Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Cinéphilie honteuse – le Reboot de la revanche Les thrillers années 80 avec Eddie Murphy

    Imprimer Pin it!

    Cinéphilie honteuse – le Reboot de la revanche

    Les thrillers années 80 avec Eddie Murphy

    FlicBeverlyHillsaff.jpgGràce au miracle de médiocrité qu'est la TNT j'ai pu paresseusement regarder sans trop me fouler la cervelle la série des trois « Le flic de Beverly Hills » qui vaut pour une ou deux répliques, les deux « 48h », que je trouve un peu mieux. J'ai retenu cette punchline du deuxième : « Si la merde avait de la valeur, les pauvres n'auraient pas de trou du cul, ce sera toujours injuste pour les pauvres, mec ». Les acteurs y ont trois expressions, ce qui fait deux de plus que Stiveune Cigale qui maintenant fait dans la téléréalité citoyenne : il enseigne à des apprentis-flics comment faire une clef aux bras aux vilains et les assommer avec le plat de la main dans la face.

    Donc, dans la première série de films, Murphy est Axel Foley est un flic aux méthodes peu orthodoxes, comme tous les flics des années 80, et il a souvent un ami à venger en se comportant quasiment aussi mal que les truands qu'il est censé poursuivre. Dans le premier, il venge un copain lâchement assassiné, son partenaire qu'il aimait bien même s'il le disputait (le méchant vilain) de temps en temps, dans le deuxième aussi, en plus là on salit la mémoire de son pote, Ronny Cox qui n'a visiblement pas digéré « Deliverance », mais le fourbe est puni ainsi que sa femme de main, la playmate « über alles » Birgit Nielsen, et itou dans le troisième où l'assassin est un homme politique véreux et lâche. L'action y est illustrée par un saxophone ténor assez pénible, une boîte à rythmes et un synthé épileptique. Axel Foley roule en Ferrari, se la joue très années 80, et des filtres pénibles floutent artistiquement l'image toutes les dix secondes. Bien entendu, comme dans les westerns des années 50, les flingues des héros ou des méchants ont des chargeurs de 70 ou 80 balles à la fois, sauf à l'instant crucial de la première fin (il y a toujours DEUX fins dans les films à suspens de cette période) car le héros n'a plus alors que deux balles à mettre dans son chargeur, ce qu'il fait fébrilement tuant quand même le méchant entre les deux yeux, méchant qui passe ensuite à travers une vitre et tombe deux étages plus bas. A la fin, le héros blague avec tous ses potes, souvent une vanne avec « pute » et « salope » dedans, bien « virile », et l'image se fige.

    00783706-photo-affiche-48-heures.jpg« 48h » a un peu plus de classe, « 48h de plus » beaucoup moins. Dans le premier, Nick Nolte est un flic aux méthodes peu orthodoxes (blablabla..., ais-je besoin de développer). Son chef n'est pas content car il n'arrive pas à coincer une bande de truands pourtant un peu neuneu qui ont tué un copain de Nick, avec son flingue encore en plus, t'imagine pas la honte, quoi. Pour s'en sortir, il propose à Reggie Hammond, un taulard combinard, mais gentil quand même, Eddie Murphy, qui a autant d'abattage que lorsqu'il faisait du « stand up » (vous savez le truc à la mode qui laisse croire à tous les djeuns qui tchatchent qu'ils sont drôles en racontant leur vie). Nick Nolte, qui a la même voix que Rambo, normal c'est Alain Dorval qui double, n'arrête pas d'insulter Murphy, et réciproquement, mais finalement au bout du compte ils deviennent super-potes, même si Reggie retourne en taule pour attendre le deuxième volet. La musique est de la soupe à mi-chemin entre le country et du ère'ène'bi de base, on appelle ça de la « truck driver music », elle illustre les bastons et la fin drôlement dramatique quand Nick n'a plus que deux balles dans son chargeur après les rituelles 60 cartouches tirées pour faire joli dans le décor. Comme il y a une toute petite tentative d'actualiser le film noir, c'est presque de la cinéphilie pas si honteuse.

  • Militons sans mirlitons, ni tambours, ni trompettes

    Imprimer Pin it!

    2-photos-people-politique-images-segolene-7-Segomania-chez-les-militants-aout-2006-Segolene-Royal_galleryphoto_paysage_std.jpgJ'ai un peu de mal avec la psychologie militante actuelle, je dis bien actuelle, j'ai bien conscience que sans des militants des époques héroïques je ne bénéficierai pas d'autant de droits que maintenant (ce ci posé à l'intention des militants qui me liraient), que décidément je ne comprend pas. J'ai du mal avec la psychologie de groupes en général et tout ce qui implique de suivre un groupe justement, sans réfléchir et en laissant son libre-arbitre de côté ou son discernement.

    Je suis comme Brassens, « mourir des idées d'accord mais pas trop vite, et pas tout de suite ». Le militant est prêt à mentir pour sa cause ou l'homme providentiel (ou la femme) qu'il défend, quitte à sombrer dans le ridicule ou le grotesque, ou le tragique quand le militantisme confine au sectaire.

    C'est pratique pour les gourous et gourouesses (c'est plus rare mais elles ont le même genre de sexualité exigeante, comme les gourous, elles la conçoivent parfois en groupe) pour s'équiper à peu de frais en électro-ménager et HI FI de pointe sans oublier le Jacuzzi et la douche avec palpeurs intégrés. L'un d'eux avait besoin instamment d'un bain à remous pour deux pour mieux méditer. On promet à peu près n'importe quoi aux frustrés et aux insatisfaits, aux blessés de la vie et ça marche.

    Encore mieux que Conforama.

    C'est renoncer à sa liberté, même si l'on prétend la défendre, c'est travailler seulement pour les puissants, enfin tout est relatif, cela dépend. J'en connais de ces sherpas de partis politiques, jamais, au grand jamais, sur la photo dans les journaux et qui laissent la place une fois les élections remportées aux opportunistes qui savent comment flatter l'égo du notable local. A de rares exceptions, le militantisme est une farce grotesque, il s'agit surtout de sauver l'emploi d'un baron ou d'un petit marquis de ce qui reste de la République. Il existe des militants, et des militantes, capables de se lever à cinq heures du matin pour tracter dés l'aurore devant la gare SNCF, emmitouflés dans leurs écharpes et boudinés dans leurs manteaux étriqués alors que Phoebus ne darde pas grand-chose sur la ville endormie ; ou bien sur les marchés à l'heure ou bobos bios et péquenots locaux n'y traînent jamais les guêtres.

    Souvent, celles et ceux qui tractent sont usés par leurs activités, mais ils continuent d'y croire alors que rien ne change et surtout pas les privilèges des uns ou des autres. Ils sont bien coiffés, la raie bien rectiligne, la chemise repassée, le sourire de rigueur ils sont prêts à faire preuve de pédagogie avec une patience infinie, (patience naissant en fait de leur propre autisme idéologique) pour convaincre les indécis.

    Cela dépend des partis, où les qualités et les défauts et le louque sont différents selon les opinions. Au PS, on porte souvent l'anorak vert ou noir, ou la parka, et le chapeau de gaucho, pour les hommes, les élus ayant le privilège du manteau léonblumesque.

    Les plus insupportables sont les écolos, les verts-pastèques et les « Umpistes », le pire étant dans ce cas les militantes.

    J'ai horreur, une sainte horreur, de la militante écolo, presque autant que d'un ou une européaniste qui essaierait de me faire croire que l'Europe m'apportera la paix, le bonheur et la félicité, à ne pas confondre avec les femmes ou les hommes soucieux de bien vivre et qui sont simplement de bon sens quant au gâchis des ressources, la militante écolo est pour moi une espèce des plus nuisibles, une de mes plus grandes craintes, je me signe rien qu'à la voir approcher, j'invoque le noms des saints, elle est incapable de remettre en causes ses certitudes, psycho-rigide, imbue d'elle-même et de ses opinions, castratrice et cinglante quand on ose la contredire, elle aurait finalement besoin d'une bonne paire de gifles. Elle est toujours ultra-positive, elle rappelle une caricature de cheftaine scoute. Elle aime le naturel, le simple mais elle raisonne sur le sujet comme un créatif de pub pour gel-douche.

    Elle a un mari ou un petit ami qui portera bientôt leur gosse sur son ventre comme les femmes africaines. Il dit oui à tout, il est gentil et effacé, ou bien c'est un nouveau mâle, qui pleure à « Bambi » et regarde les films de filles avec sa compagne et ses copines en pleurant à chaudes larmes avec elles. Elle le traite comme un affreux phallocrate mangeur d'andouillettes et buveur.

    h-3-1468185-1237831219.jpgOn me dira que ce portrait correspond à toutes les épouses ou bonnes filles frustrées et ayant besoin de compenser par autre chose pour sublimer, ceci pour faire de la psychologie de base.

    Les militants UMP sont souvent tout autant insupportables, tout comme ceux du Modem, qui eux, sont infiniment persuadés que le chef a raison de parler dans le désert et parler aux murs (c'est un peu le cas pour tous les chefs politiques il est vrai). On les voit fiers de leur adhésion, grégaires et dociles, hilares en tongs sur les plages en été, hilares sur les marchés, revêtus du ticheurte du mouvement avec le portrait du lideure en pied ou souriant de toutes ses dents retouchées.

    Ce qui me gêne dans le militantisme c'est donc le troupeau, la meute, l'approbation inconditionnelle sans même se soucier des conséquences.


    Les Inconnus - La grève
    envoyé par Mozinor25. - Plus de vidéos fun.

  • "L'année prochaine à Jérusalem..."

    Imprimer Pin it!

    "Si je t'oublie Jérusalem"...

    steanne1.jpgCe petit texte vient du plus profond de mon coeur, de mes entrailles et de mon cerveau, il vient d'un besoin viscéral de faire connaître ces chrétiens oubliés, méprisés et qui connaissent le plus souvent l'indifférence. Il vient aussi d'une grande frustration, je suis revenu en France déjà depuis dix ans, et pourtant, la ferveur, le sens de l'accueil, et la spiritualité réellement solide de ces chrétiens me manquent encore cruellement. Il vient aussi de ma colère. Nous nous berçons de bonnes intentions, de grands mots et d'illusions, nous chrétiens d'Occident encore libres, nous nous passionnons pour des querelles picrocholines et nous sommes incapables de nous fixer sur l'essentiel, et dans ce « nous » je me place aussi.

    Je développe, il est bien sûr indispensable de défendre le Pape et l'Église contre les attaques honteuses du moment, mais il apparaît que dans cette défense, comme j'ai pu le lire sur de nombreux forums, on ne parle pas encore assez des victimes, souvent soupçonnées d'affabulation, et que si les croyants faisaient au lieu de dire encore et encore, l'image de l'Église en sortirait grandie. Au lieu de ça, nous consommons comme les autres, nous nous comportons de manière tout autant égoïste et matérialiste bien que moralisant parfois, nous nous passionnons pour des politiques ineptes, des sujets de société souvent futiles oubliant qui nous sommes.

    J'ai entendu, j'entends souvent, et j'entendrai encore qu'il n'y a pas forcément besoin d'aller à Jérusalem et que l'on prie aussi bien dans une petite église de campagne qu'au Saint Sépulcre. Certes, évidemment, rajouterais-je en espérant que ces constatations ne sont pas dictées par la jalousie. Et dans cette ville, ce ne sont pas les monuments le plus important, de toutes façons leur emplacement est la plupart du temps inexact, mais les personnes rencontrées et ce qu'elles apportent, ce qu'elles continuent d'apporter par leur simplicité dans le sens même des Béatitudes.

    Quant à moi, quant à nous devrais-je dire, je ne suis pas le seul, combien de fois ais-je dû faire face à des personnes certainement animées de bonnes intentions me faisant comprendre que vivre à Jérusalem c'était bien beau mais que ce n'était qu'une parenthèse et que tout devait recommencer comme avant, sur les rails, alors que rien n'était plus comme avant. Que vivre cette expérience change radicalement. Que les personnes croisées sur place, ne fûte-ce que quelques jours, sont les seules à pouvoir la comprendre vraiment, celles-ci seraient-elles aux antipodes de mes opinions. Que celles et ceux qui ont vécu cela en même temps que moi sont pour moi comme des amis de très longue date.

    Les chrétiens n'ont pas de pélerinage obligatoire, c'est tout à fait exact, rien qui les force à aller là-bas.

    PHOTOLISTE_20090616173735_israel_jerusalem_st_sepu_500_.jpgPourtant, à Jérusalem, on ressent plus qu'ailleurs l'universalité de la Foi et que quelque chose de fondamental s'y est passé et s'y passe encore. Le soir, sous les étoiles, il ne m'était pas difficile de penser à ceux que j'avais laissé en France, ils étaient si proches. Et pourtant la sottise, la violence et l'ignorance semblent régner sans partage sur cette ville qui entretient chez beaucoup leurs fantasmes de destruction, de pouvoir et de fin du monde qu'ils vont jusqu'à souhaiter, les imbéciles, refusant de sentir la douceur de l'air, du mode de vie et du paysage de Judée, ayant pour la plupart les yeux grands fermés. Ne voulant pas voir la beauté, ils blasphèment de fait, diabolisant la création qu'ils savent pourtant être divine. La beauté est même dans le chant lancinant des muezzins le soir du jeudi saint, car leur chant était comme l'écho, largement amoindri, de la souffrance du Christ, de celles des hommes coupés de Dieu, alors que nous l'écoutions en silence à Gethsémani.

    Les chrétiens occidentaux qui sont à Jérusalem n'y sont pas en reste, les uns ignorent totalement l'existence des chrétiens d'Orient et des églises arabes, qu'il y ait des chrétiens arabophones les dépassent même, les oubliant d'ailleurs lors de la venue du Pape en Terre Sainte en 2000 comme j'avais pu le constater (les places au premier rang étaient toutes réservées aux copains des uns et des autres), ou les assimilant à des « collabos » ou encore à des survivances folkloriques sans intérêt comme les indiens d'Amérique, ignorant que ces chrétiens le sont depuis plus longtemps que les catholiques d'Europe et les protestants des États Unis, les autres se partagent entre un sionisme ou un soutien aux palestiniens à la limite de l'autisme voire complètement autistique. Ils en viennent à acclamer le terrorisme du Hamas ou l'offensive de Tsahal à Gaza.

    Sans parler de l'inconscience de quelques groupes, confinant la plupart du temps à la bêtise, on les voyait traverser la Vieille Ville palestinienne en chantant des chants hébreux, sans savoir que les psaumes qu'ils chantaient sont aussi des chants hyper-nationalistes qui ne faisaient qu'exciter un peu plus la haine. Des participants d'un rassemblement de jeunes croyants étaient allés se faire plaisir ainsi, prenant la Terre Sainte pour un Disneyland biblique, sur la place de Jéricho provoquant ensuite, sans le vouloir, des émeutes et des morts car réveillant la haine.

    pt26545.jpgLes chrétiens occidentaux parlent beaucoup d'accueil, de partage, de l'étranger, de l'autre, de sa souffrance, bien qu'ils soient incapables de la percevoir chez les personnes qui leur sont le plus proche la plupart du temps, la souffrance lointaine a ceci de confortable qu'elle n'implique pas autant d'actes. On se gorge de discours et de sermons enflammés, de conférences exaltées, on lève les mains, on communie dans l'affectivité la plus grégaire, et puis ensuite ? Ensuite on rentre dans le rang.

    Depuis dix ans, j'ai parfois comme le sentiment d'être au Purgatoire, de payer toujours et encore ces deux ans de liberté, ces deux ans proche de ces chrétiens d'Orient, loin de la sujétion obligatoire aux banques, à la consommation et à l'argent-roi, au troupeau qui est en furie dés qu'une seule tête de bétail dépasse du lot. J'en souffre à m'en écorcher les chairs, les poings serrés de rage impuissante.

    Les chrétiens orientaux ne se posaient pas autant de questions, ils ne parlaient pas d'accueil, ils accueillaient, sans aucune mièvrerie, ils ne compassionnaient pas avec des larmes de crocodiles à la souffrance de ceux qui ont mal, ils tendaient la main sans aucune sensiblerie, contrairement à nous qui nous donnons souvent beaucoup de bonnes raisons, toujours très humanistes, pour ne pas le faire. Je ne supporte plus ces mensonges, cette tricherie avec la vérité du coeur et de l'esprit.


    DOCUMENTAIRE JERUSALEM( S) 4
    envoyé par DOCUMENTAIREROOTS. - L'info internationale vidéo.

  • Le Dimanche des Rameaux des chrétiens d'Orient

    Imprimer Pin it!

    Les chrétiens d'Occident aiment les mignardises, les grandes déclarations qui ne font pas trop de mal, les pleurnicheries, parlent de beaucoup de choses mais oublient leurs frères et soeurs dans la Foi d'Orient, excepté de temps en temps une petite prière pleine de sensiblerie. Même d'aucuns amassent sur l'Église des soupçons nauséeux...

    Mais d'acte, il n'y en a jamais. On va à la messe comme au spectacle, on s'y montre et une fois sorti on oublie tout. Cette petite vidéo rafraîchira la mémoire de ceux qui oublient les croyants persécutés un peu partout. Je me souviens quant à moi des Rameaux à Jérusalem, tant de ferveur, de joie et de communion des âmes non feinte me manquent chaque année depuis mon retour.

  • Mystique des parisiennes

    Imprimer Pin it!

    Sur le Ring aussi

    à propos de « Requiem pour Yves Saint Laurent »

    de Laurence Benaïm qui a aussi écrit « Yves Saint Laurent » paru en 1992

    « Sur le visages des hommes et des femmes, je vois Dieu. Si tu veux me revoir, cherche moi sous tes pas »

    Walt Whitman

    ysl-deneuve.jpgUne manière d'épitaphe pour Yves Saint Laurent prononcée par Catherine Deneuve à l'enterrement du couturier (pas de tiret entre le Saint et Laurent ainsi qu'il le rappelait souvent comme nous l'apprend Laurence Benaïm).

    Au départ, la lecture de cet ouvrage peut agacer, par la description d'un milieu ultra-codé, très fermé et hyper-élitiste. On se sent exclu très vite. C'est aussi un milieu tombé en décadence, qui a perdu de sa splendeur et de sa grandeur passée. On songe à la scène de bal dans « le Bal des Vampires », des vieux beaux beaucoup plus disgracieux qu'au temps de leur splendeur, des belles de jour et de nuit ayant perdu toute idée réelle du chic, des dames pipi en vison, des fripées en mini-jupe en cuir, le festival de la ride et du repli caché, du double menton camouflé sous plusieurs couches de fond de teint. Ou l'excellente comédie noire des années 90, avec Meryl Streep, qui campera plus tard Anna Wintour, « La mort vous va si bien ». Pourquoi vouloir l'éternité du corps et du louque alors que comme dirait l'autre (Woody Allen) « l'Éternité c'est long, surtout vers la fin ».

    Soyons clairs, certains me trouveront cruel, je le suis peut-être, mais la mode est un monde cruel. Et elle ne pardonne pas les faux-semblants et les trucages.

    Le chic, l'élégance n'ont rien à voir avec le physique ni même l'âge, mais la faculté de porter telle ou telle chose et que cela aille sans que l'on se pose de questions. Il est des femmes qui seraient chic en sac à patates, dont le port et le maintien sont merveilleux en jean. C'est une question d'âme le chic, de belle âme, de passion et de coeur, pour les autres, il vaut mieux avoir fait de la danse classique plus jeune : on n'en dira jamais assez les bienfaits quant à la beauté des gestes féminins. Loulou de la Falaise est de ces femmes, muse du couturier, qui a ce chic ; ou Marie-France, en trichant un peu, qui partage beaucoup de choses dans son histoire avec Saint Laurent.

    Le consumérisme y a comme partout tout envahi, y compris l'amour, les dames des défilés font une grande consommation de toy boys ou girls tant qu'elles en ont les moyens.

    Le personnage était infiniment parisien, ce qui peut paraître étrange car il est né à Oran, en l'occurrence sur la frontière entre l'Europe et le Maghreb, l'Orient et le Ponant, le féminin et le masculin ; un petit garçon émotif et hyper-créatif, blessé par sa mère. D'elle il dira, « Parler d'elle c'est comme extraire de mon coeur une substance qui me fait mal », dans un entretien avec l'auteur de ce livre. Il a été grouillot chez Dior où il s'est vite fait remarquer par le patron descendu de son Olympe, Lagerfeld également a été de ces grouillots des maisons de couture et Jean-Paul Gauthier aussi. Non loin de là un autre futur grand couturier débutait lui aussi l'ascension de la montagne divine, à moins que ce ne soit un miroir aux alouettes. Les parisiennes ont leur Dieu, le style, leur déesse, la mode, et plusieurs prophètes dont Saint Laurent.

    Les parisiennes ont leurs temples tout près de chez elle ce qui leur permet de pratiquer leur religion en toute sérénité, le shopping. Les parisiennes sont souvent des filles pressées, en mini-jupe pastel, en pantalon « Vichy », les cheveux dénoués, courts ou en catogan, elles courent dans toute la ville, ne s'arrêtant que pour un « Vittel menthe » à la terrasse d'un café de Montparnasse ou de la rue de Rivoli, fumant comme des militaires en permission sans pour autant sentir le tabac. Elles voudraient nous persuader également qu'elles n'utilisent jamais les lieux d'aisance, une princesse n'en ressentant jamais l'utilité réelle.

    Il est charmant d'accompagner une parisienne dans cette occupation qui leur prend pourtant beaucoup de temps à toutes, de trois à quatre heures. Elles vous en seront gré car cela leur permet de dévaliser un peu plus les rayons des magasins, grands ou petits et de croire que le petit « 36 » qu'elles ont mis en haut de la pile leur va très bien. C'est comme un bain de féminité pour le porteur presque perdu dans les parfums qui se croisent, les gestes légers des jolies femmes au-dessus des étoffes, la douceur de celles-ci et leurs couleurs.

    On retrouve cette sensualité diffuse, extrêmement féminine dans les marchés d'Orient, et parfois les mêmes senteurs, ce n'est pas une coïncidence, Yves Saint Laurent s'en souviendra plus tard en créant ses parfums : « Opium » et « Eau de Majorelle ». Cette ambiance, c'est ce qui permet de pardonner toute cette attente pour des chiffons, somme toute. Et les parisiennes sont souvent infiniment attirantes ce qui fait qu'on leur passe leurs caprices. Ce sont des petites filles qui font la moue, voire la lippe, quand elles n'obtiennent pas ce qu'elles veulent, des petites filles en jupe droite, petit pull léger avec un foulard imprimé à peine coloré et des escarpins qu'elles aimeraient toujours de chez Louboutin qui leurs donnent la cambrure que l'on apprécie quand on les prend par la taille, certes. Ils sont nombreux à avoir dessiné petit à petit son image, Givenchy, Chanel, Dior, et Saint Laurent.

    « Je suis tombé amoureux de Paris » a de toutes façons dit l'ancien gamin d'Oran ce jour de janvier 2010 où il reçoit les insignes de chevalier des Arts et Lettres.

    Cela lui permettait d'aimer toutes les parisiennes en même temps. Certains se sont choqués qu'il puisse être décoré pour son oeuvre, du fait de la futilité de la mode, de sa volatilité. Souvent, c'est ce que l'on reproche aux français à l'étranger, et de plus en plus chez eux, d'être futiles, d'accorder beaucoup trop d'importance à ce qu'ils mangent ou ce qu'ils boivent et aux vêtements des femmes, de faire des enjeux existentiels de ce qu'écrivent les écrivains, ce que filment les réalisateurs, quand d'autres voudraient que ces activités ne soient rien d'autres que bêtement fonctionnelles, performantes et hygièniques. Et même Pierre Bergé se laisse aller à la polémique nauséeuse.

    Avec Saint Laurent, c'est tout un monde qui disparaît, remplacé par une Cosmopolis sans âme, ni beauté, où les jolies filles ne sourient jamais et ressemblent dans les pages des magasines à des adolescentes névrosées à peine pubères, tandis que les femmes du couturier sont de vraies femmes.

  • Gonzo-lectures : Hunter Thompson et Lester Bangs

    Imprimer Pin it!

    Sur le Ring aussi

    A propos de...

    « Hunter S. Thompson : Journaliste & hors-la-loi »

    de Willia Mackeen (Auteur), Philippe Manoeuvre (Préface)

    « Lester Bangs mégatonnique rock critic »

    de Jim DeRogatis (Auteur)

    Deux livres édités chez Tristram (ainsi que les deux recueils des critiques de Lester Bangs) qui est décidément un très bon éditeur, rappelons que ce sont eux qui rassemblent progressivement l'intégrale des nouvelles de J.G. Ballard (Je n'ai pas d'intérêt chez eux et ne touche pas de royalties).

    lester.jpgBien sûr, cela engendre un sentiment assez bizarre de parler d'un rock critique cultivé et allumé, fondateur du mythique "Creem" et du créateur joyeusement mégalomane et barré du gonzo-journalisme d'une paisible petite ville de provinces sans trop d'histoires excepté les ragots nauséeux et commérages habituels (on y trouve toujours un vieux magistrat obsédé sexuel, un ecclésiastique ou du genre onctueux ou bien jeune et dynamique adulé par toutes les vieilles filles du coin etc...). On peut gloser un peu partout sur tous les sujets, j'adore moi-même gloser, je glose, je glose c'est tout ce que je sais faire diront les mauvaises langues, mais il y a des lieux où ça devient franchement surréaliste. C'est un peu comme parler de morale à Jérôme Kerviel et ses copains. Et pourtant, aujourd'hui, il fait un vrai soleil californien dans mon bled de l'Eure d'où je vous écrie, bien-aimés lecteurs, un vrai soleil pour décor en carton-pâte et piscines bleue fluo.

    Le journalisme, et l'écriture, « gonzo » c'est d'assumer sans aucun scrupule ni remords une parfaite subjectivité, même une ultra-subjectivité. Paradoxalement, c'est un journalisme extrêmement honnête car le journaliste « gonzo » explique les raisons de sa subjectivité et il finit par donner de la réalité une image plus vraissemblable que les auteurs d'articles réputés plus raisonnables alors qu'ils sont tout autant soumis à leur subjectivité et beaucoup plus dans un moule strict. Il est officiellement inventé par Bill Cardoso mais à mon sens il trouve ses racines dans la « non-fiction » mise au point par Truman Capote, et magnifiée, dans « De Sang Froid ».

    Je ne sais donc plus où donner de la tête depuis quelques jours, avec la parution coup sur coup de cette biographie d'Hunter Thompson, grand barjot devant l'éternel, alcoolique, drogué et bon écrivain, et inventeur d'un nouveau journalisme, alors que d'autres se contentent d'écrire comme au bon vieux temps de Théophraste Renaudot, et de la réédition de deux volumes de critiques de Lester Bangs et d'une biographie de cet autre dingue pour tout le monde, enfin, dingue, c'est le catalogage facile de ceux qui restent dans les rails, qui disent « bonjour » à la dame et traversent dans les clous, car il reste d'une pertinence jamais égalée sans doute quant à la critique musicale moderne, flairant les escrocs et se moquant du commercial. Lester Bangs, qui ressemble à Franck Zappa et par le physique et par l'excentricité, s'est rarement trompé et était sceptique, entre autres, quant aux mouvements hippies et communautés sous la coupe de gourous ayant toujours de forts besoins sexuels, ceux-ci on le remarque ont toujours une sexualité exigeante, et ce dés les premiers temps du « Summer of love ».

    On était loin de l'été de l'amour légendaire, c'était surtout une période de faste pour les dealers et les mâles alphas de base qui pouvaient enfin assumer leur tendance à la phallocratie et surtout à la polygamie, ainsi que le montre sans le vouloir Alain Dister dans son livre de souvenirs et journal des tribulations d'un petit bourgeois friqué au pays des baba-cools. La figure de Lester est légendaire, on le voit, ou plutôt son incarnation par Philip Seymour Hoffman, dans l'excellent « Almost Famous » de Cameron Crowe qui est un comme un souvenir pieux et coloré de ses années de liberté et d'insouciance, peu après tout le monde s'étant souvenu que seul le fric compte vraiment dans la société spectaculaire qui est la nôtre. Finalement, c'est bien cela, c'était l'adolescence de la société hyper-consumériste actuelle, les années soixante et les années soixante-dix.

    f__k_still_hunter_thompson_small.jpgThompson aimait bien tirer au fusil à pompe sur des cibles diverses le soir à la veillée et avait demandé à ce que ses cendres soient projetées d'un canon, ce qui fût fait à Aspen, Colorado. Il multipliait les paradoxes, en avait plein son jardin secret, il était totalement indocile, ce qui me le rend immédiatement sympathique, et aimait bien l'armée, conchiait les conservateurs mais maltraitait aussi les gauchistes balayettes et les libéraux-libertaires bientôt recasés dans les affaires ou dans la pub, quand ce n'est pas dans l'administration. Il aimait bien les années 60 qui pour lui se terminent quelque part avant la fin de la guerre du Vietnam et peu après l'assassinat de Sharon Tate, dont les coupables sont une douzaine de tarés menés par leur gourou dégénéré (pléonasme), une bande de fous dangereux que tout le monde à Beverly Hills laissait entrer dans les domaines ultra-luxueux car c'était « hype » et ça faisait tellement bien pour la clientèle jeune. Hunter a vécu à Cuba, où il a bu beaucoup de rhum et confectionné de nombreux « daïquiris », rhum, sucre, le jus d'un demi citron vert, un peu de marasquin, de la glace pilée, le tout au mixer, servir frappé, et de « Cuba libre », du rhum blanc, du cola, un demi citron vert et là aussi beaucoup de glaçons (Bien sûr la consommation de coquetèles c'est très mââââl), et fait ses premières véritables armes en écriture après quelques articles pour une revue de l'armée américaine où il passe déjà pour un emmerdeur de première doué et sûr de sa valeur. Bien sûr, il n'a jamais eu là-bas de relations hiérarchiques quelconques avec les gradés ou semi-gradés.

    Il lui est venu ensuite l'idée stupide quand on connaît la fin de l'histoire (il se fait casser la figure) de vivre avec des « Hell's Angels » peu porté sur l'auto-dérision et la remise en question des certitudes, en plus un « Hell Angel » c'est très suceptible. « La Grande Chasse au Requin » et « Le nouveau Testament Gonzo » rassemblent ses textes et points de vue parus dans différents organes de presse dont « Rolling Stones » et « Newsweek », il y suit les campagnes présidentielles de sa manière toute personnelle. Les années soixante et un peu des années soixante-dix y sont quelques peu démystifiées. On y retrouve les mêmes constatations amusées et un rien désabusées que chez Joan Didion, dont les textes sur ces années là sont tout aussi fabuleux.

    philip-k-dick.jpgEt dans le même temps il aime autant ces deux décennies, celle des illusions et celle des désillusions, que Philip K. Dick pour qui elles n'ont jamais finies comme il le prétend quand il raconte sa crise mystique de 1974 qui lui inspire « Radio libre Albemuth ». A moins qu'il ne se foute du monde et ait trouvé l'explication la plus abracadabrante qui soit pour justifier sa concupiscence à l'égard de la fille qui lui amenait des calmants de la pharmacie voisine.

    Ou pas.

    « Las Vegas Parano » est plus sombre que les deux recueils sus-nommés, le livre, censé narrer l'incapacité de Thompson à couvrir une course moto se déroule à Las Vegas, il y détruit une ou deux chambres de palace avec son compère, qui est aussi son avocat (il ne doit pas avoir besoin de beaucoup d'autres clients vu les excentricités du journaliste), ils se droguent et boivent de trop, collent une trouille bleue à un auto-stoppeur plein de bons sentiments. Ils voient des oiseaux de proie au-dessus du désert qui mène à la capitale du Nevada, certains fondent sur leur voiture, une Cadillac de location. Cest bien de mauvaise augure, car finalement ce que finit par décrire l'auteur, c'est l'effondrement progressif de la société des « baby-boomers » et l'avènement du festivisme obligatoire, comme le « kick-off » d'Oprah, le genre d'évènements qu'il aurait détesté : des milliers de personnes se sont rassemblés sur Michigan Avenue à Chicago à l'initiative de la grande prêtresse des talk-show US et ont procédé à une grande effusion grégaro-sentimentale à la noix, on s'embrasse, on s'aime tous, et en plus on passe à la télévision, le même genre d'effusion qu'au moment de l'élection d'Obama ou lors de l'élimination d'un candidat décérébré pendant un loft télévisuel. Le troupeau se drogue à la sentimentalité de masse et a besoin de sa dose de bons sentiments hebdomadaire, au minimum, ensuite, en politique, en religion aussi on aime bien ce genre de grands rassemblements, voire pour rien ou pas grand-chose, ainsi les « flash mobs ». Hunter Thompson rejoindrait Philippe Muray dans sa description de l'« homo festivus » actuel qui fait la fête pour tout et n'importe quoi afin d'éviter, surtout, de réfléchir par lui-même ou de se soucier du reste du monde.

    Le ciel javellisé est toujours aussi clair au-dessus du toit en zinc du bureau d'où j'écris. Par les baies vitrées, on voit au loin, derrière ce qui reste vert dans les creux et replis de la vallée de la Seine, un amoncellement d'immeubles aux vitres « mercure » comme les « Ray ban » d'un flic de série « B » américaine, des non-lieux qui grignotent un peu plus chaque jour l'espace. Je ne sombre pourtant pas dans la mélancolie pour autant.

    On peut regretter ces époques vécues par Lester Bangs ou Hunter Thompson, où dans les feuilletons ou les films, les héros comme les méchants fumaient comme des pompiers, buvaient comme des trous, ou ne respectaient pas les quotas maintenant obligatoires de didactique bien-pensante que se doit de comporter tout long ou court ou moyen métrage : manger cinq fruits et légumes par jour, affirmer bien clairement que la cigarette c'est mâââl et j'en passe et des meilleures. Les jolies femmes ne se sentaient pas obligées de se torturer pour conserver leur physique pré-pubère, elles avaient des hanches, de la poitrine et n'avaient pas honte d'être callipyges.

    Et on peut aussi réinventer le présent.

  • Georges Tron ne veut pas être déraciné

    Imprimer Pin it!

    Elle est bonne, non ? Rassurez-vous, je vais essayer de toutes les faire...

    georges-tron.jpgLa jeune pousse du gouvernement, enfin je veux dire la souche, Georges Tron, ne veut pas subir de déracinement. Les roseaux pensants du président, qui paraît-il est en froid avec sa plante en pot, n'ont pas perçu le scandale avant de lui conseiller cette bouture sur les ministres de François Fillon qui contrairement à Jean-Louis Borloo s'arrose très peu. A la décharge du président, si j'ose dire, il faut dire qu'en déplacement, on désherbe autour de lui, on y va à la hache, et qu'il se retrouve souvent le seul bouleau du jardin, ce qui lui donne l'impression trompeuse qu'il est un chêne.

    Tron ne voit pas le problème à habiter une serre de près de 120 mètres carrés en plein milieu du jardin extraordinaire de la capitale, pas une serre en contreplaqué, c'est plutôt du bois précieux. Je suis certain que ses patrons à l'Élysée comme à Matignon se seraient bien passé de cette ortie surtout après la tempête (dans un verre d'eau) de dimanche. Alors que la déforestation continue, on nous promet de replanter à tout va, et que, même, le replantage a déjà commencé, d'aucuns se croyant à l'abri ont sorti leur rameau d'olivier. Il faut dire qu'arracher une vieille souche, ça coûte du temps, de l'argent et de l'huile de coude, surtout si les racines sont profondes et descendent jusqu'à celle du vieux Baobab Chirac, certains ont tenté de s'y attaquer mais ils y allaient à la machette et n'avaient même pas de tronçonneuses. Les bûcherons, ou prétendus journalistes, s'époumonnent mais ils ne sont pas très nombreux à vouloir en faire du bois de chauffage, du Tron. C'est un peu la même chose quand ils parlent de la jolie plante d'intérieur (quand elle est apprêtée et correctement arrosée, sinon on voit un peu trop les ravages des herbicides et des plantes botuliques qu'elle reçoit en injections) qu'il a épousé, ils n'osent rien dire, ils restent non pas de marbre, mais de contreplaqué (le marbre serait encore une matière trop noble pour leurs pensées de carpettes).

    Nota Bene : J'en ai un peu marre de tous ces planqués, copains et coquins, qui se réclament tous de la République, donc du Bien Comun, alors qu'ils n'en ont rien à foutre, et qui oseront répéter que les privilèges ont été abolis la fameuse nuit du 4 août 1789. Il n'y a pas que Georges Tron puisque des personnalités de gôche profitent tout autant des HLM et ILM de la ville de Paris.

  • Comprendre le festivisme, relire Philippe Muray

    Imprimer Pin it!

    HOMO FESTIVUS, texte de Philippe Muray

    amiens_1.jpg"C’est une allégorie, un mannequin théorique. Il est l’ombre conceptuelle portée par les masses festives mises en jeu dans On ferme.

    C’est l’homme de la fin de l’Histoire, qui ne nie plus rien hormis la fin de l’Histoire. Cette contradiction se retrouve exprimée, en tout ou partie, chez certains personnages d’On ferme. L’homme qui ne nie plus n’a plus d’avenir. Il n’est plus le temps historique (Hegel). Homo festivus est pleinement satisfait par le nouveau monde homogène, mais, pour se donner l’illusion d’avoir encore un avenir, l’instinct de conservation lui souffle de garder auprès de lui un ennemi, un opposant absolu qui, parce qu’il s’oppose à lui absolument, lui permet de se croire lui-même vivant. Cet opposant (en France le Front national, Le Pen ; plus généralement le néo-fascisme, le racisme, etc.), c’est lui qui empêche Homo festivus de n’être plus que pure animalité en accord avec le donné.

    Tant qu’il n’y avait pas identité entre monde et homme, il y avait Histoire. L’identité d’Homo festivus et du monde hyperfestif révèle la fin de l’Histoire. Cette identité supprime le désir qui avait fait l’Histoire. Cette fin n’est le nouveau commencement de rien. Les négateurs de la fin de l’Histoire sont ceux qui ont aussi le plus fait pour qu’elle s’arrête, en combattant la négation qui est la possibilité de sa perpétuation. L’individu qui clame que l’Histoire n’est pas finie tout en luttant contre les résidus de barbarie qui la faisaient exister est un personnage comique de notre temps.

    Après la fin finale du conflit maître-esclave, plus loin que la réalisation de la reconnaissance mutuelle, dans la situation d’égalité absolue de la fin de l’Histoire, l’Histoire continue sous forme de farce avec le pathos de la lutte pour la reconnaissance. La fiction de la lutte pour la reconnaissance est maintenue. Elle produit une sorte de néo-chant épique dérisoire.

    Le post-humain est quelqu’un qui se croit libéré des dettes que ses ancêtres pouvaient avoir envers le passé et qui file sur ses rollers à travers un réel dont la réalité ressemble à du carton-pâte (parc d’abstractions). Il est désinhibé à mort, il fait la fête, mais il ne rit pas parce qu’il est plus ou moins retombé en enfance et que le rire suppose un fond d’incertitude dont l’enfant a horreur."

     

  • Simone Veil reçue à l'Académie

    Imprimer Pin it!

    La dernière pensionnaire de l'hospice (sur le Ring)

    87275_une-veil2.jpg

    En 1922, André Jacob se marie avec Yvonne Steinmetz à Paris. Ils partent pour Nice en 1924. Simone Jacob, bientôt Veil, est la plus jeune d'une fratrie de quatre enfants, les trois autres étant Madeleine, Jean et Denise. Jean ne survivra pas à la guerre. Son père est architecte qui ne connait pas une grande réussite, et la mère s'occupe de ses enfants comme mère au foyer, puis devient nourrice au sortir de la crise économique des années 1930 qui les laisse sans le sou.

    En 1940, les enfants sont envoyés non loin de Carcassonne, où ils habiteront quelques temps chez un oncle et une tante. De retour à Nice, la famille subit les lois anti-juives de Vichy. Lorsque les nazis prennent le contrôle de la zone en remplacement des italiens, le danger devient de plus en plus tangible. Elle est arrêtée le 30 mars 1944, le lendemain de l'obtention de son bac, et est déportée à Ravensbrück après avoir fait un transit à Drancy. Son père et son frère déportés en Lituanie ne survivront pas. Elle poursuit après la guerre des études à la faculté de droit de Paris et à « Sciences-Po ».

    Qu'a écrit Simone Veil de remarquable pour mériter l'Académie ?

    Rien de comparable, philosophiquement ou littérairement, à l'oeuvre de son homonyme, à la vie beaucoup plus passionnante. Bien sûr, l'on ne peut qu'admirer son courage pendant la guerre, et après, il faut une capacité de volonté remarquable pour réussir pareillement après avoir subie de telles souffrance, et respecter les terribles souffrances qu'elle a enduré en déportation, et dont elle a été sauvée « in extremis » par l'arrivée des alliés, mais ensuite elle fait carrière, somme toute, et finit comme n'importe quel notable. Elle reste la femme politique la plus populaire auprès des français.

    Elle sort son autobiographie, « Une vie » en octobre 2007. Le livre se vend très bien sous nos cieux éclairés, il part à 550 000 exemplaires. Il obtient également le Prix des Lauriers Verts en 2009, ce qui est somme toute prophétique.

    Qu'a fait Simone Veil de remarquable ?

    Certains diront la loi sur l'IVG qui aura, selon eux, contribué à la libération des femmes qui maintenant peuvent choisir le moment de leur grossesse, d'aucuns pourront objecter que cette loi fait souvent de l'enfant une chose que l'on s'offre, et qu'elle favorise finalement l'eugénisme. Elle soutient Sarkozy en 2007 tout en émettant des réserves cependant sur la création d'un ministère de l'intégration et de l'immigration.

    A quoi sert l'Académie Française de toutes façons ?

    Pourquoi ce nom d'Académie Française ? « C'est la question que tout le monde se pose, sauf les académiciens français qui s'en foutent du moment

    qu'ils n'ont pas froid aux genoux... » comme l'explique Pierre Desproges dans un de ses réquisitoires, coincidence, celui contre Jean d'Ormesson qui réceptionne Simone Veil à l'Académie. Elle est invitée à y sièger par François Jacob et Maurice Druon en 2008, au fauteuil de Pierre Mesmer, il lui aura été difficile je suppose de faire l'éloge de ce politique qu'elle détestait, fauteuil occupé à l'origine par Jean Racine qui bien qu'excellent tragédien était aussi un lèche-cul de premier ordre.

    Cette institution ne sert strictement à rien, ou plutôt si, à offrir une retraite confortable et des activités enrichissantes culturellement aux seniors de la politique française, du monde des sciences ou de la littérature qui n'en ont jamais fini avec le dictionnaire, quarante papys verts « en habit de zorros » qui n'incitent pas toujours à la gérontophilie. A l'origine, il s'agissait de préserver la langue française et son influence, en privilégiant les jeunes talents ou ceux qui ne bénéficiaient pas de réseaux. C'était aussi le but du Goncourt, au départ, favoriser l'éclosion des jeunes talents. On ne peut pas dire pourtant, depuis quelques décennies, que les académiciens et les prix Goncourt soient des perdreaux de l'année.

    La suite sur le Ring

  • Le « jeu de la mort » entre Tartufferie et racolage

    Imprimer Pin it!

    J'ai regardé hier « le jeu de la mort », le documentaire de Christophe Nick, journaliste et producteur, qui n'a pas arrangé ma misanthropie et ma légère tendance à la causticité ou jeudlm.jpgl'indocilité.

    Pour dénoncer les méfaits de la téléréalité, entre autres, le producteur a reconstitué l'expérience de Milgram menée de 1960 à 1963 : un quidam, « le professeur », pose des questions à un comparse des scientifiques, « l'élève » sur une liste de mots qu'il est censé avoir mémorisé juste avant, ce qui est quasiment impossible, et lui envoie des décharges électriques -fictives- à chaque erreur. Cette expérience était menée à Yale et l'on offrait quatre dollars aux cobayes, ce qui représentait le revenu moyen d'une journée. 60% d'entre eux allaient jusqu'au bout de l'expérience sans sourciller. Les expérimentateurs utilisaient des phrases types pour inciter le « professeur » à continuer, ou à se poser des questions quant à la validité de l'expérience. C'est le film « I comme Icare » qui a popularisé ce test dans l'inconscient collectif. Il apparaît d'ailleurs que les concepteurs du « jeu de la mort » se sont inspirés du décor utilisé dans le film.

    Les candidats de ce pseudo-jeu sont allés quant à eux à 80% jusqu'à la décharge mortelle, parce qu'ils passaient à la télé, parce que la télé leur disait de le faire.

    Bien que l'émission soit très racoleuse et finalement utilise le même dispositif que la téléréalité qu'elle prétend dénoncer, les intervenants sont comme filmés en caméra cachée, Le procédé est donc digne de Tartuffe, très faux-cul donc, elle montre cependant que des quidams, des bonnes gens, sont prêts à obéir à un ordre inique et à tuer, car, bon dieu de bois, concrètement 460 volts tuent, parce qu'on leur dit de le faire, parce qu'on va les voir dans le poste, parce que ce sont des salauds ordinaires. Voilà qui révolte jusqu'à l'os de voir tous ces pékins moyens sans âme pousser les manettes jusqu'à la dose létale sans se poser de questions, qui n'osent pas se révolter, qui ne se lèvent pas pour voir si la personne qu'ils électrocutent va bien ou mal alors que ce devrait être leur seule réaction, la première devant être de refuser l'expérience, qui ont la trouille au ventre de sortir ne serait-ce qu'un instant de la horde.

    Ils semblent bien que tous acceptent pourtant de se soumettre dés le contrat. Le contrat devient le seul garant de la moralité ou de la bonne tenue d'un acte, quand il est signé on peut tout faire, hors de toute autre considération. Et le Bien et le Mal, la Liberté, l'Humanité n'existent plus. Les personnes laissent leur libre-arbitre au vestaire, elles sont totalement sous domination, leur allégeance est complète et presque euphorique, l'euphorie du troupeau. Ionesco n'avait pas besoin d'inventer de fausse émission de télévision, il le montre très bien sans dans « Rhinocéros » qui est une pièce que l'on réduit un peu trop vite à la critique du nazisme ou du stalinisme. La rhinocérite est transmise aujourd'hui par la télévision, l'épidémie est donc bien plus rapideà se répandre.

    article_jeu.jpgTous les participants du jeu sont pourtant persuadés d'être des individus libres de toutes contraintes, ouverts au monde et tellement gentils, modernes et sans tabous, éduqués, formés à réfléchir, de cette bonne femme d'un certain âge habillée « djeuns », ne manque même pas la mèche sur l'oeil, en passant par la vieille dame genre « Mamie-gâteau équitable », soucieuse du bien-être des chtits n'enfants, à ce type l'air doux et sérieux « qui fait plein de choses pour les personnes âgées », qu'Hondelatte enjoint ensuite pendant le débat d'avouer son homosexualité, totalement dans la logique de téléréalité d'extimité, et d'obligation de l'aveu, ce que décrit déjà Michel Foucault dans « Surveiller et Punir ». Et comme le disait déjà Montaigne, « il n'est de pire bagne que ceux de l'esprit ». La télévision semble transformer la psychologie sociale en psychologie carcérale.

    Tous sont habités par la pensée positive à la con actuelle. Et 80% d'entre eux n'hésite pas à risquer de flinguer quelqu'un parce qu'il ne veut pas se faire mal voir du public débile présent, qui hurle son mécontentement ou sa joie quand on lui dit de le faire, que ce soit l'animatrice ou le "chauffeur" de salle. La pensée positive ne mène à rien d'autres qu'à la docilité, à la folie, à renoncer à toute .

    On en retire plusieurs choses, comme le dit le sociologue pendant le documentaire, c'est un totalitarisme tranquille qui est en marche, un totalitarisme du spectacle, du choc en prime-time, du consumérisme, une société assez pourrie pour permettre une telle allégeance, une société de cons. C'est de là que vient l'abstention. Une société obéissant à des diktats immondes, sur le corps, l'apparence, la pensée, imposés par la télévision, les médias, le système consumériste.

    Le débat qui suit est racoleur et relève plus de l'extimité et de l'aveu obligatoire, de l'injonction au spectateur, que d'une éducation réelle à la liberté et à l'analyse des images. Le spectacle reprend ses droits, et se prolonge sur Internet, avec la polémique opposant Alexis Lacroix et Hondelatte, soutenu quant à lui par Morandini. Il y aurait eu des choses à dire, les andouilles décérébrées qui poussent des cris d'orfraie ou de vierges effarouchées et s'alarment du retour des « HLPSDNH » ((TM) « les z-heures les plus sombres de notre histoire »), devraient réfléchir, le totalitarisme est déjà là, la libéralisation de la société n'est qu'un leurre. On va chercher l'arbitraire et la dictature dans les ordres noirs. On ne veut pas les voir dans notre société.

    Nous sommes déjà dans la matrice en somme, un monde de surveillance globale. Et le pire est que nous y entrons sciemment. Nous préférons abandonner notre liberté afin de profiter encore un peu des rayons des hypermarchés géants, il nous faut notre dose de foule, notre fix d'achats en troupeau dans les centres commerciaux qui sont à la fois les temples et les agoras de notre époque, des non-lieux sans âme pourtant.

    En toute quiétude et sans risques, à l'abri.

    Et nous ? Où nous serions-nous arrêtés ? Voilà la question primordiale.

    Serions nous atteints par la rhinocérite ?


    Watch What is the Matrix in Divertissement |  View More Free Videos Online at Veoh.com

  • Sarkozy et Momo le dealer

    Imprimer Pin it!

    Les inconscients qui lisent ce blog depuis longtemps savent que mon surnom depuis le collège est Momo ou Mau-Mau (soupirs) mais je n'ai rien à voir avec ce Momo-là...

    181130171_small.jpgEn réfléchissant sur l'élection plus ou moins gravement, je me suis souvenu de Momo, le dealer de la place Kennedy à la Madeleine à Evreux.

    Momo est un de mes anciens élèves de LP, un gros malin qui ne doute de rien, un traficoteur tranquille. Enfin, il l'était il y a deux ans, maintenant j'espère qu'il a compris l'intérêt de rester au lycée. Mais plutôt que de travailler, de poursuivre ses études, de faire dans l'intello ce qui équivaut à une honte sans nom dans son milieu, Momo faisait du « bizness ». Il m'aime bien, il m'a avoué en toute candeur son coupable trafic, car comme il me dit, « c'est pour sa famille » qu'il vend de l'herbe. Il m'a demandé plein d'explications un jour sur les circuits économiques de vente et de distribution, il m'avait dit qu'il était « un maillon-de-la-chaîne-de-production-de-biens-et-de-services ». Momo s'occupait de tout place Kennedy, on venait le voir pour beaucoup de choses, il prétendait résoudre tous les problèmes.

    Un binz quelconque ? Momo avait la solution. Une surprise dans le potage ? Itou. Sacré Momo, il zébulonnait un peu partout, il était toujours comme en ébullition, toujours en état d'excitation. Bien sûr, les jours d'émeutes, il puait l'essence qu'il vendait pas cher à ses copains pour faire brûler le quârtier. Il ne raisonnait pas beaucoup plus loin que le bout de son nez qu'il avait court. Il adorait se « taper l'affiche » arriver en béhème bleue métallisée avec deux filles sur le siège arrière, une couleur « élégante » selon lui, et des tas de machins chromés qui jaillissaient d'un peu partout, quand il revenait au lycée les rares fois où il se rappelait qu'il était censé préparer un BEP pour la CAF et l'inspection académique. On le voyait checker avec ses potes, l'air sérieux et concentré, conscient de ses responsabilités, signalées par la jambe droite relevée de son survêt, et sa câsquette (le a avec le « ^ » pour l'accent banlieue) Lâcoste.

    Finalement, Momo n'est pas très différent, n'est-il pas ?

  • « The Ghost Writer » - Roman Polanski

    Imprimer Pin it!

    02694022-photo-the-ghost-writer.jpgJ'aime bien toujours me faire ma propre idée tout seul. Ce film est réputé une sorte de chef-d'oeuvre, un film maudit, testament d'un génie poursuivi par les méchants. Y-a-t-il prescription ou pas ? Le procureur fait-il cela pour sa réélection ? Si j'avais été méchant comme une teigne, la première comparaison qui me serait venue est que l'argument du film n'est rien d'autres qu'un argument de film porno gauchiste des années 70, un prolétaire qui séduit les femmes d'un grand bourgeois...

    J'aurais bien aimé être surpris en bien comme disent les suisses, mais hélas, rien, pas de surprise.

    Alors certes, il y a des réminiscences des excellents films du réalisateur, la plage de « deux hommes et une armoire », les personnages sont perdus sur une île coupée du monde, comme dans « Cul de sac », attendant une sorte de Godot qui ne viendra jamais, l'on n'y mange que la nourriture infantilisante, la femme de Lang (comme le cinéaste qui aimait bien aussi l'absurde et montrer la bêtise de la foule) c'est un peu le personnage de Françoise Dorléac plus âgé. Les manifestants qui huent Adam Lang à la sortie de sa maison sont comme les habitants haineux de « Le locataire », le visage déformé par la bêtise et la violence. Le personnage de Ewan Mac Gregor est un peu comme le jeune Roman dans « le Bal des vampires », un candide plus ou moins innocent, perdu parmi les fauves qui savent beaucoup mieux naviguer dans le monde. Le personnel d'Adam Lang, de la maison d'éditions, de la réception à la fin, ont tous la petite touche grotesque que l'on retrouve chez les bourgeois sataniques (pléonasme ?) de « Rosemary's Baby », malgré leurs beaux atours, le clinquant de leurs manières et leur morgue. Et le décor principal est une maison ultra-moderne comme les immeubles dont on voit la façade « monstrueuse » dans ce dernier film. Enfin, les deux personnages asiatiques semblent renvoyer à l'aubergiste et sa femme du « Bal des vampires ». Et pourtant, ça ne marche pas.

    Pour plusieurs raisons selon moi : la première est que c'est trop long, un peu plus de deux heures. Roman semble avoir oublié les bienfaits du montage. Il y a des scènes parfaitement inutiles, ou trop longues. Il y a des pistes inexplorées, pourquoi nous montre-t-on de manière significative au début du film les photos de quatre terroristes dont les visages ressemblent beaucoup à ceux des chauffeurs de taxis de l'île ? On a l'impression que ce sont les mêmes acteurs. La production n'était pas fauchée à ce point là pourtant. Il y a aussi tous ces placements de produits un peu pénibles, à commencer par le GPS de la voiture des invités de la maison d'Adam (un 4X4 béhème) qui indique la route au « nègre ». On se demande quelles sont les motivations des uns comme des autres, même Hitchcock qui se contentait d'un « macguffin » assez vague le justifiait quand même un minimum pour que ce soit un tout petit peu crédible, on finissait par connaître les motivations de Kaplan à la fin de « North by Northwest ». Là, on ne sait rien. Et on ne peut pas imaginer grand-chose car les images sont un peu trop plates. Pour un peu, on est dans une publicité pour voitures cossues.

    J'aime bien cependant la fin, qui ne montre que les feuillets du manuscrit s'envolant et que l'on comprend que ce n'était que des feuilles blanches.

  • Petit Hommage à Peter Graves

    Imprimer Pin it!

    D'autres y ont pensé avant moi, mais ces répliques absurdes débitées sur le ton du plus grand sérieux resteront dans les mémoires en plus de "Bonjour monsieur Phelps..." (je n'ai jamais compris pourquoi il s'embêtait à utiliser un magnétophone alors qu'il eut été plus simple de téléphoner...). Dans le deuxième "Ya-t-il un pilote dans l'avion ?", il y a le même dialogue avec des animaux.

    On oublie qu'il joue aussi dans "Stalag 13" De Billy Wilder, le traître un peu trop sympathique.

    A la fin de sa vie, il présentait une émision recensant les excentriques d'Amérique et les films "bis" les plus cons du monde, souvent moins cons faut-il le dire que beaucoup d'oeuvres d'auteurs français.

  • La pédophilie, l'Église et les hypocrites

    Imprimer Pin it!

    benoitXVI.jpgEn ce moment, on attaque Benoît XVI encore et toujours, sans s'occuper une seconde de son discours mais en tentant de le salir bassement alors que dans l'histoire, c'est son vicaire général alors qu'il était archevêque le seul responsable. Il n'empêche, c'est lui que l'on veut atteindre, son discours contre l'assouvissement immédiat des pulsions étant insupportable dans notre société consumériste.

    La pédophilie est impardonnable, elle détruit les enfants qui en sont victimes, le tout du fait d'adultes pervers ou malades. Celle des serviteurs de l'Église est encore plus inexcusable car ils connaissent ce passage de l'Évangile qui affirme que celui qui fait subir les pires souffrances aux plus faibles, il eut mieux valu qu'il ne naisse pas. Et je trouve que souvent, dans les diocèses, on parlait très peu des victimes, toujours montrées comme « fragiles » ou « déséquilibrées », on parlait largement plus des pédophiles, le plus souvent excusés, à l'inverse d'ailleurs du discours et les actes tout ce qu'il y a de concret sur la question, dés les premières années de leur pontificat, et de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

    Il y a d'ailleurs deux poids, deux mesures, pour Polanski (je suis allé voir « the ghost writer », qui est un bon thriller mais qui ne mérite pas que l'on en fasse l'œuvre d'un poète maudit en prison) on demande la clémence, pour un leader vert pastèque on invoque des erreurs de jeunesse, pour un ancien ministre qui a sur le dos une affaire de ballets bleus, ou roses, on parle de calomnie (c'est un des premiers à monter au créneau contre le Pape) alors que les faits sont avérés, un chanteur reconnaît-il de fait ses actes en « indemnisant » grassement de jeunes enfants et leur famille, on ne dit rien, on dit que ce n'est pas si grave, tout comme cette idole des années 70 qui avouait les aimer en-dessous de quatorze ans, on sourit, on les plaint, on les défend en trémolisant.

    Sans parler des appels au tocsin politique, aux HLPSDNH (les z-heures les plus sombres de notre histoire selon la formule consacrée) quand on veut interdire un roman simplement abject et mal écrit, qui porte aux nues la sexualité avec des mineurs. Là, on te bassine avec le retour de la morale, de l'ordre noir, toussa. Bien sûr, j'aurais pu invoquer tous ces profs, quand 68 vivait ses derniers feux de licence sexuelle, et de permissivité, circa 1984, qui faisaient comprendre à leurs tendres élèves, filles ou garçons, qu'ils étaient disponibles pour le simulacre de la reproduction (l'un d'eux, que j'ai eu au lycée, montrait clairement ses « préférences » par l'intermédiaire du djinn ultra serré à la mode à l'époque et qui ne cachait rien de ses émotions esthétiques). Bien sûr, il croyait bon de préciser que c'était bon aussi pour les notes.

    Le plus ironique dans l'histoire est que les diocèses où les méfaits ont perduré le plus longtemps du fait de l'omerta de la hiérarchie sont les plus progressistes, les plus rapides à dénoncer le réactionnaire que serait selon eux Benoît XVI. Ainsi, pendant plus de vingt ans, le père Denis V. a pu continuer à exercer ses méfaits dans le diocèse d'Évreux, le tout étant notoirement connu de l'évêque de l'époque, mais si, celui qui a fini à Parthénia, et qui aime tant les caméras quand il va aider des chtits n'enfants de pauvres.

    Ceux qui attaquent Benoît XVI sont des hypocrites, ni plus, ni moins.

    Et la pédophilie dans l'Islam ? Dans le judaïsme ? Dans le bouddhisme ? Parlons en aussi.

  • Weegee par Weegee, une autobiographie – la Table Ronde

    Imprimer Pin it!

    Précédemment sur le Ring

    « Weegee » a eu une vie passionnante, il a des dizaines d'anecdotes à raconter sur le grand Barnum qu'est déjà l'Amérique en général, à l'Est, New York, qui grouille à la fois de vermine et de rêves grandiloquents ; à l'Ouest, le miroir aux alouettes d'Hollywood qui naît à peu près en même temps que lui après que des fous et quelques crapules fortunés aient racheté des terrains vers les collines de Burbank. L'Amérique weegee-port.jpgc'est l'Atlantide du libéralisme, une terre ou la réussite la plus clinquante côtoie la déchéance la plus noire. Arthur Usher (son vrai prénom) Fellig, né en Autriche en 1899, fils de rabbin, débarque à l'âge de dix ans en Amérique avec ses parents. C'est un policier de l'immigration qui l'appelle Arthur pour l'euphonie, il trouve cela plus simple que son prénom hébreu, et ce sont les filles qui font son éducation sexuelle qui le surnomment plus tard « Weegee » comme la planchette de « Ouija », le jeu spirite des jeunes américains, à cause de la planchette qui bouge toute seule, sans que personne ne la touche, dois-je faire un dessin pour les innocents qui n'ont pas compris l'allusion ?

    Gamin du Lower East Side, il fait plusieurs petits boulots dont garçon de salle dans un restaurant « Automat », où les clients se servent tous seuls, ce qui lui donne déjà le sens du dérisoire et il connaît New York comme sa poche. Il a l'esprit nomade, poser son matelas à même le sol un peu partout, sur les toits de la ville qui devient son domaine, dans un dispensaire de quartier. Il dort le jour, mange n'importe quoi, et vit la nuit. C'est un personnage d'Ellroy à part entière, ou de Céline (certains passages du livre rappelle l'émerveillement et l'horreur de Bardamu quand il va à New York), il reste un petit voyou qui ne respecte rien, ni les puissants, ni les autorités, un fureteur qui sait ce que cache les hypocrisies et les masques de la réussite. Il commence sa carrière de photographe en courant les rues toutes les nuits pour photographier les faits divers des rues new-yorkaises, en particulier les crimes de sang, en utilisant au petit jour la chambre noire d'« Acme Newspicture ».

    Il devient tellement célèbre pour ses photos, que les truands le préviennent de leurs forfaits avant de les commettre. Les « gars » du milieu l'aiment bien, ils sont à la une gràce à lui. Il tire le portrait des putes, dont il sollicite les services assez souvent (elles lui font un prix d'ami), et des gangsters, dont Dutch Schultz qui a toujours la migraine, dans les commissariats, souvent des vedettes locales de la pègre ravis de cette reconnaissance étrange. Il vit dans sa voiture, écoutant la radio de la police, tapant ses légendes dans son coffre, invitant parfois ses bonnes fortunes d'un soir sur la banquette arrière de sa Chevrolet. Rien de tel que les marges de la société pour vraiment la connaître. Il photographie les mendiants, les clochards, les vagabonds, tous ceux qui sont abandonnées derrière le grand char du progrès qui mérite bien quelques dérives comme disent déjà les imbéciles heureux de l'époque. D'où l'importance du polar, du roman noir, et de toute la littérature dite de genre qui commence à fleurir ces années-là dans les « pulps » et les romans à dix cents.

    Il publie un livre en 1945, « Naked City » et expose ses travaux au Musée d'Art Moderne. Son bouquin est adapté au cinéma peu de temps après ce qui lui permet d'aller traîner ses guêtres sur la Côte Ouest. Comme il est cynique, au sens premier du terme, mais aussi un emmerdeur de première qui a conscience de son talent, même si la profonde générosité de son caractère rachète ses défauts, çà ne colle pas vraiment, et New York lui manque, de plus il n'a pas vraiment l'esprit stupidement positiviste et hygièniquement correct de Californie.

    Comme il est de plus en plus connu, il diversifie ses sources d'inspiration, Il invente des trucages pour caricaturer ses sujets photographiés, ou déformer les paysages. On le voit en compagnie de stars du moment qui veulent toutes qu'il leur déforme le visage, c'est très à la mode. Il travaille pour la pub et multiplie les contrats comme d'autres avant lui les pains et les poissons. Il va même jusqu'à s'introduire dans un camp de nudistes du New Jersey, le premier jour il n'ose même pas se lever de table, il finit par être ensuite parfaitement à l'aise. Parfois, ses photos tellement naturelles sont largement posées avec des mannequins qu'ils paient pour prendre telle attitude, souvent ces sont des cover-girls qui n'ont pas envie de faire des allers-retours aux toilettes messieurs pour joindre les deux bouts.

    A la fin de sa vie, il voyage en Europe qui, tout comme l'Amérique, commence à être envahie de non-lieux sans âme, qui enlèvent progressivement aux êtres humains le peu d'humanité qui leur reste. On le voit avec les riches et les puissants, mais aussi avec les loqueteux et les traîne-savates, pour qui il a plus de tendresse, comme Walker Evans quand il montre les victimes de la Crise de 29 avec James Agee. Il meurt d'une tumeur au cerveau après être devenu à la fin de sa vie un trésor national. Et comme il ne cessera de le répéter, il ne doit son succès qu'à une seule chose, il a été lui-même jusqu'au bout. Il est finalement un des derniers représentants de la Mitteleuropa qui créeront la culture américaine tout au long du XXème siècle, comme Billy Wilder ou Otto Preminger, ou encore Fritz Lang et plusieurs autres artistes restés dans l'ombre. La culture américain n'est de nulle part et elle est de partout...

    ...comme Weegee.

  • Aragon par Ferrat (petit hommage à un communiste sur un blog anarchiste de droite, étonnant, non ?)

    Imprimer Pin it!

    Qu’il ait été stal, mao ou coco, qu’il se soit parfois gouré, qu'il faisait souvent dans le dolorisme laïc, oui, qu’il ait chanté des chansons insupportables car niant les faits, oui, il n'empêche, j’aime bien ses chansons inspirées d’Aragon qui lui aussi s'est souvent égaré…

    Cela me suffit. Je préfère un type dans son genre aux petits cyniques vénaux qui prennent la pose artiste actuellement, aux jeunes cons de la téléréalité déjà revenus de tout sauf du fric. Le plus amusant est que ce sont des catholiques qui avaient des opinions à l'inverse des siennes qui me l'ont fait connaître avec beaucoup d'émotion car pour eux Ferrat savait exprimer la beauté de leurs sentiments.

    Ne glosez pas trop, écoutez le…

  • La carotte crie encore

    Imprimer Pin it!

    (référence savante, n'est-il pas, au livre d'entretiens de Serrault et Jean-Louis Remilleux, « Le cri de la carotte »).

    L'entendrez-vous dans les sous-bois ce hurlement douloureux ?

    michel-serrault.jpgMoi-même, j'en ai entendu une toute la nuit, elle allait se faire râper, la pauvre. Elle avait peur, elle avait mal. J'ai ouvert la fenêtre, je l'ai écouté, puis je suis allé la recueillir, la sauvant d'un sort atroce. Elle m'a parlé de Michel Serrault, qu'elle a bien connu, surtout à la fin de sa vie. Elle se méfiait, au départ, m'a-t-elle dit, car c'est un parigot, comme moi, une de ces saletés de parigots prétentieux qui se moquent des pauvres péquenots un peut naïfs égarés dans la Grande Ville, on m'objectera et on aura raison (et puis de toutes façons c'est moi qui objecte donc j'ai raison car j'ai toujours raison sauf quand j'ai tort) que toutes les grandes villes françaises, y compris Paris où se concentrent les plus parvenus parmi eux, sont des villes des péquenots sans cervelle, peureux de tout, serreurs de fesses effarés comme disait Pierre Desproges, et festivistes sans trop de vergogne.

    Il y a des acteurs que j'aime vraiment beaucoup, comme Serrault, justement, la carotte avait raison de m'en entretenir. Cela tombait totalement à propos car je relis en ce moment l'excellente autobiogaphie de l'acteur. J'en ai déjà parlé, je sais, diront les lecteurs pointilleux du blog, mais quand on aime on ne compte pas. Serrault est depuis sa naissance un rigolo qui ne prend pas grand-chose au sérieux, un rigolo qui a vocation à en faire son métier. C'est rare, actuellement on peut croiser énormément de rigolos qui s'ignorent beaucoup moins drôles quant à eux qui sont persuadés que demain c'est sûr ils vont devenir un grand chanteur, une comédienne mondialement connue, mannequin vedette, ça ne saurait tarder.

    Peu leur importe de travailler, ils veulent être célèbres et gagner de la thune, surtout gagner beaucoup d'argent car « pourquoi toujours les autres et pourquoi pas moi ? ». D'ailleurs, souvent, ils évitent de rester à côté de toi car ta présence pourrait gêner leur ascension fulgurante. Ce genre de médiocres tape sans cesse aux mêmes portes, souvent de manière désordonnée, persuadés qu'à la fin, quelqu'un finira par ouvrir. Ce sont eux qui font toute la vacuité du cinéma français actuel et son nombrilisme élégant et délicatement névrosé.

    romanpatr_Fantomes%20du%20chapelier%203.jpgSerrault, lui, a commencé petit, sans se poser la question du chef-d'oeuvre obligatoire, par les cabarets et les petits théâtres de province, l'alternance du boulevard et des « happenings » intellos. Et il a continué à s'amuser et se moquer du monde, avec la complicité d'un compère très différent de lui mais parfaitement complémentaire, Jean Poiret. Comme il l'a dit au père Van Hamme, son directeur de conscience, au petit séminaire, il veut devenir un clown et reste un clown, y compris dans ses excès, quand il perd son pantalon -exprès- à la télévision ou au théâtre dans sa loge devant le président de la République. Cela remet les gouvernants, les puissants, à leur vrai rang finalement, celui des clowns blancs qui se prennent un peu trop au sérieux. Rien n'est important, la plupart du temps le jeu social est une comédie, mal jouée il est vrai. Ce sont toujours les mêmes vieux cabotins et les mêmes vieilles actrices sur le retour que l'on retrouve toujours aux mêmes rôles. Les excentriques, de toute manière, les français n'en veulent pas, ils veulent du « bien dans les rails », bien « comme nous », dans une pseudo-vérité, ou cette conception stupide de la simplicité.

    Et pourtant Serrault a perdu sa fille, à cause d'un accident de voiture, une mort dérisoire et insensée, il aurait pu alors sombrer dans la gravité, l'auto-apitoiement et le chagrin médiatique, ce qui se passe à la mort de n'importe quelle « vedette », que ce soit Mailkeul Djacksonnne ou même, soyons odieux, Nadine Trintignant, qui ne méritait pas ces excès d'indignité et d'impudeur après sa mort atroce.

    Après avoir discuté de tout cela, j'ai laissé la carotte dans le potager et je suis rentré chez moi méditer. Finalement, ce à quoi les êtres humains attachent de l'importance n'en a aucune, ne compte que l'amour des siens, de sa roulotte, comme dit Michel Serrault, et des quelques personnes que l'on peut garder comme amis, amants, amantes, épouse, époux....

  • Le Petit Prince et la planète du petit homme tout rond

    Imprimer Pin it!

    d'après Saint Exupéry, que l'on me pardonne ce pastiche que j'ai essayé de faire dans l'esprit du livre...

    LePetitPrince.JPGCe matin-là, j'avais encore passé du temps dans le moteur de mon avion, les mains pleines de cambouis, il faisait très chaud, le soleil du désert était juste à la verticale au dessus des dunes. Je ne vis pas le temps passer, j'avais beaucoup de travail, sale et pénible.

    Cependant, j'étais plus serein car je n'eus pas le temps de penser à des souvenirs désagréables ou nostalgiques. Les montagnes toutes proches commençaient tout juste à étendre leurs ombres sur le sable que le petit prince vint me voir, il me dit que ces formes immenses tracées par le crépuscule sur le sol lui rappelaient une planète qu'il avait visité, il en avait un souvenir ému et amusant.

    Il souriait en me la décrivant. Et pourtant, me dit-il, au début il n'aimait pas beaucoup l'unique habitant qu'il y rencontra, il était très sauvage et bourru.

    Cette planète était habitée par un petit homme tout rond, un cercle pour le corps, un autre pour la tête, deux petits pour les yeux, deux bâtons pour les bras et les jambes. Il était habillé d'une redingote en velours vert avec un gilet émeraude assorti, de la poche droite dépassait une montre à gousset toute dorée. Il portait un pantalon noir ; il avait aux pieds ce qui semblait être des bottes de fourrure qui ressemblaient à des pattes d'ours.

    Celui-ci grogna et lui dit :

    - Je n'ai pas le temps pour les visites, si je suis trop gentil avec toi, tu vas encore me demander de l'argent, comme les autres, ou que sais-je encore ? Je me laisserais prendre à mon amitié pour toi, et je serais encore blessé, j'ai bien assez de cicatrices comme ça.

    Le Petit Prince s'avisa alors que les mains du petit homme tout rond en étaient couvertes. Celui-ci continua son explication :

    - C'est pour cela que j'habite tout seul ici, je ne risque rien, on ne peut pas me faire de mal. Mais je ne sais pas pourquoi, je me transforme tout doucement en ours.

    Le Petit Prince comprit que les bottes étaient en fait les véritables pieds du petit homme. Il remarqua également une ombre immense derrière eux, à laquelle il n'avait pas fait attention tout d'abord, un coeur presque aussi grand que la petite planète sur laquelle ils se trouvaient battait dans une gigantesque cage pour oiseaux. Le petit homme lui expliqua :

    - Mon coeur prenait déjà beaucoup de place quand j'étais un petit garçon, et il n'a jamais cessé de grandir. Il battait tellement fort quand je voulais rencontrer des amis comme si il cherchait toujours à s'échapper. J'ai dû l'enfermer dans cette cage comme me l'a conseillé le businessman propriétaire d'étoiles. J'ai demandé conseil à tous les habitants des astéroïdes environnants, le marchand de pillules voulait m'en vendre qui me ferait oublier mon sort, l'allumeur de réverbéres n'avait pas le temps de m'écouter et quant à l'aiguilleur, il me conseilla de rester dans la direction indiquée par les rails alors qu'il n'y a même pas de trains sur ma planète. Je suis alors revenu ici et depuis, je deviens lentement un ours car je suis trop seul et mon coeur ne cesse de grandir, et bientôt la cage ne sera plus suffisante.

    Le Petit Prince lui expliqua qu'il avait fait les mêmes rencontrés mais qu'elles ne lui avaient pas beaucoup apporté. Il confia au petit homme qu'il était amoureux d'une rose et qu'il la cherchait. Le petit homme tout rond lui dit alors qu'il était lui aussi amoureux d'une rose enfermé dans un jardin mais qu'il avait eu peur de le dire car il craignait qu'elle le trouve trop rond. Alors qu'il prononçait ces paroles, le Petit Prince ouvrit la cage qui contenait le coeur qui emplit tout l'espace autour d'eux.

    Le petit homme lui confia qu'il n'en avait jamais remarqué la beauté. Et pourtant c'était son coeur.

    Le Petit Prince me confia qu'il pensait que le petit homme était tout simplement aveugle depuis que son coeur était prisonnier de la cage. Il m'expliqua que la planète de l'homme tout rond était toute proche. Et il se tut, il écoutait quelque chose, et moi aussi dans le calme infini du désert et sous le ciel plein d'étoiles, j'entendis soudain au loin comme un battement de coeur tranquille et régulier.

  • "Les femmes ça fait pédé" selon Gainsbourg

    Imprimer Pin it!

    Spécial "lendemain de la Journée des femmes"

    Les femmes ça fait pédé

    C'est très efféminé

    Tellement efféminé qu' ça fait pédé

    Les femmes ça met des jupes

    Non mais de quoi j' m'occupe

    Les femmes ça met des bas, Nylon ou soie

    La suite des paroles par là

    Gainsbourg chanté par Régine

  • La mort d'un libertarien – la mort de Jacques Marseille

    Imprimer Pin it!

    On l'a vu précédemment, je ne suis pas exactement un marxiste, ni léniniste, encore moins trotskiste ou gauchiste voire écolo tendance pastèque. De plus je ne parle pas de la nature de cet homme, je ne sais pas jauger les reins et les coeurs et me 800px-Gadsden_flag.svg.pnggarderait bien de le faire à son encontre. J'écris tout cela en prévision de possibles réactions à ce petit texte à l'occasion de la mort de Jacques Marseille.

    Je l'ai eu comme professeur à Nanterre et déjà je n'appréciais aucune de ses thèses profondément libertariennes.

    Il n'était même plus libéral.

    Les libertariens se revendiquent d'une totale liberté qui exclut toute coercition quant à leurs désirs et leurs pulsions, en gros, « je fais ce que je veux quand j'ai envie de le faire au moment où j'ai envie de le faire sans me soucier du reste ». Ils désirent la disparition de toutes traces de l'État, y compris quant à la protection des individus ou à l'éducation, marseille-4226122aqgag_1902.jpg?v=1au profit d'une libre coopération des individus, d'une mise en commun des intérêts sur la base du contrat : Tout est permis à condition qu'il y ait un contrat ; faire chanter quelqu'un (je parle au sens figuré, je ne parle pas des barbares qui font chanter Céline Dion, par exemple), se prostituer, vendre ses enfants, demander un péage quand on emprunte le trottoir en face de notre logement.

    Nous sommes dans une société libertarienne : les enfants réagissent selon leurs pulsions, selon ce qu'ils ont envie de faire, et même la conception actuelle de l'éducation et de la pédagogie ne tient compte que de ces pulsions, de là les cours ludiques, et la « construction personnelle du savoir » des « apprenants ». Les adultes eux-mêmes, consuméristes au dernier degré, y compris quant au désir d'enfant, ne réagissent que selon leurs pulsions, animalement en somme. Dans cette jungle a-morale,c 'est la loi du plus fort qui domine, le darwinisme social qui s'instaure peu à peu ainsi que l'eugénisme le plus concret et la standardisation des esprits et des corps.

    Paix aux cendres de Jacques Marseille mais ses opinions étaient fortement toxiques.

  • Cafouillage monstre sur les lignes de Paris Saint Lazare hier 4 Mars

    Imprimer Pin it!

    Hier 4 mars, je prend le train de 17h33 de Vernon pour regagner Évreux passant par Mantes.

    Gare_de_Mantes-la-Jolie01.jpgCelui-ci arrive en fait à 17h45.

    Arrivé à Mantes, nous constatons que le train de Cherbourg de 17h13 n'est pas encore passé. Ce qu'il finit par faire à 18h45, il reste ensuite bloqué en gare de Mantes sans aucune information sur un quelconque délai ou quoi que ce soit d'autres.

    Jusque là aucune information, si, on nous informe que le train de 17h13 est bloqué, ce que nous pouvons voir sans avoir besoin d'être informé.

    Vers 19h20, on nous dit à l'accueil de la gare de Mantes qu'un arbre bloque la voie à Bréval,

    à 19h35, l'arbre risque seulement de tomber,

    à 19h45, il bloque la voie après Mantes,

    à 19h55, en fait c'est une agression en gare de Bueil.

    Nous apprenons entre temps que la circulation des trains est très perturbée depuis 16 heures.

    Bref, on se fout de notre gueule.

    Le plus étrange est que cela arrive une semaine avant le premier tour des régionales.

    A deux reprises, les personnes censées nous informer appellent la police ferroviaire pour nous surveiller car les voyageurs s'impatientent et des salariés qui veulent simplement rentrer chez eux, c'est très très dangereux. Huit policiers ferroviaires arrivent, c'est surprenant, car lors d'agressions antérieures, ils ont été toujours invisibles.

    Un jeune homme à l'accueil, à la jolie figure de jouvenceau, nous dit qu'en fait c'est parce qu'il n'y a pas assez de personnel (nous comptons huit pélerins dans le bureau de l'accueil, tournant en rond).

    Et qu'il ne faut pas compter sur un remboursement car le trajet vers Evreux fait moins de 100 kilomètres.

    Comme seule info dans les hauts-parleurs, on nous informe qu'il n'y a pas de train sur la ligne Paris-Cherbourg, mais de fait il n'y en a plus sur la ligne Paris-Rouen-le Havre.

    Fort heureusement, la solidarité des passagers me permet de regagner Evreux en voiture.

  • "Soul Lady" - Gorgeous Erykah Badu

    Imprimer Pin it!

    La première fois que je l'ai entendu c'était dans "Blues Brothers 2000", elle était avec quelques autres chanteurs une des raisons d'écouter au moins la bande-son, le film étant nul. Elle chantait "Funky Nassau", passant du jazz au funk avec aisance, avec deux doigts de "youyou" arabes et de "talk over".

    Ici, elle chante "I want you"...

  • Ils y pensent tous en se rasant

    Imprimer Pin it!

    Martine_Aubry.jpg

    Comme on le voit, la mode est au djoggingue pour les partis bipolaires de notre beau pays...

    Hier soir, je lisais « les sentinelles du soir » d'Hélie de Saint-Marc, auteur très peu correct dans les bibliothèques actuelles, que je n'aime pas d'ailleurs simplement parce qu'il est « incorrect politiquement » (on peut être « politiquement incorrect » et écrire avec les pieds) mais parce que c'est un type bien tout simplement, qui racontait cette anecdote. Un des présidents français de ces trente dernières années traversait en limousine avec vitres fumées la capitale d'un pays pauvre, regardant par la fenêtre, il ne put s'empêcher de dire : « Quel bonheur de ne pas faire partie de l'humanité grouillante et misérable ! » devant Hélie de Saint-Marc médusé.

    Cela signifiait pour ce président, survivant de deux républiques, qu'il n'était pas humain mais surhumain du fait du pouvoir et de son exercice.

    En 2010, avec le quinquennat, l'élection présidentielle devient l'élection la plus importante. Et tous les hommes politiques, et les femmes, ne pensent qu'à ça, s'estimant tous appelés, quasiment divinement, l'un d'entre eux prétend même avoir entendu des voix comme une pucelle lorainne, à diriger le peuple forcément crétin qui ne demande que ça, être guidé par eux. Martine, par exemple, fait mine de s'offusquer d'une saillie de Frêche, pour mieux racoler les écolos, ensuite, elle met des boucles d'oreille et admet que « oui, bien sûr, si on lui demande si elle sera candidate, il y a des chances pour que ce soit le cas ».

    sarko_jogging.jpgLes cancans et calomnies contre Ali Soumaré, c'est toujours la présidentielle qui est en vue, l'UMP va chercher le chaland du FN avec des ficelles aussi grosses qu'une cuisse de Sébastien Chabal. Bayrou se prend pour De Gaulle, enfin le De Gaulle des livres d'histoire, le De Gaulle fantasmé, pas l'homme politique retors. Villepin se verrait bien en Hugo de retour de Jersey et le technocrate lubrique aussi de gauche que moi je suis chiantologue. Je crois aussi que Marie-Ségolène y pense tout le temps quand elle se rase, enfin les cuisses veux-je dire dans son cas, chez elle c'est une vocation, un apostolat ; faisant du Poitou sa base arrière pour conquérir le Royaume de France et peut-être après le monde, Obama comme chacun sait s'étant inspiré de sa campagne. Derrière eux, on a toute une cohorte de courtisans prêts à la moindre bassesse auprès du micro-leader pour se placer et avoir quelques miettes du gâteau (de même auprès de la micro-leadeuse du PS).

    Tant de cynisme mesquin commence à lasser, de bons sentiments hypocrites, de grandes déclarations enfarinées, ayant autant à voir avec le réel que Raël avec les vénusiens qu'il prétend ses copains.

  • Il leur faudrait une bonne guerre...

    Imprimer Pin it!

    Hier, j'ai regardé sur mon lecteur dévédé le jugement de Poivre d'Arvor au « Tribunal des Flagrants Délires ». Alors, certes il y a la liberté, étonnante en 2010, de ton de Desproges, de Rego, et 14360_221589952480_63240972480_3621572_1968713_n.jpgmême de Claude Villers, mais on oublie aussi la liberté de ton du public, en 1982. Aujourd'hui le public conspue quand l'animateur lui dit de conspuer : « Ouuuuh » parfois en tapant des pieds, ou bien quand il est content, le public scande : Wooh oh oh oh ! (ad lib) ».

    Quand on parle de Desproges, il faut aussi secouer la tête en soupirant et en se lamentant : « Y'en a plus des comme lui », ce qui permet de se rencogner dans sa case bien confortable et de ne pas trop contredire le troupeau dans ses certitudes.

    A cette époque, le public se paye la tête de l'invité, quand celui-ci pontifie ou verse dans la prétention, tout comme les deux rigolos sus-nommés plus haut. Le public était largement moins révérent et déférent envers les vedettes, « ceusses qui passent très souvent à la télé et que c'est pour ça qu'elles sont bien ». On est stupéfait du changement en un peu moins de trente ans, du passage à l'âge de l'esclavage médiatique.

    Aujourd'hui le public rigole quand un rigolo médiatique montre son cul (rires gras du public) ou dit une grossièreté que n'aurait pas renié Mimile l'ivrogne officiel du « Rendez-Vous des chasseurs » de « Trifouillis les oies ». Je connais bien Mimile, il vaut bien Béachèle, le philosophe à moitié prix.

    Il est souvent de bon ton de se moquer des z-intellos « qu'ils sont trop compliqués à vouloir qu'on comprende bien le français ou qu'on lise des livres » (re-rires gras du public).

    La révérence est à ras-bords sur le net aussi. Parfois, quand j'ai envie d'un bon agacement je vais lire tel ou tel blog de jeune personne active qui veut montrer qu'elle positive aussi dans la culture, généralement elle aime tout, et la plupart du temps, les pires livres et les pires films que le troupeau aime beaucoup déjà. Bien sûr, Gavalda ou Delermee, ce n'est pas nul, il y a au moins quelques idées de style, mais cela reste superficiel si encore on lisait ça sur les blogs qui aiment tout. Mais l'on y préfère Marc Lévy et Guillaume Musso, Douglas Kennedy et Véronique Olmi. On aime sur les blogs positifs ce qui sombre dans le gentil, le mélo, le mièvre et le sucré. On aime les stâârs, les Ken et Barbie du cinéma, les auteurs en kit vus à la télévision chez Ardisson ou « Fogue » voire chez Eric Naulleau

    (Note personnelle sans aigreur : avec qui je dois manger un de ces jours depuis quelques mois déjà mais ces gens du chaud bize sont over bouqués tout le temps, pas une minute à eux, uh, uh, uh, ici l'auteur du blog coince un peu de jetage de noms pour montrer que lui aussi il connaît des gens qui passent à la télé même s'il ne les a eu qu'une fois au téléphone, serait-il une midinette ? Et il rappelle qu'il est toujours partant pour l'invitation).

    Pouf pouf

    Enfin bref...

    Il y aussi les z-ados, les « z-homards », se jugeant, se jaugeant sur leur possession du dernier portable dernier cri, sur la marque de loques qu'ils portent, sur le fait qu'ils regardent ou non la dernière émission à la graisse de racolage, sur l'argent des parents, sur l'argent qu'ils ont. Ils s'en fichent de la culture, suffit de taper ce qu'on cherche sur Internet, ils s'en fichent que leurs idoles soient des fantoches, pour eux ce sont des idoles. Ils n'ont pas besoin d'une bonne guerre, la guerre, ils la font tous les jours depuis longtemps sur tel ou tel jeu virtuel où l'on flingue du zombie, des flics aussi, du terroriste, du soldat, ou des passants (c'est le pied le jeu avec les passants, plus tu en écrases, plus tu as de points, il y a le sang qui gicle et tout, c'est drôlement réaliste, et après on me dit que l'humanité est bonne et généreuse, que je suis caustique et pessimiste).