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Il leur faudrait une bonne guerre...

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Hier, j'ai regardé sur mon lecteur dévédé le jugement de Poivre d'Arvor au « Tribunal des Flagrants Délires ». Alors, certes il y a la liberté, étonnante en 2010, de ton de Desproges, de Rego, et 14360_221589952480_63240972480_3621572_1968713_n.jpgmême de Claude Villers, mais on oublie aussi la liberté de ton du public, en 1982. Aujourd'hui le public conspue quand l'animateur lui dit de conspuer : « Ouuuuh » parfois en tapant des pieds, ou bien quand il est content, le public scande : Wooh oh oh oh ! (ad lib) ».

Quand on parle de Desproges, il faut aussi secouer la tête en soupirant et en se lamentant : « Y'en a plus des comme lui », ce qui permet de se rencogner dans sa case bien confortable et de ne pas trop contredire le troupeau dans ses certitudes.

A cette époque, le public se paye la tête de l'invité, quand celui-ci pontifie ou verse dans la prétention, tout comme les deux rigolos sus-nommés plus haut. Le public était largement moins révérent et déférent envers les vedettes, « ceusses qui passent très souvent à la télé et que c'est pour ça qu'elles sont bien ». On est stupéfait du changement en un peu moins de trente ans, du passage à l'âge de l'esclavage médiatique.

Aujourd'hui le public rigole quand un rigolo médiatique montre son cul (rires gras du public) ou dit une grossièreté que n'aurait pas renié Mimile l'ivrogne officiel du « Rendez-Vous des chasseurs » de « Trifouillis les oies ». Je connais bien Mimile, il vaut bien Béachèle, le philosophe à moitié prix.

Il est souvent de bon ton de se moquer des z-intellos « qu'ils sont trop compliqués à vouloir qu'on comprende bien le français ou qu'on lise des livres » (re-rires gras du public).

La révérence est à ras-bords sur le net aussi. Parfois, quand j'ai envie d'un bon agacement je vais lire tel ou tel blog de jeune personne active qui veut montrer qu'elle positive aussi dans la culture, généralement elle aime tout, et la plupart du temps, les pires livres et les pires films que le troupeau aime beaucoup déjà. Bien sûr, Gavalda ou Delermee, ce n'est pas nul, il y a au moins quelques idées de style, mais cela reste superficiel si encore on lisait ça sur les blogs qui aiment tout. Mais l'on y préfère Marc Lévy et Guillaume Musso, Douglas Kennedy et Véronique Olmi. On aime sur les blogs positifs ce qui sombre dans le gentil, le mélo, le mièvre et le sucré. On aime les stâârs, les Ken et Barbie du cinéma, les auteurs en kit vus à la télévision chez Ardisson ou « Fogue » voire chez Eric Naulleau

(Note personnelle sans aigreur : avec qui je dois manger un de ces jours depuis quelques mois déjà mais ces gens du chaud bize sont over bouqués tout le temps, pas une minute à eux, uh, uh, uh, ici l'auteur du blog coince un peu de jetage de noms pour montrer que lui aussi il connaît des gens qui passent à la télé même s'il ne les a eu qu'une fois au téléphone, serait-il une midinette ? Et il rappelle qu'il est toujours partant pour l'invitation).

Pouf pouf

Enfin bref...

Il y aussi les z-ados, les « z-homards », se jugeant, se jaugeant sur leur possession du dernier portable dernier cri, sur la marque de loques qu'ils portent, sur le fait qu'ils regardent ou non la dernière émission à la graisse de racolage, sur l'argent des parents, sur l'argent qu'ils ont. Ils s'en fichent de la culture, suffit de taper ce qu'on cherche sur Internet, ils s'en fichent que leurs idoles soient des fantoches, pour eux ce sont des idoles. Ils n'ont pas besoin d'une bonne guerre, la guerre, ils la font tous les jours depuis longtemps sur tel ou tel jeu virtuel où l'on flingue du zombie, des flics aussi, du terroriste, du soldat, ou des passants (c'est le pied le jeu avec les passants, plus tu en écrases, plus tu as de points, il y a le sang qui gicle et tout, c'est drôlement réaliste, et après on me dit que l'humanité est bonne et généreuse, que je suis caustique et pessimiste).

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