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  • « S'ils s'aiment... » - le mariage homosexuel sur la sellette

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    en débat sur Agoravox

    Sur autre chose, le mariage des prêtres, on questionnait une mondaine de salon qui répondit :

    « S'ils s'aiment qu'est-ce qui les en empêche ? ».

    takei.jpgPar contre, pour les homosexuels, on a du mal à compendre l'attachement de certains d'entre eux à une institution quand même très bourgeoise, et à destination des couples hétérosexuels, mise en place pour la protection des enfants, du survivant, de la survivante du couple, et des questions de droit.

    Il s'agit aussi de savoir d'où on vient, de quelle lignée.

    Car personne ne nait « ex nihilo ».

    Et tout le monde veut savoir d'où il vient.

    A qui on ressemble.

    C'est d'ailleurs la première question que l'on pose quand un enfant nait dans une famille.

    Que faire si le père dit biologique est un copain complaisant militant d'« Act Up » ?

    Je peux comprendre qu'il soit tentant pour ces homosexuels qui veulent se marier de porter du blanc, qui mettra en valeur la fraicheur de leur teint scandinave, ou pour goûter à la superbe pièce montée du pâtissier qu'il expose au vu et au su de tous les passants dans sa vitrine voire même pour monter et se laisser conduire dans une longue limousine aux vitres fumées.

    Je comprend aussi qu'il s'agit aussi d'un symptôme du consumérisme actuel.

    On veut se marier parce que l'on en a envie, parce que l'on veut se payer ce moment, même si c'est incohérent, et sans motif valable. Certaines grandes enseignes de supermarché l'ont parfaitement compris, proposant en plus de leurs listes de mariage des listes de P.A.C.S car la plupart des couples homosexuels ont de fortes possibilités consommatrices, leurs couples n'étant pas « parasités » par le financement des études des gosses, les habits, les vacances à payer ou les leçons de couture pour le petit dernier, celui qui est très sensible et qui aime bien les comédies musicales.

    Car pour quelle raison deux hommes et deux femmes qui vivent ensemble auraient-ils besoin d'officialiser une union qu'ils disent la plupart du temps libre ?

    Serait-ce donc qu'il y a comme une frustration, quelque chose qui manque, une insatisfaction ?

    Insatisfaction que les couples homosexuels n'avoueront jamais et qu'ils traduiront par un désir d'adoption, parfois.

    Freud, le père de la psychanalyse, s'est fait très mal voir par les adeptes actuels des « queer studies » et du néo-féminisme car il voyait surtout dans l'amour homosexuel un amour narcissique, la quête du miroir chez l'autre, l'incapacité à se projeter dans l'autre (si l'on ose dire, car pour se projeter, la plupart des homosexuels ne demande que rarement la permission dans les back-rooms).

    On retrouve bien sûr ce genre d'amour narcissique dévié dans les couples hétérosexuels, mais c'est moins fréquent.

    Le mariage homosexuel est surtout invoqué pour l'adoption qui est parfois considérée comme le moyen de se payer un enfant comme on se paye un chiot tout mignon avec ses grands yeux. Je ne dis pas cependant qu'il n'existe pas de couples homosexuels ayant élevé des enfants de manière équilibrée et que ceux-ci ne sont pas heureux. Mais le plus souvent, c'est une autre manifestation du consumérisme et de la chosification et de l'enfant et du conjoint et ces couples sont hélas le plus souvent les exceptions qui confirment la règle.

    Cela dit, quand on lit des adversaires acharnés contre le mariage homosexuel, on a souvent l'impression d'une homosexualité latente mal digérée et inavouée, dans l'exaltation des amitiés saines et viriles, des écrivains (d'ailleurs s'étant tous révélés homosexuels) exaltant ce genre de sentiments (Henri Massi, Lyautey, etc...), des femmes douces aimantes et soumises, claquemurées dans leur foyer, des figures de scouts perçus comme dans les illustrations de Pierre Joubert comme des rêves d'éphèbophiles, aussi virils que des hermaphrodites de Praxitèle, et ce même avec l'accent grave correctement placé.

    Ci-dessous, deux homosexuels ayant parfaitement réussi leur vie de couple

    (à ceux taxant ce film d'homophobie on rappellera les deux minutes excellentes où Michel Serrault se "déguise" en homme et ce qu'elles disent).

  • Pitié pour les littéraires en France.

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    En discussion sur Agoravox

    « Différence entre l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse. – En l’un, les principes sont palpables, mais éloignés de l’usage commun … Mais dans l’esprit de finesse, les principes sont dans l’usage commun et devant les yeux de tout le monde. »

    dans les « Pensées » en (1670)

    Citations de Blaise Pascal, le philosophe favori d'Achille Talon, qui malgré toutes ses vanités est un esprit de finesse.

    Image ci-dessous venant d'ici

    big-brother_1.jpgOn a aussi envie de citer la dernière phrase de « 1984 », de Georges Orwell, « et maintenant il aimait Big Brother ».

    Quand on aime bien ranger dans de petits cadres, que l'on ne juge que le quantitatif acceptable, on séparer les écoliers, les étudiants, les adultes en deux grands peuples antagonistes :

    les « matheux », à l'honneur depuis longtemps dans le système scolaire, et qui continuent à l'être pour réussir dans ce monde où la performance est reine, et les « littéraires », des inadaptés selon les critères de notre époque qui préfèrent le qualitatif et aiment bien s'occuper en règle générale de choses qu'il est impossible d'analyser en laboratoire ou de mettre en équations faciles à comprendre.

    Mais voyons, à quoi ça sert de lire un livre où l'auteur passe quinze pages à décrire le parfum d'une rose, à quoi çà sert de parler de poésie, se demandent les imbéciles.

    Les uns, les matheux, vivent selon l'esprit de géométrie, les autres, les littéraires, selon l'esprit de finesse, du moins quand ils sont réellement littéraires...

    Car sur Internet, entre autres, on voit fleurir les génies méconnus qui ayant l'occasion de publier sans passer par un éditeur le font en étalant les fadaises et autres lieux communs qu'ils prennent pour autant de saillies fulgurantes et de réflexions d'une intelligence sidérante. Ce sont souvent des géomètres qui s'ignorent, qui quantifient aussi leur bonheur et rêvent de sur-adaptation sociale et de célébrité mal acquise à la mode en ce moment.

    On se moque souvent de l'esprit de finesse à notre époque où l'on aime bien que tout soit réductible à quelques formules, quelques slogans, y compris la philosophie elle-même perçue comme inutile tout comme la politique. On raille ceux que l'on appelle les « z-intellos » et ceux qui remettent en cause ne serait-ce qu'un petit peu le sordide matérialisme de notre temps sont désignés à la vindicte du troupeau comme nostalgiques des ordres totalitaristes noirs ou rouges, ils sont soit des réactionnaires, soit des staliniens...

    Le raisonnement est appréhendé comme une perte de temps qui va contre l'intérêt du consumérisme roi censé diriger et guider nos instincts et tous nos désirs..

    On n'en a plus pour réfléchir ni même pour rêver, la rêverie elle-même devant être encadrée par la société consumériste spectaculaire.

    De toutes façons, comme dans le même temps on raille la littérature, vue uniquement comme un divertissement et rien d'autres, au pire, au mieux comme devant avoir une utilité sociale de témoignage pour un engagement ou un autre.

    Alors que les lettres aident pourtant à faire mûrir son humanité, à s'ouvrir aux autres, à goûter la beauté du monde, et celle des quelques êtres humains qui refusent de se soumettre à quelque diktat que ce soit, de plus en plus rare quant à eux. Et que c'est justement dans sa gratuité que la littérature trouve son intérêt principal, qu'elle peut aller jusqu'à être un enjeu existentiel.

    Parfois, de timides voix se font entendre pour assurer qu'un littéraire serait plus à sa place pour s'occuper des ressources humaines de telle ou telle société ou administration qu'un matheux qui gérera le tout sans se soucier des conséquences humaines, ni des conséquences sociales catastrophiques.

    Dans les romans dits « de genre » méprisés par le troupeau, on trouve la plupart du temps des fulgurances passionnantes sur notre époque.

    Ci-dessous un autodafé en Allemagne nazie en 1934

    31077autodafe.jpgLes androïdes de Philip K. Dick n'ont rien à voir avec une anticipation de la robotique domestique, ils sont là pour montrer la déshumanisation progressive d'une société qui se soucie surtout de rendement et de performance individuelle, le journal de Jean-Patrick Manchette montre tout le travail, la douleur qu'il peut y avoir dans la création littéraire, et la lecture, ce journal tout comme les chroniques de cet auteur mettant également en lumière tout ce que le polar apporte comme faits précis sur la société libérale et ses dérives en décrivant ses marges.

    Cette citation d'Orwell résume parfaitement la véritable utilité de la publicité :

    « Faire de la publicité, c'est agiter un bâton dans l'auge à cochons. »

    Le troupeau aime bien cependant les « best sellers » cependant, ceux qui l'encouragent dans son addiction à la consommation, qui le rassurent sur ses préjugés, qui le font rêver d'une réussite sociale selon ses désirs, à savoir fric et paillettes.

    Il y a une chose qui devrait cependant rassurer les littéraires en France ou ailleurs, c'est le fait que les imbéciles ne les supportent pas, ne supportent pas que l'on puisse avoir lu un livre, y avoir trouvé quelque chose : du plaisir, un motif de réflexion, de la peine, de la joie, un divertissement pour échapper à la morosité de l'époque où pullulent de plus en plus les non-lieux, la pensée uniformisée de pire en pire.

    Les imbéciles sont très jaloux des littéraires, qu'ils accusent d'être prétentieux tout en se moquant d'eux. Ils ont peut-être raison, peut-être est-ce une prétention délirante de vouloir juste s'élever un tout petit peu, juste un rien, mais il y a des prétentions utiles. Et celle-ci l'est.

    Car la littérature développe le goût de la liberté, la vraie, celle qui n'a rien à avoir avec le besoin de transparence et de surveillances délirante actuellement de mise dans les esprits.

  • Robert Benchley élégant et caustique

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    à lire également sur Agoravox

    Pour lire cet écrivain, je ne suis pas sûr que l'on soit obligé d'être dans le hall d'un palace à regarder passer les profiteurs et les putains, les parvenus vulgaires et leur suite de pique-assiettes intéressés, mais cela aidera à se mettre dans l'ambiance, celle d'un monde à jamais disparu, à la fois totalement innocent et complètement amoral, celui qui a suivi la Première Guerre Mondiale.

    On y commettait des actes dits gratuits, les femmes se coupaient les cheveux courts et portaient des robes beaucoup plus courtes. Et l'on écoutait du Jazz

    De nos jours, c'est très mal d'aimer les belles choses, les coquetèles dispendieux, les belles toilettes pour les femmes. On se doit d'être dans le développement durable dés que l'on a peu les moyens, dans la valise en fils de chanvre, dans les habits en coton authentique du Kenya, dans les soirées concernées. Les mondains doivent se sentir coupables d'aller dans celles où l'on offre des téléphones dernier cri, pas trop car nous vivons maintenant, parait-il, dans un grand « village global » où tout le monde s'aime gràce aux bienfaits de la communication.

    chart.jpgDeux citations de Robert Benchley lui-même en guise de hors d'oeuvres...

    « La plus sûre façon de faire passer quelqu'un pour un crétin est de le citer. »

    Sauf Robert Benchley.

    « Il m'a fallu quinze ans pour découvrir que je n'avais pas de talent pour écrire. Hélas ! je n'ai pas pu m'arrêter, j'étais devenu trop célèbre ! »

    extrait de « le supplice des week-ends » et et de « Pluck and Luck »

    Par ici on écoutera quatorze nouvelles extrait du livre qui a inspiré ce texte, « le supplice des week-ends » que son fils conseille de lire à dose homéopathique pour bien goûter tout l'humour de ces histoires courtes.

    Les éditions Robert Laffont ont donc eu la bonne idée de ressortir un choix de nouvelles écrites par Robert Benchley du début de sa carrière à la fin dans sa collection de poche, et qui montre qu'il garde tout au long de sa vie le même goût pour l'humour pince-sans-rire, le mépris des convenances et un cynisme de très bon aloi, ainsi qu'un goût certain pour l'absurde.

    Si on aime bien les classements, on peut dire que Benchley est à mi-chemin entre Sacha Guitry et Kafka.

    Mais finalement au bout du compte, il rappelle surtout Alexandre Vialatte partageant son goût pour le « non-sense » et la raillerie des lieux communs. Quant à cette dernière particularité, on comprend qu'il ait été souvent découragé d'écrire car il y a fort à faire vu la quantité de fadaises et de banalités débitées à longueur de journée par les uns et les autres (et moi-même je ne me sens pas très bien).

    Comme toutes les personnes un peu lucides, sa plus grande peur est de sombrer dans l'esprit de sérieux et de gravité, cette gravité en tout qui est le bonheur des imbéciles comme a dit Nietzche à moins que ce ne soit la concierge de Proust. Il ne payait pas de mine, petit et plutôt rondouillard, moustachu, la mise soignée, discret, il surprenait toujours ses interlocuteurs par des saillies cruelles et tranchant immédiatement dans le vif des ridicules des congénères partageant l'usufruit de la même boule de glaise perdue dans l'infini ou presque de la Voie Lactée.

    Robert Benchley est né à Worcester dans le Massachusets, ville qui porte le nom d'une sauce qui sent sa cuisine de club anglais snob, en septembre 1889 et mort à New York en 1945. Il a vécu la « belle époque » et les « années folles », les folies des rugissantes années 20, celles de Scott Fitzgerald et Zelda, les conquêtes d'Hemingway, les mots d'esprit de Gertrud Stein et d'autres.

    Il était humoriste, écrivain et acteur, par nécessité, et gràce à son élégance. Il était aussi très paresseux et pour livrer chaque semaine les pages qu'il devait à ses multiples employeurs, il attendait souvent bien au-delà du dernier moment, ne le faisant que lorsqu'il était acculé, comme Antoine Blondin en France plus tard, autre grand dilettante que Gaston Gallimard enfermait à double tour pour qu'il termine ses manuscrits.

    Bien sûr, tout le monde sait qu'il vaut mieux être un dilettante de talent qu'un griffonneur laborieux et prolifique.

    Aux crimes de lucidité, et de causticité, il en rajoutait donc un autre qui est celui de dilettantisme, le pire selon la morale commune et non dite du troupeau que nous sommes parfois comme le signale Marcel Aymé à la fin de sa nouvelle « Traversée de Paris », dans laquelle Martin, le brave type, assassine Grandgil, le peintre .

    Je me souviens d'une nouvelle, qui n'est pas dans le recueil, où il décrit tout un peuple étrange avant de révéler à la fin qu'il ne faisait que transcrire ses impressions quant aux motifs dessinés sur son papier peint.

    Quand Alain Robbe-Grillet fait le même genre de descriptions, c'est mieux qu'un somnifère et ennuyeux à en mourir, quand Robert Benchley éxécute cette tâche, on a des envies d'insomnie.

    Comme il l'avoue dans une des nouvelles où il se souvient du jeune homme qu'il était, il était du peuple des caustiques très jeune, ne prenant pas grand chose au sérieux et surtout pas les grands discours, de ceux que l'on prononce au chaud sans prendre trop de risques, ou du moins en encourageant les autres à le faire, à se faire trouer la peau pour se sentir un peu vengeur masqué.

    Les écrivains français se prennent très au sérieux, racontent des histoires d'architectes habitant un loft à San Francisco, ou exposent leurs névrises au tout venant, s'engageant parfois dans des grandes causes ce qui engendre chez eux une littérature dite « engagée », très lourde, qui ne sert qu'à démontrer le bien-fondé de la vulgate qu'ils ont à défendre.

    Algrt.jpgRobert Benchley était membre permanent de la « Round Table » à l'hôtel Algonquin à New York, autour de laquelle on trouvait Alexander Woolcoot, l'échotier le plus connu de la « grosse Pomme » jusque dans les années 60, de temps en temps Louise Brooks y prenait un verre, mais méprisait finalement les membres de cette confrérie qu'elle trouvait épouvantablement mondains.

    On y trouvait aussi quand même l'excellente Dorothy Parker et parfois les frères Marx, parfois Groucho que cela encouragea à écrire, et surtout Harpo qui y amena le reste de la fratrie, qui y restait silencieux, discutant avec les filles de la table d'à côté par mimiques.

    algonquin_round_table.jpgComme les deux premiers, Chico et Zeppo (le moins connu, celui qui jouait les jeunes premiers dans les films des trois aînés) venaient y jouer au poker tout en écoutant les ragots mondains et les méchancetés que l'on pouvait entendre à cet endroit. Tout ce beau monde a un jour ou l'autre écrit dans une des revues les plus select de la planète, encore maintenant, à savoir « The New Yorker », un bazar élégant et élitiste encore en 2011, comme un petit rappel du monde complètement perdu dont faisaient partie Robert Benchley et Dorothy Parker.

    Ci-dessous on pourra voir Robert Benchley dans ses oeuvres

  • Lettre ouverte à une « célibattante » de quarante ans

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    intéressera les célibattantes et célibattants sur Agoravox

    Hier j'ai reçu sur Facebook une demande d'« amitié » d'un ancien flirt de fin d'adolescence, une certaine Laure, une période où l'on se leurre sur ses sentiments en parant ses désirs de grands sentiments.

    n6.gifJ'ai regardé deux fois son parcours pour vérifier que c'était bien elle, car sur la photo elle ne ressemblait absolument pas au souvenir que j'avais d'elle. A l'époque, il y a plus de vingt ans, elle avait une cascade de cheveux auburn, un buste chasse-neige et des yeux gris-bleus très pétillants. Ce n'était déjà plus à la mode d'avoir des formes à cette époque, d'être pulpeuse comme elle l'était.

    Elle était cultivée, fine et faisait preuve de beaucoup d'humour. Elle avait énormément de charme et le monde à ses pieds.

    Et là je voyais une femme qui semblait avoir déjà cinquante ans, des lunettes « sécu » sur le nez, la chevelure terne et le regard perdu dans le vague.

    Bien sûr, les amoureux éconduits même vingt ans après ont tendance à se réjouir cruellement, de se dire même malgré eux : « tu vois, si tu étais resté avec moi, ça ne se serait pas passé comme ça ».

    Et puis, on ressent de la pitié et cela amène ensuite d'autres questions.

    Elle fait partie de cette génération née juste après « Mai 68 » dont les vieux combattants nous ressassent encore les beautés et les merveilles de nos jours, radotant exactement de la même manière que les vieux messieurs moralisateurs des temps anciens.

    Laure a grandi pendant la fameuse « parenthèse enchantée », cette période où les professeurs, les instituteurs, les intellectuels, les journalistes et la plupart du commentateur enjoignaient de tout vivre, tout ressentir, d'échapper à la routine d'une vie équilibrée perçue automatiquement comme aliénante.

    On nous disait que le monde était à nous, que nous devions vivre et aimer passionnément quitte à sombrer dans des excès dangereux. Alterner les partenaires sexuels comme on disait à l'époque, comme on dit encore, était quasiment obligatoire.

    Alors qu'au bout du compte c'était toujours les fantasmes masculins qui dominaient, celui de la bourgeoise libérée qui ne porte pas de culotte et change d'amant comme elle éternue.

    Ce n'est pas que l'on doit regretter la situation avant 68, la pudibonderie, les garçons et les filles corsetés, leur ignorance totale de la sexualité jusqu'à leur mariage, pour certains d'entre eux, ceux habitant à la campagne avaient des leçons de choses sous leurs yeux avec les animaux dans les fermes.

    Mais l'on est passé d'un extrême à l'autre, et l'ignorance en matière sexuelle est toujours la norme même si les enfants et les adolescents ont accès au porno très tôt, justement pour cette raison a-t-on envie de dire.

    Si « Mai 68 » a amené les accords de Grenelle qui ont entrainé certains aménagements cosmétiques du libéralisme à la française, il n'a fondamentalement rien changé à l'iniquité fondamentale de notre société.

    Par contre, il a engendré un bouleversement des mœurs et mis fin à l'hypocrisie morale des plus privilégiés qui n'ont plus ressenti le besoin de mettre un paravent pudique pour camoufler leurs coucheries et aventures adultérines ou pas.

    Laure voulait vivre comme les adultes nous intimaient de le faire dans les années 70. Elle voulait être une femme libérée, indépendante, et faire une belle carrière, et trouver dans le même temps le prince charmant qui saurait la combler, un prince de rêve à la fois très viril et féminin dans l'écoute, bien élevé et mauvais garçon, artiste et capable de faire la vaisselle.

    Je l'avais vue dans une émission de Delarue il y a quelques années, témoignant comme jeune femme en quête de ce genre de fantasme totalement inepte au bout du compte. Elle le faisait certainement dans l'espoir de le rencontrer enfin, qu'il était là derrière le poste, caché quelque part, subissant sans broncher les conseils débiles d'un coach grotesque lui apprenant à « gérer » ses sentiments comme on gère son portefeuille d'actions.

    Elle est d'une famille qui a des relations dans le milieu culturel, et des moyens, l'on y est ouvert d'esprit, jusqu'à un certain point.

    Comme beaucoup d'autres célibattantes, elle s'est retrouvé seule dans son appartement parisien, avec quelques amis empressés avec elle quand elle avait les moyens, beaucoup moins quand elle s'est retrouvée au chômage avec un enfant à élever.

    Elle a fait une solide dépression et ne peut plus vivre sans neuroleptiques.

    Un jour elle en a pris de trop car elle avait beau connaître du beau monde, elle avait compris que ce beau monde ne l'aiderait pas et que l'on ne peut pas vivre tous ses désirs où l'on veut quand on veut comme nous l'a fait croire la génération qui a « fait Soixante-huit », que vivre ses désirs sans frein a des conséquences. Et que finalement cela conduit à introduire le consumérisme roi dans la vie personnelle de chaque individu qui consomme du sexe et se soucie moins d'aimer vraiment.

    Les représentants de celle-ci d'ailleurs ont profité à fond de la « parenthèse enchantée », ont fait l'amour autant qu'ils pouvaient sans se soucier du lendemain, sans faire beaucoup d'enfants, se disant que finalement ce serait à leur progéniture de s'en occuper. Ils ont fait mine de penser – ils le font toujours- que leurs enfants feraient la révolution et obligeraient les banques et les patrons à financer leurs retraites tout en sachant très bien que leurs enfants devraient surtout travailler plus et plus mal, subir une précarité violente pour s'en sortir.

    Laure est loin d'être la seule à avoir vécu cette descente aux enfers de la solitude et de la dépression. Parfois, ce n'est pas si grave, cela ne va pas si loin, mais que de blessures ouvertes on peut voir chez tant de femmes de son âge, désillusionnées, perdues, paumées, abandonnées, qui ne se sont pas vues vieillir car pour la plupart elles croient encore à ses illusions, ou feignent d'y croire car c'est plus rassurant.

    Les célibattantes s'entretiennent, quitte à faire appel à la chirurgie, quitte finalement à se soumettre à d'autres diktats que leurs ancêtres, tout aussi arbitraires et méprisants envers les femmes qui manquent toujours de choix de vie entre la maman et la putain.


    Cookie dingler femme liberee
    envoyé par jc761. - Regardez la dernière sélection musicale.

  • Les bonnes intentions, Stéphane Hessel et la censure

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    provoquera le débat sur Agoravox

    Stéphane Hessel n'a pas eu le droit d'aller s'exprimer à l'ENS du fait de son engagement pour un boycott des produits israèliens tout comme d'autres personnalités.

    hessel_manif_palos.jpgDes deux côtés, il y a une idiotie.

    Hessel n'a rien d'antisémite, c'est un humaniste plein de bonnes intentions, et il est sincère dans ses engagements, mais comme beaucoup il oublie les faits et les conséquences de prises de position se voulant généreuses alors qu'elles sont surtout maladroites.

    On me dira, c'est largement moins violent que ces militants appelant au nom de grands idéaux à la destruction de l'état d'Israèl.

    Rien d'ironique dans mon propos sur Hessel, je tiens à le souligner.

    C'est finalement cependant ce point de vue manichéen qui gène, d'un côté les bons, de l'autre les méchants. Devant la difficultté à saisir tous les aspects d'un monde devenu multipolaoire, certains sombrent dans la tentation de la simplification ou de la réduction « ad hitlerum ». Et même le fait que l'on trouve Nurit Peled, militante israélienne de la paix ayant perdu sa fille dans un attentat terroriste, ou Haneen Zoabi, députée au parlement israélien, dans les personnes censurées par la directrice car en définitive c'est bel et bien une censure, ne légitime pas ce boycott.

    Il arrive que les choses soient effectivement simples. Dans le cas d'Israèl il est dangereux de simplifier (quatorze communautés différentes, 20% de citoyens arabes...).

    Son appel au boycott rejoint aussi celui d'associations musulmanes ultra-intégristes (voir le texte du mail à ce lien). Que cet appel réjouisse le tombereau de

    Elles poussent en Israèl à une radicalisation du nationalisme.

    "Le monde est contre nous", se disent de plus en plus d'israéliens, un sentiment également récemment brocardé par une émission satirique à la télévision israélienne, intitulée "Un pays merveilleux", dans un sketch "décalé" où des petits élèves d'un jardin d'enfants récitent leur leçon sagement apprise, le reste du monde est antisémite, leur pays est le plus « moral ».

    Le Reut Institute, un groupe de réflexion d'intellectuels israéliens ouverts et favorables à un état palestinien qui s'intéressent surtout aux problèmes de sécurité et aux questions socio-économiques, estime dans une de ses publications que ceux qui veulent "délégitimer" l'Etat d'Israël lui dénient en fait le droit moral à l'existence en le décrivant "systématiquement et délibérément comme cruel et inhumain".

    Ce qui montre que la réalité des faits est complexe.

    C'est aussi d'abord considérer que tout les israèliens sont des profiteurs, des colons et des fanatiques religieux, ce qui est loin d'être le cas. D'ailleurs, même dans le camp des boycotteurs on trouve des citoyens de l'état hébreu.

    C'est oublier que tous les israèliens ne sont pas pour la colonisation, bien loin de là, voir par exemple ce document, ne serait-ce que parce qu'ils sont contre les privilèges exorbitants accordés aux colons.

    Le boycott des produits israèliens entraîne le chômage des travailleurs palestiniens qui sont employés en Israèl. Ils étaient déjà 13000 en 2006 à passer les check-points chaque jour pour travailler en usine.

    C'est oublier que tous les israèliens sont loin d'être pour la poursuite de la colonisation, on se rappellera de la « marche des mères ».

    Et même le « mur » de sécurité bâti entre Israèl et la Cisjordanie l'a été par des ouvriers de Palestine. Ce sont d'ailleurs des travailleurs extrèmement précaires à la merci de la guerre israèlo-palestinienne et de ses soubresauts, le durcissement du blocus en 2006 ayant fait perdre leur emploi à 3000 salariés.

    C'est contre cette précarité que l'on se devrait de lutter et non en proclamant un boycott qui l'aggravera comme elle aggravera aussi celle des salariés israèliens pauvres dans le Nord et le Sud du pays.

    Ce qui ne risque pas de pousser à la paix entre ces deux peuples souverains.

  • La censure, Céline et Maurice Sachs

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    Moins connu que Noah mais on en parle aussi sur Agoravox

    Le ministre de la culture et Serge Klarsfeld ne connaissent pas visiblement l'histoire de Maurice Sachs, dont ils n'ont pas dû à mon sens lire le journal, « Au temps du boeuf sur le toit ». L'auteur de cet ouvrage opte pour une attitude très ambiguë pendant la Seconde Guerre, car il collabore et fait du marché noir à grande échelle, même s'il meurt d'une balle dans la nuque tirée par un SS (ci-contre la cellule où il est mis "au secret" en 1945), (Il fascinera et fascine toujours Patrick Modiano pour qui il est une figure paternelle idéale).

    louis-ferdinand-celine-a-meudon.jpgAu passage, le cas de Maurice Sachs, d'origine juive, converti au protestantisme en 1937, attiré un temps par le communisme, montre toute la complexité des êtres humains pendant l'Occupation et que ni l'héroïsme, ni la saloperie ne sont solubles dans de grandes et creuses formules.

    Il n'est pas plus amoral que d'autres somme toute.

    Je ne suis pourtant pas vraiment un admirateur de Céline.

    Pourtant à certains moments de la vie d'un littéraire, cela fait bien de porter aux nues cet auteur qui sent un peu le souffre, du fait justement de ses pamphlets antisémites.

    Les adolescents boutonneux mal dans leur peau et un peu cultivés lisent « le Voyage au bout de la nuit » pour rester confortablement au chaud dans le cocon de leurs névroses post-pubères, se fichant finalement du style de Céline. J'aime beaucoup « le Voyage », j'aime beaucoup également « Normance » ou encore « Guignol's Band », mais à Céline je préfère largement Marcel Aymé ou encore Vialatte.

    Passé vingt ans on réfléchit un peu plus sur les auteurs que l'on aime, c'est une éducation du goût progressive, au début on aime bien les plats épicés qui arrachent le palais et puis ensuite, on apprend à retrouver les saveurs réelles de ce que l'on déguste.

    Ce qui sauve Céline, c'est sa sensibilité à fleur de peau, son émotivité face à la laideur et à la sottise florissantes dans ce monde qui célèbre un peu plus la « machinisation » de l'être humain tous les jours.

    Il y a quelques temps, on a pu lire la correspondance de jeunesse de Céline et celle-ci explique beaucoup de choses. On y découvre un jeune homme torturé par le désir de plaire et qui n'y arrive pas. Timide et fluet, il voudrait être comme les costauds de la bande, les hommes forts et sûrs d'eux, virils et affirmés. Il veut monter à cheval mais s'aperçoit que non seulement il a peur de l'équidé qu'on lui confie à l'armée et qu'il déteste être sur son dos.

    On oublie également que si Céline était le « médecin des pauvres » à Drancy et qu'il oubliait deux fois sur trois, au grand désespoir de sa femme, de faire payer ses patients.

    Le ministre de la Culture a donc décidé de ne pas célébrer le cinquantenaire de la mort de Céline, du fait de l'antisémitisme du père de Ferdinand Bardamu et à la demande du CRIF et particulièrement de Serge Klarsfeld. Cette décision infantilise donc les lecteurs de Céline qu'elle prend pour des grands enfants incapables de faire la part des choses.

    Cela n'empêchera pas ceux qui lisent Céline parce qu'il est antisémite de continuer à le faire...

    A la rigueur, que les institutions célèbrent ou non un écrivain on s'en fiche un peu, cela n'empêchera pas de le lire, cela ne m'empêchera pas de le relire, tout comme je relirai Bernanos, Anouilh, Antoine Blondin, Jacques Perret et Roger Nimier, ou Jacques Laurent, tous au purgatoire car ils n'ont pas fait les bons choix idéologiques et moraux pendant la dernière guerre ou au moment de la décolonisation.

    Si on doit censurer tous les livres qui contreviennent à la morale publique ou ne plaisent pas à telle ou telle communauté, je suggère aussi de retirer des rayons des librairies ces auto-biographies de quinquagénaires aisés qui racontent sans vergogne leurs bonnes fortunes adolescentes en Thaïlande.

    Je ne parle même pas de Drieu, mis d'office en enfer, ou de Chardonne, fabuleux écrivain du couple, qui lui tient compagnie en ce lieu où l'on ne retrouve jamais par contre tous les salonnards qui ont soutenu Mao ou Pol Pot, ou encore Staline.

    Entendons-nous bien, quant à l'appréciation littéraire de leurs oeuvres on peut complètement se ficher qu'Aragon soit resté stalinien jusqu'à la fin de sa vie ou que l'exquis Roger Vailland ait cotisé au PCF également. Beaucoup de maoïstes, anciens ou pas, ont pourtant encore pignon sur rue, y compris ceux qui ont viré « néo-con ».

    La décision de Frédéric Miterrand de ne pas célébrer Céline officiellement cette année rappelle tout le poids des préjugés et lieux communs énoncés chaque jour par des petits marquis des lettres, (non poudrés et frisotés, aujourd'hui ils ont plutôt tendance à avoir la mèche tombante), au sujet de tous les écrivains qui n'ont pas « la carte », dont par exemple les Hussards comme j'ai pu le lire sur un forum il y a quelques jours concernant un article rendant hommage à Jean Dutourd.

    La « fausse littérature simili hussardienne » comme disait l’autre sur le fil de commentaires liés à ce texte témoigne de l’opinion de quelqu’un qui ne l’a pas lu ou mal, pour qui la littérature doit avoir un intérêt quantitatif ou engagé, ou con-cerné, une utilité sociale.

    Je rappelle qu’il y a des hussards de gauche, comme l’exquis Roger Vailland voire d'ailleurs Jacques Laurent.

    Les « hussards » écrivent sur ce qui parait futile, en sachant bien que c’est justement ce qui parait futile aux gens qui est justement fondamental, ceux-ci souffrant d’un esprit de sérieux trop bien implanté mais aussi d'une tendance à la réduction « ad hitlerum » « ad nauseam ».

    Les « hussards « sont encore mal vus parce que ne se souciant pas le moins du monde de répandre une quelconque vulgate idéologique, mais se souciant surtout de la beauté du monde, de la difficulté d’être léger dans un monde pris dans la gangue de sa pseudo-gravité, sous le joug du tout quantifiable aliénant.

    Rectificatif quant à l’article :
    Je me suis emmêlé les pinceaux dans ma phrase concernant Bernanos qui n’a rien à voir avec Céline quant à l’antisémitisme ou humainement d'ailleurs.

    Il disait ceci de Céline en 1932 (Le Figaro, décembre 1932)
    "Pour nous la question n’est pas de savoir si la peinture de M.  Céline est atroce, nous demandons si elle est vraie. Elle l’est. Et plus vrai encore que la peinture , ce langage inouï, comble du naturel et de l’artifice, inventé, créé de toutes pièces à l’exemple de la tragédie , aussi loin que possible d’une reproduction servile du langage des misérables, mais fait justement pour exprimer ce que le langage des misérables ne saura jamais exprimer, la sombre enfance des misérables."

    Il admirait son écriture et ne le suivait pas une seconde sur le reste.
    Ci-dessous une chanson de Céline interprétée par lui-même


    A noeud coulant - Louis Ferdinand Céline
    envoyé par alcyon12. - Regardez plus de clips, en HD !

  • Yannick Noah et la gentillesse « über alles »

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    Aussi sur Agoravox

    Noah est encore un des personnages les plus en vue, les mieux considérés par les français, un peu plus encore alors que la gentillesse « über alles » en vogue de nos jours gagne quotidiennement du terrain, je parle de cette idée complètement frelatée de la gentillesse qui consiste en quelques clichés que l'on retrouve partour, d'une pub pour jambon sous vide à une chanson pour jeunes concernés. Je me souviens de la victoire de Noah en 1983 à Roland Garros, tout le monde l'adulait déjà en tant que sportif, ses dents « du bonheur », ses « dreadlocks ».

    7da8aa221a_photo.jpgLes tapeurs de djembé affalés en grappes à la sortie du métro le prenaient déjà comme idole et modèle :

    « Il était trop coool tu comprends, t'vois, avant les matchs, il fumait un gros pétard avec les joueurs, t'vois, ça c'est trop coool ».

    Certains mauvais esprits très très méchants lançaient sur lui de très mauvaises blagues témoignant de leur méchanceté presque certaine, comme par exemple celle qui demandait pourquoi Noah ne monte jamais au filet pendant les matchs.

    Il était déjà très gentil, très concerné lui aussi par le monde qui l'entoure tout comme sa maman, institutrice, que l'on sent parfaite elle aussi là-dessus et ayant depuis fort longtemps sa carte de chrétienne de gauche lectrice de Télérama.

    Et en germe en lui, on trouvait ce discours politiquement extrèmement gênant à n'en pas douter pour le pouvoir, les militaires et les puissances d'argent. Parce que dire que la mort, c'est pas bien, que la guerre c'est mal et que l'on est tous frères, ça gêne encore beaucoup de gens, n'est-ce pas ?

    Noah aime rendre service gràce à la bonne éducation de sa maman au développement durable, et au commerce équitable (Quoi ? L'« évasion » fiscale de Noah est en contradiction avec toutes ces belles paroles, vous avez trop mauvais esprit). Et alors que personne pourtant ne le lui demandait, tout seul, il a réécrit les paroles de « la Marseillaise », parce que « tu vois, la Marseillaise, les paroles, elles sont plus adaptées au XXIème siècle ».

    Jusque là, je serais presque d'accord, « la Marseillaise » n'est pas un beau chant, c'est même un chant très violent. Seulement, c'est quand même l'hymne national et quelques centaines de milliers de soldats sont morts en l'entendant pendant les guerres.

    J'aime beaucoup le refrain qui nous dit comme la nature est belle, comme Francis Lalanne, Noah aime beaucoup les arbres : « Aux arbres citoyens ! ». Puis il se fait historien et revient sur les travers de notre pays qu'il constate dans une des strophes que je cite ici :

    « Notre histoire prend l'eau

    Reste notre idéal

    "Faire les beaux" ».

    J'ai cherché ce qu'il entendait par faire le beau, était-ce se dresser sur les papattes arrière en attrapant un morceau de sucre avec les dents ? Ou bien était-ce se pavaner ? Car c'est mal pour un esprit aussi gentil que celui de Noah d'être fier d'au moins une partie de l'histoire ou de la culture de son pays, « c'est comme ça qu'on fait les guerres tu vois » comme il aime à répéter en interview, alors que l'on sait que ce qui fonde la nation ce n'est pas l'envie de faire la guerre aux voisins mais plutôt le désir de fraternité et de partager les mêmes valeurs, la même langue, le même territoire avec d'autres.

    Il dit aussi ces autres superbes vers dignes de Victor Hugo à Jersey :

    « Puisqu'il faut changer les choses

    Aux arbres citoyens !

    Il est grand temps qu'on propose

    Un monde pour demain ! ».

    C'est aussi positif et aussi gentil que les indignations proposées par Stéphane Hessel qu'il rejoint dans son combat pour la gentillesse « über alles ».

    Je propose quant à moi de mettre fin à l'évasion fiscale de ces privilégiés qui ne veulent pas partager leur magot avec les moins favorisés, pour qu'il serve à construire des écoles, des routes ou des hopitaux (enfin, ce à quoi l'argent des impôts devrait être idéalement employé).

    Ci-dessous « la Marseillaise » de Gainsbourg, que je préfère à celle de Noah, voir par ici le texte complet de sa fabuleuse version...

  • Ce que révèle le scandale à venir de l'Aspartame

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    Sur Agoravox aussi

    L'aspartame le nouveau scandale sanitaire en vue, tel que révélé entre autres par un article de « Marianne » en date du 15 Janvier montre plusieurs choses effrayantes sur le rapport que nous entretenons au corps et à la nourriture à notre époque.

    msgdees.jpgNotre société se partage entre deux aspirations strictement inverses : elle incite à consommer de la malbouffe pour entretenir le système, des hamburgers en carton aux plats tout préparés pleins de cochonneries pour les conserver et dans le même temps, elle pousse les femmes à garder toute leur vie un corps ayant la minceur de celui d'une ado de douze ans, à souffrir sans mesure quand elles ont des formes encore un peu trop féminines au goût des imbéciles qui imposent les diktats de la mode, diktats souvent contradictoires et apparemment antagonistes puisque le corps « mutant » devient la norme pour les privilégiés, un corps supra-humain transformé par la chirurgie.

    Le système se fiche complètement de la malbouffe, l'essentiel c'est de vendre, et quand les petits enfants du consumérisme ont trop de graisse on leur promet un corps virtuel idéalisé pour les pousser à acheter des poudres de « perlin pimpin » censées aider à retrouver une bonne santé, dont l'aspartame qui se révèle donc un produit excessivement dangereux en l'occurrence, car entrainant, quand on le consomme en masse, et il est consommé en masse, beaucoup de risques de cancers divers et variés, de troubles vasculaires et rénaux.

    Somme toute c'est logique, l'anorexie et la boulimie morbide sont deux symptômes de la même affection. Trop manger pour combler le néant des aspirations creuses portées aux nues par le monde actuel, ou ne pas assez manger du fait des névroses induites par la machinisation des corps, leur chosification, leur transformation en machines qui se doivent d'être performantes, ce sont les deux revers du même esclavage au tout-économique.

    La pub encourage le spectateur à prendre sa voiture pour en imposer aux autres, même pour faire deux-cent mètres, pour hypocritement quelques spots plus tard le pousser à manger moins gras et faire du sport tout en essayant dans le même temps de lui refiler de la camelote trop sucrée.

    On s'occupe aussi de sa vie intérieure, ou ce qu'il en reste, on lui vend de la spiritualité en « coaching », voir par exemple à ce lien ce livre très à la mode en ce moment, un salmigondis recyclant deux doigts de Lao Tseu avec trois pincées d'Ignace de Loyola.

    Ce genre de pratiques, en Occident, se retrouve aussi dans les différentes confessions chrétiennes où beaucoup de croyants sont en demande surtout de conseils pour eux et leur hygiène de vie et ne veulent surtout plus entendre parler d'altérité ou d'empathie, ce qui compte, qu'on leur parle d'eux, qu'on les entretienne dans un profond narcissisme afin qu'ils continuent à consommer.

    On prend le consommateur pour un con, ce qui pour l'instant fonctionne dans la grande majorité des cas, hélas.

    La santé devient un capital, la spiritualité aussi.

    Le plaisir de bien manger et de bien vivre est méprisé car il n'est pas quantitativement mesurable.

    De toutes façons, on ne vit plus sa vie, on la « gère ».

    On « gère » sa carrière, sa vie amoureuse, son bien-être, etc...

    De moins en moins cependant, même si le mouvement de protestation contre la bouffe poubelle est encore assez maladroit, comme en témoignent la floraison de toutes les émissions concernant la cuisine, et le bien-manger, ou le succès de toutes les publications parlant de gastronomie.

    La rébellion contre le système, ce n'est donc pas seulement des mots d'ordre satisfaisants à prononcer et entendre entre la poire et le fromage, c'est aussi le retour à un mode de vie plus sain et finalement plus sensuel, plus charnel et plus incarné, plus « terrien ». C'est aussi revenir à des pratiques de simple bon sens comme marcher ou prendre son vélo pour aller faire une course ou déposer un courrier, par exemple, comme on le faisait auparavant.

    Ce n'est pas seulement une question de santé, c'est aussi une question de société profonde : partager un bon repas, boire des bons vins ensemble, ce sont des moments où l'individu se sent plus libre, où il oublie, s'il se laisse aller à y prendre goût, les boulets qu'il traine pendant la journée, l'allégeance à un chef de service qu'il n'aime pas, à un mode de fonctionnement économique qu'il subit.

    illustrations venant de ce blog

    Ci-dessous le générique de « Nip/Tuck » qui montre parfaitement ce qu'est le corps « mutant », « a perfect lie », un mensonge parfait »...ou presque.


    [Y-FS]Générique nip tuck
    envoyé par kakashi-sensei94. - Films courts et animations.

  • "Money for nothing" et Dutourd au paradis des écrivains

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    Aujourd'hui j'écoute "Money for nothing" de "Dire Straits" comme cela a été interdit par une harpie canadienne et quelques associations ayant plaidé en justice du fait de l'utilisation du mot "faggot" (tapette) dans la chanson.

    Écouter la chanson ci-dessous

    Et je relis "Au Bon Beurre" de Dutourd, qu'il devient de plus en plus incorrect de lire à l'ère des indignations de Stéphane Hessel et ses thuriféraires. Anecdote amusante, une excellente adaptation avait été tournée par Édouard Molinaro avec Roger Hanin, beau-frère de qui vous savez, et Andréa Férréol. Alors qu'en 2011, les mythes éculés sur la Seconde Guerre sont encore plus d'actualité, on doute qu'un tel tournage soit encore possible...

    Voir un extrait ci-dessous


    Watch Dire Straits - Money for Nothing in Musique  |  View More Free Videos Online at Veoh.com

  • Il était deux amis...

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    Sur Agoravox aussi on parle aussi du mépris du politique et du retour nhécessaire à l'Histoire

    Il était deux amis qui s'étaient rencontrés au mariage d'un troisième.

    binet_mleministre.jpgDés la première phrase, ils avaient senti quelque chose de fort, et ce malgré la virulence de leur hétérosexualité virulente qui les avaient sans aucun doute empêché de se demander en mariage à ce moment-là. Ces affinités électives, on les ressent de suite avec ceux que l'on aime ensuite. Bernanos appelait ça la « communion des saints », cette espèce d'empathie instantanée, de complicité qui n'a plus besoin des mots. Avec ceux dont on sait qu'ils seront toujours là au fond du coeur.

    Peut-être ne le sentaient-ils plus car ils étaient désormais fâchés et apparement irréconciliables.

    Tous les deux partageaient beaucoup de choses, la première étant un amour immodéré pour la littérature, quitte à croire que celle-ci était autant importante si ce n'est plus que la vie.

    Ces choses qu'ils appréciaient n'étaient plus du tout à la mode ou dans le vent du troupeau, des indignations sélectives, de l'humanitarisme vague, bien comme il faut ainsi qu'il convenait d'être en ce triste début de siècle : la beauté des filles, boire du bon vin, en parler, les films « de genre » trasngressifs, déguster des plats pas très hygiéniquement corrects, lire des auteurs mal vus par le troupeau qui subissait sans broncher la dictature de la gentillesse « über alles » dans les médias, les films, les journaux, les auto-fictions à la mode, les pubs pour les couches-culottes.

    Critiquer, remettre en question les lieux communs totalement arbitraires qui se pratiquaient, ne pas suivre les mêmes rails que les autres, ne pas accepter l'allégeance au pouvoir du tout économique, c'était effectivement considéré comme ne pas être gentil, être jaloux de quelque chose, forcément, être aigri. Cela chatouillait les complexes sociaux encore vivaces. Et Internet ne faisait que raviver ceux-ci, le réseau étant devenu la providence de quelques crétins qui y trouvaient matière à se défouler de leurs frustrations diverses et variées.

    Il n'y avait plus de nécessité réelle de montrer de la sensibilité, de l'affectivité et de l'empathie pour les autres, le plus important était de faire semblant, de les surjouer, de pleurer à chaudes larmes en étreignant le voisin (le mieux étant de le faire en direct à la télévision).

    Cela avait été révélé par la réactualisation des « zoos humains » que l'on appelait du nom fallacieux « télé-réalité », fallacieux car plus rien n'y était vrai.

    Tous les deux partageaient le même desespoir devant la sottise absolue des aspirations de leur époque. Ils savaient bien que la nature humaine, l'homme, ce primate lamentable plus proche de la violence du chimpanzé que de la douceur du bonobo, est pitoyable, et qu'elle recherche surtout la satisfaction de ses désirs, de son avidité, de son appât du gain dût-elle se parer des meilleures intentions.

    L'un d'eux n'hésitait pas à se laisser aller à ses émotions, au flot de sentiments qu'il ressentait, de la haine à l'amour fou, tandis que l'autre avait peur de ressentir, et portait aux nues la rationnalité dont pourtant il ne faisait pas souvent preuve.

    Le premier s'il était ironique souvent n'était pas un type caustique et cynique comme le deuxième qui ne croyait en rien sauf en Dieu, et pour qui rien n'était vraiment réel hormis l'amour, l'amitié, l'affection donnée et reçue.

    Bien sûr, il n'était ni cynique, ni caustique, mais essentiellement un hyper-émotif qui s'était construit une cuirasse pour se protéger du monde extérieur.

    Ce qui les différenciait est que l'un d'eux éta it persuadé, voulait croire plus que tout que l'on pouvait changer la société en en changeant les fondements de manière radicale quitte à en passer par « l'impôt du sang » pour les peuples. Trouver de nouveaux fondements au monde pour qu'il soit moins inique, c'était mettre en oeuvre la théorie marxiste. Des affrontements contre les pouvoirs économiques en place naîtrait ainsi l'harmonie sur terre.

    Tandis que l'autre était à peu près sûr que ça ne changerait jamais rien du tout. Ce n'est pas qu'il doutait de la possibilité des utopies et de leur réussite potentielle, mais un bonheur imposé, même pour le bien de l'humanité malgré elle, est un bonheur insoutenable.

    Du fait de la nature humaine justement, on ne peut forcer les êtres humains au bonheur et à la concorde. Décider que la pauvreté est abolie, tout comme les privilèges, d'un trait de plume, c'est un rien futile.

    Il songeait souvent à l'exemple de l'utopie de Jean de Leyde, un temps ce fut effectivement comme le paradis sur terre, puis les passions humaines l'emportèrent et tout finit dans un bain de sang. Il croyait que la nature humaine était irrémédiablement marquée par le mal auquel elle se laissait souvent aller.

    Au fond, ces deux amis étaient deux naïfs, ou deux idéalistes, car le monde continuait sans eux, ainsi que la comédie politique, qui satisfait le bon peuple tant qu'il peut continuer à consommer toutes les choses inutiles qu'ils convoitent quand ils les voient à la télévision ou qu'il déambule dans les allées des supermarchés géants, ces cathédrales dérisoires des temps modernes. Ainsi est la politique qui n'a plus que très peu d'influence, raillée, discréditée, plus personne n'en veut. Alors qu'elle n'a finalement jamais eu autant d'importance, que l'on soit d'un côté ou l'autre de la rive.

    BD extrait de "M le Ministre"

  • Que se passera-t-il le lendemain de la "révolution" tunisienne ?

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    Sur Agoravox aussi

    Qu'un peuple mette dehors un tyranneau corrompu et sa clique de parasites, on ne peut que s'en réjouir.

    Mais ensuite qu'est-ce qui se passe ?

    Qu'est-ce qui vient après les grandes déclarations de principe ?

    elections03.JPGTout cela a commune une odeur d'Algérie en 1990-1991. A l'époque, on nous disait lors de l'organisation des premières élections réellement libres en Algérie que c'était formidable, que la démocratie allait s'installer durablement dans ce pays, que les méchants allaient être punis et que les riches, les profiteurs du régime allaient devoir tout partager.

    Puis ces mêmes élections ont failli porter au pouvoir le F.I.S qui a recueilli le maximum des suffrages car c'était eux les mieux à même de jouer les opposants contre l'ancien pouvoir, qu'ils étaient les mieux organisés, et les plus unis. Chez eux pas de querelle sémantique, ils savaient ce qu'ils voulaient.

    Là, étrangement alors que des élections avaient eu lieu, que le peuple s'était exprimé, les élites de notre beau pays, les commentateurs, les simples quidams, les éditorialistes de café du commerce qui pourtant trouvaient ça formidable au début ont dit :

    « Ah ben non, ah oui mais non, là, c'est pas ce qu'on voulait ».

    Et comme le peuple n'avait pas voté comme ils l'avaient prévu, ils ont suggéré gravement, en pontifiant encore, ou en jouant les grandes eaux, que celui-ci n'était pas encore prêt.

    Je m'étonne que personne ne parle de cela, à croire que la plupart des commentateurs enthousiastes ont la même capacité de mémoire que les poissons rouges.

    On songe aussi à la destruction du régime de Saddam Hussein en Irak. Un tyran sanguinaire, certes, mais entre deux maux il faut choisir le moindre. Beaucoup se sont réjoui de sa chute sans penser à ce qui viendrait après, à savoir une partition probable du pays et la radicalisation des mouvements intégristes.

    On remarquera en passant que le chef du parti islamiste Ennahdha, le seul qui a objectivement l'envergure de devenir le nouveau dirigeant, prépare son retour en Tunisie.

    On espère se tromper sur sa popularité dans ce pays.

    Les larmichettes de crocodiles de quasiment l'ensemble des médias, des observateurs assermentés et « grands témoins » montrent parfaitement que ce se passe en Tunisie tombe à pic, c'est comme un grand soir par procuration, sans les inconvénients des tirs à balles réelles de la police tunisienne, sans les pillages, sans les vengeances mesquines qui s'opéreront on en est à peu près sûr.

    Le sang versé par les autres, c'est toujours plus confortable, c'est toujours du sang justement versé, remarque-t-on en passant.

    Mais ceux qui applaudissent au sang versé par les autres sont rarement prêts à donner le leur, voire à sacrifier tout ou partie de leurs privilèges à de rares exceptions.
    Il y a également des mots terribles prononcés par le peuple comme ce slogan terrifiant : « Du pain et de l'eau plutôt que Ben Ali ». Comme l'ont expliqué les manifestants clamant cela à Tunis, il s'agissait de dire qu'ils préféraient crever de faim plutôt que Ben Ali reste au pouvoir.

    Ils ne veulent plus de Ben Ali soit, mais ils ne semblent pas mesurer le slogan.

    Derrière Ben Ali, il peut y avoir bien pire, bien plus arbitraire.

  • Petit salut à Anouilh en passant

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    On se souvient d'Anouilh sur Agoravox aussi

    On oublie Anouilh. C'est dommage.

    Surtout du fait de sa réputation d'anar de droite pas du tout dans le vent des indignations actuelles.

    Sur ce blog on en parlait par ici il y a trois ans.

    Ci-dessous deux citations :

     

    (A propos des pauvres) - A force de n'être chez eux nulle part, ils ont fini par prendre le mauvais genre de s'y croire partout.

    Dans « L'invitation au château »

    (La Comtesse à son amant) - ... vous avez réussi cette chose extraordinaire de rendre le péché plus ennuyeux que la vertu.

    Dans « La répétition ou l'amour puni »

    (A propos des pauvres) - A force de n'être chez eux nulle part, ils ont fini par prendre le mauvais genre de s'y croire partout.
    L'invitation au château
    Citations de Jean Anouilh


    Source : Citations de Jean Anouilh - Dicocitations ™ - citation



    Source : Citations de Jean Anouilh - Dicocitations ™ - citation

  • Panier de crabes audiovisuel

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    Rémy Pernelet et l'univers impitoyable des chaînes de télévision

    à propos du livre « Télé, Un monde sans pitié », de Rémy Pernelet, aux éditions Flammarion collection « Enquête ».

    « Quelle malchance a pu dénaturer l'homme - seul vraiment né pour vivre libre - au point de lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir de le reprendre ? »

    Etienne de La Boétie

    Extrait du « Discours de la servitude volontaire »

    article_1511-MED-SECRETSTORY.jpgCertains jours, on a envie de jeter sa télévision, car elle dénature notre humanité, dont elle frelate les plus beaux éléments pour vendre du jambon sous vide ou du café en poudre. Elle empêche de lire les livres que l'on aime, et ceux que l'on a aimé.

    Ce n'est pas le seul boulet que l'homme, et la femme, moderne se rajoute au pied en s'imaginant se libérer un peu plus des anciennes contraintes : la télévision se rajoute au téléphone cellulaire que beaucoup ont à la main tel une relique sacrée (comme boussole aussi ?), à l'ordinateur devant lequel des enfants passent déjà de trois à cinq heures par jour à s'intoxiquer de jeux violents, entre autres choses.

    On a même parfois envie de la placer sur un billot et de se défouler de la colère due à toutes les heures perdues à regarder des sottises devant son écran. On sent bien que l'on se fait avoir, que les tunnels de publicité sont là pour appâter le gogo et draguer le chaland, lui faire croire qu'il est important, et le convaincre d'acheter le dernier objet « tendance », le plus inutile bien sûr. Et évidemment, on sait, si l'on est capable d'un minimum de réflexion, que les émissions politiques sont le plus souvent une comédie plus ou moins bien jouée.

    Et puis souvent, par paresse, par peur inconsciente ou non, on continue à la regarder, comme un drogué ayant besoin de sa dose de temps de cerveau disponible, comme si il était indispensable de continuer à se sentir partie intégrante du troupeau des téléspectateurs, consommateurs potentiels de gadgets superflus.

    Rémy Pernelet n'est pas un intellectuel de salon, un type de l'élite qui ne consent à descendre que rarement de sa tour d'ivoire. C'est le rédacteur en chef de « Télé 2 Semaines » et « TV Grandes chaînes », deux hebdomadaires pas vraiment portés sur la transgression ou la critique sociale, c'est le moins que l'on puisse dire. On se rappelle pourtant en lisant son livre qu'il est également journaliste d'investigation. C'est un vrai travail d'enquête, courageux, argumenté, précis et détaillé, et il n'hésite pas à mordre en l'occurence la main qui le nourrit.

    Ce qui pourrait lui coûter cher dans un système où ne compte que le rapport de forces et la loi du plus fort car les deux journaux dont il est rédacteur en chef sont la propriété de Bertelsman, qui possède aussi M6, durement épinglé dans son livre.

    Il décrit ainsi qu'un entomologiste les moeurs des chaînes de télévisions dites populaires, de celles théoriquement de service public, les petits chefs, les autocrates de bureau, les dictateurs de l'espace-détente. Selon sa description à mon sens pertinente, le milieu de la télévision est cynique, méprisant, arrogant, versatile, et dur, exactement comme notre société finalement, dont le microcosme du PAF (Paysage Audiovisuel Français) est le reflet fidèle.

    C'est aussi un milieu fortement endogamique, où tout le monde se connait, se fréquente, et ce contrairement aux inimitiés affichées publiquement. Le psy révolutionnaire de gauche y est copain avec le réactionnaire de pacotille, et le philosophe de tête de gondole y fréquente la bimbo rechappée, l'écologiste noirci à la lampe bronzante ne voit pas de contradiction à être sponsorisé par une des entreprises les plus polluantes du monde.

    On y pratique sans complexes aucuns le clientèlisme et le népotisme. Les chaînes de télévision sont perçues comme une sorte de « Pôle emploi » pour favorisés, ou bien une agence de placement pour la famille et les amis, tous l'ont pratiqué de Pompidou à Sarkozy, (Patrick Sabatier, ami du président, qui retrouve des émissions, Drucker qui nous ressort « Champs Élysées », David Hallyday chargé de mission sur TF1, le fils Tapie animant avec les pieds une émission pour « jeûnes » il y a quelques années, Liane Foly en vedette de shows en prime time etc...).

    L'auteur traite des chaînes publiques en conflit constant avec le pouvoir, on croit définitivement enfui le temps de la télévision d'état gaullienne, quand Michel Droit avait quasiment le droit de vie et de mort sur les journalistes de l'ORTF, on s'aperçoit que le pouvoir en place en rêve encore et essaie de restaurer cette période pour lui bénie. C'était rigoureusement pareil sous Miterrand et Jack Lang, comme on peut s'en apercevoir en lisant les souvenirs de Claude Villers relatifs au « Tribunal des Flagrants Délires », (quant à lui très déçu, il s'imaginait faire une émission culturelle sur les voyages sur RMC, on lui proposa en fait un jeu débile).

    Et bien sûr, tous partage des valeurs communes : avoir un gros salaire, prendre le téléspectateur pour un abruti. Quand on voit les statistiques d'amateurs de banalité et de vulgarité devant les spectacles de téléréalité, on se demande si au fond ils n'ont pas raison.

    9782081232631FS.gifL'auteur décrit principalement deux modes de management d'entreprise, l'autocratie la plus arbitraire à M6, liée à un culte de la personnalité autour de Nicolas de Tavernost culte que n'aurait pas renié Joseph Staline. On pourrait croire que ce ne sont que des anecdotes mais elles sont à mon avis parlantes, le pédégé de M6 adore par exemple que personne ne prenne l'ascenseur avec lui, par peur, je suppose de voir son silence troublé par les respirations intempestives de ses collaborateurs. Ceux-ci sont traités comme du crottin, trainés plus bas que terre mais aimant ça car restant ainsi dans le sillage du grand homme qui leur laisse quelques miettes de sa grandeur. Le « petit personnel », les stagiaires, les assistants y sont traités comme du crottin, et plus grande est leur précarité, pire seront les vexations qu'ils auront à subir, des vexations qu'ils estiment indispensables pour réussir.

    A TF1, depuis que Nonce Paolini est en charge du personnel de la chaîne, on veut promouvoir un esprit d'entreprise très « corporate », une déontologie de management, (deux mots qui s'opposent d'ailleurs, déontologie et management), un peu comme morale et bourse, générosité et banque. Cette « déontologie » est assez hypocrite puisque au bout du compte, c'est exactement le même système de management qu'à M6, à savoir la loi des petits chefs.

    Le livre de Rémy Pernelet n'étonnera que les naïfs et les esprits crédules, les autres y verront la confirmation de leurs craintes quant à l'audiovisuel français.

  • Zemmour, le réel et la censure

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    Ce texte fera-t-il grincer des dents sur Agoravox ?

    « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

    Citation accordée à Voltaire

    Il semblerait que la citation soit absolument apocryphe (On ne la trouve nulle part dans son œuvre publiée). Elle découlerait d'un commentaire de l'auteur britannique Evelyn Hall, dans son ouvrage The Friends of Voltaire paru en 1906. Cela dit, elle illustre très bien ce que devrait être la liberté d'expression en République en général et en Démocratie en particulier.

    Cette citation est souvent reprise mais on remarque qu'on l'oublie souvent, généralement en République en ce moment on veut surtout entendre ce qui va dans le sens du vent.

    Or, de plus en plus, on ne veut pas voir le réel, on ne parle plus d'aveugles, mais de malvoyants, on ne dit plus vieille personne mais personne âgée (ou « senior dynamique », ou on parle de « Troisième Age »), on ne dit plus un imbécile mais un déficient mental, et pour le mariage, on en vient même à utiliser le terme de « viol légal ».

    Depuis la fameuse « nuit du 4 Août », en 1789, certains ne jugent pas utile de se battre contre les privilèges puisque sur le papier il a été décidé qu'il n'y en avait plus. C'est donc qu'il n'y en a plus. On croit aussi que décider d'abolir la misère, ou de s'indigner contre la pauvreté, suffit pour les abolir, alors que cela nécessite pour commencer de songer surtout à partager les richesses, dont celles dont nous bénéficions.

    Quand on sait que toutes les trois secondes une tablette informatique à 400 dollars d'une marque célèbre vantant apparement les pommes se vend dans les pays dits développés, on s'aperçoit qu'il y a du boulot avant que les drogués du consumérisme renoncent à leur fix quotidien de biens de consommation parfaitement inutiles et totalement superflus.

    eric-zemmour-300-television-stars-13805.jpgDonc Zemmour a dit que si les français d'origine africaine ou arabe étaient beaucoup plus contrôlés que les autres c'était aussi parce que la plupart des trafiquants de drogue et des délinquants sont des français d'origine africaine et arabe. Bien sûr, il oubliait qu'il y aussi de temps à autre le contrôle au faciès.

    Mais ceux qui poussent ou ont poussé des cris d'orfraie ou de vestales outragées suite à ses propos oublient une chose, c'est malheureusement le cas. Cela ne veut pas dire qu'ils sont plus mauvais que les autres du fait de leurs origines, cela ne veut pas dire qu'ils sont plus malhonnêtes.

    Par contre, cela signifie certainement que si les personnes d'origine étrangère ont besoin de faire appel et d'entretenir l'économie souterainne, il y a un problème d'économie, de société, de communauté nationale et d'intégration que l'on ne veut pas voir, préférant dans un cas faire étalage de bons sentiments, dans l'autre, sombrer dans le rejet de ces personnes.

    Dans le premier cas, on incrimine la colonisation et le racisme pour excuser les voies de fait ce qui revient finalement au même que ce qui est dit dans le deuxième cas, à savoir qu'il n'y a pas d'intégration possible, et qu'il ne peut y avoir qu'un choc des civlisations que d'aucuns vont même jusqu'à appeler de leurs voeux.

    Dans les deux cas, il n'y a aucune solution ni voie de sortie.

    Si personne ne devrait ne souhaiter raisonnablement un affrontement, personne ne devrait se contenter de grandes tirades sur la tolérance, l'accueil, et tout ça, pour ne rien faire ensuite.

    En trouver une c'est déjà commencer par accepter de se confronter au réel.

    Or, les uns et les autres se lamentent mais laissent faire dans les faits le détricotage de l'Éducation Nationale, la destruction du tissu associatif et la suppression des commissariats de proximité. Les pleureuses et les pleureurs, on le remarque souvent, soit dit en passant, qui vantent l'intégration et la mixité sociale, placent leur progéniture dans les meilleures boîtes, publiques ou privées, la plupart du temps. La mixité sociale c'est pour les autres dans leur esprit.

    Enfin, l'auteur de l'article n'est pas exactement un fan d'Éric Zemmour qui tient finalement l'emploi du « méchant » à la télévision depuis quelques temps, comme au théâtre, celui dont le métier est de se faire siffler car il contredit les certitudes et lieux communs du troupeau ou des « peoples » à la mode, certitudes généralement caressées très vite dans le sens du poil par le « Monsieur Loyal » des émissions où il officie. On remarquera d'ailleurs que les portes ouvertes qu'enfoncent de manière anodine parfois Zemmour suffisent à le faire passer pour un vilain personnage.

  • Ma véritable auto-biographie

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    Où comment je suis devenu un onaniste de sacristie réactionnaire, pseudo anarchiste de droite soutenant en fait les classes bourgeoises et exploiteuses.

    tq6451.jpgJe suis donc bien né en 1969, le 21 mai, dans l'hotel particulier de Père et de Mère à Paris dans le XVème arrondissement, et mon vrai nom est Amaury Watremez de la Seine de Touraine.

    Nos gens étaient allés quérir les sages-femmes pour me faire venir au monde.

    Dés ma naissance, il a été fait appel à la Maréchale Leclerc pour qu'elle soit ma marainne. Celle-ci m'entretint dans les valeurs bourgeoises et les bonnes moeurs dés que je fus en âge de comprendre.

    Celle-ci me porta sur les fonts baptismaux à la Madeleine, bien entendu. L'Archevêque de Paris avait d'abord refusé de célébrer mais Père insistant et promettant d'aider ses oeuvres, le prélat, un saint homme se laissa fléchir.

    Bien sûr, l'office était en latin, et il y eut ensuite une procession de pénitents habillés de rouge avec des cagoules pointues.

    A l'école maternelle, il fut hors de question de me mélanger avec le vulgaire, plutôt donc d'aller à l'école Saint Youri Gagarine de Livry-Gargan, je fus inscrit par mes géniteurs dans un cours particulier où j'appris les rudiments de la vie en société gràce à quoi, je peux maintenant encore garder ce maintien et cette simplicité qui ont fait ma légende, surtout quand je sors de ma Rolls, avec chauffeur.

    De temps, Père et Mère invitaient les enfants des domestiques afin de me divertir, et de me confronter au peuple et à ses coutumes grossières. Je me lassai rapidement de ce genre de divertissement qui devenait ensuite fort pénible, car je ne comprenais un traître mot du sabir qui leur tenait lieu de langage.

    En primaire, bien entendu, j'avais un précepteur à domicile, le même que Bernard-Henry (Lévy), son père était un ami de la famille qui nous était très sympathique malgré ses origines populacières. Père aimait à dire que « ces gens là ont tué le Christ mais qu'ils sont néanmoins diablement intelligents et doués pour les affaires ».

    i006191.jpgJ'eus également parfois la visite de la petite Christine Angot, une enfant très nerveuse et perturbée qui va maintenant jusqu'à renier ses origines aristocratiques alors que chacun sait qu'elle s'appelle Christine de la porte de Belleville, et que sa famille remonte aux croisades.

    Le soir, quand j'allais aux représentations de l'Opéra en compagnie de Père, Mère et de Bernard-Henry, il nous arrivait de passer devant les grilles de la cité Saint Joseph Staline de Saint Ouen et de nous émerveiller de l'étonnement naïf des gueux sur notre route.

    Père aimait nous acheter des crèmes glacées dans une pâtisserie de Neuilly, le jeune homme qui nous les vendait parfois était malheureusement trop nerveux et peu aimable, nous n'y allions que très peu souvent.

    Un jour malheureusement, il y eut un accident bête, l'un d'eux se jeta la tête la première sous les roues de notre véhicule, ce fut aussi douloureux pour notre chauffeur que la mort de celui qui se suicida avec le démonte pneu d'icelui, comme l'autopsie le prouva.

    Ces deux incidents regrettables me firent prendre conscience de la brièveté de l'existence et ainsi naquit en moi une conscience politique.

    Car enfin, il me semble qu'il faille vraiment préserver les avantages acquis conquis par la classe bourgeoise, ceux-ci étant gravement menacés par les hordes socialistes qui ont déferlé sur la France après le 10 mai 1981.

    Quelques temps après ma puberté, Père m'emmena voir une dame charmante qui habitait visiblement toute une suite à l'Hotel Lutétia, hotel qui nous était cher pour ses références historiques.

    Celle-ci m'initia aux choses de la chair, avant que je ne sois présenté aux jeunes personnes de la Bonne Société, toutes excellement élevées en batterie à la maison des Demoiselles de la Légion d'Honneur.

    Hélas, celles-ci étaient souvent de basse extraction, trop basses, je cherche encore celle qui perpétuera ma lignée. Père et Mère étaient cependant désolés pour moi.

    Ils avaient beau convoquer différentes promises dans notre résidence secondaire des hauts de Berck-Plage, rien n'y faisait.

    Je rejetais d'emblée certains milieux parisiens du fait de leur endogamie bien trop risquée pour ma future lignée (certains ne sont même jamais allé à une messe selon le vrai rite, pas celui qui nous imposé par l'Église renégate et franc-maçonne au pouvoir depuis 1962. Ce ne sont pas là des suppositions frivoles. On sait bien que quand on écoute « Yesterday » des Beatles à l'envers on entend distinctement « Paulus VI is evil » fort distinctement).

    Depuis quelques années, je me consacre à mon enrichissement culturel, ce que je peux faire depuis mon mariage avec Marie-Edmée Floristal, la fameuse héritière de la chaîne de charcuterie « tout bon, tout cochon », charmante vieille dame de 97 ans qui a décidé de m'aider à réaliser mes rêves. Je voudrais faire taire si cela était possible les odieuses rumeurs colportées sur son ancien mari depuis quelques temps : ce n'est pas parce qu'il faisait partie de « la Cagoule », qu'il était ministre de l'Agriculture de Pierre Laval et que ses enfants faisaient partie de la LVF qu'on peut l'accuser d'avoir été partial pendant la Seconde Guerre.

  • FIP a quarante ans

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    On parle de cette radio aussi sur Agoravox

    Dans les années 70, on pouvait entendre, coincés dans les embouteillages, des speakrines aux voix douces et évocatrices informer sur la circulation de manière souvent très suggestive, comme par speedway_thb.jpgexemple : « Les petits coquins trop pressés qui n'ont pas attendu 16 heures pour emprunter les boulevards extérieurs se retrouvent fort marris porte de Clignancourt, gageons qu'ils sauront occuper leur temps de manière agréable surtout s'ils sont à deux dans leur voiture ».

    Bien sûr, plus tard, quand on voyait les photos de ces speakrines, on pouvait être parfois déçu. La réalité n'était que rarement à la hauteur du fantasme radiophonique.

    « FIP » (France Inter Paris) est donc créée en 1971 par Roland Dhordain et Jean Garetto, créateur aussi de « L'Oreille en coin » sur « France Inter ». Le principe de cette radio est le service des auditeurs, de la musique choisie de manière très éclectique entrecoupée d'informations routières dites sur un ton original, un bulletin d'informations privilégiant les actualités culturelles toutes les cinquantes minutes.

    Au départ c'est donc un « truc » de parisien, ça l'est resté plus ou moins même si FIP a tenté l'essai de la décentralisation en province, dont une bouture à Lyon qui a duré un peu plus longtemps.

    La radio, c'était bien avant, il n'y avait pas de tunnel de pub, pas de pub du tout d'ailleurs, pas de journalistes serviles et d'éditorialistes démagos. On écoutait de la musique de tout les styles en se fichant complètement de la mode, des scies en vogue ou de ce que le snobisme commandait d'apprécier. Quand les speakrines y parlaient des accidents de la roue, et des « bouchons » sur le « Périph' », on avait toujours l'impression qu'elles invitaient à des délices paradisiaques. Ainsi on oubliait les gazs des pots d'échappement, la grisaille et le bruit des moteurs pour rêver un peu, et ne plus voir que la poésie qu'il peut y avoir parfois même dans le béton et la ville. Ce n'était pourtant pas évident au départ, les bulletins du PC de Rosny sous Bois n'ayant pas grand chose d'excitant à la base.

    fip-fluide.jpgC'était ça FIP, ça l'est encore un peu mais ce n'est plus exactement pareil. C'est plus ou moins devenu une radio « bourgeoise bohème » : « World music », « Progressive Jazz », musique ethnique, chanteurs trentenaires qui montrent leur mal-être de petits bourgeois malheureux à tous les passants. On veut bien continuer à étre élégant, éclectique et cultivé, mais maintenant il est nécessaire également d'avoir une ou deux prétentions : faire progresser le « vivrensemble », être con-cerné et engagé (dans le bon sens, tous les engagements ne sont pas considérés pareillement). Même les voix enchanteresses avaient été mises au rebut, parce que trop sexistes, pas assez développement durable ?

    Pourtant, c'était tellement bien, Eddy Mitchell juste après Schubert, les Beatles qui précédaient Sun Rae qui suivait une ou deux « Gymnopédies » d'Erik Satie ou une chanson de Marvin Gaye. Cela permettait bel et bien d'envoyer les snobs au terminus des prétentieux, de rabattre le caquet aux ploucs mais aussi aux pseudo-anti conformistes, finalement snobs aussi.

    C'était la liberté de ne pas se soucier des idées reçues, des préjugés, des lieux communs.

    C'est comme en gastronomie : on peut goûter les mets les plus fins, les plus délicats et le soir venu avoir envie d'une bière et de bonnes frites bien grasses et croquantes de bistrot, le tout accompagnant parfaitement une andouillette. Ou comme en littérature, un livre dit « de genre » en dit souvent plus sur la société moderne que l'auto-fiction pénible d'un « quadra », ou « quinqua » qui croit indispensable d'étaler publiquement ses névroses distingués sur la place publique.

    Julien Delli Fiori a été nommé dernièrement directeur de cette radio, avec lui c'est certainement un peu de l'ancien esprit qui revient. Dans une émission disparue de France Inter, qu'il animait pendant les années 80 avec Clémentine Célarié, il y avait beaucoup de « l'esprit FIP », de l'originalité, de l'élégance, de l'éclectisme, et un zeste de sensualité.

    Ainsi, l'on pourra continuer à rêver dans les « bouchons »...

    photo du périphérique prise sur ce site

  • Jouons avec Pierre Desproges et Jacques Séguéla

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    imagetribunal.jpgLe jeu est simple, on remplace Jacques Séguéla par le nom et le prénom de n'importe quelle icône politique à la mode en ce moment, et je garantis des heures de rigolade (enfin des heures, je ne sais pas mais au moins cela évite de pleurer face à la nullité des débats politiques actuels).

    "Jacques Séguéla est-il un con? La question reste posée. Et la question restant posée, il ne nous reste plus qu’à poser la réponse. Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l’une, ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien Jacques Séguéla n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup.

    Supposons que Jacques Séguéla soit un con, je dis bien supposons et j’y tiens, car jamais, Mesdames et Messieurs les jurés, car jamais, monsieur le Président, jamais et nous le savons, et pas seulement de Marseille, jamais je ne me permettrais sans preuve d’insulter un prévenu, même et surtout quand il s’agit comme aujourd’hui, d’un handicapé publico-maniaque de type Napoléon de gouttière minable et incurable confit dans sa suffisance et bloqué dans sa mégalomanie comme un marron dans le cul d’une dinde. Oui je sais, la comparaison est ordurière, et je prie le syndicat des dindes ainsi que le Denise Fabre fan club de bien vouloir m’excuser.
    Supposons que Jacques Séguéla soit un con, je répète, supposons, car seule l’autopsie pourra nous le révéler tout à l’heure. Si Jacques Séguéla est un con et que je le dis froidement, comme ça : "Jacques Séguéla est un con". Que se passe-t-il, mesdames et messieurs les jurés? Eh bien, mesdames et messieurs les jurés, il se passe qu’en vertu des lois démocratiques qui régissent ce pays, cet homme est en droit de me traîner en justice pour divulgation d’un secret militaire. Parfaitement, déjà en 1939, tout le monde en France savait que le Général Gamelin était un con sauf les militaires. C’est ça un secret militaire. De la même façon, mesdames et messieurs, il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui si Jacques Séguéla est un con, il ne fait aucun doute, dis-je, que tout le monde en France s’en est déjà aperçu sauf les militaires et les socialistes évidemment qui n’avaient déjà pas tout compris pour Gamelin, mais, bon, on n’est pas là pour enfoncer les charlots.
    Supposons maintenant que Jacques Séguéla ne soit pas un con, c’est une simple supposition, si Jacques Séguéla n’est point un con et que moi, Pierre Desproges, j’affirme le contraire sur l’antenne, si je dis : moi, Pierre Desproges, j’affirme que Jacques Séguéla est un con. Que se passe-t-il, mesdames et messieurs les jurés ? Eh bien c’est très simple, Jacques Séguéla me traîne en justice pour diffamation. Et qui c’est qu’a l’air d’un con? Lui ou moi? Imaginons la scène. Jacques Séguéla va voir un juge, un vrai Juge, et lui dit : M’sieur, y a Desproges eh ben y fait rien qu’à dire qu’on est un con. Et que répond le vrai Juge? Vous croyez peut-être qu’il va lui répondre: c’est celui qui le dit qui y est? Non, pas du tout, Le juge me condamne et colle trois briques d’amendes à Claude Villers qui est finalement le seul responsable après Dieu de toute les ordures, de toute les insanités ordurières proférées à longueur de journée dans ce prétoire. Laisserais-je commettre cette infamie, mesdames et messieurs les jurés? non! Laisserais-je punir un homme pour une faute que j’aurais commise ? Laisserais-je la justice de mon pays accabler mon Cloclo juste et bon, à qui je dois tant et qui m’a sorti de la médiocrité télévisuelle dans où je stagnais pour me plonger dans la nullité radiophonique où j’exulte?…"

    image prise sur le site desproges.fr

    Extrait du Tribunal des flagrants délires du 25 octobre 1982

    Ici le réquisitoire en entier

  • Polémistes de haut vol - Demorand, Mélenchon et Clark

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    Cet article provoque déjà des commentaires comme décrits ci-dessous sur agoravox

    Aujourd'hui on le lit, on l'entend souvent, sous la plume de Stéphane Hessel ou au micro d'autres, le fascisme est à nos portes, le totalitarisme nous guette, et sous l'excuse de jouer les anti-conformistes, les réacs, les anarchistes de droite, des ignobles individus tentent en fait de prendre le pouvoir, et de confisquer la parole, face aux preux chevaliers blancs et blanches qui ne sont plus que quelques uns à les entendre à défendre les valeurs de la liberté, l'égalité, la fraternité et bien sûr la laïcité, surtout contre ces infâmes catholiques, ces hordes de grenouilles de bénitier et de crapauds de burettes, d'onanistes de sacristie odieux dont certains sont en plus des prétentieux qui sous prétexte de donner l'impression d'un vernis de culture sont des activiste dangereux.

    Mercredi, Nicolas Demorand recevait un de ces hérauts de la liberté, une de ces nouvelles icônes de ces défenseurs des valeurs des droits de l'homme, j'ai nommé Jean-Luc Mélenchon. On sait très bien que bien qu'adulant et portant aux nues cet homme politique par ailleurs extrêmement sympathique et qui dit énormément de choses justes, ils déculpabilisent d'avoir du fric et de ne pas le partager, faire une cure de socialisme à l'ancienne pour mieux continuer à consommer ensuite de l'internet, des habits équitables et du bien culturel inaccessible aux communs des mortels, aux masses populaires qui par hasard si elles ne suivent pas les emballements dans le vent deviennent aussitôt de sales « beaufs » (TM), du marxisme façonné à la main, « vintage », en plus c'est être à la mode avec la vogue des produits de « seconde main » (autre nom moins clinquant pour le « vintage »).

    Tu retrouves les mêmes un peu plus tard se vantant d'avoir escroqué le fisc et mis de côté un magot pour leurs vieux jours, à savoir tout ce que l'État donc les citoyens n'auront pas pour l'éducation ou la culture à la portée de tous. Soyons clairs, ce n'est pas la faute de Mélenchon s'il sert d'alibi à un certain nombre de petits bourgeois. Ceux-ci, quand ils discutent politique et que l'on remet en question la validité et la sincérité des platitudes, finissent dans 99,9% des cas par montrer la faiblesse de leur raisonnement politique en sombrant systématiquement dans l'attaque « ad hominem » et la pathologisation du contradicteur, employant des procédés qui ont fait leurs preuves si j'ose dire dans la bouche des extrémistes et fanatiques de toute obédience.

    Nicolas Demorand, bon journaliste, certes, pas exactement un révolté, lui pose une ou deux questions qui fâchent, dont une sur le nombre de fois où l'intéressé s'est présenté devant les suffrages des électeurs (aïe !), et voilà Mélenchon, bon client, qui pique une colère qui plaît bien aux médias car ça se vend bien et ça entre parfaitement dans le plan marketing de ce genre d'émissions politiques, une bonne petite polémique de derrière les fagots. Il ne faut pas être dupe. Et je doute aussi que Demorand se lance sur un terrain aussi dangereux avec les représentants de l'UMP et de la Sarkozie. Cependant, quelle est l'argumentaire fort et appuyé que développeront entre autres Pascale Clark et Patrick Cohen contre Nicolas Demorand ? Un court texte fort et bien senti ? Un nouveau « j'accuse » résonnant de toute la colère du peuple maltraité par l'hyper-libéralisme ? Mieux encore, ils se moqueront de Nicolas Demorand en le qualifiant de « gros ». Voilà qui est intelligent, fin et qui témoigne d'une analyse politique de haut vol.

    Ci-dessous un excellent sketch de Groland qui compare efficacement un petit bourgeois con-cerné et un prolo
    Bobo ecologie developpement durable groland
    envoyé par rapace0. - Regardez plus de vidéos comiques.

  • Le purgatoire ressemble à une sous-préfecture de province

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    Sur Agoravox aussi

    « De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l'écluse, un autre pont, loin, plus loin... Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne, et nous, tout qu'il emmenait, la Seine aussi, tout, qu'on n'en parle plus. »

    La fin de « Voyage au bout de la nuit »

    « La fenêtre, en province, remplace le théâtre et les promenades. »

    Citations de Gustave Flaubert

    Le purgatoire, c'est cet état intermédiaire entre le paradis et l'enfer pour les âmes des défunts pour les chrétiens. C'est aussi là que sont la plupart des écrivains, créateurs et artistes dont les choix échappent ou ont échappé à la pesanteur de la morale commune et des préjugés en vogue. On y passe deux heures, on a l'impression que celles-ci durent une éternité, et puis quand on le quitte, on oublie son attente et son impatience d'en sortir.

    On y garde espoir car on y est seulement en transit.

    denderzichtstad.gifLe purgatoire ressemble donc à une ville de province, entre le paradis pour son calme et les paysages, et l'enfer de la médiocrité érigée en vertu pour le reste. Il ressemble à une de ces villes moyennes maintenant toutes bâties sur le même modèle, ayant pour la plupart perdues leur identité au fil du temps, identité qu'elles continuent cependant à fantasmer tout en entretenant des complexes vis à vis de la capitale, honnie, dont on retient surtout les tribulations grotesques et ostentatoires des « pipeaules », donc Paris est détestée et haïe mais pas tant que ça en définitive car la haine à son encontre est surtout de la basse envie.

    Dans quasiment toutes les petites et moyennes villes de province, les centres commerciaux sont devenus les points centraux des agoras (y compris auprès de bourgs tout petits maintenant on trouve souvent un ou deux supermarchés géants dans lesquels tous vont se ravitailler), avec les pourvoyeurs de « malbouffe » un peu partout, « pour les jeunes » ou le « kébab » un peu partout.

    C'est joli la province, c'est même parfois encore très beau, le soir, on peut encore voir les étoiles et le matin entendre les oiseaux. Les rues ne sont pas engorgées par le monde. Et il n'y a pas que des bureaucrates pressés dans les rues. On sait prendre le temps, de ne pas aller trop vite, de souffler de temps en temps. C'est aussi ce que l'on voudrait faire croire. On se tient à des valeurs, ou plutôt des lieux communs qui en tiennent lieu étriquées, confortables qui ont souvent beaucoup d'hypocrisie pour corrolaire.

    Il faut respecter les « anciens », comme on dit, les têtes chenus, les cheveux blancs, comme si leur parole était toujours respectable et sage, alors qu'on sait bien que l'on peut être vieux et prononcer beaucoup de sottises. On oublie ses erreurs, on oublie son parcours chahotique, on pense laisser une trace dans la mémoire de ses proches en jouant les augures solennels et mûrs. Au bout du compte, on se borne surtout à jouer les vieux cons.

    Les politiques des petites villes de province aiment bien les « anciens », se montrer avec dans la « P.Q.R » (ou presse quotidienne régionale) tapotant le crâne dégarni d'un octogénaire en souriant de toutes ses dents blanchies de la veille, serrant avec componction et gourmandise la main d'une vieille dame en fauteuil roulant, pardon d'une personne du troisième âge à mobilité réduite. C'est normal somme toute, en période de crises diverses et variées, dans un temps où tous liens qui maintenait encore il y a peu une apparence de fraternité entre les individus.

    Je fais cette correction car paradoxalement, s'il est bien vu de « respecter les anciens », il est très mal vu de parler de vieillesse, de maturité voire de la mort qui terrifie.

    On comprend fort bien la terreur qu'elle inspire, car si il n'y a que le néant après, c'est d'une tristesse infinie, la vie perd toute signification, tout sens.

    Ce n'est pas que l'on n'aime pas la jeunesse en province, au contraire, les institutions, les commerçants, tout le monde se targue de faire « quelque chose » pour les jeunes. Ceux-ci ont un avantage, ils permettent au chanteur engagé (souvent un ancien professeur qui a des prétentions artistiques) et con-cerné de MJC de se trouver un public gratuit et obligé de venir à ses concerts entendre ses ritournelles drôlement engagés selon lui, qui attaquent le plus souvent l'Église et l'Armée et tirent sur les ambulances en toute bêtise et naïveté.

    Les plus favorisés matériellement en province font beaucoup pour LEURS jeunes, leurs enfants, leur progéniture, l'officielle et l'inavouable, qu'ils placent le plus possible à des postes confortables et des emplois bien rémunérés qui font qu'ils pourront dormir tranquilles en pensant à leurs rejetons. Cela ne choque pas grand-monde dans les petites villes de province (on me dira à Paris non plus, j'en conviens). On y est encore féodal.

    Les nouveaux aristocrates en sont le médecin, parfois le pharmacien, tout commerçant un peu prospère. Comme partout, on respecte beaucoup l'argent et ceux qui le montrent, et le dépensent.

    On aime bien les lignées de politiques, de roitelets locaux, les dynasties de notables clairement cyniques mais à qui on pardonne.

    On est persuadé qu'il est normal que le fils devienne maire après le père, fût-il complètement incompétent. Cette indulgence nait aussi du fait que tout le monde a envie de faire de même, s'octroyer une bonne part du gâteau, sans l'avouer vraiment. Cela se vérifie même dans les églises, où pour faire partie des fameuses « équipes d'animation pastorale » (on aime bien ce genre de G.O spirituels, qui transforme l'Évangile en un « club Med » de la théologie réduite à quelques clichés étalés avec force complaisance).

    Il y en a comme Céline, Louis-Ferdinand, qui le disent carrément, que « la province les emmerde », avec ses rideaux tirés, ses habitants qui n'accueillent jamais vraiment le nouveau venu dans leur coin, qui se rassurent en se persuadant qu'ils sont largement plus authentiques que les habitants des villes, lieux de perdition où le pauvre paysan perdait son âme, et ses sous, ce qui pour lui était le plus grave, la perte de son argent, de son magot amassé avec patience, ruse et avarice, pas comme en ville où il n'y a rien que des fainéants.

    db2dbaf6-43fc.jpgLe pire, c'est que maintenant les citadins qui ont les moyens viennent l'envahir, en amenant avec eux leurs propres lieux communs, à savoir ils perçoivent la province comme dans un filtre « amélipoulinesque », avec des boutiques colorées et un peu désuètes, des vieux en sabots qui mâchonnent une cigarette jaunâtre tout en baragouinant quelques apophtgmes réputés profonds car incompréhensibles.

    Le pire, c'est qu'en province on aime bien car on leur vend le même pain qu'avant deux fois plus cher en collant une étiquette « bio » ou « développement durable », ou « produit local » sous le prix. Ces produits locaux donnent parfois l'occasion de rire, comme ce gâteau tropézien sous certains cieux et typiquement vendéen sous d'autres.

    Que l'on ne se méprenne pas, j'aime bien la province, et les petites villes de province, y vivant depuis plus de trente ans. C'est ce qu'elle devient à cause de politiques de la ville débiles, de la folie des grandeurs de quelques édiles locaux qui font construire des hotels de ville géants pour satisfaire leur vanité et ne se soucient pas une seconde du développement de leurs cités.

  • Il est plus que temps de songer aux chrétiens d'Orient

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    Depuis plusieurs décennies déjà, une minorité se fait persécuter et opprimer au Proche Orient. Depuis quelques semaines, les choses s'accèlèrent et c'est à peu près un attentat par jour contre cette minorité 514701945.jpgque l'on doit déplorer chaque semaine. Pourtant, on ne voit aucune affiche sur les murs de l'Hotel de ville de Paris, et il n'y a aucune manifestations dans les rues des associations pour les droits de l'homme ou les ONG se souciant d'humanitaire, excepté un grand rassemblement organisé il y a peu à l'initiative entre autres de Frigide Barjot.

    Est-ce à dire que ces associations ou organisations pourtant promptes à réagir dans le cas d'autres minorités, peut-être plus « vendeuses », s'en fichent ?

    Objectivement il semble bien que oui.

    Parce que cette minorité ce sont les chrétiens des Proche et Moyen Orient, (catholiques à 40%, rattachés aux patriarcats de Moscou ou de Grèce à 60%), particulièrement les coptes, catholiques ou orthodoxes, en Égypte, et au Nigéria, la plupart dans des pays auparavant laïcs et plutôt tolérants ou cléments avec eux, maintenant beaucoup plus durs du fait de la montée en puissance des groupes fondamentalistes musulmans qui ont la part belle à cause des deux Guerres du Golfe et de l'enlisement total des pourparlers dans le conflit israélo-palestinien, la pierre d'angle et d'achoppement de la question.

    Certains naïfs ont cru que les choses allaient s'arranger avec Obama, il n'en est rien, et la colonisation continue de plus belles en Cisjordanie. Il faut aussi signaler que les chrétiens de la bande de Gaza subissent une double peine, le pilonnage de leurs villages, essentiellement autour de Khan Younès, et la suspicion à leur encontre des dirigeants et membres du Hamas pour qui ce sont des alliés potentiels de l'Occident, les chrétiens du Sud Liban vivant également les mêmes problèmes, certains se laissant hélas aller à soutenir le Hezbollah.

    Les chrétiens d'Occident, dans une très large majorité, sont également indifférents de fait au sort des chrétiens dits d'Orient, les assurant de leur plus profonde prière, affirmant qu'ils doivent rester dans leurs pays, qu'ils en ont le droit, mais ne faisant rien pour les aider concrètement, excepté bien sûr les associations comme l'AED (Aide à l'Église en Détresse) ou l'Oeuvre d'Orient, qui reste encore relativement méconnue dans l'église de France, et qui souffre de sa réputation d'oeuvre de « grand-maman ».

    Les chrétiens arabophones le disent tous : « Vous nous demandez de rester sur place mais vous ne faîtes rien pour nous y aider ».

    Et il y a aussi tous ces « idiots utiles », qui par naïveté, par sottise aussi, pour se donner la pose humaniste, qui soutiennent les attaques de plus en plus nombreuses contre la laïcité faites par des intégristes musulmans, pourtant minoritaires en Europe.

    Pire encore, la plupart des chrétiens et catholiques soutiennent des politiques qui ont des conséquences catastrophiques quant au bien-être des chrétiens orientaux, dont les « guerres pétrolières » ou le soutien affiché de nombreux dirigeants occidentaux finalement cyniques à l'Arabie Saoudite, dont on sait pourtant qu'elle finance les pires groupes fondamentalistes et le terrorisme.

    Je mettrai dans le même sac les chrétiens pro-sionistes, souvent plus sioniste que les membres les plus radicaux du Likoud, et les chrétiens pro-palestiniens, dont certains défilent sans réfléchir avec des partisans du Hamas ou des Frères Musulmans égyptiens, accentuant la pression déjà forte sur les chrétiens de langue arabe.

    Signalons aussi que la plupart des chrétiens occidentaux sont largement ignorants de l'existence même de leurs frères et soeurs d'Orient, et donc de l'histoire des origines du christianisme, qui est une religion s'étant développée d'abord au Proche Orient avant d'essaimer en Europe, à commencer par l'Égypte évangélisée par Saint Marc. Les traditions orientales sont pourtant souvent considérées comme des survivances folkloriques ou locales, méprisés, à quelques initiatives prés comme celles du Père Gouzes, qui essaie de réconcilier la tradition romaine et la tradition byzantine.

    Le traitement par les médias de ces évènements douloureux est, disons le pudiquement, excessivement prudent. Au Nigéria, on met à égalité chrétiens et musulmans qui s'affronteraient à égalité, tandis que pour les coptes on parle de leur « sentiment de persécution », ce qui sous-entend qu'on met en doute la véracité de ces persécutions.

    Cette question dépasse pourtant tous les partis, tous les clivages, on note que ce sont des parlementaires de droite comme de gauche, dont André Gérin, qui ont signé la pétition pour quelque chose soit fait pour cette minorité souffrante. Car ce qui est en jeu, c'est aussi une vision de la société, dans laquelle tout le monde arriverait à vivre bon gré mal gré en tolérant les croyances, ou incroyances, de l'autre.

    Appel à la prière pour les chrétiens d'Orient, du site "Appel à la Vérité"

  • Prendre la pose humaniste et la garder sur Internet et ailleurs

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    J'illumine aussi sur Agoravox

    En ce début d'année, j'ai eu une illumination, il s'est passé un miracle du nouvel An. Quand on discute avec quelqu'un n'étant pas forcément d'accord avec vous, on croit souvent que la personne en face a réfléchi longuement sur ses engagements, s'est posé toutes les questions relatives à ces engagements, sait se remettre en cause et remettre en causes ses opinions.

    et-la-tendresse-bordel-28-02-1979-17-g.jpgJe prenais quant à moi toujours au sérieux, ou presque, ces engagements affichés, respectant finalement toujours celle ou celui ne pensant pas comme moi, car étant persuadé que ce qu'elle affirmait penser et faire était profond. Je dis ou presque car je me rappelais bien de ce camarade des bancs de la fac, communiste révolutionnaire selon ses dires, et capable de virer des personnes de leur logement quelques années plus tard, comme j'ai pu lire qu'il le fit, ironiquement non loin des lieux mêmes où nous étudions et où il lui arrivait de prononcer ces homélies enflammées pour la Révolution et la libération de tous les prolétaires..

    C'était une grossière erreur, les opinions affichées par telle ou telle personne, qu'elle soit de gauche ou de droite, mais c'est mieux vu d'être de gauche, et, ou de passer pour rebelle, ces opinions reflètent essentiellement la posture que prend la personne, sa pose qu'elle tient sur Internet ou dans la vie pour raison « x » ou « y ».

    Et à notre époque où l'apparence est reine, la posture est le plus important, les opinions sont presque secondaires finalement :

    Cela va de la compensation d'une frustration réelle ou imaginaire quand elle était plus jeune aux conséquences d'un complexe social ou non d'infériorité.

    Le complexe d'infériorité ne naît la plupart du temps que du ressentiment contre la société de ne pas pouvoir être autant consommateur qu'on le souhaiterait. C'est pour cela que le pseudo-révolté ne respectera au fond que le fric encore et toujours malgré ses textes parfois enflammées contre les riches z-et les privilégiés dont il voudrait être.

    On dit à la fois tout et son contraire, pour se mettre en avant et plaire au chaland, être reconnu pour ce que l'on s'imagine être une vie intérieure intense alors qu'il ne s'agit la plupart du temps que d'opposer des certitudes à d'autres certitudes, ou de balancer autant de lieux communs que possible, des lieux communs qui parfois s'opposent entre eux mais ce n'est pas très grave aux yeux de celui ou celle qui se contredit tout seul.

    Il y a bien sûr, mais de moins en moins le complexe d'infériorité culturelle : Actuellement, il y a un paradoxe très fort quant à l'appréciation de la littérature : un complexe d'infériorité, confinant parfois à la haine du livre, de ceux qui n'ont pas lu, lié également à une mise au même niveau de toutes les œuvres, Julien Gracq à égalité avec Nothomb et Alexandre Jardin, et un mépris pour le savoir en général et le littéraire en particulier. Ce qui change cependant est que les ignares sont de moins en moins discrets.

    La posture rebelle, révolté de salon, révolutionnaire en charentaises, vient le plus souvent de petits bourgeois gâtés par la vie, matériellement s'entend, favorisés qui par le portefeuille de PapaMaman, qui par des réseaux, qui s'en sentent la plupart du temps coupables et cherchent à se déculpabiliser en adoptant ce qu'il s'imagine être l'attitude type ou du voyou ou de l'anarchiste genre Brassens, qu'ils portent aux nues car finalement celui-ci comme d'autres icônes du même acabit se mettaient en marge de la société en quelque sorte par procuration, ce qui permet aux petits bourgeois de rester fondamentalement un petit bourgeois et cependant de se sentir mieux dans sa peau, libéré, décomplexé, décomplexé le plus souvent d'être ignare ou inculte, trouvant en plus sur le réseau des spécimens dans son genre, auprès de qui il fait illusion, ou d'impressionner deux ou trois comparses en étalant son maigre bagage.

    Notez bien que quand je parle de petits bourgeois ici, je ne parle pas seulement de la caricature commode traînant encore dans notre société, BCBG, ou NAP (Neuilly, Auteuil, Passy), en lodens et Cyrillus ™ qu'il pleuve ou qu'il vente. Un petit bourgeois est un petit bourgeois quelle que soit son apparence, son look ou son sentiment de l'être ou pas, qu'il le veuille ou pas...

    Le plus souvent, les faux rebelles, les rebellocrates ou « mutins de Panurge pour reprendre l'expression de Philippe Muray me rappellent cette citation de Kléber Haedens parlant de Voltaire :

    « Voltaire, conservateur, antidémocrate convaincu, il plaît à la foule parce que ses idées sont simples, superficielles, correspondent aux vœux du plus grand nombre et s’expriment dans une forme alerte, vive et plaisante" (note personnelle : Je suis étonné que les thuriféraires de Stéphane Hessel n'aient pas parlé de Voltaire, icône presque aussi inattaquable que Zola, à son propos). »

    Contredire ces faux rebelles, ce n'est donc pas contredire leurs opinions à leurs yeux, leurs certitudes ou les lieux communs qu'ils avancent sans vergogne constamment, et sans se lasser, c'est remettre en cause leurs personnes et le rôle qu'ils jouent, qu'ils confondent avec la vérité de leur être, ne sachant plus très bien ce qui tient du réel, ce qui tient du virtuel, ce qui tient de la vérité intérieure, ce qui tient du reflet que l'on voudrait avoir dans le miroir.

    Les contredire c'est les renvoyer à leur imposture, à ce qu'ils sont en vérité. C'est les obliger à un peu de lucidité sur eux-mêmes, ce qu'ils ne veulent surtout pas. Et ils savent très bien qu'ils finiront bien un jour par suivre les rails comme tout le monde, et rentrer dans le rang, car ils n'ont en fait jamais songé à vraiment en sortir.

    Ci-dessous, encore des petits bourgeois voulant êtres "des voyous, vrais de vrais hors la loi..."

    D'autres encore, et une jolie chanson de Nino Ferrer
    Les Babas Cool
    envoyé par YopEater. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

  • Une petite chanson pour commencer l'année

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    Tenez, dit l'avare: voici un calendrier neuf, et qu'il vous fasse toute l'année! dans le  Journal de   Jules Renard

     

    Dans ma maison (la Chanson du Dimanche S04E14)
    envoyé par lachansondudimanche. - Regardez plus de clips, en HD

    Tenez, dit l'avare: voici un calendrier neuf, et qu'il vous fasse toute l'année!
    [ Journal ]
    Jules Renard


    Source : Citation du nouvel an - Citations du réveillon de la Saint-Sylvestre - cartes de voeux 2012 - citation