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  • L'Enfer est pavé de bonnes intentions

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    152635503_185a01ea1f.jpgCe matin, j'ai entendu deux intentions de prières surprenantes, pour le moins formulées de manière très maladroite, si ce n'est pas ça, ce serait encore plus affligeant. Dans la première, une bonne dame affirme que Jésus était un provocateur qui aimait bien choquer, oubliant que la provocation implique un certain mépris, même tout petit, des personnes, et également beaucoup de colère, deux choses en contradiction avec le Christ donc qui est pour les chrétiens vrai Dieu et vrai Homme. Dans la deuxième, elle nous dit que les Béatitudes étaient une suite de « douze proposition perverses », « renversant l'idée du Bien et du Mal ». Elle voulait peut-être dire par là que les Béatitudes vont à l'encontre des certitudes humaines. Ensuite nous eûmes droit à la tarte à la crème habituelle qui veut que la liturgie n'est rien que seule compte l'Évangile, la parole de Dieu : que faisait-elle donc à ce micro ? Que faisions-nous à la messe ?

    1747_sur-consommation_de_detergents_ES_9587.jpgC'est malgré tout très instructif sur la conception qu'elle a et que la plupart des gens ont dans notre société matérialiste, égoïste et consumériste de ce qui est positif et de ce qui ne l'est pas : il est bien vu d'avoir de l'argent, de consommer, d'être respecté au sein du Rotary ou toute autre franc-maçonnerie de bourgeois provinciaux, d'être bien vu de la crémière et de la charcutière, de se soucier plus de sa réussite que de celle de ses proches ou de ses amis, de ne penser qu'à son confort. Les pauvres le sont par leur faute parce que « aide toi et le ciel t'aidera » et on ne peut les respecter. Bref, toutes choses qui sont en contradiction totale avec l'Évangile. Ne pas être consumériste, ne pas être matérialiste ou égoïste est donc perçu comme une déviance, du mouton de base de notre société jusqu'au « trader » en passant par les banquiers ou les idéologues libéraux de bazar qui parfois font presque rire, ainsi lorsque l'un d'entre eux se réclame du marxisme : Alain Minc (qui n'est pas la moitié d'un con, tout comme Nicolas Baverez). Je remercierai presque cette brave dame qui n'a aucune conscience de ses paroles, qui dit ce genre de choses en le concevant très mal et en l'énonçant encore plus mal. Mais l'Enfer est pavé de bonnes intentions.

  • "Salauds de pauvres !"

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    Réplique superbe de Gabin/Grandgil dans "la Traversée de Paris", d'après Marcel Aymé, la citation vient de la nouvelle...

    Grandgil et Martin sont coincés dans un bistro après le couvre-feu, Grandgil vient de découvrir que les cafetiers exploitent une jeune fille, et les autres clients deviennent menaçants quant aux valises contenant les restes terrestres d'un cochon.

    "Non mais regarde-moi le mignon avec sa face d'alcoolique, sa viande grise...

    Avec du mou partout...

    Du mou, du mou, rien que du mou...

    Dis donc, tu ne vas pas changer de gueule, un jour ?

    Et l'autre, la rombière, la guenon gélatine et saindoux.

    Trois mentons et les nichons qui dévalent sur la brioche...

    Cinquante ans chacun, cent ans pour le lot...

    Cent ans de conneries."

  • Le goût de Paris d'après Simenon

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    IMG_1778.jpgJ'aime beaucoup ces lignes de Simenon dans « Cécile est morte » qui décrivent très bien effectivement l'atmosphère et le goût de Paris.

    « Il passait devant un petit bistro. La porte s'ouvrit, car c'était la première fois de la saison que la fraîcheur de l'air obligeait à fermer la porte des cafés. Au passage, Maigret reçut une bouffée odorante qui demeura pour lui la quintessence même de l'aube parisienne : l'odeur du café-crème, des croissants chauds, avec une très légère point de rhum ; il devina, derrière les vitres embuées, dix, quinze, vingt personnes autour du comptoir d'étain, faisant leur premier repas avant de courir à leur travail. »

  • La vie comme dans un feuilleton – Torrents d'amour

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     drwho.jpgComme le docteur Who, il y a un univers entier entre toi et moi, et pour communiquer je serais obligé d'utiliser l'énergie d'une supernova. Comme lui, je souris, j'ai l'air heureux mais je suis seul et perdu. Je voyage dans le Tardis en imagination, franchissant des galaxies, visitant des bibliothèques géantes, qui ont la taille d'une planète et dont les ombres sont mortelles, discutant avec un être millénaire d'une sagesse telle qu'il pardonne tous les égarements des êtres humains qui sont tout aussi faibles de ce point de vue en 2009 qu'en l'an 5 Milliards et trois ans. Le docteur a l'air si juvénile et les yeux si vieux, comme les tiens, me semble-t-il, comme tous ceux des amours que l'on a perdues. Je suis comme lui quand il perd Rose, derrière un mur immense, à guetter un signe, une parole. Le docteur sait bien qu'il finit par toujours perdre ceux qu'il aime, qu'il doit les laisser derrière lui. Comme Sam Beckett il peut rectifier le passé, il suffirait parfois de toutes petites choses.

    jarod-and-miss-parker-the-pretender-388222_370_250.jpgComme Jarod, qui peut malgré tout adopter n'importe quelle personnalité et se fondre dans tous les milieux, et comme Greg House, je ne suis pas très doué dans mes relations avec les autres. Comme je suis vulnérable, je ne peux m'empêcher de me protéger en élevant une cuirasse de sarcasmes, d'humour caustique et de dérision. Jarod réserve toute sa colère pour les méchants, est toujours ému par l'injustice, et punit ceux qui le méritent vraiment, ce qui arrive rarement dans notre monde, moi je suis comme le docteur diagnosticien du Plainsboro Hospital, je n'en suis pas capable, voyant les faiblesses surtout, y compris les miennes qui me révoltent encore plus. Bien sûr, je ne suis pas certain d'être aussi intelligent que l'un et l'autre qui sont deux hommes très intelligents, et deux gosses quant à leur affectivité. House préfère que l'amour de sa vie le quitte pour un autre car il n'est pas sûr de mériter qu'on l'aime, et est perdu par son ironie.

    Et comme House, mon corps trahit ma vulnérabilité, mais je l'accepte.

    1240969017081Il m'arrive de rêver être aussi riche et de réussir aussi bien que Christian Troy et Sean MacNamara, de séduire les femmes quasiment en claquant le petit doigt, de conduire des bolides rouges ou verts sur les autoroutes de Miami, d'avoir des problèmes compliqués. J'aimerais presque, quand je n'aime plus du tout l'humanité, quand le monde ressemble à un cauchemar terrifiant sous un soleil de plomb, être Escobar, le trafiquant de drogues qui est certes un salaud fini mais aussi l'être le plus lucide qui soit qui choisit le mal en sachant très bien ce qu'il fait, qui choisit d'entretenir l'iniquité du monde parce que c'est comme ça que cela fonctionne, pour que quelques uns soient insouciants. Il finit par révéler aux deux chirurgiens toute la vanité et toute la vacuité de leurs vies, de ce qu'ils tiennent pour indispensables et indestructibles, et qui n'est que cendres. Somme toute, c'est un salaud moraliste.

    cosmos1999.jpgPlus jeune, je croyais que l'amour était comme celui de François Vidocq pour la baronne de Saint-Gély, une sorte de ping-pong verbal tellement drôle et charmant, où la séduction se réinvente sans cesse. J'étais persuadé que c'était comme la relation de John Steed avec Emma Peel, un jeu passionnant et qui donne un piment indispensable à l'existence. Mais ce qui est attirant dans un monde de rêve peut se révéler insupportable quand on se réveille, et pousser au désespoir. Les feuilletons sont trompeurs, on se sort des pires situations avec un tout petit morceau de sparadrap sur la tempe, tel le commandant Koenig qui ne garde aucune trace d'une explosion thermonucléaire à grande échelle, ou les naufragés de l'île mystérieuse sur lequel s'écrase le vol Oceanic 813 qui sont artistiquement décoiffés. J'aimerais bien que la prochaine fois que nous nous verrons ce soit comme la première, tu voulais que nous regardions la télévision, celle-ci a explosé, nous l'avions laissé mourir de sa belle mort et j'ai pu commencer à t'aimer.

    À suivre...

  • L'édito de rentrée du Père Fouettard

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    rentree-des-classes.jpgBien sûr, plus que de politique, j'aurais pu causer de ce sujet fondamental qu'est "Connard Lanta" dans lequel il se passe des trucs importants, je préfère parler d'un sujet encore plus fondamental qui sont les primaires du PS : Qui c'est que c'est qui va être le chef ? Chacun sait qu'ils vont se bagarrer et qu'à la fin c'est DSK qui aura le djob mais z-hélas, ils le font quand même. Il faut dire que c'est la rentrée, et que les 16000 postes supprimés cette année dont encore une fois de nombreux précaires enseignants, qui ont tous une expérience qui devrait être prise en compte, ou non, c'est une paille, ce n'est pas grand-chose semble-t-il puisque aucun d'entre eux n'en cause. De toutes façons, ainsi que me le disait un précaire professeur, aux yeux de la "Grande Maison", il n'est pas prof, ce n'est qu'un auxiliaire, qu'il ait un ou dix ans d'ancienneté, et ce bien sûr malgré les protestations plus ou moins franches des titulaires qui jureront leurs grands dieux qu'ils ne font pas de différences.

    Je dédie moi-même cette note à une jeune femme qui va pour la première fois se retrouver à enseigner devant des élèves et qui m'a demandé des tuyaux sur un établissement scolaire d'Ev...x. après m'avoir sorti deux ou trois belles mais creuses généralités sur le mode du "comment que c'est trop bien d'enseigner", elle m'a demandé quelle était la population qu'elle pouvait y trouver (en gros elle me demandait poliment et élégamment, si on veut, s'il y avait des nègres et des bougnouls dans ce lycée, voire quelques racailles). Lui répondant, elle s'est plainte, elle n'avait quand même pas travaillé le concours si longtemps pour faire cours à ce genre là. Je tentais de lui faire comprendre que justement, c'est pour ceux qui avaient le plus de mal qu'elle était censée se donner du mal, elle répondit que "oui bien sûr mais enfin sur le plan intellectuel ça ne doit pas être terrible" (une manière disons de manifester son mépris).

    Donc d'un côté on vire des enseignants qui seraient très utiles, de l'autre on en favorise qui n'ont aucune conscience de leur travail, imbibés qu'ils sont de tout un jargon pédagogiste complètement abscons cependant, cherchez l'erreur !

  • Maintien d'un français de qualité

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    parle_francais_rouge_4.jpgBonjour,

    Notre association, l’Asselaf (Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française) souhaite vous faire connaître, si ce n’était pas déjà le cas, la revue Lettre(s) qu’elle édite.
    Cette revue pose sans complaisance la question du maintien, y compris en France même, d’un français de qualité comme langue de la cité et alerte les francophones pour que des « élites » mondialisées n’abandonnent pas la langue française, qui est notre premier lien social et la seule voie d’accès au débat démocratique dans notre pays et dans les pays francophones, au profit de l’anglo-américain.

    Vous pouvez recevoir en fichier joint les trois précédents numéros et un bulletin d’abonnement afin que vous puissiez faire connaissance avec nous et, si le coeur vous en dit, vous abonner personnellement.

    Nous espérons que vous trouverez plaisir et intérêt à être de nos lecteurs et amis, et nous vous prions d’agréer nos salutations francophones les plus cordiales.



    Philippe Loubière
    rédacteur en chef de Lettre(s)
    22, rue François-Miron
    75004 Paris
    asselaf@asselaf.fr
    www.asselaf.fr

  • Un rabbin et une afro-américaine contre les gangs

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    Excellent pastiche des films de "blaxploitation", extrait de "Hamburger Film Sandwich" en V.F ("Kentucky Fried Movie" en V.O.), réalisé par John Landis, et par les Z.A.Z (David Zucker, Jim Abrahams, Jerry Zucker) film dont on trouve des réminiscences des personnages et des parodies dans à peu près tout ce qui se fait en matière d'humour depuis trente ans.

  • Le Cinéma de A à « bis »

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    à propos de « Les classiques du Cinéma Bis » de Laurent Aknin et Lucas Baldo

    aux éditions Nouveau Monde

    affiche-La-Galaxie-de-la-terreur-Galaxy-of-Terror-1981-1.jpgLes Trissotins du cinéma, les petits marquis de la cinéphilie qui maintenant revendiquent le bis après l'avoir méprisé, oublient souvent une chose, le cinéma est un art forain qui doit dépayser le spectateur, créer de l'évasion même si c'est du toc et parfois de la magie, de la poésie et de l'enchantement, ou à l'inverse, de l'horreur, de la peur, des frissons, voire même parfois un peu de réflexion. Et c'est donc un art populaire au sens le plus noble, et un art populaire vivant.

    Il y a toujours eu les films financés correctement, filmés par des professionnels accomplis et dans le système ou pas, ayant ou non de l'ambition, et puis il y a toujours eu des tâcherons, à qui il arrive d'être géniaux, entre deux nullités, qui ont tourné en quatrième vitesse des séries « B » dans lesquels les murs tremblent quand un personnage claque une porte mais ce n'est pas si grave car on sait bien que c'est du cinéma. C'est ce que ne comprennent pas les fabricants d'effets par ordinateur, même photo-réaliste, le spectateur sait bien que c'est « pour de faux », autant que les étincelles jaillissant de la fusée de Flash Gordon avec Buster Crabb, excellent serial de 1939.

    deep-throat.jpgEt puis de toutes façons, les séries « A » sont toute devenues des séries « B » surgonflées, mais sans génie ni la charge transgressive que l'on y trouvait auparavant, et sans le talent qu'y met Fritz Lang dans « City Heat », avec Gloria Grahame, ou Billy Wilder dans « Assurance sur la mort », deux métrages qui sont des « B movies ». Comme dans les feuilletons du XIXème siècle, on se moque des conventions en vogue, des petits bourgeois, des hypocrisies. Mine de rien, un film comme « Deep Throat », que ses artisans eux-mêmes considèrent comme une bouse, Harry Reems ou Gerry Damiano, à regarder l'excellent et passionnant documentaire sur ce film, est tout aussi représentatif des années 70 et leur permissivité que les films de Bogdanovich, entre autres, ou ceux de Scorcese ou de tout « le Nouvel Hollywood » (note personnelle : Beaucoup de banquiers ou de responsables politiques, dont certains s'émurent de l'immoralité du film, Nixon entre autres qui en fit un thème de sa campgne, ont peu ou prou les mêmes talents que Linda Lovelace, et la même excellence dans l'acte qui fait le sujet du film, et sont capables de beaucoup plus de bassesses comme le montre très bien le documentaire, hilarant, consternant et fabuleux car flamboyant).

    what_a_flash,0.jpgIl y a une infinité de genre dans le « Bis », de l'horreur sadique à l'horreur soft en passant la remise au goût du jour de l'horreur gothique avec la série des Dracula de la « Hammer » avec Christopher Lee, les deux premiers étant remarquables, ou des « Frankenstein » avec Peter Cushing puis Michael Gwinn, les pornos politiques, les polars érotiques, les films ultrapops comme « Danger Diabolik » qui aurait eu le droit d'être classé comme une série « A » à mon sens, les pseudo-documentaires choquants, les films de cannibales, les copies de « Mad Max » ou « la Guerre des étoiles », les « Muscle movies » produits en série par la France et l'Italie dans les années 60, les « bis » intellos avec les cingleries de Jean Rolin, les folies plus « happening » que films dont « What a Flash » de Jean-Michel Barjol, les curiosités comme ce film « de pensionnat de jeunes filles », ingénues libertines comme il se doit, dont la « directrice » lesbienne est jouée par Jean-Claude Dreyfus (il s'avère que c'est un homme recherché pour meurtre, la morale est sauve à la fin), les westerns spaghettis d'horreur, dont la série des « Django » avec sa mitrailleuse, les westerns spaghettis révolutionnaires, dont la matrice est « Il était une fois la révolution », les parodiques qui commencent avec « Mon nom est personne » et dégénèrent avec la série des « Trinitas », les films de Science-Fiction avec has-been, les films de monstres, ceux de vampires gays ou d'infirmières se faisant trucider sous la douche, les sottises post-apocalyptiques dont leilsa_la_tigresse_du_goulag,1.jpg pire, ou le meilleur, reste sans conteste "Virus Cannibale" de Bruno Mattei, les films de prison de femmes, de camps de travail de femmes dont la série des "Ilsa" (par ici la bio de son interprète : Dyanne Thorne dont on voyait les affiches des films partout dans les années 75,76)....etc

    Je trouve cependant que cette encyclopédie n'est pas tout à fait complète car il manque de nombreux polars des années 50, des films d'horreurs de débutants géniaux comme Sam Raimi ou Peter Jackson, et on y trouve peu de films asiatiques pourtant très importants quant au « bis », un seul « kaiju eiga » (ou film de monstre) y est mentionné. Je trouve qu'il est peu question des films de SF "psychotroniques" (films de martiens ou d'extra-terrestres à gros cerveau). On n'y trouve pas un des sommets grotesques du « bis », « Incubus », tourné en 1965 et en esperanto, et un des chefs d'oeuvre qu'est « The Wicker man » racontant une histoire étonnante et d'une poésie sans pareil.

  • Séries télé et philo

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    dr-house.jpgJe viens de lire en moins d'une journée et un peu moins d'une nuit "Philosophie en séries", excellent livre qui devrait être obligatoire dans les IUFM pour les profs de philosophie mais pas seulement car du point de vue pédagogique et didactique c'est tout bonnement génial. Il montre que l'on peut philosopher, raisonner et penser à partir de la sous-culture télévisuelle, ce ne sont pas toujours des chefs d'oeuvre, et que c'est finalement un autre moyen de ramener les élèves, ou toute personne un peu curieuse, vers la littérature. A chaque série l'auteur analyse les concepts qui lui semblent sous-tendre les épisodes, ainsi que l'étude brève des références vers lesquelles conduit sa réflexion : "24 heures" et la notion de devoir, la recherche du bonheur a-t-elle un prix ?, "Alias" et l'identité, les miroirs de l'âme, "Docteur House" et l'apprentissage de la vérité par la méthode socratique, l'expérimentation rationnelle et l'intuition, House trouvant la plupart du temps la solution sur une impression totalement irrationnelle, l'importance d'être vrai quant à l'appréciation que l'on a de soi-même, "Desperate Housewives" et l'apparence, le conformisme social, l'optimisme et le pessimisme ou la lucidité, avec "Dexter" il parle de la notion de justice, celle-ci justifie-t-elle tous les moyens, il traite de la mort et des fins dernières en analysant "Six Feet under", la réification des corps dans "Nip/Tuck", la dictature du paraître l'importance de l'authenticité, avec "Lost" il s'intéresse à l'état de nature, à la fragilité des sociétés humaines dans lesquelles la sociabilité ne semble pas couler de source, la différence entre l'être social et l'être réel dans les "Soprano", la philosophie de l'histoire avec "Rome" et la liberté ainsi que l'individualisme gràce à "Prison Break", la soumission.

    J'ai particulièrement apprécié les analyses d'"House", de "Lost" et de "Nip.Tuck".

    527361959_01cfb2ce17.jpgRegarder la télévision devient avec ce livre un acte intelligent. Cela, les amateurs de culture bis et populaire le savaient déjà. On se plaint que le niveau baisse, il baisse effectivement dangereusement à cause de la télé-poubelle et voyeuriste, il peut remonter très vite gràce aux oeuvres de fiction, fiction qui est donc toujours autant indispensable. Si l'imaginaire disparaissait ou s'appauvrissait de trop, nous serions en danger, nous le sommes déjà. On s'en aperçoit déjà avec la rentrée littéraire, beaucoup d'ouvrages voudraient bien livrer leur analyse fine, si possible, et bien sûr, a priori intelligente, de notre société, mais la plupart du temps, ils le font en chaussant de gros sabots, tandis que la fiction, le romanesque, le rocambolesque permet de le faire de façon beaucoup plus digeste. Tel roman centré sur le nombril d'un auteur ou de SA communauté pourrait souvent se résumer d'une phrase : "la racisme c'est pas bien, le multiculturalisme c'est bô", Marie n'Diaye par exemple, "les femmes elles sont gentilles", tous les bouquins de Christine Angot, "Philippe Sollers est un grand penseur et les gens qu'il aime bien sont gentils", les derniers livres de ce dernier...etc

    En photo, mon docteur de fiction favori et une ménagère respectable prête à tout pour que sa vie continue de ressembler à une "publicité pour détergents".

  • "Les amours perdues" - Juliette Gréco

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    Hier soir, j'ai écoute plusieurs chansons de Juliette Gréco, grande dame de la chanson française, dont celle-ci que Gainsbourg lui porta un jour, transi de timidité et "le Gros Lulu" (petite dédicace à toi qui me lis souvent en cliquant sur le lien). Cela m'a donné l'inspiration pour un prochain épisode de mes "Torrents d'amour".

    Un livre sur cette chanteuse :

    174850.jpgContrairement à ce livre, ce qui est toujours un peu agaçant dans le portrait que l'on tire des personnes de talent, c'est qu'on ne les imagine que graves, pétries des bonnes intentions et des bons sentiments que les admirateurs projettent sur leurs idoles. Gréco est une femme libre, résistante, au sens strict aussi, il en faut aussi du culot pour gifler un officier nazi quand on est une adolescente juive pendant la Seconde Guerre !
    J'ai eu envie de lire cette biographie après avoir vu Juliette il y a quelques mois à la télévision. Elle va au gré de ses humeurs d'homme en homme, qui jamais n'arrivent à la recadrer dans la petitesse de leurs désirs étriqués. Elle s'engage, se trompe et a souvent raison, milite et s'indigne de la sottise et de l'injustice, mais ne devient jamais une militante acceptant les compromis pour complaire à un parti quel qu'il soit, contrairement à Isabelle Aubret, talentueuse et parfois stalinienne, ce qui n'enlève rien à son talent de toutes manières. Elle fait preuve aussi d'humanité, de gaieté, de joie furieuse de continuer à vivre entièrement et non à moitié comme la plupart de nos contemporains.

    Titre : Juliette Gréco. Les vies d'une chanteuse | Auteur : Bertrand Dicale | Editeur : Lattès

  • La vie des djeuns avant la rentrée

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    7d91f11619perry1.jpgQuatre djeuns attendent devant le Café des Arts à Evreux. Comme on va le voir, ce sont quatre jeunes rebelles épicuriens qui veulent vivre à fond, ou plutôt, pardon, "à donf"...

    Deux en djins baggys, une avec total louque : frange, chemise d'homme à carreaux et chorte en djin, collant opaque et tennis rouges, une autre avec un pantalon de sultan des Mille et une nuits également à la mode...

    -Salut dit-elle

    -Ouais salut disent les autres, c'est pas coule  rajoutent-ils c'est la rentrée.

    -Ouais moi j'en ai déjà trop marre de l'école

    -Moi je suis trop content on va avoir Madame Rivière en français, elle est trop sympa, on travaille pas avec elle, elle nous fait des photocopies et puis on parle avec elle avoue la jeune fille à frange (note : coupe ringarde il y a dix ans, et maintenant tendance, ça va, ça vient la mode).

    -Elle est naze Rivière, rispostent les trois autres, nous on s'en fout, on préfère profiter des vacances à donf.

    Un ange passe, visiblement occupé à téléphoner sur le dernier modèle de portable.

    -Ouais moi j'en profite à donf dit la jeune fachionista tout en relevant sa frange qui retombe aussitôt, elle ajoute : Qu'est-ce qu'on fait ?

    - Ben Ch'sais pas, disent les trois autres.

    -On va au café ?

    -Ouais, bof, y'a que des vieux

    -Ouais, mais pas çui là, y' a un prof. (Là je crois que je suis repèré)

    -Mon refrère il l'a eu, il vannait trop les élèves, ça se fait trop pas, je trouve.

    -Heureusement qu'on peut en profiter à donf jusqu'à mardi, moi je rentre à 10 heures, ça le fait pas, ça me fait ch...er (lecteur jeune, comme tu es pudique, je censure ce vilain mot), rajoute la djeun fachiône victime qui est décidément une sorte d'épiicurienne, crois-je comprendre.

    Note personnelle : Cela fait bientôt vingt minutes qu'il profite à donf des vacances plantés entre l'arrêt de bus et le café.

    Ils décident enfin de lever le camp, la jeune sultane croit alors bon de persifler : "T'as vu le prof y boit un Perrier-menthe, comme ma daronne (mère en langage djeuns), trop un truc de vieux..."

  • Lizzy Mercier Descloux - parigote qui chante de la Soul

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    Il y a vingt ans est sorti un album entier de cette chanteuse avec des reprises de standards du jazz et de la soul où elle est parfois accompagnée par Chet Baker. Elle chante avec un épouvantable accent franchouillard ; elle s'en fout et nous aussi car c'est loin de manquer de charme.

  • Pourquoi l'e-book est une saloperie

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    e-book%20page.jpgOn nous annonce à grand fracas la fin du livre papier pour bientôt et l'avènement de l'e-book pour tout de suite après demain, une sorte de révolution qui amènera le savoir dans les poches de tout le monde, tout le monde se mettra à lire Proust ou Stendahl alors qu'on sait bien que tout le monde lira encore Marc Lévy ou Guillaume Musso ou d'autres urines de chat dans le genre. Les livres seraient donc en téléchargement comme pour les applications de l'i-phone. Or, des applications de l'i-phone ont été censurées sous la pression de divers lobbies, certes c'était souvent des sottises, il n'empêche que. Afin de complaire aux lobbies qui seraient aussi des clients téléchargeant des livres, je suis à peu près sûr que de nombreux ouvrages seraient censurés en partie ou en totalité. Je me souviens de ce groupe de parents de collégiens demandant que leurs enfants ne lisent pas "Madame Bovary", ce n'était pas dans un collège confessionnel mais public, et à E...x. C'était d'ailleurs ironique ce refus de Flaubert car les chérubins avaient accès sans peine au porno mais c'était Gustave qui choquait. Ce qui est encore plus amusant est que ce sont ces mêmes adultes qui hurlent au vieux con, au réac, quand on ose critiquer le bien-fondé de l'utilisation du portable, ou quand on ose parler du cyber-autisme de leur progéniture qui se passionne plus déjà pour les histoires de cul de décérébrés en vase clos à la télé que pour Chateaubriand ou Raymond Queneau.

    Il y a peut-être une chance que les i-bouques explosent comme les ail-faunes remarquez...

  • Dans la tête du jaloux/de la jalouse

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    300px-Angelo_Bronzino_003.jpgLe/la jaloux/se est certain/e que le monde entier est en dette envers lui/elle, il/elle est donc jaloux/se de ce que les autres font ou disent, ou éxécutent comme oeuvre. Il/elle s'estime victime d'une injustice flagrante, il/elle est tellement génial/e, bon/ne et généreux/se, beau/elle comme un astre et tellement élégant mais les autres ne veulent pas le voir, pourquoi ? Car ils sont jaloux.Le reste du monde l'envie.

    Le jaloux contredit systématiquement ceux dont il est jaloux/se, ceux-ci disent-ils blanc, il/elle dira noir, il fait beau dehors, il/elle trouvera qu'il fait gris. Il/elle essaie de faire bonne figure mais il/elle est d'un esprit tordu par la haine, tellement tordu qu'il ne connait plus que ça comme mode de raisonnement. Comme il/elle lui arrive d'être persuasif/ve, il/elle arrive parfois à en convaincre d'autres qu'il/elle a raison d'être jaloux/se, que c'est la fatalité, qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Sa responsabilité n'est jamaix en jeu, il/elle est parfait de toutes façons. qu'il en devient con/ne, très con/ne. C'est un/e malade. Il ne peut pas s'en empêcher. Si ça va mal dans sa vie, il n'y peut rien, c'est la faute du reste du monde, si ça va bien, ce n'est pas mieux, il aura toujours quelque chose à envier. Le jaloux/se représente bien l'expression "la bêtise au front de taureau", la bêtise qui ne supporte aucune explication ni guérison. Il/elle ne veut surtout pas guérir de son mal, il/elle en vit, c'est son moteur, tant qu'il/elle continue à semer la haine, la discorde parmi ceux/celles qui sont assez bêtes pour se laisser faire. Sa jalousie est en somme la compensation que la nature lui a offerte quant à sa sottise, car finalement, il/elle est jaloux en priorité de l'intelligence et des dons des autres.

  • Beigbeider sur les rails pour la rentrée

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    frederic_beigbeder_reference.jpgJe viens de lire un article sur lui, et sur un petit scandale probable littéraire de rentrée, dans les z-inrocks qui me donne, comment dire, le tournis. L'auteure de la chose constate avec surprise que les parents de Beigbeider étaient de droite et aristos, catholiques, et courageux car ils cachaient des familles juives pendant la Seconde Guerre, comme si une telle famille ne pouvait être que collabo. On l'a vu avec Maurice Sachs, les salauds ne sont pas toujours là où on les case commodément. C'est un peu comme jeter l'anathème sur le Pen pendant vingt-cinq ans en feignant de croire que ça changerait quelque chose et ne pas voir que ses idées sont maintenant appliquées à une large échelle. Il y a une chose qui m'étonne c'est que cette journaliste, Nelly Kapriélan, fait partie de ces personnes pour lesquelles il n'y a pas de vérité révélée, encore moins de morale bourgeoise, mais il y a donc quand même un Bien, avec un grand « B », et un Mal, avec un grand « M », à savoir tous ceux qui ne partagent pas les mêmes dogmes en littérature ou en politique : Engagé tu seras quitte de la littérature te ficher complètement, des minorités tu parleras, n'importe où tu caseras le sujet, Duras et l'autofiction tu porteras aux nues, et j'en passe.

    mcinerney.jpgEnsuite, elle reproche à l'écrivain de manquer de courage car il serait question qu'il sucre deux pages où il s'en prend au procureur du tribunal de Paris qui lui aurait fait des misères du fait d'un rail de coke malencontreusement sniffé sur une bagnole, une paille si j'ose dire. Il y a une différence entre le courage de cacher des juifs pendant la guerre et celui de critiquer les empêcheurs de sniffer en rond, ce qui est un tout petit peu plus futile. Et un dandy s'en fout de l'autorité qui lui reproche ses excès. Brett Easton Ellis, Jay McInnerney (voir photo à droite) se fichent complètement de savoir ce que le bourgeois serreur de fesses effaré ou le bien-pensant équitable pense d'eux. Et cet aura de scandale ne donne pas forcément de qualités supplémentaires à leur écriture. Beigbeider est anodin à côté des deux précédents, encore un peu plus si on le compare à Don DeLillo qui s'impose par sa seule écriture. Il ne manque pas grand-chose à l'auteur djetsetteur pour prendre une autre dimension, ou si, le courage de dépasser tout ce petit milieu littéraire consanguin français, et celui de prendre enfin confiance en soi car finalement c'est d'un manque d'assurance dont il souffre, se cachant derrière des poses parfois agaçantes. Pour Nelly K. c'est très mal de dire que les écrivains anglo-saxons sont meilleurs que les français, elle est donc à la fois bobo et franchouillarde, alors que c'est le cas, les auteurs américains générant par leur travail un renouvellement du roman qui prend d'ailleurs appui sur le polar ou la Science Fiction, Ballard en particulier, et ce que l'on appelle le genre en général. C'est dommage cette attitude dogmatique sans nuances de Nelly et ses semblables, car c'est justement ce qui éloigne immanquablement la littérature du plus grand nombre, celle-ci devenant progressivement réservée aux seuls initiés, ceci ajouté au mépris de la culture qui devient la norme dans notre société.

  • La stratégie du choc - Naomi Klein

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    Une excellente vidéo instructive...

  • Maurice Sachs en faune « années folles »

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    Boeuf-Jean_Hugo%5B1%5D.jpgCe livre permet de comparer un monde se prétendant libre et progressiste, le nôtre, et la France de 1919 et des années folles, des nuques rasées des hommes et des femmes qui commencent à montrer leurs jambes et danser en se passant de la permission de minuit d'un quelconque chaperon ou de leur époux. Cette liberté, le pays croira la payer par la défaite de 1939 car finalement les grandes personnes restent des enfants terribles, mais quelques uns des personnages futiles de ces années là deviendront alors des combattants contre les totalitarismes sans se poser de questions, se retrouvant côte à côte avec les adversaires d'hier, l'auteur de cet ouvrage optant pour une attitude beaucoup plus ambiguë, car il collabore et fait du marché noir à grande échelle, même s'il meurt d'une balle dans la nuque tirée par un SS (ci-contre la cellule où il est mis "au secret" en 1945), qui fascinera et fascine toujours Patrick Modiano pour qui il est une figure paternelle idéale. Au passage, le cas de Maurice Sachs, d'origine juive, converti au protestantisme en 37, attiré un temps par le communisme, montre toute la complexité des êtres humains pendant l'Occupation et que ni l'héroïsme, ni la saloperie ne sont solubles dans de grandes et creuses formules. Il n'est pas plus amoral que d'autres somme toute.

    mauricesachsfy3.jpgLe journal de Maurice Sachs, de son vrai nom Maurice Ettinghausen, « Au temps du Bœuf sur le toit », ressemble par sa texture et son contenu à un dessin de Cocteau. On a l'impression trompeuse que c'est futile et facile, alors que ça demande beaucoup d'art, de travail et un coup d'œil unique. Il commence à le rédiger en 1919, après la Grande Guerre, la première boucherie moderne, à une époque où l'on ressent un immense besoin de défoulement, de se laisser un peu aller à un peu plus de liberté, à savoir donc tout le contraire de notre temps qui réclame toujours plus de cadres et toujours moins de libertés, par peur de mûrir ou d'être adulte, ou de se confronter simplement au réel. L'auteur a de la chance, il peut se permettre de ne songer qu'à lui et à l'épanouissement de son plaisir ou de ses dons, cela se rejoint parfois, car il est d'une famille de bonne tenue. Orphelin de père, il aime beaucoup sa mère qui le lui rend bien. Il multiplie les conquêtes amoureuses et rencontre les artistes importants de l'après-guerre, Cocteau bien sûr mais aussi le «Groupe des Six », Erik Satie, faussement timide, dont les yeux pétillent d'ironie et d'intelligence, Blaise Cendrars qui prétend qu'il a perdu un bras à la guerre et en a retrouvé un depuis qu'il est rentré à Paris et qu'il fréquente les filles de petite vertu selon le terme traditionnel, les esprit mal tournés comprendront de quel « bras » il parle.

    dyn001_original_640_444_pjpeg_2565708_fad8033de4b5a972de04c424c074a59c.jpgSachs est essentiellement un dilettante, un dilettante de talent, mais un dilettante ce qui aux yeux des braves gens laborieux et serviles, dociles et soumis aux bêtises du temps, est un crime, une sorte de faune post-moderne qui est tout à fait lucide sur ses contemporains. Il n'a aucune illusion entre autres sur Picasso ou les pseudo-audaces de ceux qui miment le mouvement surréaliste embryonnaire qu'il connait bien, fréquentant Aragon et Breton. Il découvre aussi le cinéma, et fait part de son admiration pour Chaplin et Griffith, faisant montre finalement d'un goût très sûr car déjà les films prétentieux ou nuls, ou sans intérêt, pullulent. Il va au théâtre voir Réjane, vedette de l'époque, ainsi que Lucien Guitry dont il apprécie la personnalité « hénaurme ». Et bien sûr, il collectionne les conquêtes, avouant préférer presque les « filles » des boulevards aux petites ou grandes bourgeoises avec lesquelles il fleurte des mois bovarisant plus ou moins avant d'obtenir ce qu'il désire depuis le début, la chose faite, la dame ne l'intéresse plus que médiocrement excepté une certaine Louise dont il tombe amoureux. Dans ces moments, son journal se confond avec celui de Lafcadio, dont il fréquente, amicalement, le créateur, André Gide, qui le recommandera à la NRF quand Sachs sera obligé de travailler pour gagner de l'argent après la Crise de 29 qui le ruine, il arrête alors son journal. Il rencontre la gloire littéraire de manière posthume avec la publication en 1946 de Le Sabbat, puis de Chronique joyeuse et scandaleuse, en 1948, et de La Chasse à courre, en 1949.

  • Rideau de fumée contre la grippe A ou Luc Chatel est-il un con ?

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    Sur la photo ci-contre, j'en vois deux qui rigolent, des graines de sauvageons, c'est sûr...

    On nous annonce à grand fracas un grand plan pour protéger les enfants de la grippe "A", la fameuse grippe mexicaine, le Mexique étant à la mode le nouveau ministre de l'Éducation s'étant entouré d'une kyrielle de conseillers, 25, tous généraux en somme comme dans l'armée du pays pré-cité. On sait que la grippe "A" n'est pas mortelle, que le masque n'empêche pas de l'attraper, c'est pas grave, on prend le risque d'une psychose, le troupeau décérébré par la vision répétée des infos de TF1 y étant rapidement sujet.

    Pendant ce temps, on ne parle pas de la Crise et de ses ravages et des traders irresponsables qui l'ont provoqué, qui continuent avec les banquiers à faire exactement comme avant, bien qu'ils aient très peur puisque le nabot du Cap Nègre leur a promis les gros yeux quand il sera rentré des vacances.

    Sinon, Luc Chatel me rappelle cette affiche RPR de 1986 où ils étaient tous gominés et en chemises et cravates Ouôle Strite au vent, drôlement dynamiques et fiers d'être libéraux, maintenant ils font les supermarchés fréquentés par ces encartés de l'UMP convoqués pour applaudir spontanément.

    Donc, ce n'est pas la moitié d'un con Luc Chatel...

    Ci-contre, une ménagère blonde, je crois savoir qu'elle est harengère se livre au même exercice.

    Comme dirait Michel, "Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages"...

  • "Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages"

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    faut-pas-prendre-les-enfants-du-bon-dieu.jpgJ'avais l'intention de parler aujourd'hui de « Au temps du Boeuf sur le toit » de Maurice Sachs, excellent livre que je suis en train de lire, mais je me sens trop indolent pour ça : calme, euphorie et douceur de vivre, ça ne m'incite pas assez à la critique littéraire, ce sera pour un petit peu plus tard. Par contre, hier, j'ai revu « Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » de Michel Audiard, je sais, j'en ai déjà parlé mais c'est un petit bijou d'humour noir et de dérision rigolarde et foutraque : c'est filmé n'importe comment, le montage est fait par-dessus la jambe mais on s'en fout à la rigueur et il y a Marlène Jobert dans toute sa joliesse des temps enfuis, drôlement comaque, quand elle ne faisait pas encore dans le divertissement pour mômes. Elle joue Rita, la maîtresse de Fred l'élégant qui pique un milliard en lingots à Rosemonde, ancienne femme de petite vertu maintenant homme et chef de bande désintégré par Fred, avec sa bande, André Pousse, ainsi nommé car il s'habille toujours aussi chicos qu'un gigolpince, c'est normal il est huissier au ministère des Finances. Rita essaie de le rouler avec Charles, Bernard Blier, truand à l'ancienne qui arnaque lui-même Rita, après s'être fait refourguer le millard maintenant en "bolivars" du Venezuela ainsi que le conseille le fourgue, justement, un ancien entôleur habillé en prêtre orthodoxe. Rita demande alors du secours à sa marraine Léontine, Françoise Rosay, que l'on voit aussi dans l'excellentissime "Métamorphoses des cloportes". C'est donc pas du divertissement correct, camarade, c'est complètement immoral, et à la fin les voleurs s'envolent à Caracas.

    Un extrait du dialogue, très littéraire, ci-dessous, pour la bonne bouche :

    -J'ai bon caractère mais j'ai le glaive vengeur et le bras séculier. L'aigle va fondre sur la vieille buse.

    -Ça c'est chouette comme métaphore.

    -Ce n'est pas une métaphore c'est une périphrase.

    -Ah fait pas chier !

    -Ça c'est une métaphore.

  • Typologie du « Gilbert » - gentil et con, rassurant

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    les_bronzes_font_du_ski_7.jpgJ'ai connu plusieurs Gilbert, il m'arrive, comme tout le monde, d'être aussi un Gilbert d'ailleurs. Le surnom vient d'un étudiant rencontré à Nanterre correspondant à l'idée du Gilbert que je v ais définir et qui ressemblait beaucoup au Gilbert des « Bronzés », toujours premier degré et toujours en retrait. Le Gilbert dont je parle est un composite.

    Au collège, il avait une pétrolette maigrelette, « customisée » d'accessoires que l'on trouvait ridicule mais qui témoignait de sa naïveté et son besoin d'être reconnu comme un type populaire. Plus tard, il reçut en cadeau une petite moto qui à ses yeux le mettait à part du commun des mortels. Gilbert faisait quelques fois des grosses blagues mais qui tombait toujours à plat, ou qui ne faisaient pas rire du tout, comme balancer une boule puante dans le gymnase où nous faisions du sport mais au moment nous entrions dedans. Gilbert était timide avec les filles mais les épiait dans les vestiaires ou à la piscine. Gilbert aimait bien jouer au mini-golf, parce qu'il faisait toujours un bon score et que là il pouvait briller, du moins à ses yeux et c'était suffisant. Plus tard, j'ai revu Gilbert, il a tenu à me montrer sa baraque, ses gosses et sa réussite, croyant tenir là sa revanche sur les humiliations imaginaires pour beaucoup vécues quand il était plus jeune.

    Au lycée, Gilbert aurait bien voulu être populaire là encore. Il était couvert d'acné, quelques fois il arrivait que les types, quant à eux vraiment « populaires » pour des raisons tout autant stupides que celles qui poussaient Gilbert à se ridiculiser, se paient sa tête facilement afin de se mettre en valeur auprès de leurs copines, des Gilberte pour la plupart. Parfois, d'autres lycéens prenaient Gilbert en pitié, mais fussent-ils victimes eux aussi des vedettes de la cour de récréation que Gilbert, cette andouille, se joignait au chœur des railleurs. Il voulait simplement être comme tout le monde, se fondre dans la masse de la horde, il ne comprenait pas que c'était le fait d'être lui-même qui aurait pu le rendre plus libre, il ne voulait pas être libre de toutes façons. A la cantine, Gilbert était très sage et mangeait de tout, y compris l'infâme viande hachée en boîte à la sauce tomate que l'on osait servir à l'époque aux gosses, il sauçait jusqu'à la dernière goutte de jus rougeâtre qui suintait sur l'assiette.

    sanstitreb.pngA l'université, Gilbert avait encore plus soif de reconnaissance, non pas pour des dons quelconques, mais pour la reconnaissance seulement. Gilbert tentait de s'intégrer à différents groupes, se donnait différents louques tous plus faux les uns que les autres. J'ai vu un Gilbert un soir portant une large écharpe rouge improbable, la tête coiffée d'un chapeau mou ou un « borsalino », fumant une pire qui le faisait tousser, jouer les esthètes décadents dans un café où le demi-pression était à 32 francs (note : la monnaie d'avant la « monnaie d'occupation les enfants). Un soir Gilbert était venu dîner avec nous dans un restaurant de Montmartre, il ne faisait pas de manières, il s'était noué une grande serviette blanche autour du cou et attendait les plats les couverts en position d'attaque, on ne peut pas dire qu'il manquait d'allant et à la fin du repas la nappe était constellée de tâches de tout ce qu'il avait choisi sur la carte. Je m'aperçois que là il mettait en lumière les prétentions chichiteuses du reste des convives, des gilberts aussi qui se prenaient pour des dandies, ce qu'ils n'étaient pas, plutôt des gosses de riches.

    Ce qui sauve souvent Gilbert est qu'il est parfois gentil, et plus humain que d'autres. Mais c'est à double-tranchant car il devient alors le con de service rassurant pour les autres gilberts.

  • Les enfants stars génétiquement modifiés

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    En matière de satire, les américains ont à nous apprendre, en particulier le site "The Onion" qui s'est fait connaitre en publiant un atlas géopilitique farfelu il y a quelques années...

    J'aime beaucoup cette vidéo qui montre la conception d'enfants-stars génétiquement modifiés.


    Disney Lab Unveils Its Latest Line Of Genetically Engineered Child Stars

  • Feuque Starbeuque !

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    Je sais, j'exagère, mais il fallait parler de ce sujet fondamental.

    chicago-fuckoff.jpgDepuis quelques temps, on voit se multiplier à Paris comme le mildiou sur les vignes les cafés « Starbeuque », à peine le temps de cligner des yeux qu'il y en a un qui sort du sol. Dans une ambiance fadasse et frelatée qui aux États Unis passe pour européenne, on y écoute du djazz izi listening, pas trop dissonant, on boit toutes sortes de cafés dont une bonne sœur ne voudrait pas, de la lavasse à peine colorée, un jus dont ma chaussette aurait honte. Quand les acteurs des séries ou des films amerloques boivent ça, on a presque l'impression que c'est bon. Dans les mains des adeptes grégaires de n'importe quelle nouveauté à la con, on voit de plus en plus de gobelets à cette enseigne, des trucs gélifiés pleins de bons colorants et de bons conservateurs, des machins glacés que l'on trouvait avant pour moins de trente centimes (des « mister freeze » quoi). Ils aiment ça selon l'idée que tout ce qui est nouveau est bel et bon et que de toutes façons on se doit de suivre le troupeau. Cela fait top-moderne et les filles ou les garçons qui vont là-dedans ont l'impression d'un coup d'être « un tout petit peu l'homme du XXème siècle » pour paraphraser Madame Mado, une copine. Ils se croient presque en couverture des magasines pipeaules à la mord-moi-le-noeud qu'ils lisent assidûment, même si quand tu les interroges ils prétendent tous se plonger dans Proust et ne regarder qu'Arte.Le Starbeuque café c'est aussi un non-lieu exportable, qui remplace progressivement, comme tous les autres non-lieux, tout ce qui pouvait avoir encore un reste d'identité dans une ville.

    Je suis aussi à la fois content que les vrais lieux, les endroits encore authentiques, ne soient pas si populaires n'aimant pas la foule, et triste car ce serait bien que la foule y aille, elle s'y perdrait moins.

  • Explosions de portables, enfin la paix ?

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    cellphone-timebomb.jpgEnfin, ça commence avec les ail-phones et les ail-paudes, et j'espère, si tout va bien, ça va s'étendre à toute les autres marques, des portables et des baladeurs numériques explosent de plus en plus régulièrement. On rêve de retrouver enfin la paix d'avant "les portables", (ou plutôt d'avant les téléphones cellulaires devrait-on dire, comme les anglo-saxons), bientôt finies les conversations ineptes, les "T'es où ?!" claironnés toute la journée, le gougnafier qui prend le métro, le bus, le train pour son bureau alors que l'on n'en a rien à foutre, à la trappe le VRP qui fait ses commandes entre l'entrée et le dessert, fini l'andouille qui impose à tout un wagon sa musique pourrie, terminé la pauvre fille ou le pauvre type qui se donne une contenance en mimant une conversation, plus de stupidités miévres et sentimentalo-débiles débitées par des adolescentes bourgeonnantes à la terrasse des cafés : "C'est mon amour, rires cons, oh je le kiffe trop, rires cons, iléchouou trop chou, rires cons, ad lib...", les professeurs n'entendront plus les parents se plaindre qu'un livre à deux euros c'est trop cher alors que leur chérubin claque 300 euros de facture de téléphone par mois, principalement à débiter des âneries...

    Mais je rêve, je divague, vous croyez que c'est possible, non, quand même ces explosions ? (espoir quand tu nous tiens)

  • Marcel Aymé – Les Bottes de Sept Lieues de l'enfance

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    3003191-Monmartre_at_night-Paris.jpgOn n'oublie jamais son enfance, on la renie parfois en se disant que si le monde est ainsi il faut bien s'y résoudre alors que les réactions des enfants sont souvent largement plus saines, les tout petits enfants car la sottise prend rapidement le dessus ainsi que l'auteur le montre fort justement dans « les Bottes de Sept Lieues » qui montre aussi un Montmartre poétique comme jamais, et réel, bien loin des chromos retouchés à la palette graphique. Je pense toujours à ses histoires quand je me promène dans Paris. Dans cette nouvelle en particulier, les enfants sont déjà marqués au fer rouge par les préjugés de leurs parents. On peut également relire à tous les âges les « Contes du chat perché », bleus ou rouges, qui montrent des petites filles qui dialoguent avec les bêtes de la ferme de leurs parents, dialogues animaux et enfantins parfois teintés de cruauté et lucides quant à leurs maîtres ou géniteurs. Et les deux gamines ne sont pas des enfants de papier, trop parfaits ou chahuteurs stéréotypés, ou gamines exemplaires, la psychologie enfantine y est extraordinairement bien rendue.

    Marcel Aymé n'était pas un beau parleur, un type loquace, il lâchait de temps à autres un mot, ou une phrase, dans les grands jours, entre deux grands longs silences. Il avait souffert de la grippe espagnole et elle lui avait laissé une paralysie faciale dont il souffrit jusqu'à la fin de sa vie. La littérature, l'écriture lui étaient donc fondamentales. Non pas pour noyer ses contemporains sous le flot d'une logorrhée prétentieuse mais juste pour dire deux ou trois choses sur l'espèce humaine et le dire par la puissance de son imagination qui mêle étroitement le quotidien et le rêve, les fantasmes, comme « la Vouivre » que l'on peut croiser dans les bois jurassiens, ou une « Jument Verte » révélatrice des désirs et des tentations des personnages du roman qui porte ce titre.

    On cherche souvent à le classer politiquement, enfin surtout les idéologues ou les dogmatiques pour qui hors de leur camp point de salut. On le dit souvent « anarchiste de droite », ce qui me semble un tant soit peu réducteur malgré tout. Si il n'aimait pas les cuistres qui vous expliquent sans frémir qu'il faut que les trois quarts de la planète meurent de faim pour que le reste de l'humanité en profite, il rejetait aussi ceux qui préconisent le massacre des profiteurs. Pour un tout petit enfant, c'est normal de partager, d'être fraternel. En principe.

    Ce qui est intéressant est que quand Marcel Aymé veut se faire plus didactique ou soutenir une cause il est beaucoup moins intéressant sauf peut-être avec « la Tête des autres » et bien sûr "Uranus", « Le confort intellectuel » étant plus lourd tout comme « les Maxibulles ».

    grace.jpgOn le dit anti-clérical mais il comprend mieux le salut et la miséricorde que bien des croyants pour qui la foi est surtout un machin social ou une doctrine totalement sèche se prévalant malgré tout d'amour du prochain, de souci des pauvres, comme la femme du pauvre saint auréolé de « la Grâce » (Michel Serrault et Pérette Pradier ci-contre), obligé, forcé de pêcher pour que son épouse acariâtre ne rejette pas Dieu, car celle-ci se soucie plus du monde, de ses ragots et commérages, que du paradis, qu'elle laisse à l'intérieur de l'église, ou comme les exécuteurs de ce pauvres Dermuche qui ne comprennent pas le miracle que le Créateur lui accorde en le faisant redevenir enfant, finissant guillotiné quand même. Force doit rester à la stupidité humaine.

    On songe aussi à l'huissier qui consigne sur carnets toutes ses bonnes actions alors que Saint Pierre lui a donné une seconde chance et qui finit par être sauvé pour le seul acte, grandiose, qu'il ait jamais commis gratuitement : défendre une veuve harcelée par un de ses confrères et crier « à bas les propriétaires! ». On se rappellera également du pauvre diable, Machelier, qui pose pour des photos saints-sulpiciennes du Christ et finit par se prendre réellement pour son personnage. La fin pourrait être extrêmement sombre si l'auteur ne la teintait d'un peu d'espoir, ou d'ironie, les deux clodos qui observent Machelier descendre vers la Seine croient brièvement le voir marcher sur l'eau du fleuve. Et bien sûr, comment oublier la figure de Clérambard ? Noble ruiné, impossible avec sa famille qu'il exploite dans un atelier de couture, violent, chasseur sanguinaire, il croit voir Saint François d'Assise lui apparaître et l'enjoindre à plus de douceur. Il reste tout aussi impossible, violent et extrême, voulant marier son fils malingre et cauteleux à la putain locale, la fameuse « Langouste » qui n'est pas exactement d'accord contrairement au fils qui entrevoit des lendemains sardanapalesques. Clérambard est un gosse trop gâté, un grand enfant trop exigeant et dominateur qui finit par se laisser aller complètement à tout laisser tomber pour partir sur les routes. Bigard, dont je déteste les textes, aurait sans doute fait un excellent Clérambard, dommage qu'à Marcel Aymé le public préfère des conneries drôledement et pseudo « concernées sur le couple et ses tracas » ou du boulevard joué par des « has-been » sans talent (je ne citerai pas les noms de Steevy, Eve Angéli, Jean-Pierre Castaldi, etc...entre autres, non je ne jetterai pas leurs noms en pâture).

    le%20passe%20muraille.jpgBeaucoup lui font actuellement les mêmes reproches que ceux qu'Agnès Desarthe adressait à Alain-Fournier : ce n'est pas assez moderne, en lien avec l'époque, ou le nombril de l'époque, il n'y a pas d'engagements suffisants pour que les lecteurs adultes ou non aient des « prises de conscience ». On préfère faire lire aux gosses des histoires de divorce, de famille recomposée, de drogue, de sexe, en bref on leur renvoie un miroir faussé. Personne ne voit donc que la poésie, l'imagination, le rêve permettent de mieux comprendre la bêtise de nos semblables et de la dépasser, sans haine ni rancœur ? Les adultes quant à eux lisent de préférence les romans Harlequin de luxe de Guillaume Lévy ou Marc Musso (à moins que ce ne fût le contraire) ou les tribulations égocentrées de quadragénaires plus ou moins névrosés, à cause de l'autre sexe, de leur bêbé ou des "zôtres" en général qui appellent ça de l'autofiction ou leurs carnets littéraires avec un grand "l".

    Marcel Aymé était simplement lucide comme le montre l'extrait ci-dessous, généralement, cela déplait, les gens préfèrant le plus souvent s'embourber dans l'erreur...

  • La réalité du monde d'aujourd'hui

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    Cette vidéo montre la réalité du monde dans lequel nous vivons.

    Et nous avons du mal à la regarder en face.

  • Le très grand défouloir libéral – à propos du « Spring Break »

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    ap_spring_break1_080402_ssh.jpgJe viens de voir un reportage sur cet événement américain, un million d'étudiants. La destination privilégiée des spring breakers nord-américains est le Mexique, avec les villes de Cancun, Acapulco ou Puerto Vallarta et la Floride à Panama City Beach, largement rendue populaire dans les années 80 par MTV. Au départ, on trouverait ça presque sympathique, des fêtards contre la bêtise de pentecôtistes qui viennent leur affirmer qu'ils vont aller en enfer, et puis à bien y réfléchir c'est la même sottise qui s'y manifeste mais dans l'autre sens. Tous ces étudiants, souvent fils de bonne famille, friqués, bien élevés, en théorie, montrent bien que tout cela n'est qu'un vernis et qu'au fond ils restent aussi primaires que l'on imagine l'être notre ancêtre australopithèque, boire, bouffer, baiser et s'éclater parfois dangereusement avant de passer une vie à se soumettre aux diktats libéraux-libertaires.

    Tous ces fêtards deviennent « traders » jouant avec la vie de millions de personnes en jonglant avec l'argent des entreprises, sans scrupules, s'enrichissant pour toujours plus dépenser, et rester soumis, on ne s'étonne pas finalement du désastre de la Crise actuelle ; d'autres s'engageant dans l'armée US après avoir dégommé de l'irakien sur un jeu vidéo.

    On leur lâche un peu la bride pendant le « Spring Break », la police n'intervient que très modérément, on ne punit pas les chauffards, à peine les violeurs. Les petits étudiants qui deviendront des notables honorables n'y sont pas autre chose que des porcs, les petites filles sages qui viennent ici s'encanailler rêvent de cro-magnons virils et brutaux, pas de séduction ni de jeu amoureux ici, on en est resté au basique. Ils m'ont rappelé ces étudiants français, pleins de bonnes intentions quant à l'apprentissage de leur culture, et fasciné par les expressions les plus basses de ce qu'ils s'imaginent être leur identité virile, ils se clament bon garçons et se voient en hommes-singes, seule comptera de toutes façons l'enrobage, même pas besoin d'être vraiment cultivé.

    Tout cela est parfaitement normal dans notre société où seule compte la satisfaction immédiate du plaisir, tout le reste n'est qu'hypocrisie car il n'y a plus rien d'autres comme valeurs communes, si j'ose dire. Et le net n'est que trop souvent une sorte d'immense "Spring Break" continu qui permet le défoulement des pulsions les plus basses.

    Ci-dessous des spring-breakers français en quelque sorte, surtout pour la phrase. : "Je veux être un voyou, vrai de vrai hors la loi..." et le discours économique de Bernard Campan (Je sais ça n'a qu'un lointain rapport mais j'avais envie de caser ce rap)

  • "Du sable dans le maillot de bain en lamé"- cinquième épisode

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    La fabuleuse saga continue, vous alllez voir, c'est on ne peut plus palpitant....

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    Steve avait été sauvé « in extremis » de la noyade par une jeune femme sauveteuse, qui faisait du 90 B ce qui était déjà fort acceptable, en mer, diplômée de plongée émérite ce qui était normal vu les poumons dont elle disposait, qui l'avait vu presque sombrer dans les eaux noires et tourbillonnantes de l'océan pacifique (dont les eaux sont noires quand un bateau coule ou qu'un truc arrive drôlement dramatique). Mais il était amnésique. La jeune sauveteuse s'était dit que cet homme là devait certainement être un architecte brillant et riche qui venait de perdre son oncle à moins que ce ne fût sa tante. Elle trouva dans la poche intérieure droite du costume monsieur de Fursac de l'élégant jeune homme le numéro de sa secrétaire, Sandra, qui sentit alors que c'était le bon moment pour se dévouer entièrement à Steve.

    Celui-ci était à l'hôpital du Bon Samaritain de Beverly Hills, quand elle vit Sandra eût un choc, sa tête, celle de Steve, pas de Sandra, était entourée de bandages épais et blanchâtres. La chambre était large et claire et de la fenêtre on voyait les lettres géantes Hollywood du miroir aux alouettes fabuleux qu'était cette usine de stars qui avait déjà tant fait rêver le monde.

    Steve lui dit :

    - Sandra, dieu du ciel, où suis-je, je n'arrive pas même à me rappeler qui vous êtes bien que vous appelant par votre prénom.

    Sandra était confuse :

    - Steve, je suis votre secrétaire et confidente et commise de bureau efficace et sexy, je vais m'occuper de vous à présent, tout va bien se passer, vous allez vous reposer chez un homme que j'admire car c'est un puits de sagesse, le maharashi Ravajputallah de Calcutta.

    getty_villa_malibu_600x.jpgLe maharashi Ravajputallah était un saint homme qui avait fait récemment construire une villa à quatre millions de dollars de 450 mètres carrés sur les hauteurs de Malibu, grâce à la générosité de ses fidèles tellement inquiets de la sérénité de l'homme du divin, afin de se recueillir et de trouver là un dépouillement qui l'inciterait à encore plus de sérénité.

    Quand Steve et Sandra sonnèrent à son huis électronique, Steve perdu dans ses rêveries à la place passager, Sandra anxieuse que tout se passe bien au volant de la Porsche de fonctions de Steve, le saint homme finissait de raconter une anecdote charmante à ses disciples :

    -...Et alors, il lui dit, accroche toi au pinceau, j'enlève l'échelle ! »

    L'assistance répondit par un profond :

    « Om !!! »

    Le maharashi ne semblait pas satisfait, il dit : « Bon c'est pas grave, mais il faudrait faire preuve d'un peu plus de compréhension de mon humour qui m'a été transmis par les sages bonzes du mont sacré du Gnou albinos, la prochaine fois nous étudierons la signification de l'histoire de Toto derrière l'église ».

    Il s'entretint longuement avec Steve, il s'enquit de savoir si la belle Sandra avait pensé à amener la feuille d'impôts de l'année dernière de Steve qui contemplait l'océan atlantique que l'on pouvait voir des fenêtres de l'homme de sagesse millénaire grâce à un ingénieux système de miroirs électroniques couplés à un satellite géostationnaire. Il était connu dans le monde entier, le célèbre Mathieu Anisette 51 était venu étudier chez lui, et donnait maintenant des cours de côtching de bien-être dans le monde entier.

    Sandra n'avait prévenu personne et surtout pas la presse, ce qui fait que dés le lendemain, on put lire dans les journaux que Steve avait disparu sans laisser de traces.

    Pour Gilles Greysome, l'affaire se compliquait. Il ne disposait que d'un seul indice, un MAILLOT DE BAIN EN LAMÉ (d'où le titre, on remarquera que c'est habilement amené) rempli de sable de Malibu (il était parfumé à la noix de coco).

    À suivre...

  • Exposition "la Shoah et son ombre"

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    gal_13268.jpgNouvelle exposition sur nikibar.com :

    Francine Mayran-Hertzog
    La Shoah et son ombre

    Francine Mayran-Hertzog est peintre et psychiatre, et vit à Strasbourg.
    Elle peint ce qu'elle n'a pas vécu. Elle ressent profondément ce qu'elle n'a pas connu.
    Elle réinterprète ce qu'elle a vu, lu et entendu tant dans les films d'archives que dans les témoignages.
    ...et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur : http://www.nikibar.com/

  • « Paris-Texas » - Torrents d'amour

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    photo-Paris-Texas-1984-3-2.jpgLe film de Wim Wenders, qui est un de mes films préférés, m'évoque aussi un mauvais rêve que j'ai souvent fait à une époque. Je marche tout seul sous un soleil de plomb à côté de la voie ferrée, il n'y a personne et l'univers semble complètement figé, à part moi et quelques personnes que je retrouve au hasard de la route. Dans mon rêve, je voudrais retrouver la foule, ne plus sentir le néant de ce paysage immobile, un peu comme Travis dans le film qui marche pour oublier un amour perdu, et pour se perdre lui jusqu'à devenir un homme nouveau et différent, un tout petit peu meilleur. Il y avait la passion, la violence, une nuit tout a brûlé. Et celle qu'il aimait est parti car elle était comme lui, on pouvait difficilement la tenir en cage. Travis se perd dans le désert mais il se perd aussi dans les non-lieux de la ville. Ses errances ressemblent à des toiles hyperréalistes, des verts glauques y voisinent avec des rouges un peu trop de la couleur du sang. Et il y a la musique de Ry Cooder, les cordes qui résonnent uniquement à cause du vent. On ressent la même curieuse sensation de sensualité qu'en regardant les portraits proposés par David Lynch sur l'Amérique des marges. Et moi j'y retrouve la même sorte d'âme qu'au Proche Orient.

    La tentation du désert est toujours forte, pour oublier la stupidité du jeu social que l'on doit refuser entièrement ou accepter entièrement, il n'y a pas de demie-mesure, elle est si forte pour oublier les amours dits impossibles, les amis qui disent : « Je te l'avais bien dit », ceux qui ne disent rien parce qu'ils savent que tu l'aimes encore, et ceux qui s'effraient, qui voudraient bien que tu guérisses mais tu sais que tu ne peux pas car tu l'aimes encore, malgré tout, malgré la fatalité.

    On ne peut pas leur reprocher de se soucier de toi même ceux qui voudraient que tu positives sans plus te soucier du reste, que tu chausses des lunettes roses comme dans un roman à l'eau de rose moderne avec famille recomposée super-sympa et grandes tablées autour de plats et de boissons hygiéniquement corrects.

    *

    la-mer-a-cesaree-maritime-1911.jpgUn jour devant la Méditerranée, à Césarée, l'un d'eux m'a vu perdu dans la contemplation des vagues, nous étions sur un promontoire couvert d'un gazon grotesque sous ces climats.

    Il m'a pris le bras :

    « Viens, tu te noieras une autre fois ».

    Cela fait chic d'être romantique à Césarée, pensif et futile au fond.

    *

    Chez elle, chez cette fille aux yeux gris, il y avait une photo d'Harry Dean Stanton en Travis, marchant au milieu du chemin de fer, face au ciel implacablement bleu, le regard abandonné. Il y avait aussi une photo de Cassavettes vieux, malade, dans son dernier film, qui semblait présenter une parenté avec celle de « Paris-Texas », des êtres humains trop sensibles, trop lumineux, trop aimants, dont les sentiments paraissent dangereux. Il n'avait pas du tout l'air blasé ou cynique, il avait de la compassion pour cette société un peu trop médiocre, uniquement tournée vers l'infantilisation et l'allégeance débilitante à ce qui reste des objets pour la plupart totalement inutiles. Les autres aimeraient bien vivre ces sentiments, mais ils ont peur de la réaction du troupeau, de leur place dans la horde. Le groupe est plus confortable

    *

    paris_texas.jpgComme Travis, je ne veux pas dire que je ne suis pas heureux, que je souffre de cette absence, que je souffre de ne pas me sentir à ma place dans un monde qui quantifie tout et oublie de rêver, ressentir hors des cadres ou penser tout seul sans qu'on lui souffle les réponses. On sait très bien que l'on ne rencontre pas deux fois un amour aussi fort, et que pour se consoler, on ne peut pas envisager un couple de raison, ce qui rendrait quelqu'un d'autre malheureux également, ou lucide. Il paraît que l'intelligence c'est ce qui nous permet de prendre l'étendue de notre sottise ou du désastre de la plupart des sociétés humaines, y compris celles qui se prétendent civilisées.

    Travis retrouve Jane, il lui redonne la possibilité d'être heureuse, et libre, elle qui en était réduite à mimer le bonheur à deux pour du fric derrière une vitre, dans un acte d'amour totalement désintéressé comme cela devrait toujours être.

    La plupart du temps, on s'interdit de croire que ce genre de sentiments et d'amour est vraiment possible mais si nous y rêvons c'est que pourtant il l'est.

    Ci-dessous la scène des retrouvailles de Travis ("Trâvisse" comme dit Aurore Clément en V.O., ce n'est pas une moquerie, ça participe de la beauté du film) et Jane

  • "Z'avez quelq' chose contre ma communauté ?"

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    « Z'avez quelqu' chose contre les gens du voyage ? »

    le_cirque_pinder_est_place_carnot_a_nancy_du_jeudi_26_au_dimanche_29_juin_2008_large.jpgIl y a quelques temps, en vacances, une jeune mère de famille qui m'est proche croise dans la rue une femme, prospectus à la main pour un cirque, qui lui lance agressivement en lui mettant sous le nez le papier :

    « Nous on est des gens du voyage, vous n'avez rien contre les gens du voyage ? »

    Comme si le fait de ne pas aller voir le spectacle impliquait le racisme envers les gens du voyage. Quoique après avoir entendu une quinzaine de fois sortant d'un haut-parleur nasillard et gueulard : "Ce soir, graaand spectacle à la plage !!!..."

    Bien sûr, les enfants sont quand même allé voir les clowns, les acrobates, et les animaux faméliques à l'entrée du chapiteau que tout comme cette mère de famille je n'aime pas voir privés de leur liberté.

    Mais je trouve l'histoire frappante, on n'aime pas les romans de Christine Angot, c'est parce que c'est une femme et qu'elle est féministe (moi c'est parce qu'elle écrit mal), on n'aime pas Marc Lévy, on est prétentieux (alors que moi c'est surtout car il écrit avec les pieds), on a le droit alors au « tous les goûts sont dans la nature », en somme y compris les pires, on n'aime pas un film français tellement sympa qui montre un trio amoureux homme+homme+femme, on est homophobe, et coincé, on se moque des chansons d'Amadou et Mariam on est racistes, on aime bien les films en V.O., on est bobo, idem si on apprécie la cuisine exotique. On lit Proust, ou Paul Morand, on est prétentieux aussi.

    Et le public qui ne va pas voir les films de trentenaires névrosés et/ou égocentriques est composé de ploucs sans cervelle et franchouillards bien entendu. On dénonce le clientèlisme on est jaloux

    hypermarche2.jpgOu alors c'est comme Guy Carlier parlant d'un racisme anti-gros alors qu'il se permet lui de se moquer du physique de ses cibles, racisme que l'on met à toutes les sauces, sans parler de la propension actuelle du moindre groupe social à se victimiser ou jouer les victimes expiatoires. Et de penser que n'importe quelle stupidité présentée en habitude ou tradition se justifie incontestablement par l'appartenance à une communauté.

    La société se transforme en gigantesque supermarché dans lequel chacun fait ses courses sans se soucier de l'autre, vivant dans une bulle virtuelle de plus en plus contractée, à cause des moyens -a priori- de communication (j'ai encore croisé tout à l'heure une jeune fille qui se donnait une contenance en menant une conversation qui était visiblement totalement imaginaire avec un correspondant volatil (et non volatile : ah, ah, ah, suis-je spirituel?).