Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Les vacanciers et les locaux en été

    Imprimer Pin it!

    plages1.jpgEn vacances, on distingue deux catégories, les vacanciers, appelés aussi « les parisiens » par les locaux, et les locaux, dont le village passe en été de 2000 habitants à 25 ou 30000 pour certains endroits. Par parisien, bien sûr, on entend tous ceux qui ne sont pas de la région. Le « parisien » a un rôle appréciable, on lui vend le litre de lait, la douzaine d'œufs deux fois plus cher que pendant l'année, et il ne dit rien car il est en vacances et ne veut pas se prendre la tête. On lui présente également des croûtes innommables comme des toiles de maîtres locaux, tellement authentiques dans l'esprit pittoresque, des vêtements traditionnels fabriqués à Taïwan, des saloperies immangeables (brioche élastique, crêpes sableuses) comme des spécialités séculaires, et il ne proteste jamais. Mais on ne l'aime pas beaucoup, car il est réputé mauvais conducteur, arrogant dés qu'il ose élever le ton, et envahissant. Parfois il arrive même qu'il proteste quand des locaux amènent leurs clébards sur la plage afin que ceux-ci s'ébattent un peu partout autour des châteaux de sables des gosses, forcément mal élevés, des « parisiens », ou des serviettes, prétentieuses, des parents. Le "parisien" est à peine toléré sur la plage.

    Plusieurs spécificités locales :

    File1_04613bfbf02aba.jpg- le magasin "typique" : s'appelle comptoir de la mer, magasin de la plage, ou Superstore Beach 3000 quand on n'est pas loin d'une plage de djeuns. On y vend des produits typiques qui doivent reflèter les désirs de la clientèle des vaches à lait de l'été : des biscuits réputés traditionnels, des bonbons traditionnels, des crèmes traditionnelles, des alcools traditionnels, tout un tas de produits réputés de tradition, mais une tradition revue et corrigée par la publicité ou "les choristes".

    Ce genre d'endroits est souvent tenu par les filles de notables locaux (médecin, notaire etc...) qui font la plupart du temps un concours de mauvaise volonté et de mauvaise humeur. C'est là que l'on vend aussi les produits habituels consommés par les "parisiens" pendant l'année, mais à des prix exorbitants car on est en vacances.

    On y parle beaucoup de la concurrence des supermarchés proches, dans lesquels on accuse tous les parisiens de se ruer : il faut dire que l'on y trouve les mêmes produits beaucoup moins cher.

    - Le maître-nageur sauveteur : C'est un djeuns du coin, habillé d'un ticheurte jaune ou rouge pétant. Idole des cours de récréation locales, il pense l'être aussi de la plage et se verrait bien comme un avatar des personnages d'"Alerte à Malibu", ce qui est évident assez difficile à évoquer dans la Manche ou sur les plages de Mer du Nord. Entouré de plusieurs midinettes jeunes et moins jeunes le soir au bar, il aime bien que les filles le tutoient afin de contribuer à sa légende de Don Juan des bords de mer. Quand il fait beau, il dira jovialement, les jumelles à la main : "Fait beau aujourd'hui !" et quand il pleut : "Fait pas beau aujourd'hui !".

    - Le magasin qui vend de tout : On y trouve des revues, pour adultes, souvent des trucs allemands bien dégueulasses d'ailleurs, des journaux pour les enfants, placés la plupart du temps juste à côté, "Mickey Parade" voisine avec "Valeurs Actuelles" et "Libération" avec "Mon tricot". Il y a plusieurs présentoirs de friandises, et également de souvenirs "typiques" : bateaux en céramique, phare sous cloche de neige, marins en poupée de chiffon, des cartes postales pour tous les goûts qui vont de la carte "drôle" (ou qui devait l'être en 1923) à la carte patrimoniale hors de prix. On y distingue les "habitués" qui connaissent bien le marchand et la marchande, et les petits nouveaux que l'on considère non sans hauteurs. Les "habitués", locaux ou pas, souvent retraités, y ont l'habitude commenter la politique : leurs commentaires se résument rapidement, "les jeunes c'est rien que des fainéants" et "maintenant c'est pas comme avant". Ou bien l'on se contente de ragoter sur les "parisiens" râleurs, arrogants et mauvais conducteurs etc...

    Quand il pleut ou qu'il fait frais, les "parisiens" stagnent dans ce genre d'endroits, sans particulièrement oser ouvrir les revues ou feuilleter les livres, qui en intimident la plupart, surtout quand l'un d'eux se retrouve au hasard des mouvements du troupeau réfugié devant les magasines juste le nez sur tel ou tel magasine masculin ou féminin livrant tous "les secrets de l'orgasme en vacances" (texto); ou "les plages les plus chaudes".

    - la famille type de "vacanciers" : Le père (vêtu d'un caleçon de bain/short qui aura tendance à flotter au vent ou se coller de manière arbitraire à la sortie de l'onde) continue à travailler en vacances, il adore le montrer pour bien appuyer sur le fait qu'il est quelqu'un d'important en période normale, sérieux, docile avec son patron et toute cette sorte de choses. La mère est active, elle veut bien s'occuper des gosses mais aussi conserver une image de femme moderne consciente de son temps et son époque. Il y a souvent parmi leur progéniture un ado ou une ado maussade et revêche, qui trouve que ce serait tellement bien que la famille aille en vacances à Ibiza "hein Môman ce serait chouette", des enfants parfaitement normaux qui veulent faire des châteaux de sable, nager dans l'eau et se dépenser, bien que de plus en plus apparaissent le gamin odieux qui a le nez collé sur l'écran de sa console portable constamment. On les retrouve souvent dans les crêperies attablés devant les crêpes typiques, la bolée de cidre typique, jusqu'en Méditerranée, et la glace typique.

    D'autres, comme on le voit ci-dessous ont une conception des vacances qui impliquent un retour à la nature radical en quelque sorte, on y pratique "le mélange des varices" ou "le partage des couches graisseuses". Eux aussi aiment bien partir pour oublier la foule et la cohue de la ville....

    Boue_9943.jpg


    Quelques souvenirs de vacances de Florence Foresti ci-dessous en complément.

     

  • « Du sable dans le maillot de bain en lamé » - quatrième épisode

    Imprimer Pin it!

    Enfin la suite de cette bouleversante saga...

    san-francisco-airport-address.jpgSteve décida de prendre l'avion pour aller assister à l'enterrement de sa tante qui en fait était son oncle qui était aussi Michael Jackson. L'appareil était un confortable Boeing 747 de couleur argenté éclatant de lumière sous le soleil doux et chaleureux de Californie. Il était en classe « affaires ». Il n'aimait pas beaucoup ça, car Steve avait une conscience sociale élevée, mais sa profession l'obligeait à maintenir un certain standing car ses clients sinon auraient déserté son cabinet.

    Ce fut donc la mort dans l'âme qu'il commanda une bouteille de champagne français, un cadeau de la Vieille Europe, un homard à la chair délicate qu'il mangea avec distinction mais du bout des lèvres en son for intérieur, son torse ceint d'un élégant tablier décoré d'un homard hilare proclamant sa joie d'être consommé par les passagers du vol 217 à destination de Los Angeles.

    L'hôtesse eut pitié de sa mine défaite alors qu'il consommait son troisième coquetèle espagnol :

    - Vous semblez triste malgré la réussite qui illumine chacun de vos pas ? »

    Steve répondit après avoir soupiré deux doigts de sa main droite posés sur son front, réfléchissant à la situation, essayant de comprendre ce qui lui arrivait :

    - J'ai perdu ma tante, je ne la connaissais pas, mais je l'aimais beaucoup, et maintenant je découvre des secrets monstrueux sur son compte. Et la police enquête sur moi. »

    vietnam2.jpgLa jeune fille brune et bien coiffée, sentant le savon frais, le teint plein de taches de rousseur, ce qui était loin d'être courant pour une brune, vit que c'était sans espoir, et elle alla préparer un verre de jus d'orange avec vodka à un de ses passager préférés, un producteur de films que l'on disait pour adultes d'une grande affabilité malgré son accent italien.

    A cet instant, le commandant de bord annonça qu'ils approchaient de L.A et prononça quelques mots :

    - Je suis le commandant Wassermill, nous approchons de la cité des anges, coiffée de la montagne de Burbank où tant de films superbes ont vu le jour. Du cockpit, j'aperçois le haut du toit du rantche d'Harrison Eastwood qui vit maritalement avec une jeune actrice rencontrée alors qu'elle était hôtesse de l'air sur le trajet que j'effectuais de Paris à New-York. Je suis très fier d'avoir contribué à leur amour naissant alors qu'il se remettait de son troisième divorce d'avec une ancienne comédienne, espoir du cinéma des années 70, rencontrée sur un paquebot qui faisait la traversée vers l'Espagne....ad lib »

    Le commandant continuait de parler, Steve se rendit compte alors, dans la fulgurance de ses réflexes, que l'avion était en train de piquer du nez vers l'Océan Pacifique. Le commandant évoquait maintenant sa petite enfance :

    - J'étais un enfant blond, aux boucles superbes, j'avais une peau d'une tendresse de pêche dans ses années là, beaucoup en était jaloux, car j'étais si beau, faut-il le dire. Mère avait tout de suite remarqué mes dons, et je débutais une carrière de sculpteur de rondins à la Julliard School de San Francisco mon dixième anniversaire passé. Une de mes œuvres fut envoyé au Louvre pour y être exposée deux jours. J'allais moi-même à Paris quelques temps plus tard, j'aime beaucoup cette ville très romantique...ad lib »

    Le majestueux oiseau d'argent sombra dans l'eau bleutée et transparente de l'Océan Pacifique à l'instant même où Steve se remémorait pour la quatorzième fois le dernier soir où il avait vu sa tante, enfin son oncle, enfin Michael Jackson.

    A San Francisco, sa secrétaire qui était bouddhiste eût comme un flash d'angoisse pour son patron alors qu'elle était en train de réfléchir à la prochaine couleur de son vernis à ongles (orange ou violet ?), elle fit tourner un moulin à prières et ferma les yeux alors que Gil Greysome, l'expert de la police était devant la porte, incapable de sortir, les mains toujours sur les hanches (contractuellement, il ne pouvait les enlever).

    à suivre...

    Le prochain épisode, enfin dévoilé le mystère du titre...

  • Elia Suleiman et le temps perdu - à propos de "Le Temps qu'il reste"

    Imprimer Pin it!

    2478.jpegIl y a quelques jours, discutant de l'Afghanistan, j'en viens à dire que c'est un refuge de fanatiques montés en puissance gràce à la politique diplomatique catastrophique des Etats Unis, entre autres, quelqu'un me répond vivement : "des musulmans quoi !". De plus en plus, on ne peut plus discuter du sujet sans tomber dans cet écueil ou l'inverse qui consiste à faire de l'angélisme. Je me demande toujours ce qui s'est passé en vingt-cinq ans à peine. Parcourant le Net, on tombe sur des articles qui essaient de vendre leur camelote à droite à gauche, à flatter leur communauté, la plus belle, la plus sage, la plus intéressante, et même la plus persécutée. Et puis il y a les artistes comme Elia Suleiman qui déplace le problème sur le plan de l'expression, de la sensibilité et de l'humanité. Ce dernier montre dans ses films, que ce soit "Intervention Divine" ou "Le temps qu'il reste", vu en avant-première (sortie le 12 août), tout le grotesque et la dérision de l'avidité humaine, la violence, même entre voisins, et la haine imbécile.

    On m'expliquera bien un jour aussi comment il se fait que des croyants doués de raison en principe se réclament d'un Dieu parfait par nature donc inaccessible à la bêtise, la violence et la mesquinerie pour opprimer leur prochain que ce soit par la guerre, ou des coutumes barbares, certaines acceptées par les personnes qui en sont victimes comme le voile ; ou bien appellent aux tribulations tragiques de leurs ascendants pour exercer une brutale coercition sur d'autres ensuite. Il y a aussi malheureusement les judéophobes prétendument anti-sionistes qui faisant le jeu de leurs supposés adversaires gênent encore plus toute argumentation car ils empêchent tout dialogue par leur connerie, dont Dieudonné. Enfin, cela me rappelle la suprème bêtise de tous ceux, touristes, pélerins incapables de voir que le plus important en Israèl et Palestine ce ne sont pas les pierres mais les gens, qu'un musulman ce n'est pas forcément une bouture de milicien paumé entre les tours de béton des cités de nos banlieues, ou un barbu le couteau entre les dents qui n'aime que tuer.

    arton197-c4b3a.jpgVoir ses films, c'est aussi rappeler quelques faits, il y a 20% des israéliens qui sont arabes et musulmans, qu'il y a des chrétiens vivant dans les pays arabes, en bonne intelligence avec les musulmans jusqu'à la stupide Guerre du Golfe, la colonisation des territoires de Cisjordanie est une réalité, et une colonisation. Il y a des villes de Palestine qui sont des villes ouvertes, accueillantes, comme Ramallah, la capitale réelle de l'Autorité palestinienne. Et que derrière "le problème" palestinien ou israélien, il y a des personnes avec des histoires, le désir de liberté, ce que le réalisateur montre dans "le Temps qu'il reste". Ce film est plus ou moins autobiographique, il ressemble aux premiers films de Carlos Saura et à certaines comédies italiennes. Les grands discours ne sont rien, tout comme les bonnes intentions.

    C'est comme en amour ou en amitié, les grands sentiments sont faux et inutiles, il n'y a que des preuves d'amour, ou d'amitié, le reste est superflu. L'histoire de la famille du cinéaste recoupe celle du Proche Orient, de ses errements, des rêves en somme autodestructeurs des idéologues qui ont cru conjuguer la révolution prolétarienne et la chariah, ce qui n'aboutit qu'à encourager le cancer fondamentaliste. Il montre aussi l'infinie complexité de cette région du monde qui ne se réduit pas à quelques formules lapidaires, que la Palestine laïque et ouverte à l'Occident des années 70 était une porte ouverte sur un champ des possibles autrement plus enthousiasmant que la succession ubuesque des plans de paix, dont le contenu montre que l'un pensait surtout à sa propre gloire, Arafat, pendant que l'autre faisait tout pour donner le moins possible. D'ailleurs les bons sentiments n'ont pas empêché Gaza ou les territoires de devenir petit à petit des bantoustans.

    19096255_w434_h_q802.jpgEt puis, et puis c'est une région du monde que j'aime pour justement son humanité, sa sensualité paisible, la douceur de ses paysages, son art de vivre tellement agréable qu'il est extrêmement simple à adopter. Le temps qu'il reste c'est celui que nous devrions employer à cette humanité, ces gestes de convivialité et de partage, à vivre en profitant de chaque seconde, sans être insouciants ou mièvres, mais vivre, quoi. Je connais bien les personnes et les lieux que le réalisateur décrit, je les aime autant que lui.  Je ferme parfois les yeux quand le ciel est bleu en été, presque autant que là-bas et je me souviens des rues de la Vieille Ville, des magasins de Ramallah, des filles en jean serré et de celles qui étaient déjà empaquetées, des points de contrôle et de l'arrogance des jeunes soldats, parfois on sentait le gamin perdu derrière les poses guerrières, qui avait envie de griller un clope et de s'asseoir autour d'une bouteille d'arak, les gosses qui vendaient du pain au sésame, des marchands de tout, des "mezze" en écoutant le bruit d'une fontaine à Jérusalem, du marché d'Hébron, d'un restaurant où l'on mangeait de très bons poissons grillés à Jaffa, des rues bruyantes mais libres de Tel Aviv. J'ai du mépris pour ceux qui sont incapables de percevoir la beauté de tous ces petits moments futiles donc indispensables.

    Bien sûr, les imbéciles pour qui un bon arabe est un arabe mort ne comprendront rien à ce texte. Tant mieux après tout.

    D'autres extraits ici

  • Les carnets de monsieur Manatane enfin édités ! Par Bernard-Henry Manatane son neveu

    Imprimer Pin it!

    66956763carnets-manatane-jpg.jpgMerveilleuses éditions du Seuil et du point ! Je suis joie, je suis enthousiasme aujourd'hui. Elles ont eu la bonne idée d'éditer enfin les carnets de mon oncle, pleins d'une étonnante sagesse et d'aphorismes indiscutables. Cela aurait dû avoir lieu déjà il y a dix ans, mais les deux histrions, Benoît Poelvoorde et Pascal Le Brun, chargés parfois de suppléer mon oncle quand son inspiration magnifique défaillait, ayant cru bien faire, se faisant passer pour leur bienfaiteur, avaient envoyé à Albin Michel une lettre qui provoqua l'ire du directeur de cette librairie. Celui-ci m'appelle maintenant sans répit pour sauver son établissement de la ruine, j'en suis marri mais je resterai de marbre.

    Admirable jeunesse cependant qui aime à se donner corps et âme à leur maître à penser, comme l'auteur de ce blogue, qui aime beaucoup les petites saynètes par lesquels mon oncle essayait de faire passer aux esprits égarés un peu de sa sagesse quant au savoir-vivre et à la culture. Celui-ci, d'une humilité sans failles, m'a demandé de le remplacer un court instant, étant certain de ne pas trouver les mots aussi bien que je le ferai pour éclaircir un peu la postérité de Jean Manatane.

    Il apparut dans l'étrange lucarne, après des années de travail érudit, d'apprentissage des bonnes manières, après un pèlerinage à Binche et un autre à Saint Jacques de Compostelle suivi de quelques retraites avec son maître à penser le Maarashi Om Ravajputallah qui est décédé hélas il y a deux ans à la suite d'une chute dans l'Océan pacifique.

    Oui, il a coulé, le bonze, bel et bien coulé.

    C'était un merveilleux petit homme chauve et luisant que l'on croisait de temps à autre chez ma grande amie Nadine de Rotechidl, la belle rousse tellement avide d'aider les pauvres gens à assimiler quelques gestes élégants.

    La première œuvre pédagogique de Jean Manatane, mon cher oncle, s'appelait « Jamais au grand jamais », ensuite il officia deux ans sur Canal Pelu avec ses carnets. Il apparut ensuite qu'il suscita la jalousie de l'un ou l'autre et décida de se consacrer tout entier au cinéma avec le succès que l'on sait.

    On ignore par exemple que c'est lui qui est l'auteur du scénario du film de Bernard-Henry, mon parrain qui me portât il y a quarante ans sur les fonts baptismaux, « Le jour et la nuit ». Pour des raisons obscures, il dut le cacher. Ce n'est pas grave, l'injustice est maintenant réparée, et moi-même qui ait déposé plusieurs cierges à Saint Honoré D'Eylau, j'en suis fort ravi. Il traite dans ce recueil, heureux lecteur, de tous les thèmes qui passionne le public, des croûtes de pied de Dick Rivières au placement des invités pendant une partie fine entre amis de bonne société. C'est tout bonnement passionnant.

    En vous remerciant, bonne lecture.

    Et je vous offre en prime un conseil de savoir-vivre de mon oncle

  • Les problèmes de santé de Sarkozy : un abus de viagra ?

    Imprimer Pin it!

    Il est évident que le fait d'épouser une femme plus jeune, exigeante, car ayant connu beaucoup de bonnes fortunes devait conduire à l'incident qui a agité toutes les télévisions depuis hier : la preuve ci-dessous.

  • « Du sable dans le maillot de bain en lamé » - troisième épisode (bonus avant les vacances du blog)

    Imprimer Pin it!

    Pour réfléchir, Steve décida d'aller chez le coiffeur. Il se dirigea d'un pas alerte et sûr vers le cabinet de capilliculture-biocosmétique tétrapîloctome de son ami Steven qui s'occupait des cheveux de toute la société progressiste et riche de San Francisco.

    - Bienvenue dit Steven de son ton le plus professionnel sous lequel perçait secrètement toute la chaleur de l'amitié qu'il portait à son ami architecte.

    L'endroit ressemblait un peu à un cabinet de dentiste high-tech, des jeunes hommes et des jeunes femmes tous coiffés de la même manière, touffe de plusieurs couleurs, tous habillés pareil, pantalons blancs transparents et débardeurs de même couleur, s'affairaient autour des fauteuils dans lesquels prenaient place les clients.

    A chaque fois que l'un d'eux s'asseyaient ils disaient d'un ton froid et monocorde qui avait été conseillé par un performer hollandais :

    - Fait beau mais ça durera pas, le fond de l'air est frais ; et répondaient : « Ah lala » à chaque fois qu'un client racontait ses malheurs.

    Un jeune homme fit le shampoing de Steve et lui remit un exemplaire du dernier livre de Jacques Derrida traduit en anglais, car dans le cabinet de Steven on ne lisait pas des magazines vulgaires, on continuait à se cultiver. Certaines mauvaises langues prétendaient que Derrida était un philosophe pour garçons-coiffeurs mais Steven était un biocosméticien de haute tenue.

    Cependant, Steve eût un peu peur quand il le vit s'approcher avec une tondeuse ronronnante. Steven le rassura tout de suite :

    - Ne t'inquiète pas, je compte te sculpter une néo-brosse (ou « new brush ») note du traducteur).

    Steve lui répondit :

    - Mais je ne suis pas inquiet Steven, je songeais au meurtre de ma tante qui était en fait mon oncle, et comme je ne peux me tordre de douleur sur le sol de ton cabinet je transfère ça en stress à la vue d'instruments familiers.

    Michael-Jackson.jpgEn regardant une photo au mur (voir ci-contre), Steve eût un choc terrible qui fit que la tondeuse décrivit un magnifique « Z » dans sa chevelure dont la couleur était mise en valeur par la superbe lumière dorée qui tombait des baies du cabinet qui donnaient sur le « Golden Gate » qui n'était qu'à deux kilomètres.

    En effet, Steve avait reconnu sa tante, ou faudrait-il dire son oncle.

    Son oncle.

    C'était Michael Jackson.

    Michael Jackson.

    Mais il était mort prétendaient les journaux.

    Prétendaient les journaux.

    (La répétition permet d'appuyer les effets dramatiques : note du traducteur)

    Steve dit : « Ma tante c'était Michael Jackson ».

    (Là je pense qu'on a bien compris : note du traducteur)

    Steven mit la main devant sa bouche, les peignes cessèrent de cliqueter avec les bracelets des garçons-coiffeurs, les tondeuses s'arrêtèrent et les bombes aérosols se turent, tout le monde retenait son souffle.

    À suivre...

    (Dans une semaine, je sais c'est sadique : note du traducteur)

    « The suspens ize unbearable »

  • Martine et Manuel nous font bien rire

    Imprimer Pin it!

    h-3-1249604-1225954145.jpgA la télévision, la radio et dans les journaux se jouent depuis quelques jours un psychodrame dont le PS a le secret. Manuel Valls, qui n'est pas de gauche, qui ne cache pas ses ambitions, a reçu une lettre de Martine Aubry, qui dirige un parti qui n'est plus de gauche, pour le rappeler à l'ordre. Les commentateurs me font là encore penser à des clowns, le problème ce n'est pas les ambitions de l'un, les charges de l'autre, les récriminations ou approbations des militants, le problème c'est ce que l'on fait contre la précarité, les délocalisations, le détricotage du service public qui a commencé avec la Loi d'Orientation Loi de Finances votée en 2002 pour l'harmonisation des finances publiques européennes, ce que l'on fait contre le travail le dimanche ou la sclérose qui menace ce pays, ou le clientèlisme, au sujet de l'Europe alors que 55% des français ont voté Non au traité constitutionnel qu'on leur a repassé sous forme de traité de Lisbonne. Qu'un homme politique ait des ambitions, c'est normal, ceux qui le font par philanthropie totale sont rares, et les apôtres pleins de bonnes intentions ne font pas de bons politiques au service du citoyen.

  • Éteignez vos portables

    Imprimer Pin it!

    J'ai envie de le dire vingt fois par jour, le pire étant les portables dans le train...

  • "Interview project" de David Lynch

    Imprimer Pin it!

    On dit, on lit, on voit et on écrit beaucoup de bêtises sur l'Amérique. David Lynch, dans des petits films sur ce site, interviewe des petites gens ou pas, des américains loin des clichés habituels, que ce soit ceux des clichés Benneton de l'Obamania, de l'Americana pentecôtiste de Bush, ou des chansons de Charlie Winston voire des films de Michael Moore qui sont, certes, des pamphlets. C'est très sympathique, cela surprendra ceux qui aiment bien caser les artistes dans des petites cases, ces courts métrages sont loin des excentricités du cinéaste. Chaque portrait, qui porte le prénom de la personne interrogée, est présenté succinctement par le réalisateur. On notera que c'est de plus en plus rare des films ou des livres intitulés par un prénom. Il n'est question que d'humanité dans ces interviews, celles des habitants de ce pays que l'on connaît finalement très mal, celle que l'on retrouvait déjà dans les livres de James Agee et les photos de Walker Evans ("Louons maintenant les grands hommes"). On remarque aussi que c'est le roman noir et les films de genre qui se rapprochent le plus de la réalité décrite ici, j'ai songé également à "No country for old men".

    On aurait envie de s'y perdre dans cette Amérique...

  • Les pornos softs de fin de soirée – la vengeance du retour de la cinéphilie honteuse

    Imprimer Pin it!

    Non, ne proteste pas ami lecteur, mon semblable mon frère, et toi ami jeune qui découvre les mystères de la puberté, tu as déjà regardé ce genre de cochonneries sur M6, ou maintenant sur les chaînes de la TNT, en prétendant quand tu étais surpris par quelqu'un que tu tombais dessus par hasard. Souvent, c'est à prétention littéraire ou philosophique et assorti d'un scénario bien que j'hésite à appeler ainsi l'argument-prétexte qui permettra de relier les scènes de cul toutes ensemble car on est quand même là pour enquiller les moments où les acteurs exécuteront le simulacre de la reproduction. Entre deux, bien sûr, ils jouent à peu près tous comme des pieds ce qui fait largement retomber le semblant d'excitation ressenti peu avant. Les hommes comme les femmes y ont des boulots de bobos, des trucs dans l'informatique (on voit un des types tapoter n'importe quoi sur un ordinateur les sourcils froncés, on sait très bien qu'il a dû taper quelque chose comme « ?JKKUr$ » mais sur son écran apparaît toujours un pseudo cadre de traitement de textes très esthétique). L'un des deux hommes, ils travaillent à deux, a toujours des problèmes avec sa copine/sa femme/ sa fiancée (rayez la mention inutile) et s'en plaint. L'autre est toujours drôlement épanoui dans son couple y compris sur le plan sexuel et il donne des conseils pour se libérer à son ami (nous y voilà). Là, cut, (le filmage est aussi plat qu'un encéphalogramme de Christophe Maé), et on va dans l'appartement que le premier partage avec sa compagne, qui est ou toute nue ou pas loin de l'être. Dans ce genre de films, il faut savoir que l'on prend son petit déjeuner nu, que l'on vide le lave-vaisselle aussi complètement nu, idem pour regarder la télévision. Les voisins doivent être ou ravis ou scandalisés. Ou l'immeuble est interdit lui aussi aux moins de 16 ans. La jeune femme frustrée boit un verre de vin, tout en lisant une lettre, situation banale, et alors là une de ses amies proches, l'épouse du deuxième crétin cité plus haut, entre dans l'appartement, elle vient réconforter sa copine. Elles causent de chose et d'autres, l'une d'elles dit un truc du genre : « Tu aimes les pot-pourris à l'encens sur tes meubles ? ». Comme quoi, même les banalités ça aide à séduire visiblement, j'essaierai bien sur une cobaye pour voir : « Tu sais que des plantes vertes aident à aérer un appartement ? » pour voir l'effet.

    Et là toc, l'autre la caresse et c'est l'orgie sur fond de synthés sinistres. Car la musique de ces films, qui ne doivent pas coûter trop cher, est toujours au synthé, voire au Bontempi. Après cette scène, les deux jeunes femmes se quittent comme si elles venaient de faire une belote, et le mari de l'épouse frustrée rentre, il regarde intensément la femme de son ami qui sort de l'appartement et là pour bien souligner la tension séquesuelle, on nous remet un petit coup de synthé. La deuxième épouse rentre alors chez son époux drôlement libéré, et très ouvert d'esprit. Ils mangent des sushis, ou alors un wok et puis, comme ils ont une petite envie, re-synthé et re-scène de cul un peu partout dans le living-room Rocher-Bobois, ce qui tue l'ambiance c'est que ce couple très libéré semble avoir très mauvais goût en matière d'ameublement. On n'est toujours pas dans la sensualité joyeuse car finalement ce genre de films est quasiment janséniste, la tromperie est durement punie, les amants durement châtiés même si entre deux on nous a montré une scène d'orgie domestique. Rajoutons à cela le didactisme obligatoire de toutes les productions françaises quand on parle de sexualité : préservatif, la cigarette c'est pas bien (le méchant fume), le vin c'est bien mais en petites quantités, le sport c'est bien pour s'entretenir. Mais ce que je trouve finalement le plus drôle dans ces métrages qui ne sont ni pire ni meilleurs qu'un bouquin de Catherine Millet sur le plan du cul (du cul, du cul, du cul) ce sont les scènes où les personnages sont censés lire, on voit bien qu'ils n'ont pas ouvert un livre depuis des lustres et on sent bien leur soulagement quand il le repose à la fin de la scène. Parfois, bien sûr, grand classique, il y a un plombier/employé du gaz/facteur qui vient porter une lettre, vérifier les compteurs chez les « héros » du film, et bien sûr, il finit toujours par se déloquer après avoir dit un truc très excitant comme : « Ah, oui, mmm, je constate que votre consommation de jour est plus importante que la nuit, petite coquine », ou, « Mmmm, voilà un recommandé, je vais vous le tamponner virilement ! »...etc.

    Au bout du compte, je déconseille ce genre de films, ça démoralise pour la semaine, les dépressifs mutins doivent adorer cependant.

    lady_chatterley_2.jpgRegardez plutôt le "Lady Chatterley" de Pascale Ferran

  • La loi de la basse-cour

    Imprimer Pin it!

    Jerusalem%20souk_big.jpgJe vais parler un peu de moi pour changer (mais, diront les mauvaises langues, tu parles toujours de toi). Les deux ans que j'ai vécu au Proche Orient, à Jérusalem, dans le quartier musulman de la Vieille Ville, m'ont vraiment changé. Ils m'ont aussi amené à me bercer d'illusions quant au retour. Là-bas, nous étions peu nombreux comme volontaires français, donc obligés de s'entendre, puisque se fâcher ou risquer de rompre avec quelqu'un aurait amené une insupportable solitude. Les différences entre nous, si elles ont eu de l'importance au début, n'en ont plus à la fin de notre séjour. Car nous nous connaissions chacun tels que nous sommes et non tels que nous voudrions que l'on nous prenne. Nous ne pouvons encore maintenant tricher entre nous. Et le lien qui nous relie reste extrêmement fort. De plus, professionnellement, là-bas on nous faisait confiance beaucoup plus facilement, libre ensuite à nous de montrer nos compétences et nos dons et de mériter cette confiance, dans notre beau pays il faut surtout rentrer dans le cadre, être docile, être client obéissant de tel ou tel. Il en est encore pour laisser entendre qu'ils ne sont pas dociles mais que leur réussite est fondée sur des critères objectifs quant aux concours. Nous avions fini par croire, pauvres naïfs que nous étions, que c'était pareil en France. Quelques personnes ont essayé de nous inciter à la prudence mais nous les trouvions trop négatives, nous étions encore pris dans notre enthousiasme.

    Quand je suis rentré, j'étais totalement paumé, car les deux ans passés en Terre Sainte engendraient non pas de la reconnaissance ou un peu de considération mais la méfiance ou la jalousie ou pire encore, des amis étaient devenus des étrangers. Nous pensions pour quelques uns que ce séjour nous donnerait un avantage professionnel alors qu'il n'en était rien, bien au contraire, c'était même plutôt un handicap. Ceux qui avaient promis de nous aider ne faisaient rien, et ce que l'on nous demandait était surtout de rentrer très vite dans le rang. Les coqs de bureau, de soirées mondaines, ne nous aimaient pas beaucoup ainsi que les cuistres, car nous avions vécu ce qu'eux-mêmes ne seraient pas capables de supporter plus de deux jours, et quand ils parlaient du Proche Orient, de Jérusalem, des religions, savaientbassecour1.jpg très bien que nous démasquions leur imposture à la première parole. Ils avaient tort d'avoir si peur car en France, ce sont les coqs de bureau ou de soirées mondaines, de machines à café, que l'on écoute car ils savent flatter leur auditoire. La plupart de ces cuistres quand on les pousse au bout de leur fatuité, de leurs erreurs, se révèlent, acculés, (ce sont des acculés, n'y voyez pas de jeu de mots crapuleux), ils caftent, ils insultent, ils essaient de salir et finalement on les voit prêts à toutes les bassesses pour conserver leur position dominante dans la basse-cour qui comme chacun sait est entourée de grillages solides pour assurer la sécurité de la volaille ainsi qu'elle le croit dans sa sottise.

    Cela m'a révolté et me révolte encore et me poussait parfois à la « donquichotterie », car c'est peine perdue, on ne se bat pas contre le ventre mou de la bêtise satisfaite, de la vanité, de la prétention, de ces bourgeois ou pas qui pense qu'acquérir un statut social confortable donne de l'intelligence en plus. Il faut dire que ce sont aussi des complexes : un fils de pharmacien le reste toute sa vie, en province ça impressionne encore tout comme les enfants de médecin ou tout autre profession libérale, quoique pour la progéniture des proctologues je me pose la question. C'est tellement désolant en fin de compte. Ce séjour nous ayant libérés de beaucoup de préjugés nous avons cru que tout le monde l'était en France.

  • "Rocket Man" - des vacances vers les étoiles

    Imprimer Pin it!

    Une des rares chansons d'Elton que j'aime bien, nostalgie d'années plus simples, en apparence...

  • Des clowns discutent de la guerre israélo-palestinienne

    Imprimer Pin it!

    clowns.jpgmusique foraine :

    Tzim boum tsoin !
    monsieur Loyal :

    “Des médecins ont été bloqués des heures à la frontière palestinienne, ils allaient soigner des pitits z'enfants palestiniens”
    Deux clows entrent :
    - Ohlalala, les douaniers israéliens y z’ont été trop méchants meussieur Pipo ?
    - Oui mais ailleurs, ce sont les arabes qui z’ont été trop méchants ailleurs meussieur Crapoto ! Et ils ont été plussse méchants les z'arabes !
    - Ohlala, et vous les pitits enfants ? Hein ? Qui a été méchant ?

    Les enfants :

    - Les palestiniens et les israéliens !!

    Pipo et Crapoto :

    - Mais non les pitits z'enfants, que vous êtes donc bêtes ! Ce sont les palestiniens et les z'arabes les méchants !

    Ils arrosent le public.
    Un troisième clown entre, barbu :
    -Ce sont les juifs qui z’ont été trop méchants, nous les vrais croyants on veut faire ce que l’on veut les pitits z’enfants ! Et on veut mettre des tentes sur nos femmes si on veut ! Parce que nous on veut faire ce qu'on veut ! Et pis ! Et pis la liberté c'est pas bien !
    les deux autres :
    - Ohlalalalala, Hannn qu’il est méchant !
    Ils lui envoient une tarte à la crème
    Un autre clown entre avec une jupe :
    - De toutes façons les pitits z’enfants, y sont tous très très homophobes les méchants juifs et les méchants palestiniens, Ahlalalala ! bataille de tartes à la crème générale….
    monsieur Loyal :

    -Et pour les médecins qui vont soigner les pitits z'enfants, qu'est-ce qu'on fait ?

    Pipo et Crapoto :

    - Mais c'est pas grave y z'étaient trop méchants les médecins, et nous on est trop gentils, et puis alors on s'en fout des médecins et des pitits z'enfants palestiniens, Ahlalala !!

    Dehors le chapiteau, les immeubles sont en feu mais personne dans le public ne le remarque.

  • Attaque contre la librairie "Résistances" à Paris

    Imprimer Pin it!

    Un article de rue 89 sur le sujet...

    img_1000.JPGDes excités de la Ligue de Défense Juive ont organisé une expédition punitive contre la librairie "Résistances" à Paris, détruisant les ordinateurs du libraire et plusieurs livres, l'endroit étant perçu comme judéophobe. Le chef d'un village de réfugiés palestiniens y donnait une conférence sur les moyens non-violents à employer contre l'occupation israélienne. Dans cet autre article de Causeur, sous la plume d'Elisabeth Lévy qui découvre qu'il y a donc des juifs aussi cons que beaucoup d'autres êtres humains croyants ou pas, la connerie étant universelle, qui demande néanmoins que les coupables de l'agression soient punis, la librairie est montrée comme appelant à la destruction d'Israèl sous des dehors anti-sionistes et la défense des palestiniens. Vieux couplet. Finalement on se rend compte que les judéophobes avoués comme Dieudonné rendent plutôt service aux personnes qu'ils prétendent combattre, tout comme les excités de la Ligue de Défense Juive.

    Car toute critique fondée de la politique israélienne est assimilée maintenant et à cause de lui à de la judéophobie. Et d'autres excités pro-palestiniens auront moins de scrupules encore à appeler à la haine contre Israèl.

    On ne peut vraiment discuter avec des sionistes comme ceux de la LDJ mais d'autres sur Internet de ce conflit, car pour eux, la terre appartient là-bas aux seuls personnes de confession juive et les palestiniens n'y sont que des intrus venus des pays alentours. Et de même on ne peut pas discuter avec certains excités pro-palestiniens qui parlent d'Israèl comme d'un état "fasciste" ce qui est une autre sottise.

    2005-5.jpgMoi je témoignerai simplement de ceci. Les habitants d'un tout petit village à côté de Bethléem vivaient sur les vignes, les oliviers et les tomates cultivées sur un petit terrain non loin de la route, ils ne se mêlaient pas de politique, s'en moquaient complètement tant qu'ils pouvaient faire vivre leurs enfants décemment. Des colons de Newe Daniel, "implantation" proche au stade des constructions "en dur", ont voulu aménager une route pour eux, refusant d'emprunter la même route que les palestiniens pour aller à Jérusalem, qui est à huit kilomètres. Ils ont rasé toutes les cultures du petit village, précipitant la plupart de ses habitants qui n'avaient plus rien pour vivre dans les bras du Hamas.

    La pauvreté et le désespoir n'excusent pas la haine, mais cela permet de la comprendre et de chercher des solutions. On ne devrait pas parler de racisme ou d'anti-racisme mais être a-racistes.

    Et puis imaginez un instant, un seul, ce qui se serait passé si c'était une librairie pro-israélienne qui avait été agressée ?

  • « Du sable dans le maillot de bain en lamé » - deuxième épisode

    Imprimer Pin it!

    2005_Ferrari_Parade_Across_the_Golden_Gate_B.jpegAlors que Steve noyait son chagrin dans l'alcool, l'équipe des experts de la police de San Francisco était à pied d'œuvre car le corps de la tante de Steve avait disparu. Gilles Greysome, qui dirigeait les experts, passait la morgue au peigne fin.

    Il commanda avec énergie mais sans s'énerver :

    - Lumière noire drôlement esthétique, photos avec flashs qui gèle l'image, et ordinateurs avec un tas de graphiques qui ne veulent rien dire mais mettent l'ambiance.

    Il restait ensuite impassible comme le lui ordonnait sa mission, mais était prêt à beaucoup de compassion la tête déjà penchée sur le côté au cas où, les deux mains sur les hanches. Une superbe blonde, secrètement amoureuse de son chef qui était pour elle une figure de père de remplacement qu'elle n'avait jamais connue alors qu'elle ignorait que justement Gilles était son vrai père, Alyson Nipples, tendit un petit flacon de plastique dans lequel se trouvait un morceau de tissu.

    - Gilles, la tante était un homme comme l'indique son ADN que j'ai eu tout juste le temps d'analyser !

    *

    Pendant ce temps, Steve s'était rendu chez un couple d'amis pour y trouver du réconfort : Alice et Djohn. Ils étaient tous les deux les parents d'une famille recomposée très sympathique : ils avaient eu tous deux quatre enfants d'un premier mariage qui n'avait pas fonctionné, et avaient ensuite adopté deux enfants vietnamiens, trois petites camerounaises et un irakien. Alice s'occupait de sans-abris de son quartier auxquels elle distribuait des soupes chaudes et « bio » en hiver, et des crêpes fourrées en été. De plus elle était aussi présidente des parents d'élèves du collège de ses filles, et sapeur-pompier volontaire. C'était une fille très souriante et très aimée de son quartier, elle était aimée et appréciée de tout le monde.

    Il semblait à Djohn que depuis quelques temps, elle le négligeait, mais il préférait ne rien en dire, il ignorait qu'Alice cachait un terrible secret, elle entretenait dans un garage de banlieue un « Hummer » extrêmement polluant et n'avait pu se résoudre pour l'instant à l'avouer à son mari.

    Elle avait honte.

    Forcément.

    Djohn la trompait avec Crystalia, une jeune étudiante étrangère d'origine albanaise qui faisait des études de psychologie à Berkeley. Ils faisaient l'amour avec chagrin et remords dans une suite du « Four Seasons » de Market Street.

    *

    Chez Djohn et Alice, on pouvait croiser Nelson, jeune homosexuel , vêtu d'un djean baggy et d'un ticheurte mauve, très sympathique, qui vivait en couple avec Mitchell, son aîné de trente ans, ancien trader reconverti dans le commerce équitable de sacs en peau d'Uru sauvage de Nouvelle Guinée, avec qui ils formaient le couple « le mieux assorti de la maisonnée » selon Alice. Steve les aimait beaucoup et leur demandait parfois conseil sur les décorations des maison qu'il construisait.

    Tous étaient réunis autour d'une grande tablée très sympathique. On y mangeait des grandes plâtrées de pâtes à la bolognaise confectionnées selon une recette secrète d'Alice et des pizzas commandées à un petit restaurant typique non loin, le « Va Fanculo Bar ». Alors qu'il avait la bouche pleine de sauce tomate et de viandes parfumées, le téléphone de Steve fit quoi, sonna.

    C'était sa secrétaire, Sandra, qui lui fit part de son inquiétude, un homme rôdait en face de chez lui les deux mains sur les hanches, la tête de côté et n'avait pas l'air de vouloir entrer pourtant dans le cabinet de l'architecte.

    Steve dit à sa secrétaire :

    - Pourquoi ne pas aller lui ouvrir ?

    Ce qu'elle fit non sans appréhension. Et comme elle ne pouvait se ronger les ongles des mains, elle se rongea ceux des pieds.

    A côté de Steve, Nelson et Mitchell se moquèrent gentiment d'elle en pouffant derrière leurs mains :

    -Ah c'est bien les femmes, elle savent même pas ouvrir une porte.

    *

    À suivre....

  • Les fruits amers de Bernanos - beaucoup trop de bernanosiens....

    Imprimer Pin it!

    Ami djeuns, je pense que cet article risque de te faire suer, peut-être à tort, c'est dommage, donc fais un effort.

    Un article sur Bernanos par Christian Bobin...

    bernanos.1239719712.jpgJ'ai bien conscience que ce qui va suivre ne va pas me faire que des amis, ou des relations mondaines, mais tant pis. A droite, et parfois à gauche, ils sont quelques uns à se réclamer de Bernanos, moi y compris, certes. Peu comprennent vraiment l'engagement profond de cet auteur qui n'admettait aucun compromis moral ou d'idées. Quand il écrit "les grands cimetières sous la lune", Bernanos reste catholique et royaliste, profondément, et pour ça, pour dire la vérité des faits, il prend le risque de perdre son gagne-pain et son statut social, ainsi qu'un certain nombre d'amitiés, ce qui arrive car l'intégrité n'est le fort ni de la plupart des hommes de lettres, excepté étrangement ceux de talent qui ne composent que rarement avec le pouvoir ou la bêtise dirigeante, ni de la plupart des journalistes de son temps pour qui l'argent c'est quand même important, très important voire fondamental, quitte à se déculotter pour conserver son train de vie. Bien sûr, c'est facilité du fait de l'héritage que fait son épouse, mais ils vivent néanmoins très chichement. On mesure la désinvolture totale de Bernanos quant à l'argent à son départ au Brésil, manquant d'oublier la serviette en cuir contenant tout son bien sur la banquette du taxi qui l'amène au paquebot.

    Et de fait il ne change absolument pas de camp il garde sa liberté, et n'adopte pas pour autant les utopies tout aussi meurtrières de ses ennemis de la veille. C'est très dur à admettre pour un dogmatique ou un jobard qui ont de ces épisodes et des écrits de combat de l'écrivain une opinion superficielle en fin de compte. On remarque d'ailleurs que celles et ceux qui combattent véritablement le libéral-libertarisme sont immanquablement marqués et raillés, vomis par une bonne partie du troupeau qui les croient amers, ce qui ne manqua d'arriver quant aux reproches faits à Bernanos que d'aucuns voyaient surtout et voient encore comme un désaxé, justification de leur jalousie face à son intégrité. Car il ne critique pas Franco aussi vigoureusement de loin, il finit par se retrouver sous la menace du feu du dictateur et de ses partisans qui voudraient bien le faire éxécuter discrètement. Voila ce que c'est que la vraie liberté d'esprit, c'est être prêt à tout remettre en cause, et refuser de se soumettre à quelque arbitraire que ce soit, sans déclarations grandiloquentes ou discours pétaradant mais creux.

  • Votre grand roman sentimental de l'été - « Du sable dans le maillot de bain en lamé », premier épisode

    Imprimer Pin it!

    ba_housing19_0033db.jpgD'après Marc Lévy, Anna Gavalda et la collection Harlequin

    Steve était architecte à San Francisco, il possédait un loft de 250 mètres carrés en bordure de la baie. Deux grandes baies vitrées donnaient sur la mer. Il se levait chaque jour à 11 heures pour recevoir ses clients qui appréciaient tous beaucoup son audace.

    Ce jour là, Steve avait un peu froid en se dégageant des draps de soie noire et élégante de son futon. Il se dirigea nu vers la baie de sa chambre, se gratta avec distinction les génitoires et il revêtit rapidement un peignoir de satin sombre très chic et se prépara une tasse de Nexpresso (295 Euros prix maximum) dans sa cuisine américaine achetée en kit chez Ikéa. Il but son café à petites gorgées sous la lumière chaude et américaine de sa pièce principale. Il s'habilla ensuite rapidement, hésitant pour aller travailler entre sa Schmart et sa Feurrari. Il opta pour la deuxième, ce serait plus discret et plus sobre se dit-il.

    *

    Il soupira.

    Il était heureux.

    Heureux.

    Tu parles d'un concept.

    Sandra, la superbe brune qui était aussi sa secrétaire, le nez chaussé de lunettes à monture dorée, lui sourit gentiment quand il fit son entrée dans son bureau. Elle lui mit dans les mains un dossier vert pomme qui contenait toutes les prévisions budgétaires de son cabinet d'architecture. Elle avait le même breuching que Farra Fossette dans "Drôles de dames" et les ongles peints en mauve.

    L'avenir s'annonçait radieux quand le téléphone fit quoi, sonna.

    Il décrocha.

    Il écouta sans mot dire son interlocuteur invisible (Nota Bene : C'est normal qu'il soit invisible il est au téléphone) et raccrocha. Sa mâchoire inférieure s'était un peu raidie.

    Il se dit : « je dois être fort, je ne dois pas pleurer ».

    Il se tourna ver Sandra (secrètement amoureuse de lui comme toutes les filles-mères célibataires qui aimeraient bien se caser avec un type rupin et en plus pas trop moche et bien m...) :

    - Sandra, je prends ma journée, ma tante est morte.

    - Vous la connaissiez ?

    - Non, mais j'avais beaucoup d'amour pour elle.

    *

    HRLQIN.IND.19.jpg_e_9c53654d7f7c9c72667efde1daba6b35.jpgIl erra sans but dans les rues de San Francisco, au volant de sa Feurrari. Puis il décida d'aller noyer son chagrin dans un bar. Avant d'entrer, il regarda la mer au loin et les nuages, et poussa un long hurlement. Il tapait le mur de ses poings et pleurait. Il commanda un Djin au barman qui lui apporta toute la bouteille : « ainsi vous pourrez noyer votre chagrin causé par la mort de votre tante comme un homme » (à consommer avec modération).

    Le barman, qui avait deux mèches de sa chevelure abondante décolorées, rajouta :

    - Je suis décorateur stagiaire, et j'organise une petite fête saine et virile avec des amis, vous pouvez peut-être vous joindre à nous.

    Il déclina son invitation, et pendant qu'il avalait les verres de djin, l'heure tournait et bientôt le crépuscule étendit sur la baie de la ville son grand manteau de lumière chaude et confortable.

    à suivre...

  • Overdose de sucreries - les funérailles de Michael Jackson

    Imprimer Pin it!

    13966.jpgOn voit bien que les médias de nos pays riches, et les habitants des pays riches, n'en ont strictement rien à battre de l'Iran et de la répression qui s'y déroule presque en toute quiétude. Non, il faut dire qu'il y a plus important, il y a la mort d'un chanteur meilleur employé du mois, apothéose de la réussite selon les critères libéraux-libertaires : du fric, du sexe (qu'il soit pédophile laisse donc complètement indifférent) et des larmes pour consoler le troupeau de sa médiocrité : il a réussi mais il était bien malheureux. Je me suis souvenu aussi d'un passage de la famille Addams dans lequel des chefs d'un camp de vacances torturent les enfants de la famille excentrique en leur passant des Disney et les clips de Michael. Les Addams sont des "freaks" et s'en foutent complètement, ils adorent au contraire montrer leur différence, Michael était un freak qui voulait absolument montrer combien il était soumis aux rêves de l'"Americana" qui est encore un mirage pour des millions de naïfs.

    Au moins aura-t-on gagné ça, les gosses vont pouvoir sortir tranquilles à Los Angeles;

    Notre société spectaculaire est quand même une belle fabrique à guimauve. J'ai de la chance (sic) je reçois les 18 chaînes de la T-ène-T et même parfois "Paris Première" en clair. Hier soir, sur dix-neuf chaînes en clair, quatorze retransmettaient en direct la cérémonie en hommage à l'autre pantin plus gros vendeur de disques de tous les temps. C'était pourtant le triomphe du corps mutant, de l'être humain qui renie complètement son humanité, ses origines, bizarrement on le présente encore comme noir alors que finalement il détestait ses racines afro-américaines. Berry Gordy, l'ancien patron de Motown, maison de disques qui en gros a "blanchi" le "rythm and blues" pour le vendre aux petits blancs qui sinon ne l'auraient pas écouté, à laquelle je préfère Stax ou Atlantic, Berry nous sort que c'était le plus grand artiste de tous les temps. Berry ne prend pas assez de DHEA à mon avis. Il perd le nord et les pédales. Madgic Djohnson nous apprend ensuite, j'étais impatient, non sans blagues, que Jacko adorait manger des trucs de chez Kentucky Fried Chicken, là il restait bien dans le cliché. On a réentendu tous les grands tubes du chanteur mort "qu'était aussi un être humain comme les autres" comme nous dit Lionel Ritchie, je crois, non ? Sans blagues, là aussi. Il y avait mieux que Michael, il y avait Marvin Gaye, Otis Reding, James Brown ou Ray Charles, qui eux, se sont rarement compromis, ne sombrant dans la guimauve qu'une ou deux fois, il faut bien payer les impôts. Dans la rue ce matin, des gamines et des djeuns tristes se baladaient avec leur MP3 ou leur téléphone cellulaire braillant les inepties de l'autre, surtout le pire, "Heal the world" (îîle ze ouolrde ! bi euh beteure plèceeee ! Fore iou èneforemi....").

    christina-ricci.jpgHier soir, notre société hyper-spectaculaire était en plein délire.

    Sinon j'aime beaucoup ce petit extrait des "Valeurs de la famille Addams" qui remet en place quelques petites choses concernant le corps mutant, le consumérisme, le rêve américain. Depuis, Mercredi Addams (Christina Ricci) a bien grandi et pris des formes esthétiquement très attirantes, voir ci-contre.

  • Un peu de soleil avec Gilberto Gil

    Imprimer Pin it!

    Ce post est pour une guitariste qui avait adapté Satie pour son instrument avec moi en échange d'une cassette de Gilberto Gil. C'était il y a quinze ans, une éternité, nous étions inconscients du bonheur que nous vivions (note ironique : j'aurais plus vite fait d'appeler Macha Béranger).

  • La comédie continue... - D'Hénin-Beaumont à Londres

    Imprimer Pin it!

    march%C3%A9%20d%27h%C3%A9nin-beaumont.jpgCe dimanche, la comédie continue. On agite le spectre du nazisme, on nous refait le coup de la patrie en danger à Hénin-Beaumont. Et puis rien. Personne ne se demande pourquoi les électeurs votent pour Marine le Pen, personne ne se pose de questions. On les montre comme d'affreux ploucs racistes sans cervelle, des franchouillards de base fans de Djonny, le bob vissé sur le crâne, la gitane maïs au bec, le cauchemar du bobo. A mon avis, c'est peut-être plus complexe, et plus simple en même temps : la vieille dame qui se fait piquer son sac six fois dans l'année, elle en a marre qu'on lui fasse le coup de la France Bennetton, du "tout le monde il est tellement sympâââ", elle sait bien que l'on n'est pas encore vraiment dans la France multiculturelle quand des jeunes femmes s'en-closent volontairement dans une prison de tissu, reniant volontairement leur humanité. On nous parle encore d'éducation, et de pédagogie là-dessus comme Anne Hidalgo qui est ou très naïve ou très cynique ; le commerçant qui se fait braquer pour la vingtième fois en deux ans il finira par partir si les voleurs ne sont pas mis au frais. Les petits caïds de cité qui terrorisent les quartiers sont des miliciens aussi violents que ceux des totalitarismes, compensant leur inadaptation à la société en se vengeant sur les femmes et leurs gosses, leur origine on s'en fout à la rigueur, ça ne règlera pas le problème. Je me souviens pour ma part de cette éducatrice de gôche me faisant l'éloge de l'intégration, tout ça, et puis dix secondes plus tard me conseillant de ne pas prendre telle classe "parce qu'il n'y a que des maghrébins", deux poids deux mesures, et puis on a peur pour les pneus de la bagnole. Il y en a marre de cette hypocrisie.

    Pendant ce temps, à Londres, des parlementaires se sont fait épingler par la presse pour leur malhonnêteté, certains poussés à la démission. Ils se faisaient rembourser l'une ou l'autre fantaisie par l'argent de l'état. Chez nous les mêmes ne font rien, n'essaient pas de règler les problèmes, s'en tiennent à leur clientèle électorale, se font payer autant de fantaisies sans avoir à les justifier (et gare, celui qui demande des comptes sur l'utilisation de l'argent des citoyens par ses représentants est un salaud de poujadiste, même si personne ne sait plus qui était Poujade, peu importe, les références politiques baignent en France depuis 45 dans un présent perpétuel commode) et l'électeur ou cochon de payant les remet en selle quand ces hypocrites sonnent le tocsin à la "télé", balancent des lieux communs, déversent de la guimauve par tombereau, ressassent toujours et encore les mêmes clichés idéologiques jusqu'à la nausée, font la leçon à l'électeur dont ils se targuent encore d'être les lumières, favorisant par ce comportement des Marine le Pen. Cela m'a rappelé avril 2002 et le fameux "sursaut citoyen" que l'on attend toujours, maintenant on a l'impression que "sursaut citoyen" voulait surtout dire "déconnez pas, continuez de voter pour nous, on perdrait de bonnes retraites, on fera rien, on continuera à se coopter entre nous, à détricoter le service public mais on vous servira toujours la soupe de mièvreries qui vous plaît tant".

  • Paris est un organisme vivant – A propos de « Monsieur Bob » d'Olivier Bailly

    Imprimer Pin it!

    giraud.jpgSur la foi de trois ou quatre articles élogieux j'ai acheté ce livre étant comme le sujet de cette biographie amoureux de Paris. Le personnage est sympathique mais comme les provinciaux, ce qui est paradoxal pour un type vanté comme modèle du parisien, il a de Paris une idée faussée et figée, et en fait une ville musée. De plus, autre handicap, cette fois à mes yeux, il a sur la capitale le même point de vue que Robert Doisneau, un point de vue pénible et frelaté à mon sens. Je sais que je vais me faire huer en disant cela mais peu importe. L'auteur du livre vante les clodos folkloriques, les voyous sympathiques et au grand cœur et romanesques, les putains hautes en couleur et romantiques aussi. Il aurait fallu lire Céline avant, ou Marcel Aymé, plus humain, une putain c'est une putain, elle a les chairs qui s'affaissent vite et souvent elle écluse dés huit heures du matin, à moins que ce ne soit elle qui ouvre un bistrot et fasse boire les autres, un clodo qui boit du picrate ramassé à l'éponge sur le comptoir des bars c'est crade, c'est affreux, ça parle fort, ça dit surtout des âneries et ça pue, rien de pittoresque là-dedans, et en plus il n'est même pas sûr qu'il parle comme dans un film dialogué par Michel Audiard qui lui le connaissait bien mieux que "monsieur Bob" le petit peuple des zincs, tout comme Blondin qui y noyait sa détresse. De plus ce Paris pseudo « populaire » des photos de Doisneau, qui finalement ressemble à celui vu par Jeunet dans « Amélie Poulain », il n'existe pas, on oublie les odeurs de chou dans l'escalier, ou pire, le cloche qui dégueule à l'entrée de l'immeuble, les salauds qui ont les mains baladeuses avec les gamines, les lieux d'aisance sur le palier et un seul lavabo pour six familles.

    Au cinéma, c'est pittoresque, mais seulement au cinéma. Les gamins qui rigolent avec les boutanches de « trois étoiles », ils rigolent pour le photographe, ils ne rigolaient pas toujours, ils arrêtaient l'école vite souvent, pour aller au turbin comme les grands, ils passaient les vacances dans les squares en rêvant de plages et d'océans, les amoureux qui se roulent une galoche devant l'appareil de Doisneau ne l'étaient même pas, amoureux. Enfin, une chose que je trouve agaçante est cette propension de l'auteur à faire du jetage de noms célèbres, comme si il était important que les buveurs des cafés fréquentés par « monsieur Bob » le soient, connus, il a des copains célèbres comme Prévert ou Léo Ferré, et qui forment aux yeux de l'auteur de cet ouvrage une sorte d'aristocratie, de « Who's who ». Et quoi ? Si cela avait été seulement des anonymes c'était moins bien ? J'ai parlé de Marcel Aymé, on aurait pu citer Courteline, capables tous les deux de s'installer quelque part sans décréter ce qui ferait coquet ou non dans leur musée personnel, sans jouer les poètes, les yeux ils les avaient déjà dans les étoiles, pas la peine d'en rajouter dans le frisson et le sensitif, dans l'argot que l'on ne peut trouver que dans les dictionnaires, que personne n'a jamais parlé.

    pe19_paris.jpgC'est un peu comme quand certains auteurs parlent du désert, qu'ils ne connaissent pas et égrènent les lieux communs, si ils le réinventaient à leur idée, on leur en voudrait moins mais ils ne font que relayer des clichés. On nous dit tout au long du livre que ce Paris a disparu, que maintenant, à cause de hygiéniquement correct on ne peut plus boire de bon vin, on ne peut plus boire tout court et on n'a même plus le droit de fumer dans les cafés, pour un peu l'auteur en rajouterait presque dans le couplet habituel sur la réouverture des « maisons closes » ; certes la loi sur le tabac est crétine, c'est le genre de loi qui annonce plus totalitaire, certes, les « maisons » ce serait moins hypocrite que des « clandés » mais ce Paris disparu n'était pas pire que maintenant à la différence que les bourgeois sont peut-être plus hypocrites de nos jours, revendiquant l'héritage de ce passé dont ils méprisaient les acteurs. C'est plutôt ironique. Les cafés ripolinés sont à la mode, mais ce ne sont que des décors.

    Ce qui m'étonne le plus dans ce livre, c'est que son auteur oublie, tout comme semble-t-il, « monsieur Bob » que dans les cafés de ce Paris disparu tout le monde se mélangeait, du travelo qui attendant de rentrer se raser prenait un petit noir en passant par le bourgeois en goguette, de l'ouvrier au « fort des Halles », ce qui n'existait pas ailleurs, ce qui n'existe plus vraiment excepté les endroits de liesse collective obligatoire. Cela n'aurait scié la rondelle de personne d'entendre un pédant ou un Trissotin descendu là pour s'encanailler, il se serait vite fait remettre à sa place. Et même si le Paris actuel semble envahi de bourgeois dits bohèmes, de cyclistes adeptes de l'hygiènisme, même si Montmartre est maintenant parsemé de restaurants innommables qui font de la cuisine d'un peu partout qui a le goût de nulle part, même si Saint Germain des prés est vite devenu un ghetto de riches vaniteux. Il reste de ce genre d'endroits, ils sont juste un peu plus cachés, il faut savoir les chercher, du soleil_large.JPG?26080« Soleil », dont je ne dirais pas l'adresse dans le XXème, à « l'Ami Pierre » quartier du faubourg Saint Antoine, dont le propriétaire actuel perpétue les traditions parisiennes, on y refoule les prétentieux, les anarchistes syndiqués, les révolutionnaires en charentaises, les cuistres qui veulent sentir de la sueur prolétaire, de l'haleine populaire. Les pue-la-sueur ils vont les voir comme au rocher des singes à Vincennes. Je m'en fous un peu personnellement des cafés ripolinés, des restaurants prétentieux, qu'ils s'y pressent les nouveaux bourgeois, qu'ils y restent, qu'ils laissent aux amoureux de Paris les lieux cachés, les caboulots qui ne paient pas de mine de l'extérieur, ni amélipoulinesques, ni faussement pittoresques. Paris n'est pas cette ville-musée que l'on trouve dans ce livre, ce n'est pas celle des politiques, c'est un organisme vivant qui continue à se développer, avec toutes ses contradictions, ses mauvais comme ses bons côtés.

    « Monsieur Bob » dans la collection « écrivins » chez Stock - Olivier Bailly

    Ci-dessous, une chanson "parisienne"

  • Sympa ? Pas sympa ?

    Imprimer Pin it!

    En illustrations, un logo concernant une profession que l'on trouvait sympa dans les années 70, avec Max Meynier, et ce qu'est une vie bien remplie selon un dessinateur qui n'était pas sympâ mais se disait lui-même bête et méchant...

    Et par là une sale blague pas sympa du tout de Vuillemin

    routier_sympa.jpgUn imbécile se croyant habilité à me donner des leçons (ça ne le gène pas de me reprocher exactement son comportement par exemple) suggère que je pourrais finalement ne pas être très sympathique, au bout du compte, plein d'aigreur contre le monde, car aller à contre-courant ce n'est que ça selon la pauvre pensée commune actuelle qui voudrait que tous communient dans un bonheur frelaté et global qui n'existe que dans les pubs pour téléphones cellulaires. Dans ce monde, il faut pourtant être "sympa", terme dont j'ai horreur, ceux qui me connaissent le savent. Être sympa c'est finalement flatter l'autre, même superficiellement, se baser sur l'écume, au lieu d'aller voir plus loin. Ceux que l'on trouve sympa au premier abord sont souvent fades, insipides, sans saveur, inodores, incolores, de ce couple que l'on vantera comme super-épanoui alors qu'il arrive bien souvent que le super-épanouissement cache pas mal de frustrations et que ce couple vraiment tellement sympa n'a rien à se dire. Beaucoup aimeraient bien voir le monde à travers des lunettes roses, constamment, ne pas voir le mal ou l'injustice, ce serait plus simple, il faudrait être positif, que tout soit forcément utile, que rien ne soit absurde. La "sympathie" c'est surtout le plus petit dénominateur commun, quelque chose que le troupeau aime bien, un coeur sec et des tripes molles, on s'étreint, on s'embrasse, on pleurniche, mais on s'en fout de l'autre. Si c'est ça être sympa, je préfère passer pour un sale con antipathique. Personne n'aime les êtres lucides sur la vacuité des aspirations collectives actuelles, c'est somme toute normal, comme celle consistant à croire que parce que l'on expose quelque idées ou lieux communs plutôt sur la justice sociale, cela changera quoi que ce soit à l'iniquité alors qu'il n'y a que les actes, et les actes radicaux.

    Et puis finalement l'imbécile ne veut pas voir que derrière une personne "pas sympâ" il y a souvent une blessure, une vulnérabilité, trop de sensiblité...

    vieBienRemplie.gifCe sont des gens indifférents, un troupeau docile, qui ne veulent pas être lucides, parce qu'ils sont surtout centrés sur leurs petites personnes. Il faudrait voir selon leurs termes le monde "tel qu'il est", donc s'y soumettre, trouver une "utilité" dans une société irrationnelle et consumériste, devenir un esclave qui aime son esclavage. Les bonnes intentions, la sensiblerie, depuis la téléréalité, celle-ci est comme surmultipliée, on voit partout des grappes de djeuns ou moins djeuns qui s'étreignent pour des futilités. Ce positivisme à la noix envahit tout, des croyants aux incroyants, de la politique aux clubs peinture sur soie des maisons de retraite. Il a aussi un autre symptôme qui est la soumission à des valeurs absurdes et grotesques en toute connaissance de cause, et les hurlements avec la horde, en ayant la peur au ventre de sortir un tant soit peu du troupeau, estimant que l'on doit être reconnu selon les valeurs du troupeau, des valeurs que celui-ci croient objectives, cela lui permet de croire qu'il a vraiment des compétences dans un domaine ou une culture intéressante. J'en veux pour preuve cette demoiselle qui vante sur un fil d'un site de causette les bienfaits de l'objectivité supposée des concours aux grandes écoles fondées par Napoléon, un autocrate, afin de former des cadres dociles permettant d'assurer la pérennité du pouvoir, le sien en l'occurrence, les dirigeants suivants ont conservé ce vivier de larbins très compétents et que l'on reconnaît à leur mort à leur foie chargé de bile et à leur plume dans le cul ainsi que le signalait Desproges à moins que ce ne soit Vialatte.

    (NB :C'est peut-être toujours plus ou moins le but. Le pouvoir ne va pas cultiver en son sein les germes de sa contestation et sa destruction.)

    ci-dessous une chanson qui énumère tout ce qui n'est pas sympa mais tellement moins ennuyeux que les mignardises des positivistes à tout crin.

  • La différence qu'il y a entre Woody Allen et Emmanuel Mouret - à propos de "Whatever works"

    Imprimer Pin it!

    frederique_bel.jpgJ'ai vu il y a quelques jours sur Arte "Changement d'adresse" d'Emmanuel Mouret que l'on m'avait chaudement recommandé comme léger mais profond, très bien vu sur les relations hommes-femmes, un Woody Allen français, alors que cinématographiquement ses références se voudraient plutôt appartenir à Billy Wilder dont "la garçonnière". Cette propension à glisser absolument des références, en chaussant plus que des gros sabots des chaussures orthopédiques est pénible, surtout quand c'est gratuit; Chez Woody il y a aussi des références mais elles ont un sens car il les maîtrise. Elles ne servent pas qu'à épater la galerie et vendre son film. Le seul élément, si je puis dire, que j'ai retenu du film c'est Frédérique Bel qui joue, contrairement à ce qu'elle affirme, le même rôle de blonde évaporée et fantasque qu'elle jouait à la télévision mais en creux, là aussi si j'ose dire quand on considére les formes de cette actrice. Comme on ne veut pas passer pour trop prétentieux quand même on glisse un ou deux pipôles dans le lot, ici Dany Brillant. Mais les adulescents décrits par ce film ont de bien tristes sensualités, peu joyeuses, et leurs contradictions sont bien mesquines et bien ternes.

    whatever-works-800-75.jpgTout de suite, je sors de "Whatever works" de Woody Allen, léger, complètement immoral, finalement très sage : le bonheur surgit toujours là où on s'y attend le moins, et inutile de le chercher, on finit toujours par le trouver même si comme le dit un personnage : "qui joue peut perdre, qui ne joue pas perd tout aussi". Je vais faire mon intéresant mais la chanson de départ est celle du capitaine Spaulding, alias Groucho Marx, dans "Animal Crackers", et elle a un sens. Tout comme le capitaine, le film suggère que les prétentions sociales, la vanité, l'avidité ne mènent à rien, seul compte d'aimer et d'être aimé, pour ce que l'on est, et de se sentir libre quant à cet amour mais aussi quant aux préjugés. D'aucuns y ont vu un Woody Allen trop "première manière", avec digressions et psy, névroses et inadaptation, mais c'est justement pour cela que c'est encore mieux car cela s'enrichit de la maturité de l'auteur, on perçoit sa propre maturité en regardant parfois une photo de soi il y a dix ans, on se ressemble, on sait bien que c'est le même corps mais ce n'est plus le même être humain. Boris n'est pas un cynique, c'est un gosse qui a peur d'être blessé, qui rejette les autres par vulnérabilité.

    Et puis j'ai adoré l'esprit du film qui peut être grave mais sans pathos ni didactisme...

    Post-scriptum : On voit que les critiques actuels de cinéma ne sont pas cinéphiles car aucun n'a vu que Melody ressemble quand même beaucoup à Tina dans "Broadway Danny Rose"...

  • Pots de départ à géométrie variable - une anecdote du Père Fouettard

    Imprimer Pin it!

    au_revoir.jpg

    Ci-contre un futur retraité à la fin de son pot de départ, et prêt à dire "au revoâr"...

    Dans une grande maison d'état vouée à l'éducation de nos chères têtes blondes, l'Éducation Nationale, j'ai entendu cette anecdote à mon avis significative : quatre personnes partaient d'un établissement scolaire, deux remplaçants et deux titulaires. Le personnel de l'endroit a récolté des enveloppes pour les deux titulaires et a prévu un jôli cadeau mais n'a rien fait pour les deux autres, à qui on a dit un vague "au revoir" à moitié bredouillé. Pourtant ce beau monde qui fait des différences, qui traite avec aussi peu de considération des personnes qui font le même boulot que lui, est chargé d'éduqer des adolescents et d'en faire des citoyens responsables et capables de ne pas faire de distinction entre ses concitoyens. Toutes ces personnes sont pourtant de gôche et concernées par le monde qui les entoure, jusqu'à un certain point qui est leur propre nombril...

  • ABC Dick

    Imprimer Pin it!

    Inventaire dickien – ABC Dick, Ariel Kyrou

    (note sponsorisée par Ubik en aérosol,Ubik s'utilise partout dans la maison, et fera la joie des petits et des grands !!)

    canbegwti.gifSi on aime bien les récits linéaires, bien charpentés, avec un début, un milieu et une fin, voire un happy end bien reconnaissable, il ne faut pas lire Dick, et encore moins cet inventaire des thèmes et objets hantant les livres de cet auteur, découvert quant à moi comme beaucoup grâce à « Blade Runner » et surtout « Docteur Bloodmoney »,après avoir lu des romanciers beaucoup plus classiques dans le traitement des récits et du style, et du thème, Asimov et Silverberg ou Theodore Sturgeon. Cet abécédaire dickien me faisait au début un peu peur, il sentait à mon goût l'opportunisme commercial car l'auteur est à la mode au cinéma. Après en avoir feuilleté quelques pages, j'ai ressenti au contraire beaucoup d'enthousiasme pour les analyses d'Ariel Kyrou.

    Ses romans commencent souvent par un cauchemar, une catastrophe, un cataclysme, qui ne s'arrêtent pas avec la fin mais continuent ensuite, parfois il advient même que ce soit arrivé avant le début de l'histoire. Dick ne fait en somme que transcrire d'autres réalités, où les androïdes sont plus humains que leurs créateurs, où il est normal de voyager de planète en planète, la question ne se pose pas. Il ne s'embarrasse pas de détails techniques incongrus qui de toutes façons finissent bien par vieillir un jour, certains de ses personnes sont précognitifs parce qu'ils le sont, sans autre justification. Chez Dick, un « squib » est une sorte de voiture volante mais on ne sait pas sur quel principe cela fonctionne, et l'on s'en fiche, car il se tromperait sûrement et il le sait, chez lui tout le monde a un « swibble », on ne sait pas ce que c'est exactement mais qu'importe, le lecteur finit par s'en faire une idée presque précise et tangible. Ce qui compte en fait, et cela l'auteur de cet inventaire l'a parfaitement compris, c'est sa manière de raconter, et l'anticipation y est à la fois psychologique et sociologique. Et juste le plus souvent, il est effarant de constater un peu plus chaque jour que nous vivons dans un livre de ce dingue de Phil Dick que d'aucuns limitent à sa grande consommation d'amphétamines dans les années 60, drogue qu'il prenait pour écrire le plus possible et entretenir souvent chahotiquement d'ailleurs sa famille et non pour les trips. Et contrairement à la légende, il n'a pris du LSD qu'une fois. Il lui avait semblé que le quart d'heure de « trip » qui s'ensuivit avait duré plutôt quelques siècles de souffrance exacerbant un peu plus sa sensibilité déjà mise à mal, son associabilité et son inadaptation à un monde aussi médiocre que le nôtre, que ce soit la société faussement permissive des années 60, tant que l'on continue d'entretenir le système, ou notre société encore plus spectaculaire, et envahie un peu plus chaque jour par des simulacres.

    dicko.jpgOu est-ce alors que nous vivons dans l'univers d'« Ubik » ? Et que nous sommes tous des morts cryogènisés sur une lune de Mars et que Dick est encore vivant ? Pour Dick, l'hypothèse est parfaitement envisageable et réaliste.

    C'est une multitude d'univers en poupées russes, et l'on se trompe généralement sur le sens des récits dickiens. D'aucuns pensent que la réalité alternative décrite par le roman dans le roman est la nôtre, dans « le maître du haut château », qui se déroule dans un monde où les nazis ont gagné la deuxième guerre mondiale. Mais c'est encore autre chose. Il n'y a qu'un seul personnage de cette histoire qui perçoit vraiment la réalité, fugacement, juste en s'asseyant sur un banc. Pour Dick, il est évident que nous vivons dans un cauchemar, que c'est lui qui est mort et non sa sœur jumelle, le trauma originel et absolument indispensable à connaître si l'on veut comprendre le monde dickien. Mais il n'y a pas que ça car l'œuvre est complexe comme le montre ce livre, c'est aussi une autofiction, le récit du propre parcours de Dick qui finit, après son accident mystique de 74 par trouver un sens à l'absurdité, ou du moins en partie car dans « SIVA » ou « Radio Libre Albemuth », le monde reste parfaitement non-sensique. Un autre thème passionnant est finalement que ce qui fait le plus horreur à Phil Dick est l'uniformisation des esprits, des corps, des comportements, afin de maintenir un ordre social vermoulu qui n'a plus d'autre justification que l'avidité de quelques uns et plus aucune légitimité acceptable.

    Et le monde de cauchemar que décrit Dick que ce soit dans les deux romans cités ci-dessus ou dans "Le dieu venu du Centaure", c'est le nôtre...

    Ci-dessous un petit film, en anglais, sur l'auteur, "the afterlife of Philip K Dick". On y parle de son oeuvre et de son expérience religieuse...

  • Les morts des icônes sont-elles toujours des morts suspectes ?

    Imprimer Pin it!

    avp.jpgA cette question, le troupeau béat des fans ou des adorateurs, ou des midinettes, d'un chanteur, d'une actrice, d'un comique, d'un politique (ce qui revient souvent au même, on reste dans le spectacle) répond : bien sûr et a toujours des réponses qui à défaut d'être rationnelles sont parfaitement construites et argumentées (il ne faut pas discuter avec, ils ont la foi des convertis) : Michael Jackson (ci-contre avec un pote) serait vivant, c'est un de ses sosies qui serait mort à sa place, j'irais plus loin, il est retourné vivre sur la planète Zorg dont il était en fait originaire ; Kennedy n'a pas été assassiné par deux tueurs à la solde de la CIA, il a été tué parce qu'il connaissait la vérité sur les aliens -des vénusiens- et allait la révéler (on trouve ce genre d'hypothèse sur le net) ; Marilyn Monroe est elle aussi toujours vivante, et se cache à "Palm Springs". Napoléon, qui bien qu'étant un tyran sanguinaire, fascine encore les foules, a été sauvé "in extremis" et a vécu en Amérique (où il a vu des américains). Hitler a fini dentiste à Rio, tout comme Goebbels (on a du mal à croire à la mort des monstres, qui fascinent aussi). Il y a encore de grands malades pour voir Elvis un peu partout dans le monde (comme grand malade je pense aussi à Georges Adamsky persuadé de son mensonge, il aurait voyagé dans la soucoupe d'aliens non-fumeurs qui bien sûr, ben tiens, ont refusé de se faire prendre en photos). C'est logique dans notre genre de société dite rationnelle, un chanteur raté comme Raèl peut devenir maître à penser et des acteurs chiantologues croire qu'un banal oscilloscope peut mesurer leur intelligence, et l'on peut voir parfois un charlatan comme Uri Geller fasciner des millions de moutons sur Téeffun, la première usine de décervelage de notr beau pays.