèves dont les géniteurs se comportent parfois comme des copains du même âge : le père joue à la console avec son fils, la mère s'habille comme sa fille, elle adore que l'on dise d'elles qu'on dirait des « jumelles du même âge ».

    Les parents ai:ment à évoquer leur passé idéalisé d'élève ou modèle, rarement il faut bien le dire, c'est mal considéré aussi par les adultes d'être un genre d'intello, ou d'élève chahuteurs et rigolos qui « faisaient tourner en bourrique les profs quand ils étaient jeunes, et d'ailleurs c'est pour cela qu'ils n'ont pas réussi leurs études », « les profs ne les aimaient pas ».

    Depuis quelques années du fait d'internet, ce genre d'argumentaire se complexifie, si un parent n'a pas fait d'études, ce n'est pas parce qu'il était juste fainéant, ou simplement insouciant, mais c'est parce que l'école ne forme qu'à un seul modèle social et que lui était rebelle à ce modèle, ou alors plus chic, invoquer le syndrome d'Asperger

    Aucun d'eux ne songerait à se rappeler son absence totale d'efforts personnels tout au long de sa scolarité. Le simple fait de prononcer le mot « effort » ou « exigence » ou tout simplement « travail » vous fait passer pour un réactionnaire.

    C'est à peine si on ne demande pas aux enseignants d'aller passer les examens et concours à la place du petit dernier ou de la petite dernière, au minimum doit-il fournir en quelque sorte des diplômes « clés en main » ou en kit où il ne reste plus qu'à l'élève à recopier en somme et éviter toutes contraintes considérées comme inutiles.

    Comment d'ailleurs un élève peut-il se concentrer dans sa chambre alors qu'il a un portable (voire deux), son propre ordinateur, sa propre télévision (avec le « satellite » vu comme éducateur culturel de compensation) et bien sûr la console de jeux dernier cri ?

    Il est persuadé ainsi que ses parents que de toutes manières il lui suffit maintenant de taper sa recherche sous « Google » (TM°) quand il cherche une réponse à un quelconque questionnement sur une lacune de connaissances.

    Ce qui est rare bien sûr, sauf quand il doit aider un comparse à répondre à un jeu télévisé, les quiz télévisuels trop culturels étant d'ailleurs stigmatisés comme réservés aux vieux. Bien sûr, les parents et leur progéniture feignent de croire que ça suffit, et que l'esprit d'analyse ou le sens critique s'acquièrent facilement, d'un claquement de doigts.

    Bien sûr, toutes ces questions qui remettent en question le mode de fonctionnement de la majorité des parents et de leurs enfants actuellement, personne ne veut se les poser. Cela reviendrait à remettre en cause la consommation reine dans notre société, ainsi que la satisfaction immédiate des désirs et pulsions, que la plupart voit comme le seule but de la société actuelle.

     

  • Dés fois mieux vaut avoir des ennemis que des amis

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    Hollande selon ses amis :

     Je cite :

    visible-francois-hollande-pensent-img.jpg- "Couille molle" (Aubry)

    -  "Capitaine de Pédalo" (Melenchon)

    - "Fraise des bois" (Fabius)

    - "N'a jamais rien fait de sa vie" , son ex concubine, (Ségolène Royal).

    - "Incapable de diriger le pays" (Manuel Valls)

     

    Il est donc bien net que parfois que quand on a certain genre d'amis, il vaut mieux les avoir  comme ennemis au fond.

  • La nouvelle (et normale) rentrée des classes de la France

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    sur agoravox rentrée normale aussi

    Toute ressemblance du collège dont je parle avec la situation politique de notre pays serait totalement voulue.

    image prise ici sur le site de écoles au pluriel

    cour-de-recreation.jpgDans mon collège, quand j'étais adolescent, nous avions changé de principal, le nouveau était plus jeune que le précédent, prétendait tout changer, et puis finalement, il fit comme les autres et appliqua les instructions ministérielles à la lettre dont celle de la proviseure du lycée proche, flambant neuf, et dont les élèves travaillaient à l'entendre beaucoup mieux que nous.

    Au début la majorité des élèves l'aimait, et puis au bout d'un moment, comme nous le voyions tout le temps dans la cour, un peu trop, la plupart l'ont détesté et pris en grippe.

    Cela devint un passage obligé pour se faire bien voir des élèves réputés les plus rebelles du collège, qui étaient aussi parmi les plus conformistes il faut bien le dire, il fallait absolument montrer que l'on détestait ce jeune principal au risque d'être traité de « fayot » et autres délicatesses. Quelques années plus tard j'appris que la plupart de ces « rebelles » étaient devenus employés de banque ou bureaucrates dans une quelconque administration.

    Car il avait beau leur promettre que tout le monde dans le collège aurait un diplôme et le métier de ses rêves ça ne fonctionnait plus, le courant ne passait plus et les résultats ne suivaient pas vraiment car tout le monde s'était dit que c'était en gros à lui de faire tout le travail, que nous n'avions pas à lever le petit doigt, et que rien ne devait changer dans nos petites habitudes, y compris pour les élèves responsables des études ou des couloirs.

    Il jouait les gentils, mais il prétendait sonner la récréation plus tôt le soir pour les élèves turbulents qui affirmaient être frustrés et en avoir besoin pour se défouler.

    L'ancien principal avait pourtant une jolie femme qui était loin d'être le tromblon habituel que sont les épouses de certains édiles provinciaux, il roulait dans une belle voiture que les plus vieux des élèves auraient voulu avoir plus tard, deux beaux jouets en somme. Sa femme se réunissait parfois avec les plus jeunes professeurs féminines, et elles discutaient en salle des professeurs de chiffons et autres sujets futiles.

    Les plus grands du collège avaient essayé plusieurs fois de la prendre en photo alors qu'elle prenait des bains de soleil dans le jardin du logement de fonction de son mari. Pour se venger, ils avaient fait courir le bruit qu'elle était jolie, mais que comme toutes les jolies femmes, selon le préjugé immémorial, elle était bête aussi.

    (Alors qu'une femme peut très bien être laide et imbécile, dût-elle prendre ses diverses frustrations pour une forme d'intelligence)

    Et puis le principal a changé, non pas brutalement, sans prévenir, pendant un an, on nous a présenté à nous les élèves celui qui allait lui succéder, ont été vantés ses qualités supposées à l'inverse de celles de l'ancien principal.

    Lui, le nouveau il serait le président de la justice et de l'égalité, lui le nouveau principal, il saurait nous faire accéder aux premiers rangs de la réussite, sans que nous ayons aucun effort à fournir pensions-nous, sans sacrifices.

    Quand il prit ses fonctions, il serra à peine la main de l'ancien principal, même si nous ne l'aimions pas beaucoup, nous n'allions sûrement pas pleurer sur son sort, cela nous fit quand même, malgré nous, un petit pincement au cœur, nous nous somme dits alors que peut-être il était possible que même lui, oui, même celui-là nous le regretterions d'ici quelques temps.

    Il souriait lui aussi, mais nous sentions bien qu'au fond, il était tout aussi sévère que le précédent voire plus. Même le professeur de techno, qui parlait souvent avec les élèves « rebelles » le trouvait sympathique et ne trouva rien à redire sur les promesses qu'il avait faite avant d'arriver dans notre collège.

    Sa femme au nouveau principal était jolie aussi, mais on sentait qu'elle ne se laisserait pas apitoyer par les élèves et les petits soucis des jeunes professeurs. Ils nous parlèrent tous les deux d'un retour à la normale tout comme le principal adjoint, eux savaient ce qu'il fallait faire pour nous remettre dans le droit chemin et nous emmener vers notre vie de citoyen. Nous comprîmes alors que nous aurions ce genre de leçons de morale, qui rappelait celles de l'ancien curé de l'église du quartier, qui était très moderne et qui avait fini par se mettre en ménage avec son bedeau.

    Il ne resta pas très longtemps dans notre collège, car déjà avec les nouveaux professeurs et le principal adjoint, qui était un ancien scout ou approchant comme nous avions cru le comprendre, il partit très vite pour le lycée rutilant à côté de notre collège pour rendre visite à sa proviseure, lui faire un brin de cour, comme l'ancien principal...

  • Des envies de Sud...

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    fontaine-rose.jpg

    Déjà sur Agoravox

    image prise ici

    Face à toute la comédie politique en train de se jouer sous nos yeux, et qui va recommencer d'ici peu pour les législatives, j'aurais pu sortir un texte décapant, moitié caustique, moitié sarcastique sur l'hypocrisie de l'un pour qui si sa politique n'a pas fonctionné, c'est parce que c'est la faute à la crise, et de l'autre pour qui s'il ne peut pas appliquer ses promesses c'est la faute à l'Europe, en particulier aux allemands, à qui il réserve pourtant sa première visite officielle.

    Mais finalement, avec le soleil qui revient un petit peu en ce début de semaine, j'ai des envies de Sud, pas forcément le sud réel, celui qui attend les cars de parisiens en leur vendant des santons fabriqués à Shanghai ou de la bouillabaisse made in pays de l'Est, celui qui se bétonne à vitesse grand « V » du fait de la corruption et des diverses mafias ou assimilées qui le tiennent en coupe réglée, mais ce Sud qui est un peu ma « terre sainte », et en quelque sorte mon Atlantide personnelle, où l'on peut trouver une certaine douceur de vivre et dans l'air, des restes d'un art de vie un peu plus humain, des bribes de convivialité, un sud certes rêvé mais parfois le rêve console de toute les bêtises accumulées, de toutes les inepties débitées avec un sérieux papal par des personnes qui ne sont en somme que des marionnettes du système, même celles s'imaginant rebelles.

    Par exemple, se rebeller contre le libéralisme en utilisant un instrument qui en est l'émanation la plus pure, Internet, en s'imaginant que cet outil est un outil de révolte.

    Ce sud rêvé n'est pas difficile à retrouver, pour s'échapper ne fût-ce qu'un instant, il suffit d'un tout petit coin de ciel bleu, d'un peu de soleil sans nuages. Des hommes au cours de l'histoire ont souvent sauté le pas et sont allé chercher ce sud, même jusqu'en Patagonie, comme le personnage de Jean Raspail, Antoine de Tounens, Bernanos en Espagne puis ensuite jusque sur le « chemin de la Croix des âmes » et Henry de Monfreid à travers la mer Rouge, dans le désert et jusque Djibouti. Là-bas aussi ils n'y ont trouvé qu'un autre désert, spirituel, celui de l'âme de la plupart de leurs congénères, qui n'ont de l'appétence le plus souvent, que pour la malveillance.

    Ce sud c'est aussi celui de la mélancolique chanson de Nino Ferrer, un endroit où «  le temps dure longtemps et la vie sûrement ».

    C'est aussi comme dans une nouvelle de Pierre Gripari, dans « Dieu, diable et autres contes de menterie », où il est midi tout le temps, et le soleil constamment au zénith au dessus d'un Paris rêvé dans lequel toutes les époques se croisent, sans heurts.

    A quoi cela sert-il de pointer encore une fois du doigt la farce en train de se jouer ? Comme dit l'adage, quand on lui montre la lune l'imbécile regarde le doigt, et la plupart ne veut pas voir le réel en face, à savoir la comédie qui se donne sous ses yeux.

    De plus, pour lui, plus c'est gros plus ça passe, plus on lui fait de promesses impossibles à tenir, plus ça passe. Comme de dire que celles-ci ne pourront pas être tenus à cause des difficultés de croissance en Europe avant même d'avoir débuté quelque politique que ce soit.

    Le croyez-vous ?

    Quand on lui dit que demain on ras gratis, le peuple le croit presque toujours. Comme disait Desproges, « l'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote ». Cela devient dramatique quand on évoque tous ces ouvriers à qui l'on a promis monts et merveilles, à Continental, à Arcelor-Mittal, qu'ils garderaient leurs emplois, que le nouveau pouvoir ferait les gros yeux aux dirigeants de ces entreprises et qu'ils garderaient leurs emplois.

    Ces travailleurs ont cru cela possible. Ils ont repris espoir, il faut espérer qu'ils ne soient pas cruellement déçus.

    Tout le monde sait parfaitement que faire les gros yeux à un patron de multinationale suffit pour qu'il ne licencie plus ici ou ailleurs !

    Elle continuera de se dérouler, la comédie politique, jusqu'à la lie, avec l'assentiment des peuples encore en plus, l'un et l'autre camp s'entre-déchirant jusqu'au bout pour le plus grand bonheur des carriéristes qui nous gouvernent qui feignent le clivage idéologique et l'affrontement des idéaux, la simplicité sous le feu des projecteurs, alors qu'ils ne songent qu'à garder leurs postes ou en obtenir un autre correspondant plus à l'idée qu'ils se font de leur « destin ».

    Le sud, l'Europe et le système en ont fait le cœur du problème, qui viendra de Grèce, mais aussi d'Espagne ou d'Italie.

    Il y a un peu plus de cinquante ans, les fondateurs de l'Europe, tous bien intentionnés, se sont dit que pour éviter une guerre il suffisait de créer un grand marché unique qui rendrait les pays tellement interdépendants qu'ils seraient obligés de s'aimer et de tous se tenir la main comme des frères.

    C'était méconnaitre profondément l'humaine nature, ne vivre que dans l'abstraction, qui est confortable, mais qui n'a rien de réelle, et nous emmener doucement mais sûrement à la catastrophe sur le point d'arriver.

    Depuis cette période, les identités nationales et régionales n'ont pas cessé d'être revendiquées et ce parfois, de manière extrêmement radicale, de plus en plus depuis quelques années, avec un « retour de bâton » identifié comme protestataire, face auquel les édiles se bouchent le nez, en particulier la gauche « olfactive « , les yeux, les oreilles.

    Il faut dire que les constructeurs de l'Europe n'ont pas tenu compte du tout de l'expression démocratique des peuples, s'en moquant, comme lors du référendum de 2005, pour faire le bonheur des européens malgré eux, et un déni total de démocratie soit dit en passant, pour en faire d'ailleurs tous des européens pour de bon, quitte pour cela à nier les réalités concrètes de pays comme l'Irlande, ou du Sud de l'Europe, absolument pas préparés à rentrer dans le marché uni du « vieux » continent.

    Face à tant d'inconséquence, et d'inconscience, de la part de politiques, mais pas seulement, réputés responsables et plus intelligents, je me prend à rêver de ce Sud où la vie est encore un peu douce, et l'humanité encore un peu elle-même.

  • Un peu de Paolo Conte pour oublier les haineux

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    Sur Agoravox, pour certains commentateurs c'est sûr, je suis un agent du sionisme international, un sioniste convaincu car je ne prêche pas la haine contre Israèl, sur Antidoxe, par contre, je me fais traiter de dhimmi car je car ne prône pas le choc des civilisations. On n'en sort pas.

    D'un côté comme de l'autre, ces obsédés délirantissimes du complot te mettraient le   beau pays de France à feu et à sang pour satisfaire leur haine, et leur envie d'en découdre. Qu'attendent-ils pour prendre les armes et s'entre-tuer ?

    Moi, sur le sujet, je songe à des enfants qui me sont proches et des adolescents aussi, dont je n'ai pas envie q;u'ils se fassent tuer au nom de haines ancestrales irrationnelles et de coutumes d'un autre âge qui n'ont rien d'honorables ou de pittoresques.

    Qu'est-ce qui disait le maire de Bordeaux en 1598 ? (ami djeun, je t'aide, le maire de Bordeaux à cette époque s'appelait Montaigne, un boloss qui vivait dans sa bibliothèque)

    "Guelfe avec les gibelins, gibelin avec les guelfes"

    Ouais, c'est tout à fait ça, encore.

    Et sinon, un peu de Paolo Conte, c'est classieux pour oublier les haineux.


    Paolo Conte - Via con me par Yoda63

  • Article anti-jeunes et sans scrupules

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    En primeur sur Agoravox

     « La jeunesse, toutes les jeunesses sont le temps kafkaïen où la larve humiliée, couchée sur le dos, n’a pas plus de raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule sur ses pattes.

     Autant que la vôtre, je renie la mienne.

     L’humanité est un cafard. La jeunesse est son ver blanc ».

     Chroniques de la haine ordinaire – Pierre Desproges

    Image prise ici

    pognon-djeuns-2009-L-1.jpegDesproges écrivait ça en 1986, déjà à l'époque, c'était mal de dire des horreurs sur les « jeunes ». Depuis, le jeunisme est toujours à l'honneur, un peu plus chaque jour, on ne devrait même plus parler de jeunisme d'ailleurs, mais d'infantilisation.

    L'infantilisation est partout, dans les pubs, les journaux, sur le net, dans la vie réelle.

    Les adultes aiment manger de la nourriture régressive par peur de se voir vieillir, constamment dans la nostalgie de leur enfance, des confiseries, des desserts sucrés et j'en passe. Ils aiment se replonger dans les émotions idéalisées de leur jeunesse.

    Et un beau jour, le miroir leur renvoie l'image d'un type à calvitie avec des rides et des doubles foyers, ou d'une femme mûre qui s'habille pathétiquement encore comme une gamine.

    Critiquer le jeunisme et les jeunes, ou plutôt les « djeuns », voilà le sujet épineux, politiquement incorrect, voilà un sujet hautement réjouissant au risque de se faire traiter de boute-feu du conflit des générations ou de « vieux con ».

    En réponse au méchant qui critique le jeunisme, on opposera quelques clichés et lieux communs sur la jeunesse des artères et j'en passe et des meilleures, comme être bourgeois est un « sentiment », être jeune ou vieux devient aussi un « ressenti » et rien d'autres.

    C'est le paradoxe de notre époque, les adultes rejettent toute autorité qui briderait un tant soit peu leurs pulsions mais il n'y a jamais eu autant de charlatans se proclamant « coachs » pour tout et n'importe quoi : de « comment faire son ménage tout seul comme un grand ? » à « comment s'habiller pour plaire aux hommes quand on est grosse et mal fichue ? ». Les jeunes comme les moins jeunes ne tolèrent plus apparement la moindre contrainte mais aiment être docilement "coachés" ce qui flatte évidemment plus le narcissisme.

    Ne parlons pas de la politique, les électeurs normalement majeurs et responsables, mûrs, sûrs de leurs responsabilités semblent voter au gré de leurs humeurs qu'ils ont du mal à canaliser, tel un ado en pleine montée d'hormones, ou en pleine crise de rébellion, qui dure pour certains jusque la cinquantaine passée.

    On vote alternativement pour un « père fouettard » ou un « papa copain », tellement cool.

    Des adultes majeurs et vaccinés vont même jusqu'à s'imaginer rimbaldiens alors qu'ils ont l'âge de leur -petite- bedaine, surtout parce qu'ils étalent quelques belles images vaguement humanitaristes qui ne mangent pas, ils ont des envolées lyriques parfaitement creuses, bien que sympathiques.

    Beaucoup de votants ne savent pas trop ce qu'ils veulent, passant de l'un à l'autre sans trop se décider comme un ado papillonnant au gré du vent.

    Les quadragénaires se comportent dans leurs amours comme des adolescents à peine post-pubères qui se hasardent à leur « première fois », les femmes jouent les midinettes acnéiques, les hommes les jouvenceaux à la fois, et paradoxalement, romantiques bêtas et obsédés sexuels de base, à la manière de l'ado qui feuillettent fiévreusement et d'une main les « magasines pour hommes » qu'il achète en douce chez le buraliste, ou le catalogue des « Trois cuisses » qu'il pique à sa mère, ou sa grand-mère en douce.

    Le jeune est devenu le cœur de cible du marché économique, les pubs pour voitures « familiales » par exemple s'adressent aux gosses, elles laissent croire aussi au futur consommateur qu'il a gardé son âme d'enfant et « le goût des choses simples » ( sous cellophane).

    Tous les jeunes se sont crus à toutes les époques les premiers à croire que leurs attitudes d'affirmation d'eux-mêmes signifiaient qu'ils étaient uniques en leur genre : par exemple, le jeune portait un « jean » pour montrer son indépendance, comme tous les autres jeunes habillés tous pareils.

    Le jeune, comme ses aînés, n'est pas indépendant une seconde mais soumis aux pires instincts grégaires que l'on ait pu constater depuis longtemps. Il est soumis à des diktats d'apparence, d'achats d'objets totems, et à un comportement dicté par le système, y compris d'ailleurs dans la pseudo critique de ce même système. Il se laisse prendre, comme les adultes, répétons le, aux pires clichés les plus éculés, qu'il croit être le premier  et le seul à balancer.

    Et comme ses parents et les adultes, il est individualiste au dernier degré, ne compte que sa petite personne et rien d'autres. Une chose frappe, même quand on traverse des tout petits villages ruraux, pourtant encore idéalisés comme endroits pratiquant une convivialité perçue comme idyllique c'est qu'il n'y a jamais personne dans les rues passé une certaine heure, plus d'endroits où la communauté se retrouve, jeunes ou moins jeunes, excepté dans quelques manifestations jouant la sur-affectivité artificielle.

    Ci-dessous un extrait de l'adaptation de "la vie secrète des jeunes", BD de Riad Sattouf

  • Les deux Frances

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    Hier, sur « Arte », à côté de la journaliste – présentatrice, qui cachait à grand peine sa jubilation, objective je suppose, il y avait Plantu, célèbre dessinateur de « centre gauche » (à savoir de cette gauche qui n'assume pas entièrement) qui fit un dessin cependant très juste parlant de deux frances se regardant en « chiens de faïence », un français issu du multiculturalisme contemplait en face de lui, au-dessus d'un gouffre les séparant, une famille de français « souchiens », deux Frances séparées presque irrémédiablement :

    image prise ici

    france-unie.jpgLa France dite « multiculturelle », représentée hier soir par des « pipeaules » que l'on vit aussi à l'Élysée avec Sarkozy lors du vote de la loi Hadopi (Guy Bedos entre autres qui est de gauche pour la posture et de droite pour le pognon, comme tous les autres) et la France des « gens qui souffrent » (TM)° selon la formule méprisante dénichée par un communicant de l'UMP et du PS pour désigner ces électeurs « souchiens » qui n'ont pas voté comme il convient au premier tour, à savoir selon l'arbitrage de la « gauche morale » (ou moralisatrice), la France des catholiques méprisés et constamment raillés, rejetés (alors qu'ils ne représentent que 1% de la population, mais semble-t-il c'est encore trop).

     Le soir de la victoire, les représentants de la « France multiculturelle » disaient tout haut ce qu'ils pensaient tout bas quelques jours plus tôt, cette France qui souffre c'est la France des « franchouillards » comme beaucoup à gauche hier osèrent dire sans trop de scrupules après avoir dragué pendant quinze jours à gros sabots cet électorat qui a voté Front National en masse, un électorat dont ils se moquent donc encore une fois dans les grandes largeurs.

     Ils ne s'étonneront donc pas du retour de bâton d'un vote important pour la droite radicale provoqué par leur propre aveuglement. On ne pourra pas dire que l'on ne les avait pas prévenus !

     La France multiculturelle et de la gauche dite morale feignent de croire d'ailleurs que le vote de ces électeurs pour Hollande est un vote d'adhésion à des idées et non surtout un vote-sanction d'abord et avant tout contre Sarkozy, basé surtout sur un rejet de la personne et non de ses idées, et sans pour autant lui opposer un projet alternatif.

     Ce qui amène à penser que le vote protestataire de ces élections, ce n'est pas le vote le Pen mais le vote Hollande au fond !

     C'est aussi un vote comparable à l'attitude de certains adolescents qui lors de leur crise post-pubertaire rejettent tout ce qui leur apparaît comme un surmoi, quelque chose qui pourrait brider leurs pulsions, leurs émois, ce que représentait Sarkozy pour eux, même si la plupart de ses mesures réputées répressives n'étaient au fond que des effets de com, mais en l'occurrence, c'était déjà ressenti comme de trop. Cela suffit à certains pour être tentés de se jeter dans les bras du premier démagogue qui passe.

     La France « multiculturelle » c'est la France pour qui être français c'est avoir une carte d'identité française en poche, avec tous les droits afférents, mais curieusement on ne parle jamais d'éventuels devoirs tout étant dû au citoyen qui devient une sorte de consommateur de citoyenneté qui considère qu'il n'a à faire que ce qui lui plaît, selon son humeur.

     L'autre France, la France des « franchouillards », des « beaufs », des "Dupondt Lajoie" sans cesse raillée depuis des décennies, y compris pendant les quinquennats et septennats de droite, c'est celle qui a le tort pour notre époque festiviste de considérer qu'être français c'est adhérer à des valeurs, à une histoire, même chaotique, à une culture, à l'attachement à la communauté nationale, un droit qu'on lui refuse, qu'on ridiculise.

     Le français multiculturel se revendique de toutes manières la plupart du temps « citoyen du monde », il aime tout le monde, donc personne.

     Et il tourne en dérision cet attachement à des valeurs et des racines communes quand il ne va pas jusqu'à invoquer le retour des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°) ce qui coupe court à toute discussion.

    Il est toujours dans la posture et l'apparence, car au fond quand il promène son chien dans un quartier « difficile », aimable pléonasme, il serre les fesses comme les autres, tout comme les autres il n'aime pas et méprise au fond ces femmes en « burka », voire simplement en « hidjab » dans les rues de sa ville, qu'il considère comme arriérées au final, mais sans trop le dire, et puis de toutes façons il n'habite pas les mêmes quartiers.

    Et donc contrevenir au masochisme mémoriel de mise depuis longtemps en France.

    Il est quand même difficile à comprendre pourquoi n'importe quel peuple, pays, n'importe quelle ethnie, culture ou civilisation, peut revendiquer dans le monde sa fierté d'être elle-même alors que le peuple français devrait sans cesse battre sa coulpe et s'auto-flageller.

    Dans quel autre pays, et je pose la question tout à fait calmement, voit-on des personnes se réjouir des résultats d'une élection en brandissant des drapeaux d'autres pays et en clamant leur mépris du pays qui les accueille ? (le lien mène à "l'Express", un hebdomadaire que l'on ne saurait soupçonner d'être proche du FN)

    Les deux Frances se haïssent, elles ont de plus en plus de haine l'une envers l'autre. Ce qui reste du dialogue politique se concrétise surtout dans les attaques personnelles, la stigmatisation de l'adversaire, la délation, le fiel et l'allusion des ragots. La contradiction n'est plus acceptée, et les camps se radicalisent, y compris celui de la gauche morale qui accepte à peine le pluralisme des opinions, qui paradoxalement ne se sent pas gênée pour autant de continuer à jouer le rôle d'arbitre des élégances politiques.

  • Devoir de mémoire - les harkis

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    J'ai reçu ceci ci-dessous...

    image prise ici
    Après avoir vu tous les drapeaux algériens à la Bastille j'ai pensé que ce devoir de mémoire était important.
    "DEVOIR DE MEMOIRE -  Hocine le combat d'une vie, voir vidéo ci-dessous, par croaclub

    1975-harkis-15A.jpg En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l¹époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française.

    Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler. 35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte.

    Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011.

    Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat

    Et pour compléter le documentaire, réécoutez sur SUD RADIO, « podcasts » l'émission du 8/11/11, de Karim Hacene, Enquêtes et Investigations, sur les harkis le camp de saint maurice l'ardoise Sur radio-alpes.net, Infos Générales - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13)

    Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi) "

     


    HOCINE Le Combat d'une vie par CROACLUB

  • La démocratie selon Desproges (d'actualité)

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    "La salope qui a inventé la fil rouge autour de la vache qui rit, c'est aussi celle qui a inventé la démocratie."

  • Hollandorama

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    2012-02-29T163216Z_1_APAE81S19Y000_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-GB-HOLLANDE-20120229.JPGimage prise ici

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    En primeur sur antidoxe

    Nous y sommes, enfin, l'ancien président de sinistre mémoire, qui camouflait à grand peine ses envies d'autocratie, a été exclu par le peuple, la révolution est en marche, la Bastille va être reprise dans la liesse populaire et prolétaire, et encore une fois de plus après mai 1968, mai 1981 la France est passée « de l'ombre à la lumière » pour reprendre la célèbre formule de Jack Lang, l'immortel ministre de la culture de notre beau pays, tous ceux qui lui ont succédé ne sont que des usurpateurs sans commune mesure avec ses ambitions remarquables pour la nation.

    Tout va changer à partir de maintenant, l'Europe libérale dirigée par l'argent des boutiquiers et des grands argentiers apatrides, dont certains cachent à grand peine leur sionisme odieux, déniant le droit des peuples autour d'eux, ne va plus dicter ses décisions, et dorénavant, si un entrepreneur veut délocaliser son entreprise, il devra payer une taxe tellement élevée que cela le dissuadera à n'en pas douter de le faire.

    Ils auront très peur c'est évident.

    D'ailleurs à la « City » de Londre, François Hollande fût très ferme avec les marchés financiers qui en ont alors conçu un immense respect tout comme son pré&decesseur comme candidat de la SFIO, pardon du PS, Dominique Strauss-Kahn dont les ennemis de l'anti-France osèrent souiller la réputation morale pourtant irréprochable. 

    Et enfin, les humoristes et écrivains d'une grande finesse baîllonés par le pouvoir car ils osaient critiquer l'ancien président, de sinistre mémoire, vont pouvoir s'exprimer en liberté : Stéphane Guillon que l'on ne voyait plus nulle part depuis cinq ans, Guy Bedos, interdit de médias, Didier Porte qui ne pouvait se faire entendre que sur la radio confidentielle qu'est RTL, Christophe Alévêque, jamais invité dans les émissions à grand spectacle.

    Ils retrouvent leur liberté de parole !

    Le nouveau président issu de la SFIO, pardon du PS, saura faire preuve de clémence envers les réactionnaires et électeurs de droite qui seront restés aveugles jusqu'au bout. Il devra compter sur le soutien attentif et éclairé du chef des forces populaires et de progrès du Front de Gauche qui le morigéneront fermement s'il ne tient pas ses promesses envers les travailleurs et les travailleuses.

    Partout dans le pays, le peuple clame sa joie et sa bonne humeur enfin retrouvées, à sa manière joviale et simple empreinte de la verve populaire qui a fait florès dans notre pays depuis des siècles :

    « Sarko va te faire foutre ! » « Sarko va te faire niquer ! » disent-ils en faisant résonner partout dans les villes et les villages le son clair et direct de leurs klaxons de voitures modestes mais fières.

    Non ! Monsieur Sarkozy, il ne fallait pas prendre vos opposants pour des idiots, ils ont des arguments à vous opposer autres que les insultes, la haine et les calomnies dont vous êtes coutumiers vous et vos sbires !

    Les larges poumons des travailleurs de la terre entonnent des chants d'actions de grâce, et laissent reposer leurs mains qui n'auront plus à chercher maladroitement les racines ou tubercules qu'ils étaient obligés de tirer de la glèbe depuis 2007. Dans les usines, les ouvriers arrêtent la chaîne et dansent en jouant de l'accordéon, pendant que dans les écoles, les élèves, joyeux et enthousiastes, parlent de l'avenir radieux avec leurs enseignants.

    Déjà les plus riches ont peur en France, ainsi pour prévenir toute tentative violente ou coercitive à leur égard, Mathieu Pigasse et Pierre Bergé ont-ils décidé de donner la moitié de leur fortune personnelle pour donner à manger aux plus pauvres. Les autres vont devoir fuir lâchement ou s'adapter car le nouveau président va leur demander enfin l'effort qu'ils auraient dû faire depuis longtemps.

    Pendant que l'ancien président de sinistre mémoire se retirait piteusement avec sa femme, la ci-devant chanteuse sociale-traitre Carla Bruni, dans leur hôtel particulier au luxe tapageur et clinquant, mais il ne trompe plus personne monsieur Sarkozy, le nouveau président allait déjeuner d'un frugal repas pris sur le pouce avec de simples citoyens, dans cette auberge toute simple qu'est «le Laurent » dans un des quartiers populaires de la capitale, un endroit certes beaucoup moins tapageur que le « Fouquet's »s » lui aussi de sinistre mémoire.

    Pendant ce temps, à pleins poumons le peuple entonne ce chant de liberté, si beau : « C'est la lutte finale ! Groupons nous et demain l'internationale sera le genre humain ».

    Tremblez, profiteurs et profiteuses, vous allez devoir payer !

  • La politique au niveau des égoûts

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    L'image représentant un commentateur politique a été prise ici

    egouts7.jpgJe ne suis pas vraiment un sarkophile, pas non plus un hollandophile, mais dans un cas comme dans l'autre, je trouve que beaucoup d'arguments contre l'un et l'autre se situent au niveau des égoûts.

    Contre Sarkozy, ce qui domine, c'est surtout de la haine pour le bonhomme en lui-même, qui s'est certes mis en avant, mais rien ne justifie cette haine, et des dizaines d'articles qui sont des incitations à celle-ci à divers degrés de subtilité.

    Le comparer à Pétain, Hitler ou que sais-je encore permet sans doute d'adopter une posture flatteuse ? Mais, et après ?

    Comme le disait fort justement Talleyrand : "Tout ce qui est excessif est insignifiant".

    Quelle que soit la personne, je ne vois pas vraiment ce qui justifie ces incitations au lynchage toutes plus basses les unes que les autres, au nom d'une gauche dite morale la plupart du temps, car la gauche est morale et moralisatrice.

    Contre Hollande, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres un tract anonyme, sans indicatifs de parti dessus, qui retraçaient le parcours de l'homme en insistant sur ce qui fâcherait à priori.

    Qu'est-ce que ça apporte ?

    Quand parle-t-on de projet de société à droite ou à gauche au lieu d'insister sur la haine des personnes ce qui permet d'éluder la question ?

  • « Dîner de cons » télévisuel

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    Hier, comme de nombreux français, j'ai, regardé le débat de l'entre deux tours opposant Nicolas Sarkozy et François Hollande, du moins les cinquante premières minutes, les entrées en somme, qui n'ont montré qu'une chose :

    image prise ici
    20120502PHOWWW00217.jpgC'était un débat de technocrates se jetant des chiffres à la figure, des pourcentages techniques, de deux carriéristes défendant l'un son bilan, l'autre ses ambitions, bref une discussion très éloignée des préoccupations des français, je n'ose évoquer « le pays réel ».
    Ce qui n'a pas empêché les ou les autres de parler hypocritement depuis quelques jours des « français qui souffrent », des « gens simples » qui auraient exprimé leur colère dans un vote considéré uniquement comme protestataire, un caprice d'enfant gâté.
    Ce qui demeure étonnant est que les deux candidats hier ne doutent pas de leur « destin » de dirigeant, forcément apte à mener le peuple, tout en ne songeant en fait qu'à leurs carrières. C'était deux acteurs de second plan jouant leurs partitions, employant les mêmes procédés (comme par exemple faire semblant de prendre des notes quand l'autre parle).
    C'était aussi un « dîner de cons » auquel était invité les français encore pris pour des naïfs, à qui l'on promet quelques mesures démagogiques, sans préciser d'ailleurs une seule fois leur mise en œuvre concrète.
    Les spectateurs avaient le choix d'être traités ou non comme des brebis menées à l'abattoir. Il est assez dommage que dans ce « dîner de cons », la plupart des français soient des invités volontaires.
    Il aurait été plus intéressant de savoir quels étaient leurs projets de société à tous les deux, pour constater surtout que ni l'un ni l'autre n'en ont vraiment, le favori qui est Hollande rajoutant finalement quelques mesures sociétales qui ne mangent pas de pain, se basant sur la posture habituelle de la gauche morale telle que définie par Philippe Muray dans ce texte, à ce lien, c'est surtout sur ces mesures sociétales que se situe le clivage et non sur l'économie, et le combat contre les fascistes réels et surtout fantasmés, tandis que Nicolas Sarkozy se contente de reprendre des thèmes de droite, de cliver le débat mais il est un peu tard, et les deux effectuant un saupoudrage démagogique.
    Ce qui est le plus désagréable avec monsieur Hollande est qu'il ne se situait que dans l'opposition à une personne, Sarkozy, et rien d'autres. C'est tellement plus simple de faire dans l'attaque personnelle et l'antisarkozisme qui permet de cacher le vide abyssal du projet concurrent qui revient finalement à la même politique économique, ce sont seulement les moyens employés qui diffèrent.
    Quand monsieur Hollande parle de la taxe anti-délocalisation ou de l'imposition des plus riches, deux mesures qui feront sûrement très très peur aux uns et aux autres n'en doutons pas, des très riches comme Mathieu Pigasse je suppose,, millionaire icône de la gauche morale on s'amuse, car les entreprises les plus puissantes délocaliseront leurs sièges et capitaux, et les plus riches leur magot.
    Mais ce genre de démagogie fonctionne toujours visiblement.
    La crise actuelle invoquée aussi par Nicolas Sarkozy ressort plus de la politique monétariste et ultra-libérale imposée par la BCE, politique sur laquelle les politiques français n'ont aucune prise de par leur volonté propre.
    Elle témoigne aussi d'un transfert du pouvoir économique de l'Occident vers l'Asie. Bien sûr, il est plus facile de parler de justice sociale et de flatter l'électeur dans le sens du poil que de l'encourager à considérer la réalité telle qu'elle est, qui effraie, et devant laquelle certains électeurs se bouchent les yeux et les oreilles.

    Ci-dessous le débat en trois minutes


    Le débat Hollande-Sarkozy en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur

  • La "gauche morale" selon Philippe Muray

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    Un extrait de "Homo Festivus" qui résume bien la posture de la gauche dite "morale" qui va peut-être revenir au pouvoir dimanche...

    L'auteur de ce blog vous cause bientôt du débat de technocrates d'hier, "dîner de cons" auquel étaient invités les français pris pour des naïfs encore une fois et qui ont l'air d'aimer ça...
    1968753_7d7e89f4-8d9c-11e1-b8e3-00151780182c.jpg"Il n’est plus le temps historique (Hegel). Homo festivus est pleinement satisfait par le nouveau monde homogène, mais, pour se donner l’illusion d’avoir encore un avenir, l’instinct de conservation lui souffle de garder auprès de lui un ennemi, un opposant absolu qui, parce qu’il s’oppose à lui absolument, lui permet de se croire lui-même vivant. Cet opposant (en France le Front national, Le Pen ; plus généralement le néo-fascisme, le racisme, etc.), c’est lui qui empêche Homo festivus de n’être plus que pure animalité en accord avec le donné."

  • Encore un "petit caillou blanc" ("In the waiting line", Zero Seven)

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    Je l'ai déjà mise en ligne, c'est un genre de petit caillou blanc.

    Je me retrouve dans cette chanson.

    J'ai comme une sorte de grosse fatigue face à la haine, la sottise, les rancoeurs rentrées et exacerbées.

    Si seulement "nothing was real" comme dans la chanson.

    Si seulement les cons pouvaient aller se faire voir chez les grecs si j'y suis...