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Les politiques (mais pas que) comprennent-ils la montée de Marine Le Pen ?

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Marine le Pen serait à 30% d'intentions de vote selon un sondage pour BFM et « Libération »...

 image prise ici

Marine-Le-Pen1.jpgEn écoutant pourtant les politiques en parler, en lisant les articles la concernant, des analyses réputées savantes aux constatations triviales, voire aux injures adressées à Marine Le Pen, ou autres allusions parfois peu fines, on se dit que non seulement les politiques, mais aussi les journalistes, les commentateurs et la plupart des analystes se comprennent rien à à la montée du Front National « formule enrichie » avec la fille de son fondateur.

Ils évoquent sans cesse le pétainisme, le nazisme, les maurrassiens (la doctrine maurrassienne est pourtant très éloignée du populisme de Marine le Pen), un vote protestataire lorsqu'il est question du FN. Croyant lui opposer des arguments énergiques, les commentateurs assimilent sans cesse le FN au NZDAP en 1933, et pourtant, cela ne fait que le renforcer et ne change rien.

C'est surtout du au mépris des commentateurs envers les « simples » électeurs, mépris et dédain qu'ils ont bien du mal à cacher. Ils nous expliquent doctement qu'il faut bien éduquer le peuple et le guider vers les cimes ensoleillées du progrès,

Le Front National a une histoire chaotique, conglomérat de groupuscules divers d'extrême droite, des « soldats perdus » de « l'Algérie Française », des nostalgiques de Vichy, des gaullistes déçus, d'anciens militants de gauche.

La plupart du temps ennemis et prônant des opinions contradictoires sur divers sujets, ces groupuscules se fédèrent autour de la personne fondamentale pour eux du chef, d'où la difficulté pour certains historiques du parti d'adhérer à la nouvelle direction prônée par Marine le Pen qui, contrairement à son père qui se contentait d'être « l'épouvantail utile » de la Vème République, veut arriver jusque sous les ors du pouvoir.

Il est fondé en 1972 et fait suite au mouvement « Ordre Nouveau », permettant de présenter des candidats aux législatives de 1973.

Il commence à engranger des voix en 1984, suite aux élections européennes, car c'est principalement le fait que l'Europe se construit sans demander son avis au peuple français qui fait progresser le Pen. Et c'est une trentaine de députés qui entrent à l'Assemblée Nationale en 1986 suite à l'utilisation de la proportionnelle par François Mitterrand, stratégie dangereuse qu'il utilisa pour rabaisser le succès électoral prévisible de la droite.

Le Front National ne serait pas un parti républicain comme nous le dit « Indignator » (TM°) un peu partout dans les médias...

On peut se demander ce qu'est un parti républicain, qui décide ce que c'est, et si le Front National souhaite vraiment l'anéantissement de la Vème République.

Cela part en fait du dogme politique suivant, en France du moins, qui veut que le Bien se situe principalement à gauche et dans les idées de gauche. Ce n'est pas seulement à gauche qu'on le pense, mais aussi du côté de la droite dite parlementaire où l'on envie plus les capacités à l'utopie et l'abstraction sociale, les intellectuels « de gauche ».

Du côté de la droite parlementaire l'on raille les « bobos », les « z-intellos » et tous ces prétentieux, mais au fond on les jalouse, bien à tort.

A gauche, lorsque l'on parle du Front National sans les traiter de nazis, fââchiistes et autres noms d'oiseaux, on est immédiatement suspecté de rouler pour Marine le Pen, sans comprendre que les électeurs de celle-ci s'en fichent complètement de ce genre d'injures, qu'elles les poussent au contraire à se radicaliser.

Et ce n'est pas en les injuriant qu'on les poussera à s'ouvrir à d'autres cultures, comme ce n'est pas en faisant preuve d'angélisme systématique face aux incivilités commises par des « français de première ou deuxième génération », ou d'aveuglement, qu'on les encouragera à une éducation citoyenne quelle qu'elle soit.

En France un intellectuel se doit de se situer à gauche, c'est inscrit dans le marbre depuis l'Affaire Dreyfus, un intellectuel s'inscrivant à droite serait vite soupçonné des pires intentions, et perçu comme un nostalgique des ordres noirs :

Fi donc de Raymond Aron, de Barrès, dont la lecture en 2012 est encore adapté aux préoccupations de l'époque, sans oublier des historiens comme Jacques Bainville ou Pierre Gaxotte (relayés à notre époque par François Bluche, historien du « Grand Siècle », Jean Meyer ou Reynald Secher dont il faut lire le livre sur le « mémoricide » et les indignations historiques sélectives à commencer par l'épuration politique effectuée en Vendée en 1793).

De nos jours, on aurait pu citer Éric Zemmour, mais il est marqué, du moins le croit-il, du sceau de l'infamie d'une suspicion de racisme donc de fââchiisme.

Les commentateurs peuvent continuer à nous rejouer le refrain du risque de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire. C'est plus commode, cela évite la remise en cause, l'incurie face aux réponses à apporter à toutes les problématiques que la montée de Marine le Pen met en lumière.

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