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  • Nouvel album du blog - "Chez une vieille maîtresse"

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    Sur la droite du blog, un nouvel album consacré à Barneville-Carteret, à la Manche, à la liberté que l'on y ressent face à la mer...

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  • Le petit Nicolas et les primaires du PS – un hommage à Goscinny et Sempé

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     Je ne vous ai pas raconté la seule bêtise qu'Agnan a faite. Agnan on ne l'aime pas, c'est le premier de la classe et le chouchou de la maîtresse et un sale cafard qui rapporte quand nous faisons les guignols, et alors la maîtresse nous punit et nous devons rester silencieux pendant toute la récréation.

    petit-nicolas-390055.jpgAgnan a voulu organiser des élections « primaires » comme en Amérique pour les élections des délégués de classe. Il avait vu un candidat des « primaires » aux élections présidentielles américaines, il recevait plein de petits bouts de papier sur la tête comme pendant le carnaval, et il était dans une grosse voiture dans les rues d'une grande ville. C'était chouette.

    Il est allé demander au directeur, il est fou Agnan, qui lui a tapoté la tête gentiment et lui a dit qu'il était d'accord tant que ça ne gênait pas le travail dans les classes et les récréations.

    Il fallait s'inscrire pour participer aux « primaires », un grand papier était affiché sous le préau. Il y avait surtout des amis d'Agnan des autres classes, des bons élèves : Marie-Ségolène, une amie de Marie-Hedwige qu'elle suivait partout, Marie-Ségolène elle voulait être maîtresse plus tard, elle en était sûre, mais à chaque fois que sa maîtresse la laisse surveiller la classe quand elle s'absente, Marie-Ségolène sort en pleurant, et elle veut punir tout le monde ; Martine, elle ressemblait un petit peu à mon copain Alceste, qui est très gros et qui mange tout le temps, elle aussi, elle voulait être maîtresse plus tard mais avec elle on ne rigolerait pas souvent en classe ; Arnaud, qui est un ami de Geoffroy, qui l'aime bien parce qu'il dit qu'Arnaud ressemble à un comique qu'il regarde souvent à la télévision qu'il a chez lui (son Papa est très riche), ), Michel Leeb ; Manuel, on l'aime bien Manuel, quand il était à la maternelle, il voulait être pompier, puis cosmonaute, maintenant, il voudrait bien être Superman, mais comme il est petit encore et pas très costaud, Eudes, mon copain qui est très fort et qui donne des coups de poing sur le nez si on rigole de lui, se moque de lui quand il nous en parle.

    Et il y avait aussi François, qui était comme Alceste avant, avec lui on rigolait bien, mais depuis qu'il s'était inscrit sur la liste, il ne voulait plus nous parler et aller s'amuser avec nous. Lui aussi, il avait souvent les mains pleines de beurre à cause des petits pains au chocolat qu'il y avait dans son sac mais au moins, il était plus sympathique, maintenant, il se conduisait comme Agnan ce sale cafard.

    Quand il a vu la liste, Dominique, un autre ami d'Agnan qui voulait s'inscrit, a rigolé un peu drôlement et il n'a rien dit. Mais comme il a été puni car il était allé regarder les filles dans les toilettes pendant la récréation, il ne pouvait pas. Monsieur le directeur s'était fâché tout rouge et Dominique avait dû aller au coin pendant toute une journée.

    image prise ici

    Primaires-PS-lemediascope.fr-.pngLe jour où il fallait aller voter pour les « primaires », monsieur le directeur nous réunit tous dans le préau et nous devions donner notre petit papier avec le nom de celui que nous voulions élire « en silence et dans le calme comme de futurs citoyens raisonnables » comme nous dit le directeur en souriant gentiment en essuyant ses lunettes.

    Jean-Luc, un copain qui est souvent en colère, leva la main et demanda au directeur si on était obligé de voter car il n'y avait que des cafards dans la liste et qu'ils étaient tous de sales guignols.

    Le directeur appela le Bouillon qui vint chercher Jean-Luc et l'emmena copier des verbes dans la salle d'études. Jean-Luc disait au Bouillon qu'il avait le droit et qu'on était en république et qu'il allait le dire à son père. Et comme il a promis au Bouillon d'être sage, il a eu le droit de revenir.

    Le Bouillon ce n'est pas son vrai nom ce sont les grands qui l'on appelé comme ça car dans le bouillon il y a des yeux et le bouillon dit toujours : « regardez moi dans les yeux ».

    Quand le directeur et Agnan ont regardé tous les petits papiers après l'élection, tout le monde avait mis son nom et personne ne pouvait être élu. Il y avait beaucoup de bruit sous le préau car tous ceux qui étaient sur la liste disaient que c'était eux qui étaient les délégués. Agnan était tout rouge et pleurait en se roulant par terre. Finalement, il a été puni.

    Et c'est Dominique qui a été nommé délégué car monsieur le directeur a dit qu'il avait fait de gros efforts et qu'il avait été très sage. Il ne savait pas que Dominique continuait à regarder dans les toilettes des filles pendant la récréation, il avait fait un petit trou dans une autre porte, mais là on pouvait moins le voir, mais je ne le dirais pas car je ne suis pas un sale cafard qui rapporte.

  • Ce soir je suis chez une vieille maîtresse

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    Maison de Barbey d'Aurevilly à Barneville Carteret bourg qui est le théâtre de son roman "Une Vieille Maîtresse"

    blog, vacances

  • Journal de vacances 12 – Des clichés dans le microcosme culturel en général, littéraire en particulier

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    Bientôt la rentrée littéraire...

    Dernier article du journal de vacances.

     "Une tyrannie commence toujours par un décervelage intensif"

    Philippe Sollers.

    Devoirs de vacances : sur le sujet, le livre « Petit déjeuner chez Tyrannie » et le « Jourde et Naulleau » sont bien sûr à lire ou relire.

    Photo prise ici

    romans-rentree-litteraire-2007-librairie-caen-afp_.jpgOn critique souvent l'Amérique, on a parfois tort, un écrivain qui vit dans une caravane, qui cumule deux boulots pour tenir le coup peut devenir un auteur de « best-sellers » mondialement connu, juste parce que quelqu'un a eu envie de donner sa chance à un manuscrit, à l'histoire et à l'écriture originales, envoyé à une maison d'édition alors que lui venait de le coller à la poubelle : Stephen King pour ne pas le nommer et son premier roman, « Carrie ».

    Sous nos cieux, il n'aurait pas eu une chance.

    En France, c'est totalement différent, l'auteur qui n'a pas de réseau, qui ne connait pas grand monde sera lu par un stagiaire débordé qui reçoit cinq-cent romans et autres écrits par jour qui lira son ouvrage en quatrième vitesse et en diagonale pour dans 99,9% des cas renvoyer la fameuse lettre-type qui annonce combien sa lecture fût passionnante mais que pour l'instant la politique de la maison ne permet pas la publication de son œuvre très intéressante.

    Rien ne change depuis la description des « gendelettres » par Balzac en 1843 ou des souvenirs littéraires des uns ou des autres.

    Pour espérer être lu, il faut faire partie de la coterie, avoir la carte, et parler le même langage que le microcosme littéraire, en particulier employer les mêmes clichés d'écriture et de lecture. Cette coterie est extrêmement endogamique, et il vaut mieux avoir un bon stock d'obséquiosité pour pouvoir en faire partie, et une langue épaisse afin de bien lécher le séant des roitelets de ce milieu ou leurs bottes. Avoir des aptitudes sexuelles et ne pas être dégoûté par les hommes mûrs et ayant des heures de vol, est bien entendu un « plus » non négligeable.

    On peut en apercevoir les sous-couches qui la composent du fait des clichés utilisés.

    Il y a les auteurs « populaires », les meilleurs employés du mois des maisons d'édition, souvent mal vus de la critique qui pense, enfin, c'est surtout un jeu de dupes car la critique qui pense sait très bien qu'un article assassin de sa part contribuera à faire vendre un « best-seller » populaire de Marc Lévy, qui a un « slog » et non un « blog » tenu par un stagiaire anonyme, Guillaume Musso, qui a lui aussi son pseudo site personnel, voire Anna Gavalda ou Philippe Delerm, qui aime bien les sentences à contenu vaguement philosophique quand il parle de lui.

    Ici, le « public a toujours raison », si les livres sont vendus à des milliers d'exemplaires, c'est que le livre est forcément bon, prétendent ces écrivains de « Relais H », s'ils sont populaires c'est que le public a forcément bon goût, alors que celui-ci peut très bien avoir un goût de chiottes. Dans les romans des deux premiers, l'homme est toujours traumatisé par un amour de jeunesse qu'il va retrouver, il fait partie de la « upper class » pour faire rêver le chaland, qui s'identifie à ses problèmes ou névroses distingués de riche architecte, écrivain, homme d'affaires, mais con-cerné par la planète, etc...(rayez la mention inutile).

    Le soleil est toujours chaud et a toujours la même couleur ambrée. Et les avions sont de grands oiseaux argentés.

    Le héros adore regarder la mer d'une terrasse d'un loft ultra-moderne vers San Francisco ou New York. La femme qu'il aime est toujours une femme moderne, on insiste bien sur le fait qu'elle dort toute nue, et oublie parfois de mettre une culotte, ce qui en fait à la fois une salope et une romantique, jusqu'à la midinette.

    Dans les livres des deux derniers auteurs de la première sous-couche, on se veut simple et proches des préoccupations des « vraigens » de tous les jours. La famille des personnages principaux est toujours recomposée, et l'on est gentil jusqu'à l’écœurement et la mièvrerie dans ces familles. Les auteurs de ces livres, qui ne sont pas forcément antipathiques, les auteurs et leurs livres veux-je dire, ont de l'authenticité la même conception que celle que l'on trouve dans les téléfilms pour toute la famille ou des créatifs de pub pour « produits bien de chez nous » fabriqués un peu partout sauf chez nous.

    A ce lien, un auteur propose d'autres clichés dont certains recoupent ceux décrits ici bien que l'on ai le droit de ne pas être du tout d'accord quant à son appréciation d'Audiard. En fait l'auteur de ces clichés semble faire partie de la deuxième sous-couche des « gendelettres », celui où l'on a des prétentions de toutes sortes, littéraires bien sûr, mais aussi politiques, on s'engage selon le sens que la girouette des idées à la mode indique, des vanités personnelles très développées. Il faut comprendre que dans cette sous-couche, à entendre ceux qui en font partie, on a affaire à des phares de la pensée chargés de guider et d'éduquer le bon peuple qui n'a rien demandé.

    Entre le premier et le deuxième milieu décrit, nous citerons les écrivains populaires à prétention provocatrice ou « trash » :

    A savoir qui parlent de leurs diverses coucheries, des drogues qu'ils ont prises, de leur vie nocturne saupoudrée d'un peu de nihilisme mondain pour se donner un genre « dandy désespéré ». Beaucoup de petits garçons sages et de petites filles qui ne l'ont pas moins été se rêvent ainsi trainant leurs déprimes de privilégiés qui meurent d'ennui à ressasser leurs névroses chics..

    Cela les console d'avoir été dociles à l'école.

    Dans cette sous-couche, on ne parle pas italien, on parle la « langue de Dante » ou « de Fellini » (dire ça permet de suggérer qu'on a lu le premier et qu'on a vu les films du deuxième ce qui est rarement le cas), on ne comprend pas l'anglais, on est « amoureux de la langue de Shakespeare ». N'importe quel auteur un peu fantaisiste est un surréaliste, et de toutes façons les écrivains traitent toujours du sujet que l'on a décidé qu'ils traitent, ainsi Ionesco dans « Rhinocéros » ne parle-t-il que du nazisme alors que sa pièce traite de l'instinct grégaire de l'être humain dans les dictatures, toutes les dictatures mais aussi dans notre « société de progrès ».

    C'est très important de montrer que l'on est contre le nazisme dans les clichés de langage à employer. C'est pratique de mettre cela au premier plan car cela permet de traiter le contradicteur de « fasciste » ou de « nazi » et de couper court à toute discussion qui pourrait remettre en cause les lieux communs déversés par tombereaux et particulièrement appréciés de cette deuxième classe de cultureux littéraires et montrer que l'on ne connait rien aux livres dont on prétend parler.

    A ce propos, un petit rappel de la « loi de Godwin » qui s'applique dés que l'on injurie l'interlocuteur en le soupçonnant de faire partie des extrèmes.

    peu-premiers-romans-rentree-litteraire-L-1.jpegOn ne parle surtout pas de l'Amérique, on est fasciné par « les contradictions de ce continent dont nous avons dépossédé les indiens », par exemple, on est sous le charme de New York car c'est une ville réputée intellectuelle et faite pour les gens cultivés depuis Woody Allen dont les films sont pourtant des satires de ce milieu, satire qu'ils n'ont donc pas saisie ni comprise (c'est aussi l'hypothèse de Laurent Dandrieu sur le sujet).

    Il ne faut pas trop dire de bien dans l'Amérique qui est le grand Satan, il faut prétendre en explorer surtout les marges, les « oubliés du rêve américain » selon la formule consacrée. Ce n'est pas que c'est critiquable de parler de ses marges et des oubliés de l'« American Dream », les auteurs (comme Nik Cohn ou Hunter Thompson et Lester Bangs)qui le font sont souvent les plus intéressants, mais là encore il s'agit surtout pour l'habitant qui loge dans la deuxième sous-couche de se montrer sous son meilleur jour.

    Un livre doit être « exigeant » à lire, cela sous-entendrait-il qu'il soit incompréhensible dont mal écrit ? (Ne pas oublier de citer Proust pour se faire bien voir à ce moment là, ou Albert Cohen, ou Duras)

    C'est plus que cela implique que son lecteur est quelqu'un d'intelligent et de sage car il lit des livres difficiles à lire. C'est la première règle de ce milieu, ce qu'on lit, ce qu'on voit au cinéma, ce qu'on écoute, permet de toujours ramener à soi et de donner une image flatteuse tout comme leurs engagements qui sont finalement très bien-pensants, épithète qui est aussi parfois un cliché, mais dans ce cas, il convient. : le racisme c'est mal, la France est diverse et multiculturelle, on est farouchement anti le Pen, cet épouvantail utile de l'anti-fascisme en peau de lapin depuis vingt-cinq ans, ou Sarkozy, ce qui revient à faire de la publicité pour les deux car parler de ces individus c'est toujours parler d'eux, même si c'est en mal.

    Le plus insupportable de cette coterie toujours pompeuse et grandiloquente dans son expression c'est le mépris qu'elle affiche pour ceux qui disposent d'un statut social moins enviable, qui n'ont pas de réseau ou de cour personnelle de lèche-culs, des « losers » à leurs yeux, ou qui ne daignent pas sombrer dans les mêmes lieux communs sur la littérature.

    Car finalement, ils sont de gauche oui, mais restent des bourgeois au fond d'eux , avec les préjugés allant avec et un complexe de supériorité grand comme le Ritz.

    C'est la suite de cet article et de celui-là.

    Ci-dessous, ce que ça, donne quand un de ces phares de la littérature et de la culture est remis en cause...


    Eric Naulleau vs Pierre Bergé 1 par lecturesch

  • Journal de vacances 11 – De la fascination malsaine pour la fin du monde au cinéma

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     « Il y a une théorie qui dit que si un jour on découvre à quoi sert l'univers et pourquoi il est là, il disparaîtra immédiatement pour être remplacé par quelque chose d'encore plus bizarre et inexplicable. Une autre théorie dit que cela s'est déjà passé. »

    Douglas Adams auteur du « guide du routard galactique »

    Extrait de « Le dernier restaurant avant la fin du monde »

    image ci-dessous prise ici

    matrix.jpgCelle-ci ne montre ni plus ni moins que la haine moderne de l'humanité pour elle même. Dans nos sociétés, il semble y avoir un consensus pour penser que l'être humain est une espèce nuisible qui mérite son extinction prochaine. Les esprits scientifiques rêvent de post-humains améliorés par la cybernétique voire par la génétique, comme dans le cauchemardesque « Bienvenue à Gattaca », œuvre dans laquelle il subsiste néanmoins un tout petit espoir (Dans ce livre définissant ce que seraient le post humain, l'auteur se demande si le monde a besoin de l'humanité).

    Mais la nature humaine, ses sentiments en particulier, est définie partout comme mauvaise et inutile, uniquement tournée vers la haine, l'avidité, la cruauté, comme dans « Avatar » de James Cameron.

    Je sors de voir « La planète des singes – les origines », film en tête du box-office, ce que je trouve significatif mais on y reviendra, aux effets spéciaux remarquables (pour une fois des personnages numériques ont vraiment quelque chose de tangible, bien plus encore que le gollum du « Seigneur des Anneaux »). Comparé au film de Tim Burton d'après le roman de Pierre Boulle que son auteur considérait comme une « récréation », c'est beaucoup mieux et beaucoup plus proche de l'esprit du livre et du film de 1968 qui reste cependant meilleur sur le plan du scénario et de la réalisation.

    Ce film est aussi clairement un film post-humain, l'espèce humaine étant remplacée par les singes dans une fin dantesque, ou trans-humain, qui montre la fascination de l'humanité moderne pour sa propre destruction, son anéantissement, qu'elle ne cesse de fantasmer, rêver, presque désirer, ainsi tout le battage que l'on peut constater autour de la fin du monde annoncé par les mayas selon certains, le 21 décembre 2012, événement soutenu et défendu mordicus par de nombreuses personnes dont la plupart s'estiment raisonnables pourtant.

    Ce n'est pas la première fois que la fin de toute vie sur terre est prédite, c'est la cent-quatre-vingt troisième depuis la chute de l'Empire Romain. Cette fascination pour la fin du monde est certainement un symptôme du narcissisme contemporain, de l'individualisme consumériste actuel qui laisse croire à un individu que le monde croulera avec lui, qu'il n'est pas si médiocre perdu au milieu de la foule des consommateurs décérébrés.

    L'humanité estime visiblement mériter l’annihilation.

    Elle se divertit en contemplant ses fins multiples, décrites de manière de plus en plus réaliste.

    image ci-dessous prise ici

    affiche3.jpgElle a été perdue dans de très nombreux films dont la plupart étaient des fables, elle a été décimée par la Bombe atomique, les martiens, de nombreux virus divers et variés, des cataclysmes naturels, et j'en passe et des meilleurs au cinéma depuis que celui-ci existe, et particulièrement depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

    Citons « la Guerre des mondes », inspirée du roman d'H. G Wells, de Byron Haskin et ses « aliens » destructeurs, « Le choc des mondes », pour les années 50 où l'on aimait les cataclysmes à dimension cosmique, et bien sûr « Godzilla », qui n'est pas à proprement parler un film de « fin du monde », qui parle d'un monstre issu de la bombe et qui détruit tout sur son passage mais qui a quand même dans son propos cette dimensions eschatologique.

    La plupart des aventures du professeurs Quatermass tournées dans les années 60 pour la télévision et le cinéma ne parle pas toutes de fin du monde mais toutes ont cette dimension apocalyptique. « Les monstres de l'espace » est un film qui ose même une fin très amère, l'humanité est sauvée, mais elle a montré son pire visage du fait de la peur et de la violence que celle-ci engendre. « Le dernier rivage » traite des conséquences de la guerre atomique généralisée sur un mode réaliste, et l'on peut revoir également « le monde, la chair et le diable » qui montre que la catastrophe annoncée ne rendrait pas l'être humain meilleur.

    Dans les années 70 ont été tournés les meilleures dystopies (une dystopie étant une anti-utopie souvent présentée dans un contexte de fin du monde : dont « Le survivant », qui est la deuxième adaptation de « Je suis une légende » de Richard Matheson, qui amène à définir ce qui nous rend humain, « Soylent Green » qui montre une humanité littéralement dévorée par sa folie, « Rollerball » de Norman Jewison, oublions son remake par John McTiernan, qui est de plus en plus réaliste chaque année, en ces temps de crise supposée, et de pouvoir absolu du tout économique, « Silent Running » qui est une dystopie écologiste présentant la fin de la nature, le premier « Mad Max » qui vient après une fin du monde, et toutes les copies de séries B ou Z tournées par tombereaux ensuite, « Mondwest » qui montre une fin du monde naissant de la « société des loisirs » sans oublier la trilogie des « Morts Vivants » de Georges A. Romero (curieusement dans le remake de « Zombie », « l'Armée des morts », toute dimension politique a été enlevée).

    « Zabriskie point » d'Antonioni peut être considéré comme une dystopie de fin du monde également, même si ce n'est pas un film de Science-Fiction.

    Et « Punishment Park » de Peter Watkins est une dystopie engagée, filmée comme un pseudo-documentaire, que l'on oublie souvent malheureusement.

    Dans les années 80 ont été réalisées quelques dystopies apocalyptiques réussies comme « Terminator » ou encore le crédible « Le Jour d'Après » de Nicholas Meyer.

    Nos sociétés ne croient plus en Dieu, ne veulent plus y croire, mais l'homme se soucie toujours des fins dernières.

    La_route_300.jpgDepuis quelques années, de plus en plus de films à grand spectacle, de séries de Science-Fiction ont pour sujet la fin de notre civilisation qu'ils montrent comme inéluctable et presque souhaitable : la trilogie « Matrix », le premier au-dessus du lot de tous les autre films abordant les mêmes thèmes, « 2012 », « Independence Day », « Le jour d'après », « I Am Legend », qui est une autre adaptation de « Je suis une légende » et qui se souvient par quelques scènes d'autres films du même style comme « le monde, la chair et le diable » (Will Smith se créant une compagnie avec des mannequins comme Harry Belafonte dans le film de Ranald MacDougall), le remake de « la Guerre des Mondes » par Spielberg, « A.I. » du même qui montre l'humanité remplacée par des robots meilleurs que les êtres humains et surtout « les Fils de l'Homme » et « la Route » d'après Cormac McCarthy, film glaçant car si la fin du monde arrive, elle se déroulera certainement comme dans ce récit.

    Contre l'apocalypse annoncé, beaucoup appellent à la révolte, à la rébellion violente et immédiate, ainsi que les singes font à la fin de « La planète des singes – les origines ». Si certains sont sincères, il s'agit encore au bout du compte de justifier la destruction proche, la violence que cela entrainerait, justifiée par la proclamation de belles intentions utopiques qui ne sont que du vent. L'on oublie que celles-ci ne changeront rien, que la plus belle des utopies restera du domaine du rêve si l'on ne tient pas compte de la nature humaine.

    Prendre conscience un tout petit plus de notre humanité, y compris de ces faiblesses, voilà qui aiderait plus que de fantasmer sur la fin du monde...

    Ci-dessous un extrait de "The Day after" de Nicholas Meyer et de "Punishment Park" de Peter Watkins

  • "Take Five" - Du jazz élégant pour les dimanches gris

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    Les imbéciles n'aiment pas le Jazz, c'est normal, ils ne connaissent pas l'élégance.

    Tant pis pour eux.

  • Journal de vacances 10 – La difficulté d'être catholique en 2011

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     En réfléchissant à cette question, je me suis rappelé d'une anecdote : dans une rue de Paris, je vis avec une autre personne une dame laisser son chien faire tranquillement ses besoins sur le trottoir, bien au milieu. Nous lui avons fait remarquer que c'était assurément dégoûtant, mais elle ne trouva qu'à répondre remarquant la croix en or que j'avais au cou : « Oui et bien moi, j'ai vu des chrétiens chier dans la rue, alors, hein, gardez vos sermons (crut-elle dire finement) ». Avec la personne qui m'accompagnait cela nous a fait beaucoup rire, nous avons imaginé des personnages en longue robe noire, avec une grosse croix pectorale, sortant nuitamment en ricanant diaboliquement pour aller déféquer un peu partout dans les rues de Paris.

    photo prise ici

    la-cration-d-adam.jpgL'anecdote est parlante. Les chrétiens sont perçus comme des survivances d'un passé indigne, des moralisateurs insupportables, des caricatures grotesques.

    La question qu'implique le titre se pose assez abruptement dans notre société en 2011, et ce même si les catholiques ne sont pas rejetés ni persécutés en risquant leur vie dans les pays occidentaux, contrairement aux chrétiens d'Orient. Cette société aime bien les catholiques, quand ils pensent comme tout le monde, ne sont plus catholiques au fond d'eux finalement, ou qu'ils sont les « cathos de service ». Un « catho de service », on en trouve dans divers milieux, est là pour que les autres lui exposent leur point de vue et lui montre combien il est naïf et crédule, il sert de faire-valoir. Bien souvent le « catho de service » parle beaucoup d'amour et énoncent quantité de lieux communs sur la paix, la justice, la mort, la souffrance qui ne mangent pas de pain et font plaisir à exprimer pour garder de soi une image confortable.

    Dans notre société qui confond allègrement modernité et progrès, la foi fait tâche, elle est incompréhensible car en plus elle n'est même pas quantifiable, mesurable, réductible à des équations.

    Ontologiquement, intrinsèquement, la foi ne peut donc se justifier rationnellement. C'est donc à la fois une idiotie et un pléonasme de le reprocher aux chrétiens en général, aux catholiques en particulier.

    Pour les incroyants, c'est la plupart du temps une croyance magique, une superstition sans fondement. Il y a d'ailleurs quelque chose de paradoxal, notre monde a souvent à la bouche les mots de tolérance, de liberté de conscience, voire même de liberté des cultes, mais ne tolère pas ce qui contredit le dogme sacré de la modernité toute puissante qui aurait apporté le bonheur aux populations ravies qu'on leur enjoigne de rêver à la possession de gadgets tous plus inutiles les uns que les autres plutôt que de réfléchir aux fins de leur existence ou du monde, ou à leur inculquer quelques valeurs leur permettant de vivre en harmonie avec les autres, celles-ci fussent telles d'ailleurs areligieuses.

    En 2011, les catholiques pratiquants représentent en France de 1 à 2 % de la population. Par pratiquants, s'entend ceux qui vont à la messe chaque dimanche, une définition plus restrictive, mais plus juste que celle des statisticiens pour qui y aller une fois par mois c'est pratiquer.

    Certes, un pourcentage plus important de français reconnaît croire en Dieu et avoir une foi chrétienne, mais ne croient pas à la Résurrection ou croient dans la réincarnation. Ces français n'assistent pas non plus à la célébration dominical, car la plupart estiment qu'il n'y a pas besoin de médiation entre eux et le divin.

    A ce lien, on pourra lire les résultats d'un sondage mis en ligne sur un site que l'on ne peut vraiment suspecter de complaisance envers les croyants quels qu'ils soient (atheisme.free.fr).

    Et pourtant quand on parle de laïcité, d'atteintes à celle-ci, c'est la plupart du temps les catholiques qui sont visés par les clameurs et plaintes des belles consciences prétendant défendre les droits de l'homme, la liberté, l'égalité, la fraternité, ainsi dans cet article qui fait de nombreuses confusions sur la foi, la ramenant à une sorte de gymnastique mentale et spirituelle sans grande importance somme toute. Quand il s'agit de pratiques d'autres religions, le discours est tout autre. On parle alors de pratiques culturelles que l'on se doit de respecter.

    Photo du jardin de Gethsémani prise ici

    Gethsemane,_olivier_tb_n051601.jpgOn ferme les yeux sur celles qui sont en contradiction flagrante avec les droits de l'homme, la liberté, l'égalité, la fraternité. Curieusement des médias qui se font fort de dénoncer l'islamophobie partout dans notre société sont eux-mêmes pointés du doigt comme l'étant parfois.

    Les catholiques n'ont rien contre la laïcité, tant que celle-ci facilitent les rapports sociaux, sans privilégier l'un ou l'autre, et qu'elle ne serve pas d'argument pour attaquer les croyances de l'un ou de l'autre, qui sont un droit fondamental.

    A ce lien, un texte de la Ligue des Droits de l'Homme que l'on ne saurait suspecter de complaisance envers le catholicisme.

    En passant, on peut noter qu'il y aurait des choses à dire sur la manière dont les belles consciences parlent de l'Islam, ou du Judaïsme, en France, qui se veut anti-raciste, mais relève à la base du néo-colonialisme, un discours plein de bonnes intentions où l'on prend le croyant musulman pour un « bon sauvage » un peu lent à comprendre mais duquel on se sent finalement supérieur.

    Ce néo-colonialisme est aussi un racisme au bout du compte.

    Très vite, celles celle et ceux qui se posent des questions sont traités de tous les noms, sont des nazis, des fascistes, voire des émules de Breivik, le tueur d'Oslo. Ce taré haineux et criminel devient l'alibi tout trouvé pour ne pas discuter, ne pas polémiquer, ne pas chercher à réfléchir ou trouver des solutions.

    On remarquera que les pseudo-défenseurs de la laïcité se posent en gardiens du dogme beaucoup plus que les catholiques eux-mêmes qui sont plus souples sur ce sujet. De même ces héraults, c'est eux qui le disent, de la sacro-sainte laïcité, ont souvent tendance à moraliser les croyants qu'ils estiment être des moralisateurs, alors que moraliser c'est toujours moraliser lorsqu'il est question de leur vie sexuelle qui se doit d'être nécessairement débridée et sans limites, ce qui les regarde et les concerne eux uniquement.

    Les libertins, au sens premier du terme, et non sa déformation moderne qui en fait des jouisseurs primaires, ne se souciaient pas du jugement de l'Église, ils le défiaient même pas leur comportement et ne passaient pas leur temps à se justifier sur leurs actes. Ceux qui réclament d'un comportement moral qu'ils assurent libertaire et varié ont donc du libertinage son acception moderne, ils ignorent que cette pensée s'inspire d'Épicure qui inspira aussi les stoïciens et Saint Paul qui n'a rien du « Père la pudeur » que l'on montre comme tel habituellement.

    Enfin, les catholiques sont sans cesse renvoyés au passé de leur église, aux fautes, aux massacres commis par leurs ascendants. A commencer par l'antisémitisme. Un peu partout, il est de bon ton d'assimiler nazisme et catholiques pendant la Seconde Guerre, de mettre la responsabilité de la Shoah sur le dos de l'Église, et j'en passe, sans évoquer bien sûr toute la polémique absolument nauséeuse autour du comportement de Pie XII.

    Ce qui est paradoxal est que ces reproches sont parfois adressées aux catholiques par ceux-là mêmes qui n'ont de cesse de clamer leur antisionisme et qui voient des agents de la Hasbara et du lobby juif partout sur Internet.

    Un catholique évoque-t-il les souffrances vécues par les chrétiens en Orient qu'on lui parle de l'Inquisition, en se demandant d'ailleurs comme l'Inquisition excuse-t-elle ou justifie-t-elle les massacres commis sur des croyants de pays où celle-ci n'a pas existé de toute manière ?

    Cela témoigne tout d'abord d'une incompréhension manifeste de ce qu'était vraiment l'Inquisition, à savoir une forme embryonnaire de justice rendue à l'origine, spécialisée ensuite dans le jugement des cas d'hérésie, les jugements pour hérésie étant des jugements exceptionnels, et le « jugement de Dieu » une légende (qui a inspiré les cadres dynamiques actuels qui adorent marcher sur les braises pour se montrer qu'ils sont capables de se comporter en « tueurs » sur les marchés financiers).

    On reproche également aux catholiques actuels les croisades, on oublie que ce ne furent pas les seules « guerres saintes », puisque dés 622 le prophète Mahomet déclare le premier Djihad, le tout rappelé sans reproches rétroactifs aux croyants musulmans qui n'en sont pas responsables non plus.

    Photo prise ici

    soledad-vip-blog-com-450996vatican-city.jpgUn catholique ne peut concevoir la guerre sainte, qui contrevient à sa foi, qui n'est pas une idéologie de pouvoir, qui n'a pas à mener à une théocratie, mal aussi peu souhaitable que la technocratie. J'ai évoqué la question de l'idéologie, bien souvent beaucoup de gens qui se disent séduits par le message de l'Évangile semblent percevoir celui-ci comme une sorte de pamphlet révolutionnaire, ce qu'il n'est pas, même si une société qui insisterait ne serait-ce qu'un tout petit peu plus sur l'amour du prochain serait une société déjà largement plus vivables, si cette belle intention se transformait en acte.

    Comme les catholiques le savent, l'enfer en est pavé...

    Pour conclure, je ne saurais rappeler encore que l'auteur de ces lignes est le premier à dénoncer les dérives sectaires de certaines communautés dans l'Église et la sur-affectivité superficielle et dangereuse de certains grands rassemblements, entre autres, et n'hésite pas à aborder la question de la pédophilie (d'autres articles à ce lien)...

  • "ta, tata, tata, tadatata etc..." - Walk on the Wild Side

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    J'adore cette chanson, sa petite musique tranquille, la dureté des paroles, sa dérision subtile, il en y aurait à bavasser. Ce soit je préfère l'écouter avec vous.

    Quand on écoute ça, c'est mieux avec vue sur l'atelier d'un peintre, au sommet d'un ilôt dans un immeuble presque à la Gaudi perdu prês des cités dortoirs.

    Lien permanent Catégories : Musique
  • Journal de vacances 9 – Justice pour John Carpenter

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    Aussi sur Agoravox

     « L'illusion est-elle mensonge ou pressentiment d'une vérité que voile et contredit la réalité de ce monde ? Choix transcendantal entre le vrai entrevu en rêve et le réel dont l'obscène évidence aveugle les yeux éveillés ».

    Gustave Thibon dans « l'Illusion Féconde », Fayard, 1975

    Si l'on aime vraiment le cinéma de genre, il faut aller voir « Trailers From Hell » le site créé à l'initiative de Joe Dante.

    affiche de "l'invasion des profanateurs de sépulture" prise ici

    invasion-of-the-body-snatchers.jpgLe cinéma comme la littérature de genre, était -ça l'est un peu moins maintenant que les geeks sont à la mode- ces films et ces livres réputés débiles, polars, thrillers, films d'anticipation ou d'horreur, entre autres, méprisé par les grands esprits et les belles consciences qui aiment bien qu'il y ait un message à noter et qui voit les films ou les livres comme autant de prétextes à une redite des «Dossiers de l'écran » chez soi. L'imagination ce n'est pas sérieux, ces « serials » des années 40 avec Buster Crabbe, qui montrent des vaisseaux spatiaux dont on voit clairement les fils qui les soutiennent, ça n'est pas crédible, tout comme ces monstres en latex qui ont une fermeture éclaire mal cachée dans le dos.

    Parfois, on peut se demander si les films actuels américains ne sont pas des remakes à peine déguisés, avec plus d'argent, de ces « serials »...

    Les effets ont beau être beaucoup plus fins maintenant, beaucoup mieux réalisés, ils restent des effets, et à moins d'être un cyber-autiste dont le cerveau s'est perdu entre le dixième et le douzième niveau de « Counter Strike », le spectateur sait bien que ce n'est pas réel, qu'importe, il laisse courir son imagination. Et cela peut l'amener à réfléchir par lui-même, à se créer ses propres normes sans que quelqu'un ne les lui pré-mâche par avance. « La Planète des Singes » tout comme sa suite « le Secret de la Planète des Singes », le final sacrément pessimiste et risqué du premier film pour un film de studio, tout comme celui encore plus désespérant du deuxième film, mais pas seulement, amènent a priori le spectateur à se poser des questions sur son présent.

    Car grande révélation, les films de SF ne parlent pas du futur, ils ne cherchent pas à prévoir, ils parlent de nous ou de notre société, comme par exemple la trilogie des « Morts vivants » de Georges Romero parle du consumérisme, et des ravages du libéralisme. Ces films en disent plus long sur notre monde que bien des pensums indigestes, comme le souligne Greil Marcus dans « Lipstick Traces » dans lequel il analyse les nombreux travers de la société actuelle à travers la « pop culture » dont un des films les plus célèbres, et le plus réussi, des aventures du professeur Quatermass, une des références de Carpenter : « Quatermass and the pit » ou « les monstres de l'espace » en français, réalisé par Roy Ward Baker, produit par la « Hammer », qui montre la désagrégation rapide de la société anglais de l'époque qui sombre dans la violence, la population se laissant aller à ses pires pulsions.

    Ces films, les beaux esprits qui sont restés des petits garçons et des petites filles bien dociles et bien sages ne vont pas les voir car en tant que tels ils ont peur que cela déplaise à leurs parents et professeurs.

    portrait de Carpenter pris ici

    158975143_small.jpgEn sortant de la projection d'un film bourrin, « Green Lantern », qui montre un héros modèle de mode pour pub pour déodorants et une héroïne anorexique sans formes comme il est d'usage maintenant, avec du spectacle, mais un peu trop de clichés et les scènes intimistes tournées façon « sitcoms » j'ai songé aux films de John Carpenter et ce que lui aurait pu faire d'une histoire de genre comme celle-ci. Il aurait tout de suite donné une dimension plus sombre au héros, aurait rendu l'histoire un peu plus complexe, et en aurait fait un brûlot anti-moderne, anti-système, comme « Invasion Los Angeles », dont le héros est un prolo américain pur et dur, ou « Escape From New York » et son héros nihiliste.

    Bien sûr le film n'aurait pas marché, aurait fait perdre du fric à ses producteurs et Carpenter tournerait encore un peu moins que maintenant, deux films en dix ans, « Ghosts of Mars » qui présente un futur dystopique (une dystopie est une anti-utopie, les dystopies sont souvent plus intéressantes les autres œuvres de SF) une société contrôlée et aseptisée dans laquelle le matriarcat est de mise, l'homosexualité féminine la norme, et la prise de drogues psychédéliques prescrites par les médecins de famille, et « The Ward », sorti en janvier 2011, dans lequel à travers une histoire de fantômes presque classique, encore plus terrifiante du fait de son contexte particulier, un hôpital psychiatrique, le cinéaste aborde les questions qui lui touchent à cœur, l'incommunicabilité quasiment impossible dans notre société, le rejet de l'altérité par celle-ci, le contrôle qu'elle voudrait imposer aux populations, dont il n'a pas été vraiment question en France, ou ailleurs, où l'on préfère les films ultra-formatés, avec grille de lecture et fléchage des intentions du réalisateur incorporé, que ce soit pour un « blockbuster » hollywoodien ou un long-métrage racontant les graves problèmes de trentenaires adulescents qui sont à peine pubère dans leur cervelle, ou ce qu'il en reste.

    « The Ward » est tout aussi terrifiant que « Prince des Ténèbres », que l'on déconseille aux âmes sensibles, il utilise très peu de moyens et joue tout autant sur la suggestion.

    John Carpenter aime le cinéma, le « cinoche », il ne se pare pas de prétentions, ou d'un discours pré-construit, même s'il a des choses, il n'oublie pas que d'abord et avant tout le cinéma est un art forain, qui se partage avec les autres dans une salle avec un écran digne de ce nom.

    Une chose que l'on remarque de la plupart des films qui sortent en ce moment, et ce depuis quelques années déjà, c'est qu'ils passent très bien sur le petit écran, pour lequel ils sont également conçus, les films de Carpenter, comme ceux de Hawks, Ford, mais aussi Kubrick ou d'autres, voire un collègue en insoumission de Carpenter, Georges A. Romero, sont trop grands pour l'écran minuscule de la télévision.

    Leurs films ne sont pas de ceux qui rétrécissent l'imaginaire.

    Les films de ces réalisateurs ne se conçoivent qu'au cinéma. C'est un peu comme ces livres que l'on dirait écrit exprès pour les collections de poche.

    Carpenter est né en 1948 dans l'état de New-York à Carthage. Comme tous les gosses inadaptés, ou plus lucides que les autres, ou plus sensibles, ou les deux, qui ont du mal à se débrouiller avec le quotidien ou la banalité, il s'est réfugié dés l'enfance dans les salles obscures, surtout pour voir des films de Howard Hawks, et de John Ford, qu'il trouve cependant plus faible, plus grandiloquent que le premier, sauf dans « The man who shot Liberty Valance ». Il étudie le cinéma à l'USC, s'exilant pour cela en Californie, avec Dan O'Bannon qui écrira le scénario de son premier film, une pochade potache mais pas que, « Dark Star ». Avant de tourner pour de bon au cinéma, il réalise un « biopic » d'Elvis Presley pour la télévision et écrit le scénario d'un excellent thriller fantastique : « les Yeux de Laura Mars ».

    Il ingurgite également tous les films de Science-Fiction des années 50, des séries B ou Z psychotroniques, dans lesquels les astronautes n'ont pas de verre à leur casque lunaire car sinon on ne voit pas le visage de la starlette du film. Dans les films psychotroniques, il y a une scène obligatoire, c'est celle dans laquelle le monstre, martien, méchant savant fou, prend la vedette féminine dans ses bras pour l'emporter ailleurs subir un « sort pire que la mort ». « Gozilla » est clairement un film psychotronique, tout comme les films d'Ed Wood (il faut voir le biopic que lui consacre avec tendresse et humour Tim Burton, qui en fait un hommage d'un cinéaste doué à un autre qui l'était beaucoup moins mais qui était capable d'imagination. Ed Wood fait partie de la légende trash d'Hollywood, ses frasques seXXuelles ont nourrir les ragots des échotiers des grands studios pendant très longtemps).

    Il va aussi voir les classiques de l'époque comme « Planète Interdite » qui était un des rares films luxueux de l'époque, les bandes paranoïaques de William Cameron Menzies dont celle-ci, toute en profondeur de champ pour la 3D de l'époque, qui montrent la plupart du temps des « aliens » belliqueux aux yeux pédonculés, ou le film de Don Siegel « Invasion of The Body Snatchers », beaucoup plus subtil, qui montre des envahisseurs qui nous ressemblent trait pour trait excepté l'humanité (avec Kevin McCarthy qui deviendra un habitué des films de Roger Corman et que l'on retrouvera chez Joe Dante).

    Il se souviendra aussi du film de Don Siegel en tournant « The Thing », remake de « la Chose d'un autre monde », réalisée par Christian Niby et Howard Hawks, non crédité au générique mais dont reconnaît la marque dans les dialogues qui se superposent dans plusieurs séquences. Il tournera aussi une autre version d'un classique de SF paranoïaque des années 50, en tournant "son" "Village des Damnés".

    affiche de "The Thing" prise ici

    thething-vo.jpgIl y a quelques années, des producteurs comme les Weinstein, Arthur Jacobs, Richard D. Zanuck, le fils de Darryl F. Zanuck (le F avait été mis là par ce producteur légendaire pour faire sérieux au début de sa carrière, il l'a laissé), pouvaient se permettre de donner leur chance à des « mavericks » comme John Carpenter, à le laisser libre de tourner ce qu'il veut avec un budget conséquent quant à ses ambitions. Maintenant, c'est beaucoup plus dur. A Quentin Tarantino, par exemple, on ne demande pas qu'il réalise le film qui lui tient à cœur, certes ce qu'il a quand même fait pour « Kill Bill », pour le reste on lui demande de faire du « Tarantino » pour que ça permette aux exploitants de salle de vendre leur « junk food ». Carpenter n'a pas très envie de refaire un autre « Halloween », ou un autre « Escape From New York », il veut réaliser la bande qui lui tient à cœur qui lui permette encore une fois, soyons crus, de mettre un doigt au système.

    Ci-dessous, Bande Annonce de "The Ward" et de "The Fog" de John Carpenter.

  • Gustave Thibon, la foi, et le travail indispensable du négatif

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    decorte2.jpg"Tel cri de désespoir (Céline), voire tel blasphème (Nietzsche, Cioran), me renvoie à Dieu par contraste, alors que la littérature édifiante m'en détourne par fausse ressemblance. Un aspect de la voie négative dans l'ordre moral et affectif."

    Sur le rôle des arts et de tout travail de création :

    "L'illusion est-elle mensonge ou pressentiment d'une vérité que voile et contredit la réalité de ce monde ? Choix transcendantal entre le vrai entrevu en rêve et le réel dont l'obscène évidence aveugle les yeux éveillés".

    Gustave Thibon dans "l'Illusion Féconde", Fayard, 1975

    photo empruntée ici

  • Journal de vacances 8 – Du zéro à l'infiniment zéro

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     Quelques citations pour la journée de vacances :

    « On ne comprend rien à la civilisation moderne si on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

    Georges Bernanos dans « la France contre les robots »

    « On reconnaît la valeur d'une société à ce qu'elle célèbre »

    Sandy Bates (Woody Allen) dans « Stardust Memories »

    « Qui c'est qu'a pété ? »

    Delphine dans « Loft Story 2 »

    Impressions de vacances :

    Excellent dessin pris sur ce blog très bien fait

    T%25C3%25A9l%25C3%25A9%2Br%25C3%25A9alit%25C3%25A9.jpgMaraudant sur le net, je tombe, alors que l'économie mondiale se casse la figure et que la Grande Bretagne brûle, sur le titre en « une » de Yahoo : « FX est mort ».

    Du point de vue personnel, cela m'a tellement ému que comme a dit Desproges à l'occasion d'un autre événement majeur dans le même style, j'ai repris deux fois des moules.

    Aujourd'hui, on nous annonce que le pauvre garçon qui participait à « Secret Story 3 » se serait peut-être suicidé n'ayant pas trouvé la célébrité « kleenex » dont il rêvait au bout du tunnel télévisuel et de l'enfermement volontaire sous l’œil des caméras et des spectateurs voyeurs et décérébrés.

    Il vendait sa personne, comme Vincent MacDoom sur la base d'une ambiguïté sexuelle marquée, jouant sur l'androgynie métrosexuelle poussée à son paroxysme, un peu au bout du compte comme les travestis du Bois de Boulogne qui vendent la même chose. Sauf que lui désirait plus que « Chon frons l'amoûûrrre ».

    Il voulait les paillettes et sa photo dans « Gala », « Closer » ou tout autre magasine torchonnesque. Évidemment, il n'eut que des entrefilets un peu glauques dus à son personnage.

    Ironiquement, il pourrait maintenant être content, on parle de lui abondamment.

    Une de ses camarade enfermées, Cindy Lopes, la blonde à forte poitrine de l'émission, il y en a une par émission dans ce genre de shows, en profite pour se faire un peu de pub en passant en pleurnichant sur son « ami ».

    C'est toujours ça de pris.

    Ces émissions de téléréalité sont apparues en France en 2001 avec le premier « Loft Story ». Selon leur créateur hollandais, John de Mol, qui s'avouait « fier de lui » à l'époque, c'est un formidable progrès quant à la transparence et à l'affirmation des libertés de pouvoir enfermer pendant quinze jours ou plus une dizaine de médiocres infantiles et décervelés et voir ce qui se passe. C'est la version moderne du trou de serrure, visible partout grâce aux progrès fulgurants de la technique. Le succès de ces émissions est basé sur l'identification des spectateurs qui s'imaginent que ça pourrait être eux qui passent à la télévision car les candidats de ce genre d'aventures est généralement aussi nul que le quidam moyen (pléonasme) rêvant de ce que « les marchés », les médias, et la pub lui ordonnent de rêver.

    Tant que lui peut continuer à consommer et rêvasser devant ce style de spectacles, le monde peut crouler.

    Les jeunes émeutiers de Grande Bretagne sont les enfants de ce décervelage, de l'infantilisation du consommateur (ou conso-mateur dans le cas de la téléréalité), de l'hyper-libéralisme.

    Il n'y a quant à leur révolte aucun autre motif que la frustration de ne pas avoir en poche le dernier gadget électronique totalement inutile et celle de ne pas être célèbre comme les vedettes de téléréalité que ces mêmes émeutiers plébiscitent, et la violence c'est aussi l'occasion de se faire remarquer à la télévision. Ils ne font qu'appliquer un peu plus hardiment le programme ultra-libéral, tout ce qui gêne entre eux et la satisfaction de leurs désirs les plus primaires est à incendier. Certains m'ont fait remarquer qu'au moins ils brûlent des supermarchés, oui, mais pour voler tout ce qu'il y a dedans.

    On le voit dans de nombreuses chansons de rap, où les « artistes » ont plaisir à montrer tous les signes de réussite sociale obligatoires selon la vulgate libérale :

    531753675_small.jpgDes billets de banque à foison, une belle bagnole avec une peinture qui claque, et de belles filles, souvent rechapées comme la bagnole, autour.

    Leur colère n'a rien à voir avec une rébellion, voire avec les conséquences d'une politique qui les aurait brimés, la Grande Bretagne étant montrée jusque là comme un modèle de communautarisme qui fonctionne.

    Bien sûr, à entendre les belles consciences c'est la faute de Breivik, c'est sûr. Certains vont même jusqu'à affirmer que comme il y a eu la colonisation c'est un juste retour de bâton, s'appliquant à eux mêmes ces coups de bâtons dans un masochisme assumé naïf et suicidaire.

    Depuis plus de quarante ans, on nous serine que l'éducation qui pousse les enfants et les adolescents à se responsabiliser, en leur inculquant des valeurs, des repères, le sens de l'autre, c'est paternaliste, ringard et réactionnaire. Le maître mot c'est qu'il ne faut pas culpabiliser les enfants, ni les adultes.

    D'un côté, les libéraux conchient tout cela car c'est un frein à la consommation, un consommateur qui réfléchit est un consommateur qui n'achète pas assez, de l'autre les libertaires mollassons ou durs considèrent que les règles s'assimilent à l'oppression, se conduisant même s'ils ne le reconnaitront jamais comme des « idiots utiles » du libéralisme.

    La chanson ci-dessous s'impose, non ?

  • Les émeutiers anglais sont des barbares hyper-consuméristes

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    Lendemain-emeutes-Londres-640x426.jpgProfession de foi hyperconsumériste des émeutiers anglais qu'ils se sont envoyés via leurs smartphones dernière génération...
    "Que tout le monde de tous les coins de Londres se rassemble dans le coeur de Londres (centre) OXFORD CIRCUS. Les magasins vont être dévastés donc ramenez-vous pour choper des trucs (gratos). Que les flics aillent se faire foutre, allons les dégager avec notre émeute ! >:O C’est une guerre raciale (c'est moi qui souligne) là donc si vous voyez un frère... SALUEZ-LE ! Si vous voyez un flic... TIREZ"

    C'est sûr, c'est la faute des réacs et des nouveaux réacs, de ceux qui doutent des bienfaits du communautarisme...

    Les imbéciles qui sèment le vent et soufflent sur les braises, en excusant tout, en déniant le réel, en refusant de voir les problèmes, en restant coincé dans leur idéologie angélique, en victimisant les "jeunes" sont les premiers responsables.

    Ces "jeunes" ne sont pas des révoltés, ils ne font qu'appliquer un peu plus hardiment que les autres les "valeurs" de la société libérale-libertaire.

  • Journal de vacances 7 – Le citoyen a-t-il une responsabilité politique ?

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     Quand je vais à Paris, j'aime bien me balader vers la « Chapelle Expiatoire ». Non loin de là on peut croiser les fantômes des écrivains et artistes qui allaient au Café Weber, et juste en face, boulevard Haussmann, se trouve l'appartement de Proust. La « Chapelle Expiatoire » a été bâtie pour commémorer le souvenir de l'exécution de Louis XVI et de sa femme sous la pression de ce que certains « infréquentables », comme Léon Daudet, appelait la « sottise démocratique », Louis XVI ayant été condamné sur un procès inique tout comme sa femme accusée de toutes les perversions possibles et inimaginables, alors qu'il avait accepté sans sourciller la monarchie constitutionnelle quant à lui.

    image ci-dessous rappelant la fête de la Fédération du 14 Juillet 1790 prise ici

    1789.jpgEt pourtant ces gens qui combattaient la « sottise démocratique » n'ont eu de cesse, paradoxalement, de défendre la liberté et le respect de l'expression du suffrage populaire.

    Ainsi, Bernanos, d'Action Française, et catholique, a lutté contre le franquisme, ainsi, Léon Daudet, suscité, défilait avec les syndicats et les anarchistes, voire au moment de la chambre « Bleu horizon », votait parfois avec le PCF.

    C'est lui qui donne une clé importante de la compréhension du système politique, il rappelle que le soir où l'on annonça la victoire de cette chambre au parlement Aristide Briand ne s'en émut guère, disant :

    « Nous gardons les cadres, ce qui est le principal ».

    La bourgeoisie gardait en effet les cadres. Elle les a toujours.

    Cependant, maintenant, elle s'est trouvé un alibi de plus pour justifier son pouvoir qui est qu'elle est « de progrès ».

    Celle-ci aime bien la démocratie et les élections, et l'expression du suffrage des citoyens, quand ceux-ci vont dans le sens qu'elle veut.

    Quand ce n'est pas le cas, cette bourgeoisie n'aime pas du tout la démocratie, les citoyens libres et responsables quand ils votent là où on leur dit de voter devenant de « sales ploucs » ou des « franchouillards » immondes quand ils n'obéissent pas aux injonctions de progrès.

    On remarque surtout une infantilisation du citoyen qui ne veut surtout pas se construire une conscience politique, celle-ci fût-elle de gauche ou de droite, et qui vote en consommateur, au gré du vent, de son humeur, et de la photo des candidats soumis à son appréciation.

    Les citoyens oublient que s'ils ont des droits inaliénables, ils ont aussi des devoirs, et une responsabilité vis à vis des autres. Les citoyens se conduisent finalement en consommateur choisissant ou une tête de gondole ou de produits très bon marché.

    Maintenant beaucoup se plaignent de l'élection de Sarkozy au second tour de la présidentielle en 2007 s'étonnant qu'il applique la politique ultra-libérale qu'il avait pourtant annoncé noir sur blanc dans son programme.

    Il eut fallu se déplacer pour aller voter contre lui et choisir entre deux maux. Mais la plupart des électeurs maintenant anti-sarkozistes acharnés ne l'ont pas fait, papillonnant au premier tour, et justifiant leur paresse ensuite en affirmant que Ségolène ne valait pas mieux que Sarkozy, ce qui est faux.

    Et le fait qu'elle ait raté le grand débat entre les deux tours n'est pas une excuse qui tienne vraiment la route.

    D'autres le disent carrément, assumant leur paresse, ils ne se sont pas déplacés car ils n'avaient pas envie, feignant parfois d'ignorer que le vote blanc compte en France comme une abstention.

    Il est plus facile de chanter le refrain de l'état UMP tous pourris, cela évite de reconnaître sa responsabilité individuelle dans l'établissement de cet état UMP. Il est plus facile d'accuser Sarkozy de se conduire en dictateur alors que l'on a contribué à son élection.

    image ci-dessous prise ici

    ofrtp-france-emploi-jeunes-20101209_large.jpgIl est curieux de voir que s'il y a un populisme évident à droite consistant à accuser les RMIstes, les chômeurs, les étrangers, les jeunes de tous les maux, il en existe un autre qui consiste à dénier l'expression démocratique quand celle-ci ne va pas dans le bon sens, ce qui évite de reconnaître l'absence de programme :

    les têtes de gondole du PS ou des « verts » proposent surtout un remake des emplois jeunes et rien d'autres. Quant au FN, il n'y a pas non plus de réel programme à part de vagues déclarations d'intentions, comme les autres...

    Depuis la tuerie d'Oslo, elles ont beau jeu d'hurler à la renaissance du fascisme, du nazisme et du retour incessamment sous peu des heures les plus sombres de notre histoire, cela ne cache pas le fait qu'elles sont finalement dans la même « doxa » libérale que les têtes de gondole UMP, à commencer sur le sujet de l'Europe, un intervenant, « vert », de gauche, proposant même de renforcer l'Euro.

  • Journal de Vacances 6 - Le conformisme euphorique en 2011

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     ou version remixée de « Tout va très bien Madame la marquise »

    En devoirs de vacances, une citation de Philippe Muray dans « Après l'histoire »

    image prise ici

    standard-people-2.jpg?1257951870“La satisfaction avec laquelle elle (l’époque) se montre, son conformisme euphorique autant qu’ignominieux, son allure de tranquille impunité quand elle déploie l’éventail de ses plus malfaisantes sottises et l’ensemble difforme de ses nuisances approuvées, enfin cet incroyable teint de rosière qu’elle arbore en toute occasion, lorsqu’il s’agit de célébrer de nouvelles mutations, d’applaudir au défi ludique des surfeurs des neiges, au succès d’Internet, à l’adoption d’Halloween par les peuples colonisés, au triomphe de l’économie de marché, de la transparence, des patins à roulettes, du droit d’ingérence, du principe de précaution, du Tribunal pénal sublime, subliminal et international, et des pique-niques citoyens avant les séances de cinéma en plein air, font ardemment regretter qu’elle n’ait pas un seul visage sur lequel on puisse taper avec gaieté et sans relâche.”

    Aux lecteurs qui sont coutumiers des raccourcis faciles, je rappelle que Muray était plus dans la ligne du socialisme orwellien que dans celle de la droite radicale. Ce serait plus que réducteur, et surtout stupide, de le traiter de facho voire, on le voit de plus en plus, de suppôt du sionisme ou même d'agent de la Hasbara.

    Impressions de vacances :

    Je me souviens de la grande période de la main « Touche pas à mon pote » et des deux disques, américains et français, contre la famine en Éthiopie, on y percevait les prémices de ce « conformisme euphorique ». Je n'avais pas compris à l'époque pourquoi il fallait absolument porter le fameux badge pour être estampillé non-raciste, ce qui me semblait absurde. On a vu par la suite quant à la xénophobie que cela n'a strictement rien changé.

    Quant à la famine éthiopienne, je me souviens de ce camarade certainement un peu naïf ayant proposé aux autres dans sa classe de consacrer l'argent qu'ils comptaient dépenser pour leurs vacances de ski pour en envoyer au moins une partie en Afrique. Il ne récolta pas un centime, car il y a toujours loin de la coupe aux lèvres et des belles intentions à leur concrétisation.

    Ce « conformisme euphorique » dont parle Muray on le constate encore maintenant en lisant, en écoutant les réactions des uns et des autres après « les printemps arabes » et après la tuerie commis par le taré haineux d'Oslo qui est le fruit plus de son époque que des thèses racistes (par ici un excellent article qui défend et développe cette thèse).

    Après ce massacre, beaucoup de belles âmes et de grands esprits ont décidé que de fait toute critique des pays musulmans, de leurs « printemps » et de ce qui s'y passe est définitivement de l'islamophobie ou du racisme, un danger favorisant le retour des « heures les plus sombres de notre histoire » selon la formule consacrée (TM).

    La plupart se sont émus, à juste titre, des propos d'un élu, dans un mail privé adressé à un militant, d'un humour particulièrement lourdingue, platement xénophobe, mais de là à convoquer Hitler, le nazisme, le fascisme pour condamner ces écrits, il devrait quand même y avoir un sens des proportions. Bizarrement, personne ne s'émeut que c'est un acte de délation qui est à la base de cette « révélation », une délation peut-être vertueuse, mais de la délation.

    Ou alors est-ce que les belles consciences mutent d'elles-mêmes en flics de la pensée ?

    Elles se posent en censeurs des mœurs politiques et sociales sur le Net où toute contradiction quant à leur discours est aussitôt assimilée à du fascisme.

    On aimerait les entendre s'indigner, et condamner, les massacres de chrétiens, catholiques et protestants, commis au Vietnam. Mais curieusement, dans ce cas, foin d'indignation vertueuse, le silence domine.

    On aimerait également les entendre condamner les agressions perpétrées contre les chrétiens d'Orient (ici un résumé de quelques évènements sur un site que l'on ne peut vraiment soupçonner d'être cagot).

    Mais là aussi le silence assourdissant est de mise, parfois les belles consciences daignent cependant répondre en affirmant hypocritement qu'elles se soucient de tous les massacres commis dans le monde sur des minorités et qu'elles ne vont pas favoriser le souci de l'une ou de l'autre, ou alors on parle d'affrontements chrétiens/musulmans comme en Égypte.

    Une chose qui m'étonne beaucoup dans l'engouement des occidentaux pour les « printemps démocratiques » arabes, c'est l'aveuglement systématique devant certaines choses. Dans notre pays, les mêmes seront les premiers à hurler comme des vierges outragées aux attaques contre la laïcité dés que le Pape ouvre la bouche sur n'importe quel sujet, mais là ça ne les choque pas que le cri de ralliement des insurgés soient en Syrie ou ailleurs : « Allah Akbar » comme on a pu l'entendre et le voir à de nombreuses reprises.

    Ce n'est pas exactement un appel à plus de démocratie et à la liberté religieuse que de crier que « Dieu est grand ».

    Les occidentaux festivistes feignent alors de croire que ce n'est pas si grave.

    Comme ils ignorent volontairement le fait que les « printemps arabes » sont aussi un symptôme du renouveau et du regain de pouvoir de l'Islam chiite face à l'Islam sunnite représenté par les monarchies pétrolières du Golfe compromises avec les américains, et les wahhabites.

    Bien sûr les bonnes âmes d'Occident pèchent surtout par ignorance, l'ignorance du fait que ce n'est pas par les bonnes intentions que l'islamisme ne sera plus un danger, ou parce qu'on le décide après une tuerie commise par un détraqué mais en favorisant l’exégèse du Coran jusque là interdite, celle-ci étant la seule voie, mais cela demande des efforts de réflexion, et il est bien plus satisfaisant de se lancer dans de grandes tirades moins fatigantes et de surjouer le positivisme politique, quitte à chausser des lunettes roses et ne pas voir le réel.

    Ce réel que les festivistes ne veulent pas voir, ce qu'ils ne voulaient pas voir au moment de la famine en Éthiopie déjà en 1984 due principalement aux déplacements de population du régime de l'époque dans ce pays (lire un historique ici), c'est un peu comme dans le cas de la famine au Soudan et dans la Corne de l'Afrique. Là aussi, il y a beaucoup d'hypocrisie et même une cerise sur le gâteau de cette hypocrisie comme on va le voir.

    Tout le monde sait parfaitement que les famines en Afrique sont dus, plus qu'à la sécheresse, principalement aux affrontements inter-ethniques, comme ici hélas, ou , ou là encore, et aux manigances des gouvernants européens mais aussi africains.

    La cerise sur le gâteau de l'hypocrisie, c'est de savoir que la famine au Soudan est due principalement au rachat de bonnes terres arables pour y faire pousser du carburant « bio » qui alimentera les moteurs des mêmes belles consciences si concernées par le monde, et indignées, mais pas tant que ça au fond donc...

  • Journal de vacances 5 – Une espèce méconnue : le bobo provincial et rural

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     Observations de vacances :

    L'été est une saison propice aux observations de la nature que l'on ne peut faire habituellement par manque de temps. Cela permet des découvertes impossibles autrement pour ceux qui aiment s'adonner à ce genre de pratiques.

    Illustration prise ici

    18632753.jpgPar exemple, quand on parle des bobos, on pense surtout aux « bobos » parisiens, alors que ce genre de volatile car le bobo en est un, on le remarque à sa queue en éventail, qu'il aime montrer comme le paon, vit aussi dans les grandes villes provinciales voire même en campagne.

    Car il y a des bobos ruraux, dont les habitudes diffèrent cependant de leurs congénères urbains.

    Le bobo rural est attiré depuis longtemps par la campagne, par son authenticité, où l'idée qu'il s'en fait, sa vérité, son calme. A l'entendre, il cherche un ermitage quand il rentre de son travail le soir, un endroit où reposer ses neurones et retrouver la paix et la sérénité loin de la ville bruyante et perverse à l'entendre.

    On note que le bobo se fait de la ville la même idée que ma grand mère.

    Bien sûr, pour trouver cette paix et cette sérénité, il lui faut pour cela faire suer ses voisins ruraux qui n'en demandaient pas tant.

    Le bobo rural avait oublié que par exemple, le coq si beau sur les livres d'images chante le matin très tôt, qu'un petit âne tellement mignon au jardin du Luxembourg ça a l'habitude de braire un peu tout le temps.

    Il n'hésite pas à traîner alors ses voisins en justice pour faire taire et le coq et l'âne, et pouvoir tondre sa pelouse dans le calme le dimanche.

    Les paysans n'ont pas été longs à voir le filon que le bobo rural représente, il suffit d'accoler le label « bio » à n'importe quel truc, légume ou boisson infâme réputée traditionnelle, pour le vendre beaucoup plus cher que sa valeur réelle et faire beaucoup de bénéfices, ainsi le succès des pains « bios ».

    3518702206_53622a12cd.jpgCar le bobo rural est « bio », un peu plus cependant que son congénère des villes qui a lui aussi ce snobisme.

    On croise le bobo rural et provincial dans les marchés, il se reconnaît au déguisement qu'il affecte alors, une sorte de relâchement calculé dans les vêtements et la mise, on rajoute une casquette ou un chapeau quelconque pour faire « peuple ».

    On parle aux marchands présents en faisant mine de tout savoir sur les produits présentés, tout en se conduisant finalement toujours en bourgeois, en causant aux agriculteurs vendant leurs productions comme à des métayers.

    Le bobo rural mâle prend un ton qu'il croit rude, plein de rudesse paysanne, et sa femelle quant à elle se donne des mines « populaires », elle met la main dans la poche fessière gauche, ou droite, de son jean, et sourit avec condescendance aux astuces de la marchande, ou du marchand, comme le classique « Ahlala ça repousse pas, hein ? » quand une pièce tombe par inadvertance à terre ou les lieux communs météorologiques habituelles :

    « Vaut mieux un petit froid sec qu'une petite pluie fine » etc...

    Il ne faudrait pas croire que le bobo rural et provincial n'a pas les mêmes prétentions culturelles et sociales que son congénère des villes. Il a exactement les mêmes. Il s'imagine souvent avoir un rôle de phare culturel dans son bled, par exemple, et le pire c'est qu'on le laisse faire et c'est souvent catastrophique.

    J'en ai vu expliquer l'air grave à des « anciens » de village comment on faisait les haies avant, en se donnant un ton très pédagogique, en gros ils donnaient l'impression qu'ils parlaient en somme à des débiles, en se rengorgeant quand les « anciens » lançaient ensuite des compliments ironiques, car à l'instar de son congénère des villes, le bobo rural n'a aucun humour, aucun sens du ridicule ou du second degré.

    Il veut faire jouer des pièces de théâtre absconses, que parfois il écrit, par les « jeunes » du village (très important de parler des « jeunes » dans un village), généralement des pensums, à visée didactique politique, pleins de lieux communs. Il aide à l'organisation d'expositions d’œuvres d'art prétentieuses, mais, et le mais est de taille, mo-der-nes !

    Il fait souvent dans le caritatif aussi, au moment du Téléthon tout ça, car le bobo rural est un positif, au risque de sombrer dans la guimauve. Cela ne l'empêchera pas d'appeler les flics si jamais les « jeunes » font trop de bruit sur la place du village ou si un pauvre décide d'habiter dans sa caravane dans le champ adjacent à sa propriété.

    En conclusion, on remarque aussi que bizarrement, beaucoup parmi les bobos ruraux ont des complexes vis à vis des bobos parisiens. Il semble bien qu'ils voudraient apparaître comme aussi ridicules, prétentieux et festivistes. Ainsi, dans certaines municipalités de province, on a vu se multiplier ces derniers temps les fausses plages sur la place de l'hôtel de ville en été, les fêtes dites citoyennes à visée éducative, et j'en passe.

    Ces complexes s'expliquent, au fond du bobo rural, du bobo provincial, il y a toujours un péquenot qui sommeille et qui peste contre les « parisiens » et les « bobos parisiens ».

    Bien sûr en document et devoir de vacances sur le sujet, rien de mieux que l'hilarant « Retour à la Terre » de Ferri et Larcenet qui fait preuve de beaucoup d'autodérision quant à lui...

  • Marcel Aymé sur Metamag

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    Un article de votre aimable serviteur paru sur Metamag au sujet de Marcel Aymé.

    622833047.jpgCi-dessous une citation ô combien exacte !

    «C'est la faiblesse de presque tous les écrivains qu'ils donneraient le meilleur d'eux-mêmes et ce qu'ils ont écrit de plus propre pour obtenir un emploi de cireur de bottes dans la politique.»
    [ Marcel Aymé ] - Silhouette du scandale

  • Journal de Vacances 4 – « L'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote »

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     La citation donnant le titre est de Pierre Desproges dans « les chroniques de la haine ordinaire ».

    Elle est très juste...

    illustration ci-dessous prise ici (elle est tirée de "M le Ministre" de Binet)

    Dans le « dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis », il dit aussi ceci :

    _RumeurMinisterielle.jpg« Terminons en rappelant que la Bastille était quasiment vide lorsqu'une brassée d'excités la prit vaillamment d'assaut un jour d'été 1789.

    C'était la révolution des bourgeois.

    Ils sont toujours au pouvoir. »

    devoirs de vacances :

    En devoirs de vacances, c'est ici assez simple, sur la politique française, ses hypocrisies, ses grands principes dont tout le monde se fout, ses égoïsmes, on peu relire sans trop de problèmes « Uranus » de Marcel Aymé. Les personnages décrits vivent pendant les folles joies de l'Épuration, quand les méchants, tous les méchants ont été punis, puisqu'on vous le dit !

    Même les hauts fonctionnaires qui ont continué à faire carrière sous Vichy, et sous De Gaulle...

    Comme René Bousquet ou le type qui était responsable pendant la Seconde Guerre du Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre en 1942...

    Je suis sûr que comme ils l'ont tous dit, ils étaient en fait résistants secrètement, sans le dire, tellement ils étaient modestes au fond.

    J'aime particulièrement dans ce livre le personnage de Léopold, et aussi celui du petit professeur petit-bourgeois qui sait au fond qu'il demeure un petit bourgeois malgré toutes ses grandes déclarations claironnantes de fraternité avec le petit peuple, les prolos, les libérateurs.

    Il y a aussi plus innocent, moins sarcastique, « Clochemerle », que l'on peut relire si l'on a peur de trop de causticité.

    Impressions en vacances :

    Il y a un peu plus de deux-cent ans, les bourgeois ont pris le pouvoir, ils y sont toujours. Ils ont essayé des trucs pour conserver le pouvoir, tout d'abord, ils ont décidé que le vote était réservé aux plus riches parmi eux, ça s'appelait le suffrage censitaire chers petits amis, puis comme ils se sont aperçus que ça « le faisait pas », niveau démocratie, ils ont décidé que tout le monde pouvait voter. Ils ont quand même mis quelques années à se décider car le suffrage universel à tous les citoyens est devenu réalité, ô joie, seulement en 1946.

    Bien sûr, on a cru qu'ils partaient du principe que chaque citoyen en âge de voter lit les programmes de chaque candidat avant d'aller déposer son bulletin dans l'urne, qu'il pèse le pour et le contre de toutes les propositions, qu'il sait de quoi il parle quand il entend des mots comme Europe, libéralisme, marxisme, ou nation.

    Il n'y a que les mauvais esprits pour croire que le citoyen vote surtout pour un candidat qui lui ressemble, qui le flatte, qui le caresse dans le sens du poil et lui donne un « sussucre « sans qu'il n'ait à faire le beau, et qui, cerise sur le gâteau, pourra défendre avantageusement les maigres ou non avantages matériels dont il dispose, que ceux-ci soient des avantages z-acquis ou familiaux.

    Jusque dans les années 60, juste avant le grand passage vers la lumière des français en 68, passage encore plus lumineux en 81, il existait certes l'instruction civique, qui apprenait aux enfants, et aux adolescents, quelques notions utiles pour se construire en tant que citoyens : le mode d'élection des députés, des sénateurs, des conseillers généraux, le travail de l'Assemblée et du Sénat, par exemple.

    Après, on a jugé bon que le peuple n'avait pas besoin de ça, et qu'il mieux de le faire discutailler dés l'enfance en échangeant des lieux communs sympathiques, mais qui sonnaient creux :

    la guerre c'est pas beau, le racisme c'est laid, la violence c'est mal etc... (rajoutez « t'vois » après chaque affirmation).

    Bien sûr on a alors cru ou feint de croire que le futur citoyen allait se renseigner de lui-même ensuite pour savoir comment atteindre ses idéaux au sein de la démocratie française. Mais comme on lui a dit qu'il n'y avait plus d'obligations à savoir ces choses embêtantes, ennuyeuses, sur les droits et devoirs des citoyens, sur le fonctionnement des institutions, il ne s'en est plus préoccupé vraiment, se demandant surtout pour qui il allait voter à « Secret Story » :

    Tapez 1 si vous préférez le « surfer » décérébré métrosexuel qui se tape toutes les filles de l'émission, tapez 2 si vous voulez que la pétasse blonde décolorée reste avec son petit ami qu'elle aime d'amour romantique et fusionnel depuis trois jours.

    Bien sûr, les politiques ont oublié ou feint d'oublier que l'instruction civique faisait en théorie de chaque français un individu un peu plus au fait de son devoir et de ses droits. Quelques « idiots utiles » de l'après 68 ont décidé que c'était paternaliste, et ce qui est paternaliste c'est mââââl.

    Ce fut l'excuse toute trouvée.

    Généralement, l'adulte qui vote est bien discipliné, il fait là où on lui dit de faire, généralement dans le caniveau donc. De temps en temps, il se met à réfléchir, et là à quasiment 55 % il dit non par exemple à un traité hyper-libéral sur l'Europe, là il se fait taper sur les doigts, gentiment mais fermement, et comme le dirigeant est bon avec l'adulte qui vote, il rattrape sa bévue en rédigeant un nouveau traité exactement semblable au précédent, excepté deux ou trois virgules ayant changé de place, sauf que là l'adulte qui vote n'a pas son mot à dire.

    C'est de toutes façons mâââl d'avoir dit non à ce traité...

    Il ne faudrait pas terminer ce petit texte badin en oubliant une dernière catégorie d'adultes qui votent qui sont les militants. Les militants sont de deux espèces : il y a le militant intellectuel, celui qui sait, et qui porte la bonne parole du grand homme, ou de la grande femme à la deuxième catégorie, le militant de base. Dans les militants de base, on distingue plusieurs catégories, il y a généralement l'arabe de service, le jeune de service, la personne âgée de service aussi etc...

    Le militant de base adore jouer la familiarité avec le grand homme, ou la grande femme, et affecter de le, de la, tutoyer, un tutoiement tellement antinaturel qu'il sonne toujours faux d'ailleurs, que ce soit avec un petit roitelet politique local ou avec un responsable nationââl.

    Le militant de base est flatté de discuter avec le militant qui sait, qui le rappellera à l'ordre bien sûr si sa vulgate est remise en question par des réflexions considérées comme manquant de révérence ou de la simple obséquiosité que le militant intellectuel qui n'est jamais étouffé par la modestie s'imagine mériter.

    Et à ses yeux il en mérite beaucoup.

    Maintenant, les choses changent, l'adulte qui vote est persuadé qu'il ne sert à rien de toutes façons et que donc, il n'a pas à se déplacer en cas d'élections. C'est un effort qui lui semble insurmontable, tout comme se former politiquement. Il préfère maintenant ou « s'indigner » ce qui ne mange pas de pain et permet de se défouler ou pester un peu partout contre les fonctionnaires et l'état qui prend trop d'argent aux citoyens (tout en mettant ses gosses à l'école publique sans se demander comment celle-ci est financé, sans protester quand il touche ses allocations diverses et variées).

    Ci-dessous la définition d'un citoyen français selon Luis Rego (dans "La Tribunal des flagrants délires" il était souvent aussi bon que Desproges, comme dans "la journée d'un fasciste" également)


    Luis Rego Jean Carmet par susacacon

  • Journal de vacances 3 – A quoi sert un blog ?

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    Déjà sur Agoravox

     ...Si tant est que ça sert à quelque chose, écrire sur internet en général en l'occurrence.

    Devoirs de vacances :

    image emprunté au blog du plafond de verre

    blogueur_anonyme.jpgJe relis les BD de « Valérian et Laureline » de Christin et Mézières, j'aimerais bien savoir où les deux auteurs en veulent en venir avec leur cycle autour de la disparition de la terre du futur et sa capitale, Galaxity, à cause de l'hypothétique planète Hypsis. Pour Valérian, cela a un sens de la rechercher, pour Laureline, cela n'en a aucun, mais mieux vaut ça que tourner en rond.

    Christin et Mézières font durer le plaisir, à moins qu'ils ne soient en panne d'idées pour clôturer leur histoire...

    Je feuillette également le « journal » de Jean-Patrick Manchette, que je connais par cœur. En le relisant j'ai cependant l'impression de retrouver un ami, du genre de ceux que l'on revoit en ayant l'impression de les avoir quittés la veille même si la veille était il y a des années. Ce qui est passionnant dans ce journal littéraire, c'est toute la réflexion de l'auteur sur le travail de l'écrivain, son rapport au monde et aux autres.

    Impressions de vacances :

    Il y a quelques jours, quelqu'un m'a dit que les blogs, les forums internet, c'était l'équivalent moderne et à plus grande échelle des anciens courriers des lecteurs dans lesquels c'était la plupart du temps la foire aux lieux communs, aux préjugés, aux idées reçues, une occupation de concierge occupé à médire...

    Ce n'est pas toujours faux, il y a du vrai là-dedans.

    Pour moi cependant, le pire c'est quand l'auteur de blog se prend trop au sérieux (car soyons honnêtes c'est que l'on a une bonne opinion de soi quand on se laisser aller à publier des textes sur le Web).

    Ce n'est pas la première fois que j'entends cette réflexion, la différence étant que là, la personne était bien intentionnée à mon égard. Car quand lance ça à un blogueur, la deuxième question est généralement :

    « Et tu as beaucoup de visiteurs sur ton blog ? » ou

    « Tu as beaucoup de lecteurs sur tes articles ? »

    (suit toujours ou presque un sourire entendu et narquois tout prêt ).

    Bien sûr, quand on donne le chiffre, re-sourire entendu, c'est sûr, le blogueur, l'auteur d'articles ment, il se donne de l'importance, il raconte des calembredaines, l'affaire est entendue.

    De toutes façons, celui qui pose la question se fiche d'avance de la réponse, puisque finalement pour lui (pour elle) cela ne sert strictement à rien d'écrire de toutes façons, y compris des articles sur papier s'il n'y a pas des millions de lecteurs qui suivent ou le blog ou les articles, et si cela ne rapporte rien à l'auteur, à part le plaisir d'écrire et de publier ce qu'il écrit.

    L'auteur est montré comme un grand gosse immature, qui a besoin d'une catharsis et qui pour cela s'exprime abondamment, voire un peu trop aux yeux de certains.

    Je me rappelle particulièrement de celui qui m'a dit après avoir entendu le nombre de visiteurs sur mon blog et le nombre de lecteurs sur quelques articles d'Agoravox : « Ah oui, mais c'est le nombre

    Ce qui transparaît finalement ce sont deux choses :

    -La colère du médiocre qui aime le confort du troupeau, qui apprécie de ne pas se faire remarquer, et qu'il n'y ait pas une tête qui dépasse. Pour lui, ce cloporte, le type ou la fille qui publie sur le net est forcément un prétentieux, un vaniteux narcissique et complètement inconséquent.

    -Sa jalousie aussi, car il est bien souvent incapable d'aligner trois mots en français, et de le faire de manière intéressante. Sa jalousie est paradoxale car pour lui la littérature comme l'écriture de toutes façons ça ne sert à rien, comme il dit :

    « Moi je lis des livres sérieux, certainement pas des romans », qui ne sont pas sérieux c'est évident pour lui.

    Mais le fait que quelqu'un soit un peu plus doué que lui pour l'expression de sentiments, de joies, de peines, de colères, de rires, voilà qui l'embête quand même sec.

    Bien sûr, il ne comprendra jamais l'essentiel, l'auteur de blogs écrit d'abord pour lui et aussi pour trois ou quatre personnes au maximum au bout du compte (Moi c'est principalement pour une personne). S'il lui vient l'envie de croire qu'il a un message à distribuer au monde entier, et que ce message est fondamental pour la survie du monde, il faut d'urgence qu'il consulte un spécialiste, ou qu'il se pose des questions.

    Le blogueur c'est un peu François Merlin qui se prend pour Bob Saint Clare dans "le Magnifique"

  • Journal de vacances 2 – Le souci des convenances en 2011

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    Déjà sur Agoravox

     Devoirs de vacances :

    Relecture des « Souvenirs littéraires » de Léon Daudet, livre littérairement et politiquement très incorrect, témoignant certainement de ma part d'un manque total de souci des convenances actuelles je suppose...

    Impressions de vacances :

    savoir_vivre.jpegLe vacances c'est le temps des bilans de l'année écoulée, que l'on fait sur la chaise longue, un bon livre à portée de la main, une boisson rafraîchissante aussi. Faisant ce genre de bilan je me suis aperçu que finalement je n'avais pas vraiment le souci des convenances bourgeois ou pas, actuelles ou non, même si bien sûr, je ne vais pas sortir tout nu de ma salle de bains pendant qu'une femme de ménages fait son office dans ma chambre d'hôtel ou autre abus contraire aux bonnes mœurs comme ces types qui mettent la main au panier de leur épouse pour un oui ou pour un non en public.

    Avant, il y avait le souci des convenances :

    Il ne fallait pas mettre ses coudes sur la table, il ne fallait pas mettre un archevêque à côté d'un rabbin, il fallait dire bonjour à la dame, et ne pas mettre les doigts dans son nez, il fallait que les couverts soient bien ordonnés selon l'ordre qu'il convenait (ne pas mélanger les fourchettes à poissons avec les cuillères à sorbet etc...), dans un escalier il convenait que le monsieur monte devant la dame, et non l'inverse à moins que celle-ci ne fût une demoiselle de petite vertu etc...

    Tout cela a disparu peu ou prou, excepté dans certains milieux protégés où d'ailleurs l'on affectera des manières de plouc en dehors des cercles privilégiés, pour faire « simple », pour faire « vrai gen ». Beaucoup de filles de bonnes familles affectent souvent de se conduire en trainées ou en « passionarias » politiques radicales, mais n'oublient jamais qu'elles ont été pensionnaires au couvent des z-oiseaux ou à la Légion d'Honneur à Saint Denis.

    Parfois on peut se demander si c'est réellement aussi salutaire que ça, car on est passé d'un extrême à l'autre :

    Aujourd'hui il convient d'être na-tu-rel, enfin ce que l'on pense être naturel en 2011, à savoir bouffer comme un cochon, ne pas dire bonjour à la dame si on n'en a pas envie, se mettre torse nu dans la rue en vacances si on veut, roter, voire péter à table, parler plus fort que le voisin de table et ne pas hésiter à répondre au téléphone aux moments les plus incongrus.

    Reprendre quelqu'un là-dessus vous vaut d'être traité de « sale bourge », de « snobinard ». C'est étrange d'ailleurs car cela voudrait dire que seuls les « bourges » sont bien élevés et que les « prolos » ne le sont pas ?

    Alors que l'on constate souvent que ça se partage bien entre tous les milieux d'être grossier ou vulgaire.

    S'il n'y a plus de convenances mondaines, remplacées par des anti-convenances où l'absence de savoir-vivre est la norme, par contre il en reste beaucoup et il y en a un peu plus chaque jour dans les cerveaux, ou du moins ce qu'il en reste.

    Ainsi, quand on parle de racismes, on parle seulement du racisme des européens envers les autres, quand on parle de musiques actuelles, on parle surtout de musiques du monde, quand on parle de fêtes, il convient qu'elle soient citoyennes, il convient de dire que tous les goûts sont dans la nature et qu'ils se valent tous pour justifier n'importe quoi etc...

    On le constate en cette période de Ramadan par exemple, montré comme le « Carême des musulmans », le Carême étant défini un peu partout aussi comme le « Ramadan des chrétiens ».

    Alors que ça n'a rien à voir. Il convient de présenter le Ramadan comme une pratique respectueuse, profonde et généreuse. C'est bien de respecter les autres pratiques, mais les mêmes n'auront pas de mot assez dur pour les chrétiens pratiquant un jeûne.

    Ceux qui le font en plastronnant en place publique n'ont rien compris, le jeûne concernant Dieu et le croyant, et ne regardant pas les autres.

    Il faut dire aussi que des personnes constituant une minorité dans un pays ont tendance à pratiquer certaines traditions ou habitudes de manière plus radicale ceci par peur de perdre leur identité.

    Je me souviens du comportement des expatriés français au Proche Orient où des peccadilles prenaient soudain une importance démesurée...

    Je me souviens aussi des palestiniens lors du Ramadan, à Jérusalem, ou Ramallah, dés le premier jour, ils allumaient une clope et grignotaient, le deuxième jour nous buvions une ou deux bières ensemble (à mes questions quant au fait que cela ne rentre pas dans leurs obligations de Ramadan ils m'objectaient que « c'était pas grave avec toi car tu es chrétien »), le troisième ils buvaient et mangeaient quasiment normalement.

    Ce qui frappait là-bas, c'était le contraste étonnant entre certaines pratiques montrées comme impératives, sans privilège à l'une ou l'autre des trois religions monothéistes, totalement absurdes finalement, et la sensualité des paysages qui auraient dû pousser à la recherche de plus de douceur de vivre.

    Ci-dessous Monsieur Manatane parle de quelques convenances pour les enfants...

  • Journal de vacances 1 -les bourgeois et l'amour en 2011

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    Le début du journal est aussi sur Agoravox

     devoirs de vacances en cours :

    lecture du « Bestiaire » de Léautaud, admirable, un emmerdeur au style superbe, en habits de clown.

    lecture de la correspondance de Céline avec la NRF, où l'on peut découvrir, à moins qu'on ne le sache auparavant que l'âme des prétendus salauds est largement plus complexe que ce que l'on veut bien croire.

    ci-dessous portrait de Léautaud pris ici

    176777_866386055_paul_leautaud_H162029_L.jpgImpressions de vacances :

    «Qu'est-ce que le bourgeois ? C'est un cochon qui voudrait mourir de vieillesse.»

    Léon Bloy dans « l'Invendable »

    Je passe, après certains articles, pour un mauvais français, un malfaisant vraiment pas gentil qui n'aime pas les gens, un sarcastique méchant comme une teigne, un jaloux, un pas beau. De cela je m'en fiche complètement, ça ne me déplait pas en plus de déplaire aux cons, aux valets, aux serviles, aux bonnes têtes de troupeau bien dociles qui classent, classifient, rangent et catégorisent par paresse intellectuelle. Les injures des tarés haineux ne me gênent pas tant que ça, même si c'est parfois dur à encaisser, mais après tout, cela montre que ce que j'écris touche dans le mille et qu'à défaut de leur donner le grand de coup de pied au cul qu'ils méritent, j'ai donné un grand coup de pied dans la fourmilière.

    Les imbéciles ne comprennent pas grand-chose, et le pire c'est qu'ils sont persuadés d'avoir tout lu, tout vu, tout sur, et que « la chair est faible ». Ils se révèlent un peu plus bas dans leurs moqueries.

    « Dire qu'il faudra partir un jour, alors que tant de gens continueront à faire l'amour. »

    Paul Léautaud dans son journal...

    Voilà un homme bien ridicule à leurs yeux qui tombe amoureux fou d'une jeune femme très différente de lui, et qui en plus, préfère les femmes.

    Quel con se disent-ils !

    Quel con !

    Il ne réfléchit pas ou quoi ?

    Comment peut-on aimer quelqu'un sans espoir en plus ?

    Quel con !

    Vouloir vivre des sentiments un peu plus élevés, un peu en dehors des normes, des rails, et des conventions actuelles, voilà qui est très con à leurs yeux car au fond ce sont des con-formistes.

    Chercher à vivre ces sentiments un peu plus élevés c'est aussi se tirer du néant, car rien d'autres n'a vraiment de sens le reste n'en ayant aucun, fût-ce pour un croyant cette personne que l'on aime être Dieu.

    image de Céline prise ici

    lettres%2Bnrf%2Bchoix.jpgL'amour, cet "infini à portée des caniches" selon Céline dont l'hypersensibilité du verbe montre qu'il disait cela surtout par amertume, par colère devant la sottise et la lenteur des autres êtres humains à le ressentir, était considéré comme un sentiment ridicule par les paysans et les familles dites bourgeoises sous l'Ancien Régime, et pas seulement, c'était encore ainsi il y a soixante soixante-dix ans, on se mariait pour réunir des terrains, pour s'approprier quelque chose, les sentiments venaient après, si il y en avait, c'était tant mieux, sinon, cela n'était pas bien grave, tant que mari et femme exerçaient leur devoir conjugal régulièrement.

    Depuis « Soissantuite » et la libération « sessuelle », on parle beaucoup d'amour, que l'on confond surtout avec le cul. Il s'agit de baiser à droite à gauche un maximum, on imagine presque des juges comme au championnat de gymnastique. Exprimer des sentiments amoureux un peu plus élevés que simplement exprimer le désir de se vider les génitoires est perçu comme tout autant ridicule que par nos ancêtres . L'amour est toujours aussi ridicule aux yeux de leurs descendants, pseudo-libertaires de mœurs qui restent au bout du compte des bourgeois amoraux ressemblant beaucoup à ceux du XIXème siècle.

    Rien n'a changé contrairement à ce qu'ils voudraient nous faire croire.