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  • "Bonne Année mon cul !"

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    lHeroisme.jpgQu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassés d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père Lachaise…
    Cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de dire « Bonjour à tous», j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

    Chronique de la haine ordinaire / Éditions du Seuil

    Sinon, Jessica et moi nous vous adressons nos meilleurs voeux...

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  • Remarques iconoclastes un brin sur Stéphane Hessel en tête des ventes

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    Sur Agoravox aussi

    A-t-on le droit d'être réellement iconoclaste ? On va voir...

    Personnellement, j'ai toujours eu du mal à supporter ces personnes âgées toute en bonnes intentions invasives qui font la leçon aux plus jeunes ou se posent, ou voudraient poser, à l'exemple. Elles confondent la plupart du temps leur expérience avec leurs stephane-hessel2.jpgerreurs, comme tout le monde, certes, et voudraient faire croire que si elles ont progressé en âge, elles ont progressé aussi en sagesse; Ce qui est très rarement le cas, « vieux con des neiges d'antan » le reste toute sa vie, comme disait le poète, (il disait aussi « jeune con de la dernière averse », je le sais bien).

    Ce qui peut paraître étonnant mais qui ne l'est pas, car notre société baigne finalement dans des valeurs très petites bourgeoises, c'est que la parole des vieillards est encore respectée comme parole d'Évangile même quand ceux-ci disent des banalités ou des conneries, soyons cru. Alors qu'il faut rappeler que si un jeune ou un type d'âge mûr peut dire des bêtises, un vieux en est tout autant capable.

    Dans chaque famille, il y a un oncle, un peu âgé, bien habillé, sympathique, et tout bien qu'un peu radoteur, qui à chaque réveillon, chaque réunion de famille, donne son avis sur le monde, la France, la société et les jeunes. On l'écoute toujours gentiment, puis bien sûr on s'empresse d'oublier immédiatement ce qu'il a dit ou ce qu'il propose et de rejeter la faute sur les autres. On hésite toujours face à ce vieil oncle à le considérer ou comme un vieux con insupportable, ou comme une conscience à suivre. Il est un peu énervant ce vieil oncle car il aimerait bien jouer à Socrate et ses élèves, alors qu'il se contente d'égrener des lieux communs entre la poire et le fromage, des lieux communs très beaux, remarquables, mais des lieux communs qu'on le veuille ou non.

    C'est un peu comme Stéphane Hessel en ce moment, grand résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui conseille dans son dernier livre de garder intact sa capacité d'indignation, ce qui est un excellent conseil, et de résister contre Sarkozy et le pouvoir en place.

    Que Stéphane Hessel soit adulé est en soit un symptôme, dans la mythologie politique française, nous ne sommes toujours pas sorti de la Seconde Guerre Mondiale, nous sommes encore en 1945, à ressasser encore et toujours les mêmes clichés, les mêmes fantasmes, les mêmes bêtises. Ce qui est curieux est que cette grande figure est également adoré des pro-palestiniens français qui cachent à grand-peine leur judéophobie. C'est surtout pour ça qu'ils le portent aux nues d'ailleurs, ne songeant pas une seconde par ailleurs à bouger le petit doigt quant au reste.

    Et là je me suis dit que ça commençait bien mais que monsieur Hessel fait l'erreur de tout un chacun au « café du commerce », croire que Sarkozy est responsable à lui tout seul des iniquités du libéralisme.

    Si c'est effectivement un profiteur du système, et un sacré opportuniste, c'est aussi un pantin, un maillon de la chaîne qui n'a pas beaucoup de pouvoir décisionnaire réel.

    Le livre de monsieur Hessel a dépassé les 500 000 exemplaires vendus mais on constate que si les gens qui le lisent veulent bien s'indigner, ils ne veulent surtout rien changer au système dont ils entretiennent la dynamique comme on a pu le voir dés le lendemain de Noèl dans tous les magasin, surtout dans leur Service-Après-Vente où de très nombreux gougnafiers se sont précipités pour échanger leurs cadeaux, réparer la console « PS4 2000 » déjà cassée de rage par leur petit dernier qui n'arrivait pas à flinguer le boss du niveau 27 de « Kill them all », ou se faire rembourser (les plus faux culs, et les plus vénaux) revendant leurs présents sur Internet.

    Car le vrai problème actuel, le fond de la question, ce n'est pas Sarkozy, ni même la « Bande du Fouquet's », mais le consumérisme roi, l'argent tout puissant, le tout économique qui a mis fin au politique (notons en passant que même ceux qui s'opposent au tout économique rejettent toute discussion réellement politique, à savoir au sens premier du terme, d'aborder des questions qui touchent tout le monde et non seulement ceux qui pensent comme eux).

    Un des autres problèmes fondamentaux de l'époque, en politique comme ailleurs, c'est aussi le déni total du réel par les dirigeants mais aussi par les citoyens qui préfèrent confier ce qui est aussi de leur responsabilité à des associations qui, si généreuses soient-elles, ne peuvent que gérer l'urgence et non abattre le socle de la société hyper-libérale qui est la nôtre.

    Ce déni du réel vient de personnes qui depuis la fin de la Seconde Guerre ont cru pouvoir mettre en œuvre concrètement les utopies dont elles rêvaient, et ont refusé de voir la montée en puissance du monde de sur-consommation, d'une iniquité sans nom, ne se fiant qu'à leurs rêves, ne voulant pas voir l'égoïsme, la perte de sens des toutes les valeurs communes en République mais pas seulement (c'est pareil dans l'église de France).

    Ce déni du réel on le voit aussi quant à la question de l'intégration des populations d'origine étrangère en France, à qui on l'apprend depuis soixante ans combien la France est un pays haïssable, à qui l'on apprend qu'ils ont des droits, mais que la citoyenneté n'implique que peu de devoirs (on me dira, les citoyens français « d'origine contrôlée » pensent pareillement). L'histoire qui leur est inculquée vient aussi de ces grandes consciences qui croyaient changer le monde et sont devenus d'autres bien-pensants.

    Cette remise en cause de sa génération, j'eusse aimé que Stéphane Hessel la fasse.

  • Réponse à quelques renaniens 2.0

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    En discussion aussi sur Agoravox

    Sur le Net ces derniers jours, mais pas seulement, on a pu lire quelques articles de renaniens (en photo, Ernest Renan, ci-dessous, ci-contre un article sur sa "Vie de Jésus") de supermarché qui répètent les mêmes clichés sur l'Évangile, entendus et rebattus depuis des lustres, sur les croyants, considérés comme une masse abâtardie de débiles ignares et crédules, et 2105575308_a2ec40d630.jpgbien sûr sur l'Église, perçue comme dans « le Nom de la Rose » et la foi, dont on parle surtout comme une idéologie, ce qu'elle n'est pas et ne sera jamais, même si elle a pu servir de prétexte au cours des siècles pour que l'un justifie son pouvoir ou l'autre son statut privilégié. Enfin, en contradiction à la foi chrétienne, en opposition à l'Église, on opposera toujours des certitudes, totalement arbitraires, d'autres genres de dogmes et surtout beaucoup de haine, un flot de haine et de bile se caractérisant par les attaques les plus basses, les plus lâches et les plus dégueulasses possibles.

    C'est à qui descendra le plus bas dans l'ignominie.

    Paradoxalement là encore, ce genre d'attaques est lié à une grande naïveté, les mêmes portant aux nues des auteurs de romans, des artistes, ou des poètes encore considérés comme scandaleux par les mêmes qui jouent les hérauts de la liberté contre l'Église. Cela en dit long sur eux, finalement dans leur rapport à la culture ce sont encore des petits bourgeois : ils lisent Genet ou Proust parce que c'était des homosexuels, et non parce que ce sont de grands auteurs, de Bataille ils ne retiennent que la description de scènes scandaleuses et j'en passe.

    Il n'est donc jamais question de littérature. Un chrétien n'est choqué par aucun des écrivains sus-cités, comme l'a montré Fabrice Hadjaj qui a dégagé ce qui est mystique chez Bataille par exemple, sans parler de ce que Nietzsche lui-même peut apporter à la foi chrétienne, ainsi qu'en témoigne les livres d'Alexandre Jollien, qui rappelle que pour un croyant « rien de ce qui est humain ne devrait lui être étranger ».

    Ce genre de justification par la foi n'est d'ailleurs pas l'apanage de la foi catholique, on les trouve aussi dans l'Islam ou dans le Judaïsme, certains n'hésitant pas à brandir leurs livres saints en guise de titres de propriété d'une terre qui ne leur appartient pas de fait.

    On les trouve aussi dans le bouddhisme qui avant d'être une religion pipeaule et branchée, drôlement coool, engendrait, entres autres au Tibet, des théocraties sanguinaires.

    Cela est bizarrement très souvent oublié, passé à la trappe, pudiquement rangé dans les armoires des vérités gênantes.

    Notre époque déteste le réel, celui-ci contredisant la dynamique du système qui assure le confort matériel et intellectuel des contrées réputées développées.

    32291724.jpgIl se peut, ce genre d'articles se multipliant au moment de Noël, que leurs auteurs soient des personnes isolées, des vieux gars ou des vieilles filles aigris, ne voyant jamais personne et préférant incriminer Dieu et le jour de commémoration de la naissance du Christ plutôt que de sortir de chez eux et mettre le nez dehors. Un peu comme ces socialistes utopiques vivant tout seuls avec leur Man-man rêvaient de phalanstères et de tablées communautaires géantes pour compenser leur solitude. Les croyants qui se rassemblent dans de grands rassemblements sur-affectifs mais extrêmement superficiels n'en sont pas éloignés, certes.
    Il se peut aussi que les auteurs de ces textes n'aient pas eu les cadeaux qu'ils avaient commandé au petit Jésus quand ils étaient plus jeunes et qu'ils en aient conçus une grande rancœur, beaucoup confondant Dieu, certains croyants aussi me dira-t-on justement, avec Mandrake le magicien qui peut exaucer les désirs de tout le monde d'une passe magnétique.

     Les premiers à remettre en cause l'historicité des Évangiles, qui ne sont pas un témoignage historique de toute façon, ce sont les chrétiens eux-mêmes, à travers des institutions comme par exemple les travaux de l'École Biblique de Jérusalem, des dominicains, ou ceux des « Pères Blancs » à travers la revue « Proche Orient Chrétien ».

    Grâce à eux, on sait parfaitement que Jésus n'est pas né en l'an 0, mais en -4 ou +6, qu'il n'est probablement pas né à Bethléem, mais à Nazareth.

    On sait aussi que c'était loin d'être le seul rabbi itinérant sur les routes de Palestine de l'époque, à prêcher une foi eschatologique ni même à faire des miracles.

    La seule question se posant ensuite devrait être : Pourquoi lui ? Lui qui n'est même pas le seul à finir torturé par les romains.

    On sait aussi qu'il n'est pas né un 25 décembre, date choisie par l'Église des premiers temps pour concurrencer les fêtes païennes du solstice d'hiver.

    Et chaque chrétien sait que l'histoire de l'Église est chaotique et douloureuse, marquée par le doute, les polémiques violentes, sanglantes mêmes (il devrait savoir aussi que l'histoire du christianisme commence au Proche-Orient, que les premières églises sont égyptiennes, ou de Terre Sainte, ou turques,  mais cela de nombreux croyants ont hélas tendance à l'ignorer).

    Cette histoire est chaotique car l'Église est humaine, et qu'elle a connaissance de sa faiblesse par l'Évangile, le Christ le disant dans les textes, la foi des apôtres eux-mêmes étant minuscule, plus petite qu'une graine de moutarde.

    Cela ne remet pas en cause la foi d'un croyant, qui croit que Jésus est ressuscité le troisième jour après avoir été crucifié, ce qui est indémontrable rationnellement, bien sûr, c'est logique aussi, c'est bien pour cela que ça s'appelle la foi.

    La foi n'est pas une seconde la certitude de l'idéologue ou du militant qui croit détenir une vérité, le plus court moyen d'atteindre le bonheur, quitte pour cela à chercher à l'imposer aux autres par la coercition.

    C'est surtout pour un chrétien un lien avec une personne réelle, comme un ami que l'on ne voit que rarement mais dont on sait qu'il sera toujours là dans les instants les plus douloureux.

    Cette confusion, les chrétiens l'ont faite aussi.

    Mais ils ont aussi un outil à leur disposition qui s'appelle l'exégèse, comme leurs frères aînés juifs avec le Talmud, et celle-ci les aide à comprendre les textes et éviter de sombrer dans une interprétation trop littérale sur certains sujets ou erronée (même si parfois, il est tout à fait possible de comprendre les Évangiles littéralement, par exemple ce qui est dit de ceux qui font du mal aux plus faibles, aux plus démunis). Cela ne veut pas dire que la foi est mouvante, qu'elle doit changer au gré du vent et s'adapter à l'air du temps, selon les caprices conjoncturels des êtres humains qui cherchent le plus souvent à ce que leurs croyances valident leurs travers les moins avouables. Si celles-ci ne le font pas, ces croyances deviennent insupportables.

    Si on considère la foi chrétienne seulement comme idéologie, c'est d'ailleurs un échec cuisant.

    A commencer par les évènements fondant cette foi, le Christ finit sur une croix, ses disciples claquemurés chez eux, terrifiés. Et depuis deux-mille ans, il y a toujours des pauvres, la nature humaine est toujours autant marquée par le mal, la violence et la corruption facile. Les foules, même virtuelles, sont toujours aussi lâches, face aux minoritaires.

    Et les innocents malhabiles à se défendre sont toujours beaucoup moins bien considérés que les salauds très doués pour parler d'eux et justifier leurs saloperies. La foule les adule, elle adore les crapules.

    st_sepulchre_700.jpgLes chrétiens eux-mêmes sont bien souvent hypocrites, ne se fréquentant qu'au sein du même milieu, se refusant à vraiment partager ce qu'ils ont, priant avec componction, promettant tout et n'importe quoi après une confession, et oubliant tout la seconde d'après. Et le Saint Sépulcre (photo ci-contre) à Jérusalem est à courte vue un indice flagrant de ce lamentable échec apparent.

    Cependant, en théorie, tout cela un chrétien le sait, à lui de reconnaître qu'il est faible et de se laisser aller à être enfin humain, sans se soucier de sa place dans les rapports de force dans la société, ce qui est le sens premier de l'incarnation du Christ et donc le fondement de la foi pour une bonne raison. Les peintres mettant en scène de nombreuses fois l'« Ecce Homo » au Moyen Age en avaient peut-être plus conscience que nous, chrétiens modernes, parfois tentés de croire que nous comprenons beaucoup mieux l'Évangile que ceux qui ont vécu avant nous. On note que la plupart des évènements importants dans l'Évangile, dont la Cène, sont des festins ou du moins des repas, que le premier miracle du Christ se passe pendant une noce et consiste à donner plus de vin aux convives qui allaient en manquer.

    On note aussi que tous les apôtres sont loin d'être des hommes ou des femmes recommandables, ce sont des voyous, des pêcheurs (profession équivalente quant à son manque de considération à l'époque à celle d'éboueur maintenant), des prostitués, des collecteurs d'impôts des types pas très honnêtes, comme Zachée, qui est plus du genre, avant de monter sur son sycomore, à chercher surtout à s'en mettre plein les fouilles plus qu'à se sanctifier.

    Sans oublier la femme adultère ou la Samaritaine, dont le Christ ne condamne ni juge les errements moraux (il se borne à conseiller à la première d'arrêter les bêtises déséquilibrant sa vie, et à rappeler à la seconde qu'elle a vécu avec cinq types, sans pour autant l'obliger à la repentance, il l'amène à considérer simplement sa vie en face. C'était d'ailleurs un double scandale, puisque les samaritains étaient pour les juifs des ennemis ayant sombré dans le mal).

    Une note pour les quelques renaniens qui liraient cette note : le fait que le Christ aille dans des festins est ce qui a frappé le plus l'auteur d'un rapport de police daté de l'année 32 envoyé au procurateur de Judée).

    Un chrétien devrait pour toutes ces raisons douter de toutes les idéologies car il sait bien ce qui se cache toujours derrière, la soif de pouvoir y compris quand elle se pare de la soif de vertu, ou de générosité, l'avidité et son corollaire, l'hypocrisie, l'appât du gain, et rien d'autres.

    Il n'y a rien d'autres de réel que l'amour que l'on se porte à soi et que l'on donne aux autres, l'autre majuscule étant dieu pour un croyant.

    Ci-dessous, Jésus tel que d'aucuns le voient en 2010.

  • «Les émotifs anonymes » - Jean-Pierre Améris

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    Qu'est-ce qu'un émotif, une émotive ?

    emotifs-anonymes-222282-jpg_113084.JPGDans ce film réalisé par un cinéaste qui s'avoue lui-même émotif, qui répond en grande partie à la question ci-dessus, joué par Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde pour les rôles principaux, n'importe quel émotif allant voir ce film se reconnaîtra dans toutes les situations décrites.

    Fait remarquable, on ne trouve dans ce long métrage aucune prétention intellectuelle, sociale et aucune blague en-dessous de la ceinture.

    Seulement les tribulations de deux personnes cabossées par la vie et leurs sentiments...

    L'histoire de cette fantaisie, qui n'est ni pour les aigris ou les amateurs de grosse farce, est toute simple : une jeune femme, chocolatière, très émotive, est engagée par erreur comme vendeuse dans une maison presque en faillite tenue par un autre grand émotif qui tombe tout de suite amoureux d'elle. Tous les deux essaient pourtant de se soigner de leur émotivité, l'un en voyant un psychiatre, l'autre en assistant aux réunions d'une association d'ailleurs réelles, « les émotifs anonymes ». Mais ce n'est pas très probant, il n'arrive pas à lui dire ses sentiments, elle ne sait comment faire pour lui avouer sa véritable profession, ce qui pourtant sauverait leur avenir à tous les deux.

    Bien sûr, je ne vais pas raconter la suite, et encore moins la fin...

    Ce n'est pas pour autant un traité de psychologie avec des gros sabots mais une comédie fine et spirituelle également sur la difficulté d'exprimer des sentiments, ses sentiments, et de le faire de manière authentique.

    Un émotif ressent ses émotions, petites et grandes, dans sa vie, dix fois plus fortement que les autres, si ce n'est vingt fois plus. Il est blessé de partout, et ses blessures guérissent très difficilement. Un émotif, une émotive, n'a aucune confiance en lui, en elle et si il est trop vulnérable, vous n'en ferez qu'une bouchée.

    C'est un handicap lourd d'être émotif, car on se fait une montagne d'un rien, le moindre petit conflit prend des proportions cataclysmiques, la moindre petite phrase est une fin du monde. L'émotif a trop de sensibilité en lui, contrairement à la plupart des gens qui souffre d'un manque de celle-ci. Ce n'est pas une affection dont on guérit, l'émotif peut cependant surmonter sa peur, ou plutôt ses peurs. C'est le plus dur, car la plupart du temps, son entourage ne comprend pas un émotif comme certains spectateurs ne comprendront pas le film, de temps à autres il se peut que le rire lors de certaines scènes soit de « mauvaise qualité ». Dans notre monde extrêmement dur, on n'aime ni les timides, ni les sensibles, qui ne sont pas performants, qui sont plus libres, (mais qui ne le savent pas).

    Ou bien on le prend pour un type méprisant, méchant, caustique et peu liant quand celui-ci se construit une cuirasse pour se protéger du monde extérieur et de ses agressions, ou bien on le prend pour une pauvre cruche incapable de se débrouiller dans la vie.

    Au lieu que de l'aider ou de le soutenir.

    Ce n'est pas un hasard également si les personnes émotives sont souvent extrêmement créatives, elles ont besoin d'extérioriser ce qu'elles ne peuvent exprimer qu'avec difficulté ayant peur de manquer là encore d'authenticité.

    Il n'y a pas que des défauts à être émotif, il n'y a pas que des obstacles, un émotif est aussi un fin psychologue : étant un grand sensible il remarque immédiatement les faux-semblants ou les failles chez les gens qu'il rencontre. C'est cela qu'on lui reproche, peut-on supposer, de voir les autres tels qu'ils sont, avec leurs qualités, et leurs défauts. Et on peut se demander en quoi c'est une qualité de se « blinder » de trop contre les autres car on risque alors de se fermer complètement aux autres.

    Et en amour il est à la recherche de sentiments vrais, un émotif ne tombera pas amoureux d'une belle image, d'un statut social, d'un diplôme ou d'un compte en banque bien garni, il veut un amour véritable, ce qui n'est pas évident, on en convient, à trouver. Les émotifs sont encore des romantiques.

    Les_Emotifs_anonymes_affiche.jpgEt parfois, si en plus, il, elle, tombe amoureux, amoureuse, d'une autre émotive, d'un autre émotif, il, elle peut laisser passer et partir la femme, ou l'homme, de sa vie.

    C'est le risque.

    Comme tout un chacun, car finalement, de nombreuses personnes, par bêtise, par lâcheté, par peur, le font aussi.

    Ce que l'on peut retenir de ce film, c'est aussi de ne pas avoir peur de sa sensibilité, mais aussi de ne pas avoir peur d'épanouir les dons que l'on a en soi. Ils finissent toujours par être reconnus. Et enfin, qu'il faut pas avoir peur d'un émotif, d'une émotive, si on leur fait confiance, ils finissent toujours par faire des merveilles.

    Il ne faut pas se fier à l'affiche un peu "rose bonbon", ou amélipoulinesque un brin, il faut aller voir le film...

  • Le respect en politique et ailleurs.

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    Actuellement, toute la société baigne dans les valeurs petites-bourgeoises, il faut réussir socialement, avoir de l'argent et posséder au moins un ou deux objets totems du consumérisme roi, dont depuis un peu plus d'une décennie un téléphone cellulaire dit « portable » dont on se passait très bien avant.

    chat.jpgOn me dira, il est difficile d'échapper à la société de consommation, à moins de vivre dans une grotte, mais d'être conscient de son emprise me semble déjà un point important.

    Et il est tout à fait possible d'y résister au moins en en détournant les canaux.

    Y compris sur Internet qui est une émanation de l'hyper-libéralisme pourtant, et malgré tout qui permet des failles dans le système, failles toutes relatives vu la multiplicité des blogs et forums, ce qui éparpille la résistance au « tout-économique ».

    S'il est difficile d'y échapper, il devient de plus en plus délicat pour beaucoup d'individus d'accéder à ces biens que l'on se doit de posséder en « Consoland », l'immense non-lieu où nous vivons, qui ont le choix ou de se surendetter ou de continuer à baver d'envie le long des rayons et vitrines des supermarchés, qui sont les seuls agoras où les personnes arrivent encore un peu à se parler sans trop d'arrière-pensées, qui sont les cathédrales et les Versailles du XXIème siècle...

    (On a les monuments que l'on mérite, hélas, non ?).

    Sur le net, dans la vie, d'ailleurs, mais pas seulement, un peu partout finalement, au travail, ou dans les écoles, en soirée mondaine, en surprise-partie, en raouts, en jamborees, pendant les foire, ou au cours des comices agricoles, on remarque une chose très nette, et ce, que les intervenants soient de droite, de gauche, du centre, d'un extrême ou de l'autre, se disant catholique, tradi ou « de progrès », musulman, juif ou raélien, la seule chose, la seule, qui compte réellement, qui est vraiment respectée, c'est le montant du compte en banque de l'interlocuteur, ce que l'on suppose de sa fortune personnelle, et de son statut social dans les médias.

    C'est bien pour cela que les discussions sur le réseau concernant la politique, font rire, excepté quelques « purs », « naïfs », ou rares personnes suffisamment intelligentes pour avoir une vraie conscience politique.

    Est-on riche en vue ? C'est encore mieux pour le troupeau bêlant.

    Un peu connu/e ?

    Même pour rien ! (une « star » de « téléréalité », une héritière nympho...)

    C'est encore meilleur, car le pékin de base n'en concevra alors aucune jalousie, ressentant souvent le talent de l'autre comme une injure à sa propre insignifiance.

    Sa parole est immédiatement beaucoup plus écoutée. La banalité n'est plus un défaut, au contraire, elle est plébiscitée, recherchée, on veut des « vrais » gens même si leur pseudo-authenticité est tout aussi frelatée que dans une pub pour de la charcuterie sous cellophane.

    Le pékin de base n'en revient pas qu'on donne la parole à des filles ou des types largement aussi médiocres et incultes que lui, ou qui ont les mêmes envies très matérialistes d'en fiche plein la vue aux autres en claquant beaucoup d'argent. Cela explique en grande partie l'élection de Nicolas Sarkozy qui a su jouer à merveille de tous ces non-dits chez les électeurs qui se sont trouvés de grandes et belles raisons de voter pour lui alors qu'au fond il s'agit surtout d'identification aux mêmes pulsions bling-bling.

    Cela ne l'a bien sûr absolument pas convaincu de changer quoi que ce soit à la société telle qu'elle est, et qui lui convient parfaitement, malgré parfois ses protestations véhémentes qui sont là surtout pour le mettre en valeur pendant telle ou telle discussion.

    Paradoxalement,cela est bien vu de jouer les « outsiders », ce qui est, soit dit en passant, l'autre piège, se faire phagocyter par le système qui assimile même sa propre rébellion.

    Il rêve du confort douillet devenu l'idéal de toute la société, confort matériel et intellectuel. En politique, il se satisfait de quelques slogans, de quelques lieux communs énoncés avec suffisamment de conviction pour faire passer ça pour une opinion respectable. La conviction suffit car il n'y a guère que l'apparence de sincérité qui compte.

    Enfin, paradoxalement, dans la société actuelle, si l'individu moyen demande à ce que l'on respecte jusqu'au moindre détail ses pires sottises, il n'a plus aucun respect pour qui est un tant soit peu différent, à commencer par celles et ceux qui semblent gêner l'unanimisme et l'allégeance au consumérisme-roi, le mot respect devenant un des mots les plus galvaudés de la langue française moderne.

  • Un concert pour les chrétiens d'Orient, et les minorités du Proche Orient

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    En l'Eglise Notre-Dame du Liban,
    15-17, rue d'Ulm, 75015 PARIS
    à 20h30

    Venez nombreux ce soir entendre
    la Chorale Notre-Dame de Chaldée et
    Roula Safar, mezzo-soprano.

    ENTREE LIBRE

    icone-notre-dame-du-perpetuel-secours_1_2228.jpgNous vous attendons nombreux, et vos dons, même minimes
    seront intégralement reversés à
    L'A.E.M.O
    L'Association d'Entraide aux Minorités d'Orient
    SI vous ne pouvez venir ce soir, vous pouvez envoyer vos chèques
    à

    l'A.E.M.O
    chez

    Antoine Safar

    7, rue du Laos

    75015 PARIS

    ou apporter des cadeaux de Noël, des vêtements chauds et des tickets de métro
    à Notre-Dame de Chaldée
    13-15 rue Pajol,

    75018 – T : 01 42 09 55 07
    Soutenez aussi gratuitement en signant les pétitions
    en faveur des chrétiens d'Orient persécutés
    sur
    www.lavie.fr
    et sur
    www.appelaverite.com

  • Vive la neige !

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    C'est bien la neige, ça bloque les bagnoles, ça empêche le consumérisme obligatoire des fêtes, ça donne envie de relire les livres qu'on aime etc...

    J'ai fait un peu de photos d'Évreux sous la neige...

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  • La grande pagaille (ou la grande semaine du blanc)

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    C'est la grande pagaiile aussi dans les commentaires d'Agoravox

    Avant vendredi on nous l'a encore seriné, le gouvernement, mais aussi les préfectures, il n'y aura pas la même pagaille que la semaine d'avant, promis, juré. Et pis d'abord c'était la faute à Météo-France. h-4-2327657-1291386753.jpgVendredi en fin d'après-midi, le voyageur pendulaire regarde les infos sur Internet, le site du Conseil Général de l'Eure, celui de la préfecture de ce département, où il habite, on lui indique que tout va très bien madame la marquise, qu'il fait doux, et qu'il ne faut pas s'inquiéter mais qu'il ne faudrait quand même pas prendre sa voiture. Et puis les choses s'accélèrent, les enfants des écoles, des collèges et lycées peuvent sortir plus tôt.

    Car la neige a commencé à tomber.

    Et elle tombe à gros flocons.

    Manque de chance, les bureaucrates, les ronds de cuir, et d'autres types de salariés ont eu le droit de quitter le travail également avant l'heure. Tous en même temps. Car personne n'a songé à étaler les retours, de même, des vacanciers pressés d'aller skier et de retrouver dans les files d'attente aux remontées les joies indicibles des files d'attente du métro, ont tous eu la même excellente idée en même temps, partir un peu plus en avance.

    Ce qui fait, que même avant que la neige rende les routes impraticables, il y avait déjà de fortes espérances d'embouteillage.

    N'oublions pas, soyons honnêtes, les parents qui ont oublié d'acheter le dernier jeu vidéo à la mode chez les gosses, celui où l'on peut dégommer pleins de méchants terroristes au niveau 21, avec le sang qui gicle et tout, que c'est très réaliste, et éducatif.

    Le voyageur s'avoue qu'il est contente de pouvoir prendre le car moins tardivement que d'habitude. Il est quand même inquiet, il se dit qu'il aurait dû prendre le train de Vernon à Évreux en passant par Mantes. Même si c'est risqué, le train est en retard qu'il pleuve, vente, gèle, ou qu'il fasse grand soleil.

    Il se dit qu'il aurait dû faire ça.

    La suite lui donne raison.

    Jusqu'à Pacy sur Eure, le voyage ne se déroule pas trop mal, même s'ils mettent une heure et demie pour faire trente kilomètres. Ils croisent quelques automobilistes qui se sont affolés, et patinent sur le bas-côté de la route depuis une bonne demie-heure, le voyageur s'étonne de voir encore des poids lourds circuler par un temps pareil, il neige de plus en plus. Il se demande pourquoi la préfecture n'a pas interdit leur circulation. Là aussi, la suite lui donne raison.

    A Pacy, le car finit par complètement être bloqué. A la sortie du bourg précisément, car une brave dame sortant du supermarché voisin, qui venait d'acheter tout l'attirail de « Barbie pouffiasse » pour sa petite nièce s'est affolée et a bloqué sa voiture, un 4X4 rutilant, en plein milieu de la chaussée. Pour le côté touristique, Pacy, rappelons le, est le genre de bourg qui vit surtout le week-end grâce aux « parisiens », rappelons que les « parisiens » sont très méchants et arrogants et que l'on ne donnerait pas sa fille à un « parisien », que l'on punit en pratiquant des prix prohibitifs.

    D'ailleurs ça ne loupe pas, c'est « la faute aux parisiens » qui partent en vacances tout ce charivari de klaxons, de moteurs rugissant et de jurons bien sentis.

    Le car est bloqué deux bonnes heures, le voyageur en a marre, il se dit que bien sûr c'est dangereux, mais poussé par la curiosité, une bonne d'inconscience et un peu d'impatience, il a tout intérêt à marcher le long de la route, immobile, rien ne bouge, et de rejoindre la tête de la file qui s'allonge, s'allonge démesurément. Il faut dire qu'il en a également assez d'entendre le chauffeur téléphoner toutes les deux minutes à son employeur pour confirmer qu'il aura bien des heures sup' suite à ce bazar assez réussi.

    Il apprendra ensuite que toutes les villes de l'Eure, grandes et petites, étaient ainsi bloquées.

    3334939054-neige-pagaille-sur-les-routes-sur-les-rails-et-dans.jpg?x=310&y=233&q=80&sig=ErR.pruZnZbIELCe_.j4ng--Il va jusqu'à Saint Aquilin de Pacy où là il voit la cause de l'embouteillage, un gigantesque semi-remorque transportant un bulldozer est couché en travers de la route. L'opération est dirigée par deux jeunes gendarmes, deux jeunes types bien gentils, mais qui se seraient brûlés s'ils avaient un jour par mégarde inventé la poudre. Les deux pandores font passer la rangée droite de véhicules, dans un sens, pendant vingt minutes, et la droite, cinq, personne n'a l'air de comprendre pourquoi. Au loin, on voit le gyrophare de la « déneigeuse », appelée trop tard, elle aussi bloquée dans la pagaille monstrueuse.

    Le voyageur a fini par rentrer chez lui après avoir fait un peu d'autostop, ce qui fût facile, et rentra chez lui quatre heures et demie après être parti de Vernon, pour faire trente kilomètres...

    En effet, la pagaille fût différente, elle fût trois fois pire.

  • Hommage presque muet à Blake Edwards

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    Sera-t-on cinéphile sur Agoravox ?

    Le cinéaste est mort il y a quelques jours...

    La photo est une photo de tournage de "Diamants sur canapé"

    18747281.jpgAprès Mario Monicelli c'est encore un type lucide qui meurt et un créateur de talent, un moraliste à sa manière mais pas un moralisateur toujours le petit doigt en l'air à faire la leçon ou décider pour ses congénères ce qui est bon pour eux afin d'atteindre le bonheur, un moraliste sans illusion qui avait quand même de la tendresse pour ses congénères. C'était aussi un réalisateur de comédies sophistiquées sans être snobs, drôles sans être vulgaires, et caustiques sans être méchantes. Actuellement, on oscillerait plutôt entre sentimentalisme, grossièreté assumée (c'est à la mode) et intellectualisation à outrance de névroses de bobos friqués.

    Bientôt on l'aura oublié, la cinéphilie de la plupart des critiques, y compris les critiques distingués s'arrêtant au mieux aux années 80 comme on aura oublié Leo MacCarey, père cinématographique de Blake Edwards. MacCarey fut l'inventeur de la « screwball comedy » (les personnages parlent beaucoup et vite, et brillament) et des « slowburn gags » et du « slapstick » de Laurel et Hardy (on fait « brûler » le gag jusqu'au bout comme chez Jerry Lewis, un des courts métrages du duo est un long « slowburn gag » : ils passent vingt minutes à détruire minutieusement une maison).

    Il était capable de vraie dérision, c'est-à-dire celle qui n'a pas besoin de méchanceté ou de vulgarité, celle qui doute de tout, à commencer par les prétentions des pitoyables primates qui se trainent lamentablement sur cette boule de glaise, et il était capable d'amour pour eux malgré tout. La vraie dérision n'existe plus, elle est quasiment morte, celle qui procède de la morale aristocratique, au sens fort du thème, et qui laisse bien comprendre que rien n'est vraiment important sauf l'amour, les sentiments et l'affection réelle.

    La plupart des personnages de Blake Edwards se leurrent sur leurs sentiments et sur le rôle qu'ils ont à jouer dans la société. Ils rêvent, ce sont des naïfs, de Hrundi V. Bakshi, obscur acteur indien qui est persuadé de pouvoir un jour devenir une vedette à Hollywood, à l'inspecteur Clouseau, flicaillon totalement incompétent mais certain de devenir un jour l'égal de Sherlock Holmes ; mais aussi la jeune starlette française qui accepte un temps qu'un gros porc, sous-fifre servile d'un producteur grouine sur sa nuque ou Victoria dans « Victor,Victoria » qui se fait passer dans ce film pour un homosexuel qui aime se déguiser en femme pour gagner sa croûte.

    La série des « Panthère Rose » est parfois sous-estimée, souvent c'est surtout « The Party » qui a la carte, mais les deux premiers films et l'avant-dernier de la série sont des monuments du burlesque et de l'humour absurde.

    On le voit dés le début de "The Party" et aussi avec la chanson "Moon River" chanté par Audrey Hepburn dans "Breafast at Tiffany's", qui est quand même une des plus belles chansons du cinéma mondial, si ce n'est la plus belle (voir vidéos ci-dessous). Là-dedans, elle y incarne Holly Golightly, qui vit d'expédients parmi une cour de mondains, et qui tombe amoureuse d'un gigolo qui aimerait bien jouer à l'écrivain. A la différence que dans le film Blake Edwards se permet une fin plus rose que dans le roman de Truman Capote où Holly fiche le camp en Afrique et va jusqu'au bout de ses rêves illusoires.

    Petite note personnelle : le roman comme le film prennent un peu plus de profondeur quand on sait que Truman Capote, le cynique mondain, le chroniqueur perfide des mœurs des salonnards, y racontait sa passion bien réelle pour une petite jeune fille, émigrée allemande, qui a largement inspiré le personnage de Holly.

    Dans "The Party", Peter Sellers y est aussi un naïf, qui va fiche une pagaille monstrueuse pendant un raout mondain où les faux-semblants sont rois, il commence par paumer sa godasse. Il pourrait voir, au fur et à mesure que la soirée se dégrade, le mépris, le grotesque de tous les pantins qui l'entourent, mais à la fin il rêve encore lui aussi.

    Pitoyables, classieux et humains.

    Et victimes également des apparences.

    Ainsi sont tous les personnages de Blake Edwards.

    Ainsi sommes nous.


    The party, Blake Edwards,1968 séquence1
    envoyé par alcyon009. - Les dernières bandes annonces en ligne.

  • de la barrique à l'homme

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    Ce qui est finalement assez intéressant dans un régime c'est aussi les réactions des gens que l'on côtoyait avant.

    P1000054.JPGTout change.

    Que l'ancienne « grosse barrique » devienne un homme beaucoup plus sûr de lui, beaucoup plus calme, et finalement beaucoup plus libre les emmerde. Ils ne peuvent plus dire qu'ils lui donnaient des conseils « pour son bien ». Ils aimaient bien la « grosse barrique » car elle les mettait en valeur, ils n'aiment pas la personne telle qu'elle est, dépouillée d'une partie de son enveloppe de graisse, car elle les remet à leur place.

    Et n'ont jamais aimé la personne que l'énorme tonneau était avant.

    Ils tentent parfois un petit « mais tu es sûr que tu as perdu autant ? » ou un « moi je veux bien mais prouve le ».

    Mais ça ne marche plus.

    Sinon, il paraît que Scarlett Johansson est de nouveau célibataire...

    Ce qui m'étonne car nous sommes toujours ensemble dans mon manoir des hauteurs d'Évreux, riante bourgade de l'Eure.

  • Bayrou, les bouffons du roi et le marais

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    En débat sur Agoravox

    François Bayrou est un centriste, c'est-à-dire qu'il est de droite, mais de droite molle aussi bien sur le plan de la morale communautaire qu'individuelle, tant que l'économie fonctionne.

    C'est un libéral, mais pas trop, et un étatiste, mais là non plus, pas trop non plus.

    f_bayrou.jpgC'est un peu un « radical valoisien », lui aussi, il doit aimer lire Alain, ce philosophe du même acabit, qui rappelle les instituteurs en manches de lustrine et l'apprentissage de l'imparfait du subjonctif dés la sixième (c'était le bon temps !). Il croit, comme tous les hommes politiques, avoir un destin national au-dessus des autres, il s'imagine être prédestiné à occuper les plus hautes fonctions quitte pour cela à laisser gagner les pires candidats.

    Le problème de ce type qui se montre comme indépendant et libre, ce qui peut être finalement presque sympathique, c'est qu'il finit toujours par rentrer dans le rang et voter en bon godillot pour les lois édictées par la majorité. Le Centre c'est toujours « le Marais », un marigot d'égos surdimensionnés, mais pas trop non plus, sauf le chef. Il a un côté « Vieille France », « France d'avant », qui fait du cheval quand elle en a les moyens et qui « s'habille » même pour sortir les poubelles, qui mange du gigot/haricots verts le dimanche après que la jeune fille de la maison ait fini de vendre toutes les part de gâteau pour le camp annuel des jeunes de la paroisse.

    On imagine les enfants tous bien mis en rangs d'oignons sur la photo de famille, tous en Cyrillus, avec François Bayrou couvant son épouse d'un regard tendre de « paterfamilias » attentif. Il est catholique mais pas trop, pas de manière trop ostentatoire, ce qui risquerait de faire fuir la « clientèle ».

    On va à la messe de temps en temps, mais pas trop, on donne à une ou deux « ONG », modérément, et les enfants quand ils sont grands vont « laver les carreaux » (imaginer le geste) aux sessions d'été de Paray le Monial.

    Jésus-Christ y est plus perçu comme un chef scout qu'autre chose, un type débonnaire.

    Mais sans que cela ne pose trop de questions.

    François Bayrou a menti comme l'a montré la réponse apporté par Yann Barthès hier soir au « Grand Journal ». Il a bien prononcé les phrases qui étaient accolées à d'autres images à l'écran. Sans coupure, ni montage. Cela dit, on ne peut qu'être d'accord avec ce qu'il a dit au journaliste/humoriste aux dents blanches lui faisant face : l'autre ne ferait pas ça avec tout le monde, ne ridiculise pas ainsi par exemple les discours de Jean-François Copé, Xavier Bertrand ou ceux des ténors du PS. Il y a deux poids, deux mesures.

    On moque toujours un peu plus durement les minoritaires, et beaucoup plus gentiment les puissants, comme l'ont toujours fait les bouffons du pouvoir en place, qui donnaient l'impression de prendre beaucoup de liberté, et qui ne remettaient jamais en cause l'essentiel.

    Quand on observe Xavier Bertrand invité hier de la même émission de Canal + et qu'on le voit sourire en coin, on comprend qu'il n'est pas dupe une seconde de la farce qui se joue sous son nez. Il sait bien que c'est de la comédie, cela n'a pas empêché qu'il se fasse cirer les bottes juste avant.

    Ce n'est pas d'ailleurs que je critique l'ironie envers les hommes, et les femmes, politiques, bien au contraire, mais envers tous les hommes politiques, et toutes les femmes politiques, et tout le monde à la même enseigne.

    On comprend qu'il y a dans le politique habitué aux arcanes du pouvoir, des discours, et des dîners entre notables, Bayrou reste au fond un « pur » un tout petit peu, un grand naïf qui pense que le peuple désire être détrompé quant à ses erreurs d'appréciation face à une politique qui se pipôlise de plus en plus et un discours qui se simplifie de même (Moi=Gentil, les autres=Méchants) et ce que l'on soit de gauche ou de droite.

    Comme j'ai pu le voir de près lors de la visite de notre président à Vernon dans l'Eure, les français, une bonne partie des français est fascinée par le déploiement des moyens, le nombre de pandores au carrefour et se demande anxieusement si Carla sera là, pour voir si elle est vraiment belle. Et se fiche de critiquer toute cette débauche d'argent, jeté par les fenêtres, ces français ne comprenant même pas que l'on puisse railler le spectacle qu'on leur offre.

    On voit très bien pourquoi il plait à une fille comme Marielle de Sarnez, qui a le genre cheftaine, mais cheftaine pas trop moche, pas trop hommasse, la « bonne copine » pompette après deux verres de cidre, et qui se marie plus tard à un brave garçon, qui rougit quand elle dit « merde » et ressent de la compassion pour le moindre petit chiot abandonné. Finalement, pour elle, Bayrou est peut-être un des ces petits chiots, au regard implorant, et qui finit par chouiner tout le temps pour être le centre de l'attention quel que soit l'endroit où il se trouve.

    Ci-dessous un très bon sketch : "Hé msieur, il est trop dar ton costume, c'est un Hugo Boss ? Tu peux mettre ton larfeuille dedans ?".

  • Marine et le retour des z-Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire

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    1ba4c9a.jpg

    Polémique en vue sur Agoravox ?

    Les réactions autour de la saillie de Marine le Pen (attention je ne compare pas Marine à une jument et je n'ai pas dit qu'elle se fait saillir) il y a quelques jours montrent une belle hypocrisie, à commencer par celle des responsables de la majorité, et y compris chez des éditorialistes que l'on imaginerait moins planplan comme Élisabeth Lévy sur Causeur, qui n'est pas hypocrite quant à elle mais je ne vois pas trop le point Godwin dans les propos de Marine le Pen, qui ne parlait pas de l'Occupation nazie mais d'occupation « étrangère ».
    Bien sûr on nous refait le coup du retour de la revanche des z-Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire ou HLPSDNH (TM°).
    On trouve aussi beaucoup d'aveuglement, d'angélisme ou de cynisme politique.
    On voit seulement une chose clairement, l'héritière du FN a parfaitement réussi son coup de pub pour elle, son parti, ses idées.
    Comme son Papa avant elle, elle sert d'épouvantail utile à tous ceux qui ne veulent surtout pas aborder de front des questions graves quant à la société française, dont la principale est la place de l'Islam, et son intégration dans la société française. On peut regretter l'école d'hier ou d'avant hier qui facilitait celle-ci, mais cinquante ans de dénigrement systématique de la France, de ses institutions, parfois par ceux-là même qui sont censés les défendre, de ses valeurs et de son histoire passée, plusieurs mythes gouvernant encore l'idée qui se fait en France de celle-ci hésitant entre deux écueils aussi peu pertinents l'un que l'autre : les français sont soient des salauds absolus, des exploiteurs de leurs colonies, des racistes, des égoïstes, des antisémites avérés, voire comme certains les appellent, « les indigènes de la République », des « souchiens ». Ces indigènes en particulier, mais pas seulement, poussent à la haine de la France et à son rejet et cette haine gagne un peu plus de terrain chaque jour, car finalement il s'agit bien de haine.
    Il serait temps de s'en apercevoir et de regarder la réalité en face. On comprend aussi avec tristesse que les français haïssent leur pays et ses valeurs, son histoire, dans le meilleur des cas, car finalement la plupart s'en fichent et se laissent mener.
    mitterrand_petain.jpgOu sont soient des résistants, tous, des gaullistes -aujourd'hui tout le monde l'est-, un peuple parfait l'oreille collée perpétuellement à Radio Londres faisant semblant (je suppose) d'acclamer encore le Maréchal Pétain jusqu'en mai 1944 au moins, après le 6 juin tout le monde était devenu fanatique de De Gaulle comme deux ans après le 10 mai 1981, plus personne ne se rappelait avoir voté Mitterrand tout comme maintenant on ne trouve plus d'électeurs de Sarkozy qui ont tous disparu.
    Les fanatiques de diverses obédiences brâment tous au fascisme ou au racisme dés que l'on remet en question des pratiques qu'ils disent culturelles et de tradition alors qu'elles sont souvent relativement neuves et surtout barbares. Il faudrait parfois faire preuve de fermeté, ne pas hurler à l'atteinte à la laïcité dés que le Pape écrit quelque chose ou ouvre la bouche et laisser passer des entorses beaucoup plus importantes à celle-ci quant aux habitudes culinaires dans les cantines, certaines ne servant plus du tout de porc par exemple, ou certains établissements permettant une pause de rupture de jeûne.
    Cela ne veut pas dire pour autant le refus des racines effectivement chrétiennes de la France, ce qui amène des municipalités à ne plus afficher « Joyeux Noël » dans les décorations de Noèl mais « Bonnes fêtes » ou « Joyeuses fêtes », certaines poussant le vice jusqu'à ne pas mettre des étoiles dans les guirlandes lumineuses à cause de plaintes de quelques fanatiques pour qui c'était forcément un symbole sioniste ou juif, ou chrétien, donc choquant pour les autres communautés que l'on n'imagine donc pas capables de vivre avec des gens qui ont des croyances différentes.
    Cela en dit long, soit dit en passant sur le racisme latent de beaucoup de nos édiles qui posent aux bien-pensants.
    Et le fait que l'on hurle à l'antisémitisme et au retour de l'Ordre Noir dés qu'un taré peint une croix gammée quelque part ne facilite pas les choses. Ou que l'on ne veuille pas voir que la pire judéophobie actuellement provient des quartiers dits sensibles, de musulmans, ou non d'ailleurs, la confondant avec l'antisionisme, en poussant certains parmi eux au révisionnisme historique.
    Il faut dire aussi que les français sont très loin d'avoir digéré leur histoire, que ce soit la Révolution : avant il ne s'est rien passé, et il semble que c'est surtout la bourgeoisie qui en ait profité, ou la Libération présentée comme un événement absolument sans tâches (pas de femmes tondues, « et ce ne sont que quelques dérives » de toutes façons) et que l'on raconte de manière très binaire alors que c'était autrement plus complexe. On oublie aussi régulièrement qu'il y eut des résistants de droite, catholiques ou d'Action Française, et que toute la droite était loin d'être derrière Pétain à Vichy puisque l'on y trouvait surtout des radicaux, les ancêtres de monsieur Bayrou, qui hier traite Marine Le Pen de pétainiste, ce qui ne mange pas de pain, permet de se donner bonne conscience sans aborder les problèmes qui fâchent.

    Photos : En haut, entre les deux mon coeur ne balance même pas, en bas, un grand résistant

  • Pétrone au XXIème siècle

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    On dîne chez Trimalcion aussi sur Agoravox

    « Tu vois les poux sur autrui, tu ne vois pas les tiques sur toi-même. »
                                                                            *
    « Trimalchion battit des mains et [dit] : "Las, dit-il, il a donc vécu plus longtemps, ce vin, que le chétif humain! Aussi, allons-y à gogo. La vie, c'est le vin. C'est du véritable opimien que je vous sers. Hier, je n'en ai pas servi du pareil, et c'étaient des gens autrement bien qui dînaient. »
    Extraits du « Satiricon » de Pétrone en éditions Gallimard/Folio
                                                                            *
    Le-festin-chez-Trimalcion.jpgUne biographie de cet auteur que j'aime beaucoup à ce lien.
    J'ai lu ce matin une interview de Michel Onfray dans « Marianne », où celui-ci compare notre période avec celle du début de la décadence de l'Empire Romain, et cite Pétrone et son Satiricon. Comme dans cet ouvrage dont le point d'orgue est le dîner chez Trimalcion, selon Onfray quand tout le reste s'est évaporé, la nourriture est tout ce qui reste car elle seule permet de créer un semblant de sentiment de communauté par la convivialité et le plaisir partagé, la conception de l'individu devenant unidimensionnelle et lui déniant progressivement le droit de ressentir des sentiments hors normes ou d'évoquer des opinions qui ne vont pas dans le sens imposé par le système, de là le succès des émissions culinaires et de coaching.
    Il semble bien que la comparaison est totalement pertinente malgré tout.
    Je la cite à dessein car Michel O. n'est pas exactement un réactionnaire ou le genre de personnes que l'on qualifie ainsi habituellement. Et pourtant regretterait-il également la douceur perdue d'un temps plus tourné vers les autres au point de créer une université populaire (il est de gôche c'est donc populaire) du goût et d'essayer de redonner un nouveau souffle au jardins ouvriers ce qui n'est pas du tout une mauvaise idée pour que tout le monde ait accès à des produits de qualité.
    Il aurait donc en lui quelques restes suffisants de lucidité pour percevoir que ce qui paraît totalement futile au plus grand nombre est finalement fondamental et que l'être humain moderne, se croyant au zénith du progrès alors qu'il devient une marchandise perd de plus en plus son humanité.
    A peu de choses près : nous n'avons pas encore eu un Caligula au pouvoir, cependant, ou un Néron, Pétrone faisait partie de sa cour, mais à le connaître un peu, sans être dupe de quoi que ce soit, la folie des hauteurs ne poussant encore nos hommes, et femmes, de pouvoir qu'à satisfaire pour le moment que des pulsions somme toutes vulgaires, des pulsions d'esclaves engraissés.
    Que d'ailleurs ils justifient très puérilement quand on le leur reproche, ainsi Jean-François Copé samedi chez Ruquier pour qui c'est normal que les hommes politiques aient des privilèges car ils travailleraient d'arrache-pieds toute la journée au bien commun.
    Copé ressemble beaucoup aux courtisans présents au banquet de Trimalcion, ambitieux et serviles, capables de toutes les bassesses pour conserver leur rang, comme ils le seront plus tard au Salon de Madame Verdurin.
    J'ai donc décidé de demander à Pétrone lui-même pour vérifier, ce que je peux faire sans trop de difficultés disposant chez moi d'une machine à remonter le temps individuelle ou collective en parfait état de fonctionnement (une bibliothèque). Pétrone est donc apparu au milieu de mon salon, en toge, l'air un peu débraillé, des cernes sous les yeux, une barbe de trois jours aux joues, le regard très vite malicieux et un sourire déjà railleur aux lèvres.
    Esprit fin et lucide, réputé sacarstique et méchant à cause de Tacite qui lui consacre malgré tout une très belle page dans « le dialogue des Orateurs », il consacrait ses jours au sommeil et la nuit à ses affaires, pas toujours très honnêtes, et surtout aux plaisirs pour lesquels il possédait beaucoup de goût et de science. Je me promis de ne pas lui dire comment il allait finir mais de l'avertir quand même de faire attention aux manigances d'un certain Tigellinus, ce qui lui causerait du tort.
    Je regrettais de le faire venir aussi tôt, (il était dix heures du matin), mais déjà il s'animait malgré tout.
    Il commença par s'étonner :
    « Tu portes les braies des barbares ? Es-tu un esclave savant (il avait vu les livres) ? T'a-t-on affranchi ? Dans ce cas j'espère que tu n'étais pas un de ces anciens commerçants qui se prend à quelque prétention une fois sa fortune faite ».
    Je le rassurai, je lui expliquai qu'il n'y avait plus d'esclaves et que le commerce et les finances et toutes les professions y afférant étaient maintenant des métiers de citoyens, ce qui l'épouvanta. Il fut encore plus épouvanté quand je lui dis que l'argent du commerce et du négoce était ce qui permettait de nos jours d'acquérir le plus d'honorabilité au regard de notre société.
    Il commenta cela en ces termes :
    « Vous avez donc perdu aussi l'honneur en plus de votre dignité pour être si fiers d'être aussi soumis ». Ne perdant toutefois pas ses esprits, il me demanda aussitôt après où est-ce que l'on pouvait boire du bon vin en bonne compagnie dans mon monde. Je lui expliquait que boire du vin était très mal vu, comme de boire n'importe quelle autre boisson fermentée, sauf quand cela impliquait une compétition pour montrer que l'on possèdait beaucoup de biens. Il ne s'étonna guère :
    « C'est un peu comme chez Trimalcion, on expose toujours sa richesse, mais au moins chez lui on buvait du vin pour le plaisir d'en boire, et de le partager avec des amis, fussent-ils d'un soir ».
    Nous sortîmes bientôt.
    Dehors, il ne s'étonna pas, il me dit qu'il se sentait comme à Rome dans le quartier des « insulae », il trouvait les femmes un peu plus vulgaires encore que les filles du Suvure. Il rajouta promptement que celles du Palatinat l'étaient tout autant s'assurant une situation en se trouvant un mari ou un compagnon fortuné ce qui revenait au même comportement que les putains avec leurs protecteurs. Il me parla également de quelques courtisanes ayant fait carrière de cette manière, je lui assurais que là encore rien n'avait vraiment changé, on en trouvait même qui avait des prétentions musicales.
    Après avoir observé les jeunes hommes dans la rue, à Rome on était à voile et à vapeur sans que cela ne porte à conséquence, il releva que ceux-ci lui rappelaient les personnages de son roman, Encolpe et Giton, surtout Giton qui ressemblait à une fille.
    Je lui expliquai que l'on appelait ça la mode « métrosexuelle », que l'homme devenait en quelque sorte la copine de toutes les femmes. Il me demanda si l'homme se conduisait quand même en mâle de temps à autre, paraissant inquiet sur la question. Il demanda si ces jeunes hommes se maquillaient, je lui répondis que non, mais que certains utilisaient les mêmes produits de beauté que leurs compagnes et n'admettaient pas d'avoir un seul poil sur le torse, « Un peu comme les jeunes esclaves à destination des vieux pervers aux orgies habituelles de l'Empereur ». Il n'y voyait pas malice, « Pétrone n'est pas un moralisateur », dit-il, lui ne s'en scandalisait pas, la décadence étant déjà bien commencée à son époque faut-il le rappeler.
    Arrivé au troquet où je l'emmenais, Pétrone proposa d'acheter carrément le tonnelet de Beaujolais sur le comptoir du cafetier.
    Il m'expliqua qu'il connaissait bien les tonnelets, qu'il en avait une bonne expérience, appréciant vivement cette « invention gauloise » qui donnait bon goût au vin, meilleur que celui préconisé par les vignerons du Latium. Le vin était assaisonné avec des épices, le fénugrec, l’iris, le couin, la résine, la fleur de gypse, le sel ou même l’eau de mer, ce qui n'était pas toujours très agréable au palais, le vin ayant alors le goût d'une « potion d'apothicaire ».
    Pétrone déplora l'éruption du Vésuve qui avait coûté à Rome la perte de tous ces vignobles, « c'était comme la fin du monde », précisa-t-il.
    Le bistrotier n'était pas ému par la toge de Pétrone, en rigolant il affirma à un autre client qu'il avait tellement l'habitude des poivrots bizarres que « 'çuila en robe le gênait pas tant qu'y paye ». Quand Pétrone lui donna un sesterce en argent, il se montra des plus empressés, apportant non seulement le tonnelet mais aussi tout un plateau de fromages « pass'que c'est bon de gouter à ça avec le vin ». Le romain apprécia ses initiatives : il me fit part de sa joie et de son contentement à trouver enfin « un citoyen qui savait vivre sans façons ».
    Pétrone n'était pas saoûl, il savait se tenir. A peine laissait-il échapper comme par mégarde un propos un peu plus égrillard. La soirée était très agréable. Hélas, une voiture s'arrêta, la radio tous hauts parleurs dehors vomissait de la musique ou plutôt du bruit plus ou moins rythmé. Pétrone bondit, il n'eut pas peur de « cet étrange char à quatre roues puant et visiblement malcommode », il me confia que pendant les fêtes des « Mystères d'Éleusis » il avait vu plus étrange encore. Par contre les sons tonitruants qui sortaient du véhicule le mirent en colère. Il voulait rentrer sans plus attendre à son époque.
    Nous nous quittâmes en bons termes cependant, après avoir bu ensemble un (ou deux plutôt : une « rincette » et une « sur-rincette ») verre de calva, du velours liquide. Je lui parlais de Tigelinnus, mais il fit un geste de la main comme pour dire que ce n'était pas grave, il me dit que c'était la nature humaine et qu'il savait déjà tout cela.

    Ci-dessous la bande-annonce du film de Fellini


    Satyricon bande annonce
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  • Macho peureux des femmes ?

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    Sur Agoravox, on m'accuse d'être un sale macho qui a peur des femmes, ce qui est un oxymore.

    Je ne suis pas comme Franck, quoi que je puisse comprendre son émoi.

    Voir ci-dessous.

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  • Qui a peur des « queer studies » ?

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    On en parle aussi sur Agoravox

    Ne vous leurrez pas, les « queer studies » ne sont pas une pratique sexuelle pimentée genre sadomasochisme même si on peut considérer qu'assister comme votre serviteur à trois heures de conférence sur le sujet y ressemble plus ou moins.

    tumblr_kzvx0thx3o1qzfv8po1_5001.jpgCelles-ci ont engendré la création de la théorie du « care », dont Martine Aubry dit vouloir s'inspirer pour le prochain programme du PS. Pour répondre à la question mise en incise, oui ça fait un peu peur quand même malgré le grotesque des conclusions des chercheuses en « queer studies », car ce sont principalement des femmes qui sont à la base de ces études, des universitaires « radicales » de la Côte Ouest souvent issues de mouvements homosexuels radicaux, comme Judith Butler (voir photo ci-contre) ou Joan Tronto, (voir photo ci-dessous). Cependant, écouter ce genre de péroraisons a au moins un avantage, elles ont l'avantage de mettre en lumière les contradictions assez énormes quand même de la gauche « bobo », de certaines féministes et d'associations homosexuelles.

    La conférencière que nous avions était très pédagogique et didactique, mais derrière on sentait un dogmatisme assez rude malgré sa voix très douce et son look de jeune fille de bonne famille très sage qui attend le Prince Charmant qui saura combler ses attentes. C'était d'ailleurs le genre de jeune personne que l'on trouve dans tout les partis politiques, toutes les associations, communautés religieuses laïques ou pas : exaltée, on sent qu'elle ne vit que pour sa cause, et qu'il n'y a que ça qui compte. On devine derrière la pathologie, la frustration ou toutes les névroses que cela cache et qui font froid dans le dos. On aurait presque pitié pour elle.

    On la devine en rupture de ban, d'un milieu plutôt BCBG.

    Cela s'entend.

    Elle commence par définir ce que l'on doit entendre par « le genre », et elle le précise bien c'est « comme ça et pas autrement ». Ce qui est déjà assez paradoxal pour des gens qui reprochent au Pape d'être dogmatique; Donc le genre c'est la différenciation sociale entre filles et garçons, qui, selon les « queer studies » n'existe pas au niveau physiologique, la différenciation sexuée biologiquement constatée depuis des millénaires par les filles et les garçons ne comptant pas selon elle puisqu'il y aurait des hommes qui auraient un génotype plus féminin que des femmes, les homosexuels et les adeptes du travestissement, et des femmes qui auraient quant à elle des gènes plus masculin, les lesbiennes. Ce serait parce que les parents les y obligent, les y forcent, que les filles joueraient à la poupée et les garçons aux petites voitures.

    tronto.jpgOn apprend donc que les homosexuels sont de grandes folles pour les adeptes du « queer » et les lesbiennes des « camionneuses », ce qui fait déjà sourire car il n'est pas rare d'entendre les mêmes dire exactement le contraire en cas d'œuvre jugée homophobe. Donc les opinions sont flottantes, en quelque sorte, on pense ce que l'on veut et quand ça arrange, rien que sur ce sujet.

    De plus, on y apprend qu'en quelques sorte l'homosexualité est génétique et donc ne résulte pas d'un choix contrairement à ce que les associations homosexuelles qui sont pourtant toutes adeptes des « queer studies » proclament depuis longtemps, ce ne serait donc pas un choix mais une sorte de maladie génétique ? On distingue derrière à la fois un mélange de puritanisme et finalement on retrouve le même discours sur le sujet que certains extrémistes passés, présents et futurs.

    La conférencière continue sur ce sujet, elle dit deux fois : l'homosexualité est une transgression.

    Là encore, on sourit jaune, sur tous les tons on répète dans les médias que c'est un comportement normal, un choix de vie équilibré, que la plupart des couples homosexuels sont parfaitement équilibrés, et là sans crier gare, la jeune femme nous entretenant des « queer studies » nous dit comme un inquisiteur des bonnes mœurs que c'est une transgression.

    Que choisir alors ? Est-ce une transgression ? Ou un mode de vie totalement acceptable ? Là encore, on devine derrière ce genre d'opinions professées sur un ton docte et savant tout le vécu de cette jeune personne, qui a donc finalement encore du mal à en finir avec son complexe d'Électre (complexe d'Oedipe pour les garçons, Électre pour les filles), qui voudrait bien justifier ses propres choix moraux se sentant finalement coupables de ressentir des désirs qui sont encore pour elle une faute morale. La plupart des chercheuses en « queer studies » ont d'ailleurs toutes ce genre d'histoire familiale compliquée, étant toutes en rupture avec leur famille et milieu d'origine. Dont elles conservent cependant les préjugés (et les non-dits).

    Quand la conférencière nous entretient de ses interventions avec des médiatrices de quartier on sent bien que c'est elle qui sait et qui prêche la bonne parole à de pauvres diablesses ignorantes et toutes imprégnées de préjugés populaires et vulgaires.

    Les « queer studies » ont débouché sur la théorie du « care » qui prend pour base le fait que les femmes s'occupant mieux que les hommes des enfants ou des personnes âgées, elles sont capables de plus de sollicitude et que donc cela peut amener à la création d'une société où la sollicitude deviendrait la norme, une certaine forme de sollicitude on va le voir. Là encore, on distingue donc une différenciation entre les sexes, puisque les femmes auraient donc cette possibilité en plus des hommes. Mais cette différenciation semble avoir échappé aux théoriciennes du « Care » et des « queer studies », celle-là en somme ce n'est pas grave de ne pas la voir. L'universitaire nous présentant tout cela s'est en quelque sorte trahie puisqu'elle a commencé par dire « les femmes tradition...par nature font preuve de plus de sollicitude » que les hommes. Ce qui veut donc dire que la sollicitude est inscrite dans les gènes, et que c'est encore une différenciation, celle-ci donc génétique et physiologique, donc là encore ça n'existe pas, sauf que là si.

    Encore une fois, on nous dit une chose et son contraire. François Ier et moi-même, qui sommes de sales machos phallocrates et réactionnaires, pourrions ici rajouter que c'est normal : « Femme varie bien fol qui s'y fie ».

    Cette sollicitude est à double entrée, elle concerne celui qui en fait preuve et celui qui la reçoit. Pour que ça marche il faut que celui qui en fait preuve soit content de le faire et sente qu'il a la responsabilité de le faire, sinon il a le droit de refuser de faire quelque chose. Et il peut alors alerter les autorités compétentes sur le problème à traiter. Concrètement, si un SDF est en train de mourir de froid sous ses yeux, il a le droit de ne rien faire si il ne se sent pas responsable du sort du sans-abri, et alerter alors les services de l'état sur la situation du pauvre diable. Il ne faut surtout pas se sentir coupable de la pauvreté, ni même s'en sentir responsable.

    Comme le disent les braves gens au chaud : « C'est pas de not' faute, on y peut rien, allez ! » croyant bon alors de rajouter «  et pis y'en a de toutes façons, y veulent pas qu'on les aide, hein ! ». Finalement, les « queer studies » et les théroriciennes du « Care » réinventent le discours de café du commerce sur la pauvreté et il y a aussi une ressemblance très nette avec le discours puritain anglo-saxon sur la question sociale.

    18424342.jpgL'altérité c'est d'abord se soucier de soi pour les idéologues du « Care ». C'est une conception très consumériste finalement du « genre » et du sens de l'autre. Je paye l'autre de sollicitude seulement si je le décide ou si j'ai envie de consommer de la charité, si je n'en ai pas envie, en somme l'autre peut crever.

    Bien sûr c'est encore une utopie, mais une utopie qui gagne du terrain dans tous les « think tanks » politiques libéraux ou socio-démocrates inspirant les politiques actuelles et à venir. Et une utopie assez effrayante car cette utopie demande à faire preuve d'une grande docilité aux normes édictées, bien sûr, pour le bien de tous, c'est ce que disent toujours les disciples de ce genre de théories finalement délirantes, c'est pour notre bien qu'il faut accepter de perdre notre liberté.

    La docilité demandée ne serait pas imposée par la coercition mais par la violence du nombre, du troupeau, qui semble déjà prêt à accepter tout cela. Du point de vue littéraire, ce genre de dystopie correspond tout à fait à celle décrite dans « Un bonheur insoutenable » (photo ci-dessus, issue d'un projet d'adaptation par Andrew Nicoll) d'Ira Levin, ou « Le Meilleur des mondes » d'Aldoux Huxley ou "THX 11378" (bande annonce ci-dessous) de Georges Lucas, un cauchemar propre sur lui et aseptisé mais un cauchemar.

    Il me semble aussi vu la dangerosité de ces théories les ennemis politiques d'hier auraient tout intérêt à conjuguer leurs forces pour les combattre plutôt que se perdre dans des polémiques maintenant souvent dépassées.


    Trailer - THX 1138 - George Lucas
    envoyé par Malmignatte. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

  • Zola or not Zola ?

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    On est méchant avec les icônes également sur Agoravox

    «Je hais les railleurs malsains, les petits jeunes gens qui ricanent, ne pouvant imiter la pesante gravité de leurs papas.»

    Émile Zola - « Mes haines »

    zola.jpgMerci monsieur Émile de me fournir l'entrée en matière de mon texte sur votre oeuvre, je trouve qu'elle souffre effectivement d'une pesante gravité (pléonasme ?) et d'un esprit de sérieux pénible, je prend donc le risque de passer aux yeux de votre fantôme pour un railleur.

    En ce moment, on parle beaucoup de l'auteur de « V'accuve », ainsi que l'appelait un critique littéraire dont la lecture est encore infréquentable de nos jours, il l'était déjà plus ou moins de son temps, Léon Daudet, qui moquait méchamment le défaut d'élocution dont souffrait Zola, qui zézayait, ce qui est somme toute logique, Daudet fils brûlait l'écrivain qu'il avait adoré toute sa jeunesse et finit par le surnommer « le grand fécal ». Dans un article d'une revue pour djeuns cultivés, je lis que les critiques étaient jaloux des tirages des livres de cet auteur, qui fut un des premiers meilleurs employés fournisseurs de « best sellers ». Il rappelait à chacun parait-il sa bonne fortune en la matière. Maintenant il est curieux que Zola soit défendu actuellement par les mêmes qui détestent les « best sellers ».

    Cela me rappelle cruellement un peu plus, ces articles et ouvrages autour de Zola, ce que j'endure à cause de cet écrivain.

    Je souffre en effet d'un gros défaut, d'un énorme handicap littéraire, parmi tous les autres diront les esprits chagrins, je n'aime pas du tout Zola, j'en ai lu d'abord deux livres : « la Faute de l'abbé Mouret », lu au collège comme tout bon potache inhibé et obsédé surtout pour l'histoire d'adultère que la quatrième de couverture promettait croustillante et brûlante, alors qu'elle ne choquerait pas maintenant un enfant de choeur même de messe tridentine qui en a vu d'autres et sait que la chair est faible sans avoir lu tous les livres, et j'avais lu aussi « Germinal », en lecture scolaire obligatoire, dont j'aime bien cependant les descriptions de la mine, et suis allé jusqu'à la page 61 de « La Débâcle » en livre de poche sans pouvoir jamais aller plus loin. J'avais lu aussi quand même entre deux « Au bonheur des dames » à cause du film de Renoir infiniment plus humain et doté de plus de chair et de coeur.

    Ce n'est pas faute d'essayer, je lis une phrase, puis deux, et ça me paraît tellement pompeux, socialement didactique et amphigourique, que je décroche. Le soleil n'arrête pas de faire des « gerbes d'or », que l'on soit au-dessus de Paris ou de la campagne d'Ile de France, ce qui devient vite lassant.

    Je n'y arrive pas.

    C'est mal je sais, selon la correction littéraire actuelle, cet auteur est une icône inattaquable, indéboulonnable.

    Lire Zola je comparerais cela à regarder la tête de la Gorgone en face, pour moi c'est une Gorgone Zola (je sais, il fallait oser, mais il fallait bien placer ce jeu de mots, je m'en serais voulu de ne pas). Je ne lui reproche pas sa crudité, je ne lui reproche pas même ses opinions, quoique souvent on puisse lui reprocher d'avoir sur le prolétariat et les petites gens le regard froid et méprisant d'un grand bourgeois comme les autres, fût-il « de progrès ». On remarque d'ailleurs que Lantier dans « Germinal », celui qui fera prendre conscience aux mineurs de leurs souffrances, et d'une révolte nécessaire, est montré comme malgré tout issu de la bourgeoisie selon la généalogie imaginaire de la famille des Rougon-Macquart, même si c'est un paria pour les bourgeois. Zola considère ses créatures plus comme des archétypes sociaux tendant à démontrer que sa vulgate idéologique est meilleure que celle du voisin, et non comme des êtres humains à part entière, capables de réflexion et d'intelligence. Et « L'Assommoir », par exemple, c'est un peu comme les films éducatifs des années 30 : « l'alcoolisme ça entraine ça, et puis ça, et puis il y a aussi ça comme conséquences etc... ».

    On essaie d'éduquer le bon peuple, de faire son bonheur en suivant la bonne parole. C'est de la littérature positiviste parfaitement en phase avec l'essor du capitalisme qui marchandise tout, qui veut que tout soit performant, y compris les choses de l'esprit.

    A Zola, Je préfère l'esprit de dérision de Flaubert, que l'on peut cataloguer si on veut dans les « sales types » pour cela, car il mène à plus de lucidité sur les êtres humains, leurs prétentions et leur médiocrité, mais aussi sur les sentiments dont ils sont capables, parfois, de faire preuve avec profondeur. Et que l'on devrait se méfier un peu plus quand ceux-ci s'embarassent de grands mots ou se préoccupent de devenir des phares de progrès pour l'humanité, ce qui sous-entend donc que selon eux ils n'en font plus partie. Zola se serait certainement bien entendu avec Bouvard et Pécuchet.

  • Barnum charitable

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    Sur Agoravox je joue aussi les mauvais coucheurs

    Le Téléthon dans la bonne conscience est devenu une sorte de vache sacrée inattaquable, il ne faut pas critiquer, tout comme il ne fallait pas dire que pendant la journée mondiale de lutte contre le SIDA, on ne parlait que rarement de tous les problèmes soulevés par la pandémie en Afrique.

    syl20-telethon.pngEt puis, aujourd'hui samedi, c'est jour de fête populaire et vaguement humanitaire, c'est le retour du Téléthon, après le mildiou et les vendanges tardives. En plus, le Téléthon a un avantage, c'est que le consommateur n'a même pas besoin de se déplacer à l'hôpital, les malades viennent à lui directement au supermarché pendant qu'il fait ses courses de Noël, ce qui lui permet de déculpabiliser quand il achète la dernière Play WII 3000 au petit dernier qui pourra continuer à jouer à la guerre presque en vrai en agitant frénétiquement les boutons de sa manette de jeu.

    Certes, c'est plutôt bien que la fête ait un sens généreux et gentil, mais pendant deux jours du fait de l'abondance de lieux communs sucrés déversés à l'antenne de deux chaînes télévisés et sur plusieurs podiums, trois ou quatre à Évreux, on n'a plus à craindre de faire une crise d'hypoglycémie, on risque plutôt le mal au cœur voire la nausée.

    De plus, si on a pitié de tous ces malades atteints de myopathies ou de maladies orphelines, et qu'il est bien de chercher à les aider, derrière la recherche là-dessus, il y a le décodage du génome humain, une vraie saloperie là par contre qui permet de pratiquer l'eugénisme social avant même qu'un enfant soit né, et entraine de fait la standardisation des corps. La Téléthon montre les malades avec des trémolos « ad nauseam » non pas pour aider à leur acceptation dans la société, mais pour appuyer sur leurs différences ce qui accentue encore un peu plus le rejet de celui qui est hors norme aux yeux du troupeau.

    Personne ne cherche à contester cela, l'eugénisme est déjà dans tous les esprits, digéré et assimilé parfaitement, on trouve tout à fait normal de créer en somme une norme dans la « fabrication » d'êtres humains qui deviennent de fait des « produits » comme les autres, de plus en plus on demande à la médecine d'être un Service Après Vente perfectionné.

    Et si la « machine » est dysfonctionnelle, on essaie de réparer en attendant de pouvoir changer les pièces ou de faire des « mises à jour » (pour l'instant, rien ne semble proposé pour le cerveau). Ainsi, croyant fermement qu'il fallait être grand de taille pour réussir dans notre société, convaincu de la véracité de ce lieu commun par la publicité, des parents ont donc fait prendre à leur progéniture de l'hormone de croissance pour la faire grandir. Comme cela s'est terminé par une catastrophe ils accusent maintenant les laboratoires criminels qui ont vendu leur poudre de perlin pinpin sans se poser de questions sur leur propre responsabilité et leur docilité stupide à des préjugés sociaux d'une grande bêtise.

    Ce qui relativise cet étalage de charité conjoncturelle, c'est le parking vide devant le bâtiment de gériatrie de l'hôpital d'Évreux, si tout le monde est prêt à participer à grand barnum médiatique, également pour éventuellement passer à la télé, personne n'est prêt à donner réellement de son temps pour faire progresser l'accueil des malades ou la qualité des soins, on remarque d'ailleurs que tout le monde ou presque se fiche du détricotage actuel du système de santé français. En 2010, il ne vaut mieux pas tomber malade !

  • La gauche (mais aussi un peu la droite) sur le divan

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    Sur Agoravox, le cabinet du psy est ouvert également

    Comme l'auteur de la citation ci-dessous, je suis un gaucher contrariant, qui aime bien embêter les droitiers aussi :

    regarder-gauche-droite.jpg?w=450&h=450« A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche. »

    « Fonds de tiroir » – Pierre Desproges

    Je trouve que cette citation exprime très bien le fond de ma pensée tout comme celle-ci : « Il y a une bourgeoisie de gauche et une bourgeoisie de droite. Il n'y a pas de peuple de gauche ou de peuple de droite, il n'y a qu'un peuple. »

    Extrait de « Les grands cimetières sous la lune » - Georges Bernanos

    Je précise tout de suite que je trouve tout autant grotesque le comportement du militant de droite en France, beaucoup plus grégaire encore que celui des militants de gauche. Au moins, à droite, ce comportement a-t-il une cohérence, il se justifie par l'envie de gagner les élections, à gauche j'ai l'impression que les hommes et femmes politiques font tout pour les perdre, du PS de Martine Aubry, qui n'a pas besoin d'ennemis politiques gràce à ses amis supposés du PS, au NPA vautré dans une posture autiste et finalement assez fraîche car très adolescente : on se révolte en mots et en belles intentions et on profite à fond du système.

    Pourtant, pour certains naïfs, crédules, andouilles (barrer la mention inutile), les riches sont tous à droite et les pauvres tous à gauche, les pauvres qui sont beaux, spirituels et ont bonne haleine pour le militant de gauche lambda qui lui prêche la bonne parole avec ferveur.

    A gauche, on devait bien aimer les films de cow-boys et d'indiens, de gendarmes et de voleurs, avec des gentils bien identifiables, et des méchants qui l'étaient tout autant. A la fin c'est toujours le gentil qui gagne et les méchants qui sont sévèrement punis. Parce qu'ils ne sont pas gentils. Le méchant n'est jamais ambigu, il est méchant, il est voué au mal, il est pessimiste en plus, et puis souvent dans les films américains il lit des livres !

    Ce qui est très mal on en convient.

    Le militant de gôche ou la militante se voit souvent comme un des gentils, une personne simple et vraie, et modeste, et c'est ça qui le perd bien sûr car il est le jouet d'opportunistes hypocrites et très ambitieux qui les font pleurnicher un peu pour se faire élire puis profitent des ors et du clinquant de la République une fois élu.

    On y prend goût rapidement aux moquettes épaisses des ministères, au parquet de haute gamme, dont les lames sont autant de couteaux plantés dans le dos des électeurs. Des électeurs qui en redemandent comme des gamins super-gâtés qu'ils sont.

    On se présente « pour de vrai », mais aussi pour être ministre et décrocher un job en or quelques années, le temps de mettre de côté pour la retraite et les vieux jours. Et puis deux gendarmes devant l'entrée c'est plus décoratif que deux plantes vertes, même si les plantes vertes ont parfois plus de conversation.

    Et bien sûr, si quelqu'un ose rappeler que de pareils privilèges ce n'est pas tellement de gôche et encore moins républicain, ne pas oublier de traiter l'impudent de « populiste » ou « poujadiste » même si on ne sait plus trop ce que ça veut dire. Et je ne vois pas trop le problème qu'il y aurait à dénoncer des compromissions ou des scandales parfaitement injustifiables. Je m'étonne du manque quasiment total de réactions par rapport à l'affaire Karachi par exemple, qui est à l'affaire Stavisky, qui avait en partie provoqué le 6 Février 34, ce qu'une bombe nucléaire est à une massue. Mais non, pas de réactions, rien, on ne doit rien dire. Certainement en partant du même civisme qui consiste à se faire avoir déjà en 2002 en éparpillant les voix contre Chirac au premier tour, puis en défilant tout en appelant à voter pour lui au deuxième tour tout en lui assurant une élection digne d'un dictateur bananier.

    Il est d'ailleurs toujours ironique et assez curieux que les gentils militants de gauche traitent les contradicteurs de populistes et vantent le pouvoir de la rue, quand il y a des manifestations qui vont dans le bon sens, qui est pour les participants surtout le sens du vent, des manifestation qui selon leurs critères sont pourtant hautement poujadistes, se moquant qui du physique d'un homme ou d'une femme politique ou se risquant à des blagues lourdingues sur sa supposée sexualité. On sait depuis quelques décennies déjà que plus le nombre d'invididus augmente dans une foule, plus l'âge moyen de cette foule diminue, et plus celle-ci est porté à se défouler avec violence et haine contre celui qui oserait la contredire.

    Et quel que soit celui-ci, une foule qui hurle un slogan est toujours hautement détestable...

    Ci-dessous, on voit que rien ne change vraiment depuis quelques années déjà...


    télévision et politique desproges et thierry le luron
    envoyé par granki. - L'actualité du moment en vidéo.

  • Pourquoi il n'y a plus de comédies italiennes en 2010

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    Sur Agoravox aussi

    C'est une question qui m'est venu à l'esprit en apprenant que Mario Monicelli s'est suicidé en se défenestrant de sa chambre d'hôpital à 95 ans...

    Tot%C3%B2%20Peppino.jpgEn 2010, il n'y a plus vraiment de comédie italienne satirique, féroce et lucide, toujours juste, comme dans les années 70. On me dira, il n'y a plus non plus de véritable cinéma français, celui-ci oscillant entre les grosses machines, bien lourdes, se voulant comiques, toujours avec les mêmes acteurs, et les chroniques des errements sentimentaux d'« adulescents » trentenaires, pauvres petites filles riches, et pauvres petits garçons encore chez Papamaman parfois à trente-cinq ans perdus dans leurs névroses.

    Et pourtant, il y en aurait plus que jamais besoin en observant le contexte social. Ce n'est pas une opinion de « vieux con » de constater cela, simplement une réalité. Mais aujourd'hui la satire passe mal, les individus sont comme des lemmings se précipitant directement vers l'abîme, des lemmings aveugles, qui ne veulent pas voir le gouffre s'ouvrant sous leurs pieds, qui ne veulent même pas en entendre parler, comme ils se fichent du futur et de ce qui pourrait advenir.

    On soupçonne que ce n'est pas seulement la découverte de son cancer de la prostate dont l'issue était fatale, mais aussi à cause du désespoir qu'il devait ressentir devant la médiocrité crasse du dirigeant actuel de l'Italie, aussi vulgaire et grossièrement matérialiste qu'un VRP ayant hérité d'une vieille tante, celle de l'époque qui veut que la banalité devient une valeur et rester dans la norme une obligation de plus en plus impérative visiblement. Berlusconi est largement aussi corrompu que ses prédecesseurs, plus encore peut-être, largement aussi compromis, et paradoxalement, beaucoup plus populaire, contrairement aux dirigeants italiens des années 70. Berlusconi annonce la couleur : le fric, les putes, la drogue et le mépris total du peuple, qui trouve ça très bien, qui a les mêmes rêves malpropres de toutes manières.

    Le troupeau médiocre ne veut surtout pas que l'on remette en cause ces rêves-là. Avant il n'osait pas le dire, maintenant il assume sa nullité et son inappétence au savoir. Il y est encouragé par les politiques et la publicité, qui parlent sans cesse des « vrais » gens, des gens « simples » qui ne sont pas prétentieux comme tous ces empêcheurs de tourner en rond qui faisaient des films de moralistes qui mettaient le doigt sur la bêtise du troupeau, ses pulsions débiles et irréfléchies, la vacuité.

    On ne doit rien dire, pas critiquer, rien remettre en cause, on ne doit pas bouger, on doit consommer en silence, et acheter ce que l'on nous dit d'acheter, placer ses économies en banque et mourir sans faire de bruit, se soumettre au tout économique. Par peur de perdre ce qui reste encore du confort matériel des Trente Glorieuses, et le confort intellectuel, qu'il engendrait, qui demeure par contre une réalité bien vivace. Certains ont fait la chronique des années 70, les décrivant comme des « années de plomb », au cinéma, elles étaient insolentes et libres, plus ou moins désespérées aussi car leurs auteurs voyaient très bien ce qui s'annonçait; l'égoïsme, l'avidité, le voyeurisme et l'extimité poussée à l'absurde, la bêtise reine. Et les valeurs de la bourgeoisie étroite d'esprit, moquées dans le cinéma italien de ces années là ont fini par essaimer dans toute la société, on rêve de pouvoir consommer le plus longtemps possible, comme les zombies et les monstres des films de Lucio Fulci au début des années 80, tout le reste devenant superflu, y compris les aspirations à l'élèvation intellectuelle ou spirituelle.

    En 2010, il n'y a plus vraiment de comédies italiennes, il y a deux ou trois réalisateurs qui surnagent en racontant leur vie, comme Nanni Moretti, qui reste quand même très en deça de leurs prédécesseurs, leurs errements narcissiques n'étant pas d'un grand intérêt.

    Il y a bien quelques films raillant le « système » Berlusconi qui feraient preuve d'un peu de verve, mais qui sont aussi des plus lourdes dans leur dénonciation didactique et surtout leur esprit de sérieux, et donc qui ne fonctionnent pas vraiment. L'autre problème de ces films est qu'il s'adresse à une clientèle « bobo », libérale-libertaire, qui dénonce Berlusconi certes mais profite aussi dans le même temps à plein de la société de surconsommation, et qui donc ne remettent finalement pas grand-chose en cause, surtout pas leur confort matériel et leur statut social. Ce sont les mêmes bourgeois « de progrès » que l'on trouve déjà dans les films d'Ettore Scola il y a trente-cinq ans, de bonne volonté, mais perclus de contradictions et absolument incapables d'agir pour que le monde change un tout petit peu, ou dans « les Damnés » de Visconti dont j'aime bien la critique par Pauline Kael qui en parle comme du chef d'oeuvre qu'il est mais aussi comme de la description de la fascination que « les gitons comme Helmut Berger exercent sur les vieilles pédales progressistes que l'on allait écouter dans les amphis bondés de mai 68  », ceux-là étant largement moqués dans les films de l'époque.

    Il y a eu de 1959 à 1979 environ une « parenthèse enchantée » dans la création de films en Italie, gràce à quelques génies de la pellicule qui donneront au cinéma des chefs d'oeuvre divers dans des genres extrêmement différents, du « peplum » au western (Leone oeuvra dans les deux), du réalisme au délire, en passant par le film épique comme « le Guépard » de Visconti, ou l'étude de moeurs satirique comme savait en faire Dino Risi et Mario Monicelli, dans les films à sketchs de ces années-là dont bien sûr « les Monstres » ou « les nouveaux Monstres », ou enfin les thrillers politiques aussi haletants sinon plus que la plupart des « blockbusters » américains, dont les oeuvres de Francesco Rosi et les « giallos » qui théorisent la terreur moderne, celle qui nait des non-lieux aseptisés et immaculés, inhumains et sans âme. Derrière les noms connus, Fellini, Sergio Leone, Vittorio de Sica, on retrouve aussi ceux de Age et Scarpelli, Antonioni au début de sa carrière, voire, dans un genre totalement différent de ce qu'il tournera par la suite, Dario Argento. On remarque d'ailleurs que même le « Z » italien à travers les dizaines de bandes « survivalistes » tournées à l'époque par tonneaux avait une conscience politique.

    Quant à la comédie italienne, cela avait pourtant mal commencé, avec les films à « téléphones blancs » de l'époque fasciste, où l'ont riait des cocus, des femmes volages et des portes qui claquent, ou des belle-mères. Il y en a un écho dans les décors de l'hôtel où travaille le personnage de Roberto Benigni dans « la Vie est belle », un film que l'on trouve soit très beau soit carrément ignoble car de très mauvais goût. J'ai cité ce film, certains ont cru voir un renouveau du cinéma italien gràce à ce réalisateur, mais il n'en est rien car si il ne manque pas de talent, il n'a pas la finesse de ses ascendants ni leur acuité dans la description des travers de l'époque.

    les_monstres_2.jpgLa comédie italienne la plus intéressante sait bien que le bonheur ne réside pas dans l'application d'utopies certainement généreuses au départ, mais dans la vie ressentie et vécue vraiment, « à grands rênes », dans la beauté qu'elle offre si l'on veut bien la voir, dans le parfum des femmes, l'amitié comme rempart au désespoir face à la sottise, comme dans « Mes chers amis ». L'on y part à l'aventure en « virée tzigane », sans se soucier de l'endroit où l'on atterrit, pourvu que l'on partage un moment avec ceux que l'on aime. Par son goût de l'absurde et de son sens de la dérision des conventions les plus stupides, la comédie italienne de l'âge d'or n'est pas si éloignée que ça des comédies anglaises des studios Ealing qui étaient d'ailleurs beaucoup moins morales.

    C'est Milo Manara dans une courte BD qui avait bien résumé ce que pourrait donner le cinéma actuel et les ravages de la publicité, le Casanova de Fellini, sa morale aristocratique, son goût pour la douceur de vivre d'un monde disparu y finissait vendant des couches contre l'incontinence dans un spot à la télévision.

    Nous sommes tous acteurs de ce spot dans notre société. Les "Vitteloni" n'y ont pas leur place, et encore moins "Rocco et ses frères".

    En photos, Toto, comique italien qui avait la tête de Buster Keaton, passé des comédies à téléphone blanc au néo-réalisme, une photo extraite de "les monstres"

  • La mort de Mario Monicelli

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    Pourquoi il n'y a plus de comédies italiennes ?

    Mario Monicelli s'est suicidé en se défenestrant de la fenêtre d'une chambre d'hôpital à 95 ans. On soupçonne que ce n'est pas seulement la découverte de son cancer de la prostate dont l'issue était fatale, mais aussi à cause du désespoir qu'il devait ressentir devant la médiocrité crasse du dirigeant actuel de l'Italie, aussi vulgaire et grossièrement matérialiste qu'un VRP ayant hérité d'une vieille tante, celle de l'époque qui veut que la banalité devient une valeur et rester dans la norme une obligation de plus en plus impérative visiblement. On ne doit rien dire, pas critiquer, rien remettre en cause, on ne doit pas bouger, on doit consommer en silence, et acheter ce que l'on nous dit d'acheter, placer ses économies en banque et mourir sans faire de bruit, se soumettre au tout économique. Par peur de perdre ce qui reste encore du confort matériel des Trente Glorieuses, et le confort intellectuel qui demeure par contre une réalité bien vivace.

    (note à suivre...)


    Fr - Le Pigeon (1958)-De Mario Monicelli partie 1
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