Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Tout ce qui est clinquant...

Imprimer Pin it!

« Tout ce qui brille n'est pas or » dit le proverbe.

gold.jpgLe crétin qui roule en « béhème » reste un crétin, l'imbécile en « Alfa » qui passe en trombe dés que le feu passe au vert est bien un abruti, sa sottise n'a rien à voir avec la marque de ses vêtements ou de sa bagnole, ni même avec la décoration de sa résidence secondaire à l'île de Ré. Certes, on peut aussi être pauvre et con, d'ailleurs ne dit-on pas « pauvre con » ? Les cons pauvres envient la vie des cons riches qui eux veulent à tout prix se faire passer pour des cons très simples aux goût de chiottes comme la plupart des cons pauvres, vu ce qui est populaire aujourd'hui. Il y a pire c'est le con riche et célèbre qui prétend détester qu'on le reconnaisse dans la rue alors qu'au bout du compte, il adore ça le coquin petit menteur. Sinon, il n'irait pas en villégiature l'été à Saint Trodpèze ou à Gstade l'hiver. Il y a encore bien pire c'est le « never been » persuadé d'être une stââr et le « has been » convaincu de l'incompréhension du public à son égard.

Il s'en fout, l'andouille, car pour lui, ceux qui le critiquent sont jaloux.

Ainsi Daniel X... célèbre metteur en scène de théâtre, excellent comédien au demeurant, croisé un jour dans un café lillois.

Bronzé comme s'il revenait des Seychelles en plein mois de novembre, la chemise blanche savamment ouverte sur un torse velu, accompagné d'une jeune donzelle en mini-jupe certainement intelligente et cultivée, ça ne se voyait pas de prime abord, qui buvait chacune de ses paroles même les plus anodines : « il fait bô, dehors », « hmmm » répondait-elle en laissant tomber la cendre de sa cigarette dans son Lapsang-Souchong. X... tournait et retournait la tête dans le café, il vit qu'il n'y avait que deux personnes, en l'occurrence un ami et votre serviteur en train de bouquiner. Nous avions bien sûr parfaitement remarqué son manège dans les miroirs aux murs de l'endroit, mais nous avions décidé sans nous consulter oralement, un seul clin d'oeil suffit pour nous comprendre, de l'ignorer complètement pour voir ce qu'il adviendrait.

Prenant des mines, prononçant son nom à haute et intelligible voix plusieurs fois de suite, il se tournait vers nous de sa belle tête de tragédien moderne, souriant de ses dents blanchis pour très cher quelques jours auparavant.

Dépité, il finit par sortir avec sa copine-trophèe sous le bras décidant finalement d'affronter le petit vent frais du Nord. Il ne put s'empêcher de lancer en sortant que « c'était vraiment le désert ici », la preuve, on ne le reconnaissait pas.

frimeur.jpgBien sûr, « y'a quelqu'un qui m'a dit », comme dit ,la poétesse murmurante officielle du régime qui sait prendre des mines d'admiration ou d'étonnement très réalistes elle aussi, quand elle est en sortie, ou plutôt comme elle prononce « Yakékinkimadi », que quand on est en demande d'amitié ou de services, que l'on va mal et que l'on a besoin d'aide, les gens prennent la fuite comme si l'on était porteur de la peste bubonique. C'est tout à fait exact, car ce qui n'est pas clinquant, ce qui ne brille pas, dans notre monde n'est pas respecté, ni même respectable aux yeux du troupeau. Il faut en mettre plein la vue, jeter de la poudre aux yeux des imbéciles grégaires qui adorent qu'on les méprise et qu'on les prenne de haut avec dédain. Il ne faut surtout pas les respecter ou leur parler avec gentillesse, ils vous prennent alors pour un type faible, ou bien un hypocrite, ou se demandent ce que vous allez leur demander en échange, n'imaginant pas qu'un service puisse être gratuit, ne l'envisageant pas une seconde. Il y a aussi tous ceux qui s'imaginent que leur petit niveau, leur petite place au soleil, leur case privée ne peuvent pas être remis en cause car d'une élévation rare, prenant leurs quelques connaissances pour de la culture et leurs certitudes pour des opinions. Ce sont les mêmes qui déplorent encore maintenant le manque de charité des catholiques et leur dogmatisme, et regrettent avec forces hochements de tête leur inadaptation à la modernité.

Commentaires