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A peine commencée pourquoi la campagne présidentielle lasse déjà

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Article en discussion sur Agoravox

la "Terre sainte de la médiocratie" est aussi sur Agoravox

Commençons cet article par un avertissement au lecteur, il ne s'agit pas ici de tomber dans « le tous pourris, tous nuls » concernant les politiques mais au contraire que la politique retrouve sa vraie place face à la prépondérance actuelle du « tout économie ».

Assemblee-Nationale-paris.jpgLa campagne présidentielle a déjà largement commencé.

C'est tout le problème du quinquennat, à peine la précédente est-elle finie que ça reprend de plus belle quand on pense s'être débarassé une bonne fois pour toutes des discours creux, et des grandes déclarations pompeuses mais vides. Les candidats commencent donc à se déclarer un peu partout, à exposer leur credo politique, bien sûr toujours généreux et favorisant l'épanouissement de la communauté.

A les entendre, les politiques ne pensent qu'au bien commun.

On peut même penser qu'ils sont sincères, de DSK à Mélenchon, de Bayrou à Marine Le Pen, alors que l'on sait bien qu'au fond ce qui compte pour eux c'est de se construire un avenir professionnel et personnel qui leur assure le confort matériel qu'ils estiment nécessaires quant à leur mission, se percevant tous comme choisis par le destin pour conduire le destin des êtres humains moins brillants qu'eux à leurs yeux, un peu comme n'importe quel commentateur politique se donnant d'autorité une capacité de jugement plus fine que le commun des mortels dont il est certain de ne plus faire partie.

Économiquement, pourtant, on peut penser, sans trop s'avancer, que le PS, L'UMP mais aussi le Modem mèneraient finalement la même politique économique, avec quelques variantes par-ci, par là, un peu de social pour faire passer la pilule, ou quelques petits cadeaux fiscaux aux électeurs.

Le projet du PS est suffisamment vague pour que le candidat qui sera désigné par les primaires puisse s'en accommoder par quelques ajustements là où il le désire. A le lire, le projet du PS ne remet pas en cause l'hyper-libéralisme et n'a dans son havresac que quelques adaptations cosmétiques. Il se focalise sur des dépenses publiques à court terme qui pourraient sembler séduisantes si l'on oublie que les gouvernements nationaux n'ont que très peu de marge de manoeuvre dans l'Union Européenne, étant soumis aux diktats de la Banque Centrale Européenne et de son directeur qui demande quant à lui une réduction des dépenses et emprunts publics.

Quand on sait que le PS est clairement pro-euroépaniste, cela semble donc contradictoire. Dans leur projet l'état reste encore plus ou moins présent, mais il n'a que peu de rôle vraiment décisionnaire.

Au bout du compte ce seront les marchés qui décideront tout comme à l'UMP.

Quant à s'accorder avec les politiques fortement suggérées par Jean-Claude Trichet, l'UMP n'a pas à s'inquiéter, son projet consistant surtout à baisser les impôts pour les catégories sociales où l'on vote le plus pour ce parti. Nulle part dans ce projet, on ne trouve de remise en cause réelle et concrète de la politique monétariste du président de la BCE, que l'on voit encore dans cette vidéo appeler à une politique publique encore plus économe, à un état de moins en moins prégnant. A l'UMP, beaucoup de responsables (voir à ce lien) ne cachent pas que ce qu'ils appellent de leurs voeux c'est la création d'un grand marché transatlantique.

On notera ici que si ce grand marché est dans les projets de l'UMP et du PS il l'est aussi dans ceux du Modem qui présente des propositions libérales sur tous les plans ne divergeant que sur peu de choses de l'UMP, au Modem on serait un chouïa moins conservateur sur le plan moral.

On voit également ce projet de grand marché transatlantique rassemble puisque « les verts » (leur projet ici) y sont également favorables par conviction internationaliste pour eux, en étant aveugles quant aux conséquences économiques.

Sur le site des eurodéputés d’Europe Écologie, on trouve aussi le passage suivant :

« Les Verts/Alliance libre européenne est un groupe parlementaire européen composé des Verts et des représentants des nations sans état (“régionalistes”) ».

Pour en mesurer la signification, on se reportera avec profit à l’article « Europe Écologie », « Europe Ethnies » d’Yvonne Bollmann publié par l’Observatoire du communautarisme le 06 juillet 09.

Curieusement, on notera également que les médias n'accordent que peu d'importance à ce genre de votes pourtant radical quant à ses conséquences sur l'avenir de l'Europe et de la France, une idée qui plaît de moins en moins aux politiques des partis dits traditionnels, même à l'UMP où l'on se pose en ce moment en garants de la laïcité et en défenseurs du pacte républicain, déjà bien entamé.

Il faut quand même signaler malgré tout que la politique de l'UMP sur ces questions, cynique et électoraliste, part de préoccupations et d'inquiétudes fondées.

Ce sont ces préoccupations et ces inquiétudes, auxquelles on n'offre aucune réponse qui font le socle du Front National. Et ce n'est pas en calomniant les électeurs du FN, ou leurs candidats, ou en les traitant de « cons » comme Sophia Aram et d'autres que l'on règlera le problème.

C'est un peu dommage que pour argumenter face à Marine Le Pen on ne trouve rien de mieux que d'exposer au tout-venant ce qui relève de la vie privée et de la morale personnelle, sans s'inquiéter des conséquences (voir à ce lien l'« affaire » « Anggun », on note sur cette « affaire » que les bons apôtres et les commentateurs qui n'ont de cesse d'habitude de hurler au retour de l'Ordre Moral et des Heures Les plus sombres de notre histoire (Tm) se comportent ici en inquisiteurs des plus sévères ou en indics' de basse police).

En parcourant le programme du FN, on constate que s'il est enrobé de nationalisme et de flonflons patriotes, il est très proche quant à l'économie de celui de l'UMP et du PS ou du Modem. C'est d'ailleurs logique, la plupart des politiques admettent parfaitement, sans trop le dire, l'allégeance de la nation aux directives européennes.

Quand on s'intéresse aux « petits » candidats, de Nicolas Dupont-Aignan de « Debout la République » à Jean-Luc Mélenchon du « Front de Gauche » en passant par Olivier Besancenot du « NPA », on remarque surtout une chose ou deux.

Finalement, derrière les formules pétaradantes, les grandes déclarations grandiloquentes, il n'y a pas grand-chose de concret.

On attendrait pourtant un grand mouvement de protestation centré sur la précarisation de la situation des salariés, des employés, des ouvriers, de remise en cause tangible et bien claire de la politique de la BCE. On se limite beaucoup aux conflits d'intérêts personnels d'ailleurs mis en scène avec complaisance dans les médias (voir ici le débat Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon). Et finalement, les héraults de la République sociale et révolutionnaire, même eux, peuvent être tout sucre tout miel avec celle qu'ils traitent de fascistes par ailleurs (voir ici cette instructive vidéo).

Ces « petits » candidats, Christine Boutin compris, ressemblent de fait à des fusibles, ou des pantins manipulés de près ou de loin par les « grands » partis pour s'assurer le pouvoir sans peine, sachant que ces « petits » candidats seront bien dociles quant il s'agira lors d'un deuxième tour d'élire.

Et je ne suis pas tout à fait sûr que les militants chez les uns ou les autres soient prêts à un changement de société pour plus d'égalité. On voudrait que les syndiqués, au moins, qui se mobilisent pour défendre leurs statuts, ce qui est somme toute légitime, se mobilisent et se déplacent contre la précarité plus souvent au lieu de se contenter de quelques lignes alibis en bas des tracts.

Bref, ce que l'on aimerait, c'est que les politiques, et les militants au bout du compte très dociles, le soient beaucoup moins et qu'ils fassent preuve de courage, au risque de perdre leur situation, leur rond de cuir...

Ci-dessous un "bêtisier"

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