mercredi, 20 janvier 2010
Insolents dans la norme
Insolents et bien cadrés
Petit préambule : Alors, oui, pour répondre aux aimables contradicteurs possibles concernant ce texte, il me faut préciser quelques points ; ce n'est pas parce que je suis cynique, méchant, comme une teigne, et caustique ("onaniste de sacristie, hyper-catho, jaloux, aigri, petit bourgeois insignifiant, etc..."), que j'exécute ces quelques portraits ; c'est parce que ça m'amuse.
Quand j'ai vu toutes ces anciennes vedettes réputées pour certaines tellement insolentes et irrévérencieuses rappliquer en quatrième vitesse à l'Élysée pour réclamer une application sévère de l'Hadopi après nous avoir bassiné sévère pendant des lustres avec des leçons de morale de correction politique sur la liberté de pensée (la leur), je n'avais pas été surpris. On avait déjà vu que là, quand on parle de pognon, adieu non pas "veau, vache, cochon", mais bonnes intentions et grandes déclarations.
Sinon, maintenant quand on me cite les individus ci-dessous comme modèles d'insolence et d'irrévérence, j'ai un peu la nausée.
L'insolence à la radio se porte bien, et aussi dans quelques livres. Mais il ne s'agit pas de n'importe quelle insolence, il s'agit de celle qui se vend bien, de celle du roquet qui mord le mollet des passants mais dont les dents sont limées depuis longtemps. Il y a quelques années dans « le Fou du roi », j'écoutais par exemple Guy Carlier faire ses chroniques télé, c'était parfois presque drôle, le plus souvent laborieux, depuis il a pété deux ou trois câbles et se prend pour une conscience, donnant en exemple de femme politique une ancienne harengère à en juger par sa façon de s'exprimer.
Il y avait déjà Didier Porte et Christophe Alévêque. Carlier, lui, a sombré dans la guimauve, le mièvre, le sucré ; quand il se met d'une voix calme et pincée à nous entretenir de ses origines prolétaires, selon lui, pour justifier des goûts de fond de cuvette, on a envie de l'étrangler. La cerise sur le gâteau étant quand il croises ses anciennes cibles et qu'il s'aplatit (autant que ça lui est possible). Maintenant, il aime tout le monde. Et puis je trouve particulièrement grotesque ses plaintes concernant sa grossitude, qu'il assimile à une culture, un peuple, une race (?) lâchant entre deux pleurnicheries que ses contradicteurs sont en fait des racistes anti-gros. Je peux me permettre de lâcher ça étant moi-même voluptueux. Il fait parfois du Céline de Prisunic, mais s'arrête bien là où il faut.
Didier Porte et Christophe Alévêque, que l'auteur resplendissant de sagesse de ce blog a cité plus haut, sont des missionnaires de progrès quant à eux. Ils font rire mais ils délivrent aussi un MESSAGE. Ils sont là pour instruire le peuple, attaquer la politique du gouvernement – ça ne me déplait pas du tout bien sûr- mais ne se posent pas de questions sur leur place dans une station dirigée par un copain de la femme du type qu'ils attaquent quasiment chaque jour. Et curieusement, ces deux humoristes n'attaquent jamais vraiment le système pourtant largement plus responsable du bazar actuel. N'oublions pas Guillon qui se pose de lui-même en héritier de Desproges (rires), il n'y a qu'une seule différence mais elle est de taille, Desproges était prêt à partir et perdre une bonne sinécure si on lui changeait une virgule dans un texte, Guillon, lui, la virgule, il la change tout seul comme un grand.
On reste dans la mythologie habituelle : un zeste de Chavèze, un chouïa des épiciers de Tarnac, mais si rappelez-vous, les petits bourgeois jouant aux gendarmes et aux voleurs et se faisant piéger, pas mal d'attaques contre le Pape et le catholicisme ; si encore toutes les religions étaient brocardées, je n'y verrai aucune malice, mais on ne peut s'empêcher de spécifier quand on parle de la burqua qu'il y a aussi l'intégrisme catho qui est, on le suggère très fortement, bien pire : L'Inquisition, les tortures byzantines, toussa...
En face, qui c'est que c'est que l'on a ? Laurent Gerra et Nicolas Canteloup. Deux orfèvres en matière d'humour. Le premier rappelle avec émotion ces grands couillons dans les vestiaires adolescents qui font des concours de pets avant et après l'effort, ces grands pendards de chambrée virile post-pubère qui aiment bien les blagues qui tâchent, les bonnes grosses vannes bien en-dessous du niveau de la ceinture, si seulement, on est déjà au niveau de la prostate en fait. On rigole, on rigole, sur le président, mais on est plus lâches contre les opposants, faut pas déconner, on reste dans le ciblé, le cadré, le normé. Car si on va trop loin, on perd un bon paquet d'oseille (le pognon encore, chers petits amis !).
17:21 Publié dans Art de vivre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, politique, société, mode, télévision, radio |
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Commentaires
Écrit par : Tournesola | dimanche, 24 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Amaury | dimanche, 24 janvier 2010
Répondre à ce commentaireL'oseille est comme le beurre dans les épinards et le bon thon est de rigueur, parmi les faux insolents de la Nouvelle Cuisine, pas très épicée, voire insipide. On "travaille"ou on pêche avec un filet, et jamais en eau trouble ou profonde...
Écrit par : Elisabeth Lepidi | lundi, 25 janvier 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Amaury | lundi, 25 janvier 2010
Répondre à ce commentaireEt je précise qu'il y a des humoristes que je n'aime pas parce que leurs idées me dérangent, et d'autre qui ne me font pas rire parce que leur humour n'est pas le mien, ce qui ne m'empêche nullement de VOIR qu'ils ont du talent.
Écrit par : XP | mercredi, 27 janvier 2010
Répondre à ce commentairePour Alévêque, j'aurais pu effectivement également le préciser, ce type est nul. Tout simplement.
Écrit par : Amaury | mercredi, 27 janvier 2010
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