mercredi, 01 juillet 2009
ABC Dick
Inventaire dickien – ABC Dick, Ariel Kyrou
(note sponsorisée par Ubik en aérosol,Ubik s'utilise partout dans la maison, et fera la joie des petits et des grands !!)
Si on aime bien les récits linéaires, bien charpentés, avec un début, un milieu et une fin, voire un happy end bien reconnaissable, il ne faut pas lire Dick, et encore moins cet inventaire des thèmes et objets hantant les livres de cet auteur, découvert quant à moi comme beaucoup grâce à « Blade Runner » et surtout « Docteur Bloodmoney »,après avoir lu des romanciers beaucoup plus classiques dans le traitement des récits et du style, et du thème, Asimov et Silverberg ou Theodore Sturgeon. Cet abécédaire dickien me faisait au début un peu peur, il sentait à mon goût l'opportunisme commercial car l'auteur est à la mode au cinéma. Après en avoir feuilleté quelques pages, j'ai ressenti au contraire beaucoup d'enthousiasme pour les analyses d'Ariel Kyrou.
Ses romans commencent souvent par un cauchemar, une catastrophe, un cataclysme, qui ne s'arrêtent pas avec la fin mais continuent ensuite, parfois il advient même que ce soit arrivé avant le début de l'histoire. Dick ne fait en somme que transcrire d'autres réalités, où les androïdes sont plus humains que leurs créateurs, où il est normal de voyager de planète en planète, la question ne se pose pas. Il ne s'embarrasse pas de détails techniques incongrus qui de toutes façons finissent bien par vieillir un jour, certains de ses personnes sont précognitifs parce qu'ils le sont, sans autre justification. Chez Dick, un « squib » est une sorte de voiture volante mais on ne sait pas sur quel principe cela fonctionne, et l'on s'en fiche, car il se tromperait sûrement et il le sait, chez lui tout le monde a un « swibble », on ne sait pas ce que c'est exactement mais qu'importe, le lecteur finit par s'en faire une idée presque précise et tangible. Ce qui compte en fait, et cela l'auteur de cet inventaire l'a parfaitement compris, c'est sa manière de raconter, et l'anticipation y est à la fois psychologique et sociologique. Et juste le plus souvent, il est effarant de constater un peu plus chaque jour que nous vivons dans un livre de ce dingue de Phil Dick que d'aucuns limitent à sa grande consommation d'amphétamines dans les années 60, drogue qu'il prenait pour écrire le plus possible et entretenir souvent chahotiquement d'ailleurs sa famille et non pour les trips. Et contrairement à la légende, il n'a pris du LSD qu'une fois. Il lui avait semblé que le quart d'heure de « trip » qui s'ensuivit avait duré plutôt quelques siècles de souffrance exacerbant un peu plus sa sensibilité déjà mise à mal, son associabilité et son inadaptation à un monde aussi médiocre que le nôtre, que ce soit la société faussement permissive des années 60, tant que l'on continue d'entretenir le système, ou notre société encore plus spectaculaire, et envahie un peu plus chaque jour par des simulacres.
Ou est-ce alors que nous vivons dans l'univers d'« Ubik » ? Et que nous sommes tous des morts cryogènisés sur une lune de Mars et que Dick est encore vivant ? Pour Dick, l'hypothèse est parfaitement envisageable et réaliste.
C'est une multitude d'univers en poupées russes, et l'on se trompe généralement sur le sens des récits dickiens. D'aucuns pensent que la réalité alternative décrite par le roman dans le roman est la nôtre, dans « le maître du haut château », qui se déroule dans un monde où les nazis ont gagné la deuxième guerre mondiale. Mais c'est encore autre chose. Il n'y a qu'un seul personnage de cette histoire qui perçoit vraiment la réalité, fugacement, juste en s'asseyant sur un banc. Pour Dick, il est évident que nous vivons dans un cauchemar, que c'est lui qui est mort et non sa sœur jumelle, le trauma originel et absolument indispensable à connaître si l'on veut comprendre le monde dickien. Mais il n'y a pas que ça car l'œuvre est complexe comme le montre ce livre, c'est aussi une autofiction, le récit du propre parcours de Dick qui finit, après son accident mystique de 74 par trouver un sens à l'absurdité, ou du moins en partie car dans « SIVA » ou « Radio Libre Albemuth », le monde reste parfaitement non-sensique. Un autre thème passionnant est finalement que ce qui fait le plus horreur à Phil Dick est l'uniformisation des esprits, des corps, des comportements, afin de maintenir un ordre social vermoulu qui n'a plus d'autre justification que l'avidité de quelques uns et plus aucune légitimité acceptable.
Et le monde de cauchemar que décrit Dick que ce soit dans les deux romans cités ci-dessus ou dans "Le dieu venu du Centaure", c'est le nôtre...
Ci-dessous un petit film, en anglais, sur l'auteur, "the afterlife of Philip K Dick". On y parle de son oeuvre et de son expérience religieuse...
17:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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Les morts des icônes sont-elles toujours des morts suspectes ?
A cette question, le troupeau béat des fans ou des adorateurs, ou des midinettes, d'un chanteur, d'une actrice, d'un comique, d'un politique (ce qui revient souvent au même, on reste dans le spectacle) répond : bien sûr et a toujours des réponses qui à défaut d'être rationnelles sont parfaitement construites et argumentées (il ne faut pas discuter avec, ils ont la foi des convertis) : Michael Jackson (ci-contre avec un pote) serait vivant, c'est un de ses sosies qui serait mort à sa place, j'irais plus loin, il est retourné vivre sur la planète Zorg dont il était en fait originaire ; Kennedy n'a pas été assassiné par deux tueurs à la solde de la CIA, il a été tué parce qu'il connaissait la vérité sur les aliens -des vénusiens- et allait la révéler (on trouve ce genre d'hypothèse sur le net) ; Marilyn Monroe est elle aussi toujours vivante, et se cache à "Palm Springs". Napoléon, qui bien qu'étant un tyran sanguinaire, fascine encore les foules, a été sauvé "in extremis" et a vécu en Amérique (où il a vu des américains). Hitler a fini dentiste à Rio, tout comme Goebbels (on a du mal à croire à la mort des monstres, qui fascinent aussi). Il y a encore de grands malades pour voir Elvis un peu partout dans le monde (comme grand malade je pense aussi à Georges Adamsky persuadé de son mensonge, il aurait voyagé dans la soucoupe d'aliens non-fumeurs qui bien sûr, ben tiens, ont refusé de se faire prendre en photos). C'est logique dans notre genre de société dite rationnelle, un chanteur raté comme Raèl peut devenir maître à penser et des acteurs chiantologues croire qu'un banal oscilloscope peut mesurer leur intelligence, et l'on peut voir parfois un charlatan comme Uri Geller fasciner des millions de moutons sur Téeffun, la première usine de décervelage de notr beau pays.
10:06 Publié dans Art de vivre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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