Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Article sur Marguerite Yourcenar

    Imprimer Pin it!

    primopiano_marguerite_yourcenar-400.jpgUn article développé de votre serviteur sur "Aventure littéraire" concernant Yourcenar, un de mes écrivains préférés, surtout pour la trilogie de ses souvenirs littéraires, dont la devise était :

    "Je ne vis pas comme ils vivent, je n'aime pas comme ils aiment, je mourrai comme ils meurent".

    citation de Yourcenar pendant un entretien ave Claude Servan-Schreiber :

    "Très peu d'hommes et de femmes existent par eux-mêmes, ont le courage de dire oui ou non par eux-mêmes."

  • La vie dans le rétro d'un taxi jaune égyptien

    Imprimer Pin it!

    Sur Agoravox

     à propos de « Taxi » de Khaled Al Khamissi chez Actes Sud

    image prise ici

    taxi-khaled-al-khamissi-egypte-L-XixctJ-175x130.jpegKhaled Al Khamissi rapporte dans ce livre cinquante-huit conversations, retranscrites en dialecte égyptien, qu'il a eu avec des chauffeurs de taxis du Caire entre avril 2005 et mars 2006, alors que Moubarak feignait de solliciter son peuple sous le joug pour un cinquième mandat. Il est question, comme dans les livres d'Alaa El Aswany, auteur de « l'immeuble Yacoubian » 1, de tous les maux qui assaillent la société d'avant le « printemps arabe », confisqué pour l'instant en Égypte par l'armée :

    La corruption à tous les niveaux, l'inertie des autorités, la débrouille obligatoire pour survivre, se procurer les denrées nécessaires ou simplement de l'eau, les problèmes endémiques des grandes villes égyptiennes, la question des religieux fondamentalistes, les problèmes de couple aussi, le rôle des femmes, beaucoup plus complexe que dans l'imaginaire occidental, les brimades subies à cause des militaires, des notables la décadence des intellectuels etc..

    « l'immeuble Yacoubian » de Alaa El Aswany explique parfaitement le passage d'une période très douce et heureuse au règne de la haine mieux que bien des pensums d'une grande sagesse ou réputés tels.

    Quiconque a fait l'expérience du Proche-Orient connaît bien les sympathiques taxis « Servis », dont parle l'auteur dans ce livre, de couleur orange, généralement des limousines Mercédès hors d'âge, ou blanche ou jaune en Palestine et dans le Sinaï (bicolores au Caire, noir et jaune, ou noir et blanc), le plus souvent des « japonaises » brinquebalantes, dans lesquels on s'entasse à quatre ou six, ces taxis le plus souvent collectifs « bon marché », du moins pour ceux qui connaissent les prix., les touristes à sac banane et « bob » se faisant généralement avoir, mais c'est de bonne guerre, et de toutes façons, même s'ils paient deux ou trois fois le prix normal, cela reste deux à trois fois moins cher qu'un taxi parisien ou provincial.

    Quand j'habitais Jérusalem j'ai toujours largement trouvé plus sympathique de prendre un « servis », dire « sheirout » (ou « chiotte » en hébreu côté israélien), qu'un car conditionné des lignes « Egged », plus confortable et plus régulier dans les horaires mais sans ce supplément d'âme.

    Une ressemblance avec les chauffeurs parisiens, on enrichit largement son vocabulaire d'expressions grossières ou argotiques ou son répertoire d'injures. Après avoir pris le taxi au Caire ou à Alexandrie, on sait dire « Nique ta mère » ou « Va te faire enculer » en arabe ou en dialecte égyptien sans trop de problèmes.

    On les prend rarement tout seul quand le taxi dessert une autre ville, et on attend généralement que le taxi soit rempli pour démarrer, ce qui permet au chauffeur et à ses clients de boire frais à la terrasse d'un café, de toutes façons il fait souvent trop chaud pour prendre la route, il vaut mieux ne pas être trop pressé. Les chauffeurs attendent le chaland aux portes des villes ou sur les places, c'est à qui parle le plus fort pour rameuter le plus de clients, c'est vivant, chaleureux et parfois pénible aussi car il faut toujours négocier le prix et ne pas demander trop de calme pendant un trajet entre une grand-mère et ses nombreux paquets, un jeune « shebab » qui raconte sa dernière virée à Ramallah, et les vieux qui commentent la politique sous leurs keffieh..

    taxi%20a%20alex.JPGC'est un changement de rythme qui est à faire par l'occidental pressé et stressé, ce qui lui permet aussi de mieux comprendre la société de ces régions, plus organique, plus humaine que les nôtres bien que certains les méprisent les considérant comme arriérées et désordonnées. Prendre le « servis » c'est déjà se rapprocher beaucoup plus des habitants de l'Égypte, de Palestine, de Jordanie ou du Liban.

    Une fois parti, il faut savoir que le code de la route est assez simple, il y a les voitures qui vont dans le même sens que le taxi, et celles qui vont en sens inverse, qui deviennent l'ennemi, avec un grand « E ». La bande-son des taxis proche-orientaux se compose dans le meilleur des cas des belles chansons d'Oum Khalsoum ou Fairouz, le son au maximum, des morceaux plus modernes d'Amr Diab, et dans les autres cas, la plupart du temps, de chansons sentimentales d'une célébrité locale, chanteur de charme d'Alexandrie ou du Caire.

    1À lire aussi du même auteur : « Chicago » qui racontent la vie d'émigrés égyptiens aux États-Unis après le 11 septembre.

    Ci-dessous, un peu d'Amr Diab et de Fairouz

  • Le grand soir à un train de sénateur...

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     La gauche, enfin la gauche, nous parlons surtout du PS et des « verts » a remporté la majorité absolue dimanche à la chambre haute du Parlement français. C'est un camouflet à la figure de Sarkozy, et la politique qu'il mène avec Fillon depuis bientôt cinq ans. Beaucoup voit la chute de la maison Sarkozy et espère la fin de la politique ultra-libérale, ordonnée par l'Europe et les monétaristes à sa tête, la fin du diktat des agences de notation.

    photo prise ici

    12108_une-senat.jpgBeaucoup au PS feignent d'y voir des retrouvailles avec l'électorat populaire alors qu'il s'agit d'un vote de grands électeurs qui pour autant représentatifs qu'ils soient du peuple ne sont pas exactement l'expression de celui-ci. A entendre les caciques du PS, la victoire de dimanche devient une victoire des petites gens, du petit peuple contre le « bling, bling » élyséen.

    C'est en partie vrai.

    Mais on aurait aimé que les grands électeurs soient cohérents jusqu'au bout en refusant l'indemnité à laquelle ils ont droit en allant voter, ce qui est pour eux obligatoire, ce qu'a proposé un parlementaire Modem. Certes, celle-ci est plus que symbolique, 15,75 Euros, mais cela aurait été un geste important.

    Et ce geste aurait accéléré la réconciliation avec le peuple qui devient une donnée accessoire comme on l'a vu sous la plume d'un participant de la fondation « Terra Nova », proche du PS et de DSK. Cet organisme se contente de faire le constat du divorce du PS d'avec l'électorat populaire sans le regretter le moins du monde.

    Il aurait été appréciable aussi d'entendre les nouveaux sénateurs renoncer à leur régime spéciale de retraite et aux privilèges dont bénéficient les membres du sénat, mais les ors du pouvoir endorment parfois les idéaux affirmés avant une élection, est-ce étrange ?

    Ce serait aller un peu vite en besogne de croire que les belles promesses seront tenues.

    Car la LOLF, Loi d'Orientation Loi de Finances, instituant le principe de la réduction des dépenses publiques exigée pour maintenir l'Euro à flots, entre autres choses, a été instituée par le gouvernement Jospin et non par un gouvernement de droite libérale dure, les uns le faisant simplement par angélisme, les autres appliquant leur programme idéologique. Dans les deux cas, cela a mené au même résultat, un monétarisme très dur à l'échelle européenne.

    Rappelons aussi que la « gauche » française, je parle du PS et des députés européens écologistes ont voté à chaque fois à Strasbourg dans son ensemble dans le sens d'un pouvoir finalement plus grand des « marchés » et « des banques ».

    Rappelons qu'avant d'être un pêcheur repentant en état de faute morale, un pénitent à l'allure de Raminagrobis, DSK n'aurait jamais envisagé pour les grecs de reporter quoi que ce soit de la dette de ce pays...

    On remarque, c'est le cas dans chaque camp, que lorsqu'un camp perd les élections dans la chambre haute, celle-ci ne sert à rien, tandis que depuis dimanche, le sénat, cette chambre réputée une chambre de notables conservateurs par la gauche depuis des décennies est devenue par la grâce de la majorité absolue l'assemblée représentative, ce qu'elle n'est pas, encore moins que l'Assemblée Nationale où la diversité sociale des représentants du peuple n'est plus qu'un lointain souvenir, si tant est qu'elle ait jamais réellement existé.

    Certains « socialistes » au PS ne perdent pas le nord et gardent un sens politique aiguisé, ainsi Elisabeth Guigou s'est hâté de rappeler sur son blog qu'il faudrait poser la question très vite du vote des étrangers aux élections locales, ce qui redonnerait une base électorale populaire à son parti.

    De plus, du fait de la politique politicienne, des jeux de pouvoir de l'UMP avec le centre, il y a encore un risque que l'UMP conserve la présidence du Sénat...

  • « Je » est toujours un autre en 2011

    Imprimer Pin it!

    Article sur Céline sur Agoravox

    L'article ci-dessous est aussi sur Agoravox

    Photo ci-dessous empruntée ici

    "Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à

    magritte.jpg?w=424&h=300

    l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène.
    Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ! ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs !"

    Extrait d'une lettre à Paul Demeny, la suite ici

    J'ai toujours été profondément sceptique devant les idéologies globalisantes, de gauche ou de droite, les belles intentions claironnées par les uns ou les autres, fût-ce en invoquant la foi religieuse, à commencer par la foi chrétienne, car il y a quasiment toujours une distance importante entre les bonnes intentions et les actes concrets. Ce n'est pas à moi de sonder les reins et les cœurs, et il n'existera jamais une cohérence parfaite entre les grands discours et les réalisations concrètes. De plus, je m'inclus dans le lot, n'étant pas, moi non plus toujours cohérent avec mes idéaux, le tout c'est d'en avoir conscience, déjà me semble-t-il.

    Mais, il n'est pas interdit de demander juste un peu plus de cohérence, juste un tout petit peu plus, et un tout petit peu moins d'hypocrisie sociale, ce rendrait le monde plus vivable très rapidement. Surtout en une époque qui multiplie les déclarations ronflantes sur l'accueil, la convivialité, l'échange, la rencontre, et ne cherche pas à réellement corriger les choses.

    Or, on constate surtout à notre époque la solitude de ceux qui vont mal ou très mal, inadaptés, isolés, malades, en détresse, et l'incapacité des uns ou des autres, à quelques exceptions, à aller à la rencontre de ceux qui sont blessés et qui ont besoin d'être aidés et soutenus qui se retrouvent progressivement abandonnés et désarmés alors qu'ils auraient besoin de soutien.

    Il est plus facile d'aller vers ceux qui nous mettent en valeur, d'aller à la rencontre de ceux qui nous ressemblent, ou qui flattent notre égo, et beaucoup moins vers les accidentés de la vie en grande demande de fraternité humaine, de solidarité, d'affection, ou d'amitié, ce qui est évidemment plus exigeant il est vrai.

    Beaucoup se donnent des excuses, la personne en souffrance n'est pas assez gentille pour se faire aider, on prétend qu'elle ne veut pas être aidée. C'est ce que l'on entend souvent dans la rue quant aux sans abris qui seraient des individus mal embouchés refusant qu'on leur donne un toit et de la nourriture.

    Pour être aidé, il faudrait donc être exemplaire ?

    Sans tâches ni défauts ?

    C'est ainsi que les personnes d'origine étrangère deviennent souvent les « autres » majuscules, complètement différents, exotiques, qui donnent l'impression de faire un effort alors que beaucoup sont incapables d'aller vers ceux qui déjà leurs sont le plus proche, comme il est plus facile d'aller vers des handicapés télégéniques que l'on côtoie une fois par an à la télévision que d'aller vers eux plus régulièrement, au quotidien, y compris dans les moments les plus triviaux.

    C'est plus facile d'aller vers quelqu'une de très différent, moins vers quelqu'un qui a besoin d'aide et qui nous ressemble beaucoup. C'est en somme humain, car l'on a peur de se retrouver dans la même situation, l'on a peur de souffrir, de partager les souffrances de l'autre, de sortir du confort intellectuel et moral qui fait que l'on garde de soi une image positive et que l'on estime honorable.

    Ou alors, c'est exactement l'inverse, l'« autre » intéressant n'est que celui qui est comme nous, agit, pense et vit comme nous, dans lequel on se retrouve, l'« autre » n'est plus qu'un miroir réfléchissant, un miroir là encore flatteur. Et c'est plus confortable, moins anxiogène. En dehors du groupe que l'on se choisit, point de salut ! Ceux qui ne sont pas dans le petit cercle sont impitoyablement rejetés.

    En fait, pour arriver à un minimum de cohérence, il n'y a pas besoin de grands discours ni de grands mots, il suffit d'agir sans se poser de questions.

  • Article sur Céline et Léautaud sur "Aventure Littéraire"

    Imprimer Pin it!

    648418694.jpgUne ville sans concierge ça n'a pas d'histoire, pas de goût, c'est insipide telle une soupe sans poivre ni sel, une ratatouille informe.

    Extrait de "Voyage au bout de la nuit" de Céline

    PaulLautaud3.jpg«Le mensonge compte bien plus que la vérité. La preuve : n'est-il pas répandu à bien plus d'exemplaires ?»

    de Paul Léautaud dans "Propos d'un jour"

    Un article de votre serviteur sur le site Aventure Littéraire qui met en lien les deux écrivains.

  • Abolition sélective de la peine de mort ?

    Imprimer Pin it!

    Sur Agoravox on en discute

     Abolition de la peine de mort selon les cas ?

    Ou pour tout les condamnés ?

    franquin1.jpgDepuis quelques jours, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l'exécution de Troy Davis, condamné « modèle » qui cumule en lui tous les critères nécessaires pour être défendu par les belles consciences, appartenant à une minorité, sage, aimant sa maman.

    C'est ce qui pourrait agacer dans l'histoire, ce côté sélectif qui ne devrait pas avoir lieu d'être quand on est contre l'abolition de la peine capitale.

    Troy Davis, comme Caryl Chessman avant lui, a surtout connu un sort inhumain, atroce, puisqu'il attendait dans le couloir de la mort depuis 1989, soient plus de vingt-deux ans ! Et que son exécution a déjà été repoussée à trois reprises après divers recours judiciaires.

    Comme d'autres représentants des afro-américains, il n'est pas le premier à clamer son innocence, et à être condamné sur la base de préjugés racialistes.

    Robert Badinter lui-même a évoqué ce cas ce matin sur Europe 1, à chaud.

    Les abolitionnistes défendent avec raison l'abolition de la peine de mort, mais sélectionne les cas, or, quand on veut l'abolition de la peine de mort, c'est dans tous les cas de figure, même quand le condamné à mort est une parfaite enflure, un salaud.

    Ainsi, un partisan de la « suprématie blanche » a été lui aussi exécuté au Texas cette nuit pour le meurtre de personnes de couleur, un « white trash » de « Hooterville » en somme, un « petit blanc » qui a cru pouvoir se venger et se consoler de toutes ses frustrations réelles et imaginaires en commettant des meurtres racistes.

    Il aurait été encore plus fort, encore plus audacieux, dans la défense de l'abolition de la peine de mort, de demander la suspension de son exécution pour lui aussi. Après tout, c'est ce qu'a fait Badinter en France pour Patrick Henry qui était un assassin d'enfants cynique, un salopard immonde.

    Badinter l'avait défendu, en en faisant un symbole de l'abolition justement car ce n'était pas un condamné modèle.

    Trouver la peine capitale normale pour les salauds, l'admettre franchement ou du bout des lèvres c'est pareil, c'est finalement reconnaître l'échec de la société, de l'éducation, de la culture et c'est aussi et surtout que la haine finit donc par l'emporter au bout du compte.

    Il y a aussi une indignation sélective selon les pays évoqués, ainsi si l'on parle beaucoup des États Unis, peu de gens, encore moins parmi les belles consciences, évoquent l'Arabie Saoudite, où de nombreuses exécutions sont commises chaque année et ce au nom d'une justice théocratique parfaitement arbitraire, on ne compte pas les cas de pseudo « sorcellerie » (un exemple sur le site d'Amnesty), de peines pour « blasphème » ; parlons aussi de l'Égypte, où cinq hommes ont été condamnés à mort en Août, donc après la « révolution » de la place Tahrir. Évidemment, sous Moubarak, la peine capitale était très souvent prononcée et exécutée, à commencer contre les personnes faisant partie de minorités.

    En Tunisie, par contre, pays phare des révolutions arabes, il n'y a eu aucune exécution depuis 1993, et le nouveau régime fait de nombreux efforts. Nous pourrions signaler aussi les « crimes d'honneur » commis en Turquie, allant jusqu'à l'exécution d'une peine capitale traditionnellement commise par les familles, officiellement interdite, mais officieusement largement tolérée...

    Nous pourrions parler de la Chine, où le PC pratique un capitalisme d'État hyper-libéral sauvage et esclavagiste, ou de nombreux prisonniers politiques sont exécutés d'une balle dans la nuque, et la facture de la balle envoyée à la famille.

  • Dégustation des émissions de cuisine télévisuelles

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     Manger est aussi et surtout un plaisir, et non un moyen de gérer son capital-santé. Dans les médias, la pub et j'en passe, on nous serine un peu tout le temps que pour bien vivre, il faudrait gérer sa santé comme un portefeuille d'actions et donc manger et boire de l'eau.

    Ce pseudo-hygiénisme oublie que la bonne chère c'est donc du plaisir, répétons le, que c'est encore mieux quand ce plaisir est pris à plusieurs. Les bilieux, les culs pincés trouveront ça dégoûtant, tant pis pour eux.

    photo ci-dessous de Julie Andrieu prise ici

    DSC04315_julie_andrieu.jpgA la télévision, depuis quelques années déjà, la cuisine est à la mode, cela va de l'émission de coaching culinaire et compétitif à celle qui joue sur la nostalgie patrimoniale, sans oublier l'émission de gastronomie bobo privilégiant la « world cuisine » et puis il y a celle qui parlent vraiment des plaisirs de la table, plus rares.

    On a un peu de mal à s'y retrouver quand on aime la bonne chère, ce qui est le cas de l'auteur de cet article.

    Le plus trompeur à mon avis sont les émissions pseudo patrimoniales comme celle de Jean-Luc Petitrenaud sur France 5 qui officie également sur Europe 1. Je comprend certes que l'on puisse aimer sa nostalgie à la Robert Doisneau de Prisunic, son goût pour les plats dits de cuisine bourgeoise un peu lourds, mais il parle d'habitudes gastronomiques qui ne correspondent plus à grand-chose, et on y parle de la gastronomie comme en parlait nos grand-mères. Il parle de bistros qui étaient populaires il y a cinquante ans, de restaurants qui étaient simples après la guerre, la première, et qui sont maintenant comme des ghettos de vieux combattants chenus et radoteurs.

    Il oublie également que dans les bistros le vin qui était renversé sur le zinc était épongé par le patron qui le resservait pour deux sous aux clochards ensuite ou aux pauvres hères qui n'avaient pas les moyens de se payer du meilleur, et que bien souvent le « petit vin de pays » servi dans ses caboulots était une immonde piquette plus proche du taffetas du duodénum que d'un « Côtes-rôties ».

    A l'inverse, Julie Andrieu, dans « Fourchettes et Sac à dos », fait plutôt dans la « world cuisine » un rien bobo sur les bords. Comme elle est plutôt bien faite de sa personne, l'émission est presque agréable à regarder, mais la voir s'immiscer partout dans des cuisines simples où parfois les plats proposés, loin d'être des mets sublimes conçus pour exciter les papilles des bobos qui paieront ça une fortune à Paris dans le dernier restaurant à la mode sont la nourriture basique des plus pauvres. S'extasier là-dessus me semble parfois un peu déplacé.

    Et elle semble oublier que l'exotisme change beaucoup de choses à ce que l'on mange, il rend la cuisine huileuse et grasse gouteuse et pleine de saveurs, il donne des parfums délicats à une saucisse-curry bien chargée en colorants, et ce que l'on identifie pas dans un plat surtout parce que c'est infâme devient de l'exploration des saveurs.

    De plus, il y a ce côté professoral et docte qui manque de chaleur, et de sensualité. Comme dans ces émissions de « coaching culinaire », où la compétition tue toute la chair de la chère, la convivialité, ainsi dans « Masterchef », un peu moins dans « un Dîner presque parfait » qui présente un côté ludique parfois sympathique. Dans « un dîner... », c'est surtout quand les participants n'ont aucune prétention et qu'ils cherchent surtout à faire plaisir à leurs convives, à les accueillir du mieux possible. Bien sûr, entre deux, il faut se farcir un festival de verrines de toutes sortes, dans le vent en ce moment, d'assiettes carrées violettes, avec le trait de vinaigre de xérès ou d'huile maintenant obligatoire visiblement pour donner l'impression de bien faire la cuisine.

    La meilleure personne parlant de cuisine à la télévision, avec Périco Légasse (qui a fait quelques émissions sur des produits spécifiques), c'est quand même dans toutes les séries d'émission-journaux de voyages de Sarah Wiener sur Arte qu'on la trouve.

    Elle ne s'intéresse pas seulement aux produits des régions qu'elle traverse, mais aussi aux personnes derrière les plats, à leur histoire, leurs traditions et leur façon de concevoir la vie.

    photo ci-dessous de Sarah Wiener prise ici

    6a0105355e391a970c0105364f5778970b-800wiCar faire la cuisine, c'est aussi prendre son temps tranquillement, patiemment, se donner du temps, c'est mettre le doigt dans la crème, ou la sauce, faire goûter à celui ou celle qui est avec vous dans la cuisine.

    C'est la seule à aborder cette idée de plaisir dans la gastronomie, que ce plaisir ce n'est pas forcément un plat raffiné, construit comme une œuvre d'art moderne, que déguster une caille conique ne rajoute pas grand-chose aux sensations que cela provoque. Et il y a un côté « bonne franquette » chez Sarah Wiener, avec infiniment moins de prétentions que chez ses collègues et consœurs français, plus enclins à théoriser tout ce qu'ils font.

    Quand elle éxécute des recettes des régions françaises, d'un terroir qui est tout sauf ringard ou figé dans un passéisme pénible à la Petitrenaud, on sent le plaisir qu'elle a à respirer les parfums des produits qu'elle utilise, les effluves des légumes, des fruits ou des rôtis, à pétrir les pâtes, préparer les viandes, de la mort de l'animal à son arrivée sur la table, à mêler des couleurs et des textures, et se distraire en laissant ses petits plats mijoter en dégustant un bon vin avec d'autres amateurs de bonnes choses. Elle a aussi un sens de l'esthétique et de la beauté de ses préparations qui est très charnel (on éprouve souvent la même émotion, la même plénitude que devant une toile d'un maître flamand de genre)

    A ce lien, un excellent texte de Desproges sur les plaisirs de la table.

  • La littérature opportuniste

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     «C'est la faiblesse de presque tous les écrivains qu'ils donneraient le meilleur d'eux-mêmes et ce qu'ils ont écrit de plus propre pour obtenir un emploi de cireur de bottes dans la politique.»

    citation de Marcel Aymé extraite de « Silhouette du scandale », toujours malheureusement d'actualité...

    image ci-dessous prise ici

    orwell45-2be6d.jpgAvant les élections d'Avril 2012, on verra fleurir, c'est à peu près certain, cela ne pas tarder, plusieurs livres de littérature opportuniste. Il est possible que certains de ses livres seront même bons, bien écrits (mais opportunistes quand même bien entendu). Mais bien sûr, je ne citerai aucun nom pour ne vexer personne. Je comprend ça, c'est humain, ce besoin de gloire et de reconnaissance.

    La plupart seront sur le thème du danger fâââchiste en France, du fait du risque que Marine Le Pen se retrouve au Second Tour ou fasse tout du moins un bon score, ce qui risque d'arriver vu l'incapacité des uns ou des autres de proposer des mesures claires ou des projets réellement alternatifs, vu que tous ont fait allégeance aux mêmes dogmes, à quelques nuances près, dont l'importance fondamentale de l'Union Européenne, de l'Euro, et de la soumission aux marchés financiers.

    On rêve de Belgique, ce pays n'a plus de gouvernement depuis plusieurs mois, les ministres en théorie intérimaires se contentent de gérer les affaires courants, d'inciter au dynamisme économique par des mesures de bon sens qui favorisent l'emploi, et ça marche.

    Les politiques belges n'osent pas parler de dette/alibi à payer pour sauver l'Euro, ou de politique de rigueur, afin de sauver la politique ultra-monétariste actuelle. Ils sont enfin pragmatiques et songent un peu plus à l'intérêt de leur pays.

    C'est plus simple, en France, que l'on soit dans la Majorité ou l'Opposition d'appeler à la Patrie en Danger, au danger du retour des z-heures les plus sombres de notre histoire, des phalanges des ordres noirs, que de balayer devant sa porte, et remettre en question les dogmes totalement abstraits qui dirigent la politique française depuis plusieurs décennies, que ceux-ci soient des dogmes libéraux, libertaires ou marxisants.

    On se fait donc peur avec de jolies histoires où des tarés haineux prennent le pouvoir et appliquent une politique de terreur, ce qui n'arrivera pas car ces mouvements où pullulent les tarés haineux sont généralement aussi dans le système, ils en font partie intégrante, quand ils ne sont pas noyautés au dernier degré par les policiers : dans ces groupuscules, c'est généralement un militant, un flic, etc...

    Ces mouvements sont composés d'épouvantails utiles qui permettront peut-être au président actuel de repartir pour un deuxième quinquennat en jouant le rassemblement pour sauver la France du danger « brun », et qui donnent l'occasion également au PS de cacher le vide abyssal de son projet qui, pour le moment, est un projet libéral doux, où quelques aménagements cosmétiques voudraient laisser croire que les socialistes français sont encore un peu de gauche et qu'ils ne sont pas complices du système également.

    image prise ici

    bernanoscom-216x300.jpgEnsuite, après s'être fait peur avec les tarés haineux, on assimile toute contradiction des dogmes idéologiques libéraux, libertaires, ou socio-démocrates, qui nous jouent la comédie de l'affrontement alors qu'ils sont tous d'accord.

    Enfin, ce qu'attend le littérateur (teuse) opportuniste c'est que le camp d'en face l'insulte et l'affronte pour jouer les combattants pour la liberté et contre le fâââchisme et se retrouver sur le devant de la scène, du moins l'espère-t-il/elle. On s'étonnera que ces auteurs/es profitent finalement de notre société spectaculaire pour dénoncer tout cela. Au fond, il n'est pas vraiment question de lutter contre la progression du totalitarisme dans les cervelles, il s'agit surtout de se mettre en avant, et de se retrouver le plus à son avantage possible sous le feu des projecteurs.

    En photos, deux écrivains politiques dont les littérateurs opportunistes se réclament souvent fallacieusement : Georges Orwell, et Georges Bernanos, deux auteurs ayant tout risqué pour la liberté et non pour la gloire.

  • Pour en finir avec le compassionnel des crocodiles

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     Une citation de la grande philosophe Viktor Lazlo, dont on ne dira jamais assez l'importance en préambule de ce texte :

    « pleurer des rivières a quoi ça sert [?] ».

    image ci-dessous prise ici

    Tu-m-as-fait-pleurer-tu-m-as-humilier.jpgC'est bien connu, les crocodiles ont une manière particulière de pleurer de grosses larmes un tant soit peu hypocrites. Bien que se comportant aussi comme les « Rhinocéros » de la fameuse pièce de Ionesco, nos contemporains pleurent de grosses larmes de crocodiles assez souvent, de la vedette de cinéma qui remercie toute l'équipe sans laquelle elle ne serait rien en écrasant un gros sanglot avant d'aller manger pour trois ou quatre SMIC dans un restaurant de luxe à la candidate de jeu « télé-réelle », poulette décolorée ou brunette mal dans sa peau, qui se met à verser des tonneaux de pleurs pour peu de choses en définitive sous l'œil froid des caméras : un ongle cassé, le rimmel qui coule etc....

    Le candidat téléréel quant à lui se distingue plus par des effusions bruyantes et une stupidité affichée de veau juste après le vèlage.

    Ils jouent l'apitoiement, pleurnichent à seaux avec un grand chagrin démonstratif sur le pauvre monde, mais au bout du compte, il s'agit surtout de se mettre en valeur, de jouer les bons apôtres, à la manière de certains gros chats dont le plus connu s'appelait Raminagrobis, un malin qui finit par croquer la belette et le lapin, et met pour le coup tout le monde d'accord en se faisant plaisir.

    Notre monde est dominé par de nombreux Raminagrobis, l'air bonhomme et accueillant derrière leur bureau, le regard froid, songeant dés l'abord à leurs intérêts et au maintien de ceux-ci avant toute chose.

    Ce compassionnel des crocodiles, ultra-positiviste, rose bonbon, volontariste et mièvre, envahit tout, des films, comme « la Guerre est déclarée » qui a un succès fou, aux publicités en passant les les journaux télévisés, entre deux pubs pour des crédits « revolving » à taux usuraires pour s'acheter le dernier gadget parfaitement inutile prétendument à la mode que leur impose les médias, pour parfaire l'image que l'on prétend donner aux autres, car c'est finalement tout ce qui compte, non pas les actes, non pas ce que l'on fait vraiment, mais l'apparence d'humanité que l'on donne, apparence seulement car d'humanité il n'y en a pas du tout, plus une goutte, plus un atome.

    La société se virtualise de plus en plus, l'altérité, ou ce qu'il en reste, se dématérialise rapidement, que ce soit aux caisses des supermarchés où les caissières sont de plus en plus remplacées par des machines automatiques (« c'est tellement plus pratique » dira le clampin de base) aux administrations, qui ont toutes pour la plupart adoptés la méthode du répondeur automatisé, en passant par les jeunes, et moins jeunes d'ailleurs, qui préfèrent discuter des heures sur telle ou telle messagerie plutôt que de se parler vraiment au café ou ailleurs, ce qui est incomparable.

    C'est moderne, on croit que cela a quelque chose à voir avec un quelconque progrès mais il n'en est rien.

    Et curieusement, paradoxalement, c'est depuis la perte quasiment totale de cette humanité dans les rapports sociaux du monde actuel que fleurissent les indignations, le plus souvent sélectives, les rassemblements citoyens, et j'en passe et des meilleurs, mais au bout du compte, la base de l'iniquité n'est jamais remise en question, à savoir que notre système économique est une course vers l'abîme qui profite surtout et de plus en plus aux plus riches. Et cela, les spécialistes de l'indignation et de l'humanitarisme « light » le savent bien au fond.

    Et ils s'en fichent. Mais le tout est de donner l'impression que ce n'est pas le cas bien évidemment.

    Ci-dessus la chanson de Viktor Lazlo dont je tire la citation qui ouvre ce texte.

  • Les talons hauts, métronomes du désir

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     En introduction, je demande pardon d'avance aux lectrices qui pourraient se sentir choquées, ce serait bien à tort, il ne s'agit là que d'innocentes taquineries...

    image prise ici

    1992-1-talons-aiguilles.jpg?456649230Des talons, cela ne doit pas forcément claquer fort quand on entend une femme approcher, celle-ci fût-elle l'être aimée, la dulcinée du Tobozo que l'on vénère, ou une simple passante qui passe. Les talons hauts, c'est un peu comme la mini-jupe, c'est un sujet qui peut apparaître comme ça hautement superficielle, donc indispensable à traiter. Nous aurions pu nous attacher à décrire également le parfum des femmes et son importance (mais il y a déjà un film de Dino Risi sur le sujet, nous le conseillerons à nos lecteurs pour avoir dessus un point de vue exhaustif)

    Cela ne doit pas être trop saccadé non plus, sinon toute la magie de la chose se perd, c'est comme un métronome interne qui rythme nos sens et nous récompense de notre attente, surtout quand la dulcinée du Tobozo est systématiquement en retard, ce dont nous l'excuserons volontiers car ça fait partie bien évidemment de son charme (il suffit pour être tranquilles de lui fixer vos rendez-vous une heure avant).

    Cette magie des talons hauts c'est un peu comme ces coiffures qui se perdent pourtant, qui mettaient en valeur la délicatesse du port de tête des jolies femmes (pour les autres il faut quand même avouer qu'on s'en fiche).

    C'est un peu comme le porte-jarretelles et les bas noirs, si c'est trop ostentatoire, cela n'a plus beaucoup d'intérêt et de beauté. Il n'y a pas besoin que l'objet du désir, ou de la concupiscence masculine, cela dépend du point de vue où on se place, soit juchée, la pauvre, sur des talons de vingt centimètres, des talons juste un peu compensés suffisent largement pour faire le bonheur des amateurs de beauté féminine.

    En ces temps de théorie du genre de plus en plus prégnante dans les médias, ainsi que son corolaire paradoxal, le « Care », il ne fait pas bon vanter la féminité et ses atours en général, l'art délicat que savent encore manier certaines femmes capables d'élégance de marcher en hauts talons, la séduction, la beauté des filles.

    Cela se perd hélas et l'auteur de ce texte, grand amateur des jolies jambes des filles, se désespère car les talons plats se multiplient et certaines osent jusqu'à porter des « tennis » avec un tailleur comme cela est déjà la coutume outre-atlantique.

    Beaucoup de jeunes filles et de femmes en hauts talons ressemblent surtout de plus quand elles en mettent à des « professionnelles » du trottoir qu'autre chose. Les hauts talons sont devenus un accessoire de fille vulgaire.

    Selon les « Gender studies », la séduction, la beauté, l'art de bien s'habiller, tout cela n'existe pas puisque la féminité serait une construction sociale, et donc, les hauts talons en particulier un signe d'oppression de la masculinité.

    Étrangement, on remarquera que ça n'empêche pas les vestales de ces idées de prétendre que le « Care », le gouvernement des femmes, serait plus doux, plus intelligent, ce qui signifie donc que pour elles, la féminité donc existe bel et bien, on y perdrait son latin, mes bien chers frères.

    « Femme varie, bien fol qui s'y fie », a dit un jour avec raison un autre amateur de la beauté des femmes.

    Un macho, un réactionnaire, un infâme phallocrate se dirait que les « gender studies », et une bonne partie du féminisme actuel, c'est surtout une excuse que les moches ont trouvé pour se consoler, mais moi qui suis un gentil garçon, je n'irais pas jusque là.

    Je suppose que les adeptes du « Gender » et les féministes me rétorqueront que tout ce qui précède n'est que l'expression de ma lubricité contenue à grand-peine car je suis un mâle, me parleront de tous les viols, agressions sexuelles commis à cause des accessoires et tenues qui rendent la féminité d'une femme plus désirable qu'elle ne l'est naturellement.

    Ce serait une grave erreur de croire que les admirateurs de la séduction féminines manquent de respect envers les dames, au contraire, c'est même plutôt tout l'inverse. Ce serait comme ces militants anti-alcooliques, ces hygiénistes, pour qui boire un verre de vin ou deux, ou trois, c'est déjà avoir sombré dans la soûlographie, pour qui aimer la bonne chère, c'est « bouffer » pour bouffer.

    Alors que ça n'a bien sûr rien à voir.

    Quand il est question de la beauté des filles, il ne s'agit pas bien sûr de la beauté stéréotypée des femmes telles qu'elle sont montrées dans la publicité, les médias, la mode, avec un physique d'adolescentes à peine pubères anorexiques et faisant la gueule, retouché encore en plus ensuite à la palette graphique. Il n'y a pas d'exclusive sur le sujet, une femme qui a des seins et des hanches peut être belle et séduisante, tout autant qu'une femme mince et plus androgyne, ou une encore plus féline, etc...

    L'essentiel là-dedans, quant à la séduction, c'est au fond l'amour de la vie qui engendre souvent l'amour des autres, la capacité de rire de soi et du monde,

    Une femme qui n'aime pas la vie est laide, tout comme le soulignait Desproges d'ailleurs, il vaut mieux se méfier de celles qui mettent de l'eau dans un Bourgogne ou qui chipotent au-dessus d'un magret juteux au parfum capiteux.

    Ci-dessous, à retenir pour compléter cette causerie, le passage où Tony Curtis et Jack Lemmon observent Marilyn sur le quai de la gare


    Certains laiment chaud - trailer par enricogay

  • Céline Minard : Le cerveau, la chair, le sang, les tripes et le sexe de l'écriture

    Imprimer Pin it!

    celine_minard2-cbd7b.jpg

    On parle aussi de Céline Minard sur Agoravox

     A propos de « So long Luise » de Céline Minard paru en Août chez Denoèl, un livre qui n'est pas dans le "bac des officiels", dans le clos des "bêtes à concours" de la rentrée littéraire, qui n'aborde pas de sujets de société opportunistes ou dans l'air du temps.

    Il est surtout question dans ce texte au sujet de Céline Minard de littérature, de passion de la littérature, et de la littérature dite "de genre" en particulier, et de l'expression par l'écriture et du retour à une tradition romanesque perdue de vue depuis le "Nouveau Roman" en France, et ses livres courts mais qui paraissent souvent longs comme un jour sans pain.

    portrait ci-dessus pris ici

     

    Ce n'est jamais très facile d'écrire sur un écrivain que l'on connait, et qui est une belle personne que l'on aime bien, bien que très différent, et bien qu'étant, ou pas, un de ces chrétiens « empêcheurs de jouir en rond », que l'auteur, dont il est question dans ce texte, assaisonne régulièrement dans ses œuvres de petites piques. Mais je lui pardonne car c'est grâce à elle que j'ai découvert les chansons de Gérard Manset et le cinéma japonais.

    Il y a le risque que je donne l'impression de lui servir la soupe trop obséquieusement, que je la flatte dans le sens du poil.

    Bien sûr à l'inverse existe le danger d'être trop sévère par peur de passer pour pour trop gentil.

    Et il y a aussi ce risque de croire que l'on sait mieux que les autres d'où vient l'inspiration de l'auteur, s'imaginant reconnaître dans un épisode décrit par l'auteur des choses que l'on a soi-même vues ou vécues.

    Parfois, l'auteur est de bonne foi, et il admettra sans fard qu'il utilise sa personne comme matériau premier du roman, le plus souvent, bien sûr, évidemment, tout est imaginaire aux dires des écrivains, même si l'on sait très bien qu'ils ne font que parler d'eux-mêmes, se rêver différents, autres, plus forts, plus intelligents, plus rebelles, moins dociles, s'idéaliser.

    Ce n'est pas un reproche que l'on puisse faire à un auteur s'il le fait avec style, imagination et talent, s'il n'a aucune de ces trois qualités, bien sûr, cela n'a aucun intérêt. Je veux parler de ces auteurs qui font leur analyse dans leurs ouvrages d'autofiction très grisâtres, aussi passionnants qu'un catalogue de papier-peint.

    Chacun des héros et héroïnes décrits par Céline dans ces romans sont autant d'incarnations d'elle-même, ainsi que dans les rêves où nous sommes tous les personnages que l'on peut y croiser.

    Elle est le voyageur de « R », ce voyageur des mots, pèlerin du verbe.

    Elle est ce cosmonaute parcourant le monde après la fin, revenu à l'état de nature, sans ce fléau que sont les pitoyables primates humains et leur incomparable bêtise dans « le dernier monde ».

    Rentree-litteraire-2011-Celine-MINARD-So-Long-Luise.jpgElle est Olimpia dans « Olimpia », cette putain de Pape ogresse et dévorante, aimant les hommes, la chère et les plaisirs, sachant très bien de quoi l'être humain est fait, à savoir de la chair, du sang, des tripes et un sexe. Dans ce livre il est souvent question de sexe, pas le seXXXe au détail en vente dans toutes les épiceries du barnum consumériste, celui qui sent la sueur, qui a le parfum des étreintes violentes.

    Elle est un des guerriers de « Bastard Battle », qui décrit le Moyen-Age avec l'ambiance des films de Tarantino, mêlant Chrétien de Troyes et les mangas avec les films de genre craspecs des années 80 et le « Chambara » (« film de sabre » japonais).

    elle est Luise aussi dans « So long Luise », peut-être est-elle un peu plus son héroïne que d'habitude me semble-t-il.

    Céline aime la langue, qu'elle savoure et réinvente à chaque page, elle en profite dans son dernier opus pour se moquer du jargon des actes notariés, de tout ce qu'il est convenable de dire ou de faire : avoir des petits désirs, des petites passions tristes, aimer et vivre petitement, etc...

    Petites choses que certains essaieront de compenser plus tard par l'achat de GROSSES choses matérielles qui seront pour eux comme une consolation.

    C'est ce qui est agréable dans ses livres d'ailleurs, son mépris total des convenances, c'est une littérature où l'on n'a pas le petit doigt en l'air, on y met les coudes sur la table avec délices, sans pour autant que ce soit une littérature sombrant dans le trivial ou le grossier, c'est au contraire tout l'inverse qui se produit.

    Céline aime profondément la littérature, cette passion non quantifiable des mots, des sentiments que l'on exprime, non réductibles en équations, ou en formules complexes ou non.

    Comme tous les créateurs de formes, d'univers, elle ne partage pas les frêles ambitions, étriquées, des passants qui passent, qui eux pensent surtout à entrer dans le moule, fût-ce en se forçant, à obéir aux normes, à choisir ce qu'on leur demande de choisir, à faire où on leur dit de faire. On oppose souvent à ces créateurs qu'ils sont narcissiques, égocentriques et autres noms d'oiseaux. Certes, mais au moins les créateurs le savent-ils et subliment-ils leur nombrilisme en quelque chose de grand, grâce à leur faculté de donner vie à leurs rêves.

  • La Mer, l'amour, la rentrée

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     « La philosophie est comme la Russie: pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands »

    « Le Hussard bleu » (1950)

    Je ne risque rien, ce petit texte n'ayant aucune prétention à la philosophie...

    photo ci-dessous de l'auteur de l'article

    photos, artsLes derniers jours d'Août dans la Manche, où j'étais en vacances, il ne fait jamais très beau, les nuages s'accumulent au-dessus de l'océan, la pluie tombe un peu et il fait un peu froid. C'est encore les vacances, on peut encore laisser vagabonder son imagination, le réel semble très loin.

    Et pourtant on sait très bien qu'il est bientôt temps de rentrer au bercail reprendre la triste routine.

    La mer a alors la couleur grise des yeux des amours perdues, dans ses vagues, elle charrie les corps des amants éconduits et des amoureux transis laissés sur le bord du chemin, comme dans les yeux de toutes les jeunes filles et de toutes les jeunes femmes que l'on aime passionnément, et que l'on oublie pas, ainsi que le fait justement remarquer Roger Nimier dans « le Hussard bleu ».

    On se prend à rêver de retrouvailles, avec ses amours perdues, face à l'océan comme les personnages dans un roman nostalgique et un peu désuet d'Armand Lanoux (dans « Quand la mer se retire ») ou comme dans « Ultramarine » ou « Au-dessous du Volcan » de Malcolm Lowry, quand le consul se souvient de ses sentiments en regardant le Pacifique, qu'il voudrait bien s'en défaire mais ne peut pas car l'amour véritable est ainsi.

    « Tout est néant, rien n'est vrai que l'amour », aurait-il pu se dire à l'instar des pèlerins qui récitaient cette prière à Saint Antoine.

    Ne pas comprendre cette phrase amène à se perdre dans des idéologies utopiques ou non, ou se voulant absolument réalistes à l'inverse. Dans l'un et l'autre cas, il ne s'agit pas de contribuer à faire le bien de tout ou partie de l'humanité, mais surtout d'acquérir ou de conserver un pouvoir sur tout ou partie de l'humanité.

    Après les révolutions arabes, y compris en Libye, ou en Égypte (évidemment si rien n'est certain quant à l'avenir, il y a quand même de sérieuses questions qui se posent), ce sont surtout les radicaux religieux qui montent progressivement au pouvoir. En France, on nous demande du courage, et de la rigueur, en prétendant que c'est ce qu'il faut pour sauver le pays, alors qu'il s'agit surtout de sauvegarder l'Euro et le pouvoir des « marchés », et celui des nantis.

    Dans le même pantin, d'autres pantins s'agitent pour tirer la couverture à eux en étant persuadés qu'il mérite de gouverner la France.

    Bien sûr, ni du côté des utopique ni du côté des réalistes, on ne voit vraiment la réalité à commencer par la vacuité de notre société.

    D'autres se fichent des idéologies, ils cherchent surtout à se fondre dans le moule du consumérisme, hurler avec les loups, tout en aménageant deux ou trois alibis qui permettent d'alléger son allégeance et de se croire libres alors qu'ils sont à la fois et serviles et dociles. Pour eux, ils sont avec les « vrais gens », les « gens simples », authentiques, réputés plus sains que les intellectuels ou les personnes ouvrant de temps à autres des livres, selon le cliché qui court notre société et qui courait déjà les totalitarismes, ceux-ci fussent-ils de droite ou de gauche.

    Est-ce à dire que notre société est déjà mûre, au moins dans les cerveaux, pour le totalitarisme ?

    Il semblerait hélas que oui.

    La rentrée des enfants s'annonce tôt dans notre société consumériste, mais le vrai sujet n'est plus l'éducation, il s'agit surtout de former des « esclaves dociles et polyvalents » aux yeux de nombreux politiques de droite comme de gauche, qui « trouvent une utilité » pour leur carrière professionnelle future dans ce qu'ils apprennent.

    Il ne s'agit plus du tout de penser au bien commun et à l'avenir de celui-ci. Seul la question du pouvoir du tout-économique compte.

    La question de la transmission du savoir devient accessoire, et la culture un hochet social, pourtant comme le rappelait Natacha Polony hier sur Europe 1, une société qui oublie cela, et d'éduquer les enfants à leurs droits mais aussi à leurs devoir prépare la tyrannie des imbéciles.

    image ci-dessous prise ici

    routine.gifC'est un détail me dira-t-on, et cela n'empêche pas la prétention, mais on remarque que tous ceux qui sont capables d'indocilité, d'un bord ou de l'autre, sont toujours, coïncidence, des lecteurs plus ou moins compulsifs (bien que je ne partage pas leurs convictions, je me faisais cette remarque en regardant hier soir l'émission d'Arte sur les « 7 » de Tarnac). L'esclave docile et polyvalent, celui qui veut rentrer dans le rang par confort, trouve quant à lui que les livres sont dangereux car ils peuvent remettre en question les certitudes.

    Là aussi, le consumériste lambda actuel partage ce préjugé avec les habitants des régimes totalitaires.

    Pour me consoler de ce retour du réel, qui comme une pluie battante finit par tout tremper, j'ai gardé l'indicateur des marées de la Manche. Fermer les yeux permet de rêver aux grandes marées de septembre, aux vagues qui emmènent tout, dont la sottise et la bassesse entre autres des supporters de DSK venus l'accueillir en héros, ou en rock star à sa descente d'avion et place des Vosges à son petit pied à terre...

  • Ce que la gauche française a perdu en route depuis 68

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox.

    A propos de l'excellent livre de Jean-Pierre le Goff : « La gauche à l'épreuve (1968-2011) », éditions Perrin, collection Tempus.

    L'auteur du livre a été également interviewé sur le site de « 20 minutes » par les internautes intéressés.

    image prise ici

    assommoir.jpgIl y a quelques temps, « Terra Nova », un « think tank » d'intellectuels proches du PS, et d'un ancien candidat aux primaires, celui qui vient de rentrer en France, l'a dit carrément, la gauche peut se passer du peuple au moment des élections car de toutes façons, le peuple ne vote jamais là où on lui dit de faire, sans réfléchir, et ne s'intéresse pas aux questions sociétales qui par contre passionnent les électeurs que « Terra Nova » recommandent comme plus valables que les autres.

    Dans cette fondation, « les hommes naissent libres et égaux entre eux », bien sûr, « mais il y en a de plus égaux que d'autres » pour reprendre une phrase de la « Ferme des Animaux » de Georges Orwell.

    Ce livre compile des réflexions que finalement tout observateur politique un peu lucide s'est déjà fait au sujet de la gauche. La gauche, théoriquement au départ, défendait le peuple, les pauvres face aux riches, les ouvriers contre la mainmise du capitalisme. C'était le combat de David contre Goliath, des précaires contre les puissants.

    Elle trouvait son inspiration dans les méfaits du libéralisme naissant dans les romans de Zola, ceux de Jules Vallès, Victor Hugo et aussi Aragon et quelques autres.

    La gauche c'était aussi l'empire du bien contre le mal représenté par tout ce qui était de droite, une nouvelle église avec ses dogmes, ses prophètes, ses traîtres, ses héros. Même si les militants de gauche, les politiques, les idéologues, se sont souvent fourvoyés en soutenant des tyrans qui prétendaient défendre leurs idéaux, au moins ces idéaux avaient-ils le mérite d'exister, des idéaux a priori généreux contre l'individualisme et l'égoïsme de la société consumériste pour que le monde tende vers plus de justice et d'équité sociale.

    Depuis que la gauche est devenue sociétale, qu'elle se préoccupe beaucoup moins de changer le monde à la base, de remettre en question pour de bon le socle inique du système économique actuel soumis aux marchés, elle se soucie beaucoup moins de ces belles idées, et beaucoup plus de question de mœurs et de morale individuelle qui concernent surtout une petite partie de la société qui prétend trouver une justification dite scientifique à ses aspirations sexuelles parfois brouillonnes et désordonnées, et surtout bourgeoises, le bourgeois ayant perdu grâce à « Maisoissantuite » tous ses scrupules moraux à coucher à droite à gauche sans se poser trop de questions. Avant, il agissait ainsi, et allait au bordel par hygiène, et se refaisait une virginité morale à ses yeux à l'église, surtout perçue comme un élément garantissant la stabilité de la hiérarchie sociale, ou sur des tribunes politiques où l'on parlait de vertu, de rigueur, de civisme et d'exemple à montrer aux « classes dangereuses » qui ne sont jamais assez dociles.

    Ceux qui oseraient critiquer ce genre de comportement sont de toutes façons montrée comme des mal-baisés, des jaloux, des frustrés...

    Ainsi, dans la gauche sociétale, on ne défend pas vraiment par exemple, à une ou deux exceptions, dont le SNES, au moment de la rentrée, les précaires de l'Éducation Nationale, enseignants ou pas, payés un salaire de misère, sans statut véritable, sans perspective réelle d'évolution, non, on préfère ergoter et polémiquer sur la « théorie du genre », comme le fait par exemple Bruno Julliard. C'est plus confortable et engage moins d'efforts.

    Il se trouvera toujours un « réac de service » pour pousser des cris d'orfraie et en discuter avec fougue, ce qui permettra ensuite d'hurler au risque du « retour des z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), du fascisme, d'un ordre moral arbitraire. Et finalement de réussir à noyer le poisson quant à l'absence totale de réel projet de société alternatif, d'actes posés.

    Car oui, bien sûr, dans les tracts de nombreux syndicats, de la plupart des partis de gauche, on écrit des diatribes grandiloquentes contre la précarité, contre le détricotage du Service Public.

    On envoie des courriers vengeurs, et des commentaires dignes de Zorro ou Robin des Bois sur divers forums Internet, et puis finalement on laisse faire tout le reste.

    L'autre « idéal » indépassable de la gauche sociétale est l'antiracisme, et aussi son corollaire, l'anti-fascisme en peau de lapin. On devrait dire d'ailleurs un certain anti-racisme, car selon celui-ci, ce sont surtout les européens qui sont racistes, coupables de tous les malheurs du monde actuels, de toutes les haines même quand ils n'y sont pour rien. De plus, la gauche sociétale, la nouvelle gauche, considère que les personnes d'origine étrangère ont des droit, surtout des droits, mais pas de devoirs, et qu'il n'est pas question d'en parler.

    Alors que déresponsabiliser ces populations, les considérer seulement sous l'angle angélique, c'est aussi du racisme.

    Là aussi, la gauche sociétale a beau jeu, il se trouvera toujours un quelconque nostalgique des théories racialistes, un minable qui rêve de massacres sanglants, qui parfois passe à l'acte, dont on montera en épingle les délires pour tenter de remettre en cause tous ceux qui oseraient contredire les nouveaux dogmes du multiculturalisme ou de la « diversité », tous les contradicteurs étant alors assimilés au minable haineux cité ci-dessus, ou « godwinisés », plus classiquement donc injuriés en étant traités de fascistes ou de nazis.

    Ce qui ne mange pas de pain, et permet de clore la discussion qui pourrait être gênante si l'on abordait par exemple l'inertie de beaucoup à gauche quant aux combats contre la pauvreté ou la précarité, une inertie de fait et grandissant progressivement depuis l'alliance objective entre libéraux et libertaires depuis « Mai 68 ».

    image prise ici

    intro.jpgCette alliance objective ce n'est pas un réactionnaire qui la constate mais un philosophe d'inspiration marxiste, Michel Clouscard. Cette alliance repose principalement sur l'aveuglement des « enfants de Mai 68 » qui restent bien au chaud dans leurs abstractions utopiques, sans voir les conséquences concrètes de l'application de celles-ci, et ne voit pas que la mixité sociale qui pouvait exister se réduit comme peau de chagrin.

    Le libéral-libertaire se contente de quelques aménagements cosmétiques de la société, il appelle ça « développement durable » ou « commerce équitable », il achète les produits ressortant de ces deux concepts inventés pour se déculpabiliser, ce qui lui donne bonne conscience et lui évite d'aller plus loin.

    Le libéral-libertaire a largement participé à la destruction de tout ce qui protégeait les moins favorisés en France, ce qui permettait une meilleure répartition des richesses, en parlant de paternalisme, ou sous prétexte de modernité, de progrès, et finalement il a fait le jeu des « marchés ».

    Par sa haine des « humanités » bourgeoises il a réduit l'accès à la culture du plus grand nombre, celle-ci devenant de plus en plus un privilège et une chasse gardée de nanti.

    Le libéral-libertaire déteste par exemple la méritocratie qu'il remplace par un système de quotas, en faveur principalement de ce qu'il appelle les « minorités visibles », beaucoup plus hypocrite, et qui laisse de plus planer un soupçon de favoritisme sur tous ceux qui en bénéficient.

    Pour le libéral-libertaire les précaires sont seulement issus de la diversité, ils ne peuvent être « de souche », d'où quelques quartiers « alibis » de plus en plus communautaristes à proximité des centre-villes ce qui permet aux bourgeois bohèmes qui y habitent de se donner de l'exotisme à peu de frais en mangeant indien ou mexicain à deux pas de chez soi.

    De toutes façons, pour lui, le français de souche du petit peuple est surtout un électeur bas du front du Front National, un franchouillard, un fasciste en germe.

    En ce moment, on voit bien où mènent ces nouvelles orientations de la gauche, elles mènent à encore plus d'emprise des marchés du fait de l'acceptation de la fameuse « règle d'or » concernant les déficits, plus d'européisme, pour la plupart des candidats aux primaires PS, il n'y a pas assez d'Europe, à une absence de projet de société alternatif réel.

    Le tout pouvant avoir pour conséquence un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais cela, à gauche, on ne veut pas le voir, l'entendre, le dire, comme les trois petits singes de la fable chinoise.

    Ci-dessous "la Ferme des Animaux"


    La ferme des animaux 1/4 (George Orwell) par MayaLila

  • L'UMP à la manière célinienne

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     Petit hommage à Louis-Ferdinand Céline en passant

    image prise ici

    medium_celine.jpgDe mon temps, il y avait un politique qui disait que pour ce soye bon la politique, fallait que ça sente la merde, comme les andouillettes, Édouard Herriot qu'il s'appelait. Il était gros, il était malin, il a longtemps gardé tout le gâteau pour cézigue. Un malin !...

    Et puis il a cassé sa pipe comme les autres.

    Maintenant, il trouverait que ça pue vraiment de trop...

    La politique, on en a déjà causé dans " les entretiens avec le professeur Y", c'est une farce, Guignol tous les jours, c'est carnaval, sans les flonflons, sans les cotillons. Pas vraiment la rigolade assurée, camarade...

    Gourance !

    Des trous du cul pompeux qui font la leçon le petit doigt en l'air après se l'être mis ailleurs on dit, car leur leçon pue la crotte.

    Les plus affreux des affreux, les princes de l'ordure, les méphistos à la petite semaine, les ambitieux sans cervelle, qui veulent uniquement palper les millions des vieilles, ils sont autour du petit bonhomme qui croit qu'il est président depuis quatre ans, celui là même qui est flanqué de son anémone languide, une italienne qu'il n'y a que le train qu'elle n'a pas connu bibliquement.

    Je proposerais bien au petit bonhomme de venir consulter pour la chtouille car je suis médecin ne vous déplaise messieurs-dames.

    Tous arsouilleurs et menteurs, la main sur le cœur !...

    L'Union pour la Majorité Présidentielle que ça s'appelle. Le petit meussieur n'avait peur de rien quand il a trouvé ça...

    Ou l'oignon, quelque chose comme ça.

    image ci-dessous prise ici

    starac_ump.jpgQuand on en épluche un, on pleure, quand on se carre quelque chose dedans, aussi.

    Des gourdiflots qui jouent du violon pour plaire à Mèmère et Pépère qui serrent les fesses en écoutant la Téhessehe ou la boîte à vents qui leur montre incendies, fins du monde et guerres, du grabuge partout, pour les rassurer dans leur graisse tranquille, leurs certitudes, leur docilité, leur passivité.

    Il y a celui-là qui est maire à Saint Quentin chez les picards, une face de premier communiant pour catéchisme en couleurs, des bonnes joues, et un air patelin....

    Un cafteur, on le sent, un rapporteur pour se faire bien voir de ceux qui ont le magot !...

    C'est pas le pire, c'est pas le pire, il y a mieux, il y a celui qui est premier ministre, premier sinistre aussi depuis quatre ans, comme le petit bonhomme, grand, brun, sombre et pas gai pour deux sous, un vrai croque-mort avec une raie sur le côté comme un scoutaillon en goguette.

    Il y a des ambitieux aussi, qui joue les Raminagrobis, les grenouilles de bénitier en adoration devant le saint homme qu'est président, mais bientôt, « E finita la comedia », rideau !

    Il conchiera le petit bonhomme et ses copains et lui aussi il ira palper l'argent de la vieille à Neuilly, sans vergogne, sans honte, sans remords. Lui aussi il est maire, à Meaux comme je l'ai lu dans les feuilles de chou sur lesquelles je jette un coup d’œil de temps à autres, pour tuer le temps en attendant les barbares.

    Lui aussi, un petit marquis comme les autres !

    L'année prochaine, ces bons apôtres veulent remettre le couvert pour une deuxième fournée, ils ne manquent pas de culot, ma bonne dame. Mais le pire, c'est que l'arnaque va encore marcher c'est sûr car les autres, en face d'eux, ne pensent qu'à s'arsouiller entre eux.