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  • Juste trois, quatre lignes sur Polanski...

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    roman-polanski-wanted-and-desired-2008-28-03-2008-10-g.jpgIl y a une chose que ne comprenne pas une seconde les sectateurs et soutiens de Polanski, on peut être un type de talent, un génie, ET un sale con, une enflure, un salopard. C'est comme ça. La talent n'excuse pas les méfaits qui ne remettent pas en cause le talent. Un pédophile, qu'il soit de la Djet Set ou du caniveau est un pédophile, un salaud qui viole une gamine en la faisant boire est un salaud déjà pour ça. Parmi ceux qui soutiennent le cinéaste, il y a Frédéric Miterrand, qui se complait dans son livre à raconter ses bonnes fortunes adolescentes en Asie du Sud Est, il ne parle pas du Maroc car là-bas, il semble bien qu'il y ait eu quelques frottements avec les autorités, il est donc cohérent. Daniel Cohn Bendit se permet de jouer sur la question les autorités morales, il ferait mieux de se taire. J'aime bien le cinéma de Polanski, qui a introduit dans des films a priori hollywoodiens un fantastique très "Mitteleuropa" et je pense que c'est aussi un partouzard mondain malsain, cela n'enléve rien à l'opinion positive que j'ai de ses films, de "Cul de Sac" à même "Frantic" (pour la première heure) ou "Le locataire". Même "What ?" pourtant simple récréation a des aspects très intéressants...

    Si l'on ne croit pas qu'il y a un bien un mal, évidemment, je comprend que l'on s'en foute...

    Et finalement, les choses n'ont pas changé d'un iota, un notable ou un djet-setteur libéral-libertaire qui viole une gamine, on lui trouve des circonstances atténuantes, on trouve ça tellement audacieux, pour un peu on crierait au geste artistique de génie, alors qu'il est tout autant coupable et criminel qu'un pédophile prolo (en l'occurence ils viennent tous les deux du même caniveau).

  • Le pire film que j'ai jamais vu... - « Maison Hantée » de Lamberto Dawson alias Anthony Dawson alias un tâcheron

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    macabro.jpgSur de nombreux blogs et journaux, on parle surtout des meilleurs films que l'on ait vu, on fait des inventaires en attendant l'Apocalypse, on liste les œuvres réputées indispensables et on oublie soigneusement de parler des nanars qui parsèment notre vie au cinéma. Et puis cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé de cinéphilie honteuse. J'avais plus ou moins l'intention de traiter films de karatékas belges qui se réduisent à la seule filmographie de Jean-Claude Van Damne, qui semble avoir fait l'Actor's Studio comparé à Stiveune Cigale. Curieusement JCVD est doublé dans ses films américains par le même acteur qui double l'adjoint de Derrick : Yves-Marie Maurin, qui était le mari d'Anicée Alvina dans « les 400 coups de Virginie », feuilleton « madeleine » des années 70. On aurait pu aussi ergoter gravement sur le manque de cinéphilie absolu des critiques qui ne reconnaissent pas dans « District 9 » l'intrigue de « la marque » , une aventure du professeur Quatermass, pompé par le créatif -marketing qui a écrit le scénario. J'aurais également eu la possibilité de gloser sur l'affaire Polanski, personne ne semble comprendre que l'on peut être un génie du cinéma et un sale de con de gros porc libéral-libertaire de la Djet-set.

    maisonterreur.jpgRevenons plutôt à nos moutons (galeux). « Maison hantée » alias "la Maison de la Terreur" ou "Macabre" commence par des tinadjeures qui vont retaper une maison qui se trouve qu'elle est hantée par des esprits malins qui possèdent des marionnettes enfantines en chiffons et une gamine inquiétante avec un front un peu trop grand (quand elle apparaît, elle est habillée comme les jumelles de « Shining » de Kubrick, il y a une musique inquiétante drôlement inquiétante). Il y a aussi un jardinier handicapé moteur qui semble sorti d'un giallo. Bien entendu les tinadjeures se font flinguer un par un de manière stupide, il y en a une qui est coupée en deux par une sorte de guillotine, la bombasse de la bande ; bizarrement avant d'être séparée en deux morceaux, elle chausse du 38, après du 42 (ou plutôt la doublure jambes). Il y a le beau gosse tinadjeure qui tombe au sous-sol dans une sorte de mare de lait diabolique dont il arrive à sortir en poussant des grognements comme Émile, l'exhibitionniste officiel de Verneuil sur Avre (tous les soirs en représentation à la sortie de la maternelle, il aime beaucoup « Rosemary's Baby » de Polanski). L'inconscient remonte l'escalier mais sa copine déboule alors avec une paire de ciseaux qu'elle brandit en poussant des cris hystériques, elle finit par le tuer avec. Ensuite, elle chiale deux minutes puis tout va bien, ils rentrent à Rome. La maison hantée a brûlé et la petite fille diabolique semble être retournée aux enfers, mais, petite musique enfantine aigrelette diabolique, ô surprise, la marionnette diabolique est dans une vitrine de magasin de jouets (diabolique aussi, ils proposent un crédit à taux usuraires pour acheter les cadeaux à la mode aux petits enfants de pauvres). La copine de l'héroïne l'aperçoit et traverse sans regarder les clous, elle se fait renverser par une bagnole conduite par le jardinier débile qui ricane sombrement. Et c'est le générique. J'étais allé voir ça à la place d'un autre nanar, « le Grand bleu », vu plus tard, hélas. La morale de l'histoire est qu'il ne faut pas traverser en dehors des clous. C'est bourré de ruptures de rythme, les acteurs jouent comme des pieds ET avec leurs pieds, l'étalonnage est différent selon les scènes, les trucages étaient nuls et il n'y avait même pas un quelconque morceau de second degré là-dedans. Maintenant, on fait les mêmes films avec des millions, et les journalistes facheûne trouvent ça trop tendance et top design, plein de dérision tellement hypracoule.

    Ci-dessous une excellente parodie de film d'horreur

  • La Crise est loin d'être finie - article de Pierre Laroutourou

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    C’est un chiffre inquiétant que vient de publier la Banque centrale américaine : en trois mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 520 milliards. En un an, elle a bondi de 2.000 Mds, soit 14 % du PIB. 2.000 milliards, c’est la totalité des réserves de change de la Chine. En un an, les Etats-Unis ont “brulé” l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans…

    Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley. La consommation stagne. Les exportations ne redécollent pas. 37 millions d’emplois ont été détruits en six mois… Pour éviter un effondrement de la croissance, le gouvernement chinois a ouvert tout grand les vannes du budget et du crédit. A court terme, cette politique a permis d’éviter un effondrement de l’économie et une explosion sociale mais personne ne pense que cette relance peut être durable.


     “Le rétablissement chinois n’est ni stable, ni solide, ni équilibré” admettait le 10 septembre le Premier Ministre, Wen Jiabao. Le même jour, Xu Xionian, Professeur à la China Europe International Business School, affirmait : “Pour apaiser sa soif, la Chine a bu du poison.”

     

    Quoiqu’en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise n’est pas finie. Loin de là 

    La suite ici

  • Le confident de ses dames – Torrents d’amour (entracte mais pas que…)

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    scanner_darkly.jpgProsper (appelons le comme ça pour son physique ample et confortable) était le confident de ses dames. C’était un gros garçon dont les traits fins apparaissaient quand même encore un peu sous la graisse accumulée sur son visage. Il avait les yeux rieurs, petits et un peu enfoncés, le regard moqueur même involontairement, lui se trouvait laid, sans charme ni personnalité, pourtant il avait beaucoup d’amitiés féminines sans pour autant être le garçon sensible et efféminé de service. Toujours caustique, un peu trop lucide sur lui-même, il allait toujours un peu trop souvent à l’auto flagellation ce qui est une forme aiguë d’orgueil. Sa capacité à tout tourner en dérision et ne rien prendre au sérieux était sa blessure et son fardeau. Cependant, toujours disponible, toujours à l’écoute, il les comprenait déjà très bien quand il était jeune, et elle l’aimait bien, comme un confident, rien d’autres, une copine avec de la barbe et des génitoires,  « un grand frère un peu incestueux » comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldmann sur les femmes actives si malheureuses dans leur vie de couple. Prosper avait un secret, à chaque fois il tombait amoureux des femmes qui lui confiaient leurs secrets, leurs histoires, qui lui faisaient tellement confiance. Il les écoutait en les dévorant du regard, il avait envie d’elles. Un jour, il se prit à prendre la main d’une de ses amies, elle la retira immédiatement ainsi qu’elle l’eût fait avec une méduse. Elle dit : « Enfin, Prosper !… », puis elle lui donna une petite tape sur le dos de la main en lui disant : « Prosper, tu es drôle de petit bonhomme ».

    Elles ne le comprenaient que rarement car il était toujours discret et ne voulait pas imposer ses sentiments ou du moins faisaient-elles mine de ne pas s’en apercevoir. Il avait de la chance d’être ami avec elles mais il ne s’en rendait pas vraiment compte non plus tout le temps, c’était sa richesse mais il aurait voulu s’en séparer absolument. Il détestait sa faculté de comprendre les femmes, l’une d’elles lui avait dit : « Mais je ne veux pas être comprise, je veux être aimée » après qu’il se soit enhardi à lui avouer ses sentiments. Elle disait qu’il était « le garçon le plus gentil du monde » mais qu’elle ne pouvait tomber amoureuse. Elle lui avait d’abord dit qu’il était laid, puis plus tard, pleurant presque, elle lui avait dit qu’elle voulait rester dans son petit paradis, Prosper savait bien aménager les nids douillets pour deux, mais qu’il n’était pas pour elle, qu’elle n’était pas assez bonne. Il l’aimait pourtant mais elle, elle croyait encore au prince charmant sur son beau destrier, ce qui donne adapté au monde moderne, un type beau, intelligent mais pas de trop, gagnant très bien sa vie. Hélas, Prosper était un insatisfait chronique et avait beaucoup de mal à stabiliser sa situation, et il le savait bien, les femmes n’aiment pas vivre d’amour et d’eau fraîche, elles aiment bien le romantisme, mais quand celui-ci est confortable, excepté quelques rares exceptions, mais celles-ci trouvaient toujours chaussure à leur pied, ou le couvercle à leur pot, très rapidement.

    Avec le temps, Prosper avait gagné en sagesse, quand il tombait amoureux et qu’il savait que ses sentiments ne le mèneraient nulle part, il ne revoyait pas l’objet de ses pensées et se sevrait un peu brutalement mais efficacement. Il en restait un peu plus meurtri et vulnérable à chaque fois, et gagnait en causticité et dérision ce qu’il perdait bien malgré lui et innocence et espérance.

    scanner.jpgProsper décida qu’il était mieux seul, ou du moins seulement avec ceux qu’il aimait dans son premier cercle. Il se retira dans sa tanière au milieu de la ville, au milieu du tumulte, il se perdait dans la foule, dans la cohue. Il regardait les autres de haut, il ne voulait plus chercher à comprendre quoi que ce soit aux autres. C’était toujours tellement décevant, la nature humaine n’était jamais bien réjouissante se disait-il, tournée vers le mal, la méchanceté, la sottise, lui-même ne s’omettant pas du lot commun. Il ne ressentait plus rien, seuls les petits enfants trouvaient grâce à ses yeux. Bien sûr, il se faisait de l’enfance une idée fausse, celle-ci étant souvent une période cruelle et dure à vivre, et non et un paradis. Il retomba amoureux, mais ce fût exactement comme avant. Mais curieusement, il en tira plus de sagesse et décida de vivre en paix avec le monde et les autres, de ne plus se soucier autant de la vérité ou de l’authenticité en ce monde, parfois il vaut mieux ne pas tout dire. Il gardait sa cuirasse de dérision mais apprenait à la retirer de temps en temps, à s’exposer au regard de son entourage sans avoir la crainte d’en souffrir. Prosper se disait qu’il était presque heureux, plus serein du moins. La nuit, bien malgré lui, quand il travaillait, il se rappelait avec nostalgie de toutes celles qu’il avait aimé, il les aimait encore chacune avec la même intensité, il se disait qu’il déraisonnait, il s’obligeait à ne plus y songer mais regardant la rue silencieuse la nostalgie l’envahissait et fermant les yeux, il revivait tous les moments de douceur complice, de tendresse partagée sans en avoir conscience. Il voyait alors son reflet dans la vitre, il voyait ce gros garçon le regarder, son reflet décevant aussi, et il avait envie de ne plus rien ressentir.

    A suivre…

    Photos tirées de "A scanner darkly" de l'adaptation du roman de Philip K. Dick par Richard Linklater

  • Faire le sherpa de buzz…

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    h-20-1346605-1228411054.jpgJe n’ai pas envie de faire le sherpa du buzz pour l’un ou pour l’autre. Il est des journalistes littéraires que j’aime bien pour leur culture, leur sens inné de la formule, la gloire du tout-puissant les illumine tout au long de leur faste existence (j’arrête là la brosse à reluire). Ils débusquent en public, et j’adore, les fausses gloires, les faux créateurs et se moquent des poètes ou des philosophes de comptoir (quoique à mon sens, Thierry du « Rendez-vous des sangliers » de Maule, après cinq petits blancs secs, soit un meilleur philosophe que BHL, auteur discount un peu trop surévalué). Donc Samedi, Éric Naulleau, dont Alexandre Jardin, éternel enfant de quarante ans et plus s’est inspiré pour son personnage de « Faustine » dans son dernier roman, ou du moins un livre qui y ressemble, répond à Alexandre qui trouve qu’il y va un peu fort. Le public est majoritairement du côté d’Alexandre, que croit-on ? Le méchant critiqueur est une sorte de mauvaise conscience utile, je ne suis pas sûr, j’en suis même certain, ça n’empêchera pas Alexandre de refourguer des milliers d’exemplaires de sa camelote à des milliers de naïfs qui le prennent pour un romantique cheveux-z’au- vent, moi qui vous parle je me suis fait avoir par « le Zèbre », je ne sais pas si on se rend compte.

    Quant à discuter avec Tariq Ramadan, je suis encore un peu plus sceptique, ce n’est pas que je remets en cause la sincérité, le talent et la capacité à discuter des deux z-Éric mais enfin, on ne discute pas avec un type de ce genre, c’est aussi simple que ça, on le ridiculise, on le raille, on le moque car le prendre au sérieux, l’accepter comme interlocuteur valable, c’est déjà considérer comme acceptables certains de ses diktats. Il en est comme Caroline Fourest qui le démonte au « K.O » point par point en argumentant sur chaque mot, mais en finissant par une comparaison inutile entre Ramadan et Benoît XVI elle exagère et cela compromet le reste de son raisonnement, donc tout l’ensemble comme si un gratte-ciel était construit avec des allumettes. Là encore, qui s’en tire le mieux si ce n’est Tariq Ramadan qui se fait passer pour une victime et un martyr qui ne peut même pas profiter de la liberté de conscience (dans son esprit, cela signifie comme pour tous les autres excités, aligner les saloperies immondes et haineuses comme autant de vérités).

    Je sais bien ce que l’on me répondrait, que si l’on n’en parle pas ici ou là, qui en parlerait correctement et qui collerait au mur les fausses gloires, les faux prophètes ? Certes, et en plus de l’intérieur même du système « chaud bise » car celui qui s’en sort le mieux c’est encore Laurent Ruquier. Mais de l’intérieur du système l’on ne peut combattre qu’à fleurets mouchetés, j’aimerais que l’on charge sabre au clair…

  • Le Net nous rend-il stupides ?

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    Article passionnant...

    Est-ce que Google nous rend idiot ?

    blog_00520_2001_a_space_odysseys_hal_9000_on_iphone.jpgIs Google Making Us Stupid?

    Nicholas Carr - juin 2008 - The Atlantic
    (Traduction Framalang : Penguin, Olivier et Don Rico)

    « Dave, arrête. Arrête, s’il te plaît. Arrête Dave. Vas-tu t’arrêter, Dave ? » Ainsi le super-ordinateur HAL suppliait l’implacable astronaute Dave Bowman dans une scène célèbre et singulièrement poignante à la fin du film de Stanley Kubrick 2001, l’odyssée de l’espace. Bowman, qui avait failli être envoyé à la mort, au fin fond de l’espace, par la machine détraquée, est en train de déconnecter calmement et froidement les circuits mémoires qui contrôlent son « cerveau » électronique. « Dave, mon esprit est en train de disparaître », dit HAL, désespérément. « Je le sens. Je le sens. »

    Moi aussi, je le sens. Ces dernières années, j’ai eu la désagréable impression que quelqu’un, ou quelque chose, bricolait mon cerveau, en reconnectait les circuits neuronaux, reprogrammait ma mémoire. Mon esprit ne disparaît pas, je n’irai pas jusque là, mais il est en train de changer. Je ne pense plus de la même façon qu’avant. C’est quand je lis que ça devient le plus flagrant. Auparavant, me plonger dans un livre ou dans un long article ne me posait aucun problème. Mon esprit était happé par la narration ou par la construction de l’argumentation, et je passais des heures à me laisser porter par de longs morceaux de prose. Ce n’est plus que rarement le cas. Désormais, ma concentration commence à s’effilocher au bout de deux ou trois pages. Je m’agite, je perds le fil, je cherche autre chose à faire. J’ai l’impression d’être toujours en train de forcer mon cerveau rétif à revenir au texte. La lecture profonde, qui était auparavant naturelle, est devenue une lutte.

    Je crois savoir ce qui se passe. Cela fait maintenant plus de dix ans que je passe énormément de temps sur la toile, à faire des recherches, à surfer et même parfois à apporter ma pierre aux immenses bases de données d’Internet. En tant qu’écrivain, j’ai reçu le Web comme une bénédiction. Les recherches, autrefois synonymes de journées entières au milieu des livres et magazines des bibliothèques, s’effectuent désormais en un instant. Quelques recherches sur Google, quelques clics de lien en lien et j’obtiens le fait révélateur ou la citation piquante que j’espérais. Même lorsque je ne travaille pas, il y a de grandes chances que je sois en pleine exploration du dédale rempli d’informations qu’est le Web ou en train de lire ou d’écrire des e-mails, de parcourir les titres de l’actualité et les derniers billets de mes blogs favoris, de regarder des vidéos et d’écouter des podcasts ou simplement de vagabonder d’un lien à un autre, puis à un autre encore. (À la différence des notes de bas de page, auxquelles on les apparente parfois, les liens hypertextes ne se contentent pas de faire référence à d’autres ouvrages ; ils vous attirent inexorablement vers ces nouveaux contenus.)

    Pour moi, comme pour d’autres, le Net est devenu un media universel, le tuyau d’où provient la plupart des informations qui passent par mes yeux et mes oreilles. Les avantages sont nombreux d’avoir un accès immédiat à un magasin d’information d’une telle richesse, et ces avantages ont été largement décrits et applaudis comme il se doit. « Le souvenir parfait de la mémoire du silicium », a écrit Clive Thompson de Wired, "peut être une fantastique aubaine pour la réflexion." Mais cette aubaine a un prix. Comme le théoricien des média Marshall McLuhan le faisait remarquer dans les années 60, les média ne sont pas uniquement un canal passif d’information. Ils fournissent les bases de la réflexion, mais ils modèlent également le processus de la pensée. Et il semble que le Net érode ma capacité de concentration et de réflexion. Mon esprit attend désormais les informations de la façon dont le Net les distribue : comme un flux de particules s’écoulant rapidement. Auparavant, j’étais un plongeur dans une mer de mots. Désormais, je fends la surface comme un pilote de jet-ski.

    Je ne suis pas le seul. Lorsque j’évoque mes problèmes de lecture avec des amis et des connaissances, amateurs de littérature pour la plupart, ils me disent vivre la même expérience. Plus ils utilisent le Web, plus ils doivent se battre pour rester concentrés sur de longues pages d’écriture. Certains des bloggeurs que je lis ont également commencé à mentionner ce phénomène. Scott Karp, qui tient un blog sur les média en ligne, a récemment confessé qu’il avait complètement arrêté de lire des livres. « J’étais spécialisé en littérature à l’université et je passais mon temps à lire des livres », écrit-il. « Que s’est-il passé ? » Il essaie de deviner la réponse : « Peut-être que je ne lis plus que sur Internet, non pas parce que ma façon de lire a changé (c’est à dire parce que je rechercherais la facilité), mais plutôt parce que ma façon de PENSER a changé ? »

    à suivre ici

  • Un peu nauséeux sur les bords...

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    364526.jpgQuand je vois que notre pays refuse d'accueillir les réfugiés de la misère que le système libéral crée un peu partout de par le monde, quand je vois que les français se fichent de ceux qui viennent trouver asile en France parce qu'on leur a dit que nous étions une terre de liberté, que les guerres menées en Irak et en Afghanistan, et bientôt contre l'Iran, sont l'affrontement de la lumière contre l'obscurité, du Bien contre le Mal, je me sens légèrement nauséeux. Personne ne songe à aider ces pays pendant la prospérité, la Crise a ce côté pratique qui permet de justifier un peu plus l'égoïsme des mieux nantis et de continuer à ne rien faire, surtout ne rien faire. Quand je vois toutes ses personnes se hâtant d'aller acheter un objet que la publicité ou les médias leurs commandent d'avoir chez eux, ou de rêver devant les vitrines des grands magasins, rester d'une docilité assez ignoble d'esclave matérialiste, de misérables se souciant uniquement de leur survie immédiate et se fichant du bien commun à long terme y compris lorsqu'ils pleurent des larmes de crocodiles sur des vues prises d'hélicoptère, je sens la nausée me monter aux lèvres. S'il y a un peu de soleil, et un coin bleu dans le ciel, je ferme les yeux pour oublier un court instant le troupeau aveugle, je me retrouve à Jérusalem, dans ma terre sainte : elle est violente, dure, à fleur de peau, mais les êtres humains qui y vivent sont vivants au sens complet du terme. Là-bas, je ne me suis jamais demandé : « qu'est-ce que je fous là ? » ou quelle était ma place, malgré tous les obstacles on pouvait y devenir vraiment soi-même. En France, l'on s'est évertué depuis quelques années à détruire méthodiquement et cyniquement, avec l'accord tacite des victimes elles-mêmes de cette annihilation, tout ce qui assurait et permettait la solidarité, du tissu rural aux quartiers des petites et grandes villes, la famille, l'enfance, l'unité nationale et sociale en prétextant une gestion plus saine des dépenses publiques, ainsi que le répétait peut-être avec sincérité, il semblait y croire, encore ce matin Nicolas Bave-raie (je ne suis pas sûr de l'orthographe) à la radio.

  • Tous les Bousquet du monde

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    16710.jpgJ’ai regardé avec intérêt le téléfilm sur René Bousquet avec Daniel Prévôt, qui l’incarnait avec talent. On semble y découvrir que les monstres y sont des êtres humains comme les autres, des fonctionnaires dociles voire serviles qui veulent faire une bonne carrière tout simplement. René Bousquet était comme François Mitterrand, un temps au moins, et d’autres de cette période, prêts à obéir et appliquer des décisions iniques et inhumaines si cela doit asseoir leurs intérêts, ce n’était pas un fanatique, encore moins un extrémiste ou un exalté. Ce sont les grandes écoles et les fabriques d’élites qui en sont responsables, les élites de la nation fabriquent ces robots administratifs qui ne connaissent aucune compassion, des cyniques qui agitent de grandes idées mais ne sont pas sincères une seconde, y compris au plus haut sommet de l’État ou des états : j’ai lu une déclaration de Warren Buffet assez intéressante à ce sujet, il affirme que si les gouvernements voulaient vraiment moraliser les dividendes des traders, ils leur suffiraient de taxer à 100% certains produits financiers à court terme, mais qu’aucun ne le fera car la plupart de ces braves gens, bienfaiteurs auto-proclamés de l’humanité, tiennent finalement trop à leur train de vie assuré par leur carnet d’adresses. Bousquet n’a même pas conscience d’avoir fait du mal, tout comme les traders irresponsables ou les politiques français qui changent de camp (suivez mon regard), il reste tout du long sur ses rails de lèche-cul endiplômé, au pancréas surchargé de bile du fait de l’insatisfaction. A la fin, une de ses anciennes victimes vient le voir pour le regarder en face, lui parler de ses crimes, mais elle est presque déçue par la petitesse du personnage, son aveuglement, sa médiocrité de nanti du système qui comme d’autres a fini par croire qu’il était vraiment un phare de la nation démocratique et que cela lui donnait tous les droits.

  • La séduction au Moyen Age selon Gotlib et Alexis

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    Un extrait de "Cinémastock" de Gotlib et Alexis, pastiche des films "qualité française". Esmeralda est bêêêêlle !

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  • « Dîtes ça existe encore la France ? »

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    jerusalem_french_hospital.jpgJe crois que j'en ai déjà parlé, peu importe, l'anecdote suivante, quasiment raspalienne et dont je suis très fier, me revient devant le spectacle déplorable que mon pays donne en ce moment. C'était à Jérusalem, nous étions cinq amis qui répondaient à l'initiative de l'un d'entre eux, Marc, qui avait décidé de lever les couleurs sur le toit de l'hôpital français de Jérusalem (voir photo, on y accueille tous les malades sans se soucier de leurs origines, et les plus faibles d'entre eux puisque l'établissement est spécialisé en soins palliatifs). C'était pour la première fois depuis trente ans. Il fallait se lever très tôt, apporter le drapeau plié soigneusement, un peu poussiéreux, il avait fallu retrouver les cordelettes nécessaires pour le hisser. Nous étions des héros à la triste figure, Sancho plutôt que Don Quichotte, le soleil était à peine levé et l'horizon était orange quand nous avons laissé le drapeau flotter au dessus de nos têtes après avoir chanté deux couplets de « la Marseillaise » sur un ton étrangement nostalgique me sembla-t-il ; on a le droit de ne pas en aimer les paroles, qui ne sont pas belles c'est certain, mais c'est l'hymne de la nation.

    Ensuite, nous avons bu un peu de Champagne (ou plutôt un ersatz mais le cœur y était) Les passants israéliens d'un côté et palestiniens de l'autre levaient la tête avec curiosité, un type en noir avec un borsalino solidement vissé sur le crâne par 35° au soleil nous demanda même: « Mais il y a l'Europe maintenant, ça existe encore la France ? ». Il fallait croire que oui, ce petit pays tellement prétentieux aux yeux du monde, qui met, ou plutôt qui mettait, la liberté comme valeur suprême, avec ses écrivains indisciplinés, ses artistes lyriques, ses chamailleries continuelles qui cessaient quand il fallait combattre les salauds ; Bernanos le prétendait avec fierté, maintenant il serait un peu déçu, « on n'a jamais vu un français collaborer avec la police d'une dictature afin de mettre en prison des êtres libres, on n'a jamais vu un français justifier l'injustice ou l'iniquité ».

    C'était un petit moment, presque risible, presque grotesque pour d'autres, mais nous nous sentions bien, libres et fiers d'être de ce pays ou parler d'un bon vin ou d'un bon plat ou d'un fromage, en décrire les saveurs, les arômes, les parfums, admirer les jambes des filles qui passent est tout aussi important, voire plus, que théoriser sur les mouvements de la Bourse ou la dernière bêtise des banquiers, un pays où les singes en hiver prennent le train et où les mousquetaires ne combattent pas sans avoir repris un peu de Chinon.

    Pauvre Georges, en 2009, oui tu serais déçu, tu nous engueulerais sec, tu nous passerais un savon du fait de ce que nous avons perdu en chemin et puis tu nous pousserais à nous battre...

  • L'automne sera chaud avec VGE

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    nm_ford_080806_ssh.jpgAprès "Le Passage", roman d'amour sur fond de scènes de chasse entre un notaire quinquagénaire et une jeune auto-stoppeuse blonde, Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien plus jeune président de la cinquième République, que l'on voit avec des amis détendus dans la maison de Hugh Heffner (enfin je suppose) autour de sa piscine, nous offre un nouveau livre récit d'une histoire d'amour brûlante entre une princesse anglo-saxonne et un président français qui aime bien monter et chasser à courre (encore une histoire de sexe cynégétique quoi). C'est très chaud, on a le droit à tout le détail, elle masse avec délectation son crâne précocement chauve alors qu'il aime passer les doigts dans ses cheveux coupés au carré. Je ne sais pas ce qu'on leur donne avec le flamby de quatre heures dans leurs maisons de retraite mais je veux la même chose car ça a l'air de faire fonctionner l'usine à rêves et fantasmes à plein régime. Quand on pense que des milliers d'apprentis écrivains, la plupart pas très bons je sais, mais qu'on leur préfère les cochonneries d'un retraité encore actif me scie, il ne manquerait plus qu'il publie, je ne sais pas, les souvenirs de rupture amoureuse de Justine Lévy, ce n'est même pas envisageable...

  • Des scandales qui ne scandalisent personne…

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    sommaire-384188.jpgCe qui est remarquable quand on parle de Clearstream c’est que cette affaire montre que notre pays n’est plus tout à fait une démocratie et qu’ils s’en fout. Des dizaines de noms d’entrepreneurs, de politiques, qui ont perçu de l’argent de Taïwan, des pots de vin, sont sur cette liste qui est loin d’être entièrement bidonnée, et il s’agit en plus de la sécurité de l’état puisque l’on parle de ventes de frégates et d’armes lourdes. Les français ne veulent pas être dérangés, il ne veulent pas savoir, de même quant aux banques.

    Tout le monde sait que les banques refusent encore des prêts aux petits porteurs et sont encore totalement timorées quant à la prise de risque, ou d’aide aux entreprises, surtout aux petites et moyennes entreprises qu’elles coulent souvent du fait de leur bêtise. Pourtant, c’est l’argent de l’État, donc des impôts, donc des clients des mêmes banques qui a servi à les renflouer. L’ont-elles donc oublié ? Il semblerait bien que oui, cela ne les gêne pas pour donner des leçons de libéralisme et d’ouverture.

    Le cas de zazieweb.fr montre clairement le mépris total que les autorités ont envers les initiatives réelles de vulgarisation de la culture loin des rodomontades et des grands mots. Cela fait treize ans que ce site permet à des lecteurs passionnés d’écrire quotidiennement, de rédiger des critiques, de s’enthousiasmer pour tel ou tel auteur. La fondatrice du site le tient à bout de bras depuis 1996 à coups d’aides qui sont parfois promises mais rarement concrétisées par des espèces sonnantes et trébuchantes. Résultat, après tant d’hésitations, le site ferme.

    Sinon, tout va très bien Madame la Marquise…

     

  • Hacher un chien ? (C'est dur à dire)

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    Vu le nombre de propriétaires de clébards faisant faire leur chien en toute quiétude un peu partout sur tous les trottoirs de nos belles villes françaises, j'appellerai bien la SDA pour leur demander combien de bâtons de dynamites il faut pour hacher un chien.

  • "Pollution Pride" à Evreux

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    ou Grand rassemblement d'abrutis à Evreux...

    mi29_1110381209_two_boys_bikers_.jpgAujourd'hui des milliers de motards se rassemblent à Evreux, un jour par an c'est bien suffisant, pour montrer leurs gros cubes, prothèses compensant leur virilité ou la taille minuscule de leur cortex cérébral. On est fier de faire "tut, tut" avec le klaxon de la moto, de faire hulluler des sirènes comme celles des flics américains, d'arborer qui une bannière étoilée, qui même des bannières sudistes qui ont ce petit côté transgressif limite gros con raciste qui semble faire jouir l'imbécile quand il se déplace en meute. Les plus privilégiés, ceux qui ont la plus grosse moto, ont des filles trophées sur le siège arrière ou dans le baquet du side-car. Des djeuns en ticheurtes rouges chargés semble-t-il de l'édification de ceux qui ont horreur du bruit et des exhalaisons nauséabondes de pots d'échappement nous disent : "On est simples", "on est pas des intellos chez les motards", (ça on l'avait remarqué), "on est pas prétentieux" croient-ils bon d'ajouter car un type intelligent est vaniteux pas vrai ? Ils sont tellement simples que certains parmi eux paraissent manifester une envie de régresser vers l'animalité en se parant de peaux de bêtes. Plus l'être humain est en nombre, plus son intelligence diminue, elle est ici proche du zéro absolu, comment peut-on être fier de polluer par le bruit, l'essence ou la laideur ?

  • Schizophrénie israélienne ?

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    une_jeunesse_israelienne_1.jpgUne anecdote m'est revenu en mémoire alors que je lisais un article sur Farouk Hosni, accusé d'être antisémite, et qui l'est certainement bêtement plus ou moins d'ailleurs. On lui reprochait de confondre identité israélienne et identité juive. Certes. Mais les sionistes les plus durs font la même confusion, les deux extrèmes se rejoignent, des judéophobes monomaniaques, qui traînent en masse sur le Net, à leurs supposés adversaires, souvent tout aussi autistes quant à leurs convictions , et il y a comme une confusion d'identité, comme une schizophrénie. Je trouvais aussi clairement cet amalgame dans l'article, insupportable et stupide, tout autant que les fantasmes antisémites : français = antisémites justement.

    Revenant de Jérusalem, étant en transit à Milan, j'ai constaté une chose étrange. Avant Milan, tous les passagers de l'avion parlaient hébreu, réembarqués dans l'avion qui nous emmenait en France, ils parlaient tous français, certains avec l'accent parisien bien prononcé, on avait l'impression d'autres passagers alors que c'était les mêmes personnes. L'ambiance était plus lourde, je ne sais pas si c'était la crainte ou le besoin de se protéger, ou de cacher sa citoyenneté israélienne, mais il n'y avait plus l'insouciance méditerranéenne qu'il y avait jusqu'à Milan, ce que je ne comprenais pas car les israéliens ont des raisons très fortes d'être fiers de leur pays.

    Il serait bon en effet d'être clair sur deux ou trois éléments : Israèl est la seule démocratie du Proche-Orient, le seul exemple concret de société multiculturelle réussie, mais c'est aussi un état expansionniste et qui fait la guerre unilatéralement. Et la seule solution à long terme c'est la paix.

    C'est donc complexe, il serait temps de sortir du simplisme, de la monomanie, de l'autisme.

  • Anciennes idoles d'anciens jeunes

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    La mort des idoles

    point_break.jpgLes américains ont Patrick Swaize ou Souaizi, nous on avait Filip Nikolic des « toubitri » ainsi que le disait ce matin Alain Delon (il vous en prie) sur Europe 1, notre spécialiste en star qui en a profité pour parler encore une fois de sa personne. C’est deux idoles des midinettes des années 80 qui sont partis le même jour sans retour. Les filles aimaient bien « Dirty Dancing », souvent moquées de leurs grands frères cruels (clin d'oeil), et les garçons aimaient bien les filles qui voulaient en refaire un rimèque mais n’est pas Patrick Swaize qui veut. La musique de ce film me rappelle une blonde toute bouclée qui m’a montré le pas de la chanson « I have the time of my life ». Elle avait un parfum qui sentait la vanille, normal, une quille à la vanille pour un gars au chocolat dans mon genre. On a dansé là-dessus dans un tunnel de verre au-dessus d’un autoroute quelque part entre l’Italie et la Suisse une nuit d’hiver. Elle écoutait en boucle Luther Vandross, qui chante dans le film, et qui est à la Soul music ce que Chritophe Maé est à la chanson française, c’est-à-dire de la soupe. C'était l'époque des films musicaux kitschoïdes, à la fois pathétiques et touchants, comme "Hair", le premier dans le genre, "Flashdance", ou avant, "Fame". Le genre, qui relève de la cinéphilie honteuse a ses chefs d'oeuvre, comme "All that Jazz".

    niklic.jpgFilip Nikolic (photo ci-contre) a posé sur des dizaines de magazines pour jeunes filles en fleur, et en émoi, hystériques rien qu’à le voir marcher les soirs de première. C’était le début de la célébrité pour du rien, ou plutôt pour des chansons stupides, des chansons sans queue ni tête. Dans « Point Break » (voir photo en haut à gauche), au moins, Patrick Swaize incarnait un gangster surfer (ouais, je sais) qui avait un sens politique profond et philosophait grave devant le soleil couchant au-dessus du Pacifique, dévalisant les banques en se déguisant en anciens président américains (je rigole, mais ça avait de la gueule). Bien sûr, il y eut des mauvaises langues pour dire que comme "Top Gun" c'était une histoire camouflée d'hormosessuels latents tout ça (les amitiés saines et viriles toussa...). Ensuite il a tourné dans « Road House », une connerie « Z », plaisante si l’on est vraiment bien luné, une histoire pour « Truck driver » dans laquelle on trouve également Ben Gazzara très loin d’Otto Preminger ou Cassavettes. Filip Nikolic, quant à lui, après avoir été rejeté dans l’enfer des has-been, s’est converti au catholicisme, ce qui lui valu quelques railleries des pseudo-caustiques médiatiques comme Guy Carlier toujours prompts à tirer sur les ambulances ou les cibles avec lesquelles ils ne courent aucun risque. Je trouvai cela beau de passer de la plus parfaite vacuité à la recherche du Beau. Patrick Swaize a quant à lui joué dans un excellent film, dans le même temps, entre deux nanars « direct to video » dont une resucée du « Monde Perdu » pas si mal coproduite par l’Afrique du Sud : « Donnie Darko », un objet filmique très intéressant bien que perclus de tics de caméra vulgaires,, dans lequel il est une sorte de gourou du bien-être, du positivement correct, au langage aussi déplorable qu’un créatif de pub.

  • Zazieweb.fr arrêté ?

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    3609447034_51fe38e329_m.jpgZazieweb.fr existe depuis 1996 sur le net, un site de qualité permettant d'échanger avec d'autres zazienautes, qui ne sont pas des professionnels de la profession pour la plupart, simplement des passionnés des lettres, des critiques sur un livre ou des impressions de lecture, des humeurs, des joies. La modération des critiques interdisait les flots de haine et de sottises que l'on trouve ailleur. Le site décernait même chaque année le "prix de la petite édition". Sa fondatrice, Isabelle Aveline, faisait du quasi-bénévolat pour le maintenir à flots, aidée de subventions, lui permettant par ailleurs de payer un informaticien. Malheureusement, en France, quand quelqu'un a ce genre d'initiatives heureuses, on ne l'aide pas, on le laisse se débrouiller tout seul, on le laisse se noyer et boire la tasse et on dit : "c'est dommage" quand il est trop tard. Zazieweb ne reçoit plus cette subvention, pourtant ce n'est même pas une question de diminution de budgets et ce n'est même pas la faute de la crise.

    Comme dirait l'autre, de toutes façons, qui a besoin de lire "la Princesse de Clèves" ? Le mépris quant à la culture et la vulgarité sont bien plus prisées actuellement faut-il le rappeler.

  • Profession : critique littéraire

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    critique-litteraire-sest-refugiee-sur-interne-L-1.jpegJe me suis demandé par quel biais, quelle procédure d’orientation on pouvait accéder à la profession enviée (enfin, je crois) de critique littéraire médiatique ou du moins un peu médiatisé en regardant une émission de critiques justement dans laquelle officie une jeune femme qui a un prénom de bibliothèque, Mazarine. Mon premier mouvement (je suis méchant et jaloux comme une teigne on s’en souvient) aurait été de me payer sa tête mais il faut avouer qu’elle est la plupart du temps assez pertinente et sans concessions : bien sûr, si on me dit qu’elle n’a pas eu plus de chances que les autres pour se faire un nom, et un prénom, j’aurais du mal à le croire. C’est un milieu assez consanguin, tout le monde se connaît, on se fait la bise en demandant des nouvelles du petit dernier, en se complimentant sur la bonne tenue de son bronzage ou non artificiel. On fait mine de se moquer de Marc Lévy, Guillaume Musso, pour les zôteurs « populaires », du dernier d’Amélie Nothomb ou Beigbeider, mais finalement on joue le même genre de comédie à savoir que parler d’eux en mal c’est quand même parler d’eux, et que ce genre de critiques les sert toujours les plaçant en position de victimes. Le quidam ou la quidamette aime bien en plus s’identifier aux souvenirs de famille aristos de l’un ou les méditations autour de son nombril de l’autre. On attend en somme d’un auteur qu’il soit comme tout le monde, que ses appétits soient banals, son talent ordinaire, sans trop d’ambition ou de désir d’excellence, mot oppressif par ailleurs, ce n’est pas bien l’excellence, c’est bourgeois en plus comme le soutienne la plupart des bourgeois à prétention intello (je précise bien, « à prétentions… »). Il ne s’agit plus de littérature, chacun y va de ses histoires de coucheries qui ne sont ni transgressives, ni vraiment sensuelles, juste communes. La littérature se pipôlise de Houellebecq aux « fils ou filles de… » qui nous bassinent avec leur pauvre petite existence mesquine de gosses de riches écervelés. Le critique c’est le rôle du méchant utile pour faire avancer l’histoire, celui que le public n’aime pas car il lui rappelle sa médiocrité intellectuelle et son esprit grégaire.

  • Faut pas faire chier le gouvernement !

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    Chronique politique à la manière d’un homme politique UMP

    sarkozy-vulgos-a-souhait-main-balladeuse.1211025056.jpgLes journalistes qui sont tous des connards comme le dit souvent le président (le voir ci-contre tâtant la marchandise) pointent en ce moment le manque de politesse ou de finesse des ministres actuels. Ce ne sont rien que des chochottes, Eric Besson fait un doigt, et alors ? Il a le droit si on l’emmerde. C’est ce que lui disait Brice Hortefeux qui aimerait bien aller en Italie même si là-bas c’est voleur et compagnie comme chacun sait. Lui, on lui reproche d’avoir fait une petite blague sur les auvergnats et les arabes. Les bobos jouent les pucelles effarouchées mais tu ne les verrais pas inviter des arabes des cités à leur table à moins que ce ne soit Jamel Debbouze (parce que sa légitime est une bombasse) ou un bougnoule de service, fils de diplomate ou de médecin. Il n’est pas raciste, il est juste un peu beauf, et il assume. De toutes façons, on a remarqué que ce sont souvent des femmes qui relèvent ces propos, on sait bien que ce sont toutes des salopes ainsi que le soulignait avec finesse Patrick Devedjian il y a quelques temps, si elles étaient au fourneau, on serait quand même plus tranquilles. C’est à cause des femmes politiques, des emmerdeuses frustrées, des connasses moches qui se rattrapent comme elles peuvent, on le sait bien, que les ministres sarkozistes passent pour des petits branleurs, ou le président lui-même qu’on traite de frimeur, c’est quand même pas sa faute s’il a du pognon et qu’il est beau comme un astre. Déjà qu’après le conseil des ministres, personne ne peut en lâcher une ou  roter pour détendre l’ambiance parce qu’il y a des caméras, où va-t-on si on est obligé de se restreindre pour tout ? C’est quand même naturel de péter ou de desserrer un peu la ceinture, merde quoi ? Et de toutes façons, c’est justement grâce à sa vulgarité et à sa beauf attitude, bagouzes, montres, gourmettes et bagnoles, que ce gouvernement est populaire (note d’Amaury : c’est le plus déprimant).

    Post-scriptum d'Amaury : Un truc marrant est que cette vulgarité, certes bien réelle, est dénoncée par les mêmes qui défendent Orelsan, NTM ou autres poètes).

    Attention, il y a des vrais morceaux de dérision dans ce texte…

  • Larissa Cain - Leçon de vie

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    Larissa-Cain2.JPGLarissa Cain est née en 1932, elle est une rescapée du ghetto de Varsovie. Elle a raconté ce qu’elle a vécu dans plusieurs livres, de sa vie dans le ghetto à son sauvetage par des « justes » auxquelles elle rend hommage. Elle raconte la Shoah à mon avis comme elle devrait être traitée à chaque fois, sans pathos, elle donne les faits un par un fermement et clairement (voir les vidéos sur TV5 monde) point par point. On y comprend à quel point le mal est banal dans ce monde, contrairement au Bien qui est toujours un peu trop exceptionnel. Et cette manière de procéder est remarquable. Car on ne voit pas trop comment on pourrait contester ce qu’elle dit à moins d’être du côté de la haine et de la sottise. Elle n’en tire aucune gloire, aucune prétention, aucune vanité, aucune propension à en réclamer des droits supplémentaires. On sent à chaque seconde une sensibilité intense, une vivacité sans failles et beaucoup d’humanité. Elle a en elle un feu dévorant qui est la vie, la bienveillance à priori, l’accueil de l’autre sans tenir compte de ses failles ou ses blessures apparentes. On la sent prête à combattre encore une fois contre ceux qui rejettent toute différence, tout sentiment.

    mur.jpgJe l’ai rencontrée brièvement dimanche dernier à l’occasion de la visite d’une petite église du pays d’Ouche. Son léger accent et sa manière de s’exprimer m’ont rappelé une amie israélienne, également artiste et écrivain. Elle m’a fait comprendre quelque chose de très personnel également, elle est tout de suite allée vers un couple de personnes perçues comme inadaptées (entendre qu’elles refusent de prêter allégeance à des bêtises qui passent pour normales), riant avec eux, tout de suite en harmonie. Ceux-ci n’ont pas réussi selon les critères sociaux, ils n’ont pas amassé un trésor, n’ont pas acheté de grande maison mais ils sont capables de générosité, sont tout aussi à fleur de peau et ne jugent pas selon la mine ou les possessions même si la vie les a blessé et que ces blessures sont encore largement ouvertes. Moi aussi, je suis une sorte d’inadapté mais grâce à ce que montre Larissa, j’en suis plutôt fier bien que ce ne soit pas toujours une condition enviable.

    Une personne qui a vécu autant de souffrances connaît la valeur de la vie, de l’altérité, de ce qui est humain tout simplement, tout ce qu'on lui refusait car née juive. Car c’est cela le plus important, arriver à être un tout petit peu humain, sans se soucier du jugement du voisin. Bien sûr, l’existence est plus dure pour quelqu’un de sensible, plus difficile, mais elle est aussi beaucoup plus riche de sentiments. Notre monde méprise l’humanité, le corps perçu comme une mécanique comme l’esprit que l’on voudrait normaliser, soumettre. Les rapports sociaux sont toujours des rapports de force , malgré la philosophie et la théologie, tout est toujours à reconstruire. Et on est toujours surpris de ce que beaucoup sont prêts à supporter juste pour survivre au sein de la horde confortablement. Grâce à des personnes comme elle, j’évite de tomber dans la tentation du mépris, qui me viendrait rapidement.

  • « Cow-Boy Bebop » - télescopage d'univers

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    japan-cowboy-bebop-001.jpgDans la Science-Fiction grand public, il est intéressant de noter que les réussites les plus notables en matière de création d'univers, d'histoires ou de personnages sont souvent des « anime » japonais : « Ghost in the Shell », la meilleure adaptation des mondes délirants de Philip K. Dick à mon avis (que l'on voit d'ailleurs dans le film) et « Cow-Boy Bebop », western inter-galactique, film de détective et « space opera » teinté de nostalgie tout à la fois. Dans cette série et le film qui en a été tiré, c'est tout le système solaire qui est devenu un amoncellement de non-lieux, de toutes les cultures terriennes, en 2071. Tout y est quantifiable, rien ne semble avoir vraiment d'importance quant au côté humain. Les « cow-boys » y sont des chasseurs de primes qui traquent les criminels que le police a du mal à retrouver, la série en suite quatre : Spike Spiegel (qui porte le même nom qu'un producteur bien connu de Série noire), ancien membre de l'organisation criminelle « les dragons rouges » qui trompe son inadaptation en vivant dangereusement et en cherchant une rédemption difficile après un amour perdu, Faye Valentine, très belle, très intelligente et dure en affaires, ancienne joueuse endettée et amnésique , Jet Black, ancien flic reconverti, mécano et dur à cuire, pourtant le plus tendre de la bande et Ed, une petite fille quasiment autiste, génie de l'informatique extrêmement intelligente, dans la tête de laquelle s'est logée une intelligence artificielle qui essaie de comprendre l'humanité. La plupart du temps, ils tirent le diable par la queue en ramenant aux autorités du menu fretin, ce sont des losers magnifiques au même titre que Sam Spade ou Philip Marlowe, car finalement ils sont tous les quatre d'une intégrité sans failles. Leurs aventures sont rythmées par des morceaux de Thelonious Monk ou John Coltrane, Aretha Franklin ou Ray Charles. C'est un mélange hétéroclite, qui témoigne des goûts très éclectiques du réalisateur, Shinichiro Watanabe, qui a réalisé également trois courts métrages intégrés à « Animatrix » (45 minutes en tout, largement supérieures au deuxième et au troisième film en « live »).

  • Vivre sans livres

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    Dans une librairie un samedi après-midi...

    fahrenheit_451.jpgJuste après la rentrée, les parents ont la corvée de la librairie pour acheter les livres de l'année conseillés pour leurs chères têtes blondes. On vient en famille tout acheter d'un coup, c'est comme le dentiste la librairie, on aime pas trop mais on est bien obligé de temps en temps. Ce sont les mères qui se chargent de tout acheter d'un coup, pour éviter d'y remettre les pieds. Pendant l'attente, les pères vadrouillent entre les rayons, regardent un peu les couvertures, n'osent pas toucher, c'est pas pour eux. Et les univers se télescopent. Pour se donner une contenance, on sort le portable, que l'on tient comme un talisman ou un gri-gri. Pour se rassurer. On sent de manière tangible le complexe social quant à la culture, qui est de plus en plus « un truc de bourgeois », et ce malgré toutes les belles et creuses déclarations enfarinées sur « le savoir pour tous » et « l'éducation pour tout le monde ». La blague n'est même plus drôle, on mesure le cynisme des bons apôtres. Les bonnes femmes ont toutes la même coupe « pratique », courte, avec l'épi qui rebique au milieu du crâne, les mêmes débardeurs noirs sur le fuseau ou les leggins style afghan ou génie de la lampe, les gamins ont les mêmes djins slims, tout comme les filles qui sont maquillées comme des péripatéticiennes albanaises porte Maillot, non-lieu qui semble aussi la porte du premier cercle infernal, affectant tous un air blasé, qui cache mal leur innocence totale et leur conditionnement aux clichés publicitaires. Dans la file d'attente devant la caisse, on n'ose pas râler mais on souffle un peu quand même. Dehors, on est soulagé, on affirme que les livres ça coûte cher (ce n'est pas faux mais dans le même temps, les mêmes claquent 150 Euros de facture téléphonique chaque mois sans trop de problèmes). C'est peut-être que je suis d'une humeur misanthrope aujourd'hui, mais je trouve l'ambiance du lieu étouffante. C'est toute notre société qui se résume là, on préfère les divertissements grégaires, les émotions en troupeau, la fausse authenticité, on aime bien finalement le conditionnement imposé et la normalisation, c'est confortable, on n'a pas à réfléchir. Lire un livre c'est commencer à casser ce conditionnement, c'est refuser la normalisation et savoir que l'on est unique. Il n'y a même pas besoin de brûler les livres comme dans "Farenheit 451" pour hâter la destruction des consciences. La littérature est ridiculisée, rabaissée, moquée, vilipendée, vendue comme une marchandise, industrialisée, marchandisée, détruite, avec la complicité objective de ceux qui la font et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur machine à calculer.

  • Une bonne synthèse de l'Université d'été du PS

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    Une bonne synthèse par Got et Pétillon dont "le Baron noir" qui paraissait dans "le Matin" il y a vingt-cinq ans est toujours aussi bon...

    Il n'est pas besoin d'en dire plus, il n'y a pas d'opposition en France.

    lebaronnoir1.jpg

  • Les nouveaux bagnes du progrès

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    pic_home.jpgJ’ai toujours eu beaucoup de scepticisme quant aux « grands penseurs » qui prétendent décider pour les autres de l’avenir du monde, je suivrai volontiers Montaigne sur le sujet, pour qui le progrès consiste surtout à construire de nouveaux bagnes y compris mentaux. Quand il s’agit d’idéal parfois commun, passe encore, mais quand cela implique un cynisme plus ou moins conscient je trouve cela insupportable. En l’occurrence, un peu par hasard, je suis tombé sur le site de « Terra Nova » qui affirme réfléchir à une « nouvelle gauche » qui fait d’Obama son idéal et de nouvelles idées pour changer les mentalités. On s’y affirme « progressiste », à savoir tout contradicteur est un réactionnaire, un homme des cavernes, un intégriste religieux. On notera avec amusement que le nom de cette fondation ressemble à ceux des organisations des grands méchants mégalomanes des films d’espionnage des années 60.

    On le voit bien, depuis quelques années, c’est principalement la destruction de la fameuse cellule familiale traditionnelle qui semble être la base de ce « changement ». Hors, on le constate aussi, l’aliénation moderne et les problèmes psychologiques nombreux dans les non-lieux immondes que sont devenus les quartiers des centre-villes sont surtout dus justement aux coups de boutoir assénés contre la famille qui était le premier vecteur de socialisation. Ce n’est pas grave, il faut aller encore plus loin, qu’il n’en reste plus rien. Bien sûr, il faut quand même préciser que la famille et sa solidarité est un mal, pour les autres, cela n’empêche absolument pas de pistonner ses propres enfants pour leur assurer une part conséquente du gâteau.

    marcais_non-lieux.jpgL’eugénisme social est présenté comme un progrès quand on n’encourage pas les plus pauvres à être stérilisés. Pourquoi cet eugénisme est-il insupportable, à juste titre, quand il s’agit des nazis ? Et pourquoi devient-il tolérable quand il s’agit de notre société qui le pratique afin d’assurer la normalisation des esprits et des corps, qui devient une simple marchandise, un bien de production ? C’est un mystère qu’il faudrait expliquer. Cet eugénisme est bien implanté dans les cerveaux, la plupart des gens le considèrent comme allant de soi.

    Sur le plan économique c’est du même acabit, tous les garde-fous qui assuraient une certaine stabilité sociale, l’équilibre un peu plus équitable des richesses, la protection des classes moyennes ou des précaires, sont constamment remis en cause que ce soit par la « nouvelle » droite ou la « nouvelle » gauche progressistes qui ne sont que les mêmes excroissances de la pensée libertarienne de Milton Friedman ou son fils David : tout est possible s’il y a un contrat même si ce contrat va à l’encontre de la morale ou du bien commun, il n’y a plus de limites au libéralisme et le système favorise la prise de richesses des plus riches par, entre autres, le fait de fixer des taux d’intérêt extrêmement élevés. On aurait tort de critiquer seulement Sarkozy pour ce genre d’opinions car finalement nombre d’éléphanteaux du PS ou de ténors UMP ou Modem ont en France exactement les mêmes idées s’assurant la majorité aux élections en empruntant aux populistes les idées les plus rances, on l’a vu en 2007.

     

  • La liberté et le panache - la dernière réplique de Cyrano

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    cyrano-de-bergerac-1990-08-g.jpgJe me suis rappelé cette réplique hier en regardant une américânerie sur le masque de fer (distrayante et pas si mal au fond), elle m'est revenue en songeant que notre époque en manque cruellement, de panache...

    Cyrano, est secoué d'un grand frisson et se lève brusquement.
                             pas là ! Non ! Pas dans ce fauteuil !
    -ne me soutenez pas ! -personne !
    (il va s'adosser à l'arbre.)
                                                          rien que l'arbre !
    elle vient. Je me sens déjà botté de marbre,
    -ganté de plomb ! oh ! Mais ! ... puisqu'elle est en chemin,
    je l'attendrai debout, et l'épée à la main !

    Le Bret
    Cyrano !

    Roxane
                     Cyrano !

    Cyrano
                                    je crois qu'elle regarde...
    qu'elle ose regarder mon nez, cette camarde !
    que dites-vous ? ... c'est inutile ? ... je le sais !
    Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
    Non ! Non ! C'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
    -qu'est-ce que c'est que tous ceux-là ? -vous êtes mille ?
    Ah ! Je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
    Le mensonge ?
    (il frappe de son épée le vide.)
                             tiens, tiens ! -ha ! Ha ! Les compromis,
    les préjugés, les lâchetés ! ...
    (il frappe.)
                                                que je pactise ?
    Jamais, jamais ! -ah ! Te voilà, toi, la sottise !
    -je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
    n'importe : je me bats ! Je me bats ! Je me bats !
    oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose !
    Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
    que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
    mon salut balaiera largement le seuil bleu,
    quelque chose que sans un pli, sans une tache,
    j'emporte malgré vous,
    (il s'élance l'épée haute)
                                         et c'est...
    (l'épée s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.)

    Roxane
                                               c' est ? ...

    Cyrano
                                               mon panache.

  • Elle n’était même pas de mon genre…-Torrents d’amour

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    Elle n’était même pas de mon genre…-Torrents d’amour

    1proust3people.jpgA Vernon, j’ai revu la maison près de l’école du centre où vivait la fille de mes rêves quand j’étais au collège et en primaire. Je ne connaissais que son prénom, je n’osais qu’à peine lui parler. Elle avait les yeux mauves, les cheveux presque roux, blonds vénitiens et était toujours habillée d’une manière féminine avec cependant une touche surannée, de la dentelle efflorescente. C’était le genre de filles que l’on respecte instinctivement, aucune mauvaise pensée ne pouvait m’assaillir en face d’elle. Sa maison était couverte de lierre, il y avait dans le jardin des arbres tordus, on aurait très bien pu s’imaginer dans le jardin de Blandine, Bonne-Biche et Beau-Minon ou de la Belle au Bois-Dormant. Il y avait peut-être réellement des animaux parlants en plein centre-ville, après tout la Vouivre de Marcel Aymé se promène en tailleur sur les grands boulevards sans que personne n’y trouve à redire, mais aussi un bureaucrate qui traverse les murs. Elle avait une voix douce, calme et paisible. Pour moi c’était la femme de ma vie, à l’âge que j’avais, les sentiments c’est plus sérieux qu’on ne le dit.

    Très longtemps, j’ai cherché son fantôme, j’ai cherché à la retrouver dans les autres femmes, son regard chez l’une, son allure chez l’autre, sa douceur, sa voix. Et j’étais toujours insatisfait bien entendu. Quand je suis tombé amoureux de la fille aux yeux gris qui ressemblait à Anna Karina, j’ai cru réaliser mon rêve mais elle n’était même pas de mon genre, je voyais chez elle des qualités qu’elle n’avait pas, de la beauté qu’elle refusait. Comme toujours c’est un détail trivial qui fait que l’on comprend cette évidence qui frappe tant Swann quand il n’aime plus Odette, mais finit malgré tout par l’épouser : elle aimait se lever à deux heures de l’après-midi, paresser au lit le plus longtemps possible le dimanche, perdant sa journée noyée sous les couvertures, regardant la télévision dominicale et son cortège d’émissions ou lénifiantes ou creuses. Cela m’a frappé, j’ai horreur de ça, je préfère sortir, voir le monde, la nature, la ville, quelle que soit la saison. La princesse de contes de fées s’est avérée être finalement une femme comme les autres, la fille aux yeux gris avait des goûts très communs. Elle aimait se faire bronzer au club méditerranée, se faire prendre au photo avec des dauphins en aquarium avant de se presser au buffet (à volonté) en face de la plage. Tout cela n’est plus vraiment romantique et manque de passion littéraire, rien que la vie en somme.

    getimageasset.aspx?id=un+amour+de+swann_511x500.jpg&template=aub-production-detail&type=aubRegardant la maison couverte de lierre derrière les grilles, j’ai voulu retrouver son image, rien n’avait changé, c’est comme si le temps s’était arrêté, j’ai pensé qu’elle allait venir ouvrir la porte, qu’elle aurait le même regard, et n’aurait guère changé, juste quelques rides de sourire aux coins des yeux. Une jeune mère avec son enfant m’observait de la maison adjacente, un pavillon moderne ressemblant à la villa fonctionnelle de « Mon Oncle ». Me sentant confus, troublé, je suis parti. Qu’allais-je donc imaginer ? Elle était sans doute comme cette camarade de classe qui faisait des ravages dans le cœur des élèves du collège et à quarante ans passées était devenue une sorte de marchande de quatre saisons comme on les imagine, les bras énormes et le sourire commercial, variant selon les achats effectués.

    à suivre...

    photos : extraites du film "le temps retrouvé"

  • Hommage à Sim "King of french pop"

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    Les américains ont Michael, nous nous avons Sim, notre star légendaire, géant des "Grosses têtes" (que j'écoute depuis 1983 : c'était le bon temps, Jean Yanne et Jacques Martin, Le Luron parfois à la place de Bouvard, et non je n'ai pas honte). Le morceau ci-dessous avait eu un succès fou en 1977, en duo avec une autre star immortelle, Patrick Topaloff.

  • Les lectures du Père Fouettard - "Collèges de France" de Mara Goyet

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    Le Père Fouettard ne peut pas s'en empêcher, il a des lectures très polémiques...

    Extrait de "Collèges de France" de Mara Goyet

    Portrait du prof démago
    h-3-1290838-1246436130.jpg"Le problème du prof démago, c'est souvent qu'il est chouette : il a envie de plaire à tout le monde et l'on a envie d'être son copain. Contrairement au prof élitiste, qui ne se balade jamais sans son "Budé" de Juvénal et l'œuvre complète de Chateaubriand, utilise des expressions latines, ose dire que certains élèves sont ignobles, émet l'idée qu'il y a un petit problème de niveau, se plaint de la carence d'autorité dans l'établissement - personnage qu'il est facile (trop facile) pour certains de détester -, le prof démago est désarmant. On a un mal fou à en penser du mal. Il vous renvoie même une image désastreuse de vous-même. Il vous oblige à des remises en question permanentes. On se sent rigide, strict, vieillot, distant. On a toujours l'impression de n'avoir rien compris. Il a plein d'idées chouettes, se "bouge" pour les "gosses", est au fait de la situation familiale de chacun (et c'est vrai qu'il y a souvent de quoi excuser les élèves tant c'est peu réjouissant), connaît les secrets de l'établissement, possède la clef de toutes les salles, participe à toutes les réunions, fait des projets avec la ville, le département, la région, visite tous les salons (la porte de Versailles est son royaume), dialogue avec les élèves, sait ce qu'ils pensent de vous, connaît les surnoms, les potins, parle jeune... Un peu mono, un peu GO, un peu assistant social, très pote et complice, pas mal aîné grand frère, il lui reste peu de temps pour être prof."

    Ma propre lecture du livre...

    630mara-goyet.jpgje trouve qu'il manque à ce livre une véritable réflexion de fond : sur la formation des enseignants, mais aussi de tous les personnels gravitant autour des établissements scolaires, sur leur statut, sur leur place dans la société (fortement remise en cause : fainéants, etc.), sur le rôle exact que l'on veut donner à l'éducation aujourd'hui : former des consommateurs décérébrés et passifs, ou bien des hommes et femmes responsables, sur la place de certaines matières, fortement dévaluées aussi, lettres, dont les lettres classiques, que l'on ne juge pas utile d'enseigner à certaines filières et c'est dommage, sur le statut des élèves, sur la démagogie ambiante les concernant, sur le besoin d'un renouveau d'exigence, etc.
    Ce livre est parfois dans les effets un peu facile. L'Éducation telle qu'elle se conçoit actuellement est sclérosée, il faut aller vers plus d'efficacité, sous-entendu laisser tomber les savoirs considérés comme inutiles pour la vie en entreprise, la culture en général en première ligne, appuyer sur un déterminisme social beaucoup tôt que maintenant et en fait accentuer les inégalités. Pourtant, l'école a été une chance pour beaucoup de personnes, elle peut l'être pour les populations issues de l'immigration, les plus pauvres. Elle est même à l'absurde une chance de révolte contre l'autorité, de découverte de sa propre conscience personnelle et de l'exercice de son libre-arbitre.

  • Steevy et François de Closets : Même combat !

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    6922446.jpgFrançois de Closets (voir ci-contre son "breuching" impeccable) réconcilie les gauchistes et les libéraux, les garçons coiffeurs télévisuels (Steevy lui aussi est contre « l'ortograffe », voir ci-contre photo avec un ami commun à lui et François de Closets)) et les écrivains de mes deux. On remarque que le discours sur l'école en général et l'orthographe en particulier est le même chez les adeptes de Milton Friedmann que chez les anciens combattants de « soissantuite » : l'orthographe est décrite comme oppressive et la culture comme élitiste. Daniel Conne-Bendit a tort de dire que son fils se rebelle contre lui en voulant devenir avocat d'affaires, il est sur la même ligne intellectuelle, il est libéral-libertaire.medium_steevy_bear1.jpg

    Le français n’est pas figé, comme le prétendent ces braves gens, il est complexe, il permet d’exprimer les sentiments, la pensée, de milliers de manières. Il y a toujours eu de toutes façons le français « kiskoze » et le français qui s'écrit, une langue plus soutenue. Elles se nourrissent parfois l'une de l'autre. On oublie aussi que connaître l'orthographe permet de parler tous la même langue donc de se comprendre. On oublie aussi dans l'enseignement la notion de plaisir d'apprendre, plaisir de lire ou d'écrire, depuis l'invasion pédagogiste. L'enseignement du français doit répondre à des critères absurdes de performance, il ne faut pas enseigner Proust parce que c'est trop compliqué (le fou passe quinze pages à décrire une rose), ne pas parler de Flaubert parce que ce serait désuet : par contre tout ce qui parle du nombril des jeunes est parfait.

    Cela ne favorise pas l’obéissance à une logique absurde et la dynamique du système libéral. Avoir un vocabulaire favorise la réflexion donc la liberté de pensée et l'indépendance d'esprit. Je comprend que de Closets n’aime pas, on est moins performant au travail en entreprise, on se fait moins de fric à la bourse, et on consomme moins quand on est capable de s'affranchir du conditionnement imposé par les médias et la publicité, quand on est capable de s'ouvrir au monde grâce au langage et à un vocabulaire étendu. De toutes façons, on le sait bien, ce sont les dictatures qui prétendent appauvrir toujours appauvrir la langue pour le bien du peuple.