Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • "Zone Xtrème" - le document qui fait froid dans le dos

    Imprimer Pin it!

    Pour dénoncer les méfaits de la téléréalité, entre autres, un producteur, Christophe Nick, a reconstitué l'expérience de Milgram : un quidam pose des questions à un comparse, et lui envoie des décharges électriques -fictives- à chaque erreur, les candidats de ce pseudo-jeu sont allés à 80% jusqu'à la décharge mortelle, parce qu'ils passaient à la télé, parce que la télé leur disait de le faire.

    L'indocilité est de plus en plus rare, et la capacité à réfléchir tout seul visiblement.

    Ce documentaire fait extrêmement froid dans le dos.

    Voilà où nous en sommes...

    Voilà précisément où en est notre société.

  • La Fraternitude

    Imprimer Pin it!

    Fra-ter-ni-tude !

    please_give_to_the_human_fund_at_festivus_card-p137714674150027251q53o_400.jpgMes bien chers frères, mes bien chers soeurs,

    Ne reprenez pas avec moi tous en choeur, ce n'est pas le sermon du boogie-woogie...

    Quand je vais à la messe le dimanche, il y a une chose dont j'ai horreur, c'est le baiser de paix. Les voisins de rangée, ceux qui sont devant, ceux qui sont derrière, se retournent avec un grand sourire fendu jusqu'aux oreilles et te serrent la louche d'un air qui veut dire que « nous sommes tous frères », pour un peu certains d'entre eux ont la larme à l'oeil facile. C'est n'est pas le pire, le pire étant les intentions de prières des laïcs souvent pleins de bonnes intentions (ah, ah, ah, suis-je spirituel) mais complètement à côté de la plaque du point de vue du réel.

    On appréciera à sa juste valeur l'initiative d'un diocèse consistant à porter aux prisonniers de la taule locale une main en plâtre symbole de fraternitude et un grand panneau avec les signatures des paroissiens volontaires. Je suis sûr que cela a réchauffé le coeur des dealers, des gamins violentés et des mauvais garçons enfermés à huit ou neuf par cellule à peu près aussi grande qu'un placard à balais.

    Sortis de l'église, par contre, ils t'ont déjà oublié, adieu solidarité, altérité et fraternitude car ce qui compte le plus quant au respect de l'autre, c'est comme tout le monde surtout le fric et l'appartenance parfois au « Rotalyons club », cette franc-maçonnerie des bourgeois de province.

    Il est également de bon ton à la télévision ou sur le net de multiplier les évènements vaguement humanitaristes qui permettent de se donner bonne conscience en pleurnichant un peu, mais pas trop et pas longtemps sur les chtits n'enfants noirs d'Haïti, les chtits n'enfants jaunes de Thaïlande, les myopathes avec le Téléthon, tellement mignons dans leurs fauteuils électriques, les malades du SIDA (enfin ceux qui restent télégéniques, faut pas déconner, ceux qui font la manche dans le métro en exhibant leur « kaposi »pour un ou deux euros de plus, ceux qui sont séropositifs dans les pays miséreux, on ne les montre pas, comme si le SIDA concernait deux ou trois arrondissements de Paris).

    Une semaine après on a oublié les chtits haïtiens, les chtits thaïlandais, les myopathes et les sidéns, on est passé à autre chose de beaucoup plus important : les médailles françaises aux JO d'hiver, le dernier album minaudé de Carla, la dernière pétarade du Don Camillo « über alles » du Sud Georges Frêche, et questions fondamentales entre toutes, qui va être juré à « la Nouvelle Star » ? Ou les audiences de « la Ferme célébrités en Afrique » ?

    (disons plutôt chez les sauvages vu la conception de ce continent qu'ont les « créateurs » de ce zoo humain).

    La fraternitude est à l'oeuvre dans ces émissions, on se serre, on s'embrasse à tout bout de champ pour pas grand-chose, on s'étreint pour des bêtises, on pleure à chaudes larmes pour rien, pour une queue de cerise, pour des querelles de cour de récréation, des crèpâges de chignon de gamines. Et encore une fois qu'elles ont dit : « T'es plus ma copine », des gamines sont encore copines deux minutes après tandis que les adultes, qui sont sérieux, peuvent rester fâchés des années sans autre raison que leur ego surdimensionné.

    Le fraternitude va de pair avec une conception « tatasse » de la gentillesse, comme dans les romans d'Anna Gavalda ou ceux de Véronique Olmi, les mamans y sont des femmes actives « super », qui arrivent à mener de front une carrière « super » et à éduquer très librement mais sereinement des enfants « super », elles ont un « super » mari sympacool. Les grands-parents sont des seniors, faut pas dire vieux, encore très actifs, qui participent à autant d'activités qu'ils le peuvent (là, il ne faut pas suggérer que c'est parce qu'ils ont compris qu'ils n'ont rien à se dire, une fois les gosses casés). Grand-mère ne tricote pas un chat sur ses genoux, grand-mère fait du trekking ou du saut à l'élastique. On aime bien commisérationner à qui mieux-mieux, mais surtout pas faire quelque chose pour changer le monde (à part un « lipdub » crétin).

  • Mi Sherlock, mi Superman, mi Docteur House...

    Imprimer Pin it!

    « Sherlock Holmes » – Guy Ritchie

    Je suis allé voir le « Sherlock Holmes » de Guy Ritchie avec Robert Downey Junior et Jude Law. Alors, certes, c'est plus une attraction foraine mettant en scène un super-héros qu'un chef d'oeuvre du cinéma (après tout, c'est ce qu'est le cinéma depuis ses débuts), mais l'interprétation de Holmes et celle de Watson, même si elle déplaît aux puristes, n'en est pas moins très bonne. Il y eut pire, je me souviens d'une adaptation qui met en vedette Roger Moore (Brett Sinclair quoi) et Patrick McNee en Docteur Watson, en 1976 dans un film de Boris Sagal, « Sherlock Holmes à New York ». Certes, Robert Downey n'est au moins physiquement pas du tout le rôle, mais l'humour à froid qu'il instille au personnage, qui, finalement n'est plus Sherlock Holmes, son côté intelligent, inadapté chronique, et bordélique, cynique, arrogant, sarcastique, ses emportements, tout cela me plaît beaucoup car au fond sa générosité intrinsèque rattrape et transcende le tout. Il est peut-être plus proche de la conception première de son héros par Doyle au bout du compte, tout comme Hugh Laurie, l'interprète du docteur House ferait un excellent Holmes. Robert Downey Junior a enfin une épaisseur et une personnalité qui font défaut à la plupart des acteurs actuels.

    Et de plus, tout comme lui, j'aurais largement préféré Irene Adler à la très fade Mary Watson.

    Jude Law est un Watson qui n'a ni l'âge ni le physique du rôle, excepté la claudication du personnage que l'on ne trouve jamais dans les films ou dans les feuilletons bizarrement. Tout comme Downey n'est pas vraiment Holmes mais un autre personnage, il est quelqu'un d'autre que Watson. Mais l'idée d'opposer son caractère plus posé, et en même temps plus sensible, à celui de Holmes qui refuse tout compromis avec les bonnes moeurs victoriennes, est une bonne idée.

    Quant à l'histoire, qui est un peu une présentation des personnages, un « riboute » (reboot) comme on dit maintenant, elle fait des fondateurs victoriens du libéralisme moderne, qui est en train de nous mener à l'abîme, des désaxés satanistes se livrant à des pratiques atroces, des fous furieux irresponsables, ou des pleutres. On comprendra pourquoi j'aime bien cette intrigue finalement.

  • Mon anti-boussole politique

    Imprimer Pin it!

    J'ai connu deux « anti-boussoles » dans ma vie, le premier était une « anti-boussole » gégraphique, il suffisait qu'il indique un chemin, une route, un raccourci pour nous inciter à Boussole2gold.jpgprendre rigoureusement à l'opposé. Ce genre d'intuitions contraires s'avéraient très bénéfiques car nous étions tout le temps à l'heure en faisant exactement le contraire de ce qu'il préconisait pour l'être.

    C'était pratique.

    J'ai aussi une anti-boussole politique, un ami qui se trompe toujours complètement quant aux résultats, mais si on inverse son point de vue, finalement au bout du compte il a toujours raison. En 2002, il m'avait prétendu avec force et beaucoup d'aplomb que Lionel Jospin serait au deuxième tour des présidentielles loin devant, « allons donc, ça ne pose même pas question » et Sarkozy, et bien sûr Le Pen qu'il estimait « grillé » en cette période. Nous étions dans un café, le printemps était timide cette année là, la chaleur de l'endroit apaisait, c'était idéal pour la lecture de la presse politique. Je n'ai donc pas eu de surprises lors du premier tour des présidentielles cette année là car je m'attendais à Le Pen au deuxième tour et Jospin derrière. Plus tard, je lui demandais ce qu'il pensait de Bayrou, il affirma alors que ce serait le troisième homme tant attendu et qu'il serait au deuxième tour en 2007 sans trop de mal, il le voyait comme un nouveau De Gaulle capable de rassembler tous les camps. Il était également certain, lors d'une soirée je le vois encore, confortable et paisible, un verre de vin à la robe cardinalice à la main, convaincu au dernier degré de la victoire de Marie-Ségolène Royal devant Nicolas Sarkozy, « trop petit, trop nerveux, pas assez politique, incapable de remporter une élection politique majeure ». Il faisait suivre son affirmation d'une mimique un peu dégoûté. Je ne posais alors plus aucune question, Sarkozy serait élu avec une confortable avance sur tous les autres, je n'avais plus aucun doute là-dessus. Je ne l'ai pas encore entendu sur les régionales, je crois savoir qu'il met « Europe Écologie » en tête...

  • L'enfer en pilules, en poudre, ou en injections

    Imprimer Pin it!

    Il y a encore de nos jours un romantisme des paradis artificiels. Malgré Baudelaire, malgré Théophile Gauthier, qui en parle dans « le club des hachichins ». Beaucoup parmi ceux qui ont des prétentions littérateuses (trices ?) sont persuadés que boire beaucoup, fumer de l'herbe et prendre des médicaments augmentent la créativité et décuplent les facultés de création alors que l'on écrit bien que lorsque l'on est complètement à jeûn, y compris La Vision de l'Enfer, de Jérôme Bosch (détail).jpgBukovski, voire Malcolm Lowry qui voyait des vautours dans l'évier de son taudis parisien. Et quand Aldoux Huxley écrit sur la mescaline, il attend d'être sevré.

    C'est ce romantisme petit-bourgeois et cette conception toute fantasmée du poète ou de l'écrivain maudit qui poussent des gosses ou des adultes à s'alcooliser ou a s'injecter n'importe quelle saloperie dans les veines, ou le désert affectif de leur vie familiale et le vide des valeurs de la société actuelle : en dehors du fric, à savoir, pas grand-chose. C'est normal d'essayer de combler ce vide, mais avec du néant, c'est un peu comme vider la mer avec une petit cuillère. Hélas, tout le monde n'est pas Rimbaud ou Verlaine, de toutes façons leur fée absinthe était une mégère et non une avantageuse sylphide.

    Le problème c'est que l'on ne guérit pas de la drogue, on ne peut que se soigner à coups de Subutex ou de Méthadone qui seraient vraiment efficaces si la prise de ces substituts était assortie d'un suivi psychologique, car la dépendance et les crises de manque induisent des pathologies psychologiques graves ou les font ressortir.

    Un drogué n'est pas fiable, on ne peut pas avoir confiance en lui, la drogue prend toute la place dans sa cervelle. Et le pire est que le premier à en être conscient, c'est lui.

    Il se précipite dans l'abîme en toute conscience.

    Au lieu de s'en occuper sérieusement on se contente d'enfermer les dealers et les consommateurs en prison, ce qui permet aux uns d'augmenter leur marge bénéficiaire, aux autres de se laisser un peu plus aller, sans omettre les sévices que subissent les plus jeunes ou les plus faibles ; l'assistante sociale leur fait la leçon une fois par mois et de temps à autres des bonnes gens se donnent bonne conscience ou se mettent en valeur en venant dire combien la nature est belle avec les petits z-oiseaux et la joie dans les yeux des n'enfants et que c'est pas bien de se camer à cause de ça. Ensuite, ils repartent chez eux, dans leur confort, la gueule enfarinée, persuadés d'avoir fait le bien de l'humanité.

    D'autres encore fument un pétard devant l'Assemblée en prétendant que ça n'est pas très grave un petit joint...

    C'est pas non plus la « zonzon » des rappeurs et des comiques pas drôles de « stand up », pleine de rebelles hargneux et arrogants, de racailles marrantes qui tchatchent comme Eddy Murphy dans « le flic de Beverly Hills ».

    C'est moins drôle, moins « bling-bling », moins culture mondiale, moins « tu 'ois , on est tous frères ».

  • "Viens me le dire" - J.P. Nataf

    Imprimer Pin it!

    J'aime bien cette chanson qui témoigne d'une réelle personnalité : humour, véritable création et une écriture qui sort des sentiers battus. Chez les uns on ne se remet pas des années 80, chez les autres les années 60, Nataf crée quelque chose d' original.

  • La Ferme, les has-been, et les naïfs

    Imprimer Pin it!

    Le prime-time de cette émission débile est, semble-t-il, boudé par les téléspectateurs. On pourrait se dire alors qu'ils ne sont pas si cons qu'on le dit, les braves veaux qui regardent la télé-réalité surTF1, mais hélas, c'est parce qu'ils ont déjà vu tout ce qu'il est convenu de voir sur Internet, sur les sites de partage vidéo ou sur les blogs de « fans » écrits en SMS donc délicats à déchiffrer. Ce arton22945.jpgqui leur plaît, ce qui fait le beuuuze comme il est convenu de dire en ce moment, c'est un couillon qui est un peu le « monsieur tout le monde » de la Ferme, un frimeur de Prisunic, Mickaël Vendetta, qui balance tout ce qui lui passe par la tête (ça passe pour de la franchise) et se comporte en petit con avec les « vedettes » enfermées volontaires, une soeur de chanteuse québécoise, une chanteuse des années 70 un rien oubliée - elle avait le même strabisme et la même origine que Joe Dassin- une ancienne sportive en patins, et des "sauvages" en pagne tout autour, pour le folklore, le but du jeu étant de les fragiliser nerveusement, de les pousser à bout pour qu'elles fassent le spectacle, qu'elles fondent en larmes comme des gamines de douze ans à la moindre peccadille, qu'elles se tabassent, et que sais-je encore ?

    Le top du top c'est qu'ils exécutent le simulacre de la reproduction dans une piscine.

    Ainsi l'imbécile devant son poste ou son écran d'ordinateur pourra se dire que les « fermiers » de ce zoo humain sont comme lui, aussi nuls que lui, et ont des aspirations aussi médiocres et méprisables.

  • Les communistes sont des croyants comme les autres

    Imprimer Pin it!

    Sur un blog je lis ceci, de Gilles Perrault : "Dans le communisme, l'horreur est un accident de parcours. Dans le nazisme, l'horreur, c'est le parcours lui-même."

    goulag-russie.jpgLes communistes sont comme certains croyants qui font de leur foi une idéologie, ils excusent tout, et mettent de côté ce qui pourrait freiner leurs certitudes et gêner leurs convictions. Le communisme est une foi religieuse sans dieu.

    A la différence, en tant que catholique, je ne chercherai même pas à justifier la pédophilie qui fait des ravages ne serait-ce qu'en Irlande, je ne cautionne pas une seconde les prêtres qui bénissaient les navires négriers, et encore moins le comportement des évêques espagnols vis-à-vis de Franco, ce dont Bernanos parle dans « les Grands Cimetières sous la lune », ou l'anti-sémitisme virulent sévissant dans l'Église à une époque. Cela n'empêche pas la Foi une seconde car la Vérité rend libre.

    On ne mettra pas en balance le nombre de victimes des uns et des autres, ce serait indécent et à la limite de l'obscénité.

    Mais cette phrase l'est aussi obscène car finalement les morts dûs au totalitarisme soviétique ce sont des dérives, c'est pas grave, tant que la cause progresse, un peu ce que l'on dit des 175900 vendéens massacrés en 1793, ce n'était que des dérives. C'est faire bien peu de cas de la vie humaine, et de la vie des victimes en particulier.

    Or, la vie humaine est largement plus précieuse qu'une idéologie, fût-elle la plus généreuse des idéologies.

    Alors, certes, le communisme n'est pas une idéologie racialiste, contrairement au nazisme (dont la panoplie plaît encore beaucoup aux débiles qui s'en trouvent fascinés, à gauche comme à droite). Mais l'horreur des camps de travail est une conséquence logique de la réalisation concrète d'une utopie prétendant obtenir l'unanimité (le contradicteur est un dingue). Vouloir appliquer une utopie, c'est simplement de la folie furieuse, une folie sinistre qui conduit à la mort, une bêtise atroce. Folie de masse qui continue de manière différente à travers la société consumériste actuelle.

    La générosité ne peut être mise en bouteille de toutes manières.

    Post scriptum : Je précise bien entendu que mon opinion n'est pas d'un bloc, Gilles Perrault a beaucoup de courage et du talent, « le dossier 51 »est magnifique, et pour écrire « le pull over rouge » contre la sottise grégaire il fallait en avoir. Cette phrase est d'autant plus décevante.

    Ci-dessous une chansons dédiée à Gilles Perrault et aux "croyants" en toutes les utopies qui produisent toujours les mêmes résultats.


    mourir pour des idées
    envoyé par jaydooy. - Regardez d'autres vidéos de musique.

  • « Olimpia » - Céline Minard chez Denoèl

    Imprimer Pin it!

    Ce livre, je l'ai lu d'une traite, de toutes façons, il est court, et l'ai beaucoup apprécié. Céline raconte l'histoire d'Olimpia Maidalchini, belle-sœur du Pape et dirigeante officieuse de l'Église au milieu du XVIIème siècle. Pendant les soixante premières pages, Céline Minard laisse parler Olimpia, calculatrice, perverse et innocente, bouffonne et sérieuse, comme un Pape, truculente et froide, imprécatrice, élégante et grossière. L'auteur fait le pari de restituer la langue et l'esprit de cette période et y parvient admirablement, on pense aux « Mémoires d'Hadrien » mais en bOlimpia.jpgeaucoup plus charnel et vivant. Olimpia est un monstre d'égoïsme et de méchanceté, d'ambition et d'avidité, mais le vrai monstre ce n'est pas elle dans l'histoire, elle qui fit élire Innocent X, son beau-frère laid et fadasse, le vrai monstre est Rome, un monstre que l'auteur aime et éxècre tout à la fois, une ville qui n'est pas encore tout à fait chrétienne en 1657, encore païenne, quand Olimpia meurt, on y sacrifie aux dieux anciens parce que « on ne sait jamais », le dieu des chrétiens n'exauce pas tous les vœux. Elle y reconnue comme la maîtresse de la ville et des états pontificaux car on va même jusqu'à battre monnaie à son effigie. Il paraît qu'elle est morte en maudissant la ville pour laquelle elle avait tant fait, dont construire la « Fontaine des quatre fleuves », le peuple romain lui reprochant alors de penser plus aux pierres qu'au pain qu'elle aurait pu distribuer.

    C'est un sujet parfait pour Céline, que j'ai connu il y a vingt-six ans déjà, elle était, elle l'est toujours, indocile, excentrique, excessive, tourmentée, passionnée par l'écriture et la littérature en général, et sceptique envers toute chose écrite, comme Olimpia. Elle m'a fait découvrir Gérard Manset, que nous écoutions dans l'auditorium désert de la médiathèque d'Évreux, au rez-de-chaussée du théâtre « art déco » de la ville, et moi Nagisha Oshima ou Ozu. Avec elle, on ne pouvait pas tricher, elle mettait immédiatement à jour la bêtise, les prétentions, la vérité des personnes qu'elle croisait. Les imbéciles la craignaient, et comme toute personne très intelligente, elle était parfaitement incapable de se socialiser en se conformant à toutes les bêtises dans le vent. Elle écrivait déjà. Son indocilité est comme éclairée, il n'y a que peu de zones d'ombres. Ceux qui attendraient des blasphèmes et un scandale en seront pour leurs frais, excepté une allusion à la différence qu'il y a entre les grandes idées exposées dans la Bible et les actes.

    En tant que croyant, j'y vois aussi le témoignage que l'histoire de l'Église n'est pas aussi linéaire et idéologiquement pesante qu'on le dit, ou qu'on le croit. Attention, cependant, Céline est tout autant sceptique, voire plus, que son héroïne, quant à la Foi chrétienne, pour la même raison, ce qui devrait interpeller « quelque part » (comme dit ma coiffeuse) les croyants.

    Si bien sûr, le matériau premier des livres de Céline c'est elle, elle ne sombre pas dans le narcissisme de l'auto fiction, sans pour autant s'abandonner à des clichés romanesques à deux sous comme Guillaume Lévy ou Marc Musso. Son nombril n'a aucune importance dans ses œuvres, elle crée tout un univers romanesque, que ce soit dans « le dernier monde », étonnant livre sur le thème du dernier homme, un thème extrêmement casse-gueule pourtant, ou dans « Bastard Battle » que je trouve cependant un tout petit peu moins bon que « Olimpia » que l'on sent beaucoup plus viscéral, ce qui m'intéresse beaucoup plus évidemment. Voilà ce qui manque à tant de livres foutus en l'air par leur manie de vouloir démontrer le bien-fondé d'une idéologie, ou la valeur de tel ou tel homme providentiel. Céline n'a rien de tout ça à refiler au lecteur, et c'est tant mieux car finalement le message ou l'idéologie, la leçon de politique ou l'hagiographie on s'en fout en littérature.

  • Nos curés ont-ils besoin d'un coach ?

    Imprimer Pin it!

    Coach pour curé

    pretre_academy_flyer_p-662d2.jpgJe l'ai lu dans le « Famille chrétienne » de la semaine dernière, en avant-dernière page, un monsieur propose ses services d'ancien manager en entreprise pour les prêtres en paroisse ou les séminaristes, pour leur apprendre à parler devant un public, et ne pas ennuyer l'auditoire. Le côtche les pousse aussi à serrer la pince des gens à la sortie de la messe, à faire dans la « public relations » efficace. Il faut être ludique, sympacool et que les paroissiens ne se posent pas de questions qui pourraient bloquer leur digestion du repas dominical. Moi qui suis naïf, je pensais jusque là que les prêtres avaient déjà un coach, ce type mort sur la Croix il y a deux-mille ans, un certain Christ, Jésus Christ...

    Note personnelle : ce Jésus on a un mal fou à le trouver sur certains sites diocésains, comme celui d'Évreux par exemple. Et on y voit une croix qui ne ressemble pas trop à une croix, faut pas choquer, faut pas brusquer.

    Post-scriptum qui n'a rien à voir : Depuis deux jours, je suis monté sur le Ring dont je suis un des chroniqueurs littéraires.

  • Le respect qui se pratique en province

    Imprimer Pin it!

    La conception du respect en province - petite anecdote que j'avais envie de raconter du fait de mon ras le bol d'entendre tous sces clichés sur le bon sens "prês de chez vous" de nos campagnes comme on les supporte depuis quelques temps...

    daumier.jpgUn mendiant marchait au milieu de la rue à côté de la mairie d'Évreux, sur la place « presque piétonne » juste en face juste le temps pour lui de remonter sur le trottoir à côté ce qui était plus facile pour lui car il est handicapé. C'est un mendiant dont les commères disent qu'il a des « miyons » et qu'en fait il a des sous : c'est donc pour ça qu'il demande à tous les passants un euro pour un café, je suppose...

    Une fourgonnette s'arrête à la hauteur du pauvre homme, le frôlant dangereusement, au volant et à la place passager deux péquenots en goguette, le visage rougeaud, l'anorak et le survêt obligatoires comme costume, l'air faussement rusé que ce genre de débiles a tout le temps, ils crient : «  Hé ! Fais attention où tu marches, pauv'taré ! T'as été fini à la pisse ! Hé Dis donc ! ».

    Comme ils sont lâches, le passager qui vient de balancer cette saloperie, avec le rire gras du conducteur en fond sonore ferme la fenêtre précipitamment et la voiture redémarre aussi sec en trombe, laissant le clochard hébété et abasourdi.

    Un peu plus loin les deux pedzouilles doivent s'arrêter pour laisser passer un « meussieur » en GROOSSSE voiture (avec la fille maigre en option sur le siège passager), en canadienne, cravate et chaussures de marque.

    Le « meussieur » gênait tout autant, mais lui, c'est pas pareil, lui il roule en GROOSSSE voiture...

    Quant à l'illustration, elle est parfaite, depuis Daumier rien n'a changé.

  • « Bon Appétit Messieurs ! »

    Imprimer Pin it!

    précédemment paru sur le Ring.com

    Avant de lire ce livre, j'ai écouté Patrick Rambaud sur Europe 1 parler de sa chronique. J'avais déjà comme une impression d'inachevé, elle perdure à la lecture de son ouvrage. Certes il écrit très bien, entre style « Grand siècle » avec imparfaits du subjonctif bien placés, et argot de marlou plus trivial ; il faut dire que le sujet, le président de la République et sa cour, l'impose par sa très grande vulgarité mais il manque un souffle puissant et une analyse plus profonde de la situation, bien que son idsarkoleon.1181033598.gifée de « démocratie totalitaire » sarkozienne soit des plus justes. Seulement, comment se fait-il que nous en soyons arrivés là ? Aussi bas. Comment se fait-il que les idéaux de notre société ne soient plus que les 3 « B » : Baiser, bouffer, boire et les deux « C » : « Claquer » son argent, les flambeurs ont bonne presse, ceux qui confondent luxe et clinquant, verroterie et pierres précieuses, éducation et bourrage du portefeuille, et bien sûr « Consommer », le tout camouflé sous le paravent léger d'un humanitarisme, très vague, qui reste de pacotille. Et quand on ne peut pas consommer, on passe ses jours de repos à flâner à l'ombre des rayons des supermarchés géants, les lieux saints en 2010. Le microcosme franco-français manque de grandeur et cela ne commence pas avec le règne de Nicolas Ier, cette société française post-industrielle souffre à dire vrai de nanisme (on pourrait voir là une allusion au physique dense du personnage principal des chroniques de Rambaud mais que nenni, je ne me permettrais pas une telle privauté bien sûr).

    Ce président qui n'en revient pas d'en croquer autant, cette cour prête à toutes les bassesses, il semble bien que c'est tout ce que mérite notre pays en ce moment du fait de son masochisme, du rejet de sa culture, de toute culture d'ailleurs. Il est à la mode d'être inculte, tout en cultivant paradoxalement un complexe d'infériorité sur ce sujet (encore une chose que Carla a prise en main), ou de prendre pour coach une machine électronique.

    Il décrit les tribulations des multiples lèche-bottes, des obséquieux habitués à cirer les pompes, avec talent. Il les fait descendre de leur estrade, de leurs talonnettes dirais-je, il y a aussi parmi eux une grande proportion de petits boutiquiers, d'ambitions au ras des pâquerettes. L'impression qui domine est que personne ne se soucie plus vraiment de politique, tout le monde veut une part du gâteau public, que ce soit une grosse part ou quelques miettes, de l'édile municipal qui s'augmente à peine les urnes vidées au ministre qui cumule deux ou trois salaires et indemnités de fonction. Pourtant, je crois me rappeler que l'on nous a seriné depuis deux-cents ans et des poussières que les privilèges ont tous été abolis la nuit du 4 Août. Serait-ce donc qu'il en reste quelques uns ? On m'aurait trompé ? Sarkozy est-il pour autant le seul responsable de la situation, ou seulement un symptôme ? Patrick Rambaud n'analyse pas cette question malgré sa description savoureuse des us et coutumes du palais présidentiel.

    Le maire de ce palais, Nicolas Ier, reste plus ou moins fidèle à lui-même, réalisant le rêve de nombreux quidams : dépenser du fric, se vautrer dans un éternel jeunisme, consistant surtout à courir en short autour de l'Élysée, se faire bronzer à la lampe UV comme Tony Montana, quitte à souffrir d'un malaise vagal comme n'importe quelque quinquagénaire jouant les jeunes hommes. A la place, peut-être s'achètera-t-il un 4x4 rutilant. Pour compenser, rien de mieux en effet qu'un simulacre de virilité. Dans le palais, on cotoie Carla Bruni, elle se montre plutôt froide et déterminée, ainsi qu'en témoigne ce qu'elle dira devant le lit conjugal et présidentiel à Rachida Dati, mais demeure cependant une Madame Verdurin au physique de naïade, n'ayant de la culture qu'une image mondaine et superficielle. On lit ce dont on parle dans les salons, on trouve génial les plastiqueries de Jeff Koons à Versailles ou les machines à laver de Boltanski, car ce sont des copains de banquets, et, bien sûr, on a l'adresse et le numéro de téléphone de quelques esprits réputés libres et indépendants, comme Val, comme Frédéric Miterrand, toujours prêts à rendre service à la Nation, enfin à la première Dame de la Nation dont la couche fût accueillante autrefois, aujourd'hui encore diront les mauvais esprits dont je ne suis pas, et dont le charme ne les laisse toujours pas de marbre vraissemblablement. Carla, comme le raconte Patrick Rambaud, c'est un peu notre reine Margot à nous, avec le même tempérament, plaise à Dieu que ça ne nous mène pas à une Saint Barthélémy moderne.

    Peut-être enfin, eût-il fallu mettre la réplique fameuse de « Ruy Blas » en exergue : « Bon Appétit Messieurs ! Ô ministres intègres !

    Conseillers vertueux ! Voilà votre façon

    De servir, serviteurs qui pillez la maison !

    Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,

    L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !

    Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts

    Que remplir votre poche et vous enfuir après ! ».

  • Mornes régionales

    Imprimer Pin it!

    Dans la campagne des régionales, c'est une perle par jour à peu près que l'on est certain d'entendre. De l'une qui veut automatiser un métro qui l'est déjà à un autre qui flatte le plouc dans le sens de sa bêtise en balançant une saloperie dont il est assuré que ça va créer un scandale et augmenter son aura.

    Je l'ai déjà dit, je n'aime pas du tout l'esprit qui prévaut 6124009.jpgactuellement en province, à quelques villes près.

    Le clientèlisme, le népotisme et le manque de bon sens n'ont jamais été autant à l'œuvre, les copains, les copines, et beaucoup de coquins, sans parler des hypocrites qui jouent les pucelles effarouchées quand un populiste fait des siennes, ce qui a juste pour effet de lui amener encore plus de voix. Le bon peuple de nos régions, il est raciste, il est souvent xénophobe (il suffit de ne pas être de la même région, voire d'être « parisien », le « parisien » est l'espèce méprisable par excellence dans nos régions : rien que des bobos et des « prétenssieux »), il est même antisémite sans trop le dire le bon peuple des régions (les juifs « y z-ont quand même du pognon on a beau dire »), il aime bien qu'on le caresse dans le sens du poil, qu'on lui dise combien il est beau et grand les deux pieds encore psychologiquement bien enchâssés dans deux sabots bien crottés.

    Affiche-2010_1.jpgCette France rurale qu'ils ont bien enfoncée dans leurs crânes n'a jamais existé mais ça ce n'est pas grave.

    Pendant la campagne des régionales, on voit un peu plus les édiles, les élites de nos belles contrées, car ce n'est qu'une campagne de notables au bout du compte, serrer les louches de nos aînés (faut pas dire les vieux, ça fait mauvais genre), contempler d'un air extasié un bout de bitume refait à neuf ou s'extasier en posant le premier parpaing de tel centre aéré « Yvette Horner » ou telle bibliothèque « Herbert Léonard » (j'ai vérifié ça existe), ou encore pincer la joue d'un gamin maussade pendant une journée festive autour d'un peu n'importe quoi.

    Et finalement, comme la France est encore un pays de riches petits bourgeois, il faut voir l'affluence dans les stations de ski (remarquez, il faut aimer, retrouver les files d'attente comme dans le métro, mais à 2000 mètres d'altitude), l'électeur papillonne au gré du vent sans se demander si son choix va dans le sens du Bien commun ou pas. Dans le cas de l'électeur aisé, il s'agira surtout de s'auto-cirer les pompes en quelque sorte, « je vote écolo car je suis un type drôlement conscient » (moi j'ai du mal avec Conne-Bendit qui a la vulgarité de l'ancien indic).

    Moi je m'inscris au Paradem, je vote Gaspar Delanoé et dés 2012 je vote Pompidou !

    Ci-dessous, Gaspar Delanoé du Parti Faire un tour parle...


    Votez gaspard delanoë!
    envoyé par gaspard-delanoe-programme. - Regardez plus de courts métrages.

  • Fêtons la Saint Valentin avec Athanagore Wurlitzer

    Imprimer Pin it!

    9782858151028_1.jpg

  • Comment digérer 1 kilo de poésie de Charles Dantzig.

    Imprimer Pin it!

    Je me suis souvenu, une fois ce recueil refermé, d'une formule pseudo-publicitaire de Desproges pour décrire le livre d'un nouveau romantique : « deux kilos de romantisme pour le prix d'un litre de débouche-évier ».

    20090110PHOWWW00003.jpgJe l'avoue, ce livre, « la Diva aux longs cils » fut très dur à digérer, il laisse également songeur. On ne va pas réécrire les « lettres à un jeune poète » de Rilke, mais il me semble que de nombreuses personnes seraient inspirées de le relire, les conseils qu'il dispense étant toujours excellents : éviter les thèmes galvaudés, comme parler toujours d'amour, les expressions toutes faites, la facilité, les fausses audaces, à ça je rajouterais aussi l'érudition mal placée. Je pense que là le lecteur voit à peu près où je veux en venir. De plus c'est très délicat de critiquer les poèmes d'un écrivain, on a toujours l'impression que l'on attaque l'intimité de la personne, l'auteur se livrant peut-être plus en poésie. Cependant, il prend volontairement et consciemment un risque en les publiant, risque donc qu'il est prêt à assumer.

    Dont acte.

    Charles Dantzig écrit des poèmes un peu comme ceux de Marguerite Yourcenar qui n'y entendait goutte. Il les écrit de manière très appliquée, un peu laborieuse, enfin à la manière laborieuse d'un bon élève, et ses textes manque de chair, d'entrailles, de sueur. Il n'y a pas de grands mystères derrière, pas d'abîmes ni de ciel infini. Tout cela est bien sage et bien cadré. Il rappelle les « fils de pharmacien », comme on disait avant, ces garçons bien élevés, choyés par la vie, cultivés mais un peu trop snobs, enfermés dans leur personnage et leurs préjugés, des dandies sans dandysme.

    Il réfléchit trop, cela manque de coeur.

    Comme beaucoup de personnes très savantes, des érudits de grande culture, il se reconstruit un monde personnel qui n'a rien à voir avec le monde réel. Il cite des références quand il parle d'un sujet et ces références sont parfois largement désuètes et parfaitement ridicules, comme citer Loti quand on s'intéresse au Proche-Orient. Le Proche-Orient de Pierre Loti c'est un peu comme un monument du Facteur Cheval, de loin ça ressemble à une cathédrale, de près, on voit bien que c'est largement de bric et de broc, et complètement factice.

    Il se permet des audaces qui maintenant n'effraient plus grand-monde, comme comparer les lumières filtrées par les vitraux des cathédrales aux stroboscopes des boîtes de nuit. Y-a-t-il là-dessous une préoccupation spirituelle ? Est-ce pour signaler le matérialisme de notre époque ou que nous dansons au-dessus du volcan ? J'ai quelques doutes.

    Dans un autre poème, il parle du disco qui envahit les rues d'une ville méditerranéenne. Cela ne dépasse pas à mon humble avis le stade de l'anecdote type « Nouvelles Frontières », du touriste qui trouve tellement sympathique et mignon toutes ces couleurs dans les souks ou les toits ripolinés des « favelas » de Rio ou des bidonvilles de Calcutta tels que filmés au début d'une bluette gentiment « équitable » sortie l'année dernière. Et quand il parle d'amour et de femmes, il me rappelle Montherlant, les dames sont de charmantes choses jolies à regarder, qui font bien sur la photo, mais ce qu'elles ont a dire importe peu au bout du compte. Il les définit d'une formule souvent bien trouvée mais un peu vaine. Ce n'est plus exactement un carnet de rendez-vous mais plutôt un magazine de mode avec quelques modèles prenant la pose.

    Toutes choses déjà lues et relues très souvent, un rien ennuyeuses.

  • Diam's, "une femme qui a explosé en plein vol" selon Amara

    Imprimer Pin it!

    Merci à Éric qui m'a communiqué ce texte,

    6CF8291D5F14647093D80CBFB37B.jpgLa secrétaire d'état à la ville, Fadela Amara, a estimé mercredi que la chanteuse Diam's, qui porte désormais le voile, était "une femme qui a explosé en plein vol".

    "C'est une femme qui a explosé en vol face à sa réussite et qui a beaucoup souffert mais ce en quoi je ne l'excuse pas : ce n'est pas parce qu'aujourd'hui elle porte le voile qu'elle peut se permettre n'importe quoi et accuser tout le monde. Je trouve que là, pour le coup, elle devient un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires, parce qu'elle donne une image de la femme qui est une image négative pour moi", a déclaré Mme Amara, invité de "Politiquement parlant" de Direct 8.
    La secrétaire d'Etat était interrogée sur les déclarations de la chanteuse qui l'avait qualifiée de "sorcière" lors de NRJ Music Awards, le 23 janvier.
    Mme Amara a affirmé que Diam's, "ce que l'opinion publique ne sait pas et que les citoyens ne savent pas", était "entourée de masculins qui sont rentrés dans une dynamique religieuse presque radicale".
    "Du coup, a-t-elle poursuivi, je suis inquiète à la fois pour elle (...) mais aussi à la fois, (parce que) c'est une femme publique (qui) a de l'influence sur certains jeunes et notamment les filles dans les quartiers, des gamines, surtout des gamines."

  • "In the waiting line" - Zero 7 : classieux

    Imprimer Pin it!

    Entendu hier soir à la fin d'un épisode de Docteur House, adoré tout de suite, immédiatement classieux...

    Quand les robots seront tous seuls sur terre, comment parleront-ils des êtres humains ? Sauront-ils parler de beauté ?

    C'est aussi une chanson dickienne, qui se demande ce qui est réel.

  • Pas d'hémiplégie pour moi - par le père Fouettard

    Imprimer Pin it!

    Qu´on soit de gauche ou de droite, on est hémiplégique disait Raymond Aron. Qui était de droite rajoutait Pierre Desproges !

    LIBE-19et20-10-02-Droite-habille-gauche-3-copie-1.jpgA quoi correspondent la Droite et la Gauche ? Et le Centre ? Chers petits amis, aujourd'hui je vais me prendre pour l'Oncle Paul dont se souviennent certainement les lecteurs quadragénaires de « Spirou » quand ils étaient jeunes z-et innocents.

    Ces grands ensembles correspondent aux endroits où s'asseyaient à l'Assemblée puis à la Convention à partir de 1789 les représentants théoriques du peuple issus dans leur grande majorité de la bourgeoisie de l'époque, les « pas tellement révolutionnaires mais un peu quand même », à droite, les « les très révolutionnaires voire très très révolutionnaires », à gauche, et les indécis qui choisissaient et choisissent toujours celui qui tient le bon côté du manche, le centre, le marais. Donc raisonner selon la droite et la gauche, c'est raisonner objectivement selon la même grille de lecture, celle issue des idées de la révolution de 1789 et de la bourgeoisie, dont la base est l'anti-christianisme et l'idéalisation du progrès. Il s'agit donc pour cette classe sociale de maintenir son assise et de légitimer son pouvoir, on remarque que la loi le Chapelier qui interdit les syndicats et les associations de travailleurs n'a été abolie que très tardivement, elle a permis aux nouveaux dirigeants d'avoir les coudées franches pour paupériser et prolétariser les petits paysans, entre autres.

    Deux-cent après, les bourgeois sont toujours au pouvoir, ils ont perdu en route leur hypocrisie morale qui leur faisait tolérer au XIXème siècle les bordels et jeter à la rue les filles mères, maintenant la plupart des bourgeois assument parfaitement leur amoralisme complet jusqu'à la dépravation mais une dépravation sans grandeur ni panache, ni recherche esthétique. Il s'agit de se faire plaisir avec son argent et les privilèges que l'on en tire, rien que cela. Les idées bourgeoises ont fini par essaimer dans toute la société, de l'eugénisme accepté sans problèmes au darwinisme social, les faibles, les hors normes, les indociles sont systématiquement rejetés et le plus ironique est que la plupart de ces déclassés rêvent plus ou moins secrètement de se conduire aussi bassement que les privilégiés (d'où le succès des émissions de téléréalité).

    Et finalement la grande majorité vit sur les mêmes mythes...

    Il n'y a pas de complots, il n'y en avait même pas besoin, il n'y a pas de lobby assez puissant, il n'y a que cet aveuglement originel.

    Ce texte fait vraiment très anar de droite....

    J'en ai bien conscience...

  • Une télévision de plus en plus débile...

    Imprimer Pin it!

    « Quelle chance ! » me dit un vendeur d'Hifi dans sa belle veste sans manches de couleur rouge : « Bientôt, on va avoir seize chaînes de plus en numérique, plus les dix-huit de TNT, c'est chouette ». Autour de nous, un ou deux quidams étaient hilares et s'enthousiasmaient de même dans le magasin blanc et immaculé comme un hôpital de cauchemar. En effet, c'est chouette, c'est la grande vie. Et le pire est que c'est de plus en plus regardé. Au fond du magasin, où nous étions, deux television-cassee.jpgcandidats d'un jeu quelconque manifestaient leur joie d'avoir été traînés plus bas que terre pendant une demie-heure et ridiculisée par des questions d'une telle facilité que même un élève de primaire en connait les réponses, le tout de manière bruyante et sans aucune pudeur sur vingt écrans à la fois. Car maintenant, c'est positif d'être fier d'être ignare.

    TF1 multiplie les jeux les plus cons, les plus abjects, comme « la Ferme Célébrités » dans laquelle sont enfermées une douzaine de has-beens accros à leur dose de célébrité et qui sont descendus tellement bas dans l'abjection qu'ils en sont à se faire humilier volontairement pendant quelques semaines juste pour le plaisir qu'on les regarde encore, de l'ancien acteur populaire à la walkyrie rechappée de partout. La majorité du troupeau aime. Tout comme les multiples rediffusions sur les autres chaînes de la TNT des feuilletons maison comme « une femme d'honneur » sur TMC, dans laquelle Corinne Touzer incarne une gendarmette (rires) ou « Navarro » sur la même chaîne (re-rires), des bons feuilletons trépidants au filmage inventif. C'est d'ailleurs, quelle chance encore, quel pied d'enfer, la TNT qui récupèrent les émissions les plus sordides en matière de téléréalité, de « l'Ile de la tentation » sur Virgin 17 à NRJ12 qui présente des crétins décérébrés prétendre réinventer le marivaudage. Pour la bonne bouche, on gardera l'émission présentée par une « star » du porno.

    20090821_canal.jpgLa télévision publique n'est pas en reste, de « Plus belle la vie », le « soap » indigent qui fait aussi dans la leçon d'éducation civique politiquement correcte (pas un épisode sans un truc sur l'alcool à consommer modérément, à la gentillesse et à la bonté naturelle des couples gays, etc...) aux émissions à la con tablant sur les larmes des pipeaules ou leurs z-émotions fortes en voyage. « En Terre inconnue » m'horripile particulièrement, on y montre des sauvages qui sont bien docilement en pagnes, des tribus bien pittoresques qui ne semblent jamais souffrir de la faim ou du manque de médicaments, et qui sont toujours dans des pays du Tiers Monde où les dictateurs semblent ne pas exister. On sait bien qu'en Afrique, il n'y a que des démocraties, tout comme en Amérique Latine. Le pipeaule va d'émerveillement surjoué en émerveillement sujoué pour finir par parler un peu plus tard de son expérience devant un public qui trouve ça tellement émouvant, avant d'aller bouffer au Mac Do juste à côté des studios de la Plaine Saint Denis.

    Le pipeaule est très important dans les émissions dites de divertissement du public, chacun dans son rôle, Miller, c'est l'intello de gauche, Charlotte de Turckheim, la grande fille riche toute simple, grande gueule, mais bonne mère et tellement proche de la ménagère de moins de cinquante berges, un peu comme Michèle Bernier ou Muriel Robin, Palmade c'est le pédé de service marrant et fin, mais avec un pathos qui lui permet de faire aussi les émissions de côtching psychologique.

    La télévision actuelle me donne envie d'acheter une hache et de casser la mienne, pas vous ?

    Le début de "La mort en direct" de Bertrand Tavernier. En 1980 c'était de la Science Fiction prophétique, en 2010, nous y sommes, la vie est belle, non ?


    La Mort en Direct (1980) °A OUVERTURE°
    envoyé par lesamoureux-LK. - Bertrand tavernier, 1980.

  • L'abjection fait-elle vendre ? - Yann Moix et les suisses

    Imprimer Pin it!

    Un cinéaste de talent, ce n'est pas non plus un génie, reste seul pendant une après-midi avec une gamine de treize ans pour une séance de photos. Il la drogue et la baise (je ne vois pas d'autre mot). On peut avoir du talent et être humainement une ordure, même après avoir subi l760900714.jpges pires des souffrances dans le ghetto de Cracovie. C'est la nature humaine, le plus souvent extrêmement décevante, c'est sa fatalité.

    Personne n'est noir ou blanc, tout bon ou tout mauvais. Les personnes un peu lucides savent pertinemment que certains parmi les autorités suisses veulent s'acheter une conduite du fait du blanchiment d'argent et de la discrétion zélée des banquiers, on sait très bien que le nouveau procureur de Los Angeles était en pleine campagne électorale et que l'affaire Polanski rapporte des voix, c'est donc toute une superposition d'hypocrisies à laquelle il faut rajouter celle des pipeaules et des puissants, et de ceux qui les admirent, ou les envient, ceux qui se laissent éblouir, comme les parents de la petite qui ont aussi une responsabilité écrasante, je les imagine éblouis par la gloire et le clinquant d'Hollywood, le désir d'être célèbre pour rien, pour du vent.

    Polanski eût-il été un instituteur ou un prêtre catholique que les pipeaules et leurs adorateurs seraient montés les premiers au créneau pour pleurnicher quelques larmes de crocodiles et balancer un ou deux lieux communs sur la morale hypocrite. Là, c'est l'un des leurs, l'un de ceux dont les naïfs et les crétins envient le style de vie. Personne, à commencer par Polanski lui-même, et surtout pas Yann Moix, ne parle vraiment de la victime pour qui le cauchemar recommence.

    On me dira, il n'en a rien à foutre, il ne cherche qu'à vendre son dernier bouquin, étant un peu en perte de vitesse et de bruit médiatique depuis « Cinéman ».

    Celui-ci écrit : «Nous voudrions que la population ait honte, définitivement honte, pour ce qu'elle fait endurer à Polanski. Que des grèves se déclarent à Genève, à Lausanne, à Gstaad, ou des manifestations. Que les gens sortent dans la rue. Crient. Hurlent. Contre leur gouvernement.».

    codebarre3_jpg.jpgParlons donc de morale, là c'est ce à quoi Moix semble se laisse aller, une leçon de morale dans le ton de l'époque. Pour cela, il faudrait venir d'un pays sans tâches. Or, il me semble qu'après la guerre, ceux qui acclamaient Pétain en avril 44 à Paris ou Bordeaux n'ont eu aucune honte d'acclamer De Gaulle quelques mois plus tard, il me semble aussi que personne aujourd'hui n'a vraiment de honte quant aux 220 000 harkis laissés en arrière en Algérie. Sans oublier le million de sans-abris en France en 2010 qui vraisemblablement ne gêne concrètement qu'une infime minorité de français.

    Il dit aussi : « Suisse, sois une nation, sois un pays, sois quelqu'un. Sois un homme, Suisse.» Comme on l'a déjà dit sur ce blog, l'imbécile qui n'a plus rien à dire n'a plus que la haine à offrir pour discuter d'un sujet, et il finit toujours par parler de ces couilles. Ce qui est ironique, c'est qu'il utilise pour cela la même rhétorique que dans les torchons qui avaient l'habitude de mener des campagnes abjectes toujours basées sur des attaques « ad hominem ». Quand on oublie que la nature humaine est complexe, on en revient toujours à la haine et à la xénophobie, la diatribe de Yanne Moix se terminant ainsi : « Je te hais, Suisse. Je te demande de m'arrêter, moi aussi, le jour où je viendrai te voir. Pour cracher sur ton sol immonde.».

    C'est exactement pareil en politique.

  • Y'a le feu au lac ! - Deep Purple

    Imprimer Pin it!

    Un soir de festival, à Montreux, il y a eu un tel incendie que la fumée recouvrait presque toute l'eau du lac. En 2010, un autre incendie n'est pas loin, on sent déjà les flammes nous caresser le mollets...

  • Les bébés peuvent-ils être dangereux ? Une anecdote édifiante

    Imprimer Pin it!

    IMG_3143.jpgTrois couples accompagnés de six enfants, des associaux donc aux yeux de la (l'anti-)morale sociale de notre époque, emmène leur progéniture voir le dernier Disney à lUGC Cinécité des Halles. Jusque là, ça va. Ils emmènent aussi leur petite dernière voir le film, un peu trop jeune, elle a deux ans et dix mois, n'ayant pas les moyens de la faire garder malgré le nombre de crèches je crois hallucinant que Bertrand Delanoé a prétendu mettre en place.

    Voulant entrer dans la salle, l'ouvreuse refuse pour la toute petite fille. Devant le refus des parents d'obtempérer, elle appelle les vigiles et la police, car une petite fille de deux ans et dix mois, c'est dangereux, on ne sait pas ce que ça peut faire. Manu militari, les parents ont été emnenés au poste et encerclés par 10 policiers matraque à la main et torche dans les yeux des parents. Une "queen" qui entre en guépière cuir et latex, avec masque intégré, avec une dominatrice ("Viens Kiki, pour te faire mal et que ça te plaise on va voir un Disney"), aurait à mon avis plus ses chances d'entrer dans la même salle sans craintes.

    Ce n'est pas la première fois que ce genre d'incident arrive dans cet endroit, la dernière fois, c'est un dangereux mangeur de jambon-beurre acheté à l'extérieur, on se rend pas compte mais ça peut être dangereux, qui avait été chasse du même complex cinématographique. Remarquez que rien que la photo de l'endroit montre que c'est humain comme cinoche et pas du tout impersonnel, un non-lieu dans toute sa splendeur.

    Bienvenue dans un monde d'abrutis !

  • La culture et le chauffeur de taxi

    Imprimer Pin it!

    On devrait écouter plus souvent les chauffeurs de taxis, ce texte en est un témoignage. Hier, celui qui m'a embarqué à la gare SNCF de Vernon en est un bon exemple.

    Taxi.jpgIl avait l'accent parigot, le clope odorant au bec qu'il balance par la fenêtre d'une pichenette (« ça vous gêne pas, msieur, l'odeur de tabac ? »). Finalement, voyant que cela ne me scandalise pas, il en rallume un autre qu'il crapote la fenêtre à demie ouverte. Et sur son siège, on trouvait aussi le couvre-siège en boules de bois.

    Il en vient à parler de l'éducation (je suis « le petit meussieur qui est prof » toussa, dans les petites villes, tout le monde connait tout le monde ; « bientôt en vacances ») et de fil en aiguille de la lecture et de la culture en général chez les jeunes générations et après. Il dit :

    « On dit que le niveau monte, passe que les gosses y savent utiliser Internet mais y'a vingt ans, msieur (clin d'oeil) on avait pas Internet alors c'est normal qu'on savait pas comment ça marche ».

    Soupirs, exhalaison de fumée, retour au sujet.

    « Et pis si ça se trouve, y veulent pas que les gosses y lisent, comme ça y seront plus dociles pour acheter tout ce qu'on leur dit d'acheter ».

    Là, j'ai dit bravo, un taxi style vieux parisien, pas du tout hygiéniquement correct, est plus pertinent que la plupart des pédagogistes, des politiques et des journalistes. Les anciens gauchistes des barricades, les technocrates, se sont objectivement alliés pour détruire progressivement l'influence du littéraire qui incite à une meilleure analyse de l'actualité et du comportement du pouvoir, et à l'indocilité, les uns par calcul, les autres par bêtise en croyant qu'une utopie se déclare par décret ministériel et entrisme. Il faut lire aussi les nombreux articles écrits sur le sujet sur les blogs et autres sites.

    Et il a tout à fait raison, nos descendants seront ignares, dociles et polyvalents pour la plupart, un vrai rêve d'autocrate.

  • Un peu d'Omar Khayyam pour oublier les burquas

    Imprimer Pin it!

    La culture musulmane ce n'est pas que les burquas et l'intégrisme des barbus, la bêtise obtuse, c'est aussi le poète persan Omar Khayyam.

    Quelques strophes de ses Roubaïates ci-dessous.

    khayyam2.jpg7

    "Je veux boire tant et tant de vin
    que l'odeur puisse en sortir de terre quand j'y serai rentré,
    que les buveurs à moitié ivres de la veille qui viendront sur ma tombe
    puissent, par l'effet seul de cette odeur, tomber ivre-morts.

    8

    Dans la religion de l'espérance attache-toi autant le coeur que tu pourras;
    dans celle de la présence lie-toi avec un ami parfait;
    sache le bien, cent kaabas, faites de terre et d'eau, ne valent pas un coeur,
    Laisse donc là ta kaaba et va plutôt à la recherche d'un coeur.

    9

    Le jour où je prends dans ma main une coupe de vin
    et où, dans la joie de mon âme, je deviens ivre-mort, alors,
    dans cet état de feu qui me dévore, je vois cent miracles se réaliser,
    le mystère de toutes choses me devient aussi clair que l'eau."

    Et aussi la 22

    “Qui croira jamais que celui qui a modelé la coupe
    puisse songer à la détruire? Toutes ces belles têtes,
    tous ces beaux bras, toutes ces mains charmantes,
    par quel amour ont-ils été créés, et par quelle haine sont-ils détruits?”

  • Le romantisme pour les nuls

    Imprimer Pin it!

    « Le premier amour » de Véronique Olmi

    304436_olmi.gifComme chante quelqu'un, « le premier amour c'est n'importe quoi ». Le premier amour rappelle des souvenirs d'appareils redresseur de dents, de bonbons à trois balles, de boutons d'acné et de salives mêlées. On se frôle, on se malaxe, on se raconte des histoires ; à entendre certains adolescents, ils ont la libido du Don Juan post-pubère des « Onze-mille verges » d'Appolinaire et les filles sont toutes des courtisanes blasées. Quand on tombe amoureux, on croit tous être le premier à vivre ça, à ressentir autant de sentiments, à en parler quand on a, au fond, seulement envie de coucher avec la fille, ou le type, que l'on croit aimer. Les petites filles et les petits garçons ont aussi des fantasmes, dont celui de la femme idéale, une princesse qui ne subit aucun des aléas triviaux (elle ne va jamais aux toilettes) de la vie courante d'un être humain, et celui de l'homme idéal, à la fois prince charmant, rebelle séduisant et petit garçon qu'elles ont envie de materner, le tout en même temps.

    Je ne dirais pas que ce livre est donc n'importe quoi mais il m'est tombé des mains à de nombreuses reprises, mais j'ai quand même fait l'effort de le lire jusqu'au bout, car il engendre une sensation d'agacement à toutes les pages. Il n'est rien de plus difficile que de parler d'amour et de romantisme. Un écrivain qui aborde la question croit parfois être le premier à le faire, c'est le cas de Véronique Olmi, et à le faire comme dans la « vraie vie », tarte à la crème actuelle de la plupart des romans actuels, il faut que ça soit comme dans « la vraie vie ». D'abord c'est quoi la « vraie vie » ? L'auteure de ce livre croit bon pour faire « vrai » de sauter le « ne » dans les négations, un peu comme Anna Gavalda, qui est très gentille et très fraîche, qui aime bien les petits oiseaux, les petits riens de la vie quotidienne et la joie dans les z-yeux d'un enfant et qui écrit avec des lunettes roses, un peu comme les scénaristes d'un feuilleton TF1 ; elle place également ce genre d'expressions toutes faites que l'on entend partout, elle pose des questions et y répond dans une narration pseudo-naturelle agaçante. Je me suis souvenu en parcourant ce livre d'un article de Jean-Claude Carrière parlant de cela, le faux naturel, et affirmant avec raison que les dialogues d'un film ou d'un livre doivent être toujours soutenus, car imiter le naturel conduit à en manquer énormément et à le fabriquer engendre une manière d'écrire très factice.

    Donc, comme les femmes actives des pubs pour crème rajeunissante, Émilie est une quinquagénaire dont le bonheur conjugal semble sans failles. Encore très belle et séduisante, elle aime son mari tout en étant moderne et libre (donc elle lit, je suppose, la rubrique des « ovaires anxieux » de « Cosmo », c'est ça l'idée de la liberté dans les romans de ce type). Alors qu'elle prépare un anniversaire de mariage pour son époux, et qu'elle va choisir du vin à la cave (dans ce livre on boit du vin comme dans les films sentimentaux américains, à savoir n'importe quand), elle tombe en lisant distraitement le morceau de papier journal qui entoure la bouteille qu'elle choisit sur une annonce qui lui rappelle son premier amour, Dario, un type sans attaches, bohème et poète, qui a choisi d'être amnésique et de se renfermer sur lui-même certainement à cause de la perte de son premier amour, "trop grave tu vois". Elle choisit d'aller le retrouver et de réveiller en lui ce passé. Elle prend son temps pour descendre vers le Sud, elle prend le chemin des écoliers, rencontre du monde en route, elle s'amuse bien, elle chante, elle danse, elle revit enfin car son bonheur conjugal lui était évidemment insuffisant pour son développement en tant que femme active et libre.

  • C'est Capote que je préfère

    Imprimer Pin it!

    De tous les écrivains américains, je reviens toujours à Capote. Et je me rappelle de l'odeur de la Gare Saint Lazare, pas celle ripolinée de maintenant, celle d'avant, avec ses colonnes « art déco » et son buffet dont les fenêtres en demi cercle donnaient sur la cour du Havre, c'est là que j'ai lu la première fois « Petit Déjeuner chez Tiffany » en attendant une jeune femme qui ressemblait à Holly, elle 3991886243_c3cacc69a8_o.jpgavait le même geste quand on lui posait une question à laquelle elle ne voulait pas répondre, pour savoir lequel, vous n'avez qu'à lire le livre, ne croyez pas que j'allais le dire, ô lecteurs parfois indolents, surtout les « jeûûnes » et les adhérents du Modem qui me lisent.

    J'ai du le lire ensuite plus de douze fois, ce livre faussement simple, faussement léger et futile, et pourtant la clef de la suite de la vie de l'écrivain, il y a un avant et un après l'immeuble rouge dont il parle dans le livre et Holly existait bel et bien, C'était une réfugiée allemande, une très jeune cover-girl qui faisait des allers retours aux toilettes messieurs en attendant une éventuelle célébrité du côté d'Hollywood. Il en était fou amoureux, il l'a avoué très tard, en usant de circonvolutions diverses, un peu comme Flaubert feint d'être cynique et revenu de tout quand il parle d'Elsa Schlesinger à Louise Colet. Étrangement, je sais que cela pourra le paraître, je trouve qu'Holly dans le livre est encore plus jolie qu'Audrey Hepburn dans le film de Blake Edwards. Pourtant, il se passe peu de choses dans le roman, beaucoup de banalités, un homme tombe amoureux d'une femme que tout le monde aime sauf elle-même.

    Truman de son prénom, Capote, du nom de son père adoptif, « Ke-po-ti », Pearsons par sa mère et ses tantes, sans jeu de mots, finit pourtant sa vie comme pédale mondaine obligatoire sur certains plateaux de télévision pour du lâchage de noms méchant et des anecdotes crapuleuses et puantes de sa petite voix de garçonnet, traînant sa défroque empaquetée d'une écharpe à la Isadora Duncan et d'un grand chapeau chez David Letterman le plus souvent, puant l'alcool, se réveillant à coups de médicaments, s'endormant de même. Ce n'est pas un comportement à avoir disent les autres auteurs, qui font attention à rester les meilleurs employés du mois, ceux qui auront leur photo à côté des caisses de supermarché ou dans les magasines mondains : les pipeaules, leurs drogues, leurs coucheries, leurs ventres, leurs nombrils, leur nez ergonomique, leur cul et leur sexe qui prend tellement de place.

    Les (bons) livres sont des enjeux existentiels, ils n'aident pas à vivre le plus souvent, ils agrandissent la blessure intérieure, ils fouillent dedans. Comme « De sang froid », livre remarquable, « nonfiction » extraordinaire, Capote réinvente le monde avec son stylo, l'Amérique, le Mal, la bêtise, les braves gens honorables, les paumés qui ressentent le besoin de se venger. Comme il s'engage trop vers l'abîme pour l'écrire, il préfère encore voir mourir le personnage central de son livre, il en mourra lui-même à petit feu, s'auto-détruisant lentement pour se punir. Pour ceux qui sont passionnés de littérature, qu'ils écrivent, qu'ils lisent, qu'ils fassent les deux, encore plus fort qu'ils écrivent même ces brouillons à la main. A la main ! Se rend-on compte ! Capote a encore écrit quelques nouvelles, souvent des brouillons de roman, avant « les prières exaucées » qui sont, on le sait, les plus douloureuses.

    Capote n'est pas vraiment sympathique, on a envie de l'étrangler. Comme tous ceux qui révèlent chez l'autre sa vérité, on sait bien où finit Jérémie. Les types caustiques sont seulement un peu plus lucides pourtant, pas plus méchants, même si je pense que Capote l'était pour de bon à la fin. Et cela n'est pas à la mode la lucidité, encore moins la causticité. On préfère se situer vis à vis d'un objet dans le vent, qui en a, qui n'en a pas ? D'une grooosse voiture. D'un bijou quelconque. D'un métier couru (d'avance). Capote est mort tout seul, confit dans le gin et sa propre caricature.

    Reste ses livres qui étaient sa vraie vie.

  • « Extérieur, nuit » - la fin des illusions

    Imprimer Pin it!

    Le film ressort cette semaine.

    1980_Exterieur_nuit.jpgC'est un film-culte au sens premier du terme pour quelques uns de ceux qui étaient adolescents dans les années 80 (qui a peu de succès à la sortie, redécouvert par des amateurs éclairés pour plus tard être reconnu à sa juste valeur), c'est aussi le film d'une génération, il paraît maintenant tellement désuet. C'est pourtant un très beau souvenir pour moi ce long-métrage qui renoue avec toute la tradition du réalisme poétique et urbain, car il y a de la poésie dans les paysages des villes, dans le béton, dans les immeubles, même si elle est parfois triste et désespérée. Je la préfère à celle des naïfs qui ont de la nature la même idée qu'un créatif publicitaire pour jambon sous vide : les petits z-oiseaux et la joie dans les z-yeux des enfants.

    Ce film est rare, c'est un film de la désillusion, dont celle des utopies de l'après 68, de la difficulté d'aimer dans un monde de non-lieux, de profit-roi, et la nuit parisienne y est encore mieux filmée que dans « Tchao Pantin » que pourtant j'aime beaucoup aussi, et bien loin des « Nuits Fauves » que je déteste. J'ai d'abord découvert le film à travers des photos en noir et blanc dans le défunt et excellent magazine « Murs-murs ». Elles parlaient de la nuit, des âmes en peine, de la solitude hyper-urbaine, des oiseaux de nuis, de la perte des rêves et des utopies. Cora, Christine Boisson, conduit un taxi de nuit, elle prend des clients au hasard de ses errances, elle les écoute. Elle n'a aucune attaches, pas d'amant, elle s'imagine libre, elle n'est que perdue. Elle rencontre Bony, André Dussolier, qui est écrivain, qui vit avec Léo, Gérard Lanvin, un musicien de Jazz sans le sou. Les deux tombent tout de suite amoureux d'elle. Léo finit par devenir son amant, et peu de temps après, elle cède également aux avances de Bony. Cora est à la fois violente et douce, surprenante et banale, sensuelle et brutale. Elle prétend que tout l'indiffère. Bony n'écrit pas pour devenir célèbre, Léo ne joue pas de la musique pour entrer dans les inventaires des charts. Ils essaient de se réaliser gràce à leur créativité mais le monde réel et le quotidien ne cessent de se rappeler à eux. Un soir, Cora tente de rançonner un client, elle trouve ensuite refuge chez Bony et Léo, elle disparaît au petit matin en emportant l'argent que le premier venait de recevoir pour son premier roman.

    Le film est sorti peu de temps avant le 10 mai 1981.

    191-1-exterieur-nuit.jpgJe me souviens du soir de l'élection, du front de Mitterrand qui peu à peu se dessinait dans un brouillard de fièvre (j'avais la grippe), du lendemain en cours, des professeurs qui nous avaient réunis dans la cour, le visage exalté, le sourire éperdu des mystiques qui pensaient avoir atteint les rives de l'Eden enfin. On nous disait que tout était possible, qu'il fallait rêver et vivre ses rêves, sans contraintes, aimer sans barrières (surtout pas), travailler sans évaluation. Nous n'avions pas compris que tout cela était du vent. Les inégalités demeuraient, la compétition scolaire aussi. Elle allait s'accentuer beaucoup plus tout comme les injustices. Et puis les baby-boomers qui commençaient à se soucier de leur retraite prochaine s'aperçurent que les utopies ne rapportaient pas beaucoup d'argent. C'était la fin de la récréation, on demanda à ceux à qui on avait tout promis de se remettre sérieusement au travail, mais il était trop tard et leur génération était déjà perdue.

    « Extérieur, Nuit » est le film de cette génération perdue et Christine Boisson était belle, il montre aussi que la récréation était largement finie depuis longtemps le 10 mai 1981. Elle n'eût même peut-être jamais lieu.

    La Bande Annonce