Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • La littérature, les idéologues, et les fanatiques

    Imprimer Pin it!

    Relisant le roman « Farenheit 451 », réputé poussiéreux et trop négatif (le péché suprême : en 2010 il faut po-si-ti-ver) aux yeux de ceux qui ne l'ont pas lu et des esprits ultra-positifs qui voient ce monde à travers des lunettes roses, on peut voir à quel point la méditation nostalgique, sans amertume, et poétique de Ray Bradbury sur la littérature est d'actualité.

    Croyant la fin des temps proche, le fanatique, qui l'appelle de ses vœux, ainsi qu'un bain de sang universel, est persuadé qu'il faut brûler tous les livres inutiles autres que ceux de son gourou, de sa foi (qu'il n'a pas compris ou qu'il prend comme prétexte pour son étroitesse d'esprit).

    thisperfectday.jpgCroyant le temps des grands bouleversements venus, l'idéologue est convaincu que l'art devient inutile ainsi que toute création qui n'ont plus lieu d'être puisque pour lui l'humanité est censée vivre dans la félicité complète et globale à partir du moment où l'on applique ses théories.

    Quant au consommateur consumériste, surtout préoccupé de pouvoir continuer à acheter et se conduire en esclave docile du marché, ou continuer à rêver devant les vitrines de pouvoir s'acheter tel ou tel objet « totem », il n'en a rien à faire de la fin des temps et encore moins de penser, surtout pas de penser par lui-même.

    A de nombreuses époques, et ce depuis longtemps, des êtres humains ont cru imposer à d'autres leur conception du bonheur, ont voulu faire le bien de l'humanité en lui montrant ce qu'ils considéraient comme étant la seule voie possible pour y accéder, dût-ce cette voie passer par quelques massacres, ce à quoi les idéologues et les fanatiques rétorquent que bien sûr des « dérives » sont inévitables et qu'il faut bien en passer par là, qu'il y aura bien quelques réfractaires au départ mais qu'après comme on nagera dans le bonheur le jeu en vaudra la chandelle.

    Et qu'est-ce que quelques vies humaines au regard du bonheur universel ? Mais insoutenable car imposé arbitrairement. Les idéologues et autres fanatiques adorent caser les êtres humains dans des petites cases commodes, un/e catho ne peut être qu'un/e frustré/e moralisateur, par exemple, et quelqu'un qui ose critiquer un mouvement social sans issue, car ne remettant pas en cause les fondements de l'injustice qu'il croit dénoncer, ne peut être qu'un suppôt du capitalisme.

    9782207260692FS.gifTout ce petit monde déteste pour toutes ces raisons la littérature, car la littérature ce n'est pas quantifiable, ça ne sert à rien aux yeux de ceux qui pensent actuellement, sauf pour exalter une cause, SA cause, une idéologie, SON idéologie, ou SES motifs divers de fanatisme divers et variés (rappelons que le fanatique, l'exalté caricature sa foi, pour le chrétien que je suis, car il oublie le plus important dans l'Évangile qui est l'incarnation donc l'importance fondamentale de l'humanité de chaque personne).

    Le pouvoir déteste la littérature, car ne lui servant pas à grand-chose, n'allant pas dans son sens, elle le gêne, sauf quand divers idéologues s'affrontent dans une resucée intellectuelle du pain et des jeux ce qui permet de distraire les quelques personnes se posant encore des questions dans le bon peuple, et surtout ne rien remettre en cause, à commencer par les privilèges de la minorité au pouvoir et les fondements de ces privilèges.

    Aimer la littérature désengagée qui ne fait pas dans l'ostentation, non plus, où l'auteur ne se fait pas le porte-parole des théories globalisantes qu'il aurait à balancer au lecteur plus ou moins consentant est en soi aujourd'hui un acte de liberté. Et les auteurs de ces romans, qui s'en tiennent à la littérature, disent beaucoup plus de chose sur la modernité mine de rien que bien des pensums qui pourtant, étrangement, se vendent bien. Je ne parle pas bien sûr des romans de Guillaume Musso ou Marc Lévy parfaitement intégré au système qui n'ont rien à vendre excepté un peu de poudre aux yeux au lecteur, du rêve et des cliché sortis tous droits d'un catalogue d'ameublement, ou de décoration dans les romans de ces derniers où les héros habitent le plus souvent des « lofts » ultra-modernes qui appellent le placement de produit au cas où le livre deviendrait un scénario « bankable ».

    Rien de léger là-dedans, sauf la marchandisation du réel.

    Ce sont même parfois des auteurs dits légers comme Truman Capote qui arrive à en dire plus sur l'époque et sur les conséquences pour notre monde des errements des primates lamentables qui continuent à se trainer difficilement sur cette boule de glaise, en écrivant entre autres « De Sang Froid », mais pas que, car « Petit Déjeuner chez Tiffany » parle aussi très bien de la dérive des sentiments et des apparences, de ces êtres rares qui essaient également de préserver leur humanité et le font parfois de manière brouillonne mais au moins essaient de le faire, quitte à prendre le risque de tomber dans un ou deux gouffres.

    le_meilleur1.jpgCe n'est pas du tout en contradiction avec la foi d'ailleurs, contrairement à ce que l'on pourrait penser, qui brûle et s'apparente quand elle mène au mysticisme aux vertiges de la passion. La foi n'est pas désincarnée, bien au contraire. Elle est charnelle, comme le montre Bernanos, l'imposture ce peut être celle du « saint » qui semble déjà proche du paradis mais parfaitement insensible en réalité aux autres êtres humains et à la personne du Christ alors qu'une jeune fille considérée comme pécheresse et perdue en sera beaucoup plus proche.

    C'est la littérature de genre, polar, roman noir, SF, fantastique, qui décrit le mieux les bases de cette société inique en en décrivant les marges, sans démonstration idéologique ou vulgate à vendre, et montre, comme le disait il y a déjà trente ans Jean-Patrick Manchette pour le roman noir ou Harlan Ellison pour la SF, l'amoralité fondamentale de ces bases ou sa propension à déshumaniser et détruire le lien entre les individus. Ira Levin, dans son excellente dystopie (ou contre-utopie) montre très bien ce vers quoi pourrait mener une société ultra-consumériste, soit un paradis artificiel supportable seulement avec médication, comme dans « le Meilleur des Mondes » d'Aldoux Huxley, où l'individu de sa naissance à sa mort est pris en charge par un système l'infantilisant complètement, lui interdisant toute émotion un peu trop forte et protégeant le groupe de toute contradiction, vécue comme perverse et mauvaise. Et bien sûr la plupart des livres de Philip K. Dick (en particulier les deux premiers romans de la Trilogie Divine dont "Radio Libre Albemuth") montre que rien n'est vraiment réel dans une société où tout est marchandise, sauf ce qui la contredit à savoir les sentiments, les émotions profondes, et l'art.

    Nous n'en sommes pas si loin, du bonheur insoutenable d'Ira Levin, ou de celui décrit dans "Logan's Run", romans, film et série, la contradiction devenant actuellement de plus en plus compliquée, le contradicteur étant enfermé dans un cadre qui le maintient à l'état d'archétype, « facho » ou autre épithète péremptoire et définitive aux yeux de ceux qui exècrent que l'on remette en question leurs certitudes. La littérature permet de brouiller les cartes, semer les plus extrêmes, les dogmatiques en tout genre, se libérer des étiquettes. Elle permet d'atteindre plus de liberté.

    ci-dessous une adaptation de "le Meilleur des Mondes"


    Le meilleur des mondes 1/5
    envoyé par MayaLila. - L'info video en direct.

  • l'avènement de la techno-barbarie

    Imprimer Pin it!

    L'article est passé sur Agoravox

    Il y a une trentaine d'années, Maggie Thatcher, premier ministre conservateur ultra-libérale de Grande Bretagne, a proclamé après ses réformes de l'état que maintenant il n'y a plus de société, il n'y a plus que des individus, des hommes, des femmes, des familles. Des LO356_TroupeauAv1+2.JPGindividus libres de consommer, de s'adonner à fond à leurs désirs étriqués de consommateurs modernes, libres de se couler dans le moule indiqué par les entreprises, et de laisser libre cours à leurs pulsions afin d'entretenir la dynamique économique. C'est toujours et de plus en plus ce qui se passe en ce moment, l'individu ne veut plus être bridé, il ne veut pas qu'on lui parle de morale, de respect de l'autre et de sens de la collectivité, il veut qu'on lui permette de s'adonner sans aucun garde-fou à ses lubies les plus abjectes. Si on lui interdit ses lubies, il hurle aussitôt, ainsi que le font les fanatiques, à l'atteinte à la liberté d'expression, au droit de vivre comme il l'entend, cela pour justifier des habitudes débiles qu'il appelle des coutumes légitimes, parfois beaucoup plus récentes qu'ils ne le prétendent.

    C'est un peu comme ces régionalistes qui se réclament en France de langues qui ne sont plus parlées dans leurs régions depuis des lustres ou essaient de remettre au goût du jour des costumes traditionnels qui n'ont jamais été portés. Le tout menant à une destruction complète du lien communautaire et la mainmise un peu plus grande chaque jour du tout économique.

    Les libéraux mollassons ou durs au pouvoir depuis soixante ans se scandalisent pourtant, paradoxalement, du comportement et des opinions des libertaires qui ne veulent plus de société du tout, non plus, plus d'entraves à leurs jouissances, et à leurs désirs, ce qui les précipite dans un abîme sans fond. Ils arrêtent les épiciers de Tarnac sponsorisés par PapaMaman, pourtant bien anodins, des petits bourgeois qui n'ont pas fini leur crise d'adolescence, qui n'ont pas encore digéré leur envie de révolte de dire « merde, zut, crotte, chié ! ».

    Ils essaient toujours de discréditer les mouvements étudiants, qui se discréditent il faut le dire tous seuls, en montrant les « casseurs », en insistant sur les agitateurs. Mais ils oublient une chose, et ne veulent pas voir que ces libertaires ne font finalement qu'une interprétation un peu plus hardie que la leur du libéralisme, un peu plus cohérente aussi. La révolte, la rébellion, ou pseudo-rebellion reste dans notre monde fortement imbriqué dans la société spectaculaire dans laquelle nous vivons. Certains réclament, appellent de leurs vœux un nouveau « maisoissantuite », SurL%27OndeDeChocMini2.jpgnon pas qu'ils s'inquiètent vraiment d'obtenir de nouveaux accords de Grenelle, c'est qu'ils se sentent brimés, frustrés par ce qui ne sont que des retours du réel, à savoir la Crise, qui culpabilise de consommer comme on l'entend, et le SIDA, qui empêche de coucher à droite à gauche sans se poser de questions comme pendant la fameuse « parenthèse enchantée » qui fait encore rêver de nos jours le quadra ou le quinqua bourgeois qui rêve de laisser libre cours à son amoralité originelle, amoralité que la bourgeoisie porte en elle depuis qu'elle est arrivée au pouvoir il y a deux-cent ans, au moment de la Révolution de 1789.

    Pourtant les penseurs du libéralisme avaient bien conscience pour certains du moins, au début, que le désir de jouissance des individus, qui pensent surtout à la base à satisfaire leurs pulsions les plus basses, se heurterait à la réalité, pourtant celle-ci devient l'ennemi. On ne veut plus entendre parler de la mort qui devient l'horreur ultime, tout comme la vieillesse ou la maturité, des libéraux durs aux libertaires, on ne veut parler que de jeunesse que l'on exalte à tort alors que c'est certainement un des âges les plus conformistes, les plus normés et les plus cruels de l'existence.

    Greil Marcus, dont j'ai déjà parlé, a parfaitement analysé tout cela à travers la culture pop de notre époque, des films et livres de genre aux philosophes en passant par la musique, en particulier le mouvement punk (On peut lire « Lipstick Traces » par ici). Il en ressort une évidence, à aucun moment depuis qu'elle existe, les individus n'ont réellement voulu se libérer de la société de la consommation, au contraire ils font tout pour qu'elle soit de plus en plus profondément implantée au centre des esprits. Et aujourd'hui, de plus en plus, tout ce qui contredit le consensus du désir, il n'y a plus de consensus social, est pris comme révoltant, dégradant, réactionnaire. Le tout associé à l'utilisation intensive d'Internet, qui permet les pires débordements, de la délation à la diffamation en passant par l'injure sans risques, de la lâcheté crasse à la mise en valeur du crétin pour qui le réseau est une bénédiction, il peut enfin se venger de ses complexes culturels, le tout mène à une nouvelle forme de barbarie totalitaire, et de barbarie consentie car ressentie comme libératrice, ce qu'elle n'est pas une seconde.

  • Des bloqueurs jusqu'au boutistes et précoces

    Imprimer Pin it!

    Article refusé sur Agoravox car considéré comme "outrancier" par les votants, qui n'hésitent pas par contre à plébisciter des articles diffamatoires, blasphèmatoires ou carrément injurieux tant que l'on va dans leur sens.

    Un des pires censeurs bien pensant d'Agoravox à ce lien.

    De notre envoyé spécial à Chassepot sur Yvette

    Cite_Bab_Ezzouar200.jpgA l'école « Marcel Amont » de Chassepot-sur-Yvette, riante cité HLM du Val de Marne, le blocage s'est organisé à l'initiative des élèves depuis maintenant quinze jours. Kevin S., trois ans, en grande section, en est l'instigateur. Kevin a une coupe de cheveux « mulet » que sa maman, Arlette, qui est shampouineuse en chef du salon, « Au vrai chic » du centre commercial « Olivier Dassault » tout proche, nous dit trouver « très chou », il ressemble à C.Jérôme qui était son idole quand elle était plus jeune et elle espère que Kevin aura la carrière de Jordy, pour elle « c'est bien que la télé elle soye là pour voir que nos enfants ils sont pas des mal élevés et pis ça doit pas être toujours les mêmes qu'ils profitent de l'école et du savoir passe que il y en a marre des baisses de niveau ». Arlette tient à nous présenter son compagnon, Jean-Marc, sympathique rondouillard moustachu au teint fleuri, qui nous dit qu'il a pris quelques heures sur son temps de travail pour aider Kevin, avant d'aller distribuer des tracts citoyennement à la gare de Chassepot pour expliquer aux travailleurs précaires que c'est pas de la faute des grèvistes s'ils vont perdre des journées, qu'il comprend que c'est dur mais qu'il faut bien ça pour maintenir la prime au charbon des cheminots, un acquis social fondamental.

    Il nous a fait visiter la cour de l'école qui accueille les tables à langer et les petits pots, les parents des alentours venant prêter main-forte et aider à la mise en place de barrages « citoyens » pour empêcher la direction et l'état de mettre fin à ce blocage légitime. Tout est recyclé, Kevin y tient, il veut un barrage qui soit aussi conforme aux normes du développement durable, les couches sales des bloqueurs sont ainsi utilisées pour les barricades devant l'entrée de l'école, les petits pots servent de réceptables pour les bougies. Pour Kevin, il convient de penser à sa retraite dés maintenant, il demande en sus deux tétines de plus par an, et les « Teletubbies » en boucle sur le récepteur de la salle de classe afin de se détendre et de ne pas trop être « oppressé par le savoir bourgeois distillé par le gouvernement actuel », selon Kevin, qui demande également plus de gommettes à leur ministre de tutelle.

    18les%20pleurs%20de%20bb%20dans%20sa%20langue%20maternelle%20t.jpgGrâce aux élèves du collège « Youri Gagarine » tout proche, Kevin nous explique que les enfants ne manquent pas de fraises « Tagada » ou de crocodiles « Haribo » pour tenir bon contre les « forces oppressives du gouvernement et du grand capital internationalisé » comme nous le dit Kevin qui refuse, comme les collégiens de « Youri Gagarine » la dictature du consumérisme. Sandrine M. la leadeure (leadeuse ? Ledrice ?) de la révolte étudiante à Chassepot confirme après avoir raccroché son portable dernière génération et enlevé ses écouteurs car elle nous entendait mal en se détendant en jouant à « Kill Zombies XIII » sur sa console DS. Sandrine est très décontractée et le blocage se fait dans la joie et la bonne humeur avec le concours des jeunes du quartier qui ont brûlé de manière citoyenne les poubelles du centre commercial afin d'empêcher un assaut des forces de police réactionnaires.

    Il est évident que cette grève provoque un sursaut citoyen nous dit Didier N. le chef de section de la LCR présent, mais c'est un hasard nous affirment Kevin et Sandrine, qui voit dans les réactions des jeunes bloqueurs la naissance d'un mouvement spontané et très fort qui peut amener des changements spontanés et très forts dans la société française. Il nous parle des disparités de salaires, entre une éditrice par exemple, dont le salaire peut aller jusqu'à 48000 Euros, et un facteur, qui ne touchera que 1800 Euros au mieux et après quelques années de travail.

  • Les antisémites 2.0

    Imprimer Pin it!

    J'ai proposé cet article sur Agoravox, je serais agréablement surpris qu'il y passe vu le nombre d'antisémites 2.0 qui votent ou non pour les articles...

    Il est passé et suscite les réactions attendues

    antisemitism_european.jpgIl y a quelques mois je n'aurais pas cru écrire le texte que je m'apprête à rédiger, j'aurais trouvé cela hautement bien-pensant ou politiquement correct et pourtant. Quand j'entendais parler de plaintes contre l'antisémitisme des uns ou des autres, je trouvais cela disproportionné à l'extrême. Quand même, en 2010, me disais-je, il ne peut y avoir autant de judéophobes. Parfois même sur certains sites, je me suis fait moi-même traiter d'antisémite du fait de critiques personnelles sur la politique israélienne, ce qui m'avait confirmé dans mon opinion, tout cela était bel et bien disproportionné.

    Je ne remettais d'ailleurs pourtant jamais en question l'existence d'Israèl et encore moins son droit légitime à la sécurité. Cela ne me serait même pas venu à l'idée.

    En exprimant ce genre d'opinions me disais-je on se heurtait à une sorte de refus autiste de toutes réflexions, ce que je ne comprenais ni n'acceptais.

    Et puis un jour dans un article, j'ai eu le malheur d'écrire que j'aimais Israèl, malgré tout ce que je trouvais à reprocher à ce pays, car au moins à Tel Aviv et Haïfa, voire à Newe Shalom, petit village qui montre que la cohabitation est possible, et dans quelques rues de Jérusalem, on avait sous les yeux un modèle de société réellement multiculturelle et universaliste. De plus, je reconnaissais, aggravant mon cas aux yeux des pseudo-sectateurs du sionisme que les kibbutzim, au moins au début, étaient une utopie concrète et réussie de société réellement collectiviste sans pour cela faire appel à une dictature et l'éxécution des opposants.

    Que n'avais-je dit !

    En quelques messages, j'étais devenu un suppôt du lobby juif international, un agent du sionisme, un activiste se cachant sous la défroque d'un anarchiste de droite plutôt catholique, un hasbariste (auparavant, je ne savais même pas ce que terme recouvrait, quelques exemples des accusations contre des supposés hasbaristes). Depuis, systématiquement, mes articles sont saccagés, mes commentaires raillés. Il n'y a pas de critique réelle du contenu des articles, seulement des attaques « ad hominem » par tombereaux, et des injures abjectes par douzaines. Tout ça parce que pour les antisémites 2.0 en meute (du genre à se prendre pour des pitt-bulls alors que ce ne sont que des chihuahuas tout au plus), je suis un militant sioniste.

    Certains en sont à 300 ou 400 commentaires tous plus épouvantables de malveillance les uns que les autres à mon encontre. Je me suis demandé quel était le genre de l'antisémite 2.0 : cela va du bureaucrate hargneux, planqué derrière son ordinateur, qui se venge de ses frustrations en se trouvant un bouc-émissaire commode au simplet sans vie, qui surfe 24 heures sur 24 pour déverser sa bile et sa haine, et qui lui aussi a cru trouvé un responsable à tous ses malheures, le sioniste. Depuis qu'il a entendu parler de la cause palestinienne, dont finalement il se fiche complètement (je n'ai jamais vu d'antisémite 2.0 en Terre Sainte pour aider les populations par exemple), il a trouvé un prétexte commode pour justifier ce qui reste le « bon vieil » antisémitisme.

    Sur l'échiquier politique, cela va du gauchiste bon teint, prêt à se comporter comme un vulgaire Doriot au final ou à finir dans la milice (il a souvent tout du milicien, de la violence verbale à l'attitude générale). Je connais bien, il passe deux jours en Israèl/Palestine, il a tout compris, il a la solution, il connait les coupables, à l'identitaire sans cervelle (pléonasme ?) qui prétend défendre parfois l'identité catholique, oubliant qu'un chrétien ne peut pas, par définition, et par nature, être antisémite, ce qui équivaut pour lui à blasphèmer et rejeter la moitié de sa foi. A Gaza, où nous avions emmené l'un d'eux, le brave homme se conduisait en terrain conquis, en colonie, visitant tout comme s'il était chez lui, ne respectant pas les palestiniens qui n'étaient pour lui que de pauvres bougres arriérés dont au fond il se moquait.

    Je me trompais, en fait, l'antisémitisme se répand de plus en plus, il est de plus en plus décomplexé, car les imbéciles déversant leur haine en toute impunité sur la plupart des forums, qui sont du pain béni pour les crétins obtus en tout gen, où il est impossible d'avoir, sauf de rares exceptions, une discussion raisonnable et saine par leur faute. Quand on leur met le nez dans leur discours, ceux-ci font comme tout les fanatiques et extrèmistes, ils hurlent à l'atteinte à la liberté d'expression et aux droits de l'homme, droits de l'homme qu'ils raillent sans cesse par ailleurs, étant en cela contradictoire.

    Les modérateurs des forums n'osent pas encore trop les reprendre car ce sont eux qui grossisent le nombre de visiteurs, et ils ont peur de faire baisser le taux de fréquentation. Il me semble que ce serait sûrement un risque à prendre pourtant.

    ci-dessous un exemple d'abjections que l'on trouve sur le net

    antisemitisme-etoiles-jaunes-nez-crochus-carn-L-2.jpeg

  • Le Baron noir et les manifs

    Imprimer Pin it!

    Excellente illustration sur la grève et les manifs

    baron-noir-p1822-23a9b.jpg

  • Pauline Kael déesse tutélaire du cinéma moderne

    Imprimer Pin it!

    Article sur Agoravox

    «Les critiques de Pauline Kael ont été ma seule école de cinéma.»

    Quentin Tarantino

    pauline%20kael%2001%20higher%20res.jpgVient de paraître chez « Sonatine » deux livres absolument indispensables pour tout cinéphile qui se respecte, les « chroniques américaines » et les « chroniques européennes » de Pauline Kael, célèbre critique, petit bout de femme énergique et extravertie ayant la passion du cinéma, qui encouragea dans les années soixante le développement du « Nouvel Hollywood », de Coppola à Dennis Hopper en passant par Georges Lucas, du moins au début, ou Spielberg, voire Scorcese ou encore les premiers films d'Arthur Penn. Pauline Kael est une espèce de critique quasiment disparue actuellement : elle allait voir les films, et ce pas seulement pour les cadeaux promos offerts, elle connaissait sur le bout des doigts les techniques de cadrage ou de montage, d'écriture de scénario, ce que l'on a appelé l'écriture cinématographique, et sa cinéphilie remontait jusqu'à Griffith. Elle était également extrêmement subjective, elle n'hésitait pas à dézinguer des vaches sacrées, comme Fellini ou Antonioni, surtout quand ils tournaient des navets, bon, bien sûr des navets de ces deux là valent déjà bien plus qu'un Desplechins ou je ne sais pas, un Guillaume Canet. Elle était née en 1919 et mourut en 2001 (voir ici une nécrologie). Les critiques actuels n'ont pas une seconde sa culture cinématographique. La plupart se contentent de lire le dossier de presse qu'ils recrachent vaguement, et quand ils parlent de Tony Curtis c'est surtout pour évoquer « Amicalement Vôtre » et la voix de Michel Roux, ce qu'il a fait avant reste perdu dans les limbes dont l'excellent « Étrangleur de Boston » de Richard Fleisher, bijou noir (un exemple ici de ce genre de « cinéphiles »).

    Et il lui arrivait de porter aux nues des films dits « commerciaux ».

    Elle écrivait en particulier dans « The New Yorker », journal intello et chic de New York, qui abrita également des textes de Woody Allen, pour des notables de la culture, normalement on ne s'en fait pas virer, elle si, car voulant conserver jusqu'au bout son indépendance et avoir le droit d'exercer son oeil critique sur les idoles « ayant la carte ».

    Aux yeux des critiques chics, modernes z-et engagés, Pauline Kael avait donc ce défaut majeur de s'attacher à la forme par dessus-tout, au style, plutôt qu'au fond ou pseudo-fond, que l'on peut confondre de temps à autres avec un abîme de prétention chez l'auteur qui prétend délivrer sa vision du monde et la montrer à tous les passants sans retenue ou faire son catéchisme autour de l'idéologie dont il se veut le missionnaire quitte à attraper les gogos dans le dos.

    Dans les « chroniques européennes », elle ne se contente pas de descendre systèmatiquement ou de faire de l'éreintement son fond de commerce. Si elle reconnaît les qualités des films de Godard dans les années 60, elle déteste la légèreté de ceux des années 70/80 et leur vacuité intellectuelle, Godard ne faisant ensuite selon elle que s'auto-citer. Elle développe à propos de « Masculin/Féminin » une très intéressante théorie sur ce qui fait les jeunes femmes françaises américanisées (et les jeunes hommes), fondues dans le grand tout flasque de la société du spectacle, ces petites bourgeois bien habillées, bien coiffées mais dont le regard est vide et qui ne se donne à personne, surtout pas à ceux qui les aime. Si elle aime bien « Bande à part », et « Masculin/Féminin », ou « A bout de souffle », elle déteste « Pierrot le fou », film à partir duquel elle estime que Godard s'autostatufie. Elle apprécie également « la Chinoise » et sa description des jeunes personnes favorisées aussi dogmatiques et dures que les vieilles quand elles se mêlent de politique. Ce qu'elle reproche à Godard c'est qu'il finit par se contenter d'illustrer les thèses marxisantes qu'il avance et qu'il ne se soucie plus de cinéma.

    Elle a pour Antonioni les mêmes reproches parfaitement identiques, s'il se soucie encore un peu de la forme, qui est pour elle celle des films publicitaires, il est au fond un théoricien qui cherche avant tout à imposer ses vues sans se soucier de cohérence scénaristique : j'aime beaucoup ce passage où elle décrit le héros de « Zabriskie point » tomber amoureux de la jeune fille du film, qui est dans sa voiture, en la survolant en Cessna alors qu'il ne la voit pas du tout. Elle ne respecte pas plus l'orthodoxie idéologique de Visconti qu'elle décrit comme un vieil aristo décavé, préoccupé dans « Violence et passion » de filmer surtout l'intimité de son amant de l'époque, Helmut Berger, tout comme Antonioni est fasciné dans « la Notte » par le derrière de Jeanne Moreau. Je la trouvais plus ou moins injuste sur « Blow up » mais en l'occurence à revoir ce film, son opinion négative, un « film de touriste » sur le « Swinging London » est parfaitement fondée. Elle en profiter au passage pour égratigner les décors ripolinés et parfaitement rectilignes des productions hollywoodiennes de l'époque, dont les films de David Lean.

    Elle n'est pas beaucoup plus tendre avec Fellini, dont elle préfère les films d'inspiration néo-réaliste de ses débuts à ses oeuvres plus baroques ensuite, bien qu'elle apprécie et le Satyricon, qui est pour elle une série « B » dans la lignée des « mondo trasho » de l'époque (dans les années 60/70, ces films se voulaient scandaleux, dénonçant des complots inexistants, des parties fines qui n'avaient pas lieu et diffamant des personnalités sans aucune preuve). Elle regrette que Fellini ait commencé une analyse juste en même temps que « la Dolce Vita », dont je trouvre que l'on peut sauver quand même quelques scènes, sans être aussi définitive qu'elle. Il s'avère cependant, à revoir le film, que là aussi, elle ne se trompe pas non plus. Bien sûr, Pauline Kael sera pour les imbéciles une critique réactionnaire, même si elle était de gauche, qui aura pour tort de dénoncer les impostures des créateurs en vogue. Elle ne fait que réhabiliter la subjectivité dans la critique, ce qui insufle beaucoup d'air frais.

    Pauline-Kael.gifElle a pourtant beaucoup de mal à respirer en regardant les films de Bergman qu'elle trouve compassé et enfermé dans ses tics dans les films qui sont encore cités comme des références absolues (« Persona », «  le Silence »), elle aime qu'il se laisse aller à être bucolique comme dans « les Fraises sauvages » ou livrant sa vision de la Science-Fiction avec « la Honte », réflexion sur la guerre du Vietnam. Elle voudrait simplement qu'il se fasse plaisir de temps en temps et se laisser plus aller. Elle remarque fort justement que comme tout les réalisateurs ayant un peu de succès, il finit par perdre toute mesure et s'enfermer dans sa tour d'ivoire de génie parpaillot.

    Ce n'est d'ailleurs pas l'idéologie qui la gène dans les films d'Antonioni ou Fellini, mais le manque de cinéma, car elle porte aux nues les films de Bernardo Bertolucci ce qu'à la rigueur je peux presque comprendre pour « le dernier Tango à Paris », quoique ? Mais que je trouve exagéré pour « 1900 », large fresque filmée à l'américaine mais d'un didactisme très lourd pour nous expliquer que les bourgeois sont tous de sales profiteurs prêts à s'allier avec les pires dictatures, pendant que le peuple n'est composé que de bonnes personnes généreuses, intelligentes, sensuelles et sans tâches.

    Je suis un peu plus sceptique sur les « chroniques américaines ». Si elle a contribué à dénoncer le système des grands studios, qui était effectivement inique, mais d'où émergeait de nombreuses pépites, Pauline Kael n'a pas perçu la naissance d'un nouveau système, encore pire, celui qui sévit maintenant et dans lequel le film est un élément très mineur du merchandising, et du salaire inflationniste et parfaitement amoral des acteurs connus. Après avoir tourné deux ou trois bons films personnels, la plupart des réalisateurs du « Nouvel Hollywood » sont rentrés dans le rang et sont restés au fond très consensuels. Elle a tort de dénigrer Clint Eastwood qui, comme réalisateur, possède quant à lui une vraie personnalité et a su comment faire pour utiliser le système des studios à son avantage.

    Extraits du des « chroniques américaines » :

    Clint Eastwood

    Clint Eastwood n’est pas antipathique ; ce n’est pas un acteur, aussi peut-on difficilement le trouver mauvais. Pour qu’on le considère comme tel, il faudrait d’abord qu’il fasse quelque chose. (…) Dans ses films, l’impassibilité minérale d’Eastwood rend la violence ordinaire, routinière. (…) Et pour cause : Eastwood ne sait pas plus exprimer le chagrin que la tendresse.

    14 janvier 1974

    Cinéma et Télévision

    Il serait facile de se convaincre qu’en matière de cinéma, tout espoir a disparu : le public est si corrompu par la télévision et si blasé qu’il n’aspire qu’à connaître sensations fortes et vacarme, blagues idiotes et images qui défilent sans demander le moindre effort. 23 juin 1980

    Sugarland Express (Cannes 1974 – Compétition)

    Sugarland Express ressemble à l’un de ces divertissements produits autrefois à la chaîne par les studios (il est tout aussi commercial, superficiel et impersonnel), et pourtant ce film est possédé par une telle ardeur, un tel talent et traversé par tant de fulgurances qu’il parvient à transcender ses maigres ingrédients de base. Son réalisateur, Steven Spielberg, est âgé de vingt-six ans. J’ignore s’il a une tête bien faite, ou même une forte personnalité, mais en vérité, nombre de bons réalisateurs ont réussi sans être profonds. (…) Il semble être cet oiseau rare : un roi du divertissement né, peut-être le Howard Hawks de la nouvelle génération. En termes de plaisir procuré aux spectateurs grâce à la maîtrise technique, ce film est l’un des premiers films les plus prodigieux de toute l’histoire du cinéma. S’il existe un sens du cinéma, et je le crois (je connais des maraîchers et des chauffeurs de taxi qui l’ont, et des critiques de cinéma qui en sont dépourvus), Spielberg en est largement doté. (…) En chorégraphe virtuose, Spielberg crée des ballets de véhicules : il les dispose à sa guise, les fait danser, se rentrer dedans et se remettre aussi vite en route. (...) Ces séquences semblent faciles, aucun effort ne transparaît ; on dirait que les voitures, hypnotisées, s’adonnent toutes seules à ce ballet insensé. (…) Grâce à la photographie de Vilmos Zsigmond, les voitures chatoient dans la fournaise ; dans le noir, les lumières rouges des véhicules de police ressemblent à des fleurs étranges qui éclosent la nuit. Les voitures ont des prises de bec, se querellent et s’égarent.

  • Conseils à la jeunesse dans la rue

    Imprimer Pin it!

    On pourra constater sur Agoravox de visu à ce lien le niveau ras les pâquerettes de certains manifestants

    Ami jeune, je vais faire comme tout le monde du haut de mes quarante ans et des brouettes, je vais faire comme si mon expérience, ce que tout le monde appelle ainsi alors qu'en fait tout le monde parle de ses erreurs, m'en donnait le droit.

    Chaque personne développe son expérience, chaque expérience est unique.

    djeunes-copie-1.jpgJe ne crois de toutes façons en aucune idéologie globalisante, aucune utopie, pour sauver les gens parfois malgré eux et surtout contre leur gré, je ne vois pas trop pourquoi on devrait faire mon bonheur ou celui de mes contemporains sans me demander mon avis ou demander l'avis de mes semblables. Je ne crois donc ni aux vertus du marxisme, encore moins à celle du libéralisme. Les auteurs de polar ont déjà largement montré en en décrivant les marges que ce système s'est bâti sur le vice, la corruption, l'avidité, l'envie. Je déteste la phrase de Thatcher qui proclame qu'« il n'y a plus de société mais seulement des individus », le même crédo de beaucoup de tes camarades pseudo-rebelles ami jeune, qui ne veulent surtout pas penser par eux-même, se prétendant quand même en révolte alors que finalement il n'y a pas plus conformiste. Il y a un gros livre qui te plairait sur le sujet, d'un écrivain « rock and roll », Greil Marcus : « Lipstick Traces ».

    Les utopies, on le voit en observant l'histoire, de celle de Jean de Leyde, en passant par les cathares, jusqu'à la Commune, se terminent toutes sur la barbarie, des massacres, le règne du plus fort et la dictature d'un tyran. C'est pour cela que la démocratie qui est à la fois le pire et le moins mauvais des systèmes existe.

    C'est pour cela qu'à dix-huit ans, tu deviens un citoyen, normalement, en théorie, un citoyen qui connait ses droits et ses devoirs envers toute la communauté sociale, sans avoir le droit de dire n'importe quoi, ou d'insulter, ou de diffamer les autres en toute impunité comme beaucoup de tes congénères ou pas semblent le croire en ce moment. Tu me diras, des hyper-diplômés ne savent pas eux-mêmes comment on élit les députés.

    Il n'y a d'ailleurs pas de citoyenneté Internet, qui est une version 2.0 de la bonne vieille délation ou de l'injure en troupeau pour beaucoup. Devenir citoyen, ça te prépare à respecter les votes des autres citoyens, à accepter ta défaite quand le parti, l'homme ou la femme que tu soutenais perd les élections. Il y a des adultes qui ne l'entendent pas de cette oreille, pour eux, quand ils perdent une élection, c'est pas grave, c'est simple : ils ne sont tout simplement pas d'accord. De toutes façons, ceux qui ne sont pas d'accord avec eux sont des cons, des réacs, des fachos. Eux sont sûrs et certains de représenter le progrès en marche. Comme ils sont un peu trouillards, cependant, et pingres, ils ne veulent pas risquer leur boulot ou une journée de salaire dans la rue, souvent ils voudraient bien t'envoyer à leur place, un peu comme à la guerre où les adultes envoient toujours les gosses se faire tuer, enfin pas leurs gosses, ceux des autres.

    Et puis leurs gosses sont le plus souvent en prépas, ils n'ont pas le loisir de défiler.

    A ce propos, ami jeune, tu restes persuadé un peu trop souvent que quand tu manques les cours aussi longtemps, tout le monde en tiendra compte à l'examen, mais là je crois que tu rêves tout éveillé. Ils seront aussi sévères que si tu avais eu tous les cours, ce qui compte pour eux, c'est que LEURS gosses réussisent. Toi, ils n'en ont rien à faire. . Ils veulent simplement que tu prennes les coups à leur place pour défendre une aussi bonne cause égalitaire que les 28 régimes spéciaux de retraite actuels, dont celui des parlementaires (comme monsieur Claude Bartolone qui se félicitait hier que tu défiles, c'est normal gràce à toi il va pouvoir continuer à toucher 2000 euros de retraite minimum par mois pour 5 ans de cotisations comme parlementaire).

    Enfin, ami jeune, il faudrait réfléchir à une autre petite chose. Quand tu défiles dans la rue, quand tu participes à ces mouvements qui bloquent les pays, ce sont toujours les petits contrats, les stagiaires, les intérimaires, donc des salariés à peine plus âgés que toi qui vont en baver quand ils ne se font pas virer parce que le patron prend le mouvement social comme prétexte pour économiser un salaire. Il y a aussi tout ses métiers largement tributaires des livraisons, des transports, certains n'auront plus qu'à mettre la clef sous la porte. Mais cela, vois tu, les adultes qui te poussent à défiler n'en ont là non plus rien à faire, ce qui compte pour eux c'est eux.

    Pas toi.

  • La grève, la pompe à essence et les rhinocéros

    Imprimer Pin it!

    2513198179_0685e74f7d.jpgQuand ça va mal, l'homme moderne, ou la femme, va à la pompe remplir son réservoir à ras-bord et plusieurs jerrycans car on ne sait jamais. Il/elle fait la queue des heures avec d'autres clampins dans son genre, se laissant mener par le bout du nez par ce qu'il voit à la télé. Quand il/elle a tout rempli, il est content. Cela ne lui viendrait pas à l'idée de covoiturer pour partager les frais d'essence, il/elle prendrait alors le risque de faire connaissance avec ceux qui prennent la route chaque jour et d'avoir un contact humain. Il préfère rester tout seul dans son objet phallique sur 4 roues, le garder rien que pour lui, ruminer son égoïsme et son manque total de conscience sociale.

    Quand on l'interroge là-dessus, il/elle est d'accord avec la grève, il/elle trouve ça très bien, il/elle dit qu'il est solidaire (donc des personnes qui manifestent pour défendre en particulier 28 régimes spéciaux parfaitement inégalitaires). Il/elle aime bien être dans le vent et la même direction que le troupeau. L'instinct grégaire c'est tellement grisant !

    Il/elle ne réfléchit pas beaucoup. On sait où mène un système où la rue est reine, et la démocratie un vieux souvenir. Car cet imbécile chipote aussi sur ses droits et devoirs. Il/elle fait sa sucrée.

    Et parce qu'il/elle se sent coupable, en fait. En 2007, au lieu de voter au premier tour, ou de voter pour éviter une catastrophe, il/elle a préféré s'abstenir, chipoter et faire ce qu'il voulait parce qu'il se considère comme le nombril du monde. Et bien sûr cela a permis à un opportuniste de ramasser le pouvoir qui était à terre, c'est souvent arrivé en France, de Boulanger à De Gaulle. Quand on lui dit que la République est en danger, quand on lui serine des sottises et qu'il fait élire à 80% une vieille fripouille après avoir défilé pour la liberté entre deux rangées de flics, il accepte docilement tous les mots d'ordre.

    Ce qui ne semblait pas les gêner car il adore se noyer dans la foule, se perdre dans l'anonymat, le grand tout confortable et moelleux du confort intellectuel de penser à plusieurs, de se laisser faire par la rhinocérite :

    La rhinocérite, rappelons le, est l'affection qui touche tout les personnages de la pièce de Ionesco en animaux violents et grégaires, « Rhinocéros », sauf Bérenger, l'inadapté, l'innocent, le héros de la pièce, et du film avec Gene Wilder et Zéro Mostel en 1972. La plupart des êtres humains de l'histoire sont les victimes consentantes de cette épidémie.

    On nous explique doctement que cette pièce est une métaphore des totalitarismes du XXème siècle. Mais elle n'est pas que ça, c'est le reflet de toutes les aliénations de masse auxquelles l'homme se soumet avec enthousiasme en général : les idéologies flattant les bas instincts, le voyeurisme et la perte de la personnalité érigée en dogme, l'intolérance, le cynisme en mode de vie, le rejet des différences, l'indifférence, l'argent roi, l'hypocrisie morale. Tout cela paraîtra bien naïf mais Béranger est justement sauvé à cause de cette capacité à éprouver des sentiments.

    Bérenger n'est pas un héros, il est balloté par les évènements et subit les foudres de ceux qui se donnent une autorité parfaitement illégitime, du fait d'un hochet social, d'un titre, d'un revenu, de leur illusion de possèder une parcelle du pouvoir, s'il ose protester un peu contre le modelage de la pensée qu'on veut lui imposer au début. Bérenger est sauf car il se connaît et ne se berce pas d'illusions concernant sa personnalité, n'a pas besoin de jouer un rôle.

    Il connaît ses faiblesse et sa faillibilité.

    Moi, plutôt que d'aller à la pompe, je préfère relire ou revoir « Rhinocéros »...

    Cet article met la meute des trolls en fureur sur Agoravox

  • Les naïfs sur la grève

    Imprimer Pin it!

    D'actualité sur Agoravox

    "Eh ben moi ce qui me les casse (note de l'auteur : moi aussi), c'est les faux affranchis, les pétroleurs syndiquès et les anars inscrit à la Sécurité Sociale! ça fait la Chine, ça prend la Bastille et ça se prostitue dans des boulots d'esclave! Ah ils sont beaux les réformateurs du monde".

    18838136.jpgGabin avec les dialogues de Michel Audiard à la bouche dans « Archimède le clochard ».

    Il faudrait quand même mettre au point quelques petites choses quand on parle de la grève reconductible à partir d'aujourd'hui, des retraites et des jeunes qui vont défiler (on les comprend, le rebelle qui sèche les cours peut se faire plus de filles que les autres). Parmi ceux qui défilent, en particulier dans la fonction publique, il y en a déjà une bonne majorité qui en sont à cotiser dans les fonds en pension, donc à laisser leur argent en bourse et se constituer un bon petit magot en actions et obligations. On les comprend, il faudrait être idiot pour ne pas essayer de s'assurer un avenir pas trop inconfortable quand on peut le faire. C'est totalement légitime. Par contre, se dire solidaires ensuite alors que l'on est déjà passé au système par capitalisation, c'est quand même très hypocrite.

    Ce n'est pas ça qui énerve, ce qui énerve c'est quand les mêmes demandent à ce que l'on taxe les bourses, où ils collent leur argent, en sachant très bien que par les mouvements de capitaux mondialisés et les comptes « offshore » le capital fichera le camp ailleurs dés qu'un pays cherchera à le taxer. Je m'étonne que très peu parmi eux évoque par contre les sommes faramineuses dépensées par les états pour « sauver » les banques qui se sont hâtées ensuite de le dépenser en dividendes ou en primes pour les traders pour leur travail un peu trop chèrement payé. Comme des convertis de fraîche date à une religion très dogmatique, certains voudront prouver mordicus que si, si, ma bonne dame, mon bon meussieur, c'est possible de taxer les mouvements de la bourse (voir fig 1 de gauche à droite et fig 2 de droite à gauche) à condition de bloquer les capitaux dans le pays.

    Oui, effectivement bon sang mais c'est bien sûr.

    « 'Suffit de les bloquer... »

    Dans l'histoire, les traders sont également des pions, comme Kerviel, des pions à qui on donne une bonne part du gâteau pour qu'ils la ferment, au moins un temps. Ensuite, s'il leur prend de dire la vérité, on les étouffe, on les tue moralement et socialement, comme Kerviel.

    Mais bon, (ou plutôt « mébon ») moi je critique, je critique mais enfin, s’il n’est pas parfait, le système par répartition français tout comme la sécu tout comme l’Éducation Nationale sont encore des système équitables donc appréciables.

    Les gouvernement ont versé des milliards aux banques, il y a les sous, de là à croire qu’ils le feront, faut être con comme un rédacteur d’intentions du prière du dimanche pour penser qu’ils seront un jour inspirés par l’Esprit Saint (qui semblent ignorer qu'avant toutes choses il faudrait peut-être qu'ils se mettent sérieusement à l'Évangile les politiques).

    La seule solution, c’est la remise à plat du système dans sa globalité, de ce système inique qui favorise l’égoïsme, les frilosités, les corporatismes en tout genre et aussi la sottise. Si j'ai horreur du libéral qui fait la leçon en balançant sa vulgate néo-libérale, j'ai tout autant beaucoup de détestation du type de la SNCF qui ose justifier comme indispensable la prime contre la silicose de quelques cheminots encore.

    1286380066.jpgD'autre part, on nous parle des jeunes qui se réveilleraient politiquement parce qu'ils manifestent bien sûr du côté où il faut, il faudrait peut-être se demander pourquoi ils manifestent. Ils ne manifestent pas pour le système par répartion, encore moins pour l'équité sociale, ils manifestent pour consommer autant que les parents, du moins les quelques égarés parmi eux qui ont une conscience politique, les autres c'est aussi parce que le statut de rebelle c'est mieux pour draguer les filles et puis c'est toujours du temps que les profs n'auront pas. En plus on pourra balancer deux ou trois charges de CRS, plus acerbes qu'avec les dockers, sur « Youtube » et se faire peur avant de rejoindre tout doucement le troupeau . De ces clichés sur les jeunes, Desproges en parlait déjà il y a vingt-deux ans :

    le-lycee-queneau-en-greve-jeudi-aussi-335173.jpg«Qu'est-ce que vous avez fait pour les jeunes?» Depuis trente ans, la jeunesse, c'est-à-dire la frange la plus totalement parasitaire de la population, bénéficie sous nos climats d'une dévotion frileuse qui confine à la bigoterie. Malheur à celui qui n'a rien fait pour les jeunes, c'est le péché suprême, et la marque satanique de la pédophobie est sur lui. Au fil des décennies, le mot «jeunes» s'est imposé comme le sésame qui ouvre les voies de la bonne conscience universelle. » (la suite du texte est par ici)

    Des jeunes engagés dans le syndicalisme étudiant peuvent faire peur, on en a vu de ces militants, de l'UMP au PS en passant par les jeunes cathos ou les jeunes raèliens, qui ont des manières, à leur décharge, très extraverties : « carré » pour les filles, jupe sage (parfois il est de bon ton de coller un tromblon aux responsabilités, ça lui permet de sublimer), lunettes, garçons grands, sérieux, en djinn, chaussures « bâteau » et poulovère en « v ». La plupart ressemblent toujours à des missionnaires délivrant la bonne parole et tellement sûrs d'avoir raison.

    Et puis je déteste les jeunes beaucoup trop sérieux à dix-sept ans. Ils ne comprendront que ce qui importe véritablement dans leur vie c'est ce qu'ils trouvent futiles.

  • Les cons ça ose tout...

    Imprimer Pin it!

    Spéciale dédicace à tous les tarés, trolls et fanatiques divers que j'ai pu croiser sur divers forums. J'ai été succesivement sioniste, puis pro-Hamas, et ainsi de suite, et j'en passe et des meilleurs : du geek qui vocifère car on remet en cause ses hallucinations au vrai fanatique qui n'admet pas que l'on puisse vouloir nuancer certaines questions.  Cela va de l'attaque "ad hominem" aux injures les plus débiles. On a quand même l'impression que l'arbitraire progresse dans les consciences parfois, il y a donc encore du boulot !

    Sur Internet, planqué derrière son anonymat, l'imbécile se sent pousser des ailes et l'ignare se décomplexe.

  • L'arnaque à la nostalgie sur Internet

    Imprimer Pin it!

    provoque quelques grincements de dents de nostalgiques sur Agoravox

    Depuis quelques années sur Internet fleurissent les sites cyniques qui surfent sur la nostalgie lointaine de l'enfance, summerstock3.jpgperçue alors comme idéalisée et rose, ou de l'adolescence, vue par les trentenaires et les quadragénaires aussi niaiseusement que comme dans « la Boum » ("drimes are maille réality, zi onely singue aille ouante ize tou bi loveu baille iouuu !..") avec Sophie Marceau, ou « LOL » avec la même (décidément) mais cette fois c'est elle qui joue la maman célibattante divorcée hyper-active et épanouie dans sa maternité de femme moderne qui assure.

    Les parents sont super à la coule, des parents de rêve pour l'ado irresponsable que l'adulescent reste très longtemps, la grand-mère est idéale, le petit copain est drôlement gentil. On veut se rappeler sa propre enfance et sa propre adolescence sous ce prisme déformant et rosâtre alors ni l'enfance ni l'adolescence ne sont pas des périodes si heureuses. Les enfants peuvent être très cruels, et déjà avoir exactement les mêmes préjugés stupides de leurs parents, et persécuter un des leurs juste parce que sa tête ne leur revient pas.

    Les adolescents sont pour la plupart encore plus normatifs et ne supportent pas ceux qui sortent de la logique de groupe, ou de tribu. Grandir et mûrir c'est surmonter tout cela et devenir enfin soi-même sans plus se soucier de l'opinion des autres, de leurs préjugés, avancer, aller de l'avant toutes voiles dehors. Me voilà bien romantique dira-t-on, mais la maturité a ceci de bien qu'elle permet de vivre plus sereinement. Dans notre société, elle est le mal absolu, il faut rester « jeune » jusqu'à son grand âge, avoir l'air d'être aussi frais et dispo qu'à vingt ans à quarante, cinquante, soixante. Là-dessus, la médecine fait des miracles, on le voit par exemple en regardant des photographies d'épouses de présidents ou d'actrices, qui ont toutes le nez fin et pointu à la « Michael Jackson ».

    Certes, ces sites permettent parfois de renouer le dialogue avec des amis un peu perdus de vue mais l'amitié que l'on avait pour eux avait commencé bien avant la démocratisation d'Internet et elle continuerait après sans passer par ce médium. Il y a aussi les amis du tout premier cercle, que l'on appelle une fois toutes les 36 du mois dont on sait qu'ils seront toujours là quel que soit ce que l'on aura à partager avec eux, les joies, les peines, les souffrances.

    On aimerait bien, c'est même la grande mode, renouer avec les amours perdues, retrouver celle que l'on aimait de loin, c'est là le plus grand leurre, c'est laboum.jpgtrès à la mode. Certains se retrouvent puis le quotidien faisant son oeuvre, on finit quand même par se perdre de nouveau. Cela fait des histoires à l'eau de rose pour les journaux qui en font leurs choux gras dégoulinants de guimauve. C'est dangereux aussi car on peut être déçu, l'amour de jeunesse, élancée et svelte, ressembler à une matrone aux bras gros comme ses cuisses, la femme de sa vie quand on avait vingt ans, peut également devenir une ménagère désespérée ou une « executive woman » seule et névrosée, anorexique par instinct grégaire et emmerdeuse par esprit de contradiction poussé à l'extrême.

    Une chose que n'avoue jamais la plupart des personnes qui s'inscrivent à ce genre de sites, c'est que si elles font ça et idéalisent leur jeunesse c'est d'abord et avant tout parce qu'elles se sentent frustrées de leur présent, lésées de tout ce qu'elles pensaient légitimes d'avoir et qu'elles n'ont pas reçues, et dans le passé l'herbe sera toujours plus verte que dans un présent décevant. Bien sûr, il y a tout simplement comme je l'ai déjà dit plus haut celles qui veulent retrouver des amis égarés en chemin. Mais c'est plus rare.

    Ce que l'on constate aussi, c'est que leur présent est drôlement bien, ils ont dans leur grande majorité tous réussis, voire ce qu'ils vivent maintenant dépassent leurs espérances les plus folles de jeunesse à les lire. Ils sont comblés par leurs gosses et n'ont aucun problème de couple. Le quotidien a l'air, à les lire, d'un chemin semé de pétales de roses. Je ne sais pas, peut-être est-ce vrai pour l'un ou l'autre, l'une ou l'autre ? Mais pour les autres, on est moins sûr. Sur le profil on met une photo flatteuse, ou de soi plus jeune (vous me direz, je ne vois pas quel masochisme devrait pousser les gens à montrer d'eux une photo moches, bouffis, ou trop maigres, mal fagottés, pas réveillés). On me rétorquera « tu quoque », certes, oui, ce n'est que depuis quelques semaines que je ressemble pour de bon à la photo que l'on peut trouver sur mon blog, le charmant séducteur que j'étais dans toute la splendeur de ma prime jeunesse, quand toutes les filles étaient à mes pieds (Comment ? J'exagère ?).

    Tout ce que vende ces sites n'est pas de la vraie nostalgie, la tristesse devant un monde, un univers disparu à jamais, celui de l'enfance, quand on croyait que les voitures voleraient en 2000 et que nous irions sur Mars comme à Paimpol ou « Berck Plage ». C'est un peu dommage que les enfants soient devenus tellement prosaïques, de vrais petits consommateurs en puissance eux aussi, tout un marché à exploiter plus tard par les marchands de sentimentalisme.

  • Blake Edwards – « slowburn life »

    Imprimer Pin it!

    Je cherchais un texte à écrire, j'avais beau regarder dans l'actualité, rien ne me semblait vraiment intéressant, toujours les mêmes cloportes qui vont finir par se choisir un roi ou une reine pour de très mauvais motifs, de cloportes, et ne pas en démordre quitte à se faire écraser sous le talon du premier opportuniste qui passe.

    013106-XXYRF.JPGPar contre, je n'arrête pas de penser aux films de Blake Edwards, les quelques métrages sérieux et dramatiques, et les comédies faussement légères, comme « Breakfast at Tiffany's » (dans la vie les amours perdues se tirent parfois à Buenos Aires comme Holly à la fin du roman, dans le film ça finit bien, mais aussi à Berlin mais ça ne change pas grand chose à l'histoire) avec les gags en « slowburn » étirés sur dix minutes ou plus. Soit un gag comme un incendie qui met du à prendre mais finit par tout emporter sur son passage. Comme dans les films de Franck Tashlin avec Jerry Lewis, qui invente le concept. Blake Edwards s'est longtemps caché derrière de grandes lunettes noires couvrantes, sur les photos il est souvent presque ricanant, ou stoïque, surtout avec Peter Sellers, son pire ennemi, son meilleur atout, sa Nemesis et son porte-bonheur et un emmerdeur de première.

    Je vais commettre un crime de lèse-Télérama et lèse-Figaro aussi (depuis que Carla Bruni fait de la figuration chez Woody, il a la carte à droite) mais les comédies actuelles de Woody Allen, réputées pour leur élégance, n'arrivent pas une seconde à la cheville de celles de Blake, même « le jour du vin et des roses », qui arrive à concilier classe internationale et dérision comme dans « la Grande course autour du monde » avec Tony Curtis, Ross Martin et Peter Falk.

    h-20-1944173-1266328569.jpgOn enlèvera du lot « Darling Lily », une resucée de l'histoire de Mata Hari, tourné pendant une embellie avec Sellers, pour lui faire plaisir, et qui n'est pas terrible. Pour Peter Sellers, Blake Edwards était une figure paternelle consistante, lui qui avait eu pour père sa maman irlandaise et autoritaire, ça le rassurait et l'agaçait en même temps. A la mort de Peter Sellers qui venait juste de tourner avec Hal Hasby un film qui ressemble à du Blake Edwards dépressif, mais tout aussi caustique, comme « S.O.B » ou « Son of a Bitch », une expression américaine typique désignant la mère d'un homme sur la moralité de laquelle on émet quelques doutes, Blake Edwards se venge de Sellers et de tous les emmerdements subis à cause de lui en tournant un dernier « Panthère Rose » pour la route en montant des rushes inutilisés de tous les autres films.

    L'inspecteur Clouseau, une sorte d'imbécile ultime, et français, est leur plus belle création à tous les deux, un crétin tellement candide et naïf qu'il en deviendrait émouvant comme un gosse qui veut se faire passer pour un homme, un vrai, un dur. Il recherche sans cesse la reconnaissance de son chef, le « Tchief inspecteur Dreyfus », doté d'un adjoint flegmatique qui ne s'étonne de rien, François (ou plutôt « Franssouâ »). Clouseau, grâce à qui même un nul en anglais peut regarder le film sans crainte car il comprendra tout en VO. L'accent de Clouseau décomplexe ceux qui ont un accent franchouillard quand ils parlent une langue étrangère. Il est une combinaison de Laurel et Hardy dans son comportement, infantile et régressif autant que maladroit comme le premier, il est vaniteux et sûr de lui voire donneur de leçons comme le second. Je retiens surtout le deuxième "Pink Panther", de loin le plus drôle.

    Blake Edwards est né William Blake Edwards le 16 Février 1922 à Tulsa en Oklahoma en plein milieu du Midwest américain, c'est donc un « redneck » qui est devenu l'auteur des comédies les plus intelligentes Hollywood. Il devient californien en partant à Los Angeles dès l'âge de 3 ans. Son grand-père et son père travaillent tous deux dans ce qui est déjà l'industrie cinématographique. Cela lui permettra de s'intégrer au personnel des studios dès 1942 comme coursier, grouillot puis ensuite figurant. Il jouera des petits rôles dans des films de John Ford ou William Wyler, et apprend le métier en les observant. Jusqu'à ce qu'il rencontre Richard Quine. En son contact, il s'apercevra qu'il n'est pas fait pour être acteur et devient alors scénariste notamment pour Quine, son ami. Ainsi ,il travaillera pour la radio et la télévision dont "Peter Gunn" dont le générique par Henry Mancini reste encore célèbre.

    Dick Powell qui interprète le personnage principal de ce qui est d'abord un feuilleton radiophonique créé par Blake ( sous le pseudo de Richard Diamond) lui permet de se lancer dans la mise en scène en poussant les producteurs à transformer « Peter Gunn » en série télévisée.

    aff_party.jpgEt au bout de trois films seulement après le succès de la série, il se fera un nom grâce aussi à Tony Curtis excellent interprète mais qui n'aura pas avec lui la même synergie que Sellers. Blake Ewards après un premier mariage et deux enfants a fait la connaissance de Julie Andrews qu'il a alors dirigée plusieurs fois avant de l'épouser à son tour. Il casse l'image de sa femme, qui a joué dans « Mary Poppins » et aussi dans « la Mélodie du Bonheur », dans « S.O.B » où elle incarne une actrice aux mœurs légères, dans un film qui raille les mœurs hollywoodiennes. Et surtout dans « Victor,Victoria » qui est basé sur le thème du mensonge et du travestissement nécessaire pour réussir dans une société pourrie par le fric et les faux-semblants ainsi que dans "Certains l'aiment chaud". 

    Hélas, dans les années 80, 90, Blake Edwards perd la main quant à la réalisation et les films de cette dernière période sont assez oubliables...

    Ci-dessous la bande-annonce de "Victor, Victoria"


    Victor Victoria - Trailer
    envoyé par enricogay. - Les dernières bandes annonces en ligne.

  • « Des hommes et des dieux » - Xavier Beauvois

    Imprimer Pin it!

    « Les hommes ont mépris pour la religion. Ils en ont haine et peur qu'elle soit vraie. »

    «  Le plus grand mal que commet l'homme est toujours au nom de la religion »

    Dans « Pensées sur la religion » de Blaise Pascal

    également sur Agoravox

    des-hommes-et-des-dieux_article.jpgLa première phrase correspond parfaitement à l'attitude des moines, qui à un rapport de forces entre les hommes, préfèrent l'altérité et l'amour, et le vivent. La deuxième, que cite Frère Luc dans le film, le personnage de Michael Lonsdale, correspond totalement à celle de ceux qu'à la suite de la vision du film on a du mal à qualifier de salopards car finalement ils n'ont pas conscience de ce qu'ils font vraiment : leurs assassins. Ce film est d'ailleurs remarquable dans sa description de l'Islam, et du fanatisme, qui est bien le fait d'une minorité qui terrorise le reste de la population. Si les islamophobes acharnés n'y trouveront certainement pas leur compte, ce qui est tant mieux, les angélistes non plus. Il montre qu'être dans une perspective de choc des civilisations n'apportera que ce que l'on peut en attendre, le sang et les larmes ; il montre aussi que perdre son identité en cherchant le plus petit dénominateur commun, en permettant n'importe quelle coutume d'un autre âge mènera au même résultat. La deuxième citation de Pascal a été évidemment vraie pour tous les chrétiens qui ont pris leur foi comme prétexte qui pour justifier un massacre, qui pour asseoir un pouvoir ou un statut social.

    Xavier Beauvois montre aussi seulement des hommes, de pauvres hommes égarés, comme l'est finalement chaque être humain, capables néanmoins de tant d'amour pour leur prochain qu'ils sont prêts à donner leur vie. Il montre aussi tout l'accueil, toute l'humanité, il ne s'agit pas du sentimentalisme mièvre à la page en ce moment, que l'on trouve dans les pays musulmans, même dans les régions de grande pauvreté. On s'y sent redevenir humain, conscient de son humanité malgré la violence, malgré la haine. On appréciera beaucoup ce plan où il montre une jeune fille voilée comme une Vierge de Piéta, sans mièvrerie ni sentimentalisme. On appréciera également le passage du dialogue qui me semble très vrai et qui l'est quand l'imam du village se lamente sur la bêtise des jeunes filles qui réclament à mettre le hidjab en France et sur les fanatiques se déchainant dans son pays ou dans toute la terre d'Islam.

    Et si les paysages du Maroc où a été tourné le film ne ressemblent pas tellement aux paysages d'Israèl et de Palestine, un peu à la Galilée, j'y ai retrouvé un peu de l'âme de ces peuples qui me manque cruellement, depuis que je suis revenu de Jérusalem, sous nos cieux égoïstes, narcissiques et individualistes uniquement fascinés pour une grande majorité des gens par l'argent et la réussite sociale. Pour évoquer d'ailleurs cette question, les moines du film sont des ratés aux yeux du monde, ils sont en situation de total échec, ayant tout laissé derrière eux. Les moines sont des ratés aux yeux de ces croyants qui cloisonnent, pour qui la foi c'est à l'intérieur de l'Église tout comme la radicalité évangélique mais pas dehors.

    Et surtout pas en eux-mêmes. Ce n'est pas si grave on le voit de passer pour des ratés aux yeux de ces personnes, de ces bons apôtres.

    Je suis toujours étonné que finalement les plus grands films parlant de la foi et de vie de l'esprit sont ceux qui sont réalisés par des athées. Ce doit être ça l'humour de Dieu, qui « écrit droit avec des lignes courbes ». A moins que cela ne vérifie que finalement l'Esprit souffle vraiment où il veut. Ainsi ce film, extraordinaire d'un bout à l'autre, et « l'Évangile selon Saint Mathieu » de Pasolini, meilleur que la plupart des conneries sulpiciennes sorties ensuite. Excepté « la Passion » de Mel Gibson qui était un bon film, certes surtout un chemin de croix, mais beaucoup moins fin, beaucoup moins intelligent, quant à l'expression de la spiritualité chrétienne. On en ressort bouleversé, dans le bon sens du terme, en se disant qu'il n'y a rien de réel dans ce monde hormis tout ce qui rattache à l'amour, y compris l'amour de soi, et à la vie. Xavier Beauvois cite même Dreyer, et « la passion de Jeanne d'Arc », près de la toute fin du film quand il montre en gros plan le visage de chaque moine. Et il le fait avec élégance, sans la moindre ostentation snobinarde.

    Et je suis tellement content de voir frère Luc lire Montesquieu dans sa cellule et contempler un tableau du Caravage, autre athée, capable de tous les excès, et capable aussi de comprendre la mystique de l'Évangile mieux que bien des peintres religieux et pompiers. On est loin de toutes ces belles âmes exaltées que l'on trouve un peu partout en ce moment parmi les croyants, et au sein desquelles grandit un peu plus chaque jour un anti-intellectualisme d'une sottise sans pareille. A dire le visage illuminé, « l'Évangile me suffit », et à n'en faire qu'une lecture au premier niveau sans essayer d'aller plus loin dans la compréhension de l'Écriture, car au bout du compte leur foi est fragile. Ce que dit cette scène est simple, la littérature, au pire de l'existence, pendant que l'on porte sa croix intérieure, peut être un enjeu existentiel afin de se rappeler de la beauté de la Vie. Que la Vie ce ne sont seulement pas les petits oiseaux, les fleurs des près, un bout de verdure, c'est aussi la vie intérieure, celle que la littérature engendre.

    Le frère prieur de la communauté, frère Christian, le rappelle à un moment du film, le plus important, la base dans la foi chrétienne c'est l'Incarnation, Dieu fait homme, Jésus vrai Dieu et vrai Homme, et tout ce que cela implique.

    Moines-deTibehirine.gifCes moines sont des hommes, qui ont la peur au ventre, qui s'engueulent vertement, qui se sentent lâches, comme le frère nouvellement arrivé qui à la fin dit : « moi je suis nouveau ici » à ses ravisseurs. Ils aiment la terre qui les entourent de manière charnelle, ils ne peuvent s'empêcher de la contempler, de l'étreindre même, comme le frère Christophe, joué par Olivier Rabourdin, dans une absolue détresse un moment lui aussi, qui crie sa douleur et se retrouve dans le désert spirituel de ce qui est pour lui, un temps, l'abandon et le silence de Dieu à qui il crie toute sa douleur. Ce ne sont pas des purs esprits qui oublient qu'ils ont un corps, une famille, des amis, un passé. Ils ont été plombier, professeur ou cultivateur puis comme l'explique le frère Luc, ils ont fini par tout donner. Ce ne sont pas non plus des sortes de super militants associatifs qui oublient leurs vocations et font de leur foi une idéologie. Le frère Luc soigne les malades car il doit le faire, et car il sait le faire et qu'il offre le tout, le frère Christophe cultive la terre pour les mêmes raisons, et ainsi pour tous les membres de la communauté. J'aime infiniment la scène où ils partagent du bon vin qui symbolise ce qu'est l'Incarnation, l'amour de l'autre. C'est cela, c'est une table de gens qui s'aiment, qui partagent un peu de la beauté du monde ensemble gràce au vin, et gràce à la musique.

    Xavier Beauvois est un excellent réalisateur de films noirs, ce genre encore méprisé par les gens de goût (c'est eux qui le disent) et les critiques bien intentionnés, ce n'est donc pas un hasard si ce film est si réussi. Car ce qu'on appelle le genre, les films noirs entre autres, permet de mieux comprendre l'âme humaine, sans la juger, d'être lucide, et donc d'approcher au plus près le mystère de celles des moines assassinés de moines de Tibhirine tués peut-être par l'armée algérienne et non par les fanatiques du F.I.S.

  • Jésus en super-militant associatif

    Imprimer Pin it!

    Deux citations du père Le Guillou en préambule

    « Il faut le monde, mais l’amour ne se dévoile qu’avec les yeux du cœur. Comme c’est drôle ! Je comprend cette formule : le visage révèle le cœur, et dans l’amour les yeux contemplent le visage pour rencontrer le cœur ».

    « Il n'y a qu'une réalité : Dieu est charité »

    De temps en temps, je lis « Valeurs Actuelles », enfin surtout la chronique de Basile de Koch et l'actualité littéraire. Dans le dernier numéro, Basile parle de l'émission où Ruquier a reçu « la momie de Monseigneur Gaillot » et a une très bonne formule concernant la perception du Christ par les catholiques de progrès actuels, il le voit comme un super-militant associatif et se voient eux-mêmes comme autant de petits Jésus et messies miniatures (très petits). C'est une formule très caustique mais surtout très juste; Aujourd'hui la foi ne doit pas engager beaucoup, ne concerne pas toute la vie. Simplement, pour se donner bonne conscience on participe à telle ou telle action, de telle ou telle association que l'on choisit surtout selon le copinage. Et puis croire que l'on aide vraiment concrètement les chtits n'enfants noirs, les chtits n'enfants n'asiatiques ou les chtits n'haïtiens, mais seulement quand il y a un cataclysme dont on cause dans le poste, en faisant partie de ces associations, ça permet de se donner bonne conscience et de ne pas remettre en cause l'essentiel, à savoir que la plupart des associations se contentent de gérer l'urgence et de rien d'autres.

    jsushippy1.jpgC'est très bien exprimé dans cette prière à Saint Antoine en particulier dans ces phrases : « oublie l’éphémère. Tout est néant » qui montre que ce n'est pas l'air du temps qui doit inciter à aller vers l'autre, ni les lubies de l'époque, vaguement humanitaristes, mais tout un mouvement de l'être.

    Jésus n'est plus l'Innocent, l'Idiot de Dostoïevski, ce n'est plus l'« Ecce Homo » des peintures religieuses du Moyen Age, ce n'est même pas le Crucifié et encore moins le ressuscité, auquel un tiers des chrétiens eux-mêmes ne croient plus. Non, Jésus c'est un mec hyper-sympa, dans lequel on voit surtout l'humain, hein, on est moderne, le côté vrai Dieu vrai Homme toussa c'est des blagues, tu vois, qu'aimais bien les mômes tu vois, et qui trouvaient que les riches quand ils ont de l'argent il fallait qu'ils en donnent aux pauvres. Jésus il était cooule, si ça se trouve à notre époque, il aurait manifesté avec le D.A.L et squatté un appart' rue du Dragon tout en faisant de l'éducation sociale. Jésus ça aurait été un pote, il avait déjà les cheveux longs et peut-être une barbe. Tu vois. Il aurait porté un keffieh en solidarité avec les palestiniens, je suis sûr qu'il aurait mis un djinn baggy's pour montrer qu'il était de son temps et il aurait fait une grève de la faim pour les sans-papiers de l'église Saint Bernard.

    Super sympa Jésus. Tip top. Et avec un peu de bruit médiatique derrière ses actions, on lui aurait confié un talk show drôlement concerné sur tous les problèmes de notre temps.

    On a pu voir dans certaines paroisses des croyants se rallier à ce genre de représentations, mettre les deux bergers de la crèche en mob, Joseph ils en font fait un maçon portugais et Marie si ça se trouve elle avait des copines militantes féministes et lesbiennes qui auraient été là à la naissance de Jésus.

    Bien sûr, il ne faut surtout plus parler de spiritualité solide, d'exigence de comportement envers les autres, d 'exigence de vérité, quitte à créer à un scandale avec la vérité, qui n'a rien à voir avec de la guimauve. Car finalement, toutes ses mignardises sur le Christ font de ces chrétiens de progrès des confiseurs. On est loin de Léon Bloy toujours poursuivi par les créanciers à cause de sa liberté et de son indocilité ou de Bernanos capable de rompre avec toute son ancienne vie simplement pour dire la vérité, la lâcheté de certains de ses contemporains.

    Jésus tel que les cathos confiseurs le rêvent

     

  • Inadaptés et adaptés

    Imprimer Pin it!

    J'en parle à d'autres écorchés vifs sur Agoravox

    Je suis un écorché vif, j'avoue, c'est vrai. Je dois sans cesse faire attention à ce que de toutes petites discussions, de tous petits conflits anodins ne prennent pas des proportions énormes à cause de ma sensibilité; C'est comme ça. Il en est d'autres qui traversent la vie sans le moindre reussite.jpgdoute, avançant sans se poser de questions, ce qui implique surtout de leur part de la docilité, car le côté positif d'être un écorché vif c'est l'indocilité. Ils font ce qu'il faut faire pour réussir, n'en tirent aucune culpabilité, s'arrangeant souvent avec la morale ou leurs convictions, voire leur foi pour cela. Ils ne voient pas la contradiction qu'il y a à être parfaitement intégrés à une société matérialiste et inique en soi, et prier pour la paix, la justice et la charité à la messe. Certains se trahissent quand même, ainsi j'ai entendu un dimanche comme intentions de prières que « l'argent produise plus d'équilibre et d'harmonie entre les hommes et non l'inverse ». Je cite avec des pincettes. Dans cette paroisse, on est tout sourire, on est tout en affectivité, on tape dans les mains, on loue Dieu, on accueille avec tellement de componction et de gentillesse, mais seulement le temps de la cérémonie. Une fois le dimanche passé, on redevient dur, insensible et sans pitié car la société veut ça.

    Sans y voir aucune contradiction.

    On observe bien sûr exactement les mêmes choses chez certains « verts », ou gendegôche, qui prônent l'amour, le partage et les petits z-oiseaux mais sont sans pitié dans le vrai monde. A droâte, les adhérents UMP entre autres ont cela de pratique c'est que eux au moins ne cachent rien, ni leur avidité, ni leur soif de réussite, parfois leur jalousie et frustrations.

    Deux anecdotes qui valent mieux qu'un long discours bien ennuyeux pour illustrer tout cela et essayer de voir finalement ce qu'il y a derrière tout ça.

    Un jour, en vacances, un ami de la famille est venu avec toute sa famille, des gentils paroissiens tout en sourires fendus jusqu'aux oreilles, sans pitié dés qu'il s'agissait de la réussite de ses gosses à l'école, tous formatés sur le même modèle ultra-docile, sans aucune compassion dés qu'il s'agissait de parler de sa carrière. A l'époque, je le savais déjà, j'étais un écorché, le type un peu trop sensible, fragile, et capable d'emportements, l'inadapté type qui ignorait ses propres qualités, et qui ne comprenait pas à l'époque que justement et quoiqu'en pensait les paroissiens modèles et autres amateurs de justice sociale, pour les AUTRES, son indocilité était son meilleur atout, et que ces qualités venaient justement de son caractère original. Il me donnait toujours beaucoup de conseil, un petit sourire condescendant aux lèvres, un petit air de pitié aux yeux.

    Et voilà qu'il me propose une partie d'échecs sachant que je savais jouer. Et comptant certainement consciemment ou pas pouvoir en rajouter une couche ensuite dans la leçon de morale au pauvre garçon un peu trop émotif. Manque de chance, il perd la première partie, je vois alors lui qui se disait blindé, solide et se protégeant de sa sensibilité s'affoler peu ou prou, refaire les précédents coups, un filet de sueur coulant de son front. Fébrile, il me proposa alors une deuxième partie que je remportai également. Je lisais parfaitement ce qu'exprimait son regard pendant cette deuxième partie, « Quoi, j'ai été battu par ce gamin que je méprise plus ou moins, non, non, non, ça, ça ne va pas ».

    Qui était le plus fragile des deux ?

    La deuxième anecdote se passe alors que je suis un peu plus âgé, alors que j'étais déjà professeur, avec toujours cette réputation d'écorché vif, d'inadapté chronique, de type original et blessé qui ne réussira jamais rien car je refusais toujours de me couler dans le moule que l'on voulait me forcer à enfiler. Mais j'étais toujours aussi peu sûr de moi, car à force de répéter à quelqu'un qu'il n'est pas comme il faut, qu'il est trop différent, qu'il est trop sensitif, trop affectif, il finit par perdre beaucoup de confiance en lui, ce qui m'était effectivement arrivé. Je n'avais pas compris que ce que l'on me reprochait était d'être moi-même. Car ceux qui me le reprochaient savaient bien qu'il jouait la comédie pour réussir ou entrainer leurs enfants à réussir en les obligeant par la douceur ou par la force à se couler dans le cadre qu'il convient.

    J'étais invité chez un gentil petit couple, tout en gentillesse un peu affectée, en sourires jusqu'aux oreilles, tous deux soucieux de leur équilibre, de leur bien-être et de leur santé : chez eux, pas d'excès, on se couchait toujours très tôt, bien sûr on ne lisait pas non plus car certaines lectures peuvent amener le doute, et si l'on veut réussir et gagner de l'argent, on ne peut se permettre de se poser des questions et sur le bien-fondé des fondements de la société actuelle, et sur le bien-fondé de sa propre avidité aux biens matériels, qui est, est-ce étrange, toujours fondé quand il s'agit de la sienne.

    Nous jouions au Scrabble, nous étions deux ou trois à être considérés par ce gentil petit couple comme de doux rêveurs, nous n'avions pour deux d'entre nous même pas le permis. Au début de la partie, le gentil petit couple bien sûr nous a bien réexpliqué les règles, doctement, comme l'on fait à des enfants turbulents ou un peu attardés, car les doux rêveurs, en plus des littéraires, ce qui aggravait leur cas, on le sait, ça a du mal avec les règles. Bien sûr ce sont les doux illuminés qui ont gagné à ce qui n'est finalement qu'un jeu de société. Enfin, nous le croyions, car le gentil petit couple a finalement décidé sous un prétexte futile de nous mettre dehors beaucoup plus tôt, après avoir cherché dans la règle une faille dans notre victoire. On sentait bien l'agacement, la pointe d'énervement née chez les deux après le « Scrabble ». Le tout après avoir expliqué combien le fait d'être littéraire pouvait induire un handicap et beaucoup d'immaturité (sic).

    Bien sûr inutile de demander qui étaient là le plus immature ?

    Ci-dessous quelques inadaptés et une emmerderesse adepte du bien-vivre et des bons conseils

  • Tony Curtis, la classe et deux doigts de dérision

    Imprimer Pin it!

    tony-curtis-234978.jpgTony Curtis est mort. Les critiques de cinéma et les commentateurs nécrophages habituels n'ayant aucune réelle cinéphilie n'évoquent à peu près qu'"Amicalement Vôtre" et parfois "Certains l'aiment chaud". "Amicalement Vôtre" c'est bien, mais il est loin d'avoir tourné seulement cette série. Il a aussi joué dans une des meilleurs comédies de tous les temps cinématographiques, voir en-dessous, "Some Like It Hot", qui arrivait à être fine, drôle, bien jouée, toute en charme, sacrément culottée pour l'époque et même pour la nôtre. Les critiques et laudateurs post mortem n'en connaissent que la dernière phrase, "Nobody's perfect", qui n'a rien voir avec son personnage dans le film mais avec celui de Jack Lemmon mais je pense que peu parmi eux ont vraiment vu le film. Il a aussi joué dans un excellent film noir de Richard Fleisher, "l'étrangleur de Boston", où il compose un personnage de tueur en série absolument hallucinant. Et je pense que peu de critiques distingués connaissent "le grand chantage" ("Sweet smell of success") d'Alexander Mackendrick, superbe film également très sombre, extrêmement caustique et d'une intelligence rare.

    Tony Curtis avait de la classe et beaucoup de dérision et sur lui, et sur Hollywood. Bien sûr parfois la dérision cachait quelques petits secrets qu'il n'avait pas envie de montrer à tous les passants, autre petite chose qui le sépare d'un abîme ou deux des vedettes de notre temps qui elles ne cachent rien de leurs névroses et psychoses diverses et chics.

    Actuellement, il n'aurait pas d'équivalent, y compris le VRP en dosettes café qui ne lui arrive pas une seconde à la cheville étant tout au plus un porte-manteaux agréable à l'oeil.


    Certains l'aiment chaud
    envoyé par glooiramoi. - Regardez des web séries et des films.

  • Amour et Haine de Sion

    Imprimer Pin it!

    Suscitera la controverse sur Agoravox

    Sur la photo ci-dessous une sorte de schizophrène...

    Quand on parle d'Israël, ou des palestiniens, sur Internet mais pas seulement, on marche sur des oeufs, l'un ou l'autre camp vous traite tout de suite de pro-sioniste ou pro-palestinien, ou pro-Hamas, voire carrément d'antisémite, si l'on ose critiquer un camp ou l'autre.

    fin_du_sionisme__paix-cbeda.jpgIl est quasiment impossible de parler de ce sujet ou d'un sujet qui s'y rapporte de manière dépassionnée.

    Même parler des chrétiens d'Orient et des persécutions dont ils sont victimes c'est risquer d'être traité de néo-croisé. Même lorsque l'on n'a aucune envie de prêcher une croisade, que l'on ne se sens pas particulièrement judéophobe, ce qui serait un non-sens pour un chrétien, que l'on n'a aucune haine pour les musulmans du Proche Orient, les injures finissent par tomber et on se retrouve dans le camp du méchant, ce qui permet de surtout ne pas aborder ces problèmes.

    Que l'on invoque le rôle de médiation des chrétiens arabophones, on vous soupçonne de nostalgie du royaume latin d'Orient.

    Après ce genre de discussion parfaitement infantile, les bras en tombent, on ne sait pas trop comment réagir, que dire, rester calme est assez compliqué. Chaque camp est tout autant autiste et incapable d'entendre simplement le rappel de quelques faits.

    C'est à celui qui hurlera le plus fort.

    En France, le conflit israélo-palestinien, qui est la cause invoquée de la haine, le prétexte facile, a été malheureusement importé sous nos contrées par ceux pour qui critiquer le sionisme et la colonisation des territoires c'est être antisémite, et ceux pour qui soutenir Israël dans son droit à la sécurité la plus légitime, c'est être sioniste. C'est la faute d'ailleurs de la plupart des pro-palestiniens médiatiques ou ceux que l'on entend le plus, qui cachent à grand-peine la plupart du temps leur haine concrète des juifs, et qui camouflent très mal leur indifférence au final envers les palestiniens pour qui ils ne font pas grand-chose de concret, se contentant de vociférations vengeresses et défilant sans honte avec les barbus comme l'a fait certain facteur célèbre, sans vouloir voir une seconde que la pire judéophobie en ce moment nait de leur pseudo-antisionisme qui boute le feu à la haine un peu partout. Je ne parle même pas de ceux pour qui le torchon du « Protocole des Sages de Sion » est un document sérieux, qui ont parfois du mal à cracher leur Valda il est vrai, car ils ne sont pas forcément des plus courageux.

    C'est la faute également des pro-sionistes médiatiques, des islamophobes compulsifs, pour qui Israël est le porte-avions de l'Occident en territoire musulman, et c'est tout ce qui compte à leurs yeux. Ils appellent plus ou moins de leurs voeux le choc des civilisations pour une raison qui m'échappera toujours.

    Comment peut-on être assez stupide pour souhaiter une conflagration mondiale sans essayer avant toutes les solutions, ce qui n'exclue pas une seule seconde la fermeté ? Ils n'ont de cesse également de souffler sans cesse sur les braises quitte à justifier l'inacceptable.