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  • Emportés par Paris

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    J'ai commencé à lire l'excellent "la Bastoche" de Claude Dubois, ou "histoire du Paris populaire et criminel" (chez Tempus), ci-dessous une phrase que je trouve très juste tirée du livre :

    "On ne voit plus, on ne vit plus, on se regarde exister, on s'admire, s'adore à réfléchir sur son vécu de pacotille., jusqu'à en somatiser, tomber malade pour de bon !...

    A sa manièrette, chacun est devenu moraliste, tantinet psychanalyste,tout part de là !

    On ne se laisse plus emporter par Paris, on juge d'abord.

    Bref on s'emmerde..."

    Ci-dessous, des photos de votre serviteur, qui montre le Paris que j'aime...(une partie du moins)

    (voir aussi les albums sur le côté droit)

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  • Hommage à un vrai militant de gauche

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    Hommage aussi sur Agoravox

    Bernard Bonnechère est mort, c'était une figure bien connue à gauche sur Évreux et dans l'Eure.

    photo prise dans Paris Normandie

    201104284db8b6203b4ec-0.jpgOn pouvait le croiser tôt le matin, en attendant le bus, car même retraité, Bernard n'en continuait pas moins à mener beaucoup d'activités afin de rendre service à la communauté. Il était toujours à l'écoute, toujours prêt à rendre service et à donner de son temps.

    Je l'ai rencontré pour ma part lors de mon propre « encartage » au PS juste avant les élections présidentielles de 2007. Il était passé depuis au « Parti de Gauche ».

    C'était un militant de gauche au sens noble du terme.

    A savoir, il ne l'était pas par posture, pour plaire aux filles, prendre l'attitude du pseudo-rebelle, se disculper d'être un petit bourgeois, et finalement ne pas avoir de réelles convictions. Ce n'était pas un militant de salon qui apprécie malgré tout le confort de la société hyper-libérale, un communiste en charentaises ou en « Burberry's » .

    C'était un « pur », un produit de la méritocratie républicaine à l'œuvre il y a quarante ans, qui ne fonctionne plus vraiment maintenant.

    Il avait travaillé dur pour s'accomplir et luttait pour que les plus jeunes aient les mêmes chances que lui car ses convictions faisaient de lui quelqu'un d'extrêmement généreux.

    Malgré la Corée du Nord, malgré Cuba, tu voulais y croire, tu ne voulais pas entendre parler de ces tyrans qui avaient perverti ton idéal.

    Bernard me rappelait monsieur L (il fut question de lui déjà ici)., retraité de la SNCF, au PCF depuis cinquante ans, qui avait encore les rêves de sa génération à l'esprit, qui croyait possible un monde meilleur, et qui pensait fermement qu'il suffisait d'aider un petit peu plus les êtres humains afin que ceux-ci partagent les richesses et ne sombrent pas dans l'avidité de l'hyper-consumérisme.

    Tous les 21 Janvier, monsieur L. levait les couleurs pour se souvenir de la mort de Lénine. Juste en face, un autre monsieur retraité faisait de même quant à lui pour commémorer l'exécution de Louis XVI. Leur amitié était sans failles, car ils étaient tous deux honnêtes et parfaitement sincères en sachant l'un et l'autre ce qu'ils pensaient.

    Et ils aimaient chez l'un et chez l'autre ce rêve d'idéaux plus élevés pour leurs semblables. Ils se rappelaient pourtant très bien de l'époque où ils se retrouvaient souvent face à face à se rentrer dedans parfois violemment.

    Bernard était dégoûté par l'iniquité et l'hypocrisie de la société actuelle, la précarisation progressive des salariés du public et du privé, et le dynamitage de ce qu'il reste de la classe moyenne.

    Il était révolté par le dé-tricotage du service public, à commencer par celui de l'Éducation Nationale, par celui de la poste. De jeunes militants le prenaient parfois pour un réac car il contestait aussi avec force la validité du pédagogisme et la pertinence des politiques mises en œuvre après « Mai 68 »

    Il était plus que scandalisé par les abus des lobbies divers et variés qui imposent leurs vues au pouvoir.

    De plus, il n'aimait pas du tout ces notables locaux ou pas qui jouent finalement leur carrière quand ils se présentent à une élection plutôt que de songer ne serait-ce qu'une minute au bien commun, et se satisfont de l'évolution de la société telle qu'elle est.

    Il n'y a plus beaucoup de militants comme Bernard, la plupart sont maintenant de gauche mais pour une gauche sociétale, ils se sont fait au consumérisme et ne voient pas pourquoi ils devraient s'en passer au fond, se contentant de quelques aménagements « équitables » ou de quelques belles formules sur le Développement Durable, sans remettre en cause beaucoup plus.

    Bernard croyait sincèrement que l'idéologie socialiste pouvait faire de ce monde un monde meilleur, pour combattre la pauvreté.

    revolution1848.jpg

    tableau pris ici

    Et il ne serait jamais allé voter en « consommateur », piochant ce qui l'arrangeait et s'en contentant.

    Cela va paraître contradictoire, cet hommage d'un type plutôt de droite, et catholique, mais finalement, nous partagions au fond les mêmes détestations, devant l'indigence du spectacle offert par la vie politique nationale et régionale, se limitant à des discussions sur des questions cosmétiques (voire sur des méthodes de pressing) pour beaucoup, à l'exaltation de révolutions faites par d'autres, à des grands mots, nous détestions tout autant l'individualisme profondément marqué de notre temps, l'égoïsme dans lequel menace de tomber notre pays.

    Repose en paix Bernard...

    Au moins ne seras-tu pas obligé de soutenir DSK comme tu l'aurais fait par discipline républicaine mais à contrecœur...

  • Les souffrances des outremangeurs

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     Sur Agoravox aussi

    outremangeur.jpg

    Au sujet du regard des autres pendant un régime...

    La personne obèse fait son régime pour elle, c'est la base de la réussite de celui-ci, mais elle apprécie aussi malgré tout que le regard des autres change.

    Or, si beaucoup sont prêts à donner de nombreux conseils diététiques divers et variés, souvent fantaisistes (du dernier régime médiatique à la mode à l'absorption de galettes de céréales au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner), ou de mieux vivre avant que le régime ne soit commencé ou même simplement envisagé, la perte de poids de la personne semble parfois comme les déranger, les embêter.

    Or, la personne obèse peut ressentir quand même un tout petit peu un besoin légitime quant à un changement de regard, que les autres apprécient ne serait-ce qu'un tout petit peu les efforts entrepris.

    C'est normal, c'est tout simplement humain.

    Si ses proches l'encouragent effectivement, c'est une autre paire de manches quant à l'entourage professionnel ou amical.

    Sur ce regard de l'autre, la personne obèse se leurre, elle se trompe, car elle n'a besoin en fait que de celui des personnes qui l'aiment vraiment. Quelqu'un qui ne l'aime pas réclamera encore et toujours qu'elle change et ne sera bien sûr jamais satisfaite, car aucune transformation, même la plus spectaculaire possible, n'y fera rien. On ne l'aimera pas plus.

    Je peux citer le cas de cet homme qui a perdu en moins d'un an quarante-cinq kilos sans faire d'efforts surhumains pourtant. Dans son entourage professionnel, il aurait pourtant pu perdre quatre-vingt kilos que ce regard des autres dans ce milieu précis eut été le même.

    Il a gagné beaucoup d'assurance, beaucoup de confiance en lui, beaucoup plus d'allant aussi vers les autres, mais rien n'a vraiment changé.

    C'est même pire.

    Avant c'était le pauvre « gros de service », un peu paumé, toujours en quête d'affection, toujours maladroit, que l'on aimait bien plaindre, dont on aimait bien parler du fait de sa vulnérabilité. On aimait bien ragoter sur lui, lui inventer même des affections dont il ne souffrait pas.

    Le « gros », ou « la grosse », de service est de deux types, il y a le type toujours heureux de vivre, plein de bonne humeur apparemment, toujours seule aussi dans les soirées, et il y a le type complexé, qui n'en sont finalement qu'un seul, le premier ayant finalement tendance à devenir le deuxième avec le temps qui passe et qui peut le laisser sur le carreau.

    Depuis qu'il a repris sa vie en main, personne ne supporte que le gentil mouton se soit révélé être juste un peu plus prédateur, un peu plus sûr de lui et ait envie de mettre en valeur les quelques qualités dont il dispose jusque là en sommeil.

    Ce n'est pas que les gens soient en apparence moins gentils avec lui, mais les bons conseils diététiques ou de « mieux vivre » se révèlent simplement plus venimeux :

    « Bien sûr tu as maigri, tu as beaucoup perdu, mais enfin (petit sourire de commisération en coin) tu es encore gros ».

    ou bien

    « Oui, c'est sûr, tu as perdu, mais tu sais, maintenant, le plus dur c'est de ne pas reprendre tu sais » (ce qui sous-entend que la personne va reprendre).

    Peut-être ces personnes sont-elles finalement jalouses de l'effort entrepris sur elle-même par la personne obèse ?

    Un effort équivalent dont elles seraient souvent bien incapables.

    Peut-être ne supportent-elles pas qu'elle soit beaucoup moins vulnérable ? Et qu'ainsi ils ont moins de prise sur elle ?

    Ou peut-être sont-elles simplement elles aussi finalement très complexées et par leur physique, et par leurs capacités intellectuelles ?

    Je n'ai pas la réponse.

    Bien sûr, si la personne obèse en voie de ne plus l'être ou de l'être beaucoup moins fait ce raisonnement devant les anciens « conseilleurs » la réponse est souvent de lui affirmer que finalement elle est aigrie par son régime, en colère, alors qu'elle est simplement lucide sur la réalité des liens qui l'unissent à son entourage professionnel ou amical.

    Ci-dessous un film qui décrit bien les souffrances des outre-mangeurs


    L’Outremangeur - Bande Annonce FR par _Caprice_

  • Marine le Pen est-elle le diable ?

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    Quelques réponses à cet article sur Agoravox

    Un sondage publié dans le JDD (« Journal Du Dimanche ») donne Marine Le Pen à 36% d'intentions de votes chez les électeurs issus de la classe ouvrière.

    marine-le-pen.1247004405.jpgIl n'en faut pas plus pour que la plupart des commentateurs du net, qu'ils soient officiels ou non, de la radio, de la télé, ou de la presse se transforment en autant d'exorcistes politiques qui clament encore maintenant qu'il faut continuer à diaboliser le Front National, que ce ne sera jamais un parti comme un autre, et bien sûr que ce n'est pas un parti républicain (sans dire qui décide et comment quel parti l'est, quel autre ne l'est pas).

    Certains commentateurs, ou plutôt certaines commentatrices, sont pourtant de temps à autre totalement pertinents, ainsi Natacha Polony, voir vidéo ci-dessous.

    Et elle a raison, les français sont surtout en colère, continuer à parler de vote protestataire, ou de vote forcément raciste, proche du nazisme ou du fascisme, c'est ne pas le comprendre.

    Et ils en ont marre des « vaches sacrées » politiques dont il ne faut surtout pas débattre pour trouver des voies de sortie dont :

    -es questions de sécurité ou de laïcité, de violences dans les quartiers populaires

    - L'Europe et la mondialisation, sur lesquelles il ne faut surtout pas poser de question, qu'il ne faut surtout pas contester.

    Jouer les grands imprécateurs, les grandes âmes éprises de liberté, je conçois que cela puisse faire plaisir entre la poire et le fromage, que cela plaise aux filles qui aime bien le genre « Robin des Bois », que cela permette de se donner une posture.

    Par contre, et là c'est moins glorieux, cela permet aussi de ne pas répondre aux problèmes vécus tous les jours par les français, de quelques origines qu'ils soient, quelle que soit leur religion, et empêche d'avoir à y chercher une solution.

    Car ce qu'oublie les imprécateurs ou les exorcistes politiques c'est que ce sont les français des zones de non-droit, qu'ils soient de deuxième ou troisième génération, musulmans ou non, qui sont les premiers à subir la violence et le fanatisme importé par des imams qui souvent ne connaissent que deux ou trois sourates du Coran.

    Il est des quartiers entiers régis par une économie souterraine contrôlée par quelques caïds qui y font régner la terreur en toute impunité.

    Il faudrait se demander pourquoi ses quartiers ont besoin à la base d'une économie souterraine pour vivre.

    On remarque que les tenants de celle-ci ont parfaitement compris les tenants et les aboutissants du libéralisme, ce qu'est l'offre et ce qu'est la demande. Dans quelques uns de ces quartiers, on distingue tout à fait clairement l'influence du pire radicalisme religieux qui mène surtout pour les femmes à des conditions de vie totalement dégradées, et l'on ne parle même pas des accessoires vestimentaires traditionnels ou réputés l'être qui sont la partie émergée de l'iceberg.

    Dans la plupart de ces endroits, il n'est pas rare que les « Scarface » en herbe des quartiers fassent régner la terreur en laissant leurs séides brûler de temps à autre la voiture de celui ou de celle qui n'a pas respecté la loi du silence y régnant.

    Parler de tout cela, c'est risquer instantanément de se faire injurier directement par les grandes consciences auto-proclamées de notre République, de se faire traiter de raciste, de nostalgique des ordres noirs, alors qu'encore une fois c'est oublier que les premiers à souffrir de cette violence, faite en particulier aux femmes, ce sont les français musulmans de première, deuxième ou troisième génération, la plupart du temps précaires comme de plus en plus de français dits de souche.

    J'en entendais une, de ces grandes consciences de bronze (le bronze sonne creux mais émet un son agréable à entendre), sur Europe 1 ce midi (à partir de 37' sur la bande), Pascal Caubère, qui en appelait au souvenir de Mussolini en 1923 et à Hitler. Il était malgré tout totalement pertinent sur un autre point, les élites, l'oligarchie, en France, ne se soucie absolument pas de l'expression démocratique et prétend gouverner sans en tenir compte en gardant le cap selon leurs vulgates idéologiques, que celles-ci soient libérales, sociales-démocrates, centristes ou marxisantes.

    C'est de toutes façons dévier le problème central qui est la précarisation économique des ouvriers, des salariés, des employés, qu'ils soient du public ou du privé. Or, contre la précarité, on entend beaucoup de déclarations de bonnes intentions, on nous promet une resucée des emplois-jeunes qui ne résoudra rien à court ou moyen terme, que l'on appelle ça des emplois d'avenir ou pas (Notons aussi que ce n'est rien d'autres également qu'une adaptation du CIP déjà proposé par Balladur).

    Au bureau des PTT de Roubaix, il y avait dans les années 90 un de ces emplois qui était chargé d'ouvrir et de fermer la porte de l'endroit en souriant.

    On se doute bien qu'au bout de ses cinq ans d'embauche, il ne pouvait prétendre à grand chose d'autres.

    Sur l'Europe, il ne faut rien remettre en cause non plus alors que l'Union Européenne s'est construite dans les faits autour d'une idéologie clairement libérale et privilégiant d'abord et avant tout le libre-échange économique, et une Europe soumis aux marchés, qui n'ont que faire du bien-être des nations ou de l'Union Européenne, ne s'intéressant qu'à la prise de bénéfices et à rien d'autres, ou à fixer les prix des matières premières selon leur intérêt propre (voir ce qu'en dit Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne ici et ici)

    A la base, il s'agissait surtout d'empêcher que les peuples européens ne se fassent de nouveau la guerre, en commençant l'union par une nouvelle amitié franco-allemande, ce qui est une grande et noble intention en soi. Et on peut parfaitement comprendre que la génération ayant vécu la guerre soit convaincu que ce soit le seul moyen.

    Mais après, et pour y parvenir, que fait-on clairement ?

    A droite, on croit que l'union économique favoriserait tellement l'interdépendance que cela rendrait impossible tout conflit, les bienfaits engendrés par la liberté économique, dont une incontestable croissance du niveau de vie depuis 1945, à gauche on reste persuadé que l'union économique finira par entraîner à court ou moyen terme des progrès sociaux tels et la naissance d'une citoyenneté européenne tellement prégnante que la paix régnera ainsi partout sur le continent.

    Pour le PS, qui ne semble pas voir le réel, il y a « un besoin urgent d'Europe ».

    Pour l'UMP, même si ce n'est pas aussi clairement exprimé, aussi.

    Tout cela reste bien abstrait et lointain, ces grandes déclarations, ce que voit la plupart des français c'est surtout l'augmentation des prix depuis la mise en place de l'euro.

    Même ce document clairement pro-européaniste, qui en nuance la portée, le reconnaît. Pour voir, on peut regarder cette vidéo qui convertit les prix en euros, ce que ça donnerait les prix, en monnaie d'avant l'augmentation d'un peu tout...

    Ce n'est même pas qu'il faille être contre l'Europe et sortir de celle-ci, mais pourquoi au niveau de l'Union Européenne n'y a-t-il rien de prévu quant à l'harmonisation des politiques contre la précarité économique ? Sur l'immigration ? Sur la laïcité ? Sur la sécurité des citoyens ?

    Serait-ce donc que l'Union serait un paravent pudique pour camoufler le fait que finalement toutes les politiques menées depuis 1945 ont surtout pour but de favoriser le développement des marchés économiques et leur pouvoir ?

    On ne peut le croire...

  • Restons (si) jeunes ?

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    On reste très jeune aussi sur Agoravox

    Malgré mon teint éclatant et mon port de tête altier bien qu'ayant dépassé la quarantaine déjà depuis deux ans, je ne me sens plus si jeune. Je suis un peu plus essoufflé qu'avant en montant les escaliers de Montmartre, enfin, dés que je suis un peu fatigué, ma tension se rappelle à moi par un sifflement continu tant que je ne me suis pas reposé. Si je suis beaucoup plus sage en ce qui concerne la nourriture et la bonne table, j'ai tendance à ne pas l'être encore assez concernant l'heure à laquelle je rejoins les bras de Morphée.

    kirene.jpgC'est encore sur la docilité qu'il me semble avoir le plus de travail « sur moi » à faire comme disent les psychologues, ces nouveaux ecclésiastiques du monde moderne, ces nouveaux clercs qui en ont tout vu, tout entendu, et qui savent que « la chair est faible » car ils prétendent avoir lu tous les livres. J'ai malheureusement en cette époque de standardisation et de normes l'indocilité chevillée au corps.

    On ne peut pas tout avoir.

    Cela ne me dérange pas de vieillir, de mûrir, d'avoir les cheveux qui grisonnent progressivement aux tempes. Cela ne me gêne pas d'apprendre enfin à surmonter quelques unes des erreurs que tout le monde appelle son expérience. Il en est qui ne se poseront même pas la question, toute leur vie ils ne dépasseront jamais le stade de la révolte adolescente post-pubertaire.

    Quand on a quinze ans ce n'est pas très grave, on porte tous les habits que détestent PapaMaman, on écoute la musique qui emmerde le plus les adultes, on s'enferme dans sa chambre pour téléphoner des heures aux copains ou aux copines en se plaignant d'avoir une vie tellement dramatique.

    Et après, passé vingt-cinq ans, a priori, on grandit, on entre dans l'âge adulte. Ce n'est pas si grave. Et hélas c'est le lot commun.

    La société telle qu'elle est actuellement nous encourage cependant à continuer à se conduire en « homards », en boutonneux narcissiques ou en midinettes un peu trop romantiques. Certains trentenaires se réunissent pour regarder en compagnie d'autres de leurs congénères l'intégrale de « Capitaine Flam », ou « Candy ».

    Dans les soirées mondaines, on aime bien offrir aux invités des sucreries gélatineuses et colorées en laboratoires.

    Bien sûr, comme on se passe à présent de la permission de PapaMaman pour la permission de minuit, on couche à droite à gauche sans trop se soucier des interdits. Mais par contre les jeux amoureux se limitent à des minauderies de petites filles ou petits garçons, des minauderies comme celles que les adolescentes aiment bien écrire dans les marges de leur agenda, ce genre de formules que l'on croit définitives quand on a quatorze ans et qui deviennent grotesques assez rapidement par la suite : « Pardonner, jamais, oublier peut-être »...etc...

    On prend soin de son corps, on le dorlote, on contemple avec ravissement son nombril en plein centre de son ventre, on se trouve tellement performante de crever de faim toute la journée pour conserver presque indéfiniment, grâce aux progrès de la science, le corps d'une gamine à peine pubère.

    Les « quadras » adorent sortir en boîte avec des gamins ou des gamines qui pourraient être leur progéniture et se pintent au « Malibu ananas » jusque cinquante-cinq ans passés. On ne boit pas de vin, c'est une boisson de vieux et puis comme on veut prendre soin de son corps on consomme, la plupart du temps, l'alcool avec modération. Comme ils disent à la « télé ». Et bien évidemment on n'oublie pas de manger cinq fruits et légumes dans la journée et de boire beaucoup d'eau minérale pour éliminer les mauvaises toxines.

    On en reste pour la gastronomie à des plats de cantine qui font presque couler la larme à l'œil car ça rappelle la maternelle

    On retarde le plus possible l'entrée dans l'âge adulte.

    Du moins le croit-on.

    Car un jour, le quinqua qui se saoule un peu trop, la dame d'âge mûr qui se voit engoncée dans sa minijupe trop petite pour elle tel un jambon d'Arles finissent par se regarder un peu plus longuement dans le miroir, y trouver la fatigue et avoir enfin envie d'un peu de sérénité et de douceur de vivre.

    Quand ils sont sages et point trop marqués par le matraquage quotidien de la pub.

    Bien sûr, s'il est trop tard pour les sauver de l'influence de celle-ci, monsieur se mettra en tête de faire son jogging tous les jours, quitte à s'offrir avant l'âge une belle crise cardiaque due à l'effort soudain qu'il s'infligera, pendant que madame ira consulter chez un chirurgien esthétique, un gourou quelconque ou un psy (barrer la mention inutile) pour oublier les ridules qui parsèment maintenant son front.

    Et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes consuméristes qui continuera donc de tourner...

    Ci-dessous, lui aussi aime bien les produits naturels et n'a pas beaucoup vieilli dans sa tête.


    Les Nuls, ultra moux de Granier par mamat_buz

  • Tout ce qu'il y a à dire au sujet de "Piss Christ"

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    pisschrist.jpg« Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe ? Cela est déjà fait »

    de Bernanos

    Merci à Koz Toujours et Sébastien Lapaque de rappeler cette phrase, voir l'article de koz

  • "Skyrock" : radio djeuns et gros sous en péril

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    Sur Agoravox aussi

    Le pédégé « historique » de « Skyrock », Pierre Bellanger, se verra certainement supplanté par Marc Laufer pour l'actionnaire principal de cette station de radio, « Axa Assurances ». Comme il ne craint pas le ridicule, et pour garder et son poste, et son salaire mirobolant, il en appelle maintenant 2993262141_1_3_Sh0OobkQ.jpgà la France du multicul' et de la tolérance « black blanc beur » pour y arriver, le tout je pense sincèrement, ce qui est le pire.

    Il nous promet un gigantesque concert "de génération", c'est du sérieux...

    Il en appelle à la France des « djeuns » et des banlieues dortoirs où il fait bon vivre en fait grâce aux « cultures urbaines », vocable assez pompeux pour désigner ce qu'aime bien les jeunes, ceci pour ne pas les culpabiliser d'aimer de la m..e, et surtout de ne plus avoir vraiment d'identité commune, qu'ils soient français de la première, deuxième, ou énième génération.

    Il ne faut pas quand même pas exagérer, « Skyrock » ce n'est pas « Carbone 14 » (j'explique à ce lien car je parle « d'un temps que les moins de vingt ans etc... ») ou « Radio Pirate » (il y eut ce film assez consensuel dessus) ni même « Radio 7 ».

    C'est une chaîne commerciale qui engrange beaucoup de profit en misant sur la démagogie, le rap, le « r'n'b » le plus dégoulinant de bons sentiments multicul' aussi, le coaching « sexo » pour les ados, avec une caution médicale, comme sur « Fun » aux « grandes » heures de « Doc » et « Difool » et j'en passe (les animateurs vulgaires et caressant bien le jeune consommateur dans le sens du poil tout en prétendant l'aider à l'émanciper alors qu'ils ne font que le pousser à se rajouter un ou deux boulets en plus aux pieds).

    blague-r-n-b-beyonce-mange-des-nems.jpegC'est encore et toujours une question de gros sous pour laquelle les uns et les autres n'hésitent pas à manipuler les jeunes, qui sont tellement malléables, il faut dire. Attention, je ne fais pas dans le refrain vieux con, les jeunes des années 20 l'étaient tout autant, tout comme ceux des années 60 ou ceux de ma génération.

    Ce qui a changé par contre est que le jeune (15-25 ans pour les statisticiens et les publicitaires) est devenu une cible prioritaire de la société de consommation et une source de profits juteux et ce de plus en plus tôt.

    Sur « Skyrock », comme sur d'autres radios « djeuns » on serine à l'auditeur adolescent que c'est bien d'écouter SA musique sur SON dernier modèle de « smartphone », qui est drôlement cool, que c'est quasiment rebelle de changer de baladeur MP3 tous les trois mois pour emmerder les adultes avec Beyoncé ou Lady Gaga dans les transports en commun ou dans la rue, alors que c'est juste pénible.

    On lui affirme aussi qu'il a raison de trouver séduisantes et drôlement sympathiques des filles vulgaires décolorées ou non habillées comme des "professionnelles" confirmées que leur titre de gloire soit d'avoir participé à une quelconque niaiserie téléréelle ou d'avoir poussé la chansonnette sur un ou deux CD.

    Sur « Skyrock » comme ailleurs, on ringardise celui ou ceux qui vont contre les vrais conformismes justement, ceux qui laissent croire aux bêtes de somme perdues dans le troupeau qu'elles choisissent elles-mêmes ce qu'elles écoutent, ce qu'elles se mettent sur le dos ou ce qu'elles mangent etc....

    Certes, sur Skyrock, il y eut aussi Maurice sur Skyrock (voir ici ce qu'il dit sur les banlieues d'ailleurs, qui est assez juste) qui donna un temps l'illusion qu'il pouvait y avoir une sorte d'équivalent de Howard Stern en France.

    Il eut du succès, car bizarrement, pour la plupart des adolescents qui sont pourtant on ne peut plus normatif et conformiste, ce qui est certes normal à leur âge, il y a un grand plaisir à écouter un type qui se moque de leur mode de vie, descend en flammes ce qu'ils aiment et passe son temps à les insulter copieusement.

    C'est facile à comprendre, c'est comme pour les adultes, le conformiste c'est bien sûr toujours le voisin.

    Howard Stern, avec des émissions comme « Jackass » qui ont poussé le « trash » jusqu'à son extrême limite ce qui l'a au fond banalisé a fini par ronronner et toutes les célébrités ont fini par se presser aux portes du studio où il enregistre son show qui a sombré dans la routine, la routine des starlettes pornos qui montrent leurs seins rechapés et des actrices qui parlent crûment de leurs problèmes de cul, sans pour autant que cela remette en question une seconde le spectacle ininterrompu dans lequel nous vivons depuis bien tôt une bonne soixantaine d'années.

    Et je me souviens quant à moi des émissions de Desproges dans les années 80, autrement plus corrosives et mieux écrites aussi...


    Les inconnus - y en a marre du rap par maroccos

  • Vacances j'oublie tout

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    Ce blog est en mode vacances.

    Il y aura des articles si je veux (d'abord !)

    Le tube ci-dessous, bien kitsch, bien désuet finalement, et assez sympathique pour un tube de vacances, en parle très bien.

    MMmmmh, ça sent bon les années 80...

    En vacances, on oublie les faux culs, les hypocrites, les lâches, les andouilles, les prétentieux, on se repose...

  • La visite de mon spleen

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    Il est sur Agoravox ce sagouin de spleen

    « Oui, j’ai le spleen, compliqué de mélancolie, avec la nostalgie, plus l’hypocondrie, et je bisque, et je rage,

    et je bâille,

    et je m’ennuie,

    et je m’assomme,

    et je m’embête ! »

    (Victor Hugo, Les Misérables)

    « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. »

    (Baudelaire, Le Spleen de Paris que l'on peut trouver à ce lien)

    penseur.jpg

    image du Penseur prise sur ce site

    Ce matin, on a toqué à ma porte plusieurs fois. D'habitude, le matin, je fais attention, je n'ai pas envie de tomber sur des témoins de Jéhovah, voire de Gévéor, en chemisette blanche un sourire éclatant de présentateur télé aux lèvres m'annoncer que je resterai dans le péché et l'ignorance tant que je ne m'abonnerai pas à leur feuille de chou, c'était encore moins un de ces pauvres gars qui frappe parfois pour demander un sandwich.

    J'ai quand même ouvert, c'était visiblement un pauvre type qui m'a fait pitié :

    les cheveux en bataille, les yeux de chien battu, un air de pauvre victime, la chemise tire-bouchonnée sur son pantalon trop large, le bas en était décousu et traînait sur le sol sans que cela ne le gêne.

    Cependant il m'apparut que son regard luisait de toute la rancœur qu'il me sembla percevoir derrière, une rancœur qu'il essayait de cacher tant bien que mal mais qui était bel et bien présente.

    Je l'ai fait entrer, il m'a fait pitié.

    Il s'est présenté.

    C'était mon spleen.

    Enfin, c'est ce qu'il a prétendu, je le reconnaissais à peine, la dernière fois il ressemblait plus à un vieux clochard fatigué, cela faisait longtemps qu'il n'était venu me voir. Il commença en m'expliquant qu'il était fatigué, que les gens l'énervaient et qu'ils lui voulaient tous du mal.

    Dés qu'il se mit à ouvrir la bouche, je le soupçonnais très vite d'être encore un peu menteur, un rien affabulateur.

    Les spleens sont connus pour se raconter des histoires auxquelles ils croient sincèrement.

    Il ne ressentait que de l'ennui, le dégoût de tout, presque de l'acédie. Il m'a agacé très vite à raconter sa vie dés qu'il eut posé son derrière sur une chaise que je lui avançai. Il parlait et parlait, se plaignait de tout et de tout le monde, il prétendait ne plus rien supporter.

    Il en avait marre de cette vie, affirmait-il. J'eus envie de lui demander pourquoi il ne se pendait donc pas encore derechef. Mais je connaissais la réponse, il s'aimait bien quand même, le dégoût qu'il affichait du monde et de ses congénères n'était rien d'autres que du narcissisme du gosse qu'il était au fond, un gosse qui voulait qu'on s'occupe absolument de lui.

    Il m'a dit que moi heureusement je le comprenais, c'est normal il était mon spleen, mon hypocondrie morale et intellectuelle.

    Il me disait que j'étais comme lui, plus intelligent et plus doué que les autres, un incompris, c'était normal que l'on ne nous comprenne pas car les autres étaient tous jaloux.

    Bien sûr, il avait son blog sur Internet où il écrivait presque chaque jour, des articles qui étaient censés parler de différents sujets mais au bout du compte, il parlait encore de lui.

    Je me suis demandé à ce moment là pourquoi tous les spleens que je connaissais, c'est une espèce qui se répand en nos temps d'ultra-moderne solitude, affectaient tous d'être des rebelles, des dandys mal rasés, mal fagotés qui espéraient qu'une femme trouve ça un jour émouvant alors que contrairement à ce qu'elles prétendent elles préfèrent les types positifs qui les rassurent, l'inadapté c'est pour le rêve, le fantasme de petite fille mais on n'ira pas jusqu'à se mettre en ménage avec.

    J'ai tenté de lui répondre, de dialoguer avec lui mais cet imbécile continuait à parler et parler encore :

    « on ne le reconnaissait pas pour sa culture, d'ailleurs tout petit déjà ses professeurs et son entourage ne comprenait pas combien il était spécial etc... »

    J'ai soupiré et tapoté du bout des doigts sur la table en face de nous espérant lui faire comprendre que ce qu'il disait était bien beau mais qu'il y avait mieux à faire : ouvrir un livre, aller au cinéma, boire un verre, aller regarder les jambes des filles à la terrasse d'un café ensoleillé.

    J'en ai eu marre et j'ai décidé d'employer les grands moyens.

    J'ai pris ce connard pleurnichard et hargneux, il se débattait comme un beau diable, par le col et je l'ai fichu à la porte à grands coups de pieds dans le train. Il me hurlait qu'il était indispensable, que j'avais absolument besoin de lui, que sans lui je n'étais rien, mais je n'en avais cure.

    J'étais soulagé de ne plus l'entendre me casser les pieds avec son égocentrisme. Pour me distraire de ce fâcheux épisode, je relis deux ou trois contes de Marcel Aymé et j'écoutais les merles par la fenêtre.

    Et je me sentis mieux.

    Ci-dessous un anti-spleen à moins que ce ne soit l'inverse

  • La littérature et la gastronomie : deux expériences dangereuses

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    Sur Agoravox

    Au sujet de « Aventures d'un gourmand vagabond » de Jim Harrison : « le cuit et le cru » – en points Seuil

    « Le barman n’était pas occupé et nous avons parlé de Jack London. […] Je lui ai rétorqué que j’avais un jour allumé un feu de camp sous un pin couvert de neige et que, comme il fallait s’y attendre, la neige avait dégringolé de l’arbre et éteint mon feu. C’était une expérience littéraire. Mon anecdote a ravi le barman, qui a dit que la littérature était parfois une expérience dangereuse. »

    extrait de « une Odyssée américaine » de Jim Harrison

    photo de l'auteur ci-dessous prise ici

    harrison.jpgLa littérature est en effet une expérience dangereuse, car c'est une expérience qui engage parfois toute l'existence du moins quant à ceux qui sont dotés d'un peu de sensibilité.

    Elle est moins dangereuse que les bonnes choses à manger rétorqueront les coachs de diététique, de vie, d'alimentation (on ne parle plus de gastronomie ou de bon goût mais d'alimentation, en mangeant il s'agit surtout finalement de « mettre du carburant dans le réservoir » des machines que sont devenus nos corps à l'époque de la marchandisation d'un peu tout, y compris les gens, les bêtes, les lieux, et même les rêves.

    L'auteur de ce texte parfaitement immodeste, lui-même pourtant grand gourmand devant l'éternel, a trouvé en lisant ce recueil de petits articles sur la nourriture, l'alcool, le bien-manger et le bien-vivre en général que Jim Harrison était une sorte d'ogre appréciant tellement la vie qu'il veut goûter à tous les plats qu'elle propose au buffet.

    La plupart des grands angoissés, des grands lucides, des inquiets, aiment la bonne table.

    C'est encore la meilleure manière de ne pas se laisser effrayer par toutes les épées de Damoclès au-dessus de nos têtes. C'est aussi une excellente méthode pour tourner en dérision les prétentieux qui sombrent trop souvent dans l'esprit de sérieux, les exaltés qui veulent leur conception du salut et du bonheur, même contre notre gré, les jaloux, les envieux, les larbins, les violents, les brutes, comme Athos dans sa cave.

    Ce livre très sympathique n'est pas fait pour les couche-tôt, les bonnets de nuit raisonnables, les adeptes de hygiéniquement correct et des cinq fruits et légumes par jour, ceux qui en général ne comprennent rien aux plaisirs de la chère et de la chair, et aussi du bon vin ou aux voyages immobiles que l'on peut faire grâce à de bons alcools. Jim Harrison n'a aucune illusion sur ces frères humains mais dans le même temps, il les aime tous, malgré tout, et tient à leur faire partager un peu de la joie qu'il ressent à partager un bon repas avec des amis ou un bon vin, que ce soit au milieu d'un désert ou au cœur de Beverly Hills.

    Pour les imbéciles il ne s'agit que d'histoires de boustifailles, pour eux un bon repas tel que le décrit l'auteur de ce livre ça consiste juste à bouffer jusqu'à s'en faire éclater la panse. Un bon repas éteint l'angoisse, la peur s'éloigne ainsi que la bêtise un peu plus prégnante chaque jour autour de nous. Mais pour apprécier un bon repas, il faut aimer la vie et les hygiénistes la détestent, ils sont incapables de percevoir la beauté toute autour de nous, incapables de comprendre que malgré les guerres, la sottise et la haine, la vie est un cadeau.

    Ne parlons pas d'alcool qu'il s'agit de consommer à peine avec modération, les sots se prétendant hygiénistes ignorant vraisemblablement que boire un bon vin, un bon whisky, un bon Cognac, une liqueur odorante, cela ne consiste pas à se bourrer la gueule mais en quelque sorte à louer la nature et les beautés qu'elle procure et partager juste un moment encore un peu de joie avec des personnes pour lesquelles on a de l'affection.

    Actuellement on aime bien parler de gastronomie à condition que la forme et la présentation des plats soient forcément déstructurées et dans le vent indiqué par la mode, à savoir de toutes petites portions ridicules dans des cuillères chinoises, des verrines où l'on entasse tout et n'importe quoi, des assiettes carrées où les viandes ou poissons doivent être forcément servis accompagnés d'un trait de sauce forcément géométrique un rien grotesque. La cuisine devient un atelier de petit chimiste avec la cuisine moléculaire qui s'est avérée après quelques maux d'estomac gratinés des clients des restaurants de luxe la proposant au menu plutôt dangereuse pour la santé.

    D'ailleurs on ne doit plus parler de gastronomie mais de « fooding » où l'on aime bien également les aliments régressifs : on met des fraises « tagada » (très à la mode dans les soirées bobos où elle voisine avec les cacahouètes et les petits fours salés) dans les gâteaux, des « carambars » dans de la sauce pour poulet, des « malabars ». Il ne faut plus parler de plats il est vrai mais de « foodies ».

    On aime bien les « smoothies » sans goût, mais réputés tellement bons pour la santé !

    71879_853431343_coeur_0012_H021222_L.jpgLa nourriture devient alors un signe d'appartenance à un statut social, le prolo mange au « Mac Do », le franchouillard se prépare un pot-au-feu bien gras, le bourgeois bohème en recherche de culture partout où il passe lui pratique le « fooding ». La cuisine devient également un lieu de compétition où il s'agit d'en mettre plein la vue à ses invités et non de partager quoi que ce soit avec eux.

    Alors bien sûr, les hygiénistes me diront :

    « Tu écris ça mais Jim Harrison avoue au début de son livre que toute cette bonne nourriture lui a surtout coûté quelques crises de goutte extrêmement douloureuses et une tension de concours, il a été bien puni comme tous les gourmands ».

    Ce à quoi je répondrai que les hygiénistes, comme les autres conformistes, dans ce genre là ressentent toujours une joie mauvaise à faire la liste de toutes les conséquences certes embêtantes pour la santé du comportement parfois déséquilibré des angoissés qui ont un peu trop festoyé dans leur vie pour éloigner les abrutis ou la camarde elle-même, mais que l'on peut tout autant mourir d'ennui.

    Ce petit texte est dédié à une jeune femme avec qui je suis allé manger un jour un excellent repas, totalement incorrect au regard des normes mais tellement délicieux, sur les hauteurs de Montmartre non loin du « Lapin Agile » dans un petit établissement tout rose ressemblant à une bonbonnière (photo ci-dessous : "La Maison Rose" à Montmartre, prise ici).

    Cette dédicace est là pour rappeler que les plaisirs de la table sont liés à ceux de l'amour, et donc là encore aux plaisirs de la vie en général.

    Parfois il n'y a plus que ça pour conjurer le désespoir, comme les personnages de "la Grande Bouffe" voir la bande annonce ci-dessous

  • Une société de voyeurs

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    En discussion sur Agoravox

    Nous sommes une société de scopophiles, de voyeurs qui adorent regarder, scruter, surtout ce qui ne va pas, chez l'autre. C'est pourquoi nous laissons notre quotidien être envahi par les caméras de browning_et_les_freaks.jpgsurveillance. Nous sommes des spectateurs du peep-show du monde actuel, fascinés par la destruction, la catastrophe, l'ordure, la violence, la haine. Les films hollywoodiens ou non formatés adorent montrer tout cela, comme ils rechignent à parler de sexe ou d'amour de manière un peu adulte et non comme une adolescente à peine pubère.

    Comme nous adorons aussi nous faire peur avec l'idée de notre propre destruction comme si nous étions finalement conscients d'aller à l'abîme à grands pas et joyeusement.

    Il n'y a plus de spectacles de monstres, il n'y a plus de cirques montrant des « phénomènes », mais nous mettons des petits myopathes sur une scène, en pleurnichant un peu pour nous donner bonne conscience mais c'est toujours « Barnum » en représentation avec ses « freaks ».

    C'est d'ailleurs paradoxal à notre époque hyper-normative qui favorise une hyper-standardisation d'être aussi attirés par la monstruosité et la difformité, à croire que beaucoup voit dans les handicapés un reflet de leurs âmes plutôt tourmentées.

    Et toujours avec le même manque de franchise et d'honnêteté quant aux motivations. On ne veut surtout pas parler de compassion ou d'humanité simplement.

    Pour s'excuser de notre curiosité malsaine, nous enrobons le tout de bons sentiments bien mièvres, de sensiblerie dégoûtante et frelatée, la même que l'on retrouve dans les publicités tellement « authentiques » pour de la purée en sachets ou du jambon sous vide. Cette sensiblerie, cette exaltation d'une fausse gentillesse geignarde et rose-bonbon, c'est notre justification de notre voyeurisme.

    On montre des petits africains qui souffrent de famine, des japonais tellement « dignes dans leur souffrance » selon la formule que l'on a entendu tout le temps, des jeunes arabes tellement courageux qui font la révolution par procuration pour les occidentaux endormis dans leur mauvaise graisse, leur choléstérol, leur anorexie ou leur boulimie, leurs névroses de riches et de bien-portants. On cherche un signe ou un sens à une catastrophe. On aime bien mettre en parallèle deux catastrophes, Fukushima et le 11 septembre, par exemple.

    Au bout du compte, c'est surtout que les catastrophes rassurent celui qui bénéficie d'un certain confort matériel, et souvent intellectuel. Il se dit alors qu'il y a plus malheureux que lui et apprécie d'autant mieux son aisance. Bien sûr, cela ne lui viendra pas à l'idée une seule seconde d'essayer de changer quoi que ce soit à l'iniquité fondamentale qui mène cette société.

    C'est forcément la fin du monde, on n'hésite pas à sombrer dans le millénarisme le plus délirant, comme croire que la planète va vraiment s'arrêter de tourner le 21 décembre 2012.

    C'est curieux de constater que notre époque qui se dit et se revendique amorale et a-religieuse croient en autant de choses aussi irrationnelles et tenant de la foi du charbonnier.

    Il faut dire que dans les magazines et même dans des journaux dits sérieux on n'a jamais vu autant de publicité pour différents horoscopes ou méthodes d'astrologie ou de divination.

    Si tant de personnes sont persuadés que le monde va crouler en même temps qu'eux, c'est a ussi par individualisme forcené, du fait du nombrilisme extrême tel qu'il se pratique de nos jours : « Si je meurs, c'est forcément le monde entier qui doit mourir en même temps que moi ».

    Cela tient aussi de la croyance qui veut que notre société de sur-consumérisme soit le nadir de la civilisation, une apogée, l'acmé de la pensée alors que nos descendants nous considèreront certainement, peut-être d'un oeil attendri, comme des barbares.

    On s'étonne qu'un petit garçon, (ou une petite fille), né avec un handicap qui se voit un peu, cela suffit pour provoquer la curiosité mal placée, devienne plus tard caustique voire cynique alors qu'il a pris l'habitude de diviser très tôt le monde en deux catégories : ceux qui ne s'arrêtent qu'à l'apparence, ceux qui vont plus loin.

    Photo ci-dessus et vidéo ci-dessous extraites de "Freaks" de Tod Browning (sur la photo on voit le réalisateur et ses acteurs, photo prise ici), le chef d'oeuvre s'interrogeant le mieux sur la "normalité" et la "différence".


    Freaks 1/4 par laingui

  • A peine commencée pourquoi la campagne présidentielle lasse déjà

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    Article en discussion sur Agoravox

    la "Terre sainte de la médiocratie" est aussi sur Agoravox

    Commençons cet article par un avertissement au lecteur, il ne s'agit pas ici de tomber dans « le tous pourris, tous nuls » concernant les politiques mais au contraire que la politique retrouve sa vraie place face à la prépondérance actuelle du « tout économie ».

    Assemblee-Nationale-paris.jpgLa campagne présidentielle a déjà largement commencé.

    C'est tout le problème du quinquennat, à peine la précédente est-elle finie que ça reprend de plus belle quand on pense s'être débarassé une bonne fois pour toutes des discours creux, et des grandes déclarations pompeuses mais vides. Les candidats commencent donc à se déclarer un peu partout, à exposer leur credo politique, bien sûr toujours généreux et favorisant l'épanouissement de la communauté.

    A les entendre, les politiques ne pensent qu'au bien commun.

    On peut même penser qu'ils sont sincères, de DSK à Mélenchon, de Bayrou à Marine Le Pen, alors que l'on sait bien qu'au fond ce qui compte pour eux c'est de se construire un avenir professionnel et personnel qui leur assure le confort matériel qu'ils estiment nécessaires quant à leur mission, se percevant tous comme choisis par le destin pour conduire le destin des êtres humains moins brillants qu'eux à leurs yeux, un peu comme n'importe quel commentateur politique se donnant d'autorité une capacité de jugement plus fine que le commun des mortels dont il est certain de ne plus faire partie.

    Économiquement, pourtant, on peut penser, sans trop s'avancer, que le PS, L'UMP mais aussi le Modem mèneraient finalement la même politique économique, avec quelques variantes par-ci, par là, un peu de social pour faire passer la pilule, ou quelques petits cadeaux fiscaux aux électeurs.

    Le projet du PS est suffisamment vague pour que le candidat qui sera désigné par les primaires puisse s'en accommoder par quelques ajustements là où il le désire. A le lire, le projet du PS ne remet pas en cause l'hyper-libéralisme et n'a dans son havresac que quelques adaptations cosmétiques. Il se focalise sur des dépenses publiques à court terme qui pourraient sembler séduisantes si l'on oublie que les gouvernements nationaux n'ont que très peu de marge de manoeuvre dans l'Union Européenne, étant soumis aux diktats de la Banque Centrale Européenne et de son directeur qui demande quant à lui une réduction des dépenses et emprunts publics.

    Quand on sait que le PS est clairement pro-euroépaniste, cela semble donc contradictoire. Dans leur projet l'état reste encore plus ou moins présent, mais il n'a que peu de rôle vraiment décisionnaire.

    Au bout du compte ce seront les marchés qui décideront tout comme à l'UMP.

    Quant à s'accorder avec les politiques fortement suggérées par Jean-Claude Trichet, l'UMP n'a pas à s'inquiéter, son projet consistant surtout à baisser les impôts pour les catégories sociales où l'on vote le plus pour ce parti. Nulle part dans ce projet, on ne trouve de remise en cause réelle et concrète de la politique monétariste du président de la BCE, que l'on voit encore dans cette vidéo appeler à une politique publique encore plus économe, à un état de moins en moins prégnant. A l'UMP, beaucoup de responsables (voir à ce lien) ne cachent pas que ce qu'ils appellent de leurs voeux c'est la création d'un grand marché transatlantique.

    On notera ici que si ce grand marché est dans les projets de l'UMP et du PS il l'est aussi dans ceux du Modem qui présente des propositions libérales sur tous les plans ne divergeant que sur peu de choses de l'UMP, au Modem on serait un chouïa moins conservateur sur le plan moral.

    On voit également ce projet de grand marché transatlantique rassemble puisque « les verts » (leur projet ici) y sont également favorables par conviction internationaliste pour eux, en étant aveugles quant aux conséquences économiques.

    Sur le site des eurodéputés d’Europe Écologie, on trouve aussi le passage suivant :

    « Les Verts/Alliance libre européenne est un groupe parlementaire européen composé des Verts et des représentants des nations sans état (“régionalistes”) ».

    Pour en mesurer la signification, on se reportera avec profit à l’article « Europe Écologie », « Europe Ethnies » d’Yvonne Bollmann publié par l’Observatoire du communautarisme le 06 juillet 09.

    Curieusement, on notera également que les médias n'accordent que peu d'importance à ce genre de votes pourtant radical quant à ses conséquences sur l'avenir de l'Europe et de la France, une idée qui plaît de moins en moins aux politiques des partis dits traditionnels, même à l'UMP où l'on se pose en ce moment en garants de la laïcité et en défenseurs du pacte républicain, déjà bien entamé.

    Il faut quand même signaler malgré tout que la politique de l'UMP sur ces questions, cynique et électoraliste, part de préoccupations et d'inquiétudes fondées.

    Ce sont ces préoccupations et ces inquiétudes, auxquelles on n'offre aucune réponse qui font le socle du Front National. Et ce n'est pas en calomniant les électeurs du FN, ou leurs candidats, ou en les traitant de « cons » comme Sophia Aram et d'autres que l'on règlera le problème.

    C'est un peu dommage que pour argumenter face à Marine Le Pen on ne trouve rien de mieux que d'exposer au tout-venant ce qui relève de la vie privée et de la morale personnelle, sans s'inquiéter des conséquences (voir à ce lien l'« affaire » « Anggun », on note sur cette « affaire » que les bons apôtres et les commentateurs qui n'ont de cesse d'habitude de hurler au retour de l'Ordre Moral et des Heures Les plus sombres de notre histoire (Tm) se comportent ici en inquisiteurs des plus sévères ou en indics' de basse police).

    En parcourant le programme du FN, on constate que s'il est enrobé de nationalisme et de flonflons patriotes, il est très proche quant à l'économie de celui de l'UMP et du PS ou du Modem. C'est d'ailleurs logique, la plupart des politiques admettent parfaitement, sans trop le dire, l'allégeance de la nation aux directives européennes.

    Quand on s'intéresse aux « petits » candidats, de Nicolas Dupont-Aignan de « Debout la République » à Jean-Luc Mélenchon du « Front de Gauche » en passant par Olivier Besancenot du « NPA », on remarque surtout une chose ou deux.

    Finalement, derrière les formules pétaradantes, les grandes déclarations grandiloquentes, il n'y a pas grand-chose de concret.

    On attendrait pourtant un grand mouvement de protestation centré sur la précarisation de la situation des salariés, des employés, des ouvriers, de remise en cause tangible et bien claire de la politique de la BCE. On se limite beaucoup aux conflits d'intérêts personnels d'ailleurs mis en scène avec complaisance dans les médias (voir ici le débat Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon). Et finalement, les héraults de la République sociale et révolutionnaire, même eux, peuvent être tout sucre tout miel avec celle qu'ils traitent de fascistes par ailleurs (voir ici cette instructive vidéo).

    Ces « petits » candidats, Christine Boutin compris, ressemblent de fait à des fusibles, ou des pantins manipulés de près ou de loin par les « grands » partis pour s'assurer le pouvoir sans peine, sachant que ces « petits » candidats seront bien dociles quant il s'agira lors d'un deuxième tour d'élire.

    Et je ne suis pas tout à fait sûr que les militants chez les uns ou les autres soient prêts à un changement de société pour plus d'égalité. On voudrait que les syndiqués, au moins, qui se mobilisent pour défendre leurs statuts, ce qui est somme toute légitime, se mobilisent et se déplacent contre la précarité plus souvent au lieu de se contenter de quelques lignes alibis en bas des tracts.

    Bref, ce que l'on aimerait, c'est que les politiques, et les militants au bout du compte très dociles, le soient beaucoup moins et qu'ils fassent preuve de courage, au risque de perdre leur situation, leur rond de cuir...

    Ci-dessous un "bêtisier"

  • La semaine du développement durable : un exemple sur le terrain, l'Eure

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    On parle aussi du Développement Durable sur Agoravox

    Semaine du Développement Durable : du 1er au 7 Avril (voir site)

    On parle beaucoup du développement durable au sujet de Paris, de l'Ile de France, et des grandes agglomérations mais jamais en région ou dans les petites villes de province (ou de banlieue).

    D6000.jpg

    Ci-contre l'hotel de ville d'Évreux, photo prise ici

    Les articles en traitant vont rarement sur le terrain, se contentant d'aligner les grands principes sans essayer de voir les problématiques concrètes, les ignorant, voire les laissant se développer. On proteste de ses bonnes intentions, on organise des « fêtes de l'écologie » des fêtes de la « responsabilité écologique », et finalement, rien n'est fait. Pour parler de terrain, il semble qu'Évreux et le département de l'Eure sont deux excellents exemples.

    Avant que l'on accuse ce texte d'être négatif, signalons les initiatives très positives quant au développement durable à Évreux comme ce blog signalant les initiatives d'un collectif de citoyens.

    Le principal problème de l'Eure, et de sa préfecture, Évreux, c'est la difficulté à exister face à trois grandes métropoles proches : Paris, Rouen et dans une moindre mesure, Caen. Évreux devient un gigantesque centre administratif de second ordre où se concentrent quelques services et reste considérée comme une sous-préfecture de la Seine-Maritime. Les couches sociales représentées à Évreux sont donc principalement des employés, des salariés issus de la classe moyenne supérieure, des « cols blancs ».

    Les eurois et les ébroïciens sont donc dans leur grande majorité obligés de prendre leur voiture ou les transports en commun, pour ceux qui travaillent à Paris ou à Rouen, pour aller travailler, donc d'émettre un peu plus de pollution.

    Or, dans les deux cas, un problème se pose.

    ligne_evreux-louviers-rouen.jpg

    ligne Evreux-Rouen désaffectée ci-contre : image prise ici

    Rappelons également en passant que pour aller de Évreux à Rouen en train il faut passer par Paris, ce qui est un non-sens. La liaison ferroviaire de ces deux villes est un peu un « serpent de mer » qu'invoque tous les politiques du département au moment des élections, pour l'oublier ensuite totalement.

    Ce projet est d'ailleurs combattu en sous-main, ou non, car tout le monde en veut tant que c'est le voisin qui est embêté.

    Ce serait pourtant une solution pour désengorger la circulation dans ces deux agglomérations, un investissement lourd rapportant à long terme. Mais, comme partout ailleurs en France, on pense surtout au court terme et aux bénéfices électoraux rapides.

    En voiture, le matin, il suffit de regarder les véhicules que l'on croise pour aller à Rouen, on y voit à chaque fois une personne et une seule. Si des solutions de covoiturage sont proposées (sur la base du volontariat, et des propositions des conducteurs, voir lien), elles tiennent pour l'instant du gadget.

    On note d'ailleurs que les propositions mises en ligne sur le site du Conseil Général ne sont pas actualisées, ce qui montre l'intérêt qui y est vraiment porté.

    Du fait de l'augmentation des prix de l'essence, il est incompréhensible que ce système ne se développe pas beaucoup plus car il permettrait aux personnes obligées de prendre leur voiture de faire des économies substantielles.

    Le covoiturage plus développé permettrait également d'aider les habitants des communes rurales autour d'Évreux et des grandes villes du département et qui sont excessivement mal desservies :

    Souvent les habitants ne disposant pas d'un moyen de transport personnel ont le choix entre un car à 6h, 6h30 du matin, et puis plus rien jusqu'en début d'après-midi. Le fait que le billet ne soit qu'à deux Euros, ce qui en soit est déjà un progrès afin d'encourager à utiliser le car, ne change donc rien, les horaies étant souvent conçus en dépit du bon sens.

    De plus, personne ne semble tenir compte des correspondances. Par exemple, une personne voulant se rendre d'Évreux à Gasny en car prendra le car de 6h40, qui arrive à 7h15 à Vernon, soient 5 minutes après le départ du car pour Gasny.

    Le car a aussi une image déplorable, c'est le moyen de transport, dans la tête des eurois, excepté pour celui qui va à Rouen curieusement, des « moins que rien », de pauvres hères que l'on méprise plus ou moins.

    Ceux qui habitent Évreux et prennent le train tôt n'ont pas d'autre choix que d'aller à pieds à la gare ou prendre la voiture car le service de bus commence trop tard, ou ne dessert pas la gare, ce qui implique de graves problèmes de stationnement et de circulation.

    Prendre sa voiture devient, comme ailleurs, un geste automatique pour faire des trajets courts voire très courts, et ce pour toutes les générations, contre toute logique parfois.

    Alors que leurs prédecesseurs venaient au lycée en bus ou emmenés par les parents, les élèves arrivent maintenant dans leur véhicule.

    Ne parlons pas du week-end, où beaucoup sorte la grosse et belle automobile du garage, rutilante et bien propre, pour la montrer (même si on ne sait pas la conduire d'ailleurs), comme avant on s'« habillait » le dimanche car cela reste un geste d'ostentation sociale fondamental.

    On prend le 4X4 pour aller chasser car cela reste important de montrer ce que l'on peut se payer. Selon les professions, il devrait être possible de reconnaître chaque profession ou secteur d'activités d'ailleurs, ou si les personnes sont en retraite ou pas.

    Le programme de l'actuel maire d'Évreux incluait pourtant la création d'une zone piétonne au coeur de la ville, pour l'instant, celle-ci se limite à deux petites ruelles de part et d'autres de la fontaine de la place de l'Hotel de ville. Les commerçants du centre n'en veulent pas, ne concevant les déplacements de leurs clients potentiels qu'en voiture pour le moment.

    On ne peut leur donner tort car c'est le cas également pour leurs clients.

    C'est tout juste symbolique.

    Les mentalités n'ont guère évoluées, que ce soit pour aller acheter du tabac, le journal, poster une lettre, les ébroïciens, comme les eurois venant à Évreux, préfèreront prendre leur automobile quitte à se garer en double-file ou sur les places handicapées, ce qui n'est de toutes façons que très rarement pénalisé.

    Il ne devrait pourtant pas y avoir autant de problèmes de stationnement du fait du parking de la place du marché et de celui derrière l'hotel de ville, sans parler des plus petits emplacements pourtant très proches, ou des possibilités de circulation en bus.

    Panneaux%2B241107.jpg

    photo ci-contre à Guichainville prise ici

    Et alors qu'il était question de largement développer les transports en commun afin de rassurer justement les commerçants du centre-ville, « l'ébroïbus » qui était une navette très pratique pour les personnes âgées comme pour les enfants, ou les habitants sans moyen de locomotion, a été supprimé alors qu'il aurait été largement plus pertinent d'envisager une deuxième ligne l'utilisant !

    A l'agglomération d'Évreux, on parle beaucoup du développement durable, mais on se contente pour l'instant de quelques mesures qui sont certes spectaculaires mais très modérément et concrètement incitatives, tout en favorisant les quartiers électoralement les plus intéressants (coutume française qui est effectivement répandue un peu partout dans notre pays et qui n'est pas le fait seulement de cette commune).

    Sur le lien indiqué ci-dessus, j'ai eu beau chercher également une information sur la question des livraisons intempestives en plein Évreux à n'importe quelle heure du jour, ce qui bloque la circulation à chaque fois alors que cela n'aurait pas lieu d'être, je n'ai rien vu. On est assez étonné de constater que des poids lourds continuent à circuler dans Évreux malgré les préoccupations affichées par la droite et la gauche au Conseil Général ou à la municipalité quant à l'écologie.

    Il est même question de réhabiliter le quartier de Nétreville en en faisant un quartier écologiquement responsable, ce qui est bel et beau, et qui entraîne un effet d'annonce là aussi tout bénéfices pour les futures échéances , mais avant peut-être conviendrait-il de songer à résoudre les problèmes de développement durable en urgence.

    Il s'agit finalement pour les politiques et les décideurs de faire preuve de courage, sans pour autant stigmatiser forcément les automobilistes, qui sont déjà des « vaches à lait » quant aux taxes qu'ils subissent déjà

  • Un peu de diversité

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    Soyons divers, soyons dans le vent avec cet excellent sketch des Deschiens...

    Il me rappelle une blague qui sert à mesurer les préjugés concernant les minorités et ce que pense vraiment au fond les gens.

    Il suffit d'affirmer lors d'une conversation : "Tu sais en Albanie, on massacre les juifs (les africains, les arabes, les asiatiques etc...) et les coiffeurs", je garantis le résultat : 90% des personnes questionnés répondent : "Pourquoi les coiffeurs ?".

  • La diversité contre l'égalité ?

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    Note dédiée à Alain Minc

    Discuté sur Agoravox

    Au sujet de "La diversité contre l'Égalité" de Walter Benn Michaels aux éditions Liber collection "Raisons d'agir"

    MichaelsInterior.jpg

    Ci-contre : photo de l'auteur prise ici

    Que l'on ne se méprenne pas, l'auteur de cet article aime bien rencontrer des personnes de diverses origines. Il aime bien une certaine diversité. Il a adoré toutes les villes cosmopolites du Proche Orient, mais aussi Londres, Bruxelles ou Paris, ou de nombreux peuples se croisent, parfois hélas sans se rencontrer. A son avis, elle existera vraiment quand le fait de dire qu'une personne d'origine africaine, asiatique, arabe, juive (etc...) est con ou incompétente (etc...) sera anodin et ne soulèvera pas une tempête de protestations des associations se réclamant de l'anti-racisme.

    On remarque que cet antiracisme

    Le problème est que cette diversité est devenue une vérité imposée à laquelle il faut absolument souscrire sous peine de passer pour un raciste ou un affreux réactionnaire. Comme croire qu'Obama est un produit de la discrimination positivie alors qu'il est plus libéral que social-démocrate. L'autre chose à noter est que ceux qui soutiennent la diversité et le métissage le réduise à sa peau noire, Obama n'étant d'ailleurs pas noir mais métis.

    Dans les années 60, 70, dans les feuilletons américains, même ceux censés se passer sous la Renaissance ou à l'époque romain, il fallait absolument dans le casting un quota de minorités pour ne pas se faire taper sur les doigts par diverses organisations dites communautaires. Dans « Hogan's Heroes », « Papa Schultz » en français, on trouve même un noir dans un camp de prisonniers nazi alors que l'on sait bien qu'il aurait été derechef été envoyé en camp d'extermination. Actuellement, dans les feuilletons américains, on trouve en plus des hispaniques, une mère célibataire, un homosexuel ou deux, des noirs aussi « WASP » qu'Obama.

    Dans le « Marianne » de cette semaine donc, et aussi sur « Marianne 2 » on peut lire un entretien passionnant avec Walter Benn Michaels sur les méfaits du dogme de la diversité, un entretien hautement politiquement incorrect dans son pays, où la diversité est reine, dans le nôtre où elle également hautement taboue. C'est donc un entretien avec un chercheur de gauche, dans un journal de gauche avec un journaliste de gauche qui lancent quelques pistes de réflexion sur le sujet.

    (un lien vers une biographie de cet auteur)

    A commencer par le plus important, la diversité est au service du néo-libéralisme.

    La marque dont il est question dans la photo ci-dessous l'a compris très tôt... (photo emprunté ici)

    diversite.jpgComme le signale d'ailleurs le sous-titre du livre en anglais, le système néo-libéral privilégie, ou feint de le faire, l'identité du consommateur, et ignore totalement les inégalités. De fait, instaurer des quotas pour que quelques individus triés sur le volet, souvent cooptés pour leur docilité, puissent accéder à un niveau de revenu élevé et un statut enviable n'a jamais résolu quoi que ce soit quant à la précarité des communautés en particulier, ou en général non plus. Il s'agit surtout de se donner bonne conscience.

    Walter Benn Michaels note de toutes façons également que si il y a eu quelques efforts cosmétiques contre quelques discriminations, les inégalités n'ont cessé d'augmenter depuis trente ans dans les pays riches : Royaume Uni, États-Unis et France en particulier.

    Le but en imposant le tabou de la diversité c'est surtout d'imposer aux pauvres l'opinion que si ils le sont ce n'est pas de la responsabilité des riches. On s'aperçoit là aussi que la plupart des gens, même les pauvres, le pensent déjà, une célébrité « people » ou pas qui a de l'argent ne sera pas jalousé, ni même envié, elle sera portée aux nues même si elle se moque bien et de l'adulation et de l'admiration des moins chanceux qui la célèbrent.

    L'anti-racisme est devenu selon Walter Benn Michaels une des composantes essentielles du capitalisme contemporain, et d'aucuns, comme Yazid Sabeg, ne sont pas loin de penser que c'est la diversité qui sauvera l'hyper-consumérisme dans lequel nous vivons.

    Ce qu'il propose est limpide :

    Accentuer les politiques éducatives afin que l'Éducation ne soit pas seulement un privilège réservé à la progéniture de nos élites auto-proclamées.

    Réduire les inégalités en aidant les politiques d'insertion pour tous, sans que celles-ci ne soient fondées sur une quelconque discrimination fût-elle positive.

    Cela ne concerne pas seulement Sarkozy (et l'UMP). Selon l'auteur de « la diversité contre l'égalité », « il [Sarkozy] sait déjà qu'une élite diversifiée est une élite plus heureuse, plus autosatisfaite ».

    Le plus ironique étant que Sarkozy est lui-même issu de cette diversité.

    Cela concerne surtout ceux qui sont censés lutter contre les inégalités et la précarité, et qui pour l'instant ne proposent rien de concret ou de tangible.

     


    Les Inconnus - United Colors ... par 2fresh

  • La Terre Sainte de la médiocratie

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     Quand j'étais en Palestine, et en Israël, en Terre dite Sainte, j'avais vraiment le sentiment de côtoyer des lieux chargés d'histoire et de signification, des lieux qui faisaient sens, où toute action acquiert une profondeur.

    jordanie3.jpgD'ailleurs que l'on soit croyant ou pas, agnostique ou athée, on ne peut que ressentir cela là-bas, à moins d'être complètement hermétique à toute sensibilité ou toute réflexion. Comme les autres expatriés, je côtoyais des palestiniens au sens de l'accueil inestimables, très divers, parfois antagonistes, tout comme les israéliens, enclins à la discussion, voire à la polémique violente partout.

    Il y avait bien sûr la violence, il y avait la bêtise crasse de quelques uns, surtout parmi les plus radicaux des trois religions monothéistes, les ultra-palestiniens, les ultra-sionistes. Cette violence et cette haine, cette sottise montraient d'abord et avant tout la peur panique des uns et des autres devant tout ce qui s'apparente finalement à la vie, à la beauté, tout ce qui pourrait amener l'être humain à plus de bonté et qu'ils rejettent violemment et définitivement du revers de la main tout en prétendant bien sûr œuvrer pour le bien commun.

    La vie dans le désert et sous ses latitudes est toujours un miracle. Elle bouillonne dés qu'il pleut un tout petit peu d'eau.

    Il y avait la beauté de quelques monuments, surtout « le Dôme du Rocher » à Jérusalem, mais il y avait surtout la splendeur de la nature, les roches de Pétra ressemblant littéralement à la chair, celle de ces territoires, blessée ou souvent abimée, les fabuleux « Piliers de Salomon » et la magnificence du ciel de Palestine ou d'Égypte.

    On trouvait ces sentiments et ressentiments surtout chez les occidentaux présents dans cette région, qui étaient plus jusqu'au-boutistes que le plus fervent des « frères » du Hamas, plus fondamentaliste qu'un électeur du Shas d'Ovadia Youssef qui vaut bien en bêtise Ben Laden ou un autre. Tous ces occidentaux passaient deux, trois, quatre jours, une semaine, ou deux, en Cisjordanie ou à Tel Aviv, et ça y était, ils avaient tout compris de la situation pour laquelle ils avaient bien sûr la meilleure solution, à savoir la leur.

    Ne parlons pas de la bêtise et l'indifférence lamentables de beaucoup de pélerins, incapables de simplement regarder autour d'eux.

    Malgré tout, toute vie avait une grandeur, une fraîcheur, une énergie, une importance. Et les débats fleurissaient partout, sur des sujets fondamentaux, et non des futilités. Et surtout il ne serait venu à l'idée de personne de jouer un rôle car cela se serait vu tout de suite.

    Là-bas la liberté n'est pas qu'une idée obscure, un grand mot qu'on lâche pour se donner un genre entre la poire et le fromage ou en commentant un article sur le Web. On voit bien que la liberté commence dans le moindre petit geste, puisse-t-il paraître en France très anodin ce qu'il n'est pas.

    La liberté contre la sottise, la haine et la violence, elle commence, nous l'avons vu à Jérusalem, par comprendre ce qu'implique vraiment ce que nous croyons futile et qui ne l'est pas. L'imbécile est toujours dans la gravité, l'esprit de sérieux, il veut intensément qu'on le prenne au sérieux contre vents et marées.

    Il n'y a pas que cette posture il est vrai, le crétin qui se prend au sérieux a également toujours tendance à voir des propagandistes et des indics' partout. Il a également une propension marquée à psychiatriser son contradicteur.

    Quand nous sommes rentrés de nos deux ans de coopération là-bas, nous avons cru très naïvement qu'il en serait de même en France, que nous retrouverions toutes ces richesses de réflexion, d'accueil, de sens de l'autre et de profondeur de vues, nous avons surtout retrouvé une mesquinerie assez globale finalement avec en corollaire une connerie assez , où il semble que tout individu ressent d'énormes frustrations qu'il essaie de compenser comme il le peut, généralement en jouant un rôle. Nous qui nous étions libérés quasiment totalement de nos préjugés d'occidentaux lambda nous sommes tombés de haut.

    Nous qui croyions que ceux que nous avions laissé derrière nous le comprendraient et s'en réjouiraient comme nous, appréciant ce dont nous nous étions enrichi, nous nous trompions, à quelques exceptions, lourdement.

    La première chose qui nous fut demandé, professionnellement et quant à notre parcours d'études ou nos choix personnelles, c'est de rentrer dans le rang, et de retrouver vite fait bien fait les rails que l'on nous reprochait d'avoir quittés. En effet, sortir de ces rails est des plus suspects en France.

    Pour une raison simple.

    1week_francais.jpgL'imbécile qui a mené bon gré mal gré, tranquillement et sans se presser, sa barque en prenant bien soin de ne pas sortir de la voie indiqué par le troupeau, qu'il ait réussi ou pas, ressent une intense jalousie face à celui ou celle qui a réussi à le faire et ne s'en est pas porté plus mal.

    Et il a cru gagner sa légitimité par un hochet social quelconque décroché bien docilement, à quelque niveau que ce soit.

    Depuis que le réseau existe et est accessible à tout le monde, quand sa vie lui semble un échec il gagne encore mieux sa légitimité, lui semble-t-il, en éructant à qui mieux contre un peu tout le monde : les gauchos, les fachos, les z-homos, les bolchos, les noirs, les blancs, les arabes, les juifs, à chaque fois sous couvert de le faire pour le bien de l'humanité forcément ingrate à son encontre car elle n'a pas encore reconnu son génie, ce qui, il en est sûr, ne manquera pas d'arriver.

    L'abruti qui n'a rien lu peut semer les quelques étrons qui constituent ce qu'ils appellent ses opinions, dire que tel poète est abscons, tel écrivain de génie nul. Il avoue d'ailleurs s'être ennuyé comme un rat mort en lisant quelques livres un peu plus exigeants qu'un best-seller de Marc Lévy ou Guillaume Musso.

    Pour se justifier de son ennui et de son avis, il aime beaucoup deux dictons grotesques qu'il a entendu et répété dés la cour de récréation : « la culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale », ou « Tous les goûts sont dans la nature », selon l'idée qui prévaut d'ailleurs dans les supermarchés de la culture, qui veut que en littérature, par exemple, tout se vaut, que l'on peut mettre Scott Fitzgeradl au niveau de « Mickey Magazine », que l'on peut vendre côte à côte un feuilleton sentimental et « la Dame de Shangaï » de Welles.

    Devant l'indigence de la vie politique, intellectuelle et culturelle en France, sa coupure presque totale d'avec le peuple, d'ailleurs plus ou moins consentant, je songe souvent avec nostalgie à cette vie à Jérusalem, et à sa richesse, à son dynamisme, au vent de liberté que nous sentions souffler, grâce à l'Éducation, grâce à la Culture, deux choses allègrement méprisées en France par tout le monde.

    Sur la photo du bas, on voit une famille de français moyens fiers de montrer tout ce qu'ils consomment docilement en un an, photo prise sur le blog de Patrick Donati

    Photo de Petra emprunté à ce site de voyages

    Ci-dessous,une scène d'"Intervention Divine" qui montre ce que la beauté et le goût de la vie peuvent faire


    une chanson sur notre médiocratie superchic, génial