lundi, 02 novembre 2009

Le Goncourt à Marie N'Dyaye, le Renaudot à Beigbeider, étonnant, non ?

696340_photo-1257139403641-1-0_150x113.jpgAu départ, le Goncourt était un prix littéraire destiné à récompenser de jeunes auteurs chez qui l'on pensait distinguer les prémices d'un talent futur. Petit à petit, surtout depuis quarante ans, c'est devenu un truc, un machin quelconque boursouflé, destiné à récompenser quelqu'un bien dans la note de la bien-pensance, on récompensera par exemple un perdreau de l'année comme la septuagénaire Marguerite D. pour "l'Amant", et de toutes façons les convives de chez Drouant sont souvent passés à côté des plus grands tel Proust.

Cela s'accélère depuis quelques temps, ainsi l'an dernier le prix donné à Atiq Rahimi, durassien afghan et bon sauvage de service, (moi ce n'est pas tellement son afghanité qui me gêne, plutôt sa « durassianité »). Cette année, on décerne la récompense, qui ne veut plus dire grand-chose à une écrivaine parce qu'elle est noire, et parce que c'est une femme, finalement, là-dedans je me demande la part de la littérature. Et c'est tout aussi raciste que de ne pas lui donner pour ces deux raisons au fond. Quant à Beigbeider, un perdreau de l'année, le fils cadet d'une famille pas trop mal née, on lui file le prix Renaudot, mais ce n'est pas parce qu'il a des amis partout, ce serait déplacé de le prétendre, là aussi, il est bien entendu que l'on parle peu de littérature. Frédéric est un rebelle, il s'est fait une ligne de coke, a passé une nuit en cellule de dégrisement, il se voit déjà en rebelle numéro 1 de la Sarkozie et futur Victor Hugo, post-moderne du régime. On imagine la Beigbeder.jpgconversation mondaine : « Merde quoi, on peut plus se faire une ligne en paix, coco, ça va pas, faut réagir ». Comme d'autres, le petit milieu littéraire s'est tenu à carreaux pendant l'affaire du fils Sarkozy, car c'est un milieu extrêmement consanguin aussi, comme la politique, ou alors pour hurler au lepènisme. Il faut y apprendre la lèche rapidement quitte à s'y faire griller : ainsi on déplait à un petit artisan de la littérature, un minable à sexualité frustre de VRP de province, puant de misère sexuelle et de complexes divers, frustré de succès, un peut mytho sur les bords, il enragera et fera tout pour empêcher votre publication possible en ragotant auprès des éditeurs ou des autres, en interdisant à ses enfants de choeur d'intervenir sur tel ou tel blog, le pire étant qu'on l'écoute...

Dans les deux cas, il s'agit plutôt d'écrivains qui ne sont certes pas du genre à pisser de la copie un peu partout quitte à se renier, mais il n'empêche que l'on peut se poser des questions, non ? Ce qui relativise les choses est que le public décérébré de « Star Académie » ou « Con Lanta » s'en fout comme l'an 40 du Goncourt, il ne lit plus.