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  • les naïvetés de la gauche française

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     Je précise à l'intention des éventuels esprits chagrins qui ne manqueront pas de le faire remarquer qu'en effet je parle de moi et que je me mets, certainement honteusement, en avant encore une fois, mais c'est seulement car je ne pense pas être loin d'être le seul à avoir vécu ce dont il va être question ci-dessous.

    image prise ici

    2729201436_edf9b75b30.jpgJ'ai des amis de gauche, je sais pour un réactionnaire « anar de droite », donc crypto-facho, catholique de surcroît, avec de fortes tendances à la dérision et à un brin de cynisme bien placé, ça peut paraître bizarre. Mais en amitié, les idées n'ont guère d'importance, un sale con qui partage mes idées reste un sale con.

    Il y en a qui le savent très bien parmi mes amis, et qui savent que mon cas est irrécupérable, il y en a d'autres plus dogmatique qui ont essayé de refaire mon éducation politique, mais hélas jusque là sans succès, je reste indécrottable.

    Avec la seconde catégorie, je ne parle jamais politique, cela ne sert à rien de se fâcher du fait de leurs naïvetés diverses ou de leur candeur devant les grandes et belles déclarations un peu creuses qui ne mènent à rien, le risque étant pour les plus convaincus que ce silence passe pour de l’acquiescement.

    Certains parmi les plus dogmatiques se sont étonnés, pour eux c'était étonnant que quelqu'un comme moi « sortant de « ce « milieu » catho de droite soit aussi ouvert sur la culture et le monde » (c'est eux qui le disaient, je ne fais que citer) alors que c'est justement à mon « milieu » d'origine que je dois cette ouverture mais passons.

    Au soir du 21 avril 2002, certains, sachant que je ne suis pas vraiment fanatique non plus du FN, m'ont appelé catastrophés, pour eux, c'était le soir de l'Union Sacrée, la patrie était en danger, cerise sur le gâteau, il y avait danger du retour des z-heures les plus sombres de notre histoire ™ et tout le toutim, alors que tout le monde ou presque savait parfaitement que le Pen le premier était surpris par ce résultat et que finalement son but n'était pas du tout de prendre le pouvoir mais de servir d'épouvantail utile pour imposer telle ou telle loi idéologiquement marquée par l'esprit libéral-libertaire qui souffle sur notre pays depuis « Maissoisantuite » (je rappelle que le concept de libéral-libertaire n'est pas d'un réac d'« esstrème droite » mais d'un philosophe marxiste, Michel Clouscard).

    Beaucoup s'enthousiasment pour le mouvement des « indignés » qui ne remet pourtant pas en question une seconde le mode de vie libéral-libertaire justement, se contentant de quelques bonnes intentions bien gentilles mais qui sonnent là encore creux...

    Il y a quelques mois, ces amis de gauche, comme toute la gauche française, et une bonne partie de la droite, se sont enthousiasmés pour ce qu'ils ont appelé il me semble un peu vite « le printemps arabe » qui allait permettre en Tunisie, en Égypte, en Libye, l'avènement de la démocratie et des libertés.

    A ceux qui leur rétorquait qu'il fallait être prudents et garder raison, ils répondaient qu'il fallait laisser sa chance à la démocratie et aux élections libres et que les tunisiens et les égyptiens, ou les libyens n'éliraient jamais d'intégristes musulmans comme représentants de leurs peuples.

    Ou alors, on se contentait généralement de traiter les prophètes de mauvais augure d'« islamophobes » ce qui permet de ne surtout pas argumenter en stigmatisant de suite l'interlocuteur.

    En Tunisie dimanche, comme en Libye, on a vu combien c'était un leurre et une erreur gravissime.

    Depuis les élections tunisiennes, les mêmes croient bon d'affirmer que « les barbus ont confisqué la révolution arabe » comme un éditorialiste de « Charlie Hebdo » ce mercredi.

    Là aussi, erreur majeure, ils n'ont rien confisqué du tout, les citoyens tunisiens ont voté pour eux, pour les barbus, ils se sont exprimés, et ils sont majoritairement du côté des islamistes.

    Ce qui s'est passé après qu'une chaîne de télévision privée tunisienne ait diffusé « Persépolis » aurait pourtant dû sonner comme un avertissement...

    Il s'est finalement passé exactement la même chose qu'au moment des élections algériennes qui ont vu le F.I.S risquer d'arriver au pouvoir en 1991 en Algérie.

    Cette naïveté de la gauche française, cette incapacité à se connecter au réel, lui est ontologique, naissant de cet idéalisme abstrait qui incite à croire que des idées sans réel plan d'application formelle peuvent changer quelque chose à quoi que ce soit.

  • Des jeunes "intégrisss'" catholiques tabassés par la police

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    Discussion par ici

    "J’ai juré de vous émouvoir – d’amitié ou de colère, qu’importe?"

    Bernanos dans "la Grande peur des bien-pensants", quelques uns de ses éxégètes gagneraient à relire ce livre...

    De jeunes catholiques, pas du tout dans la mouvance traditionnelle, précisons le, se sont émus d'un spectacle dans lequel on balance de la merde sur ce qui est le socle de leur foi. On remarquera que le théâtreux moderniste est pétochard car il ne ferait jamais ça avec d'autres religions plus violentes.

    Certains catholiques très très gentils ne voudront pas trop offusquer, ou se fâcher avec les z-élites de nos belles contrées, et sortiront des citations de l'un ou de l'autre pour s'en justifier, mais comme le rappelait Bernanos, "Dieu vomit les tièdes". Quant à moi, ce n'est pas que je partage tout des opinions de ces jeunes mais il faudrait voir à ouvrir les yeux sur les attaques anti-chrétiennes dans ce pays.

    Ils se sont faits copieusement tabasser par la police, ce qui permet à Claude Guéant de les instrumentaliser pour pouvoir ainsi dire : "Vous voyez bien que je ne suis pas d'extrème-droite, je tabasse des cathos qui manifestent contre un spectacle" (qui injurie leur foi).

    On note que Saint Stéphane Hessel et le bienheureux Patrice Chéreau, saint patron du théâtre subventionné ont manifesté leur indignation contre ces "fanatiques", en vertu de l'équation qui veut qu'un catho qui ouvre sa gueule est forcément un intégriste...

  • Paris qui change

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     article illustré par mézigue (d'autres photos à ce lien)

    littérature,cinéma,politique,société,parisComment peut-on ne pas aimer Paris ?

    C'est très subjectif et très partial, mais à chaque fois que je vois des photos de cette ville, que j'entends telle ou telle ritournelle sur cette ville, je me pose la question, moi qui en suis natif.

    Le moment le plus dur quand je suis à Paris, c'est quand je dois reprendre le train.

    Cela dit, cela ne me dérange pas que l'on n'aime pas Paris, car je suis exigeant et jaloux dans mon amour pour cette ville, où je croise parfois des fantômes amicaux, et surtout des parisiennes qui ont encore, mais hélas de plus en plus rarement, un petit « quelque chose » en plus, il faut quand même admettre.

    Mais si je comprend que l'on n'aime pas Paris, je ne comprend pas que ceux qui l'exècrent soient toujours dans la comparaison avec leur ville, bourg, village, bled ?..

    J'aime l'esprit de Pantruche, Paris-Paname où comme le disait Forain on dit « leur fait aux bourgeois, leur fatuité aux prétentieux », où les gamins des rues savent très bien que ces gens si respectables qu'ils croisent, qui jouent le dédain et le mépris à leur encontre sont des êtres humains pathétiques comme les autres.

    Depuis nos grand-mères, voire nos arrière grand-mères, ça ne date pas d'hier, ceux qui habitent en province sortent toujours la même et lancinante « scie » : « Paris j'aime bien pour visiter mais je ne pourrais pas y habiter », avant de renchérir en un couplet désolé sur l'insécurité qui règne dans Paris.

    On a toujours peur en province de subir les prétentions et vanités exagérées que l'on prête souvent aux parisiens en affirmant qu'on a exactement les mêmes choses chez soi, et que c'est bien sûr plus authentique, l'authenticité rurale étant alors perçue comme dans les publicités pour jambon sous vide.

    Trop de monde, trop de voitures, trop de populations mélangées, trop de repères fichus en l'air, trop de bobos qui font dans l'authenticité frelatée, trop d'étrangers, trop de touristes, trop de tout ça en même temps...

    Et bien sûr à Paris, pas assez de « vraigens », de gens simples.

    littérature,cinéma,politique,société,parisAlors certes, les quartiers populaires de Paris se vident petit à petit de leurs populations remplacées par celle des bobos ou des cadres supérieur à fort pouvoir d'achat qui s'imaginent alors qu'ils ne sont plus des bourgeois mais des prolos comme les autres car habitant Belleville ou Montmartre, ou Pigalle. Ils aiment bien l'authenticité frelatée de Paris que l'on trouverait selon eux dans les photos de Doisneau, ou « Amélie Poulain », et s'approprient sans vergogne les films dialogués par Michel Audiard qui les aurait certainement cordialement méprisés en son temps, ou « monsieur Bob ».

    Tous ces jouvenceaux et jouvencelles à la tête bien pleine qui jouent les apaches, sont des petits garçons et des petites filles bien dociles et bien sages, sans grand relief ni aspérités..

    Le fait que leur connaissance de ce genre de films et de littérature ne va pas très loin car ils ne connaissent que lui, oubliant Jeanson, Prévert et Kosma, Boudard, Albert Simonin et d'autres auteurs qui buvaient le jus de la rue avec délices chaque jour retranscrivant leur plaisir à le faire dans leurs œuvres.

    Ils vont boire de l'eau colorée et brouter des plats « équitables » dans des cafés ripolinés, colorés comme des attractions à Disneyland, en se souciant surtout d'une chose : est-ce qu'il y a la wifi pour continuer à communiquer avec leur réseau.

    Et la plupart des parisiens actuels, qui ne sont plus tellement des vrais parisiens d'ailleurs mais surtout des privilégiés qui font étalage de leurs richesses en habitant la capitale, ne connaissent pas du tout leur ville.

    Il est bien rare que ceux-ci quittent leur quartier pour s'aventurer un peu plus loin qu'à côté de chez eux. Des habitants du XVème ne vont jamais à Montparnasse, et d'autres de Bastille n'iront jamais jusqu'à Montmartre, ils gardent finalement l'esprit de clocher dans Paris.

    Celui-ci a toujours existé mais a tendance à enfler depuis quelques temps, et engendrer une certaine étanchéité entre les milieux, alors que ce qui fait l'esprit de Paris c'est le brassage des populations, certains allant jusqu'à parler de « provincialisation » de Paris qui devient une agglomération de « petit vieux » dans l'âme frileux du cœur et de l'esprit (il y a des jeunes et vieux « petits vieux) qui ont peur de tout car ils craignent finalement pour leur magot et les privilèges que leur statut leur apporte.

    littérature,cinéma,politique,société,parisCes « petits vieux » dans l'âme ont beau singer les existentialistes dans le Quartier latin, pour les hommes qui semblent croire que leur existentialisme tient dans la mèche arborée sur le front, ou balader pour les femmes des névroses distinguées de pauvres petites filles riches qui se noient dans leur alcoolisme mondain pour tromper leur ennui.

    Ces riches qui trompent leur ennui, cette faune endogame et vaguement cultureuse, des écrivains comme les « Hussards » ou pas s'en moquaient déjà après la Seconde Guerre. Et il était de bon ton comme le rappelle Claude Dubois, parisiologue distingué pour les belles dames et les beaux messieurs de se déguiser en « apaches » ou en « catins » et d'aller se donner des frissons dans les bals populaires. Un diariste décrit de ses spécimens lors des funérailles nationales de Victor Hugo.

    Se dire que Paris n'est plus Paris à cause de tout les coups de boutoir de la bêtise « à front de taureau » des petits bourgeois prétentieux, des touristes, c'est s'avouer vaincu, leur abandonner le terrain et prendre lâchement la fuite.

  • Le retour des vieux démons judéophobes

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    Sur Agoravox, les loups sortent déjà du bois...

    « Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte, étant, je l'espère, assez bon historien pour n'ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité particulièrement flagrante, lorsqu'elle prétend s'appliquer, comme ici, à ce qui fut, en réalité, un groupe de croyants, recrutés, jadis, dans tout le monde méditerranéen, turco-khazar et slave. Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite. »

    « L'étrange défaite (1940), Marc Bloch, éd. Gallimard, coll. Folio Histoire, 1990, p. 31

    Ci-dessous le Sentier avant la guerre, image prise ici

    1287331692_1938-39.jpgOn se demande parfois s'ils sont jamais partis, ces démons. Il suffit de simplement montrer une étoile de David, parler d'un livre que ces vieux démons se déchainent tous azimuts.

    Le plus souvent, la haine des juifs se parent de bons sentiments, de grands principes et de luttes nobles, et parfois, elle n'en a même pas besoin.

    Pourtant, sur le plan au moins formel, ils paraissent avoir été éradiqués, on n'a jamais autant parlé de la Shoah, l'éducation citoyenne n'a jamais autant évoqué les questions d'antisémitisme, mais rien n'y fait, la haine demeure presque tangible sur un plan concret, que ce soit au zinc du café du commerce que dans des salons feutrés plus bourgeois.

    Elle se cantonnait un temps à quelques groupuscules grotesques et ridicules qui étaient noyautés par la police pour la moitié de leurs membres et se répand en 2011 à une traînée de poudre se trouvant d'autres prétextes.

    Ce qui fait dire à d'aucuns que si il y a toute cette haine, ce doit bien être quelque part la faute des juifs eux-mêmes, comme si la haine provenait de ceux qui la provoquent. Et qu'elle se justifiait en somme.

    Il faut dire que parfois l'on accuse d'antisémitisme des personnes défendant sincèrement la cause palestinienne, dont d'ailleurs de nombreux israéliens, certains juifs trouvant malin d'assimiler anti-sionisme et judéophobie ce qui donne la part belle aux véritables judéophobes qui sont les arbres qui cachent la forêt.

    Plus de soixante ans après la fin de le Seconde Guerre Mondiale la haine contre les juifs semble toujours vivace, et elle a de multiples origines, et non une seule comme on veut souvent nous faire croire dans les médias qui lui donnent comme origine les fantasmes de quelques tarés associaux qui se trouvent un défouloir et un alibi pour donner libre cours à leurs pulsions :

    Les judéophobes se réclamant donc frauduleusement de l'anti-sionisme, dénaturant la cause qu'ils sont censés défendre.

    La plupart du temps, il s'agit pour eux d'étaler leur haine sans trop se risquer à se faire punir par la loi, profitant parfois des réseaux électroniques qui leur offrent l'anonymat, bien commode, car ils sont courageux mais pas trop téméraires au fond. Je trouve particulièrement dangereux et dommage que des antisionistes sincères défilent à côté des barbus intégristes sans se poser aucune question, même si ces barbus sont des juifs religieux.

    D'autres assimilent la figure du « juif », monstrueux Léviathan apatride à les lire, est toujours assimilé pour certains membres de la gauche et de la droite à la figure du financier, du capitaliste, de l'exploiteur.

    A ce lien Zev Sternehll explique ce qu'est cet anti-capitalisme romantique qui est antisémite sans le dire. Il montre dans son texte que sous couvert de critique marxiste-léniniste « orthodoxe » on peut trouver de nombreux lieux communs judéophobes. Cette judéophobie liée à l'anti-capîtalisme est celle qui anime Drumont selon ses prétentions, et ceux qui le suivent depuis le XIXème siècle.

    Pour d'autres c'est simplement du racisme, le refus de l'autre, surtout un « autre » dont on ne comprend pas la culture et la religion, à commencer par le concept de « Peuple élu », des chrétiens qui n'ont pas progressé sur la compréhension de la Bible s'en tenant à une explication basique et primaire.

    On trouve de la judéophobie consciente ou pas autant chez ces catholiques ultra-progressistes qui ayant passé quinze jours en Palestine pensent avoir tout compris que chez ces chrétiens plus traditionnels qui oublient ce qu'a fait l'Ancien Régime pour aider à l'émancipation des juifs en France, dont Louis XVI, voir à ce lien plus qu'exhaustif.

    S'il y a eu des siècles d'incompréhension mutuelle et parfois poussant à des pogroms certains chrétiens, le dialogue avec le Judaïsme progresse depuis le pontificat de Jean-Paul II et en particulier Assise en 1986, dialogue continuant à avancer avec Benoît XVI, voir par ici.

    image prise ici

    555972609.JPGPourtant, quant aux croyants d'autres religions que juives, un chrétien, qu'il soit catholique, protestant ou orthodoxe, ne peut être anti-sémite sans renier la moitié de sa foi, à savoir l'Ancien Testament, tout comme un musulman qui connait les versets de son livre saint ne peut haïr les autres croyants (les passages du Coran concernant les « gens du livre », chrétiens et juifs, à ce lien).

    Parfois même enfin, il s'agit d'opposer un génocide à un autre. Alors qu'évoquer l'esclavage et ses ravages devrait pousser à une compréhension de ce qu'ont vécu les juifs pendant l'Holocauste et non une jalousie inter-communautaire ou pire de la haine.

    Ces vieux démons sont pourtant punis par la loi que ce soit pour des injures, des insultes ou pire. Mais on voit souvent beaucoup de « patience mal venue » à leur égard alors qu'il n'y a pas lieu d'avoir...

    Ci-dessous une petite chanson sur le sujet...

  • L'histoire de la guerre d'Algérie est-elle à refaire ?

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     La guerre d'Algérie, les « évènements » comme on disait à l'époque, la « guerre d'indépendance algérienne », est encore une blessure profonde de l'histoire française. Près de cinquante après les Accords d'Évian, son histoire n'est pas réellement faite. Ou si, on évoque surtout le point de vue algérien, ou plutôt le point de vue du FLN, en occultant les évènements qui posent encore question.

    image prise ici

    400px-Algerian_war_collage_wikipedia.jpgDans le meilleur des cas, on les évacue du revers de la main en faisant de ceux qui rêvaient d'une Algérie qui serait resté française, dans des départements français à part entière d'Outre-méditerranée, composés de citoyens comme les autres de culture musulmane ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs citoyens que les autres.

    Se poser des questions sur ces évènements, ce n'est pas nier l'horreur absolue qui a suivi la manifestation à Charonne, commémorée en ce moment, ce n'est pas être forcément révisionniste ou fascisant comme il est d'usage de le souligner dés que ces problèmes sont abordés.

    On oublie aussi que cette guerre a surtout permis à un vieux général de retour issu d'une famille bourgeoise et d'Action Française de Lille de prendre le pouvoir en France en promettant sur la question algérienne beaucoup de choses qu'il n'a pas tenu.

    C'est simplement demander qu'il y ait un point de vue global sur la question, où l'on aborde tout les sujets et non seulement ceux qui arrangent.

    Par exemple, il est quasiment impossible d'évoquer la fusillade de la rue d'Isly qui eut lieu le 26 mars 1962. Et pourtant c'est un massacre inqualifiable.

    Dans le quartier de Bab El Oued, suite au meurtre de six appelés du contingent par des militants OAS, des civils sympathisants de « l'Algérie Française » ont spontanément manifesté devant la grande poste et ont été mitraillé par l'armée. Parmi eux, il n'y avait pas de nostalgiques de quelconques « ordres noirs », ou donc sympathisant OAS, ni des colons « richissimes et exploiteurs » (les plus riches étaient parti depuis longtemps, au premier signe de grabuge) comme les « pieds noirs » sont souvent montrés, mais des petites gens qui vivaient en bonne intelligence avec leurs voisins musulmans ou juifs.

    Il a été très peu question dans les médias et les textes des « belles consciences » de la journée nationale d'hommage aux « harkis » et aux supplétifs de l'armée française. La question des harkis est une question qui visiblement est taboue. Certains vont dans le meilleur des cas à regretter du bout des lèvres le massacre qu'ils ont subi après les accords d'Évian, tout en soulignant que les « harkis » avaient choisi leur camp, la France, et que donc, ils méritaient plus ou moins ce qui leur est arrivé.

    A ce lien, on trouvera un développement sur les massacres qu'ils ont subi et le sort qui a attendu ceux qui ont cru trouver refuge en France. 150000, au minimum, on parle plutôt de 230000, ont été massacrés en Algérie après le cessez-le-feu de mars 1962, d'ailleurs le plus souvent par des militants FLN de « la vingt-cinquième heure », des « marsistes », qui ont éventré, brûlé, torturé, éviscéré, énucléé, et j'en passe, tous les anciens supplétifs de l'armée française, ceux qui avaient manifesté leur sympathie pour la France.

    Les tombes ont été profanées, à commencer par le cimetière chrétien d'Alger, et plusieurs victimes de ces boucheries étaient exposés sur les quais pour que les français qui s'en allaient, militaires ou « pieds noirs » voient le sort de ceux qui avaient cru en eux.

    Les 13500 « harkis » qui ont pu trouver refuge en France étaient parqués dans des camps de la Croix Rouge sans eau courante ni électricité, ou bien sûr de « tout à l'égout ». Il leur était interdit de sortir de l'enceinte des camps, ou de se réunir, ou de montrer leur opposition à la politique française. La plupart de ces campements de fortune ont duré dans le même état insalubre jusqu'en 1996.

    On évoque encore plus rarement les vexations diverses, et massacres, dont sont victimes les kabyles depuis la décolonisation et « l'arabisation » de l'Algérie depuis les années 80.

    Pour la population algérienne dans sa grande majorité et pour les dirigeants d'Algérie, les kabyles ne sont pas chez eux en Algérie, comme l'a dit le président de la Cour d'Appel d'Oran il y a peu (voir à ce lien). Pendant le « printemps noir » en avril 2001, début de soulèvement ayant eu lieu à cause du meurtre d'un jeune kabyle, des milliers de révoltés du même âge sont blessés, mutilés, emprisonnés, 123 sont abattus par la police algérienne.

    Je n'ai pourtant pas souvenir de manifestations en faveur des kabyles, de grand appel ou quelque indignation que ce soit en leur faveur.

    En plus de la minorité kabyle, la minorité chrétienne d'Algérie subit de nombreuses vexations, témoignages divers à ce lien, qui deviennent préoccupants. Par ici, des musulmans affirment leur solidarité avec ces chrétiens. Depuis quelques années, la discrimination à leur égard s'intensifie : procès divers, pour blasphèmes, persécutions violentes ou larvées etc...

    Ils sont considérés comme étant à la solde de l'Occident, dissimulateurs, profiteurs, apostats et mauvais algériens.

    En Occident, peu s'en émeuve là encore parmi les beaux esprits.

    Ci-dessous après la fusillade rue d'Isly, image prise ici

    Rue-d-Isly-1.jpgUn film qui devait être diffusé sur « Arte » et « Public-Sénat », « la Valise ou le Cercueil », a été purement et simplement censuré car ne présentant soit-disant pas un point de vue historiquement valable. Ce documentaire qui parle de toute l'histoire de la décolonisation et de la colonisation serait par trop subjectif, ce que ne sont pas bien sûr les autres films présentés sur ces deux chaînes. Comprendre par subjectif qu'il parle aussi de tout ce qui est généralement camouflé, caché, occulté.

    On se rend donc bien compte que l'histoire de la guerre d'Algérie est à revoir sérieusement, en dehors de toute autre considération, idéologique ou partisane. Il faut d'ailleurs relativiser une chose, c'est surtout les français qui avaient quelque formation politique qui se sont passionnés pour la guerre d'Algérie, la majorité étant, et étant restée, indifférente au fond.

    ci-dessous des témoins de la fusillade de la rue d'Isly évoquent cet évènement


    fusillade 26 mars 1962 rue dIsly à Alger... par isly26mars

  • Les catholiques doivent-ils se laisser insulter ?

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     Cet article est en réponse à un texte du bloggueur Pneumatis sur le sujet qui réagissait à une émission de Radio Notre Dame (réécoutable en podcast sur le site de la Radio, ici à ce lien) du mardi 11 octobre où étaient invités entre autres Frigide Barjot et Daniel Hamiche.

    image du Saint Sépulcre prise ici

    1126-saint-sepulcre.jpgDe plus en plus, les catholiques en France subissent l'opprobre quasiment général dés qu'ils osent élever la voix contre l'époque et ses dérives parfois imbéciles, contredire le consensus mou général autour du vague humanitarisme prévoyant, à savoir un amalgame de lieux communs mollassons sur le thème de « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil si on me laisse faire ce que je veux ». On me dira, les catholiques osent rarement s'élever contre ce qui contredit leur foi, ils sont d'une timidité maladive, et n'affirment leur foi avec conviction qu'entre eux, ce qui ne sert pas à grand-chose.

    Généralement, on oppose d'ailleurs aux catholiques qui élèvent la voix ce verset de l'Évangile qui voudrait qu'ils tendent l'autre joue en cas d'offense, en plus de leur jeter à la figure l'Inquisition, la Saint Barthélémy ou que sais-je encore.

    De leu demander de tendre forcément l'autre joue, ce serait les confondre avec des moutons prêts à tondre, ce qu'ils ne sont pas.

    Ils se contentent de grands discours un peu creux, mièvres et sans trop de fond, et finissent souvent par sombrer dans un relativisme de leur propre foi. C'est parfois compréhensible et humain. La pression de la société est énorme, et il arrive qu'elle conduise à faire preuve malheureusement d'une certaine lâcheté pour ne pas perdre le lien que l'on a avec les autres.

    Ces cathos de service très très gentils qui parlent tout le temps de dialogue, en oublient que pour qu'il y ait dialogue, toujours est-il qu'il faut que l'autre en face soit d'accord.

    Quand le Pape parle du préservatif et des mœurs modernes sur le sujet, émettant des doutes sur le bien-fondé de comportements qui sont des comportements à risque sur le plan physiologique et moral, relayé par les croyants et les prêtres, le hourvari est général car au fond c'est tout ce qui intéresse ces contradicteurs, à savoir, n'avoir aucun frein à la satisfaction de leurs pulsions égo-centrées. On se demande d'ailleurs en quoi l'opinion du Pape compte vraiment pour des gens se prétendant libéraux sur le plan de leur vie privée, libre de toutes attaches.

    Prenons garde à ne pas sombrer dans l'abstraction et l'intellectualisation de la foi, la vérité est dialogante si l'interlocuteur accepte ce dialogue, s'il veut s'ouvrir un minimum, or, c'est là que le bât blesse le plus souvent.

    Cela me rappelle ces chrétiens qui à Jérusalem voulaient absolument dialoguer avec les juifs et/ou avec les musulmans. Ceux-ci sont souvent naturellement accueillants ce qui poussait à une confusion et laissait croire à une ébauche de dialogue, mais sur le fond, juifs et musulmans disaient en grande majorité, à de rares exceptions, clairement et nettement :

    « Bien sur que nous pouvons dialoguer sur la foi, si vous commencez par abjurer le christianisme ».

    Beaucoup de chrétiens recherchant ce dialogue faisait surtout des concessions en affirmant par exemple que nous avions le même dieu, ce qui est faux, le dieu des juifs n'est pas le dieu des musulmans qui n'est pas le dieu des chrétiens.

    Autre exemple, la plupart des incroyants acceptent le dialogue avec les catholiques, il y en a souvent dans les groupes d'étudiants à la fac, de ces "cathos de service", à condition que ceux-ci n'affirment pas trop de choses exigeantes sur le plan moral et restent finalement bien dans le moule sociétal actuel, on les écoute, tant qu'ils ne gênent pas. Or, la foi n'est pas de la guimauve, c'est de la TNT. Une foi qui ne dérange pas les certitudes, c'est de la guimauve.

    En Terre Sainte, j'ai pu le constater un peu plus chaque jour, ce dialogue n'est pas dans les grandes déclarations, les attitudes volontaristes, il est dans les petites choses, les gestes, les attentions, toute chose que les chrétiens de France ne savent plus faire naturellement, il leur faut passer par une intellectualisation.

    A Jérusalem, je me souviens de ces séminaristes nous demandant :

    « De quoi devons nous parler aux musulmans pour entamer le dialogue ? De la transsubstantiation ? De la Trinité ? etc... » .

    Nous répondions à chaque fois qu'il convenait plutôt de commencer en disant bonjour, en offrant un café, un thé, et que le reste viendrait.

    image de la Basilique de Bethléem prise ici

    bethleem.jpgCette rencontre de l'autre était pratiquée par les chrétiens d'Orient qui plaçaient les étrangers à leurs paroisses au premier rang, sans se poser de questions. En France, il serait bon d'entendre moins de bonnes intentions et plus d'actes de ce genre, sans ostentation.

    Il ne s'agit pas dans un dialogue de se poser comme "supérieur", surtout pour un chrétien qui en théorie se reconnait pêcheur, mais avoir la Foi c'est déjà s'être ouvert, au moins un petit peu, à une personne qui est Dieu, et à l'autre. De plus, il ne s'agit pas pour un chrétien de "convaincre", mais d'aider ceux que nous rencontrons à s'ouvrir eux aussi à ce sens de l'autre, ce qui ne passe pas par des bonnes paroles ou des réflexions intéressantes et élevées, mais dans des petites choses bien concrètes.

    Des personnes qui ne sont pas chrétiennes pratiquent déjà cet accueil de l'autre, mais sans la conversion du cœur à Dieu, pour un chrétien, cela ne va pas totalement jusqu'au bout. Dans les intentions de prières, d'ailleurs, on demande souvent que les dirigeants soient ouverts à la justice et à la paix, ce qu'ils ne seront pas sans conversion.

    On aimerait en ce moment qu'au moins les catholiques de France évoquent le sort des chrétiens d'Orient, qui au lieu de connaître un sort idyllique dans les terres qui ont connu le « printemps arabe » subissent plutôt de plus en plus de persécutions.

    Les européens, les français, n'en ont pourtant rien à faire des souffrances des chrétiens coptes en particulier, et orientaux en général, à quelques exceptions près. On parle d'"affrontements entre coptes et musulmans" dans les médias, ce qui est une bonne blague. On ne veut pas trop s'impliquer par manque de courage.

    Les français sont en règle général complètement indifférents au sort de ces croyants persécutés de fait, catholiques à 40%, orthodoxes à 60%. Ils sont très rarement évoqués dans les paroisses, les groupes de prière, de catéchisme, où l'on parle de beaucoup de choses sauf de ces frères dans la foi, où l'on évoque d'autres fêtes religieuses en oubliant la persécution des chrétiens arabes.

    Je croyais que le fameux "Printemps arabe" allait amener un vent de démocratie et de tolérance sur le Proche Orient. il semble qu'il risque d'amener surtout au pouvoir des islamistes un peu partout, et de la haine contre les coptes, les grecs-catholiques, les syriaques et les melchites. Mais cela, il ne faut pas trop le dire, les minorités chrétiennes n'ayant visiblement pas le droit à quelque compassion là-bas comme ailleurs,

  • "Gazoute ou l'étoile en balsa" - la mémoire des juifs portugais

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     Chantal Figueira Lévy, Gazoute ou l'étoile en balsa, éditions Cogito Ergo Sum, août 2011, 134 pages, 18 €

    9782953934311_1_75.jpgFrédéric Seaux a créé sa maison d'éditions au printemps 2011, « Cogito Ergo Sum », pour publier les livres qui lui tiennent à cœur d'auteurs normands en particulier, mais il n'a pas d'exclusive quant à l'origine régionale des écrivains qui lui envoient ses manuscrits.

    La Normandie a été et est toujours un vivier d'écrivains et de passionnés de la littérature : Maupassant, Flaubert, Maurice Leblanc, Philippe Delerm, Olivier Frébourg, Nicolas Rey entre autres. Cet éditeur est diplômé d'histoire et enseigne les Lettres/Histoire en Lycée Professionnel à Neufchâtel-en-Bray.

    Il est aussi journaliste et animateur radio.

    Le livre de Chantal Figueira Lévy est la deuxième publication des éditions « Cogito Ergo Sum ». C'est bien un livre qui fait penser, qui fait prendre conscience.

    Elle est issue d'une famille de « marranes », juifs convertis de force au XVIème siècle, soupçonnés d'être apatrides même après leur conversion.

    Elle tient beaucoup à son identité juive,et à toutes ses traditions qui ont bercées sa jeunesse.

    Elle est passionnée par son métier d'architecte d'intérieur, comme son héroïne et par l'écriture, qui lui permet le rêve.

    Dans cette œuvre de fiction, l'auteur nous convie à un voyage dans la mémoire des juifs portugais, de ce qu'ils ont vécu depuis la « Reconquista », pendant la dictature de Salazar et maintenant, de la persécution larvée, ou sans équivoque, qu'ils ont subi, de leurs coutumes, de leur faculté à se consoler des maux subis.

    L'histoire commence le 10 mai 2016, Julia Frances, architecte d'intérieur reconnu, célébré, est en séances de dédicace pour son autobiographie sous les flashes des photographes, les demandes de dédicaces.

    Elle s'embête. Elle finit par pouvoir aller se coucher, se retrouve seul et fait le bilan de sa vie.

    Elle a l'impression de se perdre dans toutes les mondanités qu'elle supporte comme un fardeau, elle a peur de ne plus savoir qui elle est vraiment, d'oublier quelles sont ses racines. Elle sait aussi que pour devenir celle qu'elle est, elle a dû renier de nombreuses choses : elle-même, un amour perdu.

    Une petite voix qu'elle n'a pas entendue depuis longtemps, la voix de sa conscience, de sa sagesse, elle petite fille peut-être, se rappelle à elle et l'aide à se remémorer de tout ce qu'elle a traversé, du courage de son peuple. Sa petite voix évoque son goût pour l'esthétique, pour tout un monde de formes et de couleurs. Elle plonge Julia dans son enfance, quand elle n'était pas encore la grande Julia Frances, quand elle vivait à Tomar et Lisboa.

    Ce livre est un peu dans le style d'introspection féminine, sympathique, pleine d'humour, comme Céline Minard en écrit, en toute liberté et sans prétentions.

  • Être français a-t-il encore une signification en 2011 ?

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     Je lis « Charlie Hebdo » chaque semaine, je sais pour un réactionnaire « anar de droite » comme moi, catholique de surcroît, ça peut paraître contradictoire, mais j'aime bien savoir ce que pense ceux qui sont à l'inverse de mes opinions.

    Bien souvent, on constate d'ailleurs qu'à gauche si on clame souvent son désir de liberté d'expression totale et pour tous, c'est une autre chanson quand les dogmes sont contredits et les vases sacrés souillés, quand on ose aller contre Saint Stéphane Hessel, le prophète de la gauche radicale, ou le Bienheureux Alain Badiou qui l'a dit chez Dominique Souchier sur Europe 1 dimanche, la démocratie c'est la rue, l'émeute, pas les élections.

    image prise ici

    bca87acb.jpgIl ne le dit pas, mais pour lui, les élections c'est la « démocratie bourgeoise ».

    On se rappellera pour mémoire que monsieur Badiou a soutenu le communisme selon Mao, qui quant à lui ne permettait ni l'expression de la rue, ni l'expression des urnes, et dont le régime a causé la mort de dizaines de millions de personnes lors du « Grand bond en avant » ou de « la Révolution Culturelle », sans parler des morts au Cambodge et au Laos.

    Il est toujours remarquable de constater que lorsque l'on évoque ces morts devant une belle conscience, celle-ci les évacue assez vite, la création d'un « homme nouveau » valant bien quelques centaines de milliers de morts. Comme pour tous les fanatiques, ils assurent que leurs idéaux sont justes, donc qu'ils justifient quelques « dérives ».

    Dans le "Charlie" en date du 12 octobre donc, on peut y lire une interview avec Jean-Luc Mélenchon, représenté par Cabu à différents moments de l'histoire de France, comme forcément du côté des révolutionnaires, un des dessins me semblant exagéré, Mélenchon n'aurait pas été l'égal de Montaigne, il aurait certainement été du parti protestant au moment des Guerres de Religion, opposé au parti catholique et au Roi de France.

    Concernant la nationalité française, cela surprend de la part d'un défenseur de la nation au moment du « Non » au traité constitutionnel européen, et héraut de la République, mais selon lui, être français c'est avoir une carte d'identité en poche. Les libéraux, on le constate sur ce forum, en ont la même perception, voyant un intérêt économique à la bi voire la multi-nationalité, qui favorise les échanges.

    image prise sur le site de l'Académie Française

    renan.jpgRenan trouverait ça un peu réducteur, lui qui a défini ce qu'est être française dans la conférence restée célèbre de 1882, il le dit ainsi :

    « Le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »

    Selon lui également, « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. »

    Dans son texte, il le précise aussi, la nation c'est une langue, un territoire, l'adhésion à des valeurs communes. Selon Renan, l'identité française ce n'est pas seulement la reconnaissance administrative, ou formelle, de la nationalité. Beaucoup de beaux esprits s'arrêtent d'ailleurs à la reconnaissance d'une « liberté formelle » et ne font rien de concret pour aider à développer la « liberté réelle », qui permet à celui qui bénéficie d'une liberté formelle de l'exercer vraiment.

    De toutes façons, pour tous ceux pour qui l'identité française c'est une carte d'identité, de la paperasse, la Liberté c'est le droit de faire ce que l'on veut, quand on veut, que cela embête les autres ou pas, de vivre selon des coutumes absurdes voire barbares, et en contradiction flagrante avec les valeurs de la France que l'on est censé reconnaître si l'on se dit français, l'Égalité est perçue surtout comme « je veux avoir autant que les autres sinon plus » sans se soucier une seconde du bien commun, quant à la Fraternité, elle est reléguée au fond des oubliettes des vestiges du passé.

    Les problèmes actuels de la France viennent pour la plupart de cette perte des repères de l'identité nationale.

    Les français actuels, du moins ceux qui ont la carte d'identité en poche pour reprendre la définition de monsieur Mélenchon, ne se reconnaissent plus dans une langue, encore moins dans un territoire (ils ne reconnaissent que les territoire où l'on vit d'après leurs coutumes et habitudes, n'y admettent plus le rappel des règles communes), et ne veulent plus adhérer à des valeurs communes considérées comme oppressives.

    L'identité de la France est agonisante, en train de crever dans le caniveau des idéologies. Parler d'identité française est d'ailleurs devenu un tabou assimilé aux pires idéologies arbitraires du XXème siècle. Il convient d'en parler en ne cessant jamais de s'auto-flageller, l'histoire de France étant surtout montrée comme une longue suite de massacres et d'oppression, je rappellerai encore ici la citation de Marc Bloch sur l'histoire de France :

    « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France , ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »

    L'étrange défaite (1940), Marc Bloch, éd. Gallimard, coll. Folio Histoire, 1990, p. 198

    Ci-dessous, "la Grande Illusion" montre ce que c'était la France, il y a peu encore

     


    1937 LA GRANDE ILLUSION TRAILER RENOIR GABIN... par kirivalse

  • Une pensée et une prière pour les coptes...

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    Les européens, les français, n'en ont rien à faire des souffrances des chrétiens coptes en particulier, et orientaux en général, à quelques exceptions près. On parle d'"affrontements entre coptes et musulmans", ce qui est une bonne blague.

    Les français sont en règle général complètement indifférents au sort de ces croyants persécutés de fait, catholiques à 40%, orthodoxes à 60%. Ils sont très rarement évoqués dans les paroisses, les groupes de prière, de catéchisme.

    Je croyais que le fameux "Printemps arabe" allait amener un vent de démocratie et de tolérance sur le Proche Orient. il semble qu'il amène surtout au pouvoir des islamistes un peu partout, et de la haine contre les coptes, les grecs-catholiques, les syriaques et les melchites.

  • L'imposture Montebourg ?

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     Avec ce texte et un titre sans ambiguité, je vais à contre-courant de l'image d'Arnaud Montebourg qui se présente maintenant comme le Hugo Chavez français, le « Che Guevara » de la ruralité, sauveur des valeurs de gauche au PS en quelque sorte, je risque de provoquer quelques remous. L'arbitre du second tour des "primaires" du PS profite de sa position afin de briguer un maroquin de ministre qui convienne à l'idée qu'il se fait de la force de ses idées (et de sa personne).

    Ci-dessous, photo prise sur "le blogvidéo"

    audrey-pulvar-arnaud-montebourg.jpgComme on le constate sur son blog ou sur son site de campagne, Arnaud Montebourg reprend des idées énoncées depuis quelques temps déjà par les alter-mondialistes, les disciples de Saint Stéphane Hessel, bref, l'extrême-gauche « light » qui a du mal à s'assumer comme telle.

    Quand on lit attentivement les textes de monsieur Montebourg on comprend que s'il prétend être contre la mondialisation hyper-libérale en particulier, ce dont on ne le blâmera pas, il n'est pas contre la mondialisation en général, qu'il appelle l'internationalisme, ce qui revient finalement à souhaiter non pas une refonte du système, il n'est pas si à gauche que cela, mais des aménagements cosmétiques qui ne changeraient pas grand-chose au final, un peu comme ces personnes qui achètent hors de prix des produits étiquetés « développement durable » dans les supermarchés en s'imaginant contribuer à changer le monde, alors que participer au « développement durable » consisterait à ne pas mettre les pieds du tout dans les supermarchés..

    En suggérant la mise en place d'un hypothétique « VIème » République, qui corrigerait les dysfonctionnements supposés de la Vème, il ne fait que flatter certains citoyens devenus des citoyens/consommateurs dans le sens du poil qui ne veulent plus entendre parler de leurs devoirs mais faire comme bon leur semble en prenant un peu par ci, un peu par là, et en finissant toujours par se décider pour les « têtes de gondole » dont ils voient la publicité partout.

    Arnaud Montebourg est une « tête de gondole » idéale remarquera-t-on en passant, présenté par le système avec des idées dans le genre « Robin des bois » social esthétiquement attirant pour la « ménagère de moins de cinquante ans ».

    Ceux-ci se sont trouvés une excuse selon eux en or à leur paresse au moment des échéances électorales ou de l'exercice de leur devoir et responsabilité de citoyens. S'ils ne votent pas, c'est parce que le système est mal fait et s'ils ne s'engagent pas c'est parce qu'ils ne se retrouvent pas dans les idées des partis représentés au parlement.

    S'il n'est pas un aristocrate comme on l'a cru très longtemps en l'affublant d'une particule, il ne vient pas pour autant vraiment d'un milieu très populaire. Il est le représentant d'un milieu plutôt favorisé, où l'on est sincèrement de gauche, un père haut fonctionnaire des impôts, une mère algérienne, universitaire. Dans ce milieu généralement, peu se posent de questions sur les privilèges et les réseaux dont ils disposent, les estimant somme toute légitime au regard de leurs opinions se voulant progressistes.

    Ils n'ont pas conscience de rester au fond de dignes représentants de la bourgeoisie triomphante depuis le XIXème siècle qu'ils sont toujours, étant persuadés que le fait d'afficher des idées à l'inverse de leur statut social favorisé les absout.

    Il épouse en premières noces Hortense de Labriffe, collaboratrice d'Édouard Ballardur. Des mauvais esprits pourraient y voir une preuve parmi d'autres de l'endogamie du milieu politico-médiatico-culturel en France où l'on se fréquente entre « gens du même monde » tout en faisant mine par ailleurs de se détester et de polémiquer ardemment.

    Depuis 2010, ces mêmes mauvais esprits pourraient dire que la relation de monsieur Montebourg avec Audrey Pulvar, journaliste à I-Télé et maintenant chroniqueuse chez Ruquier le samedi est un symptôme bien concret de la connivence qui existe en France depuis longtemps entre les médias et les politiques. On se déchire sous les projecteurs, et on se côtoie sans aucun problème par ailleurs, dans ce milieu on se connait bien, y compris bibliquement.

    Ci-dessous, Arnaud Montebourg et Ségolène en 2007

    arnaud_montebourg_segolene.jpgPour tous dans ce milieu, ce qui compte de toutes façons, ce n'est pas les idées, ce n'est pas la concrétisation de ces idées, c'est la carrière d'abord et avant tout, et la réussite de cette carrière passe par la réalisation d'ambitions nationales que l'on croit justifiées encore une fois par des idéaux affichés que l'on estime dans le sens du progrès, et du bonheur du peuple, alors qu'il s'agit la plupart du temps d'être surtout dans le sens du vent.

    En réplique à ces objections, ils ont trouvé ce qu'ils estiment la parade idéale, ceux qui critiquent la connivence et la collusion assez infâme, l'hypocrisie du milieu politico-médiatico-culturel en France sont des poujadistes, voire des faââchistes, ce qui permet à cette classe de camoufler, lui semble-t-il mais cela ne trompe que les naïfs, son imposture.

    A ce lien, Philippe Muray leur répond sans ambiguïté et comme il se doit.

    Certains auront beau jeu de le traiter de « réac » (ce qui est amusant, Muray relevant plutôt du socialisme orwellien) tout comme l'auteur de ses lignes. Cela n'aura guère d'importance et démontrera surtout la paresse intellectuelle des éventuels contradicteurs qui l'étale depuis longtemps dans notre beau pays de toutes façons, où ceux qui ont été lucides se sont souvent retrouvés bien seuls, mais mieux vaut être seul que mal accompagné...

  • Primaires chez les « petit-boutiens » - Conte inspiré par les primaires du PS

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    Petit hommage en passant à Jonathan Swift, un grand sceptique devant les sauveurs auto-proclamés et les grandes théories fumeuses, d'un bord ou de l'autre, voulant faire le bonheur du peuple malgré voire contre lui.

    Samuel Gulliver, un descendant de Lemuel Gulliver, a vécu les mêmes mésaventures que son illustre aïeul, c'est de ses notes que je tire le texte ci-dessous :

    Ci-dessous, entrée de Lemuel Gulliver à Lilliput, photo prise ici

    19034_les_voyages_de_gulliver_28tv_film29_gullivers_travels__image_film.jpgA Lilliput, la situation avait bien changé, à l'Est, deux géants de Brobdignac régnaient en maîtres, l'un d'eux, celui qui était le plus à l'Est, n'hésiterait pas un jour ou l'autre, c'était certain, à écraser Lilliput en deux ou trois enjambées. A l'Ouest, un autre géant faisait mine de protéger Lilliput mais songeait surtout à ses propres intérêts. Les lilliputiens, homoncules quant à eux de plus en plus minuscules, n'en avaient cure, ils faisaient comme si Lilliput était toujours aussi puissante.

    A Lilliput, il existait un conflit politique depuis très longtemps entre « petit-boutiens », et « gros-boutiens ». Ceux-ci soutenaient que le sens du progrès était dans le fait de déguster les œufs à la coque en les entamant par le gros bout, les « gros-boutiens », quant à eux prétendaient qu'il fallait entamer par le petit bout, que c'était de tradition à Lilliput, où tout le monde faisait comme ça depuis longtemps. Certains « petit-boutiens », comme on les appelait, radicaux quant à eux, allaient jusqu'à affirmer que ceux qui n'acceptaient pas cette coutume devaient être absolument rejetés à la mer et chassés de la terre de Lilliput.

    Ils se déclaraient également seuls dépositaire de l'identité lilliputienne. On savait bien pourtant que gros et petits boutiens, radicaux ou pas, appartenaient à la même famille, il étaient tous cousins, et ne se mariaient qu'entre eux, ne se fréquentaient qu'entre eux, châtiant impitoyablement et avec une grande violence celui qui osait rappeler leur endogamie qu'ils n'assumaient pas du tout.

    Les choses avaient bien changé depuis le voyage de l'ancêtre de Samuel Gulliver, les monarques avaient été chassés de Lilliput, et les plus riches des homoncules avaient pris le pouvoir deux-cent ans plus tôt en prétendant le faire pour le bien de tous. Ils étaient en majorité « gros-boutiens » radicaux au fond, faisant mine de promouvoir le souvenir des coutumes « petit-boutiennes » mais finalement les rejetant au fond.

    Ceux qui étaient les plus extrêmes dans leurs convictions s'asseyaient à gauche de l'assemblée lilliputienne, ceux qui toléraient plus ou moins, voulant trouver un compromis avec les « petit-boutiens » les plus libéraux quant à eux assis à droite. Au centre de l'assemblée on trouvait des lilliputiens indécis, qui s'accordaient généralement avec le parti le plus puissant au pouvoir.

    Les « petit-boutiens » radicaux n'avaient pas le droit d'entrer à l'assemblée, certains « gros-boutiens » extrêmes.

    Les lilliputiens « petit-boutiens » ou « gros-boutiens », depuis la mort de leur dernier monarque, exécuté en place publique, s'imaginaient tous prendre sa place, car bien loin de leurs pompeuses déclarations, il ne s'agissait que de ça, rêver du pouvoir. Cela s'expliquait par divers complexes chez les politiques lilliputiens qui malgré leurs ambitions démesurées restaient tous des homoncules d'une toute petite taille. Rien n'y changeait.

    En tant qu'homoncules, ils ressentaient un immense ressentiment contre le monde entier que rien ne semblait compenser, car quels que soient leurs actes, ils demeuraient des homoncules.

    Les « petit-boutiens » libéraux et « gros-boutiens » étaient chacun leur tour au pouvoir, la mascarade allait bon train et chacun profitait du pouvoir et surtout de ses privilèges.

    Depuis quelques temps cependant, les « petit-boutiens » au pouvoir depuis quatre ans subissaient la colère du peuple, car leurs compromissions et leur malhonnêteté commençaient par se voir un peu trop. Les « gros-boutiens », inspirés par l'exemple des géants de l'Ouest organisèrent des élections dans leur parti, « des primaires », leur mouvement s'appelait le « parti social gros-boutien », en imaginant que cela les rendait aussi grands que leurs modèles et inspirateurs géants.

    Après d'âpres discussions qui les amenèrent à encore plus de disputes et de ressentiment, il était impossible qu'ils arrivent à gouverner ensemble visiblement vu leurs dissensions qui paraissaient irréconciliables, qui paraissaient seulement car chacun savait qu'ils se distribueraient le « gâteau du pouvoir » en bonne entente chacun selon ses intérêts (on appelait ainsi l'immense pièce montée très sucrée que les vainqueurs des élections présidentielles lilliputiennes se partageaient une fois celles-ci remportées).

    Furent désignés une lilliputienne toute petite se proclamant « petite-boutienne » radicale, et qui avait en elle encore plus de ressentiment que les autres, elle prétendait quant à elle venger le peuple de sa pauvreté, et un lilliputien venu du centre du pays de Lilliput qui affirmait représenter les petites gens lui aussi.

    La première affirmait se battre au nom des lilliputiennes et pour qu'une lilliputienne gouverne enfin Lilliput, en la voyant, on ne comprenait pas vraiment pourquoi elle insistait tant sur sa féminité n'en ayant que fort peu. Quand elle était en famille, elle suivait à la lettre des coutumes « petites-boutiennes », mais comme clandestinement. Le deuxième aimait se regarder dans les miroirs, prendre la pose, un peu plus encore depuis qu'il avait suivi un régime drastique.

    Tous deux étant cousins, cela n'était pas très crédible.

    Il était également de notoriété publique que les vainqueurs de ces élections jetaient dans une poubelle spécialement prévue à cet effet depuis des décennies toutes leurs belles promesses.

    Ils savaient bien que le peuple lilliputien, à de rares exceptions, avait une capacité de mémoire très réduite, à peine celle d'un poisson rouge.

    Et bien sûr, pour arriver au pouvoir, les « gros-boutiens » useraient de leurs stratagèmes habituelles, rappeler les méfaits des « petit-boutiens » radicaux, qui avaient cru leur heure de pouvoir venue, pendant une guerre qui avait eu lieu soixante-dix ans auparavant, avec le peuple d'homoncules voisins, dont le chef s'était cru un temps le leader fou d'homoncules supérieurs appelés à gouverner le monde entier, et qui avait été remportée grâce surtout à l'aide des géants de l'Est et de l'Ouest, ce que les lilliputiens avaient bien sûr oubliés depuis belle lurette.

    Ci-dessous, des lilliputiens désignent leur chef, photo extraite de l'adaptation moderne des "Voyages de Gulliver" avec Jack Black, photo prise ici

    Les-voyages-de-Gulliver-05.jpgCe leader avait commis des massacres atroces.

    Tout rappel des coutumes « petites-boutiennes » était assimilé à un soutien de ces affreuses tueries par différents libelles et publications tous rédigés par membres de la grande famille au pouvoir depuis l'exécution du monarque qui espéraient tous en tirer une récompense et les avantages subséquents. Les « petit-boutiens » modérés étaient montrés du doigt et désignés à la vindicte comme des « petit-boutiens » radicaux et extrémistes camouflés.

    Cela amusait beaucoup les géants de l'Est et de l'Ouest, et même le peuple d'homoncules voisins qui faisaient commerce avec ces géants sans aucun scrupule. Les « Houynms » étaient quant à eux tristes du comportement si désastreux des lilliputiens.

    Ici, les notes sur Lilliput s'arrêtent, on le constate, les français ont beaucoup de points communs encore maintenant avec cette peuplade.
    ci-dessous, "les voyages de Gulliver" par Max Fleischer


    Le voyage de Gulliver par imineo

  • Philippe Muray sur l'antifââchisme

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    muray.jpg"Faire entendre la présence du Mal dans la voix même des criminels qui l'invoquent pour faire tout avaler. Leurs armes sont usées, eux-mêmes sont fourbus, leurs cris qui tuent ne sont plus que des cancanements de canards boîteux, des glouglous agonisants de dindons de la farce ; mais ils arrivent encore à intimider, ou, du moins, à attirer l'attention sur eux. Quand ils traitent quelqu'un de «maurrassien», par exemple, c'est autant de temps de gagné : il est tellement plus avantageux de parler de Maurras, et de le condamner, que d'ouvrir les yeux sur le monde concret ! Ils n'ont plus que ce projet : gagner du temps. Empêcher que leurs exactions soient connues en détail. Or, faire connaître celles-ci, d'une manière ou d'une autre, par le biais du roman ou de l'essai par exemple, et surtout les transformer en oeuvre d'art, voilà ce que l'on peut définir comme le véritable Bien, le Bien suprême de notre temps, et voilà ce à quoi ils s'opposent de toutes leurs forces. Ils s'inquiètent de ce que l'on voie apparaître, comme ils disent, «une sensibilité inédite», un «nouveau mouvement indissociablement critique et réactif». Ils n'avaient pas prévu cette insolence. Dans leur débâcle, ils bouffonnent encore et voudraient faire croire, comme le dérisoire Rosanvallon, qu'ils auraient les moyens de «construire une analyse» de cette réalité nouvelle qui est sortie d'eux et qu'ils ne comprennent même pas puisqu'ils n'ont jamais de leur vie regardé un événement, un être, un objet concrets, et qu'ils ne savent bavarder, dans leurs pauvres nuées, qu'à coups d'universaux. Mais cette analyse et cette description sont en cours, et, accessoirement, c'est contre eux qu'elles s'opèrent. Ce n'est qu'un début, continuons leur débâcle."

    La suite ici

  • Paris en photos

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    P1000625.JPGPlusieurs alboumes photos de votre serviteur sur Google.fr/picasa, lien ici.

    Pour celles et ceux qui aiment Paris.

    " Conduire dans Paris, c'est une question de vocabulaire." Michel Audiard

  • Les discussions politiques sur les bords et au milieu

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    Sur Agoravox aussi

      image ci-dessous prise ici

    Je ne me crois pas plus intelligent ni plus bête d'ailleurs que quiconque, mais j'ai toujours eu du mal à concevoir que deux personnes échangeant sur un sujet politique puissent

    david_manuel.jpg

    avoir, surtout quand cet échange est musclé, un point de vue véritablement pensé et construit. On distingue le plus souvent derrière la polémique des prétentions, des vexations, des aigreurs, des naïvetés, voire un désir de séduction par la domination dans le dialogue, surtout quand l'interlocuteur que l'on cherche à convaincre est une interlocutrice qui fait du 95D et, ou, porte magnifiquement des minijupes.

    Si celle-ci refuse de se laisser convaincre, bien sûr, l'interlocuteur en sera quitte pour une introspection rapide, si j'ose dire (je parle de masturbation intellectuelle bien sûr).

    Cela consiste généralement à se balancer des lieux communs à la figure. Quand il n'y a plus de lieux communs ou de clichés à se jeter à la face, on arrive généralement aux injures et aux attaques personnelles outrancières la plupart du temps. Attaquer sur le physique, l'apparence, permet de ne pas à avoir à trop se fatiguer pour argumenter.

    Les concepts de « droite » et « gauche » sont en soi simplistes également, ils viennent de l'emplacement de la première assemblée constituante, les plus « révolutionnaires » étant à gauche, les moins « révolutionnaires » à droite, les indécis, qui se décidaient généralement pour le plus fort, au centre, dans ce que l'on appelait « le marais ».

    C'est à peu près à la même époque que la bourgeoisie a pris le pouvoir en France, et l'a conservé depuis, sur une imposture flagrante, laissant croire à l'abolition des privilèges, on sait d'ailleurs qu'en 2011, il n'y a plus aucun privilège, c'est bien connu.

    A gauche on pense que la gauche défend les pauvres et que la droite c'est les riches, à droite, on dira que la gauche prône un égalitarisme insupportable tandis que la droite suggère une compétition saine.

    Pour la plupart, il est impossible de concevoir que l'on puisse être de droite et anti-consumériste, de gauche et libéral alors que ces deux catégories existent bel et bien.

    Et je ne parle même pas de ceux qui lorsque l'on aborde certains sujets, que l'on ose en parler vous traitent de « fâââchistes », ou de « nazis », voire de « gauchiste », ça arrive quand on remet en question le libéralisme, ou de « stalinien » ou « bolcho », plus rarement cependant il faut bien le reconnaître.

    Et finalement, au bout du compte, on s'aperçoit que les intervenants n'ont pas réellement d'idées en soi, qu'ils sont parfois d'accord au fond.

    Parfois, il en est qui prétendent renier les idées qui leurs sont venues de par leur éducation, de leur enfance et leur adolescence. Toujours, un jour ou l'autre, celles-ci finissent par leur revenir au cœur, à les remuer, car au fond on devient l'adulte qui était déjà en germe à ce moment.

    Dans la « vraie » vie vraie de vraie des « vrais » gens de la « vraie » réalité, comme sur Internet, qui aux yeux de beaucoup encore ne serait pas la « vraie » vie, au zinc du « café du commerce » ou du « rendez-vous des chasseurs », à la buvette de l'Assemblée Nationale ou celle du Sénat, c'est partout pareil, les discussions politiques ne reposent que sur un ou deux slogans faciles à retenir, faciles à ressortir, des concepts simples, simplissimes même, et qui ne nécessitent pas beaucoup de réflexion personnelle.

    Cela revient à jouer à « Robin des bois » en restant d'un manichéisme au ras des pâquerettes.

    En gros, cela revient à ça : « celui qui pense comme moi » est dans le camp des gentils » ou « celui qui me contredit ou ne pense pas comme moi » est dans le camp des méchants, sans rien entre les deux, alors généralement, l'analyse d'un fait peut se nuancer beaucoup plus qu'en se tenant à l'analyse binaire.

  • Pas de printemps arabe ?

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    Je précise tout de suite que j'ai parcouru le livre dont il est question dans cet article après avoir lu un article à son sujet dans « Charlie Hebdo », que l'on ne peut pas vraiment suspecter d'être un journal d'extrême-droite et ethno-différencialiste.

    image prise ici

    printemps-arabe-401274-jpg_264556.JPGAlain Chouet a travaillé trente ans à la DGSE, il connait donc la politique extérieure de notre pays de l'intérieur, en saisit les arcanes, les enjeux réels, les péripéties. Alain Chouet ne roule pour personne, il parle des faits, des faits et encore des faits. Bien sûr, certains y verront une manipulation d'« intox », c'est inévitable, mais Chouet n'est pas Robert Bourgi qui a des pertes de mémoire après 2005.

    Ne serait-ce que sur la Palestine, par exemple, je trouve personnellement insupportables les touristes politiques qui ont passé quinze jours là-bas et croient tout en savoir en revenant, ignorant toute la complexité de ces pays dont la vie politique ne se résument pas à quelques slogans qui font plaisir à être assénés entre la poire et le fromage pour impressionner la petite nièce qui est en première année de « psycho » à Saint Denis.

    Dans le livre « Au cœur des services spéciaux » aux éditions de la Découverte, il parle de son expérience et en particulier de son expérience dans les pays du Proche et Moyen Orient, proche du concret, loin des utopies et des grandes déclarations pompeuses de rebellocrates diplômés ou pas. Il connait ces régions du monde depuis les années 70 et l'émergence des mouvement terroristes issus de l'Islam chiite, particulièrement depuis la « Révolution » iranienne de 1979.

    A l'époque, il faut se souvenir que les grandes et belles consciences saluaient cette révolte « démocratique », menée par l'imam Khomeiny,qui a fini par sombrer dans la pire des théocraties.

    Le terrorisme au Proche Orient nait aussi des revendications palestiniennes sur leurs terres, des revendications légitimes, mais qui ne justifient pas le terrorisme une seconde, de leur sentiment d'abandon par l'Occident, mais pas seulement, car les pays arabes alentours ne soutiennent pas vraiment non plus les palestiniens, les jordaniens en particulier ayant des vues sur la Cisjordanie.

    Alain Chouet était en Libye quelques temps avant le début des évènements qui ont secoué ce pays, il parle des « civils » surarmés, venus d'Égypte, pays ayant toujours jalousé le pétrole de son voisin, et qui n'a pas accepté son indépendance, qui ont mené des actions visant à la déstabilisation du régime de Khadafi. Il montre clairement aussi que c'est surtout parce que l'armée n'a pas bougé en Tunisie que Ben Ali est tombé, et que c'est l'armée qui détient le pouvoir en ce moment dans le Maghreb.

    Quant à l'Égypte, on comprend que ce sont les militaires qui ont en main le pouvoir de décider qui va gouverner, et que pour l'instant, les « frères musulmans » apparaissent comme les dirigeants probables de ce pays. Alain Chouet décortique tout le processus qui a mené à l'acceptation des mouvements musulmans les plus conservateurs par les occidentaux, qui jouent ici le rôle d'idiots utiles, et que ces mouvements conservateurs sont bien loin d'être en perte de vitesse, que c'est même plutôt l'inverse, ils sont loin devant tous les autres, bien plus structurés, bien plus dynamiques.

    il démontre que ce sont ces mouvements qui sont dangereux et non Al Quaida qui ne représente plus un grand risque réel.

     

    Et il rappelle aussi que si Bachir El Assad est effectivement un tyran, ceux qui voudraient lui succéder sont bien plus autoritaires, bien plus arbitraires et dangereux.

    La conclusion que l'on se fait après l'avoir lu est simple, il n'y a pas de « printemps arabe », il n'y a jamais eu tout au plus que des manipulations géopolitiques ourdies au bénéfice des puissants, comme d'habitude, tout cela est un leurre, un miroir flatteur que se tend l'Occident à lui-même pour se donner bonne conscience et ne pas avoir à se poser trop de questions qui pourraient amener à remettre en cause l'essentiel, à savoir l'iniquité originelle qui fonde l'hyper-consumérisme moderne.

    C'est tellement mieux que d'autres fassent, ou semblent la faire, la révolution par procuration.

    Ci-desous, Alain Chouet parle aussi des légendes concernant Al Quaida.

  • La fin de la littérature est-elle possible ? - A propos de "Premier bilan après l'Apocalypse" de Frédéric Beigbeider

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    Frédéric Beigbeider est horripilant, très agaçant, parfois pénible. « Né coiffé », il a bénéficié des privilèges que lui offrait son milieu pour s'y épanouir et faire ce qu'il veut quand il le veut : lire, beaucoup, écrire, beaucoup, sortir, beaucoup, boire, beaucoup, faire un boulot qui fait rêver les filles et la société consumériste, s'amuser. C'est une tête à claques télévisuelle, un parangon de la connivence dite germanopratine, dont il est conscient, qu'il assume, qui règne dans les milieux culturels en général, et littéraires en particulier, où tout le monde se connait, se coopte, se dispute pour de rire, où l'on couche les uns avec les autres, où les polémiques les plus dures sont en fait des farces grotesques que l'on joue au gogo pour lui faire plaisir.

    image prise ici

    frederic_beigbeder_reference.jpgEt surtout, surtout, Beigbeider est un dilettante à qui tout semble réussir sans qu'il n'ait à trop se fatiguer.

    Voilà son crime aux yeux des bonnes gens qui jalousent plus la réussite matérielle de cet auteur que sa culture littéraire authentique et profonde.

    Car ce qui sauve ses précédents romans, et Beigbeider lui-même, c'est qu'il aime les livres passionnément.

    Actuellement, on n'aime pas beaucoup la littérature, les prophètes d'un monde nouveau, prêt à éclore selon eux, les circonstances préludant à cette éclosion différant selon l'idéologie qu'ils ont à vendre. Ces prophètes, la plupart de temps de malheur, ils promettent l'enfer et la dévastation à qui ne suit pas leurs recettes miracles qui passe la plupart du temps par la destruction de toute littérature qui ne sert pas leur cause.

    Dans la tyrannie des imbéciles qui se profile dangereusement à l'horizon, la littérature est considérée comme inutile, obsolète. Beaucoup de cuistres affirment ne pas lire de romans mais des « livres sérieux », comme si la faculté de créer des mondes avec des mots, comme si l'imagination, comme si ce don consistant à exprimer la joie, la peine, la colère, la réflexion, ce n'était pas vraiment sérieux.

    Beigbeider fait aussi dans son bilan des choix extrêmement subjectifs, parfois agaçants encore, il place par exemple des copains dans son bilan, (après tout on lui pardonnera de défendre ses amis), mais en bon littéraire il ne prétend pas à la sagesse omnipotente, et invite le lecteur à faire comme lui.

    Dans la tyrannie des imbéciles l'on prétend à l'objectivité, on fait mine de se placer au-dessus de la mêlée. Autre pointe d'agacement que l'on ressent, c'est quand l'auteur de ce bilan parle de son expérience d'éditeur et de son enthousiasme pour « Hell » de Lolita Pille, qu'à l'entendre il aurait traité comme tous les autres manuscrits qu'il reçoit, ou pour Simon Liberati, le deuxième écrivant certes mieux que la première, maintenant recluse chez sa mère, surendettée et abandonnée par le milieu de rebelles à mèche mondains qu'elle fréquentait auparavant, mais tous deux étant des compagnons de virées pas toujours « tziganes » de Beigbeider.

    Beigbeider fera hurler sur le net et ailleurs les défenseurs du livre numérique censé être moins cher, plus indépendant, et moins enclin à favoriser le clientélisme, le copinage, le népotisme, et en plus être écologiquement plus admissible, plus correct. Les défenseurs du livre traditionnel sont traités de « fétichistes », de réactionnaires nostalgiques d'une époque où la culture était réservée à une oligarchie.

    Si personne ne conteste le copinage et le fait que les manuscrits qui parviennent à un éditeur sont surtout lus par des stagiaires débordés qui se contentent de les parcourir distraitement, tout écrivain non édité n'est pas forcément un génie méconnu qui mérite de plus l'être.

    De plus, il y a une différence majeure entre la lecture sur papier et la lecture sur support électronique, plus diffuse, plus superficielle, moins concentré quoi que l'on en dise. Enfin, les livres ont une âme, une histoire, quelque chose qui les relient directement au lecteur, ils ont une odeur, une sensualité, totalement absente d'un écran impersonnel, celui-ci si perfectionné soit-il.