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  • La lâcheté en France

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    En France, la lâcheté se pratique seul ou en équipe. Dés que le troupeau est amené à penser comme le mouton le plus en avant, vers l'abîme mais peu importe, le troupeau sera lâche et pensera et agira de même, se jetant dans le vide si cela est nécessaire. Pendant la Deuxième Guerre, le troupeau s'est contenté de burqua.jpgsurvivre, faisant semblant de ne pas voir les trains qui emmenaient les juifs, les handicapés, les tziganes et les homosexuels, tondant des femmes encore une fois par lâcheté après la Libération pour compenser. A la fin de la Guerre d'Algérie, il a laissé les harkis se faire massacrer, se justifiant en invoquant des grands principes. Maintenant, ils sont nombreux les grands esprits de progrès qui chipotent quant au port de la burqua, certains le faisant cyniquement car on sait que bientôt la France accueillera sur son sol des banques appliquant la chariah dans leurs pratiques quotidiennes : « c'est pas si grave », « l'interdire c'est contrevenir aux droits de l'homme ». D'autres encore font mine de comparer avec le catholicisme réputé bien pire. Là aussi, on retrouve cette lâcheté.

    Personne ne parle dans les médias de cette femme énucléée sauvagement par son mari car elle ne pratiquait pas assez assidûment à son goût la religion musulmane. Qui a défilé pour cette femme ? Qui a défilé pour l'imam d'ouverture agressé la semaine dernière.

    PERSONNE.

    La France est donc toujours un pays d'hypocrites, lâches, se drapant dans les oripeaux de la déclaration des droits ?

    La burqua est une saloperie immonde, point. Elle contrevient aux droits élémentaires des femmes, le reste est de la littérature...

  • Le complexe de celui qui n'a pas lu

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    marilyn.monroe.and.truman.capote.jpgActuellement, il y a un paradoxe très fort quant à l'appréciation de la littérature : un complexe d'infériorité, confinant parfois à la haine du livre, de ceux qui n'ont pas lu, lié également à une mise au même niveau de toutes les œuvres, Julien Gracq à égalité avec Nothomb et Alexandre Jardin, et un mépris pour le savoir en général et le littéraire en particulier. Ce qui change cependant est que les ignares sont de moins en moins discrets.

    L'imbécile n'ouvre jamais de livres, il papillonne sur Internet et est persuadé que ça suffit, qu'un article dans Wikipédia de mes deux ou la lecture de deux ou trois ragots suffit pour apprécier un auteur et en parler. L'Internet, qui est un outil formidable, c'est aussi la providence du crétin qui confond gavage d'infos et capacité à l'analyse. Les livres qu'il porte aux nues sont écrits non pas par des bons écrivains mais par les meilleurs employés du mois du secteur, qui vendent bien à tout le monde, Lévy ou Musso, grande distribution, ou à leur clientèle ciblée, les PME du littéraire en somme comme Angot et Marie D. Quelques auteurs deviennent des marques à part entière, des icônes commerciales, comme Salinger, par exemple, de l'anodin à dose maximum, mais qui fait dans le sociétal pseudo réaliste (lisez plutôt John Kennedy Toole, « la Bible de néon » et « la conjuration des imbéciles » ou bien encore Truman Capote).

    Et pour le client satisfait, on ne critique pas les marques qu'il aime. Et ne je parle pas des produits à prix discount qui bradent toute l'année de l'engagement politique à deux balles, du témoignage scandaleux sur papier glacé, avec un zeste de drogue et de cul pour que ça se vende au mieux. On ne parle toujours pas de littérature. Une hiérarchie objective de ces œuvres existe bien pourtant, elle ne se quantifie pas, elle ne se mesure pas par des statistiques, ou des graphiques, elle s’apprécie essentiellement par le style et son ouverture à l’universel.

    Et le style, c’est comme en gastronomie ou en œnologie, cela suppose que l’on éduque son palais. Cette société libérale pourrie, qui marchandise tout, pourrit également la littérature qui est pervertie par les marchands, comme tout le reste.

  • Comment se foutre du monde avec succès

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    La plupart des hommes politiques se foutent du monde, ou surfent sur le populisme, il faut croire ça marche.

    Ainsi en témoigne cette vidéo ci-dessous ayant pour héros le Béru du Sud, alias Georges Frêche, qui est un peu un Béru "über alles" "avé l'assent".

    C'est quand même ahurissant qu'il ait été réélu après ça et tête de liste PS. Comme il fait mauvais genre, Aubry veut maintenant l'évincer sous un prétexte qui en plus enrichit le jeu de Georges.

  • Que choisir ? Le périnée ou le cerveau ?

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    J'ai pas envie de me muscler le périnée...

    coach-carla1.jpgAvant les premières dames de France buvaient du chocolat et parlaient littérature, elles lisaient et commentaient les ouvrages les plus intéressants, elles portaient des crinolines et des mouches sur leur corps, et se laissaient aller parfois aux intermittences du cœur avec quelque poète. Maintenant (je parle bien sûr de Carla Bruni, je le précise à l'intention des éventuels lecteurs encartés à l'UMP) elles se musclent le périnée, ce qui est beaucoup plus important, il paraît, à savoir un muscle juste à côté de la muqueuse anale. Je me pose dés lors une question fondamentale, organise-t-on des concours culturistes de périné ? Et le vainqueur ? Peut-il toujours s'asseoir ? Ne risque-t-il pas l'accident ? Il faut, je crois, faire l'andouille, allongé sur un gros ballon de plage, et se retenir de déféquer plusieurs fois par semaines (les gens chics ne font pas caca, je le savais bien). La première dame a des joues de cire et creusées, elle a un nez droit, qui est un peu une allégorie à lui tout du talent d'ergonomiste des chirurgiens actuels. Il me semble qu'elle a été premier mannequin chez Dassault ? Le corps n'est plus qu'une machine, une machine qui doit absolument être dans la norme sous peine de déclassement, et cela est fondamental dans notre société de cloportes, il faut être aux normes : aux normes physiques, qui sont des normes virtuelles puisque les filles des magasines sont toutes corrigées à la palette graphique, mais peu importe, il convient d'avoir encore et toujours un physique d'ado à peine pubère, un corps de douze ans tout au plus. dans notre société d’abrutis le corps est vu comme une simple machine, d’ailleurs dont on doit entretenir la performance jusqu’à l’absurde, parfois même monnayable. C’est quand même effarant qu’un tel totalitarisme soit accepté par tout le monde. C'est la domination de l'imbécile qui refuse qu'une seule tête dépasse ou soit différente, une société de robots comme disait Georges (Bernanos).

  • Pourquoi faudrait-il aimer cette époque ?

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    la-course-barbaresque-moderne.jpgLe matin, quand, sur le coup de 7h20, 7h25, je vais prendre un expresso dans un petit bistrot de Vernon en attendant non pas des transports divins mais en commun, à défaut, je me laisse aller à la constatation suivante : cette époque est vulgaire et inhumaine. L'abîme se creuse de plus en plus entre ceux qui ont de l'argent, beaucoup et ceux qui n'ont pas beaucoup, ou pas du tout ; mais pas seulement, il y a aussi l'abîme entre ceux qui ouvrent un livre de temps en temps, et ceux qui se contentent de la télévision.

    On me dit bonjour de loin, on ne me parle pas beaucoup, je suis le « petit meussieur qu'est prof ».

    Gare ! C'est peut-être un intellectuel. « Et pis en plusse c'est un fonctionnaire, une fainéasse, pas un type qui se lève tôt ! ».

    Parmi ces petites gens, beaucoup rêvent de fortunes rapides, sans bouger le petit doigt, sans travailler, sans effort ou à devenir célèbre pour rien ou pas grand-chose même si cela implique une humiliation sévère, ce qui explique le succès de toutes les émissions de côtching, d'incontinence verbale et verbeuse consistant à tout déballer dans le poste, sans aucune pudeur ; j'ai pitié du type en blouson fluo qui gratte son carton de loterie à l'abri des regards, de celui qui lorgne l'écran du « rapido » et qui tourne nerveusement sa cuillère dans la tasse vide. Ils perdent à chaque fois mais ne se découragent pas tant que ça, juste cinq minutes à fixer le vide au zinc, avec le patron à l'air rusé et moqueur qui lui tape sur l'épaule en ricanant : « la prochaine fois, mon pote ! ». Il y a la vieille qui tient fermement les deux anses de son sac en cuir bouilli, hors d'âge, tout comme les godasses qu'elle a aux pieds. Elle tripote la laisse de l'infâme clébard baveux à ses pieds, mélange entre un fauteuil Louis XV pour les pattes, un caniche et un chihuahua.

    A la télévision, écran plat géant, quasiment obligatoire, dont le son est en continu au maximum, on regarde les informations, les guerres en résumé, un résumé de l'avidité humaine, de sa bêtise crasse, de ses acclamations pour des leaders toujours choisis pour de mauvaises raisons, jamais parce qu'ils font le bien de l'humanité. Pas besoin, il leur suffit de le prétendre. La présentatrice a les joues et la bouche un peu trop peintes, et un peu humides, elle a un poulovère un peu transparent, c'est un peu une consolation pour les spectateurs, une sorte de divinité de seconde zone pour compenser la grisaille. On entend le président de la République entouré de vrais gens, ils sont assis autour de petites tables rondes mais n'évoquent aucun esprit. Déjà, ça sent le graillon par la porte qui donne sur la cuisine de l'établissement, la femme du patron compte sa monnaie au comptoir des paquets de cigarettes. Devant elle, sur un présentoir, le notable local rit de toutes ses dents, prétendant qu'il est fier d'inaugurer un bout de trottoir dans une cité.

    On voit les néons du supermarché, les mannequins aux allures de squelettes sur les photos des publicités, les rouges et violets qui clignotent et éclairent par intermittence un balayeur qui prend sa pause en fumant un clope qu'il fait durer jusqu'au bout, se brûlant presque le bout des doigts.

    Entre deux quart d'heures d'informations, passent toujours les mêmes publicités, une pour le service des eaux de Paris, qui ressemble alors à un grand hôpital aseptisé, une ville utopique cauchemardesque, ripolinée, frottée à la paille de fer ; une autre semble vouloir démontrer le bonheur des familles éclatées, des enfants éparpillés et tellement contents je suppose d'être partagés comme les petites cuillères ou la machine à expresso quand PapaMaman se séparent car s'apercevant trop tard qu'ils n'avaient plus rien à se dire et qu'ils n'ont jamais eu rien à se dire. Un type descend d'un 4x4 « BMW » dont il laisse tourner le moteur devant l'entrée, tout de suite, des effluves d'eau de toilette et de tabac envahissent le café, il a une veste de grand reporter, il fait tourner ses clefs, il est content de lui. Il regarde les clients, puis sa voiture, il rigole encore, il prend son paquets de clopes et sort en faisant signe à la fille à la place passager, elle a les joues creuses et des lunettes de soleil aux verres fumées immenses qui lui mange tout le visage, le genre de fille que l'on croit vendue en option avec ce genre de véhicule.

  • Le politiquement incorrect est-il si répandu?

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    prise-de-la-bastille-jean-pierre-houel.1230029668.jpgDe plus en plus souvent, on entend des commentateurs d'actualités, on lit des articles de presse qui se prétendent politiquement incorrects, que ce soit Richard Millet qui a dû être petit boutiquier dans une autre vie à d'autres, il n'est que rarement flamboyant. A entendre leurs auteurs, à parcourir la plupart des blogs et sites personnels, tout le monde l'est d'ailleurs, en dehors des sillons tout tracés d'une pensée dite unique. Et pourtant, en parcourant un fil de discussion sur le XVIIème siècle et la princesse Palatine, et un autre sur Voltaire et le tremblement de terre de Lisbonne qu'il décrit dans un texte resté célèbre, pour une petite couche en plus d'anti-catholicisme, ça fait très rebelle l'anti-catholicisme alors qu'il n'y a rien de plus conformiste, on se dit que la grille de lecture de toutes ces personnes est plus ou moins la même, que ce soit à gauche ou à droite. La Révolution Française est toujours l'apogée de la civilisation de notre pays, la Nation Française actuelle, du moins ce qu'il en reste, semble jaillir « ex nihilo » de cet événement. Il n'y a rien avant, un âge obscur, quasiment préhistorique. Et l'on en vient à nier que le Grand Siècle le fut, on nuance, on diminue son apport, l'influence de l'art classique montré comme froid et totalitaire. Louis XIV n'est un tyran atroce, au même rang qu'Hitler pour les plus délirants. Il y a aussi la justification par la Shoah, tout ce qui n'est pas dans la correction politique actuelle est justifié par ce massacre atroce et sans précédent ce qui est doublement indécent, car on ne parle de l'Holocauste que pour mettre en avant sa propre posture : « Je suis anti-nazi (note personnelle : moi aussi, mais comment dire ? Cela va de soi, non ?), je suis un être courageux » et se faire bien voir du troupeau qui s'arrête là et percevra pourtant d'un bon oeil l'eugénisme actuel et le darwinisme social à l'oeuvre dans toutes les couches de la société qui écrase les faibles sans pitié, ou ceux qu'elle considère comme tels.

    Rappelons quand même que Fernand Braudel, qui n'était pas vraiment un réactionnaire a écrit en long, en large et en travers que la Révolution avait fait perdre cinquante ans à la France, et que dire d'un événement qui voit la victoire sociale de la bourgeoisie et de ses idées plus qu'étriquées et la prolétarisation des petits paysans.

    On ne peut pas critiquer les autres révolutions non plus. Lénine était un chic type généreux qui n'a pas eu le temps de réaliser son chef d'oeuvre, on dit beaucoup de méchancetés de Staline, mais enfin bon ses idéaux étaient nobles, donc ça excuse presque les soixante millions de morts dans les goulags, certainement soixante millions de méchantes personnes je suppose. Et l'Église Catholique est responsable de la Shoah. De plus, politiquement, la plupart des auteurs, rédacteurs de blogs raisonnent en mode binaire ou sur la base du « je le pense donc j'ai raison », esquivant les faits et les arguments raisonnables. On trouve cette grille de lecture même chez les plus extrèmes qui n'ont de point de vue sur les évènements que celui qu'on leur a appris à l'école, même si c'est « a contrario ».

  • Quelques mythes éculés

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    medium_voltaire_et_fr%C3%A9d%C3%A9ric_II.jpgTriste époque, les révolutionnaires défendent les retraites des fonctionnaires et l'utilisation des tickets restaurant pour faire les courses voire ose porter aux nues un dictateur de la pire espèce, et vont devant la justice bourgeoise pour se plaindre d'un ongle cassé comme un certain facteur. Comme tout n'est pas noir et blanc bien sûr, c'est évidemment très honorable de défendre les petits retraités contre les gros, les petites gens, une minorité, qui fait ses courses grâce aux tickets restaurant. Mais le plus souvent, le tout est en trompe l'œil et ce sont les plus favorisés qui conservent leurs privilèges. Et parfois les dictateurs ont un système de santé ou d'éducation généreux, mais à quel prix ! La privation de toute liberté et l'obligation d'écouter le tyranneau débiter des délires sans fond auquel il faudra bien agréer. On nous parle du 14 Juillet, qui libéra 5 prisonnier d'une forteresse tenue par 21 soldats armés de pétoires hors d'âge ! Un pédophile, entre autres. On nous rebat les oreilles avec la libération de la Révolution qui fit des petits paysans des prolétaires tenus au silence en face des bourgeois et des entrepreneurs par la loi Le Chapelier. Et la Vendée dite « vengée » n'est même pas dans les manuels d'histoire alors que c'est sûrement le premier génocide organisé de manière rationnelle et selon un plan strict par les autorités d'un pays, à peine parle-t-on de quelques dérives...

    Quand un croyant parle de sa foi, et qu'il ne le fait pas en tiède, en prenant des gants de soie : « attention, hein, je crois en Dieu mais pas aux dogmes » ou bien « je suis catholique mais je ne suis pas toujours d'accord avec le Pape » ou encore « je suis catho mais je fais la fête » et j'en passe. Le catho qui prend des gants comme cela, croyant plaire ainsi, est un lâche. Et puis il passera pour un crédule, un naïf, un con face à des camarades beaucoup plus sérieux qui ne croient plus au Père Noèl mais en deux trois hommes providentiels et une ou deux théories à la con censées apporter le bonheur sur terre, après bien sûr un temps de latence.

    On lui oppose Voltaire, que l'on a souvent peu lu, et duquel on n'a retenu que peu de choses excepté le fameux « Écrasons l'infâme » qui est toujours et encore le catholicisme qui est de toutes façons perçu comme un intégrisme pire que tout autre intégrisme. On parle de l'affaire Calas ou du Chevalier de la Barre sans trop en connaître tous les tenants et les aboutissants, l'on finit souvent par comparer les représentants de l'Église au nazisme, et la discussion est donc par nature impossible. Voltaire a un style magnifique, c'est un auteur remarquable mais parfois il pousse le bouchon un peu loin. Et finir parasite mondain logé, nourri à l'œil par un vrai tyran quant à lui, Frédéric II de Prusse, voilà qui est soudain moins glorieux.

  • Le sourire de l'indifférent

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    4118397.jpgJe déteste avec ferveur ces catholiques, excepté quand c'est une manifestation de naïveté ou de candeur, qui disent à un pauvre homme ou une pauvre femme : “Dieu t’aime” avec un sourire aux lèvres et puis passent leur chemin, s'en désintéressant presque immédiatement. Ils sourient de toutes leurs dents aux handicapés du corps, de l'esprit et de la vie, mais ne voient qu'eux en face, cherchant qui une reconnaissance, qui un reflet flatteur. Je déteste tout autant ces catholiques qui prétendent que Dieu nous envoie des épreuves pour nous tester, histoire de voir si on croit vraiment en lui, et qu'il faudrait se résigner à la souffrance. Ou ceux qui voient le diable partout mais généralement pas là où il est.

    La question qui est alors soulevée est infiniment théologique, au cœur de la foi : pourquoi la souffrance et le scandale du Mal ? Si l’on pense que Dieu n’existe pas, il n’y en a aucune et tout laisse à penser dans ce monde que la vie est absurde, et effectivement tout ce qui agite et meut notre monde l'est profondément, de l'avidité aux richesses au désir de consommer tout ce qu'il est possible d'acheter, y compris parfois, des personnes humaines : il n'y a pas que la prostitution, il y a aussi ces couples qui s'offrent un bébé comme ils s'offrent une bagnole, voyant la chose comme un investissement sur le long terme, chosifiant un être humain, le laissant dans une totale détresse affective.

    Il y a aussi un paradoxe très humain, les primates pitoyables qui se tiennent dressés sur leurs pattes arrière veulent que Dieu leur foute la paix pour faire leurs petites affaires en paix et lui demandent d’intervenir quand ça va mal, en grands enfants gâtés. Ils sont un peu comme le prophète qui attend des manifestations divines pleines de bruit et de fureur et ne voit pas Dieu dans une petite brise. De beaux esprits diraient aussi que c’est la peur de la mort qui fait croire en un être suprême, la peur de ce qu'il y a après. Oui, c’est souvent vrai, il est des athées qui se mettent à prier comme des gosses pour guérir quand ils ont peur de crever, et vous remarquerez que les personnes se disant indifférentes demandent toujours une cérémonie religieuse, car “après tout, on ne sait jamais”. Il paraît d'ailleurs, selon de nombreux témoignages d'infirmières et de médecins, que les personnalités soutenant l'euthanasie sont les premières à demander à vivre à tout prix.

  • Le match Ellroy/Kagansky

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    Ellroy et Kaganski

    JAMES_ELLROY-1dda1.jpgJe viens de lire une interview croquignolette d'Ellroy par Serge Kagansky dans « les z-inrocks ». Durant tout l'entretien le journaliste culturel veut absolument diriger la conversation sur la période actuelle, sur l'avènement du Messie médiatique au pouvoir, à savoir Obama. Il questionne sur la période des années soixante, toutes en tensions raciales selon lui et veut aiguiller Ellroy pour qu'il dise que maintenant c'est beaucoup mieux : plus de racisme, fini n-i ni les tensions entre communautés, terminé la violence par les armes à feu, et il n'y a plus de guerre menée à l'extérieur, excepté au Yemen, en Afghanistan, en Irak et peut-être bientôt en Iran. Bien sûr, il affirme qu'un type comme Ellroy est forcément un progressiste qui fait semblant de jouer au mauvais sujet, au mauvais coucheur, au sale type. Et dans le même temps confond l'écrivain et ses personnages : « vous n'êtes pas vraiment raciste ? Ce sont bien vos personnages ? ». Pour finir, on comprend que Kagansky est une midinette pseudo-intello qui ne comprend rien au talent des autres, quand il avoue s'être pris en photo avec l'écrivain. Comme dirait madame Mado, une amie entremetteuse, les hommes comme Serge K. ont besoin de se sentir un peu l'homme du XXIème siècle, en photo-serge.jpgmatière sexuelle, soit un petit furtif en voisin : « Bonjour Mademoiselle, Au revoir Madame », soit pour la bibliothèque la lecture superficielle d'Ellroy pour se sentir audacieux. Ellroy, pour les plumitifs qui font dans le cultureux ou le bouquinard, c'est comme le petit prolo qui dit des saloperies à côté des radiateurs, qui achète des revues cochonnes et regarde sous les jupes des filles en classe ; ils trouvent ça un peu sale, mais ça leur plaît, ça les désennuie un peu, leur fait oublier leur torpeur intellectuelle et leur conformisme.

  • Que choisir ? Lénine ou Louis XVI ?

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    lenine_coca_cola_kosolapov1980.jpgTous les 21 Janvier, je connaissais un vieux monsieur qui levait les couleurs pour commémorer la mort de Lénine. Il était retraité de la SNCF et chez lui le communisme restait un idéal acceptable. C'était un pur, pas un petit bourgeois qui se donne le genre dandy de gôche, ou épicier révolutionnaire, personne n'avait le coeur de le détromper. Il vivait avec ses chats, et ses souvenirs émus de vieilles locomotives à vapeur et de la fraternité heureuse des cheminots. En face de chez lui habitait un autre vieux monsieur qui lui aussi levait les couleurs, mais pour se rappeler l'éxécution de Louis XVI, ce jour où les français crurent tuer un tyran, avant de se jeter dans les bras d'un véritable autocrate, lui, Napoléon Bonparte, quelques années plus tard. Napoléon faisait tirer sur la foule, pour Louis XVI c'était impensable, en plus on ne tirait pas sur des femmes fussent-elles d'immondes tricoteuses. Aux Tuileries, celles-ci et des tricoteurs, donc un peu de toute la lie de l'époque, tout ce beau monde avide de richesses et seulement de cela se précipita pour chercher la vaisselle d'or qu'ils étaient sûrs de trouver à l'intérieur. louis-xvi-execution.jpgDans leur furie de ne pas pouvoir piller encore assez, ces héraults révolutionnaires « compensèrent » en massacrant les personnes qui travaillaient là, en les tuant horriblement. Belle mythologie en effet que celle-là ! De nos jours, on nous explique encore que ce n'est pas si grave, tout commes les morts de la « Vendé vengé ». Ce sont des dérives certes regrettables mais il faut bien en passer par là pour faire le bonheur du peûûple même malgré lui, n'est-ce pas ? Lénine, lui, par exemple, n'a pas eu de ces préventions. Quand il fallait massacrer, on y allait sans faire tant de chichis, ou pour créer une nouvelle police secrète, qui prit la suite directe de celle du tsar, on lui pardonna, au grand homme, car tout cela partait d'une bonne intention. Lénine a été embaumé dans un cercueil de verre, comme Blanche Neige, car même si les hommages c'est bourgeois et même si les êtres humains naissent libres et égaux en droits, il en est qui sont plus égaux que d'autres.

    J'aime bien aller à la Chapelle Expiatoire, havre de paix au milieu de Paris, on n'est pas loin de Saint Augustin et du Père de Foucauld, et tout près de chez Proust qui descendait parfois pour aller au café Weber tout proche, où l'on croisait également Debussy.

  • L'amour de Gainsbourg c'est classieux p'tit gars

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    Au cas où on ne l'aurait pas noté, j'aime bien Gainsbourg, ce feu faux laid, qui cite Nerval dans le texte ("fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve...") et méprise son talent tout en travaillant ses chansons avec passion. Il est plus sensible que Barbara et Gréco l'aime encore 50 après leur rencontre (et j'aime aussi tellement Gréco, Juliette).

    Encore un petit peu de classieux ci-dessous, après le documentaire de France 3 hier soir.

    Les paroles de la chanson par ici

  • Pour la journée sans emmerdeurs

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    Décrétons la journée sans emmerdeurs !

    autres-insolite-france-1051231216-1163991.jpgJe décrète le 18 Janvier la journée sans emmerdeurs, ou emmerderesses, du genre à te demander pendant un dialogue si ça va et selon le ton à en tirer toute une psychanalyse de comptoir, généralement ça se termine ainsi :

    - Ah, ça va pas, c'est bien ce que je dis.

    - Mais si ça va très bien, je suis juste un peu fatigué.

    - Oui, tu me fais la gueule mais tu ne veux pas le dire....

    Ad lib...

    Sur le Net, c'est un rien plus complexe, un rien seulement, on est vite catalogué, facho, réac, et là les emmerdeurs s'en donnent à coeur joie. Là encore, c'est une manie, ils psychologisent, ils introspectent (dans la soie, ah, ah, ah, suis-je spirituel) de l'extérieur. Il en est même qui sont persuadés que leurs contradicteurs sont amoureux de leur personne, hommes ou femmes, et que c'est pour compenser une frustration qu'ils répondent. Les emmerdeurs se partagent entre le ton mielleux, c'est pour ton bien qu'ils t'emmerdent, et les insultes de cour de récréations jusqu'au fameux : « c'est çui qui dit qui y est », « de toutes façons, mon père il est plus fort », ou bien encore, « j'en ai une plus grosse que la tienne » -de main, bien sûr, je veux parler de la main.

    Il y a l'emmerdeur que l'on rencontre dans la rue, qui te tape sur l'épaule alors que tu ne vois pas qui c'est, pour lui par contre vous êtes intimes, autant que possible, hétérosexuellement parlant. Il égrène des souvenirs, mais tu as beau chercher, rien ne te revient. Distraitement, tu réponds : « ah, oui », « bien sûr », et l'éternel « mh, mh », ou « tsk tsk tsk ! ».

    Il y a aussi l'emmerderesse. L'homme de goût a tendance à lui passer tout ses caprices quand elle est jolie. On lui pardonne tout même si on a quand même envie de lui coller deux gifles. Si elle tourne maniaco-dépressive hystérique, que ce soit dans la vie ou sur Quand l'emmerderesse est moche, par contre, c'est plus simple, on peut l'envoyer balader, ou alors la railler, ce qu'elle n'aime pas, ses névroses sont son univers.

  • Gainsbourg – artiste de classe et loser

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    Le film qui sort, "Gainsbourg vie héroïque" donne envie de parler de « mon » Gainbourg

    20081025GainsbourgPertrand.jpgIl existe deux sortes d'artistes ; les clinquants qui sont dans la lumière à force de courbettes, les créateurs, qui deviennent de temps à autre célèbre sans rechercher obligatoirement la célébrité pour la célébrité, et ceux qui sont contents d'eux, c'est cette certitude qui les pousse à taper à toutes les portes pour finir par se faire une place au soleil mondain des gens dont on parle dans le journal, les « pipeaules », je ne suis pas sûr que ceux-là créent grand-chose, et ceux qui ne sont jamais satisfaits, toujours soucieux de parfaire leur œuvre au mieux, parfois persuadés de n'avoir aucun talent, aucun génie, comme Gainsbourg. Il désire ardemment devenir peintre, mais il brûle toutes ses toiles en 1957, il se trouve nul comme peintre, il se trouve moche depuis l'enfance, les oreilles décollées, les yeux globuleux, son nez d'usurier de caricature vichyste, il est certain que tout est déjà fichu, qu'il n'atteindra jamais l'excellence. Et puis un soir, il voit Boris Vian sur scène, chanter malgré la trouille au ventre, et il se dit que non seulement ce serait un bon moyen de gagner un peu plus d'argent mais aussi de plaire aux filles, et si lui il peut le faire, le grand type dégingandé dont le trac est aussi grand que la Tour Eiffel, il doit y arriver aussi.

    Serge_Gainsbourg_d_c_s2_3_1991.jpgCe n'est pas gagné, dans l'écriture il reste trop exigeant pour plaire au trop grand nombre, on ne se refait pas. Et puis il n'est pas beau, aux yeux des moutons qui achètent les disques des stars, c'est impardonnable de ne pas ressembler à un mannequin de haute couture. A un moment, il en a par dessus la tête de ne pas être comme tout le monde, de devoir sans cesse se justifier d'être lui-même, d'être original, d'avoir du talent, et il ne fait rien d'autres que vendre son âme, au moins en partie, au « show biz ». Il retourne sa veste et « s'aperçoit qu'elle était doublée en vison ». Et c'est là que Gainsbarre fait son apparition, un sale type, obsédé par le fric et les lolitas, drogué, alcoolique, et écrivant des ritournelles « yéyé » le plus souvent à double ou triple sens sexuel : « les sucettes », « Bébé requin », les chansons pour Paradis beaucoup plus tard. Sur les photos, il est comme un gosse qui dit des gros mots pour le plaisir de faire bisquer les adultes. Il brûle un billet de 500 balles en public, on fait semblant de s'offusquer mais au bout du compte le troupeau rêve de faire pareil, flamber du pognon, s'afficher avec des femmes-enfants androgynes et faire la fête jusqu'au petit matin ? Comme il n'en revient pas, de son succès, il se montre partout, il dit quelques monstruosités sans importance, il met le bazar chez Polac, avec Choron en grande forme, il drague une chanteuse d'un été en direct chez Drucker, mais la descente dans l'Hadès ne faisait que commencer, l'Hadès clinquant et doré sur tranche des beaux quartiers.

    A force de boire, il ressemble de plus en plus à ce qu'il est, un vieil alcoolo mondain, riche à millions, qui se réveille de temps en temps chez les flics parisiens qui finissent par tous le connaître. Cela fait longtemps qu'ils avaient pardonné « la Marseillaise reggae ». A droite comme à gauche, on trouvait que ce n'était pas très bon pour l'Instruction Civique, l'homme et la femme politique avaient déjà tendance, pour beaucoup, à se foutre du monde, c'était il est vrai les mêmes en noir et blanc, puis en couleurs à partir de 1975. Gainsbarre prend toute la place, il a même tendance à pousser Gainsbourg, Lucien, dehors sans trop de remords. Ce n'est qu'à partir du concert au Casino de Paris en 1986 qu'il commence à remonter la pente savonneuse mais il est un peu tard. Depuis Baudelaire, on sait bien que les paradis artificiels n'ont jamais rien rajouté à la créativité, sinon, en chaque VRP, à l'apéro dés onze heures (un « kir violette » en notes de frais), sommeillerait un Van Gogh. Avec Catherine Ringer, chez Denisot, c'est l'ivrogne professionnel des médias qui fait son numéro d'anar de droite éthylique mais ça ne prend plus. Il meurt après avoir arrêté de boire, peut-être que c'était dangereux d'arrêter ? On ne saura jamais.

    Une de mes chanson préférées de Gainsbourg, avec tout "Melody Nelson"

  • Le mirage Obama

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    obama1.jpgPour une fois, ce blog va se faire didactique. Le saviez-vous ? Obama, le sauveur du monde, le nouveau Messie laïc des médias, le héros au sourire si doux, et aux dents si blanches, a bombardé plus de bombes et dépensé plus de crédits militaires que son prédécesseur pourtant réputé belliciste et aimant la guerre. Le héros se soumet lui aussi au lobby militaro-industriel. Les petits jeunes hommes noirs américains qui ont voté Obama, entre autres, à qui l'on promettait l'utopie et la naissance d'un nouveau monde, vont donc aller se faire tuer en Afghanistan, et un peu partout au Moyen Orient, en cadeau du président US pour montrer sa gratitude. Le prix Nobel de la Paix, il le méritait drôlement, il paraît, mais avant d'être président il me semble, non ?

    Ce qu'il y a de bien avec un cataclysme en Haïti c'est que ça permet de se racheter et une conscience morale et une image.

    Ce qui est quand même amusant, d'un certain point de vue, est qu'on parle toujours de lui comme noir alors qu'il est métis. Ce sont les mêmes qui mettent en avant le multiculturel et le métissage justement, quand ils en parlent comme noir, c'est finalement leur inconscient qui parle, on doit forcément être d'une race, pas entre deux. Un métis ne peut exister vraiment selon cette logique, donc le métissage non plus...

  • "Ghost World" - L'Amérique loin des grands sentiments

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    J'aime bien "Ghost World", le film où Scarlett Johanson, avec qui je vis une passion affolante depuis deux mois, devient adulte. C'est un film qui parle de la véritable Amérique, pleine de paumés, d'excentriques, de filles maussades parce qu'elles s'ennuient, de parents dépassés, d'hypocrisie puritaine (l'épisode "Coon Chicken" déclenché par Enid, jouée par Thora Birch).

    Je me sens proche de tous les personnages qui pour certains sortent de "la Conjuration des Imbéciles".

  • Ce qu'il convient de dire quand on parle de culture et de censure sous nos cieux éclairés

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    precieuses.jpgJ'ai assisté à une conférence des plus intéressantes sur les rapports entre culture et censure, édition et liberté d'expression, c'était plaisant, le physique de la plupart des intervenants était proche du rongeur, taupe ou opposum. Je m'attendais à entendre certains parmi eux couiner.

    Nous étions entre professionnels de la profession, une assistance clairsemée du fait des conditions météorologiques. Quand on aborde ces thèmes, il y a des passages obligatoires, semble-t-il, et les réactions obligatoires aussi (il faut pousser des « ooooh ! » de désapprobation au bon moment et des « aaaah ! » de contentement quand il le faut comme à « Guignol », et ce sont toujours les mêmes que l'on doit attaquer). Sur les trois heures qu'a duré cette admirable causerie, l'on en a passé la moitié à dire du mal des catholiques, les médiatiques comme Madame Boutin, du Pape actuel, des anciens catholiques qui étaient tous tellement prudes et cul serré, ce qui est bien connu, des rois qui étaient tous des tyrans ne concédant à leurs sujets que de faibles libertés en compensation. Alors que l'on sait de source historique sérieuse (ce qui fait une allitération en « s » d'un bel effet) que tous les livres circulaient dans toute l'Europe sans trop de problèmes, à commencer par le « Satiricon » de Pétrone qu'on lisait dans les campagnes en veillée sans se poser de questions. On porte aux nues les livres de Sade, qui ne choqueraient plus maintenant un collégien qui a accès à bien pire sur Internet, que ce soit des ménagères allemandes pratiquant la coprophilie ou des couples de ploucs français montrant zigounette et pilou-pilou à tous les passants.

    Bizarrement, ce que l'on constate pendant la progression du colloque est que sans les catholiques, pas de bibliothèques. Voilà un paradoxe qui n'emeut personne semble-t-il aussi.

    J'ai appris bien des choses, ainsi j'ai appris que les chrétiens du Moyen Age n'avaient pas le droit de rire au risque de se voir punis par l'Inquisition, terrible inquisition dont on jette encore les horreurs cinq cent après aux visages des chrétiens qui visiblement n'ont pas encore assez payé. On le voit bien sur les peintures de Breughel, personne ne rit, ou les portraits de Franz Hals, « la bohémienne ». Il est navrant de constater que, encore maintenant, on nous conseille « Le Nom de la Rose », qui est une fiction avant tout, comme source sûre concernant les rapports entre la culture et la censure au Moyen Age (étrangement, personne n'a lu le livre, qu'un intervenant de toutes façons trouve pédant ainsi que son auteur, Umberto Eco, tout le monde a vu le film bien sûr). Ce qui m'étonne est que personne ne songe à parler de la censure protestante, juive ou musulmane qui était et est parfois toujours aussi vivace, même plus.

    Taper sur les cathos est plus kiffant, comme disent les djeuns.

    LesPrecieusesRidicules2.jpgLe tout est entrecoupé de considérations oiseuses sur la grossesse considérée comme un handicap et un frein à la carrière des pauvres femmes, voire une maladie ; sur le Pape Benoît XVI, perçu comme le pape du retour à l'Ordre Moral et aux z-heures les plus sombres de notre histoire, quand on ne l'accuse pas tout net d'être un Pape nazi ; sur Christine Boutin aussi, épouvantail de ces réactionnaires catholiques qui cachent si mal leur jeu, surtout quand ils se mettent à parler un peu de leur foi, mais là n'est-ce pas ce sont des fanatiques ; sur ces atroces personnages qui font interdire des livres pour la jeunesse qui parlent de drogue, d'homosexualité ou de « tournante ». On le voit bien d'ailleurs, cette politique porte ses fruits, l'obscurantisme et l'ignorance sont en nette régression. J'en veux pour preuve cette déclaration sucrée, et un peu hypocrite, d'un homme politique sage et intelligent qui prétend que l'on connait aussi bien Voltaire dans les « quartiers » de lascars que dans les « beaux » quartiers. Il se trompe, on l'y connait aussi mal dans les uns que dans les autres.

    La cerise sur le gâteau de cette fabuleuse conférence, cet étourdissant maelström d'intelligence, ce fut vers la fin quand les conférenciers se crurent obligés d'aborder la question fondamentale de la lecture rapide, pour percevoir l'ensemble d'un livre rapidement et ainsi son intérêt. Car les livres ne sont pas fait pour être lus, mais sont des réservoirs d'informations que l'on accumule, et que l'on recrache docilement selon les opinions à la mode. On ne doit surtout pas en goûter le style.

    Je doute que cela en présente un pour Chateaubriand, « un aristocrate qui a une haute opinion de lui raconte sa vie », ou pour Proust par exemple : c'est facile de résumer la « Recherche... » en quelques phrases si l'on tient absolument à la version « digest », pourquoi ne pas en faire aussi un roman-photo après tout ?

    Essai de résumé : « Le narrateur, mondain et fortuné, tombe très amoureux d'Albertine, qui préfère les femmes. Quand il la retrouve, elle est morte » ; ou comme le disait Woody Allen : « J'ai lu tout Guerre et Paix, ça parle de la Russie ».

    Deux photos extraites de deux représentations des "Précieuses Ridicules"

  • Tube sans chichis - "Everybody's got to learn sometimes..."

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    De temps, un tube sans chichis, celui-là par exemple, et on se sent revivre. So Itize zi iternole seunechaïne off ze spotlesse mind.

  • La dernière élégance de Rohmer

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    mauds.jpgRohmer, il faut quand même entrer dedans, des acteurs qui déclament comme sur les planches de la Comédie Française, comme Arielle Dombasle et son phrasé tellement particulier, à la fois précieux et malgré tout élégant, dans des films qui se prétendaient, comme tous ceux de la Nouvelle Vague, plus proche du réel, comme tout dogme cinématographique, il vole très vite en éclats ; des intrigues futiles, ce n'est pas si évident. Et le problème des films de Rohmer, comme toute filmographie d'auteur, est aussi la longueur de ses oeuvres qu'il monte lui-même considérant comme la plupart des anciens des « Cahiers du cinéma » que le montage permet vraiment à un réalisateur d'être un auteur, ce qui est une erreur, on ne s'improvise pas monteur, aussi intelligent soit-on. Je l'ai découvert avec « les nuits de la pleine lune », Pascale Ogier qui trompe son ennui en multipliant les amours, qui danse sur des rythmes électroniques et des paroles qui ont la nostalgie de temps plus simples. C'est un film, au parfum d'interdit, qui m'a fait un peu entrer dans l'âge adulte, en laissant croire, comme le font les classiques que l'Amour est un sentiment compliqué et facile à vivre en même temps. Ce fut ensuite « Pauline à la plage » qui raconte les tribulations sentimentales de deux adultes et de deux adolescents qui finissent par se trouver, Pauline souffrant peut-être des sentiments ambigus et violents que lui portent Pierre l'amant de Marion, sa cousine qui l'emmène en vacances.

    Anecdotiquement, ce qui est amusant est que quelques critiques vraissemblablement peu enclins à la précision situent le film en Normandie alors que c'est tourné à Saint Cast en Bretagne.

    les_nuits_de_la_pleine_lune,0.jpgRohmer ne fait que parler des relations entre les hommes et les femmes, et elles n'ont guère changé depuis le XVIIème siècle et Marivaux. Rohmer est quand même plus moral que le dramaturge, se questionnant également sur la spiritualité, la légitimité des idéologies et des pouvoirs, ceux-ci se réclameraient-ils d'idéaux a priori généreux (de ceux dont la mise en oeuvre est toujours remise à plus tard par leurs promoteurs). Les personnages aspirent tous au bonheur mais refusent toute dépendance imaginaire ou réelle qui pourrait s'ensuivre. Ce sont des enfants gâtés sans beaucoup de capacité d'altèrité, qui cherchent leur plaisir encore et toujours. Rohmer est au fond proche d'Anouilh, et de ses pièces noires ou roses. La plupart des films à dominante rose à première vue de Rohmer sont finalement sombres quand on y regarde de plus près excepté peut-être « 4 aventures de Reinette et Mirabelle » qui ne prétend à autre chose qu'un peu de légèreté (ce qui en soi est extrêmement ambitieux paradoxalement, la plupart des imbéciles courant derrière la gravité et le sérieux ou l'esprit de sérieux : se prendre au sérieux, qu'on les prenne au sérieux, etc...).

    Les femmes de Rohmer sont toujours belles, toujours intelligentes, parfois juste un peu trop légères, elles pourraient être habillées de robes à crinoline. Les hommes sont des adolescents prolongés, pas vraiment rimbaldiens, souvent plus égoïstes qu'égotistes, et qui ne font que se leurrer, voyant une princesse de contes de fées là où il y a une femme, comme Jean-Louis, qui est une sorte d'Alceste, amoureux platonique de Maud dans « Ma nuit chez Maud », se prenant pour Humbert Humbert comme Jean-Claude Brialy, Jérôme, dans « le genou de Claire », alors que celle-ci n'est qu'une petite péronelle qui se satisfait de l'air du temps. Jérôme, en esthète en fin de course, qui se retrouvera seul avec elle un moment, comprendra bien vite l'inconsistance de la jeune fille alors qu'il effleurera seulement son genou, la possèdant seulement symboliquement comme on possède une oeuvre d'art. Ces hommes aimeraient bien passer pour dandies, alors que ce ne sont que des gosses de riches un peu cultivés. Et bien sûr, un anar de droite comme moi, crypto pétainiste et tout ce qui s'ensuit, ne pouvait qu'apprécier « L'Anglaise et le Duc », tentative de capter quelques petits instants encore de douceur de vivre, avant la victoire de l'esprit de sérieux un peu plus tard.

  • Ellroy et le monde souterrain de la littérature

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    ellroy-james.jpgJ'ai acheté le dernier volume de la trilogie d'Ellroy, « Underworld USA », hors de prix mais quand on aime, on ne compte pas. Il n'y a que dans « le genre » ou dans les romans s'inspirant de ses méthodes d'écriture : style dense et précis, que l'on trouve des livres aussi complets sur notre époque, sur le dégoût qu'elle peut inspirer par sa vulgarité, sur la politique et les idées plus ou moins rances que d'aucuns s'entêtent à ressasser encore et toujours, sur les légendes concernant des dirigeants encore perçus comme des modèles, des icônes sans profondeur, oubliant que seul l'humain compte. Ellroy n'est pas si loin de Dostoïevski, le péché, le mal a toujours des conséquences effroyables : la haine et la violence, l'envie, la jalousie, la passion destructrice, le tout menant souvent au meurtre.

    Les agneaux n'ont que peu de place dans la horde...

    Au départ, on s’en fout un peu qu’Ellroy soit de gôche ou de droâte, tant qu’il a du style et du talent. Mais sous nos cieux si bien éclairés par nos élites littéraires qui sont toutes et tous des phares de sagesse, c’est très important, car la plupart de nos auteurs, du moins les mauvais (ce qui fait beaucoup de monde quand même j'en conviens) ont toujours leur petite vulgate idéologique à vendre, leur homme providentiel à flatter, (vu le nombre de sauveurs potentiels, la pauvreté et d'autres fléaux auraient dû être éradiqués depuis très longtemps déjà), afin de combler leur manque de talent, justement, le tout passant pour de l’audace ou du dandysme post-industriel, ou alors on met au pinacle une déviation sexuelle à la mode pour faire genre, ou encore on raconte sa coke, son alcool, ses coucheries, et la désintox, en n’omettant pas le « dropping name game » qui va avec. Très important ce moment, le lâchage de noms plus ou moins célèbres.

    Et l'argument massue est de prétendre qu'un bon auteur qui est de droite, qui aggrave son cas comme Ellroy en insistant bien là-dessus, en rajoutant des tambours et des cymbales dés qu'on l'interpelle sur le sujet, n'est rien d'autre qu'un « facho », un horrible misanthrope. Cela permet de dire : « Moi je suis nul mais au moins je ne suis pas un nazi ». On se dit comme Lawrence Sterne que ce genre de libres penseurs est généralement du genre de ceux qui ne pensent jamais, certes, mais ils font assez de mal en passant. Alors que les grands écrivains sont finalement politiquement inclassables. Ils sont plus grands que nature et trop grands pour un classement si restrictif.

    Ellroy est lucide, il sait que l’homme n’est pas bon de nature, c’est en cela qu’il est de droite d’ailleurs. Il sait qu’il n’y a pas d’homme providentiel, juste des mythes éculés, des bobards infantiles pour les gogos qui s'empressent d'y ajouter foi. Ellroy vise juste pour tout cela. Comme il est à la mode, encore, ça emmerde quand même un peu les apôtres de la bien-pensance qui compensent en se disant que le bouquin bien en vue sur la table du salon, ça fait type à qui on ne la fait pas, à la page, un homme du XXIème siècle, tout en ne pouvant s'empêcher de relever que, quand même il exagère. Il en est qui n'ont pas peur du ridicule, à lire les commentaires de l'article de Marc Cohen sur Causeur, il est de droite parce qu'il égoïste, à gôche, tout le monde étant beaucoup plus généreux et accueillant.

  • La bibliothèque vivante de Léon Daudet

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    La réédition des « Souvenirs Littéraires » de Léon Daudet

    leon-daudet.jpegJe me demande ce que font nos sages et raisonnables élites, critiques et autres qui font dans le culturel, pour laisser passer la réédition aux « Cahiers rouges » chez Grasset des souvenirs littéraires de Léon, monarchiste, catholique et cultivé. Quoi que Léon ne fut pas sectaire, il milite pour la création des syndicats à l'abrogation de la Loi le Chapelier (loi révolutionnaire de 1791 qui interdisait les associations ouvrières), en 1898, et défile avec les anarchistes en 1923 ; et comme il le rappelle : on pouvait très bien faire le coup de poing contre les communistes pour se réconcilier ensuite au café dans une même détestation des bourgeois, leur morale étroite, et leur hypocrisie majeure. A l'époque, certains de ses contempteurs l'appelaient « Gros Léon » car il était lui aussi doté de rondeurs voluptueuses. On a oublié la plupart de leurs noms tandis qu'on le lit encore. Proust le comparait à Saint Simon et lui dédie le premier tome de « la Recherche » que Daudet s'était employé à défendre becs et ongles au jury du Goncourt qui préféra une quelconque connerie. Il avait du nez en matière littéraire, un nez très fin quitte à porter aux nues des écrivains qui étaient ses ennemis politiques sans jamais faire preuve d'aucun sectarisme, dont Céline, d'abord réputé anarchiste, ou Proust, dreyfusard.

    Bien sûr, on ne peut que désapprouver sa défense de Drumont, antisémite obsessionnel jusqu'à la pathologie. C'est une des rares nuances que l'on peut apporter à cette lecture car les portraits des littérateurs éxécutés par Léon sont tous remarquables. Cela peut aller jusqu'à la jubilation, de celui de Barbey, que l'on a l'impression de voir revivre sous nos yeux, ce « vieux viking au verbe sifflant et édenté », que je connais par coeur, à celui de Debussy « génie au front de taureau » ou de Maupassant, malade, imbécile et génial en même temps, en passant par Proust, Puck et feu-follet assis sur les banquettes de cuir du Café Weber, Forain, Caran d'Ache, petit gros et séducteur qui « déshabille les femmes du regard en un quart de seconde comme l'experte nounou le poupon » et feint l'attention d'un bon apôtre (personnage donc légendaire chez les petits gros), José Maria de Heredia et Oscar Wilde à la fois beau et atroce, expert en argot londonien et qui savait s'élever aux cimes pour parler de beauté. Daudet les a tous fréquenté gràce à son père et son premier mariage avec une petite-fille Hugo.

    313139320.JPGCe qui domine chez Léon, c'est de toutes façons la lucidité : sur son époque et ses grands personnages, voire ses mythes, comme Victor Hugo, grand-père débonnaire de toute la Troisième République et saint laïc, ou Aristide Briand, ancien indic dont il conserve les habitudes très longtemps (à savoir avoir des dossiers sur tout le monde), ivre de rage quand Léon le coince sur ses hypocrisies. Le récit des funérailles nationales de Victor Hugo trouve encore, à mon avis, des résonnances dans l'actualité. La bourgeoisie prétentieuse et bien parée, y cotoie la canaille la plus vile, et bientôt le vernis craque et tous de se laisser aller à la joie malsaine du troupeau content de communier dans l'instinct grégaire, les marlous mettent la louche au cul des rombières, que ça fait rire de la gorge, pendant les notables pactisent avec les apaches. On ne songe plus vraiment à « Booz endormi », ou aux tribulations de Quasimodo. C'est la lie qui déborde tout. Concevoir le peuple comme forcément bel et bon était déjà à la mode, ce qui permet aux nantis et à leurs séides de conservers privilèges et honneurs, honneurs douteux il est vrai.

    Et cerise sur le gâteau, il n'est jamais didactique, il ne cherche pas à vendre sa camelote idéologique, ou à se faire missionnaire pour telle ou telle cause en oubliant le style ou la valeur littéraire réel d'un auteur. En homme du XVIème siècle qu'il est, véritable humaniste, c'est-à-dire cet humanisme qui contient tout ce qui est humain, et beau. Justement, quant à la beauté, Léon n'est pas dans le relativisme qui voudrait que « tous les goûts, y soyent dans la nature ». Il est parfois injuste, parfois dans l'erreur, mais lui saurait encore l'admettre, contrairement aux porteurs de causes qui, eux, ne se trompent jamais, n'étant sans doute pas de la même planète. Daudet est beaucoup moins sec et aride que Maurras qui se laisse parfois aller au cynisme, on comprend mal que ces deux personnages aient réussi à s'entendre. C'est une sorte d'ogre qui aurait voulu tout recevoir, tout ressentir, tout goûté et que rien de qui est humain ne lui échappe.

  • Après Thiberville, la cristallisation des conflits

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    En pensant au curé de Thiberville soutenu par tous les élus autour de sa paroisse, dont la plupart de gauche, c'est Peppone qui s'allie à Don Camillo.

    foulon.jpgQuand l'imbécile n'a plus rien à dire, il insulte, l'interlocuteur est un nazi, un facho, un réac. Et il attaque sur le physique, la maigreur, la grosseur, et j'en passe, juste avant de passer à la menace comme je viens encore de le constater par des commentaires de ce blog. Il est persuadé d'avoir le droit, la liberté, la sagesse, la paix universelle de son côté, il combat la morale et le moralisme mais moralise quant à lui à outrance. Ou alors il s'en fout et se range du côté des plus puissants, de ceux qui ont le pouvoir. Il veut la démocratie mais qu'elle aille dans le sens qu'il prône, il trouve que le peuple est beau et bon quand il pense comme lui, sinon c'est un ramassis de franchouillards ploucs.

    Ce qui s'est passé à Thiberville en est une bonne illustration. Ce matin, nous venons d'avoir la lettre de l'évêque d'Évreux. Alors, certes, ce n'est pas beau une foule qui insulte un individu ou qui le hue, mais comme le dit le proverbe, « qui sème le vent récolte la tempête ». Et ceux qui voulaient de la démocratie dans l'Église sont donc servis. Pourquoi pleurer, se demande-t-on ? Il se place uniquement sur le plan d'une réorganisation administrative des paroisses, et seulement là-dessus, il n'est pas question de spirituel ou autre chose, il est surtout question de préoccupations sociologiques très ponctuelles, dans l'air du temps, à l'inverse de l'idéal prôné par Benoît XVI, il est aussi question du rôle des laïcs, amenés dans leur esprit, à remplacer tout ou partie des prêtres. Et bien sûr à la fin, il nous dit que Dieu est avec lui. Moi, je ne sais pas si Dieu est avec moi, mais on peut reconnaître un arbre à ses fruits. Il a bien sûr recueilli quelques témoignages, selon lui, le soutenant, il est donc le seul dans le vrai.

    Il y a bien il est vrai une paroisse totalement en accord avec monseigneur Nourrichard, c'est la cathédrale d'Évreux...

    De messe en messe, l'assistance y est de plus en plus clairsemée, à de rares exceptions, l'équipe d'animation ou les prêtres l'animant ne parlent qu'entre eux, entre phares de progrès, et ne disent même pas bonjour, la personne fût-elle présente chaque dimanche depuis une dizaine d'années. On ne se fréquente qu'entre représentants du même milieu aisé, ou du même club (Rotary etc...), car au bout du compte rien n'a changé quant aux prétentions des plus bourgeois. On y tente des liturgies de plus en plus démagogiques, comme remplacer la musique religieuse par des chansons populaires, mais ça non plus, ça ne fonctionne pas.

    Evreux_chemin_Paques_1OK-2eb2d.jpgOn se trahit quand même en invitant le diocèse à une journée d'animation « festive », c'est eux qui le disent, qui permettra de s'auto-congratuler, et quand même pour la forme, à la fin, on célèbre quand même une messe (en tout petit en bas de la joyeuse carte postale montrant un aréopage de personnes d'âge mur en anorak mauve ou violet).

    Je pense quant à moi que ce qui est attaqué là-dedans, en creux, c'est le discours du Pape actuel, assimilé à un nazi par ses adversaires ce qui montre leur bassesse. La majorité voudrait pouvoir continuer à jouir du présent, à se laisser aller à leur hédonisme narcissique sans se sentir coupable, d'autres aimeraient bien une religion catholique qui ressemble à un immense supermarché, où l'on choisisse tel ou tel produit à droite à gauche sans contraintes et sans se poser de questions inutiles, et surtout en se laissant aller, le tout lié de manière surprenante à une docilité sans failles pour les pires diktats d'apparence ou de pensée.

  • La mort de Philippe Séguin

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    Comme je suis un méchant, je ne vais certainement pas entrer dans la ronde des « souvenirs pieux » officiels.

    Rien de tel que des bons républicains fanatiques déclarés et des bouffeurs de curé philippe_seguin.jpgacharnés pour trouver en un homme politique un sauveur de rechange et voir dans un mort une sorte de providence perdue. Certes, c'était un homme politique d’avant le bling-bling et l’inculture au pouvoir. Et il avait dit Non à l'Europe des ultra-libéraux qui est quand même passé. Malgré ses défauts, dont un de taille, c'était quand même le notable type franc-mac archétypale (l'était-il, après tout ça n'a pas d'importance), on ne peut s’empêcher de penser qu'il devait être assez sympathique, cet amateur de tête de veau, un plat pas du tout hygiéniquement correct (Cécile Duflan, cette tête à claques, ne doit pas manger de ça), c'était un fumeur de cibiches qui ont du goût. Il était cependant nul pour mener ses troupes et manquait de sens politique.

    Car être sympathique ne suffit pas.

    Paix à ses cendres.

    Cela n'empêche nullement de continuer à lutter contre la vulgarité actuellement au pouvoir pour une raison simple en fait. Cela n'empêche pas d'être indocile, et pas seulement indocile d'intentions. On pense toujours aussi fortement que le peuple, qui est grand, beau et fort, et intelligent, vote sur des critères raisonnables et intelligents et non d'après son ressentiment ou sur la foi d'une belle gueule et d'un usage qui le fait rêver du bling-bling. Le peuple est con, il vote toujours en majorité du côté du plus fort, raisonnant toujours selon la morale de la horde.

  • House M.D ou "The mentalist" ?

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    « The mentalist » - Encore un héros misanthrope ?

    18975748.jpgJ'ai regardé deux épisodes de « The mentalist ». Un ancien mentaliste du show-business, Peter Jane, perd sa femme et sa fille assassinées par sa faute, du moins c'est ce qu'il croit, voilà pour le traumatisme fondateur. Il met dorénavant son intuition et ses facultés intellectuelles supérieures au service de la police, secondé par plusieurs personnages qui sont un peu l'équivalent de l'équipe de diagnostic de House.

    On voit bien que le personnage est plus ou moins inspiré du Docteur House, plutôt en moins bien, et plutôt en plus cadré. L'acteur est fade et bien net. Il finit toujours par se conduire comme il faut et il est seulement arrogant comme pouvaient l'être les yuppies dans "Wall Street" d'Oliver Stone. House, lui, est en révolte complète contre l'autorité, les autres êtres humains et lui-même, on se fiche complètement des histoires, des scénarios et des traumatismes familiaux d'une grande banalité finalement, ce qui intéresse c'est de suivre le personnage principal dans son évolution au cours des saisons, et il a beaucoup d'esprit ; un peu comme dans les romans de Raymond Chandler où ce qui comptait c'était plus le rapport compliqué au monde de Marlowe, son intégrité, sa quête de vérité, que les intrigues sans queue ni tête. Peter Jane, le héros de « The Mentalist », lui, est non seulement habillé comme Siegfried and Roy, les deux magiciens de Las Vegas, mais il est au bout du compte extrêmement docile aux règles malgré une ou deux excentricités. Plane également sur le feuilleton une ambiance crucruche, crédule et mièvre agaçante, on sent bien que le héros va devenir plus gentil parce que il faut être gentil avec les chtits n'enfants et les animaux, et que même si c'est un misanthrope, bientôt il appréciera de voir de la joie dans les yeux d'un n'épagneul breton. Quant au traumatisme fondateur, alors que House était déjà cynique, sarcastique et blessé à vif avant sa blessure, ce qui change complètement la donne habituelle de ce genre de personnages, Peter Jane est un anti-héros plus classique, plus standard, moins intéressant.

    Ces deux épisodes font plus cruellement ressentir l'attente de la saison 5, et de la 6, de "House M.D."(dont il paraît que je suis un clone, moins la canne).

  • Etes-vous un/e péripatéticien/ne ?

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    Ce n'est pas nouveau sur le Net, mais j'aime bien car je suis un sale phallocrate, onaniste de sacristie, et anarchiste de droite, encore en plus.

    wolin-sal.jpgUn gars : c’est un jeune homme
    Une garce : c’est une pute
    Un courtisan : c’est un proche du roi
    Une courtisane : c’est une pute
    Un coureur : c’est un joggeur
    Une coureuse : c’est une pute
    Un rouleur : c’est un cycliste
    Une roulure : c’est une pute
    Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau
    Une professionnelle : c’est une pute
    Un homme sans moralité : c’est un politicien
    Une femme sans moralité : c’est une pute
    Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive
    Une entraîneuse : c’est une pute
    Un homme à femmes : c’est un séducteur
    Une femme à hommes : c’est une pute
    Un homme public : c’est un homme connu
    Une femme publique : c’est une pute
    Un homme facile : c’est un homme agréable à vivre
    Une femme facile : c’est une pute
    Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur
    Une femme qui fait le trottoir : c’est une pute
    Un péripatéticien : c’est un élève d’Aristote
    Une péripatéticienne : c’est une pute

  • Le curé de Thiberville

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    Cette vidéo rend triste.

    Mais je trouve important d'en parler.

    Je ne suis pas spécialement admiratif de l'abbé Michel qui peut susciter autant un violent rejet que l'adoration la plus vive comme tous les personnages controversés, il aime bien l'affrontement, la polémique, je ne suis même pas du tout tradionnaliste quant à la liturgie ; mais et ce mais est de taille il exerçait son rôle de pasteur alors que d'autres dans le diocèse, hélas ce n'est pas le seul, s'emploient méthodiquement à vider les églises en expliquant que de toutes façons la messe ce n'est pas le plus important, et que la Foi des chrétiens n'est qu'une vérité parmi beaucoup d'autres. On fait dans l'humanisme béat et très light à chaque cérémonie, les intentions de prières sont souvent un supplice pour les oreilles et le cerveau, sans se soucier plus que ça d'une spiritualité solide.

    On n'a pas parlé non plus de l'interdiction d'une messe familiale en rite extraordinaire célébrée par un jeune prêtre ébroïcien qui voulait simplement exprimer sa joie avec ses parents et amis. Rien ne justifie cette interdiction car le jeune prêtre est totalement d'Église.

    C'est ce que l'on demande à un prêtre, être un pasteur, et non refaire le monde comme un camelot de quinzaine commerciale tout en flattant l'orgueil ou la vanité de l'un ou de l'autre. Dans la vidéo ci-dessous, on nous explique doctement qu'il s'agit surtout d'un redéploiement administratif des paroisses, il est quand même dommage que cette explication soit la seule proposée. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'un prêtre de diocèse est évincé d'une charge paroissiale car n'étant pas tout à fait dans la ligne de quelques évêques qui sont des évêques selon les voeux du festivisme actuel, voir le texte de  Philippe Muray. ce sont des évêques en phase...

  • Les soldes et l'iran

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    Est-ce qu'il y a des soldes en Iran ?

    soldes.jpgAux temps des frimas de Janvier, l'esclave volontaire de sa carte de crédit ou de son « trois fois sans frais » revolving Cetelinoga se rue dans les magasines parce que c'est les soldes, il est prêt à frapper son voisin pour un chiffon bariolé ou du soda vendu par trois litres à la fois. A savoir, après avoir claqué son pognon avant, pendant et après les fêtes, on lui intime de continuer à le faire avec ce qui lui reste pour consommer un peu plus, le pire étant qu'il obéit. Docilement et sans meugler, il se dirige avec sa femme et ses gosses pourris vers le supermarché le plus proche flâner entre les rayons des échoppes post-industrielles et se faire avoir par de fausses bonnes affaires, les enseignes commerciales ayant maintenant la manie de la pénurie organisée, on vend par exemple des téléviseurs, fabriqués par d'autres esclaves dont le consommateur se fout comme l'an quarante car dit-il : « Les chinois tu leur donnes un bol de riz et ça leur suffit », des écrans plats stockés pour l'occasion pour une somme dérisoire en laissant croire que l'on brade. Ensuite l'esclave volontaire de la consommation rentre chez lui et se prend à rêvasser encore de frimer comme les pipeaules qu'on lui montre en exemple. Les soldes c'est là où le troupeau de consommateurs communie dans la même allégeance au système.

    Il se fait du souci pour Djohnny. Il compassionne quand on lui montre un chtit n'enfant qui pleure en Afrique, et il bave devant la pub pour la dernière bagnole à la mode. Il fait là où on lui dit de faire, il voudrait bien manger cinq fruits et légumes par jour, et il n'a pas peur de se laisser torturer par une machine électronique pour faire du sport devant son écran encore et toujours. Il rigole à Morandini qu'il prend pour un type drôlement transgressif et il trouve que Bigard il a raison de douter de la réalité du 11 septembre.

    iran-obama.jpgEt puis il y a l'Iran, l'Iran, le consommateur ne sait même pas que c'est l'ancienne Perse et que c'est là que la civilisation est née, civilisation dont il se fout, certes, car « il n'aime pas lire », c'est un « type simple » ou « une fille fraîche » comme on dit dans la pub ou les feuilletons à la con de 20h10. En Iran, c'est tout un peuple qui demande à changer radicalement de société, sans violences, sans haine mais fermement. Alors que nous cieux éclairés par les lumières célestes de nos phares de la pensée, dont Éric Cantona est un digne représentant, nous ne citerons que les plus grotesques, on chipote sur des signes extérieurs de soumission à des diktats imbéciles, comme le voile, entre autres, là-bas, ce sont les hommes qui vont porter le voile dans quelques jours, et les femmes se promener tête nue, car ils n'en peuvent plus de la connerie fondamentaliste et de la haine. Les iraniens savent combien la liberté est précieuse.

    Les iraniens seraient-ils beaucoup plus courageux que nous le sommes ?

    Seraient-ils moins cons finalement ?

  • Cécile Duflot ? Du flan !

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    (aux agrumes, spécialité des Maldives)

    L'histoire de Cécile Duflot, qui rentre du Danemark en avion, puis part en vacances aux Maldives, ça me rappelle un sketch de « Groland » qui tapait juste : un pauvre type chauffe son appartement à l'électrique et grille de l'énergie en se collant devant la téloche tous les soirs car il n'a pas d'argent pour faire autre chose, tout en bouffant des chips car il n'est pas très hygièniquement correct ; pendant qu'en parallèle on nous montre un autre individu, lui beaucoup plus aisé, qui multiplie les initiatives pour compenser son carbone puis finit par prendre l'avion pour partir aux vacances aux Maldives ou ailleurs. Nos écolos sont vraiment nuls. Alors qu'elle est du genre à multiplier les avertissements « citoyens », les leçons de morale sur le développement durable et pas seulement, on se lâche contre le Pape ou tout ennemi du bien actuel tel qu'il est en vigueur, à déplorer la disparition de la mouche du coche à poil dur ou du teckel mollasson à queue molle ; Cécile Duflot a été prise la main dans le sac. Et les Maldives où l'on flagelle les femmes adultères, ça le fait pas, comme on dit en ébroïcien, à moins qu'il ne s'agisse d'un fantasme caché.


  • Bollog Agent d'assurances - Niki Vered-Bar

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    vn_1261142_px_501__w_lavoixdunord_.jpgNiki Vered-Bar a écrit un nouvel épisode de Bollog, cet idiot est maintenant agent d'assurance. Elle nous prévient, c'est dur comme scènes , quasiment insoutenable :

    "Les passages concernant certaines scènes particulièrement atroces ou traitant de l'insoutenable souffrance de la victime ont été volontairement supprimés afin de ne pas heurter la sensibilité de personnes fragiles ou innocentes."

    Bollog agent d'assurance

    Niki est écrivain et artiste peintre, elle vit à Jérusalem.

    Son site

  • L'amour au temps de la « nervous breakdown » – Torrents d'amour

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    Histoire de Prosper, suite...

    nervous-breakdown.jpgProsper aimait les femmes qui se confiait à lui car ainsi il pouvait se poser en sauveteur, et en sauveur. Quand il les avait guéri de leurs problèmes, qu'il les avait aidées à progresser, à mûrir, d'un certain point de vue, elles l'intéressaient beaucoup moins. Tant qu'il était leur chevalier blanc, tout allait bien, ensuite les choses devenaient problématiques. Il ne savait plus comment faire quand il s'agissait de construire une vie de couple normale, banale et agréable. Cela aurait été plus simple au temps de Tristan et Iseult, il n'aurait pas eu à changer d'un iota son comportement avec Iseult, il n'aurait pas eu besoin de tant de complications avec quelque soubrette ou fille de corps de ferme. Et Prosper bovarysait plus ou moins, avouons le.

    Prosper n'était pas le seul homme à être extrêmement compliqué dans ses relations avec le beau sexe ou à être dans le syndrôme du héros romantique. Il fut ami un temps avec Arnould qui était encore bien pire. Arnould tombait fou amoureux de donzelles souffrant de névroses sophistiquées et chics, il les emmenait au cinéma ou au restaurant. Elles pleuraient beaucoup avec lui, sur leurs problèmes, sur leur nombril, sur elles. Il en rajoutait pour entretenir le tout, allant voir un mélodrame plutôt qu'une comédie. Dés qu'elles lui avouaient leur amour, qu'elles exprimaient leur désir, il les laissait tomber et n'en voulait plus. Il reconnaissait bien volontiers que seule la séduction, du moins telle qu'il l'entendait, lui suffisait.

    Prosper fut ami aussi avec Gontran. Gontran était flamboyant, il « clinquantait » de mille feux, bien que taillé comme une ablette et le nez chaussé de lunettes bien sages, sa flamboyance semblait parfois bien fragile aux mauvais esprits qui était aussi pour Gontran des jaloux, des malfaisants, des êtres vils. Gontran flamboyait aussi dans ses amours.

    Women%20On%20The%20Verge%20Of%20A%20Nervous%20Breakdown.jpgComme les deux autres, il avait le syndrôme du chevalier blanc, mais poussé bien plus loin, exprimé bien plus fortement. Cultivé, sensible et fin, mais doté d'un ego profond comme les sept cercles de l'Enfer, il aimait les maniaco-dépressives en fin de droits, les anorexiques sur le fil du rasoir, les Electres inconsolables, les passionnarias introverties à l'extrême, au regard brûlant de fièvre et de désir inassouvi, désir qui restait inassouvi mais qu'il entretenait, un temps du moins.

    Pendant toute la durée de leur passion, elles étaient sa chose, son instrument, le vénéraient tel un ancien maître zen, ne juraient que par lui, que par ses paroles, quitte à tout sacrifier de leurs amitiés, de leur anciens amours, de leur famille. Elles le faisaient en toute conscience, aimant ça au bout du compte, être esclaves, des femmes réputées libres sous la coupe d'une sorte de "maquereau" plus vindicatif que ceux qui relevaient les compteurs rue Blondel aux temps bénis des « maisons ». Elles l'idolâtraient, puis un jour, elles se réveillaient de leur rêve de midinette, ce qu'elles étaient au fond. Il tempêtait, rageait, se mettait terriblement en colère, les vouaient aux gémonies, se conduisait comme un charretier, demandait pardon, se tapait la poitrine. Elles faisaient alors une rechute, ou étaient totalement guéries.

    Il les rejetait, tout comme les amitiés perdues, dans son enfer personnel. Elles devenaient ses nemesis, des esprits mauvais, succubes impurs, qui voulaient le perdre contre son gré. Il se voyait alors comme un chevalier errant retrouvant sa solitude grandiose, un ermite romantique, un dandy désespéré dans le genre de la dame aux camélias, celle qui crachait ses poumons par amour pour un salaud.

    L'amour au temps de la nervous breakdown, ce n'était pas une mince affaire...

    à suivre...

  • "Un Pape en phase" - Philippe Muray

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    Merci à xly que je remercie d'avoir signalé ce texte sur Causeur.fr quant à la polémique/lynchage autour de Pie XII

    Un dessin d'un "homo festivus festivus", en illustration, qui souhaite ce genre de pape

    philippe-muray-sempe.jpgIl nous faut un Pape en phase (Philippe Muray -mai 2005.)
    Un pape à la botte, au pied, aux ordres, aux mots d’ordre, un pape qui file doux et qui respecte les nouveaux règlements. Les nôtres. Un pape qui lâche ses bondieuseries pour notre eau bénite et ses patenôtres transcendantes pour nos homélies multiculturelles.
    Un pape qui, cessant de bêtement parler des “errances de la modernité”, nous rejoigne dans nos divagations divines.
    Un pape à roulettes et en culottes courtes.
    Un pape citoyen.
    Un pape qui sorte du Saint-Siège, une bonne fois, en poussant le cri primal, pour n’y plus jamais revenir.
    Un pape qui dégraisse la doctrine, dépoussière le Vatican, se batte pour la légalisation de l’euthanasie, prenne fermement position en faveur de la procréation assistée comme pour le mariage des prêtres et l’ordination des femmes.
    Un nouveau pape comme il y a de nouveaux pères,un pape qui porte le petit Jésus sur son ventre, dans un sac, comme les mamans kangourous (”Habemus mamam !”).
    Un pape vigilant sur le respect de la laïcité.
    Un pape qui proteste avec nous contre la mises en berne des drapeaux de la République en hommage au pape défunt.
    Un pape qui participe aux fanfares de soutien à Florence Aubenas et s’occupe de lâcher des ballons plutôt que de promulguer des bulles. Un pape qui milite pour les couloirs de bus, la candidature de Paris ville olympique en 2012 et l’opération “Ici c’est 100% sans tabac”(s’il pouvait, par la même occasion, nous donner un petit coup de pouce pour faire un peu remonter le oui à la Constitution européenne ce ne serait pas plus mal).
    Un pape soucieux de l’amélioration de la qualité de l’air.
    Un pape résolument décidé QUI laisser tomber ses lamentables discours normatifs sur le sexe pour rejoindre les nôtres.
    Un pape conciliant et pas conciliaire.
    Un pape bon apôtre, en somme, et conscient de tous les chantiers prioritaires qui l’attendent.
    Un pape d’époque. Un pape comme l’époque. Un pape-époque. Un pape-société.”