Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • La raison d'État et la morale – Chirac en prison ?

    Imprimer Pin it!

    Les infortunes de la vertu

    fragonard_le_verrou.jpgEn ce moment, on s'émeut du scandale absolument faramineux que chaque semaine révèle, en ce moment c'est Chirac qui est sur le banc des accusés avec Pasqua, qui est toujours une sorte de « Don Camillo über alles » ainsi que le caractérisait Desproges. Pour Polanski, pour Frédo Mitterrand, les belles voix des grandes consciences de notre beau pays ont dit : « attendez, c'était il y a longtemps, il faut pardonner, tout peut s'oublier ». Ils l'ont dit aussi pour une terroriste allemande ainsi que pour Battisti il y a quelques années. Pour Chirac, ils sont bien emmerdés, les mêmes disent : « il faut que la justice suive son cours », ils le sont encore plus pour Tonton Charlie. Quand c'était Papon alors, ils auraient fait quoi ? On devine. On a surtout l'impression d'un bon tas de fausses pucelles pseudo ingénues criant à l'infortune de leur vertu alors qu'elles s'en foutent finalement car ils ont perdu leur pucelage il y a quelques années. C'est toujours, cette indignation à géométrie variable, une manière de rejeter celle, réelle, du peuple, considéré comme un ramassis de « pue la sueur » que l'on méprise copieusement, que l'on traite de facho, que l'on rejette chez le Pen dés que l'on peut. Et l'on feint de ne pas voir une chose importante, ces affaires comme « l'angolagate », ou « Clearstream » c'est le genre de boue dans laquelle le coq gaulois est obligé de rester les deux pieds bien plantés pour garder un minimum d'influence et de prospérité, et que le pays conserve un minimum d'insouciance pour s'offrir le luxe de chamailleries futiles.

  • Succubes et puritains

    Imprimer Pin it!

    « Jennifer's Body » – à propos des films d'horreur pour ados

    megan-fox-jennifers-body.jpgDepuis quelques années, « Scream » pour être précis, il y a une mode des films d'horreur pour ados, en particulier des méta-films d'horreur qui consistent à se moquer du genre tout en l'utilisant, parfois cyniquement comme ici dans ce film, au milieu d'une tonne ou deux de clichés. Ici, l'on nous dit que la scénariste du film, Diablo Cody, ancienne danseuse de lap top et webcam girl (à savoir une fille qui se déloque devant son écran pour du fric non virtuel par contre afin de satisfaire la libido de tous les gogos se laissant prendre), est « féministe », en quoi ? Pourquoi ? On n'en sait rien mais c'est pas grave, elle est féministe. Je crois finalement avoir compris la raison de cette étiquette, elle l'est parce que les filles parlent comme dans la vie dans ses scénarios, à savoir mal, et souvent de cul, et que dans celui-là il y a une scène de baiser lesbien et pleins de scènes où Megan Fox se balade en petite tenue, mais pas à poil quand même, il ne faut pas déconner. Dans ce film, à cause d'un groupe de rock crétin, elle est possédée par une succube qui en fait concrètement une croqueuse d'hommes (rires), comme quoi ce n'est pas très féministe car une belle fille en mini-jupe est donc forcément une salope et forcément une succube dans l'esprit de la scénariste, tout comme dans celui des bouffeurs de pop corn qui vont voir ce truc et l'héroïne est forcément la puritaine du lot, une intello moche qui arrivera à embellir après avoir épousé le « quaterback » local. La nouvelle démone s'oppose à son ancienne meilleure amie qu'elle finit par combattre après s'être roulé un palot, parce que en fait, tu vois, en fait, elles sont amoureuses l'une de l'autre. Bien sûr, comme dans tout bon film pour tinadjeur, le sexe est puni dans le sang, comme dans « Halloween ». On est loin des films d'horreur pour ados des années 80 qu'invoque la réalisatrice, tout aussi commerciaux, mais moins contrôlés : dans « Fright Night » par exemple, Roddy MacDowall, cette grande folle qui a joué dans un bon paquet d'excellents films de genre à commencer par "la planètes des singes", chasseur de vampires miteux et grandiloquent mais nul du genre Van Helsing, sort un crucifix pour éloigner le vampire qui lui répond alors de manière amusée qu'il faut y croire pour que cela marche, le jeune héros du film étant fasciné par le méchant, qui est comme une allégorie du passage difficile à l'âge adulte et de la perte des illusions sur le monde, l'amour et soi-même. Le jeune héros ne s'en sort qu'à partir de cette perte. Et le premier « Nightmare on Elm Street » fait plus peur par son exploration de l'inconscient adolescent, et adulte, et des peurs qu'il engendre, que par les scènes d'horreur. Au bout du compte, les films comme « Jennifer's Body » témoigne surtout d'un mépris du genre, et du public qui est pour pris pour un troupeau de crétins, qui d'ailleurs aiment ça, être méprisés.

    Ci-dessous trois extraits de "Fright Night"

  • Buzz pétainiste en 2009 ?

    Imprimer Pin it!

    petain.1173434518.gifJe viens de lire un remarquable article sur Pétain sur ce blog, mis à toutes les sauces et dont pourtant les idées n'ont jamais été aussi répandues à droite mais aussi à gauche. Un écolo qui parle de la terre qui « ne ment pas » est tout aussi empreint de l'esprit de la « Révolution Nationale » qu'un sarkozyste béat devant le discours cloné de son patron sur l'agriculture. J'ai pour ma part toujours eu horreur de ces discours grandiloquents, il cache surtout beaucoup d'étroitesse d'esprit, mais rien ne semble y faire, en province on est persuadé d'être aussi « simples » qu'avant même si cette « simplicité »semble toute droite dictée par les fantasmes d'un créatif de pub pour réclames charcutières (celle où l'on voit un chtit n'enfant en culottes courtes faire un moulin à eau avec du pain et du jambon, le p'tit con, c'est du gâchis). Les écolos du week-end ont les mêmes idioties dans le crâne faut-il dire. On oublie que la nature humaine est tout aussi décevante à la campagne qu'en ville, relison « le Soleil de Satan » de Bernanos où le diable y est un maquignon madré dans les paysages d'Artois, ou « Monsieur Ouine » du même auteur, le personnage titre du livre aime beaucoup le désert mental rural, à ses yeux il est l'allégorie du néant de son âme. La complexité de ce monde fait peur, ça donne l'impression de tout aplanir, des épiciers collectivistes de Tarnac aux nostalgiques de « Goupi mains rouges » ou des romans de René Bazin, auteur de « la Terre qui meurt ». Cela n'empêche pas de continuer à détruire la Nature, de ne rien faire, de projeter des grands soirs qui ne viennent jamais, et ne viendront pas, de se dire « après nous le Déluge », ce sera le boulot de nos descendants de s'occuper du problème.

    Quelqu'un m'avait il y a quelques années fait une réflexion très pertinente concernant les reportages et documentaires très nombreux concernant le nazisme, et parfois le stalinisme, sur Arte en particulier. Il suffit de couper le son pour comprendre que notre époque est fascinée par ces périodes grégaires où l'instinct du troupeau, le conditionnement des foules et la standardisation des corps et des âmes étaient poussés à leur paroxysme. Notre époque rêve de normes rigides, de cadres stricts, car là encore réfléchir sur la complexité du monde oblige à se servir de son cerveau, à aller plus loin que le manichéisme, la sottise de se croire obligatoirement du camp des « gentils », et celui qui contredit est ou pétainiste, ou réac, ou vichyste, cela permet de ne pas réfléchir et ainsi que le souligne l'auteur de l'article cité plus haut de ne même pas essayer de comprendre la période certes dure de l'Occupation.

    L'Évangile de dimanche dernier montrait que pour les chrétiens en particulier, chaque personne sarkopetain.1200782115.jpgest unique aux yeux du créateur, et précieuse, le Pape le rappelle aussi dans son dernier livre, mais pourtant, les catholiques, les protestants et les évangéliques paraissent apprécier de plus en plus les grands rassemblements sur-affectifs et hyper-ostentatoires où la singularité de chaque personne est noyée dans le grand tout du moment. De même en Islam, somme toute, on chercherait vainement les motivations de la plupart des jeunes filles qui mettent le voile, la plupart du temps, elles sont juste dans la ligne, suivant docilement le mouvement. De même parmi les croyants juifs dont beaucoup s'enflamment collectivement et sans y réfléchir, jusqu'à l'autisme quant à certains, lorsque d'aucuns remettent un rien en cause la politique israélienne, mettant dans le même sac ceux qui critiquent mais aiment Israèl (c'est mon cas, j'aime passionnément ce pays complexe et fascinant, à fleur de peau, violent, intellectuel et multiple) et les judéophobes avoués ou pas.

    Dans le même ordre d'idées, on pourrait parler de la Guerre d'Algérie, chacun restant en fait sur ses propres clichés sans se poser plus de questions, sans chercher à apréhender, cela n'a rien d'impossible, la complexité de ces évènements et les hypocrisies qu'ils ont impliqué, à commencer par le sort des harkis, traités aussi mal que les migrants de la "jungle" de Calais, ce sont après tout ces deux questions les deux faces de la même dérive.

  • Halloween de retour avec son cortège d'âneries

    Imprimer Pin it!

    Haloween.jpg

    Le Père Fouettard s'en prend à Halloween...

    Ci-contre des propositions de masques à faire peur pour la soirée de fête, (c'est qui celle en bas à droite ? Je n'ai pas réussi à l'identifier)...

    Dans quelques jours, Haloween (il n'y avait rien avant Noèl, un truc américain fera l'affaire se sont dit les VRP des grands groupes) est de retour avec son cortège d'âneries, à Paris mais finalement encore plus en province où  ce genre de stupidité grégaire prend mieux (note d'Amaury : il faut excuser le Père Fouettard, il est un peu aigri), les peigneculs se précipitent dans les rayons des supermarchés pour écouler des les stocks de cochoncetés innomables vendues en cette période par les commerçants de tout poil. On décore tout façon Haloween, il y a des coquetèles Haloween, des grandes veillées païennes ou pas (là on ne parle d'Haloween surtout si on est de gôche et que l'on veut rester dans le cultivé), culturelles ou non, pour un peu bientôt on refêtera les Saturnales voire les Bacchanales. Les animateurs pour djeuns trimballent les gamins, dociles d'une effrayante manière, grimés qui en morts vivants, qui en fantômes, de porte en porte ou de commerce en commerce pour réclamer des sucreries. Gare à celui qui refuse ! C'est un vieux con à qui l'on objecte : "Mais enfin c'est pour les jeûûnes". Surtout, il ne faut pas remettre en cause les diktats consommateurs, quand on leur dira d'acheter du crottin en branches pour avoir l'air dans la note, je me demande combien iront. Je viens quant à moi de faire l'expérience d'un semblant de ce qui est pour moi le purgatoire, à savoir une file d'attente dans un magasin de gros bled rural, perdu entre les gosses qui pleurnichent parce qu'ils n'ont pas le dernier masque de zombie qu'il faut, les mères et les pères qui racontent leur pauvre vie de mortes-vivantes au téléphone. Et j'ai une déception, dans tous les films d'horreur qui parlent d'Haloween il y a toujours un serial-killer qui traîne pour flinguer une dizaine de tinadjeurs décérébrés, là rien, macache bono, nib, zobi...

  • A wop bop a loop bop, alop bam boom

    Imprimer Pin it!

    « Rock Strips » (direction éditoriale : Vincent Brunner, bandes de Berbérian, Sattouf, Catel, Serge Clerc...etc

    rock+strips878.jpgJe me suis acheté ce recueil de BD collectif qui parle du rock car je trouve que les livres qui parle de cette musique sont par la bande des sortes de traités sociologiques qui en disent long sur notre époque, plus long que des pavés bien plus mal écrits et largement plus prétentieux. Tous les quadragénaires et quelques trentenaires, à moins qu'ils n'aient été sourds, aveugles ou bien très sages, ont tous dans les oreilles un peu de « Rolling Stones » (contrairement à ce que l'on dit, on peut être autant « Stones » que « Beatles », indépassables quant à l'originalité de leurs créations), voire des « Clash » (pour moi ce sera « Rock the Casbah »), un zeste d'Iggy Pop, des volutes de Janis Joplin (le segment sur elle est assez convenu : Oulala, Janis était drogué, et alcoolique, quel scoop !), et quelques fragments de David Bowie, peut-être même une ou deux chansons d'Elton John avant qu'il ne tourne DJ pour pompes funèbres et grandiloquentes, « Blondie » (la bande qui en parle oublie que c'était un groupe punk qui s'est mis à bien se fringuer par dérision, pour se moquer de l'engouement des bourgeois pour la révolte de pacotille de certains de leurs congénères) ou les « Pixies ». On est loin des chanteurs formatés, des groupes montés pour le fric, même quand il s'agit d'imposture on s'aperçoit combien l'époque a changé : ainsi quand le livre parle des « Sex pistols » et de l'arnaque de ce groupe pseudo-punk monté de toutes pièces, arnaque dada ou surréaliste car il en sortit quand même beaucoup de créativité.

    Parler de Rock est hyper-subjectif, il y en a qui s'arrêtent à Elvis, qui a tout piqué aux chanteurs de blues, il faut quand même le reconnaître, d'autres qui ne jurent que par la New Wave, l'électro et l'industriel, bon, et alors ? Cela montre la vivacité encore maintenant de cette musique que l'on croit agonisante. De plus, c'est la musique des rêves et des premières désillusions, en l'occurrence pour les quadragénaires quand ils se sont aperçus que leurs ancêtres « baby boomers » ne voulaient vraiment pas que le monde change après les sixties, étant maintenant arrivés à l'âge où ils songent surtout à ce que la génération suivante leur paye la retraite. On croise d'ailleurs beaucoup de rockeurs sexagénaires, et pas seulement à Gstaad, à queue de cheval grise sur calvitie, ou en bottes orthopédiques de motard bientôt sénile, qui râle sur la mollesse des jeunes et leur absence de révolte tout en serrant les fesses quand la crise menace leur magot à la banque. C'était toute l'ambiguïté du Rock, à la fois sincère et drôlement commercial quand même. C'était déjà une industrie à l'époque des « Stooges » et des New York Dolls. C'est comme ce livre il est vrai, très bien marqueté, ultra-cadré et référencé, mais on n'ira pas plus loin, on restera bien sage, on est loin d'Hunter Thompson ou Lester Bangs, ou Nik Cohn. En le lisant, j'ai pensé au livre d'Alain Dister sur les années 60, on reste sur les rails...

    Ci-dessous retour aux fondamentaux qui n'ont rien perdu de leur force...

  • La Genèse par Robert Crumb

    Imprimer Pin it!

    Crumb remonte aux sources de la Création

    autoportrait_Robert_Crumb-bed2c.jpgJ'ai toujours lu les comics de Crumb avec beaucoup de passion. Pourtant c'est un grand malade qui n'a jamais épargné au lecteur la moindre de ses névroses, obsessions ou compulsions. Il écrit depuis une quarantaine d'années son autobiographie, comme Harvey Pekar, à travers ses bandes dessinées et à mon sens il n'y a pas de meilleur guide des années 70. Depuis quelques années, il travaillait sur la Genèse, après avoir lancé la réédition de ses premiers albums chez Cornelius. Il a prétendu que c'était un travail rapide pour l'argent, mais y passe six ans. Les cul-bénits s'attendent à ce qu'il soit blasphématoire, il est au contraire extrêmement respectueux de la foi, les critiques de bon ton par contre l'auraient souhaité provocateur, ils font la fine bouche (« oui c'est pas mal mais bon, il est trop sage »). Ils en sont un peu pour leur argent les pauvres à part un excellent papier de la dessinatrice Catherine dans « Charlie Hebdo » (ce n'est pas qu'ils le lisent le livre d'ailleurs, les grands esprits, mais un ouvrage réputé provocateur bien en vue dans une bibliothèque permet de passer pour un esprit fin et cultivé). Crumb redonne en outre aux personnages de la Genèse ce qui leur manque le plus dans l'esprit des croyants ou pas, et ce à mon sens depuis le développement des communautés « nouvelles » catholiques ou protestantes : une incarnation, l'Incarnation du Christ est déjà présente en Adam comme le montre Crumb, et une force alors que la Bible semblait de plus en plus intellectualisée, éthérée, dématérialisée. Quand Jacob lutte avec l'Ange, ce n'est pas un échange poli de banalités débitées sur un ton monocorde ou d'une voix blanche. Il y va de la chair, de l'âme, des tripes de Jacob. Les prophètes sont entre Prospero et le roi Lear, On ressent des évènements le tragique et le dérisoire, ou la grandeur, la beauté, la proximité de Dieu. C'est tout l'esprit des peintures religieuses flamandes que l'on y retrouve, ce mélange de trivial et de mysticisme qui élève tant l'esprit sans le couper du corps. Il y a quelques années déjà, Simon Bisley, dessinateur moins connu, mais tout aussi turbulent, a peint une « Passion » étonnante. Quand on vous dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes...

    090808084054990576.jpg

  • Un pur moment de connivence – Isabelle Balkany et Michel Boujenah

    Imprimer Pin it!

    Le Père Fouettard a regardé "On n'est pas couché", il n'aurait pas dû...

    m:1252179170Je ne regarde jamais « On n'est pas couché » d'habitude, c'est trop tard pour moi qui suis devenu une sorte de bonnet de nuit bien obligé de se coucher tôt même le week-end, excepté hier soir au début des vacances. Je tombe sur Isabelle Balkany, épouse de celui dont certains malfaisants, c'est sûr, nous disent que c'est le parrain des Hauts de Seine, les gens sont tellement mauvaises langues, quand on pense qu'ils ont tous les deux retrouvé leurs charges, c'est sûr, ils sont innocents, à moins que les électeurs de Levallois n'aient pas compris grand-chose. La ville est en coupe réglée, et en plus Isabelle Balkany se permet de venir donner des leçons de morale quant aux adversaires de Jean Sarkozy, des jaloux selon elle (entre parenthèses le fait que ce petit jouvenceau se choisisse Ma Barker en plus BCBG comme marraine veut tout dire, ce n'est pas la moitié d'un con). Comme on dit de toutes façons certaines grandes consciences de gôche, contester la pureté des intentions du prince héritier c'est être ou poujadiste ou pire, lepéniste...

    Zemmour lui répond assez correctement, Naulleau y va encore plus franco, et Thomas Dutronc lui oppose un point de vue excellent de pertinence, lui étant pourtant un « fils de » (que la grâce du tout puissant soient sur eux trois). Bon , quand Isabelle Balakany apparaissait à l'image j'avais comme des remontées acides, des envies de vomir, et voilà que Boujenah qui n'avait rien dit jusque là intervient pour défendre Isabelle, pauvre dame en détresse, celle-ci nous apprend qu'un des parents de Michel était son « oncle de coeur », sourire attendri de Michou et de la bonne dame, pendant deux secondes c'est la nurserie, et pur moment de connivence révélateur pour ceux qui n'étaient pas encore au parfum. Nous ne dirons pas comme les mauvaises langues (ouh, ouh), la honte du très haut soit sur eux, qu'Isabelle est pourrie jusqu'à la moelle, à l'instar de Desproges parlant de Michel Droit, nous dirons que c'est un sapin de Noèl. Tout comme Patrick Balkany qui lui est un sapin de Noèl de compétition, avec les boules ad-hoc.

    Je pense qu'il faut absolument regarder le documentaire ci-dessous, il dit tout de l'état actuel de la République, car Balkany est revenu, et a un rôle de tout premier plan auprès de Sarkozy, et Pierre Carles est mort.

  • Je me souviens de Lou Reed

    Imprimer Pin it!

    Pour oublier la dureté de l'époque rien de tel que d'écouter ce genre de morceau, une petite promenade dans les marges, "on the wild side"...

  • La démocratie c'est pas pour les chiens ou Péché de poujadisme

    Imprimer Pin it!

    ab870395fc2e5a08ae0100029dccf2a0-grande.jpgJe suis surpris, mais au fond pas tant que ça, des réactions de beaux esprits se prétendant qui « de gôche », qui politiquement incorrects, qui encore révolutionnaires (si ils ne se retenaient, ce serait le Grand soir cet après-midi mais là ils ne peuvent pas ils ont piscine), face aux divers scandales qui ont éclaté l'un après l'autre sous nos cieux parfois plus cléments depuis trois semaines. Le népotisme, dans le cas de Jean Sarkozy, était évident, de qui se moquait-on ? Le cas Roman Polanski, quelle que soit la valeur de ses oeuvres, n'entraînait pas tant de discussions, en plus il réveille chez la victime des souvenirs qu'elle aurait voulu enfouir. Sans oublier Frédéric Mitterrand, qui nous prend visiblement pour des cons en parlant de boxeurs. (Et j'ai parcouru son livre). Pour les beaux esprits soit-disants libres, les critiques contre un pouvoir qui manifestement s'est coupé du peuple, l'indignation populaire, sont comparables au poujadisme, voire pire, à Le Pen et ses électeurs, l'épouvantail utile de ses vingt-cinq dernières années.

    Quand on ne veut pas discuter avec un interlocuteur, on le traite de « lepéniste ». C'est tellement plus simple, et surtout on ne veut pas chercher à comprendre pourquoi il engrange des votes. On nous refait le coup également du retour à l'Ordre Moral, du retour des z-heures les plus sombres-euh de notre histoire de manière totalement irresponsable. Et Jean Sarkozy, comme les copains de son pôpa, lui-même suggère que si on ne veut pas qu'il soit président de l'EPAD c'est au fond de l'antisémitisme. On s'en amuserait presque de cette hypocrisie sans fond et sans fin, de cette langue de bois qui ne cache en fait qu'une chose, habituelle, les bourgeois, qui sont au pouvoir depuis déjà près de deux siècles, veulent continuer à jouir de leur fric, de leurs privilèges et de leur mode de vie, se muscler le périné ou les abdos, se payer un gourou à la con qui consulte en couples, et ceci sans avoir à s'en justifier, fûssent-ils progressistes ou réactionnaires. Pendant ce temps là, on ne parle surtout pas de la précarité, du déni de démocratie du deuxième référendum irlandais (là on nous a remis un couvert sur le thème de l'Europe bloquée si ils avaient voté « non »).

  • Les cinquante ans de la "Dolce Vita"

    Imprimer Pin it!

    Fellini, il y a bien longtemps…

    0000-5973-4~Federico-Fellini-Roma-Posters.jpgFellini, c’est comme beaucoup d’autres artistes, acteurs ou créateurs, beaucoup ont de lui une image faussée, la « Dolce Vita », c'est pour eux seulement le glamour toc, les pipôles menant la grande vie, belles voitures décapotables de grande marque, belles femmes, de l’argent par les fenêtres, de l’hédonisme hyper-matérialiste, et seulement ça. Aucun ne voit la critique de la vacuité de ce demi-monde des « pipôles » justement, l’imbécillité de leurs aspirations, être célèbre pour être célèbre, sans avoir forcément de talent particulier, pour le fric et l’ostentation, tout ce que n’est pas Fellini. Celui-ci, qui était un grand raconteur d’histoires, inventait beaucoup d’anecdotes, quand il était interrogé par les journalistes, par pudeur, pour ne pas avoir à étaler sa vie privée au vu et au su de tout le monde ce qui est à notre époque la grande mode, en ajoutant plusieurs couches de pseudo-affectivité pleurnicharde et envahissante. Fellini s’en moquait déjà dans « la Dolce Vita » mais aussi dans « Il Bidone » et dans « le Sheikh blanc ». Dans « Fellini Roma » il y a une scène qui résume bien ce qu’est pour lui le cinéma, partager son amour des gens, malgré leurs défauts, et de la vie, malgré la grisaille du monde, et la bêtise : il va voir Anne Magnani avec sa caméra, et une petite équipe de tournage, il veut lui parler de Rosselini encore un peu, de Rome, de l’Italie et aussi de sa vie, lasse, les yeux cernés, elle lui dit gentiment : « Vai a dormire Federico », comme à un enfant curieux, un peu trop, qui ne comprendrait pas que le monde des adultes est déjà une sorte de purgatoire, que ce n’est pas drôle, que ça ne sert à rien d’en parler autant. Et le cauchemar de Fellini c’est maintenant, en ce moment, en nos temps de présent perpétuel morne et consumériste, la vulgarité, l’ignorance crasse et la sottise grégaire ont rarement été aussi puissantes. 

  • Comment parler avec tact à un SDF

    Imprimer Pin it!

    lecanardenchainen449520pu0.jpgDans un hebdo de chrétiens de gauche, qui si ils ne se retenaient pas rogneraient sur l'argent de l'achat du Break familial dernier modèle ou des vacances à Pornichet, bref le modèle catho sirupeux, on ne parle ici pas de "Télérama" mais de "Péle...tût, censuré" (zut je l'ai dit un peu), on nous donne des conseils de savoir-vivre doucereux pour parler à un mendiant, pardon un SDF, avec politesse et savoir-vivre. Il arrive que les braves personnes qui pondent ce genre de papier soient d'une grande crédulité ou d'une grande bêtise, mais je trouve que celui-là bat tous les records dans le mielleux gluant. Il faut demander son nom au mendiant, je préconiserai quant à moi d'exiger qu'il présente ses papiers avant de lui faire un don, pour, je cite "entrer en communication avec lui", des fois qu'il ne serait pas tout à fait humain, ou d'une autre espèce. Ensuite, il faut l'inviter à "parler de sa situation", comme si il ne la connaissait pas, et comme si il n'avait pas envie à tout prix de l'oublier en se payant un coup à boire avec l'argent qu'il retire de "la manche". Si il manifeste justement son besoin de jus de raisin fermenté, ou de malt brassé, il faut lui expliquer combien c'est dangereux pour sa santé, de même s'il veut en griller une, une clope je précise. Je me demande, pourquoi ne pas lui suggérer de bien manger "cinq fruits et légumes" dans sa journée, bien sûr ne pas oublier de lui demander pour qui il vote (si le vote n'est pas correct, c'est de sa faute s'il est dans la mouise en gros). Il faut dire que ça ne me dérange pas qu'un SDF boive l'argent qu'il reçoit des paroissiens, ça lui fait du bien en attendant un très hypothétique "Grand soir" ou une très hypothétique "moralisation" (rires) de la Bourse (oh, oh, oh). On me dira, la France n'a pas le monopole des crétins sucrés, ou des démagogues qui n'aime pas les pauvres qui ne sont pas assez glamour, voir ici une interview d'Eric Stauffer, un suisse qui n'est pas la moitié d'un con.

  • Orange avant les suicides...

    Imprimer Pin it!

    Orange avant les suicides…

    …ou « Les précaires escamotés »

    france_telecom_1481468c.jpgBien sûr, j’ai beaucoup de compassion pour les suicidés d’Orange, et de toutes les entreprises qu’on oublie de citer dans lesquels des salariés mettent fin à leurs jours mais on omet quand même des éléments importants de réflexion. Dans tous les établissements privatisés, on a commencé par virer les salariés précaires, ainsi à Orange, ou comme on commence à le voir à la Poste, voire dans l’Éducation Nationale. Ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, beaucoup de statutaires et de titulaires n’ont pas été vigilants sur les changements d’orientation de leur travail, persuadés qu’ils étaient que le départ des salariés vacataires, des stagiaires sous-payés, allaient dégager des moyens pour augmenter leurs salaires, certains étant sûrs que cela allait multiplier les heures supplémentaires, ne comprenant pas qu’ils allaient faire aussi, en plus, le travail des soutiers de l’économie que sont les « précaires ». Ils ne se sont donc pas inquiétés du sort des salariés économiquement fragiles, endormis par de belles promesses et ne se sont pas inquiétés une seconde de méthodes de management uniquement quantitatives. Le réveil fut ensuite rapide et des plus brutal, on ne peut que le déplorer mais peut-être eût-il fallu se soucier plus tôt des personnels précaires et d'une privatisation inutile ? On aurait évité cette vague de suicides. C'est bel et bien beau de faire dans le compassionnel mais il aurait mieux valu prévenir que guérir.

  • Le niveau olympique de David Douillet en politique

    Imprimer Pin it!

    douillet-montagne-bertrand-ok.jpg" Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît " comme disait Fernand qui n’aurait jamais dû quitter Montauban (On n’devrait jamais quitter Montauban). David lui, n’est peut-être jamais allé à Montauban, (on s’en fout), mais il semble apporter des preuves à l’affirmation ci-dessus car lui il ose tout, il fonce, il ventile, il expulse sans problèmes ; ceux qui critiquent Jean Sarkozy, des jaloux, des pleutres, ceux qui disent qu’il est élu sur un programme populiste et démago, des menteurs, des traîtres à la République, oui monsieur. Quant à ceux qui soutiennent que c’est grâce à sa notoriété qu’il a été élu, des jaloux aussi vous dis-je, des hypocrites, des va-nu-pieds sans foi ni loi. S’il y en a encore une qui proteste, de toutes façons, on peut croire que David lui collerait un bourre-pif de première, un bon kata (nerveux). C’est comme ça les mecs de 1 mètre 85 et plus d’un quintal, les petits gars ont tendance à s’écraser et à montrer qu’ils sont d’accord. C’est un grand champion de judo incontestable, ça c’est sûr, tout le monde s’en souvient, et tout le monde a peu la trouille derechef. Si on est un peu patraque, un peu mal, il faut écouter David, ça remet d’équerre tout de suite tellement ça fait bouillir l’adrénaline.

  • Ballard, ses nouvelles de 1963 à 1970

    Imprimer Pin it!

    author-jg-ballard-dies-ag-001.1240208464.jpgLe deuxième tome des nouvelles de Ballard : gentleman en période d’Apocalypse (1963-1970) – Tristram éditions

    « Le consumérisme n'a plus beaucoup le choix, il essaie de muter. Il a tâté du fascisme, mais ce n'est pas assez primitif. Il ne lui reste que la folie pure et simple… ».

    Il est des livres dont on se dit qu’on les a toujours aimé, un peu comme les femmes dont on tombe amoureux, elles ont toujours fait partie de notre vie. Ballard décrit notre société, s’en moque, lui trouve des parts d’ombre mais aussi de poésie. Les nouvelles qu’il écrit pendant cette période ne sont même plus exactement de la Science-Fiction, encore moins ce que l’on appelait la « New Thing » mais cela n’a pas d’importance, Ballard reste dans le champ du genre car il lui donne un éventail infinie de possibilités, le champ de possibles est partout, ici, maintenant, ailleurs, plus tard, plus tôt, dans d’autres univers. Peu importe que l’anticipation technique ne soit pas pertinente, un peu comme dans les histoires de Philip K. Dick qui fait fonctionner ses androïdes avec des bandes magnétiques, Ballard lui utilise des bandes perforées pour ses ordinateurs, ce qui est sans doute moins performant qu’une clé USB mais plus poétique.

    Il est possible que la fin du monde, la révélation finale, n’intervienne que lorsque nous serons enfin parvenus à l’Age d’or, peut-être a-t-elle déjà eu lieu au moins dans les cœurs et les esprits ainsi que semble le suggérer le gentleman discret et lucide qu’était cet auteur. Pour les esprits éclairés, les derniers temps, c’était déjà il y a deux-mille ans. Pour certains poètes, nous sommes seulement le rêve d’un dieu endormi. Il règne actuellement un tel esprit grégaire, un tel esprit de fourmilière, une telle absence de liberté quand on y réfléchit un tout petit peu. La science-fiction de cet auteur est devenue alors par nécessité de plus en plus intériorisée. Elle se libère des codes habituels et des schémas de narration privilégiant le spectaculaire, le style devient important. La catastrophe, chez Ballard, se perçoit de manière très légère au départ. Ce n'est que peu à peu qu'elle se découvre. Seuls les personnages possédant un minimum de lucidité la préviendront mais il est toujours trop tard. Ce recueil comporte des nouvelles qui font partie de la période déjà sombre de l'auteur avant qu'il ne se lance dans l'anticipation sociale avec "Crash!" qui se trouve déjà en filigranes dans une ou deux nouvelles tout comme « la Foire aux atrocités ». On retrouve chez lui toute l’excentricité qui sous-tend la Science-Fiction anglaise et ce refus tranquille des convenances, le même questionnement sur la fin du monde, le refus de tous les totalitarismes, sujets qui courent de « Doctor Who » à Georges Orwell.  

  • "Gossip" pour la colère

    Imprimer Pin it!

    C'est "Gossip" et la voix de Beth Ditto, qui a un physique qui n'est pas vraiment conforme, qui exprime le mieux pour moi la colère que l'on pourrait ressentir face à la docilité de ce monde de consommateurs immatures et infantiles, conditionnés à toujours désirer plus (déjà aujourd'hui, un monde fou à se presser dans les rayons des hyper-super-marchés, c'est bientôt Halloween, quoi ?).

  • Une société de pédophiles

    Imprimer Pin it!

    La société pédophile

    robe-retro.jpgFinalement, c’est toute la société qui devient pédophile, se nourrissant d’une imagerie se voulant jeune ou proche des jeunes, imagerie totalement frelatée il est vrai. Le physique des mannequins, présenté comme indépassable, est celui d’adolescentes à peine pubères et généralement anorexiques (et qui font la gueule). Foin d’hypocrisie, je préfère sur le sujet la franchise virant presque au cynisme de Lagerfeld que la « faux-culterie » des magazines allemands qui ont fait parler d’eux il y a peu en faisant poser des femmes présentées comme communes, ce qui est agréable pour elles d’ailleurs. La sexualité et l’amour en général se doivent d’être vécues comme si l’homme était toujours un adolescent incapable de maîtriser ses pulsions, et de se responsabiliser, et la femme une midinette de treize ans, confondant ses lubies amoureuses et ses envies de coucheries. On lui présente des aventures d’un soir comme étant aussi anodines qu’avaler un macaron, pendant que les hommes pensent que multiplier les aventures leur assure une réputation de performance. Personne ne songeant un seul instant à mûrir, prendre conscience de ses erreurs ou de ses errements.

    Politiquement, toute la société raisonne de manière binaire : celui qui ne pense pas tout à fait comme moi est mon ennemi, partageant à gauche et à droite un humanitarisme léger et très vague, gentillet et mièvre qui sert de paravent à la seule motivation réelle des uns et des autres, à savoir consommer sans limites aussi bien les choses que les êtres. De temps en temps, on se laisse aller à une sorte d’émotivité hystérique, d’affectivité sans affection ni cœur, on est là pour donner l’impression de s’aimer alors qu’on cherche surtout à se mettre en valeur et montrer comme on est si bon, l’apparence seule étant importante. Le corps est réduit à une machine, il doit absolument correspondre à l’image que l’on s’en fait, souvent idéalisé, certaines femmes, et de plus en plus d’hommes, se martyrisent afin de retrouver de manière totalement contre-naturelle un physique perdu depuis leurs douze ans, On doit prendre soin de son corps comme d’une machine évitant soigneusement tout ce qui aurait un rapport quelconque avec l’esprit, l’âme ou l’intellect, sauf en ce qui concerne une forme aiguë de pensée positive à tout crin qui devient la norme, il arrive de plus en plus que les fois religieuses et les idéologies soient confondues avec cette « positive thought » aussi creuse et sotte qu’un slogan pour eau minérale.

    La société base ses pseudo-aspirations qui sont autant d’alibis pour un désir sans fond sur des concepts infantiles et non enfantins, et ce sont tout les adultes qui sont autant de gamins et gamines sans cervelle malléables par les médias et l’industrie du divertissement, et donc par là-même taillables et corvéables à merci. On s'étonne que ces adultes se scandalisent des actes d'un Frédéric Mitterrand ou d'un Roman Polanski car finalement ce qu'on leur reproche est anodin pour l'a-moralité sous-tendant le système libéral-libertaire actuel.

  • Les fantômes du petit matin

    Imprimer Pin it!

    les+invisibles.jpgLe matin très tôt, dans la ville encore engourdie par le sommeil, selon le cliché littéraire habituel, on peut croiser les fantômes du petit matin, des êtres au regard perdu, qui ne savent plus vraiment ni où ils sont ni qui ils sont. Ils n’ont plus de chez eux parfois, seulement le banc du bus, pour déposer les sacs où ils ont toutes leurs richesses, des babioles hétéroclites qui sont toute leur vie. Quand quelqu’un qui a un métier ou un chez lui bien à lui, une famille, des amis, un travail arrive, ils cèdent la place, puis ensuite récupère leur petit morceau de territoire. Ils errent entre les arrêts de cars, demandant des horaires en sachant très bien qu’ils ne vont nulle part, on les écoute, comme ce quinquagénaire qui n’a plus ses dents, qui parle du temps où il était à la chaîne quelque part (« maintenant, c’est en Roumanie »), on les rabroue aussi, comme de vieux animaux parias, tels ces chats errants que l’on voit dans toutes les grandes villes. Ils ne sont pas délicats entre eux, ils s’engueulent souvent sous la lumière sans tendresse des réverbères, quand il y a eu trop de mauvais vin, ou pas assez. Il y en a un qui fouille dans les poubelles pour survivre avec les restes de ceux qui peuvent encore manger à leur faim, il y a celle qui est arc-boutée à son baladeur-CD, elle écoute Michelle Torr parce que « elle est belle Michelle », elle pleure quand c’est une chanson d’amour que pourtant elle connaît par cœur. Ils font la manche pour un café, ou un clope, et aussi un ballon de rouge. Et quand ils sont en veine, ou en fonds, ils se paient un loto ou une grille de « rapido », rêvant qu’un miracle les sauve de la misère. Le patron du café les connaît, il n’en veut plus après 8 heures quand les personnes dites normales arrivent, les fantômes font moche dans le tableau, c’est pas vendeur, ainsi cette vieille avec son clébard au pelage blanc jaunâtre et son cabas aux carreaux bleus et roses en plastique sale. Elle en profite pour emmagasiner un peu de chaleur. Elle ressort une fois qu’elle a validé ses numéros fétiches à la caisse, elle ne gagne jamais, demain peut-être ?

    La plupart des défenseurs de Polanski, ou de Mitterrand, des accusateurs aussi soyons honnêtes, ceux qui crient au retour de l’Ordre Moral, des « heures les plus sombres de notre histoire », ceux qui se posent en croisés, n’en parlent que très rarement de ces fantômes bien plus représentatifs encore de la perversion de la société, de son iniquité profonde. Ces « invisibles », de temps en temps, on pleurniche dessus, on verse une petite larme quand il commence à faire froid, quand il gèle le matin, quand il y en a un qui meurt de froid. Et puis on oublie, on se referme dans sa coquille. Ils ne sont pas assez glamour, pas assez « pipôle », on prendrait un risque à les défendre vraiment car ça remettrait en question les privilèges de ceux qui n’ont jamais eu à se battre pour simplement vivre. Et puis on n'aimerait pas trop se sentir coupables, il ne faut surtout pas chercher à en parler, on parle alors de "culpabilisation" et ça le bourgeois libéral-libertaire déteste.

  • S'appeler Goscinny...

    Imprimer Pin it!

    S’appeler Goscinny… - à propos de Goscinny : « Faire rire, quel métier ! » de Aymar Du Chatenet et Caroline Guillot

    goscinny_uderzo_foto1967.jpgCe qui rend ce livre intéressant, qui décrit tout le parcours de Goscinny et ses personnages principaux, c’est qu’il ne sombre jamais dans l’esprit de sérieux. J’ai toujours beaucoup aimé les Bandes dessinées de René Goscinny, et Uderzo, Morris, Franquin pour qui il fait « Modeste et Ponpon », Greg, c’est lui qui a l’idée d’Achille Talon, Gotlib avec qui il met en œuvre les « Dingodossiers » ou enfin Cabu et son « grand Duduche », et d’autres moins connus. Goscinny aimait bien faire rire, il disait pour tourner en dérision l’analyse psychanalytique au premier degré que c’était parce qu’il avait « besoin d’amour, de beaucoup d’amour », mais c’était vrai, c’était donc encore un peu plus marqué au coin par la dérision et la causticité. Il idéalise son enfance dans « le Petit Nicolas », qui est dés sa création en dehors de toute réalité, et prend comme héros des petits bonshommes courageux et intelligents, souvent très peu respectueux des puissants, eux la plupart du temps, grands et cons, d’une sottise abyssale ou ne songeant qu’à manger, tel Averell, parfois surprenant, quand il est le seul à être guéri par le psy fou de « la Guérison des Daltons » ce qui causera la perte de ses frères et la sienne à la fin de l’album où tout rentre dans l’ordre, ou Obélix qui lui est dans le camp des gentils. Parfois, ce sont les méchants les héros, ainsi Iznogoud, qui devient pathétique à force d’acharnement à devenir calife à la place du calife, aveuglé par son ambition, aussi imbécile qu’Averell ou Joe Dalton, qui prend de l’importance avec ses frères progressivement dans « Lucky Luke », William et Jack étant surtout le chœur antique, les quatre frères étant accompagnés souvent de Ran-Tan-Plan, le chien le plus débile de l’Ouest, mort de soif à côté d’une rivière, mourrant de faim dans une région où le gibier abonde, Iznogoud ne voit pas qu’il est déjà au pinacle du pouvoir dans les faits, Haroun El Poussah étant une sorte de grosse amibe ne pensant qu’à dormir et lui aussi à la nourriture. Seul Dilat Larath son homme de main reste lucide. On discerne également derrière les calembours ignobles mais tellement savoureux, les pétarades des méchants grotesques, un mal-être, quelque chose de brisé, une angoisse profonde que Goscinny soigne par le travail. Comme tous les grands sensibles, il se cache dans la caricature et l’observation du monde car excessivement vulnérable, et en premier lieu à la connerie toute-puissante en ce bas-monde comme il s’en aperçoit après Mai 68 et les revendications ingrates au partage du pouvoir par des dessinateurs à qui il avait été pourtant le seul à donner leur chance au départ, Sans parler des grands esprits tolérants et ouverts du « Charlie Hebdo » de l’époque qui interdisaient à Gébé et Cabu de dessiner dans « Pilote ». Et le village d’Astérix c’est un peu le « shetl » dans lequel habitait ses ancêtres. Il a écrit deux scénarios pour Pierre Tchernia, « Le Viager » et « les Gaspards », utopie écologiste et bonne vivante, elle, à Paris, et on sent sa patte dans « la Gueule de l’Autre ».

  • "Au suivant de ses messieurs"...

    Imprimer Pin it!

    Ce film n'est pas si mal, c'est un vaudeville au goût du jour, mais en fin de bobine, ça devient très lourd, voire grotesque...

    film-carla-bruni_thumb[4]_htm.jpg

  • « Boyzone » et l’antisémitisme

    Imprimer Pin it!

    Un article de Jean-Louis Essefii, ancien chroniqueur pour « Cosmopolitan » et « Marianne » ainsi que "Science et Vie junior" entre autres

    00151070_lg.jpg« Stephen Gately, membre du boys band « Boyzone » a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel de Majorque. Aussitôt des journalistes de l’empire du Bien, qui prônent le retour à l’Ordre Moral ont suggéré fielleusement que c’était du fait de l’absorption massive d’alcools et de drogues, chacun étant pourtant parfaitement au courant qu’à travers ses textes engagés, Stephen mettait en avant une vision saine et progressiste du monde actuel. En payant des gigolos ou des gitons, Stephen ne fait que remettre d’équerre l’équité qui devrait toujours avoir cours dans notre monde. Son analyse économique était particulièrement pertinente d’ailleurs dans « All the time in the world » ou « Believe in me ». Dans « While The World Is Going Crazy », le groupe se montrait particulièrement attentif aux préoccupations écologiques de son public. On pense aussi qu’à travers des paroles faussement anodines, Stephen se souciait de l’antisémitisme grandissant des croisés de l’Ordre Moral de retour, certains étant crypto-pétainistes comme l’auteur de ce blogue qui est également un crypto-catholique traditionaliste réactionnaire et vichyste qui se cache sous des dehors aimables de gauchiste à la petite semaine. Il est sauvé par le fait qu’il a conscience de ses gros handicaps et qu’il veut s’amender, enfin du moins c’est l’impression qu’il me donne depuis qu’il m’a recruté pour écrire sur son site. Les mêmes croisés de l’Ordre Moral ont cru ensuite voir dans « Boyzone » de la pédophilie alors qu’il n’en était rien, le groupe voulait simplement souligner l’homophobie latente de notre société. Comme Stephen Gately vivait encore chez sa mère à 33 ans, d’autres ont cru qu’il était juif, et ont pensé voir là l’origine de ses dérives alcooliques et sexuelles. On le voit bien quand même par cet exemple que l’antisémitisme est encore présent dans notre société, que ces attaques contre le leader de « Boyzone » rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, ce n’est pas irresponsable d’invoquer la « Bête Immonde » à tout bout de champ, monsieur Vatremèze, il faut en parler tout le temps et à n’importe quelle occasion, c’est la seule manière de détruire la judéophobie en France. Je pense qu’il faudrait que tous les hommes et les femmes de bonne volonté devraient faire entendre leur voix pour défendre la mémoire de Stephen Gately ».

  • Le Père Fouettard demande de signer la pétition pour que Jean Sarkozy renonce à son poste de président de l'EPAD

    Imprimer Pin it!

    Jean+Sarkozy+sur+son+scooter.jpgFaîtes ce plaisir au Père Fouettard, sinon, il sera vraiment totalement pénible. Moi ce que je dis, c'est pour lui. Il croit que nous ne sommes pas dans une  République bananière et pense que l'ascenseur social fonctionne encore si on l'aide un peu, le naïf...

    Le Père Fouettard :

    "De qui se moque-t-on ? Ou plutôt de qui on se fout ? On demande au citoyen de "travailler plus pour gagner plus", on rogne sur son niveau de vie, on irait à le mettre en prison pour surdendettement, et nos dirigeants auraient le droit de se comporter en potentats alors qu'ils sont élus par les citoyens justement ? Les français sont des veaux, mais jusqu'à un certain point, nos ancêtres seraient déjà dans la rue."

    Signez par là

  • Benoît Hamon a du courage selon le Père Fouettard

    Imprimer Pin it!

    medium_benoithamon2.jpgLe Père Fouettard a toujours autant le goût de la provoc quitte lui aussi à passer pour un méchant, mais il s'en fiche, il est méchant, comme une teigne.

    Je trouve que Benoît Hamon a du courage. Quitte à passer pour un facho, un sale type, un affreux poujadiste, il a dit la vérité concernant l'affaire Mitterrand (je veux parler DU Mitterrand, pas Albert Mitterrand ou Roger Mitterrand, non, LE Mitterrand), qui nous prend pour des cons, un type qui pratique le tourisme sexuel doit démissionner de son poste de ministre de la culture. Il est des explications qui ne convainquent que très médiocrement. Quand on parle de leurs petites affaires, que l'on met en lumière leurs errements, leurs petites mesquineries de bourgeois égoïstes, de libéraux-libertaires sans cervelle mais avec du pognon, on est un poujado, accusation passe-partout, un peu comme le plouc inculte qui traite de bobo ou d'intello quelqu'un qui a un peu plus de culture que lui ce qui l'emmerde dans ce ce qui reste de son cortex.

    Un type qui profite de son statut et de son nom pour passer outre les décisions de la justice française doit quitter son boulot, partir de sa chaise haute. Tout le millieu politique est bien embarassé sur la question, chacun traînant une ou deux casseroles embarassantes. Car cette affaire montre aussi que la plupart des politiques n'en ont rien à foutre au bout du compte de l'intérêt du pays, du bien commun, ils pensent surtout à se tailler une part monumentale du gâteau qu'est le pays, y compris d'ailleurs Marine ou les incorruptibles en peau de lapin de gôche comme de droâte (voir un certain Jean S. bombardé président de l'E.P.A.D de la Défense alors qu'il n'a pas son DEUG). A ce propos, j'ai apprécié à sa juste "valeur" la déclaration de Madame Boutin sur le sujet. Quant à Frédéric Mitterrand, il aurait dû faire critique littéraire anodin comme sa demie-cousine, celle qui a un nom de bibliothèque, c'est plus tranquille, on ne risque pas de remuer la boue dans ce genre de boulot, tout le monde s'en foutant alors. Il devrait se contenter d'inaugurer des maternelles "Marcel Amont" chez les ploucs, (non, pas des maternelles...).

    Benoît Hamon n'a fait que dire ce qui est, lui, semble croire en ses idéaux et vouloir rendre service à la communauté nationale, ç existe encore ce genre d'homme politique ? Tout n'est pas foutu ?

  • Polanski et l'anti-sémitisme

    Imprimer Pin it!

    18898185-2-2-3735f.jpgJe viens de lire quelques articles qui m'interpellent quelque part comme dirait l'autre, et qui me font et frémir et réfléchir. Pour beaucoup, à la suite de Finkielkraut, s'attaquer à Polanski pour ce qu'il a fait serait un prétexte, on le ferait par antisémitisme. Le problème c'est qu'après avoir dit ça on ne peut plus discuter en somme. Et c'est dangereux. Si le cinéaste est victime, y compris de lui-même, la victime de l'acte commis l'est aussi. J'ai de la pitié pour lui, mais eût-il appartenu à un milieu plus banal, eût-il été encore juif, on n'en aurait pas parlé, il n'aurait eu aucune grandes consciences estampillées pour le défendre. Et c'est épouvantablement imprudent d'invoquer la bête immonde à tout bout de champ et pour n'importe quoi, elle va finir par se réveiller, elle l'est déjà même si ce n'est plus exactement la même, aujourd'hui qui est réellement choqué par l'eugénisme social ? Ou le fait concret, tangible que l'être humain soit devenu une marchandise ? Une machine qui se doit d'être performante ? Avec un capital pour tout ce qui n'est pas quantifiable une seconde.

    Le cinéaste serait en quelque sorte une sorte de juif errant, bouc-émissaire de toutes les saloperies engendrées par cette société, comme l'aubergiste du « Bal des vampires » qui n'a même pas le droit de « dormir » avec les autres vampires, ce n'est pas faux du tout bien sûr, on préfère largement balancer sur un djet setteur, qui a commis un acte impardonnable comme beaucoup dans cette période pas si enchantée, et ne pas voir les dérives iniques de ce monde hyper-libéral, ou le défendre indûment comme Henry Chapier pour ne pas avoir à en parler également. Ce sont les deux faces de la même comédie grotesque et tragique. Oui, l'âme de Polanski est certainement déjà morte après le ghetto de Cracovie dont il fût un des rares survivants, après une autre saloperie effroyable, l'assassinat de sa femme, qui montre bien que les pseudo-utopies des années 60 étaient des mensonges hypocrites, une belle blague, il s'enfonça certainement un peu plus vers l'abîme. Il est comme son personnage dans "le Bal..." à la fois fasciné et terrifié par les créatures qu'il combat, qui se posent tous comme "la race supérieure des vampires", et vainc un temps avant de succomber aux mêmes maux ou délices infernaux, tellement attirants. Ou alors finira-til par se jeter par la fenêtre comme à la fin du "Locataire" habillée et grimée comme sa victime ?

    5953-1.jpgEt finalement, on comprend aussi que cette affaire Polanski ça arrange bien la ré-élection du procureur de Los Angeles dont les électeurs doivent ressembler aux couples bourgeois sataniques de « Rosemary's baby », il y a aussi de l'électoralisme, le sang et le cul sordide à la une ça paye. Et Oui, les bonnes âmes veulent du moral et du garantie sans malsain, veulent une tête à couper, et détournent le regard devant la pauvreté ou les enfants violentés dans la maison d'â-côté, indifférents et contents de l'être. Je suis toujours surpris voire effaré quand j'entends les voisins dans ce genre de crimes prétendre toujours qu'ils « n'entendaient rien », « ne voyaient rien » car c'est manifestement faux.

    Cela n'enlève rien non plus à l'acte commis, évidemment.

    Et cela pourrait amener à désespérer de l'esprit humain marqué au fer rouge par le mal et la sottise omniprésente...

  • Flaubert parle de notre monde

    Imprimer Pin it!

    flaubert.jpgAu risque de me faire traiter (mais est-ce une insulte ?) de petit bourgeois flaubertien, je met ce texte en ligne, car il dit tout. Merci à Bérénice.

    "Comme ça se fout de nous la nature! et quelle balle impassible ont les arbres, l’herbe et les flots! Quel boucan l’industrie cause dans le monde! Comme la machine est une chose tapageuse! A propos de l’industrie, as-tu réfléchi quelquefois à la quantité de professions bêtes qu’elle engendre et à la masse de stupidités qui, à la longue, doit en provenir? Ce serait une effrayante statistique à faire! Qu’attendre d’une population comme celle de Manchester qui passe sa vie à faire des épingles? Et la confection d’une épingle exige cinq à six spécialités différentes! Le travail se subdivisant, il se fait donc, à côté des machines, quantité d’hommes-machines. Quelle fonction que celle de placeur de chemin de fer! de metteur en bande dans une imprimerie! etc., etc.

    Oui, l’humanité tourne au bête…

    Les rêveurs du Moyen Age étaient d’autres hommes que les actifs des temps modernes."
    Flaubert/lettre à Louise Colet – 14 août 1853

  • La recette d’un prix nobel de la Paix en 2009

    Imprimer Pin it!

    obama-100-days-web.jpgC’est Obama qui la casse encore, la baraque (ah, ah, ah, suis-je spirituel) en récoltant le prix Nobel de la Paix à défaut des J.O. à Chicago. Si je comprend bien, donc, pour avoir le prix nobel de la Paix, il faut aller faire la guerre en Afghanistan, l’intensifier au risque d’un troisième Vietnam ou d’un deuxième Irak. Il est bien gentil, le grand gars beau gosse, mais là on exagère un peu, ce n’est pas Gandhi ni même Martin Luther King. Ce n’est même pas Dennis Haybert dans « 24 », encore moins Morgan Freeman dans « Deep Impact » bien que ce soit la raison pour laquelle il a été élu, servir d’alibi et de bonne conscience contre la culpabilité des riches qui veulent oublier qu’ils bouffent trop et consomment sans réfléchir ni se soucier des ressources limitées de la planète (les écolos rien que des menteurs). On ne veut rien entendre, on glose sur la personnalité des écolo-pipôles mais si une bonne question est posée, même par un nul, elle reste une bonne question, non ? Ou alors les réfugiés climatiques sont tous des menteurs ? Excepté des grandes et belles déclarations, Baraque ne semble pas trop s’en soucier, il faut dire que la fonte des glaces en Alaska libèreraient plusieurs gisements qui assureraient aux Etats-Unis l’indépendance énergétique totale.

  • Le foot, le foot, le foot, ouh ! (geste)

    Imprimer Pin it!

    P1105357D1097263G_apx_470__w_ouestfrance_.jpgIl y a une polémique autour du « Paris Foot Gay » qui ne jouera pas avec le club « Bebel » de Créteil (un hommage à Belmondo ?) car ceux-ci ne veulent pas, car musulmans convaincus et que cela heurte leurs convictions, et qu’ils ont droit de penser ce qu’ils veulent, et qu’on est quand même en République, qu’il y a la liberté de pensée et patati et patalère. Mon cul, oui  comme dirait Zazie, c’est surtout qu’en fait ils ne veulent pas passer pour des tarlouzes à jouer avec des pédoques ou assimilés à leurs yeux (enfin pas tous car au « Paris Foot Gay » jouent quelques z-hétérosessuels qui n’ont pas peur de casser leurs ongles ou faire couler le rimmel de l’adversaire, pour bien appuyer sur leur non-communautarisme). Mais enfin pourrait-on leur rétorquer, tout ce côté rigolades dans les vestiaires, douches collectives tout nus, amitiés saines et viriles, on n’est pas loin du back room et de l’homosessualité latente qui ne veut pas dire son nom comme dirait Jean-Maxence X… qui est garçon coiffeur de mon merlan habituel. Le coach de l’équipe « Paris Foot Gay », complaisamment interviewé dans les médias, qui se dit complètement intégré et tout et pas du tout communautariste, brille sous les sunlights d’une manière inhabituelle car sa peau est abîmée par l’usage intensif des maquillages de « Drag Queens ». Il dit, tout comme le coach du « Bebel » que leurs équipes n’ont pour but que de jouer au football ensemble, sans faire de différences (geste) et rien d’autres, alors que ce sont déjà deux manifestations tangibles de communautarisme bien affirmé chacun prétextant faire appel à l’universalité de la démocratie pour se justifier, et justifier les sottises qu’il soutien, et alors qu’il n’en croit pas un mot.

  • Les confidences de Prosper – (suite de l’entracte) Torrents d’amour

    Imprimer Pin it!

    priez-pour-nous_501.jpgProsper était croyant, très croyant, il avait la foi du charbonnier, ne réfléchissait pas à ses croyances, Dieu était là qui le protégeait, comment et dans quel but, cela n’avait aucune importance à ses yeux. Il donnait des sous aux mendiants qu’il croisait et essayait de ne pas trop mal se conduire, il faisait ses dévotions sans ostentation ni vraiment de goût, avec application. Quand il était trop seul, le gros garçon alors triste allait voir une dame de la paroisse pour se confier à elle et se sentir coconné. Il lui racontait naïvement tout, plus Boubouroche que Solal. Celle-ci, bonne chrétienne, paroissienne modèle, mère exemplaire, semblaient posséder des vertus qui étaient enviées de toute la communauté. Pendant la messe, elle était une sorte de « pièta » moderne un peu mièvre souriant largement aux bonnes gens qui lui serraient la main avec chaleur, admirant qui ses enfants, qui sa bonne image, qui la réussite de son mari qui avait une « bonne » situation. Elle s’empressait de répéter toutes les confidences de Prosper à ses amies et connaissances, à son mari, au prêtre, aux commerçants, c’était pour le bien de Prosper se disait-elle, pour trouver une solution à ses problèmes, même s’il lui parlait à chaque fois sous le sceau du secret, c’était pour l’aider et enfin ce n’était quand même pas des secrets d’état, tout le monde voyait bien qu’il n’allait pas bien, surchargé de complexes et d’un profond mal-être.

    burberrys1.jpgUn jour, Prosper lui avait dit qu’il aimerait bien travailler avec des adolescents, cela lui avait valu immédiatement de passer pour un pervers dangereux, voire un pédophile caché derrière une façade bonhomme de bon-vivant. Prosper avait été stigmatisé de tous les vices et perversions cachées pouvant exister. Entendant par hasard quelqu’un qu’il ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, parler de lui de manière déformée et amplifiée, Prosper comprit qu’il devait arrêter de se livrer à tout le monde, étant déjà vulnérable, il le devenait encore plus. Pendant quelques temps, il n’osait plus dire bonjour aux gosses dans la rue voire caresser les animaux, n’osait plus acheter le moindre journal. Il voulut quand même vérifier ce qu’il soupçonnait et se confia encore à la bonne chrétienne qui l’écouta encore complaisamment. Il fit une confidence complètement inventée, qu’il crut trop énorme pour qu’elle le crut, mais elle ne soupçonna rien. Et deux jours plus tard, une autre bonne dame de la paroisse lui demanda s’il était bien exact qu’il avait fait de la prison ainsi que ce qu’il avait dit à sa confidente, inventant tout. Prosper était déçu, il se retrouvait encore plus seul. Il avait le choix, ou pleurnicher sur son sort à l’intérieur d’une coquille confortable. Il choisit d’être méchant, comme une teigne. Peut-être qu’être méchant lui donnerait la sensation d’exister ou de vivre ?

    A suivre…

  • « La Route » de Cormac MacCarthy – la fin du monde comme si vous étiez

    Imprimer Pin it!

    cormac_mccarthy.jpgCe roman est proprement terrifiant, réellement, car la fin du monde qu’il décrit n’est ni ludique, ni romanesque mais totalement crédible et presque tangible. Les bombes sont tombées depuis une ou deux décennies, on ne sait pas qui les a lancées et cela n’a plus d’importance, les cendres du monde ancien recouvrent tout, envahissent tout. Les survivants sont rares et les ressources encore plus, la plupart des espèces animales ont disparues. Certains se sont regroupées en hordes et vivent du cannibalisme, razziant tout ce qu’ils trouvent, tuant, pillant, violant, d’autres vivent en communes, rejetant tout corps étranger, ne partageant rien. D’autres encore descendent vers le Sud où la vie serait plus clémente. C’est le cas d’un homme et son petit garçon dont on suit le voyage désespéré, la quête incessante de nourriture, le besoin de se protéger quitte à se conduire en bête sauvage. Parfois l’homme rêve de celle qu’il aimait et qui l’a quitté pour un autre après que tout ait été détruit. Il se souvient vaguement de ce qu’était l’amour. Croyant retrouver un peu du monde ancien, il emmène son fils voir l’océan, mais celui-ci est également mort, empoisonné par la destruction. A la fin, l’homme meurt et son fils retrouve cependant, mais est-ce réel ?, un genre de famille.

    theroad1.jpgL’auteur livre le monologue intérieur du père, celui de l’enfant, et le sien. La nature humaine s’y révèle sans fards, telle qu’en elle-même et elle se laisse aller le plus souvent à la haine sans limites et à la bêtise, c’est de là que naît la peur. Il n’y a pas besoin de critique sociale didactique, de sermon écologique ou morale dans ce roman, la fin du monde et les cendres sont arrivées du fait de l’égoïsme, la bêtise, l’envie, la violence, la jalousie, le mal au cœur de l’homme, mais aussi son hypocrisie, son incapacité à se libérer de son animalité et de ses pulsions. La littérature, l’art, la beauté n’ont pas suffi à retenir le mal. Ce roman est très loin des grands et beaux discours enflammés sur le progrès, des grandes et belles intentions jamais mises en oeuvre. La description de ce monde post-apocalyptique n’a pas besoin de zombies, de mutants ou de morts vivants, pour une bonne raison, selon le monologue du père, et de l’auteur, nous sommes déjà des morts-vivants qui nous leurrons, persuadés que notre genre de vie durera éternellement, ou peut-être sachant bien que ce ne sera pas le cas mais ne nous en souciant pas une seule seconde. Et encore une fois on comprend qu'en littérature, c'est le genre qui est le plus à même de décrire la modernité et ses conséquences tragiques.

    photo du haut : l'auteur

    photo du bas : Un film tiré du livre sort (aux États-Unis) le 25 novembre 2009.

  • La douceur de l’enfance avant le consumérisme – l’adaptation de « le Petit Nicolas »

    Imprimer Pin it!

    Le%20Petit%20Nicolas%20Goscinny%20Sempe.jpgJe suis allé voir le film en ayant à l’esprit toutes les mauvaises critiques des grands esprits des z-inrocks ou de Tecknikart, ou encore du Nouvel Obs, entre autres, pour qui ce film est réac, de droite et crypto-catho car montrant, ô scandale, une famille traditionnelle heureuse, mode de vie niaiseux pour la jeune personne moderne et libérée des z-inrocks. Ils invoquent pour se justifier le fait que ce film trahirait l’esprit de Sempé (oubliant Goscinny qui d’ailleurs avait dû faire face à ce genre de critiques après « soissantuite » à « Pilote »). Évidemment, on est loin de notre époque, voir des enfants sans portables, qui ne se soucient pas de porter des marques ou non, qui ne sont pas conditionnés par la publicité, qui ne regardent pas d’émissions abjectes de téléréalité, ça fait drôle. En plus, le film ne se soucie même pas de parler de diversité, du « problème » des banlieues. C’est normal, c’est un conte de fées, comme les histoires l’étaient aussi, Goscinny y recréant sa propre enfance, ici idéalisée, montrant bien l’irréalité de la chose en choisissant des prénoms déjà désuets dans les années 60, excepté Nicolas qui est le nom du fils de Sempé. Si le décor du film est Montmartre, comme « Amélie Poulain », c’est un Montmartre moins ripoliné, l’on retrouve en fait le quartier tel qu’il était avant sa « bobolisation » il y a une quinzaine d’années.

    lepetitnicolas.jpgLe film suit le fil rouge du petit frère imaginaire que s’invente Nicolas, source de ses problèmes car perturbant l’ordonnancement de la petite vie bien tranquille qu’il mène jusque là avec ses parents. Ce fil rouge permet de relier plusieurs histoires des recueils. Kad Merad et Valérie Lemercier composent des parents très « chouettes » de Nicolas, François-Xavier Demaison est un « Bouillon » réussi et même Sandrine Kiberlain que je ne supporte pas par ailleurs (excepté dans « un petit jeu sans conséquences ») est une maîtresse de rêve (maîtresse = institutrice veux-je dire : ah, ah, ah, suis-je spirituel). Des gosses, je trouve que Clotaire, le dernier de la classe et le plus rêveur, Agnan, fayot presque effrayant qui monnaie parfois ses renseignements, Alceste, tel qu’en lui-même, et Nicolas lui-même sont les plus réussis de la bande. Il y a quand même en sous-texte les angoisses des enfants, leur souffrance cachée, comme celle de Geoffroy, qui ne voit jamais son père, qui ne l’aime pas ou celle de Nicolas, petit garçon imaginatif et presque "modianesque" par instants, qui ne sait pas trop ce qu’il veut faire plus tard, amoureux de Marie-Hedwige, petite peste qui le mène par le bout du nez. Le tout est certes filmé classiquement, quelques baisses de rythme venant des scènes imaginées vraisemblablement par Alain Chabat : Agnan se transforme réellement en cafard, il se retrouve devant un tribunal, etc.. Si le film n’est certes pas un chef d’œuvre, il permet de retrouver une partie de l’esprit d’enfance car tous sages qu’ils soient, les enfants de la bande de Nicolas ne sont pas si dociles que cela, comme le montre la scène parodiant « les choristes ».

  • Un beauf devenu pédégé, en France tout devient possible

    Imprimer Pin it!

    Dans le cadre de la parité quant à l'expression des opinions, voilà le quart d'heure d'expression libre UMP.

    Les fonctionnaires ? Tous des fainéasses. D'ailleurs, depuis qu'Orange est privatisé, et bientôt la poste, y z-ont du se mettre au boulot, ces paresseux. Bientôt ce sera le tour de la Poste et des enseignants, ces fainéants qui passent leur temps à faire grève. Avec Nicolas Sarkozy tout devient possible vraiment comme on le voit en-dessous où un beauf peut devenir pédégé.