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  • "Moi je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux"

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    Maronne-Annick--la-lectrice.jpgDans le poste hier soir, écoutant un poste classique, voilà que j'entends l'invité de l'émission, dont il choisit les disques, répondre à l'interviouveur : "Non moi, je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux". Pour paraphraser Maître Follace, c'est marrant chez les cuistres (ou les imbéciles) cette manie de faire des phrases qui ne veulent rien dire. Comme un roman çà parle de choses imaginaires, comme ça ne parle pas du réel, comme ça ne parle pas de son nombril, ça ne l'interpelle pas quelque part : où ça ? Là, (voir fig 1). Les auto-fictions dont les auteurs nous assomment avec leurs obsessions sexuelles (ça se vend mieux), coprophiles, comme Marie Darrieusecq, ou simplement leurs névroses de pauvre petite bourgeoise (Angot), ont du succès pour ce genre d'olibrius, triste sire d'inculture et de vacuité. Ou alors les pseudo-témoignages chocs, de l'ex-star recyclée en dame-pipi qui vend l'urine des vedettes qui fréquentent les lieux d'aisance où elle officie (les chiottes quoi, les djeuns), ou de la fille de... qui nous explique que faut pas croire ce qu'on raconte, elle était très malheureuse dans son loft de 200 mètres carrés, ou encore les conseils de vie saine de telle ou telle ancienne gloire de la téloche ("Mes secrets minceurs" ou "Mon guide des vins" par Christine Bravo, les "bacs-roumes que je conseille" par Steevy). Quand on imagine, quand on invite les autres à rêver, donc à s'évader de la grisaille, ce n'est pas sérieux. Enfin, et pourtant je suis un "onaniste de sacristie" certifié conforme mais je ne supporte pas ces braves gens qui le regard exalté et les yeux illuminés balancent : " Moi la Bible (l'Évangile) me suffit". Alors que le roman, qui s'appauvrit le plus souvent, quand l'auteur n'a le talent de "non-fiction" ni de Truman Capote ou Norman Mailer, ou Don deLillo, et qu'il se colle seulement au réel le plus quotidien, le plus bêtement trivial, alors que ce genre de livre qui prétend coller au quotidien est nul ou anodin (cf : Anna Gavalda).

  • Les comédies nanardeusement superbes des années 70/80

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    la_situation_est_grave_mais_pas_desesperee.jpgParfois, j'ai des crises de cinéphilie honteuse, des envies de nanars bien giboyeux, des films d'horreur italiens des années 80 aux comédies à la con de notre belle France des années pompidolienno-giscardiennes. C'était le bon temps. gràce à la TNT, on peut le revivre car les nouvelles chaînes raclent les fonds de tiroir pour économiser un maximum de pognon, comme hier avec "la situation est grave mais pas désespérée", dans lequel on retrouve Jean Lefèbvre, Maria Pacôme, Michel Serrault et Daniel Prévost qui cachetonne pour la plupart tous dans ce genre de "comédie" écrite avec les pieds et filmé par un type qui pose la caméra puis s'en fout. Bizarrement, ça reste moins nul que la plupart des comédies actuelles (par exemple "le missionnaire" avec Bigarrggh...euâârk) que ce soit au cinéma ou à la télévision : sur TF1 c'est simplement débile, sur France Télévisions, c'est débile ET didactique).

    C'était bien, j'ai regardé presque jusqu'au bout, je dis presque car je risquais l'attaque cérébrale sinon. Le scénario est inexistant, les acteurs sont en roue libre, c'est à qui en fera des tonnes, ou cabotinera le plus ; parfois même ils rigolent des répliques de l'autre. On n'y comprend rien, il y a une histoire d'arnaques immobilières mêlées à des amants dans le placard, une bonne qui s'évanouit tout le temps, Prévost qui joue un flic de l'anti-gang, Serrault, un ministre qui pousse des cris aigus comme Zaza Napoli dans "la Cage aux folles", Lefèbvre un promoteur immobilier et Maria Pacôme une femme de médecin que l'on croit mort mais qui ressuscite à la fin, et qui est aussi comtesse. Je crois comprendre ce qui a attiré Serrault là-dedans, c'est comme dans un film de Mocky, l'acteur fait ce qu'il veut, ou alors c'est le règne du système D : par exemple pour figurer deux types dans un ascenseur qui monte on leur demande de plier et déplier les genoux (logique). Il ne manquait plus que Marthe Mercadier, la reine de ce genre de pantalonnade-couillonade.

    Dans le même esprit, mais là je dois avouer que même moi, je ne peux pas, il y a les bidasseries tournées au kilomètre jusqu'en 1985, où l'on recyclait des acteurs "underground" comme Jacques Feyder. Pour les réalisateurs de ces trucs, l'humour s'arrêtait à l'almanach Vermot 1825, tout comme les films avec "les Charlots", certains les trouvaient vulgaires à l'époque maintenant un gamin de dix ans en connaît largement plus en grossièretés et saloperies obscènes rien qu'en surfant deux minutes sur Internet. Il était toujours question d'un colonel peau de vache mais con, de troufions sympas et débrouillards, et d'un pensionnat de jeunes filles juste à côté, les actrices qui jouaient les pensionnaires avaient souvent du mal à faire croire à leur ingénuité supposée. Bien au-dessus, bien que parfois d'un humour un peu opaque (ceux scénarisés par Topor dont "les malheurs d'Alfred"), il y avait les films de Pierre Richard, dont certains réalisés par lui-même, les meilleurs étant "les grands blonds", il ya jouait le même rôle, un naïf mais pas tant que ça aux prises avec des cyniques pleins d'argent, il avait des copains plus sûr d'eux que lui joués par Henri Guybet ou Aldo Maccione, qui joue quand même dans un petit bijou que l'on trouve en fouillant ce tas d'ordures : "Pourquoi pas nous ?". J'allais oublier le bas du panier avec les adaptations de Reiser et Wolinski par Claude Confortès ou Francis Perrin, immense comique français zézayant.

    Ci-dessous "je sais rien mais je dirais tout"...

  • Le blues et l'irresponsabilité - les militants PS après les européennes

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    562590_10341965-o.gifJe viens de lire cet article concernant "le blues" des militants PS. Et je pense qu'il faudrait vraiment commencer à se poser les bonnes questions.

    Sur le plan des politiques d'harmonisation des budgets nationaux européens, PS et UMP, et Modem, et Europe Écologie, partagent plus ou moins la même vision qui tient du monétarisme économique : des taux d'intérêts très élevés, une politique de réduction drastique des dépenses publiques (rappelons qu'elle a commencé avec le gouvernement Jospin et la Loi d'Orientation Loi de Finances), quitte à privatiser Éducation ou transports ferroviaires, ou Poste. Cela c'est ce qui est en train d'arriver. Sans parler de la laïcité complètement mise à mal, et là il faudrait faire des compromis inacceptables avec des coutumes qui nient la liberté des femmes, ou de l'individu ? Tout en niant le danger ?

    Qu'est-ce que l'on propose là-dessus ? Rien de tangible.

    Pourtant la politique monétariste n'est pas une seconde une fatalité, elle a même prouvé son inefficacité. Ce n'est pas grave, on laisse tout recommencer comme avant le début de la Crise sans protester. Alors que c'est là qu'il aurait fallu se manifester.

    Cette politique n'a aucune incidence pour les plus riches, de la classe moyenne supérieure aux bénéficiares de "stock-options" grasses et bien juteuses. Par contre, elle paupérise la classe moyenne inférieure et tous les précaires un peu plus chaque jour. Il n'y aura bientôt plus de classe intermédiaire. Or, la précarité n'est pas le thème principal des discussions au PS. Il en est qui veulent réfléchir sur des grands thèmes, à la manière du philosophe de comptoir entre la poire et le fromage, ils veulent que l'on prenne du temps, alors qu'il y a urgence sociale ; il y a ceux qui votent ce qu'ils veulent sans réfléchir aux conséquences, agissant en consommateurs, d'autres qui votent UMP sans le dire car pourquoi voter pour la copie ? On ne fait que s'opposer qu'à une personne (Chouchou Ier talonnettes) mais pas assez au fond, à ses idées, car d'aucuns parmi les dirigeants du PS les partagent en fait. Voilà le hic.

    La précarité tangible, concrète, réelle, quotidienne est-elle le point principal du programme du PS ? Non.

    Pourquoi donc ? Il y a des militants qui en parlent un peu comme ces riverains du Canal Saint Martin qui les premiers temps trouvaient ça sympa les tentes Quechua puis finalement au bout de trois semaines ont eu le réflexe égoïste ou petit-bourgeois d'appeler les flics, car la pauvreté en parler ne fait pas de mal mais s'y confronter est plus dur. Il y a aussi ceux qui s'en foutent, clairement, et sans s'en cacher.

    Quant à moi j'aime beaucoup les beaux discours bien tournés, mais maintenant, je voudrais plutôt du concret....

  • Tourments intimes d'un cochon en désintox

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    Il fait trop chaud pour autre chose que "Liberty Meadows aujourd'hui, et une pin-up de Franck Cho un peu sadique...

    Le cochon est l'ancienne mascotte d'une confrérie d'étudiants, il est actuellement en cure de désintoxication à la clinique de Brandy, la brune, vétérinaire à "Liberty Meadows".cho_2.jpg

  • Les gens sont méchants - la CGT et les sans-papiers

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    564002.jpgAhlala, les gens sont méchants, tu sais, les pôvres surtout, ils devraient pleurnicher, se plaindre de leur sort en attendant que les lumières de la sagesse de gôche ou non s'engueulent ENTRE eux pour décider de leur sort, pas moufter, pas bouger, restez bien en retrait. Car les lumières du savoir, dont celles qui se prétendent de gôche, savent ce qui est bon pour le peuple, les ouvriers et les précaires. Qui a dit qu'ils ne bossaient que pour ceux qui ont un statut et la sécurité de l'emploi et qu'en vingt ans, ils se sont surtout fait remarquer par leur capacité au compromis et à l'écrasement devant les puissants à qui on sert la main, on joue alors le rôle de prolo de service avec l'accent parigot ou franchouillard "ad hoc", prévoir la coupe "playmobil" en plus.

    Et puis voilà que des pôvres sans papiers, certainement des travailleurs exploités du textile, qui bossent 60 heures par semaine, des maçons payés au black, certains on les retrouve même à construire les centres de rétention dans lesquels on les enferme plus tard, voilà que ces pôvres se disent, ils ont fait des promesses il serait temps de les tenir, non ? En réponse, ils ont eu droit à un comportement de petits Hortefeux de gouttière ou de Besson en "Doc Martens", les lumières du peuple, à coups de tatanes qu'ils les ont viré les sans-papiers, il faut pas déconner, ce sont des ingrats les pôvres, on vous le dit. Ils respectent rien, c'est une engeance dangereuse. C'est comme ça les pôvres, ça parle que de fric ou de boulot, on leur dit bien qu'il y a plus malheureux qu'eux ailleurs, allez....Mais ils s'en foutent comme l'an 40,  tu sais, ils veulent tout tout de suite et que l'on arrête de les prendre pour des cons, des cochons de payants en somme.

    T'en as même qui se foutent de la gueule des cuistres qui te sortent leur culture prêt-à-porter, leurs conventions finalement très bourgeoisement louis-phillipardes derrière la pose progressiste : toujours les mêmes qui reviennent...

  • La fin des "brushings"

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    people-michael-jackson-2466276_1350.jpgFarah Fawett, l'ancienne drôle de dame permanentée au sourire "pepsodent", est morte ce matin, et hier Michael Jackson, l'idole de millions d'anciens djeuns à travers le monde. Pour lui, je ne sais pas, il ne manquait pas de talent, il avait le donc d'enquiller les tubes, et a débuté la "Motown", à la rigueur j'aime bien "Don't stop till you get enough", ou encore même "Thriller" qui était un hommage aux séries B et Z. Beaucoup ont découvert ce cinéma alternatif gràce à lui, et surtout gràce à John Landis. Il y en a qui nous explique qu'il représentait une idéologie nazifiante presque, commerciale et tout, qui voit en lui beaucoup plus qu'il n'était. D'autres le perçoivent comme le symbole des années 80 qu'ils éxècrent, c'est leur droit mais du point de vue du consumérisme c'est de pire en pire surtout maintenant. C'était surtout un malade riche à millions, adulé, un pédophile aussi, une pauvre âme, ni un monstre, ni un ange. De là à faire un pélerinage à "Nerverland", faut pas déconner, je me rappelle déjà le trouver grotesque depuis le collège. Mais il fait aussi partie de ma jeunesse, malgré tout.

    farah_fawcett_poster.jpgFarah Fawcett Majors c'était la blonde qui faisait de l'ombre aux deux autres dont personne ne se rappelle plus, excepté Jaclyn Smith qui apparaît dans l'adaptation cinématographique de la série qui était déjà très con mais d'une connerie assumée, on ne se prenait pas trop au sérieux, c'était comme si Hugh Heffner, le patron de "Playboy" avait écrit un feuilleton féministe. C'est un truc très "filles" "Drôles de dames", je me souviens d'une, une drôle de fille aussi, cultivée, dotée d'un sens de l'humour fin, intelligente, m'ayant un après-midi imposé ça chez elle et il ne fallait pas moufter ou oser une plaisanterie, même pendant le générique et ce que récitait le narrateur : "il était une fois trois filles superbes...". C'était une époque encore innocente, un rien inconséquente. On pouvait s'emballer pour des futilités sans que çà ne porte à conséquence, on n'avait pas besoin de se justifier par un pseudo-engagement humanitaire ou idéologique.

  • Dans le secret des dieux de la culture le temps d'un voyage en train

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    623291.jpgIl y a deux jours, prenant mon train habituel j'entre dans un compartiment où se tenaient trois personnages qui avaient, comme je le compris vite, des responsabilités dans le culturel, au ministère à Paris. Il y avait là un type bronzé de manière trop suspecte pour que son hâle soit vrai, vêtu d'un costume style à col de clergyman (j'ai failli lui dire "bonjour mon père), un plus vieux à cheveux blancs, la voix semble-t-il pâteuse comme Paul-Loup Sulitzer au sortir de son opération ("ai 'écupéré 'atre-vingt 'inze 'our'cent' 'e 'es facultés" comme il l'avoua aux journalistes), et leur compagne, une dame d'un certain âge en tailleur-pantalon blanc trop transparent. C'était, je le compris, la femme du précédent, beaucoup plus jeune que lui à première vue, à moins qu'elle ne bénéficie des bienfaits du botox, une brune qui a passé son temps à sortir plusieurs noms pour impressionner le reste des voyageurs.

    Le clergyman était au téléphone, il raccroche et sur un ton feutré : "C'est Mitterrand qui est nommé"

    La femme : "Ah, oui, BHL le pressentait, BH (elle l'appelle BH pour montrer qu'ils sont potes) voit souvent clair sur la politique"

    Le vieux : "Aaah, mfff, bon, c'est-pas-grave-au-moins-on-reste-en-famille, ahha, pfff"

    La femme : "Comme Christine Clerc me le disait hier, c'est toi qui aurait dû être nommé, Chouchou (surnom du vieux "papa-gâteau" à la mode semble-t-il)"

    Le clergyman : "J'essaye d'avoir Frédo (comprenez Frédéric Mitterrand avec qui il doit être pote aussi comme il le laisse entendre). Il y a une pièce d'Audiberti que j'aimerais bien monter."

    Les deux autres : "Aaah ! Audiberti !" soupirs songeur.

    Je ne sais pas qui c'est mais leurs soupirs laissent présager que c'est grave génial comme disent les djeuns.

    Devant mon absence de réactions et mon sourire narquois, les trois semblent déçus, on n'entend plus que les ronflements d'une pélerine montée à Lisieux allongée sur la banquette, son fessier ample tourné vers le reste du compartiment.

    La femme repart à la charge : "Moi, demain, au fait, je vais dîner avec Arielle, mais sans BH, on sera entre nanas" (j'ai horreur des femmes de trente ans et plus qui désignent les autres femmes comme "nanas"). "Il parait que Carla lui avait déjà dit ça dimanche" (Elle est aussi pote avec Carla)

    Le "clergyman" est très occupé, il sort le téléphone vissé à l'oreille. Il parle bas, on est entre initiés, mais j'entend quand même : "Ah, la province c'est bien, mais y connaissent pas grand-chose, même pas Audiberti, tu te rends compte ?" puis "Oui chouchou, je t'embrasse".

    Ce qui domine comme impression est que ces trois braves gens s'en foutent de la culture, ils sont aussi dans le "bling-bling", et changeront de maître sans problèmes à chaque fois qu'ils devront veiller à protéger leurs intérêts.

    Fort heureusement, nous sommes arrivés à Evreux avant que ma nausée ne soit complète.

  • Qui oserait aujourd'hui se foutre de la gueule d'une vache sacrée comme ça ?

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    Bien sûr, je ne parle ni même de polémiquer, ni de discuter, mais de ridiculiser cette élite auto-proclamée tellement imbue d'elle-même qu'elle n'admet plus la moindre contradiction.

    Et la réponse à la question du titre est : "personne"

  • Le côtching (vaguement) spirituel à la mode

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    SM_gourou.jpgS'il y a bien un truc qui m'énerve en ce moment, c'est ça, le côtching spirituel, ou vaguement spirituel : genre bouddhisme à la Mathieu Ricard, yoga pour cadres stressés, conseils de bon sens que l'on fait payer une fortune. Les promoteurs de ce genre de services assurent débarasser l'âme et le corps de leurs adeptes de tout sentiment qui nécessairement fait du mal, de toute émotion, de tout esprit de contradiction et d'indocilité pour se fondre dans un grand TOUT mou et sans contours.

    Depuis que le Dalaï Lama est un "pipôle" de haut rang adulté par des pipôles de rang beaucoup plus inférieur, on développe tout cela pour rassurer le consommateur en mal de lien social détruit par quelques décennies de libéralisme actif et de décervelage intensif, à tel point que culture et intelligence, ou indépendance d'esprit sont actuellement presque des insultes.

    Quant aux autres, chrétiens "décrocheurs d'ampoules" entre autres, on aime bien se noyer dans une affectivité confortable en groupe, pour ensuite être encore plus "performant" dans notre société de "performance" et de marchandisation de tout y compris la merde, vendue en oeuvre d'art, voire transformée en steak haché de synthèse au Japon. Le tout très loin de l'exigence spirituelle réelle.

    Rappelons aussi qu'un être humain débarassé de toute émotion, sentiment ou réflexion personnel, c'est généralement un mort.

    J'aime beaucoup le sketch en illustration, il est très juste également quant aux personnages

  • "Vulnérable et massif" - Torrents d'amour

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    Albatros.jpgCe qui est amusant dans les journées de formation pour adultes, c'est que l'on y retrouve tous les archétypes que l'on trouve dans une classe d'enfants ou d'ados : les fayots, les filles glamour de la cour de récré, les grandes gueules, le ou les cancres, la piétaille. Quand on est un peu trop sensible, donc un peu trop vulnérable, on remarque tout de suite ce côté dérisoire, le grotesque des situations, et des comportements. Et on n'arrive pas à les prendre au sérieux. Parfois les esprits trop sensibles et vulnérables se réfugient derrière l'humour caustique, des remarques sarcastiques et ce qui apparaît aux autres comme du dédain. L'avantage que l'on a alors est que l'on décèle chez les autres une sensibilité plus étroite qui est celle de la hiérarchie à laquelle ils accordent pour la plupart du temps le plus d'importance qui est, « est-ce que j'en jette plein la vue ou pas ? », avec un objet totem reconnu par tout le monde, un habit, une attitude.

    C'est le bon côté des choses quand on est un peu trop sensible, on est plus lucide, c'est même un atout pour celle ou celui qui prétend écrire et que cela soit intéressant pour les autres. Mais on est aussi un peu plus prétentieux aux yeux de la société.

    Et ce besoin chevillé au corps d'écrire est une forme d'égocentrisme, de narcissisme, celui qui écrit a une très bonne opinion de lui, sinon il n'écrirait pas et garderait ses rêves, ses fantasmes, ses illusions pour lui. Écrire ce blog pour moi, et d'autres petites choses, fait partie de cette "protection" au monde nécessitée par ma sensibilité qui se manifeste un peu trop.

    On comprend vite aussi que l'intelligence est plutôt un handicap et que 99% des personnes sont malveillantes a priori envers quelqu'un qu'elles ne comprennent pas, surtout quand on ne rentre pas dans les cadres et les figures imposées, comme au patinage artistique.

    J'ai relu dernièrement un court portrait de mon auguste moi hier qui me décrit comme « massif et vulnérable ». C'est ma foi un portrait très juste, j'ai toujours considéré la colère, y compris la mienne, la dispute, la violence, comme de la folie, la haine tient presque de la maladie mentale, de la pathologie. On devrait la rejeter avec horreur au lieu de s'y adonner. Seulement voilà, pour se protéger, des attaques, des railleries, de la colère des autres justement, on préfère trop souvent se laisser envahir, allant même jusqu'à la séparation, plutôt que de souffrir plus. Car les personnes plus sensibles que les autres souffrent beaucoup plus. Elles dégustent. Se forger une coquille humoristique est somme toute une bonne formule, au risque de se retrouver tout seul. Certes, les esprits libres le sont souvent, seuls, on leur fait payer leur incapacité à se fondre dans la masse, et il est très délicat d'affirmer, quand on est croyant, que l'on accepte tout, que l'on prend tout, pour la plus grande gloire de Dieu, il arrive le plus souvent que l'on voudrait bien que tout cela s'éloigne, on voudrait être docile, ne pas être si sensible, si émotif, si vulnérable.

    Ne pas être Humain, en somme.

  • Le christianisme est-il un communisme ?

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    Ami djeuns, lecteur qui vient trouver ici des trucs sur "Secret Story", tu seras déçu, aujourd'hui on fait dans l'intello...

    alain_badiou.jpgJe viens de lire deux, trois articles très intéressants parlant d'Alain Badiou qui affirme que Saint Paul était communiste, ou du moins collectiviste. On peut aussi rapprocher les travaux de Marx des écrits de Saint Augustin. Il y a aussi plusieurs sermons de Bossuet, des pamphlets de Bernanos ou de Léon Bloy contre les bourgeois et leur bien-pensance qui donnent superficiellement raison à Badiou, contre les catholiques qui n'allaient pas jusqu'au bout de la radicalité évangélique. Il est vrai aussi que les premiers chrétiens vivaient dans des communautés fondées sur un partage complet et équitable des richesses. Ce qu'ils ont oublié maintenant pour beaucoup, malheureusement, oubliant même la fraternité avec leurs frères et soeurs d'Orient. Il est vrai aussi qu'un chrétien ne peut pas être libéral sans se dédire.

    st-paul.jpgMais les buts sont radicalement différents. Comme l'a rappelé Benoît XVI dans "le sel de la terre" avant qu'il ne devienne Pape, le but du christianisme actuel quant à la société est de faire évoluer celle-ci du rapport de forces obligatoire à une société plus fraternelle, par une spiritualité solide mais pas par l'affrontement ou la révolution. Il y a aussi que le but des idéologies (à l'inverse c'est la même chose pour le libéralisme qui aimerait bien créer un "homo consommatorum" docile et polyvalent) est de créer un homme nouveau, tandis que celui de la foi chrétienne est que l'être humain le devienne enfin pleinement, avec toutes ses faiblesses. Avec la théologie de la Libération, on a pu croire qu'une alliance était possible. Mais prétendre que l'on tue au nom d'un Dieu que l'on place à ses côtés, comme ceux d'en face, c'est un blasphème.

    Badiou et Saint Paul ne sont pas si éloignés, après tout Saint Paul s'inspire du stoïcisme et de l'épicurisme. Mais la Foi les sépare, peut-être pas pour très longtemps, qui sait ?

  • Tout le monde s'en fout de la burqua en France

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    burqa02.jpgDans le Landerneau politique, on discute depuis une semaine de la burqua en France (je ne sais pas quel effet ça vous fait de lier ces deux mots, moi ça m'emmerde grave comme disent les djeuns) : Oui, Non, peut-être, oui mais, pas question, ça dépend des conditions. D'autres multiplient les grandes déclarations péremptoires, les grands discours sur l'air de "la Patrie en danger". Il est hélas déjà trop tard, pourtant on vous avait prévenu. La laïcité réelle dans beaucoup d'établissements n'est plus qu'un lointain souvenir, quand ce n'est pas l'école qui organise les repas de ruptures de jeûne de Ramadan, entre autres. Et contrairement à ce que l'on croit, ce ne sont plus seulement les extrèmistes qui suivent les coutumes importées d'Iran mais les croyants "lambda" qui pensent alors retrouver une identité. Madame Aubry, qui fût présidente de l'association pour empêcher le voyage du Pape en France au moment du baptème de Clovis, on entendait le même air de "la Patrie en danger" contre Jean-Paul II, et idem contre Benoît XVI ensuite, quand il a parlé de petit bout de latex, Martine nous dit donc que c'est une question sociale (ce qui fait un peu marrer car elle a voté comme les autres la Loi d'Orientation Loi de Finances qui a commencé le détricotage du Service Public). Elle a raison mais ce n'est plus seulement ça.

    Et puis finalement le troupeau bêlant docile et décevervelé s'en fout. Les djeuns se passionnent pour "Secret Story" et le "qui c'est-y qui va sortir du Guantanamo pour larves décervelées ?", ils votent d'un seul mouvement pour en décider, passifs, prêts à payer 60 centimes le SMS. Je sors d'en voir tellement mal à l'aise devant des livres qu'on doit presque leur coller dans les mains, tellement passifs, puis ravis d'aller parler de leur nombril sur "Emméssène" Leurs parents trouvent que Carla elle est trop sympa et ne rêvent que d'une chose, claquer du fric ostensiblement comme le nabot qu'est au pouvoir. Dans leurs têtes, ou ce qu'il en reste, la démocratie est déjà morte, ils sont prêts à obéir aveuglément au premier opportuniste venu, ce qu'ils font d'ailleurs. La politique et la réflexion qu'elle devrait entraîner ne passionnent plus grand-monde. Quand on leur parle, la plupart nous sortent le refrain habituel : "Ben tous les goûts sont dans la nature, et puis on a le droit de faire ce qu'on veut", même si c'est con.

  • Madeleines électroniques des années 80 - Joe Jackson, Yves Challand

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    8-spirou-chaland.jpgC'est fou comme Joe Jackson ou même Matt Bianco paraissent maintenant des groupes complètement désuets, plus que certains des années 60. Tout est daté, on se croirait dans une BD d'Yves Challand (voir strip de Spirou ci-contre) ou de Ted Benoît coincés entre les années 40, pour l'ambiance, les belles bagnoles, les épaules carrées et les pantalons zazous et l'an 2000. Peu importe, j'aime bien encore, c'est loin et proche, c'est une sorte de madeleine de Proust électronique.

    C'est vers cette époque que l'on a commencé en somme à vivre dans un perpétuel présent.

  • Le punk pour les nuls - "Si on reparlait de Pacadis ?"

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    Je ne sais pas si ce texte est punk, on s'en fout, il a deux ou trois choses à dire...

    S'il y a un truc qui me fait marrer quand je navigue sur les sites et blogs qui font dans le cultureux, c'est que certains se revendiquent du punk, voire "punk à diplômes", attend, ce sont des voyous mais des voyous qui ne sont pas n'importe qui, tu vois, de la khâgneuse en crise d'adolescence tardive au quadra autodestructeur. Certes, ils écrivent parfois très bien, ont souvent du talent mais ce sont des jeunes gens bien proprets quand même. Ce n'est pas grave d'être un bon garçon ou une bonne fille, il ne faut pas en tirer un complexe mes mignons, mais c'est quand même assez ridicule. Dans un pogo, ils ne tiennent pas deux minutes. Et sans la carte bleue de Papamaman, sans leur intérieur bourgeois et leurs goûts de vieilles dames, ils ne survivraient guère ces enfants sages.

    In 1977, "our time is up"...

    1977, année rock. Il y eut le film de Spike Lee et avant, ce livre, sur cette date des plus symboliques. Pacadis était critique de rock doué, et insupportable en même temps, un peu comme Beigbeder qui fait d'ailleurs la préface de cette chronique des années punks. Le temps des sales gosses, des musiciens turbulents, provos, décalés, obscènes et dépravés, lucides sur la dégénérescence de la société, autant que mégalos, était venu, de Gainsbourg aux Clash en passant par les Sex Pistols. C'était l'époque des notables giscardiens et des Fender à fond dans le transistor pour lutter contre l'endormissement général. En plus de ce journal, qui me fait penser par instants aux livres de Nik Cohn ou Hunter Thompson, cet ouvrage est agrémenté d'articles de l'auteur sur les mondanités parisiennes de l'avant retour du fric-roi (qui l'est toujours).

    Ce sont d'ailleurs des enfants très sages qui finiront par avoir raison de Pacadis, et le virer du "Palace" bientôt repris par des "managers" qui metteront quelques années à le couler. Ce livre est une sorte de gros doigt tendu aux "punks à diplômes" justement, qui sont du genre à aller démarcher le prolo, ou le sauvageon qui n'en rien à foutre car il sait bien que c'est du vent (rires : "on est des punks mais on est aussi pas rien, on a fait les grandes écoles mon bon meussieur"). Les punks avaient vu venir tout ça, quand les petits bourgeois ont commencé à copier leurs fringues, ils ont aussitôt décidé de s'habiller en costumes-cravates et de remettre un certain genre de classe à la mode, comme Debbie Harry. J'aime bien Pacadis, malgré toutes ses contradictions et le fait que finalement, il aimait ça l'or et le clinquant des bourgeois, mais il est tout à fait dans la tradition des Blondin et autres, un funambule à l'esprit plus grand que celui de ses contemporains.

    Par ici on peut entendre Yves Adrien

    Titre : Un jeune homme chic | Auteur : Alain Pacadis | Editeur : Denoël

    Sur la photo, on reconnait Marie-France, Paquita de Paquin et Pacadis, je crois.

    Les années 80 étaient bien entamées, mais Sapho restait dans l'esprit, regardez ci-dessous, c'était un peu trop évident "The Clash" ou les "Sex pistols", tu trouves pas ?

  • Burqua et préservatif

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    image1th7.jpg

    Quand on regarde la photo, n'a-t-on pas envie de lui botter le cul à cet imbécile fier de ses femmes comme de son cheptel ?

    La "burqua" ou le "niquab", les deux formes de voiles portées par les femmes musulmanes les plus extrêmistes, que ceux-ci fussent imposés ou non, le sont au nom d'une morale hypocrite qui veut que seul le corps des femmes peut inspirer de la concupiscence et que donc il convient de le cacher. On me dira, ils sont nombreux, ailleurs, croyants ou pas à partager ce point de vue. Tout en exaltant paradoxalement d'un autre côté le culte du corps et de la beauté formatée : allez comprendre. Ce sont clairement des signes d'oppression des femmes, que celle-ci soit consentie ou pas, il n'empêche. Pourtant, certains semblent prêts à laisser faire, tant que ces femmes qui portent ces atrocités répugnantes et leurs compagnons stupides restent de bons petits consommateurs dociles. Il en est qui sont ravis souhaitant depuis longtemps une bonne petite guerre ethnique, des affrontements dans les rues ce qui compenserait leurs virilités défaillantes ou leurs complexes sociaux.

    Cela me rappelle la polémique autour des déclarations supposées de Benoît XVI. Ils furent nombreux ceux qui n'ont rien compris à ce qu'a dit le Pape, les mêmes maintenant sont parmi les plus virulents à légitimer le voile islamique. Il faudrait qu'ils expliquent leur démarche. Sont-ils lâches ? Ou sont-ils simplement indifférents ? Tant que cela n'arrive pas chez eux, à leur seuil. Je me souviens pour ma part de cette jeune femme qui prenait des cours de français à Jérusalem, palestinienne, belle ; elle parlait arabe avec un accent jordanien d'une douceur très sensuelle, elle avait des cheveux noirs qui lui tombaient en cascade sur le dos. Elle était toujours extrèmement féminine, elle était fiancée avec un jeune homme qui travaillait à Ramallah, ils avaient réussi à faire accepter leur relation au lieu de subir un mariage arrangé ; à oser cette féminité, elle risquait sa vie pour ça.

    C'est cela la réalité d'une théocratie, ici soumise à l'Islam.

    Il n'y a pas d'échappatoire.

  • Neuf ans d'ancienneté = zéro expérience : un cas présenté par le Père Fouettard

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    tableau_noir.jpgUn précaire enseignant, non titulaire donc, remplaçant depuis neuf ans, reçoit hier une lettre de son autorité de tutelle lui signifiant que comme il ne relève pas du ministère concerné et encore moins du corps des fonctionnaires, il n'est pas apte à candidater à un concours qui ne demandait aucune condition de statut.

    Il a pris tous les contrats, que ce soit près de chez lui ou à "Pétaouschnok", a passé les concours, dans sa matière c'est fermé depuis trois ans, mais il essaie de se requalifier quand même.

    C'est peine perdue, il se heurte à un mur d'incompréhension totale car même les personnes censées le défendre lui opposent les mêmes arguments que son autorité de tutelle.

    Ce sont donc des clowns grotesques en somme. Ne pleurez pas si l'Éducation Nationale s'effondre, par votre faute.

    Vous parlez de Sarkozy, vous vous opposez à la loi sur les universités, très bien, commencez donc par le statut des précaires, chers amis de gôche et les autres. L'abstention diminuera très vite et il y aura des gens pour voter pour vous.

  • Les bobos : raillés et enviés

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    snob1.jpgAlors bien sûr, il y a les vrais bobos, libéraux-libertaires avachis et hypocrites petits bourgeois qui sous l'étiquette "équitable" se comportent tout aussi égoïstement que leurs aînés louis-philippards, et puis il y a aussi ceux que l'on traite de "bobo", que l'on accuse de tous les maux, un peu facilement, on raille mais en fait on envie la culture et le désir de s'instruire au moins ou de s'élever un peu intellectuellement, et cela sans se conduire en consommateur. Maintenant d'ailleurs toute personne un peu nuancée dans son propos, qui lit de temps en temps un bouquin est traitée de "bobo", ça permet d'éviter aux autres de faire l'effort d'en ouvrir un, ou de chercher à s'élever intellectuellement en sortant des schémas tout faits. On les accuse d'habiter le ghetto bourgeois de Saint Germain des prés, qui n'est plus une référence depuis au moins quarante ans, d'être des "parisiens" pervers et chafouins qui se moquent des gentils provinciaux qui veulent absolument monter tout en haut de la Tour Eiffel quand ils "montent" à Paris et qui ricanent sous cape, c'est sûr, quand ils voient les péquenots débarquer en grande tenue à la mode du temps de René Coty. Cela devient l'accusation préférée des Cauet, Arthur et Bigard (qui a une cironstance atténuante, avoir essayé de monter "Clérambard" de Marcel Aymé), des Marc Lévy et Musso face à leurs détracteurs qui les accusent de faire de la merde, alors qu'ils en écrivent, en filment ou en réalisent comme émissions de télévision. On nous bassinne alors de plus en plus avec les régionalismes tellement plus vrais que ces prétentieux de parisiens, et puis "on a pas besoin de lire "la princesse de Clèves" dans la vie" ou "moi je lis pas de romans, mais des "livres sérieux"", je cite avec des pincettes.

    Voir par ici "J'suis snob" de Vian dont on ne manquera pas de m'accuser...

  • Sarkozy avant Sarkozy par Jean Genet

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    giacometti_jean_genet.5.jpgOn aime ou on n'aime pas Genet (moi ça dépend des écrits, j'ai quand même du mal avec "les paravents"), mais dans ce texte, il a curieusement des accents presque à la Léon Bloy sur les bourgeois et notre société "de porcs" en général, et aussi sur les libéraux-libertaires décomplexés actuels, "né(s) roturier(s) qui veut(lent) apparaitre doré(s)". Comme quoi entre un pêcheur et un mystique, il n'y a pas tant d'espace.

    extrait d'un manuscrit inédit écrit en 1947 et mis en vente ce week-end au salon international du Livre Ancien

    "...La jactance solennelle, la conviction courroucée, et le langage si vide qu'on n'y peut découvrir la moindre idée car elle serait fausse"

    "Aujourd'hui il lui faut l'or et les breloques afin d'avoir le pouvoir absolu. Car il croit qu'il existe. Le pouvoir, pour lui, ce n'est pas un sommet -Il déteste les côtes-, c'est une sorte de solitude où l'air serait moins pollué qu'ailleurs. Des ampoules d'air solitaires, appelées peut-être par ses phrases ampoulées. Pour y arriver, il faut de l'or. Il en faut pour acheter le pouvoir solitaire qu'il croit déjà aux enchères".

  • La mouche et le maître du monde

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    Sur la photo ci-contre, Barack garde bien au chaud la mouche qu'il n'avait fait qu'assommer...

    barack-obama-1.jpgEn Iran, des personnes osent se rebeller contre le pouvoir crétin des mollahs, ose se dresser contre la barbarie de coutumes stupides imposées par une minorité. De quoi t'est-ce nous parle-t-on avant ? De la mouche qu'Obama a écrasé d'un geste sec et précis. Il faut dire que c'est diablement plus important, c'est pénible une grosse mouche bleue qui tournicote autour de la tête ou ailleurs en faisant "bzz", on a envie de dire "c'est pas moi", "c'est pas à cause de moi". Bien fait pour le dyptère commun. Ensuite, le maître du monde nous dit qu'il fera pareil de toutes façons avec l'Iran (en gros le dingue au pouvoir en ce moment et les manifestants de Téhéran c'est kif-kif à ses yeux). Obama c'est le messie, plus personne ne veut réfléchir sur son propre pays, sur sa région, sa ville, son avenir, non on préfère s'en remettre à un gars qui est presque aussi cabot que Morgan Freeman dans "Deep Impact" ou Dennis Haybert dans "24 heures chrono". Sur la Palestine et Israél, il ne fait qu'appliquer une cautère sur une jambe de bois en faisant semblant de se passionner alors qu'on sent bien c'est pas son truc, on rigole presque quand on lit qu'il veut bien une Palestine indépendante mais démilitarisée afin qu'elle se laisse coloniser sans poser trop de problèmes et qu'il applaudit le discours de Netanyahu‎ . Mais ne nous attardons pas là-dessus.  Ou alors lisez le texte de David Grossman en réponse (il paraît d'après ce que l'on m'avait dit sur Causeur que personne en Israël ne contestait "Bibi"Netanyahu‎ , il faut croire que si) dans le numéro d'"Haaretz" d'aujourd'hui et qui montre que beaucoup d'israéliens veulent la paix mais que les seuls interlocuteurs choisis par les américains sont les pires et les plus extrêmes à chaque foi.

    Ici un jeu pour aider notre Chouchou national (chouchou Ier talonnettes) à faire aussi bien qu'Obama

  • Les jeunes filles qui rêvent

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    28109.jpgDans le bus, dans la rue, on voit des jeunes filles en djin taille basse parfois quand elles sont seules, quand elles ne se sentent pas observées ou qu'elles s'en fichent soudain, remonter ce vêtement sur leur taille comme si elles étaient soudain gênées de la naissance de leur chute de reins qu'il laisse apparaître, qu'elles comprenaient que la mode c'est vraiment con. Ou bien à cacher leurs formes, serrées par un pantalon ultra-collant style 80's, par un pull ou autre chose (rien de pire que le pantalon blanc transparent, rien de moins séduisant finalement). Comme si finalement ce besoin compulsif de plaire à tout prix, même de manière hyper-primaire, elle le ressentait très négativement (car dans la pub, une fille ça doit plaire, avoir un postérieur tentateur et un buste chasse-neige qui attire les regards et tant pis si on la prend pour une fille facile). Cela s'accroît de plus en plus, de pire en pire, avec les émissions de « côtching » stupide imposant aux jeunes esprits des stéréotypes de plus en plus débiles, sans parler de tous ces « talk shows » et trucs pseudo-réels mettant en scène grossièrement la vie de couple ou la pervertissant.

    C'est un moment émouvant où les filles, et les femmes, sont toujours belles, ce moment où leurs gestes sont complètement naturelles et non dictés par la mode ou les conventions, quand elles relèvent leurs cheveux par exemple.

    *

    Derrière les yeux noirs des filles de quinze ans, il n'y'a pas forcément de mystère.

    *

    Et puis quand les copines réapparaissent, la pudeur est obligée de s'envoler, on essaie des attitudes, un pied sur l'autre, les deux pouces négligemment glissés dans les poches du pantalon, l'air blasé comme si à quatorze ans ou dix-sept on en avait déjà beaucoup vu du monde, comme si on en savait déjà beaucoup trop. C'est le cas pour certaines, quand il arrive que le nouveau copain de Maman s'avère être aussi un amateur de tendrons et de chair fraîche ou qu'elle doive descendre plus avant dans les cercles de l'enfer domestique qui va jusqu'aux abîmes. On voudrait se faire passer pour une séductrice, une femme mystérieuse, presque fatale, on n'aime pas être comme les potiches des clips de « R'n'B » mais finalement on assume quand même car on croit que c'est obligatoire.

    9_WEB_ToKillAMockingbird.jpgOn ne peut jamais juger. Une petite qui a l'air affranchie peut se révéler encore une enfant totalement innocente rêvant au grand Amour n'osant pas croire que cela puisse lui arriver. Celles-là, derrière leurs yeux noirs, elles ont de temps à autres le regard perdu, les yeux noyés par un chagrin inconsolable et pour ne pas désespérer se mettent en ménage avec un copain de classe quand les parents ne veulent plus d'elles dix-huit ans passés « paske bientôt y 'a plus les allocs ».

    *

    Pourquoi sont-elles si émouvantes ?

    *

    On a envie de les consoler ces jeunes filles presque perdues, de leur dire que leur beauté vaut plus que la conception qu'en a la société actuelle : de la viande à l'étal. On aimerait qu'elles continuent à rêver et non à devoir mettre les pieds dans la réalité de temps en temps sordide. Elles ont des stratagèmes pour vivre comme les autres quand elles vivent sous une dictature ou la férule de crétins barbus ou imberbes qui n'hésiteraient pas à annihiler toute trace de féminité s'ils le pouvaient, comme Marjane Satrapi ou cette jeune fille palestinienne obligée de se voiler qui profitait des cours de français au centre culturel de Jérusalem pour flirtouiller.

  • Une société de calculateurs sans cervelle

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    « Il y a une part de la réalité relevant non du contrôle quantitatif, mais de l'intuition vagabonde. Cette intuition, c'était justement ce qui guidait les fondateurs de la médecine à l'aube de l'ère moderne »

    (parlant du feuilleton « Docteur House » comme quoi on peut faire de la philosophie de tout)

    « Nous risquons de devenir tous et partout des bêtes à concours sans espoir et, comme disait Nietzche, sans joie. Ce type de rapport à la vie pourrait amener à un sérieux appauvrissement de l'existence. Les évaluations impliquent un monde déjà en place et connaissable. Un monde dont l'incertitude inhérente à l'avenir est bannie ».

    « Les vraies découvertes impliquent une certaine aberration, ou tout du moins des risques et un certain goût de l'imprévisible ».

    Avita Ronell dans un entretien paru dans « Marianne » du 13 au 19 juin, page 80-82.

    imageAprès avoir lu cet entretien présentant son livre j'ai eu envie de dire « enfin », enfin quelqu'un qui parle des délires du quantificatif, du fascisme statistique, de l'imbécilité de la mise à l'épreuve obligatoire qui nous mène à une société stupide, au bonheur universel mais imposé et contrôlé, l'individu renonçant à tout ou partie de ses libertés. Ce qui est très intéressant avec ce livre et cette philosophe est qu'elle ne se réclame pas d'une idéologie ou d'une autre pour appuyer ses dires, mais s'inspire des travaux de Foucault, Husserl et des livres de Kafka dont on limite souvent l'oeuvre à « la Métamorphose » ou encore au « Procès ». Elle part aussi de personnages de Flaubert comme Homais à la mentalité calculatrice, et Charles Bovary plus intuitif, plus imaginatif.

    Selon elle, cette tentation du décompte chiffré de la vie humaine a toujours existé, il conduit chez nous à la marchandisation de chaque chose, y compris le corps et l'âme humaine, à la judiciarisation des rapports sociaux, même quand cela découle d'une bonne intention, et finalement à la négation de l'humanité qui n'est plus qu'un regroupement de mécaniques. Même la science est touchée, car finalement les grandes découvertes ont souvent été effectuées par des personnes qui finissent par contredire des théories considérées comme intouchables ; et dans la réforme actuelle des universités françaises, l'évaluation des résultats des chercheurs est une absurdité totale. L'auteur ne se situe cependant ni à droite ni à gauche, son discours contredit aussi bien la dogmatique des uns ou des autres, et c'est ce qui fait tout son intérêt. On ne quantifie pas l'esprit, le beau, le talent, le génie, la sensibilité, considérés comme superflus. Et pourtant, plus que jamais notre monde en a besoin, et non de discours lénifiants.

    innovation-creativite-demarche.jpgLa tendance calculatrice semble victorieuse, mais elle ne fait que soutenir une société en voie de dégénérescence rapide, car seul l'égoïsme y est l'anti-idéal partagé par tous, tout comme l'ignorance et l'inculture triomphantes, qui se doublent également d'un relativisme des goûts, d'une volonté de ne surtout rien hiérarchiser, Chateaubriand voisinant avec Marc Lévy qui lui-même voisine avec Flaubert, Céline étant mis sur le même pied que Houellebecq, tout comme Aragon est perçu comme un romancier valant bien un auteur de « la veillée des chaumières ». Comme nous sommes maintenant constamment à la traine des Etats Unis, où publie Avita Ronell, il faudra nous montrer patient, nous comprendrons sa réflexion d'ici dix ou quinze ans, il sera bien trop tard.

  • Guide des bonnes manières avec les imbéciles haineux

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    thumbnail.php?file=N__onazis_549142148.jpg&size=article_mediumJe viens de recevoir un commentaire m'enjoignant de réagir au sujet d'un blog qui serait "néo-nazi", ce qu'il n'est pas, il est "simplement" bêtement judéophobe et politico-délirant, ce qui est bien dommage car il pervertit au passage de belles idées. Certes la bêtise a cela d'affolant qu'il faudrait toujours tout recommencer quant à l'enseignement de l'histoire, ou des religions finalement, car c'est comme un échec, la haine revient toujours comme une mauvaise marée. Après quarante ans de films, de documentaires, beaucoup ne veulent pas en entendre parler, ne veulent rien savoir quant à l'Holocauste, parfois invoqué à tort et à travers, il suffit qu'un taré graffite une croix gammée pour que l'on en parle. Et enfin, un chrétien, un catholique, ou un protestant, ne peut pas être anti-sémite sans contredire sa foi. Sur le blog mentionné, on trouve beaucoup de fantasmes, sur la circoncision en particulier qui apparaît à certains comme une castration, sur les mères juives vues comme dans un sketch de Popeck, sur bien sûr l'argent des juifs, sur leur côté très intellectuel (comme si il n'y avait pas de juifs cons). Bien sûr, le délire inverse, tout aussi extrème, tout aussi stupide, existe aussi, on en trouve des exemples dans les commentaires de ce site, où simplement dire les faits quant à Gaza, ou la colonisation israèlienne, vous fait aussitôt taxer d'anti-sémite quand on ne sort pas que les palestiniens ont émigré en Palestine il y a quatre-vingt dix ans tout au plus, quand on ne soupçonne pas les contempteurs de Kouchner ou Conne-Bendit d'être judéophobes. Il n'a pas à être raciste ou anti-raciste, mais "a-raciste", çà ne doit pas entrer en ligne de compte.

    Et de toutes façons, il ne faut pas trop se soucier des imbéciles ou des tarés haineux, car “il faut être économe de son mépris étant donné le grand nombre de nécessiteux” comme le disait Chateaubriand. On ne peut pas dialoguer avec un type, ou une fille, dont les opinions sont marquées par la haine, on n'y arrive pas commeça, il n'y a que la fermeté, ne pas leur permettre l'impunité, ou les ridiculiser car ils sont souvent grotesques que ce soit par leur goût des confréries "saines et viriles" (souvent un signe d'homosexualité latente refoulée) où quelques harpies les rejoignent parfois, ou leur addiction aux uniformes rappelant de mauvais souvenirs totalitaires.

  • Toi aussi vis la vraie vie d'Olivier Besancenot

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    Le titre est suffisamment explicite, merci à la Fédération de Joute Verbale, on y parle des candidats de gôche glamour et télévisuel, joufllu et préposé aux P§T...

    Le lever de Besancenot par ici

  • Panégyrique de la presse provinciale

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    20060313_DNA019961.jpgJe lis souvent avec délices la presse provinciale, que ce soit la PQR (presse quotidienne régionale) ou la PHR (presse hebdomadaire régionale) voire les bulletins officiels des mairies et administrations. On y voit souvent la photo du ponte du coin, tout sourire, toutes dents dehors, souvent sa bouche a comme des faux airs de figue éclatée. Il est pris à côté de la nonagénaire locale, toujours "pimpante" et "pleine de peps", même devant son flamby de 16 heures (notons qu'un aîné, il faut dire "aîné" pas personne âgée, ne doit pas avoir l'air vieux, il doit avoir l'air encore très jeune car vieux = pas bien, = pas vendeur). On sait très bien que la photo prise, la bonne dame retourne aux chiffres et aux lettres en attendant la prochaine canicule, qui ne tardera plus maintenant vu le temps qu'il fait aujourd'hui. Ensuite, on voit le même ou quelqu'un de son équipe, l'air drôlement et intensément concerné en train de fixer : la route à refaire, un panneau routier, ou encore un tract de telle ou telle association : "les pêcheurs à la truite homosexuels" qui revendiquent d'avoir leur coin de pêche qui leur soit propre, les "tricoteuses de vrais cardigans normands" qui veulent que leur truc devienne d'A.O.C. Cela doit finir par être crevant de s'intéresser à autant de trucs en si peu de temps, ce qui permet aux pontes locaux d'en remettre une couche sur leur emploi du temps nécessairement surchargé et ovairebouqué.

    Il est souvent question ensuite des projets, il y en a beaucoup, que des trucs supers, mais "en projet", que l'on veut mettre en oeuvre non pour le bien commun du bled mais pour dire ensuite que l'on a "tout comme à Paris", car il y a dans la presse provinciale ce complexe grand comme le "Titanic" vis à vis de Paris, que l'on perçoit comme une sorte de Léviathan, un endroit où l'on se moque des braves péquenots qui tiennent absoluement à grimper en haut de la Tour Eiffel (là-dessus la parade est trouvée, un type ou une femme qui a des exigences de culture en province, dans les sous-préfectures ou les villes de ce genre - centre bourgeois, banlieues peuplées de "classes réputées dangereuses"- l'on dit maintenant que cette personne est soit un/e "bobo", soit un snob/e "parisien", ce qui est le comble de l'abjection encore maintenant, note bis : ça fait une parenthèse un peu longue).

    fraternite_ordre.GIFA les entendre, à lire leurs hagiographies ou presque, ce sont des surhommes ou ou des surfemmes ou Steve Austin voire Super-Jaimie réincarnée. Aucun d'entre eux n'irait à admettre son ambition personnelle (somme toute légitime). On aime bien aussi quand ils préconisent un "vivrensemble" ou de la "positive attitude" entre les minorités et la majorité, c'est bien, très bien, très gentil tout plein mais quel dommage que ce soit souvent une conception de la tolérance aussi profonde (attention lecteur djeuns, la suite est ironique) que celle qui est exposé dans "Arnold et Willy" ("Faut de tout tu sais, faut de tout tu sais, faut de tout pour faire un monde, oui c'est vrai ad lib...), écouter la fabuleuse chanson par là. Cela en dit long sur l'état réel du pays ces publications, car on voit bien que la réflexion est au point mort, perdue entre quelques clichés d'un bord et de l'autre, des lieux communs tellement cons et bêtes à pleurer que l'on ne peut même plus parler de naïveté ou de candeur. On me dira, ce ne sont pas le seuls puisque les Etats-Unis semblent dirigés par un disciple de Mickey Mouse.

    Par ici et juste pour le plaisir d'un peu de cinéphilie honteuse, Stiveune Cigale corrige des ploucs

  • Les pauvres petits mâles blancs maltraités

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    neanderthal_narrowweb__300x340,0.jpgLe spot contre la violence faite aux femmes, qui existe dans tous les milieux, y compris les plus cossus, et du numéro que l'on peut appeler pour éviter cela, le 3919, provoque des réactions de petits mâles blancs décomplexés sur Internet, ou plutôt frustrés et complexés mais qui en parlent maintenant, un peu comme Zemmour se plaignant de ce qu'il croit être le matriarcat. On dirait que beaucoup regrette ce temps pour eux béni où l'on pouvait frapper sa femme ou sa copine, ou sa maîtresse, sans risques, ou bien violer, ou trousser la bonne entre deux portes sans scrupules, ou tripoter les petites filles en toute impunité. Bien sûr que ce spot est très politiquement correct, mais il faut quand même se rappeler qu'une femme meurt sous les coups de son mari tous les trois jours, dans l'indifférence car dans la tête de beaucoup, on en est encore au néolithique quant aux rapports des sexes. Que de plaintes de ces petits mâles blancs sur leur moitié qui semble pour la plupart les humilier à loisir ou les mépriser. Les célibataires ne connaissent pas leur bonheur.

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    En photo un vieux mâle blanc libéral-libertaire qui parle de la révolte des jeunes mâles blancs

    Zemmour, et ses disciples, me font toujours penser à "la belette", un élève du collège où j'étais adolescent. Pâlot toujours, petit, taillé en ablette, deux dents de devant un peu trop grandes, les ongles toujours rongés jusqu'à la lunule, c'était aussi un obsédé sexuel de première classe dés son plus jeune âge. Voyeur à la piscine, il n'hésitait pas à sacrifier au culte d'Onan en regardant sous les portes des filles (il avait vu comme une bénédiction du ciel le fait que les vestiaires étaient devenus mixtes dans cet établissement à la suite d'une crue de la Seine un peu trop forte). Il allait souvent acheter des magasines pour hommes à la librairie du coin, et bien sûr y croisait à chaque fois ou sa mère ou une amie de sa génitrice, se faisant sermonner des heures ensuite. Il se percevait en montagne de muscles gonflée à la testostérone, il pérorait souvent sur le rôle des femmes se divisant selon lui entre les mamans et les putains bonnes à étendre de suite. Il a fini par se marier avec une ancienne gloire des préaux collègiens, maintenant une bonne matrone aussi distinguée qu'une harengère à la criée. Ils sont contents, ils sont allés voir Drucker il y a peu, ils ont le dévédé, on peut les voir derrière la chienne de Drucker à 52'31sec7" de l'émission mais faut faire attention, heureusement qu'il y a le bouton "pause".

    bidochon.jpgIl y a aussi cette étrange conception du mariage que d'aucuns ont : on se marie avec une gravure de mode, une fille que l'on voit comme un archétype de telle ou telle fille, la bécébégé à l'air ingénu coquine qui cache bien son jeu, la fille délurée, la timide, l'intelligente, la beauté "glamour" adolescente. Pour les filles c'est pareil, ou alors d'autres s'amusent quand elles sont jeunes et finissent mariées à un brave type bien solide plus tard, et c'est tant mieux pour elles. Ensuite bien sûr, la vie fait que le mari ou la femme comprennent que la personne qu'ils ont épousé est aussi un être de chair et de sang (à qui il arrive même d'utiliser les lieux d'aisance, ce qui est dur à accepter pour certains hommes qui se font de leur épouse une image de contes de fées, ils restent très longtemps petits garçons à peine pubères). Ou bien l'on se marie par dépit ou par convention avec un camarade de fac, quitte à supporter plus tard l'imbécile, devenu un notable pansu et cynique, rappelant combien il avait trouvé drôle le bizutage de sa femme quand ils étaient jeunes (généralement une saloperie consistant à humilier les filles pour les organisateurs de ce genre de sottises, qui compensent ainsi leurs problèmes de micro-pénis ou de microcéphalie). Ou alors, il y aussi ses jeunes filles qui veulent absolument quitter leurs parents qui se mettent à la colle avec un néanderthalien qui ne manquera pas de resserrer toujours son étreinte quand ils sont en public, pour bien marquer sa propriété car sa femme est sa propriété.

    Ci-dessous l'après-dîner mondain d'un couple

  • Amélie Nothomb et l'excentricité « Prisunic »

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    516582070.gifAprès le Clézio, écrivain romantique pour jeunes filles sages et concernées,pourquoi ne pas parler d'Amélie N.Je ne devrais peut-être pas car je risque, vu son louque, qu'elle me jette un sort. Il y a quelques années déjà, j'ai lu « Hygiène de l'assassin », le premier livre d'Amélie Nothomb, fille de diplomates belges, et nièce de « père blanc », qui pouvait encore faire illusion à cette époque. Je me souviens d'une fille pâle et nerveuse à « Nulle Part Ailleurs » sur Canal, j'avais trouvé ça intéressant qu'elle ne soit pas tout de suite rentré dans le jeu des médias, des rôles à jouer. On pouvait presque trouver ça original, un écrivain qui réhabilitait le romanesque, au lieu de raconter sa vie en long, en large et en travers. Et puis finalement, ses personnages sont des silhouettes en papier grosssièrement découpées, l'histoire se veut vaguement cynique ou caustique, cruelle ou plus moins satirique, mais on ne ressent au mieux qu'un ennui poli. Il y a deux ou trois saloperies du personnage pour donner des frissons au lecteur qui s'en délectera, croyant explorer le fond des abîmes alors qu'il ne fait que racler la porcelaine d'une fosse d'aisance.

    L'auteure de la chose est excentrique comme on est excentrique pour le troupeau, seulement par l'apparence, elle porte des chapeaux improbables, elle se maquille comme une gothique, ça ça suffit aux yeux des gens, tout comme Anna Gavalda qui a le rôle de la super-copine drôlement épanouie et moderne, mère de famille et fâme accomplie, ou Christine Angot qui est l'intello « borderline », bourgeoise qui pense et « bonne cliente » des plateaux télé (comme chacun sait, les plateaux télé sont de la « junk food » le plus souvent). Il peut m'arriver d'aimer la « junk food » mais pas de trop et pas tout le temps, car ça lasse et ça écoeure au bout d'un moment. Certes c'est moins niais et gentillet (tout est relatif, c'est une gentillesse de pub pour détergents ménagers) que les tribulations d'Amélie Poulain que d'autres vont jusqu'à traiter de connasse du fait de son extrême candeur.

    25_vib_photo.jpgElle puise ensuite dans sa réserve de cahiers déjà noircis au fil de la plume sans trop se corriger ; un écrivain français n'a pas besoin de se relire il paraît, que ce soit elle ou Angot, ou Gavalda. Amélie bouffe de la pourriture verte sur les fruits, Amélie se ronge les ongles. Qu'un psy s'en occupe car Amélie a perdu son goût, comme un Champagne éventé après trois jours sur le siège avant de la voiture de fonction d'un VRP en tournée des grands ducs. En tout cas, ça n'épate plus autant le bourgeois qui préfère explorer les profondeurs des organes internes de Catherine Millet ou les fantasmes inavouables d'un écrivain aussi exaltant qu'un mormon dépressif atteint de paralysie faciale, Michel Houellebecq.

    Depuis, chaque année, elle ronronne et nous sort son roman de rentrée. Elle s'est mise à raconter sa vie elle aussi, ses humilitations vécues avec délice, histoire d'O chez les nippons (ne cherchez pas la contrepèterie, il n'y en a pas) puis le traumatisme fondateur de ses névroses distinguées d'écrivain qui l'est moins. Amélie est l'employée du mois de la littérature de grande distribution dans le genre qui se voudrait plus réflexif, plus chic que Marc Musso ou Guillaume Lévy (à moins que ce ne soit l'invers quant aux noms de famille). Comme Amélie est en tête des ventes, et ainsi que pour ses collègues, toute critique est perçue par le troupeau qui la lit comme le mépris d'un snob ou d'un méchant qui est bien sûr jaloux qu'elle vende bien sa camelote. A notre époque où le quantitatif est largement plus important que le qualitatif, elle a la majorité pour elle.

  • Ce qui est plus important que la politique

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    cellphoneaddiction.jpgJe ne sais pas pourquoi je m'embête avec la politique, non franchement. Certains ont bien avancé timidement que l'abstention à 60% fait que les pourcentages qui semblent donner la victoire à l'un ou l'autre ne reflètent pas une seconde la réalité des opinions des français. Il en est d'autres pour avancer que les jeunes et les révoltés sont parmi les abstentionnistes, et que c'est une manière de manifester leur désir de changement vers des lendemains meilleurs, qui chantent, voire qui chantonnent au moins un petit peu.

    Moi je veux bien. Me dis-je alors que les vagues de l'Adriatique viennent lécher la base du palais vénitien où j'habite depuis quelques mois pour m'isoler du monde et de sa fureur atroce.

    Mais je crois tout simplement qu'ils n'ont rien à foutre les citoyens français des élections européennes et des autres. Ils sont prêts à renoncer à leurs droits. D'autres essaiment les voix à tout vent, sans se rendre compte que les partis qu'ils soutiennent, (les partis on besoin d'un suspensoir solide), profitent aux puissants qu'ils s'imaginent dénoncer.

    Si les européennes ont fait la "une" pendant deux jours, ensuite c'est vite passé à la trappe, emballée et pesée la démocratie presque détruite. Sur Europe 1 ("Radio Sarkozy" on cause de la victoire à la "nouvelle Tare" d'un ahuri qui s'imagine dans la peau de Lord Byron parce qu'il se met du rimmel autour des yeux, qui très vite joue les divas. On note qu'il a raison, pourquoi se comporterait-il comme une carpette ainsi que ses interlocuteurs en ont pris l'habitude par contre pour se maintenir à tout prix.

    Et puis un peu partout, il est surtout question du nouveau téléphone sans touches, tellement moderne qu'il peut presque tout faire, sauf réfléchir à la place de son possesseur, qui permet d'être dérangé par n'importe quel importun même sous la douche, les fabricants du gadget n'ont même pas besoin de faire de la pub, la télé en fait pour rien. Des crétins décérébrés téléphonent plusieurs fois pour voter, et ensuite appellent combien ils sont déçus ou ravis que leur idole d'un jour ait obtenu tous les suffrages. Je me demande si je suis le seul à m'inquiéter de la politique, à me demander ce qui se passe finalement. Il est tellement plus confortable de porter des oeillères.

    Moi je veux bien là aussi, quoi que je n'en ai rien à foutre pour ma part du dernier modèle de téléphone, ou du vainqueur de la "nouvelle Tare".

    Bientôt, l'informatique permettra de renoncer aux dernières libertés et d'être assisté, nourri, langé du début à la fin de l'existence. Et tout sera réglé.

  • Jour de communion - torrents d'amour

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    en17672.jpgDimanche c'était jour de communion comme il est coutume de dire, plusieurs professions de foi étaient célébrées à la cathédrale. On voyait les petites filles et les petits garçons, certains en aube donc endimanchés pour la circonstance, sur les écrans de télévision disséminés dans la nef. La plupart d'entre eux ne mettaient jamais les pieds à l'église, ou du moins dans cette église. La cathédrale c'est une église de « bourgeois », alors on se sentait intimidé et un peu gêné que l'on ait le droit de s'asseoir sur les mêmes chaises que les pontes locaux, médecins ou autres professions libérales qui impliquent souvent d'appartenir au « Rotary Club ». On voyait bien que les hommes n'avaient pas l'habitude de mettre une veste et une cravate, ils étaient pour la plupart en vestons verdâtres ou orangés de vendeurs d'électroménager et les femmes ressemblaient pour certaines dans leur grande tenue à des vendeuses de rayon parfumerie.

    Il y avait des adultes, rougissant comme un cancre pris en défaut quand on les regardait, qui parlaient tout bas de leurs gosses en disant : « c'est trop long pour les enfants » (traduire « c'est trop long pour moi ») ou encore « ils en ont marre » (traduire « j'en ai marre »). On fait mine de ne pas trop y croire à ce que dit le curé mais finalement « on ne sait jamais... ». Les enfants ont déjà les complexes des parents, pour eux cela se perçoit à leurs mains, dont ils ne savent pas quoi faire, on les met devant, derrière, on les croise, on les laisse ballantes le long du corps, on triture son portable, son appareil photo. Et puis une fois que la messe est dite, on souffle bruyamment, on rigole même, on va pouvoir se détendre. Devant tout cela, je ressens à la fois du mépris, un sentiment de dérision, de la pitié, et de l'affection au bout du compte.

    *

    Bien sûr, je fais moi-même partie de cette cour des miracles, célibataire caustique au bord du cynisme, incapable de respecter une autorité quelconque sans savoir ni comprendre pourquoi il devrait le faire absolument, pondéralement surchargé parce que la bonne chère calme ses angoisses, qui est toujours ému par la beauté des filles, en proie à ses contradictions et à des doutes qui apparaissent comme complètement futiles et légers à la génération qui vient qui balaie tout cela d'un revers de la main, les livres, la musique, qui se retrouve dans ses certitudes, qui est forte de tout ce qu'elle sait ou croit savoir, et s'en contente, qui s'en fiche de discuter vraiment des grands sujets. Après 68 on lui a dit que tout était possible, qu'il devait rêver, puis maintenant, la génération de 68 lui demande de payer la note de sa retraite tout en le trouvant bien hésitant. On lui a appris à détester le bonheur dit simple des bourgeois, grands ou petits, une baraque, une télévision, une bagnole, deux ou trois gosses, des vacances en été et en hiver et on se soumet de bonne grâce aux conventions de l'époque ce qui permet d'être bien vu de tout le monde, et considéré.

    La génération qui vient après est un « homo gestalt », à qui la réflexion individuelle fait peur parce qu'elle sait bien que c'est là que vient la conscience de nos insuffisances, de notre incapacité à l'altérité. Elle n'a pas non plus de doutes politiques, et ceux qui ne pensent pas comme elle sont déjà rejetés dans les limbes, ou au dernier cercle infernal, et ce que ce soit à gauche ou à droite. Elle a peur de vivre, de sentir, Je ne supporte plus ces jouvenceaux ou jouvencelles qui expliquent doctement, se prenant déjà au sérieux, que le libéralisme sauvera le monde, et que ce n'est pas grave si une partie du monde doit crever de faim pour que l'autre vie, ou ceux qui clament que la Révolution est en avant mais profitent amplement des largesses de la société inique qu'ils prétendent dénoncer. Alors que l'on sait bien que tout cela n'est qu'une vaste blague, une farce grotesque et clinquante : si le libéralisme avait dû changer les choses, cela serait fait depuis longtemps, quant aux révolutions, elles ont toutes fini par des massacres, des tueries au nom du bonheur du plus grand nombre. Maintenant, l'on remplace ces rêves par des grands rassemblements grégaires affectivement très marqués, comme celui que décrit Don DeLillo au début de « Mao II », la foule y atteint toujours une transe engendrée par le plaisir tellement intense de s'oublier jusqu'au bout, de rejeter tous les doutes, tout autre sentiment autre que cette communion grégaire, pour ensuite s'adonner de nouveau à l'atroce compétition qui semble devenue la seule norme, ne laissant à l'humanité que la violence comme seule échappatoire.

    Il ne reste plus ensuite qu'à attendre le coup de grâce donné par cette génération sans doutes, comme on attend la catastrophe ultime mais réparatrice, le raz-de-marée qui engloutirait tout le mal commis, comme si la destruction du passé et l'avènement d'un être humain libéré soit disant de son passé fût la solution, ou de continuer à lutter contre l'instinct de troupeau. Car cette génération qui vient tourne en rond, ce n'est que le retour des vieux préjugés de la bourgeoisie industrielle du XIXème siècle, le retour au confort intellectuel des marchands.

    À suivre...

    Ci-dessous, la Bande-annonce du film de René Féret "la communion solennelle"

  • Nouveau chez Niki

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    EXPOSITION
    Hanna Nussbaum
    (Membre de l'Association Internationale des Peintres et des Sculpteurs)
    Portraits et paysages
    (Cliquez sur la photo pour entrer dans l'exposition)
    *
    PUBLICATION
    Théâtre :
    En attendant Margot
    de Viviane Scemama Lesselbaum

    viviane-lesselbaum.jpgLes dialogues de cette tragi-comédie sont truffés d’emprunts à l’arabe, à l’hébreu, et d’expressions franchouillardes. Ainsi, certains mots et phrases forment un dialecte qui conserve une grande saveur.
    "Jojo, il est bête comme un balai sans poils. Ce n’est pas lui qui aurait inventé la machine à courber les bananes..."
    *
    ...et n'oubliez pas de visiter les autres rubriques sur : http://www.nikibar.com/

  • Louise Brooks vamp et "maverick" du cinéma des années folles

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    A propos de sa biographie "Loulou à Hollywood" paru chez Texto

    Il y a plusieurs légendes dans le cinéma mondial, et pour nous elles sont surtout à Hollywood. Les hommes et les femmes cachés derrière le paravent clinquant de la publicité des studios ou des films sont souvent encore plus passionnants que leur mythe, en l'occurrence Marilyn ou Louise Brooks, qui fascine ne serait-ce que par le côté extrêmement graphique de sa silhouette, dont l'histoire curieusement évoque « Mulholland Drive » de David Lynch : tout est pourri non pas au royaume de Danemark mais sur les collines de Burbank où des lettres géantes indiquent la création de mirages sophistiqués, ville champignon surgie de nulle part depuis le muet jusqu'à l'avènement du parlant. Comme dans le film de Lynch, tout semble perverti par l'illusion et le mensonge, les vierges de l'écran sont de parfaites putains et complètement vénales et les putains des filles lucides et sans taches, les séducteurs à la moustache avantageuse préfèrent les hommes et les comiques sont des alcooliques lugubres, au bord de la destruction.

    Et ceci Louis Brooks l'a toujours perçu. Elle a compris cependant trop tard qu'elle aurait dû prendre tout de suite ses jambes à son coup en arrivant devant les studios où elle est embauché grâce la maîtresse de William Randolph Hearst, Marion Davies. Et Louise était « Loulou », spectatrice de la folie des hommes mais aussi de sa vie, indifférente à leur bêtise mais aussi à la sienne.

    Louise Brooks vient du Kansas, de l'état le plus méprisé de l'Union pour son accent et ses coutumes. Elle est d'une famille déjà hors-norme puisque si ses parents ne sont pas des artistes en tant que tels, on y place la création artistique et littéraire à des sommets très élevés, bien loin devant le désir de reconnaissance sociale, les conventions ou les mondanités. Louis apprend la musique et la danse et part, très jeune, à 17 ans, à New York, pour y exercer ses dons et développer son art. Elle s'aperçoit très vite que les cabarets où elle joue dans plusieurs numéros sont des « agences matrimoniales » pour vieux messieurs lubriques en manque de chair fraîche ou héritiers jouisseurs. Elle déteste la compétition qu'il y a entre les filles sur ce point tout comme la pseudo-camaraderie de gynécée des salles de répétitions : une danseuse doit être belle et séduisante mais surtout pas intelligente et cultivée. On voit hélas que sur ce point les clichés quant à la féminité n'ont pas exactement progressé.

    LouiseBrooks.jpgElle apprend à perdre son accent traînant de petite paysanne du Midwest gràce à un vendeur de glaces homosexuel et extraverti. Très vite, derrière la comédie mondaine, Louise distingue les hypocrites, les obséqieux, les vendus, les salauds en habit de soirée, mielleux et avides surtout d'espèces sonnantes et trébuchantes plus que d'art ; la drogue et le sexe sont les seuls divertissements de ce royaume triste des ors de la haute société new-yorkaise. Elle a néanmoins la chance de fréquenter Ziegfeld, l'ordonnateur des fameuses « Follies » dantesques et échevéles. Son expérience lui permet bientôt d'aller travailler à Hollywood où elle tourne deux ou trois navets sentimentaux avant de partir pour Berlin tourner « Loulou » de Pabst d'après une pièce de Franz Wedekind qui traite avec ironie des tribulations sentimentales de Lou-Andréas Salomé, amante de Nietzche entre autres. C'est le film de sa vie, et bien souvent on la confondra avec son personnage auquel elle ressemble beaucoup, Pabst s'étant beaucoup inspiré d'elle.

    Elle y croise Lilian Gish, Marlene Dietrich, déjà icône du cinéma, qui aime se contempler et se pâmer devant sa propre image, et Greta Garbo qui apparaît comme une grande dame. Elle parle aussi de Bogart construisant son personnage, vraisemblablement très différent de lui, du moins au début, passant de jeune débutant sobre et poli, marié à la prude Virginia Mayo, au type marqué par la vie de la fin à la colle avec Bacall. Elle décrit le travail de comédien de W.C. Fields avec qui elle partage les mêmes origines et le même anti-conformisme dont la même horreur de la fausseté de caractère. Elle ne sera reconnu que tardivement et ce gràce aux critiques français des « Cahiers du cinéma » ou de « Positif » qui ne voyaient souvent elle qu'un pan de sa légende et non la personne qu'elle était toujours.