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  • Les idéalismes dévoyés

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    En discussion sur Agoravox

     Dernière note avant les vacances du blog, I swear...

    «Une certaine sentimentalité peut, au même titre qu'un certain romantisme, être considérée comme un excellent matériau révolutionnaire.»
    Marcel Aymé - dans "Uranus"

    L'idéalisme tel que cela est défini dans le dictionnaire, nom masculin

    illustration prise ici (Jean de Leyde et son utopie)

    seigno194.jpgSens 1 Courant philosophique qui rapporte tout ce qui est dans la réalité de la pensée du sujet [Philosophie].

    Sens 2 Manière de pensée de quelqu'un qui poursuit un idéal.

    Il n'y a qu'un cynique qui puisse être idéaliste sans danger pour ses contemporains. André Malraux

    (Dans « Ni ange ni bête »)

    Je trouve que la citation ci-dessus illustre très bien ce qu'est devenu l'idéalisme, à savoir quelque chose de dangereux pour le reste de l'humanité finalement et qui s'est dévoyé au fur et à mesure sous la chape de plomb des idéologies qui ont voulu encadrer les idéaux, les mettre en bouteille, les classer en bons et et en méchants, les ranger sur une étagère pour souvent les oublier vite fait bien fait tout en justifiant divers crimes et massacres commis bien entendu au nom d'un idéal.

    En ce moment, on parle beaucoup d'idéal et d'indignation vertueuse, sans voir que ces deux choses se pervertissent un peu plus chaque jour car elles servent surtout de réceptacle à diverses haines...

    Je précise que j'aime beaucoup celles et ceux qui ont rêvés d'un monde meilleur, qui ont fait preuve de générosité, d'abnégation et de courage pour leurs semblables, quitte à se retrouver au fin fond d'une geôle, devant un peloton d'exécution ou de perdre la vie : ainsi Simone Weil, André Malraux, Georges Bernanos, Honoré d'Estienne d'Orves, Hélie de Saint Marc et tous les résistants inconnus dont l'histoire n'a pas retenu le nom.

    Il est à noter que ces résistants inconnus (je ne parle pas seulement des résistants sous l'Occupation en France), quand par hasard on entend parler d'eux après le travail d'un historien ou d'un écrivain s'étonnent de l'admiration qu'ils suscitent.

    Ils trouvent tous leur comportement héroïque normal.

    Il est à noter par contre que les résistants réels ou pas à tel ou tel arbitraire dont on entend partout le nom ont pour leur grande majorité tendance à bien appuyer sur le fait que leur comportement héroïque supposé était exceptionnel à leur époque et le reste maintenant, comme les vieux combattants de "Mai 68" voudraient nous faire croire qu'ils étaient des rebelles...

    Une petite pensée et un superbe texte par ici pour les résistants inconnus...

    Les adeptes du marxisme « vintage » vous soutiendront mordicus que le stalinisme n'était qu'une déviance des idéaux de départ, qu'il suffirait de refaire la Révolution dans de meilleures conditions, et qu'alors, après un bain de sang considéré comme un mal nécessaire et juste, tout deviendrait juste, équitable et équilibré dans le monde.

    Il faut le reconnaître sans peine, les idéaux de départ du marxisme sont totalement et parfaitement généreux, justes et justifiés, c'est juste que les adeptes de la pensée de Karl oublient deux choses importantes :

    La nature humaine, qui ne prédispose pas la plupart des individus, au partage, à la paix et à la justice.

    Le pouvoir et son attraction sur tout le monde y compris les idéalistes, qui justifieront leur appétence pour par leurs idéaux.

    Ce qui est arrivé à l'utopie de Jean de Leyde en est une excellente illustration, ou à beaucoup d'autres leaders charismatiques à travers les âges. Et il s'agit toujours et encore de pouvoir, même tout petit, dans le cas du journaleux ou de l'éditorialiste engagés tous les deux.

    Mais où d'ailleurs, là est toute la question ?

    Car comme la belle-sœur de Barbe Bleue on ne voit toujours rien venir quant aux changements promis depuis belle lurette.

    Ce que l'on voit venir est bien plus inquiétant et terrifiant.

    De plus en plus, en plus de tous ceux qui souhaitent une guerre ethnique sanglante, et ce le plus vite possible, et ce quel que soit le camp que l'on considère, l'on observe des résurgences douteuses et nauséabondes, justifiées par un idéal qui n'a rien à voir avec, comme d'habitude...

    Je préfère encore un adepte du marxisme « vintage », qu'il soit communiste orthodoxe ou trotskiste, à un petit marquis du libéralisme « vite fait tout debout ». Au moins le premier veut faire preuve de générosité envers son prochain.

    Ce que celui-ci met en avant comme idéal n'est pas très glorieux, c'est l'argent, le fric, le flouze. A l'entendre, c'est d'ailleurs cette course au pognon qui a entrainé une course à l'innovation, donc au progrès technique, donc à plus de confort pour l'humanité, la plupart du temps tellement ingrate.

    De plus, car ce genre de petit marquis en rajoutera une couche, la compétition que cela entraine permet de distinguer entre les forts et les faibles, ceux qui méritent de survivre au monde, et ceux qui seront toujours un boulet insupportable pour le reste de la société et du commun des mortels.

    C'est ce que les plus « idéalistes » parmi les libéraux appellent le « darwinisme social ». Cette théorie a l'avantage de justifier l'enrichissement de quelques uns, l'ennui et le surpoids des plus riches au détriment des plus pauvres.

    Le sionisme, que l'on met à toutes les sauces actuellement, est né d'un idéal, celui de redonner une terre à un peuple rejeté et ayant connu des siècles de souffrance en Europe, couplé, du moins dans un premier temps avec l'implantation des premiers « kibbutz » avec l'idéal collectiviste. Cet idéal était né de la révolution russe avortée de 1905 dont beaucoup des instigateurs s'enfuirent en Palestine.

    Les premiers partageaient les techniques, l'eau, les ressources et les savoir-faire avec les palestiniens alentours. Ensuite, après la création du « Foyer national juif » en 1916 et encore plus après l'indépendance israélienne en 1948 ce sont devenu des prétextes pour justifier le nationalisme hébreu, ce qu'était au fond le sionisme de Herzl au départ. Comme tous les idéalistes dévoyés, il se donnait un alibi.

    Certains historiens voient sa doctrine comme la dernière manifestation des mouvements nationalistes européens émergés à partir de 1848 avec le « printemps des peuples ».

    Depuis, la guerre israèlo-palestinienne, qui dure depuis 1948, si tant est que l'on puisse parler de guerre, le déséquilibre des forces étant tel, a enflammé de nombreux idéalistes qui ont pris partie pour le peuple palestinien et ses droits légitimes à l'existence, aux partages des ressources de la région, à sa liberté, tels Jean Genet. La plupart sont sincères, ils ne veulent que la paix et la justice, parmi eux on trouve d'ailleurs des israéliens comme Amira Hass.

    image ci-dessous prise ici

    Mai68Moutons.jpgD'autres de ces « idéalistes » sont plus opportunistes, ils s'emparent de la cause palestinienne, dont ils se fichent éperdument au fond, pour justifier un bon vieil antisémitisme des familles et tout le laïus connu depuis « le protocole des Sages de Sion », faux grossier construit de toutes pièces par la police tsariste. On le voit en cliquant sur le lien ci-dessus, sa véracité ou non donne lieu encore maintenant à de solides empoignades à en croire le texte des administrateurs de l'encyclopédie participative.

    Quant à l'auteur de ces lignes, il préfère passer pour un cynique sans idéal aux yeux des idéalistes dévoyés et ne pas chercher à imposer sa conception du bonheur au reste du monde, fût-ce par la violence, la haine, les injures.

  • Blog en vacances

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    MM-0.jpgLe glorieux leader lumineux vous l'indique lui-même, "il est parti par là" (l'auteur du blogue)...

    Ce blog est donc en vacances.

    Son auteur se repose des pros-sionistes délirants, des pro-palestiniens de même acabit, des adeptes du grand soir vite fait tout debout, des petits marquis du libéralisme, des soutiens des partis (divers) de DSK, des complotistes fous, des maniaques de l'indignation hargneuse, des illuminés qui sont persuadés que le Ternet leur parle directement....etc

    Et il lit : plein d'auteurs qui emmerdent les bigots du littérairement correct.

  • Les massacres d'Oslo - Faut-il avoir peur des pauvres types sur Internet ?

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    Sur Agoravox aussi

     Vendredi 22 Juillet un homme a ouvert le feu sur la foule, visant surtout les populations d'origine étrangère près d'Oslo, après un attentat meurtrier à la bombe ayant eu lieu dans cette même ville.

    Ce n'est pas la première fusillade meurtrière ayant lieu en Scandinavie, comme on peut le constater à ce lien. La haine a de multiples origines malheureusement.

    image ci-dessous, de la tuerie de Columbine, prise ici

    columbine02.jpgJe suis à peu près certain que beaucoup vont ressortir le refrain habituel du danger du retour des « heures les plus sombres de notre histoire », d'un retour au fascisme, au nazisme, et ce qui leur fait le plus peur, à un « ordre moral ».

    Ils n'ont pas entièrement tort, la haine en 2011 devient un problème réellement préoccupant, profondément inquiétant, elle trouve de plus par Internet un vecteur commode, elle se pare toujours de bonnes intentions, c'est toujours le camp d'en face qui a tort et qui est responsable de la haine. Sur Internet, le fanatique, l'extrémiste, le racialiste, le xénophobe, quelle que soit sa xénophobie, défaut hélas commun à toutes cultures.

    Les pro-sionistes délirants sont ainsi légions tout comme les pro-palestiniens du même acabit. Les uns ont peur d'un choc prochain des civilisations, qu'ils appellent plus ou moins de leurs vœux, les autres. D'autres encore détestent leur propre culture, leurs origines et leur histoire qu'ils rejettent avec un masochisme souvent appuyé.

    Selon eux, dans leur identité, rien n'est à sauver, rien n'est à rattraper tout est mauvais.

    C'est le meilleur moyen de laisser le drapeau, l'hymne et l'histoire d'un pays aux extrémistes.

    Au fond, comme dans le cas de Maxime Brunerie, qui le reconnaît maintenant, comme dans le cas des tueurs de Columbine, la fusillade a tout à voir avec la vacuité absolue du monde contemporain et hyper-libéral qui laisse la haine prospérer sur les vestiges des valeurs, des idéaux qu'elle a détruite en ne promouvant que l'avidité comme seul et unique repère.

    Et au fond, comme Maxime Brunerie et comme les tireurs fous de Columbine, l'assassin de l'île d'Utoya est un pauvre type qui a cru pouvoir exister en massacrant, les autres et au fond lui-même car c'est aussi une histoire d'auto-destruction.

    Ils partagent tous également la même passion du divertissement virtuel, le rejet de la réalité, de tout ce qui pourrait les ramener à leur vérité intérieure ce qui pour eux est insupportable, ce sont des victimes devenus bourreaux de la virtualisation du monde.

    Brunerie n'échappe pas à la société du spectacle en se repentant, il en reste partie prenante en écrivant un livre sur ce sujet.

    Il prend sa dose, son « fix » de célébrité express, et croit encore y trouver une reconnaissance satisfaisant son narcissisme car pour lui c'est tout ce qui importe.

    Sur Internet, le pauvre type, ou la pauvre fille, est une espèce qui pullule, il trouve sur le réseau matière à se défouler contre le monde entier de ses frustrations, de sa colère, de sa haine, de sa solitude aussi et de tout ce qui bride son nombrilisme en général.

    Car le problème au fond est que le pauvre type perdu sur le Web est seul, trop seul. Il est seul mais il ne veut pas prendre le risque d'aller vers l'autre, il préfère jouer un rôle, se donner un genre, un genre qui le mette en valeur, c'est tout ce qui compte dans un monde où seule l'apparence importe et non la profondeur réelle des sentiments.

    C'est plus facile que de prendre le risque de l'altérité réelle, face à face. Car en plus sur le net, le pauvre type a l'impression de l'impunité totale, de pouvoir injurier, railler, dire tout ce qui lui passe par la tête sans que cela ait des conséquences quelconques.

    Il est noyé dans la masse indifférenciée des individus de la société moderne, spectaculaire, marchande ; il est égaré dans les non-lieux , selon le terme de Marc Augé, qui sont érigés un peu partout dans le monde, halls de banque feutrés, grande bibliothèque sans âme.

    Sa solitude l'étouffe, le fait souffrir au dernier degré, bientôt, décharger son agressivité sur internet ne lui suffit plus, sans le vrai frisson du risque.

    photo ci-dessous du tueur d'Oslo prise ici

     

    1311378457373_34.jpgEt étant seul, il reste centré sur son nombril, sur son égo, sa petite personne.

    Il faut trouver une raison à tout cela, une cause à sa solitude, un facteur toujours extérieur, et pour beaucoup c'est forcément celui qui est différent qui est la cause de tous les maux, hors des normes, différent du reflet dans le miroir où l'individu moderne aime bien se regarder, reflet qu'il aime bien retrouver également dans les personnes qu'il côtoie.

    Il cherche à être reconnu, mais comme il ne s'aime pas, il cherche à être reconnu pour quelque chose qu'il n'est pas, ce qui lui semble mieux. Car il se trouve nul, sans don réel. Il voudrait paraître bien supérieur alors qu'il se voit comme médiocre. L'individu moderne se déteste au fond.

    Mais il déteste aussi ce qui est différent de lui.

    Heureusement, grâce à dieu, tous les pauvres types et les pauvres filles du réseau ne se mettent pas à tirer sur la foule par besoin d'exister.

    Mais la haine progresse et cela suffit à terrifier...

    Ci-dessous le trailer d'Elephant de Gus Van Sant, et à lire : "Rage" de Richard Bachman alias Stephen King.

  • Ce que révèle l'affaire Tristane Banon sur la France actuelle...

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    débat animé en perspective sur Agoravox

     Ce n'est pas que je sois vraiment un fan de Berlusconi, qui gouverne l'Italie en s'appuyant sur des méthodes éprouvées par divers syndicats officieux, financiers ou criminels, et parfaitement sans scrupules. Mais je suis toujours surpris depuis quelques semaines d'entendre les militants de gauche, les hommes et les femmes politiques émettre un avis outré quand ils parlent des soirées « bunga, bunga » du président du conseil italien.

    photo ci-dessous prise ici

    e538c016-b177-11e0-b563-e77537dce5e6.jpgDans son cas, ce n'est donc pas la marque d'une personnalité séductrice qui aime les femmes ?

    Comme pour DSK ?

    Alors que c'est exactement le même comportement avec les femmes ?

    Je soutiens donc totalement par ce texte Tristane Banon et Anne Mansouret qui subissent depuis quelques temps un flot de boue qu'elles reçoivent en pleine figure, un flot de boue dont on leur impute en plus la responsabilité comme on le constate en écoutant les propos des uns et des autres, dans les journaux « people » (il faut voir les couvertures serviles concernant Anne Sinclair et son mari), dans la rue, sur le net, parmi les politiques, dont un candidat à la primaire qui a un nom de pays aux fromages insipides se conduisant mais ce n'est pas le seul en jésuite :

    « Qui, moi ? Non, je n'étais pas au courant », je ne savais rien. »

    A qui veut-il faire croire ça ?

    Je pense aussi à Aurélie Filipetti qui aura gardé les faits enfouis pendant huit ans, car si on est de gauche et écologiste, féministe et pour la libération des mœurs, il n'en reste pas moins que l'on est ambitieuse et que l'on aime bien les ors de la République quitte pour cela à ne pas aider une victime d'agression sexuelle.

    Et qu'au fond, on se conduit comme dans les familles dites bourgeoises avant, on étouffe le scandale, surtout pas de scandale, pas de vagues.

    En cas d'affaires de mœurs, c'est il est vrai toujours les mêmes comportements que l'on remarque quel que soit le milieu, le contexte, la hauteur du statut social de celui qui s'est conduit en porc.

    Si la femme se fait agresser, c'est que quelque part, elle l'a bien voulu, il y a toujours ce soupçon.

    Et je ne parle pas des affaires de pédophilie, soigneusement étouffées, et là aussi c'est contradictoire. Car ceux qui la pratiquent affichent des opinions très libérales sur leurs pratiques sexuelles, en quoi cela les gênent-ils si ce n'est plus un tabou ? Serait-ce donc qu'ils restent au fond hypocrites ?

    Rien ne change, c'est exactement comme du temps où les notables engrossaient la bonne qu'ils viraient quand même quelques mois plus tard pour immoralité.

    On se conduit bien docilement afin que rien ne puisse atteindre les caciques du parti. Il n'y a plus de souci du sort des précaires, dont les femmes de ménage, il n'y a plus de souci des sans-papiers, comme l'a été Nafissatou Diallo, il n'y a plus que des bourgeois qui veulent que l'on étouffe leurs turpitudes morales car ils restent au fond des puritains.

    L'affaire DSK a au moins un mérite, elle révèle un peu plus chaque l'ignominie de politiques qui jouent les belles consciences alors que ce ne sont que des privilégiés qui défendent leurs privilèges, elle révèle également l'ignominie d'une grande partie des citoyens français, égarés par trente ans de sottises idéologiques hypocrites serinés sur tout les tons, persuadés qu'il est normal qu'un type qui a du pouvoir, de l'argent et des réseaux se conduise en pauvre type au fond, qui ne sait pas se contrôler, en queutard qui saute sur tout ce qui se bouge.

    On ne voit pas trop maintenant l'intérêt que Tristane Banon ou Anne Mansouret pourrait maintenant en retirer, contrairement à ce qui leur est maintenant reproché. Elles n'ont rien à y gagner. On ne voit pas trop non plus pourquoi elles feraient partie d'une espèce de complot car elles n'en tirent aucun bénéfice.

    Et ce que l'affaire DSK révèle aussi c'est surtout, d'abord et avant tout l'état de décrépitude déplorable des valeurs ayant cours en France, pays devenu une « société de porcs » (selon le terme de Gilles Châtelet, et aussi, de Léon Bloy).

  • Ésotérismes post-modernes

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    Sur Agoravox aussi

    ainsi qu'un article sur les adeptes de la zizanie

     C'est l'été, enfin en théorie, vu le temps qu'il fait sur toute la France depuis quelques jours, c'est la période des tests « psycho » dans les magasines, et les journaux dits sérieux, le temps des horoscopes des vacances, des amours de vacances et de rentrée. Ce qui est paradoxal est que les voyance-boule-de-cristal-4.jpgfrançais sont par ailleurs réputés cartésiens alors qu'ils adorent s'adonner à tout cela.

    Qui n'a jamais eu la tentation de regarder son horoscope ?

    En 2011, dans nos sociétés il n'est plus de bon ton de croire en Dieu ou en une transcendance quelconque de nos existences, en premier lieu car cela engagerait des contraintes morales, à commencer vis à vis de son entourage, et cela l'individu moderne s'en fiche, et il trouve ça insupportable en plus de devoir le faire.

    Ne compte que son propre intérêt dans la société spectaculaire et consumériste dans laquelle nous vivons, et surtout de ne jamais prendre la moindre responsabilité quant à ses actes.

    Pour compenser, car il faut bien combler le vide que cela laisse, il n'y a jamais eu un tel engouement pour l'astrologie, les horoscopes (on en trouve un ou plusieurs sur tous les portails internet), les voyants, médiums, gourous « vibratoires » et autres numérologues, ou les ésotérismes de pacotille qui trouvent sur Internet un terrain de chasse aux naïfs et aux crédules très fécond, tout comme les adeptes de l'eschatologie post-moderne qui se voient comme le parangon de l'évolution et sont persuadés que le monde va crouler avec eux.

    Bien sûr, s'opposer à ses ésotérismes de pacotille c'est lutter contre les « moulins à vent », c'est combattre le géant qu'est l'irrationnel toujours solidement implanté dans nos esprits, c'est lutter contre le béhaviorisme impliqué par les ésotérismes de pacotille, contre des certitudes sans aucun fondement mais rassurantes telle celle-ci :

    « Je ne suis pas responsable de ma destinée et encore moins de mes actions puisque dans les astres, il est inscrit ceci ou cela »...

    Peu se pose des questions de bon sens ainsi qu'exposées dans un épisode des « X-Files » écrit par Clive Barker, « Clyde Bruckman's Finale repose » (voir ci-dessous une vidéo de l'épisode), qui montre un voyant véritable, Clyde Bruckman, qui perçoit vraiment le futur des personnes qu'il côtoie. Évidemment, logiquement, ce qu'il voit en premier c'est leur mort, l'évènement le plus rude de leur avenir.

    Il en profite pour faire peur aux gens à qui il vend des polices d'assurance et vivre une petite vie tranquille sans faire de vagues ni éveiller l'intérêt des médias ou des dirigeants.

    Pourtant, ceux qui consultent les voyants, les autres, les charlatans, qui sont en fait des personnes très psychologues capables de répondre à leurs clients ce que ceux-ci veulent entendre, finalement, ne se posent jamais cette question :

    Pourquoi le voyant n'est-il pas richissime ?

    Car s'il voit l'avenir, il voit les numéros du loto avant tout le monde.

    Et il verrait aussi, comme Clyde Bruckman, la mort des gens et pourraient les avertir des dangers qu'ils courent. La plupart du temps, le voyant se contente de généralités lénifiantes, bien mièvres, un peu comme les personnes rédigeant les horoscopes, les astrologues.

    L'univers étant en expansion, les constellations sur lesquelles ils se basent n'existent pourtant plus, donc leur base de travail est fausse en elle-même.

    Parmi eux, certains sont sincèrement persuades que notre avenir est écrit dans les astres et les constellations, ces étoiles dans lesquelles l'être humain, par la puissance de son imagination, a cru voir des animaux fabuleux ou des créatures mythiques censées représenter une forme de caractère ou de tempérament, un avenir. Finalement, d'ailleurs, l'astrologie n'est rien d'autres que de la psychologie là aussi, sous forme embryonnaire.

    C'est tellement général que ça tombe parfois juste.

    Car qui est totalement et sincèrement satisfait de son existence ?

    Pour compenser cette insatisfaction, il en est qui croient dur comme fer à la réincarnation, qu'ils sont le fruit de diverses réincarnations. Ils adaptent les spiritualités orientales, comme celle-ci à leur sauce.

    Car on constate que leurs anciennes incarnations ne sont jamais anodines, on ne compte pas les réincarnations de Cléopâtre, de tel ou tel souverain, de telle ou telle actrice. Ou alors les anciennes incarnations reflètent les frustrations très actuelles, les complexes, les fantasmes de ceux qui assurent y croire. Ainsi, telle vieille fille se verra en prostituée, telle autre en courtisane ou en vestale, tel vieux garçon s'imaginera avoir été guerrier, chevalier, fort et courageux. Le petit employé, le VRP en aspirateurs, le vendeur de charcuterie, se rêvent aventuriers. Etc...

    C'est à la fois grotesque, pathétique et touchant.

    Cela permet aussi à des malins, opportunistes et cyniques, de s'improviser descendant par alliance d'un personnage saint de l'histoire, gourou cosmoplanétaire ou copain des aliens, ce qui permet à d'anciens chanteurs minables de s'assurer de l'argent et des femmes à volonté, par la ruse. En naviguant un peu sur le net, on constate d'ailleurs que ces gourous s'avancent toujours masqués, avec des sites qui révèlent toujours au dernier moment leur filiation sectaire.

    Il est fort regrettable de constater d'ailleurs que dans les fois traditionnelles, certaines communautés croient bon d'adopter des conduites à la limite du sectaire pour recruter de nouveaux fidèles, en misant sur une affectivité à outrance, et un conditionnement par la transe mystique (au bout de trois jours en mangeant et buvant peu, tout le monde a des visions mystiques).

    Ce qui est particulièrement gênant dans les mouvements de ce type issus du catholicisme ou du protestantisme, souvent confondus en France, c'est qu'ils adoptent le même forme de fonctionnement que celui des sectes : un gourou, des initiés, ce qui est un non-sens dans la foi chrétienne, des « guérisseurs » par l'imposition des mains et des dérives inévitables dues à l'ignorance de la théologie, de la spiritualité chrétienne.

    Et je ne parle même pas du succès des évangélistes et des mouvements évangéliques un peu partout dans le monde, en particulier dans les pays pauvres.

  • Rescapés des années 80

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    On en parle aussi sur Agoravox

     Tout bien considéré, nous sommes, ceux de ma génération, nés pendant les années 60, des rescapés des années 80, cette période intermédiaire qui n'était pas sans attraits, car on y constatait une liberté de ton et de parole bien plus conséquente que maintenant, malgré les chanteurs au look androgyne soigneusement calculé, à la voix blanche et éteinte, aux brushings, aux vestes à épaulettes et aux épais sourcils des femmes de l'époque.

    Photo ci-dessous de Pacadis, symbole des années 80, qui voulait le rêve et le fric en même temps, et d'une belle de nuit, prise ici

    EvaIonescoetAlainPacadisauPalace.jpgIl y avait le cinquant du "Palace" et des "Bains Douches", les excès, les postures exagérées, les insolences bientôt calculées.

    Certes, maintenant, les humoristes peuvent dire « bite » ou « couille » sans risquer les tribunaux, mais quant à se moquer du consensus mou et non dit qui réunit le troupeau autour de la même absence de valeurs, quant à remettre en question le socle de cette société, aucun d'entre eux n'oserait réellement.

    Les humoristes et les commentateurs, les journalistes sont devenus économiquement responsables en quelque sorte, et prudents, ils ne vont quand même pas mordre la main qui les nourrit.

    En période de crise, beaucoup ont l'air de croire qu'il convient d'être le plus docile possible, voire servile, sous peine de perdre toute possibilité de consommation intensive, selon les critères de bien vivre actuels qui sont qu'il convient d'acheter toutes les nouveautés et gadgets parfaitement inutiles et superflus qui sont proposés chaque jour au consommateur.

    Les années 80 sont venus juste après la fameuse « parenthèse enchantée », période pendant laquelle des milliers de petits bourgeois ont pu profiter de la contraception et de la loi sur l'IVG en 75 sans aucune culpabilité ni remords, et encore moins de scrupules. Et « Mai 68 » n'était pas encore un truc pour vieux combattants chevelus, certains ayant gardé la queue de cheval (je parle de leurs cheveux) jusqu'à cinquante ans passés, coiffure toujours coquette avec la calvitie en sus ce qui est j'en conviens un peu grotesque, pathétique et aussi très touchant.

    Beaucoup de quadragénaires et de quinquas qui étaient adolescents ou un peu plus dans les années 80 sont souvent touchants.

    On leur a dit que le monde était à eux, que tout était possible, à commencer par la satisfaction de tous leurs désirs, que c'était bien d'expérimenter toutes les drogues, tous les alcools, toutes les positions du Kama-Sutra, que cela n'avait aucune conséquence réelle.

    Beaucoup de ces quadras et quinquas le voient toujours ainsi.

    Même après le SIDA.

    Il faut dire qu'ils sont restés très jeunes dans leurs têtes, ce qui est à la fois problématique et sympathique. Quelques uns parmi eux ont malgré tout réussi à faire carrière, à atteindre un statut social enviable, les plus cyniques, les plus opportunistes parmi eux, les plus réalistes aussi.

    Généralement, ils jouent toujours la même partition du jouisseur (de la jouisseuse) sans contraintes, alors qu'on les imagine avoir plutôt qu'une vie de patachon, une existence bien réglée comme un petit vieux en maison de retraite.

    Il reste encore quelques naïfs, particulièrement des « intellectuels précaires », surdiplômés, qui n'ont pas de travail ou seulement des jobs alimentaires mal rémunérés : de pion en lycée à chef de choucroute chez Carrefour.

    Car on a oublié de leur dire que si c'est passionnant d'être doctorant en sociologie ou en psychologie, il faut disposer de réseaux dynamiques pour trouver une bonne place en rapport même un tout petit peu avec le diplôme.

    Dans les années 80, il ne fallait surtout parler d'élitisme, mais les belles âmes qui le serinaient déjà un peu partout, c'était déjà les mêmes d'ailleurs, seule leur coupe de cheveux changeant (comme lui, sur la photo avec un copain philanthrope), le pratiquaient à haute dose pour leurs propres rejetons, choisissant pour leur progéniture les meilleures places. Maintenant c'est juste qu'ils ne s'en cachent plus en somme.

    Ils ont toujours du mal à s'engager, professionnellement et sentimentalement, ils ne savent pas trop comme se stabiliser, on leur a tellement seriné que se stabiliser, s'équilibre c'était vieux jeu, démodé et petit bourgeois.

    Ils ont la peur panique de devenir vraiment adultes, se donnent des frissons d'enfance mal digérée en se réunissant pour des gloubi-boulga nights ou des soirées spéciales « Capitaine Flam ».

    Les femmes s'habillent comme du temps de leur adolescence, tout comme les hommes qui n'ont pas grandi dans leur cervelle et demeurent des Peter Pan bedonnants et grisonnant des temps.

    Mais une femme de cinquante ans qui met des mini-jupes ras la salle de jeux, cela n'a rien d'aguichant, à moins qu'elle n'ait vraiment de très jolies jambes, et je ne parle pas des hommes qui s'habillent comme leurs fils ou jean « slim ».

    Ils sont encore en plein dans leur crise post-pubertaire, de révolte contre leurs parents coupables de leur avoir trop laissé la bride sur leur cou, leur reprochant leur liberté, et d'avoir manqué de cadres ou de repères.

    A la décharge des rescapés des années 80, il faut dire que leurs parents et grands parents une fois devenus pères et mères de famille, même recomposées, se sont rappelés qu'ils n'avaient pas fait assez de gosses pour financer les retraites mais qu'il fallait tout de même bien qu'eux profitent du système, pour leurs gosses, on verrait plus tard.

    Comme tous les enfants gâtés, les parents et grands parents ont surtout pensé à eux, à leurs intérêts, et après ça le déluge. C'est bien pour cela que les voir donner des leçons d'indignation ou de belles intentions est particulièrement savoureux. Ce n'est pas qu'ils manquent de sincérité, c'est juste qu'ils ne sont pas très cohérents avec eux mêmes.

    photo ci-dessous prise ici

    paris-nuit-4_0.jpgLes rescapés des années 80 ont vu arriver la génération suivante, tout de suite après la leur, une génération qui a vécu la crise, qui est plus pragmatique, plus cynique aussi, plus matérialiste, rêvant moins, et beaucoup plus stable. Pour tenir le coup, il y en a qui se sont tournés vers la psychanalyse de comptoir ou non, les spiritualités syncrétiques et crétines de style vibratoire, les grands rassemblements chargés en suraffectivité, le net aussi, qui vit sur la nostalgie en favorisant les sites d'anciens copains ou relations d'enfance, ou d'adolescence, laissant croire que tout cela n'est pas bel et bien fini.

    ci-dessous un pot-pourri en musique

  • Docteur House, Diogène et la société moderne

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    House est aussi sur Agoravox

    On a toujours eu tort de négliger la culture populaire, laissée de côté, méprisée, alors que parfois des feuilletons suivis par beaucoup de monde en disent plus long sur la société que bien des pensums de belles âmes (z)érudites (z)et humanistes. Pas d'indignation, ni de leçons de morale dans « House », seulement des êtres humains dans leur vérité intérieure.

    télévision, littérature, société« Docteur House » ou « House M.D » puis « House » tout court me paraît sur ce sujet passionnante sur bien des points.

    Cela fait déjà sept saisons que le docteur House sévit sur les écrans américains, et qu'il reçoit des spectateurs, un peu masochistes, la même popularité, alors que son interprète, Hugh Laurie, s'attendait à tourner tout au plus un « pilote » sans suites. Il y croyait tellement peu qu'il passa son audition pour le rôle de manière aussi désinvolte que son personnage, ce qui était parfait.

    J'avais du mal à comprendre celle-ci, car il n'est pas vraiment dans les normes du héros classique bien comme il faut, il ne baisse pas la tête sur le côté en insistant sur son côté empathique, il ne s'occupe pas des petits enfants tout en sauvant le Tiers Monde et en s'engageant contre la tuberculose comme des malades de House qui s'avère être un dissimulateur, qui a simplement attrapé une MST avec une prostituée d'un pays pauvre :

    House est cynique, caustique, arrogant, sûr de lui, et drôle aussi, paumé et blessé, il ne croit pas en grand chose et est passionné de la vérité des faits et des personnes, même si selon lui « tout le monde ment ».

    Il aime choquer, provoquer, et en plus c'est un drogué addict à de nombreuses substances illicites dont la Vicodine, puissant analgésique, sauf pendant la saison 6 et une bonne partie de la 7, mais aussi à la musique, et en ce domaine il a bon goût.

    Le personnage, de toutes les scènes, ou presque, est entouré de plusieurs comparses reflétant divers aspects des réactions que la vérité provoque chez tout un chacun :

    Il y a Wilson, son seul, et meilleur, ami, qui lui préfère cacher la vérité et faire preuve de beaucoup de compassion (il est possible qu'il soit plus paumé que House lui-même), Cuddy, qui essaie de le cadrer, de canaliser son génie, avec peine, et qui est amoureuse de lui, elle ira jusqu'à se parjurer pour lui, Foreman, qui ressemble à House, mais se conduit plus humainement, qui se force à ne pas être aussi cynique et hors des règles, Chase, qui apprécie de travailler avec le personnage central de la série, un peu obséquieux, un beau gosse docile, Cameron, amoureuse un temps de House qui se fuit en aidant les autres, qui ne veut pas être compris par House, mais aimée, « Numéro 13 », dont le « puzzle » mental et le comportement « borderline » fascine House qui sait qu'en plus elle est atteinte d'une chorée de Huntington, Taub, aussi cynique que son patron, coureur de jupons amoureux fou de sa femme.

    Ces personnages sont là pour permettre aussi l'identification chez le spectateur, et se reconnaître dans un comportement plus avouable socialement que celui de leur chef de service qui lui se fiche totalement du « qu'en dira-t-on » et des lieux communs que l'on est censé proférer pour plaire à ses congénères.

    House ne se contente pas de prendre son pied à traiter des malades atteints d'affections rares, et à mener sur elles une enquête digne de celle d'un Sherlock Holmes avec qui il a de nombreuses ressemblances, voulues par les scénaristes, il cherche aussi à comprendre le puzzle des esprits des patients, à traquer ce qui se passe derrière les apparences, les hypocrisies, les faux-semblants, les attitudes qui se révèlent la plupart du temps des paravents derrière lesquels les gens qu'il soigne dissimulent leurs turpitudes et leurs contradictions :

    Ainsi le couple parfait et moderne ne l'est pas, une mère qui prétend dire toute la vérité a caché l'essentiel à sa fille, la femme parfaite est un mec, etc...

    J'ai saisi le sens de sa popularité immense, il dit tout haut le genre de choses que les hypocrites heureux que nous sommes ne disent jamais en société, par peur des conséquences, par peur inavouée de ne plus faire partie du troupeau des gens comme les autres.

    House est un cynique au sens le plus profond du terme, « il cherche un homme », comme Diogène dans Athènes avec sa lanterne, sauf que House n'ira pas, contrairement à Diogène à déféquer et se masturber en public.

    Tout le monde a déjà eu envie au moins une fois d'entrer sur son lieu de travail en étant réellement sincère et direct avec ses collègues, en insultant ceux que l'on n'aime pas, ou en ridiculisant ceux qui nous paraissent le mériter.

    Mais personne ne le fait, car on trouve cela dangereux et inconvenant.

    C'est logique, les esclaves aiment leur esclavage et apprécient grandement que ceux qui sont pour eux des esclaves se conduisent de même, et ils aiment bien faire exploser les codes sociaux au moins par procuration.

    La popularité de House pour cette raison est en elle-même incompréhensible car dans la vie de tous les jours, la contradiction, la critique ou le fait d'asséner la vérité, de ne pas être dans un groupe, d'aller contre le consensus social moderne qui veut qu'il y ait des compromis grands ou petits obligatoires est automatiquement perçue comme insupportable par tous ceux qui trouvent le personnage de ce médecin hors-normes intéressant et qui suivent chaque semaine ses investigations médicales.

    Le paradoxe plairait au personnage, j'en suis à peu près sûr.

    big-dr-house-saison-7.jpgJe trouve personnellement que ce qui est le plus passionnant dans la série est justement l’insistance des auteurs quant à la recherche de la vérité, par House et son équipe, qui prime sur tout le reste.

    A notre époque d’apparences, de statuts frelatés, de faux-semblants, d’actualités qui fonctionnent uniquement sur le spectaculaire, de mensonges de toutes sortes que tout le monde entretient, c’est assez original et extrêmement sympathique à mes yeux.

    La vérité, et la Vérité, ne sont pas aux yeux de nos contemporains des questions intéressantes, ils sont souvent contradictoires sur le sujet affirmant que la Vérité n’existe pas, ce qui fait que le Bien et le Mal non plus par conséquent, et se laissant aller de temps à autres à l’humanitarisme vague qui a remplacé sous nos cieux et à notre époque toute autre réflexion un tant soit peu pertinente.

    Ci-dessous le générique de la saison 7

    images prises ici

  • L'inquiétante crise de l'Euro

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    en débat sur Agoravox

     Ce qui inquiète vraiment en ce moment du point de vue politique, ce qui interpelle « quelque part » comme dirait l'autre, ce n'est pas l'Affaire DSK, ce n'est pas les coups médiatiques des uns et des autres, les vilaines rumeurs, vraies ou fausses, le bébé de Carla ou la podophilie de Georges Tron.

    photo du Parlement Européen de Strasbourg ci-dessous prise ici

    54624_960_une_flotte_d_ipad_au_parlement_europeen.jpgTout cela c'est du badinage au bout du compte, celui-ci ayant au moins l'intérêt de montrer la connivence extrêmement importante existant entre la plupart des politiques et le monde médiatique, et également l'hypocrisie de beaucoup de soutiens de gauche de DSK.

    Cela prouve aussi que le débat politique est en bonne santé malgré tout en France.

    Ce qui inquiète vraiment c'est la crise de l'Euro et ses conséquences gravissimes en Europe et en France.

    En Grèce, comme en Espagne, comme au Portugal ou en Irlande d'ici peu et bientôt en Italie, il n'est pas question de sauver l'économie de ces pays, mais de sauver l'Euro dont la mise en place s'est fondé sur de nombreux pré-supposés monétaristes énoncés par Milton Friedman et son fils David, qui quant à lui est encore plus radical que son père, appliqués avec enthousiasme par Jean-Claude Trichet à la BCE, donc ultra-libéraux, entrainant la domination des « marchés » et un endettement catastrophique des pays entrant dans la zone Euro, une entrée pour laquelle il n'était pas prêt.

    C'est l'alliance objective de la sociale-démocratie européenne, des libéraux et des milieux d'argent qui a conduit à ce désastre.

    Après la guerre, beaucoup se sont demandés ce qu'il fallait faire pour qu'une autre boucherie mondiale n'arrive plus.

    A juste titre d'ailleurs.

    C'était encore le règne des idéologies toutes puissantes, s'affrontant à l'Est et à l'Ouest, des utopies que l'on croyait réalisables. Les idées à la base de l'Europe étaient de celles-ci, se fondant aussi sur un texte célèbre, prononcé le 21 Août 1849 au Congrès de la Paix, de Victor Hugo prédisant la création des « États Unis d'Europe ».

    C'est sur cette base que fut signé le Traité de Rome du 25 mars 1957 instituant la Communauté Économique Européenne avec six membres fondateurs :

    La France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays Bas et le Luxembourg.

    Le Traité est entré en œuvre le 1er Janvier 1958 instituant quelques principes de fonctionnement, ne serait-ce que sur la politique agricole commune.

    Les inspirateurs de la CEE, Jean Monnet, Paul-Henri Spaak, avaient en tête son élargissement et le passage rapide à l'Europe politique.

    Progressivement, la nation est devenue le mal absolue, comme tous les symboles s'y rattachant, abandonnés aux extrêmes :

    Drapeau, bâtiments, culture, et même la citoyenneté, amenant les citoyens à réagir de plus en plus en consommateurs de leurs droits et devoirs, et non en personnes responsables. Rabâcher la vulgate du « vivre ensemble », qui comporte surtout quelques lieux communs avec lesquels tout le monde sera d'accord, ne sert à rien si par ailleurs l'on entreprend de complètement démonter ce qui constitue l'essence même de ce que devrait être la citoyenneté dans un pays.

    Pourtant, comme Hannah Arendt l'explique dans son livre sur les origines des totalitarismes modernes en trois parties (l'Antisémitisme publié en France en 1973, l'Impérialisme publié en 1982 et le Système Totalitaire publié en 1972), ce n'est pas la nation et une conception haineuse de celle-ci qui est à l'origine du nazisme, du fascisme, du stalinisme ou de la guerre, mais que ces régimes étaient des perversions du marxisme et du libéralisme, des conséquences logiques de la massification des être humains, celle-ci continuant, les individus n'étant plus considérés comme personnes mais simplement sous l'angle collectif.

    Le traité sur l'Union Européenne ou Traité de Maastricht a été signé le 7 Février 1992 entre les 12 pays membres de l'époque, il est entré en vigueur le 1er Janvier 1993. Il a permis la mise en place de l'Espace Schengen, supprimant les frontières et les contrôles douaniers, en théorie, en son sein, le tout prévu par un accord signé en octobre 1985.

    Le TUE prévoyait également le création de l'Euro, celui-ci est entré en vigueur le 1er janvier 1999 pour les entreprises et le monde des finances, et en 2002 pour les particuliers. A l'époque, l'on avait annoncé que sa mise en place n'engendrerait pas de hausse des prix supérieure à celle prévue si le Franc était resté la monnaie nationale. En catimini, le 1er Août 2001, sous le gouvernement Jospin, est passée la loi organique relative aux lois de finance, ou LOLF, censée assainir les finances publiques et la répartition des crédits. Un de ses premiers résultats fut le licenciement « sec » de quelques milliers de « précaires » de la Fonction Publique.

    Grâce à ce lien, on pourra constater quant à l'inflation ce qu'il en vraiment été...

    Ou de manière ludique en regardant cette vidéo qui dit des choses tout à fait sérieuses en faisant rire, jaune...

    photo de la Commission de Bruxelles ci-dessous prise ici

    Belgique-Bruxelles-Commission-Europeenne-Siege-1.jpgLa plupart de ces étapes ont été accomplies sans jamais vraiment consulter les peuples, considérés comme incapables de réfléchir à leur destin ou de choisir quoi que ce soit. Pourtant le 29 Mai 2005, à la question du référendum d'initiative populaire, portant sur l'approbation du traité sur une constitution européenne, 54,68% des votants ont répondu clairement « non ».

    Il ne faut pas être naïf, ce « non » était certainement également dû à un rejet de la politique intérieure française menée à l'époque, et non à un rejet de l'Europe. Mais, ce « non » était l'expression de la volonté du peuple, exprimée également par ras-le-bol contre toute la connivence constatée pendant la campagne précédant le référendum pendant laquelle dirigeants, secteur financier, et médiatique, poussaient à voter « oui », le « non » étant montré comme synonyme du retour à la barbarie et bien entendu, selon la formule consacrée utilisée par les oligarques et leurs séides quand ils n'ont plus d'arguments du retour aux heures les plus sombres de notre histoire, au populisme, et au poujadisme (à cet effet je précise que je ne suis pas petit commerçant ni militant de leur cause).

    Pour l'Europe et ses institutions, cela ne pouvait convenir pour l'Union maintenant constituée de 27 pays, il a bien fallu trouver une parade permettant pour dire les choses clairement un réel et net déni de démocratie. C'est là qu'un mouvement d'indignation eut pu prendre place. On déplaça deux ou trois adjectifs, on rajouta une ou deux virgules, et l'on fit ratifier cette fois par le seul parlement le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007.

    Il est entré en vigueur le 1er décembre 2009.

    On constate depuis quelques temps déjà, le tout mis un peu en lumière depuis quelques jours, l'inféodation quasiment totale des institutions européens aux agences de notation économique, et aux fluctuations des marchés. L'Europe mise en place n'est pas celle des peuples, ce n'est pas une Europe sociale, et encore moins une Europe à vocation politique, elle a pour vocation évidente les intérêts des oligarques économiques et politiques, et rien d'autres. Sarkozy, DSK, Bush, père et fils, Obama, ne sont que des émanations de ce système assurant le service après vente du nouvel ordre mondial se construisant sur le dos des peuples.

  • Est-ce que la littérature c'est la vie ?

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    On entend souvent dire, «la littérature ce n'est pas la vie ! ».

    littérature, cinéma, vie, politique, société, nostalgie, rues, Aymé, christianisme, ParisJ'ai toujours trouvé cette phrase absurdement impérative, et surtout c'est un pléonasme, la littérature n'est pas la vie, bien sûr, et elle n'a pas à l'être. C'est justement en cela qu'elle est intéressante.

    On oppose souvent cette objection aux littéraires, accusés de vivre dans un autre monde, de ne pas se plier au joug commun du réel, de vouloir échapper au sort réservé pourtant au plus grand nombre grâce à leur imagination, d'être des inadaptés à qui l'on reproche en fait de vouloir faire moins de compromis que les autres envers l'esprit du temps qui les rebute parfois.

    Les littéraires savent bien quant à eux que comme tout un chacun, ils ont à gagner leur vie, au moins pour rester libres de s'embarquer dans les voyages fantastiques offerts par les livres, au moins pour ne dépendre de personne et n'avoir rien à devoir à quiconque qui rejetterait leurs choix.

    C'est pour cela que contrairement au lieu commun un peu trop répandu, un roman est un livre sérieux, tout comme un recueil de poésie, car ce genre de voyages aide l'âme à se libérer d'autres pesanteurs, d'autres obligations bassement triviales, au risque de passer pour un dilettante, ce qui, comme le rappelle Marcel Aymé dans la nouvelle « Traversée de Paris », qui a inspiré le film éponyme, est un crime aux yeux des « braves gens ».

    De grands auteurs se sont parfois risqués à essayer de retranscrire toute la complexité des êtres humains.

    Mais « Je » est souvent un autre, on se réveille et l'homme que l'on était la veille est mort : à cause d'une rupture amoureuse, ou autres tribulations de l'existence. On se réveille, et l'on n'a plus peur de rien.

    De plus, sur la passion romantique, les auteurs ont toujours embelli les choses et raconté beaucoup d'histoires, dans la vie, ça finit généralement par le partage des meubles et des objets ménagers, avec les vases qui volent, ou une solide dépression qui parfois peut durer des années.

    Ce n'est pas un reproche, l'embellissement des sentiments embellit un peu la vie, un temps.

    Balzac s'est essayé à explorer les coins et les recoins de l'âme humaine dans « la Comédie humaine », ou Proust dans « la Recherche du Temps perdu ».

    Mais même eux n'y sont pas arrivés et encore moins Zola et « les Rougon-Macquart » et son humanité comme observée « sous cloche », ni même Flaubert, pourtant apparemment sans illusions sur ses congénères. Dumas lui-même a essayé de faire de beaux enfants à l'histoire de France, mais ceux-ci restent illégitimes, et ce d'ailleurs à notre grande joie.

    On s'en fiche au bout du compte de savoir que Richelieu n'était pas du tout tel que décrit par l'auteur de « les Trois Mousquetaires », et je suis sûr que ce livre a suscité bien des vocations historiennes, et aussi, et c'est tout aussi important l'amour de l'âme française tel qu'il est décrit dans cette œuvre, ce que l'on oublie maintenant.

    Le problème aussi d'être une sorte de démiurge en écrivant un roman c'est que l'on finit par aimer ses créatures et leur trouver des excuses...

    Leurs personnages sont ou moins sombres, ou plus sombres que dans la vie réelle, mais c'est comme dans un rêve dont nous sommes tous les protagonistes. Et ils sont devenus des archétypes plus grand que la vie, selon la formule consacrée.

    Quand je réfléchis à ce problème, je me rappelle immédiatement du petit village que j'habitais il y a quelques années, coincé entre Mantes la Jolie, une ville a rarement aussi mal porté son nom, et Plaisir-Grignon.

    Y vivaient des personnages que l'on aurait trouvé immédiatement trop exagérés ou trop pittoresques dans n'importe quel roman :

    Le cafetier était un géant au regard innocent, comme les assassins de Marcel Aymé, avec des mains comme des battoirs d'une étonnante délicatesse., tout comme sa voix d'une grande douceur Il était marié à une toute petite femme toute menue qui tenait la boutique et le ménage aussi. Il était l'arbitre attentif et délicat de toutes les discussions à son zinc, celles-ci fussent-elles entre deux poivrots.

    Chez eux, on rencontrait souvent une dame qui était réputée avoir eu un « cœur fleur de nave-vinaigrette » comme on disait auparavant à Paris.

    Elle qui avait eu la couche très accueillante pour les hommes des environs quand elle était plus jeune, se dévouait maintenant avec courage pour « son » homme, gravement malade.

    Elle avait l'accent parisien, qui n'est pas l'accent faubourien, ni même l'accent banlieusard, confusion souvent faite encore maintenant.

    Elle portait encore des talons un peu trop haut et des jupes un peu trop courtes.

    littérature, cinéma, vie, politique, société, nostalgie, rues, Aymé, christianisme, ParisIl y avait aussi ce retraité de la SNCF, surnommé « Pot-aux-roses », toujours en short bleu et « marcel » de même couleur, la casquette de chef de gare solidement vissée sur le crâne qui passait sa journée à observer la rue, les gens qui passent, à échafauder des théories sur les uns et les autres, surtout les plus extravagantes.

    C'est certainement la raison pour laquelle certains auteurs n'hésitaient pas à se laisser aller au « jus de la rue » pour écrire. Courteline allait souvent dans les cafés de Paris ou de banlieue, ou à l'époque tous les milieux se mélangeaient (on n'y croisait pas de bourgeois bohème en recherche d'authenticité canaille même frelatée), et il écoutait les conversations.

    Marcel Aymé était un piéton de Paris qui lui aussi avait cette faculté d'écoute des gens de tous les jours, sans condescendance ni sentiment de supériorité qu'on souvent ceux qui ont une vulgate idéologique à vendre en plus de leurs écrits, celle-ci fût-elle de gauche ou de droite. Cela gâche tout quand on sent que l'écrivain veut délivrer ses idées, car ces personnages ne sont plus que des archétypes, des pantins servant à démontrer la véracité d'une thèse ou d'une autre.

    Et je suis à peu près certain que la force de ce qu'exprime Antoine Blondin, ou Jacques Perret, dans leurs œuvres lui vient de la fréquentation lui aussi des bistroquets et des cafés. Rappelons également que ce qui fait le talent de Michel Audiard, qui fait de quasiment tous les films qu'il a dialogué des classiques y compris ceux qu'il a réalisé avec désinvolture, c'est également cette proximité avec la rue, avec le réel en l'occurrence.

    Et l'on sait bien que dans la vie réelle, personne n'est blanc ou noir, que c'est plutôt le gris qui domine.

    C'est pour cela que le « noir et blanc » des films noirs, les films du réalisme poétique d'après-guerre qui décrivent pourtant des rues laides, des quartiers envahis par le bruit des automobiles, des camions, et des trains de banlieue miteux, a de l'importance et une signification, et le « noir et blanc » ce sont aussi les couleurs des rêves et du souvenir.

    photos empruntées ici au blog "les petites chroniques de Saint Sulpice"

    image en haut :  Les gamins de Belleville - 1959 - Crédit Photo: © Willy Ronis

    image en bas : Le Caveau de la Huchette - 1957 - Crédit Photo: © Willy Ronis

  • Des microcosmes culturels – les livres et les films qu'il convient d'aimer pour en faire partie...

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    On en discute sur Agoravox gendelettres2.jpg

    Un jour on me présenta quand j'étais adolescent un adulte réputé en savoir beaucoup sur la littérature, comme j'étais réputé avoir le nez tout le temps fourré dans un livre, il pensa certainement s'être trouvé un disciple.

    image ci-contre prise ici

    Je lui parlais de Ionesco, dont il entreprit de m'expliquer le style et la manière de traiter les thèmes que cet auteur abordait. Dans « Rhinocéros », il ne voyait qu'une critique du nazisme, et seulement du nazisme, et aussi de tous ces partis politiques qui préparent le retour aux heures les plus sombres de notre histoire (selon la formule consacrée, (TM)).

    Il crut bon d'ajouter :

    « tu vois lequel je veux parler » (il parlait du Front National, nous étions en 1984, le Pen était déjà l'épouvantail utile des bonnes consciences ce qui leur a donné une excuse pendant vingt-cinq ans pour surtout ne pas s'occuper de toutes les questions d'intégration, d'insécurité, de laïcité, d'éducation et j'en passe, car évoquer le problème c'était être ou raciste ou fasciste).

    A partir de là, je le laissais débiter son laïus bien-pensant et très mièvre sans l'interrompre, pour voir aussi s'il allait jusqu'au bout, ce qu'il fit.

    Il oubliait que ce que Ionesco décrit dans « Rhinocéros » c'est l'instinct grégaire de l'être humain et ses conséquences souvent violentes, le danger de renoncer à son humanité pour le confort du groupe, ou du troupeau, etc...

    Dans « la Cantatrice Chauve », il croyait voir surtout une critique du mode de vie absurde des « bourgeois » (curieusement il ne se mettait pas dedans, dans le microcosme, le bourgeois c'est toujours l'autre, lui, « il avait fait 68, lui » ce qu'il ne manqua pas de me dire, et « comme il était de gauche il n'était pas bourgeois », l'évidence même).

    Je sentais bien qu'il percevait ma « goguenardise », encore respectueuse, je le laissais parler, et que ça l'embêtait.

    A la fin de son discours, il me parla d'un écrivain que je ne connaissais pas et le petit doigt en l'air, une gouttelette de sueur coulant sur son front un peu moite face à mon insolence par inertie, il conclut par un : « Tu vois je t'ai appris quelque chose », un peu nerveusement débité.

    Quant à la littérature, ce n'est pas très compliqué, en fait, le coquetèle -mondain- est simple : deux doigt de Proust, un petit doigt de Céline pour le poivre (ne pas oublier de dire que si l'on aime bien l'écrivain, l'on trouve l'auteur de pamphlets atroce), un peu d'Albert Cohen (on l'aura lu à l'université pour faire plaisir à une étudiante bien de sa personne) saupoudré de Le Clézio (pour l'exotisme) ou Duras (pour favoriser l'introspection des pauvres petits jeunes gens riches), ou encore Annie Ernault, et maintenant Stéphane Hessel, avec un chouïa de Sartre.

    Il faut que la littérature pose des question, des problèmes, qu'elle pose une problématique comme on fait observer aux bons élèves quand on leur apprend à avoir de la méthode. On note d'ailleurs que dans le microcosme on reste finalement de bons élèves bien dociles, bien scolaires, sans véritable construction personnelle de leur propre culture.

    C'est bien de rabâcher toujours un peu les mêmes choses, même si l'on se fiche complètement du sujet rabâché, comme par exemple la Shoah et ses conséquences, ou le racisme, ou bien il est bien vu de taper à bras raccourcis sur le catholicisme. Il convient de plus d'apprécier les thèmes faussement provocateurs, qui l'auraient été peut-être en 1840, et encore, parler de cul bassement en somme, en exposant au grand jour une ou deux perversions bien saignantes (à l'occasion employer le « je », ça permet de suggérer que l'on raconte ses lubies sexuelles, ça fait plus authentique et ça attire le chaland).

    Il suffit de gratter un rien le vernis du petit bourgeois appartenant au microcosme pour qu'il retrouve très vite la manière de s'exprimer triviale et sans détour, voire vulgaire, de ses ascendants populaciers.

    La littérature vue par le microcosme culturel me rappelle le livre de Claude Dubois sur le Paris souterrain, le Paris criminel, quand il parle de ces bourgeois tout juste parvenus dans les beaux quartiers de la capitale, qui allaient s'encanailler dans les « guinguettes » populaires en prenant des mines de gourmands hypocrites coincé dans une pâtisserie.

    Au bout d'un moment, ces quartiers n'étaient plus du tout authentiques ni même pittoresques car les bourgeois qui venaient se donner des frissons avaient fait fuir les habitants originels de ces endroits.

    Je n'ose à peine citer les « souvenirs littéraires », portés aux nues par Proust, mais ça il vaut mieux ne pas trop insister là-dessus, de Léon Daudet et le chapitre où il raconte les funérailles nationales de Victor Hugo, qui de poète gigantesque et d'écrivain flamboyant, était devenu à la fin de sa vie le Stéphane Hessel de son époque, une grande conscience bienveillante donneuse de leçons qui ne faisaient pas de mal à une mouche et d'un humanitarisme tellement large qu'il en devenait presque écœurant.

    Ce n'est pas que le microcosme apprécie réellement les auteurs qu'il porte aux nues, ce n'est pas qu'il les goûte vraiment, c'est simplement une manière de reconnaissance sociale, ceci afin de rester entre soi. Particulièrement en France, où la prétention sociale s'accompagne de prétentions culturelles, enfin de prétentions, à condition qu'elles restent dans les rails.

    « Amarcord », revu cette semaine, décevant, me semble l'exemple parfait du film apprécié par le microcosme, même si on ne l'a pas vu, car c'est long et au final assez ennuyeux.

    image ci-dessous prise ici

    watching_tv31807_wideweb__470x259,0.jpgDans ce film, porté aux nues, Fellini se contente d'utiliser ses trucs habituels, ses grosses femmes aux gros seins, et aux gros culs, qui se comporte en gourgandines assoiffées de sexe, avec une ou deux scènes un peu scabreuse. Et on note l'extrême condescendance avec laquelle il traite ses personnages issus de milieux simples pour lesquels il a le sourire, on le sent, du parvenu maintenant accepté dans la bonne société qui considère son passé avec un rien de prétention.

    Comme il a du talent on lui pardonne aisément, ne serait-ce que pour « la Dolce vita », qui montre avec génie le vide de nos sociétés spectaculaires et marchandes, ou « Fellini Roma » ou « Intervista » qui décrivent parfaitement et sans gros sabots ce qu'est la création au cinéma. Fellini, comme d'autres talents, n'a pas su contrôler l'élan de vanité qui fut le sien après qu'il soit devenu la coqueluche des mondains dont ironiquement il se moque dans « la Dolce Vita ».

    Mais ce n'est pas le sens du grotesque ou de l'absurde de Fellini qui intéresse les spectateurs issus du peuple élu de nos élites auto-proclamées, c'est le fait qu'il se moque des fascistes et les ridiculise.

    Même en 2011, critiquer le fascisme de Mussolini semble encore d'un grand courage aux yeux de cette micro-société de savants, si on les écoute. Si l'on raille là encore ce rabâchage, on assurera que si on ne répète pas tout le temps, partout, qu'il y a un danger de retour aux heures les plus sombres de notre histoire, elles reviendront.

    C'est sans doute que les élites auto-proclamées aiment bien revenir à ce qui n'est en somme qu'une version un peu plus confortable et intellectuelle du café du commerce, où l'on ne craint pas d'aligner les lieux communs.

    Comme cinéastes, personnes et créateurs, je lui préfère sans aucun doute Mario Monicelli ou Dino Risi tous deux désespérés par la médiocrité et le néant quasiment parfait de notre société.

    Il est noter que dans le microcosme, quand on parle de Dino Risi, on feint de croire qu'il critique seulement la société italienne, en croyant bon d'ajouter qu'il annonce de manière prophétiques les errements berlusconiens. En ramenant à l'actualité, ça évite d'approfondir sur le cinéma ce qui démasquerait aussitôt le prétentieux. Alors que Dino Risi en a autant pour les bourgeois hypocrites, toujours aussi bêtement positivistes et amoraux qu'à l'époque de François Guizot, même et surtout quand ceux-ci se font passer pour de grands esprits de progrès et d'ouverture.

    Au cinéma, dans le microcosme, on aime bien rire, mais là encore un rire qui permet de se reconnaître « entre soi », et un rire que l'on veut « intelligent », qui fasse réfléchir, qui ait un message quelque part. Les quelques élus du saint des saints des élites en France aiment beaucoup rire des Monty Python, enfin rire, la plupart du temps ils se forcent, ne comprenant rien au « non-sense » des blagues du groupe comique anglais.

    Ce qui plaît dans les films et sketchs des « Pythons, » c'est que ceux-ci placent toujours une scène ou une saynète provocatrice quant à la religion chrétienne, ou blasphématoire.

    Cela permet de se voir en esprit fort, et bien sûr tellement libre.

    Hors de ce milieu on ne conçoit pas que quelqu'un puisse s'ouvrir sans sacrifier aux mêmes goûts, aux mêmes lubies, aux mêmes dogmes.

    Imaginons un quidam catholique, de droite, on ne peut concevoir que celui-ci lise autre chose que des livres exemplaires ou n'écoutent autre chose que des cantiques ou des chants scouts. J'ai d'ailleurs entendu sur mon compte de temps à autres ce genre de considérations de la part d'esprits élevés faisant partie du microcosme : « Du milieu d'où il vient c'est un vrai miracle qu'il se soit ouvert ainsi ».

    Quelqu'un qui n'est pas du milieu est considéré dans l'obscurité. Il ne peut même pas être considéré comme étant vraiment de gauche, les électeurs de gauche plus populaires étant perçus et montrés dans la micro-société des oligarques comme une sorte de troupeau qui se doit d'être docile et voter là où on lui dit de voter. S'il prend à ces électeurs des velléités de réflexion indépendante, ils ne seront plus qu'une masse imbécile et populiste.

    Ci-dessous un sketch des "Nouveaux monstres" de Dino Risi pour illustrer mon propos


    les nouveaux monstres par lepoulpe33

  • Ego Sum Pauper... - Des microcosmes culturels

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    Ego sum pauper sur Agoravox

     Quand j'étais un peu plus jeune, je rêvais de faire partie du milieu littéraire et, ou, journalistique.

    gravure de Daumier prise ici

    MI-Daumier-hoel-bouillon.jpg

     J'avais comme référence la lecture des formidables « souvenirs littéraires » de Léon Daudet, qui décrivent quelques géants des lettres comme Barbey d'Aurevilly ou Maupassant, des auteurs comme Hunter Thompson, dans un genre différent Bernanos, ou encore Philip K. Dick, voire John Kennedy Toole.

    Je me voyais bien en écrivain, ou en grand reporter.

    Mais ne disposant pas d'un réseau dans ces deux microcosmes, c'était bien sûr très difficile de se faire une place au soleil, voire quasiment impossible.

    Je n'étais pas le seul à avoir ces ambitions.

    Nous sommes très nombreux, un peu plus nombreux peut-être depuis qu'Internet existe, il faut voir le nombre de romans paraissant chaque année en septembre, le nombre de génies méconnus pullulant sur la toile. Gràce à mon blog, et mes articles sur différents sites, dont Agoravox, j'ai cru pouvoir me faire reconnaître et pénétrer ce milieu.

    Bien sûr, comme tout le monde, je n'avais pas exactement saisi ce qu'était la réalité de ces deux milieux, à savoir à de rares exceptions, un panier de crabes aux égos sur-dimenssionnés et qui implique dans la plupart des cas à de rares exceptions des reniements de bonne taille, un milieu épouvantablement endogène où tout le monde se connait, se fréquente, et ce malgré les pseudo-fâcheries entretenues sous les projecteurs.

    Ce n'est pas exactement un milieu des plus sains. J'ai parlé des « Souvenirs littéraires » de Léon Daudet, référence épicée je sais bien, il décrit parfaitement les salonnards et les salonnardes, les rebelles de salon, les coucheries entre les uns et les autres, ceux qui s'érigent en consciences morales alors que comme les autres ils ne songent qu'à leur intérêt.

    Pour ceux qui sont en dehors du panier de crabes, il convient d'être particulièrement solide car il faudra malgré tout se battre avec les autres pour faire sa place et parfois, agir comme eux.

    Ce n'est même pas que je leur reproche d'avoir un tel ego. Ce n'est pas si grave d'avoir en somme du caractère.

    Et le mien était également assez important. Je n'allais tout de même pas leur reprocher la paille dans leur œil et ne pas voir la poutre dans le mien.

    Cependant à force de lettres de refus concernant mes romans, à force de frustrations, on finit par perdre un grand nombre d'amitiés, en s'obstinant à faire partie d'une micro-société qui ne veut pas de vous, on finit par passer à côté d'autres amitiés qui auraient pu être formidables car on finit pas ne plus voir que ce qui peut servir son intérêt pour faire partie des « élus ». Toutes ces amitiés perdues on sait bien pourquoi on les a perdu, et ne reste plus qu'ensuite à se les remémorer amèrement, car le reste a été foutu en l'air.

    On cherche à faire les compromis qui sont demandés, ou que l'on croit nécessaires, ce qu'ils ne sont pas forcément !

    En notant toutefois en passant que ces refus ne préjugent pas forcément de la valeur d'un manuscrit, ils préjugent surtout de sa commercialisation problématique aux yeux du stagiaire surbooké qui l'aura rapidement parcouru, car sans confession sexuelle croustillante ou tout autre élément pouvant justifier sa mise en rayon.

    Comme en d'autres endroits très « select » il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, et des « videurs » efficaces à l'entrée.

    De plus, les frustrations que l'on rentre en soi, que l'on garde, la colère de ne pas être reconnu pour une valeur personnelle que l'on estime toujours bien sûr sans commune mesure avec celle des autres « appelés », amène à se laisser glisser petit à petit, sans que l'on s'en aperçoive, sans qu'on le désire vraiment dans ce qui est ni plus ni moins que de l'abjection.

    On finit par s'oublier soi-même, par se renier, et oublier totalement ce qui fait que l'on est soi-même. Et ce glissement n'est même pas la faute des membres du microcosme, qui de toutes façons s'en laveront les mains quoi qu'il arrive. C'est bien de notre responsabilité. Ce glissement progressif se fait en toute sincèrité, car on est généralement sincèrement persuadé de mériter la place au soleil que l'on poursuit depuis longtemps.

    Ce n'est pas que l'on doive s'arrêter forcément d'écrire, que je doive arrêter de le faire, mais de le faire sans penser à en tirer un quelconque intérêt ou un billet d'entrée pour un salon cossu réservé à quelques membres se cooptant entre eux, de le faire pour soi, et pour partager avec ceux que l'on aime, et qui nous aiment, au moins cela. Sinon, cela fausse l'écriture, on entre dans d'autres compromis, « trucs » d'écrivains pour plaire au plus grand nombre ou à l'élite auto-proclamée...

    Et en raisonnant ainsi, plus sainement, l'amertume finit par s'en aller voir ailleurs.

  • Modération du blog

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  • Suspicions sur l'écriture et la littérature

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    En discussion sur Agoravox

     « À peine les ont-ils déposés sur les planches,

    Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

    Comme des avirons traîner à côté d’eux. »

    Extrait de « les Fleurs du Mal », « l'Albatros »

    La citation qui ouvre « la Société du Spectacle » de Guy Debord

    image prise ici

    my-thoughts.gif« Et sans doute notre temps... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être... Ce qui est sacré pour lui, ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré. »

    Feuerbach (Préface à la deuxième édition de « L'Essence du christianisme »)

    lire le texte en entier ici

    Baudelaire parlait des poètes comme des albatros, aux ailes trop grandes pour marcher sur la terre ferme sans provoquer le rire gras des esprits grossiers. On pourrait étendre cela à tous ceux qui ont le désir de coucher leurs joies, leurs peines, leurs colères, leurs amours sur papier, tous ceux qui écrivent :

    Qu'ils soient écriveurs, écrivaillons, véritables écrivains ou tâcherons même, qui goûtent la lecture aussi plus que tout le reste.

    C'est un acte qui devient de plus en plus suspect de lire en 2011, incompréhensible même, ou de se consacrer à l'écriture :

    Comment une personne accomplissant correctement le travail qui lui est confié par la société a-t-il le temps de se consacrer à autre chose qu'à sa servitude volontaire pensent les ilotes assumés (autre mot à la mode) qui pullulent un peu partout ?

    On dira d'elle qu'elle ne respecte pas les règles, et pour qui se prend-elle ?

    La littérature comme l'écriture sont deux actes totalement gratuits au bout du compte. Même s'il n'est pas illégitime de vouloir être lu par le plus de lecteurs possibles au bout du compte.

    A condition bien sûr que la célébrité express du temps ne soit pas le seul et unique but, cette conception bizarre de la célébrité qui voudrait que l'on soit connu pour être connu. Ces écrivaillons qui ne visent que les faux scandales et la célébrité « kleenex » sont ceux dont la société « spectaculaire » qui est la nôtre adore parler. Elle aime le sexe glauque, sale, les perversions, les dérives, les déviances pathologiques, ça fait vendre en plus, ça entretient la dynamique économique.

    Ils sont dans le système.

    Ceux qui écrivent ont besoin qu'on les reconnaisse, ils veulent qu'on les aime aussi, ou qu'on les haïsse, certains adorant jouer le rôle du méchant de service. Ils ne sont que rarement sûrs de leurs dons, et sont la proie facile des jaloux, qui eux, ont souvent totalement conscience de leur talent, et pire encore de la liberté qu'ils se créent en écrivant.

    L'argument massue employé par ceux qui ne supportent pas la liberté de comportement et de ton que donnent la créativité, l'imagination, est de qualifier les créateurs d'égocentriques qui ne pensent qu'à exposer leur petite personne à tous les passants.

    Cela s'appelle au fond un transfert psychologique, car finalement ce sont les individus les mieux intégrés, ou en souffrance de l'être, car il y a également les faux rebelles qui ne rêvent que d'une chose, rejoindre le troupeau, et qui ne le pouvant pas ne conçoivent que la rancœur et du ressentiment qu'ils confondent avec une révolte plus saine.

    Ils aiment beaucoup ceux qui leur permettent d'aller à contre-courant, ou qui donnent l'impression de le faire, mais par procuration.

    C'est plus simple, et ils ne voient pas la contradiction qu'il y a à souligner avec enthousiasme les révoltes des jeunes dans un pays qui fait travailler pour un salaire de misère ces mêmes jeunes pour fabriquer l'ordinateur d'où ces rebelles en peau de lapin, qui ne remettront jamais en cause l'essentiel, communiquent le plus souvent les pires lieux communs sur les mouvements légitimes et salutaires d'ailleurs dans des contrées sous le joug, mais sous le joug à cause d'eux et de leurs désirs de consommateurs encore riches, et non simplement à cause de méchants spécifiquement identifiés comme tels.

    On rencontre partout de ce genre de « rebelles » qui jouent ce rôle jusqu'à la retraite, une retraite confortable le plus souvent, pour laquelle ils n'auront pas manqué de thésauriser comme on leur dit de faire, pour se rassurer sur leur lâcheté, leur incapacité à se sentir responsable de quoi que ce soit dans leurs vies ou autour de leurs vies.

    C'est une solution de facilité et tout aussi confortable que celle que choisissent les esclaves volontaires. Ils préfèrent finalement que le troupeau les aime quitte à en devenir schizophrènes ou simplement hypocrites et à demeurer l'éternel « outsider » à la fois repoussant et séduisant pour les autres.

    Pour ne pas exposer leurs jalousies au grand jour, ils emploient les grands mots selon les cas quand ils parlent de ces fous, selon eux, qui ouvrent encore des livres, ou se piquent d'écrire : ils parleront de cynisme, de causticité, d'arrogance, ils invoqueront la psychanalyse, une psychanalyse de bazar pour être tout à fait juste, un trouble dans l'enfance, une névrose que la littérature sublimerait.

    Ou alors c'est forcément une catharsis, l'amoureux de la littérature ou de l'écriture étant en somme « en crise ».

    Même si c'est certainement en partie exact, ils oublient également que celui qui écrit, comme toute personne qui crée quelque chose, un univers mental, une musique, une œuvre d'art, s'élève au-dessus de sa médiocrité et accomplit ses dons.

    Alors parfois, comme ils ont peu de talent, ces écriveurs, leur expression est maladroite, leurs mots ne sont pas tous choisis.

    Mais c'est déjà un être humain qui décide de ne pas sombrer dans la servilité à la mode en ce moment, étrange servilité qui se conjugue avec un égoïsme total de plus en plus de mise, où il convient pour un individu moderne et désirant s'intégrer au système de ne penser qu'à lui, de ne voir que son intérêt, de ne penser qu'à ses désirs, ou de se voir constamment en victime du monde entier car ce que les autres ressentent, vivent, désirent est perça par l'individu moderne comme des contraintes insupportables et des freins au puits sans fonds qu'est son désir.

    Ou ce qui en tient lieu, son désir étant le désir de la société hyper-consumériste dans laquelle nous vivons.

    Et c'est aussi un être humain, celui qui se met à écrire, une personne qui exprime le désir de se libérer de tout ce que le monde actuel lui impose comme conditions pour se sentir heureux : posséder tel ou tel gadget électronique, tel ou tel véhicule, regarder tel film, manger telle nourriture.

    Se sentir heureux dans la conception moderne, c'est surtout finalement rester volontairement esclave de tout ce qui entrave notre humanité.

    On s'aperçoit un peu partout que c'est la possession des objets totémiques qui induit les névroses post-modernes, on a vu de ces adolescents mais aussi ces adultes en venir presque à pleurer ou à perdre totalement l'esprit car ils ne retrouvaient plus leur téléphone portable si précieux, dans lequel ils placent toute leur dignité, ou car leur tablette tactile ne fonctionnait plus.

    On comprend que cela arrive, c'est leur seule interface entre le reste du monde et eux, la seule chose qui les relie au reste de l'humanité, tout en détruisant ce qui est humain en eux petit à petit. Ils ne veulent pas partager avec les autres, ils veulent être au centre de leur réseau, que la planète tourne autour de leur nombril qu'ils aiment contempler de différentes manières.

    image prise ici

    K24i64AjIkichigp94ADKnmlo1_400.jpgCertains parmi les esclaves essaient de s'en libérer, et croient y parvenir, par une certaine forme de spiritualité qui ne s'intéressera qu'à leur petite personne. C'est particulièrement le cas avec les spiritualités orientales, qui se limitent visiblement dans l'esprit de leurs adeptes consuméristes à une gymnastique hygiénique mentale, ou de cette nouvelle manière de concevoir les fois « traditionnelles », on parlera de « la foi et le couple », « le croyant et l'argent », « comment un croyant doit-il consommer ? », mais il ne sera surtout pas question de remettre en cause ce qui dans notre monde hyper-consumériste est le plus en contradiction avec cette foi que ces croyants « coachés » prétendent affirmer.

    Ce ne sera en rien un travail sur eux qu'ils feront, ils seront au contraire renforcés dans leur certitude absolue quant à l'importance fondamentale des désirs que leur fournit la société « spectaculaire ». Ce ne sera qu'un « coaching », le mot est à la mode, pour se sentir bien au sein de la meute, de sa communauté, de sa tribu. Cela ne reste que du confort intellectuel.

  • Il y a des vies privées plus privées que d'autres

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    Sur Agoravox aussi

     Que DSK aime les femmes et soit un « séducteur » même compulsif comme on le présente, à la rigueur on s'en fiche complètement. C'est totalement anodin.

    image prise ici

    DSK_0.jpgIl y a au cours de l'histoire une légion d'exemples d'hommes de pouvoir qui ont fait beaucoup de bien pour leur pays et ses habitants qui étaient plutôt des chauds lapins.

    Le reste regarderait sa conscience, son couple et son sens moral.

    Qu'il soit lourdingue dans ses attitudes avec les femmes, se conduisant avec selon la plupart des témoignages avec l'absence de grâce caractéristique d'un VRP en goguette dans un quelconque « Macumba » d'un quelconque trou perdu, là ça commence à poser un peu plus problème quand on représente un pays et ses citoyens, ou que l'on a l'ambition de le faire.

    Un type qui saute sur tout ce qui bouge comme un animal en période de « chaleurs », cela devient encore plus problématique. S'il est incapable de se contenir pour ça, il sera incapable de le faire pour des choses plus graves, sera gravement malléable, à la merci de ses pulsions, et donc de sa personne. Et puis du simple point de vue de la représentation d'un pays, c'est embêtant, car cela donne du pays en question une image déplorable.

    Un homme public, par définition, une bonne partie de sa vie devient publique et ceci a de l'importance sur le sens de la nation et l'intérêt commun que l'on peut déduire de sa conduite, son souci réel des plus faibles, des plus précaires. Il ne faut pas se voiler la face, ça compte. De plus, un homme public qui se laisse aller à ses pulsions peut être dangereux pour les intérêts qu'il défend. Il suffit de se rappeler de l'affaire Profumo.

    Or, pourtant, depuis le début de l'affaire DSK, ses défenseurs ne cessent d'en appeler à la vie privée de leur champion, à sa « présomption d'innocence », du héraut de leurs intérêts, que ce soit les politiques ou les commentateurs politiques : Alain Duhamel et Jean-Michel Aphatie en tête, lui veut bien aborder ses questions mais il les trouve dérangeantes, ce qui est son droit. Elles sont plus que dérangeantes, mais terrifiantes finalement quant à la teneur réelle de la vie politique française, de la servilité sans nom des uns et des autres.

    Il en est qui parle de « torrents de merde » comme Manuel Valls, qui a parfaitement raison en un sens. Sauf qu'il se trompe quant à l'origine de ce torrent. Ce qui a ouvert les vannes, c'est surtout l'absence de sens de la communauté, de sens politique de ceux qui la font et de ceux qui en parlent qui ne pensent qu'à une chose et une seule, défendre leur caste de privilégiés protégés, et rien d'autres.

    Par contre, quand il s'agit de la vie privée des accusatrices de DSK, comme Tristane Banon ou Nafissatou Diallo plus rien n'est sacré en matière de vie privée. La première est décrite un peu partout comme une pauvre fille névrosée, instrumentalisée par la droite en sous-main, et qui écrit en plus sur un site présenté comme un repaire d'immondes fascistes.

    Elle est depuis deux jours traînée dans la boue de manière ignoble. J'espère qu'elle a de quoi se soutenir car le torrent de boue qui va déferler contre elle sera puissant et sans pitié visiblement.

    Quant à Nafissatou Diallo, il n'y a plus de défense des travailleuses précaires comme l'est une femme de ménage, il n'y a plus de compassion envers les sans-papiers comme l'a été Nafissatou Diallo, il n'y a plus de défense de ses droits de femme. Plus rien des chevaux de bataille habituels de la gauche qui tiennent.

    C'est une trafiquante de drogue, notoire, et une prostituée bien connue des services de police.

    Ce ne sont pas des saintes ?

    Et alors ?

    Cela pourrait-il excuser les violences sexuelles qu'elles ont subies ?

    Pour les partisans de DSK il semblerait bien que oui. Ce qui en dit long sur leur conception de la sexualité, une femme qui se refuse à des avances, surtout, en plus, à celles d'un représentant de la caste des oligarques actuellement au pouvoir, ne peut être donc, si je les suis jusqu'au bout, qu'une prostituée, une névrosée ou une frustrée.

    Pour un peu, tout en calomniant allègrement ses deux femmes, ils nous referaient le coup du retour des heures les plus sombres de notre histoire...

    ...Je m'étonne que nous n'y ayons pas encore eu droit.

  • Gazoute ou l'étoile en balsa - des nouvelles des éditions "COGITO" de Frédéric Seaux

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    Première rentrée littéraire pour les éditions COGITO (blog des éditions COGITO à ce lien)

    image prise ici

    m-Lisbonne_3___Bairro_Alto.JPG La rentrée littéraire de septembre approche à grands pas. Les éditions COGItO ergo sum, vos éditions préférées, seront présentes à cette occasion avec le roman de Chantal Levy qui s'annonce déjà comme un best seller.

     Voici le synopsis de son roman, Gazoute ou l'étoile en balsa :

     A 70 ans, Julia Francès, illustre architecte d'intérieur, vient de publier son autobiographie.

    Cette femme si distante et inaccessible, préservant depuis des lustres sa vie privée, se dévoilerait-elle enfin?

    Son dialogue avec sa petite voix, devenue autoritaire au fil des années, la conduit sur le chemin des aveux.

    Elle vous entraîne de Paris à Bordeaux, de Tomar à Lisboa et vous livre peu à peu le secret de ses origines et les conséquences qui en découlent : cette obligation de renier son amour, à  jamais.

     Ce roman de 185 pages est vendu 18 euros.

     Et comme d'habitude, les éditions COGITO vous offrent les frais de port.

    Vous pouvez dès à présent le commander en envoyant un chèque correspondant au nombre d'exemplaire(s) souhaité(s), à l'adresse des éditions COGITO ergo sum, 23 cité Leverdier, 76350 Oissel.

     leseditionscogito@voila.fr 

  • Soyons grossiers, parlons de morale - à propos des affaires sexuelles actuelles

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    on parle aussi de morale sur Agoravox

     morale, dans le dictionnaire

    Ensemble des règles de conduite et des valeurs qui définissent la norme d'une société.

    "La morale, c'est ce qui reste de la peur quand on l'a oubliée."

    Jean Rostand

    "La peur du jugement des autres est un des plus sûrs soutiens de la morale."

    Gustave Le Bon

    image prise ici

    400px-Chauveau_-_Fables_de_La_Fontaine_-_01-02.pngDepuis quelques temps déjà, notre société vit une crise morale sans précédent. La norme morale, c'est de ne pas en avoir. S'il n'y a plus de peur de l'Enfer, elle a été remplacée par une terreur bien plus pressante qui est celle de déroger aux diktats imposés par le plus grand nombre ; et l'on a peur de nager à contre-courant car cela amènerait l'anathème de tous les autres, une condamnation unanime. Je ne regrette pas que la peur de l'Enfer ne soit plus un carburant menant à la foi en tant que croyant, un croyant ne doit pas avoir peur justement ainsi que le rappelait Jean-Paul II au début de son pontificat.

    Il ne s'agit pas non plus de « faire la morale », juste de constater quelques faits indubitables.

    On respire de plus en plus mal dans le marigot politique et médiatique depuis que quelques affaires sexuelles sont ressorties de derrière les fagots, comme des bulles d'air viciée remontant à la surface d'une eau croupie, éclatant en dégageant une odeur nauséabonde.

    Ces bulles sont de plus en plus nombreuses à bouillonner, et l'eau est de plus en plus saumâtre.

    Et le pire est qu'au lieu d'effluves dégoûtantes, la plupart y voit de la transparence, de la liberté de parole en plus, ou croient sentir un parfum de rose.

    Dans l'affaire DSK, on a surtout un représentant parfait de l'oligarchie économique, doté de nombreux privilèges que la majorité trouve finalement normal, y compris celui de se conduire mal en toute impunité avec les femmes qui croisent son chemin, au pire avec violence, au mieux de manière lourdingue.

    Le pire étant dans l'affaire DSK que Nafissatou Diallo, la victime supposée, aurait discuté dés le lendemain de son agression avec un de ses maris de tout ce qu'elle pouvait tirer de cette opportunité, ce qui n'enlève rien aux violences qu'elle a subi.

    Ce qui n'aide pas à prendre l'air c'est aussi que cela influence toute la société, les candidats à un examen, le bac en l'occurrence, trouvent normal d'employer tous les moyens pour arriver à leurs fins, tout comme l'auteur des fuites sur les sujets.

    Plutôt que d'essayer de résoudre cela à la racine, on préfère chercher des solutions de facilité, comme proposer le contrôle continu, alors qu'il « suffirait » d'insister sur quelques principes et de veiller à leur application, application effectuée jusque là de manière très négligente.

    Ici on pourra lire quelques témoignages, avec les fautes, d'adolescents expliquant sans trop de gêne pourquoi ils ont triché au bac, se justifiant de manière plus ou moins adroite.

    A la télévision, des couples, des familles, des individus lambda, sont prêts à tout pour un petit peu de célébrité, même s'ils n'ont aucun talent particulier. Comme ils le savent très bien, ils vendent leur intimité, leurs problèmes d'éducation avec les enfants, leurs difficultés quant à leur sexualité, voire même leur inappétence à faire le ménage. L'extimité devient la norme, tout comme l'obligation d'aveu, d'avouer que l'on est ci ou ça, que l'on a tel problème, ou tel autre, etc...

    Alors que tout cela devrait rester dans leur « jardin secret », mais celui-ci ne l'est plus du tout, il est même de bon ton qu'il soit piétiné par tout un chacun, et que tout le monde puisse le voir sur Internet.

    Ce que révèle toutes ces affaires, tout cela, c'est que finalement notre société vit une crise morale sans précédent. Et là je viens de dire le mot le plus grossier de l'époque : morale. Il ne faut surtout pas parler de morale en 2011, confondu la plupart du temps avec la moralisation et le discours des moralisateurs alors que ça n'a rien à voir.

    Même quand il la Fontaine, Luchinni se croit bien obligé de préciser que ce qui est important dans les fables, c'est le style, et non la morale, ce en quoi il a raison dans une certaine proportion, ce qui fait l'intérêt des fables c'est leur style fabuleux, mais aussi les morales qui ne sont jamais moralisatrices.

    Pourtant, il en reste bien quelques bribes, puisque les hommes les plus soumis à leurs pulsions ne se jette pas, même eux, sur la première femme qu'il désire dans la rue, et que les candidats à un poste ne tuent pas encore leurs concurrents, même si après tout ce serait logique, dans la manière de raisonner du temps (comme dans « le Couperet », le livre de Donald Westlake, et le film de Costa Gavras).

    L'individu moderne ne veut pas entendre parler de morale, car il ne veut pas se sentir coupable de quoi que ce soit. Là encore il fait une confusion, entre la culpabilité et la responsabilité. Il le fait exprès, il ne veut surtout pas se sentir responsable de ses actes, et bizarrement il ne veut surtout pas être réellement libre et dénoter vis à vis du troupeau. Il invoquera la responsabilité de l'autre, ou la psychanalyse, qui a le dos large, ou encore celle de la société ou de la culture dans laquelle il est né.

    Ce sera pour lui l'occasion en or d'aller raconter quelque chose à tous les passants à la télévision ou ailleurs.

    Cette crise morale sans précédents est logique dans une société ou tous les moyens sont bons pour atteindre une part importante de bénéfices, que ce soit dans le monde de l'entreprise ou dans celui des finances. Elle est logique dans un monde où tout est marchandise, ou l'information est la marchandise suprême, celle-ci fût-elle ignoble, tout ce qui compte étant qu'elle entretienne le système tel qu'il est

    Dans une telle société, l'individu se pare souvent de grandes intentions, de belles indignités, mais cela ne change rien, strictement rien, il ne pense qu'à son intérêt et au sien seul.

    Comme il sait bien qu'il est égoïste, profondément, et centré uniquement sur sa personne, l'individu moderne refuse d'entendre parler de morale. Il invoquera pour se défendre les totalitarismes, toute contrainte de comportement étant vécu par lui comme insupportable, y compris celles, raisonnables, qui l'encouragent à respecter son voisin et le monde qui l'entoure.

  • Hemingway, géant fragile – à propos de la réédition de « Paris est une fête » chez Gallimard (NRF)

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    Sur Agoravox aussi

     « Ce qu'il faut, c'est écrire une seule phrase vraie.

    Écris la phrase la plus vraie que tu connaisses. »

    extrait de "Paris est une fête"

    image ci-dessous (Hemingway à gauche sur la photo) empruntée à ce blog

    hemingway1.jpg« Paris est une fête » vient de ressortir chez Gallimard en édition complète, Ernest Hemingway y raconte ses souvenirs personnels et littéraires de sa vie d'exilé à Paris dans les années 20, oscillant sans cesse entre la pauvreté et la richesse, la faim et les banquets. Paris était vraiment une fête à l'époque, et non une ville en voie de provincialisation rapide, une ville où l'on pouvait rencontrer deux ou trois des faunes dans le style « années folles » comme Jean Cocteau papillonnant d'un groupe à l'autre, Diaghilev dansant Debussy, ou Maurice Sachs courant les bonnes fortunes féminines, et quelques génies extravagants, tels Picasso ou Erik Satie, et un géant massif et vulnérable comme l'était Hemingway.

    Il essaie de partir combattre en France en 1917 mais est refusé à l'incorporation à cause d'un œil défaillant, il parvient néanmoins à intégrer la Croix Rouge italienne. Il s'embarque sur le « Chicago ».. En essayant de sauver des camarades pendant des combats en Italie, il est blessé grièvement. Sa convalescence à Milan lui permet de rencontrer Agnes Von Kurowsky dont il s'éprend. Il racontera tout cela dans « l'Adieu aux armes ».

    Il est correspondant de guerre en Grèce et témoigne de la violence des affrontements en Anatolie au cours de la guerre gréco-turque. Il reprendra cette activité pendant la guerre d'Espagne du côté des Républicains, la violence sanguinaire des affrontements l'y convainquant de la vacuité absolue du langage idéologique et de son abstraction mortifère, lui inspirant également « Pour qui sonne le glas ». Il partira plus tard couvrir la Révolution cubaine aux côtés des partisans de Fidel Castro.

    Il habite rue du Cardinal-Lemoine à Paris de Janvier 1922 à août 1923 avec sa femme Hadley, et leur premier enfant. C'est la période qu'il raconte dans « Paris est une fête ».

    A l'époque, Montparnasse ou le quartier latin, ou Saint Germain des prés, n'étaient pas des réserves de bourgeois-bohèmes ou de touristes américains trouvant « so romantic » de se faire photographier en face de la « Closerie des lilas » qui n'accueille plus des génies des lettres mais des « people » sans aucun talent particulier, excepté celui de flatter le pékin moyen dans sa banalité.

    Pour les esprits chagrins, c'était une « génération perdue », ces jeunes d'après la première guerre Mondiale, désespérés par toutes les conséquences de la haine absurde induite par ce conflit, gratuite, qui les poussait à croire que rien n'avait de sens, à rechercher l'acte gratuit, à vivre leur vie en esthètes complets, et non simplement à survivre en espérant se ranger du mieux qu'ils peuvent au sein d'une petite existence misérable mais confortable noyé dans le flot du troupeau des gens qui sont nés quelque part et qui n'ont que des rêves étriqués.

    Hemingway rejette cette appellation de « génération perdue », pour lui la génération qui s'est perdue, c'est celle qui les a poussé à la première boucherie généralisée, et moderne, de 1914/1918, au matérialisme tout puissant, aux fins qui justifient les moyens quel que soit le prix humain à payer. Il serait effrayé par la société actuelle qui n'a fait qu'exacerber encore un peu plus si c'était possible tout cela.

    Il abandonne un temps ses activités de journaliste, il écrivait pour un journal de Toronto, pour se consacrer très vite seulement à l'écriture encouragé en cela par Gertrude Stein et son amie de cœur, Alice B. Toklas chez qui l'écrivain va souvent avec sa femme afin de ne pas perdre confiance en lui et en ses dons.

    « Miss Stein » comme l'appelle Hemingway était insupportable, cancanière, et la plupart du temps mal lunée. De plus, elle se permettait de donner des conseils d'écriture à l'auteur de « les neiges du Kilimandjaro » qui n'en avait pas besoin. Tout comme elle faisait à Sherwood Anderson, Thornton Wilder ou Scott Fitzgerald, d'autres compatriotes d'Heminway également réfugiés à Paris.

    Mais derrière le personnage qu'elle jouait se trouvait beaucoup de générosité. Il raconte d'ailleurs les soins et toute la gentillesse dont elle a entouré Guillaume Appolinaire au moment de sa mort, quand le poète croyait que les « A bas Guillaume » qu'il entendait de sa fenêtre étaient pour lui et non contre le kaiser.

    Gertrud Stein était également proche du groupe des surréalistes et des peintres de Montparnasse comme Modigliani.

    On le voit aussi régulièrement à la librairie « Shakespeare et compagnie » qui existe encore d'ailleurs, juste au cœur du quartier latin. Les livres en vitrine reflétaient les goûts de la maîtresse des lieux, Sylvia Beach qui mettait en valeur les œuvres des jeunes auteurs de ces années là, tel Hemingway lui-même ou Scott Fitzgerald souvent de passage à Paris avec sa femme Zelda.

    Fitzgerald selon son compatriote exilé à Paris s'est mis à vraiment écrire de manière talentueuse quand il a compris que sa femme, figure légendaire elle aussi des « roaring twenties », était complètement folle.

    C'est la fêlure originelle du génie de Scott Fitzgerald, personnage peu sympathique à lire « Paris est une fête », hypocondriaque insupportable qui avait l'alcool mauvais, qui était asocial et arrogant et aussi pathétique hyper-sensible persuadé d'avoir le monde entier contre lui, amoureux fou de Zelda qu'il crut pouvoir sauver un temps de ses délires, de l'alcool, de l'étourdissement des mondanités.

    « Paris est une fête » parle de ce qui pousse quelqu'un à écrire, à créer des univers avec ses mots, à se chercher un style, toutes choses incompréhensibles dans une société qui déjà à l'époque préfère le quantifiable et le mesurable et ne comprend goutte aux enjeux existentiels de la création, qui n'est pas réductible à quelques formules, quelques slogans, ou de la psychanalyse de bazar considérant que l'écrivain est forcément un individu inadapté qui commet quelques délires pour se défouler et combler ses problèmes personnels.

    Ce que Hemingway cherche à atteindre, idée qu'il développe dans « Paris est une fête » c'est d'oublier tous les « trucs » de l'écrivain et atteindre en écriture à une authenticité totale, un dépouillement qui va à l'essentiel. Il veut écrire « comme Cézanne peint », transcrire ses aspirations au courage face à l'adversité, se débarrasser de tout ce qui gêne l'expression véritable de son moi profond. Comme il le raconte dans ce livre, il comprend mieux la peinture en ayant le ventre vide. Ce dépouillement qu'il vit est des plus réels, il en est réduit à jouer ses économies aux courses. Comme tout créateur, comme tout inadapté à une vie bien trop tranquille, il est incapable de s'occuper de la banalité d'un budget domestique et essaie de résoudre ses problèmes par des solutions fantaisistes.

    Cela ne l'empêche pas d'avoir des appétits d'ogre, d'aller dépenser tout l'argent gagné avec sa femme en fêtes et festins somptuaires.

    image ci-dessous prise ici

    hemingway-challenge.jpgCe que l'on ressent en lisant « Paris est une fête », qui est un journal littéraire de génie, c'est que tous les écrivains sont reliés par ce même besoin existentiel profond d'expression et de création littéraire, que c'est véritablement un enjeu fondamental pour un créateur de formes, un créateur d'univers qu'est, que devrait être, tout écrivain. J'y retrouve le même questionnement que dans la correspondance de Flaubert, que dans le journal de Jean-Patrick Manchette, pour citer ceux dont les journaux littéraires me semble les plus intéressants, et tant d'autres. A savoir : Pourquoi écrire ?

    Pourquoi écrire alors que c'est un acte d'une gratuité totale ?

    Pourquoi écrire alors que cela sera considéré comme absolument vain car non quantifiable ?

    Ceux pour qui ce questionnement ne se pose pas sont ceux qui oublient tout simplement leur humanité et que celle-ci a besoin de la littérature, de l'art, de la musique, pour croître et embellir.

  • Ce que je fuis, je le répète, comme la peste, c'est d'être classé

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    Rene_Magritte_Nov_2006.jpg"Ce que je fuis, je le répète, comme la peste, c'est d'être classé : je veux mourir en entendant les paresseux d'esprit qui s'arrêtent parfois à m'écouter, demander à mon sujet : "Et celui-là, qu'est-il ?" Les libéraux et les progressistes bêtes me tiendront pour réactionnaire et même pour mystique, sans savoir, bien sûr, ce que cela veut dire, les conservateurs et réactionnaires bêtes me tiendront pour une sorte d'anarchiste spiritualiste, et les uns comme les autres verront en moi un pauvre homme désireux de se singulariser et de passer pour original, dont la tête est comme pleine de grillons. Mais personne ne doit se soucier de ce que pensent de lui les imbéciles, qu'ils soient progressistes ou conservateurs, libéraux ou réactionnaires"
    Miguel De Unamuno

    Image prise ici

  • Sur l'auteur du blog... "Comment" et "No Comment"

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    Certains se demandent quant à mon auguste personne : il est de droite ?

    Ou il est de gauche ? Est-il Roux ou Combaluzier ? Jacob ou Delafon ?

    Comme si il était obligatoire de se situer par rapport à un groupe ou un parti ?

    De se rattacher à des normes de réflexion que l'on n'a pas choisi et en gros de se charger de chaînes mentales volontairement. Ce qui est notable de toutes façons est que la plupart des militants sont au fond des larbins qui s'ignorent (le plus drôle étant que pour eux c'est l'autre le larbin).

    D'autres semblent penser qu'affirmer son scepticisme devant les grands discours, les belles paroles, les poses, et finalement les mensonges, d'afficher son pessimisme, et ce que d'aucuns appellent du cynisme c'est ne pas aimer l'humanité.Et cela c'est très mal de douter du progrès réputé constant des consciences gràce à la technologie, toussa...

    Car les beaux esprits se doivent d'aimer tout le monde, donc personne.

    Voilà quelques éléments de réponses, sinon, comme lui en-dessous, sur le reste : "No Comment"

  • DSK libéré sur parole ou le bal des valets

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    en discussion sur Agoravox

     Depuis quelques heures, c'est le déferlement de jésuitisme et le festival des bonnes consciences hypocrites autour de l'affaire DSK. Quelques doutes sont émis sur la moralité de la présumée victime, et voilà l'ancien directeur du FMI innocenté complètement par ses partisans. On ressent leur soulagement presque odieux. Ce n'est quand même pas une petite femme de ménage qui allait contrecarrer les ambitions de leur champion et les leurs.

    image prise ici

    011803_e0273fde.jpgCe n'est quand même pas un petit excès d'hormones de l'ex-candidat à la présidence (il est possible qu'il revienne dans la course avec les honneurs ce qui est en quelque sorte la cerise sur le gâteau) qui allait interrompre le bal. Collés aux fenêtres de celui-ci certains prennent partie avec emportement pour Strauss-Kahn en n'espérant même pas pouvoir un jour entrer, on se demande si c'est de l'obséquiosité, de la crédulité ou juste un symptôme d'esprit grégaire.

    Depuis quand également faut-il qu'une victime soit moralement parfaite pour que l'on tienne compte de sa parole ?

    Depuis quand une victime doit-elle être une émule de la Vierge Marie ?

    Et précisons quand même que cela ne remet pas en question une seconde ce qui s'est passé dans la chambre du Sofitel de New York, ce ne sont pas des doutes sur les évènements, mais des doutes sur la crédibilité de la plaignante. Les faits ne sont pas une seconde remise en cause, seulement les motivations de la plaignante.

    Et il reste inculpé.

    Il est curieux que les partisans de DSK parlent d'ailleurs à propos de cette affaire de présomption d'innocence, notion qui n'existe pas en droit américain.

    Depuis quand les soutiens de DSK se préoccupent-ils tellement de moralité ?

    Ne sont-ils pas pour une société de progrès, une société sexuellement libre dans laquelle il n'y a plus de contraintes ni de préjugés bourgeois rétrogrades ?

    A entendre tous les soutiens de DSK, leur conception de la femme oscille toujours comme avant entre la maman et la putain, sans intermédiaire possible entre les deux. Cela reste donc une conception très bourgeoise.

    Et il semble qu'il paraisse inconcevable pour eux qu'une femme se refuse à leurs désirs à moins d'être folle ou frigides, conception qui naît souvent d'un défaut de virilité soit dit en passant.

    Ne sont-ils pas pour une société d'égalité entre les sexes ?

    Ne sont-ils pas les premiers à s'enthousiasmer pour la « théorie du genre » ?

    C'est assez ironique, je trouve, de constater que les amis du président de l'ex-président du FMI, pur représentant de l'oligarchie, se révèlent au fond catholiques dans leur conception du péché et de la miséricorde.

    Que l'on me pardonne ce trait d'esprit caustique ...

    Au moins, avec les soutiens de DSK et les déclarations de ses proches, on a au moins une certitude, ce n'est pas parce que l'on se dit de gauche qu'on l'est vraiment, ce n'est pas parce que l'on se dit de gauche que l'on est réellement prêt à faire quelque chose par exemple, au hasard, pour une réfugiée sans-papiers, obligée de s'adonner à divers trafics pour survivre.

    Voilà pourtant un sujet intéressant qui pourrait intéresser a priori quelqu'un se réclamant de la gauche.

    Serait-ce que ceux qui défendent DSK ne soient pas exactement sincères dans leurs déclarations très généreuses concernant les pauvres ?

    Serait-ce qu'il y ait là une hypocrisie ?

    La Fontaine a bien raison, que vous soyez puissant ou misérable, la justice n'est pas du tout considérée de la même manière. En parlant de présumé innocent, comment se fait-il par exemple que l'on présente partout Xavier Dupont de Ligonnès comme forcément coupable des crimes atroces de sa femme et ses enfants alors qu'il a été probablement lui aussi assassiné ? Pourquoi personne ne considère-t-il cette hypothèse comme recevable ?

    Serait-ce parce qu'il a moins d'amis riches et puissants ?