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  • Alexandre Jollien - « Le philosophe nu »

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    Cet Article sur Agoravox

    J'aime beaucoup les livres d'Alexandre Jollien, ils font du bien à l'âme et sont comme des amis qui sentent quand on va mal et que l'on a besoin de soutien par une sorte de télépathie bienveillante. Ses livres tombent toujours au bon moment. J'ai aussi eu encore un peu plus de plaisir à lire ce Alexandre-Jollien-2.jpgphilosophe en lisant par ci par là que la France et l'Europe vivent actuellement dans une dictature des faibles et des victimes qui seraient toujours défendus alors qu'on laisserait tomber les « forts » (par ici dans les réactions, il suffit d'encourager un peu, rien qu'un peu les imbéciles pour que ceux-ci révèlent finalement leurs opinions réelles, à savoir des gougnafiers uniquement préoccupés de leurs petites personnes). Cela ne me dérange pas quant à moi de me laisser mener par la voix d'Alexandre Jollien, au physique hors-norme, complètement à l'inverse des standards, que certains qualifient dans le secret de leur cœur ou devant tout le monde de « dégénéré ». L'auteur de ce livre est en effet né lourdement handicapé, pour lui des gestes simples sont des exploits dignes d'un athlète, ce qui relativise le mal-être que l'on peut parfois éprouver. Il serait profondément gêné cependant qu'on le choisisse comme maitre, il est d'ailleurs extrêmement confus d'entendre des dames dire qu'il les aurait aidées à « coacher », ou à gérer leur situation, leur vie selon les termes à la modes. Il ne veut pas d'élèves ou de disciples mais aider les autres à être plus libres en partant de son vécu avec délicatesse sans « coaching » lénifiant qui consiste surtout en l'étalage de lieux communs.

    Son ouvrage part d'un constatation simple, ses passions, sa sensibilité le poussent à réagir encore avec colère aux moqueries qu'il subit, ce qui est somme toute humain, du moins pour quelqu'un moins exigeant intellectuellement et spirituellement qu'Alexandre, et à envier le physique d'hommes plus chanceux que lui sur ce point, ou encore à désirer ardemment des objets qui ne lui apportent qu'une satisfaction brève, qu'un spasme de plaisir. Il recherche le détachement mais aussi à se libérer de ses pulsions qui ne sont que l'émanation de son animalité. En cela, il dépasse les bornes aux yeux de la société actuelle, non seulement alors qu'il est handicapé et qu'on l'imagine victime et désespéré, il est heureux en amour, père de deux enfants qu'il trouve plus sages que lui, ceux-ci lui rappelant que la philosophie est finalement chose futile quand elle prétend diriger les existences, fût-ce vers le bonheur, alors insoutenable car imposé. Et en plus il veut se libérer de cette course vers l'abîme sans fond du consumérisme et de l'objet-roi de notre société. Il aggrave un peu plus son cas sur le sujet rajouterais-je en ne se réclamant d'aucune idéologie ou théorie globalisante, il est d'autant plus libre et indocile mais sereinement et sans violences.

    Il ne se sent pas plus fort que les autres pour surmonter et dominer ses passions, il avoue sa faiblesse à le faire, ses tentations, son incapacité à maitriser ses compulsions, dont celle de communiquer le plus souvent possible par internet ou par téléphone avec ses proches. Il est conscient de l'individualisme auquel nous pousse ce monde, de l'égocentrisme et de l'orgueil que peuvent impliquer son intelligence et sa liberté à ne pas obéir aux normes. Ce n'est pas qu'il arrive à ne juger personne, ou à ne pas faire preuve d'un humour sarcastique quand trois jeunes pimbêches se moquent ouvertement de ses gestes maladroits dans un bus. Ce n'est pas un pur esprit, un handicapé comme on les montre souvent dans les médias ou les livres, à savoir un être innocent et détaché, presque angélique car c'est toujours plus confortable de ne pas voir la personne handicapée comme humaine et donc affectée elle aussi de défauts.

    Il n'y a pas de livres indispensables bien sûr, mais ce livre fait du bien à l'âme...

  • Fiente trouvée dans un commentaire de Causeur

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    J'ai trouvé cette fiente sur Causeur...

    Mon petit doigt me dit que c'est à cause de ce texte....

    "Grangil, aka Momo, bouffe des livres, ne les comprends pas, les digère très mal (d’où une certaine enflure tant dans le style que dans l’allure) et les restitue de façon diarrhéique sur les commentaires de Causeur.
    Arrêtons le suplice, débranchons-le."
    Une lectrice excedée

    Signée ignominieusement et surtout connement JV et Élodie B.

    18398123.jpgChristophe Bourseiller a dit hier sur France-Cul que Internet favorisait la résurgence de comportements que l'on croyait disparus depuis "Gringoire". Autant ça m'a énervé sur le moment, la diatribe habituelle du type intégré au système contre les blogs qui font entendre leur voix discordante, autant je trouve qu'il a tout à fait raison quant à certains commentateurs, qui n'argumentent pas et font dans l'attaque "ad hominem". Attention, je ne dis pas que parfois le style pamphlétaire soit inutile.

    Étrangement ce sont les mêmes qui attaquent ensuite en te traitant de fâchiste, ou que sais-je encore, et t'accusent d'être intolérants, ou qui parlent de toi comme d'un dogmatique car eux savent ce qu'il faut comprendre, eux savent ce que l'on doit savoir : ça te fait Bernanos gaulliste par exemple (rire inextinguible, celle-là je l'aime beaucoup) entre autres perles. Comme tous les trolls égocentriques, je reviens là-dessus me concernant ensuite, cette fiente pense que ce qu'il/elle ressent sur un livre est forcément ce que tout le monde doit ressentir. Les trolls font également des clubs, des clans de manière régressive, comme dans la cour de récré, défendant le caïd du préau ou la reine de la cour, qui a ses favoris/tes, il y a donc aussi parfois beaucoup de lèche-culs, il faut savoir que la société des trolls est très hiérarchisée.

    Finalement, les injures des trolls sont surtout leurs défécations d'autant de lieux communs. Et je peux comprendre leur attitude, cela leur permet de draguer la célibattante esseulée sur le net, ou la charolaise décérébrée et de coucher à droite à gauche afin de combler leur néant intellectuel et affectif. Ou alors ça joue les bons apôtres, çà t'injurie pour "ton bien" (c'est eux qui le prétendent). Enfin, suis-je égocentrique ? Bien sûr, évidemment, je dois bien l'être quelque part, sinon je ne ferais pas ce blog, je le suis comme tous les internautes persuadés que leur prose est assez intéressante pour la laisser en ligne.

    Si ça t'énerve sinon :

    Pourquoi me lis-tu pauvre con ?

    Ou pauvre conne ?

    Faut pas...

    Note, c'est pas si grave, car ça gonfle les stats du blog...

    Donc après tout continue, vas-y !!

    La photo est tiré de "Vera Cruz" un de mes westerns préférés...

  • Monseigneur Centène et les gens du Voyage

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    1005386_centene.jpgDéclaration de Mgr Centène aumônier des gens du voyage dans "Famille Chrétienne", pas vraiment un hebdo bobo, des propos intelligents, mesurés et là encore très clairs.
    L’Église catholique peut-elle esquiver les polémiques qui entourent, depuis plusieurs semaines, les Roms et les Gens du voyage ?

    Le rôle de l’Église n’est pas de prendre parti pour les associations ou pour le gouvernement. Ni angélisme, ni amalgame. Mais la récupération est inévitable dans le contexte actuel. Tout est blanc ou noir, et on peine à trouver des nuances… L’aumônerie des Gens du voyage refuse les généralisations hâtives. En clair, ce n’est pas le mode de vie des Tsiganes qui est facteur d’exclusion. La délinquance est liée à la marginalisation. Plus les Tsiganes seront marginalisés et plus ils auront tendance à s’installer dans les marges. Ils seront tentés d’avoir recours à des moyens d’existence peu orthodoxes… Je crois que la sécurité ne peut venir que de relations réciproques. La répression, seule, ne fait que cristalliser les choses.

    Pourquoi les Gens du voyage attachent-ils autant d’importance à leurs racines et à leur famille ?

    Les Tsiganes sentent que leurs valeurs sont attaquées par la société moderne. En particulier les valeurs relatives à la famille et à la communauté qui heurtent notre hyper individualisme. Leur sens – extrême – de la solidarité ne cadre pas avec les impératifs de performance. Dans ces domaines-là, les autres catholiques pourraient s’inspirer des valeurs des Gens du voyage.

    Mais leur nomadisme n’est-il pas contraire à nos valeurs ?

    Leur mode de vie traduit quelque chose de notre situation de pèlerin, toujours en marche vers la Patrie. Il constitue pour nous une sorte de parabole, il nous rappelle le mode de vie des patriarches de l’Ancien Testament toujours en marche vers la Terre promise. Comme le soulignait Charles Péguy, nos cités de la Terre sont le corps de la cité de Dieu. L’âme reste ailleurs !

  • Le Pape, les Roms et la sottise

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    aussi sur Agoravox (on peut y constater le flot habituel de saloperies contre le Pape)

    Curieusement, on reproche à Benoît XVI d'être un pape réactionnaire depuis son élection, les « tradis » le voient comme « leur » Pape, les photo_1282493239331-3-0.jpgprogressistes le détestent à cause de sa fermeté sur la liturgie. Et voilà que cette déclaration chamboule tous leurs préjugés. Le Pape est dans la radicalité évangélique, il n'est pas le représentant d'une fraction des catholiques ou d'un parti ou d'une groupuscule, car la Foi n'est pas une idéologie, tout simplement, et qu'elle engage à se donner radicalement pour ses frères humains, ce que Benoît XVI engage à faire. Il rappelle aussi qu'aux yeux de Dieu, tous les êtres humains sont rigoureusement égaux, et que cela devrait aller de soi aux yeux des croyants. Il montre également parfaitement que la foi chrétienne est aussi un humanisme.

    Hier, pendant la prière de l'Angélus, hier, Benoît XVI s'est exprimé clairement aux pèlerins français : « Les textes liturgiques de ce jour nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines. » De plus sur le site de Radio Vatican on a pu lire ceci : « Ces paroles prononcées en français par le pape, ce dimanche, ne sont pas passées inaperçues alors que la polémique suscitée par les expulsions de Roms par la France continue de faire rage. » Le Pape a donc été clair et précis. Tout comme Monseigneur Dufour qui a écrit ceci dans un communiqué : «Des caravanes ont été détruites. Je ne mets pas en cause les forces de police qui obéissent aux ordres. Mais je demande le respect des personnes et de leur dignité, dans le cadre de la loi française. Les discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu'il y a des populations inférieures sont inacceptables. Ces personnes, citoyens européens, vivent pour la plupart paisiblement ici, un certain nombre depuis de longues années.»

    La déclaration du Pape, qui tend aussi à l'universel aussi, qui ne parle pas expréssément des expulsion de roms, cela vaut pour tout les chrétiens du monde entier et tout les peuples aussi, a commencé à entrainer de nombreuses réactions car il ne la fait pas au hasard.

    Pour certains catholiques, il parle sur le plan universel et il n'y a rien d'obligatoire, ce qui est une manière polie de dire que la Foi c'est bien beau quand on est dans une église, pendant la messe, mais qu'une fois en-dehors, ça ne compte pas vraiment. Les mêmes affirment souvent, j'ai parcouru plusieurs forums internet sur la question, qu'ils revoteront en plus Sarkozy en 2012 pour sa politique justement envers les Roms, et son « courage » à mener ce genre de politique. D'autres rappellent que c'est une autorité spirituelle, et non temporelle, et que donc il n'a rien à dire. Tout cela m'a rappelé ce que dit Fabrice Hadjaj sur ceux qu'ils appellent les « cathos », des personnes souvent très engagées dans l'Église, souvent capables de lancer de grands discours dans leurs intentions de prière, mais qui « cloisonnent » et surtout ils leur manquent la charité, la charité qui n'est pas de la guimauve, ni mièvre, mais qui rend la Foi réellement explosive. La plupart des roms sont également des chrétiens d'Orient, serait-ce aussi qu'ils ne le sont pas vraiment ? On me dira, l'indifférence quasi-totale des chrétiens d'Occident envers les chrétientés d'Irak, d'Égypte, du Liban, de Syrie, de Cisjordanie, de Jordanie, et des pays alentours est déjà proverbiale.

    J'ai pu entendre d'autres réactions un peu plus extrêmes sur Europe 1, pendant la demie-heure de « libre-expression » des auditeurs, ou des membres de la confrérie des serreurs de fesses effarés comme les appelle Desproges : Le Pape s'exprime sur les Roms car comme l'Église n'aurait rien dit contre la Shoah, ce qui est faux, Pie XII prononce un discours très clair contre le nazisme dés 1938, il aurait peur qu'on lui reproche quelque chose, qu'il ferait mieux de parler pour le préservatif, et que le scandale des prêtres pédophiles est bien pire encore parce que le Pape actuel et son prédécesseur n'auraient rien fait, ce qui est également faux autant pour l'un, Jean-Paul II, qui a pris le problème à bras le corps dés son élection, ou Benoît XVI, qui a toujours combattu ce fléau. Curieusement, on rappellera que ce sont plutôt les évêques de diocèses plutôt progressistes qui ont attendu très longtemps avant de réagir sur ces questions.

    Bien sûr on ne peut absolument pas cautionner les déclarations du Père Hervet, que l'on peut malgré tout comprendre, il a dit des bêtises du fait de sa colère. Enfin, ce qu'a dit le Pape rappelle simplement que la Foi engage l'être humain complètement, que la Foi n'est pas seulement une morale, une gymnastique spirituelle, une sorte de coaching lénifiant.

  • La dérision confortable - Une autre note du Père Fouettard

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    Avertissement sans frais, cet article n'est pas une analyse sérieuse, il fait dans la caricature et la dérision (note d'Amaury)

    Article également sur Agoravox

    Sous nos cieux cléments et encore un peu démocratiques, on baron.gifaime bien la dérision mais attention, pas n'importe quelle dérision, celle qui ne fait pas mal et tape toujours sur les mêmes cibles. Ou qui tire sur les ambulances. On dit que le racisssme c'est pas bô, le fâchisme c'est laid, la guerre c'est vilain, pour la dérision confortable côté de gôche, à droite, on tape sur les fonctionnaires, tous des féignasses, sur les pôvres, tous des feignasses, et les djeuns, « de mon temps hein c'était bien mieux ma bonne dame ». Ne parlons pas des roms ou des nomades en général, tous des voleurs e'd'poules ! On se traite mutuellement de bien-pensants, le bien-pensant c'est toujours l'autre, dans des querelles, disons consanguines, car on continue à se fréquenter, à écrire dans les mêmes journaux et à picoler aux mêmes coquetèles. Le plus drôle ce sont quand même ces croisés contre la « bien-pensance » qui se plaignent qu'on ne parle jamais d'eux, alors que l'on n'entend qu'eux et que l'on ne voit qu'eux, toujours les mêmes têtes, chacun ayant son rôle, son emploi, comme au théâtre. Ils finissent toujours par rentrer sagement dans le rang et acquérir au fil du temps une brioche confortable de notable centriste.

    Certains poussent même ce qu'ils croient être du courage, un courage insigne, en s'attaquant aux nazis de 1933 mais pas aux nazebroques de maintenant. Ce n'est plus vraiment de la dérision, ou de l'humour, c'est de la dérision confortable, on rajoute quelques gros mots dessus et ça passe encore mieux car alors l'auditeur et l'humoriste ont l'impression de faire preuve d'une grande audace. Même si j'aimais bien certains textes de Guillon, j'avais quand même beaucoup ri, je suis un très mauvais esprit méchant comme une teigne, en le voyant dans une émission de France 4 aller porter la bonne parole dans les cités de Seine Saint-Denis aux pôvres forcément tous beaux et gentils à ses yeux. S'il avait vraiment fait preuve de dérision, il saurait qu'un pauvre ça peut être aussi con et aussi égoïste qu'un riche, et que c'est actuellement tout aussi docile que les autres. Il avait oublié que pendant la guerre il y eut aussi beaucoup de pôvres pour faire beaucoup de courrier de manière modeste, sans signer les lettres. Par pôvre j'entends ceux qui se perçoivent comme pôvres parce qu'ils ne peuvent pas acheter le dernier gadget à la con, les vrais pôvres devenant de plus en plus des invisibles dans ce village qu'il paraît même que c'est un village global où tout le monde se soucierait de tout le monde.

    Les pôvres, voire même les ménages dits moyens, se donnent toujours comme excuses les responsables, les hommes politiques, les enseignants, tous des laxistes à entendre le « vulgum pecus », les journaleux, tous des vendus. Mais ils oublient, comme les riches qui ne veulent surtout pas partager le fric, que tout le monde a une conscience et que même sans trop d'éducation citoyenne ou morale, tout le monde est capable de discerner ce qui est bien ou mal dans ses actions. J'en veux pour preuve le récit de la libération de l'Allemagne racontée par un commando de soldats juifs, qui ont vu se précipiter à eux des allemands prétendant qu'ils n'étaient pas d'accord avec les nazis depuis 1933 et que ils ne savaient rien pour les camps et le massacre qui s'y perpétuaient, camps qui étaient à deux-cent mères de chez eux, l'odeur épouvantable des crématoires ne les avaient donc pas chatouillée les narines ? Ne voyaient-ils pas les déportés descendre des trains ? Sans parler de tous ceux qui rentraient tranquillement chez eux après avoir travaillé comme geôliers ou maîtres chiens dans ces mêmes camps.

    Quand la dérision s'attaque à l'essentiel, à savoir l'instinct grégaire du consommateur de base, entre autres choses, c'est l'affolement, les excuses bidons, la colère, les justifications fébriles, on accuse l'autre aussi, le consommateur sans cervelle c'est toujours l'autre, ou alors pour les plus malins on joue les bons apôtres. Aller à contre-courant du mouvement du troupeau, c'est considéré comme trop inconfortable, on préfère « hurler avec les loups », faire comme tout le monde, un peu par lâcheté. Quand la dérision remet en question le mode de vie de la majorité c'est là aussi l'affolement, remettre en question un mode de vie même débile permet à beaucoup d'en appeler aux Droits de l'Homme et aux libertés, toutes choses qu'ils ignorent habituellement.

    On veut de la dérision confortable qui justifie son mode de vie, qui caresse dans le sens du poil en se moquant des intellectuels et de ceux qui ouvrent un bouquin de temps en temps, rien que des prétensssieux (avec trois « s ») tous ceux-là, des méchants qui font rien qu'à empêcher de rêver devant les vitrines ou les rayons d'un grand magasin.

    C'est pour cela que Grandgil dit "Salauds de pauvres !" dans "la Traversée de Paris...

    Ci-dessous la vidéo où l'on trouve la citation dont je tire le titre

  • Une rentrée de plus en plus chère pour des enfants de plus en plus cons

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    La pré-rentrée du Père Fouettard

    Article également sur Agoravox

    Sur la photo les mères font semblant de ne pas savoir, pour le photographe et la galerie, ce qu'elles veulent mais le gamin-tyranneau lui sait, il a pris sa décision...

    al02_1623666_1_px_501__w_ouestfrance_.jpgCet excellent slogan n'est pas de moi, je l'ai lu dans les marges de « Fluide Glacial » sous la plume de Lindingre. Il illustre le dessin d'un gosse obèse en train de bouffer de la « junk food » avec sur le dos des fringues de marques, le dernier modèle de portable de mes deux à la main. Les gamins pourris-gâtés sont devenus une cible privilégiée des pubeux, il n'y a pas plus malléable et plus grégaire. Pourtant ils n'ont pas de revenus mais les parents suivent tout le temps les désirs du petit merdeux chéri ou de la petite pisseuse adorée, et cèdent pour qu'il ait à la rentrée ce qu'il veut. Il suffit de regarder autour de soi dans un supermarché, de voir les mères à demie gênées quand même quand on observe un peu, hésiter faiblement entre la trousse sans la dernière héroïne de dessins animés débiles dessus et une trousse sans rien mais fonctionnelle et tout aussi convenable. On voit les mêmes à la télévision, expliquer que les parents qui cèdent, c'est toujours les autres, bien sûr, mais que, eux, le moins souvent possible, à savoir tout le temps.

    53582272ad6cdc0cdb2cf5b47f1b1f09.jpgUn téléphone cellulaire (je ne dirai pas téléphone portable, vocable qui en soi ne veut rien dire ou est une sorte de très beau pléonasme) devient un enjeu existentiel pour Kevin, petit blond à coupe mulet (qui revient hélas à la mode) et double menton naissant car il va un peu trop au « macdo » avec Papamaman, ou Sandrine, apprentie pétasse en devenir, avec frange et djinne slime, qui adore lire les aventures de vampires romantiques, malsains et névrosés dans « Toualaïte », tout un cycle écrit par une mormonne sociopathe (pléonasme là aussi). On voit se multiplier pourtant les reportages sur la cherté de la rentrée, le prix de la rentrée qui coûte très chère, sans que personne ne semble se demander pourquoi mais je crois que le slogan qui ouvre ce texte est parfaitement exact, c'est parce que les gosses sont de plus en plus cons. Alors certes, l'instinct grégaire des adolescents a toujours existé mais jamais avec cette ampleur qui font des supermarchés une allégorie du purgatoire, vingt caddies par caisse depuis quelques jours, des gamins réclamant sans cesse, des gamines prenant visiblement des participantes de télé-réalité comme modèles de comportement, des gamins mous l'œil vissé sur l'écran de leur gadget préféré, que Môman a sorti de l'emballage avant la caisse car le petit con ne pouvait pas attendre ne fût-ce que cinq minutes.

    Peut-être me traitera-t-on de vieux con pour ce billet ? Ce sera toujours plus facile que d'être ferme face aux chiards de l'hyper-consumérisme.

    ci-dessous deux spécimens de gosses consuméristes

  • Psychanalyse de la politique française

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    Marianne sur le divan...

    Elle l'est aussi sur Agoravox

    marianne1.jpgIl y a tout juste 217 ans, les français ont tué le père un 21 Janvier, en exécutant Louis XVI, ils ont cru alors résoudre leur complexe d'Oedipe et se libérer d'une tutelle qu'ils estimaient beaucoup trop oppressante. Le roi était un tyran, le roi disposait d'un pouvoir absolu, disait-on et dit-on toujours, le pays croyait ainsi entrer dans sa puberté en somme. Bien sûr on omet toujours de préciser que loin de progresser tout seul vers plus de maturité démocratique, les français n'ont pas cessé de tenter de se redonner des pères ou des grands pères, des pères fouettards toujours et des grands pères bonhommes mais fermes avec de l'autorité. Le premier père de substitution fût Napoléon, qui fascina les foules surtout à cause de ses victoires militaires, le goût de la victoire, et de la conquête surtout ont toujours de l'effet sur le troupeau grégaire. Il fut pourtant un dictateur sans pareil, un vrai tyran sanguinaire pour de bon, mais certains célèbrent encore sa pseudo-légende. Il eut un petit neveu qui tenta de reprendre le flambeau un peu plus tard, mais finit lamentablement comme son grand-oncle. A l'un, on doit au moins le code civil, à l'autre une France un peu plus moderne, les deux récoltant les fruits des politiques menées avant eux.

    Les français continuaient cependant à se chercher un père, ils le firent jusqu'à la première Guerre Mondiale en se séparant un peu plus en deux camps, ceux qui voulaient un père le plus sévère possible, mais juste, ceux qui en voulaient un mais pour le tuer juste après. Il y eut le général Boulanger un court moment, qui se révéla un poltron sous des airs de matamore, il y eut Clémenceau qui pourtant, quand il était plus jeune était le plus acharné pour tuer tous les pères politiques possibles. C'est depuis cette époque que beaucoup se radicalisèrent contre un autre père qui leur semblait envahissant, le Pape, et une figure de mère caractéristique, l'Église, qui certes, ne fut pas toujours parfaite. Ils étaient comme des enfants turbulents rêvant d'être mis au pas, voulant tuer le Père et la Mère puis s'apercevant juste après que ça ne change rien à leur mal-être.

    effel.jpgComme les adolescents qui découvrent que leurs parents sont des êtres humains comme les autres et non des modèles de perfection, les français réagirent de même, ils rejetèrent leurs parents, exigeant d'eux qu'ils disparaissent ou bien qu'ils soient bien plus durs avec eux, ce qu'ils firent avec le Maréchal Pétain après la défaite de 1940, déculottée due surtout à la désorganisation bureaucratique de l'armée et à l'incompétence de quelques généraux, figures exemplaires d'adultes persistant à se prendre pour des pères alors qu'ils n'avaient pas la carrure. Bien sûr, une fois la guerre perdue par les allemands, les français, aussi versatiles que des ados mal dans leur peau rejetèrent le grand-père qu'ils s'étaient donnés pendant quatre ans pour les sermonner et leur imposer une discipline sans qu'ils aient à faire le moindre effort.

    Depuis 45, deux figures de père dominent contre vents et marées, De Gaulle et Mitterrand, De Gaulle de plus en plus, une figure de père d'autant plus facile et commode à idéaliser qu'il est mort depuis 41 ans, après avoir été rejeté lui aussi, mais cela ses adorateurs l'oublient. De Gaulle idéalisé, c'est le père courageux à la place des ses enfants, qui prend les décisions difficiles pour le bien de ses enfants et qui ne s'en laissent pas compter si on a des envies de révolte post-pubertaire comme en « Soissantuite ». Depuis « Soissantuite », justement, beaucoup pensent s'être définitivement débarrassés de tous les pères potentiels ce qui leur a laissé croire qu'ils pouvaient laisser libre cours à leurs pulsions infantiles, ils se sont alors jetés tous seuls dans les bras de beaux-parents sournois et pervers : Mao, Pol Pot, Che Guevara, Pinochet, et Milton Friedmann, entre autres beaux-pères indignes de la société libérale et consumériste. Et en 2010 en France, notre président actuel, qui est exactement comme si la France était une mère qui s'était mis en ménage la cinquantaine bien passée avec un gigolpince de vingt piges qui lui pique son fric pour se faire plaisir et en mettre plein la vue aux autres. Le bougre sait s'y prendre avec les français qui sont devant lui comme des gosses fascinés par un « m-as-tu-vu » habile pour plaire à tout le monde.

  • Le fanatisme dont on ne parle pas souvent – Naomi Ragen et les "autres" barbus

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    1564889-Main_entrance_to_Mea_Shearim-Jerusalem.jpgOn parle peu de Naomi Ragen, et pourtant elle lutte contre l'intégrisme sévissant en ce moment dans plusieurs quartiers de Jérusalem et essaimant en Israèl, voir cet article et celui-là. Il ne se limite plus à Meah Shearim (en photo l'entrée du quartier et les recommandations aux visiteurs) à Jérusalem. Elle connait bien ce dont elle parle, puisqu'elle a vécu dans la communauté « haredim » très longtemps. Dernièrement, elle a dû aller s'asseoir au fond d'un bus Egged, la compagnie nationale, avec les autres femmes, sur l'injonction de juifs ultra-orthodoxes ce qui constitue de fait une ségrégation. Pour elle ce n'est qu'un symptôme parmi d'autres de l'envahissement progressif des préceptes de ces fanatiques de toute la vie sociale israélienne, ceux-ci bénéficiant largement de privilèges et de pensions (quant au service militaire, entre autres...), ce qui est plutôt ironique quand on pense que les premiers fondateurs de kibbutz fuyaient justement cet emprise de la religion et de ses prescriptions arbitraires, en plus de l'antisémitisme.

    Dernièrement, un rabbin de cette tendance a demandé que les femmes ultra-orthodoxes ne portent plus de perruques mais se voilent complètement les cheveux, voire se couvrent le visage tout comme les talibans. Naomi Ragen fait partie de ces femmes israéliennes courageuses qui s'émeuvent de cette progression souterraine des pires sottises qu'elles croyaient oubliées, le tout dû à la radicalisation de certains de ses compatriotes nationalistes. Élie Barnavi explique parfaitement cela dans un entretien, par là. Rappelons que pour ces prises de position courageuses, Élie Barnavi est maintenant qualifié d'allié objectif des islamistes par ses adversaires qui ne veulent surtout pas écouter les voix de la raison et du bon sens.

    On le sait de toutes façons, c'est principalement la question de Jérusalem qui bloque la paix au Proche Orient, du fait de plusieurs facteurs dont le fanatisme des uns et des autres est certainement le plus important, les musulmans n'étant pas en reste, sans parler de certains chrétiens, surtout occidentaux, qui prennent aveuglément partie pour un camp ou l'autre, boutant le feu à la haine par bêtise et irresponsabilité, tout comme ces généreux mécènes qui achètent des quartiers entiers de la ville, les vidant de leurs habitants musulmans ou chrétiens, remplacés alors par des colons venus d'Amérique ou de Russie. Que je sois moi-même bien clair, il ne s'agit pas de s'opposer une seconde à Israël, d'en contester une seconde les droits les plus élémentaires à la sécurité, mais que cet intégrisme dont on ne parle pas provoque également la violence et incite à la haine tout autant que d'autres.

    Et par peur ainsi que par lâcheté, ceux qui ne soutiennent pas par exemple Ayan Hirsi Ali soutiennent encore moins des femmes comme Naomi Ragen. Cette coupable indulgence envers des coutumes d'une autre âge c'est autant de nouveaux "Münich". Cette indulgence certains l'excusent en l'expliquant par les fanatismes des autres religions, et réciproquement : "si nous sommes fanatiques c'est la faute des fanatiques d'en face en somme". Ce qui n'est pas une seconde une justification audible.

    A ce lien un entretien avec Élie Barnavi

    Ci-dessous le début de "Kadosh" d'Amos Gitaï

  • Peut-on rentrer dans le rang quand on a atteint des sommets ?

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    Article sur Agoravox également

    Je vais encore parler de moi et de mon expérience en Terre Sainte, mais pas que, car je crois que ce que je vais décrire est caractéristique de la France, ce beau pays, (c'est sincère ce n'est qu'à moitié ironique). Cet article donnera peut-être sa légitimité au titre de ce blog.

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    Quand nous étions là-bas, nous étions enfin enfin nous-mêmes et reconnus pour ce que nous sommes vraiment, à savoir nous n'étions plus le petit gros, le grand mince, le type efféminé, voire le pédé de service, la séductrice, la vieille fille, la grande asperge, la petite souris, le barbu et j'en passe, nous étions libres. Nous étions Marc, Anne-Marie, Alain, Cyprien, Lucie, Mélanie, Cécile, Jean-Charles, Florence, Christophe, Michel, Éric, Alexis, Stéphane, Catherine, Odile, Florence, Amaury. Nous n'étions pas celle ou celui qui a un statut social enviable ou de l'argent. On nous acceptait tels que. Nous avons pris alors des mauvaises habitudes car nous avons cru que, rentrés en France, il en irait de même. Nous avions vu un peu trop grand. Mais nous étions persuadés qu'au moins nos deux ans passés en Terre Sainte avait fait évoluer l'opinion que les autres avaient de nous, et naïvement aussi bien qu'égocentriquement nous étions persuadés que le monde avait changé en même temps que nous.

    Pas du tout ! Naïfs que nous étions !

    La plupart des gens y sont obséquieux avec les puissants, les plus riches ou ceux qui sont mis en avant par le système, lèche-bottes et serviles avec tout ce qui représente une autorité, fût-elle grotesquement minuscule, et impitoyables avec ceux qu'ils considèrent comme plus faibles ou moins bien lotis qu'eux.

    Et c'était toujours largement le cas.

    On ne nous écoutait pas quand nous parlions de notre expérience, on regardait avec indulgence nos photos et souvenirs, mais toujours avec un brin d'impatience : « Oui bon, maintenant tu es rentré, hein ! ». « Faut rentrer dans le rang », disaient les autres, qui, s'ils ne le disaient pas n'en pensaient pas moins, c'était une pensée quasiment audible sans trop d'efforts. D'ailleurs peu de gens acceptaient que l'on parle de ce que nous avons vécu, ou en parlaient et d'aucuns même prétendaient mieux connaître les lieux, les personnes, les évènements, que nous avions traversés ou les problèmes auxquels nous avions été confrontés.

    Et c'est eux que l'on écoutait.

    Nous nous sommes aussi heurtés à tous les bons samaritains, les bons apôtres qui ne veulent que notre bien, c'est ce qu'ils disent, nous prodiguant leurs conseils que nous avons bien dû finir par écouter. Partir comme cela, ce n'était pas sage, c'était une fuite, et pour aller chercher quoi ? Peu comprennent vraiment, réellement, ce qu'apporte d'avoir vécu dans cette région du monde, sur cette terre dite sainte, que l'on est bien obligé de reconnaître comme fascinante, que l'on soit ou non croyant. De quoi donc avaient peur ces bons apôtres ? Que notre expérience nous donne un privilège quelconque ? Des droits supérieurs aux leurs ? Était-ce qu'ils étaient jaloux de ce que nous avions vécu ? J'essaye encore de saisir.

    Mais une chose était certaine, l'est toujours, nous étions des inadaptés, des instables, nous avions fui quelque chose d'inavouable c'est sûr, nous étions des inadaptés (en quoi l'adaptabilité maximum à la société, notre société, en l'occurrence des sottises sans pareil, le Fric et la manière de le consommer, est-elle une qualité ? C'est un mystère...). Certes, ce n'est pas tout à fait faux, nous fuyions sans problèmes la société hyper-matérialiste et égoïste qu'est devenue la société française, espérant trouver un peu plus d'élévation spirituelle et un peu d'air aussi, un peu d'humanité en plus. Nous nous sentions à l'étroit, étriqués, pressurés par la routine, mais pas seulement, par les préjugés, nous sommes redevenus des archétypes quand nous sommes rentrés, nous n'étions plus vraiment des personnes.

    Cela ne veut pas dire que l'on ne nous aimait pas ou que l'on nous aimait moins. Mais les personnages qu'on voulait nous faire jouer étaient tellement plus confortables. Et il est vrai que quelques uns nous aimaient simplement bien mal.

    Il en est parmi nous qui n'ont pas tenu très longtemps, qui ont fait semblant un petit peu, de se remettre sur les rails, de rentrer dans le rang, mais c'était intenable et ça l'est toujours. Il en est beaucoup qui sont vite repartis, au Proche Orient, voire pour l'un d'entre nous quelque part vers le Cap de Bonne Espérance. Je l'envie, mais pas tant que ça, car du fait du lien noué entre nous à Jérusalem, je suis un peu avec lui comme les autres qui ont partagé tant de choses. Nous faisons tous comme si les règles étaient importantes, alors qu'elle sont futiles. Nous sommes indociles et c'est ce qui gêne le plus. Ce n'est pas une révolte, nous voulons savoir pourquoi nous devrions adopter tel comportement plutôt qu'un autre, pourquoi nous devrions prêter allégeance à tel ou tel roitelet, tel ou tel petit notable, tel ou tel coq de basse-cour pour être enfin considérés. On remarquera en passant que le Net balance entre deux extrèmes, d'un côté des anonymes hargneux ou trolls, de l'autre le lèchage d'arrière-train semble devenir le sport à la mode, d'un pipeaule ou d'une "célébrité" instantanée du ouèbe.

    La question étant également de savoir s'il est bien indispensable d'être considérés et pris au sérieux par des médiocres ? Je n'en suis pas sûr. Il est aussi légitime d'être un tant soit peu reconnu.

    Il y a dans le livre de Greil Marcus, « Lipstick Traces », des considérations qui rejoignent ce que j'ai ressenti et ressent toujours. C'est quand il parle du « retour à la normale » de l'après-guerre, après 1945, quand les hommes et les femmes ont dû revenir à la routine, et que les pouvoirs les ont incités à reprendre leurs anciens rôles. Une guerre n'est jamais souhaitable, bien sûr, et il est dommage que l'être humain ait besoin de conditions très dures pour le comprendre, mais la fraternité induite par les privations, l'obligation pour les femmes de travailler en usine, avait créé une telle sensation de liberté que beaucoup ont eu du mal à revenir aux automatismes imposés avant le conflit. Cette fraternité était très dangereuse pour la dynamique de consommation de la société industrielle, elle le serait encore plus aujourd'hui, car finalement elle laissait entrevoir très clairement que consommer, acheter, avoir des rêves formatés, tout cela était et est toujours ridicule.

    D'aucuns n'y sont pas revenus du tout il est vrai. D'autres encore se sont tout simplement donnés encore un peu plus en devenant prêtres ou religieuses.

    Nous avons rencontré ces conditions très dures, un pays en guerre, une violence omniprésente, beaucoup de sottise exposée au grand jour, et cela hélas par de nombreux croyants des trois religions monothéistes. Nous n'étions pas très nombreux, nous étions une toute petite minorité, nous avons dû nous priver de certaines choses que nous aimions, de la présence de nos proches. Et nous avons rencontré pleinement cette « communion des saints » fraternelle, pour quelques uns parmi nous, encore un peu plus après une équipée au Sinaï tellement épique, à notre échelle, que nous ne pouvons plus tricher entre nous.

    israel_07.1189296000.ramon-cratere-xx-in-mizpe-ramon-.jpgNous n'étions pas, nous le sommes toujours pas, des illuminés, des fous exaltés cherchant à prêcher l'amour avec un peu trop de fébrilité. Nous avions les deux pieds solidement ancrés dans la terre, dans le réel, comprenant tous que ce qui est important c'est bien sûr soi-même mais aussi l'autre, ce qu'il peut apporter, ce qu'on peut lui apporter. Sans mièvrerie ni grands mots, apporter quelque chose, partager quelque chose ce peut être partager un bon vin, un thé à la menthe, un narghileh, voire même quand nous avions un tout petit peu la nostalgie du pays une entrecôte-frites qui devient sous d'autres cieux un délice exotique, tout comme des bons fromages, délices il est vrai quelque peu surréaliste dans une ville où les interdits alimentaires sont radicalement pris au pied de la lettre. Et qu'une spiritualité aussi haute soit-elle en apparences, et qui ne tient aucun compte de l'autre, ça sonne bien creux.

    Nous ne nous sommes pas mis à parler en langues inconnues, nous ne faisions aucune simagrée comme ces dévisseurs d'ampoules que l'on rencontre de plus en plus dans les paroisses rentrant en transes et balançant des sons sans suite, parfois inarticulés, et qui passent pour mystiques, quand ils prient. Que l'on ne se méprenne pas, nous ne méprisons ni ne rejetons le spirituel dans la foi, pas une seconde, surtout quand il amène à plus de charité et plus d'amour.

    L'esprit de Dieu il nous semblait qu'il était tout autour de nous, il nous suffisait de contempler le désert, et peut-être d'apprendre la modestie. L'Évangile, nous en étions peut-être plus éloignés que les petits enfants que nous croisions à tous les coins de rue, souvent pauvres, et toujours pleins de vie, et de joie, toutes choses perdues à cause de l'avidité à posséder tel ou tel gadget parfaitement inutile et ce dés le plus jeune âge. Nous en étions plus éloignés même que les petits voleurs de touristes (ce n'est pas bien, pas bien du tout) qui offraient le thé le soir à la tombée du soleil.

    Enfin, je pense savoir d'où nous vient cette prétendue inadaptation, cette incapacité à être docile. Nous avons connu là-bas la vraie liberté des "fils de la lumière" dont parle Fabrice Hadjaj, j'ai cette prétention, qui ne sont pas très doués pour la diplomatie mondaine mais vont à l'essentiel.

    Pour tout cela, je n'ai toujours pas envie de rentrer dans le rang...

    en photos, le Sinaï au crépuscule et le cratère de Mizpeh Ramon au Sud d'Israèl (nous y avons dormi deux nuits)

  • Dieux avant les hommes

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    «Parler du désert, ne serait-ce pas, d’abord, se taire, comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages mais de notre silence ?»

    Théodore Monod

    Secret-desert-Saint-Exupery.jpgComme je suis moins sage que Théodore Monod, qui en a lui-même beaucoup parlé, je vais quand même me lancer dans un bavardage qui lui semblerait cependant vain. Lors d'une discussion, quelqu'un m'a demandé pourquoi le désert fascine tant les personnes en recherche de transcendance, les aventuriers. Pourquoi le désert ? Pourquoi le Proche-Orient et pourquoi pas les pays du Nord ? C'est une question passionnante et qui me touche personnellement, moi qui aime tant le Proche Orient et ses déserts.

    Dans un texte de Balzac, un vieux « grognard » de Napoléon raconte ses campagnes à ses petits enfants et il en vient à parler de celle d'Égypte, les gosses lui demandent alors avec insistance de définir ce que c'est le désert, ce qu'on y ressent vraiment. Il répond : « Le désert c'est Dieu avant les hommes », avant le gâchis, avant le saccage de la Création. Les paysages du Jourdain était caractéristique de cette idée, tout en sensualité, en rondeurs voluptueuses, sous un climat d'une douceur incomparable. Cela est insupportable aux imbéciles qui veulent impose leurs vues à leurs semblables, un bonheur selon leur point de vue, un bonheur obligatoire mais complètement arbitraire. C'est à cause d'eux que cette région du monde est une des plus agitées du globe depuis des millénaires. La paix du désert, des oasis, des vallées fertiles, excitent la haine des crétins. Ils ont peur de la beauté sous leurs yeux, de ce qu'ils pourraient ressentir.

    Le désert est aussi l'infini à portée de main, l'origine du monde, un monde que l'on peut croire encore sans souillures, sans la souillure du mal. C'est aussi une comme une utopie en vrai, concrète. Comme le dit aussi Saint Exupéry dans « le Petit Prince » : « J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence…».

    Et pour répondre à la question que l'on me posait, pourquoi le désert ? Parce que comme cet auteur le disait aussi, ceux qui sont en recherche de transcendance, les aventuriers, ne sont jamais contents là où ils sont, toujours insatisfaits, toujours en quête d'autre chose de plus grand et de plus beau qu'eux et la société des Hommes.

    La solitude que l'on y trouve ne mène pas forcément à la sagesse, mais on ne se soucie plus du monde ou de sa routine. On sait qu'on le retrouvera après et qu'il sera tout aussi médiocre, tout aussi désespérant.

    Jordanie03-LeJourdain.jpgD'aucuns ne ressentent plus de bonheur ou de malheur, de souffrances, ils existent simplement pour la première fois et y prennent conscience de leur humanité car comme l'écrit Saint Exupéry encore : «La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle.», et le formidable obstacle qu'est le désert en particulier. Les ermites ne s'y réfugient pas pour accéder à une conscience de pur esprit, mais pour retrouver ce qui est vraiment humain en eux et non se borner à leurs pulsions animales comme tout un chacun, ou leurs pulsions de survie. On peut y ressentir un désespoir infini tout comme un espoir sans limites.

    Et enfin, comme l'écrit Teilhard, « à qui meurt d'amour le désert est le seul refuge ». Et l'on peut mourir d'amour pour une seule personne comme pour toute l'humanité, comme les héros de «L'Atlantide » de Pierre Benoît., tous deux amoureux de leur Anthinéa. Pour lui le désert est une utopie morte : « Aujourd'hui, de la belle île que la mer et les vents faisaient orgueilleuse et verdoyante, il ne reste que ce massif calciné. Seule a subsisté, dans cette cuvette rocheuse, isolée à jamais du monde vivant, l'oasis merveilleuse que vous avez à vos pieds, ces fruits rouges, cette cascade, ce lac bleu, témoignages sacrés de l'âge d'or disparu. »

  • Les croyants qui cloisonnent

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    Article également sur Agoravox

    Sur le net, mais pas seulement, à la sortie des églises aussi, on peut constater sans peine que beaucoup de croyants cloisonnent de façon étanche l'espace entre leur foi et la vie quotidienne, ou leurs opinions politiques, qu'ils soient traditionalistes ou progressistes.

    On ricane doucement quand un naïf rappelle l'Évangile et la radicalité qu'elle devrait entraîner, on lui rappelle gentiment entre la poire et le fromage que bien sûr il y a l'Évangile, que c'est bien joli mais que ça ne vaut 52392_8.jpgplus rien sorti de l'église. C'est un peu ce que l'on a dit à Bernanos une fois quand « les grands cimetières sous la lune » ont paru, on l'a appelé « gros bébé » pour ces raisons, lui croyait simplement que la foi entraîne le croyant dans toute sa vie et non un petit peu par ci, par là. Cela implique bien sûr des sacrifices et amène très loin des salons feutrés où le clinquant domine.

    On monte sur ses grands chevaux quand un naïf propose, quand il entend parler de partage en forçant sur les larmichettes, de donner, par l'exemple, l'argent de ses vacances à une association. On veut bien parler de partage, on veut bien donner deux euros pour une quête (et entendre le "merci" chuchoté avec grâce par le quêteur ou la quêteuse), acheter une part d'étouffe-chrétien aux petits scouts à la sortie de la messe, mais partager vraiment, non, là on entend souvent que les pôvres c'est rien que des fainéants, « aide toi le ciel t'aidera » et tout le reste du discours lénifiant habituel.

    Il était si peu matérialiste que quand il est parti pour le Brésil, il manqua d'oublier la serviette de cuir contenant toute sa fortune sur la plage arrière du taxi l'amenant au bateau. Ou alors, quand on s'aperçut une fois qu'il eût revendu son domaine que le sous-sol d'icelui recelait du pétrole.

    On perçoit la religion comme une morale sexuelle, une hygiène de vie que l'on estime plus saine.

    Certes, ce n'est déjà pas mal. Tout le monde retient toujours ce que dit le Pape du préservatif, dans un sens ou dans l'autre, on le traite de réac ou alors on trouve ça très sain. Mais curieusement, personne ne semble avoir lu la dernière encyclique du Pape concernant l'économie, la société, et le libéralisme, tout comme la doctrine sociale de l'Église, qui s'oppose également au marxisme, surtout car celui-ci est un matérialisme qui contredit à la base la foi catholique, mais ne contredit absolument pas celui-ci sur la simple constatation de l'iniquité originelle du libéralisme. On entend beaucoup de grandes et belles intentions pourtant aux messes, quant aux chtits n'enfants de pauvres, pour qui il faut prier, on prie aussi pour les chtits n'enfants n'africains ou n'indiens mais on ne veut pas voir la pauvreté qui est au seuil de notre porte ou même parfois chez soi. C'est, il faut dire, plus exigeant.

    Pour répondre à une critique qui sera peut-être faite à ce texte : « tu dis ça mais toi non plus tu n'est pas parfait ». Je répondrai que oui bien sûr, je cloisonne, comme tout le monde. Il paraît que je fais preuve d'un certain cynisme et de beaucoup de causticité qui contredisent la charité, l'amour de l'autre qui n'est pas facile. L'autre le plus difficile à atteindre selon moi c'est celui qui prêche de grandes et belles paroles mais ne fait rien, et est au fond un hypocrite, comme ces « décrocheurs d'ampoules » qui ont toujours le sourire comme sculpté sur leur visage mais sont incapables d'un geste humain ou de rêver d'un peu plus d'équité dans ce monde. La plupart du temps, on préfère parler de soi encore et toujours, c'est ainsi que l'on qualifie le mot « témoignage » chez beaucoup de « cathos ».

    Deux nouveaux articles sur Agoravox

    et

  • Hommage à Bruno Cremer

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    Bruno Cremer est mort, il avait souvent incarné des héros qui ont encore un idéal mais qui savent que c'est perdu d'avance à cause de la sottise humaine, mais qui vont quand même jusqu'au bout car c'est tout de même mieux de mourir en homme debout qu'en rat, ou de survivre honteusement.

    Comme dans la "317ème section" de Pierre Schoenderffer, voir ci-dessous, qui faisait jouer des acteurs surtout de gauche dans ses films, ce qui pourra sembler paradoxal aux cons, qui ignorent que les hommes libres se reconnaissent tout le temps, quel que soit leur camp.

    Il a été un des meilleurs Maigret de la télévision si ce n'est le meilleur, et un très bon Louis XVI, pour une fois conforme à la vérité historique.


    La 317ème Section
    envoyé par RioBravo. - L'info video en direct.

  • La harpie et le « souchien »

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    Sunbus-Camera4-RenaultAgoraLGNV.jpgIl ne faudrait pas croire que ce blog sombre définitivement dans le politiquement correct et que l'article précédent avait quoi que ce soit à voir avec d'ailleurs. Il ne faisait que témoigner de mon expérience en Terre Sainte et de ce que j'y avais vécu d'incomparable.

    Il m'a été donné d'assister hier à une scène intéressante qui montre bien le gâchis de toutes les politiques, les angéliques et celles qui ne sont que des coups de com, concernant ceux qui ne sont pas « souchiens ».

    Un monsieur d'un certain âge montait dans un bus quant un jeune garçon « des quartiers », un petit lascar avec casquette et survêt', lui grille la priorité et monte avant lui, évitant de justesse de lui marcher sur les pieds.

    Le monsieur l'admoneste d'un ton paternel, sans animosité :

    « On ne t'a jamais appris, bonhomme, que l'on devait laisser monter d'abord les personnes âgées ».

    Sa mère, entendant ça, et qui était derrière le téléphone vissé à l'oreille, a le sang qui visiblement se met à bouillir :

    « Comment ! Comment ! Qu'est-ce que vous lui avez dit ? Le bus est à tout le monde ! A tout le monde ! Il monte comme il veut ! ».

    La harpie, qui s'était vanté deux minutes plutôt d'avoir balancé un sac poubelle sur les types de la B.A.C, et sur les pompiers, avec son fils, un bel exemple éducatif, en a presque une attaque d'apoplexie, elle est furieuse, elle continue de plus belle :

    « Ah, je vois, c'est du racisme ! C'est un sale raciste lui !! ».

    Le vieux monsieur se défend faiblement, il est terrifié, il marmonne un truc.

    L'autre rajoute : « Ah, ouais, hein, t'est raciste, vieux con ! Heureusement que mon homme il est pas là passqu'il t'aurait foutu une raclée !! Tu t'en serais rappelé, la vie de ma reum ! ».

    Derrière la harpie, une dame s'impatiente pour monter, les autres passagers ne disent rien, une dame qui est derrière geint :

    « Moi, je veux monter, je m'en fiche, j'veux monter ».

    La harpie monte derrière et continue dans la folie furieuse :

    « Tiens, je vais l'appeler, il va venir, il va te casser ta seule gueule de céfran ! Il va te défoncer ! »

    Là, la conductrice du véhicule et deux autres passagers, dont moi, menacent d'appeler la police municipale si elle ne se calme pas, ce qui me vaut d'être injurié, mais sans grande variété, tout comme l'autre personne.

    Cela a l'air de la calmer, et visiblement elle n'a pas l'habitude qu'on lui réponde, elle dit déjà plus bas :

    « Vous z-êtes tous que des sales bâtards de racistes !! »

    Elle va s'asseoir avec son gosse, qui rigole tout en faisant des doigts d'honneur à un peu tout le monde. Elle insulte copieusement les passagers à voix basse, puis essaie de joindre son homme, sans succès.

    Elle ne fait plus que grommeler, mais on sent toute sa tension nerveuse, c'est encore une harpie prête à se jeter sur le premier qui aborde le sujet.

    Le vieux monsieur, tout tremblant, a préféré descendre avant son arrêt, avec sa femme.

    Il pleurait presque.

    Peu importe qu'il y ait des « souchiens » ou non il y a des coups de pied au cul qui se perdent. Donner des droits, c'est aussi donner des devoirs mais cela, personne n'a eu le courage de le dire.

  • Tempête (dans un verre d'eau) sur mon article

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    Sur Agoravox, un de mes articles (j'aggrave mon cas...) provoque une tempête (dans un verre d'eau). C'était le but, excepté un commentaire, il ne provoque pas beaucoup de réflexionde la part de ses lecteurs...

    Un peu d'aide, même anonyme, serait la bienvenue. je ne m'attendais pas à un tel déferlement de haine.

    superdupont.jpg

  • J'aggrave mon cas...

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    ...aux yeux des matamores de l'islamophobie

    415px-Santiago_matamores.jpgEn Terre dite Sainte, où j'ai vécu deux ans comme on sait, j'ai trouvé la violence, la haine, la sottise, mais j'ai aussi trouvé deux peuples remarquables et divers, palestiniens et juifs, qui ont encore des valeurs que nous avons perdues depuis belle lurette. Quant à vous, chers amis matamores, je ne dirais qu'une chose, ils sont meilleurs que vous, bien meilleurs, et ce malgré tout leurs défauts. Vous, vous ne songez qu'à consommer, finalement, derrière toutes vos grandes déclarations de matamores, vous ne pensez qu'au fric, celui-ci vous obsède, comment en avoir plus, comment le consommer. Vos tonitruances naissent de votre frustration de ne pas en avoir plus, et rien d'autres, la culture française, vous n'en avez rien à foutre, vous n'ouvrez jamais un bouquin car « vous n'avez pas le temps », la beauté des monuments de France est le cadet de vos soucis, vous songez surtout au pavillon moche de vos rêves étriqués que vous rêvez de vous faire construire en bordure de ville, en quartier « rurbain ». Quand vous habitez à la campagne, vous râlez contre le coq, les ânes, les autres animaux, le bruit des tracteurs et l'odeur des bouses, comme les « bobos » qui sont votre alibi, le bobo, cet infâme personnage selon vous est votre trouvaille génial selon vous afin de justifier votre inappétence aux choses de l'esprit. Je ne dis pas bien sûr que les bobos n'ont pas de prétentions, mais le fait qu'ils en aient ne signifie pas que avoir des aspirations intellectuelles élevées soit la conséquence d'une prétention.

    J'aime les palestiniens, qui ne sont pas des arabes d'ailleurs, bien que pour vous ce ne soit que des « bougnoules », car ils étaient capables d'accueil sans conditions, du plus riche au plus pauvre, qu'ils ne se souciaient ni du louque, ni de l'apparence, ou du physique, ou d'un statut social. Je ne parle même pas de ces chrétiens palestiniens capables de prier toute une messe en français pour accueillir trois personnes.

    Pour toutes ces raisons, ils sont meilleurs que vous.

    J'aime aussi profondément les israéliens, qui sont multiples, quatorze communautés, et capables d'engager une conversation avec quelqu'un qu'ils ne connaissent pas, juste pour le mettre en confiance, l'accueillir, juste parce qu'ils sont curieux des autres, dans les villes laïques du pays comme Tel Aviv ou Haïfa, pour que l'autre ne se perde pas dans sa solitude. J'ai même rencontré cet accueil à Jérusalem chez l'un ou l'autre, comme cette dame capable de nous recevoir pour Hanukah sans que cela ne pose de questions. Combien de chrétiens invitent pour Noèl des gens qui ne sont pas de leur famille ? Des nouveaux arrivants dans une paroisse ?

    Pour tout cela, ils sont meilleurs que vous eux aussi.

    Leur sens de l'accueil n'était même pas volontariste ou ostentatoire, et je suppose qu'il est toujours ainsi.

    C'est bien pour cela, soit dit en passant que je trouve que la guerre entre ces deux peuples est une guerre d'une bêtise sans nom, et une guerre fratricide, qui touche aussi en premier lieu les chrétiens d'Orient qui sont entre le marteau et l'enclume, chrétiens dont les matamores pseudo nouveaux croisés d'Occident n'ont d'ailleurs strictement rien à fiche.

    Rentré en France, j'ai cru y retrouver les mêmes valeurs, mais en France ce ne sont plus que des souvenirs.

  • « Sugarland Express » de Spielberg

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    Not a fairytale...

    (pas un conte de fées)

    sugarland.jpgJ'ai trouvé ce dévédé dans une « foire aux dévédés » organisée par un supermarché local qui n'arrive plus à les vendre, les gamins, les moins gamins, et parfois les pigeons, préférant télécharger les films sur Internet, du genre à avoir 2500 films sur un disque dur, des films que l'on ne regarde jamais ou que l'on picore, le tout virtualisant un peu plus la culture : les séries télévisées, je ne suis pas contre, loin de là mais il y a des œuvres, je vais encore passer pour un fétichiste, qui méritent qu'on les ait sur son étagère, comme les livres. J'ai été surpris du prix de cette galette, surprenante pour un des bons films de Spielberg. Il faut dire que l'on y trouve ni cul glauque, ni violence gratuite.

    Au cinéma, quand on parle de petites gens on sombre vite sur plusieurs écueils : le misérabilisme, la dérision trop appuyée, la moquerie, la caricature, le mépris. Ou bien l'on rit grassement, ou bien les personnages ne sont guère que des archétypes qui appuient une démonstration. Et l'on ne montre rien, ou surtout des ploucs abrutis ou des débiles riant grassement. Excepté, peut-être dans « Mammuth » où l'on aime bien les personnages décrits, qui ont une vraie substance, qui font corps, comme j'aime bien également les petits vieux que l'on voit dans « Groland ». Ce qui est assez intéressant est que la plupart du temps, les réalisateurs sont largement en deçà de la réalité quand ils décrivent le milieu des petites gens. J'ai habité deux ans dans un petit village où la réalité dépassait largement la fiction, du cafetier ressemblant à un Hercule forain à une des habitantes, vieille dame qui avait eu le temps de sa jeunesse un cœur d'artichaut, plutôt fleur de nave vinaigrette que dame patronnesse. On me dira, il y a des dames patronnesses qui ont moins de cœur que beaucoup de putains.

    Encore une digression des errements sans fin me reprochera-t-on, mais encore une fois ils font sens quand on lit ce qui suit. « Sugarland Express » est un peu comme « THX 1138 » ou « American Graffiti » pour Lucas, un film profondément personnel de Spielberg et non une machine à fric et pop-corn, ce qui n'empêche pas ses blockbusters d'être très bons par ailleurs pour certains. Ce film rappelle « Un monde parfait » de Clint Eastwood.

    Le film est fondé sur un événement réel, qui s'est passé en 1969 dans la région de Sugarland, au Texas. Robert et Ila Fae Dent kidnappèrent un policier etsa voiture. Ils allèrent d'abord à Port Arthur voir la mère de Ila Fae. Mais très vite, 150 voitures de police se lancent à leur poursuite, tandis que les médias s'emparent de l'histoire. L'agent du FBI Bob Wiatt qui négocia avec le couple, fut forcé de tuer Robert d'une balle dans la nuque (celui-ci menaçait l'agent) et d'arrêter Ila Fae, non sans violence.

    Dans le film, Lou Jean Poplin, jouée par Goldie Hawn vient faire évader son mari, Clovis, joué par William Atherton, d'un pénitencier du Texas, elle a pu obtenir soixante dollars pour prendre le bus Greyhound jusqu'à Los Angeles où là le couple pourra recommencer une nouvelle vie, et surtout récupérer leur fils qui est en famille d'accueil. Le plus bête est que Clovis allait être libéré de prison. Les choses tournent mal, après avoir emprunté la voiture d'un couple de retraités, le couple prend en otage un policier, Michael Sacks, et le force à les emmener à Sugarland qui devient un peu pour eux leur pays d'Oz. Leur équipée est sympathique au yeux du public qui prend fait et cause pour les deux fuyards, tout comme le flic embarqué avec eux. Ce ne sont finalement que de pauvres gosses qui n'ont pas eu de chance. A la fin Clovis est tué par un tireur d'élite, et Lou Jean récupère son bébé, Langton, qui juché sur les épaules de son père d'adoption, un citoyen modèle de l'« americana », qui méprise ces paumés que sont Lou Jean et Clovis, avait applaudi à la capture de ses parents, sa mère en pleurant de dépit.

    Ce film n'est pas si loin de « Punishment Park » de Peter Watkins qui montre de même que lorsque l'on s'oppose à l'absurdité de la société libérale-libertaire, quand on est indocile devant la sottise, on en paie le prix. Je préfère le film de Spielberg, les personnes dont il raconte l'histoire sont de vraies personnes, et non des marionnettes placées là comme des pions afin de démontrer une thèse politique.


    Sugarland express - Bande annonce VO
    envoyé par _Caprice_. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

  • Fais-moi mal !!!!

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    Une version originale de ma chanson préférée de Boris Vian, "Johnny fais-moi ma"l, par François Hadji-Lazaro; trop rare sur les écrans comme comédien, aussi bien que celle de Magali Noèl. Et puis c'est quand même un petit gros qui chante...

    Et puis si on peut rendre service pour donner des idées aux couples modernes qui veulent avoir une sexualité moderne ...