vendredi, 30 octobre 2009

Succubes et puritains

« Jennifer's Body » – à propos des films d'horreur pour ados

megan-fox-jennifers-body.jpgDepuis quelques années, « Scream » pour être précis, il y a une mode des films d'horreur pour ados, en particulier des méta-films d'horreur qui consistent à se moquer du genre tout en l'utilisant, parfois cyniquement comme ici dans ce film, au milieu d'une tonne ou deux de clichés. Ici, l'on nous dit que la scénariste du film, Diablo Cody, ancienne danseuse de lap top et webcam girl (à savoir une fille qui se déloque devant son écran pour du fric non virtuel par contre afin de satisfaire la libido de tous les gogos se laissant prendre), est « féministe », en quoi ? Pourquoi ? On n'en sait rien mais c'est pas grave, elle est féministe. Je crois finalement avoir compris la raison de cette étiquette, elle l'est parce que les filles parlent comme dans la vie dans ses scénarios, à savoir mal, et souvent de cul, et que dans celui-là il y a une scène de baiser lesbien et pleins de scènes où Megan Fox se balade en petite tenue, mais pas à poil quand même, il ne faut pas déconner. Dans ce film, à cause d'un groupe de rock crétin, elle est possédée par une succube qui en fait concrètement une croqueuse d'hommes (rires), comme quoi ce n'est pas très féministe car une belle fille en mini-jupe est donc forcément une salope et forcément une succube dans l'esprit de la scénariste, tout comme dans celui des bouffeurs de pop corn qui vont voir ce truc et l'héroïne est forcément la puritaine du lot, une intello moche qui arrivera à embellir après avoir épousé le « quaterback » local. La nouvelle démone s'oppose à son ancienne meilleure amie qu'elle finit par combattre après s'être roulé un palot, parce que en fait, tu vois, en fait, elles sont amoureuses l'une de l'autre. Bien sûr, comme dans tout bon film pour tinadjeur, le sexe est puni dans le sang, comme dans « Halloween ». On est loin des films d'horreur pour ados des années 80 qu'invoque la réalisatrice, tout aussi commerciaux, mais moins contrôlés : dans « Fright Night » par exemple, Roddy MacDowall, cette grande folle qui a joué dans un bon paquet d'excellents films de genre à commencer par "la planètes des singes", chasseur de vampires miteux et grandiloquent mais nul du genre Van Helsing, sort un crucifix pour éloigner le vampire qui lui répond alors de manière amusée qu'il faut y croire pour que cela marche, le jeune héros du film étant fasciné par le méchant, qui est comme une allégorie du passage difficile à l'âge adulte et de la perte des illusions sur le monde, l'amour et soi-même. Le jeune héros ne s'en sort qu'à partir de cette perte. Et le premier « Nightmare on Elm Street » fait plus peur par son exploration de l'inconscient adolescent, et adulte, et des peurs qu'il engendre, que par les scènes d'horreur. Au bout du compte, les films comme « Jennifer's Body » témoigne surtout d'un mépris du genre, et du public qui est pour pris pour un troupeau de crétins, qui d'ailleurs aiment ça, être méprisés.

Ci-dessous trois extraits de "Fright Night"

17:27 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, télévision, société, mode, film, megan fox | |  Facebook

Commentaires

Je ne sais pas ce que vaut ce film ou le compte de la 20th Century Fox, mais je me suis vu traiter de macho simplement parceque j'avais critiqué son marketing: je trouve ça un peu byzarre et stupide, sinon un peu intolerant (de + la scenariste a l'air moche)...

Ecrit par : kremlin fighter | lundi, 02 novembre 2009

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