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  • Quelques cailloux blancs...

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    Encore un petit caillou blanc aussi et surtout pour toi qui me lis

    image prise ici
    jourdain.jpgA force de me faire traiter de type « narcissique » et « égocentrique » à longueur de commentaires par des personnes qui détestent tellement mes articles qu’elles ne peuvent s’empêcher de les commenter, tous, et de les lire à chaque fois, j’ai eu envie d’écrire un texte qui parle de moi, de moi et encore de moi, ce qui je suis sûr ne va manquer de les passionner encore.
    Bien sûr, ce n’est pas que les noms d’oiseau dont ils m’affublent m’importent en quoi que ce soit, je leur conseillerai même de les utiliser leurs injures en onguent pour les hémorroïdes.
    Non, c’est aussi que lorsque l’on m’injurie j’ai toujours tendance à en rajouter une ou deux grosses caisses et quelques cuivres, quelques couches en plus.
    J'écris cet article en plus en écoutant une chanteuse « sioniste », Yaèl Naïm, que j’ai eu la chance de croiser à Jérusalem, dans la « Vieille Ville » palestinienne. L’entendre chanter en arabe et en hébreu éclaircit les idées et permet aux cœurs nostalgiques de la Palestine dont je suis d’y revenir au moins en esprit.
    Elle était entourée de gamins palestiniens qui l’idolâtrent tous parce qu’elle chante aussi bien qu’Oum Khalsoum et qu’elle est de plus très belle, et comme tous les gosses à fleur de peau, ils aiment la beauté, ceci étant précisé à l’intention des « anti-sionistes » (rires jaunes) d’Agoravox, entre autres, qui cachent à grand peine leur judéophobie sous des dehors de belles intentions, en croyant se protéger en se plaçant sous le patronage de Saint Stéphane Hessel (Que le tout puissant l’ait en sa sainte garde !), pour qui je suis un agent de la Hasbara, un suppôt du Mossad, voire pire encore, et d’autres intervenants de Causeur.fr pour qui je suis, ou plutôt j’étais car je n’y interviens plus, un agent provocateur vendu au Hamas.
    J’y étais Grandgil et Franklin D., ceci précisé à l’intention de mes futurs exégètes qui seront légions n’en doutons pas…
    Je me suis fâché avec beaucoup de monde, ce n’est pas si grave bien sûr, ce sont même des choses qui arrivent car finalement être fâché à mort avec quelqu’un c’est encore ressentir quelque chose pour ce quelqu’un, et ressentir quelque chose vaut bien sûr beaucoup plus que l’indifférence.
    Je me suis même fâché avec l’amour de ma vie, plusieurs fois, c’est malin, mais c’est elle qui avait commencé…
    Elle aussi aime citer Nerval et son lointain descendant qui est Gainsbourg.
    Parfois, nous nous laissons des « petits cailloux blancs » qui nous permettent de nous retrouver ne fût-ce qu’un petit moment. En attendant le jour où nous nous retrouverons sur une plage à marée basse, comme dans un roman d’Armand Lanoux.
    Ou pas.
    C’est normal, j’ai la réputation d’être un emmerdeur ainsi que l’on qualifie tous ceux qui ont un caractère qui sort un peu des sentiers de la norme. Il en est même qui voit dans mon « emmerditude » tout un ensemble de travers et défauts, dont celui très grave de ne pas être assez docile aux règles de la société actuelle qui nage dans le bonheur consumériste.
    Ne pas être docile et en plus leur en imposer, à certains, pas tous, parce que l’on a lu deux ou trois bouquins, voilà deux handicaps majeurs.
    Et je dois avouer sans aucun remords que cela ne me dérange pas d’être pris pour un emmerdeur car j’en suis un, si être un emmerdeur c’est demander à celle ou celui qui s’institue en « coach » ou en directeur de conscience, laïc ou religieux, de quelle autorité et de quelle sagesse il tire l’aplomb qui lui permet de délivrer sa « doxa » idéologique, de gauche, de droite, voire même se prétendant catholique, qui , selon lui, m’apporterait le bonheur universel, même malgré moi, alors effectivement, je suis un emmerdeur.
    Et j’assume…
    C’est plus simple d’être incolore, inodore, sans saveur, sans odeur, c’est sûr. Les emmerdeurs sont de grands angoissés qui préfèrent de toutes manières « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve », quitte à en provoquer la fuite, ce qui simplifie les choses, le bonheur d’être ensemble, le bonheur d’aimer, de s’emballer pour les mêmes choses, les mêmes livres, les mêmes chansons, les mêmes films.
    Les enfants eux, quand ils se fâchent, le sont à mort, et puis avec un petit sourire ou une bonne bagarre tout rentre dans l’ordre.
    Jusqu’à la prochaine dispute…
    Les adultes sont beaucoup plus intelligents, beaucoup plus mûrs et aussi beaucoup plus rancuniers de fait.
    Eux, quand ils se fâchent à mort, c’est sérieux, ça dure longtemps, voire parfois toute la vie une fâcherie, jusqu’à la mort, et même après certains n’hésitent pas à aller cracher sur la tombe de ceux avec qui ils sont en froid, quitte pour cela à le faire en déambulateur. Et le pire est que j’écris ça en sachant très bien je me comporterai certainement à coup sûr plus en adulte qu’en gosse…
    Fatalité des fatalités !

  • Les coups de pied au culte qui se perdent...

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    Aussi sur Agoravox on parle psychotronique

     « Hello You happy taxpayers !.. »

    jaquette.jpgLa première fois que j'ai entendu parler du « culte » c'est dans « Starfix », fameux journal de cinéma des années 80, entre « Mad Movies », avant que ce mensuel ne devienne une sorte de fanzine pour « nerd » sanguinaire aux pulsions violentes, et que toutes les signatures intéressantes en partent, et « Positif » pour le côté pointu et cultivé sur le sujet, ayant paru de 1984 à 1990.

     Dans cette revue très éclectique un journaliste n'aurait fait l'erreur de confondre Eugene O'Neil et Charles Lindbergh sur une photo de "Zelig" de Woody Allen comme le fait l'auteure du livre sur ce cinéaste aux éditions du "Monde" et des "Cahiers du cinéma", par exemple, entre autres erreurs grossières. Woody Allen a trois films « cultes » dans sa filmographie : « What's new Pussycat ? », « Casino Royale », et « Tiger Lily ».

    Et on constate la plupart du temps que dans le meilleur des cas, la cinéphilie des critiques ne va pas plus loin que les années 80, au mieux.

    On y défendait autant des « nanars » parfois prometteurs comme ceux de Peter Jackson, alors méprisé, mais aussi les films asiatiques alors méconnus y compris des critiques dits élitiste.

    Maintenant, il y a une mode du « nanar » vu comme forcément génial, alors qu'un « nanar » est d'abord et avant tout un film qui reste nul quel que soit le plaisir que l'on ait pris à le regarder, un plaisir pervers s'entend.

     Il y a aussi une mode du « geek » consommant de la SF débile au kilomètre sans discerner le bon film du très mauvais.

     Le « geek » ou « assimilé », comme dans la série « Bref » de Canal , est « in », ce qui fait qu'il n'en est plus vraiment un de « geek », c'est en gros dans l'acception actuelle un « adulescent » régressif et qui assume sa régression incapable de s'engager dans quoi que ce soit

     Y écrivaient Christophe Gans, Christophe Lemaire alias Painboeuf ou Nicolas Boukhrief, connaisseurs hors pair de l'œuvre de Max Ophüls mais aussi « Virus Cannibale » de Bruno Matteï, ne demandez pas qui c'est à un journaliste de cinéma actuel, sa culture cinéphile commence à Michael Bay dont le « style » de montage épileptique a contaminé tous les spectateurs de cinéma qui ne savent plus prendre le temps de regarder un film un peu plus lent.

     « Starfix » mettait en couverture aussi bien Kubrick que John Woo ou Cronenberg ou encore les Rita Mitsouko, pouvait traiter de Carpenter et Jean Eustache dans un même numéro, non pas d'ailleurs dans une absence de hiérarchisation des genres qui fait que l'on mette actuellement Rivette et sa « Religieuse » au même plan que « l'infirmière n'a pas de culotte » sur les rayons des supermarchés de la culture.

     « Get me to yout leader »

    cinéma,littérature,société,politique,nostalgie,pellicule,culte Dans les « nanars », on trouve tous ces personnages de films absolument débiles, neuneus, cachant quelques fois des talents se révélant un peu plus tard, comme Peter Jackson avec « Bad Taste » ou « Meet the Feebles » ou Coppola avec « Dementia 13 », voire Scorcese, à l'école de Corman lui aussi, une école d'économie de moyens et de cadrage précis.

    On aurait tort de mépriser cette culture « bis », la vraie, pas celle qui est à la mode, qui conserve au cinéma son aspect forain, ou bricolé. Bien sûr, il faut regarder ses films au deuxième degré, au minimum. Sans eux, pas de cinéma, il serait mort depuis longtemps.

     Certains atteignent le sublime, des fabuleux « clowns tueurs venus de l'espace » à « l'attaque de la Moussaka géante » (vérifiez dans un moteur de recherche, ça existe). C'est plus sérieusement par le « bis » et des journalistes « bisseux » comme Jean-Pierre Putters, fondateur de « Mad Movies », ou Jean-Pierre Andrevon, de « l'Écran Fantastique » que des cinémas autres que US ou hexagonal ou réservés jusque là aux salles « Art et Essai » ont été découvert dans nos contrées comme on l'a déjà dit.

     Ils n'ont pas eu besoin de « Tigres et Dragons » pour parler des films de Hong Kong, indiens ou même turcs.

     Il y a même de ces films « bis » qui instillent dans tout cela une bonne dose de subversion, de trasngression, ou de perversité, ou surtout de trublionisme finalement. Ainsi, une bonne partie du cinéma fantastique anglais des années 70 - en particulier « The Wicker Man »- ou les bandes filmées en super 8 « gonflé » de Tobe Hooper et Wes Craven, bien avant « Scream » (« La dernière maison sur la gauche », ou l'extraordinaire « les griffes de la nuit » qui n'est pas très éloigné des surréalistes). Sans citer John Carpenter ou David Lynch (« Eraserhead » est découvert à Avoriaz). Les teenagers sages et bien nourris du rêve américain, futurs yuppies bien pensants s'y révèlent psychopathes ou fous, ou se font décimer, les « rednecks » bien assis dans leurs conceptions traditionnelles de l'existence, amateurs de tartes aux pommes et glace du Midwest, des ploucs dégénérés.

     Et le libéralisme semble en lui-même d'ailleurs une invention de scénariste fou de film "bis" (cf : "Invasion Los Angeles"). Il est dommage de ce point de vue que même les circuits de production indépendants rentrent maintenant dans le rang des financiers...

     "Happy time my friend, all gone now..."

    591.jpgDans un de ses deniers numéro, la rédaction présentait les films « cultes », c'est-à-dire des films connus par une minorité de privilégiés, d'« aficionados » passionnés, qui ayant parlé de l'oeuvre, lui ayant donné une réputation par le bouche à oreille, finissait par lui faire rencontrer un jour ou l'autre le succès :

     Ainsi « 2001, Odyssée de l'espace » de Kubrick, au départ un échec commercial, « Rocky Horror Picture Show », le film « culte » par excellence, projeté en France au « Studio Galande » à Paris depuis une bonne trentaine d'années, « La Dame de Shangaï », à l'histoire incompréhensible, qui ne devint célèbre et honoré que des années après sa sortir, dans un autre registre les films de John Waters, moustache d'expert comptable, cerveau excentrique et finalement complètement fou (Divine est allée beaucoup loin que tous les « Jackass » du monde dans la scène finale de "Pink Flamingos").

     Bien que , à mon avis tous ses films, cinématographiquement, ne méritent pas ce label même si, par ailleurs, on peut apprécier le personnage de John Waters théoricien du « kitsch », moins indolent que Jean Rollin par chez nous, et aussi du « culte » idées qu'il exprime dans ses montages photo et vidéo. Après quelques films consensuels, il est revenu vers une œuvre plus intéressante, plus originale, qui fut bien sûr un échec commercial total avec « Cecil B. Demented » en 2000, son dernier film plus ou moins tourné avec l'argent des studios et « A dirty Shame » en 2004, monté avec des bouts de ficelle.

    Les premiers Cronenberg, le film à sketchs « Kentucky Fried Movie » des Z.A.Z, l'excellent et inénarrable « Flesh Gordon », beaucoup plus intéressant que l'adaptation des années 80, déjà pourtant kitschissime, les films de Russ Meyer ou de Jess Franco, alias Jesus Franco, s'appeler Jésus pour le messie des films de genre espagnols c'est logique me dira-t-on, chacun dans un genre différent ressortent du genre « culte », comme aussi, « Behind the Green door » et d'autres que j'oublie ici.

     Depuis, « culte » désigne la moindre « anodinerie » de n'importe quel cinéaste de comptoir ou écrivailleur de banlieue, on doit dire quelques gros mots, de ceux que les enfants s'imaginent rebelles et ça passe :

     Ainsi Michael Youn devient « culte », la vidéo de n'importe quel crétin visionné des milliers de fois sur Internet, Beigbeider qui parle de ses cuites c'est "culte" tout comme Amélie Nothomb causant de ses névroses, tout comme Lolita Pille nous narrant ses errements de gosse de riches, (la pôvre petite !).

     Un critique parle d'un film qu'il a aimé, il sombre immédiatement dans le superlatif grotesque, le film devient alors « mythique », « culte » encore, etc... (trop « dare » si c'est un critique qui pratique le langage « djeuns »). Encore moins qu'avant, on a le droit de s'ennuyer ferme devant un classique estampillé comme tel. Et si c'est le cas il ne faut surtout pas le dire, comme le fait par exemple que « Métropolis » est soporifique au possible par exemple.

     C'est d'ailleurs étonnant d'entendre tous ces gens prétendument libérés de la tutelle des croyances ou des superstitions ou autres se dire "culte".

     Le "Culte" ça se mérite donc enfin de compte..

    Post scriptum subsidiaire  : Ce qui me frappe dans tous ces films c'est aussi leur innocence, leur absence de cynisme...

    contrairement à leurs remakes actuels et aux séries B surgonflés que l'on sert aux consommateurs.


    Rocky Horror Picture Show - Movie Trailer par Schutzengerl1205

  • La culture post-moderne c'est pas LOL !

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    Dans une bibliothèque, pardon une médiathèque si l'on utiliser le vocabulaire post-moderne correct, (il ne faut pas privilégier « l'objet-livre » c'est être ou fétichiste ou réactionnaire selon la doctrine post-moderne de la « société des loisirs »), une mère, qui erre avec son fils entre les rayons visiblement perdue tout comme sa progéniture en « survêts », ou en « djeans » « baggys » avec la marque brodée à l'emplacement stratégique, le téléphone « portable » vissé à la main, présente uniquement pour la forme comme sa génitrice, l'entend qui demande (ça la soulage car elle peut alors se distraire en discutant avec lui) :

    politique, culture, ignares, littérature, confort intellectuel- Maman, qu'est-ce que ces trucs bizarres sur les étagères ?

    - J'en ai jamais vu à la télé, sauf dans les émissions rien chiantes que grand-père il regarde ?

    Et chez nous, y'en a pas...

    - Ce sont des livres mon chéri, je crois que ça s'écrit « l-i-v-r-e », dedans il y a des lettres et des mots, et parfois des images mais c'est pénible à utiliser, on ne peut pas zapper comme à la télévision, et puis c'est quand même moins pratique qu'Internet.

    - A l'école, ils veulent qu'on en achète Maman, mais c'est trop trop dur, y disent que sinon on aura pas une bonne syntaxe et qu'on parlera mal. Et puis ça coûte trop cher pour ce que c'est, tu te rends pas compte !

    La prof elle voulait qu'on achète un livre à deux euros ! Trop dare !

    - Ils se trompent complètement mon chéri, malgré que on lise peu à la maison, ça le fait, on parle trop trop bien chez nous.

    - Il faut pas les laisser dire, à l'école ils veulent te farcir la tête de choses qui ne servent à rien quand on travaille plus tard.

    Et puis ceux qui lisent tu sais, c'est souvent rien que des prétentieux.

    La culture est en France en 2012 de moins en moins un signe d'ostentation sociale, ce qui était déjà en soi quelque chose au moins, sous-entendant que tout n'était pas marchandisable, que l'enrichissement culturel ou intellectuel, un enrichissement qualitatif de l'individu comptait encore.

    Ce qui n'est plus le cas.

    L'individu post-moderne se contente d'une sous-vie sous vide, comme la bouffe qu'il achète dans les grandes surfaces, car sans curiosité, on ne vit pas vraiment...

    Maintenant, il n'y a plus que l'argent qui compte, y compris les milieux de la haute, ou qui se présume haute, bourgeoisie, où l'éducation n'est même plus un mètre étalon pour jauger un individu et la curiosité qu'il a du monde qui l'entoure, du passé ou du présent de ce monde, des sentiments que d'autres ressentent ou de leur manière de les exprimer, leur façon de « dire » le monde.

    Ces personnes qui essaient d'exprimer le monde différemment, à leur manière, tout en cherchant à le faire partager aux autres, ce ne peut être que des malades mentaux, des fous, des inadaptés, des égocentriques,

    On les traite de narcissiques car en plus ils essaient de s'exprimer en dehors du commun, de l'instinct grégaire du « vulgum pecus » qui aime le confort, matériel mais aussi intellectuel, que lui procure le troupeau, car c'est tellement confortable de penser et de ressentir comme tout le monde.

     

    Pour être exposé à Sèvres, sur le plan de la bêtise ou de l'absence de curiosité, les candidats pour servir de « mètre-étalon » se bousculeraient au portillon pour paraphraser un célèbre dialoguiste dans « le Cave se rebiffe ».

    L'individu moderne, jeune ou vieux, qui se fiche maintenant d'être complètement ignare (généralement il ne veut même pas savoir comment fonctionnent les gadgets qu'il utilise chaque jour), a l'ignorance arrogante, il la revendique, étant persuadé que de toutes façons, en quelques « clics » sur le « Réseau » il en saura autant qu'une personne raisonnablement cultivée sinon plus à laquelle l'on sortira généralement les clichés habituels sur l'étalage de la confiture, le parachute qui évite qu'on s'écrase, le fait que le type cultivé est forcément (forcément !) un petit bourgeois privilégié ce qui lui a permis de lire beaucoup, en passant aussi par les remarques acerbes de la gôche qui pense sur l'inutilité de la « culture bourgeoise ».

    Notons que cette détestation des « humanités » et de cette culture « bourgeoise » a conduit à un appauvrissement remarquable de l'enseignement des Lettres et des Sciences Humaines depuis cinquante ans.

    Considérées comme inutiles.

    Rappelons qu'elles sont aussi considérées comme telles par les maîtres des « marchés » car la lecture, qui développe la capacité d'analyse et le sens critique, ne rend pas vraiment docile, et le commerce a besoin de docilité.

    politique, culture, ignares, littérature, confort intellectuelBien sûr, comme à toutes les époques, l'ignorance crasse pousse surtout l'individu moderne qui pense ainsi se cultiver à sombrer dans les pires idées, les pires théories, et un comportement tout aussi grégaire et violent que ses ascendants moins enclins à la technologie, et ce pas seulement sur Internet loin de là.

    Il confond gavage d'informations et capacité d'analyse, il confond aussi les personnes raisonnablement cultivées avec les donneurs de leçons professionnels qu'on lui vend comme très intelligents à la télévision, ainsi celui-ci, qui ne cache même plus le dédain et le mépris qu'il a de ses interlocuteurs moins favorisés par Dame Fortune. C'est également une manière d'alibi, les personnes ayant un bagage culturel un peu conséquent seront forcément assimilés aux z-intellos médiatiques, des rouages du système en somme.

    Ainsi l'individu post-moderne continuera à consommer sans se poser plus de questions...

    images prises ici et

  • Que choisir ? "Concordia" ou Canicule ?

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    Dans l’affaire du naufrage du « Concordia » qui secoue depuis quelques jours le Landerneau, personne n’a songé à se demander combien, en nombre de vieux, pardon de personnes âgées, une canicule faisait en nombre de naufrages d’HLM flottants pour retraités aisés ?

    le-costa-concordia-naufrage-le-16-janvier-2012-10625196wxqgu_1713.jpg?v=2En ces temps de « crise », c’est quand même une sérieuse possibilité d’économies publiques et de réduction de la dette, poussons donc la logique libérale jusqu’au bout de son raisonnement.

    D’ailleurs ce qui s’est passé durant ce naufrage ne fait que refléter l’état de dégénérescence de notre société, tout comme ce qui s'est passé sur le Titanic (ta mère...) en montrait les prémices. Ce fut la loi du plus fort qui domina dans les deux cas, ceux qui avaient encore des dents mordaient ceux qui voulaient leur piquer la place dans les chaloupes, beaucoup n’ont pas hésité à piétiner les quelques enfants présents ceci afin de défendre leurs intérêts privés.

    La moralisation quasiment générale quant au comportement du capitaine du bateau fait également bien rire, car finalement, il n’a fait que se conduire comme la plupart des gens l’auraient fait, il a pensé à d’abord sauver sa peau et les quelques prérogatives dont il pensait pouvoir continuer à bénéficier sans scrupules.

    Pourquoi des scrupules d’ailleurs ?

    Les chefs d’entreprise qui partent avec un « golden parachute » en se fichant de la situation souvent désastreuse dans laquelle ils laissent leur boîte, les politiques qui s’en vont en laissant le pays, la région ou le département qu’ils sont censés avoir dirigé dans un état bien pire que celui dans lequel ils l’avaient trouvé en arrivant, au fond c’est pareil.

    Le capitaine est comme aussi tous ces anonymes qui se désintéressent complètement de l’avenir de leurs enfants, puisqu’ils seront morts dans quarante, cinquante ans, et qu’ils comptent profiter des derniers feux du consumérisme en France jusqu’à la fin en laissant tourner le moteur de leur 4X4 ou S.U.V rutilants, en changeant de portables, ou de sonotones dans leur cas, tous les trois mois, en mangeant encore beaucoup trop entre deux régimes dans le vent etc…

    Certains politiques y ont certainement perdu, j’en suis sûr, des électeurs potentiels. Heureusement qu’il existe des retraités concernés par leur époque, qui se mêle d’écrire des livres pour guider la jeunesse qui ne songe pas vraiment à se rebeller si ça demande de coller aux ordures les gadgets électroniques qu’on leur vend comme indispensables pour vivre la tête haute.

    Oui, je sais, on va dire qu’un retraité en France, ce n’est pas forcément très riche, et qu’il ne faudrait pas stigmatiser une catégorie de la population qui permet aux bouchers de refourguer le mou dont personne ne voudrait sans cela, et aux mutuelles de spéculer activement en s’amusant avec les tarifs.

    Et de plus il y a tous ces retraités qui sont encore très "actifs" passé la soixantaine, qui sont de toutes les associations caritatives ou drôlement chouettes pour aider son prochain. On les voit à la télévision ou dans la Presse Quotidienne Régionale, la fameuse PQR, toujours enthousiastes et prêts à s’adonner à la première bêtise à la mode, que ce soit psycho machin chose ou spiritualo-pouèt pouèt.

    On me l’a souvent dit, je n’ai guère de respect pour les cheveux gris qui confondent sans cesse leur expérience avec l’accumulation de leurs erreurs tout du long de leur existence. Je suis sans doute victime de mes mauvaises lectures, de mon mauvais esprit, et si ça se trouve j’ai mauvaise haleine.

  • « C'est (pas toujours) que du bonheur » : les français et leur télé

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    Les français et leur télévision : C'est une relation de haine/amour qui dure. Les français ont toujours râlé, ronchonné, à cause de ce que l'étrange lucarne leur fait voir. Les courriers de téléspectateurs mécontents ou obséquieux ont afflué vers les chaînes de télévision depuis la création de la télévision en France, pour raisons diverses et variées, généralement les épistoliers étaient modestes et ne signaient pas leur missive surtout quand celle-ci était haineuse ou injurieuse, la délation épistolaire est semble-t-il un des sports national parmi les plus pratiqués depuis les années 1940 dans notre beau pays.

    image tirée de l'affiche du film "Poltergeist" ci-dessous prise ici

    poltergeist-tv-with-little-girl.jpgBien sûr, plutôt que de se plaindre de la télévision, et de se mettre en colère à cause de ce que l'on y voit, il y avait une solution très simple consistant à tourner le bouton, éteindre son récepteur, et prendre un livre, s'amuser avec ses enfants, s'occuper d'eux plutôt que de les confier à la « nourrice cathodique », qui est la plus prospère des nourrices en France;

    Maintenant, il y a même des émissions de télévision qui parlent de la télévision et qui prétendent donner la parole aux téléspectateurs dans une mise en abyme et en abîmes (de vacuité) du système spectaculaire et marchand français.

    Quand on fait un sondage en France sur ce que les français regardent à la télévision, la plupart affirment sans scrupules trouver que Arte et les chaînes culturelles en général sont les plus intéressantes. Bien sûr, il suffit de comparer ces pourcentages avec les taux d'audience moyens de la chaîne franco-allemande, au même niveau que la mire, pour comprendre que les sondés sont toujours un rien hypocrites, sauf quand le sondage est virtuel et le sondé anonyme.

    Même dans ce cas, le sondé fait des reproches manquant de franchise quant à ce qu'il regarde, voir la question 10 de ce sondage très intéressant, et effrayant quand on voit le nombre d'heures passées devant la télévision en France.

    Car les chaînes les plus regardées sont celles qui pratiquent le plus de racolage : séries américaines violentes, sordides et trash séries françaises dégoulinantes de bons sentiments, et du consensus gentillet et vaguement humanitariste de l'époque (« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » dans le petit monde du consumérisme), magasines de reportages flattant la confrérie des « serreurs de fesses affolés » dans leurs peurs (le serreur de fesses effarés laissera le pauvre type ou la pauvre fille qu'il voit se faire agresser dans la rue se faire agresser, mais cela ne l'empêche pas de râler ensuite devant son écran, ce qui lui évite de se poser des questions sur sa propre lâcheté), ou leur voyeurisme sordide avec alibi moral (on prétend dénoncer la prostitution pour mieux se rincer l'œil), ou le commérage confondu avec journalisme, n'importe quel imbécile pouvant espérer son quart d'heure de célébrité, même si complètement banal.

     

    Les moyens techniques modernes ont permis au commérage de s'étendre encore un peu plus rapidement qu'avant, il n'y a plus besoin de concierges, réputées ragoteuses, puisque tout un chacun « grâce » son ordinateur ou son « smartphone » peut le devenir et propager des bruits qui courent de plus en plus vite sur tel ou tel sans que personne, la plupart du temps, ne songe à vérifier ces bruits de couloir nauséabond ou de corridor puant.

    Cela n'a guère changé depuis Desproges qui en disait ceci dans « les Chroniques de la Haine ordinaire » :

    « Elle est sale, elle est glauque et grise, insidieuse et sournoise, d'autant plus meurtrière qu'elle est impalpable.

    On ne peut pas l'étrangler.

    Elle glisse entre les doigts comme la muqueuse immonde autour de l'anguille morte. Elle sent. Elle pue. Elle souille. C'est la rumeur. Répondez-moi franchement: Est-ce que, oui ou non, j'ai l'air contagieux ? »

    Les français affirment, en privé, au travail, sur Internet, détester les « zoos humains » modernes appelés à tort « téléréalité » mais ces émissions sont parmi les plus regardées, le spectateur s'esbaudissant maintenant de sa propre médiocrité, de sa banalité et des platitudes que les participants de ces shows sortent au kilomètre, des platitudes souvent entrés dans le langage courant comme « C'est clair » au moment du premier « Loft story », ou « c'est que du bonheur » ou les superlatifs utilisés n'importe comment, tout devenant « trop » depuis « Star Academy » ou une « aventure » (à lire à ce lien ce sondage qui fait le lien entre les taux d'audience et l'opinion des sondés sur la télé réalité).

    Quant aux émissions culturelles, elles sont de toutes façons biaisée et tout comme la télé réalité elles réduisent les individus à l'archétype, privilégiant le « bon client » au détriment de la qualité d'intervention, du style ou du fond (surtout pas de fond !..), « Marianne » dans un article de son numéro d'il y a quinze jours décrivait par le menu le cas des émissions littéraires dans lesquelles le livre de l'invité compte beaucoup moins que le sujet qu'il aborde, ses obsessions médiatiques, son personnage, celui qu'il sert au public.

    image tirée de "Vidéodrome" de David Cronenberg prise ici

    19475__videodrome_photo_1.jpgLe « bon client » est un emmerdeur qui fait le buzz en assurant le spectacle, qui engueule le public (qui le hue alors, ce qui fait partie du jeu) ou le caresse dans le sens du poil (et là le public fait « wo oh oh-oh »). Il y a ainsi des « bons clients » quasiment professionnels, le public se fiche complètement au fond du livre qu'ils ont écrit, le public l'achètera, et encore ce n'est pas toujours vrai, du film qu'ils ont tourné, que le public ira voir ou pas.

    C'est comme un casting, et c'est encore mieux si le « bon client » est télé-hygiénique ou qu'au moins il a « une gueule » bien reconnaissable. Chacun a son emploi : la pauvre petite fille riche et névrosée, fille à PapaMaman le plus souvent, qui l'ont pistonné pour trouver qui un éditeur, ou pour qu'elle se fasse inviter un peu partout, qui écrit un livre sur son Œdipe mal vécu ou ses problèmes graves de mondaine trop gâtée, le « réac » de service, un « must » en ce moment, il va de pair avec l'anticapitaliste « indigné » de service, qui est le « réac » de gauche en somme, le « spécialiste en tout » que l'on interroge aussi bien sur la culture des poireaux en Basse-Bretagne que sur le dernier livre de BHL, le philosophe « discount ».

    Il n'y a qu'une conclusion logique, il ne s'agit pas de ne pas regarder du tout la télévision mais d'apprendre à sélectionner et devenir un spectateur enfin actif, et non une « patate de canapé », de se remettre pourquoi pas à lire...

  • La très longue agonie de la France, les copains et les coquins

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     La France vient de perdre son triple A.

    image prise ici

    l-agence-americaine-standard-and-poor-s-a-annonce-ce_626102_460x306.jpgC'était prévisible, mais les politiques d'un bord comme de l'autre ne peuvent s'empêcher de se jeter les uns à la figure des autres leur propre incurie au cours de toutes ces années, alors qu'il conviendrait qu'ils se taisent, par pudeur, et retournent à leurs études. Le fait que cette note secoue autant la classe politique française montre bien à quel point celle-ci dans son ensemble est inféodé aux « marchés...

    A eux, je rappellerai cette citation de Ruy Blas, acte III scène 2 :

    « RUY BLAS Bon appétit, messieurs ! Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon De servir, serviteurs qui pillez la maison »

    A ceux qui mettent tout sur le dos du président actuel, rappelons que par exemple, la LOLF, une des dernière mesures du gouvernement Jospin, eut pour des conséquences sociales importantes.

    Je crois que l'on peut parler à ce sujet de bonnet blanc et de blanc bonnet...

    Et je ne parle même pas des extrêmes qui sont là pour amuser la galerie et faire le spectacle ceci afin de distraire le peuple des vraies questions qui se posent

    Le pays oscille généralement entre deux politiques depuis 1974, un hyper-libéralisme teinté de quelques mesures sociétales et curieusement de quelques scories colbertistes, consistant à placer ses favoris quand on a les manettes du pouvoir en main, quand c'est la droite dite parlementaire qui est au pouvoir, une sociale-démocratie (par ici un résumé intéressant, sans aucun esprit partisan, sur la politique menée depuis mai 1981) surtout marquée par là encore des mesures sociétales phares.

    D'un côté comme de l'autre, on s'entend pourtant pour soutenir la construction de l'Union Européenne sur un socle exclusivement libérale et monétariste, qui a eu pour conséquence une hausse considérable des prix, les uns pour satisfaire les intérêts des marchés financiers, et des multinationales, les autres par aveuglement, idéologie et utopie.

    A ce lien on notera que le PS a cru bon de créer sa propre agence de notations interne...

    A droite comme à gauche, on bombe le torse, on joue les matamores et on se soumettra sans problème aux diktats des agences de notation le moment venu.

    On envie presque la Belgique, qui n'a pas eu de gouvernement depuis des mois, les représentants du peuple n'arrivant pas à s'entendre, le pays a été géré par des personnes qui ont fait preuve de bon sens, ont relancé l'économie, et finalement, la Belgique a rarement été aussi prospère du fait de cet empirisme.

    Et pourtant la France recèle encore un beau rêve, la France c'est Athos coincé dans la cave d'un aubergiste félon, se démenant, se battant comme un beau diable, tout en vidant ladite cave.

    Et la France c'est aussi ce cauchemar qui s'éternise, un géant agonisant sur lequel se nourrissent encore plusieurs espèces de charognards de toutes espèces, de toute taille, chacun selon la peur qu'il inspire à l'autre.

    Les charognards ne comptent pas d'ailleurs arrêter de se goinfrer sur le dos de ce cadavre, ils comptent bien continuer le plus longtemps possible. Il y a les charognards qui emportent les meilleurs morceaux et se servent en premier, et les petits ou tout petits qui se contentent d'un petit peu de restes voire des os que les plus puissants consentent à leur laisser.

    Pour les charognards tout petits, leur attitude serait excusée par le fait qu'ils sont tout petits, mais un charognard petit ou gros est un charognard.

    Mais ni les uns ni les autres n'entendent renoncer à ces morceaux, fussent-ils des bas morceaux, et puis de toutes façons comme tout le monde le fait pourquoi se priver ? Chacun met en avant ses petits ou ses grands privilèges, ses prérogatives complètement absurdes ou obsolètes en 2012, les présentant comme autant d'acquis inattaquables, et le pire est que ça passe comme une lettre à la poste auprès des citoyens qui sont autant de « cochons de payants ».

    Il ne faut surtout pas que ce « cochon de payant » s'arrête de payer, même si cela doit mener à la précarisation totale de ce qui reste de la classe dite moyenne, à savoir ces ménages qui pouvaient espérer bénéficier encore il y a peu de « l'ascenseur social » et qui savent maintenant que leurs enfants ou petits enfants vivront moins bien qu'eux.

    On se rappelle, c'était il y a peu, de l'attitude des dirigeants syndicaux de Seafrance osant se plaindre de leur sort alors que tous deux propriétaires prospères.

    ?modified_at=1326484311&ratio_x=03&ratio_y=02&width=460Cette République des copains et des coquins n'a pourtant jamais autant aussi marquée, encore maintenant, par la mainmise des idéologies sur à peu près toute la société française, ces idéologies incapables d'empirisme justement, qui ne sont bien qu'un cache-sexe misérable pour des bourgeois vivant sur le dos du pays en train de mourir qui parent leur égoïsme de belles intentions.

    Maintenant, ils ne donnent même plus comme bonne intention hypocrite le fait qu'ils ont le souci du bien commun du pays, car ils ont abandonné tous les symboles nationaux, voire la fierté de la culture française, à d'autres, toutes choses montrées par eux comme ringardes ou symbole du "retour ders z-heures les plus sombres de notre histoire". (TM°)..

    Ce qui domine chez les idéologues c'est leur sectarisme, leur fermeture totale et quasiment complète à tout ce qui n'est pas leur opinion, leur vulgate, leur « doxa » théorique, la plupart du temps très abstraite et sans aucun lien avec le réel.

    J'entends déjà leur objection principale à ce texte qu'ils verront comme « poujadiste » car tout texte, tout discours, toute intervention qui remet en cause ne serait-ce qu'un peu leurs privilèges est ou populiste, ou « poujadiste »...

    ci-dessous un message d'espoir

  • Jean-Paul Clébert sur "Aventure littéraire"

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    jean-paul-clebert.56706740.jpgVotre serviteur est sur "Aventure Littéraire" pour parler d'un livre qui évoque une de ses deux villes préférées, à savoir "Paris-Paname", un des rares endroits où l'on ose -où l'on osait ?- "dire son fait au bourgeois, sa fatuité au prétentieux, sa connerie au fat" selon la définition de Forain.

    Ce livre montre que Paris vit encore, et qu'il n'est réservé ni aux nostalgiques d'un Paname ripoliné dans le genre pittoresque ni à la bobolisation, ni à sa provincialisation rapide...

    Jean-Paul Clébert, Paris insolite, Le Seuil collection « Points »

  • Le langage et les djeuns

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     Au risque de passer pour un vieux con...

    La conversation suivante a été entendue à la télévision au zapping de Canal entre deux adolescentes de quinze, seize ans et le journaliste :

    image prise ici

    No_cellphone.jpgTous les propos rapportés ci-dessous ont été traduits du « djeuns » au français pour plus de commodités de lecture.

     Journaliste : « Est-ce que vous utilisez vos portables en cours ? »

    Ado numéro 1 (mèche, jean taille basse, écouteurs « macarons ») : « Ben oui, le portable c'est la liberté »

    Ado numéro 2 (look, voir parenthèses ci-dessus) : « Ouais, à l'école pendant les cours, c'est la prison, avec le portable au moins, on s'évade ».

    Donc, dans cette constatation, on comprend que pour ces deux jeunes filles, la liberté c'est l'esclavage, la soumission à des machines qui permettent de rester constamment relié à son réseau sans pouvoir jamais y échapper, d'être sans cesse repéré par les autres grâce au GPS.

     

    Ce ne sont pas les seuls, la plupart des ados ont un téléphone cellulaire (« téléphone portable » c'est un peu un pléonasme grotesque) qui est à la fois leur objet totem qui indique leur statut au sein du groupe et leur niveau d'intégration dans ce groupe. Les pulsions de révolte elles-mêmes sont délimitées par le groupe, et ces objets repères que l'on se doit de posséder, non pas pour s'en servir à la rigueur mais juste pour les sortir au nez de tous les passants.

    De nos jours, c'est très mal vu d'assumer sa maturité, ou le fait de vieillir. Il faut absolument rester jeune le plus longtemps possible, ou du moins correspondre aux critères de ce que l'on estime correspondre à la jeunesse : se conduire comme une midinette tout juste pubère quand on tombe amoureux, pardon quand on a envie de sortir avec « un mec » ou « une meuf ».

    A ce sujet, continuons notre étude ethnologique de la tribu « djeuns » en commentant une conversation entendue dans un bus entre deux autres adolescentes. Elles avaient toutes deux le même look ou à peu près que décrit plus haut, à savoir qu'elles observaient scrupuleusement les diktats d'habillement ridicules imposés par la pub et les médias.

    Elles parlaient « mecs » en affectant exactement le même air blasé que des quadra ou quinquagénaires ayant des heures de vol :

    Ado numéro 1 : « Et ben moi Éric, je l'ai appelé à 5h30 ce matin mais il n'a pas répondu, c'est trop trop grave (le djeuns aime le superlatif), quand quelqu'un t'appelle, tu réponds, ch'sais pas... »

    Peu au fait des coutumes courtoises en 2012 chez les djeuns, je continuais à écouter

     Ado numéro 2 : « Moi, d'toutes façons, je sors qu'avec des vieux de vingt ans, passqu'ils sont plus mûrs et plus gentils. Kevin, il a vingt-deux ans, y m'appelle « mon bébé », c'est trop mignon, et y veut que je m'habille sexy pour lui »

    Ado numéro 1, extatiquement admirative : « Wouah, j'aimerais bien moi, mais mes darons, y voudraient pas »

    (Car oui, le « djeuns » 2012 affecte de parler le langage des cités dites « sensibles » même s'il est un petit bourgeois de centre-ville)

    image ci-dessous prise ici

    le-langage-djeun-s-mode-d-emploi_b.pngSur les subtilités du langage « djeuns », J'entend cela plusieurs fois par jour autour de moi :

    « Il est dard ».

    Au début, j'ai pensé que c'était une simplification du verlan pour radin mais en fait ça veut dire pleins de choses :

    « Il est bien ».

    « ll est beau », « il est si intelligent », mais se dit aussi de quelqu'un lent à comprendre, « il est bête donc dard » voire fou, « il est dard donc malade ».

    Nan, mais franchement, amis académiciens, littérateurs, arrêtons de casser les pieds à nos chères têtes blondes avec l'accord du participe passé et les classiques des Lettres, ces enfants inventent en ce moment des mots plus simples et beaucoup plus passe-partout. Cela va nous simplifier la vie comme « relou » ou le formidable « ça le fait », de plus en plus employé par les adultes, finissent par s'entendre partout.

    A bas l'imparfait du subjonctif !

    C'est trop « dard » et pas assez !

    La bien-pensance aime bien aussi le slam, du rap sans l'obsession fessière, le sexe et celle du fric, ce qui le rend fréquentable et civiquement utile (pour du bon « care » pour la communauté). Le slam permet aussi au premier lascar venu d'imaginer qu'il a du talent et qu'il sait écrire, et de se faire un peu de thunes pour quelques vers de mirlitons. Et puis financer un atelier de slam c'est pas mal pour les finances publiques, dont on nous serine qu'il faut réduire les déficits pour stabiliser l'Euro,c'est quand même des économies intéressantes, ça évite de payer par exemple deux postes de professeurs de français au lieu d'un et ça donne bonne conscience dans le même mouvement. C'est pratique. Moi, j'ai du mal avec la vision à la fois misérabiliste et angélique de la banlieue que l'on trouve dans les textes de "Grand Corps Malade" par exemple. Pour parler d'une des idoles actuelles des MJC en dehors des champions de macramé.

    Le français, enfin la langue française veux-je dire, est mal barré, le bétail étant persuadé que c'est obsolète de bien s'exprimer et convaincu que les trois-cent trente chaînes qu'il a sur le câble ou le satellite compense son inculture crasse (cela ne l'empêche pas d'avoir des prétentions culturelles car il est sûr pour lui que lire deux ou trois articles sur Wikipédia suffit pour connaître un sujet).

  • Les politiques (mais pas que) comprennent-ils la montée de Marine Le Pen ?

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    Marine le Pen serait à 30% d'intentions de vote selon un sondage pour BFM et « Libération »...

     image prise ici

    Marine-Le-Pen1.jpgEn écoutant pourtant les politiques en parler, en lisant les articles la concernant, des analyses réputées savantes aux constatations triviales, voire aux injures adressées à Marine Le Pen, ou autres allusions parfois peu fines, on se dit que non seulement les politiques, mais aussi les journalistes, les commentateurs et la plupart des analystes se comprennent rien à à la montée du Front National « formule enrichie » avec la fille de son fondateur.

    Ils évoquent sans cesse le pétainisme, le nazisme, les maurrassiens (la doctrine maurrassienne est pourtant très éloignée du populisme de Marine le Pen), un vote protestataire lorsqu'il est question du FN. Croyant lui opposer des arguments énergiques, les commentateurs assimilent sans cesse le FN au NZDAP en 1933, et pourtant, cela ne fait que le renforcer et ne change rien.

    C'est surtout du au mépris des commentateurs envers les « simples » électeurs, mépris et dédain qu'ils ont bien du mal à cacher. Ils nous expliquent doctement qu'il faut bien éduquer le peuple et le guider vers les cimes ensoleillées du progrès,

    Le Front National a une histoire chaotique, conglomérat de groupuscules divers d'extrême droite, des « soldats perdus » de « l'Algérie Française », des nostalgiques de Vichy, des gaullistes déçus, d'anciens militants de gauche.

    La plupart du temps ennemis et prônant des opinions contradictoires sur divers sujets, ces groupuscules se fédèrent autour de la personne fondamentale pour eux du chef, d'où la difficulté pour certains historiques du parti d'adhérer à la nouvelle direction prônée par Marine le Pen qui, contrairement à son père qui se contentait d'être « l'épouvantail utile » de la Vème République, veut arriver jusque sous les ors du pouvoir.

    Il est fondé en 1972 et fait suite au mouvement « Ordre Nouveau », permettant de présenter des candidats aux législatives de 1973.

    Il commence à engranger des voix en 1984, suite aux élections européennes, car c'est principalement le fait que l'Europe se construit sans demander son avis au peuple français qui fait progresser le Pen. Et c'est une trentaine de députés qui entrent à l'Assemblée Nationale en 1986 suite à l'utilisation de la proportionnelle par François Mitterrand, stratégie dangereuse qu'il utilisa pour rabaisser le succès électoral prévisible de la droite.

    Le Front National ne serait pas un parti républicain comme nous le dit « Indignator » (TM°) un peu partout dans les médias...

    On peut se demander ce qu'est un parti républicain, qui décide ce que c'est, et si le Front National souhaite vraiment l'anéantissement de la Vème République.

    Cela part en fait du dogme politique suivant, en France du moins, qui veut que le Bien se situe principalement à gauche et dans les idées de gauche. Ce n'est pas seulement à gauche qu'on le pense, mais aussi du côté de la droite dite parlementaire où l'on envie plus les capacités à l'utopie et l'abstraction sociale, les intellectuels « de gauche ».

    Du côté de la droite parlementaire l'on raille les « bobos », les « z-intellos » et tous ces prétentieux, mais au fond on les jalouse, bien à tort.

    A gauche, lorsque l'on parle du Front National sans les traiter de nazis, fââchiistes et autres noms d'oiseaux, on est immédiatement suspecté de rouler pour Marine le Pen, sans comprendre que les électeurs de celle-ci s'en fichent complètement de ce genre d'injures, qu'elles les poussent au contraire à se radicaliser.

    Et ce n'est pas en les injuriant qu'on les poussera à s'ouvrir à d'autres cultures, comme ce n'est pas en faisant preuve d'angélisme systématique face aux incivilités commises par des « français de première ou deuxième génération », ou d'aveuglement, qu'on les encouragera à une éducation citoyenne quelle qu'elle soit.

    En France un intellectuel se doit de se situer à gauche, c'est inscrit dans le marbre depuis l'Affaire Dreyfus, un intellectuel s'inscrivant à droite serait vite soupçonné des pires intentions, et perçu comme un nostalgique des ordres noirs :

    Fi donc de Raymond Aron, de Barrès, dont la lecture en 2012 est encore adapté aux préoccupations de l'époque, sans oublier des historiens comme Jacques Bainville ou Pierre Gaxotte (relayés à notre époque par François Bluche, historien du « Grand Siècle », Jean Meyer ou Reynald Secher dont il faut lire le livre sur le « mémoricide » et les indignations historiques sélectives à commencer par l'épuration politique effectuée en Vendée en 1793).

    De nos jours, on aurait pu citer Éric Zemmour, mais il est marqué, du moins le croit-il, du sceau de l'infamie d'une suspicion de racisme donc de fââchiisme.

    Les commentateurs peuvent continuer à nous rejouer le refrain du risque de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire. C'est plus commode, cela évite la remise en cause, l'incurie face aux réponses à apporter à toutes les problématiques que la montée de Marine le Pen met en lumière.

  • "Nationale 7" - un regard plus juste sur le handicap qu'"Intouchables"

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    Je n'irai pas voir "Intouchables", je lirai peut-être cependant le livre de Pozzo di Borgo dont il est occulté partout dans les médias qu'il est fervent catholique. Par contre, je recommande "Nationale 7" qui parle d'un handicapé qui n'est pas un émule des Bisounours dans le film sus-cité, un être humain quoi, avec ses failles.

    L'histoire du film

    voir ci-dessous la Bande-Annonce

  • Pendant les massacres, le silence continue...

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    Cet article auquel je tiens tout particulièrement est aussi sur Agoravox

     Plusieurs dimanches, dans plusieurs messes de paroisses, on a pu entendre comme intention de prières parmi d'autres plus anodines comme à l'accoutumée :

    image prise ici

    arton24387-2d153.jpg« Prions pour Mohamed Bouazizi, pour que son sacrifice ne soit pas vain ». On constatera le manque de recul, le jeune homme qui s'est immolé par le feu ne l'a pas forcément fait par réel esprit de sacrifice politique ou idéologique, de plus c'est un suicide, depuis quand le suicide est-il un acte de charité en somme ?

     La mort de Mohamed Bouazizi c'est un peu comme celle du Chevalier de la Barre, les causes de la mort violente de ces deux hommes, bien souvent fort différentes de celles retenues par la mythologie politique, sont généralement plus prosaïques et moins glorieuses.

     L'histoire qui est faite par les vainqueurs et qui leur permet le plus souvent d'asseoir et justifier leur pouvoir, ainsi la bourgeoisie après 1789, ainsi les islamistes et les salafistes après les élections dans les pays ayant connu le « printemps arabe », retient ce qui convient aux nouveaux dirigeants généralement, que leurs partisans soient de l'intérieur ou de l'extérieur de leurs pays.

     Dans le cas du Chevalier de la Barre, une affaire fondatrice de la gauche française, tout comme l'Affaire Dreyfus, ce n'est pas exactement du fait qu'il n'ait pas soulevé son chapeau lors du procession religieuse qui fut la cause de son exécution, mais deux facteurs :

     Le chevalier avait couché avec la femme d'un de ses juges, qui l'apprenant, chargea l'accusé autant qu'il put, se vengeant d'être cocu, et c'était l'époque où les parlements qui avaient bloqués de nombreuses réformes cherchaient à faire du zèle pour se faire bien voir du pouvoir et surtout conserver leurs charges et les avantages afférents.

     Ce n'est pas qu'en tant que croyant l'on ne doive pas prier pour Mohamed Bouazizi, mais il est dommage que par ailleurs, il n'y ait aucune allusion, aucun mot pour évoquer les chrétiens, catholiques ou non d'ailleurs, persécutés un peu partout dans le monde parce qu'ils sont chrétiens, massacrés même, comme au Nigéria en ce moment, surtout de la part des autres chrétiens.

     Je ne parle même pas du sort des chrétiens palestiniens qui subissent la double peine : Pris pour des traîtres potentiels par les dirigeants du Hamas et une part croissante de la population du fait de leur statut minoritaire, et aussi du fait de la participation d'un grand nombre à la création, ils sont de plus considérés comme des terroristes possibles par les israéliens.

     Ils ont en plus à subir, cerise sur le gâteau, l'ignorance de 99% des pèlerins se rendant en « Terre Sainte » quant à leurs rites, leur histoire, leurs traditions, leurs souffrances aussi qui ne soupçonnent même pas l'existence de ces chrétiens à Jérusalem, Bethléem ou Nazareth, pour eux les arabes étant tous musulmans. Je me souviens de ces membres de communautés dites nouvelles ne faisant même pas l'effort d'apprendre ne serait-ce que quelques mots d'arabe alors que vivant côté palestinien.

     J'évoquerai également le cas des chrétiens d'Irak ou des coptes, qui ont fêté un Noël sous tension, mais plutôt que d'attaques contre les chrétiens égyptiens, l'on préfère mentionner des affrontements inter-communautaires ou inter-religieux. Il n'y a pas qu'au Proche et au Moyen Orient, cela a lieu aussi en Indonésie il y a quelques années ou au Vietnam, ou encore au Darfour où animistes et chrétiens ont été massacrés car chrétiens ou animistes.

     C'est plus plus confortable et moins risqué de ne pas en parler, de laisser ces évènements sous le boisseau. Et c'est quand même étrange ces indignations très sélectives qui évoquent avec raison, certes, certains évènements tragiques mais ne s'intéressent jamais à ces autres faits tout aussi tragiques.

     L'exil des chrétiens palestiniens que cela entraine sert d'ailleurs les intérêts des nationalistes israéliens les plus sionistes, les plus religieux, d'abord et avant tout, tout comme la radicalisation des dirigeants palestiniens. Cela permet de les montrer comme fanatiques pour mieux leur faire la guerre.

     En Occident, la plupart des anti-sionistes ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez ne font finalement que justifier le pan-sionisme plutôt que le combattre.

     Aimer son prochain comme soi-même, ce n'est pas difficile quand le prochain est loin et qu'on le connaît peu, mais cela commence par aimer celui qui est le plus proche, ce qui est parfois le plus difficile certes.

     Un chrétien du Nigeria, un chrétien du Proche ou du Moyen Orient ou d'ailleurs, catholique ou pas, est un frère, une sœur, dans la foi pour les croyants occidentaux, Pourtant, c'est surtout leur silence qui domine, un silence tout en indifférence qui fait plus que friser l'indécence, et ce depuis longtemps en France, excepté l'Oeuvre d'Orient, qui reste trop méconnue, ou l'A.E.D (Aide à l'Église en Détresse).

     Soyons bien clair, il ne s'agit pas de prendre forcément une position victimaire mais simplement que l'on reconnaisse, au moins chez les chrétiens occidentaux, le sort funeste que connaisse en ce moment les chrétiens d'Orient et d'ailleurs.

    image d'une religieuse palestinienne prise ici

    64078dc0-e921-11df-ad88-fcd3af595100.jpgQue le reste de la société y soit indifférent voire s'en réjouisse comme d'un retour de bâton mérité pour les chrétiens, c'est malheureusement presque logique, c'est dû généralement à un mélange de haine antichrétienne, ces empêcheurs de jouir de la consommation des choses et des personnes en rond, de lâcheté aussi, par peur de devoir répondre de la défense que l'on prendrait des chrétiens, par angélisme, et par la crainte de « stigmatiser » selon le terme paradoxalement religieux employé pour en parler, des personnes de même confession que les massacreurs dans les pays poursuivant les chrétiens de leur vindicte.

     Il y a aussi cette attitude consistant à voir dans toute critique de l'Islam et des comportements de certains de ses croyants des relents de colonialisme, comme si considérant les musulmans seulement sous l'angle angélique, comme si n'étant pas vraiment humains donc, il n'était pas capable des mêmes travers que tous les autres êtres humains et ce quelle que soit leur origine, leur foi, ou leur incroyance.

    image du Saint Sépulcre prise ici

    3379-ART_460_LARGE-L1-1036-L2-1036-8931.jpgEnfin, ce n'est pas exactement que dans nos sociétés, les chrétiens connaissent une persécution violente et brutale, marquée par la coercition, mais il en existe une beaucoup plus insidieuse, jouant principalement sur la dérision facile envers la foi chrétienne.

    Ce n'est même pas le blasphème qui est à remettre en cause, souvent c'est finalement un signe de foi car celui qui est indifférent à la religion n'a nul besoin de blasphémer, puisqu'il s'en fiche.

     Se dire chrétien dans notre société, à plus forte raison catholique, suscite surtout la risée, la moquerie, la méfiance, le tout n'étant pas affirmé de face, mais cela suffit pour perdre des amitiés et relations, voire même des pistes professionnelles.

     Pour moi, défendre ces chrétiens, les évoquer, tenter de provoquer une prise de conscience quant à leur sort, c'est aussi les remercier de l'accueil reçu en particulier gràce à eux à Jérusalem, Ramallah, Jénine, Naplouse et dans le petit village de Zababdeh, un accueil qui n'a pas besoin de grandes déclarations d'intention comme trop souvent en France, pour les remercier de leur joie, de leur ferveur sans ostentation pénible.

  • Adresse aux donneurs de conseils aux célibataires

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    ditavonteese2.jpg

    On parle aussi des célibataires sur Agoravox

    Ci-contre une jeune femme qui adore les célibataires

    Il y a deux catégories de personnes qui peuvent donner des conseils :
    Celles qui vous aiment, qui le font toujours avec bienveillance et affection, sans pour autant manquer de fermeté et de clarté, et celles qui le font dans votre dos, et non sans une malveillance insidieuse toujours extrêmement pénible, qui ressemble au cancanement des vieilles commères, aux ragots, à la rumeur en général, cette vieille salope. Ragoter, provoquer les rumeurs, cancaner avec malveillance, c'est l'alliance, qui a toujours existé hélas, et qui s'étend un peu plus maintenant, de la sottise et de la haine de l'autre.
    Les célibataires n'ont jamais été aussi nombreux en France, où la solitude est un des pires maux actuels. Car on a beau être tous reliés les uns aux autres dans un grand village global, baignant dans une grande confraternité, les gens seuls sont un plus seuls qu'avant car bien souvent, ils ne peuvent compter ni sur le lien communautaire, complètement explosé, ni même sur les points de repère traditionnels, comme la famille, à de rares exceptions.
    Je fais un vœu pieux, que les donneurs de conseils avisés par la bande (bien sûr, forcément avisés) aux célibataires, ferment un jour leur grande gueule. Mais hélas, je pense que cela restera un vœu pieux.
    On remarque que le donneur de conseils le fait rarement en face, et qu'il invite rarement le/la célibataire pour au moins soulager la solitude de ce/cette dernier/dernière.
    Car il ne faut pas déconner, sa sollicitude, au donneur de conseils, ne va pas si loin.
    Nota Bene : Curieusement les donneurs de leçons semblent oublier le numéro de téléphone, le mail ou l'adresse postale personnels du célibataire que l'on ne contacte pas car on a souvent peur au fond qu'il, elle ne jette sa solitude à la figure du couple...
    Généralement, ce genre de conseils cache surtout le fait que l'on a du mal à supporter le célibataire qui ne fait pas "comme tout le monde", et faire comme tout le monde, c'est être en couple avec la voiture, le chien, et le reste, comme les bonnes gens ne supportent pas les « dilettantes », comme on les appelle, qui donnent l'impression de faire sans effort ce qu'eux font très laborieusement.
    Je ne vous parle donc pas du cas des célibataires dilettantes !
    Ce qui est son crime principal aux yeux des gens qui conservent les anciens préjugés :
    Un vieux garçon, ça cache forcément quelque chose de louche, de rance.
    Une vieille fille aussi, et quand elle est séduisante, qu'elle a même « du chien », c'est forcément une femme dangereuse, une fille de mauvaise vie
    Les célibataires sont "ci ou ça", ils devraient "faire ci ou ça", ils "devraient voir du monde", ils "devraient s'occuper" ou encore "il n'y a pas qu'Internet dans la vie" ou enfin "ils devraient faire comme notre ami" untel, celui dont on donne le cas en généralité.
    Et bien sûr les donneurs de conseils oublient toujours qu'il vaut mieux être un célibataire à 5000 Euros par mois qu'à un peu plus du SMIC, surtout dans une société où avoir de l'argent est fondamental pour être considéré, loin devant tout le reste, qui est accessoire ...
    Curieusement, l'argent rend séduisant nombre de célibataires ou d'anciens célibataires soudain irrésistibles, y compris pour les couples mariés se mettant à les inviter, ou les reconnaissant dans la rue. Un célibataire autrefois vieux garçon insupportable, quand il végétait, devient ou redevient un célibattant tellement séduisant si la fortune lui sourit de nouveau.
    Les célibataires riches sont d'ailleurs très bien considérés aussi et surtout du fait de leur pouvoir d'achat élevé ce qui est la seule valeur considérée dans notre société hyper-consumériste.
    A ce lien, on constate que ça rapporte beaucoup d'argent...
    Ils représentent donc un business lucratif, vendre de l'amour ou du désir d'amour, le tout marchandisé comme le reste ça rapporte, et pas seulement pour les sites de rencontres en tout genres qui fleurissent sur le réseau, matrimoniaux ou pas, ou pour les « coachs » de tout styles, laïcs, religieux, sentimentaux, spiritualo-pouèt pouèt etc...
    Ces « coachs » ne font que bien souvent énoncer de grandes et belles généralités, qui consolent les célibataires, ou l'enterrent un peu plus, oubliant quelques petits éléments de bon sens : la solitude ne naît pas parce que les célibataires sont ou « trop ci » ou « trop ça » dans leurs caractères, elle naît aussi d'un manque de stabilité professionnelle, d'une inadéquation entre leur appétence à telle ou telle chose et leur métier.
    Elle naît aussi du culte insupportable de l'apparence, auquel tous se conforme, franchement ou pas d'ailleurs. La plupart des gens diront qu'ils s'en fichent, mais c'est la première chose qui leur importe, et parfois la seule, ne rêvons pas.
    Et aider les célibataires à mûrir affectivement ou socialement, car ils en ont parfois besoin, c'est finalement l'aider à être lui-même, elle-même, pleinement, ce qui la seule manière au fond de lui donner une chance de trouver, peut-être, car ça n'a rien d'obligatoire, l'âme sœur, en surmontant ainsi ses blocages.

    image ci-dessous prise ici
    41785_318127646809_5381020_n.jpgAlors oui, bien sûr, le célibataire semble parfois faible, plus en demande de sa famille, de ses amis, car il est seul et que sa solitude lui pèse, et que les personnes en demande font peur dans notre société, ce qui n'est certes pas nouveau, l'égoïsme et l'individualisme ayant toujours existé, mais à des degrés moindres.
    Mais on peut toujours rêver quant à leur capacité à fermer leur grande bouche, ces donneurs de conseils z-avisés...
    Bien souvent on donne en exemple au célibataire une vieille fille ou un vieux garçon dans le genre hyper-actif, qui trompe sa frustration sexuelle en sombrant dans l'hyperactivité ne trompe personne, en aidant les chtits n'enfants de pauvres ou en faisant chanter les chtits n'enfants de riches, que sais-je encore.
    On dit généralement de ce "célibattant", "célibattante" qu'elle, il est « tellement dynamique », « tellement pétulant/e » pour mieux la/le plaindre ensuite avec une hypocrisie toute en componction mielleuse.
    Si on voit ce que je veux dire.
    Ou alors on porte aux nues un gentil et bien joli couple où le mari est tellement dynamique « avec les jeunes » et l'épouse tellement admirâââble avec ses gosses, toute cette joliesse camouflant la plupart du temps, je n'ai pas dit tout le temps, une ou deux névroses bien solides.
    Pour ma part, je suis célibataire, oui, et ne te dirai pas, cher donneur de leçons, ce que tu peux en faire de tes conseils, ceci afin de rester courtois.


    Seul et célibataire -Les Fatals Picards- par troisquatre

  • Ni droite, ni gauche bien au contraire

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     Rappelons que le texte ci-dessous est écrit par un auteur qui s’est fait traiter de « gauchiste » par des militants de droite radicale du fait de son mépris du libéralisme et du darwinisme social qu’il entraine, et qui se fait régulièrement incendier, moralement, comme fââchiiiste par des militants de gauche fondamentalistes, pro-palestinien et islamophile pour les pro-sionistes et suppôt des Rothschild voire du Mossad pour les antisionistes affichés.

    facade-palais-bourbon.jpgCela me met toujours en joie dois-je avouer ces militants qui ne veulent surtout pas réfléchir par eux-mêmes préférant énoncer deux ou trois slogans ronflants qui donnent de leurs personnes une image flatteuse.

    En ce moment, il est de bon ton de se dire ni de droite ni de gauche, que c’est obsolète. Certes, au départ, ça ne voulait pas dire grand-chose, les plus révolutionnaires de l’Assemblée Nationale s’asseyaient à gauche de l’hémicycle tandis que les réformistes s’installaient à droite, et ceux qui ne savaient pas trop où ils en étaient au centre, qui choisissaient toujours le bon côté du manche ensuite, et qu’on appelait le « marais ».

    Mais finalement, tout le monde était d’accord sur les mêmes principes à appliquer dans la société pour que l’être humain enfin libéré de ses chaînes, du moins le croyait-on, connaisse un bonheur sans fin.

    L’on pensait aussi qu’il suffisait d’écrire de grandes et belles intentions pour que celles-ci se réalisent, de rédiger des lois d’une grande générosité pour qu’elles deviennent effectives le lendemain même. Du moins quant  à ceux parmi les révolutionnaires qui étaient sincères dans leurs idéaux.

    Pour les autres, qui étaient en majorité des bourgeois, il s’agissait surtout de prendre le pouvoir et de justifier le nouveau pouvoir de la classe dominante émergente. Les bourgeois nous jouent encore la comédie de leur apitoiement de dame patronnesse, de bons apôtres, de l’engagement de gôche sincère et qualifié (note personnelle : c’est quand même effarant le nombre de propriétaires de biens mobiliers de grande valeur parmi les bourgeois de gôche concernés et tout).

    Des révolutionnaires, la classe politique française de droite comme de gauche mais aussi les citoyens, les électeurs, ont gardé cette idée que les choses peuvent changer d’un trait de plume sans se soucier plus que ça du réel qui n’a aucune importance au bout du compte.

    Les choses changent parce qu’on le décide même si cela ne tient absolument pas compte de la nature humaine qui ne se distingue pas comme chacun sait par sa générosité, son altruisme, excepté un bon saint Bernard, mon beau-frère Jean-Claude, le Dalaï Lama ou Saint Stéphane Hessel, le saint patron de l’humanitarisme mollasson des années 2000.

    Depuis « l’Affaire Dreyfus », l’histoire officielle retient que les intellectuels dignes de ce nom ne peuvent être que des intellectuels, des artistes, des écrivains, engagés à gauche. Ils oublient en passant tout un pan de la littérature politique française, dont Jacques Bainville, Maurice Barrès, qui n’avait rien d’un purotin, Barbey lui-même, Léon Bloy, Bernanos avant et après « les Grands Cimetières sous la lune ».

    Desproges rappelait que Raymond Aron qui se disait « ni de droite, ni de gauche » était  finalement de droite. Tout comme on sait que le mouvement des « indignés » qui se déclare apolitique au départ  et hors de toute influence partisane quelle qu’elle soit est une émanation des anciens groupuscules d’extrême gauche qui ont vu là de nouveaux débouchés et de nouveaux adeptes recrutés sur la base de slogans bien saignants qui ne mangent pas de pain...

    On a parlé de slogans, ceux qui croient avoir besoin de déclarer droite et gauche obsolète se trompent, il y a longtemps qu’il n’est plus question d’idées, mais que tout cela est lié au culte de l’apparence, de l’image renvoyé, toutes choses communes dans la société spectaculaire marchande, il ne s’agit même pas d’être sincère, cela ne choque pas grand-monde qu’une bonne âme qui joue les Saint Vincent de Paul laïcs bouffe finalement à tous les râteliers sans aucune cohérence d’opinions, par exemple.

    Il ne s’agit que de donner le change et danser au-dessus du volcan en attendant l’éruption. Cependant, les idées ont un sens, être de gauche ou de droite en a un, ce n’est pas du tout la même vision de la société même si c’est toujours complexe et qu’une personne de droite peut au fond avoir des idées plus à gauche qu’une personne de gauche elle-même qui peut parfois penser à droite. D’ailleurs à gauche, quand il s’agit du porte-monnaie, on pense toujours à droite, on est toujours conservateur. 

  • Le retour des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°) en Hongrie

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     Les beaux esprits nous avaient pourtant avertis, les intégristes chrétiens, surtout catholiques, sont bien plus dangereux que tous les autres intégristes.

    On vous l'avait bien dit nous disent-ils, déjà qu'en France, ils nous empêchent de provoquer dans la soie au théâtre ou ailleurs, voilà qu'en Hongrie ils se mettent à réagir contre la crise de sens que connaît actuellement toute l'Europe, et provoqueraient même selon le terme utilisé par un article sur Rue89 une dérive autoritaire poussant les consciences progressistes hongroises à « pleurer de rage ».

    image de Viktor Orban prise ici

     

    le-premier-ministre-viktor-orban-a-inaugure-l-exposition-qui-glorifie-la-nouvelle-constitution-pho.jpgLes beaux esprits nous le disent pourtant sur tous les tons depuis quelques décennies, il n'y a pas de crise morale, il n'y a pas de crise des valeurs ou de crise de société. Toute nostalgie affichée, même avec quelque nuances, du lien social qui existait auparavant est aussitôt raillé, conspué, vilipendé, traîné dans la boue.

     

    Ils n'hésitent pas à évoquer pour certains la renaissance d'un catho-fascisme...

     

    Viktor Orban, l'un d'eux, un de ces chrétiens, un anti-communiste en plus, a-t-on idée, un ancien dissident, proclame que l'avortement n'est pas un droit de l'homme.

     

    Et ça aux yeux de nos z-élites, c'est un crime impardonnable, tout comme le fait que le Pape actuel ne soit pas un « pape en phase ».

     

    Car l'avortement, dans leurs esprits, n'est pas du tout une mesure d'humanité pour les jeunes filles violées, par exemple, mais un outil afin de se prémunir de grossesses non désirées, ce qui peut toujours arriver même en cas de contraception rigoureuse (car, oui, dans notre société, la grossesse, attendre un enfant, est un risque, une sorte de maladie, de handicap pour les femmes en attendant la parthénogenèse ou la naissance d'enfants en laboratoires).

     

    C'est un outil permettant de pouvoir continuer à jouir un maximum, ce qui est au fond l'idéal de notre société libérale-libertaire, boire, baiser, bouffer, consommer les choses et les gens, car tout est marchandisé en 2012 dans le grand bazar hyper-consumériste.

     

    Les belles consciences ne lui pardonnent pas non plus au fond d'avoir été un opposant au régime communiste en fait, fondant en 68 l'alliance des jeunes démocrates, participant à la table ronde avec le pouvoir communiste.

     

    Un dissident pensent-ils, mais ils n'osent quand même pas trop le dire, ne peut être qu'un partisan des ordres noirs, un réactionnaire, une « vipère lubrique » (selon le terme généralement employé lors des procès de Moscou) à la solde de l'impérialisme.

     

    Et finalement, pour les belles consciences, un anti-communiste est toujours « un chien », selon la formule assez ignoble de Sartre.

     

    Voilà Orban comparé à l'amiral Horthy, ami des nazis, et à Ràkosi, ami de Staline et du stalinisme.

    Ci-dessous, photo de Viktor Orban jeune prise au moment de sa dissidence, prise ici

     

    Features-Fischer.jpgOn le promet au pilori, car il commet un double crime, il est aussi nationaliste, et anti-européen, contre la mainmise technocratique sur son pays donc.

     

    En passant, je sais que ce n'est pas bien de comparer le stalinisme et le nazisme, deux abominations pourtant ayant conduit à des massacres atroces dans les deux cas, car le stalinisme partait d'une bonne intention qui était d'apporter le bonheur marxiste au monde entier, bonne intention hélas perdue en chemin, le goulag, les internements abusifs en hôpital psychiatrique étant des dérives malheureuses, tout comme les massacres commis pendant la Vendée militaire en 1793 étaient des évènements bien tristes mais inévitables du fait de l'entêtement des paysans vendéens, ces « brigands ».

     

    On oublie souvent que le décret du 14 Août 1793 fût la première décision prise par un gouvernement moderne, ou se voulant tel, décidant de l'éradication systématique et rationalisé d'un groupe religieux et politique, hommes, femmes et enfants..

     

    On note quand même que les belles consciences qui se sont enthousiasmé sans commune mesure pour le pseudo « printemps arabe », qui n'a pas vraiment eu lieu, feignent également de ne pas voir que ce sont les islamistes, « modérés ou pas, qui ont tous remporté les élections du Maghreb au Machrek, promettant pour certains l'établissement d'un califat arabe, ainsi le nouveau premier ministre de Tunisie après la victoire d'Enhada aux élections (rappelons que les beaux esprits disaient Enhada ultra-minoritaire avant celles-ci), donc d'un régime théocratique autrement plus dangereux que la Hongrie de Viktor Orban.

     

    Pour être équitable, on pourrait parler aussi de l'emprise de plus en plus prégnante des partis religieux ultra-conservateurs sur la politique israélienne, et du silence quasi-totale sur cette question dans les médias (excepté peut-être un article dans le « Marianne » de cette semaine sur la ségrégation imposée au femmes dans les bus de Jérusalem).

     

    Mais ça il ne faut pas le dire, ce serait faire preuve de néo-colonialisme. Et au fond dans l'esprit des belles consciences, les musulmans sont tous des fanatiques qui ne méritent pas encore une démocratie bien réelle.

     

    Alors oui, certes, certains catholiques me diront, mais « j'ai des amis communistes, j'ai des amis de gauche, voire libéraux-libertaires, ils nous arrivent même de nous taper sur les cuisses, dans le dos ou ailleurs et ils sont bien gentils ». Mais, chers amis catholiques, encouragez les donc vos amis à parler de religion, en particulier chrétienne, vous m'en direz des nouvelles...

     

  • Les réactions qui viennent...

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     Actuellement, l'esprit critique n'est pas tellement bien considéré, il est même plutôt rejeté dans les limbes des fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°).

    photo de Jean-Pax Méfret qui aurait été vedette des variétés françaises si Tixier-Vignancourt avait été élu en 1965 prise ici

    113891604.jpgNe parlons pas de l'esprit de réaction à l'époque, à la société, au monde. Du ou de la réactionnaire, on dira qu'il n'aime pas son époque, ce qui ne mange pas de pain, dans le meilleur des cas.

     

    Bien sûr, je ne parle pas ici des « réacs », cathos ou pas, de droite ou de gauche (notons que l'on connait peu de « réacs de gauche », excepté peut-être Mélenchon ou Nathalie Arthaud, ceux qui jouent ce rôle par ailleurs s'avérant très vite très consensuels), qui sont des « réacs de service » qui sont là pour amuser la galerie et faire mine de respecter un certain pluralisme d'opinions au sein du grand cirque libéral et spectaculaire.

    Comme il y a des « cathos de service » qui oscillent entre la naïveté et l'autoflagellation et qui ont peur au fond d'être juste un peu plus en cohérence avec un ou deux idéaux face à un monde foncièrement inique.

    Car les opinions exprimées par le, la, réactionnaire entrainent assez vite un tombereau d'injures, d'immondices, d'allusions fielleuses et de haine sans limites.

    On a un peu de mal à comprendre d'ailleurs.

    Car les mêmes qui prônent la liberté d'expression à tout les vents se montrent aussi tranchants qu'un inquisiteur albigeois dés que l'on contredit leurs dogmes idéologiques de pensée et de réflexion.

    C'est curieux, n'est-ce pas ?

    Mais au fond, ce qui anime ces beaux esprits ce n'est pas une révolte pure et altière pour défendre quelque idéal, il s'agit surtout de colère du fait de la révélation de leur hypocrisie foncière qui est qu'au fond ils cherchent surtout à profiter jusqu'à la dernière goutte du système en maintenant un paravent hypocrite tissé de bonnes intentions grandiloquentes et de grandes déclarations fracassantes creuses ceci afin de camoufler leurs motivations réelles beaucoup moins claires.

    Ce qui domine dans le milieu intellectuel, enfin, c'est eux qui l'affirment, pensant comme il faut, c'est le principe de cooptation, la moralité au fond de bande, de horde où tout le monde se protège et protège les intérêts de la tribu à condition bien sûr que les moins puissants fayotent le plus obséquieusement possible avec ceux qui disposent réellement du pouvoir, et qui ne sont pas les politiques tant s'en faut contrairement à ce que beaucoup feignent de croire.

    Comment peut-on réellement penser qu'un Sarkozy, un Hollande, une Joly, un Mélenchon, une Le Pen puissent avoir une incidence réelle et concrète sur l'économie hyper-libérale sur-mondialisée ?

    On me dira, chez les idéologues, ou les admirateurs de leurs « grands » hommes, « grandes » femmes, celui-ci, celle-ci, se considère déjà à la base comme un sauveur, l'incarnation du Messie, ayant comme ils le disent tous, y compris les candidats à 1% comme Nicolas Dupondt-Aignan « un destin », mais qui n'est qu'un seul et unique destin, qui ne sera jamais dans leur esprit relié au destin national comme cela a pu arriver dans l'histoire de France auparavant.

     

    Qu'est-ce à dire ?

     

    Que finalement la plupart des gens veulent bénéficier des mêmes avantages et privilèges indus que les privilégiés, que le but final de cette société que l'on soit de gauche, de droite au centre ou sur les bords c'est de s'enrichir et de claquer son argent de la manière la plus ostentatoire.

     

    Tout contradiction au consensus mou actuel sur l'humanitarisme très léger qui surnage de nos jours est pourtant, malgré toutes les collusions répugnantes, le clientélisme, le népotisme, les bassesses abominables, assimilé à du faachsîîme ou à un compagnonnage avec Marine le Pen, comme toute évocation de la crise morale grave qui secoue actuellement nos pays, à la base au fond de la plupart des problèmes actuels, de la perte de sens, de décence aussi.

     

    Ces beaux esprits en reviennent toujours aux mêmes discours vagues et un rien vasouilleux, car faciles au fond, qui consistent à faire du contradicteur, du réac un nazillon, un nostalgique des ordres noirs...

     

    Ils ne se rendent pas compte du ras le bol qui grossit de plus en plus chaque jour, et qui va continuer à le faire durant la récession économique face à leur incurie et leur déni du réel et aussi le fait qu'ils sont bloqués en politique en 1945.

     

    En conclusion, cette citation d'un réac flamboyant anti-bourgeois et au style formidable, Léon Bloy, splendide mendiant éructant qui n'a pas eu peur toute sa vie durant de se mettre à dos les belles consciences hypocrites et littéraires de son temps, qui sont pour celles qui le conchiaient toutes oubliées en 2012 :

     « Il est vrai qu’on n’a pas encore abattu toutes les croix, ni remplacé les cérémonies du culte par des spectacles antiques de prostitution.

     On n’a pas non plus tout à fait installé des latrines et des urinoirs publics dans les cathédrales

     ...transformées en tripots ou en salles de café-concert.

     Évidemment, on ne traîne pas assez de prêtres dans les ruisseaux, on ne confie pas assez de jeunes religieuses à la sollicitude maternelle des patronnes de lupanars de barrière.

     On ne pourrit pas assez tôt l’enfance, on n’assomme pas un assez grand nombre de pauvres, on ne se sert pas encore assez du visage paternel comme d’un crachoir ou d’un décrottoir…

     Sans doute. Mais toutes ces choses sont sur nous et peuvent déjà être considérées comme venues puisqu’elles arrivent comme la marée et que rien n’est capable de les endiguer. »

     Léon Bloy, in « Le Désespéré »(1887).

     

  • Léon Bloy parle de 2012

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    14609679.jpg« Il est vrai qu’on n’a pas encore abattu toutes les croix, ni remplacé les cérémonies du culte par des spectacles antiques de prostitution. On n’a pas non plus tout à fait installé des latrines et des urinoirs publics dans les cathédrales

    ...transformées en tripots ou en salles de café-concert.

    Évidemment, on ne traîne pas assez de prêtres dans les ruisseaux, on ne confie pas assez de jeunes religieuses à la sollicitude maternelle des patronnes de lupanars de barrière. On ne pourrit pas assez tôt l’enfance, on n’assomme pas un assez grand nombre de pauvres, on ne se sert pas encore assez du visage paternel comme d’un crachoir ou d’un décrottoir…

    Sans doute. Mais toutes ces choses sont sur nous et peuvent déjà être considérées comme venues puisqu’elles arrivent comme la marée et que rien n’est capable de les endiguer. »

    Léon Bloy, /Le Désespéré/(1887).

    image prise ici

  • Variations sur Jekyll et Hyde

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    image extraite de l'excellente réactualisation de l'histoire faite par Steven Moffat prise ici

    Henry Jekyll était un type très gentil, tout le temps gentil, un peu trop même aux yeux de son entourage.

     Sa gentillesse leur tapait sur les nerfs au fond.

    0807_jekyll.jpgIl détestait les conflits, la violence verbale et les affrontements polémiques. Il trouvait que c’était des perversions de l’intelligence qui n’amenaient rien de bon, seulement la haine, la sottise entretenant l’étroitesse d’esprit de la plupart des gens s’y adonnant, que la colère, l’agression, la violence ne sont rien d’autres que des vestiges insupportables de l’animalité de l’être humain.

     Il ne se heurtait jamais à personne, et bien sûr, on le prenait au final surtout pour un imbécile. Car dans notre monde, comme dans celui d’avant, un type gentil, une fille gentille, sont pris pour de parfaits crétins.

     Seul un idiot complet pouvait être aussi gentil, et de toutes manières pour les autres personnes autour d’Henry, ça cachait quelque chose. Un type aussi gentil, aussi agréable d’abord devait cacher un vice quelconque, être sans doute homosexuel, ce n’était pas possible.

     Bien sûr, tout cela était faux, il était gentil, et détestait mal se conduire, se rabaisser à ses yeux.

     C’était aussi simple que cela.

     Il n’était pas idiot mais il préférait toujours laisser une chance aux autres de changer de comportement, ce qui bien entendu n’arrivait quasiment jamais. Les êtres humains détestent la vérité, l’authenticité des sentiments, des comportements, des attitudes, ils détestent ne pas pouvoir jouer leur personnage sans que personne ne les prennent en défaut.

     Et ce que les autres n’aimaient pas du tout chez ce pauvre Henry c’est que son attitude les obligeait à baisser la garde, et à être pour une fois eux-mêmes. Et çà çà ne passait pas.

     C’était la raison pour laquelle il avait très peu d’amis proches. Et qu’Henry n’avait jamais connu vraiment de relation sentimentale et plus si affinités durable avec une femme. Il comprenait que les femmes aiment bien les types gentils mais qu’elles sont largement plus séduites par les salauds, les ordures intégrales, qui les attirent comme le phare des voitures le gentil lapin aux grands yeux si doux.

     Comme Henry qui avait un regard qu’elles trouvaient pourtant si émouvant.

     Parfois elles lui disaient bien :

              - Comme je pourrais être heureuse avec toi comme dans un petit paradis !

    Ou encore :

             - Tu as des idéaux de vie tellement élevés ! Je voudrais tellement être comme toi et les vivre avec toi mais je ne m’en sens pas le courage tu sais.

     Et le quittaient la bouche en cœur et les larmes aux yeux, émus de leurs propres formules pourtant si creuses…

     Ce qui faisait une belle jambe à Henry comme se dit plus tard un certain monsieur Hyde qui grandissait déjà en lui sans qu’il n’y prenne garde.

     Mais rien n’aurait pu les convaincre, tout comme les amis d’Henry qui l’aimaient bien surtout parce que c’était à leurs yeux leur « pauvre, ou minable, de service », leur alibi pour se donner l’illusion qu’ils avaient bon cœur.

     Elles ignoraient et Henry aussi, du moins au début, que dans le cœur du gentil garçon était un nouvel être, une nouvelle personne aussi, ce monsieur Hyde dont il a déjà été question, qui comptait les points au fond de l’âme d’Henry, un type beaucoup moins agréable à vivre, beaucoup moins conciliant. Henry voyait déjà chez les autres leurs faiblesses, les percevaient au fond tels qu’ils étaient dans toutes leurs petitesses, mais ne raillait pas, ne tournait pas en dérision.

     Monsieur Hyde n’avait quant à lui pas le moindre scrupule à le faire.

     L’âme de la nouvelle personne était comme une perle sombre qui se nourrissait au fur et à mesure des colères rentrées d’Henry, de ses frustrations, de ce qu’il aurait voulu dire mais n’osait pas. Il était physiquement de plus en plus pitoyable.

     Et un jour monsieur Hyde l’emporta.

     Quand Henry comprit que le respect naissait non pas de la bonté, de la compassion et de l’attention portée aux autres, la plupart du temps prises pour des faiblesses, mais que le mépris engendrait beaucoup plus d’attention de la part des autres personnes, même s’ils étaient victimes de ce mépris, surtout s’ils en étaient victimes, car au fond ils ne s’aimaient pas eux-mêmes, se donnant des buts complètement absurdes à atteindre ce qui les aliénait un peu plus.

     Monsieur Hyde avait beaucoup de succès, des personnes qui ne saluaient plus Henry depuis belle lurette s’arrêtaient, l’écoutaient avec attention, alors qu’il était maintenant ouvertement caustique et de plus en plus incisif dans ses remarques.

     Monsieur Hyde plaisait beaucoup aux femmes qui étaient beaucoup plus attirées par lui qu’elle ne l’était par Henry.

     Parfois, malgré tout, monsieur Hyde regrettait l’innocence d’Henry, ses naïvetés de petit garçon, sa crédulité aussi, plus simple.

     Mais Henry avait été une dupe trop facile à tromper. Et ce n’est pas l’âme de monsieur Hyde qui se perdait, mais celle d’Henry qui finissait par se compromettre par faiblesse.

     Si vous croyez en dieu, priez donc pour l’âme du pauvre Henry, si vous n’y croyez pas, ayez une petite pensée d’amitié…